Algèbre linéaire 201-SN4-RE (ancien 201-NYC) / Maths 105 • Complément québécois de Première et cégep à Montréal

Exercices corrigés : matrices, systèmes linéaires et déterminants (201-SN4-RE, ancien 201-NYC / Maths 105)

Voici la série d'exercices corrigés d'algèbre linéaire et géométrie vectorielle (cours 201-SN4-RE, ancien 201-NYC, aussi appelé Maths 105 selon le programme visé) sur les matrices et les systèmes d'équations linéaires. La partie A couvre les bases : opérations sur les matrices et transposée, produit matriciel et la non-commutativité, écriture matricielle d'un système, résolution complète par la méthode de Gauss-Jordan, inverse d'une matrice 3x3 par la méthode [A ∣ I][A\,|\,I], matrice inverse et déterminants. La partie B monte au niveau examen : la démonstration que la transposée d'un produit renverse l'ordre des facteurs, l'étude du cas singulier où le déterminant s'annule, un problème de billetterie résolu par la règle de Cramer avec une discussion de faisabilité, les systèmes homogènes et leur espace de solutions, la discussion complète d'un système à paramètres selon le rang, et les propriétés de l'inverse d'un produit. La partie C ajoute cinq classiques : les équations matricielles et le côté où placer l'inverse (exercice 11), les matrices triangulaires (12), la trace d'un produit (13), les flux de voitures d'un quartier (14) et la production d'une boulangerie en matrices (15).

Les exercices 0.1 et 0.2 ouvrent la série par dix-huit calculs directs sur les matrices, comme dans les listes des manuels. D'abord dix opérations : combinaison linéaire 2A+3B2A+3B, transposée et produit CCTCC^{T}, produits 2×22\times 2, (1×3)(3×1)(1\times 3)(3\times 1) puis dans l'autre ordre, (2×3)(3×2)(2\times 3)(3\times 2) et 3×33\times 3, carré, cube d'une matrice triangulaire et expression P2−3P+2IP^{2}-3P+2I. Puis huit inverses : par la formule 2×22\times 2 et le déterminant, une matrice non inversible à reconnaître, une matrice diagonale, deux inverses 3×33\times 3 par la méthode [A ∣ I][A\,|\,I] et deux systèmes résolus par X=A−1BX=A^{-1}B. Chaque coefficient demandé est vérifié en direct.

Cette série s'adresse aux étudiants de cégep en Sciences de la nature comme aux élèves de Première du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas qui suivent le complément québécois de mathématiques. Le calcul matriciel est le grand nouveau langage du cours : un système de trois équations à trois inconnues devient une seule équation AX=BAX=B, et toute la difficulté se déplace vers la maîtrise des opérations sur les lignes et du déterminant.

Le réflexe à garder tout du long : le produit de matrices n'est pas commutatif. ABAB et BABA n'ont en général ni les mêmes dimensions, ni les mêmes coefficients, et bien souvent l'un des deux n'existe même pas. Avant chaque produit, vérifiez que le nombre de colonnes de la première matrice égale le nombre de lignes de la seconde.

Cette série existe aussi en anglais →

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Ce chapitre fait partie de Algèbre linéaire et géométrie vectorielle 201-SN4-RE (ancien 201-NYC)
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (8 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1 Nombres réels, racines et ensembles Secondaire 3
  2. 2 Expressions algébriques et mise en évidence Secondaire 3
  3. 3 Équations et inéquations du premier degré Secondaire 3
  4. 4 Systèmes d'équations : comparaison et graphique Secondaire 3
  5. 5 La manipulation d'expressions algébriques Secondaire 4
  6. 6 La factorisation et les expressions rationnelles Secondaire 4
  7. 7 Les équations et les inéquations Secondaire 4
  8. 8 Les systèmes d'équations Secondaire 4

Rappel de cours

  • • Somme et produit par un scalaire : terme à terme, entre matrices de même dimension. (A+B)ij=Aij+Bij(A+B)_{ij}=A_{ij}+B_{ij} et (kA)ij=kAij(kA)_{ij}=kA_{ij}. Transposée : (AT)ij=Aji(A^{T})_{ij}=A_{ji} (on échange lignes et colonnes).
  • • Produit matriciel : le coefficient (i; j)(i;\ j) de ABAB est le produit scalaire de la ligne ii de AA par la colonne jj de BB. Il faut que le nombre de colonnes de AA égale le nombre de lignes de BB. En général AB≠BAAB\neq BA : le produit n'est PAS commutatif.
  • • Un système linéaire s'écrit AX=BAX=B, où AA est la matrice des coefficients, XX la colonne des inconnues et BB la colonne des constantes.
  • • Méthode de Gauss-Jordan : on écrit la matrice augmentée [A ∣ B][A\,|\,B] et, par opérations élémentaires sur les lignes (échanger deux lignes, multiplier une ligne par un scalaire non nul, ajouter à une ligne un multiple d'une autre), on la ramène à la forme échelonnée réduite [I ∣ X][I\,|\,X]. La dernière colonne donne alors directement la solution.
  • • Déterminant 2×22\times 2 : det⁡(abcd)=ad−bc\det\begin{pmatrix} a & b \\ c & d \end{pmatrix}=ad-bc. Déterminant 3×33\times 3 : développement par cofacteurs le long d'une ligne ou d'une colonne (en alternant les signes + − ++\ -\ +).
  • • Inverse d'une matrice 2×22\times 2 : si det⁡A≠0\det A\neq 0, alors A−1=1det⁡A(d−b−ca)A^{-1}=\dfrac{1}{\det A}\begin{pmatrix} d & -b \\ -c & a \end{pmatrix}. Une matrice est inversible si et seulement si son déterminant est non nul.
  • • Règle de Cramer : si det⁡A≠0\det A\neq 0, l'inconnue xix_{i} vaut det⁡Aidet⁡A\dfrac{\det A_{i}}{\det A}, où AiA_{i} est la matrice AA dont la colonne ii a été remplacée par la colonne BB. Si det⁡A=0\det A=0, le système n'a pas de solution unique : soit aucune solution, soit une infinité.

Calculs : les produits de matrices à calculer

Exercice 0.1 : Calculer des produits de matrices : dix calculs directs

Pour chaque ligne, effectuez le calcul demandé, puis donnez les coefficients indiqués du résultat. On note MijM_{ij} le coefficient de la ligne ii et de la colonne jj de la matrice MM.

Avant tout produit, on écrit les dimensions : (m×n)(n×p)(m\times n)(n\times p) donne une matrice m×pm\times p, et le produit n'existe que si les deux nn coïncident. Le coefficient (AB)ij(AB)_{ij} est le produit de la ligne ii de AA par la colonne jj de BB : on multiplie terme à terme et on additionne. Une combinaison linéaire se calcule coefficient par coefficient ; une puissance se calcule par produits successifs, jamais en élevant chaque coefficient.

  • a) A=(3−214)A=\begin{pmatrix} 3 & -2 \\ 1 & 4 \end{pmatrix} et B=(−1250)B=\begin{pmatrix} -1 & 2 \\ 5 & 0 \end{pmatrix} : calculez 2A+3B2A+3B, puis donnez (2A+3B)12(2A+3B)_{12} et (2A+3B)21(2A+3B)_{21}.
  • b) C=(1−20341)C=\begin{pmatrix} 1 & -2 \\ 0 & 3 \\ 4 & 1 \end{pmatrix} : écrivez CTC^{T}, puis calculez CCTCC^{T} ; donnez (CT)23(C^{T})_{23} et (CCT)13(CC^{T})_{13}.
  • c) (25−13)(4−126)\begin{pmatrix} 2 & 5 \\ -1 & 3 \end{pmatrix}\begin{pmatrix} 4 & -1 \\ 2 & 6 \end{pmatrix} : donnez les coefficients (1,2)(1,2) et (2,1)(2,1) du produit.
  • d) (2−14)(35−2)\begin{pmatrix} 2 & -1 & 4 \end{pmatrix}\begin{pmatrix} 3 \\ 5 \\ -2 \end{pmatrix} : donnez le résultat.
  • e) (35−2)(2−14)\begin{pmatrix} 3 \\ 5 \\ -2 \end{pmatrix}\begin{pmatrix} 2 & -1 & 4 \end{pmatrix} : donnez les coefficients (2,3)(2,3) et (3,2)(3,2) du produit.
  • f) (10−2312)(21−1430)\begin{pmatrix} 1 & 0 & -2 \\ 3 & 1 & 2 \end{pmatrix}\begin{pmatrix} 2 & 1 \\ -1 & 4 \\ 3 & 0 \end{pmatrix} : donnez les coefficients (1,1)(1,1) et (2,2)(2,2) du produit.
  • g) (120−113201)(2−1103211−2)\begin{pmatrix} 1 & 2 & 0 \\ -1 & 1 & 3 \\ 2 & 0 & 1 \end{pmatrix}\begin{pmatrix} 2 & -1 & 1 \\ 0 & 3 & 2 \\ 1 & 1 & -2 \end{pmatrix} : donnez les coefficients (2,3)(2,3) et (3,2)(3,2) du produit.
  • h) M=(1−324)M=\begin{pmatrix} 1 & -3 \\ 2 & 4 \end{pmatrix} : calculez M2M^{2}, puis donnez (M2)11(M^{2})_{11} et (M2)22(M^{2})_{22}.
  • i) N=(210−1)N=\begin{pmatrix} 2 & 1 \\ 0 & -1 \end{pmatrix} : calculez N3N^{3}, puis donnez (N3)12(N^{3})_{12} et (N3)22(N^{3})_{22}.
  • j) P=(21−13)P=\begin{pmatrix} 2 & 1 \\ -1 & 3 \end{pmatrix} : calculez P2−3P+2IP^{2}-3P+2I, puis donnez ses coefficients (1,1)(1,1) et (1,2)(1,2).

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a)
b)
c)
d)
e)
f)
g)
h)
i)
j)
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Réponses

  • a) 2A+3B=(32178)2A+3B=\begin{pmatrix} 3 & 2 \\ 17 & 8 \end{pmatrix} ; 22 et 1717
  • b) (CT)23=1(C^{T})_{23}=1 ; (CCT)13=2(CC^{T})_{13}=2
  • c) (1828219)\begin{pmatrix} 18 & 28 \\ 2 & 19 \end{pmatrix} ; 2828 et 22
  • d) 6−5−8=−76-5-8=-7
  • e) matrice 3×33\times 3 ; 2020 et 22
  • f) (−41117)\begin{pmatrix} -4 & 1 \\ 11 & 7 \end{pmatrix} ; −4-4 et 77
  • g) (25517−55−10)\begin{pmatrix} 2 & 5 & 5 \\ 1 & 7 & -5 \\ 5 & -1 & 0 \end{pmatrix} ; −5-5 et −1-1
  • h) M2=(−5−151010)M^{2}=\begin{pmatrix} -5 & -15 \\ 10 & 10 \end{pmatrix} ; −5-5 et 1010
  • i) N3=(830−1)N^{3}=\begin{pmatrix} 8 & 3 \\ 0 & -1 \end{pmatrix} ; 33 et −1-1
  • j) P2−3P+2I=(−12−21)P^{2}-3P+2I=\begin{pmatrix} -1 & 2 \\ -2 & 1 \end{pmatrix} ; −1-1 et 22

Le geste qui décide de tout : écrire les dimensions AVANT de calculer. Elles disent si le produit existe, quelle forme a le résultat, et quelle ligne rencontre quelle colonne pour chaque coefficient demandé.

a)

2A=(6−428)2A=\begin{pmatrix} 6 & -4 \\ 2 & 8 \end{pmatrix} et 3B=(−36150)3B=\begin{pmatrix} -3 & 6 \\ 15 & 0 \end{pmatrix}, donc 2A+3B=(32178)2A+3B=\begin{pmatrix} 3 & 2 \\ 17 & 8 \end{pmatrix} : (2A+3B)12=2(2A+3B)_{12}=2 et (2A+3B)21=17(2A+3B)_{21}=17. Piège : lire (⋅)12(\cdot)_{12} comme ligne 2, colonne 1 ; l'indice de LIGNE vient toujours en premier.

b)

La transposée échange lignes et colonnes : CT=(104−231)C^{T}=\begin{pmatrix} 1 & 0 & 4 \\ -2 & 3 & 1 \end{pmatrix}, donc (CT)23=C32=1(C^{T})_{23}=C_{32}=1. CCTCC^{T} est un produit (3×2)(2×3)(3\times 2)(2\times 3), donc une matrice 3×33\times 3 ; son coefficient (1,3)(1,3) est la ligne 1 de CC par la colonne 3 de CTC^{T}, c'est-à-dire par la ligne 3 de CC : 1×4+(−2)×1=21\times 4+(-2)\times 1=2. Piège : calculer CTCC^{T}C, qui est une matrice 2×22\times 2 et n'a pas de colonne 3.

c)

Produit (2×2)(2×2)(2\times 2)(2\times 2). Ligne 1 par colonne 2 : 2×(−1)+5×6=282\times(-1)+5\times 6=28. Ligne 2 par colonne 1 : (−1)×4+3×2=2(-1)\times 4+3\times 2=2. Le produit complet vaut (1828219)\begin{pmatrix} 18 & 28 \\ 2 & 19 \end{pmatrix}. Piège : multiplier coefficient par coefficient, ce qui donne (8−5−218)\begin{pmatrix} 8 & -5 \\ -2 & 18 \end{pmatrix}.

d)

Un produit (1×3)(3×1)(1\times 3)(3\times 1) donne une matrice 1×11\times 1, c'est-à-dire un nombre : 2×3+(−1)×5+4×(−2)=6−5−8=−72\times 3+(-1)\times 5+4\times(-2)=6-5-8=-7.

e)

Les mêmes facteurs qu'en d), dans l'autre ordre : (3×1)(1×3)(3\times 1)(1\times 3) donne une matrice 3×33\times 3, dont le coefficient (i,j)(i,j) est le ii-ième terme de la colonne fois le jj-ième terme de la ligne. Coefficient (2,3)(2,3) : 5×4=205\times 4=20. Coefficient (3,2)(3,2) : (−2)×(−1)=2(-2)\times(-1)=2. Piège : croire qu'on retrouve −7-7 ; changer l'ordre change ici jusqu'aux dimensions.

f)

(2×3)(3×2)(2\times 3)(3\times 2) donne une matrice 2×22\times 2. Ligne 1 par colonne 1 : 1×2+0×(−1)+(−2)×3=−41\times 2+0\times(-1)+(-2)\times 3=-4. Ligne 2 par colonne 2 : 3×1+1×4+2×0=73\times 1+1\times 4+2\times 0=7. Le produit complet vaut (−41117)\begin{pmatrix} -4 & 1 \\ 11 & 7 \end{pmatrix}.

g)

Ligne 2 par colonne 3 : (−1)×1+1×2+3×(−2)=−5(-1)\times 1+1\times 2+3\times(-2)=-5. Ligne 3 par colonne 2 : 2×(−1)+0×3+1×1=−12\times(-1)+0\times 3+1\times 1=-1. Le produit complet vaut (25517−55−10)\begin{pmatrix} 2 & 5 & 5 \\ 1 & 7 & -5 \\ 5 & -1 & 0 \end{pmatrix}. Piège : prendre la colonne 2 de la PREMIÈRE matrice ; le premier facteur fournit toujours la ligne.

h)

M2=MM=(1−6−3−122+8−6+16)=(−5−151010)M^{2}=MM=\begin{pmatrix} 1-6 & -3-12 \\ 2+8 & -6+16 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} -5 & -15 \\ 10 & 10 \end{pmatrix}, donc (M2)11=−5(M^{2})_{11}=-5 et (M2)22=10(M^{2})_{22}=10. Piège : élever chaque coefficient au carré, ce qui donne (19416)\begin{pmatrix} 1 & 9 \\ 4 & 16 \end{pmatrix}.

i)

N2=(42−101)=(4101)N^{2}=\begin{pmatrix} 4 & 2-1 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 4 & 1 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}, puis N3=N2N=(84−10−1)=(830−1)N^{3}=N^{2}N=\begin{pmatrix} 8 & 4-1 \\ 0 & -1 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 8 & 3 \\ 0 & -1 \end{pmatrix}. La diagonale d'une matrice triangulaire se calcule seule, 23=82^{3}=8 et (−1)3=−1(-1)^{3}=-1, mais pas le coefficient hors diagonale. Piège : écrire 13=11^{3}=1 en position (1,2)(1,2).

j)

P2=(4−12+3−2−3−1+9)=(35−58)P^{2}=\begin{pmatrix} 4-1 & 2+3 \\ -2-3 & -1+9 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 3 & 5 \\ -5 & 8 \end{pmatrix}, −3P=(−6−33−9)-3P=\begin{pmatrix} -6 & -3 \\ 3 & -9 \end{pmatrix} et 2I=(2002)2I=\begin{pmatrix} 2 & 0 \\ 0 & 2 \end{pmatrix}. La somme vaut (−12−21)\begin{pmatrix} -1 & 2 \\ -2 & 1 \end{pmatrix} : coefficients −1-1 et 22. Piège : ajouter 22 à tous les coefficients au lieu de 2I2I, ce qui donne 44 en position (1,2)(1,2).

Contrôle : la règle (m×n)(n×p)=m×p(m\times n)(n\times p)=m\times p dit d'avance la forme de chaque résultat, et un coefficient se recoupe en recalculant UNE ligne par UNE colonne. En j), la trace contrôle tout le calcul : tr⁡(P2)−3tr⁡(P)+2tr⁡(I)=11−15+4=0\operatorname{tr}(P^{2})-3\operatorname{tr}(P)+2\operatorname{tr}(I)=11-15+4=0, et la trace trouvée vaut bien −1+1=0-1+1=0.

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Calculs : les inverses à calculer

Exercice 0.2 : Inverser une matrice : huit calculs directs

Pour chaque ligne, calculez l'inverse demandé, ou la solution du système, puis donnez les coefficients indiqués. Une matrice non inversible se signale comme telle.

En 2×22\times 2, on calcule d'abord det⁡A=ad−bc\det A=ad-bc : s'il est nul, la matrice n'est pas inversible ; sinon on échange aa et dd, on change le signe de bb et de cc, et on divise par le déterminant. En 3×33\times 3, on forme [A ∣ I][A\,|\,I] et on applique les opérations élémentaires sur les lignes jusqu'à obtenir [I ∣ A−1][I\,|\,A^{-1}]. Pour un système AX=BAX=B, on écrit X=A−1BX=A^{-1}B, l'inverse placé à GAUCHE.

  • a) P=(5332)P=\begin{pmatrix} 5 & 3 \\ 3 & 2 \end{pmatrix} : calculez P−1P^{-1}, puis donnez (P−1)11(P^{-1})_{11} et (P−1)12(P^{-1})_{12}.
  • b) Q=(4−231)Q=\begin{pmatrix} 4 & -2 \\ 3 & 1 \end{pmatrix} : calculez Q−1Q^{-1}, puis donnez (Q−1)12(Q^{-1})_{12} et (Q−1)21(Q^{-1})_{21}.
  • c) R=(6−4−96)R=\begin{pmatrix} 6 & -4 \\ -9 & 6 \end{pmatrix} : calculez det⁡R\det R et dites si RR est inversible.
  • d) D=(−5000400013)D=\begin{pmatrix} -5 & 0 & 0 \\ 0 & 4 & 0 \\ 0 & 0 & \frac{1}{3} \end{pmatrix} : calculez D−1D^{-1}, puis donnez (D−1)11(D^{-1})_{11} et (D−1)33(D^{-1})_{33}.
  • e) U=(12−1013001)U=\begin{pmatrix} 1 & 2 & -1 \\ 0 & 1 & 3 \\ 0 & 0 & 1 \end{pmatrix} : calculez U−1U^{-1} par la méthode [U ∣ I][U\,|\,I], puis donnez (U−1)13(U^{-1})_{13} et (U−1)23(U^{-1})_{23}.
  • f) M=(121252132)M=\begin{pmatrix} 1 & 2 & 1 \\ 2 & 5 & 2 \\ 1 & 3 & 2 \end{pmatrix} : calculez M−1M^{-1} par la méthode [M ∣ I][M\,|\,I], puis donnez (M−1)11(M^{-1})_{11} et (M−1)32(M^{-1})_{32}.
  • g) Écrivez le système {3x+5y=12x+4y=−2\begin{cases} 3x+5y=1 \\ 2x+4y=-2 \end{cases} sous la forme AX=BAX=B, puis résolvez-le par X=A−1BX=A^{-1}B.
  • h) K=(310210111)K=\begin{pmatrix} 3 & 1 & 0 \\ 2 & 1 & 0 \\ 1 & 1 & 1 \end{pmatrix} a pour inverse K−1=(1−10−2301−21)K^{-1}=\begin{pmatrix} 1 & -1 & 0 \\ -2 & 3 & 0 \\ 1 & -2 & 1 \end{pmatrix} : résolvez KX=(534)KX=\begin{pmatrix} 5 \\ 3 \\ 4 \end{pmatrix}, puis donnez yy et zz.

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a)
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g)
h)
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Réponses

  • a) P−1=(2−3−35)P^{-1}=\begin{pmatrix} 2 & -3 \\ -3 & 5 \end{pmatrix} ; 22 et −3-3
  • b) Q−1=110(12−34)Q^{-1}=\frac{1}{10}\begin{pmatrix} 1 & 2 \\ -3 & 4 \end{pmatrix} ; 0,20{,}2 et −0,3-0{,}3
  • c) det⁡R=0\det R=0 ; non inversible
  • d) D−1=diag⁡(−15,14,3)D^{-1}=\operatorname{diag}\left(-\frac{1}{5},\frac{1}{4},3\right) ; −0,2-0{,}2 et 33
  • e) U−1=(1−2701−3001)U^{-1}=\begin{pmatrix} 1 & -2 & 7 \\ 0 & 1 & -3 \\ 0 & 0 & 1 \end{pmatrix} ; 77 et −3-3
  • f) M−1=(4−1−1−2101−11)M^{-1}=\begin{pmatrix} 4 & -1 & -1 \\ -2 & 1 & 0 \\ 1 & -1 & 1 \end{pmatrix} ; 44 et −1-1
  • g) X=A−1B=(7−4)X=A^{-1}B=\begin{pmatrix} 7 \\ -4 \end{pmatrix} ; x=7x=7, y=−4y=-4
  • h) X=(2−13)X=\begin{pmatrix} 2 \\ -1 \\ 3 \end{pmatrix} ; y=−1y=-1, z=3z=3

Le geste qui décide de tout : le déterminant d'abord. Nul, la matrice n'a pas d'inverse et l'on s'arrête ; non nul, il est le dénominateur commun de tous les coefficients de l'inverse. Chaque résultat se vérifie ensuite par une ligne du produit AA−1=IAA^{-1}=I.

a)

det⁡P=5×2−3×3=1\det P=5\times 2-3\times 3=1. On échange 55 et 22, on change le signe des deux 33 : P−1=(2−3−35)P^{-1}=\begin{pmatrix} 2 & -3 \\ -3 & 5 \end{pmatrix}. Vérification sur la ligne 1 de PP−1PP^{-1} : 5×2+3×(−3)=15\times 2+3\times(-3)=1 et 5×(−3)+3×5=05\times(-3)+3\times 5=0.

b)

det⁡Q=4×1−(−2)×3=4+6=10\det Q=4\times 1-(-2)\times 3=4+6=10, donc Q−1=110(12−34)Q^{-1}=\frac{1}{10}\begin{pmatrix} 1 & 2 \\ -3 & 4 \end{pmatrix} : (Q−1)12=210=0,2(Q^{-1})_{12}=\frac{2}{10}=0{,}2 et (Q−1)21=−310=−0,3(Q^{-1})_{21}=-\frac{3}{10}=-0{,}3. Piège : écrire det⁡Q=4−6=−2\det Q=4-6=-2, en oubliant que b=−2b=-2 est déjà négatif.

c)

det⁡R=6×6−(−4)×(−9)=36−36=0\det R=6\times 6-(-4)\times(-9)=36-36=0 : RR n'est pas inversible. La deuxième ligne vaut −32-\frac{3}{2} fois la première, ce qui se voyait avant tout calcul. Piège : appliquer la formule quand même et diviser par zéro.

d)

Une matrice diagonale s'inverse coefficient par coefficient : D−1=(−15000140003)D^{-1}=\begin{pmatrix} -\frac{1}{5} & 0 & 0 \\ 0 & \frac{1}{4} & 0 \\ 0 & 0 & 3 \end{pmatrix}, donc (D−1)11=−15=−0,2(D^{-1})_{11}=-\frac{1}{5}=-0{,}2 et (D−1)33=3(D^{-1})_{33}=3. Piège : perdre le signe, alors que 1−5\frac{1}{-5} reste négatif.

e)

On part de [U ∣ I][U\,|\,I] et on remonte. L2←L2−3L3L_{2}\leftarrow L_{2}-3L_{3} donne (0  1  0 ∣ 0  1  −3)(0\ \ 1\ \ 0\,|\,0\ \ 1\ \ -3) ; L1←L1+L3L_{1}\leftarrow L_{1}+L_{3} donne (1  2  0 ∣ 1  0  1)(1\ \ 2\ \ 0\,|\,1\ \ 0\ \ 1) ; L1←L1−2L2L_{1}\leftarrow L_{1}-2L_{2} donne (1  0  0 ∣ 1  −2  7)(1\ \ 0\ \ 0\,|\,1\ \ -2\ \ 7). Donc U−1=(1−2701−3001)U^{-1}=\begin{pmatrix} 1 & -2 & 7 \\ 0 & 1 & -3 \\ 0 & 0 & 1 \end{pmatrix} : (U−1)13=7(U^{-1})_{13}=7 et (U−1)23=−3(U^{-1})_{23}=-3. Piège : changer seulement les signes hors diagonale, ce qui met 11 en position (1,3)(1,3) ; le 7=2×3+17=2\times 3+1 mélange les deux autres coefficients.

f)

[M ∣ I][M\,|\,I], puis L2←L2−2L1L_{2}\leftarrow L_{2}-2L_{1} : (0  1  0 ∣ −2  1  0)(0\ \ 1\ \ 0\,|\,-2\ \ 1\ \ 0) ; L3←L3−L1L_{3}\leftarrow L_{3}-L_{1} : (0  1  1 ∣ −1  0  1)(0\ \ 1\ \ 1\,|\,-1\ \ 0\ \ 1) ; L3←L3−L2L_{3}\leftarrow L_{3}-L_{2} : (0  0  1 ∣ 1  −1  1)(0\ \ 0\ \ 1\,|\,1\ \ -1\ \ 1). On remonte : L1←L1−2L2L_{1}\leftarrow L_{1}-2L_{2} donne (1  0  1 ∣ 5  −2  0)(1\ \ 0\ \ 1\,|\,5\ \ -2\ \ 0), puis L1←L1−L3L_{1}\leftarrow L_{1}-L_{3} donne (1  0  0 ∣ 4  −1  −1)(1\ \ 0\ \ 0\,|\,4\ \ -1\ \ -1). Donc M−1=(4−1−1−2101−11)M^{-1}=\begin{pmatrix} 4 & -1 & -1 \\ -2 & 1 & 0 \\ 1 & -1 & 1 \end{pmatrix} : (M−1)11=4(M^{-1})_{11}=4 et (M−1)32=−1(M^{-1})_{32}=-1. Vérification, ligne 1 de MM par colonne 1 de M−1M^{-1} : 4−4+1=14-4+1=1.

g)

A=(3524)A=\begin{pmatrix} 3 & 5 \\ 2 & 4 \end{pmatrix}, X=(xy)X=\begin{pmatrix} x \\ y \end{pmatrix}, B=(1−2)B=\begin{pmatrix} 1 \\ -2 \end{pmatrix}. det⁡A=12−10=2\det A=12-10=2, donc A−1=12(4−5−23)A^{-1}=\frac{1}{2}\begin{pmatrix} 4 & -5 \\ -2 & 3 \end{pmatrix} et X=12(4×1+(−5)×(−2)−2×1+3×(−2))=12(14−8)=(7−4)X=\frac{1}{2}\begin{pmatrix} 4\times 1+(-5)\times(-2) \\ -2\times 1+3\times(-2) \end{pmatrix}=\frac{1}{2}\begin{pmatrix} 14 \\ -8 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 7 \\ -4 \end{pmatrix}. Vérification : 3×7+5×(−4)=13\times 7+5\times(-4)=1 et 2×7+4×(−4)=−22\times 7+4\times(-4)=-2.

h)

X=K−1(534)X=K^{-1}\begin{pmatrix} 5 \\ 3 \\ 4 \end{pmatrix}, ligne par ligne : x=5−3+0=2x=5-3+0=2, y=−10+9+0=−1y=-10+9+0=-1, z=5−6+4=3z=5-6+4=3. Vérification dans KK : 3×2−1=53\times 2-1=5, 2×2−1=32\times 2-1=3 et 2−1+3=42-1+3=4. Piège : écrire X=BK−1X=BK^{-1}, produit (3×1)(3×3)(3\times 1)(3\times 3) qui n'existe même pas.

Contrôle : chaque inverse se vérifie par une ligne de AA−1AA^{-1}, qui doit redonner une ligne de II, et chaque solution se remplace dans le système de départ. Un inverse 2×22\times 2 dont les coefficients ne sont pas tous divisés par le déterminant est faux d'avance.

Partie A : Opérations et systèmes (/50)

Exercice 1 : Opérations sur les matrices et non-commutativité

On considère les matrices A=(2−130)A=\begin{pmatrix} 2 & -1 \\ 3 & 0 \end{pmatrix} et B=(14−25)B=\begin{pmatrix} 1 & 4 \\ -2 & 5 \end{pmatrix}.

  • a) Calculez A+BA+B et 3A−2B3A-2B.
  • b) Déterminez la transposée ATA^{T}.
  • c) Calculez les deux produits ABAB et BABA.
  • d) Comparez ABAB et BABA. Que peut-on en conclure sur la commutativité du produit matriciel ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) A+B=(3315)A+B=\begin{pmatrix}3&3\\1&5\end{pmatrix}, 3A−2B=(4−1113−10)3A-2B=\begin{pmatrix}4&-11\\13&-10\end{pmatrix}
  • b) AT=(23−10)A^T=\begin{pmatrix}2&3\\-1&0\end{pmatrix}
  • c) AB=(43312)AB=\begin{pmatrix}4&3\\3&12\end{pmatrix}, BA=(14−1112)BA=\begin{pmatrix}14&-1\\11&2\end{pmatrix}
  • d) AB≠BAAB\neq BA : non commutatif
a)

A+B=(2+1−1+43−20+5)=(3315)A+B=\begin{pmatrix} 2+1 & -1+4 \\ 3-2 & 0+5 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 3 & 3 \\ 1 & 5 \end{pmatrix}. Pour 3A−2B3A-2B : 3A=(6−390)3A=\begin{pmatrix} 6 & -3 \\ 9 & 0 \end{pmatrix} et 2B=(28−410)2B=\begin{pmatrix} 2 & 8 \\ -4 & 10 \end{pmatrix}, donc 3A−2B=(4−1113−10)3A-2B=\begin{pmatrix} 4 & -11 \\ 13 & -10 \end{pmatrix}.

b)

AT=(23−10)A^{T}=\begin{pmatrix} 2 & 3 \\ -1 & 0 \end{pmatrix} : la première ligne de AA devient la première colonne.

c)

AB=((2)(1)+(−1)(−2)(2)(4)+(−1)(5)(3)(1)+(0)(−2)(3)(4)+(0)(5))=(43312)AB=\begin{pmatrix} (2)(1)+(-1)(-2) & (2)(4)+(-1)(5) \\ (3)(1)+(0)(-2) & (3)(4)+(0)(5) \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 4 & 3 \\ 3 & 12 \end{pmatrix}. Et BA=((1)(2)+(4)(3)(1)(−1)+(4)(0)(−2)(2)+(5)(3)(−2)(−1)+(5)(0))=(14−1112)BA=\begin{pmatrix} (1)(2)+(4)(3) & (1)(-1)+(4)(0) \\ (-2)(2)+(5)(3) & (-2)(-1)+(5)(0) \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 14 & -1 \\ 11 & 2 \end{pmatrix}.

d)

AB=(43312)≠(14−1112)=BAAB=\begin{pmatrix} 4 & 3 \\ 3 & 12 \end{pmatrix}\neq\begin{pmatrix} 14 & -1 \\ 11 & 2 \end{pmatrix}=BA. Le produit matriciel n'est donc PAS commutatif : l'ordre des facteurs change le résultat. C'est la différence la plus importante avec le produit des nombres réels, et la source d'erreur numéro un du chapitre.

Exercice 2 : Produit matriciel et écriture d'un système

On considère la matrice A=(21−11−32321)A=\begin{pmatrix} 2 & 1 & -1 \\ 1 & -3 & 2 \\ 3 & 2 & 1 \end{pmatrix} et la matrice C=(102103)C=\begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 2 & 1 \\ 0 & 3 \end{pmatrix}.

  • a) Le produit ACAC est-il défini ? Si oui, donnez ses dimensions, puis calculez-le.
  • b) Le produit CACA est-il défini ? Justifiez.
  • c) Écrivez le système {2x+y−z=1x−3y+2z=13x+2y+z=10\begin{cases} 2x+y-z=1 \\ x-3y+2z=1 \\ 3x+2y+z=10 \end{cases} sous la forme matricielle AX=BAX=B, en précisant XX et BB.
  • d) Vérifiez, en calculant le produit AXAX, que X=(123)X=\begin{pmatrix} 1 \\ 2 \\ 3 \end{pmatrix} est une solution du système.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 3×23\times 2 : (4−2−5375)\begin{pmatrix}4&-2\\-5&3\\7&5\end{pmatrix}
  • b) Non : 2 colonnes, 3 lignes
  • c) X=(x;y;z)X=(x;y;z), B=(1;1;10)B=(1;1;10)
  • d) AX=BAX=B : solution
a)

AA est 3×33\times 3 et CC est 3×23\times 2 : le nombre de colonnes de AA (3) égale le nombre de lignes de CC (3), donc ACAC est défini et de dimension 3×23\times 2. AC=((2)(1)+(1)(2)+(−1)(0)(2)(0)+(1)(1)+(−1)(3)(1)(1)+(−3)(2)+(2)(0)(1)(0)+(−3)(1)+(2)(3)(3)(1)+(2)(2)+(1)(0)(3)(0)+(2)(1)+(1)(3))=(4−2−5375)AC=\begin{pmatrix} (2)(1)+(1)(2)+(-1)(0) & (2)(0)+(1)(1)+(-1)(3) \\ (1)(1)+(-3)(2)+(2)(0) & (1)(0)+(-3)(1)+(2)(3) \\ (3)(1)+(2)(2)+(1)(0) & (3)(0)+(2)(1)+(1)(3) \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 4 & -2 \\ -5 & 3 \\ 7 & 5 \end{pmatrix}.

b)

CC est 3×23\times 2 et AA est 3×33\times 3 : le nombre de colonnes de CC (2) est différent du nombre de lignes de AA (3), donc CACA n'est PAS défini. C'est une illustration de plus que l'ordre compte : ACAC existe mais pas CACA.

c)

A=(21−11−32321)A=\begin{pmatrix} 2 & 1 & -1 \\ 1 & -3 & 2 \\ 3 & 2 & 1 \end{pmatrix}, X=(xyz)X=\begin{pmatrix} x \\ y \\ z \end{pmatrix} et B=(1110)B=\begin{pmatrix} 1 \\ 1 \\ 10 \end{pmatrix}. Le système s'écrit AX=BAX=B.

d)

AX=((2)(1)+(1)(2)+(−1)(3)(1)(1)+(−3)(2)+(2)(3)(3)(1)+(2)(2)+(1)(3))=(2+2−31−6+63+4+3)=(1110)=BAX=\begin{pmatrix} (2)(1)+(1)(2)+(-1)(3) \\ (1)(1)+(-3)(2)+(2)(3) \\ (3)(1)+(2)(2)+(1)(3) \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 2+2-3 \\ 1-6+6 \\ 3+4+3 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 1 \\ 1 \\ 10 \end{pmatrix}=B. Le produit redonne exactement BB, donc X=(1; 2; 3)X=(1;\ 2;\ 3) est bien une solution.

Exercice 3 : Résolution par la méthode de Gauss-Jordan

On reprend le système de l'exercice précédent, mais cette fois on le résout sans connaître la réponse à l'avance :

{2x+y−z=1x−3y+2z=13x+2y+z=10\begin{cases} 2x+y-z=1 \\ x-3y+2z=1 \\ 3x+2y+z=10 \end{cases}

  • a) Écrivez la matrice augmentée [A ∣ B][A\,|\,B] du système.
  • b) Par la méthode de Gauss-Jordan, ramenez cette matrice à la forme échelonnée réduite. Indiquez les opérations élémentaires utilisées à chaque étape.
  • c) Déduisez-en la solution du système.

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b)
c)
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Réponses

  • a) Matrice 3×43\times 4
  • b) Forme réduite [I ∣ X][I\,|\,X]
  • c) (1; 2; 3)(1;\ 2;\ 3)
a)

[A ∣ B]=(21−111−32132110)[A\,|\,B]=\left(\begin{array}{ccc|c} 2 & 1 & -1 & 1 \\ 1 & -3 & 2 & 1 \\ 3 & 2 & 1 & 10 \end{array}\right).

b)

On échange d'abord L1L_{1} et L2L_{2} pour placer un 1 en haut à gauche : (1−32121−1132110)\left(\begin{array}{ccc|c} 1 & -3 & 2 & 1 \\ 2 & 1 & -1 & 1 \\ 3 & 2 & 1 & 10 \end{array}\right). Puis L2←L2−2L1L_{2}\leftarrow L_{2}-2L_{1} et L3←L3−3L1L_{3}\leftarrow L_{3}-3L_{1} : (1−32107−5−1011−57)\left(\begin{array}{ccc|c} 1 & -3 & 2 & 1 \\ 0 & 7 & -5 & -1 \\ 0 & 11 & -5 & 7 \end{array}\right).

b, suite) L2←17L2L_{2}\leftarrow \tfrac{1}{7}L_{2} donne une ligne (0; 1; −57 ∣ −17)(0;\ 1;\ -\tfrac{5}{7}\,|\,-\tfrac{1}{7}). On élimine la colonne 2 ailleurs : L1←L1+3L2L_{1}\leftarrow L_{1}+3L_{2} et L3←L3−11L2L_{3}\leftarrow L_{3}-11L_{2}. La troisième ligne devient (0; 0; 207 ∣ 607)(0;\ 0;\ \tfrac{20}{7}\,|\,\tfrac{60}{7}), soit après L3←720L3L_{3}\leftarrow \tfrac{7}{20}L_{3} la ligne (0; 0; 1 ∣ 3)(0;\ 0;\ 1\,|\,3) : donc z=3z=3.

c)

En remontant (ou en finissant la réduction) : la ligne 2 donne y−57z=−17y-\tfrac{5}{7}z=-\tfrac{1}{7}, d'où y=−1+5(3)7=147=2y=\tfrac{-1+5(3)}{7}=\tfrac{14}{7}=2. La ligne 1 donne x−3y+2z=1x-3y+2z=1, d'où x=1+3(2)−2(3)=1x=1+3(2)-2(3)=1. La forme échelonnée réduite est donc [I ∣ X][I\,|\,X] avec X=(1; 2; 3)X=(1;\ 2;\ 3). Le système admet la solution unique x=1, y=2, z=3x=1,\ y=2,\ z=3, ce qui confirme la vérification de l'exercice 2.

100101020013x = 1, y = 2, z = 3

Exercice 4 : Déterminants et matrice inverse

On considère M=(2−130)M=\begin{pmatrix} 2 & -1 \\ 3 & 0 \end{pmatrix} et A=(21−11−32321)A=\begin{pmatrix} 2 & 1 & -1 \\ 1 & -3 & 2 \\ 3 & 2 & 1 \end{pmatrix}.

  • a) Calculez det⁡M\det M.
  • b) MM est-elle inversible ? Si oui, déterminez M−1M^{-1}, puis vérifiez que M M−1=IM\,M^{-1}=I.
  • c) Calculez det⁡A\det A par développement selon la première ligne.
  • d) Que peut-on conclure, à partir de det⁡A\det A, sur le nombre de solutions du système AX=BAX=B de l'exercice 3, sans le résoudre ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) det⁡M=3\det M=3
  • b) M−1=(013−123)M^{-1}=\begin{pmatrix}0&\frac13\\-1&\frac23\end{pmatrix}
  • c) det⁡A=−20\det A=-20
  • d) Solution unique
a)

det⁡M=(2)(0)−(−1)(3)=0+3=3\det M=(2)(0)-(-1)(3)=0+3=3.

b)

det⁡M=3≠0\det M=3\neq 0, donc MM est inversible. M−1=13(01−32)=(013−123)M^{-1}=\dfrac{1}{3}\begin{pmatrix} 0 & 1 \\ -3 & 2 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 0 & \frac{1}{3} \\ -1 & \frac{2}{3} \end{pmatrix}. Vérification : M M−1=(2−130)(013−123)=(0+123−230+01+0)=(1001)=IM\,M^{-1}=\begin{pmatrix} 2 & -1 \\ 3 & 0 \end{pmatrix}\begin{pmatrix} 0 & \frac{1}{3} \\ -1 & \frac{2}{3} \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 0+1 & \frac{2}{3}-\frac{2}{3} \\ 0+0 & 1+0 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}=I.

c)

det⁡A=2 det⁡(−3221)−1 det⁡(1231)+(−1) det⁡(1−332)\det A=2\,\det\begin{pmatrix} -3 & 2 \\ 2 & 1 \end{pmatrix}-1\,\det\begin{pmatrix} 1 & 2 \\ 3 & 1 \end{pmatrix}+(-1)\,\det\begin{pmatrix} 1 & -3 \\ 3 & 2 \end{pmatrix}. Or det⁡(−3221)=−3−4=−7\det\begin{pmatrix} -3 & 2 \\ 2 & 1 \end{pmatrix}=-3-4=-7, det⁡(1231)=1−6=−5\det\begin{pmatrix} 1 & 2 \\ 3 & 1 \end{pmatrix}=1-6=-5 et det⁡(1−332)=2+9=11\det\begin{pmatrix} 1 & -3 \\ 3 & 2 \end{pmatrix}=2+9=11. Donc det⁡A=2(−7)−1(−5)−1(11)=−14+5−11=−20\det A=2(-7)-1(-5)-1(11)=-14+5-11=-20.

d)

det⁡A=−20≠0\det A=-20\neq 0, donc AA est inversible et le système AX=BAX=B admet une solution unique, quelle que soit la colonne BB. On le sait sans résoudre : c'est bien cohérent avec la solution unique (1; 2; 3)(1;\ 2;\ 3) trouvée à l'exercice 3.

−2−1123−11234(2 ; 3)(−1 ; 0)aire 3

Exercice 5 : Inverse d'une matrice 3x3 par la méthode de Gauss-Jordan

On considère la matrice A=(1022−13418)A=\begin{pmatrix} 1 & 0 & 2 \\ 2 & -1 & 3 \\ 4 & 1 & 8 \end{pmatrix}. On veut son inverse par la méthode [A ∣ I]→[I ∣ A−1][A\,|\,I]\to[I\,|\,A^{-1}], distincte de la formule par cofacteurs.

  • a) Écrivez la matrice augmentée [A ∣ I3][A\,|\,I_{3}], puis appliquez la méthode de Gauss-Jordan en indiquant les opérations élémentaires. Déduisez-en A−1A^{-1}.
  • b) Vérifiez votre résultat en calculant le produit A A−1A\,A^{-1}.
  • c) Utilisez A−1A^{-1} pour résoudre le système AX=BAX=B avec B=(123)B=\begin{pmatrix} 1 \\ 2 \\ 3 \end{pmatrix}, en écrivant X=A−1BX=A^{-1}B.
  • d) Expliquez en une phrase pourquoi cette méthode devient particulièrement avantageuse lorsqu'on doit résoudre plusieurs systèmes AX=BAX=B avec la même matrice AA mais des colonnes BB différentes.

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a)
c)
d)
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Réponses

  • a) A−1=(−1122−4016−1−1)A^{-1}=\begin{pmatrix}-11&2&2\\-4&0&1\\6&-1&-1\end{pmatrix}
  • b) AA−1=I3AA^{-1}=I_3
  • c) (−1; −1; 1)(-1;\ -1;\ 1)
  • d) Inversion faite une fois
a)

On part de [A ∣ I]=(1021002−13010418001)[A\,|\,I]=\left(\begin{array}{ccc|ccc} 1 & 0 & 2 & 1 & 0 & 0 \\ 2 & -1 & 3 & 0 & 1 & 0 \\ 4 & 1 & 8 & 0 & 0 & 1 \end{array}\right). On annule la première colonne sous le pivot : L2←L2−2L1L_{2}\leftarrow L_{2}-2L_{1} et L3←L3−4L1L_{3}\leftarrow L_{3}-4L_{1} donnent (1021000−1−1−210010−401)\left(\begin{array}{ccc|ccc} 1 & 0 & 2 & 1 & 0 & 0 \\ 0 & -1 & -1 & -2 & 1 & 0 \\ 0 & 1 & 0 & -4 & 0 & 1 \end{array}\right).

On rend le pivot de la deuxième ligne égal à 11 par L2←−L2L_{2}\leftarrow -L_{2} : ligne (0; 1; 1 ∣ 2; −1; 0)(0;\ 1;\ 1\,|\,2;\ -1;\ 0). Puis L3←L3−L2L_{3}\leftarrow L_{3}-L_{2} donne (0; 0; −1 ∣ −6; 1; 1)(0;\ 0;\ -1\,|\,-6;\ 1;\ 1), et L3←−L3L_{3}\leftarrow -L_{3} donne (0; 0; 1 ∣ 6; −1; −1)(0;\ 0;\ 1\,|\,6;\ -1;\ -1) : le pivot de la troisième ligne vaut 11.

Il reste à annuler la troisième colonne au-dessus du dernier pivot : L2←L2−L3L_{2}\leftarrow L_{2}-L_{3} donne (0; 1; 0 ∣ −4; 0; 1)(0;\ 1;\ 0\,|\,-4;\ 0;\ 1), et L1←L1−2L3L_{1}\leftarrow L_{1}-2L_{3} donne (1; 0; 0 ∣ −11; 2; 2)(1;\ 0;\ 0\,|\,-11;\ 2;\ 2). La partie gauche est maintenant I3I_{3}, donc A−1=(−1122−4016−1−1)A^{-1}=\begin{pmatrix} -11 & 2 & 2 \\ -4 & 0 & 1 \\ 6 & -1 & -1 \end{pmatrix}.

b)

A A−1=(1022−13418)(−1122−4016−1−1)A\,A^{-1}=\begin{pmatrix} 1 & 0 & 2 \\ 2 & -1 & 3 \\ 4 & 1 & 8 \end{pmatrix}\begin{pmatrix} -11 & 2 & 2 \\ -4 & 0 & 1 \\ 6 & -1 & -1 \end{pmatrix}. Première ligne : (1)(−11)+(0)(−4)+(2)(6)=1(1)(-11)+(0)(-4)+(2)(6)=1, (1)(2)+(0)(0)+(2)(−1)=0(1)(2)+(0)(0)+(2)(-1)=0, (1)(2)+(0)(1)+(2)(−1)=0(1)(2)+(0)(1)+(2)(-1)=0. En poursuivant sur les deux autres lignes, on obtient I3I_{3}, ce qui valide l'inverse.

c)

X=A−1B=(−1122−4016−1−1)(123)=(−11+4+6−4+0+36−2−3)=(−1−11)X=A^{-1}B=\begin{pmatrix} -11 & 2 & 2 \\ -4 & 0 & 1 \\ 6 & -1 & -1 \end{pmatrix}\begin{pmatrix} 1 \\ 2 \\ 3 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} -11+4+6 \\ -4+0+3 \\ 6-2-3 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} -1 \\ -1 \\ 1 \end{pmatrix}. La solution est x=−1x=-1, y=−1y=-1, z=1z=1. Vérification sur la première équation x+2z=1x+2z=1 : −1+2(1)=1-1+2(1)=1, conforme.

d)

Une fois A−1A^{-1} connue, chaque nouveau système avec la même matrice se résout par un simple produit A−1BA^{-1}B, sans recommencer la réduction : le travail coûteux, l'inversion, n'est fait qu'une seule fois.

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : Démonstration et le cas singulier

Cet exercice mêle une démonstration générale et l'étude d'un système dépendant d'un paramètre.

  • a) Soit A=(1203)A=\begin{pmatrix} 1 & 2 \\ 0 & 3 \end{pmatrix} et B=(4125)B=\begin{pmatrix} 4 & 1 \\ 2 & 5 \end{pmatrix}. Calculez (AB)T(AB)^{T} et BTATB^{T}A^{T}, et vérifiez qu'ils sont égaux. La propriété générale est (AB)T=BTAT(AB)^{T}=B^{T}A^{T} : la transposition renverse l'ordre des facteurs.
  • b) On considère la matrice Ak=(123k)A_{k}=\begin{pmatrix} 1 & 2 \\ 3 & k \end{pmatrix}. Pour quelle valeur de kk la matrice AkA_{k} n'est-elle pas inversible ?
  • c) Discutez, selon la valeur de cc, le nombre de solutions du système {x+2y=33x+6y=c\begin{cases} x+2y=3 \\ 3x+6y=c \end{cases}. Reliez votre réponse au fait que le déterminant de la matrice des coefficients est nul.

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a)
b)
c)
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Réponses

  • a) (AB)T=BTAT=(861115)(AB)^T=B^TA^T=\begin{pmatrix}8&6\\11&15\end{pmatrix}
  • b) k=6k=6
  • c) c=9c=9 : infinité ; sinon aucune
a)

AB=((1)(4)+(2)(2)(1)(1)+(2)(5)(0)(4)+(3)(2)(0)(1)+(3)(5))=(811615)AB=\begin{pmatrix} (1)(4)+(2)(2) & (1)(1)+(2)(5) \\ (0)(4)+(3)(2) & (0)(1)+(3)(5) \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 8 & 11 \\ 6 & 15 \end{pmatrix}, donc (AB)T=(861115)(AB)^{T}=\begin{pmatrix} 8 & 6 \\ 11 & 15 \end{pmatrix}. Par ailleurs BT=(4215)B^{T}=\begin{pmatrix} 4 & 2 \\ 1 & 5 \end{pmatrix} et AT=(1023)A^{T}=\begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 2 & 3 \end{pmatrix}, donc BTAT=((4)(1)+(2)(2)(4)(0)+(2)(3)(1)(1)+(5)(2)(1)(0)+(5)(3))=(861115)B^{T}A^{T}=\begin{pmatrix} (4)(1)+(2)(2) & (4)(0)+(2)(3) \\ (1)(1)+(5)(2) & (1)(0)+(5)(3) \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 8 & 6 \\ 11 & 15 \end{pmatrix}. Les deux résultats coïncident : (AB)T=BTAT(AB)^{T}=B^{T}A^{T}. Remarquez que ATBTA^{T}B^{T}, dans le mauvais ordre, donnerait autre chose : c'est bien l'ordre inversé qui est correct.

b)

det⁡Ak=(1)(k)−(2)(3)=k−6\det A_{k}=(1)(k)-(2)(3)=k-6. La matrice n'est pas inversible lorsque son déterminant est nul, c'est-à-dire pour k=6k=6.

c)

La matrice des coefficients est (1236)\begin{pmatrix} 1 & 2 \\ 3 & 6 \end{pmatrix}, de déterminant (1)(6)−(2)(3)=0(1)(6)-(2)(3)=0 : le système n'a donc pas de solution unique. En détail, la deuxième équation vaut 3x+6y=c3x+6y=c, soit 3(x+2y)=c3(x+2y)=c. Comme la première équation impose x+2y=3x+2y=3, on aurait 3(3)=c3(3)=c, c'est-à-dire c=9c=9. Donc : si c=9c=9, les deux équations sont proportionnelles et le système a une infinité de solutions (toute la droite x+2y=3x+2y=3) ; si c≠9c\neq 9, les deux droites sont parallèles distinctes et le système n'a aucune solution. Le déterminant nul signale exactement cette bascule entre infinité de solutions et aucune.

Exercice 7 : Problème : la billetterie, par la règle de Cramer

Une salle de spectacle vend trois types de billets : étudiant, régulier et VIP, aux prix respectifs de 15 $, 25 $ et 40 $. Pour une représentation, on note ee, rr et vv le nombre de billets de chaque type vendus. On sait que :

il s'est vendu 380 billets en tout ; la recette totale est de 8400 $ ; il s'est vendu deux fois plus de billets réguliers que de billets VIP.

  • a) Traduisez les trois conditions en un système de trois équations aux inconnues ee, rr et vv, puis écrivez la matrice des coefficients AA et calculez det⁡A\det A.
  • b) Résolvez le système par la règle de Cramer, c'est-à-dire en calculant e=det⁡Aedet⁡Ae=\dfrac{\det A_{e}}{\det A}, r=det⁡Ardet⁡Ar=\dfrac{\det A_{r}}{\det A} et v=det⁡Avdet⁡Av=\dfrac{\det A_{v}}{\det A}.
  • c) Question de synthèse : on garde les mêmes 380 billets vendus et la même condition r=2vr=2v, mais on remplace la recette par une valeur cible SS. En traitant d'abord ee, rr et vv comme des nombres réels, pour quelles valeurs de SS existe-t-il une répartition valable, c'est-à-dire avec e≥0e\geq 0, r≥0r\geq 0 et v≥0v\geq 0 ? Interprétez les deux bornes.
  • d) Les billets se vendent à l'unité : ee, rr et vv sont des entiers. Quelle est la plus grande recette réellement possible, et pour quelle répartition ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) det⁡A=−45\det A=-45
  • b) 200, 120, 60
  • c) 5 700≤S≤11 4005\,700\leq S\leq 11\,400
  • d) 11 37011\,370 dollars, avec e=2e=2, r=252r=252 et v=126v=126
a)

Les conditions donnent {e+r+v=38015e+25r+40v=8400r−2v=0\begin{cases} e+r+v=380 \\ 15e+25r+40v=8400 \\ r-2v=0 \end{cases}. La matrice des coefficients est A=(11115254001−2)A=\begin{pmatrix} 1 & 1 & 1 \\ 15 & 25 & 40 \\ 0 & 1 & -2 \end{pmatrix}. Par développement selon la première colonne : det⁡A=1 det⁡(25401−2)−15 det⁡(111−2)+0=1(−50−40)−15(−2−1)=−90+45=−45\det A=1\,\det\begin{pmatrix} 25 & 40 \\ 1 & -2 \end{pmatrix}-15\,\det\begin{pmatrix} 1 & 1 \\ 1 & -2 \end{pmatrix}+0=1(-50-40)-15(-2-1)=-90+45=-45. Comme det⁡A=−45≠0\det A=-45\neq 0, la solution est unique.

b)

On remplace tour à tour chaque colonne par B=(38084000)B=\begin{pmatrix} 380 \\ 8400 \\ 0 \end{pmatrix}. On obtient det⁡Ae=−9000\det A_{e}=-9000, det⁡Ar=−5400\det A_{r}=-5400 et det⁡Av=−2700\det A_{v}=-2700. D'où e=−9000−45=200e=\dfrac{-9000}{-45}=200, r=−5400−45=120r=\dfrac{-5400}{-45}=120 et v=−2700−45=60v=\dfrac{-2700}{-45}=60. Vérification : 200+120+60=380200+120+60=380, 15(200)+25(120)+40(60)=3000+3000+2400=840015(200)+25(120)+40(60)=3000+3000+2400=8400 et 120=2(60)120=2(60). La salle a vendu 200 billets étudiant, 120 réguliers et 60 VIP.

c)

Avec r=2vr=2v, la première équation donne e+2v+v=380e+2v+v=380, soit e=380−3ve=380-3v. La recette devient S=15(380−3v)+25(2v)+40v=5700+45vS=15(380-3v)+25(2v)+40v=5700+45v, d'où v=S−570045v=\dfrac{S-5700}{45}. La contrainte v≥0v\geq 0 impose S≥5700S\geq 5700 : c'est la recette minimale, atteinte quand v=0v=0 (aucun billet régulier ni VIP, 380 billets étudiant, recette 15×380=570015\times 380=5700 $). La contrainte e=380−3v≥0e=380-3v\geq 0 impose v≤3803v\leq \dfrac{380}{3}, donc S≤5700+45⋅3803=5700+5700=11400S\leq 5700+45\cdot\dfrac{380}{3}=5700+5700=11400 : c'est la borne supérieure, la recette qu'on ferait si les billets étudiant disparaissaient entièrement au profit des réguliers et des VIP. Une répartition valable existe donc si et seulement si 5700≤S≤114005700\leq S\leq 11400 $. La recette réelle de 8400 $ est bien dans cet intervalle, ce qui est cohérent avec la solution trouvée en b).

d)

Avec des billets entiers, vv est un entier et e=380−3v≥0e=380-3v\geq 0 impose v≤126v\leq 126, puisque 3×127=381>3803\times 127=381>380. La recette S=5700+45vS=5700+45v croît avec vv : elle est donc maximale pour v=126v=126, soit r=252r=252, e=380−378=2e=380-378=2 et S=5700+45×126=11370S=5700+45\times 126=11370 dollars. La borne 1140011400 de la question c) n'est pas atteinte, car elle demanderait v=3803v=\dfrac{380}{3} billets VIP. Plus généralement, une recette SS correspond à un compte exact de billets seulement si S−570045\dfrac{S-5700}{45} est un entier compris entre 00 et 126126.

Exercice 8 : Système homogène, solutions non triviales et espace des solutions

On considère le système homogène {x+2y−z=02x−y+3z=03x+y+2z=0\begin{cases} x+2y-z=0 \\ 2x-y+3z=0 \\ 3x+y+2z=0 \end{cases}, dont la matrice des coefficients est A=(12−12−13312)A=\begin{pmatrix} 1 & 2 & -1 \\ 2 & -1 & 3 \\ 3 & 1 & 2 \end{pmatrix}.

  • a) Calculez det⁡A\det A. Que peut-on en déduire sur l'existence de solutions autres que la solution nulle ?
  • b) Résolvez le système par la méthode de Gauss et donnez sa solution générale sous forme paramétrée.
  • c) Interprétez géométriquement l'ensemble des solutions dans l'espace.
  • d) Justifiez que tout système linéaire homogène admet au moins une solution, et énoncez la condition exacte pour qu'il en admette une infinité.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) det⁡A=0\det A=0 : solutions non triviales
  • b) t(−1; 1; 1)t(-1;\ 1;\ 1)
  • c) Droite par l'origine
  • d) Infinité si det⁡A=0\det A=0
a)

Par développement selon la première ligne : det⁡A=1((−1)(2)−(3)(1))−2((2)(2)−(3)(3))+(−1)((2)(1)−(−1)(3))=1(−5)−2(−5)−1(5)=−5+10−5=0\det A=1\big((-1)(2)-(3)(1)\big)-2\big((2)(2)-(3)(3)\big)+(-1)\big((2)(1)-(-1)(3)\big)=1(-5)-2(-5)-1(5)=-5+10-5=0. Le déterminant est nul, donc la matrice est singulière : le système homogène admet des solutions non triviales, c'est-à-dire d'autres solutions que (0; 0; 0)(0;\ 0;\ 0). Une remarque accélère tout : la troisième ligne est la somme des deux premières, L3=L1+L2L_{3}=L_{1}+L_{2}, ce qui rendait la dépendance visible sans calcul.

b)

On garde les deux premières équations, la troisième étant redondante. De x+2y−z=0x+2y-z=0 et 2x−y+3z=02x-y+3z=0, on élimine xx : L2←L2−2L1L_{2}\leftarrow L_{2}-2L_{1} donne −5y+5z=0-5y+5z=0, soit y=zy=z. En reportant dans la première : x=z−2y=z−2z=−zx=z-2y=z-2z=-z. En posant z=tz=t comme paramètre libre, la solution générale est (x; y; z)=(−t; t; t)=t(−1; 1; 1)(x;\ y;\ z)=(-t;\ t;\ t)=t(-1;\ 1;\ 1). On peut aussi bien écrire la direction (1; −1; −1)(1;\ -1;\ -1) en changeant le signe du paramètre.

c)

L'ensemble des solutions est une droite passant par l'origine, de vecteur directeur (−1; 1; 1)(-1;\ 1;\ 1). C'est cohérent avec la géométrie : chaque équation homogène représente un plan passant par l'origine, et comme le système est de rang 22 (la troisième équation n'apporte rien), l'intersection commune des trois plans n'est pas réduite au seul point origine mais est une droite entière.

d)

Un système homogène s'écrit AX=0⃗AX=\vec{0}. Le vecteur nul X=0⃗X=\vec{0} le vérifie toujours, car A0⃗=0⃗A\vec{0}=\vec{0} : il existe donc toujours au moins la solution triviale. Le système admet en plus des solutions non triviales, donc une infinité, si et seulement si det⁡A=0\det A=0 (la matrice est singulière, ses colonnes sont linéairement dépendantes). Si det⁡A≠0\det A\neq 0, la seule solution est la solution nulle. Notre système relève du cas det⁡A=0\det A=0, avec une droite entière de solutions. Cet ensemble est stable par somme et par multiple : c'est un sous-espace vectoriel.

−4−3−2−11234−4−3−2−112345toute la DROITEest solution0 est toujourssolution

Exercice 9 : Discussion d'un système à deux paramètres selon le rang

On considère le système {x+y+z=2x+2y+3z=52x+3y+az=b\begin{cases} x+y+z=2 \\ x+2y+3z=5 \\ 2x+3y+az=b \end{cases}, où aa et bb sont deux paramètres réels.

  • a) Calculez le déterminant de la matrice des coefficients en fonction de aa. Pour quelle valeur de aa le système peut-il ne pas avoir de solution unique ?
  • b) Pour a≠4a\neq 4, que peut-on affirmer sur le nombre de solutions, sans les calculer ?
  • c) Placez-vous dans le cas a=4a=4. Discutez le nombre de solutions selon la valeur de bb, en vous appuyant sur une réduction de Gauss.
  • d) Pour a=4a=4 et la valeur de bb qui donne une infinité de solutions, écrivez la solution générale sous forme paramétrée.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) det⁡=a−4\det=a-4 : a=4a=4
  • b) Solution unique
  • c) b=7b=7 : infinité ; sinon aucune
  • d) (−1; 3; 0)+t(1; −2; 1)(-1;\ 3;\ 0)+t(1;\ -2;\ 1)
a)

Le déterminant de (11112323a)\begin{pmatrix} 1 & 1 & 1 \\ 1 & 2 & 3 \\ 2 & 3 & a \end{pmatrix}, développé selon la première ligne, vaut 1(2a−9)−1(a−6)+1(3−4)=2a−9−a+6−1=a−41(2a-9)-1(a-6)+1(3-4)=2a-9-a+6-1=a-4. Il s'annule pour a=4a=4 : c'est la seule valeur pour laquelle le système peut ne pas avoir de solution unique.

b)

Pour a≠4a\neq 4, det⁡≠0\det\neq 0, la matrice est inversible et le système admet une solution unique, quelle que soit la valeur de bb. La règle de Cramer ou l'inverse s'appliquent sans réserve.

c)

Pour a=4a=4, la matrice des coefficients devient (111123234)\begin{pmatrix} 1 & 1 & 1 \\ 1 & 2 & 3 \\ 2 & 3 & 4 \end{pmatrix}, et l'on remarque que L3=L1+L2L_{3}=L_{1}+L_{2}. La compatibilité dépend donc du même test appliqué au membre de droite : il faut que b=2+5=7b=2+5=7. On le voit par réduction : L2←L2−L1L_{2}\leftarrow L_{2}-L_{1} et L3←L3−2L1L_{3}\leftarrow L_{3}-2L_{1} donnent les lignes (0; 1; 2 ∣ 3)(0;\ 1;\ 2\,|\,3) et (0; 1; 2 ∣ b−4)(0;\ 1;\ 2\,|\,b-4) ; puis L3←L3−L2L_{3}\leftarrow L_{3}-L_{2} donne (0; 0; 0 ∣ b−7)(0;\ 0;\ 0\,|\,b-7). Si b≠7b\neq 7, cette ligne s'écrit 0=b−7≠00=b-7\neq 0, une contradiction : le système n'a aucune solution. Si b=7b=7, la ligne devient 0=00=0 : le système a une infinité de solutions.

d)

Pour a=4a=4 et b=7b=7, il reste deux équations indépendantes : x+y+z=2x+y+z=2 et y+2z=3y+2z=3. On prend z=tz=t comme paramètre libre : y=3−2ty=3-2t et x=2−y−z=2−(3−2t)−t=−1+tx=2-y-z=2-(3-2t)-t=-1+t. La solution générale est (x; y; z)=(−1+t; 3−2t; t)=(−1; 3; 0)+t(1; −2; 1)(x;\ y;\ z)=(-1+t;\ 3-2t;\ t)=(-1;\ 3;\ 0)+t(1;\ -2;\ 1). C'est une droite de solutions, cohérente avec le rang 22 de la matrice quand a=4a=4.

a ≠ 4a = 4, b = 7a = 4, b ≠ 7

Exercice 10 : Démonstrations : propriétés de l'inverse et matrices particulières

Les questions a) à c) sont des démonstrations générales portant sur des matrices carrées inversibles d'ordre nn. La question d) illustre le résultat de a) sur un exemple.

  • a) Soit AA et BB deux matrices inversibles de même ordre. Démontrez que ABAB est inversible et que (AB)−1=B−1A−1(AB)^{-1}=B^{-1}A^{-1}, en insistant sur l'ordre des facteurs.
  • b) Démontrez que si AA est inversible, alors ATA^{T} l'est aussi et (AT)−1=(A−1)T(A^{T})^{-1}=(A^{-1})^{T}.
  • c) Démontrez que si une matrice AA vérifie A2=AA^{2}=A et qu'elle est inversible, alors A=IA=I.
  • d) Illustrez a) avec A=(2001)A=\begin{pmatrix} 2 & 0 \\ 0 & 1 \end{pmatrix} et B=(1101)B=\begin{pmatrix} 1 & 1 \\ 0 & 1 \end{pmatrix} : calculez (AB)−1(AB)^{-1} et B−1A−1B^{-1}A^{-1}, et vérifiez qu'ils sont égaux mais que A−1B−1A^{-1}B^{-1} diffère.

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d)
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Réponses

  • a) (AB)−1=B−1A−1(AB)^{-1}=B^{-1}A^{-1}
  • b) (AT)−1=(A−1)T(A^T)^{-1}=(A^{-1})^T
  • c) A−1A2=A−1AA^{-1}A^2=A^{-1}A : A=IA=I
  • d) (12−101)\begin{pmatrix}\frac12&-1\\0&1\end{pmatrix} ; A−1B−1A^{-1}B^{-1} diffère
a)

Il suffit d'exhiber une matrice qui, multipliée par ABAB, donne l'identité des deux côtés. Posons C=B−1A−1C=B^{-1}A^{-1}. Alors (AB)C=(AB)(B−1A−1)=A(BB−1)A−1=A I A−1=AA−1=I(AB)C=(AB)(B^{-1}A^{-1})=A(BB^{-1})A^{-1}=A\,I\,A^{-1}=AA^{-1}=I, en utilisant l'associativité du produit. De même C(AB)=B−1(A−1A)B=B−1IB=B−1B=IC(AB)=B^{-1}(A^{-1}A)B=B^{-1}IB=B^{-1}B=I. Donc ABAB est inversible et son inverse est B−1A−1B^{-1}A^{-1}. L'ordre est renversé : écrire A−1B−1A^{-1}B^{-1} serait faux, car les facteurs intérieurs ne se simplifieraient plus. C'est le même renversement que pour la transposée, (AB)T=BTAT(AB)^{T}=B^{T}A^{T}.

b)

On applique la transposition à l'identité AA−1=IAA^{-1}=I. Comme (XY)T=YTXT(XY)^{T}=Y^{T}X^{T} et IT=II^{T}=I, on obtient (A−1)TAT=I(A^{-1})^{T}A^{T}=I. De même, en transposant A−1A=IA^{-1}A=I, on obtient AT(A−1)T=IA^{T}(A^{-1})^{T}=I. La matrice (A−1)T(A^{-1})^{T} est donc l'inverse de ATA^{T} des deux côtés : ATA^{T} est inversible et (AT)−1=(A−1)T(A^{T})^{-1}=(A^{-1})^{T}.

c)

Partons de A2=AA^{2}=A. Comme AA est inversible, on peut multiplier les deux membres à gauche par A−1A^{-1} : A−1A2=A−1AA^{-1}A^{2}=A^{-1}A. Le membre de gauche vaut A−1(AA)=(A−1A)A=IA=AA^{-1}(AA)=(A^{-1}A)A=IA=A, et le membre de droite vaut II. Donc A=IA=I. Autrement dit, la seule matrice inversible idempotente est l'identité : les autres matrices vérifiant A2=AA^{2}=A (les projecteurs non triviaux) sont toutes singulières.

d)

AB=(2001)(1101)=(2201)AB=\begin{pmatrix} 2 & 0 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}\begin{pmatrix} 1 & 1 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 2 & 2 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}, de déterminant 22, donc (AB)−1=12(1−202)=(12−101)(AB)^{-1}=\dfrac{1}{2}\begin{pmatrix} 1 & -2 \\ 0 & 2 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} \frac{1}{2} & -1 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}. Par ailleurs A−1=(12001)A^{-1}=\begin{pmatrix} \frac{1}{2} & 0 \\ 0 & 1 \end{pmatrix} et B−1=(1−101)B^{-1}=\begin{pmatrix} 1 & -1 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}, donc B−1A−1=(1−101)(12001)=(12−101)=(AB)−1B^{-1}A^{-1}=\begin{pmatrix} 1 & -1 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}\begin{pmatrix} \frac{1}{2} & 0 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} \frac{1}{2} & -1 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}=(AB)^{-1}. En revanche A−1B−1=(12001)(1−101)=(12−1201)≠(AB)−1A^{-1}B^{-1}=\begin{pmatrix} \frac{1}{2} & 0 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}\begin{pmatrix} 1 & -1 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} \frac{1}{2} & -\frac{1}{2} \\ 0 & 1 \end{pmatrix}\neq(AB)^{-1} : le mauvais ordre donne bien un résultat différent.

Partie C : les classiques (/50)

Exercice 11 : Équations matricielles : où placer l'inverse

On considère A=(2153)A=\begin{pmatrix} 2 & 1 \\ 5 & 3 \end{pmatrix} et B=(1021)B=\begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 2 & 1 \end{pmatrix}. On cherche des matrices XX d'ordre 2.

  • a) Montrez que AA est inversible et calculez A−1A^{-1}.
  • b) Résolvez AX=BAX=B.
  • c) Résolvez XA=BXA=B. La solution est-elle la même qu'en b) ?
  • d) Résolvez AX+X=BAX+X=B.
  • e) Un étudiant écrit, pour b), « X=BAX=\frac{B}{A} ». Que faut-il lui répondre ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) A−1=(3−1−52)A^{-1}=\begin{pmatrix}3&-1\\-5&2\end{pmatrix}
  • b) X=(1−1−12)X=\begin{pmatrix}1&-1\\-1&2\end{pmatrix}
  • c) X=(3−110)X=\begin{pmatrix}3&-1\\1&0\end{pmatrix} : différente
  • d) X=17(2−113)X=\frac17\begin{pmatrix}2&-1\\1&3\end{pmatrix}
  • e) Pas de division matricielle
a)

det⁡A=6−5=1≠0\det A=6-5=1\neq 0, donc AA est inversible et A−1=11(3−1−52)=(3−1−52)A^{-1}=\frac{1}{1}\begin{pmatrix} 3 & -1 \\ -5 & 2 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 3 & -1 \\ -5 & 2 \end{pmatrix}.

b)

On multiplie À GAUCHE par A−1A^{-1} : X=A−1B=(3−2−1−5+42)=(1−1−12)X=A^{-1}B=\begin{pmatrix} 3-2 & -1 \\ -5+4 & 2 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 1 & -1 \\ -1 & 2 \end{pmatrix}. Contrôle : AX=(2−1−2+25−3−5+6)=BAX=\begin{pmatrix} 2-1 & -2+2 \\ 5-3 & -5+6 \end{pmatrix}=B.

c)

On multiplie À DROITE par A−1A^{-1} : X=BA−1=(3−16−5−2+2)=(3−110)X=BA^{-1}=\begin{pmatrix} 3 & -1 \\ 6-5 & -2+2 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 3 & -1 \\ 1 & 0 \end{pmatrix}. Contrôle : XA=(6−53−321)=BXA=\begin{pmatrix} 6-5 & 3-3 \\ 2 & 1 \end{pmatrix}=B. La solution diffère de celle de b) : le produit n'étant pas commutatif, le côté où se trouve XX décide du côté où l'on place A−1A^{-1}.

d)

On factorise XX à droite : AX+X=AX+IX=(A+I)X=BAX+X=AX+IX=(A+I)X=B. Écrire (A+1)X(A+1)X n'aurait aucun sens, on n'ajoute pas un nombre à une matrice. A+I=(3154)A+I=\begin{pmatrix} 3 & 1 \\ 5 & 4 \end{pmatrix}, de déterminant 77, d'inverse 17(4−1−53)\frac{1}{7}\begin{pmatrix} 4 & -1 \\ -5 & 3 \end{pmatrix}. Donc X=17(4−2−1−5+63)=17(2−113)X=\frac{1}{7}\begin{pmatrix} 4-2 & -1 \\ -5+6 & 3 \end{pmatrix}=\frac{1}{7}\begin{pmatrix} 2 & -1 \\ 1 & 3 \end{pmatrix}.

e)

La division par une matrice n'existe pas : BA\frac{B}{A} ne dit pas si l'on multiplie par A−1A^{-1} à gauche ou à droite, et c'est justement ce qui change la réponse entre b) et c). On écrit toujours A−1BA^{-1}B ou BA−1BA^{-1}, jamais une fraction.

Le fil : pour isoler XX, on multiplie par l'inverse du même côté que le facteur à éliminer ; XX se met en facteur avec II, pas avec 11.

Exercice 12 : Matrices triangulaires : produits, puissances et inverse

On considère les matrices triangulaires supérieures T=(1203)T=\begin{pmatrix} 1 & 2 \\ 0 & 3 \end{pmatrix} et U=(2−101)U=\begin{pmatrix} 2 & -1 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}, ainsi que la matrice diagonale D=(2000−10003)D=\begin{pmatrix} 2 & 0 & 0 \\ 0 & -1 & 0 \\ 0 & 0 & 3 \end{pmatrix}.

  • a) Calculez TUTU. Quelle forme a le produit, et que valent ses coefficients diagonaux ?
  • b) Calculez T2T^{2} et T3T^{3}, conjecturez l'expression de TnT^{n}, puis démontrez-la par récurrence.
  • c) Calculez T−1T^{-1}. Est-elle encore triangulaire ?
  • d) Calculez D5D^{5} et D−1D^{-1}.
  • e) À quelle condition une matrice triangulaire est-elle inversible ? La matrice (145006002)\begin{pmatrix} 1 & 4 & 5 \\ 0 & 0 & 6 \\ 0 & 0 & 2 \end{pmatrix} l'est-elle ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) TU=(2103)TU=\begin{pmatrix}2&1\\0&3\end{pmatrix}
  • b) Tn=(13n−103n)T^n=\begin{pmatrix}1&3^n-1\\0&3^n\end{pmatrix}
  • c) T−1=(1−23013)T^{-1}=\begin{pmatrix}1&-\frac23\\0&\frac13\end{pmatrix}
  • d) diag(32;−1;243)\text{diag}(32;-1;243) ; diag(12;−1;13)\text{diag}\left(\frac12;-1;\frac13\right)
  • e) Diagonale sans zéro ; ici non
a)

TU=(2−1+203)=(2103)TU=\begin{pmatrix} 2 & -1+2 \\ 0 & 3 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 2 & 1 \\ 0 & 3 \end{pmatrix} : encore triangulaire supérieure, et sa diagonale est le produit terme à terme des diagonales, 1×21\times 2 et 3×13\times 1.

b)

T2=(12+609)=(1809)T^{2}=\begin{pmatrix} 1 & 2+6 \\ 0 & 9 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 1 & 8 \\ 0 & 9 \end{pmatrix} et T3=T2T=(12+24027)=(126027)T^{3}=T^{2}T=\begin{pmatrix} 1 & 2+24 \\ 0 & 27 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 1 & 26 \\ 0 & 27 \end{pmatrix}. Conjecture : Tn=(13n−103n)T^{n}=\begin{pmatrix} 1 & 3^{n}-1 \\ 0 & 3^{n} \end{pmatrix}, vraie pour n=1n=1. Si elle est vraie au rang nn, alors Tn+1=TnT=(12+3(3n−1)03n+1)=(13n+1−103n+1)T^{n+1}=T^{n}T=\begin{pmatrix} 1 & 2+3(3^{n}-1) \\ 0 & 3^{n+1} \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 1 & 3^{n+1}-1 \\ 0 & 3^{n+1} \end{pmatrix} : elle est héréditaire.

c)

det⁡T=3\det T=3 et T−1=13(3−201)=(1−23013)T^{-1}=\frac{1}{3}\begin{pmatrix} 3 & -2 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 1 & -\frac{2}{3} \\ 0 & \frac{1}{3} \end{pmatrix} : triangulaire supérieure, de diagonale formée des inverses 11 et 13\frac{1}{3}.

d)

Pour une matrice diagonale, on élève chaque coefficient diagonal à la puissance : D5=diag(32; −1; 243)D^{5}=\text{diag}(32;\ -1;\ 243), et on les inverse : D−1=diag(12; −1; 13)D^{-1}=\text{diag}\left(\frac{1}{2};\ -1;\ \frac{1}{3}\right).

e)

Le déterminant d'une matrice triangulaire est le produit de ses coefficients diagonaux : elle est inversible si et seulement si aucun d'eux n'est nul. La matrice proposée a un 00 sur la diagonale, son déterminant vaut 1×0×2=01\times 0\times 2=0 : elle n'est pas inversible, malgré ses grands coefficients hors diagonale.

Le fil : produits, puissances et inverses des matrices triangulaires restent triangulaires, et leur diagonale se calcule terme à terme.

Exercice 13 : La trace d'un produit

La trace d'une matrice carrée, notée tr⁡\operatorname{tr}, est la somme de ses coefficients diagonaux. On considère A=(1234)A=\begin{pmatrix} 1 & 2 \\ 3 & 4 \end{pmatrix} et B=(015−2)B=\begin{pmatrix} 0 & 1 \\ 5 & -2 \end{pmatrix}.

  • a) Calculez ABAB et BABA, puis leurs traces. Les deux produits sont-ils égaux ?
  • b) Démontrez que tr⁡(AB)=tr⁡(BA)\operatorname{tr}(AB)=\operatorname{tr}(BA) pour toutes matrices carrées AA et BB d'ordre 2.
  • c) Existe-t-il deux matrices carrées d'ordre 2 telles que AB−BA=IAB-BA=I ? Justifiez.
  • d) Avec E=(1000)E=\begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 0 & 0 \end{pmatrix}, F=(0100)F=\begin{pmatrix} 0 & 1 \\ 0 & 0 \end{pmatrix} et G=(0010)G=\begin{pmatrix} 0 & 0 \\ 1 & 0 \end{pmatrix}, calculez tr⁡(EFG)\operatorname{tr}(EFG) et tr⁡(FEG)\operatorname{tr}(FEG). Qu'en concluez-vous ?
  • e) Montrez que tr⁡(P−1AP)=tr⁡(A)\operatorname{tr}(P^{-1}AP)=\operatorname{tr}(A) pour toute matrice PP inversible, et vérifiez-le avec P=(1101)P=\begin{pmatrix} 1 & 1 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}.

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a)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Traces égales à 5, produits différents
  • b) Mêmes quatre produits
  • c) Non : 0≠20\neq 2
  • d) 1 et 0 : trace cyclique seulement
  • e) Trace 5 conservée
a)

AB=(10−320−5)AB=\begin{pmatrix} 10 & -3 \\ 20 & -5 \end{pmatrix} et BA=(34−12)BA=\begin{pmatrix} 3 & 4 \\ -1 & 2 \end{pmatrix}. Les produits sont différents, mais tr⁡(AB)=10−5=5\operatorname{tr}(AB)=10-5=5 et tr⁡(BA)=3+2=5\operatorname{tr}(BA)=3+2=5.

b)

Avec A=(aij)A=(a_{ij}) et B=(bij)B=(b_{ij}) : tr⁡(AB)=(a11b11+a12b21)+(a21b12+a22b22)\operatorname{tr}(AB)=(a_{11}b_{11}+a_{12}b_{21})+(a_{21}b_{12}+a_{22}b_{22}) et tr⁡(BA)=(b11a11+b12a21)+(b21a12+b22a22)\operatorname{tr}(BA)=(b_{11}a_{11}+b_{12}a_{21})+(b_{21}a_{12}+b_{22}a_{22}). Ce sont les quatre mêmes produits de nombres, rangés autrement : les deux traces sont égales. Le même calcul, ∑i,jaijbji\sum_{i,j}a_{ij}b_{ji}, vaut pour tout ordre nn.

c)

Non. La trace est linéaire, donc tr⁡(AB−BA)=tr⁡(AB)−tr⁡(BA)=0\operatorname{tr}(AB-BA)=\operatorname{tr}(AB)-\operatorname{tr}(BA)=0, alors que tr⁡(I)=2\operatorname{tr}(I)=2. Aucune paire de matrices ne peut vérifier cette égalité, en aucun ordre fini.

d)

EF=(0100)EF=\begin{pmatrix} 0 & 1 \\ 0 & 0 \end{pmatrix}, puis EFG=(1000)EFG=\begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 0 & 0 \end{pmatrix}, de trace 11. FE=(0000)FE=\begin{pmatrix} 0 & 0 \\ 0 & 0 \end{pmatrix}, donc FEGFEG est nulle, de trace 00. On peut faire tourner les facteurs, tr⁡(EFG)=tr⁡(GEF)\operatorname{tr}(EFG)=\operatorname{tr}(GEF), mais pas les permuter librement : la propriété est CYCLIQUE, pas commutative.

e)

Par b) appliqué à P−1AP^{-1}A et PP : tr⁡((P−1A)P)=tr⁡(P(P−1A))=tr⁡(A)\operatorname{tr}\big((P^{-1}A)P\big)=\operatorname{tr}\big(P(P^{-1}A)\big)=\operatorname{tr}(A). Avec P−1=(1−101)P^{-1}=\begin{pmatrix} 1 & -1 \\ 0 & 1 \end{pmatrix} : P−1A=(−2−234)P^{-1}A=\begin{pmatrix} -2 & -2 \\ 3 & 4 \end{pmatrix} et P−1AP=(−2−437)P^{-1}AP=\begin{pmatrix} -2 & -4 \\ 3 & 7 \end{pmatrix}, de trace 5=tr⁡(A)5=\operatorname{tr}(A). Deux matrices semblables ont la même trace, ce qui servira pour les valeurs propres.

Le fil : la trace ne voit pas l'ordre d'un produit de deux facteurs ; c'est ce qui interdit AB−BA=IAB-BA=I et rend la trace invariante par changement de base.

Exercice 14 : Problème : les flux de voitures dans un quartier

Quatre carrefours AA, BB, CC et DD forment un carré parcouru par des rues à sens unique : x1x_{1} voitures par heure vont de AA à BB, x2x_{2} de BB à CC, x3x_{3} de CC à DD et x4x_{4} de DD à AA.

Des rues extérieures apportent et emportent du trafic, en voitures par heure : en AA, 500500 entrent et 200200 sortent ; en BB, 300300 entrent et 400400 sortent ; en CC, 200200 entrent et 600600 sortent ; en DD, 400400 entrent et 200200 sortent. À chaque carrefour, il entre autant de voitures qu'il en sort.

Sur la figure, les flèches vertes entrent dans le quartier et les flèches orange en sortent.

x₁x₂x₃x₄500200A300400B200600C400200D
  • a) Écrivez les quatre équations de conservation.
  • b) Calculez le rang du système. Pourquoi une équation est-elle redondante ?
  • c) Exprimez x2x_{2}, x3x_{3} et x4x_{4} en fonction de x1=tx_{1}=t, puis calculez-les pour t=600t=600.
  • d) Aucun flux ne peut être négatif, les rues étant à sens unique. Quelle est la plus petite valeur possible de x1x_{1} ?
  • e) Des travaux ferment la rue de CC à DD. Quels sont les autres flux ? Pourrait-on en plus limiter la rue de BB à CC à 300300 voitures par heure ?

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b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) x1−x4=300x_1-x_4=300, x1−x2=100x_1-x_2=100, x2−x3=400x_2-x_3=400, x3−x4=−200x_3-x_4=-200
  • b) Rang 3
  • c) t−100t-100, t−500t-500, t−300t-300 ; 500, 100, 300
  • d) x1≥500x_1\geq 500
  • e) x2=400x_2=400, x4=200x_4=200 ; limite impossible
a)

En AA : 500+x4=x1+200500+x_{4}=x_{1}+200, soit x1−x4=300x_{1}-x_{4}=300. En BB : x1+300=x2+400x_{1}+300=x_{2}+400, soit x1−x2=100x_{1}-x_{2}=100. En CC : x2+200=x3+600x_{2}+200=x_{3}+600, soit x2−x3=400x_{2}-x_{3}=400. En DD : x3+400=x4+200x_{3}+400=x_{4}+200, soit x3−x4=−200x_{3}-x_{4}=-200.

b)

Les équations de BB, CC et DD, additionnées, donnent x1−x4=300x_{1}-x_{4}=300, celle de AA. Le rang vaut 33 : quatre inconnues et trois équations indépendantes, donc un paramètre libre. La redondance vient du bilan global : il entre 1 4001\,400 voitures par heure dans le quartier et il en sort 1 4001\,400, donc le dernier carrefour est équilibré dès que les trois autres le sont.

c)

x2=t−100x_{2}=t-100, x3=x2−400=t−500x_{3}=x_{2}-400=t-500 et x4=x3+200=t−300x_{4}=x_{3}+200=t-300. Pour t=600t=600 : x2=500x_{2}=500, x3=100x_{3}=100 et x4=300x_{4}=300. Contrôle en AA : 600−300=300600-300=300.

d)

Il faut t−100≥0t-100\geq 0, t−500≥0t-500\geq 0 et t−300≥0t-300\geq 0 : la contrainte la plus forte est t≥500t\geq 500. Au minimum, 500500 voitures par heure vont de AA à BB, et la rue de CC à DD est alors vide.

e)

x3=0x_{3}=0 impose t=500t=500, donc x1=500x_{1}=500, x2=400x_{2}=400 et x4=200x_{4}=200 : une seule répartition possible. Limiter x2x_{2} à 300300 exigerait t≤400t\leq 400, incompatible avec t≥500t\geq 500 : impossible sans modifier les entrées et sorties, le quartier serait saturé.

Le fil : un réseau de flux se traduit par un système dont le rang dit le nombre de degrés de liberté ; les contraintes physiques découpent ensuite l'intervalle des solutions acceptables.

Exercice 15 : Problème : la production d'une boulangerie en matrices

Une boulangerie fabrique des croissants, des pains au chocolat et des brioches. La matrice MM donne, en grammes, la farine, le beurre et le sucre (lignes) utilisés pour une pièce de chaque produit (colonnes) : M=(50556025251551015)M=\begin{pmatrix} 50 & 55 & 60 \\ 25 & 25 & 15 \\ 5 & 10 & 15 \end{pmatrix}.

Le prix d'achat des ingrédients, en dollars par gramme, est donné par la matrice ligne p=(0,0020,0120,003)p=\begin{pmatrix} 0{,}002 & 0{,}012 & 0{,}003 \end{pmatrix}.

  • a) Une commande comporte 100100 croissants, 8080 pains au chocolat et 5050 brioches, notée q=(1008050)q=\begin{pmatrix} 100 \\ 80 \\ 50 \end{pmatrix}. Calculez MqMq et interprétez.
  • b) Calculez pMpM et interprétez chacun de ses coefficients.
  • c) Calculez le coût des ingrédients de la commande de deux façons, p(Mq)p(Mq) et (pM)q(pM)q.
  • d) Le stock du jour est de 11 90011\,900 grammes de farine, 5 1005\,100 grammes de beurre et 2 0002\,000 grammes de sucre. Calculez det⁡M\det M, puis déterminez la production qui utilise exactement tout le stock.
  • e) Pourquoi la question d) exige-t-elle det⁡M≠0\det M\neq 0, et que signifierait une solution avec une composante négative ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 12 400 g, 5 250 g, 2 050 g
  • b) 0,4150{,}415 ; 0,440{,}44 ; 0,3450{,}345 dollar
  • c) 93,9593{,}95 dollars
  • d) det⁡M=2 250\det M=2\,250 ; 80, 100, 40
  • e) Solution unique ; négatif : impossible
a)

Mq=(5 000+4 400+3 0002 500+2 000+750500+800+750)=(12 4005 2502 050)Mq=\begin{pmatrix} 5\,000+4\,400+3\,000 \\ 2\,500+2\,000+750 \\ 500+800+750 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 12\,400 \\ 5\,250 \\ 2\,050 \end{pmatrix} : la commande demande 12 40012\,400 grammes de farine, 5 2505\,250 de beurre et 2 0502\,050 de sucre. Le produit est défini parce que MM a trois colonnes, une par produit, comme qq a trois lignes.

b)

pM=(0,1+0,3+0,0150,11+0,3+0,030,12+0,18+0,045)=(0,4150,440,345)pM=\begin{pmatrix} 0{,}1+0{,}3+0{,}015 & 0{,}11+0{,}3+0{,}03 & 0{,}12+0{,}18+0{,}045 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 0{,}415 & 0{,}44 & 0{,}345 \end{pmatrix} : le coût des ingrédients d'un croissant, d'un pain au chocolat et d'une brioche, en dollars.

c)

p(Mq)=0,002×12 400+0,012×5 250+0,003×2 050=24,80+63,00+6,15=93,95p(Mq)=0{,}002\times 12\,400+0{,}012\times 5\,250+0{,}003\times 2\,050=24{,}80+63{,}00+6{,}15=93{,}95 dollars. (pM)q=0,415×100+0,44×80+0,345×50=41,50+35,20+17,25=93,95(pM)q=0{,}415\times 100+0{,}44\times 80+0{,}345\times 50=41{,}50+35{,}20+17{,}25=93{,}95 dollars. Même résultat : c'est l'associativité du produit matriciel, lue en ingrédients puis en produits.

d)

det⁡M=50(375−150)−55(375−75)+60(250−125)=11 250−16 500+7 500=2 250≠0\det M=50(375-150)-55(375-75)+60(250-125)=11\,250-16\,500+7\,500=2\,250\neq 0. Le système Mq=sMq=s a une solution unique ; on vérifie que q=(8010040)q=\begin{pmatrix} 80 \\ 100 \\ 40 \end{pmatrix} convient : 4 000+5 500+2 400=11 9004\,000+5\,500+2\,400=11\,900, 2 000+2 500+600=5 1002\,000+2\,500+600=5\,100 et 400+1 000+600=2 000400+1\,000+600=2\,000. La boulangerie peut faire 8080 croissants, 100100 pains au chocolat et 4040 brioches.

e)

Si det⁡M=0\det M=0, les recettes seraient liées, par exemple une recette combinaison des deux autres : le système aurait une infinité de solutions ou aucune, jamais une production unique. Une composante négative serait une solution mathématique sans sens physique : pour vider exactement le stock, il faudrait « défaire » des pâtisseries, et l'on devrait alors renoncer à tout utiliser.

Le fil : lignes et colonnes d'une matrice portent un sens ; un produit matriciel n'est défini que si ces sens s'enchaînent, et une solution n'est acceptable que si elle respecte la réalité.

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