Exercices corrigés : le mouvement des projectiles (physique, secondaire 5)
Cette série d'exercices corrigés de physique de secondaire 5 porte sur le mouvement des projectiles, le chapitre où la cinématique rencontre la trigonométrie. Chaque exercice demande de décomposer une vitesse en composantes avec sinus et cosinus, de traiter l'horizontale en MRU et la verticale en MRUA, puis de recomposer le vecteur final avec Pythagore et la tangente. C'est le niveau réel des évaluations de secondaire 5 à Montréal.
Commencez chaque exercice par un schéma avec les axes, l'angle de lancement et les deux composantes de la vitesse. Un projectile se traite toujours en deux problèmes séparés qui partagent le même temps.
Série autocorrigéeTape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.
•Décomposition de la vitesse initiale lancée à l'angle θ : vx=v0cosθ (constante, MRU) et vy=v0sinθ (MRUA avec a=−g).
•Verticale : vy(t)=v0sinθ−gt et y(t)=y0+v0sinθt−21gt2, avec g=9,8 m/s².
•Au sommet de la trajectoire : vy=0 (mais vx n'est jamais nulle).
•Recomposition du vecteur vitesse : grandeur v=vx2+vy2, direction tanα=vx∣vy∣.
•Sur sol horizontal, portée R=gv02sin(2θ) : maximale à 45°, et deux angles complémentaires (θ et 90∘−θ) donnent la même portée.
•Un projectile largué d'un véhicule en mouvement CONSERVE la vitesse horizontale de ce véhicule : vu du véhicule, il tombe à la verticale; vu du sol, il décrit une parabole.
•Équation de la trajectoire, obtenue en éliminant le temps : y(x)=xtanθ−2v02cos2θgx2. Elle répond aux questions de FORME (franchir un mur, atteindre un panier) sans calculer d'instant, et on peut l'inverser pour trouver v0.
•Vitesse d'impact quand le point d'arrivée est plus bas de h : v=v02+2gh, indépendante de l'angle de tir. Depuis une hauteur, l'angle de portée maximale est INFÉRIEUR à 45°.
Partie A : Décomposer et calculer (/50)
Exercice 1 : Chute d'une table : lancement horizontal
Une bille roule sur une table de 1,225 m de haut et la quitte horizontalement à 4,0 m/s. On prend g=9,8 m/s² et on néglige la résistance de l'air.
a) Combien de temps la bille met-elle pour toucher le sol ? (La composante verticale part de zéro.)
b) À quelle distance horizontale du bord de la table atterrit-elle ?
c) Calculez la composante verticale de la vitesse à l'impact.
d) Calculez la grandeur de la vitesse à l'impact et l'angle qu'elle fait avec l'horizontale (sous l'horizontale).
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Réponses
a)t=0,50 s
b)Δx=2,0 m
c)vy=4,9 m/s vers le bas
d)v≈6,3 m/s, à 50,8° sous l'horizontale
a) Verticalement : h=21gt2, donc t=g2h=9,82×1,225=0,25=0,50 s.
b) Horizontalement, MRU : Δx=vxt=4,0×0,50=2,0 m.
c) vy=gt=9,8×0,50=4,9 m/s (vers le bas).
d) v=vx2+vy2=4,02+4,92=40,0≈6,3 m/s. Direction : tanα=4,04,9, donc α≈50,8∘ sous l'horizontale.
Exercice 2 : Le colis largué d'un avion
Un avion de ravitaillement vole horizontalement à 80 m/s, à 500 m d'altitude, et largue un colis. On prend g=9,8 m/s² et on néglige la résistance de l'air.
a) Quelles sont les composantes horizontale et verticale de la vitesse du colis À L'INSTANT du largage ? Attention, il ne part pas du repos.
b) Calculez la durée de la chute, puis la distance horizontale parcourue par le colis.
c) Calculez la vitesse du colis à l'impact, en grandeur et en angle sous l'horizontale.
d) Où se trouve l'AVION au moment où le colis touche le sol, si son pilote maintient cap et vitesse ? Justifiez, et dites ce que le pilote voit en regardant sous lui.
e) À quelle distance horizontale de la cible le pilote doit-il larguer ? Et si le même colis était largué depuis un hélicoptère en vol stationnaire à la même altitude, en quoi le problème changerait-il ?
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Réponses
a)vx=80 m/s, vy0=0
b)t≈10,1 s ; x≈8,1×102 m
c)v≈1,3×102 m/s, à 51° sous l'horizontale
d)L'avion est à la verticale du point d'impact ; le pilote voit le colis tomber droit sous lui
e)Larguer 810 m avant la cible ; en vol stationnaire, juste au-dessus
a) Au moment du largage, le colis possède exactement la vitesse de l'avion : il est horizontal, à 80 m/s. Donc vx=80 m/s et vy0=0. Le colis ne « part pas du repos » : il part avec toute la vitesse horizontale de l'appareil, et c'est seulement sa composante VERTICALE qui est nulle au départ.
b) Verticalement, c'est une chute libre depuis le repos : h=21gt2, donc t=g2h=9,82(500)≈10,1 s. Horizontalement, rien ne freine le colis : x=vxt=(80)(10,1)≈8,1×102 m, soit plus de 800 mètres.
c) vy=gt=(9,8)(10,1)≈99 m/s, tandis que vx=80 m/s n'a pas changé. Grandeur : v=802+992≈1,3×102 m/s. Angle : tanθ=8099=1,24, donc θ≈51° sous l'horizontale.
d) L'avion est EXACTEMENT à la verticale du point d'impact. La raison est que rien n'a modifié la vitesse horizontale du colis : il conserve les 80 m/s de l'avion pendant toute sa chute, et parcourt donc la même distance horizontale que lui dans le même temps. Vu du cockpit, le colis semble descendre en ligne droite, à la verticale, comme s'il était resté accroché sous l'appareil : c'est le mouvement vu depuis l'avion, où seule subsiste la chute. Vu du sol, il décrit une parabole de 800 mètres de long. Les deux descriptions sont vraies, elles ne sont simplement pas faites depuis le même endroit.
e) Le pilote doit larguer 810 m AVANT la cible, ce qui, à 80 m/s, correspond à environ 10 secondes d'anticipation : viser directement la cible reviendrait à la manquer de huit cents mètres. Depuis un hélicoptère en vol stationnaire, la vitesse initiale serait entièrement nulle : le colis tomberait à la verticale et il faudrait se placer exactement au-dessus de la cible. Toute la difficulté du largage depuis un avion tient donc à cette vitesse horizontale héritée, qu'aucune force ne vient annuler.
Exercice 3 : Décomposition d'un tir à angle
Un ballon de soccer est botté du sol à 20 m/s, à un angle de 30° au-dessus de l'horizontale, sur un terrain horizontal.
a) Calculez les composantes horizontale et verticale de la vitesse initiale.
b) Calculez le temps de vol total (le ballon retombe au sol).
c) Calculez la portée du tir.
d) Calculez la hauteur maximale atteinte.
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Réponses
a)vx≈17,3 m/s, vy0=10 m/s
b)t≈2,04 s
c)R≈35,3 m
d)hmax≈5,10 m
a) vx=20cos30∘≈17,3 m/s et vy0=20sin30∘=10 m/s.
b) Le ballon retombe quand vy=−vy0 (symétrie) : t=g2vy0=9,82×10≈2,04 s.
c) R=vxt=17,32×2,041≈35,3 m.
d) Au sommet, vy=0 : hmax=2gvy02=2×9,8102≈5,10 m.
Exercice 4 : Le vecteur vitesse pendant le vol
Un jet d'eau sort d'une lance d'incendie posée au sol à 25 m/s, à un angle de 40° au-dessus de l'horizontale.
a) Calculez les composantes initiales vx et vy0.
b) Calculez les deux composantes de la vitesse une seconde après le départ.
c) Déduisez la grandeur de la vitesse à cet instant et l'angle qu'elle fait avec l'horizontale. Comparez cet angle aux 40° du départ et expliquez la différence.
d) À quel instant le jet atteint-il le sommet de sa trajectoire ? Que vaut alors sa vitesse (grandeur et direction) ?
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Réponses
a)vx≈19,2 m/s, vy0≈16,1 m/s
b)vx=19,2 m/s, vy≈6,3 m/s
c)v≈20,2 m/s à 18,1° : l'angle a diminué
d)t≈1,64 s ; v=19,2 m/s, horizontale
a) vx=25cos40∘≈19,2 m/s et vy0=25sin40∘≈16,1 m/s.
b) vx ne change pas : 19,2 m/s. vy=vy0−gt=16,07−9,8×1≈6,3 m/s.
c) v=19,152+6,272≈20,2 m/s, et tanα=19,156,27 donne α≈18,1∘. L'angle a diminué (18,1° au lieu de 40°) : la composante verticale fond sous l'effet de la gravité pendant que l'horizontale reste intacte, donc le vecteur vitesse s'incline vers l'horizontale en montant.
d) Au sommet, vy=0 : t=gvy0=9,816,07≈1,64 s. La vitesse vaut alors v=vx≈19,2 m/s, parfaitement horizontale.
Exercice 5 : Le singe et le chasseur : l'indépendance des mouvements
Un singe est accroché à une branche, 15 m au-dessus du sol. Un tireur, au sol, à 40 m de l'arbre, VISE DIRECTEMENT le singe et tire une fléchette à 50 m/s. À l'instant précis du départ du coup, le singe lâche prise et se laisse tomber. On néglige la résistance de l'air.
a) Calculez l'angle de tir, c'est-à-dire l'angle sous lequel le tireur voit le singe.
b) Calculez la durée du trajet horizontal jusqu'à l'arbre.
c) Calculez de combien la fléchette est tombée par rapport à la ligne de visée pendant ce temps, et de combien le singe est tombé. Que concluez-vous ?
d) Démontrez algébriquement que le résultat ne dépend NI de la vitesse de la fléchette, NI de la distance, NI de la hauteur du singe.
e) Le résultat est-il valable quelle que soit la vitesse de tir ? Calculez la vitesse minimale pour que la fléchette atteigne le singe avant que celui-ci ne touche le sol.
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Réponses
a)θ≈20,6°
b)t≈0,854 s
c)Les deux tombent de 3,58 m : la fléchette touche le singe à 11,4 m
d)(v0sinθ)t=Dtanθ=H : −21gt2 et v0 s'éliminent
e)tsol≈1,75 s ; il faut v0>24,4 m/s
a) tanθ=4015=0,375, donc θ≈20,6° au-dessus de l'horizontale.
b) Composante horizontale : vx=50cos20,6°≈46,8 m/s. Temps pour franchir 40 m : t=46,840≈0,854 s.
c) La fléchette, en l'absence de gravité, suivrait exactement la ligne de visée et arriverait à 15 m de haut. La gravité la fait tomber de 21gt2=21(9,8)(0,854)2≈3,58 m SOUS cette ligne : elle passe donc à 15−3,58≈11,4 m. Pendant le même temps, le singe, parti du repos, est tombé de 21gt2≈3,58 m lui aussi : il est à 11,4 m. Les deux sont au même endroit au même instant : le tireur touche le singe, précisément PARCE QUE celui-ci a lâché prise. Viser directement, ce qui semblait naïf, était la bonne stratégie.
d) Écrivons les deux hauteurs à l'instant t. Fléchette : yf=(v0sinθ)t−21gt2. Singe : ys=H−21gt2. Elles coïncident si (v0sinθ)t=H. Or l'instant de rencontre horizontale est t=v0cosθD, ce qui donne (v0sinθ)v0cosθD=Dtanθ, et tanθ=DH par définition de la visée directe : on obtient bien H. Le terme −21gt2 s'est éliminé des deux côtés, et v0 s'est simplifié : la rencontre est garantie quelles que soient la vitesse, la distance et la hauteur. C'est la démonstration la plus nette de l'indépendance des deux mouvements : la gravité fait tomber les deux corps exactement de la même quantité, donc elle ne change rien à leur position RELATIVE.
e) La rencontre est garantie, mais encore faut-il qu'elle ait lieu avant que le singe n'atteigne le sol. Le singe tombe de 15 m en tsol=9,82(15)≈1,75 s. Il faut donc v0cosθD<1,75 s, soit v0>(0,936)(1,75)40≈24,4 m/s. Avec les 50 m/s de l'énoncé, la marge est confortable. Sous 24,4 m/s, la fléchette arriverait trop tard : le singe serait déjà au sol, et le tir manquerait, non pas parce que la visée était mauvaise, mais parce que la cible aurait quitté la scène.
Partie B : Niveau examen (/50)
Exercice 6 : Problème : tir depuis une falaise
Du haut d'une falaise de 29,4 m, on lance une balle à 9,8 m/s, à un angle de 30° au-dessus de l'horizontale. La balle retombe sur la plage, au pied de la falaise. La courbe ci-dessous montre la trajectoire.
a) Écrivez l'équation de la hauteur y(t) et montrez que l'instant d'arrivée au sol vérifie t2−t−6=0.
b) Résolvez cette équation. Que représente chacune des deux racines ? Laquelle garde-t-on ?
c) À quelle distance du pied de la falaise la balle atterrit-elle ?
d) Calculez la vitesse de la balle à l'impact (grandeur et angle sous l'horizontale).
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Réponses
a)y(t)=29,4+4,9t−4,9t2, et y=0 donne t2−t−6=0
b)t=3 s retenue ; t=−2 s, dans le passé, rejetée
c)Δx≈25,5 m
d)v≈25,9 m/s, à 70,9° sous l'horizontale
a) vy0=9,8sin30∘=4,9 m/s. y(t)=29,4+4,9t−4,9t2. Au sol, y=0 : en divisant par −4,9, on obtient t2−t−6=0.
b) t2−t−6=(t−3)(t+2)=0 : les racines sont t=3 et t=−2. La racine négative correspond au passé (l'instant où la trajectoire prolongée vers l'arrière couperait le sol) ; on garde t=3 s.
c) vx=9,8cos30∘≈8,49 m/s, donc Δx=vxt=8,487×3≈25,5 m.
d) vy=4,9−9,8×3=−24,5 m/s. v=8,4872+24,52≈25,9 m/s, avec tanα=8,48724,5, donc α≈70,9∘ sous l'horizontale : la balle arrive presque à la verticale.
Exercice 7 : L'équation de la trajectoire et le mur à franchir
Un ballon est botté du sol à v0=25 m/s, à 40° au-dessus de l'horizontale. Un mur de 4,0 m de haut se dresse plus loin sur la trajectoire. On prend g=9,8 m/s².
a) En éliminant le temps entre x=(v0cosθ)t et y=(v0sinθ)t−21gt2, établissez l'équation de la trajectoire y(x)=xtanθ−2v02cos2θgx2. De quel type de courbe s'agit-il ?
b) Calculez la portée du tir et la hauteur maximale, puis vérifiez que le sommet se trouve bien à mi-portée.
c) Le mur est à 50 m du point de départ. Le ballon passe-t-il ? De combien ?
d) On recule le mur à 58 m. Refaites le calcul et concluez. Que se passe-t-il entre ces deux positions ?
e) Sans refaire tout le calcul, expliquez pourquoi il existe DEUX distances où le ballon se trouve exactement à 4,0 m de hauteur, et dites ce que représentent ces deux valeurs.
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Réponses
a)y(x)=xtanθ−2v02cos2θgx2 : parabole ouverte vers le bas
b)R≈62,8 m, hmax≈13,2 m, sommet à 31,4 m
c)y(50)≈8,6 m : il passe, avec 4,6 m de marge
d)y(58)≈3,7 m : il percute le mur
e)y(x)=4,0 a deux racines, à la montée et à la descente ; le mur doit être entre les deux
a) De la première équation, t=v0cosθx. En reportant dans la seconde : y=(v0sinθ)v0cosθx−21gv02cos2θx2=xtanθ−2v02cos2θgx2. C'est une fonction du second degré en x dont le coefficient de x2 est négatif : la trajectoire est une PARABOLE ouverte vers le bas. Le temps a disparu, ce qui est tout l'intérêt : on peut désormais répondre à des questions de forme (passe-t-il au-dessus du mur ?) sans jamais calculer d'instant.
b) vx=25cos40°≈19,2 m/s et vy0=25sin40°≈16,1 m/s. Portée : R=gv02sin2θ=9,8625sin80°≈62,8 m. Hauteur maximale : h=2gvy02=19,6(16,07)2≈13,2 m. Le sommet est à 2R≈31,4 m, ce que confirme la symétrie de la parabole : elle coupe l'axe en x=0 et x=R, donc son sommet est à mi-chemin.
c) y(50)=50tan40°−2(625)cos240°(9,8)(50)2=41,96−733,524500=41,96−33,40≈8,6 m. Le ballon passe donc largement, avec 4,6 m de marge au-dessus des 4,0 m du mur.
d) y(58)=58tan40°−733,5(9,8)(58)2=48,67−44,94≈3,7 m. Cette fois le ballon est à 3,7 m alors que le mur en fait 4,0 : il le PERCUTE, à 30 cm du sommet. Entre 50 m et 58 m, le ballon est redescendu de près de cinq mètres : sur la fin de sa trajectoire, la parabole plonge très vite, et huit mètres de plus suffisent à transformer un franchissement confortable en échec. C'est pourquoi, dans ce genre de problème, il ne suffit jamais de vérifier que la hauteur maximale dépasse l'obstacle : il faut évaluer y à la position EXACTE de l'obstacle.
e) L'équation y(x)=4,0 est une équation du second degré : elle admet donc en général deux racines. Géométriquement, c'est évident sur la parabole : le ballon monte, franchit la hauteur de 4,0 m une première fois, atteint 13,2 m au sommet, puis redescend et repasse par 4,0 m une seconde fois. La première racine, petite, est la distance à partir de laquelle un mur de 4,0 m serait déjà franchi; la seconde, un peu au-delà de 57 m, est la distance à partir de laquelle le ballon est redescendu trop bas. Un mur de 4,0 m est donc franchi si et seulement si il se trouve ENTRE ces deux valeurs, ce qui recoupe exactement les réponses des questions c) et d).
Exercice 8 : Le tir au panier : remonter à la vitesse initiale
Une joueuse lâche le ballon à 2,00 m du sol, à 4,60 m du panier, dont l'anneau est à 3,05 m. Elle tire à 50° au-dessus de l'horizontale. Cette fois l'inconnue n'est pas la trajectoire mais la VITESSE qu'il faut lui donner.
a) Précisez les coordonnées du point de départ et celles du panier dans un repère centré sur le ballon au moment du lâcher. Quelle est la hauteur à gagner ?
b) En partant de l'équation de la trajectoire, isolez v0 et établissez v02=2cos2θ(xtanθ−y)gx2.
c) Calculez la vitesse de tir nécessaire.
d) Que se passerait-il si l'angle choisi était tel que xtanθ=y ? Interprétez physiquement ce que dit alors la formule.
e) La joueuse tire trop fort de 5 %. De combien manque-t-elle le panier, en hauteur ? Un tir plus tendu (angle plus faible) serait-il plus ou moins tolérant à une erreur de vitesse ?
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Réponses
a)Départ (0;0), panier (4,60;1,05) : 1,05 m à gagner
b)v02=2cos2θ(xtanθ−y)gx2
c)v0≈7,5 m/s
d)Dénominateur nul : vitesse infinie, on ne peut pas viser droit sur la cible
e)Environ 41 cm trop haut ; un tir tendu est moins tolérant
a) Dans un repère dont l'origine est le ballon au lâcher, le départ est en (0;0) et le panier en x=4,60 m, y=3,05−2,00=1,05 m. Il faut donc gagner 1,05 m de hauteur sur 4,60 m d'avancée : la trajectoire doit être en train de redescendre, ou tout juste au sommet, quand elle atteint l'anneau.
b) L'équation de la trajectoire s'écrit y=xtanθ−2v02cos2θgx2. En isolant le terme contenant v0 : 2v02cos2θgx2=xtanθ−y, puis v02=2cos2θ(xtanθ−y)gx2. Remarquez la structure : le dénominateur compare la hauteur que donnerait une ligne droite (xtanθ) à la hauteur réellement voulue (y); c'est cet écart que la gravité doit creuser.
c) xtan50°=(4,60)(1,1918)=5,482 m, donc xtanθ−y=5,482−1,05=4,432 m. Puis cos250°=0,4132 et v02=2(0,4132)(4,432)(9,8)(4,60)2=3,663207,4≈56,6, d'où v0≈7,5 m/s. Une valeur tout à fait réaliste, de l'ordre de 27 km/h.
d) Si xtanθ=y, le dénominateur s'annule et v0 devient infinie. Physiquement, cela signifie que la ligne de visée droite passe exactement par le panier : il faudrait alors une vitesse infinie pour que la gravité n'ait pas le temps de faire tomber le ballon en dessous. Autrement dit, on ne peut jamais atteindre une cible en visant DIRECTEMENT vers elle avec une vitesse finie : il faut toujours viser un peu plus haut, et la formule le dit d'elle-même en divergeant. Si l'angle était encore plus faible, le dénominateur deviendrait négatif et v02 aussi : aucune solution, la cible est hors d'atteinte sous cet angle.
e) À vitesse multipliée par 1,05, le terme correctif 2v02cos2θgx2 est divisé par 1,052=1,1025 : il passe de 4,432 m à 4,020 m, et la hauteur au niveau du panier devient 5,482−4,020=1,462 m au lieu de 1,05 m. Le ballon passe donc environ 41 cm TROP HAUT, ce qui, sur un anneau de 45 cm de diamètre, suffit largement à manquer. Un tir plus tendu serait BEAUCOUP moins tolérant : à angle faible, xtanθ est petit, le dénominateur xtanθ−y devient minuscule, la vitesse requise grimpe et la moindre erreur de vitesse se traduit par un écart de hauteur énorme. C'est pourquoi les joueurs adoptent instinctivement un tir en cloche : plus l'angle est ouvert, plus la fenêtre de vitesses acceptables est large, et plus le ballon arrive vertical sur l'anneau, ce qui augmente encore la surface effective de la cible.
Exercice 9 : Problème : deux angles pour la même cible
Sur un terrain horizontal, une joueuse botte un ballon à v0=14 m/s et veut le faire retomber exactement à 17,32 m (≈103 m), là où se trouve sa coéquipière.
a) En combinant t=g2v0sinθ et R=v0cosθ×t, montrez que la portée s'écrit R=gv02sin(2θ). (Identité utile : 2sinθcosθ=sin(2θ).)
b) Déterminez les DEUX angles de tir qui atteignent la cible. Quelle relation ces deux angles ont-ils entre eux ?
c) Pour chacun des deux angles, calculez le temps de vol. Quel tir choisir pour que le ballon arrive le plus vite ?
d) Quelle est la portée maximale possible avec cette vitesse, et à quel angle est-elle atteinte ?
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Réponses
a)R=gv02sin(2θ)
b)θ=30° ou 60°, complémentaires
c)1,43 s à 30°, 2,47 s à 60° : le tir tendu arrive plus vite
d)Rmax=20 m à 45°
a) R=v0cosθ×g2v0sinθ=gv02×2sinθcosθ=gv02sin(2θ).
b) sin(2θ)=v02Rg=14217,32×9,8≈0,866. Donc 2θ=60∘ ou 2θ=180∘−60∘=120∘, c'est-à-dire θ=30∘ ou θ=60∘. Les deux angles sont complémentaires (leur somme fait 90°).
c) t30=9,82×14×sin30∘≈1,43 s et t60=9,82×14×sin60∘≈2,47 s. Le tir tendu à 30° arrive nettement plus vite ; le tir en cloche à 60° passe plus haut et laisse le temps à la défense.
d) Rmax=gv02=9,8196=20 m, atteinte quand sin(2θ)=1, donc à θ=45∘.
Exercice 10 : Atterrir plus bas : la portée sur terrain dénivelé
Un projectile part d'une plateforme de 15,0 m de haut avec une vitesse de 20,0 m/s dirigée à 40° au-dessus de l'horizontale, et retombe sur le sol, 15,0 m plus bas que son point de départ. On prend g=9,8 m/s².
a) Calculez les composantes de la vitesse initiale, puis écrivez l'équation de la hauteur y(t) mesurée depuis le SOL.
b) Calculez la durée totale du vol en résolvant l'équation du second degré. Que représente la racine négative ?
c) Calculez la portée, et comparez-la à celle qu'on obtiendrait sur terrain plat avec la même vitesse et le même angle.
d) Calculez la vitesse d'impact au sol, d'abord par les composantes, puis en vérifiant par la conservation de l'énergie. Dépend-elle de l'angle de tir ?
e) Sur terrain plat, la portée maximale s'obtient à 45°. Depuis une hauteur, l'angle optimal est-il plus grand ou plus petit ? Justifiez le sens de la réponse, puis dites en quoi la résistance de l'air, ici négligée, modifierait encore ces conclusions.
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Réponses
a)vx≈15,3 m/s, vy0≈12,9 m/s ; y(t)=15,0+12,86t−4,9t2
b)t≈3,50 s ; la racine −0,875 s prolonge la parabole dans le passé
c)R≈53,6 m contre 40,2 m sur terrain plat
d)v≈26,3 m/s par les deux méthodes, indépendante de l'angle
e)Plus petit que 45°, environ 37° ; la résistance de l'air le diminue encore
a) vx=20,0cos40°≈15,3 m/s et vy0=20,0sin40°≈12,9 m/s. En comptant les hauteurs depuis le sol, le projectile part de 15,0 m : y(t)=15,0+12,86t−4,9t2.
b) L'arrivée au sol correspond à y=0, soit 4,9t2−12,86t−15,0=0. Le discriminant vaut 12,862+4(4,9)(15,0)=165,4+294=459,4, dont la racine est 21,43. Les solutions sont t=9,812,86±21,43, soit t≈3,50 s et t≈−0,875 s. Seule la première a un sens physique. La racine négative décrit l'instant, DANS LE PASSÉ, où le projectile aurait été au niveau du sol s'il avait suivi la même parabole depuis plus tôt : c'est le prolongement mathématique de la trajectoire en amont du lancement, parfaitement cohérent mais sans réalité ici.
c) Portée : R=vxt=(15,32)(3,499)≈53,6 m. Sur terrain plat, avec la même vitesse et le même angle : Rplat=gv02sin2θ=9,8400sin80°≈40,2 m. Les 15 m de dénivelé ajoutent donc plus de treize mètres, soit un tiers de portée en plus : le projectile continue d'avancer horizontalement pendant tout le temps supplémentaire que lui offre la descente.
d) vy à l'impact : vy=12,86−(9,8)(3,499)≈−21,4 m/s, donc dirigée vers le bas. Grandeur : v=15,322+21,432≈26,3 m/s. Par l'énergie : 21mv2=21mv02+mgh, d'où v=v02+2gh=400+2(9,8)(15,0)=694≈26,3 m/s : identique. Et la réponse est NON, elle ne dépend pas de l'angle : la formule énergétique ne contient que la vitesse initiale et la dénivellation. Tirer à 20 m/s vers le haut, vers le bas ou à l'horizontale donne toujours la même VITESSE d'impact, seule la direction change.
e) L'angle optimal devient PLUS PETIT que 45°, ici environ 37°. L'idée est que la hauteur de départ offre déjà du temps de vol gratuit : il devient moins rentable d'en acheter davantage en tirant vers le haut, et plus rentable d'investir la vitesse dans la composante HORIZONTALE, la seule qui produise de la portée. Plus la plateforme est haute, plus l'angle optimal se rapproche de zéro; inversement, quand la hauteur tend vers zéro, on retrouve bien 45°. Quant à la résistance de l'air, elle raccourcit toutes les portées, d'autant plus que la vitesse est grande, et elle rend la trajectoire ASYMÉTRIQUE : la descente est plus raide que la montée, le sommet se déplace au-delà de la mi-portée, et l'angle optimal descend encore, typiquement autour de 30 à 35° pour un projectile réel. C'est pourquoi le modèle enseigné ici, très efficace pour un ballon lourd sur quelques dizaines de mètres, cesse d'être fiable pour une balle de golf ou un obus.
Contactez-moi pour une première séance. On travaille les projectiles avec la méthode des composantes, sur des exercices du niveau réel des évaluations de secondaire 5.