Chimie générale 202-SF1-RE (ancien 202-NYA) • Cégep à Montréal

Exercices corrigés : structure atomique et configuration électronique (chimie 202-SF1-RE, ancien 202-NYA)

Voici la série d'exercices corrigés de chimie générale 202-SF1-RE (ancien 202-NYA) sur la structure atomique et la configuration électronique. C'est le premier grand chapitre du cours, celui qui introduit le langage quantique : isotopes et masse atomique moyenne, quanta de lumière, nombres quantiques, orbitales, configuration électronique, et le lien entre les niveaux d'énergie de l'atome et les raies de son spectre. La partie A couvre les bases : les isotopes et le spectre de masse, l'énergie du photon et l'effet photoélectrique, le modèle quantique et les nombres quantiques, la configuration électronique avec ses exceptions, et le calcul des longueurs d'onde par le modèle de Bohr. La partie B monte au niveau examen : la périodicité justifiée par la charge nucléaire effective, les ions hydrogénoïdes et les trois séries spectrales, la dualité onde-particule, les énergies d'ionisation successives, et un problème complet de lampe à hydrogène.

Cette série s'adresse aux étudiants de cégep en Sciences de la nature comme aux élèves du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas qui suivent le complément québécois de spécialité physique-chimie en Première et en Terminale. C'est un cours pour lequel il n'existe presque aucune ressource corrigée adaptée en ligne : les rares résultats sont soit des banques payantes, soit des exercices d'université française au découpage différent.

Le réflexe à garder tout du long : un spectre atomique n'est pas continu. Chaque raie correspond à une transition entre deux niveaux d'énergie précis, et l'énergie du photon est exactement la différence entre ces deux niveaux. Absorption quand l'électron monte, émission quand il descend : le signe de ΔE\Delta E raconte toute l'histoire.

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Ce chapitre fait partie de Chimie générale 202-SF1-RE (ancien 202-NYA)
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Rappel de cours

  • Isotopes et masse atomique moyenne : deux isotopes d'un même élément ont le même nombre de protons ZZ mais des nombres de neutrons différents, donc des nombres de masse AA différents. La masse atomique du tableau périodique est la moyenne des masses isotopiques pondérée par les abondances naturelles, ce qui explique qu'elle ne soit presque jamais entière.
  • Quanta et effet photoélectrique : E=hν=hcλE=h\nu=\dfrac{hc}{\lambda}. Un métal n'éjecte un électron que si l'énergie du photon dépasse le travail d'extraction W0W_{0}, et alors Ec,max=hνW0E_{c,max}=h\nu-W_{0}. Augmenter l'intensité d'une lumière trop peu énergétique n'éjecte rien : c'est l'expérience qui a imposé le photon.
  • Les quatre nombres quantiques : nn (principal, n=1,2,3,...n=1,2,3,..., la couche) ; ll (secondaire ou azimutal, l=0,1,...,n1l=0,1,...,n-1, la sous-couche s, p, d, f) ; mlm_{l} (magnétique, entier de l-l à +l+l, l'orbitale) ; msm_{s} (spin, +12+\tfrac{1}{2} ou 12-\tfrac{1}{2}). Une couche nn contient n2n^{2} orbitales et 2n22n^{2} électrons ; une sous-couche ll contient 2l+12l+1 orbitales et 2(2l+1)2(2l+1) électrons.
  • Configuration électronique : principe d'Aufbau (remplissage par énergie croissante 1s2s2p3s3p4s3d4p...1s\,2s\,2p\,3s\,3p\,4s\,3d\,4p...), principe d'exclusion de Pauli (deux électrons au maximum par orbitale, de spins opposés), règle de Hund (on occupe d'abord chaque orbitale d'une sous-couche par un électron de même spin avant d'apparier).
  • Exceptions du bloc d : le chrome et le cuivre adoptent [Ar]4s13d5[Ar]4s^{1}3d^{5} et [Ar]4s13d10[Ar]4s^{1}3d^{10}, car une sous-couche dd demi-remplie ou remplie est particulièrement stable. Un atome ayant des électrons célibataires est paramagnétique ; s'ils sont tous appariés, il est diamagnétique.
  • Modèle de Bohr pour l'hydrogène : l'énergie du niveau nn vaut En=2,18×1018n2E_{n}=-\dfrac{2{,}18\times 10^{-18}}{n^{2}} J. L'énergie d'un photon est E=hν=hcλE=h\nu=\dfrac{hc}{\lambda}, où h=6,626×1034h=6{,}626\times 10^{-34} J·s et c=3,00×108c=3{,}00\times 10^{8} m/s. L'énergie du photon échangé lors d'une transition est ΔE=EfinalEinitial|\Delta E|=|E_{final}-E_{initial}|.
  • Périodicité : la charge nucléaire effective ZeffZ_{eff} (attraction ressentie par un électron de valence) augmente de gauche à droite dans une période. Le rayon atomique diminue de gauche à droite (Zeff croît) et augmente de haut en bas (une couche de plus). L'énergie d'ionisation et l'électronégativité suivent la tendance inverse du rayon.
  • Constante d'Avogadro : NA=6,022×1023N_{A}=6{,}022\times 10^{23} /mol, pour passer d'une énergie par atome à une énergie par mole.
  • Ions hydrogénoïdes : pour un ion à un seul électron de numéro atomique ZZ, En=2,18×1018Z2n2E_{n}=-\dfrac{2{,}18\times 10^{-18}\,Z^{2}}{n^{2}} J. Séries spectrales de l'hydrogène : Lyman (retour vers n=1n=1, ultraviolet), Balmer (vers n=2n=2, visible), Paschen (vers n=3n=3, infrarouge).
  • Dualité et incertitude : λ=hmv\lambda=\dfrac{h}{mv} (de Broglie) et ΔxΔph4π\Delta x\,\Delta p\geq \dfrac{h}{4\pi} (Heisenberg), avec Δp=mΔv\Delta p=m\,\Delta v et me=9,109×1031m_{e}=9{,}109\times 10^{-31} kg.
  • Énergies d'ionisation successives : elles croissent toujours, mais un saut brutal apparaît dès qu'on entame le coeur électronique. Le rang du saut donne le nombre d'électrons de valence, donc le groupe. L'affinité électronique est l'énergie mise en jeu quand un atome gazeux capte un électron : négative quand la capture est favorable.

Partie A : Isotopes, quanta, configuration et spectre (/50)

Exercice 1 : Isotopes, masse atomique moyenne et spectre de masse

Le chlore naturel est un mélange de deux isotopes : 35Cl^{35}Cl (masse 34,9689 u, abondance 75,77 %) et 37Cl^{37}Cl (36,9659 u, 24,23 %). Le cuivre naturel en compte deux également, 63Cu^{63}Cu (62,9296 u) et 65Cu^{65}Cu (64,9278 u), et sa masse atomique tabulée vaut 63,546 u.

  • a) Donnez la composition du noyau et le nombre d'électrons de l'atome 37Cl^{37}Cl, puis de l'ion 37Cl^{37}Cl^{-}.
  • b) Calculez la masse atomique moyenne du chlore et expliquez pourquoi les masses atomiques du tableau périodique ne sont presque jamais des nombres entiers.
  • c) Déterminez l'abondance naturelle de chacun des deux isotopes du cuivre.
  • d) Le spectre de masse du brome atomique présente deux pics : 78,9183 u (50,69 %) et 80,9163 u (49,31 %). Calculez la masse atomique du brome, puis prévoyez l'allure du spectre de masse de la molécule Br2Br_{2} : combien de pics, à quelles masses, dans quel rapport d'intensités ?

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Réponses

  • a) 17 protons, 20 neutrons ; 17 électrons pour l'atome, 18 pour 37Cl^{37}Cl^{-}
  • b) M=35,45M=35{,}45 u : une moyenne pondérée, donc presque jamais entière
  • c) 69,15 % de 63Cu^{63}Cu et 30,85 % de 65Cu^{65}Cu
  • d) M(Br)=79,90M(Br)=79{,}90 u ; trois pics à 158, 160 et 162 u, dans le rapport 1 : 2 : 1

a) Le nombre de masse A=37A=37 et le numéro atomique Z=17Z=17 : le noyau contient 17 protons et 3717=2037-17=20 neutrons. L'atome neutre 37Cl^{37}Cl possède 17 électrons. L'ion 37Cl^{37}Cl^{-} a capté un électron : même noyau (17 protons, 20 neutrons), mais 18 électrons.

b) M=34,9689×0,7577+36,9659×0,2423=26,497+8,956=35,45M=34{,}9689\times 0{,}7577+36{,}9659\times 0{,}2423=26{,}497+8{,}956=35{,}45 u. La valeur tabulée n'est pas entière parce qu'elle n'est pas la masse d'un atome, mais la moyenne pondérée des masses des isotopes par leurs abondances naturelles. Elle tombe entre 35 et 37, plus près de 35 puisque 35Cl^{35}Cl est trois fois plus abondant.

c) Soit xx l'abondance de 63Cu^{63}Cu ; alors 62,9296x+64,9278(1x)=63,54662{,}9296x+64{,}9278(1-x)=63{,}546. On isole : x=64,927863,54664,927862,9296=1,38181,9982=0,6915x=\dfrac{64{,}9278-63{,}546}{64{,}9278-62{,}9296}=\dfrac{1{,}3818}{1{,}9982}=0{,}6915. Le cuivre naturel contient donc 69,15 % de 63Cu^{63}Cu et 30,85 % de 65Cu^{65}Cu.

d) M(Br)=78,9183×0,5069+80,9163×0,4931=79,90M(Br)=78{,}9183\times 0{,}5069+80{,}9163\times 0{,}4931=79{,}90 u. Pour Br2Br_{2}, chaque atome est indépendamment 79Br^{79}Br (probabilité p=0,5069p=0{,}5069) ou 81Br^{81}Br (q=0,4931q=0{,}4931), ce qui donne trois pics : 79Br2^{79}Br_{2} à 158 u avec la probabilité p2=0,257p^{2}=0{,}257, 79Br81Br^{79}Br^{81}Br à 160 u avec 2pq=0,5002pq=0{,}500 (deux façons de former la molécule mixte, d'où le facteur 2), et 81Br2^{81}Br_{2} à 162 u avec q2=0,243q^{2}=0{,}243. Les intensités sont donc dans le rapport voisin de 1 : 2 : 1, avec le pic central deux fois plus haut que les deux autres. C'est la signature classique du brome en spectrométrie de masse.

Exercice 2 : Lumière, quanta et effet photoélectrique

La lampe au sodium des lampadaires émet une lumière jaune de longueur d'onde 589 nm. Le potassium possède un travail d'extraction (énergie seuil) W0=3,68×1019W_{0}=3{,}68\times 10^{-19} J. On donne h=6,626×1034h=6{,}626\times 10^{-34} J·s, c=3,00×108c=3{,}00\times 10^{8} m/s, NA=6,022×1023N_{A}=6{,}022\times 10^{23} /mol et me=9,109×1031m_{e}=9{,}109\times 10^{-31} kg.

  • a) Calculez la fréquence et l'énergie d'un photon de 589 nm, puis l'énergie d'une mole de ces photons en kJ/mol.
  • b) Calculez la longueur d'onde seuil du potassium, c'est-à-dire la plus grande longueur d'onde capable d'arracher un électron. À quelle couleur correspond-elle ?
  • c) On éclaire le potassium avec une lumière violette de 400 nm. Calculez l'énergie cinétique maximale des électrons éjectés, puis leur vitesse.
  • d) On éclaire maintenant le même métal avec une lumière rouge de 700 nm, mais cent fois plus intense. Prévoyez le résultat par le calcul, puis expliquez en quoi il est incompatible avec le modèle purement ondulatoire de la lumière.

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Réponses

  • a) ν=5,09×1014\nu=5{,}09\times 10^{14} Hz, E=3,37×1019E=3{,}37\times 10^{-19} J, soit 203 kJ/mol
  • b) λ0=540\lambda_{0}=540 nm, une lumière verte
  • c) Ec=1,29×1019E_{c}=1{,}29\times 10^{-19} J et v=5,32×105v=5{,}32\times 10^{5} m/s
  • d) E=2,84×1019E=2{,}84\times 10^{-19} J <W0<W_{0} : aucun électron, quelle que soit l'intensité

a) ν=cλ=3,00×108589×109=5,09×1014\nu=\dfrac{c}{\lambda}=\dfrac{3{,}00\times 10^{8}}{589\times 10^{-9}}=5{,}09\times 10^{14} Hz. L'énergie du photon vaut E=hν=(6,626×1034)(5,09×1014)=3,37×1019E=h\nu=(6{,}626\times 10^{-34})(5{,}09\times 10^{14})=3{,}37\times 10^{-19} J. Pour une mole : 3,37×1019×6,022×1023=2,03×1053{,}37\times 10^{-19}\times 6{,}022\times 10^{23}=2{,}03\times 10^{5} J/mol, soit 203 kJ/mol.

b) Au seuil, toute l'énergie du photon sert exactement à extraire l'électron : hcλ0=W0\dfrac{hc}{\lambda_{0}}=W_{0}, d'où λ0=hcW0=(6,626×1034)(3,00×108)3,68×1019=5,40×107\lambda_{0}=\dfrac{hc}{W_{0}}=\dfrac{(6{,}626\times 10^{-34})(3{,}00\times 10^{8})}{3{,}68\times 10^{-19}}=5{,}40\times 10^{-7} m, soit 540 nm : une lumière verte. Toute lumière de longueur d'onde inférieure à 540 nm (donc plus énergétique) arrache des électrons ; toute lumière au-delà n'en arrache aucun.

c) E=hcλ=(6,626×1034)(3,00×108)400×109=4,97×1019E=\dfrac{hc}{\lambda}=\dfrac{(6{,}626\times 10^{-34})(3{,}00\times 10^{8})}{400\times 10^{-9}}=4{,}97\times 10^{-19} J. L'énergie cinétique maximale est l'excédent : Ec=EW0=4,97×10193,68×1019=1,29×1019E_{c}=E-W_{0}=4{,}97\times 10^{-19}-3{,}68\times 10^{-19}=1{,}29\times 10^{-19} J. Puis v=2Ecme=2(1,29×1019)9,109×1031=5,32×105v=\sqrt{\dfrac{2E_{c}}{m_{e}}}=\sqrt{\dfrac{2(1{,}29\times 10^{-19})}{9{,}109\times 10^{-31}}}=5{,}32\times 10^{5} m/s.

d) À 700 nm, E=hcλ=2,84×1019E=\dfrac{hc}{\lambda}=2{,}84\times 10^{-19} J, ce qui est inférieur à W0=3,68×1019W_{0}=3{,}68\times 10^{-19} J : aucun électron n'est éjecté, et l'intensité n'y change rien. Dans le modèle ondulatoire, l'énergie transportée par une onde dépend de son amplitude, donc de l'intensité : en éclairant assez fort, ou assez longtemps, on devrait finir par accumuler l'énergie nécessaire. L'expérience dit le contraire, et de façon instantanée : ce qui compte est l'énergie d'un seul photon, hνh\nu. Augmenter l'intensité augmente le nombre de photons, pas l'énergie de chacun. C'est exactement l'argument d'Einstein en 1905.

51015202530-4-22468energie cinetique (eV)frequence (10¹⁴ Hz)seuil ν₀pente = hsous le seuil, AUCUN electron, quelle que soit l'intensite

Exercice 3 : Le modèle quantique et les nombres quantiques

On s'intéresse aux quatre nombres quantiques (n, l, ml, ms)(n,\ l,\ m_{l},\ m_{s}) qui décrivent l'état d'un électron dans un atome.

  • a) Donnez la signification physique de chacun des quatre nombres quantiques et l'ensemble de leurs valeurs permises.
  • b) Combien d'orbitales et combien d'électrons au maximum le niveau n=4n=4 peut-il contenir ? Justifiez par les règles.
  • c) Combien d'électrons au maximum peuvent occuper la sous-couche 3d3d ?
  • d) Parmi les ensembles (n, l, ml, ms)(n,\ l,\ m_{l},\ m_{s}) suivants, indiquez lesquels sont permis et, pour les autres, expliquez pourquoi ils sont interdits : (i) (3, 2, 1, +12)(3,\ 2,\ -1,\ +\tfrac{1}{2}) ; (ii) (2, 2, 0, 12)(2,\ 2,\ 0,\ -\tfrac{1}{2}) ; (iii) (4, 3, 4, +12)(4,\ 3,\ -4,\ +\tfrac{1}{2}) ; (iv) (1, 0, 0, +1)(1,\ 0,\ 0,\ +1).

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Réponses

  • a) nn l'énergie, ll la forme (00 à n1n-1), mlm_{l} l'orientation (l-l à +l+l), ms=±12m_{s}=\pm\tfrac{1}{2}
  • b) 16 orbitales et 32 électrons, soit n2n^{2} et 2n22n^{2}
  • c) 5 orbitales et 10 électrons
  • d) Seul (i) est permis ; (ii) viole ln1l\leq n-1, (iii) viole lmll-l\leq m_{l}\leq l, (iv) viole ms=±12m_{s}=\pm\tfrac{1}{2}

a) nn (principal) : le niveau d'énergie et la taille de l'orbitale ; n=1, 2, 3,...n=1,\ 2,\ 3,... ll (secondaire) : la forme de l'orbitale et la sous-couche (l=0l=0 pour s, 1 pour p, 2 pour d, 3 pour f) ; ll va de 00 à n1n-1. mlm_{l} (magnétique) : l'orientation de l'orbitale, soit l'orbitale précise ; mlm_{l} prend les entiers de l-l à +l+l. msm_{s} (spin) : le sens de rotation de l'électron ; ms=+12m_{s}=+\tfrac{1}{2} ou 12-\tfrac{1}{2}.

b) Le niveau n=4n=4 contient n2=16n^{2}=16 orbitales et 2n2=322n^{2}=32 électrons au maximum.

c) La sous-couche 3d3d correspond à l=2l=2, donc 2l+1=52l+1=5 orbitales et 2(2l+1)=102(2l+1)=10 électrons au maximum.

d) (i) Permis : l=2<n=3l=2<n=3, ml=1m_{l}=-1 est dans [2; 2][-2;\ 2], ms=+12m_{s}=+\tfrac{1}{2}. (ii) Interdit : ll doit être strictement inférieur à nn (au plus n1=1n-1=1) ; ici l=2l=2 avec n=2n=2 est impossible. (iii) Interdit : mlm_{l} doit être compris entre l-l et +l+l, soit entre 3-3 et +3+3 ; ml=4m_{l}=-4 est hors de cet intervalle. (iv) Interdit : msm_{s} ne peut valoir que +12+\tfrac{1}{2} ou 12-\tfrac{1}{2}, jamais +1+1.

Exercice 4 : Configuration électronique et exceptions

On rappelle les numéros atomiques : phosphore Z=15Z=15, calcium Z=20Z=20, chrome Z=24Z=24, fer Z=26Z=26, cuivre Z=29Z=29.

  • a) Écrivez la configuration électronique complète et abrégée du phosphore PP, puis de l'ion Ca2+Ca^{2+}.
  • b) Donnez le nombre d'électrons de valence du phosphore et le nombre d'électrons célibataires du phosphore.
  • c) Le chrome et le cuivre font exception à la règle d'Aufbau. Donnez leur configuration électronique réelle et expliquez brièvement pourquoi.
  • d) Écrivez la configuration du fer, puis déterminez s'il est paramagnétique ou diamagnétique. Justifiez.

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Réponses

  • a) P=[Ne]3s23p3P=[Ne]3s^{2}3p^{3} et Ca2+=[Ar]Ca^{2+}=[Ar], 18 électrons
  • b) 5 électrons de valence, 3 célibataires
  • c) Cr=[Ar]4s13d5Cr=[Ar]4s^{1}3d^{5} et Cu=[Ar]4s13d10Cu=[Ar]4s^{1}3d^{10} : d5d^{5} et d10d^{10} sont stables
  • d) Fe=[Ar]4s23d6Fe=[Ar]4s^{2}3d^{6}, 4 célibataires, donc paramagnétique

a) Phosphore (Z=15Z=15) : 1s22s22p63s23p31s^{2}2s^{2}2p^{6}3s^{2}3p^{3}, soit [Ne]3s23p3[Ne]3s^{2}3p^{3}. L'ion Ca2+Ca^{2+} : le calcium neutre est [Ar]4s2[Ar]4s^{2} ; en perdant ses deux électrons 4s4s, l'ion devient [Ar][Ar], c'est-à-dire 1s22s22p63s23p61s^{2}2s^{2}2p^{6}3s^{2}3p^{6} (18 électrons).

b) Le phosphore a 5 électrons de valence (la couche n=3n=3 : 3s23p33s^{2}3p^{3}). D'après la règle de Hund, les trois électrons 3p3p occupent chacun une orbitale distincte de même spin : le phosphore a donc 3 électrons célibataires.

c) Chrome : [Ar]4s13d5[Ar]4s^{1}3d^{5} (et non 4s23d44s^{2}3d^{4}) ; cuivre : [Ar]4s13d10[Ar]4s^{1}3d^{10} (et non 4s23d94s^{2}3d^{9}). Un électron 4s4s passe en 3d3d parce qu'une sous-couche dd demi-remplie (3d53d^{5}) ou totalement remplie (3d103d^{10}) est particulièrement stable.

d) Fer (Z=26Z=26) : [Ar]4s23d6[Ar]4s^{2}3d^{6}. Les six électrons 3d3d se répartissent dans les cinq orbitales dd : cinq occupent une orbitale chacun (Hund), le sixième s'apparie, ce qui laisse 4 électrons célibataires. Comme il possède des électrons célibataires, le fer est paramagnétique.

1s2s2p3s3p3d4s4p4d4f5s5p5d5f6s6p6d7s7pon suit les fleches : 1s 2s 2p 3s 3p 4s 3d 4p ...le 4s se remplit AVANT le 3d, et se vide avant lui aussi

Exercice 5 : Spectre de l'hydrogène et énergie des photons

Dans l'atome d'hydrogène, l'énergie du niveau nn vaut En=2,18×1018n2E_{n}=-\dfrac{2{,}18\times 10^{-18}}{n^{2}} J. On donne h=6,626×1034h=6{,}626\times 10^{-34} J·s et c=3,00×108c=3{,}00\times 10^{8} m/s.

  • a) Calculez l'énergie de l'électron aux niveaux n=2n=2 et n=3n=3.
  • b) Un électron passe du niveau n=3n=3 au niveau n=2n=2. L'atome absorbe-t-il ou émet-il de l'énergie ? Calculez l'énergie du photon échangé.
  • c) Calculez la longueur d'onde du photon. Dans quelle région du spectre (ultraviolet, visible, infrarouge) se situe-t-elle ?

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Réponses

  • a) E2=5,45×1019E_{2}=-5{,}45\times 10^{-19} J et E3=2,42×1019E_{3}=-2{,}42\times 10^{-19} J
  • b) Émission de 3,03×10193{,}03\times 10^{-19} J
  • c) λ=657\lambda=657 nm, la raie rouge du visible

a) E2=2,18×10184=5,45×1019E_{2}=-\dfrac{2{,}18\times 10^{-18}}{4}=-5{,}45\times 10^{-19} J et E3=2,18×10189=2,42×1019E_{3}=-\dfrac{2{,}18\times 10^{-18}}{9}=-2{,}42\times 10^{-19} J.

b) L'électron descend d'un niveau élevé vers un niveau plus bas : l'atome émet de l'énergie. ΔE=E2E3=5,45×1019(2,42×1019)=3,03×1019\Delta E=E_{2}-E_{3}=-5{,}45\times 10^{-19}-(-2{,}42\times 10^{-19})=-3{,}03\times 10^{-19} J. Le signe négatif confirme l'émission ; l'énergie du photon émis est ΔE=3,03×1019|\Delta E|=3{,}03\times 10^{-19} J.

c) λ=hcΔE=(6,626×1034)(3,00×108)3,03×1019=6,57×107\lambda=\dfrac{hc}{|\Delta E|}=\dfrac{(6{,}626\times 10^{-34})(3{,}00\times 10^{8})}{3{,}03\times 10^{-19}}=6{,}57\times 10^{-7} m, soit environ 657 nm. Cette longueur d'onde se situe dans le domaine visible (lumière rouge) : c'est la raie rouge caractéristique du spectre de l'hydrogène.

n = 1n = 2n = 3n = ∞0 eV (ionisation)-13,6 eV (fondamental)Lyman(ultraviolet)Balmer (visible)toute raie visible arrive sur n = 2 ; celles qui tombent sur n = 1 sont dans l'UV

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : Les propriétés périodiques et leurs anomalies

Cet exercice porte sur les tendances périodiques et sur deux exceptions célèbres à la tendance de l'énergie d'ionisation.

  • a) Expliquez, à l'aide de la charge nucléaire effective ZeffZ_{eff} et du nombre de couches, pourquoi le rayon atomique diminue de gauche à droite dans une période et augmente de haut en bas dans un groupe.
  • b) Classez les atomes NaNa, MgMg, KK et ClCl par rayon atomique croissant.
  • c) L'énergie de première ionisation augmente globalement de gauche à droite dans une période. Pourtant, on mesure Ei(Al)<Ei(Mg)E_{i}(Al)<E_{i}(Mg) et Ei(S)<Ei(P)E_{i}(S)<E_{i}(P). Expliquez ces deux anomalies à partir des configurations électroniques.
  • d) Les ions O2O^{2-}, FF^{-}, Na+Na^{+} et Mg2+Mg^{2+} sont isoélectroniques (10 électrons chacun). Classez-les par rayon décroissant et justifiez.

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Réponses

  • a) Période : ZeffZ_{eff} croît à couches constantes ; groupe : une couche de plus, écrantée
  • b) Cl<Mg<Na<KCl<Mg<Na<K
  • c) AlAl perd un 3p3p au-dessus du 3s23s^{2} plein ; SS a une orbitale 3p3p doublement occupée
  • d) O2>F>Na+>Mg2+O^{2-}>F^{-}>Na^{+}>Mg^{2+} : à 10 électrons, c'est le nombre de protons qui contracte

a) Dans une période, le nombre de couches ne change pas mais le nombre de protons augmente : la charge nucléaire effective ressentie par les électrons de valence croît, les attire plus fort, et le rayon diminue. Dans un groupe, on ajoute une couche à chaque ligne : les électrons de valence sont de plus en plus loin du noyau et écrantés par les couches internes, donc le rayon augmente.

b) Par rayon croissant : Cl<Mg<Na<KCl<Mg<Na<K. Le chlore est le plus à droite (Zeff maximale, plus petit) ; MgMg puis NaNa sont dans la même période mais NaNa est plus à gauche donc plus gros ; le potassium possède une couche de plus, c'est le plus gros.

c) Anomalie Al<MgAl<Mg : le magnésium a la configuration [Ne]3s2[Ne]3s^{2}, une sous-couche 3s3s pleine et stable, difficile à ioniser ; l'aluminium [Ne]3s23p1[Ne]3s^{2}3p^{1} perd facilement son unique électron 3p3p, plus haut en énergie. Anomalie S<PS<P : le phosphore a 3p33p^{3}, une sous-couche demi-remplie stable (un électron par orbitale) ; le soufre 3p43p^{4} possède une orbitale doublement occupée, et la répulsion entre ces deux électrons appariés facilite l'arrachement, d'où une énergie d'ionisation plus faible.

d) Tous ont 10 électrons ; c'est donc le nombre de protons qui départage. Charges nucléaires : OO 8, FF 9, NaNa 11, MgMg 12. Plus il y a de protons pour le même nuage de 10 électrons, plus l'ion est contracté. Par rayon décroissant : O2>F>Na+>Mg2+O^{2-}>F^{-}>Na^{+}>Mg^{2+}.

Exercice 7 : Les ions hydrogénoïdes et les séries spectrales

Le modèle de Bohr reste exact pour tout ion ne possédant qu'un seul électron, dit hydrogénoïde : En=2,18×1018Z2n2E_{n}=-\dfrac{2{,}18\times 10^{-18}\,Z^{2}}{n^{2}} J, où ZZ est le numéro atomique. On garde h=6,626×1034h=6{,}626\times 10^{-34} J·s, c=3,00×108c=3{,}00\times 10^{8} m/s et NA=6,022×1023N_{A}=6{,}022\times 10^{23} /mol.

  • a) Calculez l'énergie de l'électron de He+He^{+} (Z=2Z=2) au niveau fondamental, puis l'énergie d'ionisation de He+He^{+} en kJ/mol. Comparez-la aux 1313 kJ/mol de l'hydrogène et justifiez le rapport obtenu.
  • b) La série de Lyman rassemble les transitions de l'hydrogène vers n=1n=1. Calculez la longueur d'onde de la raie n=2n=1n=2\rightarrow n=1 et situez-la dans le spectre.
  • c) Calculez la longueur d'onde de la raie n=4n=3n=4\rightarrow n=3 de l'hydrogène (série de Paschen) et situez-la. Classez ensuite les séries de Lyman, Balmer et Paschen par énergie décroissante des photons émis, et expliquez le classement sans nouveau calcul.
  • d) Montrez par le calcul que la transition n=4n=2n=4\rightarrow n=2 de He+He^{+} émet exactement la même longueur d'onde que la transition n=2n=1n=2\rightarrow n=1 de l'hydrogène. Généralisez : quelle condition sur ZZ, nin_{i} et nfn_{f} fait coïncider une raie d'un hydrogénoïde avec une raie de l'hydrogène ?

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Réponses

  • a) E1=8,72×1018E_{1}=-8{,}72\times 10^{-18} J, soit 5251 kJ/mol, exactement 4 fois l'hydrogène
  • b) λ=122\lambda=122 nm, ultraviolet lointain
  • c) λ=1876\lambda=1876 nm, infrarouge ; Lyman, Balmer puis Paschen par énergie décroissante
  • d) Même λ\lambda de 122 nm ; la coïncidence a lieu pour nfZnfn_{f}\rightarrow Zn_{f} et niZnin_{i}\rightarrow Zn_{i}

a) E1=(2,18×1018)(22)12=8,72×1018E_{1}=-\dfrac{(2{,}18\times 10^{-18})(2^{2})}{1^{2}}=-8{,}72\times 10^{-18} J. Ioniser, c'est amener l'électron à n=n=\inftyE=0E=0 : il faut fournir 8,72×10188{,}72\times 10^{-18} J par ion, soit 8,72×1018×6,022×1023=5,25×1068{,}72\times 10^{-18}\times 6{,}022\times 10^{23}=5{,}25\times 10^{6} J/mol, c'est-à-dire 5251 kJ/mol. C'est exactement 4 fois la valeur de l'hydrogène, parce que l'énergie est proportionnelle à Z2Z^{2} et que ZZ passe de 1 à 2. Physiquement, le noyau d'hélium attire son unique électron deux fois plus fort, et l'électron est bien plus difficile à arracher.

b) ΔE=2,18×1018(112122)=2,18×1018×0,75=1,635×1018|\Delta E|=2{,}18\times 10^{-18}\left(\dfrac{1}{1^{2}}-\dfrac{1}{2^{2}}\right)=2{,}18\times 10^{-18}\times 0{,}75=1{,}635\times 10^{-18} J. Alors λ=hcΔE=1,988×10251,635×1018=1,22×107\lambda=\dfrac{hc}{|\Delta E|}=\dfrac{1{,}988\times 10^{-25}}{1{,}635\times 10^{-18}}=1{,}22\times 10^{-7} m, soit 122 nm : dans l'ultraviolet lointain. Toute la série de Lyman est invisible à l'oeil.

c) ΔE=2,18×1018(19116)=2,18×1018×0,0486=1,06×1019|\Delta E|=2{,}18\times 10^{-18}\left(\dfrac{1}{9}-\dfrac{1}{16}\right)=2{,}18\times 10^{-18}\times 0{,}0486=1{,}06\times 10^{-19} J, d'où λ=1,988×10251,06×1019=1,88×106\lambda=\dfrac{1{,}988\times 10^{-25}}{1{,}06\times 10^{-19}}=1{,}88\times 10^{-6} m, soit 1876 nm : dans l'infrarouge. Par énergie décroissante : Lyman, puis Balmer, puis Paschen. La raison est que les niveaux se resserrent quand nn augmente : la chute vers n=1n=1 franchit le plus grand écart d'énergie, celle vers n=3n=3 le plus petit. Ultraviolet, visible, infrarouge : l'ordre des séries est aussi celui du spectre.

d) Pour He+He^{+}, ΔE=2,18×1018×22(122142)=2,18×1018×4×316=2,18×1018×0,75|\Delta E|=2{,}18\times 10^{-18}\times 2^{2}\left(\dfrac{1}{2^{2}}-\dfrac{1}{4^{2}}\right)=2{,}18\times 10^{-18}\times 4\times \dfrac{3}{16}=2{,}18\times 10^{-18}\times 0{,}75, soit la même valeur 1,635×10181{,}635\times 10^{-18} J qu'en b), donc la même longueur d'onde de 122 nm. En général, ΔE=2,18×1018Z2(1nf21ni2)|\Delta E|=2{,}18\times 10^{-18}Z^{2}\left(\dfrac{1}{n_{f}^{2}}-\dfrac{1}{n_{i}^{2}}\right) : si on remplace nfn_{f} et nin_{i} par ZnfZn_{f} et ZniZn_{i}, le facteur Z2Z^{2} se simplifie exactement contre les carrés au dénominateur. Autrement dit, chaque raie de l'hydrogène a une jumelle dans He+He^{+} (niveaux doublés), dans Li2+Li^{2+} (niveaux triplés), et ainsi de suite. C'est pour cette raison que certaines raies stellaires attribuées à l'hydrogène ont d'abord été mal identifiées.

n = 1n = 2n = 3n = 4n → ∞LymanBalmerPaschenla serie porte le nom de son niveau d'ARRIVEE :Lyman tombe dans l'ultraviolet, Balmer dans le visible

Exercice 8 : Dualité onde-particule : de Broglie et Heisenberg

La longueur d'onde associée à une particule de masse mm et de vitesse vv vaut λ=hmv\lambda=\dfrac{h}{mv} (de Broglie), et son incertitude de position et de quantité de mouvement obéit à ΔxΔph4π\Delta x\,\Delta p\geq \dfrac{h}{4\pi} (Heisenberg), avec Δp=mΔv\Delta p=m\,\Delta v. On donne h=6,626×1034h=6{,}626\times 10^{-34} J·s et me=9,109×1031m_{e}=9{,}109\times 10^{-31} kg.

  • a) Calculez la longueur d'onde de de Broglie d'un électron de vitesse 5,00×1065{,}00\times 10^{6} m/s. Comparez-la au diamètre d'un atome, de l'ordre de 1×10101\times 10^{-10} m, et dites quelle technique expérimentale cette coïncidence rend possible.
  • b) Calculez la longueur d'onde de de Broglie d'une balle de baseball de 145 g lancée à 40,0 m/s. Pourquoi n'observe-t-on jamais le caractère ondulatoire des objets de la vie courante ?
  • c) Un électron est confiné dans un atome, donc Δx1,0×1010\Delta x\approx 1{,}0\times 10^{-10} m. Calculez l'incertitude minimale sur sa vitesse et comparez-la à la vitesse de la question a). Refaites le calcul pour la balle de baseball localisée au millimètre près.
  • d) Expliquez en quoi ces résultats condamnent la notion d'orbite de Bohr et justifient qu'on parle désormais d'orbitale, c'est-à-dire d'une région de probabilité de présence.

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  • a) λ=1,45×1010\lambda=1{,}45\times 10^{-10} m, l'ordre du pas d'un cristal : diffraction électronique
  • b) λ=1,14×1034\lambda=1{,}14\times 10^{-34} m, hors d'atteinte de toute fente
  • c) Δv5,8×105\Delta v\geq 5{,}8\times 10^{5} m/s pour l'électron, 3,6×10313{,}6\times 10^{-31} m/s pour la balle
  • d) L'orbite suppose une trajectoire ; il ne reste que la probabilité de présence, l'orbitale

a) λ=hmev=6,626×1034(9,109×1031)(5,00×106)=6,626×10344,554×1024=1,45×1010\lambda=\dfrac{h}{m_{e}v}=\dfrac{6{,}626\times 10^{-34}}{(9{,}109\times 10^{-31})(5{,}00\times 10^{6})}=\dfrac{6{,}626\times 10^{-34}}{4{,}554\times 10^{-24}}=1{,}45\times 10^{-10} m. C'est du même ordre de grandeur que le diamètre d'un atome et que la distance entre deux plans d'un cristal : l'électron peut donc être diffracté par un cristal, exactement comme les rayons X. C'est le principe de la diffraction électronique et, plus loin, du microscope électronique, dont le pouvoir de résolution dépasse de beaucoup celui du microscope optique.

b) λ=hmv=6,626×1034(0,145)(40,0)=6,626×10345,80=1,14×1034\lambda=\dfrac{h}{mv}=\dfrac{6{,}626\times 10^{-34}}{(0{,}145)(40{,}0)}=\dfrac{6{,}626\times 10^{-34}}{5{,}80}=1{,}14\times 10^{-34} m. Cette longueur d'onde est environ 102410^{24} fois plus petite que celle de l'électron, et incomparablement plus petite que tout objet ou toute fente qu'on pourrait fabriquer. Aucun phénomène de diffraction n'est donc observable : la nature ondulatoire existe en principe pour la balle, mais elle est expérimentalement inaccessible. C'est la masse au dénominateur qui écrase tout.

c) Δvh4πmeΔx=6,626×10344π(9,109×1031)(1,0×1010)=5,8×105\Delta v\geq \dfrac{h}{4\pi m_{e}\Delta x}=\dfrac{6{,}626\times 10^{-34}}{4\pi (9{,}109\times 10^{-31})(1{,}0\times 10^{-10})}=5{,}8\times 10^{5} m/s. Cette incertitude vaut plus du dixième de la vitesse de la question a) : on ne connaît donc même pas l'ordre de grandeur de la vitesse de l'électron une fois qu'on le sait dans l'atome. Pour la balle : Δv6,626×10344π(0,145)(1,0×103)=3,6×1031\Delta v\geq \dfrac{6{,}626\times 10^{-34}}{4\pi (0{,}145)(1{,}0\times 10^{-3})}=3{,}6\times 10^{-31} m/s, une incertitude parfaitement négligeable.

d) Une orbite, au sens de Bohr, suppose qu'on connaisse à chaque instant la position et la vitesse de l'électron : c'est une trajectoire. Or la question c) montre que localiser l'électron dans l'atome rend sa vitesse totalement indéterminée, et l'inverse est vrai aussi. La trajectoire n'a donc aucun sens à cette échelle, non par manque d'instruments, mais par nature. Ce qui reste calculable est la probabilité de trouver l'électron en un point : c'est le carré de la fonction d'onde, et la région où cette probabilité est importante s'appelle une orbitale. Le modèle de Bohr garde ses énergies EnE_{n}, qui sont correctes pour l'hydrogène, mais perd ses orbites circulaires. Pour la balle de baseball, l'incertitude est si faible que la trajectoire classique reste parfaitement valable : la mécanique quantique ne contredit pas la mécanique de Newton, elle la contient.

Exercice 9 : Énergies d'ionisation successives et affinité électronique

On mesure les quatre premières énergies d'ionisation successives, en kJ/mol, de trois éléments de la troisième période :

élément XX : I1=496I_{1}=496, I2=4562I_{2}=4562, I3=6910I_{3}=6910, I4=9543I_{4}=9543 ;

élément YY : I1=738I_{1}=738, I2=1451I_{2}=1451, I3=7733I_{3}=7733, I4=10540I_{4}=10540 ;

élément ZZ : I1=578I_{1}=578, I2=1817I_{2}=1817, I3=2745I_{3}=2745, I4=11577I_{4}=11577.

  • a) Pour chacun des trois éléments, repérez le saut brutal dans la suite des énergies d'ionisation et déduisez-en le nombre d'électrons de valence, donc le groupe.
  • b) Identifiez XX, YY et ZZ, donnez leur configuration électronique abrégée, et vérifiez la cohérence avec la charge de l'ion le plus stable de chacun.
  • c) Le rapport I2/I1I_{2}/I_{1} vaut plus de 9 pour XX mais seulement 2 environ pour YY. Expliquez cette différence.
  • d) L'affinité électronique du chlore vaut 349-349 kJ/mol, celle du magnésium est positive, et la deuxième affinité électronique de l'oxygène (O+eO2O^{-}+e^{-}\rightarrow O^{2-}) est toujours positive. Expliquez ces trois faits, puis dites comment l'ion O2O^{2-} peut malgré tout exister dans le solide MgOMgO.

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  • a) XX : 1 électron de valence, YY : 2, ZZ : 3, donc groupes 1, 2 et 13
  • b) X=NaX=Na, Y=MgY=Mg, Z=AlZ=Al, ions Na+Na^{+}, Mg2+Mg^{2+} et Al3+Al^{3+}, tous [Ne][Ne]
  • c) 9,2 contre 1,97 : chez XX le deuxième électron vient du coeur, chez YY de la valence
  • d) ClCl complète l'octet, MgMg doit ouvrir une 3p3p, OO^{-} repousse ; O2O^{2-} tient par l'énergie réticulaire

a) Élément XX : le saut se produit entre I1I_{1} et I2I_{2} (de 496 à 4562, un facteur 9,2), donc il n'y a qu'un seul électron de valence : groupe 1 (alcalins). Élément YY : le saut est entre I2I_{2} et I3I_{3} (1451 puis 7733, un facteur 5,3), donc deux électrons de valence : groupe 2 (alcalino-terreux). Élément ZZ : le saut est entre I3I_{3} et I4I_{4} (2745 puis 11577, un facteur 4,2), donc trois électrons de valence : groupe 13.

b) Dans la troisième période, cela donne X=NaX=Na de configuration [Ne]3s1[Ne]3s^{1}, Y=MgY=Mg de configuration [Ne]3s2[Ne]3s^{2}, et Z=AlZ=Al de configuration [Ne]3s23p1[Ne]3s^{2}3p^{1}. Chacun s'ionise jusqu'à retrouver le coeur [Ne][Ne] et pas au-delà, d'où les ions Na+Na^{+}, Mg2+Mg^{2+} et Al3+Al^{3+}, tous isoélectroniques du néon. Les valeurs mesurées confirment ce que la configuration prédit : le nombre d'électrons faciles à arracher est exactement le nombre d'électrons de valence.

c) Pour XX, arracher le premier électron vide la couche de valence : l'ion Na+Na^{+} est déjà [Ne][Ne]. Le deuxième électron doit alors être pris dans la couche n=2n=2, beaucoup plus proche du noyau, bien moins écrantée, et appartenant à une configuration de gaz rare particulièrement stable : le coût explose. Pour YY, le deuxième électron est encore un électron 3s3s, de la même couche de valence. Seule la charge de l'ion a changé, passant de 0 à +1+1, ce qui augmente l'attraction sans changer de couche : le coût ne fait qu'environ doubler. La règle à retenir est que le saut brutal ne mesure pas la charge, il signale le passage au coeur électronique.

d) Le chlore [Ne]3s23p5[Ne]3s^{2}3p^{5} n'a besoin que d'un électron pour atteindre la configuration de l'argon : la capture est très favorable, fortement exothermique, donc l'affinité électronique est très négative. Le magnésium [Ne]3s2[Ne]3s^{2} a sa sous-couche 3s3s complète ; l'électron supplémentaire devrait entrer dans une orbitale 3p3p, plus haute en énergie et bien écrantée par les électrons 3s3s : le processus coûte de l'énergie, l'affinité électronique est positive. Pour l'oxygène, la deuxième capture impose d'approcher un électron d'un ion OO^{-} déjà négatif : la répulsion électrostatique doit être vaincue, et cela coûte toujours de l'énergie, quel que soit l'élément. L'ion O2O^{2-} n'est donc jamais stable à l'état isolé. Il existe pourtant dans MgOMgO parce que le bilan ne s'arrête pas à l'ion libre : l'énergie réticulaire libérée quand les ions Mg2+Mg^{2+} et O2O^{2-} s'empilent en réseau cristallin est énorme, précisément parce que les deux ions portent une double charge, et elle compense largement le coût de la deuxième capture. La stabilité de O2O^{2-} vient du solide, pas de l'ion.

123456-40004000800012000160002000073814517733exemple : le magnésiumle SAUT entre la 2ᵉ et la 3ᵉ révèle2 électrons de valencen° d'ionisationE (kJ/mol)

Exercice 10 : Problème : la lampe à hydrogène et l'énergie d'ionisation

Une lampe à décharge remplie d'hydrogène émet la série de Balmer, c'est-à-dire les photons produits lorsqu'un électron retombe vers le niveau n=2n=2. On garde En=2,18×1018n2E_{n}=-\dfrac{2{,}18\times 10^{-18}}{n^{2}} J, h=6,626×1034h=6{,}626\times 10^{-34} J·s, c=3,00×108c=3{,}00\times 10^{8} m/s et NA=6,022×1023N_{A}=6{,}022\times 10^{23} /mol.

  • a) Calculez la longueur d'onde de la raie émise lors de la transition n=4n=2n=4\rightarrow n=2. À quelle couleur correspond-elle ?
  • b) Calculez l'énergie nécessaire pour ioniser complètement un atome d'hydrogène depuis son état fondamental (n=1n=n=1\rightarrow n=\infty), d'abord en joules par atome, puis en kilojoules par mole.
  • c) La limite de la série de Balmer correspond à la transition n=n=2n=\infty\rightarrow n=2. Calculez sa longueur d'onde et expliquez ce qu'elle représente physiquement.

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  • a) λ=486\lambda=486 nm, la raie bleu-vert de Balmer
  • b) 2,18×10182{,}18\times 10^{-18} J par atome, soit 1313 kJ/mol
  • c) λ=365\lambda=365 nm : la limite de la série, photon le plus énergétique, dans l'ultraviolet

a) ΔE=2,18×1018(122142)=2,18×1018(0,250,0625)=4,09×1019|\Delta E|=2{,}18\times 10^{-18}\left(\dfrac{1}{2^{2}}-\dfrac{1}{4^{2}}\right)=2{,}18\times 10^{-18}(0{,}25-0{,}0625)=4{,}09\times 10^{-19} J. Alors λ=hcΔE=(6,626×1034)(3,00×108)4,09×1019=4,86×107\lambda=\dfrac{hc}{|\Delta E|}=\dfrac{(6{,}626\times 10^{-34})(3{,}00\times 10^{8})}{4{,}09\times 10^{-19}}=4{,}86\times 10^{-7} m, soit 486 nm : une raie bleu-vert (cyan) du visible.

b) Ioniser depuis l'état fondamental, c'est amener l'électron de n=1n=1 à n=n=\infty : ΔE=EE1=0(2,18×1018)=2,18×1018|\Delta E|=E_{\infty}-E_{1}=0-(-2{,}18\times 10^{-18})=2{,}18\times 10^{-18} J par atome. Par mole : 2,18×1018×6,022×1023=1,31×1062{,}18\times 10^{-18}\times 6{,}022\times 10^{23}=1{,}31\times 10^{6} J/mol, soit environ 1313 kJ/mol. C'est la valeur bien connue de l'énergie d'ionisation de l'hydrogène.

c) ΔE=2,18×1018(1220)=5,45×1019|\Delta E|=2{,}18\times 10^{-18}\left(\dfrac{1}{2^{2}}-0\right)=5{,}45\times 10^{-19} J, d'où λ=hcΔE=(6,626×1034)(3,00×108)5,45×1019=3,65×107\lambda=\dfrac{hc}{|\Delta E|}=\dfrac{(6{,}626\times 10^{-34})(3{,}00\times 10^{8})}{5{,}45\times 10^{-19}}=3{,}65\times 10^{-7} m, soit 365 nm, dans l'ultraviolet. Cette longueur d'onde est la plus courte de toute la série de Balmer : elle correspond au photon le plus énergétique, émis quand l'électron retombe depuis un niveau infiniment élevé (juste au seuil d'ionisation) vers n=2n=2. Toutes les autres raies de la série ont une longueur d'onde plus grande et convergent vers cette limite.

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