Chimie générale 202-SF1-RE (ancien 202-NYA) • Cégep à Montréal
Exercices corrigés : liaison chimique et géométrie moléculaire (chimie 202-SF1-RE, ancien 202-NYA)
Voici la série d'exercices corrigés de chimie générale 202-SF1-RE (ancien 202-NYA) sur la liaison chimique et la géométrie moléculaire. C'est le chapitre qui relie la structure de l'atome aux propriétés de la matière : à partir de l'électronégativité et des électrons de valence, on prédit le type de liaison, la structure de Lewis, la forme de la molécule, sa polarité, puis les forces qui s'exercent entre molécules et, finalement, des propriétés physiques comme le point d'ébullition. La partie A couvre les bases : électronégativité et types de liaisons, liaison ionique et énergie réticulaire, structures de Lewis et charge formelle, exceptions à la règle de l'octet, géométrie par le modèle RPEV. La partie B monte au niveau examen : la polarité des molécules et les forces intermoléculaires, les géométries à cinq et six domaines, le moment dipolaire et le pourcentage de caractère ionique, le choix de la meilleure structure de résonance, puis un problème complet sur les hydracides d'halogènes.
Cette série s'adresse aux étudiants de cégep en Sciences de la nature comme aux élèves du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas qui suivent le complément québécois de spécialité physique-chimie en Première et en Terminale. Comme le premier chapitre sur la structure atomique, c'est un cours pour lequel il n'existe presque aucune ressource corrigée adaptée en ligne.
Le réflexe à garder tout du long : la forme d'une molécule décide de presque tout. Deux molécules peuvent avoir des liaisons également polaires et pourtant, l'une est polaire et l'autre non, uniquement à cause de leur géométrie. Trouvez d'abord la structure de Lewis, puis la géométrie RPEV, et la polarité comme les forces intermoléculaires en découlent.
Série autocorrigéeTape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.
•Type de liaison selon la différence d'électronégativité ΔEN entre les deux atomes : covalente non polaire si ΔEN<0,4 ; covalente polaire si 0,4≤ΔEN<1,7 ; ionique si ΔEN≥1,7. Dans une liaison polaire, l'atome le plus électronégatif porte la charge partielle négative δ−.
•Liaison ionique et énergie réticulaire : un métal cède ses électrons de valence, un non-métal les capte, et l'édifice tient par attraction électrostatique. L'énergie réticulaire varie comme rQ1Q2 : la charge des ions pèse bien plus lourd que leur taille, et elle gouverne la température de fusion du solide.
•Structure de Lewis : compter le nombre total d'électrons de valence (ajouter un électron par charge négative, en retirer un par charge positive), placer les liaisons et compléter les octets (H se contente de 2 électrons). Charge formelle d'un atome : CF=Nv−Nnl−2Nl, où Nv est le nombre d'électrons de valence de l'atome libre, Nnl le nombre d'électrons non liants et Nl le nombre d'électrons liants. La somme des charges formelles égale la charge de la molécule ou de l'ion.
•Trois familles d'exceptions à l'octet : octet incomplet (BeCl2 4 électrons, BF3 6 électrons) ; octet étendu, réservé à la troisième période et au-delà (PCl5 10 électrons, SF6 12) ; nombre impair d'électrons de valence, qui donne un radical (NO, NO2).
•Résonance : quand plusieurs structures de Lewis équivalentes sont possibles (ozone O3, ion nitrate NO3−), la molécule réelle est un hybride de résonance, intermédiaire entre ces structures.
•Modèle RPEV (répulsion des paires d'électrons de valence) : les doublets liants et libres autour de l'atome central s'écartent au maximum. Nombre de domaines (doublets) : AX2 linéaire 180° ; AX3 triangulaire plane 120° ; AX4 tétraédrique 109,5° ; AX5 bipyramidale à base triangulaire ; AX6 octaédrique 90°. Chaque doublet libre remplace un X par un E et resserre les angles (AX3E pyramidale, AX2E2 angulaire).
•Polarité de la molécule : une molécule est polaire si elle possède des liaisons polaires ET une géométrie qui ne fait pas s'annuler leurs moments dipolaires. Une géométrie symétrique (CO2 linéaire, CCl4 tétraédrique, BF3 triangulaire plane) rend la molécule non polaire malgré des liaisons polaires.
•Forces intermoléculaires, de la plus faible à la plus forte : London (dispersion, présente partout, croît avec la masse molaire) ; dipôle-dipôle (molécules polaires) ; liaison (pont) hydrogène (H lié à N, O ou F). Plus les forces intermoléculaires sont fortes, plus le point d'ébullition est élevé.
•Cinq domaines : bipyramide à base triangulaire, dont les positions ne sont pas équivalentes. Un doublet libre se met toujours en équatorial (2 voisins à 90° au lieu de 3). AX4E bascule, AX3E2 en T, AX2E3 linéaire. Six domaines : octaèdre, AX5E pyramide à base carrée, AX4E2 plane carrée avec les deux doublets libres opposés.
•Moment dipolaire : μ=Qd, exprimé en debyes avec 1 D =3,336×10−30 C·m. Le pourcentage de caractère ionique est le rapport du moment mesuré au moment qu'on aurait pour un transfert complet d'un électron, μionique=ed avec e=1,602×10−19 C.
•Hiérarchiser des structures de résonance : respecter d'abord l'octet des éléments de la deuxième période, puis minimiser l'amplitude des charges formelles, puis placer les charges négatives sur les atomes les plus électronégatifs, et enfin éviter deux charges de même signe sur des atomes voisins.
Partie A : Liaisons, Lewis, exceptions et géométrie (/50)
Exercice 1 : Électronégativité et types de liaisons
On donne les électronégativités (échelle de Pauling) : H 2,20 ; C 2,55 ; N 3,04 ; O 3,44 ; Na 0,93 ; Cl 3,16.
a) Rappelez les trois catégories de liaisons et les intervalles de ΔEN correspondants.
b) Pour chacune des liaisons Na−Cl, O−H, C−H et N−H, calculez ΔEN et classez la liaison.
c) Dans la liaison O−H, quel atome porte la charge partielle négative δ− ? Justifiez.
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Réponses
a)Non polaire si ΔEN<0,4, polaire si 0,4≤ΔEN<1,7, ionique si ΔEN≥1,7
c) L'oxygène est plus électronégatif que l'hydrogène (3,44 contre 2,20), il attire donc plus fortement le doublet liant et porte la charge partielle négative δ− ; l'hydrogène porte δ+.
Exercice 2 : La liaison ionique et l'énergie réticulaire
L'énergie réticulaire est l'énergie libérée quand des ions gazeux s'assemblent en un cristal ; elle mesure la solidité de l'édifice ionique et varie comme rQ1Q2, où Q1 et Q2 sont les charges des ions et r la distance entre leurs centres. Données : NaF 923 kJ/mol (r=231 pm) ; NaCl 788 kJ/mol (276 pm) ; KCl 699 kJ/mol (314 pm) ; CaO 3414 kJ/mol (240 pm) ; MgO 3795 kJ/mol (212 pm).
a) Écrivez la formation des ions Na+ et Cl− à partir des atomes neutres, avec les configurations électroniques de départ et d'arrivée. Représentez ensuite la structure de Lewis du chlorure de magnésium MgCl2 en notant bien les charges.
b) Les trois composés NaF, NaCl et KCl mettent en jeu les mêmes charges. Classez-les par énergie réticulaire décroissante à partir des seules distances, puis vérifiez sur les valeurs données que les rapports prédits sont respectés.
c) Comparez MgO et NaCl. Prévoyez le rapport de leurs énergies réticulaires à partir des charges et des distances, puis comparez au rapport réel. Lequel des deux facteurs, la charge ou la distance, pèse le plus lourd ?
d) Le chlorure de sodium fond à 801 °C et l'oxyde de magnésium à 2852 °C. Expliquez. Puis répondez à ce paradoxe : arracher deux électrons au magnésium coûte 2188 kJ/mol et fixer deux électrons sur l'oxygène coûte encore de l'énergie, alors comment MgO peut-il seulement exister ?
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Réponses
a)Na+=[Ne] et Cl−=[Ar] ; MgCl2 s'écrit Mg2+ entre deux Cl−, sans trait de liaison
b)NaF>NaCl>KCl ; rapports prédits 1,195 et 0,879 contre 1,171 et 0,887 mesurés
c)Rapport prédit 5,21 contre 4,82 réel : c'est la CHARGE qui domine
d)La fusion suit l'énergie réticulaire ; MgO tient par le réseau, cycle de Born-Haber
a) Le sodium [Ne]3s1 perd son unique électron de valence et devient Na+ de configuration [Ne] ; le chlore [Ne]3s23p5 en capte un et devient Cl− de configuration [Ar]. Les deux ions atteignent une configuration de gaz rare, et c'est le transfert complet d'électron qui distingue la liaison ionique de la liaison covalente. Pour MgCl2 : le magnésium cède un électron à chacun des deux chlores et devient Mg2+ sans aucun doublet ; chaque ion Cl− porte quatre doublets libres et une charge −1. La structure de Lewis s'écrit donc comme un ion Mg2+ entre deux ions chlorure indépendants, sans trait de liaison : dans un composé ionique il n'y a pas de doublet partagé.
b) Les charges étant identiques (+1 et −1), seule la distance compte, et l'énergie réticulaire varie en r1 : plus les ions sont petits et proches, plus le cristal est solide. Distances croissantes : NaF (231 pm) < NaCl (276 pm) < KCl (314 pm), donc énergies décroissantes NaF>NaCl>KCl. Vérification des rapports : on prédit E(NaCl)E(NaF)=231276=1,19 et on mesure 788923=1,17 ; on prédit E(NaCl)E(KCl)=314276=0,879 et on mesure 788699=0,887. L'accord est excellent.
c) Dans MgO, les charges valent +2 et −2, donc le produit Q1Q2 est quatre fois plus grand que dans NaCl. Le rapport prédit vaut 14×212276=5,21, et le rapport réel vaut 7883795=4,82 : l'ordre de grandeur est le bon. C'est la charge qui domine très largement. Passer de charges simples à des charges doubles multiplie l'énergie par 4, alors que les distances usuelles ne varient que de quelques dizaines de pour cent. La règle pratique est donc de regarder les charges en premier et de ne départager par les rayons qu'à charges égales, comme en b).
d) Fondre un cristal ionique, c'est vaincre l'attraction entre les ions : la température de fusion suit l'énergie réticulaire. Celle de MgO étant presque cinq fois plus grande, il n'est pas surprenant qu'il faille plus de 2000 °C de plus pour le faire fondre. Quant au paradoxe, il se résout par le bilan complet. Ioniser le magnésium, vaporiser les réactifs et forcer deux électrons sur l'oxygène coûtent effectivement beaucoup d'énergie, mais l'énergie réticulaire libérée à la formation du cristal, 3795 kJ/mol, dépasse la somme de tous ces coûts. C'est exactement le raisonnement du cycle de Born-Haber : la stabilité de MgO ne vient pas des ions pris isolément, qui sont défavorables, mais de leur empilement en réseau. Et c'est précisément parce que les charges sont doubles que ce gain est assez grand pour tout compenser.
Exercice 3 : Structures de Lewis et charge formelle
On rappelle les électrons de valence : H 1, C 4, N 5, O 6.
a) Déterminez le nombre total d'électrons de valence à placer dans la structure de Lewis du CO2, de l'H2O et de l'ion nitrate NO3−.
b) Décrivez la structure de Lewis du CO2 (liaisons et doublets libres) et vérifiez la règle de l'octet.
c) Dans l'ozone O3, l'atome central forme une liaison double avec un oxygène et une liaison simple avec l'autre. Calculez la charge formelle des trois atomes et vérifiez que leur somme est nulle.
d) Expliquez pourquoi l'ion nitrate NO3− doit être représenté par des structures de résonance.
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Réponses
a)16, 8 et 24 électrons de valence
b)O=C=O : octet partout, 8 électrons autour du carbone, deux doublets libres par oxygène
c)+1, 0 et −1, de somme nulle
d)Trois structures équivalentes, et trois liaisons N−O réellement identiques
a) CO2 : 4+2(6)=16 électrons de valence. H2O : 2(1)+6=8. NO3− : 5+3(6)+1=24 (on ajoute 1 électron pour la charge négative).
b) CO2 : structure O=C=O, deux liaisons doubles ; le carbone central est entouré de 2×4=8 électrons liants (octet satisfait, aucun doublet libre) ; chaque oxygène porte deux doublets libres et partage une double liaison, soit 4+4=8 électrons (octet satisfait). Total : 16 électrons, cohérent avec a).
c) Oxygène central (une double, une simple, un doublet libre) : CF=6−2−26=+1. Oxygène doublement lié (deux doublets libres) : CF=6−4−24=0. Oxygène simplement lié (trois doublets libres) : CF=6−6−22=−1. Somme : (+1)+0+(−1)=0, ce qui correspond bien à une molécule neutre.
d) Dans NO3−, l'azote forme une double liaison avec l'un des trois oxygènes et des simples avec les deux autres, mais rien ne distingue physiquement l'oxygène doublement lié : on peut le placer sur n'importe lequel des trois. Ces trois structures équivalentes sont des formes de résonance, et l'ion réel est leur hybride, avec trois liaisons N–O identiques (intermédiaires entre simple et double).
Exercice 4 : Les exceptions à la règle de l'octet
La règle de l'octet décrit bien la deuxième période, mais elle connaît trois familles d'exceptions : l'octet incomplet, l'octet étendu et les espèces à nombre impair d'électrons. Électrons de valence : Be 2, B 3, N 5, O 6, P 5, S 6, F 7, Cl 7.
a) Comptez les électrons de valence de BeCl2 et de BF3, puis dites combien d'électrons entourent l'atome central dans chaque cas. Pourquoi ne résout-on pas le problème du BF3 en dessinant trois liaisons doubles ? Appuyez-vous sur les charges formelles.
b) Comptez les électrons de valence de PCl5 et de SF6 et donnez le nombre d'électrons autour de l'atome central. Pourquoi l'azote ne peut-il pas former NF5 alors que le phosphore forme PCl5 ?
c) Comptez les électrons de valence du monoxyde d'azote NO et du dioxyde d'azote NO2. Qu'ont-ils de particulier, et quelle conséquence chimique cela entraîne-t-il ? Vérifiez votre réponse en comptant les électrons de valence de N2O4.
d) Le trifluorure de bore réagit avec l'ammoniac pour donner l'adduit F3B−NH3. Expliquez la nature de la liaison formée, dites quel atome fournit le doublet, et calculez les charges formelles du bore et de l'azote dans l'adduit.
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Réponses
a)16 et 24 électrons ; 4 autour de Be, 6 autour de B ; la double B=F mettrait un + sur le fluor
b)40 et 48 électrons ; 10 autour de P, 12 autour de S ; l'azote n'a pas de sous-couche d
c)11, 17 et 34 : NO et NO2 sont des radicaux, d'où la dimérisation en N2O4
d)Liaison de coordinence, doublet fourni par l'azote ; CF(B)=−1 et CF(N)=+1
a) BeCl2 : 2+2(7)=16 électrons de valence ; avec deux liaisons simples, le béryllium n'est entouré que de 4 électrons. BF3 : 3+3(7)=24 électrons ; le bore n'est entouré que de 6 électrons. Ce sont des octets incomplets, et ils sont réels : ces molécules existent et sont très réactives, précisément parce qu'il leur manque des électrons. On pourrait songer à une double liaison B=F pour donner au bore un octet, mais le calcul des charges formelles l'interdit : le bore serait alors entouré de 8 électrons liants, CF=3−0−28=−1, et le fluor doublement lié porterait CF=7−4−24=+1. On placerait donc une charge positive sur le fluor, l'élément le plus électronégatif du tableau : c'est chimiquement absurde. La structure à octet incomplet, où toutes les charges formelles sont nulles, l'emporte.
b) PCl5 : 5+5(7)=40 électrons de valence, et le phosphore est entouré de 10 électrons. SF6 : 6+6(7)=48 électrons, le soufre est entouré de 12. Ce sont des octets étendus, réservés aux éléments de la troisième période et au-delà. L'azote ne le peut pas pour deux raisons qui vont dans le même sens : il est petit, et cinq atomes de fluor ne tiendraient pas autour de lui sans se gêner ; surtout, sa couche de valence n=2 ne comporte que les sous-couches 2s et 2p, soit quatre orbitales et huit électrons au maximum, sans sous-couche d disponible. Le phosphore, en n=3, dispose des orbitales 3d et n'a pas cette limite. C'est pourquoi NF3 existe mais pas NF5, alors que PF3 et PF5 existent tous deux.
c) NO : 5+6=11 électrons de valence ; NO2 : 5+2(6)=17. Ces nombres sont impairs, donc il est impossible d'apparier tous les électrons : il reste dans chaque molécule un électron célibataire. Ce sont des radicaux libres, paramagnétiques et très réactifs. Conséquence directe : ils tendent à se dimériser pour apparier cet électron. Le dioxyde d'azote se dimérise ainsi en N2O4, qui compte 2(5)+4(6)=34 électrons de valence, un nombre pair cette fois : tous les électrons sont appariés, et N2O4 est diamagnétique et incolore là où NO2 est brun.
d) Le bore de BF3 possède une orbitale vide et un octet incomplet ; l'azote de NH3 possède un doublet libre. L'azote apporte donc à lui seul les deux électrons de la liaison : c'est une liaison de coordinence, aussi appelée liaison dative. Une fois formée, elle est en tout point identique à une liaison covalente ordinaire, seule son origine diffère. Les charges formelles se calculent normalement : pour le bore, CF=3−0−28=−1 ; pour l'azote, CF=5−0−28=+1. L'adduit s'écrit donc F3B−−N+H3, de charge globale nulle. Le bore a désormais son octet, et le comportement de BF3 dans cette réaction est exactement celui d'un acide de Lewis, c'est-à-dire d'un accepteur de doublet.
Exercice 5 : Le modèle RPEV et la géométrie des molécules
Le modèle RPEV prévoit la géométrie d'une molécule à partir du nombre de doublets (liants et libres) autour de l'atome central.
a) Pour CH4, NH3 et H2O, donnez le nombre de doublets autour de l'atome central, la notation AXnEm, le nom de la géométrie et l'angle de liaison approximatif.
b) Ces trois molécules ont le même nombre de doublets autour de l'atome central, mais des angles différents (109,5° ; 107° ; 104,5°). Expliquez cette diminution.
c) Donnez la géométrie et l'angle de liaison du CO2, du BF3 et du SF6.
b) Les trois ont quatre doublets autour de l'atome central (disposition de base tétraédrique). Mais un doublet libre, plus proche du noyau, occupe plus de place qu'un doublet liant et repousse davantage les doublets voisins. CH4 n'a aucun doublet libre (109,5°) ; NH3 en a un, qui resserre l'angle à ≈ 107° ; H2O en a deux, d'où ≈ 104,5°. Plus il y a de doublets libres, plus l'angle diminue.
Partie B : Polarité, géométries étendues et forces intermoléculaires (/50)
Exercice 6 : Polarité des molécules et forces intermoléculaires
On donne les électronégativités : H 2,20 ; C 2,55 ; O 3,44 ; Cl 3,16. Masses molaires : H2O 18 g/mol ; H2S 34 g/mol.
a) Une molécule peut avoir des liaisons polaires et être globalement non polaire. Expliquez ce paradoxe en comparant CO2 et H2O.
b) Parmi CO2, H2O, CCl4 et NH3, indiquez lesquelles sont polaires et lesquelles sont non polaires, en vous appuyant sur la géométrie.
c) Quelles forces intermoléculaires s'exercent dans le méthane CH4, dans le chlorure d'hydrogène HCl, et dans l'eau H2O ?
d) L'eau H2O bout à 100 °C alors que le sulfure d'hydrogène H2S bout à −60 °C, bien que H2S soit plus lourd. Expliquez.
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Réponses
a)CO2 linéaire : les dipôles s'annulent ; H2O angulaire : ils s'additionnent
b)Non polaires CO2 et CCl4 ; polaires H2O et NH3
c)CH4 London seul ; HCl dipôle-dipôle et London ; H2O liaison hydrogène et London
d)La liaison hydrogène de l'eau l'emporte de loin sur la masse molaire plus grande de H2S
a) Dans CO2 (linéaire, O=C=O), les deux liaisons C=O sont polaires, mais leurs moments dipolaires sont opposés et de même intensité : ils s'annulent, et la molécule est non polaire. Dans H2O (angulaire), les deux liaisons O−H polaires ne sont pas alignées : leurs moments dipolaires s'additionnent partiellement et donnent une molécule polaire. C'est la géométrie, non la polarité des liaisons, qui tranche.
b) Non polaires : CO2 (linéaire symétrique) et CCl4 (tétraédrique symétrique, les quatre dipôles C−Cl s'annulent). Polaires : H2O (angulaire) et NH3 (pyramidale, le doublet libre brise la symétrie).
c) CH4 : non polaire, donc seulement des forces de London (dispersion). HCl : molécule polaire, forces dipôle-dipôle en plus des forces de London. H2O : liaison hydrogène (H lié à O), la plus forte, en plus des forces de London.
d) H2O et H2S ont la même forme angulaire, mais l'oxygène est assez électronégatif et petit pour établir des liaisons hydrogène entre molécules d'eau, ce que le soufre ne permet pas. Ces liaisons hydrogène, beaucoup plus fortes que les forces dipôle-dipôle de H2S, font bouillir l'eau à une température très supérieure, malgré sa masse molaire plus faible. La masse molaire (donc les forces de London) ne suffit pas à expliquer les points d'ébullition quand la liaison hydrogène entre en jeu.
Exercice 7 : Géométries à cinq et six domaines : bipyramide et octaèdre
Au-delà de quatre domaines électroniques, la disposition de base n'est plus le tétraèdre. Cinq domaines donnent une bipyramide à base triangulaire, où les positions ne sont pas équivalentes : trois positions équatoriales à 120° les unes des autres et deux positions axiales à 90° de l'équateur. Six domaines donnent un octaèdre, où toutes les positions sont équivalentes. Électrons de valence : P 5, S 6, Cl 7, Br 7, F 7, Xe 8.
a) Pour SF4, ClF3 et XeF2, comptez les électrons de valence, déduisez le nombre de doublets liants et de doublets libres autour de l'atome central, et donnez la notation AXnEm.
b) Dans une bipyramide à base triangulaire, un doublet libre se place toujours en position équatoriale, jamais en position axiale. Démontrez-le en comptant, dans chaque cas, le nombre de voisins situés à 90° du doublet libre.
c) Déduisez de a) et b) la géométrie et le nom usuel de SF4, ClF3 et XeF2, et indiquez dans quel sens les angles s'écartent des valeurs idéales de 90° et 120°.
d) Faites le même travail pour BrF5 et XeF4, qui comptent six domaines. Dans XeF4, pourquoi les deux doublets libres se placent-ils à l'opposé l'un de l'autre ? Terminez en indiquant, parmi PCl5, SF4, XeF2, BrF5 et XeF4, lesquelles sont polaires.
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Réponses
a)SF4 34 é, AX4E ; ClF3 28 é, AX3E2 ; XeF2 22 é, AX2E3
b)Trois voisins à 90° en axial contre deux en équatorial : l'équatorial gagne
c)SF4 en bascule, ClF3 en T, XeF2 linéaire ; les angles se resserrent
d)BrF5 42 é, pyramide à base carrée ; XeF4 36 é, plan carré ; seuls SF4 et BrF5 sont polaires
a) SF4 : 6+4(7)=34 électrons de valence. Quatre liaisons consomment 8 électrons et les quatre fluors portent 4×6=24 électrons non liants, il reste 34−8−24=2 électrons, soit un doublet libre sur le soufre : cinq domaines, notation AX4E. ClF3 : 7+3(7)=28 électrons ; 28−6−18=4, soit deux doublets libres : AX3E2. XeF2 : 8+2(7)=22 électrons ; 22−4−12=6, soit trois doublets libres : AX2E3. Les trois molécules ont bien cinq domaines et dérivent donc de la même bipyramide.
b) Un doublet libre occupe plus de place qu'un doublet liant, et les répulsions les plus coûteuses sont celles à 90°, très supérieures à celles à 120°. Il suffit donc de compter les voisins à 90°. En position axiale, le doublet libre a les trois domaines équatoriaux à 90° de lui : trois répulsions fortes. En position équatoriale, il n'a que les deux domaines axiaux à 90° ; les deux autres domaines équatoriaux sont à 120°, donc bien moins gênants : deux répulsions fortes seulement. Comme 2<3, la position équatoriale est systématiquement préférée. Le même comptage explique pourquoi, dans un octaèdre, toutes les positions étant équivalentes (quatre voisins à 90° partout), la question ne se pose pas pour un premier doublet libre.
c) SF4, AX4E : le doublet libre prend une position équatoriale, il reste deux fluors axiaux et deux fluors équatoriaux, ce qui donne la forme en bascule (ou en tétraèdre déformé). L'angle axial-axial tombe sous 180°, autour de 173°, et l'angle équatorial-équatorial sous 120°, autour de 102°, tous deux repoussés par le doublet libre. ClF3, AX3E2 : les deux doublets libres occupent deux positions équatoriales, laissant un fluor équatorial et deux fluors axiaux : la molécule est en T, avec des angles voisins de 87° au lieu de 90°. XeF2, AX2E3 : les trois doublets libres prennent tout l'équateur et les deux fluors restent axiaux, à 180° l'un de l'autre : la molécule est parfaitement linéaire.
d) BrF5 : 7+5(7)=42 électrons ; 42−10−30=2, un doublet libre, notation AX5E, géométrie pyramidale à base carrée, les quatre fluors de la base étant repoussés légèrement vers le fluor apical (angles voisins de 85°). XeF4 : 8+4(7)=36 électrons ; 36−8−24=4, deux doublets libres, notation AX4E2, géométrie plane carrée. Les deux doublets libres se placent à 180° l'un de l'autre parce que c'est la seule façon, dans un octaèdre, de les éloigner au maximum : côte à côte ils seraient à 90°, ce qui est la configuration la plus répulsive qui soit entre deux doublets libres. Polarité : PCl5 (bipyramide complète, symétrique) et XeF2 (linéaire symétrique) et XeF4 (plan carré symétrique) sont non polaires, les moments dipolaires de leurs liaisons s'annulant deux à deux. SF4 (bascule) et BrF5 (pyramide à base carrée) sont polaires, le doublet libre brisant la symétrie. On retrouve la règle générale : ce sont les doublets libres en nombre impair, ou disposés sans symétrie, qui rendent une molécule polaire.
Exercice 8 : Moment dipolaire et pourcentage de caractère ionique
Le moment dipolaire d'une molécule diatomique vaut μ=Qd, où Q est la charge portée par chaque extrémité et d la longueur de la liaison. On l'exprime en debyes, avec 1 D =3,336×10−30 C·m, et la charge élémentaire vaut e=1,602×10−19 C. Longueurs de liaison (pm) : HF 91,7 ; HCl 127,5 ; HBr 141,4 ; HI 160,9. Moments dipolaires mesurés (D) : HF 1,82 ; HCl 1,08 ; HBr 0,82 ; HI 0,44. Électronégativités : H 2,20 ; F 3,98 ; Cl 3,16 ; Br 2,96 ; I 2,66.
a) Calculez le moment dipolaire qu'aurait HCl si la liaison était purement ionique, c'est-à-dire si l'hydrogène avait cédé un électron entier au chlore. Donnez le résultat en C·m puis en debyes.
b) Comparez au moment dipolaire mesuré et déduisez-en le pourcentage de caractère ionique de la liaison H−Cl, puis la charge partielle δ portée par chaque atome, exprimée en fraction de la charge élémentaire.
c) Reprenez le calcul du pourcentage de caractère ionique pour HF, HBr et HI, et classez les quatre hydracides.
d) Portez ces quatre pourcentages en regard des ΔEN correspondants et commentez la corrélation. Le seuil conventionnel ΔEN=1,7 censé séparer le covalent de l'ionique correspond-il à quelque chose de mesurable ? Que conclure sur la frontière entre liaison covalente et liaison ionique ?
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Réponses
a)μionique=2,043×10−29 C·m, soit 6,12 D
b)17,6 % de caractère ionique, soit δ=0,176e
c)HF 41,3 % > HCl 17,6 % > HBr 12,1 % > HI 5,7 %
d)Même ordre que les ΔEN, mais le seuil 1,7 ne mesure rien : la frontière est un continu
a) Une liaison purement ionique signifie un transfert complet, donc Q=e=1,602×10−19 C, séparée de d=127,5 pm =1,275×10−10 m. Alors μionique=(1,602×10−19)(1,275×10−10)=2,043×10−29 C·m. En debyes : 3,336×10−302,043×10−29=6,12 D.
b) Le moment mesuré n'est que de 1,08 D. Le pourcentage de caractère ionique vaut μioniqueμmesure×100=6,121,08×100=17,6%. Comme le moment est proportionnel à la charge, cette proportion est directement celle de la charge transférée : δ=0,176e, soit environ 2,8×10−20 C. Autrement dit, le chlore n'a pas pris un électron entier mais un sixième d'électron environ. C'est le sens physique de δ+ et δ−, et le calcul lui donne une valeur numérique.
c) HF : μionique=(1,602×10−19)(9,17×10−11)=1,469×10−29 C·m =4,40 D, d'où 4,401,82×100=41,3%. HBr : μionique=2,265×10−29 C·m =6,79 D, d'où 6,790,82×100=12,1%. HI : μionique=2,578×10−29 C·m =7,73 D, d'où 7,730,44×100=5,7%. Classement décroissant : HF 41,3 % > HCl 17,6 % > HBr 12,1 % > HI 5,7 %. Notez que le dénominateur augmente avec la taille de l'halogène alors que le numérateur diminue : les deux effets se cumulent, d'où la décroissance très marquée.
d) Les écarts d'électronégativité valent HF 1,78 ; HCl 0,96 ; HBr 0,76 ; HI 0,46. Le classement est exactement le même que celui des pourcentages, et la corrélation est nette : plus la différence d'électronégativité est grande, plus la charge réellement déplacée est importante. C'est ce qui justifie l'usage de ΔEN comme indicateur. En revanche, le seuil de 1,7 ne correspond à aucune rupture mesurable. HF, avec ΔEN=1,78, dépasse ce seuil et devrait être qualifié d'ionique, alors que sa liaison n'est ionique qu'à 41 % : c'est une molécule gazeuse, covalente polaire, et non un solide ionique. La conclusion importante est qu'il n'existe pas de frontière nette entre covalent et ionique, mais un continu. Les seuils tabulés sont des repères pratiques, pas des lois, et le pourcentage de caractère ionique calculé à partir du moment dipolaire est la seule mesure expérimentale de cette gradation.
Exercice 9 : Choisir la meilleure structure de résonance par les charges formelles
Quand plusieurs structures de Lewis sont envisageables, les charges formelles permettent de les hiérarchiser. On rappelle CF=Nv−Nnl−2Nl. Électrons de valence : C 4, N 5, O 6. Électronégativités : C 2,55 ; N 3,04 ; O 3,44.
a) Le protoxyde d'azote N2O est linéaire, avec l'enchaînement N−N−O. Vérifiez qu'il compte 16 électrons de valence, puis calculez toutes les charges formelles des trois structures suivantes : (i) N≡N−O ; (ii) N=N=O ; (iii) N−N≡O. Vérifiez chaque fois que la somme vaut bien zéro.
b) Classez ces trois structures de la plus contributive à la moins contributive et justifiez chaque comparaison.
c) Faites le même travail pour l'ion cyanate OCN−, de squelette O−C−N : comptez les électrons de valence, calculez les charges formelles des structures O=C=N, O≡C−N et O−C≡N, et désignez la plus contributive.
d) Énoncez, par ordre de priorité, les critères qui permettent de choisir la meilleure structure de résonance. Expliquez ensuite pourquoi la molécule réelle n'est jamais l'une des structures dessinées, et dites quelle mesure expérimentale permet de le vérifier.
Voir la correction
Réponses
a)16 électrons ; (i) 0,+1,−1 ; (ii) −1,+1,0 ; (iii) −2,+1,+1, chaque fois de somme nulle
b)(i) puis (ii) puis (iii) : (iii) porte un −2 et un + sur l'oxygène
c)16 électrons ; la plus contributive est O−C≡N, charge −1 sur l'oxygène
d)Octet d'abord, puis charges minimales, puis le signe suit l'électronégativité ; la preuve est la longueur des liaisons
a) Électrons de valence : 2(5)+6=16, ce qui est bien le compte annoncé. Structure (i) N≡N−O : l'azote terminal porte un doublet libre, CF=5−2−26=0 ; l'azote central n'a aucun doublet libre et huit électrons liants, CF=5−0−28=+1 ; l'oxygène porte trois doublets libres, CF=6−6−22=−1. Somme : 0+1−1=0. Structure (ii) N=N=O : azote terminal, deux doublets libres, CF=5−4−24=−1 ; azote central, CF=5−0−28=+1 ; oxygène, deux doublets libres, CF=6−4−24=0. Somme : −1+1+0=0. Structure (iii) N−N≡O : azote terminal, trois doublets libres, CF=5−6−22=−2 ; azote central, CF=+1 ; oxygène, un doublet libre, CF=6−2−26=+1. Somme : −2+1+1=0.
b) La structure (iii) est éliminée d'emblée : elle porte une charge formelle de −2, donc des charges de grande amplitude, et surtout elle place une charge positive sur l'oxygène, l'atome le plus électronégatif des trois. C'est la moins contributive de loin. Restent (i) et (ii), qui ne portent toutes deux que des charges ±1. On les départage par le second critère : la charge négative doit se trouver sur l'atome le plus électronégatif. Dans (i) elle est sur l'oxygène (3,44), dans (ii) sur un azote (3,04). La structure (i) est donc la plus contributive, suivie de (ii), loin devant (iii). La molécule réelle est un hybride dominé par (i) et (ii), ce qui explique que sa liaison N−N soit intermédiaire entre une double et une triple.
c) Électrons de valence : 6+4+5+1=16, le +1 venant de la charge négative de l'ion. Structure O=C=N : oxygène CF=6−4−24=0 ; carbone CF=4−0−28=0 ; azote CF=5−4−24=−1. Somme −1, conforme à la charge de l'ion. Structure O≡C−N : oxygène CF=6−2−26=+1 ; carbone 0 ; azote CF=5−6−22=−2. Somme −1. Structure O−C≡N : oxygène CF=6−6−22=−1 ; carbone 0 ; azote CF=5−2−26=0. Somme −1. La deuxième est écartée pour la même raison qu'en b) : amplitude −2 et charge positive sur l'oxygène. Entre les deux autres, la charge négative unique doit aller sur l'atome le plus électronégatif, et l'oxygène (3,44) l'emporte sur l'azote (3,04) : la structure O−C≡N est la plus contributive.
d) Les critères, par ordre de priorité : d'abord respecter l'octet des éléments de la deuxième période, ensuite minimiser l'amplitude des charges formelles, la structure idéale étant celle où elles sont toutes nulles, puis placer les charges négatives sur les atomes les plus électronégatifs et les charges positives sur les moins électronégatifs, et enfin éviter de faire porter des charges de même signe à deux atomes adjacents. La molécule réelle, elle, n'est aucune des structures dessinées : elle est un hybride de résonance, un objet unique dont les structures de Lewis ne sont que des approximations partielles. La preuve expérimentale la plus directe est la mesure des longueurs de liaison. Dans N2O, la liaison N−N n'est ni une double ni une triple, mais une liaison intermédiaire ; dans l'ion nitrate, les trois liaisons N−O sont rigoureusement identiques alors qu'aucune structure de Lewis ne sait les représenter ainsi. Une seule structure ne peut donc jamais être considérée comme la vraie, même la plus contributive.
Exercice 10 : Problème : les hydracides d'halogènes et la liaison hydrogène
On étudie les quatre hydracides d'halogènes HF, HCl, HBr et HI. Électronégativités : H 2,20 ; F 3,98 ; Cl 3,16 ; Br 2,96 ; I 2,66. Masses molaires (g/mol) : HF 20 ; HCl 36,5 ; HBr 81 ; HI 128. Points d'ébullition (°C) : HF 19,5 ; HCl −85 ; HBr −67 ; HI −35.
a) Donnez la géométrie d'une molécule HX et décrivez sa structure de Lewis (liaisons et doublets libres sur X).
b) Calculez ΔEN pour chacune des quatre liaisons H−X et classez-les par polarité croissante.
c) Les points d'ébullition de HCl, HBr et HI augmentent dans cet ordre. Expliquez cette tendance par les forces intermoléculaires.
d) Le HF est le plus léger des quatre, mais il bout à +19,5 °C, très au-dessus de la tendance des trois autres. Expliquez cette anomalie, puis estimez où le HF devrait bouillir s'il suivait la tendance de HCl, HBr et HI, et commentez l'écart.
Voir la correction
Réponses
a)Linéaire, une liaison simple et trois doublets libres sur X
b)1,78 ; 0,96 ; 0,76 ; 0,46, donc HI<HBr<HCl<HF
c)Forces de London croissant avec la masse molaire : −85, −67 puis −35 °C
d)Liaison hydrogène ; sans elle HF bouillirait vers −95 °C, soit 110 °C plus bas
a) Une molécule HX est diatomique, donc nécessairement linéaire. Structure de Lewis : une liaison simple H−X, et l'halogène X porte trois doublets libres (il complète son octet avec 2 électrons liants + 6 non liants).
b) HF : ΔEN=∣2,20−3,98∣=1,78. HCl : ∣2,20−3,16∣=0,96. HBr : ∣2,20−2,96∣=0,76. HI : ∣2,20−2,66∣=0,46. Par polarité croissante : HI<HBr<HCl<HF. La liaison H−F est de loin la plus polaire (à la limite du caractère ionique).
c) HCl, HBr et HI sont tous polaires et sans liaison hydrogène (Cl, Br, I ne remplissent pas la condition N, O ou F). Les forces dominantes sont alors les forces de London, qui croissent avec la masse molaire : HCl (36,5) < HBr (81) < HI (128). Plus la molécule est lourde, plus son nuage électronique est polarisable, plus les forces de London sont fortes, et plus le point d'ébullition est élevé : d'où −85 °C < −67 °C < −35 °C.
d) Le fluor est très électronégatif et petit : HF forme des liaisons hydrogène F⋯H−F entre molécules, beaucoup plus fortes que les forces de London. C'est ce qui hisse son point d'ébullition à +19,5 °C. Si HF suivait la seule tendance de London (masse molaire la plus faible, 20 g/mol), il devrait bouillir encore plus bas que HCl, donc autour de −90 à −100 °C. L'écart, de l'ordre de 110 °C, mesure directement la contribution de la liaison hydrogène. C'est le même phénomène que pour l'eau comparée au H2S.
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