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Mécanique 203-NYA • Complément québécois de Première et cégep

Exercices corrigés : quantité de mouvement, impulsion et collisions (203-NYA)

Voici la série d'exercices corrigés de mécanique du cours 203-NYA sur la quantité de mouvement. La partie A pose les fondations : le théorème de l'impulsion sur un ballon frappé (et pourquoi le poids devient négligeable pendant l'impact), l'accrochage de deux wagons avec la démonstration de la fraction d'énergie perdue, la collision élastique résolue par les deux lois de conservation, et le recul d'un astronaute qui lance un outil dans le vide. La partie B monte au niveau examen : la collision parfaitement inélastique en deux dimensions à une intersection, traitée composante par composante comme le ferait un expert en reconstitution d'accident, et le pendule balistique, le grand classique qui enchaîne conservation de la quantité de mouvement puis conservation de l'énergie.

Cette série s'adresse aux étudiants de cégep en Sciences de la nature comme aux élèves de Première et de Terminale du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas qui suivent le complément québécois de sciences physiques (spécialité physique-chimie). La quantité de mouvement est la grandeur reine des chocs : là où les forces d'impact sont brèves, énormes et inconnues, la conservation de p=mvp=mv enjambe le choc et relie l'avant à l'après sans jamais avoir à les connaître.

Le réflexe à garder tout du long : à chaque situation, demandez-vous ce qui se conserve, et pendant quelle phase. La quantité de mouvement se conserve dans tout choc (système isolé pendant l'impact), l'énergie cinétique seulement dans les chocs élastiques. Et dans un problème en deux phases comme le pendule balistique, chaque phase a sa loi : mélanger les deux est l'erreur qui coûte le plus de points du chapitre.

Rappel de cours

  • Quantité de mouvement : p=mvp=mv, grandeur vectorielle (composante par composante en deux dimensions). Pour un système, PP est la somme des pp de chaque corps.
  • Théorème de l'impulsion : FΔt=ΔpF\Delta t=\Delta p. Une même variation de quantité de mouvement peut venir d'une grande force brève ou d'une petite force prolongée : c'est le principe du coussin gonflable et des genoux pliés à la réception d'un saut.
  • Conservation : si les forces extérieures sont nulles ou négligeables pendant la durée considérée (impact bref), la quantité de mouvement totale du système se conserve : Pavant=PapreˋsP_{avant}=P_{après}. C'est vrai pour TOUT type de collision.
  • Collision parfaitement inélastique : les corps restent soudés, v=m1v1+m2v2m1+m2v'=\frac{m_{1}v_{1}+m_{2}v_{2}}{m_{1}+m_{2}}. L'énergie cinétique diminue toujours (déformation, chaleur, son). Collision élastique : l'énergie cinétique se conserve AUSSI; la vitesse relative s'inverse : v1v2=(v1v2)v_{1}-v_{2}=-(v_{1}'-v_{2}').
  • En deux dimensions, la conservation s'écrit séparément sur chaque axe : PxP_{x} et PyP_{y} se conservent indépendamment.
  • Problèmes en deux phases (pendule balistique, chariot qui monte après un choc) : quantité de mouvement PENDANT le choc, énergie APRÈS le choc, jamais l'inverse. Constante : g=9,8g=9{,}8 m/s².

Partie A : Impulsion et collisions en une dimension (/32)

Exercice 1 : L'impulsion : un ballon frappé de volée

Un ballon de soccer de 0,45 kg arrive horizontalement à 12 m/s sur le pied d'une joueuse, qui le renvoie horizontalement en sens inverse à 18 m/s. Le contact pied-ballon dure 10 ms. On oriente l'axe dans le sens du renvoi.

  • a) Calculez la variation de quantité de mouvement du ballon. Attention aux signes.
  • b) Déduisez la force moyenne exercée par le pied sur le ballon.
  • c) Comparez cette force au poids du ballon. Justifiez pourquoi on peut négliger la gravité pendant l'impact, alors qu'on ne la néglige jamais pendant le vol.
  • d) Expliquez, avec le théorème de l'impulsion, pourquoi on plie les genoux à la réception d'un saut et pourquoi un coussin gonflable protège : qu'est-ce qui change, et qu'est-ce qui ne change pas ?
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a) Avec l'axe orienté dans le sens du renvoi : vitesse initiale 12-12 m/s, finale +18+18 m/s. Δp=m(vfvi)=0,45(18(12))=0,45(30)=13,5\Delta p=m(v_{f}-v_{i})=0{,}45(18-(-12))=0{,}45(30)=13{,}5 kg·m/s. L'erreur classique est de soustraire les modules (1812=618-12=6) : le ballon change de SENS, les vitesses ont des signes opposés.

b) F=ΔpΔt=13,50,010=1350F=\frac{\Delta p}{\Delta t}=\frac{13{,}5}{0{,}010}=1350 N.

c) Poids : mg=(0,45)(9,8)4,4mg=(0{,}45)(9{,}8)\approx 4{,}4 N. La force d'impact vaut environ 300 fois le poids : pendant les 10 ms du contact, l'impulsion de la gravité (4,4×0,010=0,0444{,}4\times 0{,}010=0{,}044 kg·m/s) est invisible devant celle du pied (13,5 kg·m/s). Pendant le vol, au contraire, la gravité est la SEULE force et agit pendant des secondes entières : c'est la durée d'action, pas la grandeur seule, qui décide de ce qu'on néglige.

d) Dans les deux cas, la variation de quantité de mouvement Δp\Delta p est imposée (passer de la vitesse d'impact à l'arrêt) : elle ne change pas. Ce qui change, c'est la durée Δt\Delta t sur laquelle elle s'étale. Genoux pliés ou coussin gonflable allongent Δt\Delta t, et comme F=ΔpΔtF=\frac{\Delta p}{\Delta t}, la force moyenne diminue d'autant. On ne réduit pas le choc, on le dilue dans le temps.

Exercice 2 : Accrochage de wagons : la fraction d'énergie perdue

Dans une gare de triage, un wagon de 2000 kg roulant à 3 m/s vient s'accrocher à un wagon de 3000 kg immobile. Les deux repartent soudés.

  • a) Pourquoi la quantité de mouvement du système se conserve-t-elle pendant l'accrochage, alors que le frottement des rails existe ?
  • b) Calculez la vitesse commune après l'accrochage.
  • c) Calculez l'énergie cinétique avant et après, puis la fraction de l'énergie perdue. Où est-elle passée ?
  • d) Démontrez le résultat général : quand un corps de masse m1m_{1} frappe un corps immobile de masse m2m_{2} et qu'ils restent soudés, la fraction d'énergie cinétique perdue vaut m2m1+m2\frac{m_{2}}{m_{1}+m_{2}}, indépendamment de la vitesse. Vérifiez avec les valeurs de l'énoncé et commentez le cas m2m1m_{2}\gg m_{1}.
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a) Pendant la fraction de seconde de l'accrochage, les forces entre wagons (intérieures au système) sont énormes devant le frottement des rails (force extérieure) : l'impulsion du frottement sur cette durée est négligeable. La conservation s'applique à l'échelle du choc, pas à l'échelle de la journée.

b) v=m1v1m1+m2=(2000)(3)5000=1,2v'=\frac{m_{1}v_{1}}{m_{1}+m_{2}}=\frac{(2000)(3)}{5000}=1{,}2 m/s.

c) Avant : Ek=12(2000)(3)2=9000E_{k}=\frac{1}{2}(2000)(3)^{2}=9000 J. Après : 12(5000)(1,2)2=3600\frac{1}{2}(5000)(1{,}2)^{2}=3600 J. Perte : 5400 J, soit 60 % de l'énergie initiale, partie en déformation des attelages, bruit et chaleur. La quantité de mouvement, elle, est intégralement transmise : 6000 kg·m/s avant comme après.

d) Avec v=m1v1m1+m2v'=\frac{m_{1}v_{1}}{m_{1}+m_{2}} : EkEk=12(m1+m2)v212m1v12=(m1+m2)m1v12m12v12(m1+m2)2=m1m1+m2\frac{E_{k}'}{E_{k}}=\frac{\frac{1}{2}(m_{1}+m_{2})v'^{2}}{\frac{1}{2}m_{1}v_{1}^{2}}=\frac{(m_{1}+m_{2})}{m_{1}v_{1}^{2}}\cdot\frac{m_{1}^{2}v_{1}^{2}}{(m_{1}+m_{2})^{2}}=\frac{m_{1}}{m_{1}+m_{2}}. La fraction perdue est donc 1m1m1+m2=m2m1+m21-\frac{m_{1}}{m_{1}+m_{2}}=\frac{m_{2}}{m_{1}+m_{2}} : la vitesse a disparu du résultat. Ici : 30005000=60\frac{3000}{5000}=60 %, conforme au c). Si m2m1m_{2}\gg m_{1} (une balle de mastic contre un mur), la fraction tend vers 100 % : presque toute l'énergie est dissipée, ce qui correspond bien à l'intuition.

Exercice 3 : Collision élastique : les deux lois de conservation

Sur un rail à coussin d'air, un chariot de 1 kg lancé à 4 m/s frappe de plein fouet un chariot de 3 kg immobile. Le choc est parfaitement élastique.

  • a) Écrivez les deux lois de conservation qui s'appliquent à ce choc.
  • b) Résolvez le système et calculez les deux vitesses après le choc. Interprétez le signe de chacune.
  • c) Vérifiez numériquement que la quantité de mouvement ET l'énergie cinétique sont conservées.
  • d) Vérifiez la propriété caractéristique du choc élastique : la vitesse relative s'inverse (v1v2=(v1v2)v_{1}-v_{2}=-(v_{1}'-v_{2}')). Expliquez en quoi cette propriété, combinée à la conservation de pp, offre une résolution sans équation du second degré.
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a) Quantité de mouvement : m1v1=m1v1+m2v2m_{1}v_{1}=m_{1}v_{1}'+m_{2}v_{2}', soit 4=v1+3v24=v_{1}'+3v_{2}'. Énergie cinétique (choc élastique) : 12m1v12=12m1v12+12m2v22\frac{1}{2}m_{1}v_{1}^{2}=\frac{1}{2}m_{1}v_{1}'^{2}+\frac{1}{2}m_{2}v_{2}'^{2}, soit 16=v12+3v2216=v_{1}'^{2}+3v_{2}'^{2}.

b) Pour un projectile frappant une cible immobile, la résolution du système donne v1=m1m2m1+m2v1=134(4)=2v_{1}'=\frac{m_{1}-m_{2}}{m_{1}+m_{2}}v_{1}=\frac{1-3}{4}(4)=-2 m/s et v2=2m1m1+m2v1=24(4)=2v_{2}'=\frac{2m_{1}}{m_{1}+m_{2}}v_{1}=\frac{2}{4}(4)=2 m/s. Le chariot léger REBONDIT en arrière (v1<0v_{1}'<0) : il frappe plus lourd que lui; le chariot lourd part vers l'avant à 2 m/s.

c) Quantité de mouvement : avant (1)(4)=4(1)(4)=4 kg·m/s; après (1)(2)+(3)(2)=4(1)(-2)+(3)(2)=4 kg·m/s. Énergie : avant 12(1)(16)=8\frac{1}{2}(1)(16)=8 J; après 12(1)(4)+12(3)(4)=2+6=8\frac{1}{2}(1)(4)+\frac{1}{2}(3)(4)=2+6=8 J. Les deux lois sont vérifiées.

d) Avant : v1v2=4v_{1}-v_{2}=4 m/s (rapprochement). Après : v1v2=22=4v_{1}'-v_{2}'=-2-2=-4 m/s (éloignement à la même cadence) : la vitesse relative s'est bien inversée. Cette relation est LINÉAIRE : combinée à la conservation de pp (linéaire aussi), elle remplace l'équation d'énergie (quadratique) et donne un système de deux équations du premier degré, immédiat à résoudre. C'est l'astuce standard des chocs élastiques en une dimension : l'équation quadratique n'a servi qu'à établir la propriété une fois pour toutes.

Exercice 4 : Le recul : un astronaute lance un outil

Un astronaute de 80 kg (équipement compris) flotte immobile à 30 m de sa station, sans propulseur. Pour revenir, il lance de toutes ses forces une clé de 2 kg à 8 m/s dans la direction opposée à la station.

  • a) Pourquoi la quantité de mouvement du système astronaute-clé se conserve-t-elle ici de façon quasi parfaite ?
  • b) Calculez la vitesse de recul de l'astronaute et le temps qu'il mettra à atteindre la station.
  • c) Calculez l'énergie cinétique totale créée par le lancer. La conservation de l'énergie cinétique est-elle violée ? D'où vient cette énergie ?
  • d) L'astronaute aurait-il intérêt à lancer la clé deux fois moins vite mais... il n'a qu'une clé. Montrez que, à vitesse de lancer fixée, il vaut mieux lancer l'objet le PLUS LOURD disponible, et commentez la répartition de l'énergie entre l'astronaute et l'objet lancé.
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a) Dans l'espace, aucune force extérieure horizontale n'agit sur le système astronaute-clé : ni frottement, ni support. Les forces du lancer sont intérieures au système : PP totale reste ce qu'elle était, c'est-à-dire nulle.

b) 0=mava+mcvc0=m_{a}v_{a}+m_{c}v_{c}, donc va=(2)(8)80=0,2v_{a}=-\frac{(2)(8)}{80}=-0{,}2 m/s : l'astronaute recule à 0,2 m/s vers la station. Temps : t=300,2=150t=\frac{30}{0{,}2}=150 s, soit 2 min 30 s. Le voyage est lent mais sûr : rien ne viendra le freiner.

c) Ek=12(2)(8)2+12(80)(0,2)2=64+1,6=65,6E_{k}=\frac{1}{2}(2)(8)^{2}+\frac{1}{2}(80)(0{,}2)^{2}=64+1{,}6=65{,}6 J. Aucune violation : la conservation de l'énergie CINÉTIQUE n'est une loi que pour les chocs élastiques. Ici, l'énergie vient de l'énergie chimique des muscles de l'astronaute : le lancer est une anti-collision, une explosion en miniature qui CRÉE de l'énergie cinétique à partir d'une autre forme.

d) À vitesse de lancer vv fixée, le recul vaut va=mcvmav_{a}=\frac{m_{c}v}{m_{a}} : il croît avec la masse lancée, donc lancer lourd est plus efficace. La répartition de l'énergie suit les vitesses : la clé emporte 6465,697,6\frac{64}{65{,}6}\approx 97{,}6 % de l'énergie produite, l'astronaute n'en récupère que 2,4 %. C'est général : quand PP totale est nulle, les énergies sont dans le rapport inverse des masses (E=p22mE=\frac{p^{2}}{2m} avec le même pp) : le corps léger emporte presque tout. Les muscles paient cher chaque m/s de recul, et c'est exactement le problème que résout un vrai propulseur... ou une fusée, qui lance du gaz très vite et en continu.

Partie B : Niveau examen (/18)

Exercice 5 : Collision en deux dimensions à une intersection

À une intersection, une voiture de 1200 kg roulant vers l'est à 20 m/s percute une voiture de 1600 kg roulant vers le nord à 15 m/s. Les deux véhicules restent enchevêtrés après le choc. On prend l'axe des xx vers l'est et l'axe des yy vers le nord.

  • a) Calculez les composantes de la quantité de mouvement totale du système avant le choc.
  • b) Déduisez la vitesse (module et direction) de l'épave juste après le choc.
  • c) Calculez l'énergie cinétique perdue dans le choc, en valeur et en pourcentage.
  • d) Reconstitution d'accident : des traces au sol montrent que l'épave est partie à 38° au nord de l'est, et le conducteur de la voiture roulant vers l'est jure qu'il respectait la limite de 50 km/h. La voiture vers le nord roulait à 15 m/s confirmés. Montrez que les traces le contredisent.
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a) Px=(1200)(20)=24000P_{x}=(1200)(20)=24\,000 kg·m/s (est); Py=(1600)(15)=24000P_{y}=(1600)(15)=24\,000 kg·m/s (nord). Chaque voiture n'alimente qu'un seul axe : c'est ce qui rend le problème lisible composante par composante.

b) Masse totale 2800 kg, et chaque composante se conserve : vx=2400028008,57v_{x}=\frac{24\,000}{2800}\approx 8{,}57 m/s, vy8,57v_{y}\approx 8{,}57 m/s. Module : v=vx2+vy212,1v'=\sqrt{v_{x}^{2}+v_{y}^{2}}\approx 12{,}1 m/s; direction : tanα=PyPx=1\tan\alpha=\frac{P_{y}}{P_{x}}=1, soit 45° au nord de l'est.

c) Avant : 12(1200)(20)2+12(1600)(15)2=240000+180000=420000\frac{1}{2}(1200)(20)^{2}+\frac{1}{2}(1600)(15)^{2}=240\,000+180\,000=420\,000 J. Après : 12(2800)(12,12)2205700\frac{1}{2}(2800)(12{,}12)^{2}\approx 205\,700 J. Perte : environ 214 000 J, soit 51 % : la moitié de l'énergie est partie en tôle froissée, un ordre de grandeur typique des collisions urbaines perpendiculaires.

d) La direction de l'épave encode le rapport des quantités de mouvement : tan38=PyPx=(1600)(15)1200v1\tan 38^{\circ}=\frac{P_{y}}{P_{x}}=\frac{(1600)(15)}{1200\,v_{1}}, donc v1=240001200tan38=200,78125,6v_{1}=\frac{24\,000}{1200\tan 38^{\circ}}=\frac{20}{0{,}781}\approx 25{,}6 m/s, soit environ 92 km/h. La limite de 50 km/h correspond à 13,9 m/s : l'angle relevé exige presque le double. Les traces contredisent le conducteur : plus l'épave part PRÈS de l'axe est, plus la voiture venant de l'ouest était rapide. C'est exactement ainsi que la quantité de mouvement sert d'expert-témoin dans les reconstitutions d'accident.

Exercice 6 : Le pendule balistique : deux phases, deux lois

Pour mesurer la vitesse d'un projectile de 10 g, on le tire horizontalement dans un bloc de bois de 2,49 kg suspendu à des fils. Le projectile se loge dans le bloc, et l'ensemble s'élève d'une hauteur de 5,0 cm.

  • a) Le problème comporte deux phases : l'impact, puis la montée. Dites ce qui se conserve dans chacune, et surtout ce qui ne s'y conserve PAS, en justifiant.
  • b) Calculez la vitesse de l'ensemble bloc-projectile juste après l'impact.
  • c) Déduisez la vitesse du projectile avant l'impact.
  • d) Calculez la fraction de l'énergie cinétique initiale perdue dans l'impact, montrez qu'elle vaut MM+m\frac{M}{M+m}, et expliquez pourquoi utiliser la conservation de l'énergie sur TOUT le mouvement donnerait une vitesse de projectile absurdement fausse.
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a) Phase 1, l'impact (bref, violent) : la quantité de mouvement se conserve (forces extérieures négligeables pendant la milliseconde du choc), mais PAS l'énergie cinétique : le projectile se loge dans le bois, choc parfaitement inélastique. Phase 2, la montée (lente, sans choc) : l'énergie mécanique se conserve (la tension des fils ne travaille pas), mais la quantité de mouvement NE se conserve PAS : la gravité et la tension, forces extérieures, agissent pendant toute la montée et finissent par arrêter le bloc.

b) Montée : 12(M+m)V2=(M+m)gh\frac{1}{2}(M+m)V^{2}=(M+m)gh, donc V=2(9,8)(0,050)=0,980,99V=\sqrt{2(9{,}8)(0{,}050)}=\sqrt{0{,}98}\approx 0{,}99 m/s.

c) Impact : mv=(M+m)Vmv=(M+m)V, donc v=2,500,010(0,99)247v=\frac{2{,}50}{0{,}010}(0{,}99)\approx 247 m/s. Le pendule balistique transforme une vitesse immesurable directement (247 m/s) en une hauteur de 5 cm, mesurable au réglet : c'est un démultiplicateur.

d) EkEk=12(M+m)V212mv2\frac{E_{k}'}{E_{k}}=\frac{\frac{1}{2}(M+m)V^{2}}{\frac{1}{2}mv^{2}} avec V=mvM+mV=\frac{mv}{M+m} donne mM+m=0,0102,50=0,4\frac{m}{M+m}=\frac{0{,}010}{2{,}50}=0{,}4 %. Donc 99,6 % de l'énergie du projectile disparaît dans le bois (échauffement, déchirure des fibres) : seule la fraction mM+m\frac{m}{M+m} survit, la fraction perdue vaut bien MM+m\frac{M}{M+m}. Si on écrivait naïvement 12mv2=(M+m)gh\frac{1}{2}mv^{2}=(M+m)gh (conservation de l'énergie de bout en bout), on trouverait v=2(9,8)(0,050)×25016v=\sqrt{2(9{,}8)(0{,}050)\times 250}\approx 16 m/s, quinze fois trop faible : on aurait ignoré les 99,6 % d'énergie avalés par l'impact. D'où la règle du chapitre : la quantité de mouvement enjambe le choc, l'énergie enjambe la montée, jamais l'inverse.

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