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Chimie générale 202-NYA • Cégep et complément québécois spécialité physique-chimie

Exercices corrigés : liaison chimique et géométrie moléculaire (chimie 202-NYA)

Voici la série d'exercices corrigés de chimie générale 202-NYA sur la liaison chimique et la géométrie moléculaire. C'est le chapitre qui relie la structure de l'atome aux propriétés de la matière : à partir de l'électronégativité et des électrons de valence, on prédit le type de liaison, la structure de Lewis, la forme de la molécule, sa polarité, puis les forces qui s'exercent entre molécules et, finalement, des propriétés physiques comme le point d'ébullition. La partie A couvre les bases : électronégativité et types de liaisons, structures de Lewis et charge formelle, géométrie par le modèle RPEV. La partie B monte au niveau examen : la polarité des molécules et les forces intermoléculaires, puis un problème complet sur les hydracides d'halogènes.

Cette série s'adresse aux étudiants de cégep en Sciences de la nature comme aux élèves du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas qui suivent le complément québécois de spécialité physique-chimie en Première et en Terminale. Comme le premier chapitre sur la structure atomique, c'est un cours pour lequel il n'existe presque aucune ressource corrigée adaptée en ligne.

Le réflexe à garder tout du long : la forme d'une molécule décide de presque tout. Deux molécules peuvent avoir des liaisons également polaires et pourtant, l'une est polaire et l'autre non, uniquement à cause de leur géométrie. Trouvez d'abord la structure de Lewis, puis la géométrie RPEV, et la polarité comme les forces intermoléculaires en découlent.

Rappel de cours

  • Type de liaison selon la différence d'électronégativité ΔEN\Delta EN entre les deux atomes : covalente non polaire si ΔEN<0,4\Delta EN<0{,}4 ; covalente polaire si 0,4ΔEN<1,70{,}4\leq\Delta EN<1{,}7 ; ionique si ΔEN1,7\Delta EN\geq 1{,}7. Dans une liaison polaire, l'atome le plus électronégatif porte la charge partielle négative δ\delta^{-}.
  • Structure de Lewis : compter le nombre total d'électrons de valence (ajouter un électron par charge négative, en retirer un par charge positive), placer les liaisons et compléter les octets (H se contente de 2 électrons). Charge formelle d'un atome : CF=NvNnlNl2CF=N_{v}-N_{nl}-\dfrac{N_{l}}{2}, où NvN_{v} est le nombre d'électrons de valence de l'atome libre, NnlN_{nl} le nombre d'électrons non liants et NlN_{l} le nombre d'électrons liants. La somme des charges formelles égale la charge de la molécule ou de l'ion.
  • Résonance : quand plusieurs structures de Lewis équivalentes sont possibles (ozone O3O_{3}, ion nitrate NO3NO_{3}^{-}), la molécule réelle est un hybride de résonance, intermédiaire entre ces structures.
  • Modèle RPEV (répulsion des paires d'électrons de valence) : les doublets liants et libres autour de l'atome central s'écartent au maximum. Nombre de domaines (doublets) : AX2AX_{2} linéaire 180° ; AX3AX_{3} triangulaire plane 120° ; AX4AX_{4} tétraédrique 109,5° ; AX5AX_{5} bipyramidale à base triangulaire ; AX6AX_{6} octaédrique 90°. Chaque doublet libre remplace un XX par un EE et resserre les angles (AX3EAX_{3}E pyramidale, AX2E2AX_{2}E_{2} angulaire).
  • Polarité de la molécule : une molécule est polaire si elle possède des liaisons polaires ET une géométrie qui ne fait pas s'annuler leurs moments dipolaires. Une géométrie symétrique (CO2CO_{2} linéaire, CCl4CCl_{4} tétraédrique, BF3BF_{3} triangulaire plane) rend la molécule non polaire malgré des liaisons polaires.
  • Forces intermoléculaires, de la plus faible à la plus forte : London (dispersion, présente partout, croît avec la masse molaire) ; dipôle-dipôle (molécules polaires) ; liaison (pont) hydrogène (H lié à N, O ou F). Plus les forces intermoléculaires sont fortes, plus le point d'ébullition est élevé.

Partie A : Liaisons, Lewis et géométrie (/29)

Exercice 1 : Électronégativité et types de liaisons

On donne les électronégativités (échelle de Pauling) : HH 2,20 ; CC 2,55 ; NN 3,04 ; OO 3,44 ; NaNa 0,93 ; ClCl 3,16.

  • a) Rappelez les trois catégories de liaisons et les intervalles de ΔEN\Delta EN correspondants.
  • b) Pour chacune des liaisons NaClNa-Cl, OHO-H, CHC-H et NHN-H, calculez ΔEN\Delta EN et classez la liaison.
  • c) Dans la liaison OHO-H, quel atome porte la charge partielle négative δ\delta^{-} ? Justifiez.
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a) Covalente non polaire si ΔEN<0,4\Delta EN<0{,}4 ; covalente polaire si 0,4ΔEN<1,70{,}4\leq\Delta EN<1{,}7 ; ionique si ΔEN1,7\Delta EN\geq 1{,}7.

b) NaClNa-Cl : ΔEN=0,933,16=2,231,7\Delta EN=|0{,}93-3{,}16|=2{,}23\geq 1{,}7, liaison ionique. OHO-H : 3,442,20=1,24|3{,}44-2{,}20|=1{,}24, covalente polaire. CHC-H : 2,552,20=0,35<0,4|2{,}55-2{,}20|=0{,}35<0{,}4, covalente non polaire. NHN-H : 3,042,20=0,84|3{,}04-2{,}20|=0{,}84, covalente polaire.

c) L'oxygène est plus électronégatif que l'hydrogène (3,44 contre 2,20), il attire donc plus fortement le doublet liant et porte la charge partielle négative δ\delta^{-} ; l'hydrogène porte δ+\delta^{+}.

Exercice 2 : Structures de Lewis et charge formelle

On rappelle les électrons de valence : HH 1, CC 4, NN 5, OO 6.

  • a) Déterminez le nombre total d'électrons de valence à placer dans la structure de Lewis du CO2CO_{2}, de l'H2OH_{2}O et de l'ion nitrate NO3NO_{3}^{-}.
  • b) Décrivez la structure de Lewis du CO2CO_{2} (liaisons et doublets libres) et vérifiez la règle de l'octet.
  • c) Dans l'ozone O3O_{3}, l'atome central forme une liaison double avec un oxygène et une liaison simple avec l'autre. Calculez la charge formelle des trois atomes et vérifiez que leur somme est nulle.
  • d) Expliquez pourquoi l'ion nitrate NO3NO_{3}^{-} doit être représenté par des structures de résonance.
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a) CO2CO_{2} : 4+2(6)=164+2(6)=16 électrons de valence. H2OH_{2}O : 2(1)+6=82(1)+6=8. NO3NO_{3}^{-} : 5+3(6)+1=245+3(6)+1=24 (on ajoute 1 électron pour la charge négative).

b) CO2CO_{2} : structure O=C=OO=C=O, deux liaisons doubles ; le carbone central est entouré de 2×4=82\times 4=8 électrons liants (octet satisfait, aucun doublet libre) ; chaque oxygène porte deux doublets libres et partage une double liaison, soit 4+4=84+4=8 électrons (octet satisfait). Total : 1616 électrons, cohérent avec a).

c) Oxygène central (une double, une simple, un doublet libre) : CF=6262=+1CF=6-2-\tfrac{6}{2}=+1. Oxygène doublement lié (deux doublets libres) : CF=6442=0CF=6-4-\tfrac{4}{2}=0. Oxygène simplement lié (trois doublets libres) : CF=6622=1CF=6-6-\tfrac{2}{2}=-1. Somme : (+1)+0+(1)=0(+1)+0+(-1)=0, ce qui correspond bien à une molécule neutre.

d) Dans NO3NO_{3}^{-}, l'azote forme une double liaison avec l'un des trois oxygènes et des simples avec les deux autres, mais rien ne distingue physiquement l'oxygène doublement lié : on peut le placer sur n'importe lequel des trois. Ces trois structures équivalentes sont des formes de résonance, et l'ion réel est leur hybride, avec trois liaisons N–O identiques (intermédiaires entre simple et double).

Exercice 3 : Le modèle RPEV et la géométrie des molécules

Le modèle RPEV prévoit la géométrie d'une molécule à partir du nombre de doublets (liants et libres) autour de l'atome central.

  • a) Pour CH4CH_{4}, NH3NH_{3} et H2OH_{2}O, donnez le nombre de doublets autour de l'atome central, la notation AXnEmAX_{n}E_{m}, le nom de la géométrie et l'angle de liaison approximatif.
  • b) Ces trois molécules ont le même nombre de doublets autour de l'atome central, mais des angles différents (109,5° ; 107° ; 104,5°). Expliquez cette diminution.
  • c) Donnez la géométrie et l'angle de liaison du CO2CO_{2}, du BF3BF_{3} et du SF6SF_{6}.
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a) CH4CH_{4} : 4 doublets liants, AX4AX_{4}, géométrie tétraédrique, angle 109,5°. NH3NH_{3} : 3 doublets liants + 1 doublet libre, AX3EAX_{3}E, pyramidale à base triangulaire, angle ≈ 107°. H2OH_{2}O : 2 doublets liants + 2 doublets libres, AX2E2AX_{2}E_{2}, angulaire (coudée), angle ≈ 104,5°.

b) Les trois ont quatre doublets autour de l'atome central (disposition de base tétraédrique). Mais un doublet libre, plus proche du noyau, occupe plus de place qu'un doublet liant et repousse davantage les doublets voisins. CH4CH_{4} n'a aucun doublet libre (109,5°) ; NH3NH_{3} en a un, qui resserre l'angle à ≈ 107° ; H2OH_{2}O en a deux, d'où ≈ 104,5°. Plus il y a de doublets libres, plus l'angle diminue.

c) CO2CO_{2} : AX2AX_{2}, linéaire, 180°. BF3BF_{3} : AX3AX_{3}, triangulaire plane, 120°. SF6SF_{6} : AX6AX_{6}, octaédrique, 90°.

Partie B : Polarité et forces intermoléculaires (/21)

Exercice 4 : Polarité des molécules et forces intermoléculaires

On donne les électronégativités : HH 2,20 ; CC 2,55 ; OO 3,44 ; ClCl 3,16. Masses molaires : H2OH_{2}O 18 g/mol ; H2SH_{2}S 34 g/mol.

  • a) Une molécule peut avoir des liaisons polaires et être globalement non polaire. Expliquez ce paradoxe en comparant CO2CO_{2} et H2OH_{2}O.
  • b) Parmi CO2CO_{2}, H2OH_{2}O, CCl4CCl_{4} et NH3NH_{3}, indiquez lesquelles sont polaires et lesquelles sont non polaires, en vous appuyant sur la géométrie.
  • c) Quelles forces intermoléculaires s'exercent dans le méthane CH4CH_{4}, dans le chlorure d'hydrogène HClHCl, et dans l'eau H2OH_{2}O ?
  • d) L'eau H2OH_{2}O bout à 100 °C alors que le sulfure d'hydrogène H2SH_{2}S bout à −60 °C, bien que H2SH_{2}S soit plus lourd. Expliquez.
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a) Dans CO2CO_{2} (linéaire, O=C=OO=C=O), les deux liaisons C=OC=O sont polaires, mais leurs moments dipolaires sont opposés et de même intensité : ils s'annulent, et la molécule est non polaire. Dans H2OH_{2}O (angulaire), les deux liaisons OHO-H polaires ne sont pas alignées : leurs moments dipolaires s'additionnent partiellement et donnent une molécule polaire. C'est la géométrie, non la polarité des liaisons, qui tranche.

b) Non polaires : CO2CO_{2} (linéaire symétrique) et CCl4CCl_{4} (tétraédrique symétrique, les quatre dipôles CClC-Cl s'annulent). Polaires : H2OH_{2}O (angulaire) et NH3NH_{3} (pyramidale, le doublet libre brise la symétrie).

c) CH4CH_{4} : non polaire, donc seulement des forces de London (dispersion). HClHCl : molécule polaire, forces dipôle-dipôle en plus des forces de London. H2OH_{2}O : liaison hydrogène (H lié à O), la plus forte, en plus des forces de London.

d) H2OH_{2}O et H2SH_{2}S ont la même forme angulaire, mais l'oxygène est assez électronégatif et petit pour établir des liaisons hydrogène entre molécules d'eau, ce que le soufre ne permet pas. Ces liaisons hydrogène, beaucoup plus fortes que les forces dipôle-dipôle de H2SH_{2}S, font bouillir l'eau à une température très supérieure, malgré sa masse molaire plus faible. La masse molaire (donc les forces de London) ne suffit pas à expliquer les points d'ébullition quand la liaison hydrogène entre en jeu.

Exercice 5 : Problème : les hydracides d'halogènes et la liaison hydrogène

On étudie les quatre hydracides d'halogènes HFHF, HClHCl, HBrHBr et HIHI. Électronégativités : HH 2,20 ; FF 3,98 ; ClCl 3,16 ; BrBr 2,96 ; II 2,66. Masses molaires (g/mol) : HFHF 20 ; HClHCl 36,5 ; HBrHBr 81 ; HIHI 128. Points d'ébullition (°C) : HFHF 19,5 ; HClHCl −85 ; HBrHBr −67 ; HIHI −35.

  • a) Donnez la géométrie d'une molécule HXHX et décrivez sa structure de Lewis (liaisons et doublets libres sur XX).
  • b) Calculez ΔEN\Delta EN pour chacune des quatre liaisons HXH-X et classez-les par polarité croissante.
  • c) Les points d'ébullition de HClHCl, HBrHBr et HIHI augmentent dans cet ordre. Expliquez cette tendance par les forces intermoléculaires.
  • d) Le HFHF est le plus léger des quatre, mais il bout à +19,5 °C, très au-dessus de la tendance des trois autres. Expliquez cette anomalie, puis estimez où le HFHF devrait bouillir s'il suivait la tendance de HClHCl, HBrHBr et HIHI, et commentez l'écart.
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a) Une molécule HXHX est diatomique, donc nécessairement linéaire. Structure de Lewis : une liaison simple HXH-X, et l'halogène XX porte trois doublets libres (il complète son octet avec 2 électrons liants + 6 non liants).

b) HFHF : ΔEN=2,203,98=1,78\Delta EN=|2{,}20-3{,}98|=1{,}78. HClHCl : 2,203,16=0,96|2{,}20-3{,}16|=0{,}96. HBrHBr : 2,202,96=0,76|2{,}20-2{,}96|=0{,}76. HIHI : 2,202,66=0,46|2{,}20-2{,}66|=0{,}46. Par polarité croissante : HI<HBr<HCl<HFHI<HBr<HCl<HF. La liaison HFH-F est de loin la plus polaire (à la limite du caractère ionique).

c) HClHCl, HBrHBr et HIHI sont tous polaires et sans liaison hydrogène (Cl, Br, I ne remplissent pas la condition N, O ou F). Les forces dominantes sont alors les forces de London, qui croissent avec la masse molaire : HClHCl (36,5) < HBrHBr (81) < HIHI (128). Plus la molécule est lourde, plus son nuage électronique est polarisable, plus les forces de London sont fortes, et plus le point d'ébullition est élevé : d'où −85 °C < −67 °C < −35 °C.

d) Le fluor est très électronégatif et petit : HFHF forme des liaisons hydrogène FHFF\cdots H-F entre molécules, beaucoup plus fortes que les forces de London. C'est ce qui hisse son point d'ébullition à +19,5 °C. Si HFHF suivait la seule tendance de London (masse molaire la plus faible, 20 g/mol), il devrait bouillir encore plus bas que HClHCl, donc autour de −90 à −100 °C. L'écart, de l'ordre de 110 °C, mesure directement la contribution de la liaison hydrogène. C'est le même phénomène que pour l'eau comparée au H2SH_{2}S.

Vous préférez travailler sur papier ? Cette série existe aussi en version PDF imprimable, avec le corrigé complet. Écrivez-moi et je vous l'envoie.

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