Exercices corrigés : les lentilles convergentes (physique, secondaire 5)
Voici une série d'exercices corrigés de physique de secondaire 5 sur les lentilles convergentes. On applique l'équation des lentilles minces pour trouver la position et le grandissement de l'image, on étudie comment l'image change selon la position de l'objet (au-delà de 2F, sur 2F, entre F et 2F, dans le foyer, entre le foyer et la lentille), on construit l'image au tracé des trois rayons principaux et on lit un tracé à l'échelle, puis on passe aux instruments d'optique : la loupe, l'œil, l'accommodation et l'hypermétropie, le projecteur, l'appareil photo et la lunette astronomique.
À la fin de la série, vous savez trouver la position, la taille et la nature d'une image (exercices 1 et 2), construire cette image au tracé des rayons principaux, réelle quand les rayons se croisent, virtuelle quand seuls leurs prolongements se croisent (exercices 1 et 3), vérifier un calcul sur un tracé de rayons à l'échelle (exercice 4), expliquer comment le cristallin change de distance focale pour voir de près, et pourquoi un œil hypermétrope se corrige par une lentille convergente (exercice 5), placer une diapositive devant un projecteur (exercice 6), trouver où mettre l'objet pour qu'une loupe grossisse trois fois (exercice 8), calculer le déplacement de l'objectif d'un appareil photo lors de la mise au point (exercice 9), et calculer le grossissement et le cercle oculaire d'une lunette astronomique à deux lentilles (exercice 10). Les corrigés des exercices 1, 2, 3, 7 et 8 dessinent le tracé de rayons de chaque position d'objet, ceux des exercices 5, 6 et 9 le montage de l'œil, du projecteur et de l'appareil photo.
Retenez le fil conducteur : quand l'objet est au-delà du foyer, l'image est réelle et inversée ; quand il est à l'intérieur du foyer, l'image devient virtuelle, droite et agrandie (c'est la loupe, exercice 3). L'exercice 7, la méthode de Bessel, montre qu'un objet et un écran fixes admettent en général deux positions de lentille donnant une image nette, et qu'aucune n'existe quand ils sont à moins de 4f l'un de l'autre. Les corrigés traitent aussi l'objet placé exactement au foyer, dont l'image part à l'infini (exercice 3), et la raison pour laquelle un grandissement de +3 est impossible avec l'objet au-delà du foyer (exercice 8).
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Équation des lentilles minces : f1=do1+di1. Pour une lentille convergente, f>0.
•Grandissement : G=−dodi=hohi.
•Tracé des rayons principaux : le rayon parallèle à l'axe ressort par F′, le rayon qui passe par F ressort parallèle à l'axe, le rayon qui passe par le centre optique O n'est pas dévié. Quand les rayons émergents divergent, ce sont leurs prolongements vers l'arrière qui se croisent : l'image est virtuelle.
•Image réelle si di>0 (du côté opposé à l'objet, peut être projetée sur un écran) ; virtuelle si di<0 (du même côté que l'objet).
•Inversée si G<0, droite si G>0 ; agrandie si ∣G∣>1, réduite si ∣G∣<1.
•Objet au-delà du foyer : image réelle et inversée. Objet à l'intérieur du foyer (do<f) : image virtuelle, droite et agrandie (principe de la loupe).
•Objet et écran fixés à la distance D : do vérifie do2−Ddo+Df=0, donc il existe en général DEUX positions de lentille donnant une image nette, de grandissements inverses l'un de l'autre. Aucune image n'est possible si D<4f. Méthode de Bessel : f=4DD2−e2, où e est l'écart entre les deux positions.
Partie A : Images et tracés (/50)
Exercice 1 : Image d'une lentille convergente
Un objet de 3 cm de hauteur est placé à 25 cm devant une lentille convergente de distance focale 10 cm.
a) Déterminez la position de l'image.
b) Calculez le grandissement.
c) Décrivez la nature de l'image (réelle ou virtuelle, orientation, taille).
d) Quelle est la hauteur de l'image ?
e) Construisez l'image par le tracé des rayons principaux, puis situez-la par rapport à F′ et 2F′.
Voir la correction
Réponses
a)di≈16,7 cm
b)G≈−0,67
c)Réelle, inversée, réduite
d)hi≈−2 cm
e)Entre F′ et 2F′, à 16,7 cm de la lentille
a)
di1=f1−do1=101−251=505−2=503, donc di=350≈16,7 cm.
hi=Gho≈−0,67×3=−2 cm : l'image mesure 2 cm et elle est inversée.
e)
On trace depuis la pointe de l'objet le rayon parallèle à l'axe, qui ressort par F′, le rayon qui passe par F, qui ressort parallèle, et le rayon qui passe par O, non dévié (figure ci-dessous). Ils se croisent à 16,7 cm derrière la lentille et 2 cm sous l'axe, ce qui confirme a) et d). Comme f=10 cm et 2f=20 cm, l'image se forme entre F′ et 2F′ : c'est toujours le cas pour un objet placé au-delà de 2F, qui donne une image réelle, inversée et réduite.
Objet au-delà de 2F : les trois rayons partis de la pointe de l'objet se croisent à 16,7 cm derrière la lentille, entre F′ et 2F′, sous l'axe. Rayon 1 en bleu (parallèle puis par F′), rayon 2 en vert (par F puis parallèle), rayon 3 en violet (par O, non dévié). Les hauteurs sont doublées pour la lisibilité, les distances sont à l'échelle : l'image mesure les deux tiers de l'objet, sur le dessin comme dans le calcul.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Exercice 2 : L'objet à différentes positions
Une lentille convergente a une distance focale de 12 cm (donc son centre de courbure, à 2F, est à 24 cm). On place un objet à trois distances différentes.
a) Objet à 24 cm (à 2F). Déterminez di, le grandissement et la nature de l'image.
b) Objet à 18 cm (entre F et 2F). Mêmes questions.
c) Objet à 36 cm (au-delà de 2F). Mêmes questions.
d) Résumez comment la taille de l'image change quand l'objet s'approche du foyer.
Voir la correction
Réponses
a)di=24 cm, G=−1 : réelle, inversée, de même taille
b)di=36 cm, G=−2 : réelle, inversée, agrandie
c)di=18 cm, G=−0,5 : réelle, inversée, réduite
d)L'image s'éloigne et grossit
a)
di1=121−241=241, donc di=24 cm ; G=−2424=−1 : réelle, inversée, de même taille (l'image est aussi à 2F).
b)
di1=121−181=361, donc di=36 cm ; G=−1836=−2 : réelle, inversée, agrandie.
c)
di1=121−361=362, donc di=18 cm ; G=−3618=−0,5 : réelle, inversée, réduite.
d)
Plus l'objet s'approche du foyer (sans y entrer), plus l'image réelle s'éloigne de la lentille et grossit : réduite au-delà de 2F, de même taille à 2F, agrandie entre F et 2F.
a) Objet sur 2F : les rayons se croisent sur 2F′, l'image est réelle, inversée et de même hauteur que l'objet.
b) Objet entre 2F et F : les rayons se croisent au-delà de 2F′, à 36 cm, l'image est réelle, inversée et deux fois plus grande.
c) Objet au-delà de 2F : les rayons se croisent entre F′ et 2F′, à 18 cm, l'image est réelle, inversée et deux fois plus petite. D'une figure à l'autre, l'image s'éloigne et grossit quand l'objet s'approche de F (la hauteur de l'objet est choisie pour le dessin, les distances sont à l'échelle).
Exercice 3 : L'objet au foyer et la loupe
Une lentille convergente a une distance focale de 8 cm.
a) On place l'objet exactement au foyer (à 8 cm). Que vaut di1 ? Où se forme l'image ?
b) On place maintenant l'objet à 5 cm (à l'intérieur du foyer). Déterminez la position de l'image.
c) Calculez le grandissement et décrivez la nature de l'image.
d) À quel instrument d'optique cette situation correspond-elle ?
e) Construisez l'image de la question b) par le tracé des rayons principaux. Qu'est-ce qui se croise au point image ?
Voir la correction
Réponses
a)di1=0 : image à l'infini
b)di≈−13,3 cm
c)G≈2,67 : virtuelle, droite, agrandie
d)La loupe
e)Les prolongements vers l'arrière : image virtuelle à 13,3 cm, côté objet
a)
di1=81−81=0 : di tend vers l'infini. Les rayons ressortent parallèles et aucune image nette ne se forme (l'image est "à l'infini").
b)
di1=81−51=405−8=−403, donc di=−340≈−13,3 cm.
C'est le principe de la loupe : un objet placé à l'intérieur du foyer d'une lentille convergente donne une image virtuelle droite et agrandie.
e)
Après la lentille, le rayon parallèle à l'axe ressort par F′, le rayon aligné sur F et la pointe de l'objet ressort parallèle à l'axe, et le rayon qui passe par O n'est pas dévié : les trois s'écartent les uns des autres et ne se croisent jamais. On les prolonge en pointillé vers l'arrière, et ce sont ces PROLONGEMENTS qui se croisent, à 13,3 cm devant la lentille, du côté de l'objet (deuxième figure) : l'image est virtuelle, c'est elle que l'œil voit à travers la loupe. Avec l'objet sur F (première figure), même les prolongements sont parallèles : aucune image, ni réelle ni virtuelle.
a) Objet sur F : le rayon 1 (bleu) ressort par F′, le rayon 3 (violet) passe par O, et les deux émergent parallèles. Ils ne se croisent nulle part, même prolongés : aucune image.
b) Objet entre F et O : les rayons émergents divergent, leurs prolongements pointillés se croisent à 13,3 cm devant la lentille, entre F et 2F, du côté de l'objet. Image virtuelle, droite, 2,67 fois plus grande (la hauteur de l'objet est choisie pour le dessin, les distances sont à l'échelle).
Exercice 4 : Lecture d'un tracé de rayons complet
Le schéma à l'échelle ci-dessous (une graduation de l'axe = 1 cm) montre une lentille convergente (le trait vertical fléché, de centre optique O), son axe optique, les foyers F et F′ (repères sur l'axe), un objet (flèche de gauche) et les TROIS rayons principaux qui construisent l'image (flèche de droite).
a) Lisez sur le schéma la distance focale f et la distance objet-lentille do.
b) Calculez di avec l'équation des lentilles et vérifiez que le résultat correspond à la position de l'image sur le schéma.
c) Calculez le grandissement et la hauteur de l'image si l'objet mesure 1,0 cm. L'image est-elle réelle ou virtuelle ? Droite ou inversée ?
d) Décrivez les trois rayons principaux utilisés dans la construction (chacun a une règle propre).
Voir la correction
Réponses
a)f=3,0 cm, do=4,5 cm
b)di=9,0 cm
c)G=−2, hi=−2,0 cm : réelle, inversée
d)Parallèle puis par F′ ; par le centre sans déviation ; par F puis parallèle
a)
Les foyers sont à 3 unités de la lentille : f=3,0 cm. L'objet est à do=4,5 cm (entre F et 2F).
b)
di1=f1−do1=31−4,51=93−2=91, donc di=9,0 cm : c'est bien la position de la flèche image sur le schéma, au-delà de 2F′.
c)
G=−dodi=−4,59=−2 : image deux fois plus grande, le signe négatif indique qu'elle est inversée. Hauteur : −2×1,0=−2,0 cm. Elle est réelle (di>0, les rayons s'y croisent vraiment) et inversée : configuration typique du projecteur.
d)
Rayon 1 (bleu) : parallèle à l'axe, il émerge en passant par F′. Rayon 2 (vert) : il passe par F avant la lentille et émerge PARALLÈLE à l'axe. Rayon 3 (violet) : il passe par le CENTRE optique O et n'est pas dévié. Les trois se croisent au même point : la pointe de l'image.
Exercice 5 : Problème : l'œil et l'accommodation
L'œil se comporte comme une lentille convergente qui forme l'image sur la rétine, à une distance fixe di=2,0 cm derrière le cristallin. Pour voir net à différentes distances, l'œil change la distance focale de son cristallin : c'est l'accommodation.
a) Pour observer un objet très éloigné, à 500 cm, quelle distance focale le cristallin doit-il avoir ?
b) Pour observer un objet proche, à 25 cm (le punctum proximum), quelle distance focale faut-il ?
c) Pour passer de la vision de loin à la vision de près, le cristallin doit-il devenir plus ou moins convergent ? Justifiez à l'aide de vos réponses.
d) Que se passe-t-il si l'œil n'arrive plus à assez raccourcir sa distance focale pour voir de près ?
e) Un œil hypermétrope a sa rétine à la même distance, 2,0 cm, mais un cristallin trop peu convergent : au repos, sa distance focale vaut 2,1 cm. Où se forme l'image d'un objet situé à 500 cm ? Que reçoit la rétine, et quel type de lentille corrige ce défaut ?
Voir la correction
Réponses
a)f≈1,99 cm
b)f≈1,85 cm
c)Plus convergent
d)Presbytie, corrigée par des lentilles convergentes
e)di≈2,11 cm, derrière la rétine : verre convergent
a)
f1=do1+di1=5001+21=5001+250=500251, donc f=251500≈1,99 cm.
b)
f1=251+21=502+25=5027, donc f=2750≈1,85 cm.
c)
La distance focale diminue (de 1,99 cm à 1,85 cm) : le cristallin devient plus convergent pour voir de près (il se bombe davantage).
d)
L'objet proche n'est plus vu net : c'est la presbytie (le punctum proximum s'éloigne). On la corrige avec des lentilles convergentes (lunettes de lecture).
e)
di1=f1−do1=2,11−5001≈0,4742, donc di≈2,11 cm. C'est plus que les 2,0 cm de la rétine : les rayons se croiseraient environ un millimètre DERRIÈRE elle, et la rétine reçoit une tache floue au lieu d'un point (deuxième figure). Il faut aider le cristallin à converger : on place devant l'œil une lentille CONVERGENTE, qui commence à rapprocher les rayons et ramène leur croisement sur la rétine. En accommodant, un œil hypermétrope jeune peut rattraper ce défaut de loin, mais il entame alors sa réserve d'accommodation : c'est de près qu'il voit flou en premier.
a) à c) Le même œil, distances réduites pour le dessin : l'objet loin est ici à cinq fois la profondeur de l'œil, au lieu de deux cent cinquante fois. En haut, objet loin : cristallin aplati, F′ tout près de la rétine. En bas, objet proche : cristallin bombé, F′ se rapproche du cristallin, et l'image reste sur la rétine, réelle et inversée. Rayon 1 en bleu, 2 en vert, 3 en violet.
e) À gauche, l'œil hypermétrope au repos : les rayons venus de loin atteignent la rétine avant de se croiser, et leurs prolongements pointillés se croisent en F′, derrière elle. À droite, une lentille convergente devant l'œil ramène le croisement sur la rétine. Distances réduites pour le dessin, rayons exacts.
Partie B : Niveau examen (/50)
Exercice 6 : Problème : le projecteur
Un projecteur utilise une lentille convergente de distance focale 15 cm pour projeter l'image d'une diapositive sur un écran situé à 300 cm de la lentille. L'image nette se forme sur l'écran, donc di=300 cm.
a) À quelle distance de la lentille faut-il placer la diapositive ?
b) Calculez le grandissement de l'image.
c) La diapositive mesure 3,5 cm de haut. Quelle est la hauteur de l'image sur l'écran ?
d) L'image sur l'écran est-elle réelle ou virtuelle ? droite ou inversée ? Qu'en déduit-on pour la façon de placer la diapositive ?
Voir la correction
Réponses
a)do≈15,8 cm
b)G≈−19
c)hi≈−66,5 cm
d)Réelle, inversée : diapositive à l'envers
a)
do1=f1−di1=151−3001=30020−1=30019, donc do=19300≈15,8 cm.
b)
G=−dodi=−15,8300≈−19.
c)
hi=Gho≈−19×3,5=−66,5 cm.
d)
L'image est réelle (elle se forme sur un écran) et inversée (G<0). On doit donc placer la diapositive à l'envers pour que l'image projetée soit à l'endroit.
Même montage, distances réduites pour le dessin : la diapositive est juste au-delà de F (ici à 1,25f), et l'image se forme loin derrière, sur l'écran (à 5f), agrandie et inversée. Avec les vraies distances, 15,8 cm et 300 cm, le grandissement atteint −19 et le dessin ne tiendrait pas sur la page ; ici, il vaut −4. Rayon 1 en bleu, 2 en vert, 3 en violet.
Exercice 7 : Deux positions pour une même image : la méthode de Bessel
Un objet et un écran sont fixés à 100 cm l'un de l'autre. On glisse une lentille convergente de distance focale 21,0 cm entre les deux et l'on cherche les positions qui donnent une image NETTE sur l'écran. On notera do la distance objet-lentille, si bien que di=100−do.
a) En reportant di=D−do dans l'équation des opticiens, montrez que do vérifie l'équation du second degré do2−Ddo+Df=0.
b) Résolvez cette équation pour D=100 cm et f=21,0 cm. Combien y a-t-il de positions possibles ?
c) Calculez le grandissement dans chacune des deux positions, décrivez les deux images, et calculez le produit des deux grandissements. Que remarquez-vous ?
d) En étudiant le discriminant, déterminez la distance minimale D entre l'objet et l'écran pour qu'une image nette soit possible. Que valent alors do, di et le grandissement ?
e) On mesure l'écart e entre les deux positions de la lentille. Démontrez que f=4DD2−e2 et vérifiez sur les nombres. Pourquoi cette méthode est-elle plus précise qu'une mesure directe ?
Voir la correction
Réponses
a)Df=do(D−do), soit do2−Ddo+Df=0
b)do=30,0 cm ou 70,0 cm : deux positions
c)G≈−0,429 réduite, G≈−2,33 agrandie ; produit 1
d)D≥4f=84,0 cm ; alors do=di=42,0 cm, G=−1
e)e=40,0 cm, f=4DD2−e2=21,0 cm
a)
L'équation des opticiens s'écrit do1+di1=f1. Avec di=D−do : do1+D−do1=f1. En réduisant au même dénominateur : do(D−do)D=f1, donc Df=do(D−do)=Ddo−do2, ce qui se réarrange en do2−Ddo+Df=0.
b)
do2−100do+2100=0. Discriminant : Δ=10000−4(2100)=1600, de racine 40. Les solutions sont do=2100±40, soit do=70,0 cm et do=30,0 cm. Il y a donc DEUX positions de la lentille qui donnent une image nette sur le même écran, sans rien déplacer d'autre. C'est un résultat expérimentalement frappant : on croit toujours qu'il n'y a qu'une mise au point possible.
c)
Position 1 (do=70,0 cm, di=30,0 cm) : G=−7030≈−0,429, image réelle, renversée et RÉDUITE. Position 2 (do=30,0 cm, di=70,0 cm) : G=−3070≈−2,33, image réelle, renversée et AGRANDIE. Produit : (−0,429)(−2,33)=1,00 exactement. Ce n'est pas un hasard : les deux positions échangent simplement les rôles de do et di, ce que permet la symétrie de l'équation des opticiens. On dit que les deux positions sont CONJUGUÉES, et c'est cette symétrie qui garantit que le produit des grandissements vaut 1.
d)
Une solution réelle exige Δ=D2−4Df≥0, soit D≥4f=84,0 cm. En dessous de quatre fois la distance focale, aucune position de la lentille ne donne d'image nette : on peut la promener d'un bout à l'autre sans jamais rien voir de net, ce qui déroute quand on ne connaît pas ce résultat. À la limite D=4f, le discriminant s'annule et les deux positions se confondent en une seule : do=di=2D=2f=42,0 cm, avec G=−1, c'est-à-dire une image de même taille que l'objet. C'est la configuration la plus compacte possible pour un montage de projection à grandeur nature.
e)
Les deux racines valent do=2D±D2−4Df, donc leur écart est e=D2−4Df. En élevant au carré : e2=D2−4Df, d'où f=4DD2−e2. Vérification : e=70,0−30,0=40,0 cm, donc f=40010000−1600=4008400=21,0 cm, la valeur annoncée. L'intérêt pratique est décisif : cette méthode ne demande que deux mesures de POSITION de la lentille, et jamais la position de son centre optique, qui est enfoui dans le verre et impossible à localiser à la règle. Sur une lentille épaisse, une mesure directe de f est entachée d'une erreur systématique de plusieurs millimètres; la méthode de Bessel l'élimine complètement, puisque le centre optique se simplifie dans la différence e.
Les deux positions, à l'échelle : en haut, la lentille à 30 cm de l'objet donne sur l'écran une image agrandie (G≈−2,33) ; en bas, à 70 cm, une image réduite (G≈−0,43). Les rôles de do et di s'échangent d'une position à l'autre, et l'écart entre elles est e=40 cm.
Exercice 8 : La loupe sur mesure (recherche inverse)
Une lentille convergente de distance focale f=6,0 cm sert de loupe. On cherche où placer l'objet pour obtenir un grandissement donné, plutôt que l'inverse.
a) On veut une image virtuelle droite TROIS fois plus grande : G=+3. Traduisez cette condition en une relation entre di et do, puis remplacez dans l'équation des lentilles pour trouver do.
b) Donnez di et vérifiez le tout dans l'équation des lentilles.
c) Où faut-il déplacer l'objet pour augmenter encore le grandissement ? Que se passe-t-il quand l'objet atteint le foyer ?
d) Pourquoi est-il impossible d'obtenir G=+3 avec l'objet placé AU-DELÀ du foyer ?
Voir la correction
Réponses
a)do=4,0 cm
b)di=−12 cm
c)Vers le foyer ; au foyer, image à l'infini
d)Au-delà du foyer, G<0 : image réelle inversée
a)
G=−dodi=+3 donne di=−3do. Équation : 61=do1+−3do1=3do3−1=3do2, donc do=32×6=4,0 cm.
b)
di=−3×4=−12 cm (virtuelle, du même côté que l'objet). Vérification : 41+−121=123−1=61=f1.
c)
Il faut RAPPROCHER l'objet du foyer (l'éloigner de la lentille, de 4 cm vers 6 cm) : le grandissement virtuel croît. Quand l'objet atteint exactement le foyer, les rayons émergent parallèles : l'image part à l'infini, c'est la limite de la loupe.
d)
Au-delà du foyer (do>f), une lentille convergente forme une image RÉELLE et INVERSÉE (di>0, donc G<0) : un grandissement positif y est impossible. La loupe ne fonctionne que dans la zone do<f.
L'objet à 4 cm, entre F et O : les rayons émergents divergent, leurs prolongements pointillés se croisent à 12 cm devant la lentille, sur 2F, du côté de l'objet. L'image est virtuelle, droite et trois fois plus haute que l'objet (la hauteur de l'objet est choisie pour le dessin, les distances sont à l'échelle).
Exercice 9 : Problème : l'appareil photo et la mise au point
L'objectif d'un appareil photo est une lentille convergente de distance focale f=5,0 cm. L'image doit se former exactement sur le capteur, situé derrière la lentille. Pour faire la mise au point, l'appareil déplace la lentille par rapport au capteur.
a) On photographie une personne située à 3,0 m (300 cm). Calculez la distance lentille-capteur di nécessaire.
b) Calculez le grandissement, puis la hauteur de l'image d'une personne de 180 cm. L'image tient-elle sur un capteur de 3,6 cm de hauteur ?
c) Le sujet s'approche à 1,0 m (100 cm). Calculez la nouvelle distance di, puis le déplacement de la lentille exigé par la mise au point.
d) Dans quel sens la lentille se déplace-t-elle quand le sujet s'approche ? Que se passe-t-il pour un sujet « à l'infini » (paysage) ?
Voir la correction
Réponses
a)di≈5,08 cm
b)G≈−0,017, image de 3,05 cm : elle tient
c)di≈5,26 cm ; déplacement ≈1,8 mm
d)La lentille s'éloigne du capteur ; à l'infini, di=f=5,0 cm
a)
di1=51−3001=30060−1=30059, donc di=59300≈5,08 cm.
b)
G=−3005,085≈−0,017 : l'image de la personne mesure 180×0,01695≈3,05 cm, inversée. Oui, elle tient sur les 3,6 cm du capteur (l'appareil retourne l'image électroniquement).
c)
di1=51−1001=10020−1=10019, donc di=19100≈5,26 cm. Déplacement : 5,263−5,085≈0,18 cm, soit environ 1,8 mm.
d)
Quand le sujet s'approche, di augmente : la lentille s'ÉLOIGNE du capteur. Pour un sujet à l'infini, les rayons arrivent parallèles et convergent au foyer : di=f=5,0 cm exactement, la position la plus proche du capteur. C'est pourquoi l'objectif « sort » quand on photographie de près.
Même appareil, distances réduites pour le dessin : le sujet est à 6f puis à 3f, au lieu de 60f puis 20f. Le capteur ne bouge pas. Sujet loin, en haut : l'image, réduite et inversée, se forme juste derrière F′. Sujet proche, en bas : l'image recule, et pour qu'elle reste sur le capteur, l'objectif avance, il s'éloigne du capteur (le pointillé gris marque son ancienne position). C'est la mise au point des questions c) et d).
Exercice 10 : Problème : la lunette astronomique
Une lunette astronomique est formée de DEUX lentilles convergentes : un objectif de grande distance focale fobj=80 cm (côté ciel) et un oculaire de courte distance focale foc=4,0 cm (côté œil). L'objectif a un diamètre de 60 mm. On observe un astre très éloigné : ses rayons arrivent sur l'objectif PARALLÈLES entre eux.
Le schéma de principe ci-dessous (proportions non respectées) montre le trajet d'un faisceau venant d'un astre légèrement hors axe : il traverse l'objectif, converge en une image intermédiaire dans le plan focal commun, puis ressort de l'oculaire en un faisceau de nouveau parallèle, sous un angle α′ plus grand que l'angle d'entrée α.
a) Pourquoi les rayons d'un astre arrivent-ils parallèles sur l'objectif ? Où l'objectif forme-t-il l'image de cet astre, et quelle est la nature de cette image intermédiaire ?
b) La lunette est réglée « à l'infini » : le foyer image de l'objectif coïncide avec le foyer objet de l'oculaire. Déduisez-en la longueur de la lunette (distance entre les deux lentilles), et expliquez pourquoi les rayons ressortent parallèles de l'oculaire.
c) Le grossissement vaut G=focfobj. Calculez-le. La Lune est vue à l'œil nu sous un angle α=0,5∘ : sous quel angle α′ apparaît-elle dans la lunette ? Calculez aussi la taille de l'image intermédiaire de la Lune (h=fobjtanα).
d) POSITIONNEMENT DE L'ŒIL : le cercle oculaire (là où l'œil doit se placer) est l'image de l'objectif à travers l'oculaire. En prenant l'objectif comme objet situé à do= (longueur de la lunette) devant l'oculaire, calculez la distance di du cercle oculaire derrière l'oculaire.
e) Calculez le diamètre du cercle oculaire (d=D×fobjfoc, où D est le diamètre de l'objectif). Pourquoi l'œil doit-il se placer exactement là, et pourquoi ce diamètre d'environ 3 mm est-il idéal ?
Voir la correction
Réponses
a)Rayons parallèles ; image réelle inversée dans le plan focal de l'objectif
b)84 cm
c)G=20, α′=10°, image intermédiaire ≈0,70 cm
d)di=4,2 cm derrière l'oculaire
e)3,0 mm, la taille de la pupille en pleine lumière
a)
L'astre est si loin que les rayons issus d'un même point ont divergé de façon négligeable en arrivant : ils sont pratiquement parallèles entre eux. L'objectif fait converger un faisceau parallèle en un point de son PLAN FOCAL image, à fobj=80 cm derrière lui. L'image intermédiaire est réelle et inversée (elle se forme dans l'air, au foyer).
b)
Réglage à l'infini : le foyer image de l'objectif et le foyer objet de l'oculaire sont au même endroit. La distance entre les lentilles est donc fobj+foc=80+4,0=84 cm. L'image intermédiaire, placée exactement au foyer objet de l'oculaire, est renvoyée à l'infini : l'oculaire en ressort un faisceau parallèle, confortable pour l'œil au repos (accommodation relâchée).
c)
G=focfobj=4,080=20. La Lune apparaît sous α′=G×α=20×0,5∘=10∘. Taille de l'image intermédiaire : h=fobjtan(0,5∘)=80×0,00873≈0,70 cm, soit environ 7 mm.
d)
L'objectif est à do=84 cm devant l'oculaire (foc=4,0 cm). Équation des lentilles : di1=foc1−do1=41−841=8421−1=8420, donc di=2084=4,2 cm : l'œil doit se placer à 4,2 cm derrière l'oculaire.
e)
d=D×fobjfoc=60×804,0=3,0 mm (c'est aussi GD=2060=3,0 mm). C'est au cercle oculaire que TOUS les rayons sortis de l'oculaire se resserrent : en y plaçant la pupille, l'œil capte toute la lumière et voit le champ entier, sans zones sombres. Un diamètre d'environ 3 mm correspond à la pupille de l'œil en pleine lumière : toute la lumière de la lunette entre dans l'œil, l'image est aussi brillante que possible sans perte.
Il manque quelque chose dans cette série ?Un type d'exercice que ton prof donne, un énoncé qui te bloque, une erreur repérée : dis-le-moi, je lis chaque demande.
L'envoi passe par ton espace gratuit : c'est ce qui me permet de te répondre et de te prévenir quand l'exercice est ajouté. Un courriel suffit, pas de mot de passe. Crée ton espace.
Pas envie de créer un compte ? Écris-moi directement.
Contactez-moi pour une première séance. On travaille l'optique, la cinématique et l'énergie sur des exercices du niveau réel des évaluations de secondaire 5.