Réponses
- a) Rouge 25,2°, violet 24,8° : écart ≈0,31°
- b) 1,98×108 et 1,96×108 m/s : le violet, plus lent, est plus dévié
- c) Faces parallèles : la vitre compense ; la goutte additionne les déviations
- d) θc≈80,6° : moins de 9,4° avec l'axe
- e) Gaine : environnement stable et protégé ; la dispersion étale les impulsions
a) Snell-Descartes, avec n1=1,00 : sinθ2=n2sin40°. Rouge : sinθr=1,5120,6428≈0,4251, donc θr≈25,2°. Violet : sinθv=1,5300,6428≈0,4201, donc θv≈24,8°. Écart : environ 0,31°, un tiers de degré à peine. C'est peu, mais l'écart se creuse à chaque surface traversée et sur toute la distance parcourue ensuite : c'est ce minuscule décalage qui fait tout le spectre.
b) v=nc. Rouge : 1,5123×108≈1,98×108 m/s. Violet : 1,5303×108≈1,96×108 m/s. Le VIOLET est le plus lent, parce que c'est lui qui voit le plus grand indice. Et c'est exactement pour cela qu'il est le plus dévié : l'indice mesure à la fois le ralentissement et la déviation, les deux faces d'un même phénomène.
c) Une vitre plane sépare bien les couleurs à l'entrée, mais sa face de sortie est PARALLÈLE à celle d'entrée : la seconde réfraction annule exactement la première, chaque couleur ressort avec sa direction initiale, et les faisceaux se recouvrent à nouveau. Dans une goutte, rien de tel : la surface est courbe, la lumière entre, se réfléchit au fond, puis ressort en frappant la paroi sous un angle tout différent. Les déviations s'ADDITIONNENT au lieu de se compenser, si bien que chaque couleur ressort de la goutte sous son propre angle, autour de 42° pour le rouge et 40° pour le violet. Chaque goutte du ciel n'envoie donc à votre œil qu'une seule couleur, celle qui correspond à sa position : l'arc-en-ciel n'est pas dans une goutte, il est dans leur répartition, et le rouge se retrouve sur le bord extérieur.
d) sinθc=ncoeurngaine=1,481,46≈0,9865, donc θc≈80,6°. Le rayon doit frapper la paroi sous un angle SUPÉRIEUR à 80,6° par rapport à la normale, c'est-à-dire à moins de 90°−80,6°=9,4° de l'axe de la fibre. Un rayon trop incliné s'échappe dans la gaine dès le premier contact : la fibre n'accepte qu'un cône d'entrée étroit, et c'est pourquoi le raccordement de deux fibres exige un alignement au micromètre.
e) Une fibre à l'air nu serait effectivement plus tolérante, mais elle serait inutilisable en pratique : la moindre poussière, la moindre goutte d'eau, le moindre point de contact avec un support ou une gaine de protection changerait localement l'indice extérieur et laisserait fuir la lumière. En emprisonnant le cœur dans un verre solidaire d'indice à peine inférieur, on lui garantit un environnement optique identique sur des centaines de kilomètres, protégé et insensible à ce qui touche la surface extérieure. Quant à la dispersion, elle est le grand ennemi du débit : une impulsion lumineuse n'est jamais parfaitement monochromatique, et ses composantes ne voyageant pas à la même vitesse, elle s'étale en avançant. Deux impulsions envoyées trop rapprochées finissent par se chevaucher à l'arrivée et deviennent indistinguables. Plus la fibre est longue, plus il faut espacer les impulsions, donc moins on transmet de bits par seconde. D'où les lasers à raie très fine et les fibres à dispersion compensée des liaisons transocéaniques.