Algèbre linéaire 201-NYC / Maths 105 • Complément québécois de Première et cégep à Montréal
Exercices corrigés : la droite et le plan dans l'espace (201-NYC / Maths 105)
Voici la série d'exercices corrigés d'algèbre linéaire et géométrie vectorielle (cours 201-NYC, aussi appelé Maths 105 selon le programme visé) sur la droite et le plan dans l'espace. C'est le chapitre qui réunit tout le reste du cours : on y détermine des équations à partir de points et de vecteurs directeurs, on classe les positions relatives, on calcule des intersections, des distances et des angles. La partie A couvre les bases : équations d'une droite, équation cartésienne d'un plan par son vecteur normal, intersection de deux plans et angle entre eux, intersection droite-plan et distances. La partie B monte au niveau examen : deux droites gauches dont on calcule la distance par le produit mixte, un problème de trajectoires où l'on distingue le croisement des chemins de la collision réelle, les projetés orthogonaux et symétriques d'un point par rapport à un plan et à une droite, le plan défini par une droite et un point extérieur avec la notion de faisceau, et les plans bissecteurs de deux plans.
Cette série s'adresse aux étudiants de cégep en Sciences de la nature comme aux élèves de Première du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas qui suivent le complément québécois de mathématiques. Elle suppose maîtrisés le produit scalaire, le produit vectoriel et le produit mixte : le vecteur normal d'un plan est un produit vectoriel, un angle vient d'un produit scalaire, et la distance entre deux droites gauches est un produit mixte. Si ces trois outils ne sont pas solides, reprenez d'abord la série sur les vecteurs dans l'espace.
Le réflexe à garder tout du long : dans l'espace, une droite se décrit par un point et un vecteur directeur, un plan par un point et un vecteur normal. Avant tout calcul, identifiez ces ingrédients ; la quasi-totalité des questions se ramène ensuite à un produit scalaire, vectoriel ou mixte bien choisi.
Série autocorrigéeTape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.
•Droite passant par A(x0;y0;z0) de vecteur directeur u=(a;b;c) : équation vectorielle (x;y;z)=(x0;y0;z0)+tu ; équations paramétriques x=x0+at,y=y0+bt,z=z0+ct ; équations symétriques ax−x0=by−y0=cz−z0.
•Plan passant par A(x0;y0;z0) de vecteur normal n=(a;b;c) : a(x−x0)+b(y−y0)+c(z−z0)=0, que l'on écrit ax+by+cz+d=0. Un vecteur normal s'obtient par le produit vectoriel de deux vecteurs directeurs du plan.
•Positions relatives d'une droite u et d'un plan de normale n : si u⋅n=0, la droite perce le plan en un point ; si u⋅n=0, la droite est parallèle au plan (incluse s'il existe un point commun, strictement parallèle sinon).
•Deux droites de l'espace sont : confondues ou parallèles si leurs vecteurs directeurs sont colinéaires ; sécantes si elles se coupent en un point ; gauches si elles ne sont ni parallèles ni sécantes. Elles sont coplanaires si et seulement si AC⋅(u×v)=0, où A et C sont un point de chacune.
•Distance d'un point S à un plan ax+by+cz+d=0 : dist=a2+b2+c2∣axS+byS+czS+d∣.
•Distance d'un point S à une droite passant par A de vecteur directeur u : dist=∥u∥∥AS×u∥.
•Distance entre deux droites gauches (point A, direction u ; point C, direction v) : dist=∥u×v∥∣AC⋅(u×v)∣. Angle entre deux plans (ou deux droites) : cosθ=∥n1∥∥n2∥∣n1⋅n2∣ ; angle droite-plan : sinθ=∥u∥∥n∥∣u⋅n∣.
Partie A : Équations, intersections et distances (/50)
Exercice 1 : Les équations d'une droite dans l'espace
On considère les points A(1;2;−1) et B(3;5;1) de l'espace.
a) Déterminez un vecteur directeur u de la droite d passant par A et B.
b) Écrivez l'équation vectorielle, les équations paramétriques et les équations symétriques de d.
c) Le point P(5;8;3) appartient-il à d ? Et le point Q(0;0;0) ?
c) Pour P(5;8;3) : la première équation donne 5=1+2t, soit t=2 ; on vérifie y=2+3(2)=8 et z=−1+2(2)=3. Les trois coordonnées concordent pour un même t, donc P∈d. Pour Q(0;0;0) : 0=1+2t donne t=−21, mais alors y=2+3(−21)=21=0. Les coordonnées ne concordent pas, donc Q∈/d.
Exercice 2 : L'équation cartésienne d'un plan
On considère les points P(1;0;2), Q(3;1;1) et R(2;2;3), supposés non alignés.
a) Déterminez deux vecteurs directeurs du plan π passant par P, Q et R.
b) Déterminez un vecteur normal n à π, puis une équation cartésienne de π.
c) Vérifiez que Q et R satisfont votre équation. Le point S(0;0;0) appartient-il à π ?
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Réponses
a)PQ=(2;1;−1), PR=(1;2;1)
b)x−y+z−3=0
c)Q et R vérifient ; S∈/π
a) PQ=(2;1;−1) et PR=(1;2;1) sont deux vecteurs directeurs du plan.
b) Un vecteur normal est n=PQ×PR=((1)(1)−(−1)(2);(−1)(1)−(2)(1);(2)(2)−(1)(1))=(3;−3;3). On peut simplifier en n=(1;−1;1). Le plan passe par P(1;0;2) : 1(x−1)−1(y−0)+1(z−2)=0, soit x−y+z−3=0.
c) Pour Q(3;1;1) : 3−1+1−3=0 ; pour R(2;2;3) : 2−2+3−3=0. Les deux points satisfont l'équation. Pour S(0;0;0) : 0−0+0−3=−3=0, donc S∈/π.
Exercice 3 : Positions relatives et intersection droite-plan
On reprend la droite d de vecteur directeur u=(2;3;2) passant par A(1;2;−1), et le plan π:x−y+z−3=0 de vecteur normal n=(1;−1;1).
a) Montrez que d n'est pas parallèle à π, puis déterminez leur point d'intersection.
b) On considère la droite d2 d'équations (x;y;z)=(0;1;0)+s(1;2;1). Montrez que d2 est parallèle à π, puis dites si elle est incluse dans π ou strictement parallèle.
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Réponses
a)t=5 : point (11;17;9)
b)v⋅n=0 : strictement parallèle
a) u⋅n=(2)(1)+(3)(−1)+(2)(1)=2−3+2=1=0, donc d perce le plan en un point. On remplace les équations paramétriques de d dans celle de π : (1+2t)−(2+3t)+(−1+2t)−3=0, soit −5+t=0, d'où t=5. Le point d'intersection est (1+10;2+15;−1+10)=(11;17;9). Vérification : 11−17+9−3=0.
b) Le vecteur directeur de d2 est v=(1;2;1) et v⋅n=(1)(1)+(2)(−1)+(1)(1)=1−2+1=0 : d2 est donc parallèle à π. Reste à tester un point de d2, par exemple (0;1;0) : 0−1+0−3=−4=0, donc ce point n'est pas dans π. La droite d2 est strictement parallèle à π : elles n'ont aucun point commun.
Exercice 4 : Distances dans l'espace
On garde le plan π:x−y+z−3=0 et la droite d passant par A(1;2;−1) de vecteur directeur u=(2;3;2). On considère le point S(4;1;5).
a) Calculez la distance du point S au plan π.
b) Calculez la distance du point S à la droite d.
c) On considère le plan π2:x−y+z+1=0. Montrez que π et π2 sont parallèles, puis calculez la distance qui les sépare.
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Réponses
a)353≈2,89
b)17557≈5,72
c)343≈2,31
a) dist(S,π)=12+(−1)2+12∣4−1+5−3∣=3∣5∣=35=353≈2,89.
b) AS=(4−1;1−2;5−(−1))=(3;−1;6). On calcule AS×u=((−1)(2)−(6)(3);(6)(2)−(3)(2);(3)(3)−(−1)(2))=(−20;6;11), de norme (−20)2+62+112=400+36+121=557. Comme ∥u∥=4+9+4=17, on obtient dist(S,d)=17557=17557≈5,72.
c) Les deux plans ont le même vecteur normal n=(1;−1;1), donc ils sont parallèles. En écrivant π:x−y+z=3 et π2:x−y+z=−1, la distance entre eux vaut 3∣3−(−1)∣=34=343≈2,31.
Exercice 5 : Intersection de deux plans et angle entre eux
On considère les plans π1:x+y+z−1=0 de vecteur normal n1=(1;1;1) et π2:2x−y+z−2=0 de vecteur normal n2=(2;−1;1).
a) Montrez que π1 et π2 ne sont pas parallèles.
b) Déterminez un vecteur directeur de leur droite d'intersection Δ.
c) Déterminez un point de Δ, puis écrivez une équation vectorielle de Δ.
d) Calculez l'angle aigu entre les deux plans, au centième de degré près.
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Réponses
a)Normales non colinéaires
b)(2;1;−3)
c)(1;0;0)+t(2;1;−3)
d)61,87∘
a) Deux plans sont parallèles si et seulement si leurs vecteurs normaux sont colinéaires. Or n1=(1;1;1) et n2=(2;−1;1) ne le sont pas, puisque 12=1−1. Les plans ne sont donc pas parallèles : ils se coupent selon une droite.
b) La droite d'intersection est contenue dans les deux plans, donc son vecteur directeur est perpendiculaire aux deux normales à la fois. On le prend égal à leur produit vectoriel : d=n1×n2=((1)(1)−(1)(−1);(1)(2)−(1)(1);(1)(−1)−(1)(2))=(2;1;−3).
c) On cherche un point commun aux deux plans en fixant une coordonnée, par exemple z=0. Le système devient {x+y=12x−y=2. En additionnant : 3x=3, donc x=1 et y=0. Le point I(1;0;0) appartient bien aux deux plans : 1+0+0−1=0 et 2−0+0−2=0. Une équation vectorielle de Δ est donc (x;y;z)=(1;0;0)+t(2;1;−3).
d) L'angle entre deux plans est celui de leurs normales, ramené à l'angle aigu par la valeur absolue : cosθ=∥n1∥∥n2∥∣n1⋅n2∣. Ici n1⋅n2=(1)(2)+(1)(−1)+(1)(1)=2, ∥n1∥=3 et ∥n2∥=6, donc cosθ=182=322=32≈0,4714, d'où θ≈61,87∘. La valeur absolue est ce qui garantit un angle aigu : sans elle, un produit scalaire négatif donnerait l'angle obtus supplémentaire.
Partie B : Niveau examen (/50)
Exercice 6 : Deux droites gauches et leur distance
On considère la droite d1 passant par A(1;0;0) de vecteur directeur u=(1;2;1), et la droite d2 passant par C(0;1;2) de vecteur directeur v=(2;−1;1).
a) Calculez u×v et déduisez-en que d1 et d2 ne sont pas parallèles.
b) En calculant le produit mixte AC⋅(u×v), montrez que d1 et d2 ne sont pas coplanaires. Concluez qu'elles sont gauches.
c) Justifiez que la distance entre deux droites gauches est dist=∥u×v∥∣AC⋅(u×v)∣, puis calculez-la.
d) On remplace le vecteur directeur de d2 par vm=(2;−1;m). Déterminez la valeur de m pour laquelle d1 et d2 deviennent coplanaires.
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Réponses
a)(3;1;−5) : non parallèles
b)−12 : gauches
c)3512≈2,03
d)m=−3
a) u×v=((2)(1)−(1)(−1);(1)(2)−(1)(1);(1)(−1)−(2)(2))=(3;1;−5). Ce vecteur n'est pas nul, donc u et v ne sont pas colinéaires : les droites ne sont pas parallèles.
b) AC=(0−1;1−0;2−0)=(−1;1;2). Le produit mixte vaut AC⋅(u×v)=(−1)(3)+(1)(1)+(2)(−5)=−3+1−10=−12=0. Les trois vecteurs ne sont pas coplanaires, donc les droites ne se rencontrent pas. N'étant ni parallèles ni sécantes, d1 et d2 sont gauches.
c) Le vecteur u×v est perpendiculaire à la fois à u et à v : c'est la direction de la perpendiculaire commune aux deux droites. La distance cherchée est la longueur de la projection du vecteur AC (qui relie un point de chaque droite) sur cette direction commune, soit ∥u×v∥∣AC⋅(u×v)∣. Numériquement : ∥u×v∥=32+12+(−5)2=35, donc dist=35∣−12∣=3512=351235≈2,03.
d) Avec vm=(2;−1;m) : u×vm=((2)(m)−(1)(−1);(1)(2)−(1)(m);(1)(−1)−(2)(2))=(2m+1;2−m;−5). Le produit mixte devient AC⋅(u×vm)=(−1)(2m+1)+(1)(2−m)+(2)(−5)=−2m−1+2−m−10=−3m−9. Les droites sont coplanaires lorsque ce produit mixte s'annule : −3m−9=0, donc m=−3.
Exercice 7 : Problème : trajectoires de deux drones
Deux drones se déplacent en ligne droite dans un espace muni d'un repère orthonormé gradué en kilomètres. Le temps t est mesuré en minutes à partir d'un même instant initial. La position du drone 1 est r1(t)=(1;2;0)+t(2;1;1) et celle du drone 2 est r2(t)=(4;6;−1)+t(1;−2;3).
a) Les deux trajectoires, considérées comme des droites, se croisent-elles ? Si oui, en quel point de l'espace ?
b) Y a-t-il collision, c'est-à-dire les deux drones passent-ils au même endroit au même instant ? Justifiez.
c) Déterminez l'angle aigu entre les deux trajectoires, au dixième de degré près.
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Réponses
a)Oui : (5;4;2)
b)Pas de collision : instants 2 et 1
c)70,9∘
a) On cherche des paramètres t (drone 1) et s (drone 2) donnant le même point : ⎩⎨⎧1+2t=4+s2+t=6−2st=−1+3s. La troisième équation donne t=3s−1 ; en la portant dans la première : 1+2(3s−1)=4+s, soit 6s−1=4+s, d'où s=1 et t=2. On vérifie la deuxième : 2+2=4 et 6−2(1)=4. Le système est compatible : les trajectoires se croisent. Le point commun est r1(2)=(1+4;2+2;0+2)=(5;4;2), et l'on retrouve bien r2(1)=(4+1;6−2;−1+3)=(5;4;2).
b) Le drone 1 atteint le point (5;4;2) à l'instant t=2 min, alors que le drone 2 y passe à l'instant s=1 min. Les instants sont différents, donc il n'y a PAS collision : les chemins se croisent dans l'espace, mais les drones n'y sont jamais en même temps. C'est la distinction essentielle du problème : deux trajectoires peuvent se couper sans qu'il y ait rencontre.
c) Les vecteurs directeurs sont u1=(2;1;1) et u2=(1;−2;3). On a u1⋅u2=(2)(1)+(1)(−2)+(1)(3)=3, ∥u1∥=6 et ∥u2∥=14. Donc cosθ=614∣3∣=843≈0,3273, d'où θ≈70,9∘.
Exercice 8 : Projeté orthogonal et symétrique d'un point : sur un plan et sur une droite
On travaille dans un repère orthonormé de l'espace. On considère le plan π:x−y+z−3=0 de vecteur normal n=(1;−1;1) et le point M(3;1;4).
On considère aussi la droite ℓ passant par A(0;1;0) de vecteur directeur u=(2;−1;2), et le point P(1;0;3).
a) Déterminez le projeté orthogonal H de M sur le plan π, ainsi que la distance de M à π.
b) Déterminez le symétrique M′ de M par rapport au plan π, et vérifiez que H est le milieu de [MM′].
c) Déterminez le projeté orthogonal F de P sur la droite ℓ, ainsi que la distance de P à ℓ.
d) Déterminez le symétrique P′ de P par rapport à la droite ℓ.
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Réponses
a)H(2;2;3), distance 3
b)M′(1;3;2)
c)F(2;0;2), distance 2
d)P′(3;0;1)
a) Le projeté orthogonal de M sur π s'obtient en descendant de M le long de la normale : H=M−a2+b2+c2axM+byM+czM+dn. Ici axM+byM+czM+d=3−1+4−3=3 et a2+b2+c2=3, donc le coefficient vaut 33=1 et H=M−1⋅n=(3;1;4)−(1;−1;1)=(2;2;3). On vérifie que H∈π : 2−2+3−3=0. La distance de M à π est 3∣3∣=3≈1,73, c'est aussi la longueur ∥MH∥.
b) Le symétrique s'obtient en descendant deux fois plus loin le long de la normale : M′=M−2⋅1⋅n=(3;1;4)−(2;−2;2)=(1;3;2). Le milieu de [MM′] est (23+1;21+3;24+2)=(2;2;3)=H, ce qui confirme le calcul : le projeté est toujours le milieu du point et de son symétrique.
c) Le projeté orthogonal de P sur ℓ est le pied de la perpendiculaire : F=A+tu avec t=∥u∥2AP⋅u. On a AP=(1−0;0−1;3−0)=(1;−1;3), donc AP⋅u=(1)(2)+(−1)(−1)+(3)(2)=2+1+6=9 et ∥u∥2=4+1+4=9, d'où t=1. Ainsi F=(0;1;0)+1⋅(2;−1;2)=(2;0;2). On vérifie l'orthogonalité : PF=(1;0;−1) et PF⋅u=(1)(2)+(0)(−1)+(−1)(2)=0. La distance de P à ℓ est ∥PF∥=1+0+1=2≈1,41.
d) Comme pour le plan, le pied F est le milieu de [PP′], donc P′=2F−P=(4;0;4)−(1;0;3)=(3;0;1). Vérification : le milieu de P(1;0;3) et P′(3;0;1) est (2;0;2)=F. Le même principe gouverne la symétrie par rapport à un plan et par rapport à une droite : trouver le pied de la perpendiculaire, puis prolonger d'autant de l'autre côté.
Exercice 9 : Problème : le plan défini par une droite et un point, et le faisceau de plans
On considère la droite ℓ passant par A(1;0;2) de vecteur directeur u=(2;1;−1), et le point M(0;3;1).
a) Montrez que M n'appartient pas à ℓ.
b) Déterminez un vecteur normal, puis une équation cartésienne du plan π contenant à la fois la droite ℓ et le point M.
c) Vérifiez que u est bien parallèle à π, et calculez la distance du point S(4;2;0) à π.
d) Expliquez pourquoi il existe une infinité de plans contenant la droite ℓ, mais un seul qui contienne en plus le point M. Quel rôle joue ici l'hypothèse « M n'est pas sur ℓ » ?
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Réponses
a)Aucun t ne convient
b)2x+3y+7z−16=0
c)u⋅n=0 ; distance 622≈0,25
d)Faisceau d'arête ℓ ; un seul plan par M
a) Si M était sur ℓ, il existerait t tel que M=A+tu. La première coordonnée impose 0=1+2t, soit t=−21. Mais alors la deuxième coordonnée vaudrait 0+(−21)(1)=−21=3. Aucune valeur de t ne convient, donc M∈/ℓ.
b) Le plan cherché contient la direction u de la droite et le vecteur AM=(0−1;3−0;1−2)=(−1;3;−1), qui relie un point de la droite au point M. Un vecteur normal est leur produit vectoriel : n=u×AM=((1)(−1)−(−1)(3);(−1)(−1)−(2)(−1);(2)(3)−(1)(−1))=(2;3;7). Le plan passe par A(1;0;2) : 2(x−1)+3(y−0)+7(z−2)=0, soit 2x+3y+7z−16=0. On vérifie sur M : 2(0)+3(3)+7(1)−16=9+7−16=0.
c) u est parallèle à π si et seulement s'il est orthogonal à la normale : u⋅n=(2)(2)+(1)(3)+(−1)(7)=4+3−7=0. C'est bien le cas, ce qui confirme que la droite entière est dans le plan (elle y a un point, A, et une direction parallèle). Pour la distance de S(4;2;0) : 22+32+72∣2(4)+3(2)+7(0)−16∣=62∣8+6−16∣=622≈0,25.
d) Tous les plans contenant ℓ partagent la contrainte de contenir sa direction u et un de ses points : en pivotant autour de la droite, on en obtient une infinité, c'est le faisceau de plans d'arête ℓ. Pour en fixer un seul, il faut une contrainte supplémentaire, et un point hors de la droite en est une : par M∈/ℓ, il passe exactement un plan du faisceau. L'hypothèse « M n'est pas sur ℓ » est essentielle : si M était sur la droite, il n'ajouterait aucune information et les plans du faisceau le contiendraient tous, sans en distinguer aucun. Le produit vectoriel u×AM serait d'ailleurs nul, incapable de fournir une normale.
Exercice 10 : Problème : plans bissecteurs et ensemble des points équidistants de deux plans
On considère les deux plans π1:2x−y+2z=0 et π2:x+2y−2z=0. On remarquera d'abord que leurs vecteurs normaux ont la même norme, ce qui simplifie toute la suite.
a) Vérifiez que ∥n1∥=∥n2∥, puis calculez la distance du point Q(3;1;0) à chacun des deux plans. Que constatez-vous ?
b) Déterminez l'ensemble des points de l'espace équidistants de π1 et de π2. Montrez qu'il est formé de deux plans, dont vous donnerez les équations.
c) Démontrez que ces deux plans bissecteurs sont perpendiculaires entre eux.
d) Sur lequel des deux plans bissecteurs se trouve le point Q de la question a) ? Interprétez géométriquement.
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Réponses
a)Normes 3 ; 35 et 35
b)x−3y+4z=0 et 3x+y=0
c)Normales orthogonales
d)Q sur x−3y+4z=0
a) n1=(2;−1;2) et n2=(1;2;−2) ont pour normes ∥n1∥=4+1+4=3 et ∥n2∥=1+4+4=3 : elles sont égales. Pour Q(3;1;0) : dist(Q,π1)=3∣2(3)−1+0∣=35 et dist(Q,π2)=3∣3+2(1)−0∣=35. Le point Q est équidistant des deux plans.
b) Un point (x;y;z) est équidistant des deux plans lorsque 3∣2x−y+2z∣=3∣x+2y−2z∣, c'est-à-dire ∣2x−y+2z∣=∣x+2y−2z∣. Comme les dénominateurs sont égaux, ils disparaissent, et l'égalité de deux valeurs absolues donne deux cas. Cas + : 2x−y+2z=x+2y−2z, soit x−3y+4z=0. Cas − : 2x−y+2z=−(x+2y−2z), soit 3x+y=0. L'ensemble équidistant est donc la réunion des deux plans x−3y+4z=0 et 3x+y=0, appelés plans bissecteurs des deux plans de départ.
c) Le premier bissecteur a pour normale a=(1;−3;4) et le second b=(3;1;0). Leur produit scalaire vaut a⋅b=(1)(3)+(−3)(1)+(4)(0)=3−3+0=0. Les normales sont orthogonales, donc les deux plans bissecteurs sont perpendiculaires. C'est un fait général : les deux bissecteurs de deux plans sécants sont toujours perpendiculaires entre eux, exactement comme les deux bissectrices de deux droites sécantes dans le plan.
d) On teste Q(3;1;0) dans les deux équations. Premier bissecteur : 3−3(1)+4(0)=0, satisfait. Second bissecteur : 3(3)+1=10=0, non satisfait. Le point Q appartient donc au plan bissecteur x−3y+4z=0. Interprétation : ce plan est le lieu des points intérieurs à l'un des deux dièdres formés par π1 et π2, à égale distance des deux faces ; l'autre bissecteur joue le même rôle pour le dièdre complémentaire.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : L'angle entre une droite et un plan
On considère la droite d passant par l'origine O et de vecteur directeur u=(1;2;2), et le plan π:2x−y+2z=9 de vecteur normal n=(2;−1;2).
a) Calculez l'angle entre u et n, au dixième de degré.
b) Déduisez-en l'angle entre la droite d et le plan π.
c) Déterminez le point d'intersection de d et de π.
d) Déterminez un vecteur directeur de la projection orthogonale de d sur π, à coordonnées entières.
e) Pour quelle valeur de k la droite de direction (1;2;k) est-elle parallèle à π ?
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Réponses
a)63,6∘
b)26,4∘
c)(49;29;29)
d)(1;22;10)
e)k=0
a) u⋅n=2−2+4=4, ∥u∥=∥n∥=3, donc cosθ=94 et θ≈63,6∘.
b) L'angle entre une droite et un plan est l'angle entre la droite et sa projection sur le plan : c'est le COMPLÉMENT de l'angle avec la normale. φ=90∘−63,6∘≈26,4∘, ou directement sinφ=∥u∥∥n∥∣u⋅n∣=94. Répondre 63,6∘ est l'erreur classique : c'est l'angle avec la normale.
c) Le point (t;2t;2t) vérifie 2t−2t+4t=9, donc t=49 : le point d'intersection est (49;29;29)=(2,25;4,5;4,5).
d) On retire à u sa composante selon la normale : u−∥n∥2u⋅nn=(1;2;2)−94(2;−1;2)=(91;922;910), colinéaire à (1;22;10). Contrôle : (1;22;10)⋅n=2−22+20=0, la direction est bien dans le plan.
e) Parallèle au plan signifie orthogonale à la normale : 2−2+2k=0, donc k=0.
Le fil : entre une droite et un plan, on calcule avec la normale puis on prend le complément ; le sinus remplace le cosinus.
Exercice 12 : Trois plans : un point, une droite ou rien
On considère les plans π1:x+y+z=6 et π2:x−y+2z=5, ainsi que trois plans possibles pour compléter le système : π3:x+2y−z=2, π3′:2x+3z=11 et π3′′:2x+3z=12.
a) Montrez que π1, π2 et π3 ont un unique point commun, et déterminez-le.
b) Calculez le déterminant des normales de π1, π2 et π3′. Montrez que ces trois plans ont une droite commune, dont vous donnerez un vecteur directeur.
c) Déterminez le point de cette droite commune situé dans le plan z=0.
d) Les plans π1, π2 et π3′′ ont-ils un point commun ? Décrivez leur configuration.
e) Pour quelles valeurs de k les plans π1, π2 et 2x+3z=k ont-ils une infinité de points communs ?
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Réponses
a)Point (1;2;3)
b)Déterminant nul ; droite de direction (3;−1;−2)
c)(5,5;0,5;0)
d)Aucun point : prisme
e)k=11
a) 1111−1212−1=1(1−4)−1(−1−2)+1(2+1)=3=0 : les normales ne sont pas coplanaires, le système a une solution unique. En ajoutant π1 et π3 : 2x+3y=8 ; en retranchant π2 de π1 : 2y−z=1, donc z=2y−1, et π1 donne x=7−3y. Alors 14−6y+3y=8, soit y=2, x=1, z=3. Le point commun est (1;2;3) ; contrôle dans π2 : 1−2+6=5.
b) 1121−10123=1(−3)−1(3−4)+1(0+2)=0. En effet π1+π2 donne exactement 2x+3z=11 : tout point commun à π1 et π2 est sur π3′. Les trois plans contiennent donc la droite π1∩π2, de vecteur directeur n1×n2=(1⋅2−1⋅(−1);1⋅1−1⋅2;1⋅(−1)−1⋅1)=(3;−1;−2).
c) Avec z=0 : x+y=6 et x−y=5, donc x=5,5 et y=0,5. Le point est (5,5;0,5;0), et il vérifie bien 2(5,5)+0=11.
d) Non : un point commun à π1 et π2 vérifie 2x+3z=11, donc jamais 2x+3z=12. Aucun point commun. Les normales étant les mêmes qu'en b), les plans se coupent deux à deux selon trois droites parallèles de direction (3;−1;−2) : la configuration est un PRISME.
e) Il faut que l'équation soit conséquence des deux autres, donc k=11 : c'est la seule valeur, le cas de b). Pour toute autre valeur de k, on est dans le cas du prisme, puisque le déterminant est nul quel que soit k.
Le fil : un déterminant non nul donne un point ; nul, il reste à savoir si la troisième équation est une conséquence des deux autres, droite commune, ou les contredit, prisme.
Exercice 13 : La perpendiculaire commune de deux droites gauches
On considère la droite d1 de représentation (t;t;0) et la droite d2 de représentation (1;s;2+s), pour t et s réels. On note u=(1;1;0) et v=(0;1;1) leurs vecteurs directeurs.
a) Montrez que d1 et d2 sont gauches.
b) On cherche le point P de d1 et le point Q de d2 tels que PQ soit orthogonal à u et à v. Écrivez les deux conditions et déterminez t et s.
c) Donnez les coordonnées de P et de Q.
d) Calculez PQ, au millième, et vérifiez le résultat par la formule du produit mixte.
e) Montrez que PQ est colinéaire à u×v. Pourquoi est-ce attendu ?
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Réponses
a)Produit mixte 3 : gauches
b)t=0, s=−1
c)P(0;0;0), Q(1;−1;1)
d)PQ=3≈1,732
e)PQ=u×v
a) u et v ne sont pas colinéaires, donc les droites ne sont pas parallèles. Avec A=(0;0;0) sur d1 et C=(1;0;2) sur d2 : u×v=(1⋅1−0⋅1;0⋅0−1⋅1;1⋅1−1⋅0)=(1;−1;1) et AC⋅(u×v)=1+0+2=3=0 : elles ne sont pas coplanaires, donc gauches.
b) PQ=(1−t;s−t;2+s). PQ⋅u=1−t+s−t=1+s−2t=0 et PQ⋅v=s−t+2+s=2s−t+2=0. La seconde donne t=2s+2, et la première 1+s−4s−4=0, soit s=−1 puis t=0.
c) P=(0;0;0) et Q=(1;−1;1).
d) PQ=(1;−1;1) et PQ=3≈1,732. Par le produit mixte : ∥u×v∥∣AC⋅(u×v)∣=33=3. Les deux calculs concordent.
e) PQ=(1;−1;1)=u×v. C'est attendu : PQ est orthogonal aux deux directions, et dans l'espace, les vecteurs orthogonaux à deux vecteurs non colinéaires forment une droite vectorielle, celle de leur produit vectoriel. La perpendiculaire commune est la seule droite qui coupe les deux droites à angle droit, et PQ est la plus courte distance entre elles.
Le fil : la distance entre deux droites gauches se calcule par le produit mixte ; la perpendiculaire commune s'obtient en imposant deux orthogonalités.
Exercice 14 : Problème : la réflexion d'un rayon sur un miroir plan
Un miroir occupe le plan π:x+y+z=3, de vecteur normal n=(1;1;1). Un rayon lumineux part de la source S(0;0;6) dans la direction d=(1;2;−5).
À la réflexion, la composante du rayon selon la normale change de signe et la composante parallèle au miroir est conservée : r=d−2∥n∥2d⋅nn.
a) Déterminez le point I où le rayon frappe le miroir.
b) Calculez la direction r du rayon réfléchi, puis donnez-la à coordonnées entières.
c) Vérifiez que le rayon incident et le rayon réfléchi font le même angle avec la normale.
d) Déterminez le symétrique S′ de la source par rapport au plan du miroir.
e) Montrez que S′, I et la direction réfléchie sont alignés, et interprétez.
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Réponses
a)I(1,5;3;−1,5)
b)(7;10;−11)
c)Même angle, environ 77,8∘
d)S′(−2;−2;4)
e)S′I colinéaire au rayon réfléchi
a) Le point (t;2t;6−5t) vérifie t+2t+6−5t=3, soit −2t=−3 et t=1,5 : I=(1,5;3;−1,5).
b) d⋅n=1+2−5=−2 et ∥n∥2=3, donc r=(1;2;−5)+34(1;1;1)=(37;310;−311), colinéaire à (7;10;−11).
c) Incident : ∥d∥∥n∥∣d⋅n∣=3032≈0,211. Réfléchi, avec (7;10;−11) : 2703∣7+10−11∣=8106≈0,211. Mêmes cosinus, donc même angle avec la normale, environ 77,8∘ : c'est la loi de la réflexion. Le rayon incident arrive vers le miroir, d⋅n<0, et le rayon réfléchi en repart, r⋅n>0.
d) S donne 0+0+6−3=3, donc S′=S−2⋅33n=(0;0;6)−(2;2;2)=(−2;−2;4).
e) S′I=(3,5;5;−5,5)=21(7;10;−11) : le rayon réfléchi est porté par la droite (S′I). Tout se passe comme si la lumière venait en ligne droite de l'image S′ de la source derrière le miroir : c'est pour cela qu'on voit l'objet « dans » le miroir, à la même distance derrière que devant.
Le fil : réfléchir un vecteur sur un plan, c'est inverser sa composante normale ; réfléchir un point, c'est prolonger la perpendiculaire d'autant.
Exercice 15 : Problème : la ligne de plus grande pente d'un toit
Un pan de toit est un rectangle de sommets A(0;0;6), B(0;10;6), C(4;0;4) et D(4;10;4), en mètres, l'axe z étant vertical. Le faîte est l'arête [AB], la gouttière l'arête [CD].
a) Déterminez une équation cartésienne du plan du toit.
b) Calculez l'angle entre le toit et le plan horizontal, au centième de degré, et la pente en pourcentage.
c) Déterminez un vecteur directeur des droites horizontales du toit, puis celui de la ligne de plus grande pente orientée vers le bas.
d) Une goutte d'eau tombe sur le toit au point P(1;5;5,5) et suit la ligne de plus grande pente. En quel point atteint-elle la gouttière ?
e) Calculez l'aire du pan de toit, au dixième, et comparez-la à l'aire de sa projection sur le sol.
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Réponses
a)x+2z=12
b)26,57∘ ; pente 50 %
c)Horizontales (0;1;0) ; pente (2;0;−1)
d)(4;5;4)
e)44,7 m² contre 40 m²
a) AB=(0;10;0) et AC=(4;0;−2), AB×AC=(10⋅(−2)−0⋅0;0⋅4−0⋅(−2);0⋅0−10⋅4)=(−20;0;−40), colinéaire à n=(1;0;2). Par A : x+2(z−6)=0, soit x+2z=12. Contrôle sur D : 4+8=12.
b) L'angle entre deux plans est celui de leurs normales : cosθ=∥n∥∣n⋅k∣=52, donc θ≈26,57∘. La pente est tanθ=21 : on descend de 2m pour 4m horizontaux, une pente de 50%.
c) Une droite horizontale du toit est orthogonale à n et à k=(0;0;1) : n×k=(0⋅1−2⋅0;2⋅0−1⋅1;0)=(0;−1;0), la direction du faîte. La ligne de plus grande pente est dans le toit et orthogonale aux horizontales : n×(0;1;0)=(0⋅0−2⋅1;2⋅0−1⋅0;1⋅1−0⋅0)=(−2;0;1), qui monte ; vers le bas, (2;0;−1).
d) P est bien sur le toit : 1+11=12. La goutte suit (1+2t;5;5,5−t) et atteint la gouttière à z=4, donc t=1,5 : le point (4;5;4), au milieu de la gouttière. Elle ne dérive pas selon y : la plus grande pente est perpendiculaire au faîte.
e) AB=10 et AC=16+4=20≈4,47, donc l'aire vaut 1020≈44,7m2. La projection au sol est un rectangle de 10 sur 4, soit 40m2, et 44,7×cosθ=44,7×52≈40 : l'aire projetée est l'aire multipliée par le cosinus de l'angle entre les plans. C'est l'aire du toit, et non celle du sol, qui compte pour les tuiles.
Le fil : la normale d'un plan donne à la fois son inclinaison, ses horizontales et sa ligne de plus grande pente.
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