Réponses
- a) La corde tire m1 vers le haut, m1 tire la corde vers le bas : objets différents
- b) T−m1g=m1a et m2g−T=m2a donnent a=m1+m2(m2−m1)g
- c) a=2,45 m/s² ; T=36,75 N, entre 29,4 N et 49 N
- d) Elle dilue la gravité ; masses égales : a=0 ; une masse nulle : a=g
- e) 2T=73,5 N, moins que 78,4 N : le centre de masse accélère vers le bas
a) Sur m1 : son poids m1g vers le bas et la tension T vers le haut. Sur m2 : son poids m2g vers le bas et la tension T vers le haut, la même puisque la corde est sans masse et la poulie sans frottement. La paire action-réaction est : la corde tire le bloc m1 vers le haut avec la force T, et le bloc m1 tire la corde vers le bas avec la force T. Ces deux forces ne s'annulent jamais dans une équation du mouvement parce qu'elles s'appliquent à des OBJETS DIFFÉRENTS : l'une agit sur le bloc, l'autre sur la corde. On ne peut additionner que les forces subies par un même corps. Confondre une paire action-réaction avec deux forces qui s'équilibrent sur un même objet est l'erreur la plus tenace du chapitre.
b) En orientant positivement le sens du mouvement (montée pour m1, descente pour m2), les deux blocs ont la même accélération a en grandeur, puisque la corde est inextensible. Pour m1 : T−m1g=m1a. Pour m2 : m2g−T=m2a. En additionnant membre à membre, la tension disparaît : (m2−m1)g=(m1+m2)a, d'où a=m1+m2(m2−m1)g. Lecture physique : la force motrice est la DIFFÉRENCE des poids, mais elle doit mettre en mouvement la SOMME des masses.
c) a=8,0(5,0−3,0)(9,8)=2,45 m/s², soit un quart de g. Tension : T=m1(g+a)=(3,0)(9,8+2,45)=36,75 N. Vérification avec l'autre bloc : T=m2(g−a)=(5,0)(9,8−2,45)=36,75 N, cohérent. Les deux poids valent m1g=29,4 N et m2g=49 N : la tension, 36,75 N, est bien comprise entre les deux, ce qui est logique puisqu'elle doit soulever le petit bloc en le faisant accélérer vers le haut, tout en freinant le gros.
d) La chute libre est trop rapide pour être chronométrée à la main : un objet lâché de deux mètres touche le sol en 0,64 s. La machine d'Atwood permet de DILUER la gravité : en choisissant deux masses proches, on obtient une accélération aussi faible qu'on veut, donc un mouvement lent, mesurable au pendule ou à l'œil, tout en restant régi par la même constante g que l'on cherche. Si les deux masses deviennent égales, a=0 : le système reste immobile ou garde sa vitesse, en équilibre indifférent. Si l'une est nulle, a=g : on retrouve la chute libre, ce qui confirme que la formule contient bien le cas limite.
e) La poulie subit la tension des deux brins, tous deux verticaux et dirigés vers le bas : F=2T=2(36,75)=73,5 N. Or le poids total des deux blocs vaut (8,0)(9,8)=78,4 N. La poulie supporte donc MOINS que le poids total, à hauteur de 4,9 N de moins. Ce n'est pas une erreur : le système n'est pas en équilibre, et son centre de masse ACCÉLÈRE vers le bas, puisque la masse qui descend est plus grande que celle qui monte. Pour qu'un système accélère vers le bas, il faut précisément que le support le retienne moins que son poids. On peut le vérifier : l'accélération du centre de masse vaut (m1+m2)(m2−m1)a=0,6125 m/s² vers le bas, et (8,0)(0,6125)=4,9 N, exactement le déficit constaté. Peser la machine en marche donnerait donc un résultat plus faible qu'à l'arrêt.