Math SN5, secondaire 5 • Complément québécois à Montréal
Exercices corrigés : les fonctions définies par parties (math SN5)
Voici une série d'exercices corrigés de mathématiques SN5 sur les fonctions définies par parties, calibrés sur le niveau réel des évaluations à Montréal. Ils conviennent aux élèves du secondaire québécois comme aux élèves du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas qui préparent le complément québécois SN5.
Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.
Série autocorrigéeTape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.
•Une fonction définie par parties applique une règle différente sur différents intervalles du domaine.
•Pour évaluer f(a), on choisit la règle dont l'intervalle contient a.
•La fonction est continue en un point de raccordement si les deux morceaux y prennent la même valeur (pas de saut) ; sinon elle est discontinue.
•Sur un graphique, un point plein (fermé) indique une valeur atteinte, un point vide (ouvert) une valeur exclue.
Partie A : Les bases (/50)
Exercice 1 : Évaluer et étudier la continuité
On considère la fonction f définie par trois règles :
• f(x)=−x+1 si x≤−1 ;
• f(x)=x2 si −1<x<2 ;
• f(x)=3 si x≥2.
a) Calculez f(−3), f(0), f(2) et f(5).
b) La fonction est-elle continue en x=−1 ? en x=2 ? Justifiez.
c) Tracez la fonction dans le repère du corrigé.
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Réponses
a)f(−3)=4, f(0)=0, f(2)=3, f(5)=3
b)Discontinue en −1 (2=1) et en 2 (4=3)
c)Demi-droite jusqu'au point plein (−1;2) ; arc de parabole entre points vides (−1;1) et (2;4) ; horizontale y=3 depuis le point plein (2;3)
Règle unique pour évaluer : on regarde d'abord DANS QUEL INTERVALLE tombe l'abscisse, puis on applique la règle correspondante, et une seule. Se tromper de morceau est l'erreur la plus fréquente, et elle est invisible dans le calcul lui-même.
a) f(−3) : comme −3≤−1, c'est le premier morceau qui s'applique, f(x)=−x+1, d'où f(−3)=−(−3)+1=3+1=4. f(0) : comme −1<0<2, c'est le deuxième morceau, f(x)=x2, d'où f(0)=0. f(2) : l'intervalle du deuxième morceau exclut 2 (x<2) alors que celui du troisième l'inclut (x≥2), donc c'est le troisième qui s'applique et f(2)=3. Attention à ne pas écrire f(2)=4 en utilisant x2 : c'est précisément le type d'inattention que l'énoncé cherche à provoquer avec des bornes strictes d'un côté et larges de l'autre. f(5) : comme 5≥2, troisième morceau, f(5)=3.
b) Étudier la continuité en un point de raccord, c'est comparer ce que donne le morceau de GAUCHE et ce que donne le morceau de DROITE quand on s'approche du point. En x=−1 : le morceau de gauche, valable pour x≤−1, donne −(−1)+1=2 ; le morceau de droite, valable pour x>−1, tend vers (−1)2=1 quand x s'approche de −1. Comme 2=1, la fonction fait un SAUT de 1 unité : elle est DISCONTINUE en x=−1. En x=2 : le morceau de gauche tend vers 22=4, le morceau de droite vaut 3. Comme 4=3, elle est DISCONTINUE en x=2 également, avec cette fois un saut vers le bas.
c) Le tracé se compose de trois morceaux, et ce sont les points aux extrémités qui font la note. Sur ]−∞;−1], une demi-droite de pente −1, avec un point PLEIN en (−1;2) puisque l'inégalité y est large. Sur ]−1;2[, un arc de parabole, avec un point VIDE en (−1;1) et un autre point VIDE en (2;4), les deux bornes étant strictes. Sur [2;+∞[, une demi-droite horizontale à la hauteur 3, avec un point PLEIN en (2;3). Chaque abscisse ne doit porter qu'un seul point plein, sans quoi le tracé ne représenterait pas une fonction : ici en x=−1 le point plein est à la hauteur 2, et en x=2 il est à la hauteur 3.
Exercice 2 : Retrouver la règle depuis un graphique
La fonction f est représentée ci-dessous par trois morceaux. Déterminez la règle de chaque morceau avec son intervalle.
a) Donnez la règle du morceau de gauche et son intervalle.
b) Donnez la règle du morceau du milieu et son intervalle.
c) Donnez la règle du morceau de droite et son intervalle.
d) La fonction est-elle continue ? Justifiez aux points de raccordement.
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Réponses
a)f(x)=x+3 sur [−5;−1]
b)f(x)=2 sur ]−1;3[
c)f(x)=−2x+8 sur [3;5]
d)Continue : 2 des deux côtés en −1 et en 3
a) Le morceau de gauche est un segment de droite : on lit deux de ses points sur le graphique, (−5;−2) et (−1;2). La pente vaut −1−(−5)2−(−2)=44=1. On trouve l'ordonnée à l'origine en substituant l'un des deux points dans y=x+b : avec (−1;2), on a 2=−1+b, donc b=3. Règle : f(x)=x+3 sur [−5;−1], les deux extrémités portant des points pleins.
b) Le morceau du milieu est HORIZONTAL, donc de pente nulle : c'est une fonction constante. Sa hauteur se lit directement, f(x)=2, sur l'intervalle ]−1;3[. Les deux bornes sont ouvertes ici parce que les points (−1;2) et (3;2) appartiennent déjà aux morceaux voisins ; comme les trois morceaux se rejoignent à la même hauteur, cela ne se voit pas sur le dessin, mais la rédaction de l'intervalle doit être cohérente et ne recouvrir aucune abscisse deux fois.
c) Le morceau de droite passe par (3;2) et (5;−2). Sa pente vaut 5−3−2−2=2−4=−2. Avec y=−2x+b et le point (3;2) : 2=−6+b, donc b=8. Règle : f(x)=−2x+8 sur [3;5]. Contrôle sur l'autre point, qui n'a pas servi : −2×5+8=−2 ✓.
d) La fonction est CONTINUE. En x=−1, le morceau de gauche donne −1+3=2 et le morceau du milieu vaut 2 : les deux coïncident. En x=3, le morceau du milieu vaut 2 et celui de droite donne −2×3+8=2 : ils coïncident aussi. Aucun saut, la courbe se trace sans lever le crayon. Notez la différence de nature avec l'exercice 1 : la continuité n'a rien à voir avec le fait que les morceaux soient des droites ou des paraboles, elle dépend uniquement de l'ÉGALITÉ des valeurs aux points de raccord.
Exercice 3 : Continuité et raccordement
On cherche à raccorder deux morceaux pour rendre la fonction continue.
a) Soit f(x)=2x+1 si x<1 et f(x)=ax+2 si x≥1. Déterminez la valeur de a qui rend f continue en x=1.
b) Avec cette valeur de a, calculez f(0), f(1) et f(3).
c) Soit g(x)=x2 si x≤2 et g(x)=bx−1 si x>2. Déterminez b pour que g soit continue en x=2.
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Réponses
a)a=1
b)f(0)=1, f(1)=3, f(3)=5
c)b=25
Principe des trois questions : une fonction définie par parties est continue en un point de raccord si les deux morceaux y donnent la MÊME valeur. Quand un paramètre est en jeu, on écrit cette égalité et on la résout, ce qui donne une équation à une inconnue.
a) Le point de raccord est x=1. Le morceau de gauche, 2x+1, y tend vers 2×1+1=3. Le morceau de droite, ax+2, y vaut a×1+2=a+2. L'égalité 3=a+2 donne a=1. Remarquez que le morceau de gauche est défini pour x<1 strictement, donc 1 n'y appartient pas : on calcule bien une LIMITE, la valeur vers laquelle le morceau tend, et non une valeur atteinte. Le résultat numérique est le même parce que 2x+1 est une fonction affine, donc sans surprise, mais la rédaction correcte le distingue.
b) Avec a=1, la fonction est f(x)=2x+1 pour x<1 et f(x)=x+2 pour x≥1. Donc f(0)=2×0+1=1, en utilisant le premier morceau puisque 0<1. f(1)=1+2=3, en utilisant le second puisque l'inégalité x≥1 est large. f(3)=3+2=5. Contrôle de la continuité obtenue en a) : en s'approchant de 1 par la gauche, f(0,999)=2,998, tout près de 3 ✓, il n'y a bien plus de saut.
c) Le point de raccord est x=2. Le morceau de gauche, x2, y vaut 22=4. Le morceau de droite, bx−1, y tend vers 2b−1. L'égalité 4=2b−1 donne 2b=5, donc b=25=2,5. Vérification : avec b=2,5, on a 2,5×2−1=5−1=4 ✓, qui égale bien 22. Notez que le paramètre à trouver n'est pas toujours à la même place : en a) il multipliait x dans le morceau de droite, ici aussi, mais il aurait pu être une constante additive, et la méthode serait restée identique. C'est toujours la même équation, valeur de gauche égale valeur de droite.
Exercice 4 : Fonction mixte : domaine, image et tracé
On considère la fonction définie par : f(x)=−2 si x<−2 ; x+2 si −2≤x≤2 ; −x+4 si x>2.
a) Donnez le domaine de f.
b) Calculez f(−3), f(2) et f(3).
c) Étudiez la continuité aux points de raccordement x=−2 et x=2.
d) Tracez la fonction dans le repère du corrigé.
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Réponses
a)R
b)f(−3)=−2, f(2)=2, f(3)=1
c)Discontinue en −2 (saut de −2 à 0), continue en 2
d)Horizontale y=−2 (point vide en −2), arc de racine de (−2;0) à (2;2), demi-droite de pente −1 depuis (2;2)
a) Chacun des trois morceaux est défini sur son intervalle sans condition supplémentaire : la constante −2 existe partout, la racine x+2 existe pour x≥−2 ce qui couvre bien tout [−2;2], et la fonction affine existe partout. Les trois intervalles ]−∞;−2[, [−2;2] et ]2;+∞[ se recouvrent sans trou et sans chevauchement, donc le domaine est R. Le contrôle à faire systématiquement est double : aucun réel ne doit être oublié, et aucun ne doit recevoir deux règles.
b) f(−3) : comme −3<−2, premier morceau, f(−3)=−2. f(2) : comme −2≤2≤2, la borne étant incluse, c'est le deuxième morceau, f(2)=2+2=4=2. f(3) : comme 3>2, troisième morceau, f(3)=−3+4=1.
c) En x=−2 : à gauche la fonction vaut constamment −2, à droite elle commence à −2+2=0=0. Comme −2=0, la fonction est DISCONTINUE en −2, avec un saut vers le haut de 2 unités. La valeur atteinte en −2 est 0, celle du morceau qui inclut ce point. En x=2 : à gauche 2+2=2, à droite −2+4=2. Les deux coïncident, donc la fonction est CONTINUE en 2. Cette fonction illustre bien que continuité et discontinuité peuvent cohabiter dans une même fonction : chaque point de raccord s'étudie séparément.
d) Le tracé comporte trois morceaux de natures différentes. Une demi-droite horizontale à la hauteur −2 sur ]−∞;−2[, terminée par un point VIDE en (−2;−2). Un arc de racine carrée partant du point PLEIN (−2;0), croissant et s'aplatissant, jusqu'au point PLEIN (2;2) : les points intermédiaires commodes sont (−1;1) et (0;2)≈(0;1,41), obtenus en prenant des radicandes qui sont des carrés parfaits. Enfin une demi-droite de pente −1 partant de (2;2), avec un point vide puisque x>2 est strict, mais qui coïncide avec le point plein du morceau précédent : le raccord est donc invisible, ce qui est exactement la traduction graphique de la continuité établie en c).
Exercice 5 : Problème : la tarification d'une livraison
Un service de livraison facture le transport selon la distance d (en km) : 5 $ pour une distance d'au plus 3 km ; puis 1,50 $ par kilomètre supplémentaire jusqu'à 10 km ; au-delà de 10 km, un tarif fixe de 15,50 $.
a) Écrivez la règle de la fonction coût C(d) sous forme définie par parties.
b) Combien coûte une livraison de 3 km ? de 7 km ? de 12 km ?
c) La fonction est-elle continue aux distances de raccordement (3 km et 10 km) ? Justifiez.
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Réponses
a)C(d)=5 si 0≤d≤3 ; 5+1,5(d−3) si 3<d≤10 ; 15,50 si d>10
b)5 ; 11 ; 15,50 dollars
c)Continue en 3 (5=5) et en 10 (15,50=15,50)
a) On traduit chaque phrase du tarif en une règle et un intervalle, en repérant bien où chaque tranche commence. Jusqu'à 3 km inclus, le prix est fixe : C(d)=5 pour 0≤d≤3. Au-delà, chaque kilomètre supplémentaire coûte 1,50 dollar, et le mot SUPPLÉMENTAIRE impose de compter à partir de 3 et non de 0 : c'est le (d−3) de la formule, et l'oublier est l'erreur qui coûte la question. On obtient C(d)=5+1,5(d−3) pour 3<d≤10. Enfin C(d)=15,50 pour d>10.
b) C(3)=5 dollars, par le premier morceau. C(7)=5+1,5×(7−3)=5+1,5×4=5+6=11 dollars ; notez qu'on multiplie par 4, le nombre de kilomètres au-delà de 3, et non par 7. C(12)=15,50 dollars, par le troisième morceau, puisque 12>10.
c) En d=3 : le premier morceau donne 5, le second tend vers 5+1,5×(3−3)=5+0=5. Les deux coïncident, la fonction est continue en 3. En d=10 : le second morceau donne 5+1,5×7=5+10,5=15,50, et le troisième vaut 15,50. Ils coïncident, la fonction est continue en 10. Elle est donc continue partout. Cette continuité n'est pas un hasard mathématique, c'est une propriété du BARÈME : le tarif fixe de 15,50 dollars a été calculé pour égaler exactement le prix d'une course de 10 km. Un tarif conçu autrement produirait une discontinuité, et donc une absurdité commerciale : une course de 10,1 km coûterait moins cher qu'une course de 10 km, et il suffirait de faire un détour pour payer moins. Le même raisonnement s'applique aux tranches d'impôt de l'exercice 7.
Partie B : Niveau examen (/50)
Exercice 6 : Résoudre f(x) = c à travers les morceaux
On considère la fonction définie par parties : f(x)=−2x−1 si x<−1 ; f(x)=x2−2 si −1≤x<2 ; f(x)=3 si x≥2.
a) Calculez f(−2), f(0) et f(5).
b) Calculez f(f(0)) (composez avec soin : repérez d'abord dans quel morceau tombe f(0)).
c) Résolvez l'équation f(x)=3 : traitez CHAQUE morceau séparément et vérifiez que chaque solution appartient bien à l'intervalle de son morceau.
d) Combien l'équation f(x)=3 a-t-elle de solutions ? Ce résultat serait-il possible pour une fonction affine ou une parabole ? Expliquez.
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Réponses
a)f(−2)=3, f(0)=−2, f(5)=3
b)f(f(0))=f(−2)=3
c){−2}∪[2;+∞[
d)Une infinité : impossible pour une affine (une solution au plus) ou une parabole (deux au plus)
a) f(−2) : comme −2<−1, premier morceau, f(−2)=−2×(−2)−1=4−1=3. f(0) : comme −1≤0<2, deuxième morceau, f(0)=02−2=−2. f(5) : comme 5≥2, troisième morceau, f(5)=3.
b) Une composition se lit de l'INTÉRIEUR vers l'extérieur, et avec une fonction par parties il faut re-choisir le morceau à chaque étape. Première étape : f(0)=−2, calculé en a). Deuxième étape : on doit évaluer f(−2), et il faut donc regarder à nouveau dans quel intervalle tombe −2. Comme −2<−1, c'est le PREMIER morceau, et non celui qu'on venait d'utiliser : f(−2)=−2×(−2)−1=3. Donc f(f(0))=3. L'erreur naturelle consiste à rester dans le morceau du premier calcul ; la valeur intermédiaire doit être traitée comme une abscisse entièrement nouvelle.
c) On résout dans chaque morceau, puis on filtre. Morceau 1, valable pour x<−1 : −2x−1=3 donne −2x=4, donc x=−2. Cette valeur vérifie bien −2<−1 : ACCEPTÉE. Morceau 2, valable pour −1≤x<2 : x2−2=3 donne x2=5, donc x=5≈2,24 ou x=−5≈−2,24. Ni l'une ni l'autre n'appartient à [−1;2[ : toutes deux REJETÉES. Morceau 3, valable pour x≥2 : la règle est la constante 3, donc l'équation 3=3 est vraie pour TOUS les x de l'intervalle : tout [2;+∞[ est solution. Ensemble-solution : {−2}∪[2;+∞[. Le filtrage n'est pas une vérification facultative, c'est une étape de la résolution : une solution obtenue dans un morceau mais située hors de son intervalle n'existe tout simplement pas.
d) L'équation a une INFINITÉ de solutions : une valeur isolée, −2, et un intervalle entier, [2;+∞[. Aucune fonction affine ni aucune parabole ne peut produire un tel ensemble. Une droite non horizontale coupe une horizontale en un point au plus, une parabole en deux points au plus, et dans les deux cas l'ensemble-solution est FINI. Seule une fonction comportant un morceau constant peut égaler une valeur sur tout un intervalle, et seule une fonction par parties peut combiner ce comportement avec une solution isolée ailleurs. C'est précisément la souplesse que ces fonctions apportent, et c'est aussi pourquoi elles servent à modéliser des tarifs et des barèmes, où un prix reste identique sur toute une plage.
Exercice 7 : Problème : l'impôt par tranches
Dans un régime fiscal simplifié, l'impôt T(x) sur un revenu annuel de x dollars est calculé par tranches MARGINALES : rien sur les premiers 15 000 $ ; 15 % sur la partie du revenu entre 15 000 $ et 50 000 $ ; 25 % sur la partie qui dépasse 50 000 $.
a) Écrivez T(x) sous forme de fonction définie par parties (trois morceaux).
b) Calculez l'impôt sur un revenu de 40 000 $ puis de 80 000 $.
c) Montrez que T est continue en x=50000. Pourquoi un impôt par tranches marginales est-il TOUJOURS continu (contrairement à une idée répandue) ?
d) Quel revenu correspond à un impôt de 9000 $ ? Quel est alors le taux d'imposition effectif (impôt divisé par revenu, en pourcentage) ?
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Réponses
a)T(x)=0 si x≤15000 ; 0,15(x−15000) si 15000<x≤50000 ; 5250+0,25(x−50000) si x>50000
b)3750 dollars ; 12750 dollars
c)5250 des deux côtés : continue ; le terme constant de chaque tranche est l'impôt accumulé au seuil
d)65000 dollars ; taux effectif ≈13,8 %
a) On traduit chaque tranche en repérant qu'un taux ne s'applique qu'à la PARTIE du revenu située dans sa tranche, jamais au revenu entier. Première tranche : T(x)=0 pour 0≤x≤15000. Deuxième : le taux de 15 % porte sur x−15000, la partie qui dépasse le seuil, donc T(x)=0,15(x−15000) pour 15000<x≤50000. Troisième : le taux de 25 % porte sur x−50000, mais il faut y ajouter l'impôt déjà accumulé sur toute la deuxième tranche, laquelle est désormais entièrement franchie et a une largeur de 50000−15000=35000 dollars, soit 0,15×35000=5250 dollars. D'où T(x)=5250+0,25(x−50000) pour x>50000. Ce report de 5250 dollars est le point technique de la question.
b) Revenu de 40000 dollars : il tombe dans la deuxième tranche, donc T=0,15×(40000−15000)=0,15×25000=3750 dollars. Revenu de 80000 dollars : troisième tranche, donc T=5250+0,25×(80000−50000)=5250+0,25×30000=5250+7500=12750 dollars.
c) En x=50000, par la gauche : 0,15×(50000−15000)=0,15×35000=5250. Par la droite : 5250+0,25×0=5250. Les deux valeurs coïncident, donc T est continue en 50000. Ce n'est pas une coïncidence mais une propriété STRUCTURELLE du barème marginal : le terme constant de chaque tranche est, par construction, l'impôt accumulé jusqu'au seuil, donc les deux expressions se rejoignent nécessairement. Conséquence économique importante, et contraire à une idée très répandue : franchir un seuil d'imposition ne fait JAMAIS perdre d'argent. Gagner un dollar de plus fait payer au maximum 25 centimes d'impôt supplémentaire, jamais un montant qui annulerait le gain. La croyance inverse vient d'une confusion entre taux marginal, qui ne s'applique qu'à la tranche, et taux moyen, qui s'applique au revenu entier.
d) On localise d'abord la tranche avant de choisir la règle : l'impôt maximal de la deuxième tranche est 5250 dollars, or 9000>5250, donc le revenu cherché est dans la troisième tranche. On résout 5250+0,25(x−50000)=9000, ce qui donne 0,25(x−50000)=3750, puis x−50000=15000 et x=65000 dollars. Vérification : 5250+0,25×15000=5250+3750=9000 ✓. Le taux effectif est le rapport de l'impôt au revenu total : 650009000≈0,138, soit environ 13,8 %. Ce chiffre est très inférieur au taux marginal de 25 %, et l'écart s'explique entièrement par la structure : les 15000 premiers dollars n'ont rien payé, les 35000 suivants n'ont payé que 15 %, et seuls les 15000 derniers ont subi le taux de 25 %. Retenez la distinction, elle est souvent demandée : le taux marginal est celui du prochain dollar gagné, le taux effectif est celui de l'ensemble du revenu, et le second est toujours inférieur au premier dans un barème progressif.
Exercice 8 : De la valeur absolue à la définition par parties
Toute fonction valeur absolue peut s'écrire comme une fonction définie par parties formée de deux demi-droites. On considère f(x)=−2∣x−3∣+4.
a) Écrivez f sous forme définie par parties (distinguez x<3 et x≥3).
b) Vérifiez que vos deux morceaux se raccordent (même valeur) en x=3. Quelle est cette valeur et que représente ce point pour la courbe ?
c) Trouvez les zéros de f en résolvant dans chaque morceau, et vérifiez que chaque zéro appartient à l'intervalle de son morceau.
d) Déduisez l'ensemble-solution de l'inéquation f(x)>0.
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Réponses
a)f(x)=2x−2 si x<3 ; −2x+10 si x≥3
b)4 des deux côtés : le sommet (3;4)
c)x=1 et x=5
d)]1;5[
a) On enlève la valeur absolue en distinguant le signe de ce qu'elle contient, et le point de rupture est la valeur qui l'annule, ici x=3. Si x<3, alors x−3 est négatif et ∣x−3∣=−(x−3)=3−x, d'où f(x)=−2(3−x)+4=−6+2x+4=2x−2. Si x≥3, alors x−3 est positif ou nul et ∣x−3∣=x−3, d'où f(x)=−2(x−3)+4=−2x+6+4=−2x+10. Écriture par parties : f(x)=2x−2 si x<3, et f(x)=−2x+10 si x≥3. Attention à la double distribution du signe : dans le premier cas, le −2 multiplie (3−x) et non (x−3).
b) En x=3 : le morceau de gauche donne 2×3−2=4 et celui de droite −2×3+10=4. Les deux valeurs coïncident, donc les demi-droites se raccordent en (3;4) et la fonction est continue. Ce point est le SOMMET du graphique, et il n'est autre que (h;k) lu directement sur la forme canonique −2∣x−3∣+4 ✓. Comme a=−2<0, la courbe est un Λ ouvert vers le bas et le sommet est un maximum. Notez que les pentes des deux morceaux, +2 et −2, sont opposées et valent ±∣a∣ : c'est la signature d'une valeur absolue, et cela fournit un contrôle immédiat de la conversion.
c) On résout dans chaque morceau, puis on filtre par l'intervalle. Morceau de gauche, valable pour x<3 : 2x−2=0 donne x=1, et 1<3 : ACCEPTÉ. Morceau de droite, valable pour x≥3 : −2x+10=0 donne x=5, et 5≥3 : ACCEPTÉ. Les zéros sont x=1 et x=5. Contrôle de cohérence par la symétrie : les deux zéros doivent être équidistants du sommet h=3, et ils le sont, chacun à 2 unités ✓. Si l'un des deux avait été rejeté, cette symétrie aurait été rompue, ce qui aurait signalé une erreur de calcul.
d) La courbe est un Λ de sommet (3;4), situé au-dessus de l'axe des x, et de zéros 1 et 5. Elle est donc positive ENTRE ses deux zéros et négative à l'extérieur : f(x)>0 pour x∈]1;5[, bornes exclues puisque l'inégalité est stricte. On peut aussi conclure par les morceaux, ce qui donne le même résultat : à gauche 2x−2>0 équivaut à x>1, ce qui croisé avec x<3 donne ]1;3[ ; à droite −2x+10>0 équivaut à x<5, ce qui croisé avec x≥3 donne [3;5[ ; la réunion des deux est ]1;5[ ✓. Les deux méthodes se contrôlent l'une l'autre, et la seconde a l'avantage de ne rien supposer sur la forme du graphique.
Exercice 9 : Continuité d'une fonction définie par parties selon un paramètre
On considère la fonction f(x)={2x+ax2+2si x≤1si x>1, où a est un paramètre réel.
a) Déterminez la valeur de a pour laquelle f est continue en x=1.
b) Avec cette valeur de a, calculez f(0), f(1) et f(2).
c) Avec cette valeur de a, f est-elle continue sur tout R ? Justifiez.
d) Toujours avec cette valeur de a, résolvez f(x)=6.
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Réponses
a)a=1
b)f(0)=1, f(1)=3, f(2)=6
c)Oui : polynômes sur chaque morceau, et raccord assuré en 1
d)x=2 (2,5 et −2 rejetés)
a) La continuité en x=1 exige que la valeur de la fonction au point et la limite venant de la droite coïncident. La VALEUR est donnée par le morceau qui contient 1, c'est-à-dire celui de x≤1 : f(1)=2×1+a=2+a. La LIMITE à droite est donnée par l'autre morceau, valable pour x>1 : quand x s'approche de 1 par valeurs supérieures, x2+2 s'approche de 1+2=3. L'égalité 2+a=3 donne a=1. Le morceau x>1 n'atteint jamais x=1, on ne peut donc y parler que de limite : c'est une nuance de rédaction qui compte dans une copie soignée.
b) Avec a=1 : f(0)=2×0+1=1, par le premier morceau puisque 0≤1. f(1)=2×1+1=3, encore par le premier morceau, l'inégalité x≤1 étant large. f(2)=22+2=6, par le second puisque 2>1. Contrôle de la continuité : f(1,001)=1,0012+2≈3,002, très proche de f(1)=3 ✓.
c) Oui, f est continue sur tout R, et la justification comporte deux volets qu'il faut donner tous les deux. D'abord, chaque morceau est une fonction POLYNOMIALE, affine à gauche et du second degré à droite, donc continue en tout point intérieur à son intervalle : il n'y a aucun problème ailleurs qu'au raccord. Ensuite, le seul point de raccord est x=1, et le choix a=1 y assure l'égalité 3=3. Ces deux volets épuisent tous les points de R, donc la fonction est continue partout. Une réponse qui ne traiterait que le raccord serait incomplète, même si elle donne la bonne conclusion.
d) On résout dans chaque morceau et on filtre. Morceau x≤1 : 2x+1=6 donne 2x=5, donc x=25=2,5. Mais 2,5>1, donc cette valeur n'appartient PAS à l'intervalle du morceau : REJETÉE. Morceau x>1 : x2+2=6 donne x2=4, donc x=2 ou x=−2. La valeur 2 vérifie 2>1 : ACCEPTÉE. La valeur −2 ne vérifie pas −2>1 : REJETÉE. Solution unique : x=2, ce que confirme le calcul de b) où l'on avait trouvé f(2)=6 ✓. Cet exercice illustre les deux façons dont une solution peut échouer au filtrage : elle peut sortir de l'intervalle par le haut, comme 2,5, ou par le bas, comme −2. Dans les deux cas, la valeur satisfait bien l'ÉQUATION du morceau, mais pas là où ce morceau gouverne la fonction.
Exercice 10 : Fonction à trois morceaux : évaluation, continuité et image
On considère g(x)=⎩⎨⎧x+13−x+5si x<0si 0≤x<2si x≥2.
a) Calculez g(−3), g(0), g(1) et g(4).
b) Étudiez la continuité de g aux points de raccord x=0 et x=2.
c) Résolvez g(x)=1.
d) Déterminez l'image de g.
Voir la correction
Réponses
a)g(−3)=−2, g(0)=3, g(1)=3, g(4)=1
b)Discontinue en 0 (1=3), continue en 2
c)x=4
d)]−∞;3]
a) g(−3) : comme −3<0, premier morceau, g(−3)=−3+1=−2. g(0) : la borne 0 appartient au DEUXIÈME morceau, dont l'intervalle 0≤x<2 est fermé à gauche, donc g(0)=3 et non 0+1=1. C'est le piège de la question, et il se joue entièrement sur le type d'inégalité. g(1)=3, toujours par le deuxième morceau. g(4) : comme 4≥2, troisième morceau, g(4)=−4+5=1.
b) En x=0 : la limite à gauche, donnée par x+1, vaut 0+1=1, alors que la valeur atteinte est g(0)=3. Comme 1=3, g est DISCONTINUE en 0, avec un saut de 2 unités vers le haut. En x=2 : le morceau du milieu tend vers 3 lorsque x s'approche de 2 par la gauche, et le troisième morceau donne g(2)=−2+5=3. Les deux valeurs coïncident, donc g est CONTINUE en 2. Une même fonction peut donc être discontinue en un raccord et continue en un autre : chaque point s'étudie séparément, et il n'y a rien à conclure de l'un sur l'autre.
c) On résout dans chaque morceau et on filtre. Morceau x<0 : x+1=1 donne x=0, qui ne vérifie PAS x<0 : REJETÉ. Le cas est instructif, la solution tombe exactement sur la borne exclue. Morceau 0≤x<2 : la règle est la constante 3, et 3=1, donc l'équation n'a aucune solution sur cet intervalle. Morceau x≥2 : −x+5=1 donne x=4, qui vérifie bien 4≥2 : ACCEPTÉ. Solution unique : x=4, ce que confirme le calcul de a) ✓.
d) On détermine l'ensemble des valeurs prises par chaque morceau, puis on en fait la réunion. Morceau x<0 : la fonction x+1 est strictement croissante et x parcourt ]−∞;0[, donc x+1 parcourt ]−∞;1[, la borne 1 étant exclue puisque x=0 l'est. Morceau 0≤x<2 : une seule valeur, {3}. Morceau x≥2 : la fonction −x+5 est strictement décroissante, elle part de −2+5=3 en x=2 et diminue sans limite, donc elle parcourt ]−∞;3], avec 3 inclus car atteint en x=2. La réunion des trois ensembles est ]−∞;3]. Un point mérite d'être vérifié : les valeurs entre 1 et 3, que le premier morceau n'atteignait pas, sont-elles bien couvertes ? Oui, par le TROISIÈME morceau, qui balaie tout ]−∞;3] à lui seul. Par exemple 2 est atteint en x=3, puisque −3+5=2 ✓. Sans ce contrôle, on aurait pu croire à un trou dans l'image, ce qui est l'erreur typique de la question : on ne peut pas conclure sur l'image en additionnant les morceaux de tête, il faut vérifier les recouvrements.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Résoudre une inéquation morceau par morceau
On considère la fonction définie par f(x)=−x+1 si x<0, f(x)=x2−4 si 0≤x≤3, et f(x)=5 si x>3.
a) Résolvez f(x)>0.
b) Résolvez f(x)≤−3.
c) Déterminez les zéros de f.
d) Expliquez pourquoi l'ensemble-solution d'une inéquation par parties peut être formé de plusieurs intervalles séparés.
Voir la correction
Réponses
a)]−∞;0[∪]2;+∞[
b)[0;1]
c)x=2 seulement
d)Chaque morceau a sa règle et son intervalle : les zones de positivité n'ont pas à se toucher
La méthode ne se discute pas : on résout l'inéquation DANS chaque morceau, puis on croise chaque ensemble trouvé avec l'intervalle de définition de ce morceau, et on réunit les trois résultats. Le croisement est l'étape que les copies sautent, et c'est elle qui coûte les points.
a) Premier morceau, x<0 : −x+1>0 donne x<1. On croise avec x<0 : il reste tout l'intervalle ]−∞;0[. Deuxième morceau, 0≤x≤3 : x2−4>0 donne x<−2 ou x>2. On croise avec [0;3] : il reste ]2;3]. Troisième morceau, x>3 : f(x)=5>0 est vrai partout, il reste ]3;+∞[. Réunion : ]−∞;0[∪]2;3]∪]3;+∞[, et comme les deux derniers se recollent en 3, la réponse s'écrit ]−∞;0[∪]2;+∞[. Contrôle : f(−1)=2>0 ✓, f(1)=−3 n'est pas positif ✓, f(2,5)=2,25>0 ✓.
b) Premier morceau : −x+1≤−3 donne x≥4, ce qui ne rencontre PAS x<0. Ce morceau ne fournit aucune solution, et il faut l'écrire : une partie vide est une réponse, pas un oubli. Deuxième morceau : x2−4≤−3 donne x2≤1, soit −1≤x≤1 ; croisé avec [0;3], il reste [0;1]. Troisième morceau : 5≤−3 est faux. Réponse : [0;1]. Contrôle : f(0)=−4≤−3 ✓ et f(1)=−3, la borne est atteinte ✓.
c) On cherche f(x)=0 dans chaque morceau. Premier : −x+1=0 donne x=1, qui n'appartient pas à ]−∞;0[, donc on le REJETTE. Deuxième : x2−4=0 donne x=2 ou x=−2 ; seul 2 appartient à [0;3]. Troisième : 5=0 est impossible. Le seul zéro est x=2. La solution rejetée du premier morceau est exactement le piège du chapitre : le calcul est juste, mais la valeur trouvée n'est pas dans le bon morceau, donc elle ne compte pas.
d) Parce que chaque morceau a sa propre règle et son propre intervalle : rien n'oblige les zones de positivité des différents morceaux à se toucher. Dans la question a), la fonction est positive avant 0, redevient négative sur [0;2[, puis repasse positive : l'ensemble-solution est donc naturellement coupé en deux. Pour une fonction affine ou une parabole, la solution d'une inéquation est toujours un intervalle ou la réunion de deux intervalles infinis, jamais davantage ; une fonction par parties n'a pas cette limite, et c'est justement pourquoi elle sert à modéliser des tarifs ou des régimes qui changent.
Exercice 12 : Cette définition par parties est-elle valide ?
Une fonction doit associer à chaque valeur de x une seule image. Pour chaque définition ci-dessous, dites si elle définit bien une fonction, et sur quel domaine.
a) f(x)=2x si x≤1 et f(x)=x+1 si x≥1
b) g(x)=x2 si x<2 et g(x)=3x si x>2
c) h(x)=x+3 si x≤0 et h(x)=x−1 si x≥0
d) Corrigez les définitions fautives en modifiant le moins possible.
Voir la correction
Réponses
a)Oui, domaine R (f(1)=2 des deux côtés)
b)Oui, mais domaine R∖{2}
c)Non : h(0) vaudrait 3 et −1
d)b) : x≤2 ; c) : x>0 pour le second morceau
Deux vérifications, toujours les mêmes : les intervalles couvrent-ils tout le domaine voulu, sans TROU ? et, s'ils se CHEVAUCHENT, les deux règles donnent-elles la même valeur sur le chevauchement ?
a) Les deux intervalles se chevauchent en x=1, qui appartient à la fois à x≤1 et à x≥1. Il faut donc vérifier : la première règle donne 2×1=2, la seconde donne 1+1=2. Les deux coïncident, la définition est donc VALIDE, et f(1)=2 sans ambiguïté. Le domaine est R tout entier. Un chevauchement n'est pas fautif en soi, il est seulement à vérifier.
b) Ici il y a un TROU : x=2 n'appartient ni à x<2 ni à x>2. La définition est valide en tant que fonction, mais son domaine est R∖{2}, c'est-à-dire ]−∞;2[∪]2;+∞[. Écrire que le domaine est R serait faux. On remarque au passage que les deux morceaux ne se rejoignent pas au bord du trou : 22=4 d'un côté et 3×2=6 de l'autre. Même en rattachant x=2 à l'un des morceaux, la fonction resterait donc discontinue en ce point.
c) Chevauchement en x=0, et cette fois les deux règles se contredisent : 0+3=3 contre 0−1=−1. Une même valeur de x recevrait deux images, ce qui est INTERDIT. Cette définition ne définit donc pas une fonction. C'est l'erreur d'écriture la plus fréquente quand on rédige soi-même une fonction par parties : on met un ≤ des deux côtés par symétrie, sans regarder les valeurs.
d) Pour b), il suffit de rattacher x=2 à l'un des deux morceaux, par exemple g(x)=x2 si x≤2 et g(x)=3x si x>2 : le domaine devient R, avec g(2)=4. Pour c), il suffit de rendre l'une des deux inégalités stricte, par exemple h(x)=x+3 si x≤0 et h(x)=x−1 si x>0 : chaque réel reçoit alors exactement une image, avec h(0)=3.
La règle d'écriture à retenir pour toutes vos copies : une seule des deux bornes porte le signe « ou égal ». Écrire x<a d'un côté et x≥a de l'autre garantit à la fois l'absence de trou et l'absence de contradiction, sans avoir à vérifier quoi que ce soit.
Exercice 13 : Tracer et lire l'image d'une fonction à trois morceaux
On considère g(x)=3 si x<−1, g(x)=−2x+1 si −1≤x<2, et g(x)=x−2 si x≥2.
a) Calculez g(−3), g(−1), g(0), g(2) et g(5).
b) Étudiez la continuité de g en x=−1 puis en x=2.
c) Tracez la courbe de g en marquant clairement les points ouverts et les points fermés.
d) Déterminez l'image de g et ses zéros.
Voir la correction
Réponses
a)3, 3, 1, 0, 3
b)Continue en −1, discontinue en 2 (saut de −3 à 0)
c)Horizontale y=3, segment de (−1;3) à (2;−3) ouvert, demi-droite depuis (2;0)
d)Image ]−3;+∞[ ; zéros 0,5 et 2
a) g(−3)=3 (premier morceau). g(−1)=−2×(−1)+1=3 : la valeur −1 appartient au DEUXIÈME morceau, puisque l'inégalité −1≤x est large de ce côté. g(0)=1. g(2)=2−2=0, troisième morceau. g(5)=3.
b) En x=−1 : à gauche la fonction vaut 3, et le morceau du milieu donne aussi 3 en −1. Les deux valeurs coïncident, g est donc CONTINUE en −1, le tracé se fait sans lever le crayon. En x=2 : le morceau du milieu tend vers −2×2+1=−3 quand x approche 2 par la gauche, alors que g(2)=0. Les deux valeurs diffèrent, il y a donc un SAUT de 3 unités et g est discontinue en 2. Sur le graphique, cela se marque par un point ouvert en (2;−3) et un point fermé en (2;0).
c) Voir la figure du corrigé. Trois traits : une demi-droite horizontale à hauteur 3 jusqu'à x=−1, un segment descendant de (−1;3) à (2;−3) exclu, puis une demi-droite montante à partir de (2;0) inclus. Le seul point ouvert est (2;−3).
d) On calcule l'image morceau par morceau. Premier morceau : la fonction est constante, elle ne prend que la valeur 3. Deuxième morceau : −2x+1 est décroissante sur [−1;2[, elle part de 3 (atteint) et descend vers −3 (non atteint), son image est donc ]−3;3]. Troisième morceau : x−2 est croissante sur [2;+∞[, elle part de 0 (atteint) et monte sans limite, son image est [0;+∞[. La réunion des trois donne ]−3;+∞[.
Le point délicat est la borne −3 : elle n'est jamais atteinte, parce que la seule règle qui pourrait la donner s'arrête juste avant x=2. Écrire [−3;+∞[ est l'erreur attendue. Quant aux zéros, on les cherche dans chaque morceau : le premier vaut toujours 3, jamais 0 ; le deuxième donne −2x+1=0, soit x=0,5, bien situé dans [−1;2[ ✓ ; le troisième donne x=2, bien situé dans [2;+∞[ ✓. La fonction a donc deux zéros, 0,5 et 2.
Exercice 14 : Problème : le salaire avec heures supplémentaires
Un employé est payé 22 dollars de l'heure jusqu'à 40 heures par semaine. Chaque heure au-delà de 40 est payée une fois et demie le taux normal.
a) Écrivez la fonction salaire S(h) sous forme définie par parties, où h est le nombre d'heures travaillées dans la semaine.
b) Calculez le salaire pour 35 heures, puis pour 46 heures.
c) Vérifiez que S est continue en h=40 et expliquez pourquoi elle doit l'être.
d) Combien d'heures cet employé a-t-il travaillées s'il a reçu 1210 dollars ?
Voir la correction
Réponses
a)S(h)=22h si 0≤h≤40 ; 880+33(h−40) si h>40
b)770 dollars ; 1078 dollars
c)880 des deux côtés ; une discontinuité ferait sauter le salaire pour une minute de plus
d)50 heures
a) Jusqu'à 40 heures, le salaire est simplement 22h. Au-delà, l'employé garde ses 22×40=880 dollars acquis, et chaque heure supplémentaire rapporte 22×1,5=33 dollars. Il y en a h−40. La règle est donc S(h)=22h si 0≤h≤40, et S(h)=880+33(h−40) si h>40.
L'écriture h−40 est le coeur du problème : le taux majoré ne s'applique QU'AUX heures au-delà de la quarantième, jamais à la totalité. Écrire S(h)=33h pour h>40 donnerait 1518 dollars pour 46 heures au lieu de 1078, une erreur de plus de 400 dollars.
b) Pour 35 heures : S(35)=22×35=770 dollars, premier morceau. Pour 46 heures : S(46)=880+33×6=880+198=1078 dollars.
c) En h=40, le premier morceau donne 22×40=880 et le second donne 880+33×0=880. Les deux valeurs coïncident, la fonction est continue. Elle DOIT l'être, et pour une raison qui n'est pas mathématique : une discontinuité signifierait qu'une minute de travail de plus ferait sauter le salaire d'un coup, ce qui serait absurde et, en pratique, inapplicable. Toute rémunération construite par tranches marginales est continue, exactement comme un impôt par tranches.
d) On teste d'abord dans quel morceau on se trouve : 1210>880, donc l'employé a dépassé 40 heures et il faut utiliser le second morceau. On résout 880+33(h−40)=1210, soit 33(h−40)=330, donc h−40=10 et h=50 heures. Vérification : 22×40+33×10=880+330=1210 ✓.
Le test préalable est indispensable : si l'on avait résolu 22h=1210 sans réfléchir, on aurait trouvé h=55, une valeur qui n'appartient pas à l'intervalle [0;40] de ce morceau et qu'il aurait fallu rejeter. Dans une fonction par parties, on choisit son morceau AVANT de résoudre, en comparant la valeur cherchée à celle du point de raccord.
Exercice 15 : Problème : le niveau d'eau d'un réservoir
Un réservoir vide se remplit à raison de 3 cm par minute pendant 20 minutes. Le niveau reste ensuite stable pendant 15 minutes, puis le réservoir se vide à raison de 4 cm par minute jusqu'à ce qu'il soit vide.
a) Écrivez la hauteur h(t) en centimètres sous forme de fonction définie par parties, en précisant le domaine.
b) Calculez h(10), h(30) et h(45).
c) Vérifiez la continuité aux instants 20 et 35.
d) À quel instant le réservoir est-il vide ? À quels instants le niveau vaut-il 45 cm ?
Voir la correction
Réponses
a)h(t)=3t si 0≤t≤20 ; 60 si 20<t≤35 ; 60−4(t−35) si 35<t≤50
b)30 cm ; 60 cm ; 20 cm
c)60 des deux côtés en 20 et en 35 : continue
d)Vide à t=50 min ; 45 cm à t=15 min et t=38,75 min
a) Phase de remplissage, de t=0 à t=20 : le niveau part de 0 et monte de 3 cm par minute, donc h(t)=3t. À la fin de cette phase, le niveau vaut 3×20=60 cm. Phase stable, de t=20 à t=35 : h(t)=60. Phase de vidange, à partir de t=35 : le niveau part de 60 et descend de 4 cm par minute depuis cet instant, donc h(t)=60−4(t−35). La règle s'écrit : h(t)=3t si 0≤t≤20, h(t)=60 si 20<t≤35, et h(t)=60−4(t−35) si 35<t≤50.
Le (t−35) est le point sensible : la vidange ne compte pas depuis le début de l'expérience mais depuis l'instant où elle commence. Écrire 60−4t donnerait un réservoir déjà vide à t=15, c'est-à-dire avant même le début de la vidange.
b) h(10)=3×10=30 cm, premier morceau. h(30)=60 cm, deuxième morceau. h(45)=60−4×10=20 cm, troisième morceau. À chaque fois, on repère d'abord l'intervalle, puis on applique la règle correspondante.
c) En t=20 : le premier morceau donne 3×20=60 et le deuxième donne 60. Continuité ✓. En t=35 : le deuxième donne 60 et le troisième donne 60−4×0=60. Continuité ✓. C'est bien ce qu'on attend physiquement : le niveau d'eau ne peut pas sauter d'une valeur à une autre, il varie continûment même quand le RYTHME change brusquement. Une fonction par parties peut donc être continue tout en ayant des pentes très différentes d'un morceau à l'autre, ici 3, puis 0, puis −4.
d) Le réservoir est vide quand h(t)=0, ce qui ne peut se produire que dans le troisième morceau : 60−4(t−35)=0 donne t−35=15, donc t=50 minutes. Vérification : 60−4×15=0 ✓. Le domaine de la fonction est donc [0;50].
Pour h(t)=45, on cherche dans les trois morceaux. Premier : 3t=45 donne t=15, qui appartient bien à [0;20] ✓. Deuxième : 60=45 est impossible. Troisième : 60−4(t−35)=45 donne 4(t−35)=15, soit t−35=3,75 et t=38,75 minutes, valeur bien située entre 35 et 50 ✓. Le niveau vaut donc 45 cm à deux instants, 15 min et 38,75 min, une fois en montant et une fois en descendant. Une équation qui a deux solutions dans une situation de ce type est la règle plutôt que l'exception, et n'en donner qu'une est l'oubli classique.
Contactez-moi pour une première séance. On travaille sur des exercices du niveau réel des évaluations, y compris le livret officiel du complément québécois.