Voici une série d'exercices corrigés de chimie de secondaire 5 sur l'équilibre chimique, calibrée sur le niveau réel des évaluations à Montréal. On y travaille le principe de Le Chatelier appliqué au procédé Haber, le calcul de la constante d'équilibre, le tableau IVE (initial, variation, équilibre), puis les équilibres ioniques : pH, produit ionique de l'eau et constante d'acidité.
Le tableau IVE est la méthode reine de ce chapitre : posez-le systématiquement, même quand la question semble courte. C'est lui qui transforme un énoncé d'équilibre en équation qu'on sait résoudre.
Série autocorrigéeTape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.
•Équilibre dynamique : réaction réversible en système fermé, propriétés macroscopiques constantes, vitesses directe et inverse égales.
•Principe de Le Chatelier : le système s'oppose partiellement à la perturbation (concentration, pression/volume via le compte des moles gazeuses, température via le signe de ΔH). Le catalyseur ne déplace PAS l'équilibre.
•Constante d'équilibre : pour aA+bB⇌cC+dD, Kc=[A]a[B]b[C]c[D]d ; les solides et liquides purs n'y figurent pas.
•Deux théories acide-base. ARRHENIUS : un acide libère des ions H+ dans l'eau, une base libère des ions OH−. BRONSTED-LOWRY, plus générale : un acide est un DONNEUR de proton H+, une base est un ACCEPTEUR de proton. Chaque acide a une base conjuguée, obtenue en lui retirant un H+.
•Produit ionique de l'eau à 25 °C : Kw=[H+][OH−]=1,0×10−14 ; pH=−log[H+] ; pH+pOH=14.
•Acide faible : Ka=[HA][H+][A−] ; si Ka est petit, on peut négliger x devant la concentration initiale (à vérifier : moins de 5 %).
Partie A : Le Chatelier, constante d'équilibre, tableau IVE et forces des acides (/50)
Exercice 1 : Le Chatelier et le procédé Haber
La synthèse industrielle de l'ammoniac se fait selon l'équilibre N2(g)+3H2(g)⇌2NH3(g), avec ΔH=−92 kJ (réaction directe exothermique).
a) Donnez trois caractéristiques d'un système à l'équilibre.
b) On injecte du diazote supplémentaire dans le réacteur. Dans quel sens l'équilibre se déplace-t-il ? Justifiez.
c) On augmente la température du réacteur. Dans quel sens l'équilibre se déplace-t-il ? Justifiez à partir du signe de ΔH.
d) On diminue le volume du réacteur (donc on augmente la pression). Dans quel sens l'équilibre se déplace-t-il ? Justifiez en comptant les moles gazeuses.
e) Pourquoi ajoute-t-on quand même un catalyseur, s'il ne déplace pas l'équilibre ?
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Réponses
a)Système fermé, propriétés macroscopiques constantes, vitesses directe et inverse égales
b)Vers la droite : le système consomme le N2 ajouté
c)Vers la gauche, sens endothermique : moins d'ammoniac
d)Vers la droite : 4 moles gazeuses à gauche contre 2
e)Il ne déplace pas l'équilibre mais permet de l'atteindre beaucoup plus vite
a) Réaction réversible en système fermé ; propriétés macroscopiques (concentrations, couleur, pression) constantes ; vitesses des réactions directe et inverse égales (équilibre dynamique, les deux réactions continuent).
b) Vers la droite (formation de NH3) : le système consomme une partie du N2 ajouté pour s'opposer à l'augmentation de sa concentration.
c) La réaction directe est exothermique : la chaleur joue le rôle d'un produit. Ajouter de la chaleur déplace l'équilibre vers la gauche (sens endothermique), ce qui défavorise la production d'ammoniac.
d) À gauche il y a 1+3=4 moles gazeuses, à droite 2. En diminuant le volume, le système se déplace vers le côté qui compte le moins de moles gazeuses : vers la droite, ce qui favorise l'ammoniac.
e) Le catalyseur ne change pas la position de l'équilibre, mais il permet de l'ATTEINDRE beaucoup plus vite : en industrie, produire la même quantité en moins de temps est essentiel.
Exercice 2 : Atteindre l'équilibre : lire un graphique concentration-temps
Un équilibre ne se décrète pas, il s'installe. Sur un graphique des concentrations en fonction du temps, on le reconnaît à ce que toutes les courbes deviennent horizontales en même temps, et le restent.
Dans un contenant rigide de 1,00 L, on introduit du tétraoxyde de diazote pur à la concentration de 0,100 mol/L, à température constante, et il s'établit l'équilibre N2O4(g)⇌2NO2(g). Les concentrations mesurées sont : à t=0, [N2O4]=0,100 et [NO2]=0 ; à t=20 s, 0,082 et 0,036 ; à t=40 s, 0,072 et 0,056 ; à t=60 s, 0,070 et 0,060 ; à t=80 s, 0,070 et 0,060 ; à t=100 s, 0,070 et 0,060.
a) À partir de quel instant le système est-il à l'équilibre ? Sur quel critère précis vous appuyez-vous, et pourquoi une seule courbe horizontale ne suffirait-elle pas à conclure ?
b) Calculez la variation de concentration de chaque espèce entre le début et l'équilibre, puis vérifiez que le rapport de ces variations est cohérent avec les coefficients de l'équation.
c) Calculez la constante d'équilibre Kc à cette température. La réaction favorise-t-elle plutôt les réactifs ou les produits ?
d) On dit que l'équilibre est DYNAMIQUE alors que les concentrations ne bougent plus. Expliquez, puis prévoyez ce que deviendrait le graphique si l'on refaisait l'expérience en présence d'un catalyseur.
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Réponses
a)À partir de 60 s : toutes les courbes horizontales en même temps
b)−0,030 et +0,060 mol/L : rapport 2, celui des coefficients
c)Kc=5,1×10−2 : les réactifs sont favorisés
d)Les deux réactions continuent à vitesses égales ; catalyseur : palier plus tôt, mêmes valeurs
a) Le système est à l'équilibre à partir de t=60 s : les deux concentrations valent alors 0,070 et 0,060 mol/L et ne changent plus jusqu'à 100 s. Le critère est que TOUTES les courbes soient horizontales SIMULTANÉMENT et le restent. Une seule courbe horizontale ne suffit pas : une espèce peut très bien passer par un maximum ou par un palier momentané alors que les autres continuent d'évoluer, ce qui est courant lorsqu'un intermédiaire est en jeu. Il faut aussi que le palier dure : deux mesures identiques de suite pourraient être une coïncidence, trois ne le sont plus.
b) Pour le tétraoxyde de diazote : Δ=0,070−0,100=−0,030 mol/L, une diminution. Pour le dioxyde d'azote : Δ=0,060−0=+0,060 mol/L, une augmentation. Le rapport des valeurs absolues vaut 0,0300,060=2, ce qui correspond exactement aux coefficients de l'équation, 2 pour le dioxyde d'azote et 1 pour le tétraoxyde. Cette vérification doit devenir un réflexe : elle valide les lectures graphiques et détecte immédiatement une erreur de relevé.
c) Kc=[N2O4][NO2]2=0,070(0,060)2=0,0703,6×10−3=5,1×10−2. Cette valeur est nettement inférieure à 1, donc à l'équilibre le dénominateur l'emporte : le système favorise les RÉACTIFS, et il reste bien plus de tétraoxyde de diazote qu'il ne s'est formé de dioxyde d'azote. La lecture directe des concentrations le confirme, 0,070 contre 0,060, mais l'intérêt de Kc est de rester valable quelles que soient les quantités de départ, ce qu'aucune concentration prise isolément ne permet.
d) Les concentrations ne bougent plus, mais les deux réactions n'ont pas cessé : le tétraoxyde continue de se dissocier et le dioxyde continue de se recombiner, exactement à la même vitesse. C'est cette ÉGALITÉ DES DEUX VITESSES, et non un arrêt, qui fige les concentrations. L'expérience qui le démontre consiste à introduire à l'équilibre une petite quantité de molécules marquées par un isotope : on les retrouve rapidement réparties entre réactifs et produits, ce qui serait impossible si rien ne se passait. Avec un catalyseur, les deux vitesses seraient accélérées de la même façon : les courbes descendraient et monteraient plus vite, le palier serait atteint bien avant 60 s, mais il se situerait aux MÊMES valeurs, 0,070 et 0,060 mol/L. Un catalyseur change le temps d'attente, jamais la destination : Kc resterait égale à 5,1×10−2.
Exercice 3 : Constante d'équilibre et quotient réactionnel
À une certaine température, l'équilibre H2(g)+I2(g)⇌2HI(g) présente les concentrations suivantes : [H2]=0,20 mol/L, [I2]=0,050 mol/L et [HI]=0,60 mol/L.
a) Écrivez l'expression de la constante d'équilibre Kc.
b) Calculez la valeur de Kc.
c) Écrivez l'expression de Kc pour CaCO3(s)⇌CaO(s)+CO2(g) et expliquez pourquoi elle est si simple.
d) Dans un autre contenant à la même température, on mesure [H2]=[I2]=[HI]=0,10 mol/L. Ce mélange est-il à l'équilibre ? Sinon, dans quel sens va-t-il évoluer ? Justifiez en comparant le quotient réactionnel Q à Kc.
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Réponses
a)Kc=[H2][I2][HI]2
b)Kc=36
c)Kc=[CO2] : les solides purs n'apparaissent pas
d)Q=1<Kc=36 : évolution vers la droite
a) Kc=[H2][I2][HI]2.
b) Kc=0,20×0,050(0,60)2=0,0100,36=36.
c) Kc=[CO2] : les solides purs (CaCO3 et CaO) ne figurent pas dans l'expression, car leur « concentration » est constante. À une température donnée, la concentration de CO2 à l'équilibre est donc fixée.
d) Q=0,10×0,10(0,10)2=1. Comme Q=1<Kc=36, le mélange n'est pas à l'équilibre : il évolue vers la droite (formation de HI) jusqu'à ce que Q atteigne 36.
Exercice 4 : Fort ou faible, concentré ou dilué : quatre mots à ne pas confondre
Un acide FORT s'ionise totalement dans l'eau, un acide FAIBLE ne s'ionise que partiellement. Ces deux mots décrivent la NATURE de l'acide. Concentré et dilué décrivent au contraire la QUANTITÉ dissoute. Les deux couples sont indépendants, et les confondre est l'erreur la plus coûteuse du chapitre.
Avant de comparer leurs forces, il faut savoir ce qu'EST un acide. Selon ARRHENIUS, un acide libère des ions H+ en solution aqueuse et une base libère des ions OH−. Cette définition suffit pour HCl et pour NaOH, mais elle échoue sur l'ammoniac NH3, qui ne contient aucun groupe OH et se comporte pourtant en base. Selon BRONSTED-LOWRY, un acide est un DONNEUR de proton et une base un ACCEPTEUR de proton : c'est cette seconde définition qui explique l'ammoniac.
Données à 25 °C : constante d'acidité de l'acide éthanoïque Ka=1,8×10−5 ; constante de basicité de l'ammoniac Kb=1,8×10−5 ; Kw=1,0×10−14.
a) Calculez le pH d'une solution d'acide chlorhydrique à 0,10 mol/L, puis celui d'une solution d'acide éthanoïque à la même concentration. Donnez aussi le pourcentage d'ionisation de l'acide éthanoïque.
b) Calculez le pH d'une solution d'hydroxyde de sodium à 0,10 mol/L, puis celui d'une solution d'ammoniac à la même concentration.
c) On mesure la conductivité électrique des quatre solutions précédentes. Classez-les et justifiez à partir des espèces réellement présentes en solution.
d) Comparez le pH d'une solution d'acide chlorhydrique à 0,0010 mol/L à celui de la solution d'acide éthanoïque du a). Laquelle des deux est la plus acide ? Que conclure sur la phrase « un acide fort est toujours plus acide qu'un acide faible » ?
e) L'ammoniac ne contient aucun ion OH− dans sa formule. Expliquez, en écrivant l'équation de sa réaction avec l'eau, pourquoi il est malgré tout une base, puis identifiez les deux couples acide-base conjugués de cette réaction.
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Réponses
a)pH=1,00 ; pH=2,87 ; ionisation 1,3 %
b)pH=13,00 ; pH=11,13
c)HCl et NaOH très conducteurs ; acide éthanoïque et ammoniac très peu
d)pH=3,00 : l'acide éthanoïque à 0,10 mol/L est plus acide ; la phrase est fausse
e)NH3+H2O⇌NH4++OH− : couples NH4+/NH3 et H2O/OH−
a) L'acide chlorhydrique est fort : il s'ionise totalement, donc [H+]=0,10 mol/L et pH=−log(0,10)=1,00. L'acide éthanoïque est faible : il faut passer par sa constante d'acidité. En notant x=[H+] et en négligeant x devant 0,10, on écrit Ka=0,10x2, d'où x=1,8×10−5×0,10=1,8×10−6=1,3×10−3 mol/L et pH=−log(1,3×10−3)=2,87. Le pourcentage d'ionisation vaut 0,101,3×10−3×100=1,3% : sur mille molécules d'acide éthanoïque dissoutes, treize seulement se sont ionisées, ce qui justifie a posteriori l'approximation faite.
b) L'hydroxyde de sodium est une base forte, totalement dissociée : [OH−]=0,10 mol/L, donc pOH=1,00 et pH=14,00−1,00=13,00. L'ammoniac est une base faible : [OH−]=1,8×10−5×0,10=1,3×10−3 mol/L, d'où pOH=2,87 et pH=14,00−2,87=11,13. On remarque la symétrie parfaite avec le a), puisque les deux constantes ont la même valeur : l'écart de pH entre la base forte et la base faible est exactement le même qu'entre l'acide fort et l'acide faible.
c) La conductivité dépend de la concentration totale d'IONS en solution. Les deux électrolytes forts, l'acide chlorhydrique et l'hydroxyde de sodium, sont totalement dissociés et libèrent 0,10 mol/L d'ions de chaque signe : leur conductivité est élevée et comparable. Les deux électrolytes faibles ne libèrent que 1,3×10−3 mol/L d'ions, soit environ soixante-quinze fois moins, et leur conductivité est donc très faible : l'essentiel du soluté reste sous forme de molécules neutres, qui ne transportent aucun courant. C'est d'ailleurs la mesure de conductivité qui a historiquement révélé l'existence des électrolytes faibles, bien avant qu'on sache calculer un pH.
d) L'acide chlorhydrique à 0,0010 mol/L est fort, donc [H+]=1,0×10−3 mol/L et pH=3,00. La solution d'acide éthanoïque du a) a un pH de 2,87, donc plus bas : elle est PLUS acide, bien que son acide soit faible. La phrase de l'énoncé est donc fausse. Un acide fort dilué peut parfaitement être moins acide qu'un acide faible concentré, parce que le pH mesure la concentration effective en ions H+, laquelle résulte de DEUX facteurs : la proportion de molécules ionisées, qui dépend de la nature de l'acide, et la quantité de départ, qui dépend de la préparation. Fort et faible qualifient le premier facteur, concentré et dilué le second, et les quatre combinaisons existent. Le vinaigre de cuisine, acide faible mais concentré à environ 0,8 mol/L, est bien plus corrosif qu'une solution très diluée d'acide chlorhydrique.
e) Selon Arrhenius, l'ammoniac ne devrait PAS être une base : sa formule NH3 ne contient aucun groupe OH susceptible d'être libéré. C'est précisément la limite de cette théorie. Selon Bronsted-Lowry, en revanche, il suffit d'ACCEPTER un proton, et c'est exactement ce que fait l'ammoniac en présence d'eau : NH3+H2O⇌NH4++OH−. L'ammoniac arrache un H+ à la molécule d'eau ; il est donc l'accepteur, donc la base. Ce qui reste de l'eau après ce don est l'ion OH−, et c'est LUI qui rend la solution basique, ce qui réconcilie l'observation expérimentale du b) avec la théorie. Les deux couples conjugués se lisent de part et d'autre de l'équation. Premier couple : NH4+ et NH3, car en retirant un proton à NH4+ on retrouve NH3 ; l'ammoniac est donc la base et l'ion ammonium son acide conjugué. Second couple : H2O et OH−, l'eau jouant ici le rôle d'acide en cédant son proton. Remarque qui revient souvent en examen : l'eau est AMPHOTÈRE, elle se comporte en acide face à une base comme l'ammoniac et en base face à un acide comme l'acide éthanoïque, où l'on écrirait CH3COOH+H2O⇌CH3COO−+H3O+.
Exercice 5 : Tableau IVE
On introduit 1,00 mol de pentachlorure de phosphore PCl5 dans un réacteur vide de 10,0 L, où il se dissocie selon PCl5(g)⇌PCl3(g)+Cl2(g). À l'équilibre, on mesure [Cl2]=0,040 mol/L.
a) Calculez la concentration initiale de PCl5, puis remplissez un tableau IVE (initial, variation, équilibre) pour les trois espèces.
b) Donnez les trois concentrations à l'équilibre.
c) Calculez la constante d'équilibre Kc.
d) Quel pourcentage du PCl5 initial s'est dissocié ?
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Réponses
a)[PCl5]0=0,100 mol/L ; variation −x, +x, +x avec x=0,040
a) [PCl5]0=10,01,00=0,100 mol/L. Variation : −x pour PCl5, +x pour chacun des produits. À l'équilibre, [Cl2]=x=0,040 mol/L.
b) [PCl5]=0,100−0,040=0,060 mol/L ; [PCl3]=0,040 mol/L ; [Cl2]=0,040 mol/L.
c) Kc=[PCl5][PCl3][Cl2]=0,0600,040×0,040=0,0600,0016≈0,027.
d) 0,1000,040×100=40 % du PCl5 s'est dissocié.
Partie B : Niveau examen (/50)
Exercice 6 : Le titrage acide-base et le choix de l'indicateur
Titrer, c'est déterminer une concentration inconnue en ajoutant progressivement une solution de concentration connue jusqu'au point d'équivalence, c'est-à-dire jusqu'au moment où les réactifs ont été mélangés dans les proportions exactes de l'équation.
On titre 25,0 mL d'une solution d'hydroxyde de sodium de concentration inconnue par de l'acide chlorhydrique à 0,150 mol/L. L'équivalence est atteinte après l'ajout de 18,4 mL d'acide. Zones de virage : hélianthine 3,1 à 4,4 ; bleu de bromothymol 6,0 à 7,6 ; phénolphtaléine 8,2 à 10,0. On donne Ka de l'acide éthanoïque =1,8×10−5 et Kw=1,0×10−14.
a) Écrivez l'équation de la réaction de titrage, puis calculez la concentration de la solution d'hydroxyde de sodium.
b) Quel est le pH au point d'équivalence de ce titrage ? Justifiez à partir de la nature des espèces présentes dans le bécher à ce moment précis, et choisissez l'indicateur le mieux adapté.
c) On titre maintenant 25,0 mL d'acide éthanoïque à 0,100 mol/L par de l'hydroxyde de sodium à 0,100 mol/L. Montrez que l'équivalence est atteinte après 25,0 mL, puis calculez le pH à l'équivalence en tenant compte de l'ion éthanoate formé.
d) Comparez vos deux réponses et expliquez pourquoi le choix de l'indicateur n'est plus le même. Que se passerait-il concrètement si l'on utilisait le bleu de bromothymol pour le titrage du c) ?
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Réponses
a)H++OH−→H2O ; c=0,110 mol/L
b)pH=7,0 ; bleu de bromothymol
c)25,0 mL ; pH=8,72
d)Équivalence basique : phénolphtaléine ; le bleu de bromothymol virerait trop tôt et sous-estimerait la concentration
a) L'équation est HCl+NaOH→NaCl+H2O, ou plus simplement H++OH−→H2O pour la réaction réelle. À l'équivalence, les quantités de matière sont dans le rapport 1 pour 1 : n(HCl)=0,0184×0,150=2,76×10−3 mol, donc n(NaOH)=2,76×10−3 mol également. La concentration cherchée vaut c=0,02502,76×10−3=0,110 mol/L. Noter que le volume utilisé au dénominateur est celui de la PRISE D'ESSAI, 25,0 mL, et non le volume total du mélange : c'est l'erreur la plus fréquente sur ce calcul.
b) À l'équivalence, il ne reste dans le bécher ni acide ni base en excès : uniquement de l'eau et du chlorure de sodium. Or l'ion sodium provient d'une base forte et l'ion chlorure d'un acide fort : ni l'un ni l'autre ne réagit avec l'eau, ce sont des ions spectateurs. La solution est donc simplement de l'eau salée, de pH NEUTRE, soit pH=7,0 à 25 °C. L'indicateur le mieux adapté est celui dont la zone de virage encadre cette valeur : le bleu de bromothymol, qui vire entre 6,0 et 7,6. La phénolphtaléine reste utilisable en pratique parce que le saut de pH est très brutal au voisinage de l'équivalence, mais le bleu de bromothymol est le choix rigoureux.
c) Les deux solutions ayant la même concentration et la réaction se faisant mole à mole, l'équivalence est atteinte pour des volumes égaux, donc après 25,0 mL d'hydroxyde de sodium. À ce moment, tout l'acide éthanoïque a été transformé en ion éthanoate, dans un volume total de 50,0 mL : n=0,0250×0,100=2,50×10−3 mol dans 0,0500 L, soit une concentration de 0,0500 mol/L. Or l'ion éthanoate est la base conjuguée d'un acide faible : il réagit avec l'eau. Sa constante de basicité vaut Kb=KaKw=1,8×10−51,0×10−14=5,6×10−10. Alors [OH−]=5,6×10−10×0,0500=2,8×10−11=5,3×10−6 mol/L, d'où pOH=5,28 et pH=14,00−5,28=8,72.
d) Le premier titrage a son équivalence à pH 7,0 et le second à pH 8,7 : le point d'équivalence d'un titrage acide faible par base forte est toujours BASIQUE, parce qu'il reste en solution la base conjuguée de l'acide faible, qui n'est pas un ion spectateur. L'indicateur doit donc virer dans la zone basique, et c'est la phénolphtaléine, de zone 8,2 à 10,0, qui convient. Avec le bleu de bromothymol, qui vire entre 6,0 et 7,6, le changement de couleur se produirait AVANT l'équivalence, alors qu'il reste encore de l'acide éthanoïque non titré : on arrêterait l'ajout trop tôt, le volume lu serait trop petit, et la concentration calculée serait sous-estimée. La règle générale est qu'un indicateur ne se choisit jamais par habitude, mais en fonction du pH attendu à l'équivalence, lequel se déduit de la nature des espèces restant en solution à ce moment.
Exercice 7 : pH, pOH et produit ionique de l'eau
À 25 °C, le produit ionique de l'eau vaut Kw=[H+][OH−]=1,0×10−14.
a) Une solution a [H+]=2,5×10−4 mol/L. Calculez son pH et dites si elle est acide, neutre ou basique.
b) Une autre solution a un pH de 10,4. Calculez sa concentration en ions H+.
c) Pour la solution du b), calculez [OH−] de deux façons : avec Kw, puis avec la relation pH+pOH=14. Vérifiez la cohérence.
d) On dilue 1,0 mL d'une solution de pH 3,0 dans 99 mL d'eau (dilution par un facteur 100). Quel est le nouveau pH ? Justifiez par le calcul.
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Réponses
a)pH≈3,6 : acide
b)[H+]≈4,0×10−11 mol/L
c)[OH−]≈2,5×10−4 mol/L par les deux méthodes
d)pH=5,0
a) pH=−log(2,5×10−4)≈3,6. Le pH est inférieur à 7 : la solution est acide.
b) [H+]=10−pH=10−10,4≈4,0×10−11 mol/L.
c) Avec Kw : [OH−]=4,0×10−111,0×10−14≈2,5×10−4 mol/L. Avec pOH=14−10,4=3,6 : [OH−]=10−3,6≈2,5×10−4 mol/L. Les deux méthodes concordent.
d) À pH 3,0, [H+]=10−3 mol/L. Diluer 100 fois divise la concentration par 100 : [H+]=10−5 mol/L, donc pH=5,0. Le pH augmente de 2 unités, car l'échelle du pH est logarithmique (chaque unité correspond à un facteur 10).
Exercice 8 : L'effet d'ion commun
Le principe de Le Chatelier ne s'applique pas qu'aux gaz. Ajouter à une solution un ion qui figure DÉJÀ dans l'équilibre déplace celui-ci dans le sens qui consomme cet ion : c'est l'effet d'ion commun, et il a des conséquences spectaculaires sur le pH comme sur la solubilité.
Acide éthanoïque : Ka=1,8×10−5. On part d'une solution d'acide éthanoïque à 0,10 mol/L, dont le pH vaut 2,87 et le pourcentage d'ionisation 1,3 %.
a) Écrivez l'équilibre d'ionisation de l'acide éthanoïque. On y ajoute de l'éthanoate de sodium solide, jusqu'à une concentration en ions éthanoate de 0,10 mol/L. Prévoyez qualitativement, par le principe de Le Chatelier, le sens du déplacement et l'effet sur le pH.
b) Calculez le nouveau pH, en utilisant l'expression de Ka et le fait que les concentrations de l'acide et de sa base conjuguée valent toutes deux 0,10 mol/L.
c) Calculez le nouveau pourcentage d'ionisation de l'acide et comparez-le aux 1,3 % de départ. Par combien a-t-il été divisé ?
d) On dispose d'une solution SATURÉE de chlorure de sodium. On y verse de l'acide chlorhydrique concentré et l'on voit apparaître un précipité blanc. Expliquez, et dites en quoi c'est le même phénomène qu'en a). Pourquoi cette expérience surprend-elle au premier abord ?
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Réponses
a)CH3COOH⇌CH3COO−+H+ : déplacement vers la gauche, le pH augmente
b)pH=4,74
c)0,018 %, divisé par environ 74
d)Les ions Cl− ajoutés font précipiter du NaCl solide : même effet d'ion commun
a) L'équilibre s'écrit CH3COOH⇌CH3COO−+H+. Ajouter des ions éthanoate revient à augmenter la concentration d'un PRODUIT de cet équilibre. D'après le principe de Le Chatelier, le système réagit dans le sens qui consomme l'excès, donc vers la GAUCHE, c'est-à-dire vers l'acide non ionisé. La concentration en ions H+ diminue, et le pH AUGMENTE : la solution devient moins acide, alors qu'on n'y a ajouté aucune base au sens habituel du terme, mais seulement un sel.
b) De Ka=[CH3COOH][CH3COO−][H+], on tire [H+]=Ka[CH3COO−][CH3COOH]=1,8×10−5×0,100,10=1,8×10−5 mol/L. D'où pH=−log(1,8×10−5)=4,74. Le pH est passé de 2,87 à 4,74, soit une hausse de près de deux unités : la concentration en ions H+ a été divisée par plus de 70. Le déplacement prévu qualitativement en a) est donc considérable, et il se chiffre sans difficulté dès qu'on écrit l'expression de Ka sous la forme qui isole [H+].
c) Le pourcentage d'ionisation vaut maintenant 0,101,8×10−5×100=0,018%, contre 1,3 % auparavant : il a été divisé par 0,0181,3=74. Autrement dit, en présence de sa base conjuguée, l'acide éthanoïque reste presque entièrement sous forme moléculaire. Cette solution qui contient à la fois un acide faible et sa base conjuguée en quantités comparables résiste d'ailleurs remarquablement bien à l'ajout d'un acide ou d'une base : c'est une solution tampon, et l'effet d'ion commun en est le mécanisme.
d) Une solution saturée de chlorure de sodium est le siège de l'équilibre NaCl(s)⇌Na+(aq)+Cl−(aq). L'acide chlorhydrique concentré apporte une grande quantité d'ions chlorure, qui sont un produit de cet équilibre : le système se déplace vers la gauche, et du chlorure de sodium SOLIDE précipite. C'est rigoureusement le même raisonnement qu'en a), appliqué cette fois à un équilibre de dissolution plutôt qu'à un équilibre d'ionisation. L'expérience surprend parce qu'elle contredit une intuition très ancrée : on croit qu'ajouter un liquide à une solution ne peut que diluer, donc dissoudre davantage. Or ce n'est pas la dilution qui gouverne ici, c'est la composition. Le produit des concentrations des deux ions ne peut pas dépasser une valeur fixée par la température ; si l'un des deux augmente brutalement, l'autre doit diminuer, et le seul moyen d'y parvenir est de reformer du solide. C'est aussi de cette façon qu'on purifie le sel de table industriellement.
Exercice 9 : Problème : les pluies acides et le pouvoir tampon du calcaire
L'eau de pluie n'est jamais neutre : le dioxyde de carbone de l'atmosphère s'y dissout et forme de l'acide carbonique, ce qui fixe le pH d'une pluie non polluée à environ 5,6. On parle de pluie acide lorsque ce pH descend nettement en dessous, jusqu'à 4,0 dans les régions les plus touchées.
Masse molaire du carbonate de calcium : 100,09 g/mol.
a) Calculez la concentration en ions H+ d'une pluie normale à pH 5,6 et celle d'une pluie acide à pH 4,0. Par combien la seconde est-elle plus concentrée en ions H+ ? Commentez le lien entre une différence de 1,6 unité de pH et le facteur obtenu.
b) Écrivez l'équation de dissolution du dioxyde de carbone dans l'eau puis celle de l'ionisation de l'acide carbonique formé, et expliquez pourquoi une pluie parfaitement non polluée ne peut pas avoir un pH de 7,0.
c) Les pluies acides proviennent surtout du dioxyde de soufre et des oxydes d'azote rejetés par la combustion. Écrivez la formation de l'acide sulfurique à partir du dioxyde de soufre, en deux étapes, et expliquez pourquoi ces acides abaissent bien davantage le pH que le dioxyde de carbone.
d) Les lacs des régions calcaires résistent aux pluies acides, alors que ceux du Bouclier canadien, posés sur du granite, s'acidifient. Écrivez la réaction du carbonate de calcium avec les ions H+, puis calculez la masse de calcaire nécessaire pour neutraliser 1,0×106 L de pluie à pH 4,0. Concluez.
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Réponses
a)2,5×10−6 et 1,0×10−4 mol/L : 40 fois plus, car 101,6=40
b)CO2+H2O→H2CO3 puis H2CO3⇌H++HCO3− : pH naturel 5,6
c)2SO2+O2→2SO3 puis SO3+H2O→H2SO4 : acides forts, totalement ionisés
d)CaCO3+2H+→Ca2++H2O+CO2 ; 100 mol de H+, environ 5,0 kg de calcaire
a) [H+]=10−pH. Pluie normale : [H+]=10−5,6=2,5×10−6 mol/L. Pluie acide : [H+]=10−4,0=1,0×10−4 mol/L. Le rapport vaut 2,5×10−61,0×10−4=40. Une différence de 1,6 unité de pH, qui paraît minime sur une échelle allant de 0 à 14, correspond donc à quarante fois plus d'ions H+ : c'est toute la conséquence du caractère LOGARITHMIQUE de l'échelle. Chaque unité de pH représente un facteur 10, et 101,6=40. C'est pourquoi une variation de quelques dixièmes d'unité, dans un lac ou dans le sang, est déjà considérable.
b) Le dioxyde de carbone se dissout et réagit : CO2(g)+H2O(l)→H2CO3(aq). L'acide carbonique formé est un acide faible qui s'ionise partiellement : H2CO3(aq)⇌H+(aq)+HCO3−(aq). Cette seconde équation libère des ions H+, donc abaisse le pH sous 7,0. Comme l'atmosphère contient toujours du dioxyde de carbone et que toute goutte de pluie traverse l'air, aucune pluie ne peut échapper à ce phénomène : le pH de 5,6 est le pH naturel de référence, et non un signe de pollution. Confondre « acide » et « pollué » est l'erreur d'interprétation la plus répandue sur ce sujet.
c) Le soufre des combustibles brûle en dioxyde de soufre, lequel s'oxyde ensuite dans l'atmosphère puis se dissout : 2SO2(g)+O2(g)→2SO3(g), puis SO3(g)+H2O(l)→H2SO4(aq). Le même schéma vaut pour les oxydes d'azote, qui donnent de l'acide nitrique. La différence décisive avec le dioxyde de carbone tient à la FORCE des acides obtenus : l'acide carbonique est un acide faible, très peu ionisé, alors que l'acide sulfurique et l'acide nitrique sont des acides forts, totalement ionisés. À quantité de matière égale, ils libèrent donc infiniment plus d'ions H+, et l'acide sulfurique en libère même deux par molécule. Une quantité de polluant très inférieure à celle du dioxyde de carbone suffit ainsi à faire chuter le pH de 5,6 à 4,0.
d) Le calcaire réagit selon CaCO3(s)+2H+(aq)→Ca2+(aq)+H2O(l)+CO2(g) : il consomme les ions H+ et joue donc le rôle d'un tampon naturel. Pour 1,0×106 L de pluie à pH 4,0, la quantité d'ions H+ vaut n=1,0×10−4×1,0×106=1,0×102 mol, soit 100 mol. L'équation consommant deux ions H+ par formule de carbonate, il faut 2100=50 mol de carbonate de calcium, c'est-à-dire m=50×100,09=5,0×103 g, soit environ 5,0 kg. Cinq kilogrammes de calcaire suffisent donc à neutraliser un million de litres de pluie acide : un lac reposant sur un socle calcaire dispose d'une réserve pratiquement inépuisable, et son pH ne bouge presque pas. Le granite du Bouclier canadien, lui, est chimiquement inerte vis-à-vis des acides et n'offre aucune réserve de ce genre : les ions H+ s'y accumulent, le pH des lacs chute, et la faune disparaît en dessous d'environ 5,0. C'est exactement pourquoi les mêmes retombées acides ont dévasté les lacs du Québec et de l'Ontario tout en épargnant des régions européennes calcaires, et pourquoi certains lacs ont été traités par épandage de chaux, une opération qui ne fait qu'apporter artificiellement le tampon que la géologie n'avait pas fourni.
Exercice 10 : Problème : la constante d'acidité du vinaigre
Le vinaigre est une solution d'acide acétique, un acide faible qui s'ionise selon CH3COOH⇌H++CH3COO−, avec Ka=1,8×10−5. On étudie une solution de concentration initiale 0,10 mol/L.
a) Posez le tableau IVE en notant x la concentration d'acide ionisé, puis écrivez l'expression de Ka en fonction de x.
b) En supposant x négligeable devant 0,10, calculez x=[H+].
c) Calculez le pH de la solution.
d) Calculez le pourcentage d'ionisation de l'acide et vérifiez que l'approximation du b) était justifiée (règle des 5 %).
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Réponses
a)Ka=0,10−xx2
b)x≈1,3×10−3 mol/L
c)pH≈2,9
d)1,3 % < 5 % : approximation justifiée
a) Initial : 0,10 ; 0 ; 0. Variation : −x ; +x ; +x. Équilibre : 0,10−x ; x ; x. Donc Ka=0,10−xx2.
b) Si x est négligeable devant 0,10 : Ka≈0,10x2, donc x=1,8×10−5×0,10=1,8×10−6≈1,3×10−3 mol/L.
c) pH=−log(1,34×10−3)≈2,9.
d) Pourcentage d'ionisation : 0,101,34×10−3×100≈1,3 %. C'est bien inférieur à 5 % : l'approximation était justifiée. L'acide acétique est un acide faible, très peu ionisé : c'est pour cela que le vinaigre, pourtant concentré, n'a pas un pH extrême.
Contactez-moi pour une première séance. On travaille l'équilibre, la thermochimie et les gaz sur des exercices du niveau réel des évaluations de secondaire 5.