Électricité et magnétisme 203-SN2-RE (ancien 203-NYB) • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal

Exercices corrigés : charge, champ et potentiel électriques (203-SN2-RE, ancien 203-NYB)

Voici la série d'exercices corrigés d'électricité du cours 203-SN2-RE (ancien 203-SN2-RE) sur l'électrostatique. La partie A construit les notions dans l'ordre : la charge et sa quantification, la loi de Coulomb confrontée à la gravitation dans l'atome d'hydrogène, le champ électrique avec la recherche du point de champ nul, le potentiel avec le piège du point où V est nul sans que E le soit, l'énergie potentielle d'un système de charges et les surfaces équipotentielles, puis le mouvement d'un électron dans le champ uniforme d'un condensateur plan. La partie B monte au niveau examen : le champ résultant de deux charges calculé par composantes, l'anneau et la tige chargés où la somme devient une intégrale, le théorème de Gauss appliqué à la sphère isolante, au conducteur, au plan infini et à la cage de Faraday, la gouttelette de Millikan en équilibre, et le canon à électrons d'un tube cathodique, accéléré puis dévié.

Cette série s'adresse aux étudiants de cégep en Sciences de la nature comme aux élèves de Terminale du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas qui suivent le complément québécois de sciences physiques (spécialité physique-chimie). L'électrostatique de 203-SN2-RE (ancien 203-SN2-RE) reprend la structure de la mécanique : des forces (Coulomb), des champs (E), des énergies (le potentiel), et les mêmes méthodes par composantes. Ce parallèle est votre meilleur allié : chaque outil de mécanique a son jumeau électrique.

Le réflexe à garder tout du long : le champ électrique est un vecteur, le potentiel est un scalaire. Les champs s'additionnent composante par composante, avec directions et signes; les potentiels s'additionnent comme de simples nombres. Confondre les deux, ou attribuer des composantes au potentiel, est l'erreur la plus répandue du chapitre.

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Ce chapitre fait partie de Électricité et magnétisme 203-SN2-RE (ancien 203-NYB)
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (11 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Nombres réels, racines et ensemblesSecondaire 3, Mathématiques
  2. 2Théorème de Pythagore et réciproqueSecondaire 3, Mathématiques
  3. 3Relations métriques et trigonométrie du triangle rectangleSecondaire 4 SN4, Mathématiques
  4. 4Les fonctions quadratiquesSecondaire 5 SN5, Mathématiques
  5. 5Les vecteurs et la géométrie vectorielleSecondaire 5 SN5, Mathématiques
  6. 6Cinématique et le MRUASecondaire 5 SN5
  7. 7Dynamique et les lois de NewtonSecondaire 5 SN5
  8. 8Limites et continuitéCalcul différentiel (201-NYA)
  9. 9La dérivée et ses règlesCalcul différentiel (201-NYA)
  10. 10Cinématique en une et deux dimensionsMécanique 203-SN1-RE (ancien 203-NYA)
  11. 11Dynamique : lois de Newton et frottementMécanique 203-SN1-RE (ancien 203-NYA)

Rappel de cours

  • La charge est quantifiée : q=neq=ne avec e=1,6×1019e=1{,}6\times 10^{-19} C. Elle se conserve : on ne crée pas de charge, on la déplace. Masse de l'électron : me=9,11×1031m_{e}=9{,}11\times 10^{-31} kg.
  • Loi de Coulomb : F=kq1q2r2F=\frac{k|q_{1}||q_{2}|}{r^{2}} avec k=9,0×109k=9{,}0\times 10^{9} N·m²/C². Force attractive entre charges de signes opposés, répulsive sinon, et toujours en paire action-réaction de même grandeur.
  • Champ électrique d'une charge ponctuelle : E=kqr2E=\frac{k|q|}{r^{2}}, dirigé en s'éloignant d'une charge positive, vers une charge négative. Force sur une charge d'essai : F=qEF=qE; si q<0q<0, la force est OPPOSÉE au champ. Les champs de plusieurs charges s'additionnent vectoriellement.
  • Potentiel d'une charge ponctuelle : V=kqrV=\frac{kq}{r} (avec le SIGNE de qq), scalaire : les potentiels s'additionnent sans composantes. Énergie potentielle d'une charge qq placée en un point : U=qVU=qV. Travail extérieur pour l'y amener depuis l'infini (sans vitesse) : W=qVW=qV.
  • Champ uniforme entre deux plaques parallèles : E=ΔVdE=\frac{\Delta V}{d}, dirigé de la plaque positive vers la plaque négative. Une charge accélérée sous une différence de potentiel gagne 12mv2=qΔV\frac{1}{2}mv^{2}=|q|\,\Delta V.
  • Constantes : g=9,8g=9{,}8 m/s²; G=6,67×1011G=6{,}67\times 10^{-11} N·m²/kg²; unités du champ : le N/C, identique au V/m.
  • Énergie potentielle d'un système : un terme kqiqjrij\frac{kq_{i}q_{j}}{r_{ij}} par PAIRE de charges, avec les signes, chaque paire comptée une seule fois. U<0U<0 signifie système lié.
  • Les surfaces équipotentielles sont perpendiculaires aux lignes de champ; le travail le long d'une équipotentielle est nul, et E=ΔVΔdE=-\frac{\Delta V}{\Delta d} le long d'une ligne de champ.
  • Théorème de Gauss : le flux à travers une surface FERMÉE vaut ΦE=Qintε0\Phi_{E}=\frac{Q_{int}}{\varepsilon_{0}}, avec ε0=8,85×1012\varepsilon_{0}=8{,}85\times 10^{-12} C²/(N·m²) et k=14πε0k=\frac{1}{4\pi\varepsilon_{0}}. Résultats à connaître : sphère (comme une charge ponctuelle vue de l'extérieur, E=kQrR3E=\frac{kQr}{R^{3}} à l'intérieur d'une boule isolante uniforme), fil infini E=2kλrE=\frac{2k\lambda}{r}, plan infini E=σ2ε0E=\frac{\sigma}{2\varepsilon_{0}}, condensateur plan E=σε0E=\frac{\sigma}{\varepsilon_{0}}.
  • Conducteur à l'équilibre : E=0E=0 dans le métal, toute charge excédentaire sur la surface extérieure, champ normal à la surface. Une cavité est protégée du champ extérieur : c'est la cage de Faraday.
  • Distributions continues sur un axe : anneau de rayon aa, E=kQx(x2+a2)3/2E=\frac{kQx}{(x^{2}+a^{2})^{3/2}} et V=kQx2+a2V=\frac{kQ}{\sqrt{x^{2}+a^{2}}}; tige de longueur LL vue de son prolongement à la distance dd, E=kQd(d+L)E=\frac{kQ}{d(d+L)}.

Partie A : Charge, force, champ et potentiel (/50)

Exercice 1 : La charge quantifiée et la loi de Coulomb

Les questions a) et b) sont indépendantes; les questions c) et d) portent sur l'atome d'hydrogène, où l'électron orbite à 5,3×10115{,}3\times 10^{-11} m du proton (masse du proton : 1,67×10271{,}67\times 10^{-27} kg).

  • a) Une petite sphère porte une charge de 4,8-4{,}8 nC. Combien d'électrons excédentaires porte-t-elle ?
  • b) Deux charges ponctuelles de +4,0+4{,}0 μC et 2,0-2{,}0 μC sont séparées de 6,0 cm. Calculez la force entre elles et précisez sa nature. La grande charge tire-t-elle plus fort sur la petite que l'inverse ?
  • c) Calculez la force électrique entre le proton et l'électron de l'atome d'hydrogène, puis la force gravitationnelle entre eux.
  • d) Calculez le rapport des deux forces. Que conclure sur le rôle de la gravitation dans la matière à l'échelle atomique, et pourquoi domine-t-elle pourtant à l'échelle des planètes ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) n=q/e=3,0×1010n=|q|/e=3{,}0\times 10^{10} électrons
  • b) F=20F=20 N, attractive ; les deux forces sont rigoureusement égales
  • c) Fe8,2×108F_{e}\approx 8{,}2\times 10^{-8} N, Fg3,6×1047F_{g}\approx 3{,}6\times 10^{-47} N
  • d) Rapport 2,3×1039\approx 2{,}3\times 10^{39} : la matière planétaire est neutre, les masses ne se compensent jamais

a) n=qe=4,8×1091,6×1019=3,0×1010n=\frac{|q|}{e}=\frac{4{,}8\times 10^{-9}}{1{,}6\times 10^{-19}}=3{,}0\times 10^{10} électrons, trente milliards : une charge macroscopique minuscule cache déjà un nombre astronomique de porteurs.

b) F=kq1q2r2=(9,0×109)(4,0×106)(2,0×106)(0,060)2=20F=\frac{k|q_{1}||q_{2}|}{r^{2}}=\frac{(9{,}0\times 10^{9})(4{,}0\times 10^{-6})(2{,}0\times 10^{-6})}{(0{,}060)^{2}}=20 N, attractive (signes opposés). Non : troisième loi de Newton, les deux forces ont exactement la même grandeur, quelle que soit la disproportion des charges. Le produit q1q2|q_{1}||q_{2}| est le même vu des deux côtés.

c) Électrique : Fe=(9,0×109)(1,6×1019)2(5,3×1011)28,2×108F_{e}=\frac{(9{,}0\times 10^{9})(1{,}6\times 10^{-19})^{2}}{(5{,}3\times 10^{-11})^{2}}\approx 8{,}2\times 10^{-8} N. Gravitationnelle : Fg=(6,67×1011)(1,67×1027)(9,11×1031)(5,3×1011)23,6×1047F_{g}=\frac{(6{,}67\times 10^{-11})(1{,}67\times 10^{-27})(9{,}11\times 10^{-31})}{(5{,}3\times 10^{-11})^{2}}\approx 3{,}6\times 10^{-47} N.

d) FeFg2,3×1039\frac{F_{e}}{F_{g}}\approx 2{,}3\times 10^{39} : la gravitation est totalement négligeable dans l'atome, et c'est la force électrique qui fait toute la cohésion de la matière (liaisons, contacts, frottements). Si la gravitation gagne à l'échelle des planètes, c'est que la matière y est électriquement NEUTRE : les charges + et − se compensent et la force électrique résultante s'annule, alors que les masses, elles, ne se compensent jamais : la gravitation, si faible soit-elle, est la seule à s'additionner sans limite.

Exercice 2 : Le point de champ nul

Une charge q1=+4,0q_{1}=+4{,}0 μC est placée à l'origine et une charge q2=+9,0q_{2}=+9{,}0 μC en x=0,50x=0{,}50 m.

q₁ = +4,0 μCq₂ = +9,0 μCx = 0x = 0,50 mPoù le champ résultant s'annule-t-il ?
  • a) Calculez le champ électrique créé par q1q_{1} seule au point x=0,20x=0{,}20 m (grandeur et direction).
  • b) Déterminez le point de l'axe où le champ électrique TOTAL est nul.
  • c) Expliquez sans calcul pourquoi ce point est forcément situé entre les deux charges et plus près de la plus petite. Où chercherait-on le point de champ nul si les charges étaient de signes opposés ?
  • d) On place une charge q0=5,0q_{0}=-5{,}0 μC au milieu du segment (x=0,25x=0{,}25 m). Calculez la force qu'elle subit (grandeur et sens). Attention au signe de q0q_{0}.

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a)
b)
c)
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Réponses

  • a) E1=9,0×105E_{1}=9{,}0\times 10^{5} N/C vers les xx positifs
  • b) x=0,20x=0{,}20 m, à 2020 cm de q1q_{1}
  • c) Entre les charges de même signe ; à l'extérieur, côté petite charge, pour des signes opposés
  • d) E=7,2×105E=7{,}2\times 10^{5} N/C vers x-x, donc F=3,6F=3{,}6 N vers +x+x

a) E1=(9,0×109)(4,0×106)(0,20)2=9,0×105E_{1}=\frac{(9{,}0\times 10^{9})(4{,}0\times 10^{-6})}{(0{,}20)^{2}}=9{,}0\times 10^{5} N/C, dirigé vers les xx positifs (en s'éloignant de la charge positive q1q_{1}).

b) Entre les charges, les deux champs sont opposés. Égalité des grandeurs : 4kx2=9k(0,50x)2\frac{4k}{x^{2}}=\frac{9k}{(0{,}50-x)^{2}}. En prenant la racine : 2x=30,50x\frac{2}{x}=\frac{3}{0{,}50-x}, donc 2(0,50x)=3x2(0{,}50-x)=3x, d'où x=0,20x=0{,}20 m. Le champ total est nul à 20 cm de q1q_{1}.

c) À l'extérieur du segment, les deux champs pointent dans le MÊME sens (tous deux s'éloignent des charges positives) : ils ne peuvent pas s'annuler. Entre les charges, ils s'opposent; l'équilibre exige d'être plus près de la petite charge pour compenser sa faiblesse par la distance. Pour des charges de signes OPPOSÉS, c'est l'inverse : entre elles, les champs s'ajoutent; le point de champ nul se trouve à l'EXTÉRIEUR, du côté de la charge la plus petite.

d) En x=0,25x=0{,}25 m : E1=(9,0×109)(4,0×106)(0,25)2=5,76×105E_{1}=\frac{(9{,}0\times 10^{9})(4{,}0\times 10^{-6})}{(0{,}25)^{2}}=5{,}76\times 10^{5} N/C vers +x+x; E2=(9,0×109)(9,0×106)(0,25)2=1,296×106E_{2}=\frac{(9{,}0\times 10^{9})(9{,}0\times 10^{-6})}{(0{,}25)^{2}}=1{,}296\times 10^{6} N/C vers x-x. Champ résultant : 7,2×1057{,}2\times 10^{5} N/C vers x-x (vers q1q_{1}). Force sur q0<0q_{0}<0 : F=q0E=(5,0×106)(7,2×105)=3,6F=|q_{0}|E=(5{,}0\times 10^{-6})(7{,}2\times 10^{5})=3{,}6 N, dirigée à l'OPPOSÉ du champ, donc vers +x+x, c'est-à-dire vers q2q_{2}. Le signe négatif de la charge renverse le sens : oublier ce renversement est le piège classique.

q₁ = +4,0 μCq₂ = +9,0 μCE₁E₂en P, E₁ et E₂ sont opposés et égauxx = 0,20 mle point nul est du côté de la PLUS PETITE charge,et toujours ENTRE deux charges de même signe

Exercice 3 : Le potentiel : un scalaire qui piège

Les questions a) et b) portent sur une charge q=+2,0q=+2{,}0 μC isolée. Les questions c) et d) portent sur un dipôle : qA=+2,0q_{A}=+2{,}0 μC en x=0x=0 et qB=2,0q_{B}=-2{,}0 μC en x=0,40x=0{,}40 m.

  • a) Calculez le potentiel créé par qq à 30 cm de distance.
  • b) Quel travail un opérateur doit-il fournir pour amener une charge de +3,0+3{,}0 μC de l'infini jusqu'à ce point, sans vitesse ? Interprétez le signe.
  • c) Pour le dipôle : calculez le potentiel total ET le champ total au milieu du segment. Que constatez-vous de remarquable ?
  • d) Un électron initialement au repos est accéléré sous une différence de potentiel de 100 V. Calculez sa vitesse finale. Pourquoi cette méthode énergétique est-elle plus directe que le calcul de la force ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) V=6,0×104V=6{,}0\times 10^{4} V
  • b) W=+0,18W=+0{,}18 J : l'opérateur pousse contre la répulsion
  • c) V=0V=0 mais E=9,0×105E=9{,}0\times 10^{5} N/C : potentiel nul n'est pas champ nul
  • d) v5,9×106v\approx 5{,}9\times 10^{6} m/s, soit 2%2\,\% de cc pour 100100 V

a) V=kqr=(9,0×109)(2,0×106)0,30=6,0×104V=\frac{kq}{r}=\frac{(9{,}0\times 10^{9})(2{,}0\times 10^{-6})}{0{,}30}=6{,}0\times 10^{4} V, soit 60 kV.

b) W=q0V=(3,0×106)(6,0×104)=0,18W=q_{0}V=(3{,}0\times 10^{-6})(6{,}0\times 10^{4})=0{,}18 J. Positif : les deux charges se repoussent, l'opérateur doit pousser contre la répulsion et fournir de l'énergie, stockée en énergie potentielle électrique.

c) Potentiel (scalaire, avec les signes) : V=kqA0,20+kqB0,20=9,0×1049,0×104=0V=\frac{kq_{A}}{0{,}20}+\frac{kq_{B}}{0{,}20}=9{,}0\times 10^{4}-9{,}0\times 10^{4}=0 V. Champ (vecteur) : les deux champs pointent tous deux de qAq_{A} vers qBq_{B} (le champ s'éloigne du + et se dirige vers le −) : E=2×(9,0×109)(2,0×106)(0,20)2=9,0×105E=2\times\frac{(9{,}0\times 10^{9})(2{,}0\times 10^{-6})}{(0{,}20)^{2}}=9{,}0\times 10^{5} N/C. Constat capital : V=0V=0 n'implique PAS E=0E=0. Le potentiel nul dit qu'amener une charge en ce point ne coûte aucun travail net; le champ non nul dit qu'une fois là, elle subit une force bien réelle.

d) 12mev2=eΔV\frac{1}{2}m_{e}v^{2}=e\,\Delta V, donc v=2(1,6×1019)(100)9,11×10315,9×106v=\sqrt{\frac{2(1{,}6\times 10^{-19})(100)}{9{,}11\times 10^{-31}}}\approx 5{,}9\times 10^{6} m/s, soit 2 % de la vitesse de la lumière pour 100 V à peine. La méthode énergétique ne demande ni la géométrie des plaques, ni le détail du champ le long du trajet : seule compte la différence de potentiel entre départ et arrivée, exactement comme la dénivelée en mécanique.

Exercice 4 : Assembler trois charges : l'énergie d'un système

Trois charges ponctuelles occupent les sommets d'un triangle rectangle : q1=+2,0q_{1}=+2{,}0 μC en A=(0; 0)A=(0;\ 0), q2=+2,0q_{2}=+2{,}0 μC en B=(0,30; 0)B=(0{,}30;\ 0) et q3=3,0q_{3}=-3{,}0 μC en C=(0,30; 0,40)C=(0{,}30;\ 0{,}40), coordonnées en mètres. On amène les charges une à une depuis l'infini, sans vitesse. La question e) est indépendante.

q₁ = +2,0 μCq₂ = +2,0 μCq₃ = -3,0 μC0,30 m0,20 mhypoténuse
  • a) Quel travail l'opérateur doit-il fournir pour amener q1q_{1} à sa place, puis q2q_{2} à la sienne ? Interprétez le signe du second.
  • b) Calculez le travail nécessaire pour amener ensuite q3q_{3} en CC, puis l'énergie potentielle totale du système.
  • c) Montrez que le résultat ne dépend pas de l'ordre d'assemblage, et donnez la règle générale de calcul de UU pour un système de charges.
  • d) Le système est-il lié ? Quelle énergie faut-il fournir pour séparer les trois charges jusqu'à l'infini, et quelle vitesse cela représente-t-il si toute cette énergie était donnée à q3q_{3} seule (masse 1,0×1061{,}0\times 10^{-6} kg) ?
  • e) Deux plaques parallèles distantes de 4,0 cm sont soumises à une différence de potentiel de 120 V. Calculez le champ, puis l'écart de potentiel entre deux surfaces équipotentielles distantes de 5,0 mm. Pourquoi le travail est-il nul le long d'une équipotentielle, et pourquoi les lignes de champ leur sont-elles perpendiculaires ?

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Réponses

  • a) W1=0W_{1}=0 et W2=+0,12W_{2}=+0{,}12 J
  • b) VC=8,1×104V_{C}=8{,}1\times 10^{4} V, W3=0,243W_{3}=-0{,}243 J, U=0,123U=-0{,}123 J
  • c) U=kqiqjrijU=\sum\dfrac{kq_{i}q_{j}}{r_{ij}}, un terme par paire, indépendant de l'ordre
  • d) Lié ; 0,1230{,}123 J pour tout séparer, soit 496\approx 496 m/s pour q3q_{3}
  • e) E=3,0×103E=3{,}0\times 10^{3} V/m, ΔV=15\Delta V=15 V ; le champ est normal aux équipotentielles

a) Pour q1q_{1} : le travail est NUL, il n'y a encore aucun champ dans l'espace, rien ne s'oppose au déplacement. Pour q2q_{2} : W2=q2V1(B)=kq1q2r12=(9,0×109)(2,0×106)(2,0×106)0,30=+0,12W_{2}=q_{2}V_{1}(B)=\frac{kq_{1}q_{2}}{r_{12}}=\frac{(9{,}0\times 10^{9})(2{,}0\times 10^{-6})(2{,}0\times 10^{-6})}{0{,}30}=+0{,}12 J. Positif : les deux charges sont positives et se repoussent, l'opérateur pousse contre la répulsion et dépense de l'énergie, stockée dans le système.

b) Le triangle est un 3-4-5 : r13=0,302+0,402=0,50r_{13}=\sqrt{0{,}30^{2}+0{,}40^{2}}=0{,}50 m et r23=0,40r_{23}=0{,}40 m. En CC, le potentiel créé par les deux premières charges vaut V=kq10,50+kq20,40=3,6×104+4,5×104=8,1×104V=\frac{kq_{1}}{0{,}50}+\frac{kq_{2}}{0{,}40}=3{,}6\times 10^{4}+4{,}5\times 10^{4}=8{,}1\times 10^{4} V. Donc W3=q3V=(3,0×106)(8,1×104)=0,243W_{3}=q_{3}V=(-3{,}0\times 10^{-6})(8{,}1\times 10^{4})=-0{,}243 J, négatif : q3q_{3} est attirée, c'est le champ qui travaille et l'opérateur doit retenir. Énergie totale : U=W2+W3=0,120,243=0,123U=W_{2}+W_{3}=0{,}12-0{,}243=-0{,}123 J.

c) Les trois termes obtenus sont U12=+0,120U_{12}=+0{,}120 J, U13=0,108U_{13}=-0{,}108 J et U23=0,135U_{23}=-0{,}135 J : un terme par PAIRE, et chaque terme kqiqjrij\frac{kq_{i}q_{j}}{r_{ij}} ne dépend que de la paire, pas de l'instant où elle s'est formée. Changer l'ordre d'assemblage change la répartition des travaux successifs, jamais leur somme. Règle : U=kqiqjrijU=\sum \frac{kq_{i}q_{j}}{r_{ij}} sur toutes les paires, avec les SIGNES des charges, et chaque paire comptée une seule fois (3 termes pour 3 charges, 6 pour 4 charges).

d) U<0U<0 : le système est lié, il faudrait fournir +0,123+0{,}123 J pour l'éparpiller à l'infini. Si toute cette énergie devenait cinétique pour q3q_{3} : v=2Um=2(0,123)1,0×1064,96×102v=\sqrt{\frac{2U'}{m}}=\sqrt{\frac{2(0{,}123)}{1{,}0\times 10^{-6}}}\approx 4{,}96\times 10^{2} m/s, environ 500 m/s pour un grain de poussière chargé. Le signe de UU se lit exactement comme en gravitation : négatif veut dire lié, positif veut dire que le système se disperse tout seul.

e) E=ΔVd=1200,040=3,0×103E=\frac{\Delta V}{d}=\frac{120}{0{,}040}=3{,}0\times 10^{3} V/m. Entre deux équipotentielles distantes de 5,0 mm : ΔV=EΔd=(3000)(0,0050)=15\Delta V=E\,\Delta d=(3000)(0{,}0050)=15 V. Le travail est nul le long d'une équipotentielle parce que W=qΔVW=q\,\Delta V et que ΔV=0\Delta V=0 par définition de la surface. Et c'est précisément ce qui impose la perpendicularité : si le champ avait la moindre composante le long de la surface, déplacer une charge sur cette surface coûterait un travail non nul, ce qui contredirait ΔV=0\Delta V=0. Le champ ne peut donc être que normal à l'équipotentielle, et il pointe toujours vers les potentiels DÉCROISSANTS, d'où le signe de E=ΔVΔdE=-\frac{\Delta V}{\Delta d}.

Exercice 5 : Un électron entre deux plaques

Deux plaques parallèles distantes de 2,0 cm créent un champ électrique uniforme de 2,0×1042{,}0\times 10^{4} N/C. Un électron est libéré sans vitesse à la plaque négative et accéléré vers la plaque positive. On néglige d'abord la gravité, puis on justifiera cette approximation.

plaque + plaque -E = 2,0 × 10⁴ N/Cl'électron (charge -) remonteCONTRE le champd = 2,0 cm
  • a) Calculez l'accélération de l'électron. Dans quel sens se déplace-t-il par rapport au champ ?
  • b) Calculez sa vitesse à l'arrivée sur la plaque positive et la durée du trajet.
  • c) Retrouvez la vitesse d'arrivée par la méthode énergétique, en calculant d'abord la différence de potentiel entre les plaques.
  • d) Comparez l'accélération électrique à gg et justifiez qu'on néglige la gravité. Un proton dans le même champ arriverait-il plus vite ou moins vite ? Justifiez sans tout recalculer.

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Réponses

  • a) a3,5×1015a\approx 3{,}5\times 10^{15} m/s², dans le sens contraire au champ
  • b) v1,19×107v\approx 1{,}19\times 10^{7} m/s en 3,4\approx 3{,}4 ns
  • c) ΔV=Ed=400\Delta V=Ed=400 V, et l'énergie redonne la même vitesse
  • d) a/g3,6×1014a/g\approx 3{,}6\times 10^{14} ; le proton arrive 183643\sqrt{1836}\approx 43 fois moins vite, à énergie égale

a) a=eEme=(1,6×1019)(2,0×104)9,11×10313,5×1015a=\frac{eE}{m_{e}}=\frac{(1{,}6\times 10^{-19})(2{,}0\times 10^{4})}{9{,}11\times 10^{-31}}\approx 3{,}5\times 10^{15} m/s². L'électron, chargé négativement, accélère dans le sens CONTRAIRE au champ : le champ va du + vers le −, l'électron remonte du − vers le +.

b) MRUA depuis le repos sur d=0,020d=0{,}020 m : v=2ad=2(3,51×1015)(0,020)1,19×107v=\sqrt{2ad}=\sqrt{2(3{,}51\times 10^{15})(0{,}020)}\approx 1{,}19\times 10^{7} m/s. Durée : t=va1,19×1073,51×10153,4×109t=\frac{v}{a}\approx\frac{1{,}19\times 10^{7}}{3{,}51\times 10^{15}}\approx 3{,}4\times 10^{-9} s, quelques nanosecondes.

c) ΔV=Ed=(2,0×104)(0,020)=400\Delta V=E\,d=(2{,}0\times 10^{4})(0{,}020)=400 V. Puis 12mev2=eΔV\frac{1}{2}m_{e}v^{2}=e\,\Delta V : v=2(1,6×1019)(400)9,11×10311,19×107v=\sqrt{\frac{2(1{,}6\times 10^{-19})(400)}{9{,}11\times 10^{-31}}}\approx 1{,}19\times 10^{7} m/s. Les deux méthodes concordent exactement : ce sont les deux mêmes lois vues de la mécanique.

d) ag=3,5×10159,83,6×1014\frac{a}{g}=\frac{3{,}5\times 10^{15}}{9{,}8}\approx 3{,}6\times 10^{14} : la gravité est quelques centaines de billions de fois plus faible, la négliger est plus que justifié. Le proton subit la même force (même ee, même EE) mais porte une masse 1836 fois plus grande : accélération 1836 fois plus faible. Par la méthode énergétique, il gagne la MÊME énergie cinétique eΔVe\Delta V, donc arrive avec 12mv2\frac{1}{2}mv^{2} égal mais une vitesse 183643\sqrt{1836}\approx 43 fois plus faible. Moins vite, donc, mais avec la même énergie : distinguer les deux est exactement l'esprit du chapitre.

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : Champ résultant par composantes

Deux charges identiques q1=q2=+3,0q_{1}=q_{2}=+3{,}0 μC sont placées en A=(0; 0)A=(0;\ 0) et B=(0,40; 0)B=(0{,}40;\ 0) (coordonnées en mètres). On s'intéresse au point P=(0,20; 0,15)P=(0{,}20;\ 0{,}15), situé à 25 cm de chacune des deux charges (triangle 3-4-5 : depuis chaque charge, cosθ=0,8\cos\theta=0{,}8 et sinθ=0,6\sin\theta=0{,}6).

  • a) Calculez la grandeur du champ créé en PP par chacune des deux charges.
  • b) En décomposant chaque champ, calculez le champ résultant en PP (grandeur et direction). Utilisez la symétrie.
  • c) Calculez la force exercée sur une charge q0=2,0q_{0}=-2{,}0 μC placée en PP (grandeur et sens).
  • d) Calculez le potentiel en PP, puis le travail qu'un opérateur doit fournir pour amener q0q_{0} de l'infini jusqu'en PP. Pourquoi ce calcul ne demande-t-il aucune décomposition ?
  • e) Sans calcul, donnez le point de l'axe des xx où le champ total est nul, et dites si une charge posée là, en équilibre, y resterait après une petite poussée le long de l'axe xx.

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Réponses

  • a) E=4,32×105E=4{,}32\times 10^{5} N/C pour chacune
  • b) Etot=2Esinθ5,2×105E_{tot}=2E\sin\theta\approx 5{,}2\times 10^{5} N/C, vers le haut
  • c) F1,0F\approx 1{,}0 N, vers le BAS : la charge est négative
  • d) VP=2,16×105V_{P}=2{,}16\times 10^{5} V et W=0,43W=-0{,}43 J, sans aucune décomposition
  • e) Au milieu du segment, x=0,20x=0{,}20 m

a) Chaque charge est à 25 cm de PP : E=(9,0×109)(3,0×106)(0,25)2=4,32×105E=\frac{(9{,}0\times 10^{9})(3{,}0\times 10^{-6})}{(0{,}25)^{2}}=4{,}32\times 10^{5} N/C.

b) Chaque champ pointe de sa charge vers PP (charges positives). Composantes : pour AA, (+Ecosθ; +Esinθ)(+E\cos\theta;\ +E\sin\theta); pour BB, (Ecosθ; +Esinθ)(-E\cos\theta;\ +E\sin\theta). Par symétrie, les composantes horizontales s'annulent; les verticales s'ajoutent : Etot=2Esinθ=2(4,32×105)(0,6)=5,2×105E_{tot}=2E\sin\theta=2(4{,}32\times 10^{5})(0{,}6)=5{,}2\times 10^{5} N/C, dirigé verticalement vers le haut (selon +y+y, le long de la médiatrice).

c) F=q0Etot=(2,0×106)(5,18×105)1,0F=|q_{0}|E_{tot}=(2{,}0\times 10^{-6})(5{,}18\times 10^{5})\approx 1{,}0 N. La charge est négative : la force est opposée au champ, donc verticale vers le BAS, vers le milieu du segment ABAB.

d) Potentiel, somme scalaire : VP=2×(9,0×109)(3,0×106)0,25=2,16×105V_{P}=2\times\frac{(9{,}0\times 10^{9})(3{,}0\times 10^{-6})}{0{,}25}=2{,}16\times 10^{5} V. Travail : W=q0VP=(2,0×106)(2,16×105)=0,43W=q_{0}V_{P}=(-2{,}0\times 10^{-6})(2{,}16\times 10^{5})=-0{,}43 J. Négatif : la charge négative est ATTIRÉE par les deux charges positives, le champ fait le travail à la place de l'opérateur, qui doit plutôt retenir. Aucune décomposition, parce que le potentiel est un scalaire : c'est tout l'avantage de la voie énergétique.

e) Par symétrie, le champ est nul au milieu du segment, (0,20; 0)(0{,}20;\ 0) : les deux champs s'y compensent exactement. L'équilibre y est toutefois STABLE le long de l'axe xx pour une charge positive (repoussée par la charge dont elle s'approche, elle est ramenée au centre)... mais une analyse hors de l'axe montrerait qu'il est instable selon yy : aucun point de l'espace vide ne piège une charge en équilibre stable dans toutes les directions (théorème d'Earnshaw, hors programme mais bon à savoir).

q₁ = +3,0 μCq₂ = +3,0 μCPE₁E₂E résultant : VERTICAL25 cmles composantes horizontales se compensent

Exercice 7 : De la charge ponctuelle à la distribution continue

Un anneau mince de rayon a=10a=10 cm porte une charge Q=+6,0Q=+6{,}0 nC uniformément répartie. On étudie le champ sur son axe, à la distance xx du centre. Les questions d) et e) portent sur une tige rectiligne de longueur L=0,50L=0{,}50 m portant Q=+9,0Q'=+9{,}0 nC uniformément répartie, et sur un point PP situé sur le PROLONGEMENT de la tige, à d=0,25d=0{,}25 m de son extrémité la plus proche.

  • a) Expliquez par la symétrie pourquoi le champ de l'anneau est dirigé selon l'axe, puis établissez E(x)=kQx(x2+a2)3/2E(x)=\frac{kQx}{(x^{2}+a^{2})^{3/2}} et calculez sa valeur en x=0,20x=0{,}20 m. Calculez aussi le potentiel en ce point.
  • b) Que vaut le champ au centre de l'anneau ? En quel point de l'axe est-il maximal, et combien vaut-il alors ?
  • c) Montrez que pour xax\gg a l'expression redonne celle d'une charge ponctuelle, puis chiffrez l'écart entre la formule exacte et l'approximation ponctuelle en x=2,0x=2{,}0 m.
  • d) Pour la tige : découpez-la en éléments dq=λdxdq=\lambda\,dx et montrez que le champ en PP vaut E=kQd(d+L)E=\frac{kQ'}{d(d+L)}. Calculez-le.
  • e) Un étudiant remplace la tige par une charge ponctuelle QQ' placée en son milieu. Quelle valeur trouve-t-il, et pourquoi l'approximation est-elle si mauvaise ici ? Calculez enfin le potentiel en PP et vérifiez qu'il redonne le champ par dérivation.

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  • a) E=kQx(x2+a2)3/29,7×102E=\dfrac{kQx}{(x^{2}+a^{2})^{3/2}}\approx 9{,}7\times 10^{2} N/C, V2,4×102V\approx 2{,}4\times 10^{2} V
  • b) E(0)=0E(0)=0, maximum en x=a/27,07x=a/\sqrt{2}\approx 7{,}07 cm, où E2,1×103E\approx 2{,}1\times 10^{3} N/C
  • c) 13,4513{,}45 contre 13,513{,}5 N/C : 0,4%0{,}4\,\% d'écart à vingt rayons
  • d) E=kQd(d+L)=4,32×102E=\dfrac{kQ'}{d(d+L)}=4{,}32\times 10^{2} N/C
  • e) 324324 N/C, 25%25\,\% trop faible ; V=kλln31,8×102V=k\lambda\ln 3\approx 1{,}8\times 10^{2} V redonne EE par dérivation

a) À chaque élément de l'anneau correspond l'élément diamétralement opposé : leurs champs ont la même grandeur et leurs composantes perpendiculaires à l'axe sont opposées, donc elles s'annulent deux à deux. Seule survit la composante axiale. Chaque élément dqdq est à la distance r=x2+a2r=\sqrt{x^{2}+a^{2}} et sa composante axiale vaut kdqr2cosθ\frac{k\,dq}{r^{2}}\cos\theta avec cosθ=xr\cos\theta=\frac{x}{r}. Comme rr et cosθ\cos\theta sont les MÊMES pour tous les éléments, ils sortent de l'intégrale : E=kxr3dq=kQx(x2+a2)3/2E=\frac{kx}{r^{3}}\int dq=\frac{kQx}{(x^{2}+a^{2})^{3/2}}. En x=0,20x=0{,}20 m : E=(9,0×109)(6,0×109)(0,20)(0,05)3/29,7×102E=\frac{(9{,}0\times 10^{9})(6{,}0\times 10^{-9})(0{,}20)}{(0{,}05)^{3/2}}\approx 9{,}7\times 10^{2} N/C. Potentiel : tous les éléments sont à la même distance rr, donc V=kQx2+a2=540,22362,4×102V=\frac{kQ}{\sqrt{x^{2}+a^{2}}}=\frac{54}{0{,}2236}\approx 2{,}4\times 10^{2} V, sans aucune décomposition.

b) Au centre, x=0x=0 donne E=0E=0 : par symétrie, chaque élément est compensé par son opposé, y compris axialement. Le maximum s'obtient en annulant la dérivée : dEdx=0\frac{dE}{dx}=0 mène à (x2+a2)3x2=0(x^{2}+a^{2})-3x^{2}=0, soit x=a27,07x=\frac{a}{\sqrt{2}}\approx 7{,}07 cm. La valeur y est Emax=2kQ33a22,1×103E_{max}=\frac{2kQ}{3\sqrt{3}\,a^{2}}\approx 2{,}1\times 10^{3} N/C. Le champ part donc de zéro au centre, monte jusqu'à ce maximum, puis retombe : un anneau chargé n'a pas son champ le plus fort là où l'on croit.

c) Si xax\gg a, alors (x2+a2)3/2x3(x^{2}+a^{2})^{3/2}\to x^{3} et EkQxx3=kQx2E\to\frac{kQx}{x^{3}}=\frac{kQ}{x^{2}} : de loin, l'anneau est indiscernable d'une charge ponctuelle, comme il se doit. En x=2,0x=2{,}0 m : exact (54)(2,0)(4,01)3/213,45\frac{(54)(2{,}0)}{(4{,}01)^{3/2}}\approx 13{,}45 N/C, approximation 544,0=13,5\frac{54}{4{,}0}=13{,}5 N/C. L'écart est de 0,4 % : à vingt rayons de distance, la structure de l'objet a déjà disparu.

d) Tous les éléments de la tige sont alignés avec PP : les champs sont tous colinéaires, l'intégrale est scalaire. Avec λ=QL\lambda=\frac{Q'}{L} et xx mesuré depuis PP : E=dd+Lkλdxx2=kλ[1d1d+L]=kλLd(d+L)=kQd(d+L)E=\int_{d}^{d+L}\frac{k\lambda\,dx}{x^{2}}=k\lambda\left[\frac{1}{d}-\frac{1}{d+L}\right]=\frac{k\lambda L}{d(d+L)}=\frac{kQ'}{d(d+L)}. Numériquement : E=(9,0×109)(9,0×109)(0,25)(0,75)=810,1875=4,32×102E=\frac{(9{,}0\times 10^{9})(9{,}0\times 10^{-9})}{(0{,}25)(0{,}75)}=\frac{81}{0{,}1875}=4{,}32\times 10^{2} N/C. Remarquez la forme : ce n'est pas kQr2\frac{kQ'}{r^{2}} mais un produit des distances aux DEUX extrémités.

e) Le milieu de la tige est à 0,25+0,25=0,500{,}25+0{,}25=0{,}50 m de PP, ce qui donne 810,502=3,24×102\frac{81}{0{,}50^{2}}=3{,}24\times 10^{2} N/C : 25 % TROP FAIBLE. La raison est la convexité du 1r2\frac{1}{r^{2}} : la moitié proche de la tige gagne bien plus que ce que la moitié lointaine perd, donc la moyenne des contributions dépasse la contribution de la charge moyenne. L'approximation ponctuelle n'est légitime que loin de l'objet, or ici dd est du même ordre que LL. Potentiel : V=dd+Lkλdxx=kλlnd+Ld=(9,0×109)(1,8×108)ln31,8×102V=\int_{d}^{d+L}\frac{k\lambda\,dx}{x}=k\lambda\ln\frac{d+L}{d}=(9{,}0\times 10^{9})(1{,}8\times 10^{-8})\ln 3\approx 1{,}8\times 10^{2} V. Vérification : dVdd=kλ[1d+L1d]=kλLd(d+L)-\frac{dV}{dd}=-k\lambda\left[\frac{1}{d+L}-\frac{1}{d}\right]=\frac{k\lambda L}{d(d+L)}, exactement le champ de la question d). Le champ est bien la pente du potentiel, changée de signe.

Exercice 8 : Le théorème de Gauss : la symétrie fait tout le travail

On utilise ε0=8,85×1012\varepsilon_{0}=8{,}85\times 10^{-12} C²/(N·m²), relié à la constante de Coulomb par k=14πε0k=\frac{1}{4\pi\varepsilon_{0}}. Le flux du champ à travers une surface fermée vaut ΦE=Qintε0\Phi_{E}=\frac{Q_{int}}{\varepsilon_{0}}, où QintQ_{int} est la charge ENFERMÉE par la surface.

  • a) Une charge q=+5,0q=+5{,}0 nC est au centre d'un cube de 20 cm d'arête. Calculez le flux total à travers le cube, puis le flux à travers une seule face. Que devient le flux total si on double l'arête, et que devient-il si on décentre la charge sans la sortir du cube ?
  • b) Une sphère ISOLANTE de rayon R=10R=10 cm porte une charge Q=+8,0Q=+8{,}0 nC répartie uniformément dans tout son volume. Calculez le champ à r=20r=20 cm, à la surface, puis à r=5,0r=5{,}0 cm. Décrivez l'allure de E(r)E(r).
  • c) On dépose la même charge sur une sphère CONDUCTRICE de même rayon. Que valent le champ à r=20r=20 cm et le champ à r=5,0r=5{,}0 cm ? Justifiez les deux réponses par Gauss.
  • d) Une grande plaque isolante porte une densité surfacique σ=2,0×108\sigma=2{,}0\times 10^{-8} C/m². Calculez le champ qu'elle crée. On place face à elle une seconde plaque de densité σ-\sigma : que valent le champ entre les plaques et le champ à l'extérieur ? Reliez le résultat à la formule E=ΔVdE=\frac{\Delta V}{d} du condensateur plan.
  • e) Une charge de +3,0+3{,}0 nC est suspendue dans la cavité d'un conducteur NEUTRE. Donnez les charges apparues sur la paroi intérieure et sur la surface extérieure, et justifiez par Gauss appliqué à une surface tracée dans l'épaisseur du métal. Enfin : peut-on avoir un flux nul à travers une surface fermée alors que le champ n'y est nul nulle part ?

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  • a) Φ=565\Phi=565 N·m²/C, 9494 par face ; ni la taille ni le décentrage ne changent le total
  • b) 18001800, 72007200 puis 36003600 N/C : linéaire à l'intérieur, en 1/r21/r^{2} à l'extérieur
  • c) 18001800 N/C dehors, exactement pareil ; 00 dedans
  • d) σ2ε01130\dfrac{\sigma}{2\varepsilon_{0}}\approx 1130 N/C seule, σε0\dfrac{\sigma}{\varepsilon_{0}} entre, 00 dehors
  • e) 3,0-3{,}0 nC dedans, +3,0+3{,}0 nC dehors ; flux nul ne veut pas dire champ nul

a) ΦE=qε0=5,0×1098,85×1012565\Phi_{E}=\frac{q}{\varepsilon_{0}}=\frac{5{,}0\times 10^{-9}}{8{,}85\times 10^{-12}}\approx 565 N·m²/C. Par symétrie, les six faces se partagent également ce flux : 565694\frac{565}{6}\approx 94 N·m²/C par face. Doubler l'arête ne change RIEN au flux total : il ne dépend que de la charge enfermée, jamais de la forme ni de la taille de la surface. Décentrer la charge ne change pas non plus le total, mais détruit la symétrie : les faces proches reçoivent plus de flux que les faces lointaines, et le calcul par face n'est alors plus faisable sans intégrale.

b) À l'extérieur, la sphère se comporte comme une charge ponctuelle placée au centre : E(0,20)=kQr2=(9,0×109)(8,0×109)0,202=1,8×103E(0{,}20)=\frac{kQ}{r^{2}}=\frac{(9{,}0\times 10^{9})(8{,}0\times 10^{-9})}{0{,}20^{2}}=1{,}8\times 10^{3} N/C. À la surface : E(R)=720,010=7,2×103E(R)=\frac{72}{0{,}010}=7{,}2\times 10^{3} N/C. À l'intérieur, la surface de Gauss de rayon rr n'enferme que la fraction r3R3\frac{r^{3}}{R^{3}} de la charge, d'où E=kQrR3=(9,0×109)(8,0×109)(0,050)(0,10)3=3,6×103E=\frac{kQr}{R^{3}}=\frac{(9{,}0\times 10^{9})(8{,}0\times 10^{-9})(0{,}050)}{(0{,}10)^{3}}=3{,}6\times 10^{3} N/C. Allure : EE croît LINÉAIREMENT de 0 au centre jusqu'au maximum 7,2×1037{,}2\times 10^{3} N/C à la surface, puis décroît en 1r2\frac{1}{r^{2}}. Le champ est maximal sur la surface, pas au centre : c'est le contraire de l'intuition.

c) À r=20r=20 cm : exactement la même valeur, 1,8×1031{,}8\times 10^{3} N/C. Gauss ne connaît que la charge enfermée et la symétrie sphérique : la façon dont la charge est répartie à l'intérieur est invisible de l'extérieur. À r=5,0r=5{,}0 cm : E=0E=0. Dans un conducteur à l'équilibre, toute la charge migre sur la surface extérieure, donc une surface de Gauss intérieure n'enferme aucune charge. Réciproquement, si le champ n'était pas nul dans le métal, les électrons libres se déplaceraient et l'équilibre ne serait pas atteint.

d) Plaque seule : la surface de Gauss est un cylindre qui la traverse, le flux sort par les DEUX bases, d'où E=σ2ε0=2,0×1082(8,85×1012)1,13×103E=\frac{\sigma}{2\varepsilon_{0}}=\frac{2{,}0\times 10^{-8}}{2(8{,}85\times 10^{-12})}\approx 1{,}13\times 10^{3} N/C, uniforme et indépendant de la distance. Avec la seconde plaque σ-\sigma : entre les plaques, les deux champs pointent dans le même sens et s'ajoutent, E=σε02,3×103E=\frac{\sigma}{\varepsilon_{0}}\approx 2{,}3\times 10^{3} N/C; à l'extérieur, ils sont opposés et se compensent, E0E\approx 0. C'est ce champ uniforme confiné entre les armatures qui donne ΔV=Ed\Delta V=Ed, donc E=ΔVdE=\frac{\Delta V}{d} : la formule du condensateur plan n'est pas un axiome, elle sort de Gauss.

e) Paroi intérieure : 3,0-3{,}0 nC; surface extérieure : +3,0+3{,}0 nC. Justification : on trace une surface de Gauss entièrement dans le métal, où E=0E=0 partout, donc ΦE=0\Phi_{E}=0, donc Qint=0Q_{int}=0; comme elle enferme la charge +3,0+3{,}0 nC et la paroi intérieure, cette paroi porte forcément 3,0-3{,}0 nC. Le conducteur étant neutre au total, le +3,0+3{,}0 nC manquant se retrouve sur la face externe. Oui, le flux peut être nul sans que le champ le soit : placez une surface fermée dans le champ uniforme d'un condensateur, le flux entrant compense exactement le flux sortant. Flux nul signifie charge enfermée nulle, pas champ nul, et c'est la confusion la plus fréquente du chapitre.

Exercice 9 : La gouttelette de Millikan

Entre deux plaques horizontales distantes de 1,0 cm, on applique une différence de potentiel de 392 V. Une gouttelette d'huile de masse 1,92×10151{,}92\times 10^{-15} kg, électrisée par frottement, reste parfaitement IMMOBILE entre les plaques.

  • a) Faites le bilan des forces sur la gouttelette et écrivez la condition d'équilibre.
  • b) Calculez le champ électrique entre les plaques.
  • c) Calculez la charge portée par la gouttelette, puis le nombre de charges élémentaires correspondant.
  • d) La gouttelette porte un excès d'électrons. Laquelle des deux plaques (haute ou basse) est au potentiel le plus élevé ? Justifiez avec les directions.
  • e) En quoi cette expérience, répétée sur des milliers de gouttelettes, a-t-elle permis à Millikan d'établir la quantification de la charge ?

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  • a) qE=mg|q|E=mg
  • b) E=3,92×104E=3{,}92\times 10^{4} V/m
  • c) q=4,8×1019|q|=4{,}8\times 10^{-19} C, soit exactement 33 électrons excédentaires
  • d) La plaque du HAUT : le champ pointe vers le bas
  • e) Toutes les charges mesurées sont des multiples entiers de 1,6×10191{,}6\times 10^{-19} C

a) Deux forces : le poids mgmg vers le bas et la force électrique qEqE qui doit pointer vers le haut. Équilibre : qE=mg|q|E=mg.

b) E=ΔVd=3920,010=3,92×104E=\frac{\Delta V}{d}=\frac{392}{0{,}010}=3{,}92\times 10^{4} V/m.

c) q=mgE=(1,92×1015)(9,8)3,92×104=4,8×1019|q|=\frac{mg}{E}=\frac{(1{,}92\times 10^{-15})(9{,}8)}{3{,}92\times 10^{4}}=4{,}8\times 10^{-19} C. Nombre de charges élémentaires : n=4,8×10191,6×1019=3n=\frac{4{,}8\times 10^{-19}}{1{,}6\times 10^{-19}}=3 : la gouttelette porte exactement trois électrons excédentaires.

d) La gouttelette est négative et la force électrique doit être vers le haut : la force sur une charge négative est opposée au champ, donc le champ pointe vers le BAS. Le champ va toujours de la plaque au potentiel élevé vers la plaque au potentiel faible : c'est donc la plaque du HAUT qui est au potentiel le plus élevé (chargée positivement, elle attire d'ailleurs les électrons de la gouttelette vers le haut, l'image est cohérente).

e) En mesurant la charge de milliers de gouttelettes, Millikan a constaté que toutes les valeurs étaient des multiples ENTIERS d'une même quantité, 1,6×10191{,}6\times 10^{-19} C, jamais une fraction : 3ee, 5ee, 8ee..., jamais 2,7ee. La charge n'est pas un fluide continu mais un empilement de grains identiques : c'est la quantification de la charge, et la première mesure précise de ee, qui lui valut le prix Nobel de 1923.

plaque +plaque -force électrique qEpoids mgU = 392 VIMMOBILE : les deux forces se compensent exactement,ce qui donne la charge sans jamais mesurer de vitesse

Exercice 10 : Le canon à électrons : accélérer, puis dévier

Dans un tube cathodique, un électron part du repos et traverse une différence de potentiel accélératrice V0=2000V_{0}=2000 V. Il entre ensuite, parallèlement aux plaques et à mi-distance entre elles, dans un condensateur de déviation de longueur L=6,0L=6{,}0 cm dont les armatures sont distantes de d=1,5d=1{,}5 cm et soumises à Vd=60V_{d}=60 V. Un écran est placé à D=25D=25 cm de la sortie des plaques. On néglige la gravité, ce que l'on justifiera.

V₀ = 2000 Varmature +armature -e⁻écranL = 6,0 cm d = 1,5 cm Vd = 60 Vparabole entre les armatures, puis ligne droite
  • a) Calculez la vitesse v0v_{0} de l'électron à l'entrée des plaques de déviation.
  • b) Calculez le champ entre les plaques de déviation, l'accélération transversale de l'électron, le temps passé entre les plaques et la déviation verticale à la sortie. L'électron sort-il du condensateur sans heurter une armature ?
  • c) Calculez l'angle de sortie du faisceau. Montrez que la trajectoire rectiligne de sortie, prolongée vers l'arrière, coupe l'axe au MILIEU des plaques.
  • d) Calculez la déviation totale mesurée sur l'écran.
  • e) Établissez que cette déviation vaut Y=VdL(L2+D)2dV0Y=\frac{V_{d}L(\frac{L}{2}+D)}{2dV_{0}} et commentez : de quoi dépend la sensibilité du tube, et de quoi ne dépend-elle PAS ? Calculez enfin la tension de déviation maximale utilisable, et justifiez qu'on néglige la gravité.

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Réponses

  • a) v0=2eV0/m2,65×107v_{0}=\sqrt{2eV_{0}/m}\approx 2{,}65\times 10^{7} m/s
  • b) E=4,0×103E=4{,}0\times 10^{3} V/m, a7,0×1014a\approx 7{,}0\times 10^{14} m/s², y11,8y_{1}\approx 1{,}8 mm : il sort sans toucher
  • c) tanθ=0,060\tan\theta=0{,}060, soit 3,4°\approx 3{,}4°, et la tangente coupe l'axe au milieu des plaques
  • d) Y1,7Y\approx 1{,}7 cm
  • e) Y=VdL(L2+D)2dV0Y=\dfrac{V_{d}L(\frac{L}{2}+D)}{2dV_{0}} ; Vd,max=250V_{d,max}=250 V, et ni ee ni mm n'interviennent

a) Toute l'énergie électrique devient cinétique : 12mv02=eV0\frac{1}{2}m v_{0}^{2}=eV_{0}, donc v0=2eV0m=2(1,6×1019)(2000)9,11×10312,65×107v_{0}=\sqrt{\frac{2eV_{0}}{m}}=\sqrt{\frac{2(1{,}6\times 10^{-19})(2000)}{9{,}11\times 10^{-31}}}\approx 2{,}65\times 10^{7} m/s, soit environ 9 % de la vitesse de la lumière.

b) E=Vdd=600,015=4,0×103E=\frac{V_{d}}{d}=\frac{60}{0{,}015}=4{,}0\times 10^{3} V/m; a=eEm=(1,6×1019)(4,0×103)9,11×10317,03×1014a=\frac{eE}{m}=\frac{(1{,}6\times 10^{-19})(4{,}0\times 10^{3})}{9{,}11\times 10^{-31}}\approx 7{,}03\times 10^{14} m/s². Le mouvement se décompose exactement comme un projectile : horizontalement uniforme, verticalement uniformément accéléré. Temps de traversée : t=Lv0=0,0602,65×1072,26×109t=\frac{L}{v_{0}}=\frac{0{,}060}{2{,}65\times 10^{7}}\approx 2{,}26\times 10^{-9} s. Déviation à la sortie : y1=12at21,80×103y_{1}=\frac{1}{2}at^{2}\approx 1{,}80\times 10^{-3} m, soit 1,8 mm. L'électron entre à mi-distance, il dispose donc de d2=7,5\frac{d}{2}=7{,}5 mm : 1,8 mm reste largement en dessous, il sort sans toucher.

c) tanθ=vyv0=atv0=(7,03×1014)(2,26×109)2,65×107=0,060\tan\theta=\frac{v_{y}}{v_{0}}=\frac{at}{v_{0}}=\frac{(7{,}03\times 10^{14})(2{,}26\times 10^{-9})}{2{,}65\times 10^{7}}=0{,}060, soit θ3,4°\theta\approx 3{,}4°. Or 2y1L=2(1,80×103)0,060=0,060\frac{2y_{1}}{L}=\frac{2(1{,}80\times 10^{-3})}{0{,}060}=0{,}060 également : la tangente de sortie a la même pente que la droite qui joint le milieu des plaques au point de sortie. Prolongée vers l'arrière, elle coupe donc l'axe en x=L2x=\frac{L}{2}. C'est le résultat classique du projectile : la pente finale vaut deux fois la pente moyenne, ce qui reporte le point de départ apparent au milieu du parcours.

d) Après les plaques, plus de force : trajectoire rectiligne. Y=y1+Dtanθ=1,80×103+(0,25)(0,060)=1,68×102Y=y_{1}+D\tan\theta=1{,}80\times 10^{-3}+(0{,}25)(0{,}060)=1{,}68\times 10^{-2} m, soit 1,7 cm. Le raccourci du c) donne le même résultat d'un coup : Y=tanθ(L2+D)=(0,060)(0,28)=1,68×102Y=\tan\theta\left(\frac{L}{2}+D\right)=(0{,}060)(0{,}28)=1{,}68\times 10^{-2} m.

e) y1=12eEm(Lv0)2y_{1}=\frac{1}{2}\frac{eE}{m}\left(\frac{L}{v_{0}}\right)^{2} et v02=2eV0mv_{0}^{2}=\frac{2eV_{0}}{m} : en substituant, ee et mm DISPARAISSENT et y1=EL24V0=VdL24dV0y_{1}=\frac{EL^{2}}{4V_{0}}=\frac{V_{d}L^{2}}{4dV_{0}}, puis Y=tanθ(L2+D)=VdL(L2+D)2dV0Y=\tan\theta(\frac{L}{2}+D)=\frac{V_{d}L(\frac{L}{2}+D)}{2dV_{0}}. Vérification : (60)(0,060)(0,28)2(0,015)(2000)=1,68×102\frac{(60)(0{,}060)(0{,}28)}{2(0{,}015)(2000)}=1{,}68\times 10^{-2} m. La sensibilité ne dépend que de la GÉOMÉTRIE du tube et du rapport VdV0\frac{V_{d}}{V_{0}} : ni de la charge, ni de la masse de la particule. Un faisceau de protons dévierait pareil, simplement bien plus lentement. Déviation maximale admissible y1=d2y_{1}=\frac{d}{2} : Vd,max=2d2V0L2=2(0,015)2(2000)(0,060)2=250V_{d,max}=\frac{2d^{2}V_{0}}{L^{2}}=\frac{2(0{,}015)^{2}(2000)}{(0{,}060)^{2}}=250 V, au-delà le faisceau s'écrase sur une armature. Enfin ag7×1013\frac{a}{g}\approx 7\times 10^{13} : la gravité est plus de dix mille milliards de fois plus faible, la négliger n'introduit aucune erreur mesurable.

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