Algèbre linéaire 201-NYC / Maths 105 • Complément québécois de Première et cégep à Montréal
Exercices corrigés : les vecteurs dans l'espace et les trois produits (201-NYC / Maths 105)
Voici la série d'exercices corrigés d'algèbre linéaire et géométrie vectorielle (cours 201-NYC, aussi appelé Maths 105 selon le programme visé) sur les vecteurs dans l'espace. La partie A couvre les bases : composantes et norme dans R3, opérations et vecteur unitaire, produit scalaire, angle et projection orthogonale, produit vectoriel et aires, produit mixte et volumes. La partie B monte au niveau examen : l'identité de Lagrange démontrée puis vérifiée, le critère de coplanarité, et un tétraèdre complet où la hauteur se calcule de deux façons indépendantes qui doivent concorder.
Cette série s'adresse aux étudiants de cégep en Sciences de la nature comme aux élèves de Première du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas qui suivent le complément québécois de mathématiques. Un avertissement pour ceux qui viennent du programme français : le produit vectoriel et le produit mixte n'existent pas dans le programme de spécialité. Ce sont deux outils entièrement nouveaux, et ce sont eux qui font la différence sur l'évaluation.
Le réflexe à garder tout du long : le produit scalaire rend un nombre, le produit vectoriel rend un vecteur, le produit mixte rend un nombre. Avant d'écrire une ligne de calcul, demandez-vous ce que la question attend comme type de réponse. La moitié des erreurs d'examen vient de là.
Série autocorrigéeTape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.
•Composantes d'un vecteur entre deux points de l'espace : AB=(xB−xA;yB−yA;zB−zA). Norme : ∥v∥=a2+b2+c2 pour v=(a;b;c). Vecteur unitaire de même direction : ∥v∥v.
•Produit scalaire : u⋅v=a1a2+b1b2+c1c2=∥u∥∥v∥cosθ. C'est un NOMBRE. Deux vecteurs non nuls sont orthogonaux si et seulement si u⋅v=0. Le signe donne la nature de l'angle : positif si aigu, nul si droit, négatif si obtus.
•Projection orthogonale de u sur v : vecteur projeté uv=∥v∥2u⋅vv ; mesure algébrique =∥v∥u⋅v.
•Produit vectoriel : u×v=(b1c2−c1b2;c1a2−a1c2;a1b2−b1a2). C'est un VECTEUR, orthogonal à la fois à u et à v. Il n'est pas commutatif : v×u=−(u×v).
•Norme du produit vectoriel : ∥u×v∥=∥u∥∥v∥sinθ. C'est l'aire du parallélogramme construit sur u et v ; l'aire du triangle en est la moitié. Deux vecteurs sont colinéaires si et seulement si u×v=0.
•Produit mixte : u⋅(v×w). C'est un NOMBRE. Sa valeur absolue est le volume du parallélépipède construit sur les trois vecteurs ; le volume du tétraèdre correspondant en est le sixième. Trois vecteurs sont coplanaires si et seulement si leur produit mixte est nul.
•Plan passant par un point P(x0;y0;z0) et de vecteur normal n=(a;b;c) : a(x−x0)+b(y−y0)+c(z−z0)=0. Distance d'un point S à ce plan : d=a2+b2+c2∣axS+byS+czS+d0∣.
Partie A : Les bases dans l'espace (/50)
Exercice 1 : Composantes, norme et opérations dans l'espace
On considère les points A(1;2;−1), B(3;5;5) et C(2;6;7) de l'espace.
a) Déterminez les composantes des vecteurs AB et AC.
b) Calculez ∥AB∥ et ∥AC∥.
c) Déterminez les composantes du vecteur 2AB−3AC.
d) Déterminez le vecteur unitaire de même direction et de même sens que AB.
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Réponses
a)AB=(2;3;6), AC=(1;4;8)
b)7 et 9
c)(1;−6;−12)
d)(72;73;76)
a) AB=(3−1;5−2;5−(−1))=(2;3;6) et AC=(2−1;6−2;7−(−1))=(1;4;8).
b) ∥AB∥=22+32+62=4+9+36=49=7 et ∥AC∥=12+42+82=1+16+64=81=9.
c) 2AB=(4;6;12) et 3AC=(3;12;24), donc 2AB−3AC=(4−3;6−12;12−24)=(1;−6;−12).
d) Le vecteur unitaire est ∥AB∥AB=71(2;3;6)=(72;73;76). Vérification : 494+499+4936=4949=1.
Exercice 2 : Produit scalaire, angle et projection orthogonale
On considère les vecteurs u=(2;−1;3) et v=(1;4;−2).
a) Calculez u⋅v. Sans calculer l'angle, dites si l'angle entre u et v est aigu, droit ou obtus, et justifiez.
b) Calculez la mesure de l'angle θ entre u et v, au dixième de degré près.
c) Déterminez la valeur de k pour laquelle u est orthogonal à w=(k;2;1).
d) Déterminez le vecteur projeté de u sur v.
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Réponses
a)−8 : angle obtus
b)θ≈117,8∘
c)k=−21
d)−218(1;4;−2)
a) u⋅v=(2)(1)+(−1)(4)+(3)(−2)=2−4−6=−8. Le produit scalaire est négatif, donc cosθ<0 et l'angle est obtus. Aucun calcul d'angle n'est nécessaire : le signe suffit.
b) ∥u∥=4+1+9=14 et ∥v∥=1+16+4=21. Donc cosθ=1421−8=294−8≈−0,4666, d'où θ≈117,8∘. C'est bien un angle obtus, cohérent avec a).
c) u⋅w=2k+(−1)(2)+(3)(1)=2k+1. L'orthogonalité impose 2k+1=0, donc k=−21.
d) uv=∥v∥2u⋅vv=21−8(1;4;−2)=(−218;−2132;2116). Le vecteur projeté pointe dans le sens opposé à v, ce qui est normal puisque l'angle est obtus.
Exercice 3 : Produit vectoriel, orthogonalité et aires
On reprend u=(2;−1;3) et v=(1;4;−2).
a) Calculez u×v.
b) Vérifiez par le calcul que u×v est orthogonal à u et à v.
c) Calculez l'aire du parallélogramme construit sur u et v, puis l'aire du triangle correspondant.
d) Calculez v×u et comparez avec le résultat de a). Que peut-on en conclure sur la commutativité du produit vectoriel ?
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Réponses
a)(−10;7;9)
b)Produits scalaires nuls
c)230≈15,17 ; triangle 7,58
d)v×u=−u×v : anticommutatif
a) u×v=((−1)(−2)−(3)(4);(3)(1)−(2)(−2);(2)(4)−(−1)(1))=(2−12;3+4;8+1)=(−10;7;9).
b) (u×v)⋅u=(−10)(2)+(7)(−1)+(9)(3)=−20−7+27=0 et (u×v)⋅v=(−10)(1)+(7)(4)+(9)(−2)=−10+28−18=0. Les deux produits scalaires sont nuls, donc u×v est bien orthogonal aux deux vecteurs.
c) ∥u×v∥=(−10)2+72+92=100+49+81=230≈15,17. L'aire du parallélogramme vaut 230≈15,17 unités d'aire, et celle du triangle 2230≈7,58 unités d'aire.
d) v×u=(10;−7;−9)=−(u×v). Le produit vectoriel n'est donc PAS commutatif : inverser l'ordre des facteurs inverse le sens du vecteur résultat. Il est anticommutatif. C'est la faute la plus coûteuse du chapitre, car la norme (et donc l'aire) reste la même : l'erreur ne se voit pas sur une aire, mais elle fausse tout vecteur normal orienté.
Exercice 4 : Produit mixte, volume et coplanarité
On reprend u=(2;−1;3) et v=(1;4;−2), et on pose w=(3;2;1).
On rappelle que u×v=(−10;7;9).
a) Calculez le produit mixte (u×v)⋅w.
b) Les vecteurs u, v et w sont-ils coplanaires ? Justifiez.
c) Calculez le volume du parallélépipède construit sur u, v et w, puis le volume du tétraèdre correspondant.
d) On remplace w par w′=(3;2;m). Déterminez la valeur de m pour laquelle u, v et w′ deviennent coplanaires.
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Réponses
a)−7
b)Non coplanaires
c)7 ; tétraèdre 67≈1,17
d)m=916
a) (u×v)⋅w=(−10)(3)+(7)(2)+(9)(1)=−30+14+9=−7.
b) Le produit mixte vaut −7=0, donc les trois vecteurs ne sont PAS coplanaires. Attention au signe : c'est la nullité qui caractérise la coplanarité, pas le signe. Un produit mixte négatif indique seulement l'orientation du trièdre.
c) Volume du parallélépipède : V=∣(u×v)⋅w∣=∣−7∣=7 unités de volume. Volume du tétraèdre : Vt=67≈1,17 unité de volume.
d) (u×v)⋅w′=(−10)(3)+(7)(2)+(9)(m)=−30+14+9m=9m−16. La coplanarité impose 9m−16=0, donc m=916≈1,78.
Exercice 5 : Angles et cosinus directeurs
Les angles directeurs d'un vecteur non nul v=(a;b;c) sont les angles α, β, γ qu'il forme avec les axes Ox, Oy, Oz. Leurs cosinus, appelés cosinus directeurs, décrivent complètement l'orientation du vecteur dans l'espace.
a) Exprimez cosα, cosβ et cosγ à partir des composantes de v, puis calculez-les pour v=(2;3;6). Donnez les trois angles directeurs au dixième de degré.
b) Démontrez que cos2α+cos2β+cos2γ=1 pour tout vecteur non nul, et expliquez le lien avec le vecteur unitaire.
c) Déterminez un vecteur qui forme le MÊME angle avec les trois axes, et calculez cet angle commun.
d) Un vecteur peut-il former un angle de 45∘ avec chacun des trois axes ? Et s'il forme 60∘ avec Ox et 60∘ avec Oy, quel angle forme-t-il forcément avec Oz ?
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Réponses
a)72, 73, 76 ; 73,4∘, 64,6∘, 31,0∘
b)Composantes du vecteur unitaire
c)(1;1;1) : 54,7∘
d)Non ; γ=45∘
a) Le cosinus de l'angle entre v et l'axe Ox est le cosinus de l'angle entre v et le vecteur i=(1;0;0) : cosα=∥v∥∥i∥v⋅i=∥v∥a. De même cosβ=∥v∥b et cosγ=∥v∥c. Pour v=(2;3;6), on a ∥v∥=4+9+36=49=7, donc cosα=72, cosβ=73, cosγ=76. Les angles directeurs sont α=arccos72≈73,4∘, β=arccos73≈64,6∘ et γ=arccos76≈31,0∘. Le vecteur est le plus proche de l'axe Oz, ce qui est cohérent avec sa plus grande composante.
b) En additionnant les carrés : cos2α+cos2β+cos2γ=∥v∥2a2+∥v∥2b2+∥v∥2c2=∥v∥2a2+b2+c2. Or, par définition de la norme, a2+b2+c2=∥v∥2, donc la somme vaut 1. Le lien avec le vecteur unitaire est direct et éclairant : le vecteur unitaire de v est ∥v∥v=(∥v∥a;∥v∥b;∥v∥c)=(cosα;cosβ;cosγ). Les cosinus directeurs SONT les composantes du vecteur unitaire, et l'identité n'est rien d'autre que le fait qu'un vecteur unitaire a une norme de 1. Vérification sur a) : 494+499+4936=4949=1.
c) Former le même angle avec les trois axes signifie cosα=cosβ=cosγ, donc, d'après a), ∥v∥a=∥v∥b=∥v∥c, c'est-à-dire a=b=c. Le vecteur v=(1;1;1) convient, ainsi que tous ses multiples : c'est la diagonale du cube. Son angle commun vérifie cos2θ+cos2θ+cos2θ=1, soit 3cos2θ=1, donc cosθ=31 et θ=arccos31≈54,7∘. C'est l'angle célèbre entre la diagonale d'un cube et ses arêtes.
d) Non : si les trois angles valaient 45∘, la somme des carrés des cosinus serait 3cos245∘=3×21=23, ce qui dépasse 1 et contredit l'identité de b). Aucun vecteur ne peut donc être à 45∘ des trois axes à la fois : l'identité impose une contrainte, les trois angles ne sont pas indépendants. En revanche, 60∘ avec Ox et 60∘ avec Oy est possible : on a cos2γ=1−cos260∘−cos260∘=1−41−41=21, donc cosγ=21 et γ=45∘. Le troisième angle est entièrement déterminé (au signe de cosγ près, qui distingue les deux orientations possibles) : c'est la contrainte de b) qui le fixe.
Partie B : Niveau examen (/50)
Exercice 6 : Démonstrations : identité de Lagrange et critère de coplanarité
Cet exercice ne demande presque aucun calcul numérique : on y manipule les vecteurs eux-mêmes. Soit u et v deux vecteurs non nuls de l'espace, et θ l'angle entre eux.
a) En partant de u⋅v=∥u∥∥v∥cosθ et de ∥u×v∥=∥u∥∥v∥sinθ, montrez que ∥u×v∥2+(u⋅v)2=∥u∥2∥v∥2. Cette égalité est l'identité de Lagrange.
b) Vérifiez cette identité sur les vecteurs u=(2;−1;3) et v=(1;4;−2) de la partie A.
c) Déduisez de l'identité de Lagrange que si u et v sont orthogonaux, alors ∥u×v∥=∥u∥∥v∥. Interprétez géométriquement ce résultat en termes d'aire.
d) Montrez que trois vecteurs u, v et w de l'espace sont coplanaires si et seulement si u⋅(v×w)=0. On raisonnera sur la direction de v×w.
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Réponses
a)sin2θ+cos2θ=1
b)230+64=294=14×21
c)Aire du rectangle ∥u∥∥v∥
d)u⊥v×w : coplanaires
a) On élève les deux relations au carré : (u⋅v)2=∥u∥2∥v∥2cos2θ et ∥u×v∥2=∥u∥2∥v∥2sin2θ. En additionnant : ∥u×v∥2+(u⋅v)2=∥u∥2∥v∥2(sin2θ+cos2θ)=∥u∥2∥v∥2, puisque sin2θ+cos2θ=1. L'identité est démontrée.
b) On a u×v=(−10;7;9) donc ∥u×v∥2=230, et u⋅v=−8 donc (u⋅v)2=64. La somme vaut 230+64=294. Par ailleurs ∥u∥2=14 et ∥v∥2=21, donc ∥u∥2∥v∥2=14×21=294. Les deux membres sont égaux : l'identité est vérifiée.
c) Si u et v sont orthogonaux, alors u⋅v=0, et l'identité devient ∥u×v∥2=∥u∥2∥v∥2, d'où ∥u×v∥=∥u∥∥v∥ (les normes étant positives). Géométriquement : le parallélogramme construit sur deux vecteurs orthogonaux est un rectangle, et son aire est bien le produit des deux côtés. À normes ∥u∥ et ∥v∥ fixées, l'aire est donc maximale quand les vecteurs sont perpendiculaires.
d) Le vecteur v×w est orthogonal au plan engendré par v et w. Dire que u, v et w sont coplanaires revient à dire que u appartient à ce plan, c'est-à-dire que u est orthogonal à la normale v×w, ce qui s'écrit exactement u⋅(v×w)=0. Réciproquement, si ce produit scalaire est nul, u est orthogonal à v×w donc appartient au plan de v et w : les trois vecteurs sont coplanaires. Lecture équivalente : le volume du parallélépipède est nul, donc le solide est aplati.
Exercice 7 : Problème : le tétraèdre, deux méthodes pour une hauteur
Dans un repère orthonormé de l'espace, on considère le tétraèdre de sommets P(1;1;1), Q(3;2;1), R(2;4;3) et S(4;3;5).
L'objectif est de calculer la hauteur du tétraèdre issue de S, c'est-à-dire la distance de S au plan PQR, par deux chemins indépendants qui doivent donner le même nombre.
a) Déterminez les composantes de PQ, PR et PS.
b) Calculez PQ×PR, puis l'aire du triangle PQR.
c) Calculez le volume du tétraèdre PQRS.
d) Première méthode : déduisez de b) et c) la hauteur h issue de S, en utilisant V=31×Abase×h.
e) Deuxième méthode : déterminez une équation cartésienne du plan PQR, puis calculez la distance de S à ce plan. Vérifiez que vous retrouvez la hauteur de d).
f) Le point T(0;5;1) appartient-il au plan PQR ? Calculez le volume du tétraèdre PQRT, et expliquez pourquoi la valeur obtenue en testant T dans l'équation du plan permettait de le prévoir.
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Réponses
a)(2;1;0), (1;3;2), (3;2;4)
b)(2;−4;5) ; aire 235≈3,35
c)V=3
d)h=565≈2,68
e)2x−4y+5z−3=0 ; distance 2,68
f)Non ; volume 3
a) PQ=(3−1;2−1;1−1)=(2;1;0), PR=(2−1;4−1;3−1)=(1;3;2) et PS=(4−1;3−1;5−1)=(3;2;4).
b) PQ×PR=((1)(2)−(0)(3);(0)(1)−(2)(2);(2)(3)−(1)(1))=(2;−4;5). Sa norme vaut 4+16+25=45=35. L'aire du triangle PQR est la moitié de l'aire du parallélogramme : APQR=235≈3,35 unités d'aire.
c) Produit mixte : (PQ×PR)⋅PS=(2)(3)+(−4)(2)+(5)(4)=6−8+20=18. Le volume du tétraèdre vaut V=6∣18∣=3 unités de volume.
d) De V=31APQRh on tire h=APQR3V=2353×3=359×2=3518=56=565≈2,68.
e) Le vecteur n=PQ×PR=(2;−4;5) est normal au plan PQR, qui passe par P(1;1;1). Son équation est 2(x−1)−4(y−1)+5(z−1)=0, soit 2x−4y+5z−3=0. Vérification rapide sur Q : 6−8+5−3=0, et sur R : 4−16+15−3=0. Distance de S(4;3;5) : d=22+(−4)2+52∣2(4)−4(3)+5(5)−3∣=45∣8−12+25−3∣=3518=565≈2,68. On retrouve exactement la hauteur de d), ce qui valide les deux chemins.
f) On teste T(0;5;1) dans l'équation du plan : 2(0)−4(5)+5(1)−3=0−20+5−3=−18=0. Donc T n'appartient PAS au plan PQR. Le volume du tétraèdre PQRT n'est donc pas nul : PT=(−1;4;0) et (PQ×PR)⋅PT=(2)(−1)+(−4)(4)+(5)(0)=−2−16=−18, d'où V=6∣−18∣=3 unités de volume. La prévision sans calcul de volume était possible : la valeur −18 obtenue en testant T dans l'équation du plan EST exactement le produit mixte n⋅PT, car 2x−4y+5z−3 vaut n⋅PM pour tout point M : l'équation du plan est construite sur le même vecteur normal. Un point hors du plan donne un volume non nul ; seul un point du plan aurait donné un volume nul.
Exercice 8 : Décomposition orthogonale et distance d'un point à une droite
Tout vecteur se décompose de façon unique en une partie PARALLÈLE à une direction donnée et une partie qui lui est ORTHOGONALE. Cette décomposition, combinée au produit vectoriel, donne deux façons de mesurer la distance d'un point à une droite. On considère la droite Δ passant par A(1;0;2) et de vecteur directeur d=(2;1;−2), ainsi que le point P(4;4;3).
a) Calculez AP, puis décomposez-le en AP=p+q, où p est la projection de AP sur d et q la composante orthogonale.
b) Vérifiez que q est bien orthogonal à d, puis contrôlez la décomposition par le théorème de Pythagore ∥AP∥2=∥p∥2+∥q∥2.
c) Première méthode : déduisez-en la distance du point P à la droite Δ.
d) Deuxième méthode : calculez cette même distance par la formule d=∥d∥∥AP×d∥. Vérifiez l'accord avec c), et expliquez pourquoi les deux méthodes donnent nécessairement le même résultat.
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Réponses
a)p=98d, q=(911;928;925)
b)964+9170=26
c)3170≈4,35
d)Même distance par le produit vectoriel
a) AP=(4−1;4−0;3−2)=(3;4;1). La projection de AP sur d est p=∥d∥2AP⋅dd. On calcule AP⋅d=(3)(2)+(4)(1)+(1)(−2)=6+4−2=8 et ∥d∥2=4+1+4=9, donc p=98(2;1;−2)=(916;98;−916). La composante orthogonale est q=AP−p=(3−916;4−98;1+916)=(911;928;925).
b) Orthogonalité : q⋅d=91[(11)(2)+(28)(1)+(25)(−2)]=91(22+28−50)=90=0. La composante q est bien orthogonale à d, ce qui confirme la décomposition. Contrôle par Pythagore : ∥AP∥2=9+16+1=26. Par ailleurs ∥p∥2=∥d∥2(AP⋅d)2=964 et ∥q∥2=81112+282+252=81121+784+625=811530=9170. La somme vaut 964+9170=9234=26, ce qui coïncide : p et q forment bien les deux côtés d'un angle droit dont AP est l'hypoténuse.
c) La distance du point P à la droite Δ est la longueur du segment perpendiculaire abaissé de P sur Δ, c'est-à-dire exactement ∥q∥, la composante de AP orthogonale à la direction de la droite. On obtient d=∥q∥=9170=3170≈4,35. La partie parallèle p, elle, ne fait que glisser le long de la droite et ne contribue en rien à la distance.
d) Deuxième méthode : AP×d=((4)(−2)−(1)(1);(1)(2)−(3)(−2);(3)(1)−(4)(2))=(−8−1;2+6;3−8)=(−9;8;−5). Sa norme vaut ∥AP×d∥=81+64+25=170, et ∥d∥=3, donc d=3170≈4,35. C'est exactement la valeur de c). L'accord n'a rien d'un hasard : la norme du produit vectoriel vaut ∥AP×d∥=∥AP∥∥d∥sinθ, où θ est l'angle entre AP et d. En divisant par ∥d∥, on obtient ∥AP∥sinθ, qui est précisément la longueur du côté opposé à θ dans le triangle rectangle, c'est-à-dire la distance perpendiculaire ∥q∥. Les deux méthodes calculent la même hauteur, l'une par soustraction de la projection, l'autre par l'aire du parallélogramme rapportée à sa base ∥d∥.
Exercice 9 : Le double produit vectoriel et la non-associativité
Le produit vectoriel de deux produits vectoriels, appelé double produit vectoriel, obéit à une identité remarquable qui le ramène à des produits scalaires. Elle révèle aussi que le produit vectoriel, contrairement à la multiplication des nombres, n'est PAS associatif. On travaille avec u=(1;2;3), v=(0;1;−1) et w=(2;1;0).
a) Calculez v×w, puis u×(v×w).
b) Vérifiez sur ces vecteurs l'identité du double produit vectoriel u×(v×w)=(u⋅w)v−(u⋅v)w.
c) Calculez (u×v)×w et comparez à u×(v×w). Que peut-on conclure sur l'associativité du produit vectoriel ?
d) À partir de l'identité de b), démontrez que u×(v×w) appartient toujours au plan engendré par v et w. Ce résultat est-il compatible avec le fait que ce vecteur soit orthogonal à u ?
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Réponses
a)(2;5;−4)
b)4v+w=(2;5;−4)
c)(−1;2;−7) : non associatif
d)Combinaison de v et w
a) v×w=((1)(0)−(−1)(1);(−1)(2)−(0)(0);(0)(1)−(1)(2))=(0+1;−2−0;0−2)=(1;−2;−2). Ensuite u×(v×w)=(1;2;3)×(1;−2;−2)=((2)(−2)−(3)(−2);(3)(1)−(1)(−2);(1)(−2)−(2)(1))=(−4+6;3+2;−2−2)=(2;5;−4).
b) On calcule les deux produits scalaires : u⋅w=(1)(2)+(2)(1)+(3)(0)=4 et u⋅v=(1)(0)+(2)(1)+(3)(−1)=2−3=−1. L'identité donne (u⋅w)v−(u⋅v)w=4(0;1;−1)−(−1)(2;1;0)=(0;4;−4)+(2;1;0)=(2;5;−4). C'est exactement le résultat de a). L'identité, que l'on retient sous le nom de règle « BAC moins CAB » car elle s'écrit a×(b×c)=b(a⋅c)−c(a⋅b), transforme un calcul de deux produits vectoriels en deux produits scalaires, bien plus rapides.
c) On a déjà u×v=((2)(−1)−(3)(1);(3)(0)−(1)(−1);(1)(1)−(2)(0))=(−2−3;0+1;1−0)=(−5;1;1). Alors (u×v)×w=(−5;1;1)×(2;1;0)=((1)(0)−(1)(1);(1)(2)−(−5)(0);(−5)(1)−(1)(2))=(0−1;2−0;−5−2)=(−1;2;−7). On compare : (u×v)×w=(−1;2;−7) tandis que u×(v×w)=(2;5;−4). Les deux résultats DIFFÈRENT, donc le produit vectoriel n'est PAS associatif : le placement des parenthèses change le résultat. C'est une différence fondamentale avec la multiplication des nombres, et elle interdit d'écrire u×v×w sans parenthèses, une notation qui n'a aucun sens.
d) L'identité de b) écrit u×(v×w)=(u⋅w)v−(u⋅v)w, c'est-à-dire une COMBINAISON LINÉAIRE de v et w : le vecteur est de la forme λv+μw avec λ=u⋅w et μ=−(u⋅v). Toute combinaison linéaire de v et w appartient au plan qu'ils engendrent : le double produit vectoriel vit donc dans le plan de v et w. Ce résultat est parfaitement compatible avec l'orthogonalité à u. En effet, u×(v×w) est orthogonal à u, comme tout produit vectoriel l'est à ses deux facteurs. Il n'y a nulle contradiction : le vecteur peut à la fois se trouver dans le plan de v et w et être perpendiculaire à u, tant que u n'est pas lui-même perpendiculaire à ce plan. On peut d'ailleurs le lire autrement : contrairement à v×w, qui est perpendiculaire au plan de v et w, le fait de le croiser à nouveau avec u ramène le résultat DANS ce plan, en le rabattant.
Exercice 10 : Problème : deux droites gauches, classification et distance
Dans l'espace, deux droites peuvent être parallèles, sécantes, ou n'être ni l'un ni l'autre : on les dit alors GAUCHES (non coplanaires). Les trois produits du chapitre suffisent à trancher et à mesurer. On considère la droite Δ1 passant par P(1;0;1) de vecteur directeur d1=(1;2;−1), et la droite Δ2 passant par Q(2;1;0) de vecteur directeur d2=(2;−1;1).
a) Calculez d1×d2. Que peut-on déjà conclure quant au parallélisme des deux droites ?
b) Calculez le produit mixte PQ⋅(d1×d2) et concluez : les droites sont-elles sécantes ou gauches ?
c) Calculez la distance entre les deux droites par la formule d=∥d1×d2∥∣PQ⋅(d1×d2)∣, et interprétez ce quotient.
d) On déplace Δ2 pour qu'elle passe désormais par le point Q′(2;1;m), sa direction d2 restant inchangée. Déterminez la valeur de m pour laquelle Δ1 et Δ2 deviennent sécantes.
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Réponses
a)(1;−3;−5) : non parallèles
b)Produit mixte 3 : gauches
c)353≈0,51
d)m=53
a) d1×d2=((2)(1)−(−1)(−1);(−1)(2)−(1)(1);(1)(−1)−(2)(2))=(2−1;−2−1;−1−4)=(1;−3;−5). Ce vecteur n'est pas nul, donc d1 et d2 ne sont pas colinéaires : les deux droites ne sont PAS parallèles. Il reste alors deux possibilités, sécantes ou gauches, que la question b) départage.
b) PQ=(2−1;1−0;0−1)=(1;1;−1). Le produit mixte vaut PQ⋅(d1×d2)=(1)(1)+(1)(−3)+(−1)(−5)=1−3+5=3. Ce produit mixte est NON NUL, donc les vecteurs PQ, d1 et d2 ne sont pas coplanaires. Or deux droites sont coplanaires si et seulement si ce produit mixte est nul : ici les droites ne sont pas dans un même plan, elles sont donc GAUCHES. Comme elles ne sont ni parallèles ni sécantes, elles ne se rencontrent jamais tout en n'ayant pas la même direction.
c) La norme du produit vectoriel vaut ∥d1×d2∥=1+9+25=35, donc d=35∣3∣=353≈0,51. Interprétation : le produit mixte ∣PQ⋅(d1×d2)∣ est le volume du parallélépipède construit sur PQ, d1 et d2 ; la norme ∥d1×d2∥ est l'aire de la base construite sur d1 et d2. Le quotient est donc la HAUTEUR du parallélépipède, mesurée perpendiculairement à la base, c'est-à-dire l'écart le plus court entre les deux droites, le long de leur perpendiculaire commune. Un volume divisé par une aire redonne bien une longueur.
d) En remplaçant Q par Q′(2;1;m), le vecteur devient PQ′=(1;1;m−1), tandis que d1×d2=(1;−3;−5) ne change pas, car les directions sont inchangées. Les deux droites redeviennent coplanaires lorsque leur produit mixte s'annule : PQ′⋅(d1×d2)=(1)(1)+(1)(−3)+(m−1)(−5)=1−3−5m+5=3−5m. On résout 3−5m=0, d'où m=53. Pour cette valeur, les droites sont coplanaires ; et comme elles ne sont toujours pas parallèles (leurs directions restent non colinéaires), deux droites coplanaires non parallèles sont nécessairement SÉCANTES. Elles se coupent donc en un point unique lorsque m=53.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Le cube en coordonnées : angles, aire et distance
On place un cube d'arête 1 dans un repère orthonormé, avec les sommets O(0;0;0), A(1;0;0), B(0;1;0), C(0;0;1) et G(1;1;1), le sommet opposé à O.
a) Calculez l'angle entre les deux grandes diagonales OG et AA′, où A′(0;1;1) est le sommet opposé à A. Arrondissez au dixième de degré.
b) Calculez l'angle entre la diagonale de face (1;1;0) et la grande diagonale OG, au dixième de degré.
c) Calculez l'aire du triangle ABC au millième. Quelle est sa nature ?
d) Calculez le volume du tétraèdre OABC.
e) Déduisez de c) et d) la distance de O au plan ABC, au millième. Quelle fraction de la diagonale [OG] cette distance représente-t-elle ?
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Réponses
a)cosθ=31 : 70,5∘
b)35,3∘
c)23≈0,866, équilatéral
d)61
e)31≈0,577 : le tiers
a) OG=(1;1;1) et AA′=(−1;1;1), de même norme 3. cosθ=3−1+1+1=31, donc θ≈70,5∘. Deux grandes diagonales d'un cube ne sont pas perpendiculaires.
b) cosθ=231+1+0=62≈0,8165, donc θ≈35,3∘.
c) AB=(−1;1;0) et AC=(−1;0;1), AB×AC=(1⋅1−0⋅0;0⋅(−1)−(−1)⋅1;(−1)⋅0−1⋅(−1))=(1;1;1). Aire 23≈0,866. Les trois côtés sont des diagonales de face, de longueur 2 : le triangle est ÉQUILATÉRAL, et 43(2)2=23 le confirme.
d) (OA×OB)⋅OC=(0;0;1)⋅(0;0;1)=1, donc V=61≈0,167.
e) V=31Ah donne h=A3V=3/21/2=31≈0,577. La diagonale mesure 3, donc 3h=31 : le plan ABC, d'équation x+y+z=1, coupe la grande diagonale au tiers de sa longueur, et la normale (1;1;1) trouvée en c) est justement dirigée selon cette diagonale.
Le fil : dans le cube, chaque question de géométrie se ramène à un produit scalaire, un produit vectoriel ou un produit mixte sur des vecteurs à coordonnées 0 et 1.
Exercice 12 : Un parallélogramme de l'espace
On considère les points A(1;0;2), B(3;1;4), C(4;3;3) et D(2;2;1).
a) Montrez que ABCD est un parallélogramme.
b) Ce parallélogramme est-il un rectangle ?
c) Calculez son aire, au centième.
d) Calculez l'angle BAD, au dixième de degré.
e) Calculez les longueurs des deux diagonales, au centième, et vérifiez l'identité du parallélogramme AC2+BD2=2(AB2+AD2).
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Réponses
a)AB=DC=(2;1;2)
b)Non : produit scalaire 2
c)50≈7,07
d)74,2∘
e)19 et 11 : 30=30
a) AB=(2;1;2) et DC=(4−2;3−2;3−1)=(2;1;2) : AB=DC, donc ABCD est un parallélogramme. Il faut aussi que les quatre points ne soient pas alignés : AD=(1;2;−1) n'est pas colinéaire à AB.
b) AB⋅AD=2+2−2=2=0 : l'angle en A n'est pas droit, ce n'est pas un rectangle.
c) AB×AD=(1⋅(−1)−2⋅2;2⋅1−2⋅(−1);2⋅2−1⋅1)=(−5;4;3), de norme 25+16+9=50≈7,07. C'est l'aire du parallélogramme, sans division par deux.
d) ∥AB∥=3 et ∥AD∥=6, donc cosBAD=362≈0,2722 et BAD≈74,2∘. Contrôle par l'aire : 36sin74,2∘≈7,07.
e) AC=(3;3;1), AC=19≈4,36 ; BD=(−1;1;−3), BD=11≈3,32. AC2+BD2=19+11=30 et 2(AB2+AD2)=2(9+6)=30 : l'identité est vérifiée. Les diagonales sont inégales, ce qui confirme que ce n'est pas un rectangle.
Le fil : l'égalité de deux vecteurs fait le parallélogramme, le produit scalaire décide de l'angle droit, le produit vectoriel donne l'aire.
Exercice 13 : Décomposer un vecteur par produits mixtes
On note [p,q,r]=p⋅(q×r) le produit mixte. On considère a=(1;0;1), b=(0;1;1), c=(1;1;0) et v=(3;5;4).
a) Calculez [a,b,c]. Que pouvez-vous conclure sur la famille {a;b;c} ?
b) On écrit v=αa+βb+γc. En multipliant scalairement par b×c, montrez que α=[a,b,c][v,b,c].
c) Calculez α.
d) Par le même raisonnement, calculez β=[a,b,c][a,v,c] et γ=[a,b,c][a,b,v].
e) Vérifiez la décomposition, et reconnaissez la règle de résolution des systèmes que ces formules traduisent.
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Réponses
a)−2 : base
b)Les deux autres termes s'annulent
c)α=1
d)β=3, γ=2
e)Règle de Cramer
a) b×c=(1⋅0−1⋅1;1⋅1−0⋅0;0⋅1−1⋅1)=(−1;1;−1), puis [a,b,c]=−1+0−1=−2=0. Les trois vecteurs ne sont pas coplanaires : ils forment une base de R3, et la décomposition de v existe et est unique.
b) b×c est orthogonal à b et à c, donc b⋅(b×c)=c⋅(b×c)=0. En multipliant l'égalité par b×c, il reste v⋅(b×c)=αa⋅(b×c), d'où la formule, le dénominateur étant non nul.
c) [v,b,c]=(3;5;4)⋅(−1;1;−1)=−3+5−4=−2, donc α=−2−2=1.
d) v×c=(5⋅0−4⋅1;4⋅1−3⋅0;3⋅1−5⋅1)=(−4;4;−2) et [a,v,c]=−4+0−2=−6, donc β=3. b×v=(1⋅4−1⋅5;1⋅3−0⋅4;0⋅5−1⋅3)=(−1;3;−3) et [a,b,v]=−1+0−3=−4, donc γ=2.
e) a+3b+2c=(1+0+2;0+3+2;1+3+0)=(3;5;4)=v. Ces formules sont la RÈGLE DE CRAMER : le produit mixte est le déterminant des trois vecteurs, et chaque inconnue est le quotient du déterminant où v remplace le vecteur correspondant par le déterminant de la base.
Le fil : le produit mixte isole une coordonnée en annulant d'un coup les deux autres ; c'est l'idée géométrique derrière Cramer.
Exercice 14 : Problème : le méthane et l'angle tétraédrique
Dans la molécule de méthane CH4, on place l'atome de carbone à l'origine et les quatre atomes d'hydrogène en H1(1;1;1), H2(1;−1;−1), H3(−1;1;−1) et H4(−1;−1;1), dans une unité de longueur à préciser.
a) Calculez la distance entre le carbone et chaque hydrogène, au millième. Que constatez-vous ?
b) Calculez l'angle H1CH2, au dixième de degré.
c) Calculez la distance H1H2 au centième, et montrez que les six distances entre hydrogènes sont égales. Quelle est la forme du solide H1H2H3H4 ?
d) La liaison carbone-hydrogène mesure réellement 1,09 angström. Quelle longueur, en angströms, vaut une unité du repère ? Déduisez-en la distance réelle entre deux hydrogènes, au centième.
e) Calculez CH1+CH2+CH3+CH4. Qu'en déduisez-vous sur la position du carbone, et sur la polarité de la molécule ?
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Réponses
a)3≈1,732 pour les quatre
b)109,5∘
c)8≈2,83 : tétraèdre régulier
d)0,629 Å ; 1,78 Å
e)Somme nulle : apolaire
a) CHi=1+1+1=3≈1,732 pour chacun des quatre : les hydrogènes sont à égale distance du carbone.
b) CH1⋅CH2=1−1−1=−1, donc cosθ=3−1 et θ≈109,5∘. C'est l'angle TÉTRAÉDRIQUE, le même pour les six paires, puisque chaque produit scalaire entre deux hydrogènes distincts vaut −1.
c) H1H2=(0;−2;−2), de norme 8≈2,83. Deux hydrogènes distincts ont toujours deux coordonnées opposées et une égale : chaque différence contient deux ±2 et un 0, et les six distances valent 8. Le solide est un TÉTRAÈDRE RÉGULIER, dont le carbone occupe le centre.
d) 3 unités valent 1,09 angström, donc une unité vaut 31,09≈0,629 angström. H1H2=8×0,629≈1,78 angström, en accord avec la valeur mesurée pour le méthane.
e) La somme vaut (1+1−1−1;1−1+1−1;1−1−1+1)=(0;0;0) : le carbone est l'isobarycentre des quatre hydrogènes. Les quatre liaisons étant identiques et de même longueur, leurs moments dipolaires, portés par ces quatre vecteurs, s'annulent : la molécule est APOLAIRE.
Le fil : la symétrie d'une molécule se lit sur les coordonnées ; produits scalaires et normes donnent les angles et les distances de liaison.
Exercice 15 : Problème : la puissance reçue par un panneau solaire
Un panneau solaire rectangulaire a pour côtés les vecteurs a=(2;0;0) et b=(0;1;1), en mètres, l'axe z étant vertical. La lumière du Soleil arrive selon la direction unitaire s=31(1;−2;2), orientée vers le Soleil, avec un éclairement de 1000W par mètre carré perpendiculaire aux rayons.
On admet que la puissance reçue vaut 1000×(a×b)⋅s watts : l'aire du panneau multipliée par le cosinus de l'angle entre sa normale et la direction du Soleil.
a) Vérifiez que le panneau est bien rectangulaire, puis calculez son aire au centième.
b) Calculez le vecteur normal a×b et vérifiez que s est unitaire.
c) Calculez l'angle d'incidence, entre la normale et la direction du Soleil, au dixième de degré.
d) Calculez la puissance reçue par le panneau, à l'unité.
e) Quelle puissance recevrait le même panneau posé à plat, de normale (0;0;1) ? Et orienté exactement face au Soleil ?
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Réponses
a)Rectangle, 22≈2,83 m²
b)(0;−2;2)
c)19,5∘
d)2 667 W
e)1 886 W à plat ; 2 828 W face au Soleil
a) a⋅b=0 : les côtés sont perpendiculaires, le parallélogramme est un rectangle. Aire ∥a∥∥b∥=22≈2,83m2.
b) a×b=(0⋅1−0⋅1;0⋅0−2⋅1;2⋅1−0⋅0)=(0;−2;2), de norme 8, égale à l'aire. ∥s∥=311+4+4=1.
c) (a×b)⋅s=31(0+4+4)=38, donc cosi=88/3≈0,9428 et i≈19,5∘.
d) P=1000×38≈2667W. Le produit mixte donne directement l'aire APPARENTE du panneau vue du Soleil, 38≈2,67m2.
e) À plat, la normale de même longueur est (0;0;22) et (0;0;22)⋅s=342≈1,886 : P≈1886W. Face au Soleil, cosi=1 et P=1000×22≈2828W. L'inclinaison choisie récupère déjà 94% du maximum, contre 67% à plat.
Le fil : le produit vectoriel des côtés donne une normale dont la norme est l'aire ; son produit scalaire avec une direction donne l'aire vue depuis cette direction.
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