Mécanique 203-SN1-RE (ancien 203-NYA) • Complément québécois de Première et cégep à Montréal

Exercices corrigés : travail, énergie et puissance (203-SN1-RE, ancien 203-NYA)

Voici la série d'exercices corrigés de mécanique du cours 203-SN1-RE (ancien 203-SN1-RE) sur le travail, l'énergie et la puissance. La partie A installe les deux outils de base : le travail de chaque force prise séparément, le travail d'une force variable calculé comme l'aire sous la courbe force-position, puis le théorème de l'énergie cinétique appliqué au freinage, au pendule et à un ressort suivi d'une zone rugueuse. La partie B monte au niveau examen : le ressort vertical où l'énergie gravitationnelle et l'énergie élastique se combinent en une seule, la puissance d'une voiture en côte, la hauteur minimale pour boucler une boucle, le toboggan dont la forme de la pente ne compte pas, et enfin la lecture complète d'un mouvement dans une courbe d'énergie potentielle, avec ses équilibres stables, sa barrière et ses points de rebroussement.

Cette série s'adresse aux étudiants de cégep en Sciences de la nature comme aux élèves de Première et de Terminale du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas qui suivent le complément québécois de sciences physiques (spécialité physique-chimie). L'énergie est la deuxième grande méthode de la mécanique : là où Newton exige de suivre le mouvement instant par instant, le bilan d'énergie relie directement un état initial à un état final, et se moque du chemin suivi, tant qu'on sait quelles forces dissipent.

Le réflexe à garder tout du long : avant tout calcul, classer les forces. Les forces conservatives (poids, ressort) se rangent dans une énergie potentielle; les forces qui ne travaillent pas (normale, tension d'un pendule) disparaissent du bilan; le frottement, lui, retire au système une énergie égale à fkdf_{k}d sur chaque portion glissée. Un bilan bien posé, c'est l'exercice déjà à moitié résolu.

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Ce chapitre fait partie de Mécanique 203-SN1-RE (ancien 203-NYA)
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (8 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Les fonctions quadratiquesSecondaire 5 SN5, Mathématiques
  2. 2Cinématique et le MRUASecondaire 5 SN5
  3. 3Dynamique et les lois de NewtonSecondaire 5 SN5
  4. 4Transformation de l'énergieSecondaire 5 SN5
  5. 5Limites et continuitéCalcul différentiel (201-NYA)
  6. 6La dérivée et ses règlesCalcul différentiel (201-NYA)
  7. 7Cinématique en une et deux dimensions
  8. 8Dynamique : lois de Newton et frottement

Rappel de cours

  • Travail d'une force constante : W=FdcosθW=Fd\cos\theta, où θ\theta est l'angle entre la force et le déplacement. Une force perpendiculaire au mouvement (normale, tension d'un pendule) ne travaille pas; une force opposée au mouvement (frottement) fait un travail négatif.
  • Théorème de l'énergie cinétique : Wnet=ΔEk=12mvf212mvi2W_{net}=\Delta E_{k}=\frac{1}{2}mv_{f}^{2}-\frac{1}{2}mv_{i}^{2}. Le travail NET (toutes les forces) égale la variation d'énergie cinétique, quel que soit le détail du mouvement.
  • Énergies : cinétique Ek=12mv2E_{k}=\frac{1}{2}mv^{2}; potentielle gravitationnelle Ep=mghE_{p}=mgh (près de la surface); potentielle élastique Ee=12kx2E_{e}=\frac{1}{2}kx^{2} avec la loi de Hooke F=kxF=kx.
  • Conservation : sans frottement, Ek+Ep+EeE_{k}+E_{p}+E_{e} se conserve entre deux états. Avec frottement, l'énergie mécanique diminue de l'énergie dissipée : Em,f=Em,ifkdE_{m,f}=E_{m,i}-f_{k}d, où dd est la distance réellement glissée.
  • Une force est conservative quand son travail ne dépend pas du chemin suivi (poids, ressort) : elle admet une énergie potentielle. Le frottement n'est pas conservatif : son travail grandit avec la longueur du chemin.
  • Puissance : P=WΔtP=\frac{W}{\Delta t} et, pour une force constante le long du mouvement, P=FvP=Fv. Unités : le watt (1 W = 1 J/s). Constante : g=9,8g=9{,}8 m/s².

Partie A : Travail et théorème de l'énergie cinétique (/50)

Exercice 1 : Le travail de chaque force

Une caisse de 25 kg, initialement au repos, est tirée sur 8 m le long d'un sol horizontal rugueux (μk=0,20\mu_{k}=0{,}20) par une corde faisant un angle de 30° au-dessus de l'horizontale. La tension dans la corde est de 100 N.

  • a) Calculez la force normale exercée par le sol. Pourquoi ne vaut-elle pas mgmg ?
  • b) Calculez le travail effectué par chacune des quatre forces (tension, frottement, poids, normale) sur les 8 m.
  • c) Déduisez le travail net, puis la vitesse de la caisse après les 8 m à l'aide du théorème de l'énergie cinétique.
  • d) Sans refaire le calcul complet : si on tirait avec la même tension mais horizontalement, le travail de la tension augmenterait. La vitesse finale augmenterait-elle forcément ? Analysez.

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Réponses

  • a) N=mgTsin30=195N=mg-T\sin 30^{\circ}=195 N
  • b) WT693W_{T}\approx 693 J, Wf=312W_{f}=-312 J, Wg=WN=0W_{g}=W_{N}=0
  • c) Wnet381W_{net}\approx 381 J, v5,5v\approx 5{,}5 m/s
  • d) Wnet=408W_{net}=408 J à l'horizontale : à peine mieux, les deux effets se compensent

a) Verticalement, la composante Tsin30=50T\sin 30^{\circ}=50 N soulage le sol : N=mgTsin30=24550=195N=mg-T\sin 30^{\circ}=245-50=195 N. La normale n'est pas mgmg dès qu'une autre force possède une composante verticale : elle se lit dans l'équation des yy, jamais par réflexe.

b) Tension : WT=Tdcos30=(100)(8)(0,866)693W_{T}=Td\cos 30^{\circ}=(100)(8)(0{,}866)\approx 693 J. Frottement : fk=μkN=(0,20)(195)=39f_{k}=\mu_{k}N=(0{,}20)(195)=39 N, opposé au mouvement, Wf=(39)(8)=312W_{f}=-(39)(8)=-312 J. Poids et normale : perpendiculaires au déplacement, Wg=WN=0W_{g}=W_{N}=0.

c) Wnet=693312381W_{net}=693-312\approx 381 J. Théorème de l'énergie cinétique : 12mv2=Wnet\frac{1}{2}mv^{2}=W_{net} (départ du repos), donc v=2(381)255,5v=\sqrt{\frac{2(381)}{25}}\approx 5{,}5 m/s.

d) Pas forcément, et ici non : tirer horizontalement porte le travail de la tension à Td=800Td=800 J, mais supprime le soulagement vertical : NN remonte à 245 N, fkf_{k} à 49 N, et WfW_{f} à 392-392 J. Bilan : Wnet=800392=408W_{net}=800-392=408 J, à peine mieux que 381 J. Les deux effets jouent en sens contraires; avec un μk\mu_{k} plus grand, l'angle vers le haut peut même devenir avantageux. C'est tout l'intérêt du bilan complet : une seule force ne décide de rien.

Exercice 2 : Le travail d'une force variable : l'aire sous la courbe

Un chariot de 4,004{,}00 kg glisse sans frottement le long de l'axe xx horizontal. Une force horizontale variable F(x)F(x), toujours dirigée dans le sens du mouvement, agit sur lui : elle croît linéairement de 00 à 12,012{,}0 N entre x=0x=0 et x=3,00x=3{,}00 m, reste constante à 12,012{,}0 N jusqu'à x=7,00x=7{,}00 m, puis décroît linéairement jusqu'à s'annuler en x=10,0x=10{,}0 m.

12345678910113691215x (m)F (N)
  • a) Pourquoi la formule W=FdcosθW=F d\cos\theta ne peut-elle pas s'appliquer directement ici ? Écrivez l'expression générale du travail et dites ce qu'elle représente sur le graphique.
  • b) Calculez le travail de FF sur chacun des trois intervalles, puis le travail total de x=0x=0 à x=10,0x=10{,}0 m.
  • c) Le chariot part du repos en x=0x=0. Calculez sa vitesse en x=3,00x=3{,}00 m, en x=7,00x=7{,}00 m et en x=10,0x=10{,}0 m. Où sa vitesse est-elle maximale, et pourquoi ?
  • d) Retrouvez par intégration le travail nécessaire pour comprimer un ressort de raideur kk d'une longueur xx, puis calculez ce travail pour k=800k=800 N/m et une compression de 0,1500{,}150 m. Le travail pour passer de 0,1500{,}150 m à 0,3000{,}300 m de compression est-il le même ? Concluez.
  • e) On ajoute maintenant un frottement constant de 5,005{,}00 N sur tout le parcours de 10,010{,}0 m. Le travail net est-il réduit dans la même proportion que la vitesse finale ? Calculez et commentez.

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Réponses

  • a) W=F(x)dxW=\int F(x)\,dx, c'est-à-dire l'aire sous la courbe
  • b) 18,0+48,0+18,0=84,018{,}0+48{,}0+18{,}0=84{,}0 J
  • c) 3,003{,}00, 5,745{,}74 puis 6,486{,}48 m/s : maximale en x=10,0x=10{,}0 m
  • d) W=12kx2W=\frac{1}{2}kx^{2}, donc 9,009{,}00 J puis 27,027{,}0 J, trois fois plus
  • e) Wnet=34,0W_{net}=34{,}0 J (59,5%-59{,}5\,\%) mais v=4,12v=4{,}12 m/s (36,4%-36{,}4\,\%) : vWv\propto\sqrt{W}

a) Parce que FF n'est pas constante : elle change à chaque position. La formule W=FdcosθW=Fd\cos\theta suppose une force constante en module et en direction. Il faut découper le déplacement en tranches dxdx assez fines pour que FF y soit quasi constante, puis sommer : W=xixfF(x)dxW=\int_{x_{i}}^{x_{f}}F(x)\,dx. Graphiquement, cette intégrale est exactement l'AIRE sous la courbe F(x)F(x), comptée positivement au-dessus de l'axe et négativement en dessous. C'est la même idée que l'aire sous un graphique vitesse-temps qui donne le déplacement.

b) Premier intervalle, un triangle : W1=12(3,00)(12,0)=18,0W_{1}=\frac{1}{2}(3{,}00)(12{,}0)=18{,}0 J. Deuxième, un rectangle : W2=(7,003,00)(12,0)=48,0W_{2}=(7{,}00-3{,}00)(12{,}0)=48{,}0 J. Troisième, un triangle : W3=12(3,00)(12,0)=18,0W_{3}=\frac{1}{2}(3{,}00)(12{,}0)=18{,}0 J. Total : W=18,0+48,0+18,0=84,0W=18{,}0+48{,}0+18{,}0=84{,}0 J. Aucune primitive n'a été nécessaire, le découpage géométrique suffit dès que la courbe est faite de segments de droite.

c) Il n'y a pas de frottement et le mouvement est horizontal, donc le travail net se réduit à celui de FF. Théorème de l'énergie cinétique : 12mv2=W\frac{1}{2}mv^{2}=W, soit v=2Wmv=\sqrt{\frac{2W}{m}}. En x=3,00x=3{,}00 m : v=2(18,0)4,00=3,00v=\sqrt{\frac{2(18{,}0)}{4{,}00}}=3{,}00 m/s. En x=7,00x=7{,}00 m (W=66,0W=66{,}0 J) : v=33,05,74v=\sqrt{33{,}0}\approx 5{,}74 m/s. En x=10,0x=10{,}0 m (W=84,0W=84{,}0 J) : v=42,06,48v=\sqrt{42{,}0}\approx 6{,}48 m/s. La vitesse est maximale à la fin, en x=10,0x=10{,}0 m : la force reste positive partout, donc elle ne cesse d'ajouter de l'énergie cinétique, même quand elle faiblit. Une force qui diminue ne freine pas, elle accélère seulement de moins en moins vite.

d) La force à exercer pour comprimer le ressort vaut F=kxF=kx (opposée à la force de rappel). Donc W=0xkxdx=12kx2W=\int_{0}^{x}kx'\,dx'=\frac{1}{2}kx^{2}. Pour k=800k=800 N/m et x=0,150x=0{,}150 m : W=12(800)(0,150)2=9,00W=\frac{1}{2}(800)(0{,}150)^{2}=9{,}00 J. De 0,1500{,}150 m à 0,3000{,}300 m : W=12(800)[(0,300)2(0,150)2]=400(0,0675)=27,0W=\frac{1}{2}(800)\left[(0{,}300)^{2}-(0{,}150)^{2}\right]=400(0{,}0675)=27{,}0 J, soit TROIS fois plus pour le même supplément de compression. La raison est géométrique : sur le graphique F(x)F(x), la deuxième tranche est un trapèze bien plus haut que le premier triangle. C'est pourquoi les derniers centimètres d'un ressort, d'un arc ou d'un amortisseur coûtent toujours le plus cher.

e) Le frottement s'oppose au mouvement sur tout le parcours : Wf=(5,00)(10,0)=50,0W_{f}=-(5{,}00)(10{,}0)=-50{,}0 J. Travail net : 84,050,0=34,084{,}0-50{,}0=34{,}0 J, soit une chute de 59,5%59{,}5\,\%. Vitesse finale : v=2(34,0)4,00=17,04,12v=\sqrt{\frac{2(34{,}0)}{4{,}00}}=\sqrt{17{,}0}\approx 4{,}12 m/s, contre 6,486{,}48 m/s sans frottement, soit une chute de seulement 36,4%36{,}4\,\%. Les deux proportions diffèrent parce que la vitesse varie comme la RACINE du travail : vWv\propto\sqrt{W}. Diviser l'énergie par quatre ne divise la vitesse que par deux. C'est le même effet, pris à l'envers, que la distance de freinage qui quadruple quand la vitesse double.

Exercice 3 : Freinage : la distance d'arrêt croît comme le carré de la vitesse

Une voiture de 1200 kg roule à 90 km/h (25 m/s) sur une route horizontale. Le conducteur freine à fond : les freins exercent une force de freinage constante de 7500 N.

  • a) Calculez la distance d'arrêt à l'aide du théorème de l'énergie cinétique.
  • b) Montrez qu'à 180 km/h, la distance d'arrêt est multipliée par quatre, et donnez sa valeur.
  • c) Calculez la durée du freinage depuis 90 km/h. Double-t-elle ou quadruple-t-elle à 180 km/h ? Expliquez pourquoi distance et durée ne suivent pas la même loi.
  • d) En quoi le théorème de l'énergie cinétique est-il ici plus direct que les équations du MRUA ? Vérifiez néanmoins la cohérence avec vf2=vi2+2aΔxv_{f}^{2}=v_{i}^{2}+2a\Delta x.

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Réponses

  • a) d=50d=50 m
  • b) dv2d\propto v^{2}, donc 200200 m
  • c) a=6,25a=6{,}25 m/s², t=4t=4 s puis 88 s : la durée double seulement
  • d) Il relie directement les deux états sans le temps ; la cinématique redonne bien 5050 m

a) Le freinage retire toute l'énergie cinétique : Fd=12mv2Fd=\frac{1}{2}mv^{2}, donc d=(0,5)(1200)(25)27500=3750007500=50d=\frac{(0{,}5)(1200)(25)^{2}}{7500}=\frac{375\,000}{7500}=50 m.

b) d=mv22Fd=\frac{mv^{2}}{2F} est proportionnelle à v2v^{2} : doubler la vitesse quadruple la distance, d=200d=200 m. C'est le cœur des campagnes de sécurité routière : à 180 km/h, il faut quatre fois plus de route qu'à 90 km/h, pas deux.

c) L'accélération vaut a=Fm=6,25a=\frac{F}{m}=6{,}25 m/s², donc t=va=256,25=4t=\frac{v}{a}=\frac{25}{6{,}25}=4 s. La durée, elle, double seulement (8 s à 180 km/h) : le temps dépend de vv (il faut annuler la vitesse, au rythme constant aa), la distance dépend de v2v^{2} (il faut dissiper l'énergie, qui croît comme le carré). Deux grandeurs, deux lois.

d) Le théorème relie directement l'état initial (25 m/s) à l'état final (arrêt) sans passer par le temps, inconnu ici : une seule équation, une seule inconnue. Vérification cinématique : 0=(25)22(6,25)Δx0=(25)^{2}-2(6{,}25)\Delta x donne bien Δx=62512,5=50\Delta x=\frac{625}{12{,}5}=50 m. Les deux méthodes concordent; l'énergie évite simplement le détour.

20406080100120140-40-2020406080100120distance de freinage (m)vitesse (km/h)doubler la vitesseQUADRUPLE la distancetoute l'energie cinetique doit passer dans le frottement,et elle est en v²

Exercice 4 : Le pendule : conservation puis tension au point bas

Un pendule est constitué d'une bille de 0,8 kg au bout d'un fil de 2,5 m. On l'écarte de 60° par rapport à la verticale et on le lâche sans vitesse initiale.

  • a) Expliquez pourquoi la tension du fil ne travaille pas pendant le mouvement, et pourquoi la conservation de l'énergie mécanique s'applique.
  • b) Calculez la hauteur de chute de la bille, puis sa vitesse au point le plus bas.
  • c) Calculez la tension du fil au point le plus bas. Pourquoi dépasse-t-elle le poids de la bille ?
  • d) Démontrez le résultat général : lâché d'un angle θ0\theta_{0}, un pendule subit au point bas une tension T=mg(32cosθ0)T=mg(3-2\cos\theta_{0}). Vérifiez qu'à 60° elle vaut exactement 2mg2mg, et déduisez l'angle au-delà duquel le fil doit supporter plus du double du poids.

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  • a) La tension est radiale, le mouvement tangentiel : W=0W=0, seul le poids travaille
  • b) h=L(1cosθ0)=1,25h=L(1-\cos\theta_{0})=1{,}25 m, v4,95v\approx 4{,}95 m/s
  • c) T=15,68T=15{,}68 N : elle porte la bille ET fournit la force centripète
  • d) T=mg(32cosθ0)T=mg(3-2\cos\theta_{0}), soit 2mg2mg à 60°60° et 3mg3mg à 90°90°

a) La tension reste à chaque instant perpendiculaire à la vitesse (le fil est radial, le mouvement tangentiel) : W=Fdcos90=0W=Fd\cos 90^{\circ}=0. La seule force qui travaille est le poids, force conservative : l'énergie mécanique se conserve.

b) Hauteur : h=L(1cosθ0)=2,5(10,5)=1,25h=L(1-\cos\theta_{0})=2{,}5(1-0{,}5)=1{,}25 m. Conservation : 12mv2=mgh\frac{1}{2}mv^{2}=mgh, donc v=2(9,8)(1,25)=24,54,95v=\sqrt{2(9{,}8)(1{,}25)}=\sqrt{24{,}5}\approx 4{,}95 m/s.

c) Au point bas, la bille décrit un cercle : la résultante doit pointer vers le centre (vers le haut) avec la grandeur mv2L\frac{mv^{2}}{L}. Donc Tmg=mv2LT-mg=\frac{mv^{2}}{L}, soit T=0,8(9,8)+0,8(24,5)2,5=7,84+7,84=15,68T=0{,}8(9{,}8)+\frac{0{,}8(24{,}5)}{2{,}5}=7{,}84+7{,}84=15{,}68 N. La tension dépasse le poids parce qu'elle doit non seulement porter la bille, mais aussi courber sa trajectoire : l'excédent est exactement la force centripète.

d) Conservation depuis l'angle θ0\theta_{0} : v2=2gL(1cosθ0)v^{2}=2gL(1-\cos\theta_{0}). Au point bas : T=mg+mv2L=mg+2mg(1cosθ0)=mg(32cosθ0)T=mg+\frac{mv^{2}}{L}=mg+2mg(1-\cos\theta_{0})=mg(3-2\cos\theta_{0}). La longueur du fil a disparu du résultat. À θ0=60\theta_{0}=60^{\circ} : T=mg(31)=2mgT=mg(3-1)=2mg, ce qui redonne bien 15,68 N pour notre bille. T>2mgT>2mg exige 32cosθ0>23-2\cos\theta_{0}>2, soit cosθ0<12\cos\theta_{0}<\frac{1}{2} : au-delà de 60°. Lâché à l'horizontale (θ0=90\theta_{0}=90^{\circ}), le fil supporte 3mg3mg : c'est le critère de résistance à retenir pour dimensionner un câble.

Exercice 5 : Ressort, zone rugueuse et distance d'arrêt

Un bloc de 0,5 kg est appuyé contre un ressort de constante k=200k=200 N/m, comprimé de 10 cm. On le libère sur une surface horizontale d'abord lisse. Le bloc traverse ensuite une zone rugueuse (μk=0,30\mu_{k}=0{,}30) de 50 cm de longueur, puis retrouve une surface lisse.

  • a) Calculez l'énergie emmagasinée dans le ressort et la vitesse du bloc à la sortie du ressort.
  • b) Calculez l'énergie dissipée dans la zone rugueuse et la vitesse du bloc à la sortie de celle-ci.
  • c) Si la zone rugueuse s'étendait indéfiniment, à quelle distance de son entrée le bloc s'arrêterait-il ? Le bloc de l'énoncé la traverse-t-il de justesse ou largement ?
  • d) Dressez le bilan d'énergie complet de l'expérience (formes initiale, intermédiaires et finale) et précisez ce que devient l'énergie dissipée.

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Réponses

  • a) Ee=1,00E_{e}=1{,}00 J, v=2,0v=2{,}0 m/s
  • b) fk=1,47f_{k}=1{,}47 N, 0,7350{,}735 J dissipés, v1,03v\approx 1{,}03 m/s
  • c) dmax0,68d_{max}\approx 0{,}68 m : la zone de 0,500{,}50 m passe, mais de peu
  • d) Élastique \rightarrow cinétique \rightarrow cinétique ++ chaleur : 0,7350{,}735 J restent dans les surfaces

a) Ee=12kx2=12(200)(0,10)2=1,00E_{e}=\frac{1}{2}kx^{2}=\frac{1}{2}(200)(0{,}10)^{2}=1{,}00 J. Sur surface lisse, tout passe en énergie cinétique : v=2(1,00)0,5=2,0v=\sqrt{\frac{2(1{,}00)}{0{,}5}}=2{,}0 m/s.

b) Frottement : fk=μkmg=(0,30)(0,5)(9,8)=1,47f_{k}=\mu_{k}mg=(0{,}30)(0{,}5)(9{,}8)=1{,}47 N. Énergie dissipée : fkd=(1,47)(0,50)=0,735f_{k}d=(1{,}47)(0{,}50)=0{,}735 J. Il reste 1,000,735=0,2651{,}00-0{,}735=0{,}265 J, donc v=2(0,265)0,51,03v=\sqrt{\frac{2(0{,}265)}{0{,}5}}\approx 1{,}03 m/s.

c) Arrêt quand toute l'énergie est dissipée : dmax=Efk=1,001,470,68d_{max}=\frac{E}{f_{k}}=\frac{1{,}00}{1{,}47}\approx 0{,}68 m. La zone de 50 cm est franchie, mais de peu : 18 cm de rugueux supplémentaires suffiraient à arrêter le bloc. Les trois quarts de l'énergie initiale (0,7350{,}735 sur 1,001{,}00 J) restent dans la zone rugueuse.

d) Bilan : énergie potentielle élastique (1,00 J) \rightarrow énergie cinétique (1,00 J) \rightarrow énergie cinétique (0,265 J) ++ énergie dissipée par frottement (0,735 J), puis plus rien ne change sur la surface lisse finale. L'énergie dissipée devient de l'énergie thermique : les surfaces en contact s'échauffent légèrement. Elle n'est pas détruite, mais elle n'est plus récupérable par le mouvement : c'est le propre d'une force non conservative.

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : Le ressort vertical : deux énergies potentielles pour un seul mouvement

Un ressort vertical de constante k=250k=250 N/m est fixé au plafond, l'autre extrémité pendant librement. On y accroche un bloc de 2,002{,}00 kg. On prend g=9,80g=9{,}80 m/s2^{2} et on néglige la masse du ressort.

  • a) On accompagne le bloc à la main jusqu'à sa position d'équilibre, puis on le lâche : il ne bouge plus. Calculez l'allongement du ressort dans cette position.
  • b) On recommence en accrochant le bloc alors que le ressort est à sa longueur naturelle, puis en le lâchant sans vitesse. Calculez l'allongement MAXIMAL atteint. Comparez au résultat de a) et énoncez le rapport général.
  • c) Au point le plus bas, la force nette n'est pas nulle et pourtant le bloc s'y arrête un instant. À la position d'équilibre, la force nette est nulle et pourtant le bloc ne s'y arrête pas. Levez la double contradiction.
  • d) Calculez la vitesse maximale du bloc et dites où elle est atteinte. Vérifiez votre résultat par une seconde méthode.
  • e) On repère désormais la position par uu, l'écart à la position d'équilibre. Démontrez que l'énergie potentielle totale, gravitationnelle plus élastique, s'écrit U=12ku2+constanteU=\frac{1}{2}ku^{2}+\text{constante}. Quelle conséquence importante cela a-t-il ?

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  • a) xeq=mg/k=7,84x_{eq}=mg/k=7{,}84 cm
  • b) xmax=2mg/k=15,7x_{max}=2mg/k=15{,}7 cm, exactement le double
  • c) La force gouverne la VARIATION de la vitesse, pas la vitesse elle-même
  • d) vmax0,877v_{max}\approx 0{,}877 m/s, à la position d'équilibre
  • e) U=12ku2+U=\frac{1}{2}ku^{2}+ constante : le vertical se traite comme l'horizontal

a) À l'équilibre, la force de rappel compense exactement le poids : kxeq=mgkx_{eq}=mg, donc xeq=mgk=2,00(9,80)250=0,0784x_{eq}=\frac{mg}{k}=\frac{2{,}00(9{,}80)}{250}=0{,}0784 m, soit 7,847{,}84 cm.

b) Ici il faut conserver l'énergie, pas équilibrer les forces. Le bloc part du repos et s'arrête au point le plus bas, donc ΔK=0\Delta K=0 : toute l'énergie potentielle gravitationnelle perdue s'est stockée dans le ressort. mgxmax=12kxmax2mgx_{max}=\frac{1}{2}kx_{max}^{2}, d'où xmax=2mgk=0,157x_{max}=\frac{2mg}{k}=0{,}157 m, soit 15,715{,}7 cm. C'est EXACTEMENT le double de l'allongement d'équilibre, et le résultat est général : xmax=2xeqx_{max}=2x_{eq}, quelles que soient la masse et la raideur. Un chargement lâché brutalement sollicite une structure deux fois plus qu'un chargement posé doucement, ce qui est un principe de base du dimensionnement en génie.

c) La confusion vient d'assimiler force nulle et vitesse nulle, alors que la force gouverne la VARIATION de la vitesse, pas la vitesse elle-même. Au point le plus bas, le ressort tire plus fort que le poids : la force nette est dirigée vers le haut, elle est même maximale, et c'est précisément ce qui fait remonter le bloc. Sa vitesse y est nulle un instant, mais elle est en train de changer très vite. À la position d'équilibre au contraire, la force nette s'annule : la vitesse cesse de varier, donc elle passe par son maximum. Force maximale et vitesse nulle vont ensemble; force nulle et vitesse maximale aussi.

d) La vitesse est maximale à la position d'équilibre, xeq=0,0784x_{eq}=0{,}0784 m. Bilan énergétique depuis le lâcher : 12mv2=mgxeq12kxeq2=2,00(9,80)(0,0784)12(250)(0,0784)2=1,5370,768=0,768\frac{1}{2}mv^{2}=mgx_{eq}-\frac{1}{2}kx_{eq}^{2}=2{,}00(9{,}80)(0{,}0784)-\frac{1}{2}(250)(0{,}0784)^{2}=1{,}537-0{,}768=0{,}768 J. Donc v=2(0,768)2,000,877v=\sqrt{\frac{2(0{,}768)}{2{,}00}}\approx 0{,}877 m/s. Deuxième méthode : le mouvement est une oscillation harmonique d'amplitude xeqx_{eq} autour de la position d'équilibre, et vmax=xeqkm=0,07841250,877v_{max}=x_{eq}\sqrt{\frac{k}{m}}=0{,}0784\sqrt{125}\approx 0{,}877 m/s. Les deux méthodes concordent. On remarque au passage que l'énergie stockée à l'équilibre vaut exactement la moitié de l'énergie gravitationnelle perdue, l'autre moitié étant l'énergie cinétique.

e) Prenons l'axe vers le bas, l'origine à la longueur naturelle, et posons x=u+xeqx=u+x_{eq}. L'énergie potentielle totale vaut U=mgx+12kx2U=-mgx+\frac{1}{2}kx^{2} (le signe moins parce que descendre fait perdre de l'énergie gravitationnelle). En substituant : U=mg(u+xeq)+12k(u+xeq)2=mgumgxeq+12ku2+kxequ+12kxeq2U=-mg\left(u+x_{eq}\right)+\frac{1}{2}k\left(u+x_{eq}\right)^{2}=-mgu-mgx_{eq}+\frac{1}{2}ku^{2}+kx_{eq}u+\frac{1}{2}kx_{eq}^{2}. Or kxeq=mgkx_{eq}=mg, donc les termes linéaires mgu-mgu et +kxequ+kx_{eq}u s'annulent, et il reste U=12ku2+(12kxeq2mgxeq)=12ku212kxeq2U=\frac{1}{2}ku^{2}+\left(\frac{1}{2}kx_{eq}^{2}-mgx_{eq}\right)=\frac{1}{2}ku^{2}-\frac{1}{2}kx_{eq}^{2}. La constante n'a aucune influence puisque seules les variations de UU comptent. Conséquence : un système masse-ressort VERTICAL se comporte exactement comme un système masse-ressort HORIZONTAL, à condition de mesurer les positions depuis la position d'équilibre. La gravité ne fait que déplacer le point d'équilibre, elle ne change ni la période, ni la forme du mouvement. C'est ce résultat qui permettra, au chapitre du mouvement harmonique simple, de traiter les deux cas d'une seule formule.

Exercice 7 : Puissance d'une voiture en côte

Une voiture de 1500 kg monte une côte inclinée à 5° à la vitesse constante de 20 m/s (72 km/h). L'ensemble des résistances au roulement et de la traînée de l'air équivaut à une force constante de 600 N opposée au mouvement.

  • a) La voiture accélère-t-elle ? Écrivez la condition sur les forces le long de la pente et calculez la force de traction que le moteur doit fournir aux roues.
  • b) Calculez la puissance développée. Exprimez-la en kilowatts.
  • c) La côte fait 2 km. Calculez l'énergie fournie pendant la montée et répartissez-la : quelle part devient de l'énergie potentielle, quelle part est dissipée par les résistances ?
  • d) Au sommet, la route redevient horizontale et le conducteur maintient 20 m/s. Quelle puissance suffit alors ? Comparez et commentez.
  • e) La voiture redescend ensuite la même pente à 20 m/s constants. Montrez que le moteur devient inutile et calculez la puissance que les freins doivent dissiper.

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  • a) Non, elle ne peut pas accélérer : Ftr=mgsin5+6001881F_{tr}=mg\sin 5^{\circ}+600\approx 1881 N
  • b) P37,6P\approx 37{,}6 kW
  • c) E3,76E\approx 3{,}76 MJ, dont 2,562{,}56 MJ en altitude et 1,201{,}20 MJ dissipés
  • d) 1212 kW, à peine le tiers : la différence est exactement mgvsin5mgv\sin 5^{\circ}
  • e) Les freins dissipent (1281600)(20)13,6(1281-600)(20)\approx 13{,}6 kW

a) Vitesse constante : accélération nulle, donc ΣF=0\Sigma F=0 le long de la pente. La traction doit équilibrer la composante du poids ET les résistances : Ftr=mgsin5+600=(1500)(9,8)(0,0872)+6001281+600=1881F_{tr}=mg\sin 5^{\circ}+600=(1500)(9{,}8)(0{,}0872)+600\approx 1281+600=1881 N.

b) P=Ftrv=(1881)(20)37600P=F_{tr}\,v=(1881)(20)\approx 37\,600 W 37,6\approx 37{,}6 kW. (À titre de repère, environ 50 chevaux : monter une côte à bonne allure mobilise une part importante de la puissance d'une voiture ordinaire.)

c) Durée : t=200020=100t=\frac{2000}{20}=100 s, donc E=Pt3,76E=Pt\approx 3{,}76 MJ. Gain d'altitude : h=2000sin5174,3h=2000\sin 5^{\circ}\approx 174{,}3 m, donc ΔEp=mgh(1500)(9,8)(174,3)2,56\Delta E_{p}=mgh\approx (1500)(9{,}8)(174{,}3)\approx 2{,}56 MJ. Dissipation : (600)(2000)=1,20(600)(2000)=1{,}20 MJ. Vérification : 2,56+1,20=3,762{,}56+1{,}20=3{,}76 MJ, le compte est bon. Environ deux tiers de l'essence de la montée se retrouvent stockés en altitude.

d) Sur le plat, seule la résistance de 600 N reste à vaincre : P=(600)(20)=12P=(600)(20)=12 kW, à peine le tiers de la montée. La différence, 25,625{,}6 kW, est exactement le débit d'énergie potentielle mgvsin5mgv\sin 5^{\circ} : monter, c'est essentiellement payer la gravité en temps réel.

e) En descente, la composante du poids (1281\approx 1281 N) pousse la voiture et dépasse les résistances (600 N) : sans freins, la voiture accélérerait. Pour maintenir 20 m/s, les freins doivent dissiper la différence : Ffr=1281600=681F_{fr}=1281-600=681 N, soit Pfr=(681)(20)13,6P_{fr}=(681)(20)\approx 13{,}6 kW. C'est pourquoi les longues descentes échauffent les freins et qu'on recommande le frein moteur : 13,6 kW dissipés en continu, c'est l'équivalent d'une dizaine de bouilloires.

Exercice 8 : La boucle : de quelle hauteur faut-il partir ?

Un petit chariot de 0,5000{,}500 kg est lâché sans vitesse initiale du haut d'une rampe, puis parcourt une boucle verticale de rayon R=2,50R=2{,}50 m dont le point le plus bas est au niveau du sol. On néglige d'abord tout frottement et on prend g=9,80g=9{,}80 m/s2^{2}.

  • a) Au sommet de la boucle, quelle vitesse minimale le chariot doit-il conserver pour ne pas décoller du rail ? Justifiez par un bilan de forces.
  • b) Déduisez-en la hauteur minimale de lâcher, exprimée d'abord en fonction de RR puis en mètres. Que remarquez-vous concernant la masse ?
  • c) Le chariot est en fait lâché de 8,008{,}00 m. Calculez sa vitesse au sommet de la boucle et la force que le rail exerce alors sur lui.
  • d) Pour ce même lâcher de 8,008{,}00 m, calculez la force du rail au point le plus bas de la boucle et comparez-la au poids du chariot. Que ressent un passager à cet endroit ?
  • e) La rampe est en réalité rugueuse et dissipe 25,0%25{,}0\,\% de l'énergie mécanique initiale avant l'entrée de la boucle. De quelle hauteur faut-il alors lâcher le chariot pour tout juste boucler ? Enfin, pourquoi les boucles des montagnes russes réelles ne sont-elles jamais circulaires ?

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  • a) vmin=gR4,95v_{min}=\sqrt{gR}\approx 4{,}95 m/s, au cas limite N=0N=0
  • b) hmin=2,5R=6,25h_{min}=2{,}5R=6{,}25 m, indépendante de la masse
  • c) v7,67v\approx 7{,}67 m/s, N=6,86N=6{,}86 N vers le centre
  • d) N36,3N\approx 36{,}3 N, soit 7,47{,}4 fois le poids
  • e) h8,33h\geq 8{,}33 m ; les boucles réelles sont des clothoïdes, à rayon variable

a) Au sommet, deux forces agissent sur le chariot : son poids mgmg et la force normale NN du rail, toutes deux dirigées VERS LE BAS, c'est-à-dire vers le centre de la boucle. La deuxième loi selon la direction radiale donne mg+N=mv2Rmg+N=\frac{mv^{2}}{R}. Un rail ne peut que pousser, jamais tirer, donc N0N\geq 0. Le cas limite est N=0N=0, où la gravité fournit à elle seule toute l'accélération centripète : vmin=gR=9,80(2,50)4,95v_{min}=\sqrt{gR}=\sqrt{9{,}80(2{,}50)}\approx 4{,}95 m/s. En dessous, le chariot quitte le rail et devient un projectile.

b) Sans frottement, l'énergie mécanique se conserve entre le point de lâcher (hauteur hh, repos) et le sommet de la boucle (hauteur 2R2R, vitesse vminv_{min}) : mgh=mg(2R)+12mvmin2mgh=mg(2R)+\frac{1}{2}mv_{min}^{2}. En remplaçant vmin2=gRv_{min}^{2}=gR : gh=2gR+gR2gh=2gR+\frac{gR}{2}, d'où hmin=5R2=2,5Rh_{min}=\frac{5R}{2}=2{,}5R. Numériquement hmin=2,5(2,50)=6,25h_{min}=2{,}5(2{,}50)=6{,}25 m, soit 1,251{,}25 m au-dessus du sommet de la boucle. La masse s'élimine partout : un chariot chargé et un chariot vide bouclent à la même hauteur, ce qui est heureux pour l'exploitant d'un parc d'attractions.

c) Conservation de l'énergie entre 8,008{,}00 m et le sommet, situé à 2R=5,002R=5{,}00 m : 12v2=g(8,005,00)\frac{1}{2}v^{2}=g(8{,}00-5{,}00), donc v2=2(9,80)(3,00)=58,8v^{2}=2(9{,}80)(3{,}00)=58{,}8 et v7,67v\approx 7{,}67 m/s, bien au-dessus des 4,954{,}95 m/s exigés. Force du rail : N=mv2Rmg=0,500(58,8)2,500,500(9,80)=11,764,90=6,86N=\frac{mv^{2}}{R}-mg=\frac{0{,}500(58{,}8)}{2{,}50}-0{,}500(9{,}80)=11{,}76-4{,}90=6{,}86 N, dirigée vers le bas, c'est-à-dire vers le centre.

d) Au point le plus bas, le poids pointe vers le bas et la normale vers le haut, donc vers le centre : Nmg=mv2RN-mg=\frac{mv^{2}}{R}. Ici v2=2g(8,00)=156,8v^{2}=2g(8{,}00)=156{,}8 m2^{2}/s2^{2}, donc N=0,500(156,8)2,50+4,90=31,36+4,90=36,3N=\frac{0{,}500(156{,}8)}{2{,}50}+4{,}90=31{,}36+4{,}90=36{,}3 N. C'est 7,47{,}4 fois le poids du chariot. Un passager y ressentirait un poids apparent de 7,47{,}4 fois le sien : au-delà de 55 à 6g6\,g la vision périphérique se perd et l'évanouissement guette, ce qui est précisément la limite que les concepteurs s'interdisent de franchir.

e) Il ne reste que 75,0%75{,}0\,\% de l'énergie initiale à l'entrée de la boucle, et la boucle elle-même est supposée lisse. Il faut donc 0,750mghmg(2,5R)0{,}750\,mgh\geq mg(2{,}5R), soit h2,5(2,50)0,750=8,33h\geq\frac{2{,}5(2{,}50)}{0{,}750}=8{,}33 m. Le frottement coûte plus de deux mètres de hauteur supplémentaires. Quant à la forme : une boucle circulaire impose une vitesse énorme en bas pour tenir au sommet, donc une accélération centripète v2R\frac{v^{2}}{R} démesurée à l'entrée, exactement le problème de la question d). Les concepteurs utilisent une clothoïde, courbe dont le rayon de courbure est grand en bas, là où la vitesse est élevée, et petit en haut, là où elle est faible. L'accélération v2R\frac{v^{2}}{R} reste ainsi à peu près constante et supportable sur tout le parcours, et la hauteur de lâcher nécessaire diminue.

depart a la hauteur hau sommet : mg + N = mv²/RRa la limite N = 0, il reste v² = gR au sommet,d'ou h = 2,5 R : la hauteur ne depend NI de m ni de la pente

Exercice 9 : Le toboggan : pourquoi la forme de la pente ne compte pas

Une luge part du repos au sommet d'une butte de 8 m de hauteur. La descente est glacée (frottement négligeable), quelle que soit la forme du profil. Au bas de la butte, la luge aborde un replat horizontal enneigé où μk=0,25\mu_{k}=0{,}25.

  • a) Calculez la vitesse de la luge au bas de la butte. Pourquoi le résultat ne dépend-il ni de la masse de la luge, ni de la forme du profil de descente (raide, en pente douce ou en bosses) ?
  • b) Démontrez que la distance d'arrêt sur le replat vaut d=hμkd=\frac{h}{\mu_{k}}, puis calculez-la. Que remarquez-vous sur les grandeurs qui ont disparu ?
  • c) On remplace le replat infini par 12 m de neige rugueuse suivis d'une seconde butte glacée. Quelle hauteur maximale la luge atteint-elle sur cette seconde butte ?
  • d) La luge redescend alors de la seconde butte et repasse le replat en sens inverse. Décrivez la fin du mouvement et calculez la position d'arrêt définitive.

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Réponses

  • a) v12,5v\approx 12{,}5 m/s : le poids est conservatif, la normale ne travaille pas
  • b) d=h/μk=32d=h/\mu_{k}=32 m : la masse et gg ont disparu
  • c) h=80,25(12)=5h'=8-0{,}25(12)=5 m
  • d) Arrêt définitif après 88 m de rugueux, à 44 m de la seconde butte

a) Conservation sur la partie glacée : mgh=12mv2mgh=\frac{1}{2}mv^{2}, donc v=2(9,8)(8)12,5v=\sqrt{2(9{,}8)(8)}\approx 12{,}5 m/s. La masse se simplifie dans l'équation. La forme du profil n'intervient pas parce que le poids est conservatif : son travail ne dépend que de la dénivelée hh, pas du chemin; et la normale, toujours perpendiculaire au mouvement, ne travaille sur aucun profil. Seuls comptent le départ et l'arrivée.

b) Sur le replat, le frottement μkmg\mu_{k}mg dissipe l'énergie mghmgh acquise : μkmgd=mgh\mu_{k}mg\,d=mgh, donc d=hμk=80,25=32d=\frac{h}{\mu_{k}}=\frac{8}{0{,}25}=32 m. La masse ET gg ont disparu : une luge lourde ou légère, sur Terre ou sur la Lune, s'arrête à la même distance. Il ne reste que la géométrie (hh) et la qualité de la surface (μk\mu_{k}).

c) Les 12 m de neige prélèvent l'équivalent de μk×12=3\mu_{k}\times 12=3 m de dénivelée. Bilan en hauteurs équivalentes : h=8(0,25)(12)=5h'=8-(0{,}25)(12)=5 m. La luge remonte à 5 m exactement (la seconde butte est glacée : aucune perte à la montée).

d) La luge redescend de 5 m, retraverse les 12 m rugueux (nouvelle perte de 3 m d'équivalent) et aborde la première butte avec 53=25-3=2 m d'équivalent : elle y remonte à 2 m, puis redescend et repart sur le replat avec 2 m d'équivalent seulement. Elle ne peut plus le traverser : elle parcourt 20,25=8\frac{2}{0{,}25}=8 m et s'arrête définitivement DANS la zone rugueuse, aux deux tiers de la traversée (à 4 m de la seconde butte). Vérification globale : la luge a parcouru 12+12+8=3212+12+8=32 m de neige rugueuse, dissipant (0,25)(32)=8(0{,}25)(32)=8 m d'équivalent, exactement la hauteur initiale. Toute l'énergie mghmgh a fini en chaleur dans la neige.

hmeme vitesse a l'arriveesans frottement, le travail du poids ne depend que de h :la forme du toboggan change le TEMPS, pas la vitesse finale

Exercice 10 : Lire un mouvement dans une courbe d'énergie potentielle

Une particule de masse 0,2000{,}200 kg se déplace le long de l'axe xx sous l'action d'une force conservative dont l'énergie potentielle est U(x)=x48x2U(x)=x^{4}-8x^{2}, avec UU en joules et xx en mètres. La courbe est représentée ci-dessous.

-4-3-2-11234-20-16-12-8-44812162024x (m)U (J)E = -7 J
  • a) Déterminez F(x)F(x), puis les positions d'équilibre. Classez chacune en stable ou instable, en justifiant à la fois par l'allure de la courbe et par le signe de la force de part et d'autre.
  • b) La particule est lâchée sans vitesse initiale en x=1,00x=1{,}00 m. Décrivez son mouvement et déterminez exactement les deux points de rebroussement. Peut-elle atteindre le côté négatif de l'axe ?
  • c) Calculez la vitesse maximale de la particule dans ce mouvement et dites où elle est atteinte.
  • d) Quelle énergie cinétique minimale faudrait-il lui donner en x=1,00x=1{,}00 m pour qu'elle franchisse la barrière centrale ? Quelle vitesse cela représente-t-il, et pourquoi le mot minimale demande-t-il une précaution ?
  • e) On donne finalement à la particule une énergie mécanique totale de +20,0+20{,}0 J. Le mouvement reste-t-il borné ? Déterminez les points de rebroussement et décrivez ce que devient l'oscillation. Comparez avec le cas d'un satellite, dont l'énergie potentielle est U=GMmrU=-\frac{GMm}{r}.

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  • a) F(x)=4x3+16xF(x)=-4x^{3}+16x ; x=0x=0 instable, x=±2,00x=\pm 2{,}00 m stables
  • b) E=7,00E=-7{,}00 J, oscillation entre 1,001{,}00 m et 72,65\sqrt{7}\approx 2{,}65 m, côté négatif interdit
  • c) Kmax=9,00K_{max}=9{,}00 J, vmax9,49v_{max}\approx 9{,}49 m/s, en x=2,00x=2{,}00 m
  • d) K>7,00K>7{,}00 J, soit v>8,37v>8{,}37 m/s : le cas limite est un seuil, pas un passage
  • e) Rebroussements en ±10±3,16\pm\sqrt{10}\approx\pm 3{,}16 m : borné, mais les deux puits sont balayés

a) La force dérive du potentiel : F(x)=dUdx=(4x316x)=4x(x24)F(x)=-\frac{dU}{dx}=-\left(4x^{3}-16x\right)=-4x\left(x^{2}-4\right). Elle s'annule en x=0x=0 et x=±2,00x=\pm 2{,}00 m, qui sont les trois positions d'équilibre. En x=0x=0, U(0)=0U(0)=0 est un MAXIMUM local : équilibre INSTABLE. On le confirme par la force : pour xx légèrement positif, F=4x(x24)>0F=-4x(x^{2}-4)>0, donc la force pousse encore plus loin de l'origine; l'écart s'amplifie. En x=±2,00x=\pm 2{,}00 m, U=1632=16,0U=16-32=-16{,}0 J est un MINIMUM : équilibre STABLE. Pour xx un peu supérieur à 22, F<0F<0 et ramène la particule vers 22; pour xx un peu inférieur, F>0F>0 et la ramène également. Règle générale : la force pointe toujours vers les UU décroissants, donc un creux rappelle et une bosse repousse.

b) Lâchée sans vitesse, son énergie mécanique vaut E=U(1,00)=18=7,00E=U(1{,}00)=1-8=-7{,}00 J, et elle se conserve. Les points de rebroussement sont les positions où K=0K=0, donc où U(x)=7,00U(x)=-7{,}00 : x48x2+7=0x^{4}-8x^{2}+7=0, équation bicarrée de solutions x2=8±64282=8±62x^{2}=\frac{8\pm\sqrt{64-28}}{2}=\frac{8\pm 6}{2}, soit x2=1x^{2}=1 ou x2=7x^{2}=7. Sur le côté positif, cela donne x=1,00x=1{,}00 m et x=72,65x=\sqrt{7}\approx 2{,}65 m. La particule oscille donc entre 1,001{,}00 m et 2,652{,}65 m, autour de la position d'équilibre stable x=2,00x=2{,}00 m. Elle ne peut PAS atteindre le côté négatif : il faudrait passer par x=0x=0U=0U=0, alors qu'elle ne dispose que de E=7,00E=-7{,}00 J. La région U>EU>E lui est interdite, la barrière centrale la piège dans son puits de droite.

c) La vitesse est maximale là où l'énergie cinétique l'est, donc là où UU est minimale : au fond du puits, en x=2,00x=2{,}00 m. Alors K=EU=7,00(16,0)=9,00K=E-U=-7{,}00-(-16{,}0)=9{,}00 J, et v=2Km=2(9,00)0,200=90,09,49v=\sqrt{\frac{2K}{m}}=\sqrt{\frac{2(9{,}00)}{0{,}200}}=\sqrt{90{,}0}\approx 9{,}49 m/s.

d) Franchir la barrière exige EU(0)=0E\geq U(0)=0. Comme E=U(1,00)+K=7,00+KE=U(1{,}00)+K=-7{,}00+K, il faut K7,00K\geq 7{,}00 J, ce qui correspond à v=2(7,00)0,200=70,08,37v=\sqrt{\frac{2(7{,}00)}{0{,}200}}=\sqrt{70{,}0}\approx 8{,}37 m/s. La précaution : avec exactement 7,007{,}00 J, la particule arrive en x=0x=0 avec une vitesse rigoureusement nulle, à un point d'équilibre. Elle y resterait indéfiniment, en équilibre instable, et mettrait un temps infini à l'atteindre. Il faut donc KK strictement supérieur à 7,007{,}00 J pour franchir vraiment la barrière : le cas limite est un seuil, pas un passage.

e) Avec E=+20,0E=+20{,}0 J, les points de rebroussement vérifient x48x2=20x^{4}-8x^{2}=20, soit x2=8±64+802=8±122x^{2}=\frac{8\pm\sqrt{64+80}}{2}=\frac{8\pm 12}{2}. Seule x2=10x^{2}=10 est acceptable, d'où x=±10±3,16x=\pm\sqrt{10}\approx\pm 3{,}16 m. Le mouvement reste donc borné, mais il a changé de nature : la particule balaie maintenant tout l'intervalle [3,16;3,16]\left[-3{,}16\,;3{,}16\right] en passant d'un puits à l'autre. C'est une seule grande oscillation, non sinusoïdale : la particule ralentit en franchissant la bosse centrale et accélère au fond de chaque puits. Ce potentiel confine pour TOUTE énergie finie, puisque U+U\to +\infty quand x|x|\to\infty. Le satellite est le cas opposé : U=GMmrU=-\frac{GMm}{r} tend vers zéro par en dessous quand rr\to\infty, si bien que le mouvement n'est borné que tant que E<0E<0. Dès que E0E\geq 0, il n'existe plus de point de rebroussement et le satellite s'échappe : c'est exactement la condition de la vitesse de libération.

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