Exercices corrigés : les opérations sur les fonctions (math SN5)
Voici la série complète d'exercices corrigés de mathématiques SN5 sur les opérations sur les fonctions, en trois parties. La partie A couvre les bases : additionner, soustraire, multiplier et diviser deux fonctions, composer deux fonctions (f∘g)(x)=f(g(x)), déterminer le domaine d'une composée et décomposer une fonction en deux fonctions plus simples. La partie B monte au niveau examen : compositions avec les fonctions du cours (racine carrée, exponentielle, logarithme), domaines combinés, équations avec composition et problèmes de coût et de production. La partie C reprend les classiques : évaluer des opérations et des composées (exercice 11), composer trois fonctions et vérifier l'associativité (exercice 12), le domaine qui rétrécit quand on combine deux racines (exercice 13), puis la remise et le rabais appliqués dans les deux ordres (exercice 14) et l'aire d'une nappe de pétrole qui s'étend, exprimée en fonction du temps (exercice 15).
Un réflexe à garder : composer, ce n'est pas multiplier. Dans (f∘g)(x), on applique d'abord g, puis f au résultat, et l'ordre compte : en général f∘g=g∘f, ce que l'exercice 2 montre et que l'exercice 14 chiffre en dollars. Pour le domaine d'une composée, on ne garde que les x acceptés par g dont l'image g(x) est ensuite acceptée par f.
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•Opérations : (f+g)(x)=f(x)+g(x), (f−g)(x)=f(x)−g(x), (f⋅g)(x)=f(x)g(x) et (gf)(x)=g(x)f(x), cette dernière définie seulement là où g(x)=0.
•Domaine d'une somme, d'une différence ou d'un produit : c'est l'intersection des domaines de f et de g. Pour le quotient gf, on retire en plus les valeurs qui annulent g.
•Composition : (f∘g)(x)=f(g(x)) : on applique g d'abord, puis f. En général f∘g=g∘f : l'ordre change le résultat.
•Domaine d'une composée f∘g : ce sont les x du domaine de g tels que g(x) appartient au domaine de f. Exemple : pour g(x), il faut g(x)≥0 ; pour log(g(x)), il faut g(x)>0 ; pour g(x)1, il faut g(x)=0.
•Décomposer une composée : pour h(x)=2x+1, on pose la fonction « intérieure » g(x)=2x+1 et la fonction « extérieure » f(x)=x, de sorte que h=f∘g. La décomposition n'est pas unique.
•Composition et fonctions de base : si f et g sont affines, f∘g l'est aussi ; la composition est associative ((f∘g)∘h=f∘(g∘h)) ; composer avec la fonction identité id(x)=x ne change rien.
Partie A : Opérations et composition (/50)
Exercice 1 : Somme, différence, produit et quotient
On donne les fonctions f(x)=2x+1 (une droite) et g(x)=x2−4 (une parabole), tracées ci-dessous.
a) Déterminez les règles de (f+g)(x) et de (f−g)(x).
b) Déterminez la règle de (f⋅g)(x) (développée).
c) Déterminez la règle de (gf)(x) et donnez son domaine.
d) Évaluez (f+g)(3), (f⋅g)(3) et (gf)(3).
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Réponses
a)(f+g)(x)=x2+2x−3 ; (f−g)(x)=−x2+2x+5
b)2x3+x2−8x−4
c)x2−42x+1, domaine R∖{−2;2}
d)12 ; 35 ; 1,4
a)
La somme et la différence de deux fonctions se calculent TERME À TERME, exactement comme on additionne deux polynômes. (f+g)(x)=(2x+1)+(x2−4)=x2+2x+1−4=x2+2x−3. Pour la différence, il faut distribuer le signe moins sur les DEUX termes de g, ce qui est le piège de la question : (f−g)(x)=(2x+1)−(x2−4)=2x+1−x2+4=−x2+2x+5. Notez que le −4 devient +4. Observation graphique : la somme d'une droite et d'une parabole reste une parabole, mais la différence en RETOURNE l'ouverture, puisque le coefficient dominant passe de +1 à −1.
b)
(f⋅g)(x)=(2x+1)(x2−4). On distribue chaque terme du premier facteur : 2x×x2=2x3, 2x×(−4)=−8x, 1×x2=x2, 1×(−4)=−4. En ordonnant selon les puissances décroissantes : 2x3+x2−8x−4. Le produit d'un polynôme de degré 1 par un de degré 2 donne un degré 3, ce qui fournit un contrôle immédiat du résultat.
c)
(gf)(x)=x2−42x+1. Le domaine exige un dénominateur non nul : x2−4=0 donne (x−2)(x+2)=0, donc x=2 ou x=−2. Domaine : R∖{−2;2}. Le quotient est la SEULE des quatre opérations qui restreigne le domaine : somme, différence et produit de deux polynômes sont définis partout. Notez que ce sont les zéros de g, la fonction du DÉNOMINATEUR, qui sont exclus ; ceux de f ne posent aucun problème et donnent simplement un quotient nul.
d)
On calcule d'abord les valeurs séparément, ce qui est bien plus rapide que de passer par les règles combinées : f(3)=2×3+1=7 et g(3)=32−4=5. Alors (f+g)(3)=7+5=12, (f⋅g)(3)=7×5=35 et (gf)(3)=57=1,4. Contrôle par les règles trouvées : 32+2×3−3=9+6−3=12 ✓ et 2×27+9−24−4=54+9−28=35 ✓. Retenez le principe qui gouverne toute la partie A : évaluer une opération en un point revient à opérer sur les VALEURS, il n'est jamais nécessaire de construire la règle combinée pour répondre à une question numérique.
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Exercice 2 : La composition de fonctions
On donne f(x)=x2+1 et g(x)=3x−2. Composer, c'est enchaîner : (f∘g)(x)=f(g(x)) applique d'abord g, puis f au résultat.
a) Déterminez la règle de (f∘g)(x) (développée).
b) Déterminez la règle de (g∘f)(x).
c) Évaluez (f∘g)(1) et (g∘f)(1).
d) La composition est-elle commutative ? Justifiez à partir de vos résultats.
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Réponses
a)9x2−12x+5
b)3x2+1
c)2 et 4
d)Non : 2=4 en x=1
a)
Composer, c'est enchaîner : dans (f∘g)(x)=f(g(x)), on applique d'abord la fonction de DROITE, g, puis on donne son résultat à manger à f. L'ordre de lecture est donc inverse de l'ordre d'écriture, et c'est la source de la moitié des erreurs. Ici g(x)=3x−2, qu'on substitue partout où f attend son argument : f(3x−2)=(3x−2)2+1. On développe le carré sans oublier le double produit : (3x−2)2=9x2−12x+4, donc (f∘g)(x)=9x2−12x+5.
b)
Dans l'autre sens, on applique d'abord f : (g∘f)(x)=g(x2+1)=3(x2+1)−2=3x2+3−2=3x2+1. Attention à distribuer le 3 sur les deux termes de la parenthèse.
c)
Deux chemins mènent au résultat, et le second est bien plus rapide en examen. Par la règle développée : (f∘g)(1)=9−12+5=2. Par la voie directe, en enchaînant les valeurs : g(1)=3×1−2=1, puis f(1)=12+1=2 ✓. De même (g∘f)(1) : par la règle, 3×1+1=4 ; directement, f(1)=2 puis g(2)=3×2−2=4 ✓. Quand une question ne demande qu'une VALEUR, il ne faut jamais construire la règle composée : deux substitutions numériques suffisent.
d)
Non, la composition n'est PAS commutative. Les deux règles diffèrent, 9x2−12x+5 contre 3x2+1, et il suffit d'un contre-exemple pour le prouver définitivement : en x=1, l'une vaut 2 et l'autre 4. Ce n'est pas une bizarrerie mais la règle générale, et l'intuition est simple : élever au carré puis multiplier par 3 ne donne pas la même chose que multiplier par 3 puis élever au carré, car le carré amplifie le facteur. On peut d'ailleurs comparer les coefficients dominants, 9 contre 3 : dans f∘g, le facteur 3 de g est passé DANS le carré et est devenu 9. Les cas où la commutativité tient existent mais sont exceptionnels, par exemple avec la fonction identité, comme le montrera l'exercice 10.
Exercice 3 : Le domaine d'une fonction composée
Pour une composée f∘g, on ne garde que les x du domaine de g dont l'image g(x) est acceptée par f. Avec une racine carrée, il faut donc que l'expression sous le radical reste ≥0. Le schéma montre g(x)=4−x2 : la composée g(x) n'existe que là où la parabole est au-dessus de l'axe des x.
a) Pour f(x)=x et g(x)=x−3, déterminez la règle et le domaine de (f∘g)(x).
b) Pour les mêmes fonctions, déterminez la règle et le domaine de (g∘f)(x). Comparez avec le a).
c) Pour f(x)=x et g(x)=4−x2, déterminez la règle et le domaine de (f∘g)(x) (aidez-vous du schéma).
d) Expliquez, dans vos mots, la règle générale pour trouver le domaine d'une composée f∘g.
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Réponses
a)x−3 sur [3;+∞[
b)x−3 sur [0;+∞[
c)4−x2 sur [−2;2]
d)x dans le domaine de g, et g(x) dans le domaine de f
a)
(f∘g)(x)=f(x−3)=x−3. Le domaine se lit sur la contrainte de la fonction EXTÉRIEURE appliquée à l'expression intérieure : la racine exige x−3≥0, donc x≥3. Domaine : [3;+∞[.
b)
(g∘f)(x)=g(x)=x−3. Ici la racine porte directement sur x, et la soustraction de 3 vient après, sans rien exiger : la seule contrainte est x≥0. Domaine : [0;+∞[. La comparaison avec a) est instructive : les deux règles sont différentes, x−3 contre x−3, et leurs domaines aussi, [3;+∞[ contre [0;+∞[. L'ordre de composition change donc à la fois la règle ET le domaine, et il ne suffit pas de comparer les formules pour s'en apercevoir.
c)
(f∘g)(x)=4−x2. La racine exige 4−x2≥0, soit x2≤4. Cette inéquation se lit comme une condition de distance : ∣x∣≤2, donc −2≤x≤2. Domaine : [−2;2]. Le schéma le confirme visuellement : la parabole g(x)=4−x2 est au-dessus de l'axe des x exactement entre ses deux zéros −2 et 2, et c'est précisément là que la racine existe. Attention à ne pas conclure x≤2 seul, ce qui oublierait la borne de gauche : passer d'un carré à la variable exige toujours de considérer les deux signes.
d)
La règle générale se formule en deux temps, et il faut les énoncer tous les deux. Premièrement, x doit appartenir au domaine de la fonction INTÉRIEURE g, sans quoi g(x) n'existe même pas. Deuxièmement, la valeur obtenue g(x) doit appartenir au domaine de la fonction EXTÉRIEURE f, sans quoi f ne peut pas l'accepter. Le domaine de f∘g est l'intersection de ces deux conditions. En pratique, la seconde se traduit selon la nature de f : g(x)≥0 sous une racine carrée, g(x)>0 dans un logarithme, g(x)=0 au dénominateur, et aucune condition pour une exponentielle ou un polynôme. Erreur à éviter absolument : lire le domaine sur la forme SIMPLIFIÉE de la composée. En a), x−3 affiche bien sa contrainte, mais dans un cas comme (x)2, la simplification en x ferait disparaître la condition x≥0 qui reste pourtant valable.
Exercice 4 : Décomposer une fonction composée
L'opération inverse de la composition : écrire une fonction compliquée h comme h=f∘g, où g est la fonction « intérieure » et f la fonction « extérieure ».
a) Décomposez h(x)=2x+1 sous la forme f∘g.
b) Décomposez k(x)=(3x−5)2 sous la forme f∘g.
c) Décomposez m(x)=x2+11 sous la forme f∘g.
d) Donnez une AUTRE décomposition valable de k(x)=(3x−5)2, pour montrer que la décomposition n'est pas unique.
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Réponses
a)f(x)=x, g(x)=2x+1
b)f(x)=x2, g(x)=3x−5
c)f(x)=x1, g(x)=x2+1
d)g(x)=3x et f(x)=(x−5)2, par exemple
Méthode pour décomposer : on cherche ce que l'on ferait EN DERNIER si l'on calculait h(x) à la calculatrice. Cette dernière opération est la fonction EXTÉRIEURE f, et tout ce qui la précède constitue la fonction intérieure g.
a)
Pour calculer 2x+1, on calcule d'abord 2x+1, puis on prend la racine. La dernière opération est la racine : f(x)=x et g(x)=2x+1. Vérification : f(g(x))=2x+1=h(x) ✓.
b)
Pour (3x−5)2, on calcule 3x−5 puis on élève au carré : g(x)=3x−5 et f(x)=x2. Vérification : f(g(x))=(3x−5)2=k(x) ✓.
c)
Pour x2+11, on calcule x2+1 puis on prend l'inverse : g(x)=x2+1 et f(x)=x1. Vérification : f(g(x))=x2+11=m(x) ✓. Remarquez au passage que la composée est définie sur R tout entier, bien que f exclue 0 : c'est que g(x)=x2+1 ne vaut jamais 0, il est toujours au moins 1. Une contrainte de la fonction extérieure peut donc ne restreindre rien du tout.
d)
Une autre décomposition de k(x)=(3x−5)2 : posons g(x)=3x et f(x)=(x−5)2. Alors f(g(x))=(3x−5)2=k(x) ✓, tout aussi valable. On pourrait en construire une infinité, par exemple g(x)=3x−5 suivi de f(x)=x2, ou g(x)=9x2 suivi d'une fonction plus tordue. La décomposition n'est donc PAS unique, et c'est une différence importante avec la composition elle-même, qui donne toujours un résultat unique. En pratique, on choisit la décomposition la plus NATURELLE, celle qui isole une fonction de référence du cours, ici le carré. Un dernier point utile en analyse : décomposer sert avant tout à repérer la structure d'une fonction, par exemple pour appliquer une règle qui ne vaut que sur les fonctions de base.
Exercice 5 : Opérations à partir d'une table et d'un graphique
On ne connaît pas toujours les règles : souvent, à l'examen, on lit f et g dans une table ou sur un graphique. Ci-dessous, f et g sont deux droites, et la table donne leurs valeurs aux entiers.
x
0
1
2
3
4
f(x)
1
2
3
4
5
g(x)
4
3
2
1
0
a) À l'aide de la table, calculez (f+g)(2), (f−g)(3) et (f⋅g)(1).
b) Calculez (f∘g)(1) et (g∘f)(2).
c) Que remarquez-vous pour (f+g)(x) sur toute la table ? Interprétez avec les deux droites du graphique.
d) Résolvez (f∘g)(x)=2 à l'aide de la table.
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Réponses
a)5 ; 3 ; 6
b)4 ; 1
c)Constante égale à 5 : pentes opposées +1 et −1
d)x=3
a)
On lit les valeurs dans la table et on opère sur elles, sans avoir besoin des règles. (f+g)(2)=f(2)+g(2)=3+2=5. (f−g)(3)=f(3)−g(3)=4−1=3. (f⋅g)(1)=f(1)×g(1)=2×3=6. Chaque opération se fait POINT PAR POINT : c'est la définition même de la somme, de la différence et du produit de deux fonctions.
b)
Une composition se lit de l'intérieur vers l'extérieur, en deux lectures successives de la table. (f∘g)(1) : on cherche d'abord g(1)=3, puis on cherche f de ce résultat, f(3)=4. Donc (f∘g)(1)=4. (g∘f)(2) : d'abord f(2)=3, puis g(3)=1. Donc (g∘f)(2)=1. Le résultat intermédiaire doit être traité comme une nouvelle entrée, et l'erreur classique consiste à relire la même colonne au lieu de changer de fonction.
c)
La somme (f+g)(x) vaut 5 pour TOUTES les valeurs de la table : elle est constante. L'explication se lit sur le graphique : les deux droites ont des pentes OPPOSÉES, +1 pour f et −1 pour g. Quand x augmente d'une unité, f monte de 1 et g descend de 1, si bien que leur somme ne bouge pas. Algébriquement, la table donne f(x)=x+1 et g(x)=4−x, dont la somme vaut x+1+4−x=5, les termes en x s'annulant ✓. Retenez le principe : la pente d'une somme est la SOMME des pentes, donc deux pentes opposées donnent une somme de pente nulle, c'est-à-dire une constante.
d)
(f∘g)(x)=2 signifie f(g(x))=2. On remonte la chaîne à l'envers, en deux temps. D'abord, pour quelle entrée f vaut-elle 2 ? La table donne f(1)=2, donc il faut g(x)=1. Ensuite, pour quel x a-t-on g(x)=1 ? La table donne g(3)=1, donc x=3. Vérification en refaisant le trajet dans le bon sens : g(3)=1, puis f(1)=2 ✓. Cette résolution à rebours est la difficulté propre aux équations avec composition : on part de la sortie et l'on remonte, alors que le calcul direct part de l'entrée.
Partie B : Niveau examen, composition, domaines et modélisation (/50)
Exercice 6 : Composition avec les fonctions du cours
À l'examen, la composition se combine aux fonctions étudiées cette année (racine, exponentielle, logarithme). Le domaine devient alors la vraie difficulté. On rappelle : exige un argument ≥0, log un argument >0.
a) Pour f(x)=2x et g(x)=x−3, donnez (f∘g)(x), son domaine, puis évaluez (f∘g)(5).
b) Pour f(x)=logx et g(x)=x2−9, donnez (f∘g)(x) et son domaine.
c) Pour f(x)=x et g(x)=x2−9, donnez (f∘g)(x) et son domaine.
d) Pour f(x)=x et g(x)=9−x2, donnez (f∘g)(x) et son domaine. Comparez avec le c).
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Réponses
a)2x−3 sur R ; (f∘g)(5)=4
b)log(x2−9) sur ]−∞;−3[∪]3;+∞[
c)x2−9 sur ]−∞;−3]∪[3;+∞[
d)9−x2 sur [−3;3] : l'intérieur au lieu de l'extérieur
a)
(f∘g)(x)=f(x−3)=2x−3. Une exponentielle accepte N'IMPORTE QUEL exposant réel, positif, négatif ou nul : elle n'impose aucune contrainte. Le domaine est donc celui de g seule, c'est-à-dire R. Évaluation : (f∘g)(5)=25−3=22=4.
b)
(f∘g)(x)=log(x2−9). Le logarithme exige un argument STRICTEMENT positif : x2−9>0, soit x2>9. En repassant à la variable, cela signifie ∣x∣>3, donc x<−3 ou x>3. Domaine : ]−∞;−3[∪]3;+∞[, une réunion de deux intervalles avec des bornes OUVERTES.
c)
(f∘g)(x)=x2−9. La racine carrée, elle, accepte le zéro : la condition est x2−9≥0, donc ∣x∣≥3 et x≤−3 ou x≥3. Domaine : ]−∞;−3]∪[3;+∞[. Comparez soigneusement avec b) : la seule différence est le type de crochet aux bornes ±3, fermé ici parce que 0=0 existe, ouvert là parce que log0 n'existe pas. Cette nuance est un point de barème classique, et elle distingue les deux fonctions.
d)
(f∘g)(x)=9−x2. La condition devient 9−x2≥0, soit x2≤9, donc −3≤x≤3. Domaine : [−3;3], un intervalle unique et BORNÉ. Le contraste avec c) est frappant : en changeant x2−9 en 9−x2, on a inversé la condition, et le domaine est passé de l'EXTÉRIEUR de [−3;3] à son INTÉRIEUR. Les deux domaines sont complémentaires l'un de l'autre, aux bornes près qui appartiennent aux deux puisque l'expression y est nulle. La leçon : le domaine d'une composée dépend de façon décisive du SIGNE de l'expression intérieure, et il faut résoudre l'inéquation plutôt que la deviner.
Exercice 7 : Problème : coût, production et profit
Un atelier fabrique des tabourets. En t heures, il en produit n(t)=15t. Le coût de fabrication de n tabourets est C(n)=200+8n (en dollars). Chaque tabouret est vendu 20 dollars, donc le revenu est R(n)=20n.
a) Exprimez le coût en fonction du temps, (C∘n)(t), puis calculez le coût après 6 heures de production.
b) Exprimez le profit P(n)=R(n)−C(n) en fonction de n.
c) Combien de tabourets faut-il vendre pour que l'atelier commence à faire un profit (seuil de rentabilité) ?
d) Exprimez le profit en fonction du temps, (P∘n)(t), et calculez le profit après 6 heures.
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Réponses
a)200+120t ; 920 dollars
b)P(n)=12n−200
c)17 tabourets
d)180t−200 ; 880 dollars
a)
On compose le coût avec la production : (C∘n)(t)=C(n(t)). On substitue n(t)=15t dans C(n)=200+8n : C(15t)=200+8×15t=200+120t dollars. Interprétation des deux termes, qui est le vrai contenu du modèle : les 200 dollars sont un coût FIXE, payé même sans produire, tandis que les 120 dollars par heure sont le coût VARIABLE, produit du coût unitaire 8 dollars par la cadence de 15 tabourets à l'heure. Après 6 heures : 200+120×6=200+720=920 dollars.
b)
Le profit est la différence entre ce qui rentre et ce qui sort : P(n)=R(n)−C(n)=20n−(200+8n). On distribue le signe moins sur les deux termes : 20n−200−8n=12n−200. Le coefficient 12 est la MARGE unitaire, soit 20 dollars de vente moins 8 dollars de fabrication : chaque tabouret supplémentaire rapporte 12 dollars nets. Le −200 est le coût fixe qu'il faut d'abord rembourser.
c)
Le seuil de rentabilité est atteint quand le profit devient positif : 12n−200>0, donc n>12200≈16,67. Le nombre de tabourets étant nécessairement ENTIER, il faut en vendre au moins 17. Vérification aux deux entiers voisins, qui est ce qui prouve la minimalité : P(16)=12×16−200=192−200=−8 dollars, encore une perte ✗ ; P(17)=204−200=4 dollars, un profit ✓. Arrondir 16,67 à 17 donne ici la bonne réponse, mais c'est le contrôle par encadrement qui la justifie, pas l'arrondi.
d)
On compose à nouveau : (P∘n)(t)=P(n(t))=12×15t−200=180t−200 dollars. Après 6 heures : 180×6−200=1080−200=880 dollars. Contrôle par un chemin totalement différent, qui valide toute la chaîne : en 6 heures on produit n=15×6=90 tabourets, dont le revenu est 20×90=1800 dollars et le coût 920 dollars d'après a), soit un profit de 1800−920=880 dollars ✓. On peut aussi lire le seuil de rentabilité en TEMPS : 180t−200>0 donne t>180200≈1,11 heure, soit environ 1 h 7 min de production avant que l'atelier ne devienne rentable.
Exercice 8 : Domaine : quotient et composée combinés
On donne f(x)=x+2 et g(x)=x−1. Cet exercice combine deux sources de restriction : la racine (argument ≥0) et le dénominateur (jamais nul).
a) Déterminez le domaine de (gf)(x)=x−1x+2.
b) Déterminez le domaine de (fg)(x)=x+2x−1. Pourquoi la borne −2 est-elle exclue ici ?
c) Déterminez la règle et le domaine de (f∘g)(x).
d) Déterminez la règle et le domaine de (g∘f)(x).
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Réponses
a)[−2;1[∪]1;+∞[
b)]−2;+∞[ : la racine au dénominateur ne peut pas être nulle
c)x+1 sur [−1;+∞[
d)x+2−1 sur [−2;+∞[
a)
Deux contraintes se cumulent et il faut les poser séparément. La racine du numérateur exige x+2≥0, donc x≥−2. Le dénominateur exige x−1=0, donc x=1. En combinant : le domaine est [−2;+∞[ privé du point 1, ce qui s'écrit [−2;1[∪]1;+∞[. Notez que la borne −2 est INCLUSE, car 0=0 existe et le dénominateur y vaut −3=0 : la fonction y prend simplement la valeur 0.
b)
Ici la racine est au DÉNOMINATEUR, ce qui change tout. Il faut à la fois que la racine existe, x+2≥0, et qu'elle ne soit pas nulle, x+2=0, c'est-à-dire x+2=0. Les deux conditions se fondent en une seule, STRICTE : x+2>0, donc x>−2. Domaine : ]−2;+∞[. La borne −2 est exclue ici alors qu'elle était incluse en a), et c'est exactement le point de la question : ce n'est pas la racine qui l'exclut, c'est le fait qu'elle se trouve au dénominateur. Une racine au dénominateur transforme systématiquement une inégalité large en inégalité stricte.
c)
(f∘g)(x)=f(x−1)=(x−1)+2=x+1. La simplification x−1+2=x+1 doit être faite AVANT de poser la condition, sinon on risque de la poser sur la mauvaise expression. Il faut x+1≥0, donc x≥−1. Domaine : [−1;+∞[.
d)
(g∘f)(x)=g(x+2)=x+2−1. La soustraction de 1 intervient APRÈS la racine et n'ajoute aucune contrainte : seule subsiste x+2≥0, donc x≥−2. Domaine : [−2;+∞[. Bilan des quatre domaines obtenus, tous différents à partir des deux mêmes fonctions : [−2;1[∪]1;+∞[, ]−2;+∞[, [−1;+∞[ et [−2;+∞[. C'est la meilleure illustration possible du principe du chapitre : le domaine d'une fonction construite à partir d'autres ne se devine pas, il se calcule à partir de la POSITION exacte de chaque contrainte dans l'expression.
Exercice 9 : Résoudre une équation avec composition
On donne f(x)=2x+3 et g(x)=x2. Résoudre une équation de composition, c'est appliquer les fonctions dans le bon ordre, puis remonter à x.
a) Résolvez (f∘g)(x)=11.
b) Résolvez (g∘f)(x)=25.
c) Résolvez (f∘f)(x)=x (les points fixes de f).
d) Pourquoi le b) a-t-il deux solutions et le a) aussi, mais pas les mêmes ? Reliez cela à l'ordre de composition.
Voir la correction
Réponses
a)x=±2
b)x=−4 ou x=1
c)x=−3
d)La multiplicité vient du carré ; sa position dans la chaîne change les valeurs de x
a)
(f∘g)(x)=f(x2)=2x2+3. L'équation devient 2x2+3=11, donc 2x2=8, puis x2=4 et x=±2. Deux solutions, −2 et 2. Vérification : g(2)=4 puis f(4)=11 ✓, et g(−2)=4 également, donc f(4)=11 ✓ aussi.
b)
(g∘f)(x)=(f(x))2=(2x+3)2. L'équation (2x+3)2=25 ne se résout pas en prenant naïvement la racine : un carré égal à 25 signifie que la base vaut 5 OU −5. Donc 2x+3=5, ce qui donne 2x=2 et x=1 ; ou 2x+3=−5, ce qui donne 2x=−8 et x=−4. Deux solutions, 1 et −4. Vérification : f(1)=5 puis 52=25 ✓, et f(−4)=−5 puis (−5)2=25 ✓. Oublier la branche négative est l'erreur la plus fréquente, et elle coûte la moitié des points.
c)
(f∘f)(x)=f(2x+3)=2(2x+3)+3=4x+6+3=4x+9. L'équation des points fixes est 4x+9=x, donc 4x−x=−9, soit 3x=−9 et x=−3. Un unique point fixe. Vérification : f(−3)=2×(−3)+3=−3 ✓, la fonction laisse bien −3 inchangé, et par conséquent f∘f aussi. Interprétation graphique : −3 est l'abscisse du point où la droite y=2x+3 coupe la droite y=x, et une droite non parallèle à la bissectrice n'en coupe qu'une, d'où l'unicité.
d)
Les deux questions ont deux solutions, mais pour des raisons différentes, et c'est là que se joue la compréhension. Dans a), on applique d'abord le CARRÉ : x2 n'est pas injective, deux abscisses opposées donnent la même image, et les deux solutions ±2 sont donc symétriques par rapport à zéro. Dans b), on applique d'abord la droite f, qui est injective et ne crée aucune ambiguïté ; les deux solutions viennent du carré appliqué ENSUITE, qui admet deux antécédents ±5, lesquels remontent par f en deux valeurs 1 et −4 non symétriques. Autrement dit, la multiplicité apparaît toujours au moment où l'on inverse le carré, mais sa POSITION dans la chaîne détermine à quelles valeurs de x elle aboutit. C'est encore une manifestation de la non-commutativité établie à l'exercice 2.
Exercice 10 : Propriétés de la composition
On étudie le comportement général de la composition sur les fonctions affines f(x)=ax+b.
a) Montrez que si f(x)=ax+b et g(x)=cx+d sont affines, alors f∘g est aussi affine ; donnez sa pente et son ordonnée à l'origine.
b) Avec f(x)=2x+1 et g(x)=3x−4, calculez (f∘g)(x) et (g∘f)(x). Ont-ils la même pente ? La même ordonnée à l'origine ?
c) On garde f(x)=2x+1 et on pose g(x)=x+c. Pour quelle valeur de c a-t-on f∘g=g∘f ? Interprétez.
d) Vérifiez l'associativité (f∘g)∘h=f∘(g∘h) sur f(x)=x+1, g(x)=2x et h(x)=x2, au point x=2.
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Réponses
a)(f∘g)(x)=(ac)x+(ad+b) : affine, pente ac
b)6x−7 et 6x−1 : même pente, ordonnées différentes
c)c=0 : g est l'identité, élément neutre
d)9=9 ✓
a)
(f∘g)(x)=f(cx+d)=a(cx+d)+b. On distribue : acx+ad+b=(ac)x+(ad+b). L'expression obtenue est de la forme « nombre fois x plus nombre », donc f∘g est bien AFFINE. Sa pente est ac, le PRODUIT des deux pentes, et son ordonnée à l'origine est ad+b. Notez l'asymétrie : la pente est symétrique en a et c, donc elle ne change pas si l'on inverse l'ordre de composition, alors que l'ordonnée à l'origine, elle, ne l'est pas. C'est ce qui va expliquer b).
b)
(f∘g)(x)=2(3x−4)+1=6x−8+1=6x−7. (g∘f)(x)=3(2x+1)−4=6x+3−4=6x−1. Les deux ont la MÊME pente, 6=2×3, conformément à la formule de a). Mais leurs ordonnées à l'origine diffèrent : ad+b=2×(−4)+1=−7 dans un sens, cb+d=3×1−4=−1 dans l'autre. Les deux composées sont donc des droites PARALLÈLES mais distinctes, décalées verticalement de 6 unités. C'est une non-commutativité plus subtile que celle de l'exercice 2 : la forme générale est conservée, seul le décalage change.
c)
(f∘g)(x)=2(x+c)+1=2x+2c+1 et (g∘f)(x)=(2x+1)+c=2x+1+c. Les pentes sont automatiquement égales, toutes deux valant 2, puisque la pente de g vaut 1. L'égalité des deux composées se réduit donc à celle des ordonnées à l'origine : 2c+1=1+c, d'où 2c−c=0 et c=0. Cela donne g(x)=x, la fonction IDENTITÉ. Interprétation : composer avec l'identité ne change rien, ni dans un sens ni dans l'autre, donc la commutativité y est automatique. L'identité joue pour la composition le rôle que joue 1 pour la multiplication, c'est ce qu'on appelle un élément neutre.
d)
On calcule les deux membres séparément en x=2. Membre de droite : (g∘h)(x)=g(x2)=2x2, donc en x=2 cela vaut 2×4=8, et f(8)=8+1=9. Membre de gauche : (f∘g)(x)=f(2x)=2x+1, et h(2)=4, donc (f∘g)(4)=2×4+1=9. Les deux valent 9 ✓ : l'associativité est vérifiée sur cet exemple. Elle est en fait vraie en général, et pour une raison très simple : les deux écritures décrivent le même enchaînement d'opérations, appliquer h, puis g, puis f, et seuls les parenthésages diffèrent. C'est pourquoi on écrit souvent f∘g∘h sans parenthèses. Bilan du chapitre : la composition est ASSOCIATIVE et possède un ÉLÉMENT NEUTRE, l'identité, mais elle n'est PAS commutative, exactement comme la multiplication des matrices.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Évaluer des opérations et des composées
On donne f(x)=x2−3 et g(x)=2x+1. Calculez chacune des valeurs suivantes en détaillant l'ordre des opérations.
a) (f+g)(2)
b) (f⋅g)(−1)
c) (gf)(0)
d) (f∘g)(3) et (g∘f)(3)
e) (f∘f)(1)
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Réponses
a)6
b)2
c)−3
d)46 et 13
e)1
Deux gestes différents à ne pas confondre. Pour une SOMME ou un PRODUIT, on évalue les deux fonctions au même point, puis on combine les nombres. Pour une COMPOSÉE, on évalue la fonction de droite, et son résultat devient la valeur d'entrée de la fonction de gauche.
a)
f(2)=4−3=1 et g(2)=5, donc (f+g)(2)=1+5=6. On peut aussi former d'abord la règle (f+g)(x)=x2+2x−2 puis évaluer : 4+4−2=6 ✓. Les deux chemins donnent le même résultat, et le premier est plus rapide quand on ne demande qu'une valeur.
b)
f(−1)=1−3=−2 et g(−1)=−2+1=−1, donc (f⋅g)(−1)=(−2)×(−1)=2.
c)
f(0)=−3 et g(0)=1, donc (gf)(0)=1−3=−3. Il faut au passage vérifier que le dénominateur n'est pas nul : g s'annule en x=−0,5, valeur qui est donc exclue du domaine du quotient, mais 0 n'est pas cette valeur.
d)
(f∘g)(3)=f(g(3))=f(7)=49−3=46. Dans l'autre ordre : (g∘f)(3)=g(f(3))=g(6)=13. Les deux résultats sont très différents, ce qui confirme que la composition n'est PAS commutative. Le sens de lecture est le point à retenir : dans f∘g, c'est g qui agit en premier, bien qu'elle soit écrite en second.
e)
(f∘f)(1)=f(f(1))=f(1−3)=f(−2)=4−3=1. On applique deux fois la même fonction, et l'on retombe ici sur 1 : le nombre 1 n'est pas un point fixe de f, puisque f(1)=−2=1, mais il revient au bout de DEUX applications, ce qu'on appelle un cycle. Le vérifier demande simplement de ne pas confondre f(f(1)) avec (f(1))2 ou avec 2f(1).
Exercice 12 : Composer trois fonctions
On donne f(x)=x+2, g(x)=3x et h(x)=x2.
a) Déterminez la règle de (f∘g∘h)(x), puis évaluez-la en x=2.
b) Déterminez la règle de (h∘g∘f)(x), puis évaluez-la en x=2.
c) Déterminez la règle de (g∘f∘h)(x).
d) Vérifiez l'associativité en calculant ((f∘g)∘h)(2) et (f∘(g∘h))(2).
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Réponses
a)3x2+2 ; 14
b)(3x+6)2 ; 144
c)3x2+6
d)14=14 ✓
La règle de lecture, valable quel que soit le nombre de fonctions : on applique celle qui est le plus à DROITE en premier, puis on remonte vers la gauche. Écrire les étapes une par une, sans chercher à tout faire de tête, est ce qui distingue une copie juste d'une copie fausse.
a)
On part de h : h(x)=x2. Puis g : g(x2)=3x2. Puis f : f(3x2)=3x2+2. La règle est (f∘g∘h)(x)=3x2+2. En x=2 : 3×4+2=14. Contrôle en suivant le chemin numérique : 2→4→12→14 ✓.
b)
On part de f : f(x)=x+2. Puis g : g(x+2)=3(x+2)=3x+6. Puis h : h(3x+6)=(3x+6)2. La règle est (h∘g∘f)(x)=(3x+6)2=9x2+36x+36. En x=2 : (6+6)2=144. Chemin numérique : 2→4→12→144 ✓. La comparaison avec a) est parlante : les mêmes trois fonctions, dans un autre ordre, donnent 14 d'un côté et 144 de l'autre.
c)
On part de h : x2. Puis f : x2+2. Puis g : 3(x2+2)=3x2+6. La règle est (g∘f∘h)(x)=3x2+6. Comparée à a), elle ne diffère que par la constante, 6 au lieu de 2 : c'est l'effet du facteur 3 qui, appliqué APRÈS l'addition de 2, multiplie cette constante.
d)
(f∘g)(x)=f(3x)=3x+2, donc ((f∘g)∘h)(2)=(f∘g)(4)=12+2=14. De l'autre côté, (g∘h)(x)=g(x2)=3x2, donc (f∘(g∘h))(2)=f(12)=14. Les deux valent 14 ✓.
L'associativité de la composition est générale : le regroupement des parenthèses ne change rien, seul l'ORDRE des fonctions compte. C'est exactement l'inverse de la commutativité, qui, elle, est fausse en général comme le montrent a) et b). Retenir cette dissymétrie évite deux erreurs opposées : croire qu'on peut permuter les fonctions, et croire qu'il faut composer strictement de droite à gauche sans jamais regrouper.
Exercice 13 : Quand le domaine rétrécit
On donne f(x)=x+3 et g(x)=5−x. Déterminez le domaine de chaque opération demandée, en justifiant.
a) Donnez d'abord le domaine de f et celui de g.
b) Donnez le domaine de (f+g) et celui de (f⋅g).
c) Donnez le domaine de (gf) et celui de (fg).
d) Évaluez (f+g)(1) et (f⋅g)(1), puis dites pourquoi (f+g)(6) n'existe pas.
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Réponses
a)[−3;+∞[ et ]−∞;5]
b)[−3;5] pour les deux
c)[−3;5[ et ]−3;5]
d)4 ; 4 ; g(6)=−1 n'existe pas
a)
Pour f : x+3≥0, donc le domaine est [−3;+∞[. Pour g : 5−x≥0, donc x≤5 et le domaine est ]−∞;5]. Chacune prise séparément est définie sur une demi-droite infinie.
b)
Une somme ou un produit n'existe que là où LES DEUX fonctions existent : le domaine est l'INTERSECTION des deux domaines. Ici [−3;+∞[∩]−∞;5]=[−3;5]. Le domaine de f+g et celui de f⋅g sont donc tous les deux [−3;5], un intervalle BORNÉ alors que chaque fonction, seule, était définie sur une demi-droite. C'est le phénomène que l'exercice veut faire voir : combiner deux fonctions rétrécit le domaine, il ne l'agrandit jamais.
c)
Pour un quotient, on part de la même intersection [−3;5], puis on retire les valeurs qui annulent le DÉNOMINATEUR. Pour gf, le dénominateur g s'annule en x=5 : le domaine est [−3;5[. Pour fg, le dénominateur f s'annule en x=−3 : le domaine est ]−3;5]. Les deux quotients n'ont donc pas le même domaine, alors que les deux produits l'avaient : c'est la borne exclue qui change de côté, et l'oublier coûte la question.
d)
(f+g)(1)=4+4=2+2=4. (f⋅g)(1)=2×2=4, égalité fortuite qui tient au fait que les deux racines valent 2 en ce point.
Enfin (f+g)(6) n'existe pas parce que g(6)=5−6=−1 n'est pas un nombre réel, alors même que f(6)=3 existe très bien. Il suffit qu'UNE des deux fonctions manque à l'appel pour que la somme n'ait pas de sens : c'est la règle de l'intersection, vue sur un cas concret. Une copie qui répond « 3+ quelque chose » a oublié de poser le domaine avant de calculer.
Exercice 14 : Problème : la remise et le rabais
Un magasin offre deux avantages sur un article de prix p : une remise de 20 pour cent, décrite par r(p)=0,8p, et un rabais fixe de 10 dollars, décrit par d(p)=p−10. Les deux s'appliquent l'un après l'autre, mais l'ordre n'est pas précisé.
La figure ci-dessous représente les deux ordres possibles.
a) Déterminez la règle de (d∘r)(p) et celle de (r∘d)(p). Décrivez en mots ce que fait chacune.
b) Un article coûte 120 dollars. Calculez le prix final dans les deux ordres.
c) Quel ordre le client doit-il demander ? De combien est l'écart, et dépend-il du prix de l'article ?
d) Le magasin veut que les deux ordres donnent le même prix final en modifiant le rabais fixe. Est-ce possible ?
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Réponses
a)(d∘r)(p)=0,8p−10 ; (r∘d)(p)=0,8p−8
b)86 dollars ; 88 dollars
c)Remise d'abord ; écart de 2 dollars, indépendant du prix
d)Non, sauf c=0
a)
(d∘r)(p)=d(0,8p)=0,8p−10 : on applique d'abord la remise de 20 pour cent, puis on retranche 10 dollars. (r∘d)(p)=r(p−10)=0,8(p−10)=0,8p−8 : on retranche d'abord 10 dollars, puis on applique la remise, laquelle porte donc aussi sur le rabais et le réduit à 8 dollars effectifs.
b)
Pour p=120 : (d∘r)(120)=96−10=86 dollars. (r∘d)(120)=0,8×110=88 dollars. Les deux ordres ne donnent pas le même prix, ce qui est la démonstration concrète que la composition n'est pas commutative.
c)
Le client a intérêt à demander la REMISE D'ABORD, puis le rabais : il paie 86 dollars au lieu de 88. L'écart est de 2 dollars, et il ne dépend pas du prix. On le voit en soustrayant les deux règles : (0,8p−8)−(0,8p−10)=2, où le terme en p disparaît. Autrement dit, l'écart vaut toujours 20 pour cent du rabais fixe, soit 0,2×10=2 dollars, que l'article coûte 50 ou 5000 dollars. C'est un résultat qu'on peut vérifier sur un second prix : pour p=40, on obtient 22 dollars contre 24 dollars, écart de 2 dollars ✓.
d)
Non, sauf à supprimer le rabais. Notons c le rabais fixe. Les deux règles sont 0,8p−c et 0,8(p−c)=0,8p−0,8c. Elles coïncident si et seulement si c=0,8c, donc si 0,2c=0, c'est-à-dire c=0.
Tant qu'il existe un vrai rabais, l'ordre comptera toujours, et il jouera toujours en faveur du client qui obtient la remise en premier. Le raisonnement général vaut la peine d'être retenu : une transformation multiplicative et une transformation additive ne commutent jamais, sauf cas dégénéré. C'est exactement la même chose que l'ordre des transformations d'une fonction, où l'étirement doit précéder la translation, et c'est pourquoi un problème de remise est un bon test de compréhension de la composition.
Exercice 15 : Problème : la nappe de pétrole
Une nappe de pétrole circulaire s'étend à partir d'un point de fuite. Son rayon augmente de 3 mètres par minute, donc r(t)=3t avec t en minutes. L'aire d'un disque de rayon r vaut A(r)=πr2.
La figure ci-dessous représente la situation.
a) Quel est le rayon de la nappe après 5 minutes ? Quelle est alors son aire, au centième près ?
b) Déterminez la règle de (A∘r)(t), qui donne l'aire directement en fonction du temps.
c) Au bout de combien de temps l'aire atteint-elle 5000 mètres carrés ? Arrondissez au centième de minute.
d) Si l'on double le temps écoulé, par quel facteur l'aire est-elle multipliée ? Justifiez algébriquement.
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Réponses
a)15 m ; 225π≈706,86 m²
b)9πt2
c)≈13,30 min
d)×4 : (2t)2=4t2
a)
Après 5 minutes, r(5)=15 m. L'aire vaut alors A(15)=π×225=225π≈706,86 m carrés. On a bien enchaîné les deux fonctions, mais en deux temps : c'est exactement ce que la composition fait en une seule règle.
b)
(A∘r)(t)=A(r(t))=A(3t)=π(3t)2=9πt2. Le carré porte sur TOUT le contenu de la parenthèse, coefficient 3 compris, d'où le 9 : écrire 3πt2 est l'erreur presque systématique de cette question. Contrôle avec a) : 9π×25=225π ✓, la même valeur qu'en passant par le rayon.
c)
On résout 9πt2=5000, donc t2=9π5000≈176,84 et t=176,84≈13,30 minutes. On ne garde que la racine positive, un temps ne pouvant pas être négatif. Vérification : 9π×13,302≈5000 ✓. La nappe couvre donc un demi-hectare en un peu plus de treize minutes, ce qui donne une idée concrète de la vitesse de propagation.
d)
La composée est 9πt2, donc en remplaçant t par 2t : 9π(2t)2=9π×4t2=4×9πt2. L'aire est donc QUADRUPLÉE, et le facteur 4 ne dépend ni de t ni des constantes.
Ce résultat est la raison d'être de la composition dans ce problème. Le rayon, lui, ne fait que doubler : c'est le passage au carré, dans la formule de l'aire, qui transforme un doublement en quadruplement. Contrôle numérique : à 5 minutes l'aire vaut environ 707 m carrés, à 10 minutes environ 2827 m carrés, soit bien quatre fois plus ✓. Une nappe de pétrole grandit donc beaucoup plus vite en surface qu'elle ne s'étend en rayon, ce qui explique pourquoi les premières minutes d'intervention comptent autant.
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