Chimie des solutions 202-NYB • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal

Exercices corrigés : l'équilibre chimique (202-NYB)

Voici la série d'exercices corrigés de chimie du cours 202-NYB sur l'équilibre chimique. La partie A construit l'outillage : écrire une constante d'équilibre, comparer le quotient réactionnel Q à K pour prédire le sens d'évolution, manipuler les constantes (réaction inverse, demi-équation), dresser un tableau ICE avec le test des 5 % avant de résoudre la quadratique complète, passer de Kc à Kp sans se tromper de constante des gaz, et traiter les équilibres hétérogènes où les solides purs n'apparaissent pas. La partie B monte au niveau examen : le degré de dissociation et sa réponse à la dilution, les trois pièges classiques du principe de Le Chatelier tranchés par le quotient réactionnel plutôt que par une règle apprise, une équation d'équilibre qui se résout par un carré parfait, et la relation de van 't Hoff exploitée pour remonter à l'enthalpie de réaction.

Cette série s'adresse aux étudiants de cégep en Sciences de la nature comme aux élèves de Terminale du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas qui suivent le complément québécois de chimie (spécialité physique-chimie). L'équilibre de 202-NYB est le grand chapitre quantitatif du cours : le tableau ICE y devient un rituel, et le principe de Le Chatelier passe du qualitatif au raisonnement industriel chiffré.

Le réflexe à garder tout du long : avant tout calcul d'équilibre, comparez le quotient réactionnel QQ à la constante KcK_{c}. Cette comparaison dit dans quel sens le système va évoluer, donc quel signe donner aux variations du tableau ICE. Un tableau monté dans le mauvais sens produit des concentrations négatives, et l'erreur se paie en cascade.

Série autocorrigée Tape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.

Ce chapitre fait partie de Chimie des solutions, 202-NYB
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (8 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1La mole et la quantité de matièreSecondaire 5 SN5
  2. 2La vitesse de réactionSecondaire 5 SN5
  3. 3L'équilibre chimiqueSecondaire 5 SN5
  4. 4La mesure au laboratoire, chiffres significatifs et incertitudesChimie générale 202-SF1-RE (ancien 202-NYA)
  5. 5Structure atomique et configuration électroniqueChimie générale 202-SF1-RE (ancien 202-NYA)
  6. 6Liaison chimique et géométrie moléculaireChimie générale 202-SF1-RE (ancien 202-NYA)
  7. 7Stœchiométrie, réactif limitant et rendementChimie générale 202-SF1-RE (ancien 202-NYA)
  8. 8La cinétique chimique

Rappel de cours

  • Pour aA+bBcC+dDaA+bB\rightleftharpoons cC+dD : Kc=[C]c[D]d[A]a[B]bK_{c}=\frac{[C]^{c}[D]^{d}}{[A]^{a}[B]^{b}}, concentrations À L'ÉQUILIBRE. Les solides et liquides purs n'y figurent pas (leur "concentration" est constante).
  • Le quotient réactionnel QQ a la même expression, avec les concentrations ACTUELLES. Si Q<KcQ<K_{c} : évolution vers les produits (sens direct); si Q>KcQ>K_{c} : vers les réactifs; si Q=KcQ=K_{c} : équilibre atteint.
  • Manipulations : inverser l'équation donne K=1KK'=\frac{1}{K}; multiplier les coefficients par nn élève KK à la puissance nn; additionner deux équations multiplie leurs constantes.
  • Tableau ICE (Initial, Changement, Équilibre) : poser xx sur la variation, exprimer chaque concentration d'équilibre, substituer dans KcK_{c}. Approximation du xx négligeable : valide si x<5x<5 % de la concentration initiale; sinon, résoudre la quadratique complète.
  • Principe de Le Chatelier : un système à l'équilibre soumis à une perturbation évolue dans le sens qui l'atténue. Concentration : fuir l'espèce ajoutée. Volume réduit (pression accrue) : aller vers le côté ayant le MOINS de moles gazeuses. Température : traiter la chaleur comme un réactif (endothermique) ou un produit (exothermique) : c'est la SEULE perturbation qui change la valeur de KK.
  • Un catalyseur accélère les deux sens également : l'équilibre est atteint plus vite, mais sa position ne bouge pas.

Partie A : Constante, tableau ICE et Le Chatelier (/50)

Exercice 1 : Écrire K et prédire le sens

À 430 °C, la réaction H2(g)+I2(g)2HI(g)H_{2}(g)+I_{2}(g)\rightleftharpoons 2HI(g) a une constante Kc=54,3K_{c}=54{,}3.

  • a) Écrivez l'expression de KcK_{c} pour cette réaction, puis celle de la réaction CaCO3(s)CaO(s)+CO2(g)CaCO_{3}(s)\rightleftharpoons CaO(s)+CO_{2}(g). Justifiez la différence de traitement.
  • b) Que signifie concrètement une constante très grande (Kc=4×1031K_{c}=4\times 10^{31}) ? Très petite (Kc=1×1030K_{c}=1\times 10^{-30}) ? Et 54,3 ?
  • c) On mélange [H2]=[I2]=[HI]=0,10[H_{2}]=[I_{2}]=[HI]=0{,}10 mol/L à 430 °C. Calculez le quotient réactionnel et prédisez le sens d'évolution.
  • d) L'équilibre est-il un état où "il ne se passe plus rien" ? Décrivez ce qui se passe à l'échelle moléculaire quand Q=KcQ=K_{c}.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/7

a)
b)
c)
d)
Voir la correction

Réponses

  • a) Kc=[HI]2[H2][I2]K_{c}=\frac{[HI]^{2}}{[H_{2}][I_{2}]} ; pour le calcaire Kc=[CO2]K_{c}=[CO_{2}], les solides sont exclus
  • b) Très grande : réaction quasi complète. Très petite : quasi nulle. 54,3 : produits favorisés, réactifs encore mesurables
  • c) Q=1,0<Kc=54,3Q=1{,}0<K_{c}=54{,}3, évolution dans le sens direct
  • d) Non : l'équilibre est dynamique, les deux sens tournent à la même vitesse

a) Kc=[HI]2[H2][I2]K_{c}=\frac{[HI]^{2}}{[H_{2}][I_{2}]}. Pour le calcaire : Kc=[CO2]K_{c}=[CO_{2}] seulement : les deux solides sont exclus. Un solide pur a une "concentration" (densité molaire) fixée par sa nature, pas par la quantité présente : elle est constante et s'absorbe dans KK. C'est pourquoi la pression de CO2CO_{2} au-dessus du calcaire chauffé ne dépend pas de la taille du tas de pierre.

b) KK mesure le rapport produits/réactifs à l'arrivée. K=4×1031K=4\times 10^{31} : la réaction est quasi complète, il ne reste que des traces de réactifs. K=1030K=10^{-30} : la réaction ne se produit pratiquement pas. K=54,3K=54{,}3 : cas intermédiaire intéressant, produits nettement favorisés mais réactifs encore présents en quantité mesurable : c'est là que les tableaux ICE ont du travail.

c) Q=(0,10)2(0,10)(0,10)=1,0Q=\frac{(0{,}10)^{2}}{(0{,}10)(0{,}10)}=1{,}0. Comme Q=1,0<Kc=54,3Q=1{,}0<K_{c}=54{,}3, le numérateur doit croître : le système évolue dans le SENS DIRECT, il fabrique du HIHI en consommant H2H_{2} et I2I_{2}, jusqu'à ce que QQ rejoigne 54,3.

d) Non : l'équilibre est DYNAMIQUE. Quand Q=KcQ=K_{c}, les deux réactions continuent à l'échelle moléculaire, mais à la MÊME vitesse : chaque HIHI formé quelque part est compensé par un HIHI dissocié ailleurs. Les concentrations macroscopiques sont figées, le trafic moléculaire, lui, est intense dans les deux sens : l'immobilité n'est qu'une moyenne.

24681012-0.4-0.20.20.40.60.811.21.4concentrationtempsreactifproduitequilibre atteintles concentrations ne bougent plus, mais les deuxreactions CONTINUENT, a vitesses egales

Exercice 2 : Calculer K et le manipuler

À une certaine température, la synthèse de l'ammoniac N2(g)+3H2(g)2NH3(g)N_{2}(g)+3H_{2}(g)\rightleftharpoons 2NH_{3}(g) atteint l'équilibre avec [N2]=0,30[N_{2}]=0{,}30 mol/L, [H2]=0,90[H_{2}]=0{,}90 mol/L et [NH3]=0,18[NH_{3}]=0{,}18 mol/L.

  • a) Calculez KcK_{c}.
  • b) Déduisez, sans nouveau calcul d'équilibre, la constante de la réaction INVERSE 2NH3N2+3H22NH_{3}\rightleftharpoons N_{2}+3H_{2}.
  • c) Déduisez la constante de la demi-équation 12N2+32H2NH3\frac{1}{2}N_{2}+\frac{3}{2}H_{2}\rightleftharpoons NH_{3}.
  • d) Ces trois constantes décrivent-elles trois chimies différentes ? Expliquez pourquoi l'état d'équilibre physique est le même dans les trois cas.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/6

a)
b)
c)
d)
Voir la correction

Réponses

  • a) Kc0,148K_{c}\approx 0{,}148
  • b) K=1/Kc6,75K'=1/K_{c}\approx 6{,}75
  • c) K=Kc0,385K''=\sqrt{K_{c}}\approx 0{,}385
  • d) Une seule chimie, trois écritures : KK dépend du couple nature-équation

a) Kc=[NH3]2[N2][H2]3=(0,18)2(0,30)(0,90)3=0,03240,2190,148K_{c}=\frac{[NH_{3}]^{2}}{[N_{2}][H_{2}]^{3}}=\frac{(0{,}18)^{2}}{(0{,}30)(0{,}90)^{3}}=\frac{0{,}0324}{0{,}219}\approx 0{,}148.

b) Inverser l'équation inverse le rapport : K=1Kc=10,1486,75K'=\frac{1}{K_{c}}=\frac{1}{0{,}148}\approx 6{,}75.

c) Diviser tous les coefficients par 2 élève la constante à la puissance 12\frac{1}{2} : K=Kc=0,1480,385K''=\sqrt{K_{c}}=\sqrt{0{,}148}\approx 0{,}385.

d) Non : une seule chimie, trois écritures. Le mélange à l'équilibre (0,30; 0,90; 0,18) satisfait les trois expressions simultanément : on le vérifie en substituant. La constante n'est pas une propriété de la nature seule, mais du COUPLE nature-écriture : d'où la règle d'or des exercices, toujours associer une valeur de KK à l'équation exacte qui la définit, coefficients et sens compris.

Exercice 3 : Le tableau ICE et le test des 5 %

À 25 °C, la dissociation N2O4(g)2NO2(g)N_{2}O_{4}(g)\rightleftharpoons 2NO_{2}(g) a une constante Kc=4,6×103K_{c}=4{,}6\times 10^{-3}. On introduit du N2O4N_{2}O_{4} pur à la concentration initiale de 0,100 mol/L.

  • a) Dressez le tableau ICE et écrivez l'équation en xx à résoudre.
  • b) Tentez l'approximation du xx négligeable devant 0,100. Calculez xx, puis appliquez le test des 5 % : l'approximation est-elle valable ?
  • c) Résolvez la quadratique complète et donnez les concentrations à l'équilibre.
  • d) Vérifiez votre réponse en recalculant KcK_{c} à partir de vos concentrations d'équilibre. Pourquoi cette vérification devrait-elle être un réflexe ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/8

a)
b)
c)
d)
Voir la correction

Réponses

  • a) Kc=4x20,100x=4,6×103K_{c}=\frac{4x^{2}}{0{,}100-x}=4{,}6\times 10^{-3}
  • b) x0,0107x\approx 0{,}0107 mol/L, soit 10,7 % : le test des 5 % échoue
  • c) x0,0102x\approx 0{,}0102 mol/L, [NO2]0,0203[NO_{2}]\approx 0{,}0203 mol/L, [N2O4]0,0898[N_{2}O_{4}]\approx 0{,}0898 mol/L
  • d) On retombe sur 4,6×1034{,}6\times 10^{-3} : la vérification coûte une division et attrape toute erreur

a) Initial : 0,100 et 0. Changement : x-x et +2x+2x. Équilibre : 0,100x0{,}100-x et 2x2x. D'où Kc=(2x)20,100x=4x20,100x=4,6×103K_{c}=\frac{(2x)^{2}}{0{,}100-x}=\frac{4x^{2}}{0{,}100-x}=4{,}6\times 10^{-3}.

b) Si x0,100x\ll 0{,}100 : 4x24,6×1044x^{2}\approx 4{,}6\times 10^{-4}, donc x1,15×1040,0107x\approx\sqrt{1{,}15\times 10^{-4}}\approx 0{,}0107 mol/L. Test : 0,01070,100=10,7\frac{0{,}0107}{0{,}100}=10{,}7 % >5>5 % : l'approximation ÉCHOUE. La constante n'est pas assez petite devant la concentration initiale : il faut la quadratique. Tenter l'approximation n'était pas une erreur, c'était un essai contrôlé : le test des 5 % est là pour trancher.

c) 4x2+4,6×103x4,6×104=04x^{2}+4{,}6\times 10^{-3}x-4{,}6\times 10^{-4}=0. Discriminant : (4,6×103)2+4(4)(4,6×104)=7,38×103(4{,}6\times 10^{-3})^{2}+4(4)(4{,}6\times 10^{-4})=7{,}38\times 10^{-3}, racine 0,08590{,}0859. x=4,6×103+0,085980,0102x=\frac{-4{,}6\times 10^{-3}+0{,}0859}{8}\approx 0{,}0102 mol/L (la racine négative est rejetée). Équilibre : [NO2]=2x0,0203[NO_{2}]=2x\approx 0{,}0203 mol/L et [N2O4]=0,100x0,0898[N_{2}O_{4}]=0{,}100-x\approx 0{,}0898 mol/L. L'approximation surestimait xx de 5 % : visible, comme le test l'annonçait.

d) (0,0203)20,0898=4,6×103\frac{(0{,}0203)^{2}}{0{,}0898}=4{,}6\times 10^{-3} : on retombe sur KcK_{c}, aux arrondis près. Ce réflexe transforme l'examen : il détecte à coup sûr une erreur de signe dans le tableau, une racine mal choisie ou une faute de calculatrice, pour le prix d'une division. Un résultat d'équilibre non vérifié est un résultat non terminé.

123456789100.20.40.60.811.2réactifproduit (pointillé)à l'équilibre, les concentrationsne changent PLUS, mais la réaction continuetemps

Exercice 4 : Le Chatelier et le procédé Haber

La synthèse industrielle de l'ammoniac N2(g)+3H2(g)2NH3(g)N_{2}(g)+3H_{2}(g)\rightleftharpoons 2NH_{3}(g) est exothermique : ΔH=92\Delta H=-92 kJ/mol.

  • a) Prédisez l'effet sur la position d'équilibre : d'un ajout de N2N_{2}; d'un retrait de NH3NH_{3} au fur et à mesure de sa formation. Justifiez par le quotient QQ.
  • b) Prédisez l'effet d'une augmentation de pression (réduction de volume), en comptant les moles gazeuses.
  • c) Prédisez l'effet d'une augmentation de température, et précisez ce qui arrive à la VALEUR de KcK_{c}, contrairement aux perturbations précédentes.
  • d) Le procédé industriel opère vers 450 °C et 200 atm avec un catalyseur au fer. Expliquez ce compromis : pourquoi chauffer alors que la thermodynamique dit de refroidir, et à quoi sert le catalyseur si l'équilibre ne bouge pas ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/9

a)
b)
c)
d)
Voir la correction

Réponses

  • a) Les deux font chuter QQ sous KcK_{c} : déplacement en sens direct, plus d'ammoniac
  • b) 4 moles gazeuses contre 2 : comprimer déplace vers la droite, d'où les 200 atm
  • c) Le rendement baisse, et KcK_{c} elle-même diminue : la température redéfinit la cible
  • d) On paie du rendement pour de la vitesse ; le catalyseur ne déplace rien, il rend l'équilibre atteignable

a) Ajouter du N2N_{2} gonfle le dénominateur de Q=[NH3]2[N2][H2]3Q=\frac{[NH_{3}]^{2}}{[N_{2}][H_{2}]^{3}} : QQ chute sous KcK_{c}, le système répond en sens direct : plus d'ammoniac. Retirer le NH3NH_{3} écrase le numérateur : même conclusion, Q<KcQ<K_{c}, production relancée en continu. C'est la stratégie industrielle : soutirer le produit (liquéfié par refroidissement) pour que l'équilibre coure sans cesse après lui.

b) À gauche : 1+3=41+3=4 moles gazeuses; à droite : 2. Comprimer pousse le système à réduire le nombre de moles gazeuses : déplacement vers la DROITE, vers l'ammoniac. D'où les 200 atmosphères du procédé : la pression est ici une alliée franche.

c) Réaction exothermique : la chaleur est un PRODUIT. Chauffer, c'est ajouter du produit : l'équilibre recule vers les réactifs, le rendement en NH3NH_{3} baisse. Et contrairement aux ajouts de matière ou aux compressions, la température change la VALEUR de KcK_{c} elle-même (elle diminue ici) : la température est la seule perturbation qui redéfinit la cible au lieu de déplacer le système par rapport à elle.

d) À froid, l'équilibre est favorable... mais la CINÉTIQUE est désespérante : la triple liaison de N2N_{2} rend la réaction infiniment lente à 25 °C : un excellent rendement qu'on n'atteint jamais ne produit rien. On chauffe donc à 450 °C, sacrifiant du rendement d'équilibre contre de la vitesse, et l'on compense par la pression (b) et le soutirage (a). Le catalyseur au fer n'améliore pas l'équilibre d'un iota : il abaisse l'énergie d'activation pour que cet équilibre, moins favorable mais accessible, soit ATTEINT en un temps industriel. Tout le procédé Haber est un arbitrage entre thermodynamique et cinétique : la question d'examen par excellence.

246810120.20.40.60.811.21er équilibreon comprime : la pression augmentenouvel équilibre, PLUS de produitle système déplace l'équilibre dans le sensqui diminue le nombre de moles gazeuses

Exercice 5 : Kp, Kc et le piège de la constante des gaz

Pour l'équilibre N2O4(g)2NO2(g)N_{2}O_{4}(g)\rightleftharpoons 2NO_{2}(g), on mesure Kc=4,63×103K_{c}=4{,}63\times 10^{-3} à 25 °C. On donne R=0,08206R=0{,}08206 L·atm/(mol·K).

  • a) En partant de la loi des gaz parfaits, établissez la relation entre KpK_{p} et KcK_{c}, et précisez ce que vaut l'exposant Δn\Delta n.
  • b) Calculez KpK_{p} pour cet équilibre à 25 °C.
  • c) Pour quelles réactions a-t-on exactement Kp=KcK_{p}=K_{c} ? Donnez un exemple tiré du chapitre.
  • d) Écrivez KcK_{c} et KpK_{p} pour l'équilibre hétérogène CaCO3(s)CaO(s)+CO2(g)CaCO_{3}(s)\rightleftharpoons CaO(s)+CO_{2}(g), et justifiez pourquoi les solides n'y figurent pas.
  • e) Un élève applique la même formule avec R=8,314R=8{,}314 et trouve Kp=11,5K_{p}=11{,}5. Par quel facteur se trompe-t-il, et quelle est la règle qui évite définitivement cette erreur ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/9

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) Kp=Kc(RT)ΔnK_{p}=K_{c}(RT)^{\Delta n}, où Δn\Delta n ne compte que les moles de GAZ
  • b) Δn=+1\Delta n=+1, donc Kp=0,113K_{p}=0{,}113
  • c) Quand Δn=0\Delta n=0, par exemple H2+I22HIH_{2}+I_{2}\rightleftharpoons 2HI
  • d) Kc=[CO2]K_{c}=[CO_{2}] et Kp=PCO2K_{p}=P_{CO_{2}} : l'activité d'un solide pur vaut 1
  • e) Facteur 8,314/0,08206101,38{,}314/0{,}08206\approx 101{,}3 ; RR doit suivre les unités employées

a) Pour un gaz parfait, P=nVRT=[]RTP=\frac{n}{V}RT=[\,]RT : une pression partielle est une concentration multipliée par RTRT. En remplaçant chaque concentration par PRT\frac{P}{RT} dans KcK_{c}, chaque espèce apporte un facteur (RT)1(RT)^{-1} élevé à son coefficient, et il reste Kp=Kc(RT)ΔnK_{p}=K_{c}(RT)^{\Delta n} avec Δn=\Delta n= (moles de GAZ des produits) - (moles de gaz des réactifs). Seules les espèces gazeuses comptent dans Δn\Delta n.

b) Δn=21=+1\Delta n=2-1=+1. Donc Kp=Kc(RT)1=(4,63×103)(0,08206)(298)=(4,63×103)(24,45)=0,113K_{p}=K_{c}(RT)^{1}=(4{,}63\times 10^{-3})(0{,}08206)(298)=(4{,}63\times 10^{-3})(24{,}45)=0{,}113.

c) Quand Δn=0\Delta n=0 : autant de moles gazeuses de chaque côté, le facteur (RT)0=1(RT)^{0}=1. Exemple du chapitre : H2(g)+I2(g)2HI(g)H_{2}(g)+I_{2}(g)\rightleftharpoons 2HI(g), avec 1+1=21+1=2 à gauche et 2 à droite. Pour cette réaction, KpK_{p} et KcK_{c} sont numériquement identiques à toute température.

d) Kc=[CO2]K_{c}=[CO_{2}] et Kp=PCO2K_{p}=P_{CO_{2}} : un seul terme. Un solide pur a une "concentration" fixée par sa masse volumique et sa masse molaire, indépendante de la quantité présente : broyer le calcaire ou en mettre dix fois plus ne change rien. Cette valeur constante est absorbée dans la constante d'équilibre (formellement, l'activité d'un solide pur vaut 1). Conséquence concrète et contre-intuitive : dans un four fermé à température donnée, la pression de CO2CO_{2} à l'équilibre ne dépend PAS de la quantité de calcaire, tant qu'il en reste.

e) Il se trompe d'un facteur 8,3140,08206101,3\frac{8{,}314}{0{,}08206}\approx 101{,}3 : c'est exactement le nombre de kilopascals dans une atmosphère, ce qui n'est pas un hasard, puisque les deux valeurs de RR ne diffèrent que par les unités de pression (kPa contre atm) et de volume. La règle : RR doit parler la même langue que les grandeurs employées. Des pressions en atm et des concentrations en mol/L imposent R=0,08206R=0{,}08206 L·atm/(mol·K); R=8,314R=8{,}314 J/(mol·K) est le RR des énergies (Arrhenius, thermodynamique), pas celui des équilibres gazeux exprimés en atmosphères.

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : La conversion du gaz à l'eau : un carré parfait

La réaction de conversion CO(g)+H2O(g)CO2(g)+H2(g)CO(g)+H_{2}O(g)\rightleftharpoons CO_{2}(g)+H_{2}(g), utilisée pour produire l'hydrogène industriel, a Kc=4,0K_{c}=4{,}0 à une température donnée. On introduit 1,00 mol de COCO et 1,00 mol de H2OH_{2}O dans un réacteur de 10,0 L.

  • a) Calculez les concentrations initiales et dressez le tableau ICE.
  • b) Montrez que l'équation d'équilibre se résout ici SANS la formule quadratique, grâce à une racine carrée. Calculez xx.
  • c) Donnez les quatre concentrations à l'équilibre et le pourcentage de conversion du COCO.
  • d) Vérifiez la cohérence en recalculant KcK_{c}.
  • e) On ajoute alors 1,00 mol de vapeur d'eau supplémentaire. Sans refaire tout le calcul, prédisez l'effet sur le pourcentage de conversion du COCO et expliquez pourquoi l'industrie utilise précisément un EXCÈS de vapeur d'eau, le réactif bon marché.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/9

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) [CO]0=[H2O]0=0,100[CO]_{0}=[H_{2}O]_{0}=0{,}100 mol/L ; à l'équilibre 0,100x0{,}100-x et xx
  • b) Carré parfait : x0,100x=2,0\frac{x}{0{,}100-x}=2{,}0, d'où x=0,0667x=0{,}0667 mol/L
  • c) [CO2]=[H2]=0,0667[CO_{2}]=[H_{2}]=0{,}0667 mol/L, [CO]=[H2O]=0,0333[CO]=[H_{2}O]=0{,}0333 mol/L, conversion 67 %
  • d) (2,0)2=4,0(2{,}0)^{2}=4{,}0 : c'est bien KcK_{c}
  • e) La conversion du COCO augmente : l'excès du réactif bon marché achète la conversion de l'autre

a) [CO]0=[H2O]0=1,0010,0=0,100[CO]_{0}=[H_{2}O]_{0}=\frac{1{,}00}{10{,}0}=0{,}100 mol/L. ICE : équilibre [CO]=[H2O]=0,100x[CO]=[H_{2}O]=0{,}100-x et [CO2]=[H2]=x[CO_{2}]=[H_{2}]=x. D'où Kc=x2(0,100x)2=4,0K_{c}=\frac{x^{2}}{(0{,}100-x)^{2}}=4{,}0.

b) Les deux membres sont des carrés : (x0,100x)2=4,0\left(\frac{x}{0{,}100-x}\right)^{2}=4{,}0, donc x0,100x=2,0\frac{x}{0{,}100-x}=2{,}0 (la racine négative n'a pas de sens physique). Alors x=0,2002xx=0{,}200-2x, soit 3x=0,2003x=0{,}200 et x=0,0667x=0{,}0667 mol/L. Repérer le carré parfait épargne la quadratique : un réflexe payant chaque fois que les concentrations initiales des réactifs sont égales et que les coefficients sont symétriques.

c) [CO2]=[H2]=0,0667[CO_{2}]=[H_{2}]=0{,}0667 mol/L; [CO]=[H2O]=0,0333[CO]=[H_{2}O]=0{,}0333 mol/L. Conversion du COCO : 0,06670,10067\frac{0{,}0667}{0{,}100}\approx 67 % : les deux tiers du monoxyde ont réagi.

d) (0,0667)2(0,0333)2=(2,0)2=4,0\frac{(0{,}0667)^{2}}{(0{,}0333)^{2}}=(2{,}0)^{2}=4{,}0 : c'est bien KcK_{c}.

e) Ajouter de la vapeur fait chuter QQ sous KcK_{c} : le système repart en sens direct et consomme du COCO supplémentaire : la conversion du COCO AUGMENTE (au prix d'une vapeur en excès qui, elle, se convertit proportionnellement moins). C'est le levier industriel classique : pour pousser la conversion du réactif COÛTEUX (le COCO issu du charbon ou du méthane), on noie l'équilibre sous le réactif BON MARCHÉ (l'eau). Le Chatelier fait le reste : l'excès de l'un achète la conversion de l'autre.

Exercice 7 : Lire ΔH dans la constante

Pour la dissociation N2O4(g)2NO2(g)N_{2}O_{4}(g)\rightleftharpoons 2NO_{2}(g), on mesure Kc=4,6×103K_{c}=4{,}6\times 10^{-3} à 25 °C et Kc1,3K_{c}\approx 1{,}3 à 77 °C. Le NO2NO_{2} est un gaz brun; le N2O4N_{2}O_{4} est incolore.

  • a) La constante augmente fortement avec la température. Déduisez-en le signe de ΔH\Delta H de la réaction directe, en justifiant par Le Chatelier.
  • b) Décrivez ce qu'on OBSERVE quand on plonge une ampoule scellée du mélange dans l'eau chaude, puis dans la glace. En quoi cette ampoule est-elle une démonstration visuelle du principe ?
  • c) Calculez par quel facteur la constante a été multipliée entre 25 °C et 77 °C. Qu'est-ce que cela dit de la sensibilité de l'équilibre à la température ?
  • d) Expliquez la différence de nature entre l'effet de la température et celui d'une compression sur ce même équilibre : lequel change KcK_{c}, lequel change seulement les concentrations, et comment l'expérience de l'ampoule comprimée le confirmerait.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/7

a)
b)
c)
d)
Voir la correction

Réponses

  • a) ΔH>0\Delta H>0 : la réaction directe est endothermique
  • b) Elle brunit dans l'eau chaude, se décolore dans la glace : Le Chatelier à l'oeil nu
  • c) KK multipliée par environ 280 en cinquante degrés : la dépendance est exponentielle
  • d) La température change KcK_{c}, la compression ne change que les concentrations ; l'ampoule fonce puis pâlit

a) ΔH>0\Delta H>0 : la réaction directe est ENDOTHERMIQUE. Raisonnement : chauffer favorise le sens qui absorbe la chaleur; or chauffer augmente KcK_{c}, donc favorise le sens direct; le sens direct est donc celui qui consomme la chaleur. (Valeur réelle : environ +57+57 kJ/mol, il faut de l'énergie pour rompre la liaison N-N du dimère.)

b) Dans l'eau chaude, l'ampoule BRUNIT : l'équilibre se déplace vers le NO2NO_{2} brun. Dans la glace, elle se décolore : retour vers le N2O4N_{2}O_{4} incolore. La couleur joue le rôle d'indicateur de position d'équilibre en temps réel : c'est l'expérience de démonstration favorite du chapitre, un principe de Le Chatelier qu'on voit à l'œil nu, réversible à volonté.

c) 1,34,6×103280\frac{1{,}3}{4{,}6\times 10^{-3}}\approx 280 : cinquante degrés multiplient la constante par presque trois cents. La dépendance de KK en température est exponentielle (elle suit eΔH/RTe^{-\Delta H/RT} en toile de fond) : pour un ΔH\Delta H substantiel, la température est un levier massif sur la position d'équilibre, sans commune mesure avec les ajustements de concentration.

d) La température change la VALEUR de KcK_{c} (de 4,6×1034{,}6\times 10^{-3} à 1,3) : la cible elle-même se déplace. La compression, à température fixe, laisse KcK_{c} intact et ne fait que déplacer les CONCENTRATIONS pour que leur combinaison retrouve la même valeur : ici, comprimer favorise le côté N2O4N_{2}O_{4} (1 mole gazeuse contre 2). L'ampoule confirmerait : comprimée brusquement, elle fonce d'abord (tout est concentré, y compris le NO2NO_{2}), puis PÂLIT en quelques instants, le temps que l'équilibre se rétablisse vers le dimère, à KcK_{c} inchangé. Deux perturbations, deux mécanismes : changer la règle du jeu, ou rejouer le même jeu sur un terrain réduit.

2.62.833.23.43.6-12-8-44812ln K1000 / Tendothermique : ΔH > 0exothermique : ΔH < 0pente = −ΔH/R : la droite qui DESCEND vers la droite

Exercice 8 : Le degré de dissociation et l'effet de la dilution

On introduit 1,00 mol de N2O4N_{2}O_{4} dans un récipient vide de 2,00 L, à une température où l'équilibre N2O4(g)2NO2(g)N_{2}O_{4}(g)\rightleftharpoons 2NO_{2}(g) s'établit avec un degré de dissociation α=20,0\alpha=20{,}0 %.

  • a) Dressez le tableau ICE en fonction de α\alpha et donnez les concentrations à l'équilibre.
  • b) Calculez KcK_{c} à cette température.
  • c) On refait l'expérience avec la même quantité de matière, mais dans 4,00 L. Calculez le nouveau degré de dissociation.
  • d) Le résultat de c) contredit-il l'idée qu'une constante d'équilibre est constante ? Expliquez ce qui change et ce qui ne change pas.
  • e) Sans refaire le calcul complet, prédisez le sens de variation de α\alpha si l'on comprimait le mélange dans 1,00 L, puis vérifiez votre prédiction par un calcul.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/9

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) [N2O4]=0,400[N_{2}O_{4}]=0{,}400 mol/L et [NO2]=0,200[NO_{2}]=0{,}200 mol/L
  • b) Kc=0,100K_{c}=0{,}100
  • c) x=0,0675x=0{,}0675 mol/L, soit α=27,0\alpha=27{,}0 %
  • d) Aucune contradiction : KcK_{c} est une constante, le degré de dissociation est une composition
  • e) α\alpha diminue : 14,6 % dans 1,00 L, contre 20,0 % dans 2,00 L et 27,0 % dans 4,00 L

a) [N2O4]0=1,002,00=0,500[N_{2}O_{4}]_{0}=\frac{1{,}00}{2{,}00}=0{,}500 mol/L. Il se dissocie 0,500α=0,1000{,}500\alpha=0{,}100 mol/L. ICE : N2O4N_{2}O_{4} : 0,5000,5000,100=0,4000{,}500\rightarrow 0{,}500-0{,}100=0{,}400 mol/L; NO2NO_{2} : 02(0,100)=0,2000\rightarrow 2(0{,}100)=0{,}200 mol/L (le facteur 2 vient du coefficient).

b) Kc=[NO2]2[N2O4]=(0,200)20,400=0,04000,400=0,100K_{c}=\frac{[NO_{2}]^{2}}{[N_{2}O_{4}]}=\frac{(0{,}200)^{2}}{0{,}400}=\frac{0{,}0400}{0{,}400}=0{,}100.

c) Dans 4,00 L : [N2O4]0=0,250[N_{2}O_{4}]_{0}=0{,}250 mol/L. Avec xx dissocié : (2x)20,250x=0,100\frac{(2x)^{2}}{0{,}250-x}=0{,}100, soit 4x2+0,100x0,0250=04x^{2}+0{,}100x-0{,}0250=0. x=0,100+0,0100+0,4008=0,100+0,64038=0,0675x=\frac{-0{,}100+\sqrt{0{,}0100+0{,}400}}{8}=\frac{-0{,}100+0{,}6403}{8}=0{,}0675 mol/L. Donc α=0,06750,250=27,0\alpha=\frac{0{,}0675}{0{,}250}=27{,}0 % : la dissociation a AUGMENTÉ.

d) Aucune contradiction : KcK_{c} n'a pas bougé (0,100 dans les deux cas, la température n'a pas changé), et c'est bien la seule chose que la constante promet. Le degré de dissociation, lui, n'est pas une constante : c'est une composition, et il dépend de la dilution. Le Chatelier le dit directement : diluer, c'est diminuer toutes les concentrations, et le système répond en se déplaçant du côté qui compte le PLUS de moles gazeuses, ici les 2 NO2NO_{2} contre 1 N2O4N_{2}O_{4}, pour en refabriquer. Confondre "constante d'équilibre" et "composition constante" est l'erreur de fond du chapitre.

e) Prédiction : comprimer va dans le sens inverse de la dilution, donc l'équilibre se déplace vers le côté qui compte le MOINS de moles gazeuses, c'est-à-dire vers N2O4N_{2}O_{4} : α\alpha doit DIMINUER. Vérification avec [N2O4]0=1,00[N_{2}O_{4}]_{0}=1{,}00 mol/L : 4x2+0,100x0,100=04x^{2}+0{,}100x-0{,}100=0 donne x=0,100+0,0100+1,608=0,100+1,26898=0,1461x=\frac{-0{,}100+\sqrt{0{,}0100+1{,}60}}{8}=\frac{-0{,}100+1{,}2689}{8}=0{,}1461, soit α=14,6\alpha=14{,}6 %. La prédiction est confirmée : 27,0 % à 4 L, 20,0 % à 2 L, 14,6 % à 1 L. Le gaz brun NO2NO_{2} pâlit quand on comprime, ce que l'on voit à l'oeil nu dans la seringue de démonstration.

0.10.20.30.40.50.6-2020406080100degre de dissociation (%)concentration (mol/L)plus la solution est DILUEE,plus l'acide est dissocieK ne bouge pas : c'est le rapport qui se reajuste

Exercice 9 : Les trois pièges de Le Chatelier

Le mélange N2(g)+3H2(g)2NH3(g)N_{2}(g)+3H_{2}(g)\rightleftharpoons 2NH_{3}(g) est à l'équilibre dans un récipient de volume VV, avec [N2]=0,20[N_{2}]=0{,}20 mol/L, [H2]=0,30[H_{2}]=0{,}30 mol/L et [NH3]=0,10[NH_{3}]=0{,}10 mol/L.

  • a) Calculez KcK_{c}.
  • b) On injecte de l'argon (gaz inerte) à VOLUME CONSTANT. Que devient l'équilibre ? Justifiez par le quotient réactionnel, pas par la formule apprise.
  • c) On injecte de l'argon à PRESSION CONSTANTE (le récipient est un piston libre). Même question. Pourquoi la réponse diffère-t-elle de b) ?
  • d) On double le volume. Calculez QQ et déduisez le sens du déplacement. Vérifiez que le rapport QK\frac{Q}{K} vaut bien ce que la stœchiométrie gazeuse prédit.
  • e) On ajoute du N2N_{2}. Une fois le nouvel équilibre atteint, la concentration de N2N_{2} est-elle revenue à 0,20 mol/L ? Que dit exactement le principe de Le Chatelier, et que ne dit-il pas ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/7

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) Kc1,85K_{c}\approx 1{,}85
  • b) Rien ne bouge : à VV constant, l'argon ne change aucune pression partielle
  • c) Déplacement vers la gauche : à PP constante, l'argon agit en diluant
  • d) Q=7,41>KcQ=7{,}41>K_{c}, déplacement vers la gauche, et Q/K=22=4,00Q/K=2^{2}=4{,}00
  • e) Non : le principe modère la perturbation, il ne l'annule pas

a) Kc=[NH3]2[N2][H2]3=(0,10)2(0,20)(0,30)3=0,010(0,20)(0,027)=0,0100,0054=1,85K_{c}=\frac{[NH_{3}]^{2}}{[N_{2}][H_{2}]^{3}}=\frac{(0{,}10)^{2}}{(0{,}20)(0{,}30)^{3}}=\frac{0{,}010}{(0{,}20)(0{,}027)}=\frac{0{,}010}{0{,}0054}=1{,}85.

b) Rien ne se passe. À volume constant, ajouter de l'argon n'altère AUCUNE des trois concentrations : nV\frac{n}{V} est inchangé pour N2N_{2}, H2H_{2} et NH3NH_{3}. Donc QQ garde exactement la valeur KcK_{c} et le système reste où il est. La pression TOTALE augmente, mais l'équilibre ne connaît que les pressions PARTIELLES des espèces qui participent : l'argon est un spectateur.

c) Cette fois l'équilibre se déplace vers la GAUCHE, vers N2+H2N_{2}+H_{2}. À pression constante, ajouter de l'argon force le piston à sortir : le volume augmente, donc toutes les concentrations des espèces réactives DIMINUENT. C'est une dilution déguisée, et le système répond en allant du côté qui compte le plus de moles gazeuses (4 à gauche, 2 à droite). Toute la différence avec b) tient à ce que l'on maintient fixe : à VV constant l'argon n'a aucun effet, à PP constante il agit comme un diluant.

d) En doublant VV, chaque concentration est divisée par 2 : [N2]=0,10[N_{2}]=0{,}10, [H2]=0,15[H_{2}]=0{,}15, [NH3]=0,050[NH_{3}]=0{,}050. Q=(0,050)2(0,10)(0,15)3=0,00253,375×104=7,41Q=\frac{(0{,}050)^{2}}{(0{,}10)(0{,}15)^{3}}=\frac{0{,}0025}{3{,}375\times 10^{-4}}=7{,}41. Comme Q>KcQ>K_{c} (7,41 contre 1,85), le système consomme des produits : déplacement vers la GAUCHE, cohérent avec c). Contrôle : Δn=24=2\Delta n=2-4=-2, et diviser les concentrations par 2 multiplie QQ par 2Δn=22=42^{-\Delta n}=2^{2}=4. Or 7,411,85=4,00\frac{7{,}41}{1{,}85}=4{,}00 exactement. Le quotient réactionnel donne le sens sans qu'on ait rien à retenir.

e) Non, elle est plus élevée qu'avant l'ajout, quelque part entre 0,20 mol/L et la valeur juste après injection. Le principe de Le Chatelier dit que le système s'oppose PARTIELLEMENT à la perturbation, il ne dit pas qu'il l'annule : le déplacement vers la droite consomme une partie du N2N_{2} ajouté, jamais la totalité, sinon rien n'aurait changé et l'équilibre serait indifférent à ce qu'on lui fait. C'est une modération, pas une restauration. Au passage, ce déplacement augmente le rendement en NH3NH_{3} tout en faisant BAISSER le taux de conversion du N2N_{2}, ce qui est précisément la raison pour laquelle on injecte plutôt un excès du réactif le moins cher.

Exercice 10 : Van 't Hoff : remonter à l'enthalpie, et combiner des constantes

Pour un équilibre gazeux, on mesure K=4,0×102K=4{,}0\times 10^{-2} à 298 K et K=0,50K=0{,}50 à 350 K. On donne R=8,314R=8{,}314 J/(mol·K) et la relation de van 't Hoff lnK2K1=ΔHR(1T11T2)\ln\frac{K_{2}}{K_{1}}=\frac{\Delta H^{\circ}}{R}\left(\frac{1}{T_{1}}-\frac{1}{T_{2}}\right).

  • a) Sans calcul, déduisez le signe de ΔH\Delta H^{\circ}. Justifiez par Le Chatelier.
  • b) Calculez ΔH\Delta H^{\circ} en kJ/mol.
  • c) Estimez la constante à 400 K.
  • d) On connaît par ailleurs ABA\rightleftharpoons B (K1=2,0K_{1}=2{,}0) et BCB\rightleftharpoons C (K2=3,0K_{2}=3{,}0) à une température donnée. Déduisez les constantes de ACA\rightleftharpoons C, de 2A2C2A\rightleftharpoons 2C et de CAC\rightleftharpoons A.
  • e) Quelle hypothèse la relation de van 't Hoff fait-elle sur ΔH\Delta H^{\circ}, et pourquoi votre réponse à c) est-elle une estimation plutôt qu'une prédiction ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/8

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) ΔH>0\Delta H^{\circ}>0 : la réaction est endothermique
  • b) ΔH+42,1\Delta H^{\circ}\approx +42{,}1 kJ/mol
  • c) K4003,1K_{400}\approx 3{,}1
  • d) KAC=6,0K_{A\to C}=6{,}0, K2A2C=36K_{2A\to 2C}=36, KCA=0,167K_{C\to A}=0{,}167
  • e) Elle suppose ΔH\Delta H^{\circ} constante ; extrapoler hors de la plage de mesure en fait une estimation

a) ΔH>0\Delta H^{\circ}>0 : la réaction est ENDOTHERMIQUE. La constante augmente avec la température, donc chauffer favorise les produits. Or Le Chatelier veut que le système absorbe l'apport de chaleur : il ne peut le faire qu'en se déplaçant dans le sens qui CONSOMME de la chaleur, c'est-à-dire le sens endothermique. Si ce sens est celui des produits, la réaction directe est endothermique.

b) ln0,500,040=ln12,5=2,526\ln\frac{0{,}50}{0{,}040}=\ln 12{,}5=2{,}526. 12981350=3,3557×1032,8571×103=4,986×104\frac{1}{298}-\frac{1}{350}=3{,}3557\times 10^{-3}-2{,}8571\times 10^{-3}=4{,}986\times 10^{-4}. Donc ΔH=Rln12,54,986×104=(8,314)(2,526)4,986×104=4,21×104\Delta H^{\circ}=\frac{R\ln 12{,}5}{4{,}986\times 10^{-4}}=\frac{(8{,}314)(2{,}526)}{4{,}986\times 10^{-4}}=4{,}21\times 10^{4} J/mol, soit ΔH+42,1\Delta H^{\circ}\approx +42{,}1 kJ/mol. Le signe positif confirme a).

c) De 350 K à 400 K : lnK4000,50=421188,314(13501400)=(5066)(3,571×104)=1,809\ln\frac{K_{400}}{0{,}50}=\frac{42\,118}{8{,}314}\left(\frac{1}{350}-\frac{1}{400}\right)=(5066)(3{,}571\times 10^{-4})=1{,}809, donc K400=0,50e1,8093,1K_{400}=0{,}50\,e^{1{,}809}\approx 3{,}1. La constante a été multipliée par plus de 75 entre 298 K et 400 K : les équilibres endothermiques sont très sensibles à la température.

d) Additionner deux réactions MULTIPLIE leurs constantes (là où l'enthalpie, elle, s'additionne : KK est exponentielle en ΔG\Delta G^{\circ}). ACA\rightleftharpoons C est la somme des deux étapes : K=K1K2=(2,0)(3,0)=6,0K=K_{1}K_{2}=(2{,}0)(3{,}0)=6{,}0. Multiplier une équation par 2 ÉLÈVE la constante au carré : 2A2C2A\rightleftharpoons 2C donne K=6,02=36K=6{,}0^{2}=36. Inverser une équation prend l'INVERSE : CAC\rightleftharpoons A donne K=16,0=0,167K=\frac{1}{6{,}0}=0{,}167.

e) Elle suppose ΔH\Delta H^{\circ} CONSTANTE sur tout l'intervalle de température considéré. C'est une approximation : les capacités thermiques des réactifs et des produits diffèrent, donc ΔH\Delta H^{\circ} dérive lentement avec TT. Sur 50 K l'erreur reste modeste; extrapoler de 350 K à 400 K, au-delà de la plage où les deux mesures ont été faites, cumule cette dérive et l'incertitude sur ΔH\Delta H^{\circ} lui-même. D'où "estimation" : le calcul est juste, c'est le modèle qui n'est valable qu'approximativement, et d'autant moins qu'on s'éloigne des points de mesure.

Chapitre précédent La cinétique chimique Chapitre suivant Les acides et les bases

Ce chapitre resservira dans

Les chapitres qui le réclament en amont, plus tard dans l'année ou dans les années suivantes.

Voir aussi

Vous cherchez un tuteur en chimie 202-NYB à Montréal ?

Contactez-moi pour une première séance. On travaille la chimie des solutions NYB et le complément québécois de spécialité physique-chimie au niveau réel des évaluations, du tableau ICE jusqu'au procédé Haber.

Site par Studio Squalli