Cette série d'exercices corrigés de physique de secondaire 5 prolonge la série sur la transformation de l'énergie : ici, la géométrie entre en jeu. Le travail dépend de l'angle entre la force et le déplacement, la hauteur d'un pendule se calcule avec un cosinus, et la pente d'un plan incliné convertit une longueur en dénivelé avec un sinus. C'est le niveau réel des évaluations de secondaire 5 à Montréal.
Avant chaque calcul d'énergie, identifiez la hauteur qui compte : c'est toujours le dénivelé VERTICAL, jamais la longueur du trajet. Le passage de la géométrie de la figure à ce dénivelé est précisément ce que l'examen évalue.
Série autocorrigéeTape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.
•Travail : W=FΔxcosθ, où θ est l'angle entre la force et le déplacement ; un travail est nul à 90° et négatif au-delà.
•Énergies : Ek=21mv2 ; Ep=mgΔy avec g=9,8 m/s² ; sans frottement, Em=Ek+Ep se conserve.
•Avec frottement, l'énergie dissipée vaut Wf=FfΔx et Em diminue d'autant.
•Pendule de longueur L écarté d'un angle θ de la verticale : la masse remonte de h=L(1−cosθ).
•Plan incliné de longueur L à l'angle θ : dénivelé h=Lsinθ ; normale mgcosθ.
•Puissance : P=ΔtW=Fv (force parallèle au mouvement, vitesse constante).
•Pendule écarté de θ0 : h=L(1−cosθ0), vbas=2gh, et la tension au point le plus bas vaut mg(3−2cosθ0), soit 2mg à 60° et 3mg à 90°. À l'instant du lâcher, elle ne vaut que mgcosθ0.
•Le frottement change de sens avec le mouvement : il freine à la montée ET à la descente. Sur un aller-retour le long d'une pente, la fraction d'énergie cinétique conservée vaut sinθ+μcosθsinθ−μcosθ, indépendante de la masse et de la vitesse initiale.
•Puissance : P=Δtmgh pour une montée, P=mgvsinθ pour une côte à vitesse constante. Rendement musculaire humain d'environ 25 % : les trois quarts de l'énergie consommée partent en chaleur.
Partie A : Travail, pendule et plans inclinés (/50)
Exercice 1 : Le travail dépend de l'angle
Une voyageuse tire sa valise sur 30 m dans un corridor d'aéroport, avec une force de 50 N le long de la poignée, inclinée à 40° au-dessus de l'horizontale.
a) Calculez le travail effectué par cette force de traction sur les 30 m.
b) Pendant ce déplacement, quel est le travail effectué par le poids de la valise ? Justifiez à partir de l'angle entre le poids et le déplacement.
c) Une force de frottement de 20 N s'oppose au mouvement. Calculez son travail sur les 30 m (attention au signe).
d) La valise avance à vitesse constante... verticalement ET horizontalement ? Vérifiez la cohérence : comparez la composante horizontale de la traction à la force de frottement.
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Réponses
a)W≈1149 J
b)W=0 : angle de 90°
c)Wf=−600 J
d)38,3 N contre 20 N : la valise accélère, 549 J deviennent cinétiques
a) W=FΔxcosθ=50×30×cos40∘≈1149 J.
b) Le poids est vertical et le déplacement horizontal : l'angle entre les deux vaut 90°, et cos90∘=0. Le travail du poids est nul.
c) Le frottement pointe à 180° du déplacement : Wf=20×30×cos180∘=−600 J. Il retire de l'énergie au système.
d) Composante horizontale de la traction : 50cos40∘≈38,3 N, contre 20 N de frottement. La résultante horizontale n'est pas nulle : en réalité la valise accélère. Le surplus de travail (1149−600=549 J) devient de l'énergie cinétique.
Exercice 2 : La hauteur d'un pendule
Un pendule est formé d'une bille de 1,2 kg au bout d'un fil de 2,0 m. On l'écarte de 35° par rapport à la verticale, puis on le lâche sans vitesse.
a) En considérant le triangle rectangle formé par le fil et la verticale passant par le point d'attache, montrez que la bille remonte d'une hauteur h=L(1−cosθ) par rapport à son point le plus bas.
b) Calculez cette hauteur pour θ=35∘.
c) Calculez l'énergie potentielle accumulée par rapport au point le plus bas.
d) Calculez la vitesse de la bille à son passage au point le plus bas, et montrez que cette vitesse ne dépend pas de la masse.
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Réponses
a)h=L−Lcosθ=L(1−cosθ)
b)h≈0,36 m
c)Ep≈4,25 J
d)v=2gh≈2,7 m/s, sans la masse
a) Quand le fil fait l'angle θ avec la verticale, la bille se trouve à une distance verticale Lcosθ SOUS le point d'attache (côté adjacent du triangle rectangle). Au point le plus bas, elle est à L sous ce point. Elle est donc remontée de h=L−Lcosθ=L(1−cosθ).
b) h=2,0×(1−cos35∘)=2,0×(1−0,819)≈0,36 m.
c) Ep=mgh=1,2×9,8×0,362≈4,25 J.
d) Conservation de l'énergie : 21mv2=mgh, donc v=2gh=2×9,8×0,362≈2,7 m/s. La masse se simplifie dans l'équation : la vitesse en bas ne dépend que de la hauteur de départ.
Exercice 3 : Le pendule complet : vitesse en bas et tension du fil
Une bille de 0,80 kg pend au bout d'un fil de 1,50 m. On l'écarte de 60° par rapport à la verticale et on la lâche sans vitesse. On prend g=9,8 m/s² et on néglige tout frottement.
a) Calculez la hauteur dont la bille s'est élevée par rapport à sa position d'équilibre, puis son énergie mécanique.
b) Calculez sa vitesse au point le plus bas.
c) Calculez la tension du fil au point le plus bas. Attention : la bille y décrit un arc de cercle, la résultante n'est donc pas nulle.
d) Montrez que la tension au point le plus bas vaut mg(3−2cosθ0) et calculez-la pour un écart initial de 90°. Que vaut la tension à l'instant du LÂCHER, avant tout mouvement ?
e) Calculez la vitesse de la bille lorsque le fil fait 30° avec la verticale. La période d'un pendule dépend-elle de la masse ? De l'amplitude ?
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Réponses
a)h=0,750 m ; Em=5,88 J
b)v≈3,83 m/s
c)T=15,7 N, deux fois le poids
d)T=mg(3−2cosθ0) ; 23,5 N à 90° ; 3,92 N au lâcher
e)v≈3,28 m/s ; période indépendante de la masse, et de l'amplitude aux petits angles seulement
a) La bille décrit un arc de cercle : quand le fil fait l'angle θ avec la verticale, la bille se trouve à Lcosθ sous le point d'attache, donc elle est remontée de h=L(1−cosθ) par rapport au point bas. Ici : h=1,50(1−cos60°)=1,50(1−0,500)=0,750 m. Énergie mécanique, en prenant le point bas comme référence : Em=mgh=(0,80)(9,8)(0,750)=5,88 J.
b) Au point le plus bas, toute l'énergie est cinétique : 21mv2=5,88 J, donc v=2gh=2(9,8)(0,750)=14,7≈3,83 m/s. La masse s'est simplifiée : une bille deux fois plus lourde passerait exactement aussi vite.
c) Au point le plus bas, deux forces s'exercent : la tension T vers le haut, donc vers le centre du cercle, et le poids vers le bas. La bille tourne, donc la résultante doit être centripète : T−mg=Lmv2. Ainsi T=mg+Lmv2=(0,80)(9,8)+1,50(0,80)(14,7)=7,84+7,84=15,7 N. Le fil supporte donc DEUX fois le poids de la bille au passage par le bas : dimensionner un fil sur le seul poids statique serait une erreur.
d) En combinant v2=2gL(1−cosθ0) avec T=mg+Lmv2 : T=mg+2mg(1−cosθ0)=mg(3−2cosθ0). Vérification à 60° : T=mg(3−1)=2mg=15,7 N, conforme au c). À 90° : cos90°=0, donc T=3mg=(3)(7,84)≈23,5 N, le triple du poids. À l'instant du LÂCHER, en revanche, la vitesse est nulle : il n'y a aucune force centripète à fournir, et le fil n'équilibre que la composante RADIALE du poids, soit T=mgcosθ0=(7,84)(0,500)=3,92 N, soit la moitié du poids. La tension varie donc d'un facteur quatre au cours d'une seule oscillation, de 3,92 N à 15,7 N.
e) À 30° : h′=1,50(1−cos30°)=1,50(1−0,866)=0,201 m. La bille a donc perdu 0,750−0,201=0,549 m de hauteur depuis le lâcher : v=2(9,8)(0,549)≈3,28 m/s. La période, elle, ne dépend PAS de la masse, pour la même raison qu'au b) : la force de rappel est le poids lui-même, et la masse se simplifie entre la cause et l'inertie. Elle ne dépend pas non plus de l'amplitude, MAIS seulement tant que celle-ci reste petite : la formule T=2πgL suppose sinθ≈θ, ce qui cesse d'être vrai aux grands angles. À 60° comme ici, la période réelle dépasse déjà la valeur théorique d'environ 7 %.
Exercice 4 : Descente à ski avec frottement
Une skieuse de 60 kg part sans vitesse et descend une pente rectiligne de 80 m de long, inclinée à 12°. Le coefficient de frottement entre les skis et la neige vaut μ=0,10.
a) Calculez le dénivelé vertical de la descente, puis l'énergie potentielle perdue.
b) Calculez la force de frottement (attention : la normale sur un plan incliné vaut mgcosθ), puis l'énergie dissipée sur les 80 m.
c) Déduisez l'énergie cinétique en bas de pente, puis la vitesse de la skieuse.
d) Quelle serait sa vitesse sans frottement ? Comparez.
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Réponses
a)h≈16,6 m ; Ep≈9780 J
b)Ff≈57,5 N ; Wf≈4601 J
c)Ek≈5179 J ; v≈13,1 m/s
d)v≈18,1 m/s sans frottement
a) h=Lsinθ=80×sin12∘≈16,6 m, donc Ep=mgh=60×9,8×16,63≈9780 J.
b) FN=mgcos12∘=588×0,978≈575 N, donc Ff=μFN≈57,5 N et Wf=57,5×80≈4601 J.
c) Ek=Ep−Wf=9780−4601≈5179 J, donc v=m2Ek=602×5179≈13,1 m/s (environ 47 km/h).
d) Sans frottement : v=2gh=2×9,8×16,63≈18,1 m/s. Le frottement retire presque la moitié de l'énergie et réduit la vitesse d'environ 5 m/s.
Exercice 5 : La puissance d'un athlète
Une personne de 70 kg monte quatre étages, soit 12,0 m de dénivelé, en 15 s. On prend g=9,8 m/s² et 1 kcal =4184 J. Les questions b) et c) portent sur une cycliste qui développe 250 W de façon soutenue, l'ensemble cycliste et vélo pesant 80 kg.
a) Calculez le travail effectué contre la pesanteur et la puissance développée. Comparez à une ampoule de 60 W.
b) La cycliste gravit une côte à 6,0 % (elle s'élève de 6,0 m tous les 100 m parcourus) à vitesse constante. En négligeant les autres résistances, calculez sa vitesse, en m/s puis en km/h.
c) Le rendement musculaire humain est d'environ 25 %. Calculez la puissance métabolique réellement consommée par la cycliste et la puissance dissipée en chaleur. Quelle conséquence pratique ?
d) Revenez à la montée d'escalier : convertissez le travail en kilocalories. Combien de fois faudrait-il monter les quatre étages pour dépenser les 250 kcal d'une barre de chocolat ?
e) Un humain entraîné soutient environ 200 W pendant une heure, mais peut dépasser 1000 W pendant quelques secondes. Expliquez ce que révèle cet écart et pourquoi la personne du a) ne pourrait pas monter des escaliers à ce rythme pendant une heure.
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Réponses
a)W=8232 J ; P≈549 W, plus de neuf ampoules
b)v≈5,3 m/s, environ 19 km/h
c)1,0×103 W consommés, 750 W de chaleur à évacuer
d)≈1,97 kcal ; environ 127 montées
e)Plusieurs filières énergétiques ; 549 W n'est pas soutenable une heure
a) W=mgh=(70)(9,8)(12,0)=8232 J. Puissance : P=ΔtW=158232≈549 W. C'est plus de NEUF fois la puissance d'une ampoule de 60 W, et cela pendant quinze secondes seulement. Un corps humain est une machine étonnamment puissante sur de courtes durées, ce que masque le fait qu'il ne peut pas le rester longtemps.
b) À vitesse constante, toute la puissance sert à gagner de l'altitude : P=mgvsinθ, avec sinθ≈0,060 pour une pente à 6 %. D'où v=mgsinθP=(80)(9,8)(0,060)250=47,0250≈5,3 m/s, soit environ 19 km/h. La formule dit tout : à puissance donnée, la vitesse en côte est inversement proportionnelle à la masse totale ET à la pente, ce qui explique l'obsession des cyclistes pour le poids de leur machine dès que la route s'élève.
c) Un rendement de 25 % signifie que seul un quart de l'énergie chimique consommée devient travail mécanique : Pmeˊtabolique=0,25250=1,0×103 W. La différence, 1000−250=750 W, est dissipée en CHALEUR. C'est trois fois plus que la puissance utile, et c'est considérable : un corps humain qui produit 750 W de chaleur en continu doit l'évacuer, essentiellement par l'évaporation de la sueur. D'où la déshydratation rapide, et d'où le fait qu'un effort soutenu devient beaucoup plus difficile par temps chaud et humide, quand l'évaporation ralentit.
d) 41848232≈1,97 kcal, soit à peine deux kilocalories pour quatre étages. Il faudrait donc les monter 1,97250≈127 fois pour brûler l'équivalent d'une barre de chocolat, sans même tenir compte du fait qu'une partie de cette dépense aurait eu lieu de toute façon. Le calcul est brutal mais instructif : l'énergie chimique des aliments est extraordinairement dense comparée au travail mécanique que le corps peut produire, et c'est arithmétiquement, et non par manque de volonté, que l'exercice seul fait maigrir si lentement.
e) L'écart entre 1000 W pendant quelques secondes et 200 W pendant une heure traduit l'existence de plusieurs filières énergétiques dans le muscle : les réserves immédiatement disponibles se vident en quelques secondes, tandis que la production soutenue dépend du rythme auquel l'oxygène peut être apporté et le carburant oxydé. La personne du a) développe 549 W, soit près du triple de ce qu'un humain entraîné soutient une heure durant : elle peut le faire quinze secondes, mais devrait ralentir de moitié au moins pour continuer. C'est exactement pourquoi on grimpe un escalier vite au début et beaucoup plus lentement au dixième étage, et pourquoi les épreuves sportives se classent d'abord par leur DURÉE.
Partie B : Niveau examen (/50)
Exercice 6 : Monter puis redescendre : l'asymétrie du frottement
Un bloc est lancé à 8,0 m/s vers le HAUT d'une pente inclinée à 25°. Le coefficient de frottement entre le bloc et la pente vaut μ=0,30. On prend g=9,8 m/s².
a) Pendant la montée, dans quel sens agit le frottement ? Calculez la décélération du bloc, puis la distance parcourue avant l'arrêt.
b) Le bloc va-t-il redescendre, ou rester bloqué en haut ? Justifiez par un critère.
c) Pendant la descente, calculez l'accélération, puis la vitesse de retour au point de départ.
d) Quelle fraction de l'énergie cinétique initiale le bloc a-t-il conservée ? Retrouvez ce résultat par un bilan d'énergie, sans passer par les accélérations.
e) Démontrez que cette fraction vaut sinθ+μcosθsinθ−μcosθ et discutez les deux cas limites : pente sans frottement, et pente juste à la limite du blocage.
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Réponses
a)Frottement vers le bas ; a≈6,81 m/s² ; d≈4,70 m
b)tan25°=0,466>0,30 : il redescend
c)a≈1,48 m/s² ; v≈3,73 m/s
d)Environ 22 % de l'énergie cinétique initiale
e)sinθ+μcosθsinθ−μcosθ : 1 sans frottement, 0 à la limite du blocage
a) Pendant la montée, le bloc se déplace vers le haut, donc le frottement s'oppose au mouvement et pointe vers le BAS de la pente : il s'ajoute à la composante du poids. Décélération : a=g(sinθ+μcosθ)=9,8(0,4226+(0,30)(0,9063))=9,8(0,6945)≈6,81 m/s². Distance : d=2avi2=2(6,806)64≈4,70 m.
b) Le bloc redescend si la composante du poids le long de la pente dépasse le frottement statique maximal, c'est-à-dire si tanθ>μ. Ici tan25°=0,466, nettement supérieur à 0,30 : le bloc REPART vers le bas. Si l'on avait eu, disons, μ=0,60, il serait resté collé là où il s'est arrêté, et toute l'énergie initiale aurait été convertie, pour partie en chaleur, pour partie en énergie potentielle définitivement acquise.
c) Pendant la descente, le mouvement change de sens, donc le frottement aussi : il pointe maintenant vers le HAUT et s'oppose au poids. a=g(sinθ−μcosθ)=9,8(0,4226−0,2719)=9,8(0,1507)≈1,48 m/s². Vitesse au retour : v=2ad=2(1,477)(4,702)≈3,73 m/s. Le bloc revient donc à son point de départ à moins de la moitié de sa vitesse initiale.
d) Ek,initialEk,retour=(8,03,727)2≈0,217 : il ne reste que 22 % de l'énergie, 78 % ayant été dissipés en chaleur. Par l'énergie directement : le bloc revient à la même hauteur, donc l'énergie potentielle n'a rien retenu au bilan; toute la perte vient du frottement, qui a travaillé sur la MÊME distance d à l'aller et au retour, soit 2μmgcosθd au total. On écrit 21mvf2=21mvi2−2μmgdcosθ, ce qui donne directement vf sans jamais calculer d'accélération.
e) De la montée, 21vi2=gd(sinθ+μcosθ); de la descente, 21vf2=gd(sinθ−μcosθ). En divisant : vi2vf2=sinθ+μcosθsinθ−μcosθ, c'est-à-dire exactement le rapport des énergies cinétiques, ici 0,69450,1507≈0,217, conforme au d). Sans frottement, μ=0 et le rapport vaut 1 : le bloc revient à sa vitesse initiale, comme le veut la conservation de l'énergie mécanique. À la limite du blocage, μ=tanθ, le numérateur s'annule et le rapport tombe à zéro : le bloc ne revient pas du tout, ce qui est bien le cas physique du b). Entre les deux, la formule interpole continûment, et l'on voit qu'elle ne dépend NI de la masse, NI de la vitesse initiale : c'est une propriété de la pente seule.
Exercice 7 : Problème : le treuil du remonte-pente
Un treuil tire un traîneau chargé de 300 kg le long d'une pente de 30°, à vitesse constante de 2,0 m/s. Le coefficient de frottement vaut μ=0,10.
a) Le traîneau monte à vitesse constante : que vaut la force résultante ? Écrivez le bilan des forces le long de la pente.
b) Calculez la force de traction du câble (composante du poids le long du plan + frottement).
c) Calculez la puissance développée par le treuil.
d) Sur une montée de 20 m le long de la pente, calculez le travail du treuil et l'énergie potentielle réellement gagnée. Quel pourcentage du travail sert à monter (le reste part en chaleur) ?
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Réponses
a)Résultante nulle : Ftreuil=mgsin30°+Ff
b)Ftreuil≈1725 N
c)P≈3449 W
d)W≈34490 J, Ep=29400 J : environ 85 % utile
a) Vitesse constante : accélération nulle, donc force résultante nulle. Le long de la pente : Ftreuil=mgsin30∘+Ff (la traction équilibre la composante du poids et le frottement).
b) mgsin30∘=300×9,8×0,5=1470 N ; Ff=μmgcos30∘=0,10×2940×0,866≈255 N. Donc Ftreuil≈1725 N.
c) P=Fv=1724,6×2,0≈3449 W, environ 3,4 kW.
d) W=FΔx=1724,6×20≈34490 J. Dénivelé : h=20sin30∘=10 m, donc Ep=mgh=300×9,8×10=29400 J. Fraction utile : 3449029400≈85 % ; le reste (environ 15 %) est dissipé par le frottement.
Exercice 8 : La montagne russe : où passe l'énergie perdue
Un wagon de 400 kg part du repos au sommet de la première colline, à 25,0 m au-dessus du bas de la piste. Il arrive en bas à 18,0 m/s, ce qui est moins que prévu. La portion de piste parcourue mesure 60,0 m. On prend g=9,8 m/s².
a) Calculez la vitesse qu'il aurait atteinte SANS frottement.
b) Calculez l'énergie mécanique perdue et la fraction de l'énergie initiale que cela représente.
c) Déduisez la force de frottement moyenne sur cette portion de piste.
d) Quelle hauteur maximale la deuxième colline peut-elle avoir pour que le wagon la franchisse, si l'on néglige le frottement sur la remontée ? Et si le frottement y était comparable à celui de la descente ?
e) Pourquoi la première colline d'une montagne russe est-elle toujours la plus haute, et pourquoi le train n'a-t-il besoin d'aucun moteur après le treuil initial ?
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Réponses
a)v≈22,1 m/s
b)3,32×104 J perdus, environ 34 %
c)Ff≈5,53×102 N
d)h2<16,5 m ; environ 11 m avec frottement
e)L'énergie ne fait que diminuer après le treuil : la première colline est la plus haute
a) Sans frottement, toute l'énergie potentielle devient cinétique : v=2gh=2(9,8)(25,0)=490≈22,1 m/s. C'est la vitesse maximale théoriquement possible au bas de cette colline, quelle que soit la forme du parcours, pourvu qu'il descende bien de 25 m.
b) Énergie initiale : Ep=mgh=(400)(9,8)(25,0)=9,80×104 J. Énergie cinétique réelle en bas : 21(400)(18,0)2=6,48×104 J. Perte : 9,80×104−6,48×104=3,32×104 J, soit une fraction de 9800033200≈0,339, environ 34 % de l'énergie de départ, convertie en chaleur dans les roues, les rails et l'air.
c) L'énergie dissipée par le frottement vaut Wf=Ffd le long de la piste : Ff=60,033200≈5,53×102 N. C'est une valeur moyenne, puisque la force réelle varie avec la vitesse et la courbure, mais elle suffit à dimensionner un parcours.
d) Sans frottement à la remontée, toute l'énergie cinétique disponible peut redevenir potentielle : h2=2gv2=19,6324≈16,5 m. La deuxième colline doit donc rester en dessous de 16,5 m, et il faut même prévoir une marge, car un wagon qui arrive au sommet avec une vitesse nulle s'y arrête. Si le frottement était comparable sur la remontée, il faudrait retrancher encore une fraction du même ordre, ce qui ramènerait la hauteur franchissable autour de 11 m.
e) Parce que l'énergie ne peut que DIMINUER une fois le treuil relâché. Chaque colline coûte de l'énergie potentielle qu'il faut avoir déjà en réserve, et chaque mètre de piste en prélève encore un peu en frottement : la hauteur accessible ne fait donc que décroître le long du parcours, et la première colline, celle où le treuil a déposé toute l'énergie du trajet, est nécessairement la plus haute. C'est aussi pourquoi aucun moteur n'est nécessaire ensuite : le treuil a versé d'un coup, sous forme d'énergie potentielle, la totalité de ce que le train dépensera pendant deux minutes. Une montagne russe est un pur exercice de conversion d'énergie, et sa conception consiste à en dépenser juste assez, jamais trop.
Exercice 9 : Problème : le boulet de démolition
Un boulet de démolition de 500 kg est suspendu à un câble de 12 m. Une grue l'écarte de 40° par rapport à la verticale, puis le lâche sans vitesse. Il frappe un mur à son point le plus bas.
a) Calculez la hauteur dont le boulet a été soulevé, puis son énergie potentielle par rapport au point le plus bas.
b) Calculez la vitesse du boulet au moment de l'impact.
c) L'ingénieure veut DOUBLER la vitesse d'impact. Montrez qu'il faut pour cela une hauteur quatre fois plus grande.
d) Calculez l'angle d'écartement nécessaire pour obtenir cette hauteur quadruplée. Que remarquez-vous sur la faisabilité ?
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Réponses
a)h≈2,81 m ; Ep≈13757 J
b)v≈7,4 m/s
c)h′=4h≈11,23 m
d)θ′≈86,3°, presque à l'horizontale
a) h=L(1−cosθ)=12×(1−cos40∘)=12×0,234≈2,81 m, donc Ep=mgh=500×9,8×2,807≈13757 J.
b) v=2gh=2×9,8×2,807≈7,4 m/s.
c) v=2gh donne h=2gv2 : la hauteur est proportionnelle au CARRÉ de la vitesse. Doubler v multiplie v2 par 4, donc il faut h′=4h≈11,23 m.
d) L(1−cosθ′)=11,23 exige cosθ′=1−1211,23≈0,064, donc θ′≈86,3∘ : il faudrait hisser le boulet presque à l'horizontale, à la hauteur du point d'attache. Doubler la vitesse d'impact demande une manœuvre extrême, alors que le premier écart de 40° était modeste : c'est l'effet du carré dans la relation énergie-vitesse.
Exercice 10 : Le saut à la perche : convertir la course en hauteur
Un perchiste de 75 kg court à 9,0 m/s au moment de planter sa perche. On prend g=9,8 m/s².
a) En supposant que toute l'énergie cinétique de la course se convertisse en énergie potentielle, calculez la hauteur dont son centre de masse peut s'élever.
b) Le centre de masse d'un athlète debout se situe vers 1,0 m du sol. Quelle hauteur de barre cela laisse-t-il espérer ?
c) Le record du monde dépasse 6,2 m. Calculez le travail supplémentaire que l'athlète doit fournir avec les bras et le tronc pour combler l'écart.
d) En saut en hauteur, la technique du rouleau dorsal permet à l'athlète de franchir une barre plus haute que son propre centre de masse. Comment est-ce possible sans violer la conservation de l'énergie ?
e) Pourquoi la perche moderne, en fibre de verre, permet-elle de sauter beaucoup plus haut qu'une perche rigide en bambou ? Répondez en termes de transferts d'énergie.
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Réponses
a)h≈4,13 m
b)Environ 5,1 m
c)W≈7,7×102 J
d)Le centre de masse passe sous la barre pendant que le corps passe au-dessus
e)La perche stocke l'énergie élastique et la restitue à la montée
a) 21mv2=mgh donne h=2gv2=19,681≈4,13 m. La masse s'est simplifiée : un perchiste léger et un perchiste lourd courant à la même vitesse peuvent en principe monter à la même hauteur, ce qui explique que la morphologie compte moins que la VITESSE d'élan.
b) Le centre de masse part de 1,0 m et monte de 4,13 m : il culmine donc vers 5,1 m. C'est déjà remarquable, et cela suffirait à franchir une barre placée à cette hauteur.
c) Il manque 6,2−5,1≈1,1 m. Le travail supplémentaire vaut W=mgΔh=(75)(9,8)(1,05)≈7,7×102 J. L'athlète le fournit en poussant sur la perche avec les bras et en se renversant, exactement au moment où la perche se détend : ce n'est pas de l'énergie récupérée, c'est un travail musculaire supplémentaire, produit dans une position très défavorable, et c'est là que se joue la différence entre un bon perchiste et un recordman.
d) L'énergie fixe la hauteur du CENTRE DE MASSE, pas celle du corps. Dans le rouleau dorsal, l'athlète franchit la barre plié en arc, les jambes et la tête sous le niveau de la barre à l'instant où le bassin la survole. Son centre de masse, qui se trouve alors approximativement dans le creux de cet arc, peut ainsi passer EN DESSOUS de la barre pendant que chaque partie du corps, tour à tour, passe au-dessus. Aucune loi n'est violée : on a simplement réarrangé le corps autour d'un centre de masse dont la trajectoire, elle, reste une parabole ordinaire.
e) Une perche rigide ne stocke rien : au moment du planter, une grande partie de l'énergie cinétique horizontale est perdue en choc, et seule la composante compatible avec la rotation autour du point d'appui est utilisée. Une perche en fibre de verre se DÉFORME : elle emmagasine l'énergie de la course sous forme d'énergie potentielle élastique, exactement comme un ressort, puis la restitue en se détendant au moment où l'athlète est déjà en train de monter. La conversion course vers hauteur devient beaucoup plus efficace, et l'athlète dispose en outre du temps de la détente pour ajouter son propre travail musculaire. Le gain a été spectaculaire : les records sont passés d'environ 4,8 m avec le bambou à plus de 6 m avec la fibre, sans que les athlètes courent notablement plus vite.
Contactez-moi pour une première séance. On travaille l'énergie et sa géométrie, pendules et plans inclinés compris, au niveau réel des évaluations de secondaire 5.