Réponses
- a) Convention : on fixe l'origine à zéro pour les éléments dans leur état le plus stable
- b) ΔH=−1366,7 kJ/mol
- c) Éthanol 29,7 kJ/g ; méthane 55,5 kJ/g, 1,87 fois plus
- d) −1234,7 kJ/mol ; perte 132,0 kJ, la vaporisation des trois moles d'eau
a) Former un élément à partir de lui-même n'est pas une transformation : il n'y a rien à mesurer. On pose donc par CONVENTION que l'enthalpie de formation d'un élément pris dans son état le plus stable à 25 °C vaut exactement zéro. Ce n'est pas une mesure, c'est le choix d'une origine, tout comme on choisit le niveau de la mer comme altitude nulle. Ce choix est indispensable : seules les DIFFÉRENCES d'enthalpie ont un sens physique, et il faut bien fixer un zéro commun pour pouvoir tabuler des valeurs individuelles. La précision « état le plus stable » compte : c'est le carbone graphite et non le diamant, le dioxygène et non l'ozone.
b) ΔH=[2(−393,5)+3(−285,8)]−[(−277,7)+3(0)]=(−787,0−857,4)+277,7=−1366,7 kJ/mol. Le dioxygène ne contribue pas puisque son enthalpie de formation est nulle, mais il faut prendre l'habitude de l'écrire pour ne pas oublier de vérifier que l'équation est équilibrée : ici 3 moles de dioxygène, 2 de dioxyde de carbone et 3 d'eau, le compte des atomes est bon.
c) Éthanol : 46,071366,7=29,7 kJ/g. Méthane : 16,04890=55,5 kJ/g. Le méthane libère donc 29,755,5=1,87 fois plus d'énergie par gramme, soit près du double. La raison est visible dans les formules : l'éthanol contient déjà un atome d'oxygène, il est donc partiellement oxydé au départ et il lui reste moins de chemin à parcourir jusqu'au dioxyde de carbone. Tout combustible déjà oxygéné paie ce handicap, et c'est pourquoi l'éthanol ajouté à l'essence en réduit le contenu énergétique par litre.
d) Il suffit de remplacer H2O(l) par H2O(g) : ΔH=[2(−393,5)+3(−241,8)]+277,7=(−787,0−725,4)+277,7=−1234,7 kJ/mol. La perte vaut 1366,7−1234,7=132,0 kJ, soit exactement 3×44,0, c'est-à-dire trois fois l'enthalpie de vaporisation de l'eau. Physiquement, elle représente la chaleur emportée par la vapeur d'eau qui s'échappe par le pot d'échappement sans jamais se condenser : cette énergie a bien été libérée par la réaction, mais elle sert à vaporiser l'eau au lieu de faire tourner le moteur. Elle correspond à près de 10 % du total, ce qui n'est pas négligeable, et c'est exactement ce que les chaudières dites à condensation cherchent à récupérer en refroidissant assez les fumées pour que l'eau se condense avant de sortir.