Chimie, secondaire 5 à Montréal • Cinétique

Exercices corrigés : la vitesse de réaction (chimie, secondaire 5)

Voici une série d'exercices corrigés de chimie de secondaire 5 sur la vitesse de réaction, calibrée sur le niveau réel des évaluations à Montréal. On y travaille la théorie des collisions, le calcul des vitesses moyennes à partir d'un tableau ou d'une courbe, les rapports de vitesse entre les espèces d'une même équation et la loi des vitesses.

En cinétique, la moitié des points se gagnent dans les justifications : chaque explication doit revenir aux collisions (fréquence, énergie, orientation), pas seulement affirmer que « ça va plus vite ».

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Ce chapitre fait partie de Chimie de cinquième secondaire
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Rappel de cours

  • Vitesse moyenne : v=ΔquantiteˊΔtv=\dfrac{\Delta quantit\acute{e}}{\Delta t}, en mol/s, g/s, mL/s ou mol/(L·s) ; la vitesse instantanée est la pente de la tangente à la courbe.
  • Rapports stœchiométriques : dans aAbBaA\rightarrow bB, les vitesses vérifient vAa=vBb\dfrac{v_{A}}{a}=\dfrac{v_{B}}{b} (vitesse générale = vitesse d'une espèce divisée par son coefficient).
  • Collision efficace : énergie suffisante (au moins l'énergie d'activation) ET bonne orientation.
  • Facteurs : nature des réactifs, concentration, surface de contact, température, catalyseur (abaisse l'énergie d'activation, ne change pas le ΔH\Delta H et n'est pas consommé).
  • Loi des vitesses d'une réaction élémentaire : v=k[A]a[B]bv=k[A]^{a}[B]^{b}, où les exposants sont les coefficients de l'équation élémentaire.

Partie A : Théorie des collisions, suivi expérimental et lois de vitesse (/50)

Exercice 1 : Théorie des collisions et facteurs

Un comprimé effervescent réagit avec l'eau en dégageant du dioxyde de carbone. On compare quatre situations : comprimé entier ou broyé, dans l'eau froide ou dans l'eau chaude.

entiereau froidelententiereau chaudemoyenbroyéeau froidemoyenbroyéeau chaudeRAPIDEvitesse relative
  • a) Qu'est-ce qu'une collision efficace ? Donnez les deux conditions.
  • b) Expliquez, à l'aide de la théorie des collisions, pourquoi le comprimé broyé réagit plus vite que le comprimé entier.
  • c) Expliquez pourquoi la réaction est plus rapide dans l'eau chaude. Donnez les DEUX effets de la température sur les collisions.
  • d) Un catalyseur accélère une réaction sans être consommé. Expliquez son mode d'action et précisez son effet sur le ΔH\Delta H de la réaction.

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a)
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Réponses

  • a) Énergie au moins égale à EaE_{a} et orientation favorable
  • b) Plus de surface de contact : plus de collisions efficaces par seconde
  • c) Collisions plus fréquentes et surtout plus souvent au-dessus de EaE_{a}
  • d) Chemin à EaE_{a} plus basse ; ΔH\Delta H inchangé

a) Une collision efficace est une collision qui mène à la réaction : les particules doivent se frapper avec une énergie au moins égale à l'énergie d'activation ET selon une orientation favorable.

b) Broyer le comprimé augmente la surface de contact entre le solide et l'eau : plus de particules du solide sont exposées, donc plus de collisions par seconde entre les réactifs, donc plus de collisions efficaces par seconde.

c) À température plus élevée, les particules vont plus vite : (1) elles se frappent plus souvent (fréquence de collisions plus grande) et (2) une plus grande fraction des collisions dépasse l'énergie d'activation. Le deuxième effet est le plus important.

d) Le catalyseur offre un chemin de réaction différent, dont l'énergie d'activation est plus basse : à la même température, beaucoup plus de collisions deviennent efficaces. Il ne change PAS le ΔH\Delta H, qui ne dépend que des réactifs et des produits.

Exercice 2 : Suivre une réaction : quelle grandeur mesurer ?

Mesurer une vitesse suppose d'abord de choisir ce qu'on observe. Toute grandeur qui varie de façon mesurable au cours de la réaction peut servir : un volume de gaz dégagé, une masse qui diminue, une couleur qui s'éclaircit, un pH qui remonte.

On fait réagir 0,120 g de magnésium en ruban avec de l'acide chlorhydrique en EXCÈS : Mg(s)+2HCl(aq)MgCl2(aq)+H2(g)Mg(s)+2\,HCl(aq)\rightarrow MgCl_{2}(aq)+H_{2}(g). On recueille le dihydrogène et on note son volume au cours du temps : 0 s, 0 mL ; 10 s, 52 mL ; 20 s, 85 mL ; 30 s, 105 mL ; 40 s, 116 mL ; 50 s, 121 mL ; 60 s, 121 mL. Masse molaire du magnésium 24,31 g/mol, du dihydrogène 2,016 g/mol, volume molaire à TAPN 24,5 L/mol.

  • a) Citez trois grandeurs différentes qui permettraient de suivre cette réaction, en précisant à chaque fois si elle augmente ou diminue au cours du temps.
  • b) Calculez le volume maximal de dihydrogène attendu si tout le magnésium réagit. Le tableau est-il cohérent avec ce résultat, et à quel instant la réaction est-elle terminée ?
  • c) Calculez la vitesse moyenne de dégagement de gaz, en mL/s, entre 0 et 10 s, puis entre 40 et 50 s. Expliquez l'écart à l'aide de la théorie des collisions.
  • d) Un élève propose de suivre plutôt la réaction en posant le montage sur une balance et en mesurant la perte de masse. Calculez la masse totale de gaz qui s'échappe et dites si l'idée est bonne avec une balance au centigramme. Pour quel type de réaction cette méthode serait-elle en revanche le bon choix ?

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a)
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Réponses

  • a) Volume de H2H_{2} (augmente), masse du montage (diminue), pH (augmente)
  • b) 121121 mL attendus, cohérent avec le palier ; réaction terminée à 5050 s
  • c) 5,25{,}2 mL/s puis 0,50{,}5 mL/s : acide dilué et surface réduite
  • d) 9,95×1039{,}95\times 10^{-3} g, trop peu pour la balance ; bonne méthode pour un dégagement de CO2CO_{2}

a) Le volume de dihydrogène recueilli AUGMENTE : c'est la grandeur choisie ici. La masse du montage DIMINUE, puisque le gaz s'échappe. Le pH de la solution AUGMENTE, car l'acide chlorhydrique est consommé et la concentration en ions H+H^{+} baisse. On pourrait ajouter la longueur du ruban de magnésium, qui diminue jusqu'à disparaître, ce qui donne au moins le temps total de réaction. Le bon choix est celui de la grandeur qui varie le plus nettement et se mesure le plus facilement.

b) n(Mg)=0,12024,31=4,94×103n(Mg)=\dfrac{0{,}120}{24{,}31}=4{,}94\times 10^{-3} mol. L'équation donne une mole de dihydrogène par mole de magnésium, donc n(H2)=4,94×103n(H_{2})=4{,}94\times 10^{-3} mol, soit V=4,94×103×24,5=0,121V=4{,}94\times 10^{-3}\times 24{,}5=0{,}121 L, c'est-à-dire 121 mL. Le tableau plafonne exactement à 121 mL, ce qui confirme à la fois que tout le magnésium a réagi et que l'acide était bien en excès. La réaction est terminée à 50 s : le volume ne bouge plus entre 50 et 60 s, et un palier horizontal est le seul signe fiable de la fin d'une réaction.

c) Entre 0 et 10 s : v=52010=5,2v=\dfrac{52-0}{10}=5{,}2 mL/s. Entre 40 et 50 s : v=12111610=0,5v=\dfrac{121-116}{10}=0{,}5 mL/s, soit dix fois moins. La théorie des collisions explique cette chute : au début, la concentration en ions H+H^{+} est maximale et toute la surface du ruban est exposée, donc les collisions efficaces entre les ions et le métal sont très fréquentes. À mesure que la réaction avance, l'acide se dilue en se consommant et la surface de magnésium se réduit : les deux facteurs diminuent en même temps, donc le nombre de collisions efficaces par seconde s'effondre. C'est pourquoi une courbe de suivi n'est jamais une droite mais une courbe qui s'aplatit progressivement.

d) La masse de gaz qui s'échappe vaut m=4,94×103×2,016=9,95×103m=4{,}94\times 10^{-3}\times 2{,}016=9{,}95\times 10^{-3} g, soit environ 10 mg. Avec une balance au centigramme, c'est-à-dire précise à 0,01 g près, la perte totale est de l'ordre de la précision de l'appareil : on ne lirait qu'une seule graduation de variation sur toute l'expérience, et rien du tout entre deux mesures successives. L'idée est donc mauvaise ici, non pas dans son principe mais à cause de la légèreté du dihydrogène, le plus léger de tous les gaz. Elle serait au contraire excellente pour une réaction dégageant du dioxyde de carbone, par exemple un carbonate attaqué par un acide : la même quantité de matière représenterait alors 4,94×103×44,01=0,2174{,}94\times 10^{-3}\times 44{,}01=0{,}217 g, soit vingt fois plus, largement mesurable. La leçon générale est qu'aucune méthode de suivi n'est bonne dans l'absolu : elle doit être choisie en fonction de l'ordre de grandeur de la variation attendue, ce qui se calcule AVANT de monter l'expérience.

Exercice 3 : Vitesses moyennes à partir de mesures

On fait réagir un ruban de magnésium avec de l'acide chlorhydrique : Mg+2HClMgCl2+H2Mg+2HCl\rightarrow MgCl_{2}+H_{2}. On mesure le volume de dihydrogène produit :

t (s)020406080100
Volume de H2H_{2} (mL)01830384242
  • a) Calculez la vitesse moyenne de production de H2H_{2} entre 0 et 20 s.
  • b) Calculez la vitesse moyenne entre 40 et 60 s.
  • c) Expliquez, à l'aide de la théorie des collisions, pourquoi la vitesse diminue au cours du temps.
  • d) À quel moment la réaction est-elle terminée ? Justifiez à partir du tableau.

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a)
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c)
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Réponses

  • a) v=0,90v=0{,}90 mL/s
  • b) v=0,40v=0{,}40 mL/s
  • c) [HCl][HCl] diminue : moins de collisions efficaces par seconde
  • d) Vers 8080 s : le volume reste à 4242 mL

a) v=ΔVΔt=180200=0,90v=\dfrac{\Delta V}{\Delta t}=\dfrac{18-0}{20-0}=0{,}90 mL/s.

b) v=38306040=820=0,40v=\dfrac{38-30}{60-40}=\dfrac{8}{20}=0{,}40 mL/s.

c) À mesure que la réaction avance, l'acide est consommé : la concentration de HClHCl diminue, donc il y a moins de collisions par seconde entre les particules d'acide et le magnésium, donc moins de collisions efficaces par seconde.

d) Entre 80 et 100 s, le volume ne change plus (42 mL) : la vitesse est nulle, la réaction est terminée vers 80 s (au moins un des réactifs est épuisé).

Exercice 4 : Rapports stœchiométriques de vitesse

Dans un réacteur de synthèse de l'ammoniac, N2+3H22NH3N_{2}+3H_{2}\rightarrow 2NH_{3}, l'ammoniac se forme à la vitesse de 0,50 mol/(L·s).

  • a) Calculez la vitesse de consommation du dihydrogène H2H_{2}.
  • b) Calculez la vitesse de consommation du diazote N2N_{2}.
  • c) Calculez la vitesse générale de la réaction (vitesse d'une espèce divisée par son coefficient). Vérifiez qu'elle est la même pour les trois espèces.
  • d) La masse molaire de l'ammoniac est de 17,0 g/mol. Quelle masse d'ammoniac se forme en une minute dans un litre de réacteur ?

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a)
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c)
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Réponses

  • a) vH2=0,75v_{H_{2}}=0{,}75 mol/(L·s)
  • b) vN2=0,25v_{N_{2}}=0{,}25 mol/(L·s)
  • c) 0,250{,}25 mol/(L·s) pour les trois espèces
  • d) 510510 g d'ammoniac

a) Les vitesses sont dans le rapport des coefficients : vH23=vNH32\dfrac{v_{H_{2}}}{3}=\dfrac{v_{NH_{3}}}{2}, donc vH2=32×0,50=0,75v_{H_{2}}=\dfrac{3}{2}\times 0{,}50=0{,}75 mol/(L·s).

b) vN2=12×0,50=0,25v_{N_{2}}=\dfrac{1}{2}\times 0{,}50=0{,}25 mol/(L·s).

c) 0,251=0,753=0,502=0,25\dfrac{0{,}25}{1}=\dfrac{0{,}75}{3}=\dfrac{0{,}50}{2}=0{,}25 mol/(L·s) : la vitesse générale vaut 0,25 mol/(L·s), identique quelle que soit l'espèce choisie.

d) En 60 s : n=0,50×60=30n=0{,}50\times 60=30 mol dans un litre, donc m=30×17,0=510m=30\times 17{,}0=510 g d'ammoniac.

Exercice 5 : La loi des vitesses

La réaction élémentaire 2NO+O22NO22NO+O_{2}\rightarrow 2NO_{2} suit la loi des vitesses v=k[NO]2[O2]v=k[NO]^{2}[O_{2}]. Quand [NO]=0,020[NO]=0{,}020 mol/L et [O2]=0,010[O_{2}]=0{,}010 mol/L, on mesure v=1,6×105v=1{,}6\times 10^{-5} mol/(L·s).

0.20.40.60.811.21.41.61.822.20.40.81.21.622.42.83.23.644.4[A] (mol/L)vitesse
  • a) Calculez la constante de vitesse kk (avec ses unités : L²/(mol²·s)).
  • b) Par quel facteur la vitesse est-elle multipliée si on double [NO][NO] sans changer [O2][O_{2}] ? Justifiez à partir de la loi.
  • c) Par quel facteur la vitesse est-elle multipliée si on double LES DEUX concentrations ?
  • d) Calculez la vitesse quand [NO]=0,030[NO]=0{,}030 mol/L et [O2]=0,020[O_{2}]=0{,}020 mol/L.

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a)
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Réponses

  • a) k=4,0k=4{,}0 L²/(mol²·s)
  • b) Facteur 44
  • c) Facteur 88
  • d) v=7,2×105v=7{,}2\times 10^{-5} mol/(L·s)

a) k=v[NO]2[O2]=1,6×105(0,020)2×0,010=1,6×1054,0×106=4,0k=\dfrac{v}{[NO]^{2}[O_{2}]}=\dfrac{1{,}6\times 10^{-5}}{(0{,}020)^{2}\times 0{,}010}=\dfrac{1{,}6\times 10^{-5}}{4{,}0\times 10^{-6}}=4{,}0 L²/(mol²·s).

b) [NO][NO] est au carré dans la loi : doubler [NO][NO] multiplie la vitesse par 22=42^{2}=4.

c) Doubler les deux : facteur 22×2=82^{2}\times 2=8.

d) v=4,0×(0,030)2×0,020=4,0×9,0×104×0,020=7,2×105v=4{,}0\times(0{,}030)^{2}\times 0{,}020=4{,}0\times 9{,}0\times 10^{-4}\times 0{,}020=7{,}2\times 10^{-5} mol/(L·s).

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : La méthode des vitesses initiales

L'exposant qui affecte une concentration dans une loi de vitesse ne se lit PAS sur les coefficients de l'équation : il se mesure. La méthode consiste à ne faire varier qu'une concentration à la fois et à observer ce que devient la vitesse initiale.

On étudie 2NO(g)+2H2(g)N2(g)+2H2O(g)2\,NO(g)+2\,H_{2}(g)\rightarrow N_{2}(g)+2\,H_{2}O(g) à température constante. Essai 1 : [NO]=0,10[NO]=0{,}10 et [H2]=0,10[H_{2}]=0{,}10 mol/L, v=1,2×103v=1{,}2\times 10^{-3} mol/(L·s). Essai 2 : [NO]=0,20[NO]=0{,}20 et [H2]=0,10[H_{2}]=0{,}10, v=4,8×103v=4{,}8\times 10^{-3}. Essai 3 : [NO]=0,10[NO]=0{,}10 et [H2]=0,20[H_{2}]=0{,}20, v=2,4×103v=2{,}4\times 10^{-3}.

  • a) Déterminez l'ordre partiel par rapport au monoxyde d'azote, en précisant quels essais vous comparez et pourquoi.
  • b) Déterminez de la même façon l'ordre partiel par rapport au dihydrogène, puis écrivez la loi de vitesse complète et donnez l'ordre global.
  • c) Calculez la constante de vitesse kk et donnez ses unités. Vérifiez-la sur un second essai.
  • d) Comparez les exposants trouvés aux coefficients de l'équation : que constatez-vous, et quelle conclusion générale faut-il en tirer ? Prévoyez enfin la vitesse initiale pour [NO]=0,15[NO]=0{,}15 et [H2]=0,25[H_{2}]=0{,}25 mol/L.

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a)
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Réponses

  • a) Essais 1 et 2 : vitesse ×4\times 4, ordre 22 en NONO
  • b) Essais 1 et 3 : ordre 11 en H2H_{2} ; v=k[NO]2[H2]v=k[NO]^{2}[H_{2}], ordre global 33
  • c) k=1,2k=1{,}2 L²/(mol²·s), retrouvé sur l'essai 2
  • d) Ordre 11 contre coefficient 22 : les ordres se mesurent ; v=6,75×103v=6{,}75\times 10^{-3} mol/(L·s)

a) On compare les essais 1 et 2, car ce sont les seuls où le dihydrogène garde la même concentration : tout écart de vitesse ne peut donc venir que du monoxyde d'azote. En doublant [NO][NO], la vitesse passe de 1,2×1031{,}2\times 10^{-3} à 4,8×1034{,}8\times 10^{-3}, soit une multiplication par 4. Or 4=224=2^{2} : l'ordre partiel par rapport au monoxyde d'azote vaut 2. C'est la logique de la méthode, et elle exige de ne faire varier qu'une seule chose à la fois, exactement comme dans toute démarche expérimentale rigoureuse.

b) On compare cette fois les essais 1 et 3, où c'est [NO][NO] qui reste constant. En doublant [H2][H_{2}], la vitesse passe de 1,2×1031{,}2\times 10^{-3} à 2,4×1032{,}4\times 10^{-3}, soit une multiplication par 2, et 2=212=2^{1} : l'ordre partiel par rapport au dihydrogène vaut 1. La loi de vitesse s'écrit donc v=k[NO]2[H2]v=k[NO]^{2}[H_{2}], et l'ordre global est la somme des ordres partiels, soit 2+1=32+1=3.

c) On isole kk à partir de l'essai 1 : k=v[NO]2[H2]=1,2×103(0,10)2(0,10)=1,2×1031,0×103=1,2k=\dfrac{v}{[NO]^{2}[H_{2}]}=\dfrac{1{,}2\times 10^{-3}}{(0{,}10)^{2}(0{,}10)}=\dfrac{1{,}2\times 10^{-3}}{1{,}0\times 10^{-3}}=1{,}2. Les unités s'obtiennent en écrivant celles de chaque terme : mol/(Ls)(mol/L)3=L2/(mol2s)\dfrac{\text{mol}/(\text{L}\cdot\text{s})}{(\text{mol}/\text{L})^{3}}=\text{L}^{2}/(\text{mol}^{2}\cdot\text{s}). Vérification sur l'essai 2 : k=4,8×103(0,20)2(0,10)=4,8×1034,0×103=1,2k=\dfrac{4{,}8\times 10^{-3}}{(0{,}20)^{2}(0{,}10)}=\dfrac{4{,}8\times 10^{-3}}{4{,}0\times 10^{-3}}=1{,}2, la même valeur. Trouver la même constante sur deux essais différents est la meilleure validation de la loi proposée.

d) Les coefficients de l'équation sont 2 pour le monoxyde d'azote et 2 pour le dihydrogène, alors que les ordres mesurés sont 2 et 1. Le second ne coïncide donc pas. La conclusion générale est essentielle : les exposants d'une loi de vitesse ne se déduisent JAMAIS de l'équation-bilan, ils se déterminent expérimentalement. La raison est qu'une équation-bilan décrit ce qui entre et ce qui sort, alors que la vitesse ne dépend que de l'étape la plus lente du mécanisme réel, laquelle peut ne faire intervenir qu'une partie des réactifs. Que la coïncidence se produise pour le monoxyde d'azote et pas pour le dihydrogène est d'ailleurs un indice sur ce mécanisme. Prévision demandée : v=1,2×(0,15)2×0,25=1,2×0,0225×0,25=6,75×103v=1{,}2\times(0{,}15)^{2}\times 0{,}25=1{,}2\times 0{,}0225\times 0{,}25=6{,}75\times 10^{-3} mol/(L·s).

Exercice 7 : Le mécanisme réactionnel et l'étape déterminante

Une équation-bilan ne décrit presque jamais ce qui se passe réellement : la transformation se fait par une suite d'étapes ÉLÉMENTAIRES, chacune correspondant à une véritable collision. C'est l'étape la plus lente qui impose sa vitesse à l'ensemble, comme le poste le plus lent d'une chaîne de montage.

Pour la réaction 2NO+2H2N2+2H2O2\,NO+2\,H_{2}\rightarrow N_{2}+2\,H_{2}O étudiée à l'exercice précédent, on propose le mécanisme suivant. Étape 1, LENTE : 2NO+H2N2+H2O22\,NO+H_{2}\rightarrow N_{2}+H_{2}O_{2}. Étape 2, rapide : H2O2+H22H2OH_{2}O_{2}+H_{2}\rightarrow 2\,H_{2}O.

  • a) Additionnez les deux étapes et vérifiez qu'on retrouve bien l'équation-bilan. Quelle espèce se simplifie, et comment l'appelle-t-on ?
  • b) Donnez la molécularité de chaque étape, c'est-à-dire le nombre d'entités qui doivent se rencontrer. Laquelle des deux étapes est la moins probable au niveau microscopique, et est-ce cohérent avec le fait qu'elle soit la plus lente ?
  • c) Dans une étape élémentaire, et seulement dans ce cas, les exposants de la loi de vitesse sont égaux aux coefficients. Écrivez la loi de vitesse de l'étape lente et comparez-la à la loi mesurée expérimentalement, v=k[NO]2[H2]v=k[NO]^{2}[H_{2}]. Que peut-on en conclure sur le mécanisme proposé ?
  • d) Distinguez précisément un intermédiaire de réaction et un catalyseur. Puis décrivez l'allure du diagramme énergétique de ce mécanisme : combien de bosses, combien de creux, et laquelle des deux bosses est la plus haute ?

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Réponses

  • a) La somme redonne le bilan ; H2O2H_{2}O_{2} se simplifie : intermédiaire de réaction
  • b) Étape 1 termoléculaire, étape 2 bimoléculaire ; l'étape 1 est la moins probable, cohérent
  • c) v=k[NO]2[H2]v=k[NO]^{2}[H_{2}], la loi mesurée : mécanisme compatible, pas prouvé
  • d) Intermédiaire produit puis consommé, catalyseur consommé puis régénéré ; deux bosses, un creux, la première bosse plus haute

a) En additionnant : 2NO+H2+H2O2+H2N2+H2O2+2H2O2\,NO+H_{2}+H_{2}O_{2}+H_{2}\rightarrow N_{2}+H_{2}O_{2}+2\,H_{2}O. Le peroxyde d'hydrogène H2O2H_{2}O_{2} apparaît des deux côtés et se simplifie, et il reste 2NO+2H2N2+2H2O2\,NO+2\,H_{2}\rightarrow N_{2}+2\,H_{2}O, exactement l'équation-bilan. C'est la première vérification à faire sur tout mécanisme proposé, et un mécanisme qui échoue à ce test est éliminé sans discussion. L'espèce qui se simplifie, produite par une étape et consommée par une autre, s'appelle un INTERMÉDIAIRE DE RÉACTION : elle existe réellement pendant la réaction, mais elle n'apparaît ni dans les réactifs ni dans les produits.

b) L'étape 1 fait intervenir trois entités, deux molécules de monoxyde d'azote et une de dihydrogène : elle est TERMOLÉCULAIRE. L'étape 2 en fait intervenir deux : elle est BIMOLÉCULAIRE. La rencontre simultanée de trois molécules au même endroit, au même instant et avec les bonnes orientations est bien moins probable que la rencontre de deux : l'étape 1 est donc la moins probable des deux au niveau microscopique, ce qui est parfaitement cohérent avec le fait qu'elle soit la plus lente. C'est d'ailleurs pour cette raison que les étapes termoléculaires sont rares et que les mécanismes se décomposent presque toujours en étapes bimoléculaires.

c) L'étape 1 étant élémentaire, sa loi de vitesse se lit directement sur ses coefficients : v=k[NO]2[H2]v=k[NO]^{2}[H_{2}]. C'est exactement la loi mesurée expérimentalement, exposants compris. On peut donc conclure que le mécanisme proposé est COMPATIBLE avec l'expérience, et qu'il explique du même coup ce qui restait mystérieux : l'exposant 1 sur le dihydrogène, alors que l'équation-bilan en montre 2, vient de ce que la seconde molécule de dihydrogène n'intervient qu'après l'étape lente, dans une étape qui ne freine rien. Attention toutefois à la formulation : un mécanisme n'est jamais PROUVÉ par cet accord, il est seulement compatible. Un autre mécanisme pourrait conduire à la même loi, et c'est pourquoi les chimistes cherchent ensuite à détecter directement l'intermédiaire.

d) Un intermédiaire est PRODUIT dans une étape puis CONSOMMÉ dans une étape suivante : il n'existe pas au départ et il a disparu à la fin. Un catalyseur fait l'inverse : il est CONSOMMÉ d'abord puis RÉGÉNÉRÉ ensuite, il est donc présent au départ comme à l'arrivée, en quantité inchangée. C'est l'ordre des deux opérations qui les distingue, et rien d'autre. Le diagramme énergétique du mécanisme comporte DEUX bosses, une par étape élémentaire, séparées par UN creux qui correspond à l'intermédiaire H2O2H_{2}O_{2} : ce creux est un vrai minimum d'énergie, ce qui traduit qu'une molécule réelle et isolable y séjourne, à la différence d'un sommet qui n'est qu'un état de transition fugace. La première bosse est la plus haute, puisque l'étape 1 est la plus lente : c'est elle qui fixe l'énergie d'activation apparente de toute la réaction. Lire la hauteur relative des bosses sur un diagramme suffit donc à désigner l'étape déterminante sans aucun calcul.

Exercice 8 : L'effet de la température, chiffré

Une règle empirique très utilisée en laboratoire dit qu'une élévation de 10 °C double approximativement la vitesse d'une réaction. Elle n'est qu'approchée, mais elle suffit à faire des estimations qui seraient impossibles autrement.

Une réaction est complète en 8,0 minutes à 20 °C.

1234560.10.20.30.40.50.60.70.8énergie d'activationmolécules capablesde réagirénergie
  • a) Estimez le temps nécessaire à 50 °C, puis à 60 °C. Détaillez le raisonnement plutôt que d'appliquer une formule.
  • b) La théorie des collisions invoque deux effets de la température. Calculez de combien de pour cent la vitesse moyenne des molécules augmente quand on passe de 20 °C à 30 °C, sachant qu'elle varie comme la racine carrée de la température ABSOLUE. Lequel des deux effets explique donc l'essentiel du doublement ?
  • c) Un réfrigérateur est à 4 °C et une cuisine à 20 °C. Estimez par combien la vitesse des réactions de dégradation d'un aliment est divisée dans le réfrigérateur. Commentez le lien avec la durée de conservation.
  • d) Un élève applique la règle à une réaction menée à 800 °C au lieu de 20 °C et conclut qu'elle est 2782^{78} fois plus rapide, soit environ 3×10233\times 10^{23}. Sans faire de calcul plus fin, expliquez pourquoi cette conclusion n'a aucun sens et citez deux raisons distinctes.

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  • a) 1,01{,}0 min à 5050 °C ; 0,500{,}50 min à 6060 °C
  • b) +1,7+1{,}7 % seulement : c'est la part des collisions au-dessus de EaE_{a} qui explique le doublement
  • c) Vitesse divisée par environ 33 : conservation environ trois fois plus longue
  • d) Règle valable seulement autour de l'ambiante ; à 800800 °C la chimie elle-même change

a) De 20 °C à 50 °C, on franchit trois paliers de 10 °C, donc la vitesse est multipliée par 2×2×2=23=82\times 2\times 2=2^{3}=8. Le temps, lui, est INVERSEMENT proportionnel à la vitesse : t=8,08=1,0t=\dfrac{8{,}0}{8}=1{,}0 minute. De 20 °C à 60 °C, on franchit quatre paliers, la vitesse est multipliée par 24=162^{4}=16 et le temps devient 8,016=0,50\dfrac{8{,}0}{16}=0{,}50 minute, soit 30 secondes. Le point à ne pas rater est l'inversion : ce qui double, c'est la vitesse, donc le temps se divise. Confondre les deux est l'erreur classique de ce type de question.

b) On passe de T=20+273=293T=20+273=293 K à T=30+273=303T=30+273=303 K. La vitesse moyenne des molécules est multipliée par 303293=1,034=1,017\sqrt{\dfrac{303}{293}}=\sqrt{1{,}034}=1{,}017, soit une augmentation de 1,7 % seulement. Les collisions ne sont donc guère plus fréquentes ni plus rapides. Or la vitesse de réaction, elle, double : ce n'est manifestement pas la fréquence des collisions qui explique le phénomène. C'est le SECOND effet qui domine très largement : élever la température augmente considérablement la proportion de molécules dont l'énergie dépasse l'énergie d'activation, car cette proportion dépend de la température de façon exponentielle et non en racine carrée. Autrement dit, les chocs ne sont pas beaucoup plus nombreux, ils sont beaucoup plus souvent EFFICACES.

c) L'écart vaut 204=1620-4=16 °C, soit 1,6 palier de 10 °C. La vitesse est donc divisée par 21,6=3,02^{1{,}6}=3{,}0 environ. Les réactions de dégradation, chimiques comme enzymatiques, sont environ trois fois plus lentes au réfrigérateur, ce qui multiplie par trois la durée de conservation : un aliment qui tient deux jours sur le comptoir en tient environ six au froid. C'est exactement l'ordre de grandeur observé, et c'est toute la raison d'être du réfrigérateur. Le congélateur va bien plus loin, non seulement parce que l'écart de température est plus grand, mais surtout parce que l'eau gelée n'est plus disponible comme solvant : les réactions en solution s'arrêtent presque complètement.

d) L'écart est de 780 °C, soit 78 paliers, d'où le calcul de l'élève. Le résultat est absurde pour au moins deux raisons distinctes. D'abord, la règle du doublement tous les 10 °C n'est valable qu'AUTOUR de la température ambiante : elle vient d'une linéarisation locale d'une loi exponentielle, et l'extrapoler sur 780 degrés n'a pas plus de sens que de prolonger une tangente à l'infini. Le facteur réel, calculé correctement, serait de plusieurs ordres de grandeur inférieur. Ensuite, et c'est plus grave, la chimie elle-même change : à 800 °C, les réactifs peuvent fondre, se vaporiser ou se décomposer, le solvant n'existe plus s'il y en avait un, et il est très probable que la réaction étudiée n'ait tout simplement plus lieu, remplacée par d'autres. Un modèle n'est jamais valable que dans le domaine où il a été établi, et le vérifier fait partie du calcul.

Exercice 9 : Les catalyseurs, du pot catalytique aux enzymes

Un catalyseur accélère une réaction sans être consommé. Il n'y parvient pas en poussant les molécules, mais en leur ouvrant un CHEMIN différent, dont l'énergie d'activation est plus basse.

On considère une réaction dont l'énergie d'activation vaut 75 kJ/mol sans catalyseur et 50 kJ/mol avec. La proportion de molécules dont l'énergie dépasse EaE_{a} est proportionnelle à eEa/RTe^{-E_{a}/RT}, avec R=8,314R=8{,}314 J/(mol·K).

  • a) Expliquez comment un catalyseur agit et citez trois grandeurs qu'il ne modifie EN AUCUN CAS. Justifiez en particulier pourquoi il ne peut pas rendre exothermique une réaction endothermique.
  • b) Calculez, à 25 °C, par combien la proportion de collisions suffisamment énergétiques est multipliée grâce au catalyseur. Commentez l'ordre de grandeur obtenu.
  • c) Distinguez catalyse homogène, hétérogène et enzymatique, avec un exemple concret pour chacune. Pour le pot catalytique d'une automobile, précisez la phase du catalyseur et celle des réactifs.
  • d) L'activité d'une enzyme augmente d'abord avec la température, passe par un maximum vers 40 °C, puis s'effondre brutalement au-delà. La première partie de cette courbe s'explique par l'exercice précédent : expliquez la seconde, et dites pourquoi la théorie des collisions seule ne pouvait pas la prévoir.

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Réponses

  • a) Nouveau chemin à EaE_{a} plus basse ; ΔH\Delta H, équilibre et quantité finale inchangés
  • b) Facteur e10,09=2,4×104e^{10{,}09}=2{,}4\times 10^{4}
  • c) Homogène (H+H^{+} en solution), hétérogène (pot catalytique : solide et gaz), enzymatique (catalase)
  • d) L'enzyme se dénature au-delà de 4040 °C ; la théorie des collisions ignore la structure du catalyseur

a) Un catalyseur se combine temporairement aux réactifs pour former des intermédiaires que la réaction non catalysée ne connaît pas, puis il est régénéré intact à la fin. Ce nouveau chemin comporte une énergie d'activation plus basse, donc une proportion bien plus grande de collisions efficaces, donc une vitesse supérieure. Trois grandeurs restent strictement inchangées : la variation d'enthalpie ΔH\Delta H de la réaction, la position de l'équilibre et donc la constante d'équilibre, et la quantité de produit finalement obtenue à l'équilibre. La raison de fond est que ΔH\Delta H ne dépend que des niveaux d'énergie de DÉPART et d'ARRIVÉE, alors que le catalyseur ne modifie que le trajet entre les deux. Abaisser un col de montagne ne change pas l'altitude des deux villes qu'il relie. Un catalyseur ne peut donc jamais rendre exothermique une réaction endothermique, ni provoquer une réaction thermodynamiquement impossible : il ne fait qu'accélérer ce qui pouvait déjà se produire.

b) Le rapport des deux proportions vaut e50000/RTe75000/RT=e25000/(8,314×298)=e10,09=2,4×104\dfrac{e^{-50\,000/RT}}{e^{-75\,000/RT}}=e^{25\,000/(8{,}314\times 298)}=e^{10{,}09}=2{,}4\times 10^{4}. Le catalyseur multiplie donc par près de vingt-quatre mille la proportion de collisions assez énergétiques, et donc approximativement la vitesse. Un abaissement de 25 kJ/mol, qui paraît modeste à côté des énergies de liaison de plusieurs centaines de kilojoules, produit un effet de quatre ordres de grandeur : c'est la conséquence du caractère EXPONENTIEL de la dépendance. Une réaction qui demandait sept heures est terminée en une seconde. C'est ce qui explique qu'un catalyseur soit économiquement décisif dans presque tous les procédés industriels.

c) La catalyse est HOMOGÈNE quand le catalyseur est dans la même phase que les réactifs : par exemple des ions H+H^{+} en solution qui catalysent l'hydrolyse d'un ester, tout étant en phase aqueuse. Elle est HÉTÉROGÈNE quand le catalyseur est dans une phase différente, presque toujours un solide au contact de gaz ou de liquides : les réactifs s'adsorbent à sa surface, s'y affaiblissent et réagissent, puis les produits se désorbent. Elle est ENZYMATIQUE quand le catalyseur est une protéine du vivant, d'une efficacité et d'une sélectivité sans équivalent : la catalase décompose le peroxyde d'hydrogène des millions de fois plus vite que sans elle, ce qui se voit à l'oeil nu en versant de l'eau oxygénée sur une pomme de terre coupée. Le pot catalytique relève de la catalyse hétérogène : le catalyseur est un SOLIDE, platine, palladium et rhodium déposés en couche mince sur un support céramique en nid d'abeilles, tandis que les réactifs, monoxyde de carbone, oxydes d'azote et hydrocarbures imbrûlés, sont des GAZ. La structure en nid d'abeilles n'a d'autre but que d'offrir une surface de contact énorme sous un faible volume, puisqu'en catalyse hétérogène tout se joue à la surface.

d) La montée initiale est celle de l'exercice précédent : chauffer augmente la proportion de molécules assez énergétiques, donc la vitesse. L'effondrement au-delà de 40 °C a une cause entièrement différente. Une enzyme est une protéine dont l'activité tient à sa forme tridimensionnelle très précise, qui lui permet de reconnaître son substrat et de le positionner exactement. Cette forme n'est maintenue que par des liaisons faibles, liaisons hydrogène et interactions entre chaînes latérales. Au-delà d'une certaine température, l'agitation thermique suffit à les rompre : la protéine se DÉNATURE, elle perd sa forme, le site actif est détruit et l'enzyme cesse définitivement de fonctionner. Le phénomène est le plus souvent irréversible, comme le blanc d'oeuf qui ne redevient jamais transparent en refroidissant. La théorie des collisions ne pouvait pas le prévoir, car elle ne s'occupe que de l'énergie et de l'orientation des chocs et suppose implicitement que le catalyseur reste intact quelle que soit la température. Elle ignore la structure interne des espèces en présence, et c'est précisément là qu'elle trouve sa limite. Le maximum vers 37 à 40 °C pour les enzymes humaines n'est évidemment pas un hasard : c'est la température du corps.

Exercice 10 : Problème : courbe de décomposition du peroxyde d'hydrogène

Le peroxyde d'hydrogène se décompose selon 2H2O22H2O+O22H_{2}O_{2}\rightarrow 2H_{2}O+O_{2}. La courbe ci-dessous donne la concentration de H2O2H_{2}O_{2} en fonction du temps. La droite en trait plein qui part de (0 ; 0,8) et coupe l'axe du temps à 50 s est la tangente à la courbe à l'instant t=0t=0.

1020304050607080901001101200.10.20.30.40.50.60.70.80.9Temps (s)Concentration (mol/L)
  • a) Quelle est la concentration initiale de H2O2H_{2}O_{2} ?
  • b) Calculez la vitesse moyenne de disparition de H2O2H_{2}O_{2} entre t=0t=0 et t=60t=60 s, sachant qu'à 60 s la concentration vaut environ 0,24 mol/L.
  • c) Déterminez la vitesse instantanée à t=0t=0 à partir de la tangente tracée sur le graphique.
  • d) Déduisez la vitesse de production du dioxygène O2O_{2} à l'instant initial.

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  • a) [H2O2]0=0,80[H_{2}O_{2}]_{0}=0{,}80 mol/L
  • b) v9,3×103v\approx 9{,}3\times 10^{-3} mol/(L·s)
  • c) v0=1,6×102v_{0}=1{,}6\times 10^{-2} mol/(L·s)
  • d) vO2=8,0×103v_{O_{2}}=8{,}0\times 10^{-3} mol/(L·s)

a) Lecture à t=0t=0 : [H2O2]0=0,80[H_{2}O_{2}]_{0}=0{,}80 mol/L.

b) v=0,240,80600=0,56609,3×103v=\dfrac{|0{,}24-0{,}80|}{60-0}=\dfrac{0{,}56}{60}\approx 9{,}3\times 10^{-3} mol/(L·s).

c) La tangente passe par (0 ; 0,80) et (50 ; 0) : sa pente vaut 00,80500=0,016\dfrac{0-0{,}80}{50-0}=-0{,}016. La vitesse instantanée de disparition à t=0t=0 est donc de 1,6×1021{,}6\times 10^{-2} mol/(L·s).

d) L'équation donne 1 mol de O2O_{2} pour 2 mol de H2O2H_{2}O_{2} : vO2=0,0162=8,0×103v_{O_{2}}=\dfrac{0{,}016}{2}=8{,}0\times 10^{-3} mol/(L·s).

Remarque : la vitesse moyenne du b) est plus petite que la vitesse instantanée initiale du c), car la réaction ralentit à mesure que le peroxyde se consomme.

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