Électricité et magnétisme 203-SN2-RE (ancien 203-NYB) • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal

Exercices corrigés : circuits à courant continu (203-SN2-RE, ancien 203-NYB)

Voici la série d'exercices corrigés d'électricité du cours 203-SN2-RE (ancien 203-SN2-RE) sur les circuits à courant continu. La partie A suit la progression du chapitre : le courant comme débit de charges et la résistivité d'un fil, le modèle microscopique avec la vitesse de dérive et l'effet de la température sur un filament, un réseau série-parallèle résolu jusqu'au bilan de puissance, la distinction entre fem et tension aux bornes d'une vraie batterie, et un circuit à deux mailles traité par les lois de Kirchhoff, où l'un des courants sort négatif et demande une interprétation. La partie B monte au niveau examen : les associations de condensateurs avec la démonstration de la formule en série, le condensateur plan et son diélectrique selon que la pile reste branchée ou non, le diviseur de tension et le transfert maximal de puissance, la fabrication d'un ampèremètre, d'un voltmètre et d'un pont de Wheatstone, et enfin la charge d'un condensateur à travers une résistance.

Cette série s'adresse aux étudiants de cégep en Sciences de la nature comme aux élèves de Terminale du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas qui suivent le complément québécois de sciences physiques (spécialité physique-chimie). Par rapport au lycée, 203-SN2-RE (ancien 203-SN2-RE) systématise : les lois de Kirchhoff remplacent les recettes, la résistance interne fait des batteries des objets réels, et l'exponentielle du circuit RC relie l'électricité au calcul différentiel.

Le réflexe à garder tout du long : avant d'écrire une équation, identifiez ce qui est EN SÉRIE (même courant) et ce qui est EN PARALLÈLE (même tension). La moitié des erreurs de circuits viennent d'une tension appliquée au mauvais élément ou d'un courant supposé identique dans deux branches distinctes. L'autre moitié vient des signes dans les mailles : fixez les sens une fois, puis laissez l'algèbre trancher.

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Ce chapitre fait partie de Électricité et magnétisme 203-SN2-RE (ancien 203-NYB)
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (5 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Les vecteurs et la géométrie vectorielleSecondaire 5 SN5, Mathématiques
  2. 2Dynamique : lois de Newton et frottementMécanique 203-SN1-RE (ancien 203-NYA)
  3. 3Charge, champ et potentiel électriques
  4. 4Le théorème de Gauss
  5. 5Le potentiel électrique et les condensateurs

Rappel de cours

  • Courant : I=ΔQΔtI=\frac{\Delta Q}{\Delta t} (en ampères, 1 A = 1 C/s). Loi d'Ohm : V=RIV=RI. Résistance d'un fil : R=ρLAR=\frac{\rho L}{A}, proportionnelle à la longueur, inversement proportionnelle à la section.
  • Associations de résistances : en série Req=R1+R2+R_{eq}=R_{1}+R_{2}+\ldots (même courant); en parallèle 1Req=1R1+1R2+\frac{1}{R_{eq}}=\frac{1}{R_{1}}+\frac{1}{R_{2}}+\ldots (même tension). Puissance : P=VI=RI2=V2RP=VI=RI^{2}=\frac{V^{2}}{R}; énergie E=PΔtE=P\,\Delta t.
  • Batterie réelle : fem ε\varepsilon et résistance interne rr. Tension aux bornes en débit : V=εrIV=\varepsilon-rI, toujours inférieure à la fem dès que le courant circule.
  • Lois de Kirchhoff : (nœuds) la somme des courants qui entrent égale la somme des courants qui sortent; (mailles) la somme des variations de potentiel le long d'une boucle fermée est nulle. Un courant qui sort négatif circule simplement dans le sens opposé à celui supposé : ne recommencez pas, interprétez.
  • Condensateurs : Q=CVQ=CV, énergie E=12CV2E=\frac{1}{2}CV^{2}. En PARALLÈLE, les capacités s'additionnent (même tension); en SÉRIE, 1Ceq=1C1+1C2\frac{1}{C_{eq}}=\frac{1}{C_{1}}+\frac{1}{C_{2}} et la CHARGE est la même sur chacun : les règles sont inversées par rapport aux résistances.
  • Circuit RC (charge sous une source ε\varepsilon) : VC(t)=ε(1et/τ)V_{C}(t)=\varepsilon(1-e^{-t/\tau}) avec la constante de temps τ=RC\tau=RC. Après τ\tau, le condensateur est chargé à 63 %; après 5τ5\tau, à plus de 99 %.
  • Modèle microscopique : densité de courant J=IAJ=\frac{I}{A} et vitesse de dérive vd=Jnev_{d}=\frac{J}{ne}, de l'ordre du dixième de millimètre par seconde. Le signal, lui, se propage presque à la vitesse de la lumière : la lampe s'allume avant que le moindre électron ait fait le trajet.
  • Effet de la température : R=R0[1+α(TT0)]R=R_{0}[1+\alpha(T-T_{0})]. Pour un métal α>0\alpha>0 (les ions vibrent et diffusent les électrons); pour un semi-conducteur α<0\alpha<0 (la chaleur libère de nouveaux porteurs).
  • Condensateur plan : C=ε0AdC=\frac{\varepsilon_{0}A}{d}, et CC est multipliée par κ\kappa si l'espace est rempli d'un diélectrique. Pile BRANCHÉE : VV fixe, QQ et UU multipliées par κ\kappa. Pile DÉBRANCHÉE : QQ fixe, VV et UU divisées par κ\kappa. Dans les deux cas la plaque est aspirée.
  • Diviseur de tension : Vs=εR2R1+R2V_{s}=\varepsilon\frac{R_{2}}{R_{1}+R_{2}}, valable seulement si la charge branchée en sortie est très supérieure à R2R_{2}. Mesurer, c'est perturber.
  • Transfert maximal de puissance : P=ε2R(R+r)2P=\frac{\varepsilon^{2}R}{(R+r)^{2}} est maximale pour R=rR=r et vaut alors ε24r\frac{\varepsilon^{2}}{4r}, mais le rendement η=RR+r\eta=\frac{R}{R+r} n'y est que de 50 %.
  • Appareils de mesure : ampèremètre = galvanomètre avec un SHUNT en parallèle, résistance quasi nulle, se branche en série; voltmètre = galvanomètre avec une résistance MULTIPLICATRICE en série, résistance très grande, se branche en parallèle. Pont de Wheatstone à l'équilibre : R1Rx=R2R3R_{1}R_{x}=R_{2}R_{3}, indépendant de la pile et du galvanomètre.

Partie A : Courant, résistances et lois de Kirchhoff (/50)

Exercice 1 : Le courant, la résistance et le fil qui les porte

Les questions sont indépendantes. Résistivité du cuivre : ρ=1,7×108\rho=1{,}7\times 10^{-8} Ω·m.

  • a) Un fil est parcouru par un courant de 2,0 A pendant 30 s. Calculez la charge qui a traversé une section du fil et le nombre d'électrons correspondant.
  • b) Un grille-pain branché sur 120 V est traversé par un courant de 10 A. Calculez sa résistance, sa puissance, et l'énergie consommée en 3,0 minutes.
  • c) Calculez la résistance d'un fil de cuivre de 10 m de longueur et de 1,0 mm de diamètre.
  • d) Sans calcul complet : que devient la résistance de ce fil si on double à la fois sa longueur et son diamètre ? Justifiez par la formule.

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Réponses

  • a) Q=60Q=60 C, soit 3,75×10203{,}75\times 10^{20} électrons
  • b) R=12R=12 Ω, P=1200P=1200 W, E=216E=216 kJ
  • c) R=ρLA0,22R=\dfrac{\rho L}{A}\approx 0{,}22 Ω
  • d) Divisée par deux : LL double mais AA quadruple

a) Q=IΔt=(2,0)(30)=60Q=I\,\Delta t=(2{,}0)(30)=60 C. Nombre d'électrons : n=601,6×1019=3,75×1020n=\frac{60}{1{,}6\times 10^{-19}}=3{,}75\times 10^{20}, des centaines de milliards de milliards : le courant est un fleuve de charges minuscules.

b) R=VI=12010=12R=\frac{V}{I}=\frac{120}{10}=12 Ω. Puissance : P=VI=1200P=VI=1200 W. Énergie : E=PΔt=(1200)(180)=2,16×105E=P\,\Delta t=(1200)(180)=2{,}16\times 10^{5} J, soit 216 kJ en trois minutes.

c) Section : A=πr2=π(0,50×103)27,85×107A=\pi r^{2}=\pi(0{,}50\times 10^{-3})^{2}\approx 7{,}85\times 10^{-7} m². R=ρLA=(1,7×108)(10)7,85×1070,22R=\frac{\rho L}{A}=\frac{(1{,}7\times 10^{-8})(10)}{7{,}85\times 10^{-7}}\approx 0{,}22 Ω. Une résistance faible mais pas nulle : sur de longues distances, c'est elle qui impose les pertes en ligne.

d) R=ρLAR=\frac{\rho L}{A} : doubler LL multiplie RR par 2; doubler le diamètre multiplie A=πr2A=\pi r^{2} par 4, donc divise RR par 4. Bilan : RR est divisée par 2 (environ 0,11 Ω). La section, au carré du rayon, pèse plus lourd que la longueur : c'est pourquoi les câbles de forte puissance sont surtout GROS, pas courts.

Exercice 2 : Ce qui circule vraiment : dérive des électrons et effet de la température

Un fil de cuivre de 2,0 mm de diamètre est parcouru par un courant de 5,0 A. Le cuivre compte n=8,5×1028n=8{,}5\times 10^{28} électrons libres par mètre cube. Les questions c), d) et e) portent sur une ampoule à incandescence de 60 W sous 120 V, dont le filament de tungstène atteint 2500 °C en régime établi (coefficient de température α=4,5×103\alpha=4{,}5\times 10^{-3} °C1^{-1}, mesuré à partir de 20 °C).

  • a) Calculez la densité de courant dans le fil, puis la vitesse de dérive des électrons.
  • b) Combien de temps un électron donné met-il pour parcourir les 3,0 m qui séparent l'interrupteur de la lampe ? Comparez au temps que met le SIGNAL, qui se propage à une vitesse proche de celle de la lumière. Pourquoi la lampe s'allume-t-elle instantanément ?
  • c) Calculez la résistance du filament en régime établi et le courant qu'il tire alors.
  • d) La résistance suit R=R0[1+α(TT0)]R=R_{0}[1+\alpha(T-T_{0})]. Calculez la résistance du filament FROID, à 20 °C, puis le courant à l'instant précis où l'on actionne l'interrupteur.
  • e) Pourquoi une ampoule à incandescence grille-t-elle presque toujours au moment de l'allumage ? Et pourquoi la résistance d'une thermistance à semi-conducteur DIMINUE-t-elle quand la température monte, à l'inverse de celle d'un métal ?

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Réponses

  • a) J1,59×106J\approx 1{,}59\times 10^{6} A/m², vd0,12v_{d}\approx 0{,}12 mm/s
  • b) Plus de sept heures pour l'électron, 1010 ns pour le signal
  • c) R=V2P=240R=\dfrac{V^{2}}{P}=240 Ω et I=0,50I=0{,}50 A
  • d) R019,7R_{0}\approx 19{,}7 Ω et I06,1I_{0}\approx 6{,}1 A, soit 12,212{,}2 fois le nominal
  • e) La surcharge d'allumage fait fondre le point aminci ; dans un semi-conducteur nn explose

a) Section : A=πr2=π(1,0×103)2=3,14×106A=\pi r^{2}=\pi(1{,}0\times 10^{-3})^{2}=3{,}14\times 10^{-6} m². Densité de courant : J=IA=5,03,14×1061,59×106J=\frac{I}{A}=\frac{5{,}0}{3{,}14\times 10^{-6}}\approx 1{,}59\times 10^{6} A/m². Vitesse de dérive : vd=Jne=1,59×106(8,5×1028)(1,6×1019)1,17×104v_{d}=\frac{J}{ne}=\frac{1{,}59\times 10^{6}}{(8{,}5\times 10^{28})(1{,}6\times 10^{-19})}\approx 1{,}17\times 10^{-4} m/s, soit environ 0,12 mm par seconde.

b) t=3,01,17×1042,6×104t=\frac{3{,}0}{1{,}17\times 10^{-4}}\approx 2{,}6\times 10^{4} s, plus de SEPT HEURES. Le signal, lui, met 3,03,0×108=1,0×108\frac{3{,}0}{3{,}0\times 10^{8}}=1{,}0\times 10^{-8} s, dix nanosecondes : un rapport de l'ordre de 101210^{12}. La lampe s'allume tout de suite parce que ce ne sont pas les électrons de l'interrupteur qui doivent arriver à la lampe : le champ électrique s'établit dans tout le circuit quasi instantanément et met en mouvement, EN MÊME TEMPS, les électrons déjà présents partout, y compris ceux du filament. Le fil est un tuyau déjà plein d'eau : ouvrir le robinet fait couler tout de suite, sans attendre que la première goutte fasse le trajet.

c) R=V2P=120260=2,4×102R=\frac{V^{2}}{P}=\frac{120^{2}}{60}=2{,}4\times 10^{2} Ω. Courant en régime : I=PV=60120=0,50I=\frac{P}{V}=\frac{60}{120}=0{,}50 A.

d) Rchaud=R0[1+αΔT]R_{chaud}=R_{0}[1+\alpha\,\Delta T] avec ΔT=250020=2480\Delta T=2500-20=2480 °C, donc 1+αΔT=1+(4,5×103)(2480)=12,161+\alpha\Delta T=1+(4{,}5\times 10^{-3})(2480)=12{,}16. D'où R0=24012,1619,7R_{0}=\frac{240}{12{,}16}\approx 19{,}7 Ω. À l'allumage, le filament est encore froid : I0=12019,76,1I_{0}=\frac{120}{19{,}7}\approx 6{,}1 A, soit 12,2 fois le courant nominal.

e) Pendant les quelques dizaines de millisecondes de la montée en température, le filament encaisse un courant douze fois trop grand, donc une puissance de l'ordre de RI2730RI^{2}\approx 730 W au lieu de 60 W. Si une portion du filament est déjà amincie par l'évaporation du tungstène, c'est cette surcharge qui la fait fondre : la rupture arrive donc statistiquement au moment de l'allumage, pas après des heures de fonctionnement. Pour un métal, la résistance monte avec TT parce que les ions du réseau vibrent davantage et diffusent plus souvent les électrons, dont la DENSITÉ ne change pas. Dans un semi-conducteur, l'agitation thermique arrache au contraire de nouveaux porteurs à leurs liaisons : nn augmente exponentiellement et l'emporte largement sur la diffusion accrue, si bien que la résistance CHUTE. Deux mécanismes différents, deux signes opposés pour α\alpha.

Exercice 3 : Réseau série-parallèle et bilan de puissance

Une source idéale de 18 V alimente une résistance R1=6,0R_{1}=6{,}0 Ω placée en série avec un groupement parallèle formé de R2=12R_{2}=12 Ω et R3=4,0R_{3}=4{,}0 Ω.

18 VR₁ = 6,0 ΩR₂ = 12 ΩR₃ = 4,0 ΩR₂ et R₃ en parallèle
  • a) Calculez la résistance équivalente du circuit.
  • b) Calculez le courant débité par la source.
  • c) Calculez la tension aux bornes de chaque résistance, puis le courant dans R2R_{2} et dans R3R_{3}. Vérifiez la loi des nœuds.
  • d) Calculez la puissance dissipée par chaque résistance et vérifiez que leur somme égale la puissance fournie par la source. Quel résistor chauffe le plus, et pourquoi n'est-ce pas le plus grand ?

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  • a) R23=3,0R_{23}=3{,}0 Ω, Req=9,0R_{eq}=9{,}0 Ω
  • b) I=2,0I=2{,}0 A
  • c) V1=12V_{1}=12 V, V23=6,0V_{23}=6{,}0 V, I2=0,50I_{2}=0{,}50 A et I3=1,5I_{3}=1{,}5 A
  • d) 24+3+9=3624+3+9=36 W =VI=VI ; en parallèle c'est la PETITE résistance qui chauffe

a) Parallèle d'abord : R23=R2R3R2+R3=(12)(4)16=3,0R_{23}=\frac{R_{2}R_{3}}{R_{2}+R_{3}}=\frac{(12)(4)}{16}=3{,}0 Ω. Puis la série : Req=6+3=9,0R_{eq}=6+3=9{,}0 Ω.

b) I=VReq=189=2,0I=\frac{V}{R_{eq}}=\frac{18}{9}=2{,}0 A : ce courant traverse la source et R1R_{1} en entier.

c) V1=R1I=(6)(2)=12V_{1}=R_{1}I=(6)(2)=12 V; il reste V23=1812=6,0V_{23}=18-12=6{,}0 V aux bornes du groupement parallèle, la MÊME tension pour R2R_{2} et R3R_{3}. Courants : I2=612=0,50I_{2}=\frac{6}{12}=0{,}50 A et I3=64=1,5I_{3}=\frac{6}{4}=1{,}5 A. Nœud : 0,50+1,5=2,00{,}50+1{,}5=2{,}0 A, le compte est bon.

d) P1=R1I2=(6)(4)=24P_{1}=R_{1}I^{2}=(6)(4)=24 W; P2=V232R2=3612=3,0P_{2}=\frac{V_{23}^{2}}{R_{2}}=\frac{36}{12}=3{,}0 W; P3=364=9,0P_{3}=\frac{36}{4}=9{,}0 W. Somme : 24+3+9=3624+3+9=36 W =VI=(18)(2)=VI=(18)(2) : le bilan est équilibré. C'est R1R_{1} qui chauffe le plus, et dans le groupement parallèle c'est R3R_{3}, la PETITE résistance : à tension commune, P=V2RP=\frac{V^{2}}{R} favorise les petites résistances. "Grande résistance = grande puissance" n'est vrai qu'en série, où le courant est commun (P=RI2P=RI^{2}).

Exercice 4 : Fem et résistance interne : la batterie réelle

Une batterie a une fem ε=12,0\varepsilon=12{,}0 V et une résistance interne r=0,50r=0{,}50 Ω. On la branche sur une résistance externe R=5,5R=5{,}5 Ω.

ε = 12,0 Vr = 0,50 ΩR = 5,5 Ωla batterie réelleU aux bornes = ε - r I
  • a) Expliquez la différence entre la fem et la tension aux bornes de la batterie. Quand sont-elles égales ?
  • b) Calculez le courant dans le circuit et la tension aux bornes de la batterie.
  • c) On court-circuite accidentellement la batterie avec un fil de résistance négligeable. Calculez le courant de court-circuit et la puissance alors dissipée DANS la batterie. Commentez le danger.
  • d) Au démarrage d'une voiture, le démarreur tire un courant très intense et les phares faiblissent un instant. Expliquez ce phénomène avec le modèle de cet exercice.

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  • a) V=εrIV=\varepsilon-rI : les deux coïncident seulement à courant nul
  • b) I=2,0I=2{,}0 A et V=11,0V=11{,}0 V
  • c) Icc=24I_{cc}=24 A et P=288P=288 W dissipés dans la batterie elle-même
  • d) Le fort courant du démarreur creuse rIrI et fait chuter la tension aux bornes

a) La fem est l'énergie fournie par la batterie par unité de charge (sa "tension à vide"); la tension aux bornes est ce qui reste APRÈS la chute dans la résistance interne : V=εrIV=\varepsilon-rI. Les deux ne coïncident que lorsque I=0I=0 : batterie débranchée, ou mesurée avec un voltmètre idéal.

b) I=εR+r=126,0=2,0I=\frac{\varepsilon}{R+r}=\frac{12}{6{,}0}=2{,}0 A. Tension aux bornes : V=εrI=12(0,5)(2)=11,0V=\varepsilon-rI=12-(0{,}5)(2)=11{,}0 V (on vérifie : V=RI=(5,5)(2)=11V=RI=(5{,}5)(2)=11 V, cohérent).

c) Icc=εr=120,5=24I_{cc}=\frac{\varepsilon}{r}=\frac{12}{0{,}5}=24 A. Toute la puissance se dissipe dans la batterie elle-même : P=rIcc2=(0,5)(576)=288P=rI_{cc}^{2}=(0{,}5)(576)=288 W, concentrés dans un objet fermé de petite taille : échauffement violent, risque d'emballement, de fuite ou d'explosion. C'est la raison des fusibles, et de l'interdiction de transporter des batteries aux bornes non protégées.

d) Le démarreur, grosse charge en parallèle, fait grimper le courant total débité : la chute interne rIrI devient importante et la tension aux bornes V=εrIV=\varepsilon-rI s'effondre temporairement. Les phares, branchés sur ces mêmes bornes, reçoivent moins de tension et faiblissent. Dès que le moteur démarre et que le courant retombe, VV remonte : le phénomène signe l'existence physique de rr, invisible en temps normal.

Exercice 5 : Les lois de Kirchhoff : un courant négatif à interpréter

Un circuit comporte deux mailles. Branche de gauche : une source ε1=12\varepsilon_{1}=12 V en série avec R1=2,0R_{1}=2{,}0 Ω. Branche de droite : une source ε2=6,0\varepsilon_{2}=6{,}0 V en série avec R2=1,0R_{2}=1{,}0 Ω. Branche centrale, commune aux deux mailles : R3=3,0R_{3}=3{,}0 Ω. Les deux sources tendent chacune à pousser un courant vers le haut de la branche centrale. On note I1I_{1} et I2I_{2} les courants des branches de gauche et de droite (sens supposés : chacun vers la branche centrale) et I3I_{3} le courant dans R3R_{3}.

ε₁ = 12 VR₁ = 2,0 Ωε₂ = 6,0 VR₂ = 1,0 ΩR₃ = 3,0 ΩI₃maille 1maille 2nœud : I₃ = I₁ + I₂
  • a) Écrivez la loi des nœuds, puis les deux lois des mailles du circuit.
  • b) Résolvez le système et donnez I1I_{1}, I2I_{2} et I3I_{3} en fractions exactes puis en valeurs décimales.
  • c) L'un des courants est négatif. Que signifie ce signe ? Décrivez ce qui arrive physiquement à la source ε2\varepsilon_{2}.
  • d) Vérifiez vos valeurs en substituant dans la maille de droite, et calculez la tension aux bornes de R3R_{3}.

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  • a) I3=I1+I2I_{3}=I_{1}+I_{2}, 12=2I1+3I312=2I_{1}+3I_{3}, 6=I2+3I36=I_{2}+3I_{3}
  • b) I3=24112,18I_{3}=\frac{24}{11}\approx 2{,}18 A, I1=30112,73I_{1}=\frac{30}{11}\approx 2{,}73 A, I2=6110,55I_{2}=-\frac{6}{11}\approx -0{,}55 A
  • c) La source de 66 V est rechargée par celle de 1212 V
  • d) V3=72116,5V_{3}=\frac{72}{11}\approx 6{,}5 V, et la maille de droite se vérifie

a) Nœud : I3=I1+I2I_{3}=I_{1}+I_{2}. Maille de gauche : ε1=R1I1+R3I3\varepsilon_{1}=R_{1}I_{1}+R_{3}I_{3}, soit 12=2I1+3I312=2I_{1}+3I_{3}. Maille de droite : ε2=R2I2+R3I3\varepsilon_{2}=R_{2}I_{2}+R_{3}I_{3}, soit 6=I2+3I36=I_{2}+3I_{3}.

b) Des mailles : I1=123I32I_{1}=\frac{12-3I_{3}}{2} et I2=63I3I_{2}=6-3I_{3}. Le nœud donne : I3=123I32+63I3I_{3}=\frac{12-3I_{3}}{2}+6-3I_{3}. En multipliant par 2 : 2I3=123I3+126I32I_{3}=12-3I_{3}+12-6I_{3}, soit 11I3=2411I_{3}=24, donc I3=24112,18I_{3}=\frac{24}{11}\approx 2{,}18 A. Puis I1=30112,73I_{1}=\frac{30}{11}\approx 2{,}73 A et I2=6110,55I_{2}=-\frac{6}{11}\approx -0{,}55 A.

c) Le signe négatif de I2I_{2} signifie que le courant réel circule dans le sens OPPOSÉ au sens supposé : il ne sort pas de ε2\varepsilon_{2}, il y entre par la borne +. La source de 6 V ne débite pas : elle est en train d'être RECHARGÉE par la source de 12 V, plus forte qu'elle. On ne recommence pas le calcul : le formalisme de Kirchhoff a déjà tout dit, il suffisait de le lire.

d) Maille de droite : R2I2+R3I3=(1)(611)+(3)(2411)=6+7211=6611=6,0R_{2}I_{2}+R_{3}I_{3}=(1)\left(-\frac{6}{11}\right)+(3)\left(\frac{24}{11}\right)=\frac{-6+72}{11}=\frac{66}{11}=6{,}0 V =ε2=\varepsilon_{2} : vérifiée. Tension aux bornes de R3R_{3} : V3=R3I3=(3)(2411)=72116,5V_{3}=R_{3}I_{3}=(3)\left(\frac{24}{11}\right)=\frac{72}{11}\approx 6{,}5 V.

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : Condensateurs : des règles inversées

On dispose de deux condensateurs, C1=6,0C_{1}=6{,}0 μF et C2=3,0C_{2}=3{,}0 μF, et d'une source de 12 V.

12 VC₁C₂en SÉRIEmême charge12 VC₁C₂en PARALLÈLEmême tensionC₁ = 6,0 μF C₂ = 3,0 μF
  • a) Démontrez la formule de l'association en série 1Ceq=1C1+1C2\frac{1}{C_{eq}}=\frac{1}{C_{1}}+\frac{1}{C_{2}} à partir de deux faits : les charges des deux condensateurs en série sont égales, et les tensions s'additionnent. D'où vient l'égalité des charges ?
  • b) Les deux condensateurs sont branchés en SÉRIE sur la source. Calculez la capacité équivalente, la charge et la tension de chaque condensateur.
  • c) Ils sont maintenant branchés en PARALLÈLE sur la source. Calculez la capacité équivalente et la charge de chacun.
  • d) Calculez l'énergie totale emmagasinée dans chaque configuration. Laquelle stocke le plus, et dans quel rapport ?
  • e) Expliquez pourquoi les règles série/parallèle des condensateurs sont l'INVERSE de celles des résistances.

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  • a) Le segment entre les deux condensateurs est isolé : Q1=Q2Q_{1}=Q_{2}
  • b) Ceq=2,0C_{eq}=2{,}0 µF, Q=24Q=24 µC, V1=4,0V_{1}=4{,}0 V et V2=8,0V_{2}=8{,}0 V
  • c) Ceq=9,0C_{eq}=9{,}0 µF, Q1=72Q_{1}=72 µC et Q2=36Q_{2}=36 µC
  • d) 1,44×1041{,}44\times 10^{-4} J contre 6,48×1046{,}48\times 10^{-4} J : 4,54{,}5 fois plus en parallèle
  • e) V=Q/CV=Q/C place CC au dénominateur : la série additionne les inverses

a) En série, la portion de circuit entre les deux condensateurs est isolée : la charge +Q+Q qui apparaît sur une armature y induit Q-Q sur l'armature voisine, par conservation de la charge de ce segment isolé (initialement neutre). Donc Q1=Q2=QQ_{1}=Q_{2}=Q. Les tensions s'additionnent : V=V1+V2=QC1+QC2V=V_{1}+V_{2}=\frac{Q}{C_{1}}+\frac{Q}{C_{2}}. En divisant par QQ : VQ=1Ceq=1C1+1C2\frac{V}{Q}=\frac{1}{C_{eq}}=\frac{1}{C_{1}}+\frac{1}{C_{2}}.

b) Ceq=C1C2C1+C2=(6)(3)9=2,0C_{eq}=\frac{C_{1}C_{2}}{C_{1}+C_{2}}=\frac{(6)(3)}{9}=2{,}0 μF. Charge commune : Q=CeqV=(2,0×106)(12)=24Q=C_{eq}V=(2{,}0\times 10^{-6})(12)=24 μC. Tensions : V1=QC1=246=4,0V_{1}=\frac{Q}{C_{1}}=\frac{24}{6}=4{,}0 V et V2=243=8,0V_{2}=\frac{24}{3}=8{,}0 V (somme 12 V : cohérent). C'est le PETIT condensateur qui supporte la plus grande tension.

c) Ceq=C1+C2=9,0C_{eq}=C_{1}+C_{2}=9{,}0 μF, chacun sous 12 V : Q1=(6,0×106)(12)=72Q_{1}=(6{,}0\times 10^{-6})(12)=72 μC et Q2=36Q_{2}=36 μC.

d) Série : E=12CeqV2=12(2,0×106)(144)=1,44×104E=\frac{1}{2}C_{eq}V^{2}=\frac{1}{2}(2{,}0\times 10^{-6})(144)=1{,}44\times 10^{-4} J. Parallèle : E=12(9,0×106)(144)=6,48×104E=\frac{1}{2}(9{,}0\times 10^{-6})(144)=6{,}48\times 10^{-4} J, soit 4,5 fois plus : le rapport des énergies est celui des capacités équivalentes (92=4,5\frac{9}{2}=4{,}5), puisque VV est le même. Pour stocker, on branche en parallèle.

e) Pour les résistances, la grandeur qui s'additionne en série est l'OBSTACLE (V=RIV=RI : les chutes de tension s'empilent). Pour les condensateurs, la relation est inversée : V=QCV=\frac{Q}{C} place CC au dénominateur, si bien qu'empiler des tensions en série additionne les 1C\frac{1}{C}. En parallèle, à tension commune, les résistances additionnent leurs courants (donc les 1R\frac{1}{R}) tandis que les condensateurs additionnent leurs charges (donc les CC). Même logique de circuit, grandeur inversée.

Exercice 7 : Le condensateur plan et le diélectrique : deux histoires selon la pile

Un condensateur plan a des armatures de 2,0×1022{,}0\times 10^{-2} m² séparées par 0,50 mm d'air. On prend ε0=8,85×1012\varepsilon_{0}=8{,}85\times 10^{-12} F/m et une rigidité diélectrique de l'air de 3,0×1063{,}0\times 10^{6} V/m. Le condensateur est d'abord chargé sous 12 V. On dispose d'une plaque isolante de constante diélectrique κ=4,0\kappa=4{,}0, exactement aux dimensions de l'espace entre les armatures.

  • a) Calculez la capacité, la charge, le champ entre les armatures et l'énergie emmagasinée.
  • b) Quelle est la tension maximale applicable avant le claquage de l'air ? Si l'on divise la distance dd par deux pour doubler la capacité, que devient cette tension maximale ? Quel compromis cela impose-t-il aux fabricants ?
  • c) On glisse la plaque diélectrique en laissant la pile BRANCHÉE. Donnez la nouvelle capacité, la nouvelle charge et la nouvelle énergie. D'où vient l'énergie supplémentaire, et se retrouve-t-elle entièrement dans le condensateur ?
  • d) On refait l'expérience en DÉBRANCHANT d'abord la pile, puis en glissant la plaque. Donnez cette fois la capacité, la tension et l'énergie. L'énergie a diminué : où est-elle passée ?
  • e) Dans les deux cas, la plaque est ASPIRÉE entre les armatures. Justifiez-le par un argument d'énergie, puis expliquez à l'échelle microscopique pourquoi un diélectrique augmente la capacité.

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  • a) C=354C=354 pF, Q=4,25Q=4{,}25 nC, E=2,4×104E=2{,}4\times 10^{4} V/m, U2,55×108U\approx 2{,}55\times 10^{-8} J
  • b) 15001500 V, puis 750750 V seulement : le champ ne se laisse pas tromper
  • c) Tout est multiplié par κ=4\kappa=4 sauf VV ; la pile fournit le DOUBLE de ce que le condensateur gagne
  • d) V=3,0V'=3{,}0 V et U=U/4U'=U/4 : la différence est partie en travail sur la plaque
  • e) Les charges liées créent un champ opposé, EE tombe à E/κE/\kappa, donc CC monte

a) C=ε0Ad=(8,85×1012)(2,0×102)5,0×104=3,54×1010C=\frac{\varepsilon_{0}A}{d}=\frac{(8{,}85\times 10^{-12})(2{,}0\times 10^{-2})}{5{,}0\times 10^{-4}}=3{,}54\times 10^{-10} F, soit 354 pF. Charge : Q=CV=(3,54×1010)(12)=4,25×109Q=CV=(3{,}54\times 10^{-10})(12)=4{,}25\times 10^{-9} C. Champ : E=Vd=125,0×104=2,4×104E=\frac{V}{d}=\frac{12}{5{,}0\times 10^{-4}}=2{,}4\times 10^{4} V/m. Énergie : U=12CV2=12(3,54×1010)(144)2,55×108U=\frac{1}{2}CV^{2}=\frac{1}{2}(3{,}54\times 10^{-10})(144)\approx 2{,}55\times 10^{-8} J.

b) Vmax=Eclaquaged=(3,0×106)(5,0×104)=1,5×103V_{max}=E_{claquage}\,d=(3{,}0\times 10^{6})(5{,}0\times 10^{-4})=1{,}5\times 10^{3} V. En divisant dd par deux, CC double mais VmaxV_{max} tombe à 750 V : le champ, lui, ne se laisse pas tromper. Le compromis est structurel, car l'énergie maximale stockable 12CVmax2=12ε0Eclaquage2(Ad)\frac{1}{2}CV_{max}^{2}=\frac{1}{2}\varepsilon_{0}E_{claquage}^{2}\,(Ad) ne dépend que du VOLUME de diélectrique et de sa rigidité, pas du découpage entre CC et VV. Rapprocher les armatures ne fait donc pas gagner d'énergie : pour en stocker plus, il faut un meilleur isolant ou plus de volume.

c) La pile impose V=12V=12 V. C=κC=1,42×109C'=\kappa C=1{,}42\times 10^{-9} F, Q=κQ=1,70×108Q'=\kappa Q=1{,}70\times 10^{-8} C, U=κU1,02×107U'=\kappa U\approx 1{,}02\times 10^{-7} J : tout est multiplié par 4, sauf la tension. L'énergie vient de la PILE, qui a dû faire passer la charge supplémentaire ΔQ=1,27×108\Delta Q=1{,}27\times 10^{-8} C sous 12 V, en fournissant W=ΔQV1,53×107W=\Delta Q\,V\approx 1{,}53\times 10^{-7} J. Or le condensateur n'en a gagné que 7,65×1087{,}65\times 10^{-8} J, exactement la MOITIÉ. L'autre moitié n'a pas disparu : elle a servi à tirer la plaque vers l'intérieur et s'est dissipée dans la résistance du circuit. Ce facteur 2 est un grand classique d'examen.

d) Pile débranchée, la charge est piégée : Q=4,25×109Q=4{,}25\times 10^{-9} C reste constante. C=1,42×109C'=1{,}42\times 10^{-9} F, donc V=Vκ=3,0V'=\frac{V}{\kappa}=3{,}0 V et U=Q22C=Uκ6,37×109U'=\frac{Q^{2}}{2C'}=\frac{U}{\kappa}\approx 6{,}37\times 10^{-9} J. L'énergie a été DIVISÉE par 4 : elle a été rendue sous forme de travail mécanique sur la plaque, aspirée vers l'intérieur. Si on la retient, on récupère ce travail; si on la lâche, elle entre en accélérant et oscille jusqu'à ce que les frottements dissipent la différence.

e) Argument d'énergie, à charge constante : U=Q22CU=\frac{Q^{2}}{2C} décroît quand CC croît, et un système évolue spontanément vers l'énergie plus basse, donc la plaque est tirée vers l'intérieur. À tension constante, le bilan du c) montre que la pile fournit deux fois ce que le condensateur stocke, et le surplus est précisément ce travail d'aspiration : même conclusion. Microscopiquement, le champ polarise le diélectrique : les molécules s'orientent ou se déforment, et il apparaît des charges liées de signe opposé sur chaque face de la plaque. Ces charges créent un champ qui S'OPPOSE au champ initial, lequel tombe de EE à Eκ\frac{E}{\kappa}. À charge donnée, un champ plus faible signifie une tension V=EdV=Ed plus faible, donc C=QVC=\frac{Q}{V} plus grande. Et comme le champ est plus intense aux bords des armatures, il attire les charges liées vers la zone de champ fort : d'où l'aspiration.

Exercice 8 : Diviseur de tension et transfert maximal de puissance

Les questions a) et b) portent sur un diviseur de tension : une source idéale de 12 V alimente R1=8,0R_{1}=8{,}0 kΩ en série avec R2=4,0R_{2}=4{,}0 kΩ, et la sortie est prise aux bornes de R2R_{2}. Les questions c), d) et e) portent sur une source réelle de fem ε=12\varepsilon=12 V et de résistance interne r=4,0r=4{,}0 Ω, qui alimente une résistance de charge RR variable.

12 VR₁ = 8,0 kΩR₂ = 4,0 kΩsortiela sortie se prend aux bornes de R₂
  • a) Calculez la tension de sortie du diviseur à vide.
  • b) On branche une charge de 4,0 kΩ en parallèle sur R2R_{2}. Recalculez la tension de sortie et l'erreur commise. Refaites le calcul avec une charge de 400 kΩ, et énoncez la condition pour qu'un diviseur tienne sa promesse.
  • c) Exprimez la puissance dissipée dans RR en fonction de RR, puis montrez par dérivation qu'elle est maximale pour R=rR=r. Calculez cette puissance maximale.
  • d) Calculez la puissance pour R=2,0R=2{,}0 Ω et pour R=8,0R=8{,}0 Ω. Que remarquez-vous, et comment l'expliquer à partir de l'expression de P(R)P(R) ?
  • e) Calculez le rendement η=PRPtotale\eta=\frac{P_{R}}{P_{totale}} au point de puissance maximale, puis pour R=36R=36 Ω. Pourquoi un réseau de distribution électrique ne fonctionne-t-il SURTOUT PAS au transfert maximal de puissance, alors qu'un émetteur radio y tient absolument ?

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  • a) Vs=4,0V_{s}=4{,}0 V
  • b) 2,42{,}4 V, soit 40%40\,\% d'erreur ; 3,973{,}97 V avec 400400 kΩ. Il faut RLR2R_{L}\gg R_{2}
  • c) P=ε2R(R+r)2P=\dfrac{\varepsilon^{2}R}{(R+r)^{2}}, maximale en R=rR=r, où Pmax=ε24r=9,0P_{max}=\dfrac{\varepsilon^{2}}{4r}=9{,}0 W
  • d) 8,08{,}0 W dans les deux cas : la courbe est symétrique en xx et 1/x1/x
  • e) 50%50\,\% au maximum contre 90%90\,\% à 3636 Ω : le réseau cherche le rendement

a) Même courant dans les deux résistances : Vs=εR2R1+R2=12×4,012,0=4,0V_{s}=\varepsilon\frac{R_{2}}{R_{1}+R_{2}}=12\times\frac{4{,}0}{12{,}0}=4{,}0 V.

b) La charge se met en parallèle sur R2R_{2} : R2RL=(4)(4)8=2,0R_{2}\parallel R_{L}=\frac{(4)(4)}{8}=2{,}0 kΩ. Nouvelle sortie : Vs=12×2,08,0+2,0=2,4V_{s}=12\times\frac{2{,}0}{8{,}0+2{,}0}=2{,}4 V, soit 40 % en dessous de la valeur annoncée. Avec RL=400R_{L}=400 kΩ : R2RL=(4)(400)4043,960R_{2}\parallel R_{L}=\frac{(4)(400)}{404}\approx 3{,}960 kΩ et Vs=12×3,96011,9603,97V_{s}=12\times\frac{3{,}960}{11{,}960}\approx 3{,}97 V, à 0,7 % près. Condition : RLR2R_{L}\gg R_{2}. Un diviseur ne délivre la tension calculée que si l'on ne lui tire presque aucun courant, et c'est exactement pour cela qu'un voltmètre doit avoir une très grande résistance : mesurer, c'est déjà perturber.

c) Le circuit est une simple série : I=εR+rI=\frac{\varepsilon}{R+r}, donc P=RI2=ε2R(R+r)2P=RI^{2}=\frac{\varepsilon^{2}R}{(R+r)^{2}}. Dérivée : dPdR=ε2(R+r)2R2(R+r)(R+r)4=ε2rR(R+r)3\frac{dP}{dR}=\varepsilon^{2}\frac{(R+r)^{2}-R\cdot 2(R+r)}{(R+r)^{4}}=\varepsilon^{2}\frac{r-R}{(R+r)^{3}}. Elle s'annule pour R=rR=r, en changeant de signe du plus au moins : c'est bien un maximum. Pmax=ε24r=14416=9,0P_{max}=\frac{\varepsilon^{2}}{4r}=\frac{144}{16}=9{,}0 W.

d) P(2,0)=(144)(2)36=8,0P(2{,}0)=\frac{(144)(2)}{36}=8{,}0 W et P(8,0)=(144)(8)144=8,0P(8{,}0)=\frac{(144)(8)}{144}=8{,}0 W : la MÊME valeur. Ce n'est pas un hasard : en posant R=xrR=xr, P=ε2rx(1+x)2P=\frac{\varepsilon^{2}}{r}\frac{x}{(1+x)^{2}}, expression inchangée quand on remplace xx par 1x\frac{1}{x}. La courbe est donc symétrique en échelle logarithmique autour de R=rR=r, et elle est très plate : se tromper d'un facteur 2 sur la charge ne coûte que 11 % de la puissance.

e) Rendement : η=RI2(R+r)I2=RR+r\eta=\frac{RI^{2}}{(R+r)I^{2}}=\frac{R}{R+r}. Pour R=rR=r : η=50\eta=50 %, la moitié de l'énergie chauffe la source elle-même. Pour R=36R=36 Ω : P=(144)(36)1600=3,24P=\frac{(144)(36)}{1600}=3{,}24 W mais η=3640=90\eta=\frac{36}{40}=90 %. Un réseau de distribution transporte des mégawatts : y perdre la moitié en ligne serait ruineux et thermiquement impossible, on travaille donc très loin du maximum, avec RrR\gg r, et on cherche le RENDEMENT. Un émetteur radio ou un étage d'antenne, lui, dispose d'une puissance ridicule et veut en rayonner le plus possible, quitte à en dissiper autant dans l'étage final : il cherche le TRANSFERT, d'où l'adaptation d'impédance à 50 Ω. Maximiser la puissance transmise et maximiser le rendement sont deux objectifs différents, et souvent opposés.

Exercice 9 : Fabriquer un ampèremètre, un voltmètre et un pont de Wheatstone

On dispose d'un galvanomètre dont l'aiguille atteint le bout de l'échelle pour un courant Ig=1,0I_{g}=1{,}0 mA et dont la bobine a une résistance Rg=50R_{g}=50 Ω. Les questions d) et e) portent sur un pont de Wheatstone : deux branches en parallèle sur une pile, la première formée de R1=1000R_{1}=1000 Ω puis R2=500R_{2}=500 Ω, la seconde de R3R_{3} variable puis de la résistance inconnue RxR_{x}, avec un galvanomètre entre les deux points milieux. L'équilibre est obtenu pour R3=3200R_{3}=3200 Ω.

  • a) On veut un ampèremètre lisant jusqu'à 2,0 A. Calculez la résistance du shunt à placer en parallèle sur le galvanomètre, puis la résistance totale de l'ampèremètre ainsi construit.
  • b) On veut un voltmètre lisant jusqu'à 10 V. Calculez la résistance multiplicatrice à placer en série, puis la sensibilité de l'appareil en ohms par volt.
  • c) Justifiez, à partir de ces deux résultats, pourquoi un ampèremètre se branche en série et un voltmètre en parallèle. Que se passe-t-il si un étudiant intervertit les deux branchements ?
  • d) Établissez la condition d'équilibre du pont, puis calculez RxR_{x}.
  • e) Pourquoi l'équilibre du pont ne dépend-il ni de la tension de la pile, ni de la résistance du galvanomètre ? Quel avantage cela donne-t-il sur une mesure directe par un ohmmètre ?

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  • a) Rs25R_{s}\approx 25 mΩ, et l'ampèremètre entier vaut autant
  • b) Rm=9950R_{m}=9950 Ω, sensibilité 10001000 Ω/V
  • c) Chacun est conçu pour être invisible ; l'ampèremètre en parallèle est un court-circuit
  • d) R1Rx=R2R3R_{1}R_{x}=R_{2}R_{3}, donc Rx=1600R_{x}=1600 Ω
  • e) Courant nul dans le galvanomètre à l'équilibre : méthode de zéro

a) Le shunt doit dériver tout ce que le galvanomètre ne prend pas, sous la même tension : RsIs=RgIgR_{s}I_{s}=R_{g}I_{g} avec Is=IIg=2,00,0010=1,999I_{s}=I-I_{g}=2{,}0-0{,}0010=1{,}999 A. D'où Rs=(50)(0,0010)1,9992,50×102R_{s}=\frac{(50)(0{,}0010)}{1{,}999}\approx 2{,}50\times 10^{-2} Ω, environ 25 milliohms. Résistance de l'ensemble : RA=RgRsRg+Rs=RgIgI=(50)(0,0010)2,0=2,50×102R_{A}=\frac{R_{g}R_{s}}{R_{g}+R_{s}}=\frac{R_{g}I_{g}}{I}=\frac{(50)(0{,}0010)}{2{,}0}=2{,}50\times 10^{-2} Ω, pratiquement le shunt seul.

b) Il faut que la pleine échelle IgI_{g} corresponde à 10 V sur l'ensemble : Rg+Rm=VIg=100,0010=1,0×104R_{g}+R_{m}=\frac{V}{I_{g}}=\frac{10}{0{,}0010}=1{,}0\times 10^{4} Ω, donc Rm=1000050=9,95×103R_{m}=10000-50=9{,}95\times 10^{3} Ω. Sensibilité : 10410=1,0×103\frac{10^{4}}{10}=1{,}0\times 10^{3} Ω/V, une valeur médiocre pour l'électronique moderne mais typique des appareils à aiguille.

c) L'ampèremètre construit ne vaut que 25 mΩ : inséré EN SÉRIE dans une branche, il ne modifie presque pas la résistance totale, donc presque pas le courant qu'il prétend mesurer. Le voltmètre vaut 10 kΩ : branché EN PARALLÈLE, il ne détourne qu'un filet de courant et ne perturbe presque pas la tension. Chacun est conçu pour être invisible dans son mode de branchement. Si on intervertit : le voltmètre en série ajoute 10 kΩ et étrangle le circuit, qui cesse pratiquement de fonctionner, mais rien n'est détruit. L'ampèremètre en parallèle sur une source, en revanche, place 25 mΩ aux bornes de la pile : c'est un COURT-CIRCUIT, avec un courant limité seulement par la résistance interne. Fusible grillé au mieux, appareil détruit au pire. C'est l'erreur de laboratoire la plus coûteuse, et elle n'est jamais symétrique.

d) À l'équilibre, aucun courant ne traverse le galvanomètre : les deux points milieux sont au même potentiel. Chaque branche est alors un simple diviseur de tension, parcouru par un courant unique. L'égalité des potentiels milieux s'écrit R2R1+R2=RxR3+Rx\frac{R_{2}}{R_{1}+R_{2}}=\frac{R_{x}}{R_{3}+R_{x}}, ce qui se réduit à R1Rx=R2R3R_{1}R_{x}=R_{2}R_{3}, soit Rx=R2R3R1=(500)(3200)1000=1,60×103R_{x}=\frac{R_{2}R_{3}}{R_{1}}=\frac{(500)(3200)}{1000}=1{,}60\times 10^{3} Ω.

e) La condition R1Rx=R2R3R_{1}R_{x}=R_{2}R_{3} ne contient ni la fem ni RgR_{g} : augmenter la tension multiplie les deux courants de branche par le même facteur et ne déplace pas l'équilibre; quant au galvanomètre, il est traversé par un courant NUL à l'équilibre, donc sa résistance n'intervient dans aucune équation. C'est le principe des méthodes dites de zéro : on ne mesure pas une grandeur, on annule un écart. L'avantage est décisif face à un ohmmètre, dont la lecture dépend de l'état de sa pile, de l'étalonnage de son cadran et de la résistance des fils de mesure. Ici, la précision de RxR_{x} ne dépend que de celle de trois résistances étalons; la pile ne fixe que la SENSIBILITÉ, c'est-à-dire la finesse avec laquelle on détecte le zéro.

Exercice 10 : Le circuit RC : charger prend du temps

Un condensateur de 20 μF, initialement déchargé, est branché à l'instant t=0t=0 sur une source de 9,0 V à travers une résistance de 100 kΩ. La tension du condensateur suit VC(t)=ε(1et/τ)V_{C}(t)=\varepsilon(1-e^{-t/\tau}).

  • a) Calculez la constante de temps τ\tau du circuit et donnez sa signification concrète.
  • b) Calculez la tension du condensateur à t=2,0t=2{,}0 s, puis l'instant où elle atteint la moitié de sa valeur finale.
  • c) Au bout de combien de temps le condensateur est-il chargé à 99 % ? Exprimez le résultat en multiples de τ\tau.
  • d) Calculez l'énergie finalement emmagasinée. Pourquoi le courant initial est-il maximal alors que le condensateur est vide, et nul à la fin alors qu'il est plein ?

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  • a) τ=RC=2,0\tau=RC=2{,}0 s, durée au bout de laquelle 63%63\,\% de l'écart est comblé
  • b) VC5,7V_{C}\approx 5{,}7 V, demi-charge à t=τln21,4t=\tau\ln 2\approx 1{,}4 s
  • c) t=τln1004,6τ9,2t=\tau\ln 100\approx 4{,}6\,\tau\approx 9{,}2 s
  • d) E=8,1×104E=8{,}1\times 10^{-4} J ; I0=90I_{0}=90 µA puis zéro, le condensateur bloque le continu

a) τ=RC=(100×103)(20×106)=2,0\tau=RC=(100\times 10^{3})(20\times 10^{-6})=2{,}0 s. C'est l'échelle de temps de la charge : après une durée τ\tau, le condensateur a comblé 63 % de l'écart à sa tension finale (1e10,6321-e^{-1}\approx 0{,}632).

b) VC(2)=9(1e1)5,7V_{C}(2)=9(1-e^{-1})\approx 5{,}7 V. Demi-charge : 1et/τ=121-e^{-t/\tau}=\frac{1}{2} donne et/τ=12e^{-t/\tau}=\frac{1}{2}, donc t=τln21,4t=\tau\ln 2\approx 1{,}4 s : la moitié du chemin est parcourue en moins d'un τ\tau, car la charge démarre vite puis ralentit.

c) 1et/τ=0,991-e^{-t/\tau}=0{,}99 donne et/τ=0,01e^{-t/\tau}=0{,}01, donc t=τln1004,6τ9,2t=\tau\ln 100\approx 4{,}6\,\tau\approx 9{,}2 s. D'où la règle pratique : au bout de 5τ5\tau, on considère la charge terminée.

d) E=12CV2=12(20×106)(81)=8,1×104E=\frac{1}{2}CV^{2}=\frac{1}{2}(20\times 10^{-6})(81)=8{,}1\times 10^{-4} J. Le courant est dicté par la résistance : I=εVCRI=\frac{\varepsilon-V_{C}}{R}. Au départ, VC=0V_{C}=0 : toute la fem pousse, I0=9105=90I_{0}=\frac{9}{10^{5}}=90 μA, maximal. À mesure que VCV_{C} monte, le condensateur fait face à la source et l'écart εVC\varepsilon-V_{C} fond : à la fin, plus aucune différence de potentiel n'agit sur RR, le courant s'éteint. Le condensateur plein ne "consomme" rien : il BLOQUE le courant continu.

-11234567891011-22468109,0 Vτ = RC = 2,0 s → 63 %5τ = 10 s → 99 %t (s)Vc (V)
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