Électricité et magnétisme 203-SN2-RE (ancien 203-NYB) • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal
Exercices corrigés : magnétisme et induction électromagnétique (203-SN2-RE, ancien 203-NYB)
Voici la série d'exercices corrigés d'électricité du cours 203-SN2-RE (ancien 203-SN2-RE) sur le magnétisme et l'induction. La partie A couvre la force magnétique : grandeur et direction sur une charge en mouvement avec la règle de la main droite, le mouvement circulaire d'un proton et la période indépendante de la vitesse, le sélecteur de vitesse suivi d'un spectromètre de masse qui identifie un ion, la force de Laplace jusqu'à l'attraction de deux fils parallèles, et le couple sur une boucle de courant, d'où sortent le moteur à courant continu et le galvanomètre. La partie B monte au niveau examen : l'effet Hall, seule mesure capable de révéler le SIGNE des porteurs de charge, la trajectoire hélicoïdale avec les miroirs magnétiques des aurores polaires et le cyclotron poussé jusqu'à sa limite relativiste, la tige conductrice sur rails qui convertit la puissance mécanique en puissance électrique, la bobine soumise à un champ croissant avec la charge induite indépendante de la durée, et l'alternateur, ses valeurs efficaces et ses courants de Foucault.
Cette série s'adresse aux étudiants de cégep en Sciences de la nature comme aux élèves de Terminale du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas qui suivent le complément québécois de sciences physiques (spécialité physique-chimie). Le magnétisme est le chapitre le plus tridimensionnel du cours : les forces sortent du plan des vitesses et des champs, et la règle de la main droite devient un outil de tous les instants. L'induction, elle, couronne le cours : c'est le principe de l'alternateur, du transformateur et de la recharge sans fil.
Le réflexe à garder tout du long : la force magnétique ne travaille jamais. Toujours perpendiculaire à la vitesse, elle courbe les trajectoires sans jamais changer la grandeur de la vitesse. Dès qu'un problème parle d'accélérer une particule, cherchez un champ électrique; dès qu'il parle de dévier ou de faire tourner, cherchez un champ magnétique.
Série autocorrigéeTape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.
•Force magnétique sur une charge : F=∣q∣vBsinθ, perpendiculaire à la fois à la vitesse et au champ. Règle de la main droite (charge positive) : doigts selon v, on rabat vers B, le pouce donne F; pour une charge négative, inversez le sens.
•La force magnétique ne travaille JAMAIS (F⊥v à chaque instant) : elle change la direction de la vitesse, jamais sa grandeur.
•Charge en mouvement perpendiculaire à un champ uniforme : trajectoire circulaire de rayon r=∣q∣Bmv et de période T=∣q∣B2πm, indépendante de la vitesse (principe du cyclotron).
•Force de Laplace sur un fil rectiligne : F=BILsinθ. Champ d'un long fil rectiligne : B=2πdμ0I avec μ0=4π×10−7 T·m/A. Deux fils parallèles s'attirent si leurs courants vont dans le même sens.
•Flux magnétique : Φ=BAcosθ (en webers). Loi de Faraday : ε=NΔt∣ΔΦ∣. Loi de Lenz : le courant induit s'oppose, par ses effets, à la variation de flux qui le crée.
•Tige de longueur L glissant à la vitesse v perpendiculairement à B : fem induite ε=BLv. Constantes : e=1,6×10−19 C, masse du proton 1,67×10−27 kg, unité de masse atomique 1 u =1,66×10−27 kg.
•Boucle de courant : moment magnétique μ=NIA, couple τ=μBsinθ et énergie d'orientation U=−μBcosθ, avec θ mesuré entre la NORMALE à la boucle et le champ. Le couple aligne le moment sur le champ, comme une boussole.
•Vitesse oblique par rapport au champ : la composante parallèle est libre, la perpendiculaire tourne. La trajectoire est une hélice de rayon r=qBmv⊥ et de pas p=v∥T, avec toujours T=qB2πm.
•Effet Hall : VH=vdBw=nqtIB, où t est l'épaisseur du ruban dans le sens du champ. Le SIGNE de VH donne le signe des porteurs; les sondes du commerce sont en semi-conducteur, où n est petit et le signal exploitable.
•Alternateur : bobine tournant à ω dans un champ uniforme, Φ=BAcosωt et ε=NBAωsinωt. Valeur efficace εeff=2εmax, puissance moyenne 2Rεmax2.
•Courants de Foucault : courants induits en boucle dans un conducteur massif soumis à un flux variable. Ils freinent (aimant dans un tube de cuivre, freins de train), chauffent (plaque à induction) et se combattent en feuilletant le métal (noyaux de transformateurs).
Partie A : La force magnétique (/50)
Exercice 1 : Force magnétique sur une charge en mouvement
Un proton se déplace vers l'est à 2,0×106 m/s dans une région où règne un champ magnétique horizontal de 0,50 T dirigé vers le nord.
a) Calculez la force magnétique sur le proton et donnez sa direction à l'aide de la règle de la main droite.
b) Comparez cette force au poids du proton. Conclusion ?
c) Quelle serait la direction de la force pour un électron ayant la même vitesse ? Et la grandeur ?
d) Calculez la force si la vitesse faisait un angle de 30° avec le champ. Pour quelle orientation la force est-elle nulle ? Expliquez enfin pourquoi cette force, si intense soit-elle, ne peut jamais augmenter la vitesse du proton.
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Réponses
a)F=qvB=1,6×10−13 N, verticale vers le haut
b)mg≈1,6×10−26 N : la force magnétique est 1013 fois plus grande
c)Même grandeur, direction OPPOSÉE : vers le bas
d)F=qvBsin30°=8,0×10−14 N ; nulle si v∥B, et son travail est toujours nul
a) v et B sont perpendiculaires : F=qvB=(1,6×10−19)(2,0×106)(0,50)=1,6×10−13 N. Main droite : doigts vers l'est (v), rabattus vers le nord (B), le pouce pointe VERS LE HAUT : la force est verticale ascendante.
b) Poids : mg=(1,67×10−27)(9,8)≈1,6×10−26 N. Rapport : mgF≈1013 : dix mille milliards de fois le poids. La gravité est totalement négligeable dans la dynamique des particules chargées, comme en électrostatique.
c) Même grandeur (∣q∣ identique, même vitesse, même champ), mais direction OPPOSÉE : la charge négative renverse le sens, la force sur l'électron pointe verticalement vers le bas.
d) F=qvBsin30∘=(1,6×10−13)(0,5)=8,0×10−14 N. La force s'annule quand la vitesse est PARALLÈLE (ou antiparallèle) au champ : sin0∘=0; une particule qui file le long des lignes de champ ne sent rien. Enfin, la force magnétique reste à chaque instant perpendiculaire à la vitesse : son travail W=Fdcos90∘ est toujours nul, donc l'énergie cinétique, et avec elle la grandeur de la vitesse, ne peut pas changer. Le champ magnétique est un volant, pas un accélérateur.
Exercice 2 : Le mouvement circulaire d'une charge
Le même proton (2,0×106 m/s) entre maintenant dans une région où le champ de 0,50 T est perpendiculaire à sa vitesse.
a) Expliquez pourquoi la trajectoire est un cercle parcouru à vitesse constante.
b) Démontrez que le rayon vaut r=qBmv à partir de la deuxième loi de Newton.
c) Calculez le rayon et la période du mouvement.
d) Montrez que la période ne dépend pas de la vitesse et expliquez pourquoi cette propriété est le cœur du cyclotron. Qu'est-ce qui changerait pour un électron de même vitesse ?
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Réponses
a)Force de grandeur constante, toujours perpendiculaire : c'est une force centripète
b)qvB=rmv2 donne r=qBmv
c)r≈4,2 cm et T≈1,3×10−7 s
d)T=qB2πm ne contient pas v : c'est ce qui rend le cyclotron possible
a) La force qvB, perpendiculaire à la vitesse, a une grandeur constante (v et B ne changent pas). Une force de grandeur constante toujours perpendiculaire à la vitesse est exactement une force centripète : elle courbe la trajectoire en cercle sans modifier la grandeur de la vitesse.
b) Newton avec l'accélération centripète : qvB=rmv2. En isolant : r=qBmv. Plus la particule est rapide ou massive, plus le cercle est grand; plus le champ est fort, plus il est serré.
c) r=(1,6×10−19)(0,50)(1,67×10−27)(2,0×106)≈4,2×10−2 m, soit environ 4,2 cm. Période : T=v2πr=qB2πm=(1,6×10−19)(0,50)2π(1,67×10−27)≈1,3×10−7 s.
d) Dans T=qB2πm, la vitesse s'est simplifiée : une particule rapide parcourt un grand cercle, une lente un petit, mais toutes deux bouclent leur tour dans le MÊME temps. Le cyclotron exploite cette synchronisation : une tension alternative de fréquence fixe peut accélérer la particule à chaque demi-tour, sans jamais se désynchroniser pendant que le rayon grandit. Pour un électron : masse 1836 fois plus petite, donc rayon 1836 fois plus petit (environ 23 μm) et période 1836 fois plus courte, avec une rotation en sens inverse (charge négative).
Exercice 3 : Sélecteur de vitesse et spectromètre de masse
Dans un spectromètre de masse, des ions positifs de charge +e traversent d'abord un sélecteur de vitesse où règnent un champ électrique de 8,0×104 V/m et un champ magnétique de 0,40 T croisés (perpendiculaires entre eux et à la vitesse). Les ions non déviés entrent ensuite dans une région où seul règne un champ magnétique de 0,50 T, et y décrivent un demi-cercle de rayon 5,0 cm.
a) Expliquez le principe du sélecteur : quelle condition les forces doivent-elles vérifier, et quelle vitesse est sélectionnée ?
b) Un ion plus rapide que la vitesse sélectionnée est-il dévié du côté de la force électrique ou de la force magnétique ? Justifiez.
c) Calculez la masse de l'ion à partir du rayon mesuré, puis exprimez-la en unités de masse atomique. De quel élément s'agit-il vraisemblablement ?
d) Le même appareil analyse l'isotope de masse 14 u du même élément. Sans tout recalculer, donnez son rayon. Comment le spectromètre sépare-t-il les isotopes qu'aucune chimie ne distingue ?
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Réponses
a)qE=qvB donne v=E/B=2,0×105 m/s, indépendante de la charge
b)Du côté de la force magnétique, qui croît avec la vitesse
c)m=vrqB2=2,0×10−26 kg, soit 12 u : du carbone 12
d)r∝m donc r14≈5,8 cm : le tri se fait par l'inertie
a) L'ion subit la force électrique qE et la force magnétique qvB, montées en opposition. Il traverse sans dévier si elles se compensent : qE=qvB, d'où v=BE=0,408,0×104=2,0×105 m/s. La charge s'est simplifiée : le sélecteur trie sur la vitesse seule, quelle que soit la masse ou la charge.
b) La force électrique qE ne dépend pas de la vitesse, mais la force magnétique qvB croît avec elle : pour un ion trop rapide, le magnétisme l'emporte, l'ion est dévié du côté de la force MAGNÉTIQUE. Trop lent, c'est l'électrique qui gagne.
c) Dans la seconde région : r=qB2mv, donc m=vrqB2=2,0×105(0,050)(1,6×10−19)(0,50)=2,0×10−26 kg. En unités atomiques : 1,66×10−272,0×10−26≈12 u : c'est très vraisemblablement du carbone 12 (ionisé une fois).
d) Le rayon est proportionnel à la masse (v, q et B2 inchangés) : r14=5,0×1214≈5,8 cm. Les deux isotopes, chimiquement identiques (mêmes électrons), frappent le détecteur à des positions distinctes, séparées de quelques millimètres : le spectromètre trie par l'INERTIE ce que la chimie ne peut pas trier. C'est le principe de la datation au carbone 14 et de l'analyse isotopique.
Exercice 4 : La force de Laplace et les fils parallèles
Les questions a) et b) sont indépendantes; les questions c) et d) portent sur deux longs fils parallèles, distants de 10 cm, parcourus chacun par un courant de 20 A dans le même sens. On donne μ0=4π×10−7 T·m/A.
a) Un segment de fil de 1,5 m parcouru par un courant de 8,0 A est placé perpendiculairement à un champ de 0,20 T. Calculez la force de Laplace qu'il subit.
b) Calculez le champ magnétique créé par un long fil parcouru par 20 A, à 10 cm de distance. Comparez au champ terrestre (environ 5×10−5 T).
c) Calculez la force par mètre de longueur entre les deux fils parallèles. S'attirent-ils ou se repoussent-ils ? Justifiez avec la règle de la main droite.
d) Montrez comment cette expérience a longtemps servi à DÉFINIR l'ampère, et expliquez ce qui change si l'on renverse l'un des deux courants.
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Réponses
a)F=BIL=2,4 N
b)B=2πdμ0I=4,0×10−5 T, comparable au champ terrestre
c)8,0×10−4 N/m : les courants de même sens s'attirent
d)2×10−7 N/m à un mètre définissait l'ampère ; courants opposés, répulsion
a) F=BIL=(0,20)(8,0)(1,5)=2,4 N : une force très réelle, c'est elle qui fait tourner les moteurs électriques.
b) B=2πdμ0I=2π(0,10)(4π×10−7)(20)=4,0×10−5 T : comparable au champ terrestre. Un simple courant domestique intense crée, à distance de main, un champ du même ordre que celui de la planète entière : le magnétisme des courants est étonnamment accessible.
c) Le fil 1 crée en position du fil 2 le champ B1=4,0×10−5 T (calculé en b). Force sur 1 m du fil 2 : LF=B1I2=(4,0×10−5)(20)=8,0×10−4 N/m. Main droite : le champ de 1 encercle le fil; au niveau du fil 2, la force IL×B pointe VERS le fil 1. Par symétrie (et troisième loi de Newton), le fil 1 est tiré vers le fil 2 : courants de même sens S'ATTIRENT.
d) La force ne dépend que des courants et de la géométrie : LF=2πdμ0I1I2. L'ancienne définition de l'ampère s'appuyait dessus : un ampère est le courant qui, dans deux fils parallèles distants d'un mètre, produit 2×10−7 N par mètre : une définition purement mécanique, mesurable à la balance. Si l'on renverse un courant, la règle de la main droite renverse la force : les courants opposés SE REPOUSSENT, même grandeur, sens contraire.
Exercice 5 : Le couple sur une boucle : moment magnétique, moteur et galvanomètre
Une bobine rectangulaire de 50 spires mesure 8,0 cm sur 12,0 cm. Elle est parcourue par un courant de 2,0 A et plongée dans un champ magnétique uniforme de 0,30 T. On note θ l'angle entre la NORMALE au plan de la bobine et le champ.
a) Calculez le moment magnétique de la bobine. Pour quelle orientation le couple est-il maximal, et pour laquelle est-il nul ?
b) Calculez le couple maximal, puis le couple pour θ=30°. Dans quel sens la bobine tourne-t-elle ?
c) L'énergie potentielle d'orientation vaut U=−μBcosθ. Identifiez les positions d'équilibre stable et instable, puis calculez le travail nécessaire pour retourner la bobine de la première à la seconde.
d) Un moteur à courant continu est fait de cette bobine montée sur un axe. Expliquez pourquoi il s'arrêterait au bout d'un quart de tour sans un dispositif supplémentaire, et ce que fait le collecteur à balais.
e) Dans un galvanomètre, un ressort spiral exerce un couple de rappel proportionnel à l'angle de déviation, τr=kα. Montrez que la déviation de l'aiguille est proportionnelle au courant, et expliquez pourquoi les pièces polaires sont usinées en arc de cercle autour de la bobine.
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Réponses
a)μ=NIA=0,96 A·m² ; couple maximal quand le plan contient le champ
b)τmax=0,288 N·m, et 0,144 N·m à 30°
c)Stable en θ=0, instable en θ=180° ; W=2μB=0,576 J
d)Le couple changerait de signe après l'alignement : le collecteur inverse le courant
e)α=kNABI, à condition que le champ reste radial
a) Aire d'une spire : A=(0,080)(0,120)=9,6×10−3 m². Moment magnétique : μ=NIA=(50)(2,0)(9,6×10−3)=0,96 A·m². Le couple τ=μBsinθ est maximal pour θ=90°, c'est-à-dire quand le plan de la bobine CONTIENT le champ (la normale lui est perpendiculaire), et nul pour θ=0° ou 180°, quand la normale est alignée avec le champ.
b) τmax=μB=(0,96)(0,30)=0,288 N·m. À θ=30° : τ=(0,288)(0,500)=0,144 N·m. Le couple tend toujours à RÉDUIRE θ, donc à aligner le moment magnétique sur le champ : la bobine pivote comme une aiguille de boussole qui cherche le nord.
c) U=−μBcosθ est minimale en θ=0°, avec U=−0,288 J : c'est l'équilibre STABLE, moment aligné sur le champ. Elle est maximale en θ=180°, avec U=+0,288 J : équilibre INSTABLE, moment antiparallèle. Travail pour retourner la bobine : W=ΔU=0,288−(−0,288)=0,576 J, soit 2μB.
d) Le couple s'annule justement à l'alignement, et surtout il CHANGE DE SIGNE si la bobine dépasse cette position : au-delà, il la ramène en arrière. Livrée à elle-même, la bobine oscillerait autour de θ=0° puis s'immobiliserait, un quart de tour après le départ. Le collecteur à balais inverse le sens du courant à chaque demi-tour, exactement au passage par l'alignement : le moment magnétique se retourne, le couple reste dans le même sens de rotation, et le mouvement devient continu. Le moteur à courant continu est donc, avant tout, un interrupteur qui bascule au bon moment.
e) À l'équilibre de l'aiguille, le couple magnétique équilibre le rappel du ressort : NIABsinθ=kα. Si l'on s'arrange pour que sinθ=1 en permanence, il reste α=kNABI : la déviation est strictement proportionnelle au courant, et le cadran peut être gradué linéairement. Or sinθ ne reste égal à 1 que si le champ demeure parallèle au plan de la bobine quelle que soit sa rotation : c'est précisément ce que produisent des pièces polaires creusées en arc de cercle, qui rendent le champ RADIAL dans l'entrefer. Sans elles, la graduation serait en sinθ et l'échelle se tasserait aux grandes déviations.
Partie B : Niveau examen (/50)
Exercice 6 : L'effet Hall : lire le signe des porteurs de charge
Un ruban de cuivre de 2,0 cm de largeur et de 0,10 mm d'épaisseur est parcouru par un courant de 10 A. Un champ magnétique de 1,2 T est appliqué perpendiculairement à la grande face du ruban. Le cuivre compte n=8,5×1028 porteurs par mètre cube. Les questions d) et e) portent sur un ruban semi-conducteur de mêmes dimensions, avec n=1,0×1022 porteurs par mètre cube.
a) Décrivez le mécanisme : pourquoi une tension apparaît-elle en travers du ruban, et pourquoi cesse-t-elle de croître ? Établissez VH=vdBw, puis VH=nqtIB.
b) Calculez la vitesse de dérive dans le cuivre, puis la tension de Hall. Commentez l'ordre de grandeur.
c) Les porteurs du cuivre sont des électrons, qui se déplacent en sens INVERSE du courant conventionnel. Montrez que le bord chargé négativement serait le même si les porteurs étaient positifs et se déplaçaient dans le sens du courant. Quelle information le SIGNE de VH apporte-t-il, et pourquoi ce résultat a-t-il été historiquement décisif ?
d) Calculez la tension de Hall du ruban semi-conducteur parcouru par 10 mA, et comparez avec ce que donnerait le cuivre sous le même courant. Pourquoi les sondes de Hall du commerce sont-elles en semi-conducteur ?
e) On utilise cette sonde comme magnétomètre : sous 10 mA, elle indique 45 mV. Quel est le champ mesuré ? Expliquez enfin pourquoi la tension de Hall ne dépend ni de la LONGUEUR du ruban, ni de sa résistance.
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Réponses
a)qEH=qvdB donne VH=vdBw=nqtIB
b)vd≈3,7×10−4 m/s et VH≈8,8 µV : minuscule
c)La polarité mesurée donne le SIGNE des porteurs, inaccessible par la résistance
d)75 mV contre 8,8 nV pour le cuivre : n est au dénominateur
e)B=0,72 T ; ni la longueur ni la résistance n'interviennent
a) Les porteurs qui composent le courant se déplacent à la vitesse de dérive vd; le champ magnétique exerce sur eux une force qvdB perpendiculaire à la fois au courant et au champ, donc dirigée en travers du ruban. Ils s'accumulent sur un bord, laissant l'autre bord de charge opposée. Cette séparation crée un champ électrique transversal EH qui repousse les porteurs suivants : l'accumulation cesse quand les deux forces s'équilibrent, qEH=qvdB, soit EH=vdB. La tension entre les bords vaut alors VH=EHw=vdBw. Comme I=nqvdA=nqvd(wt), on tire vd=nqwtI et donc VH=nqtIB : la largeur disparaît.
b) vd=nqwtI=(8,5×1028)(1,6×10−19)(0,020)(1,0×10−4)10≈3,68×10−4 m/s. Tension : VH=nqtIB=(8,5×1028)(1,6×10−19)(1,0×10−4)(10)(1,2)≈8,8×10−6 V, soit neuf microvolts pour dix ampères et plus d'un tesla. C'est minuscule, à la limite du bruit d'un montage ordinaire : dans un métal, la densité de porteurs est si énorme que chacun se déplace très lentement, et la tension de Hall avec lui.
c) Prenons le courant vers la droite et le champ sortant de la feuille. Des charges POSITIVES iraient vers la droite et seraient poussées, disons, vers le haut : le bord haut devient positif. Des ÉLECTRONS produisent le même courant en allant vers la gauche; la vitesse change de sens ET la charge change de signe, donc la force qv×B garde exactement la même direction : les électrons sont poussés vers le haut eux aussi. Mais cette fois le bord haut devient NÉGATIF. Les deux hypothèses donnent donc des tensions de Hall de SIGNES OPPOSÉS : la polarité mesurée révèle directement le signe des porteurs, ce qu'aucune mesure de résistance ne peut faire. Historiquement, c'est ainsi qu'on a confirmé que le courant des métaux usuels est porté par des charges négatives, et découvert que certains métaux, comme le zinc ou le béryllium, donnent un coefficient de Hall POSITIF : leurs porteurs se comportent comme des charges positives, les trous, ce que seule la physique quantique des bandes explique.
d) VH=(1,0×1022)(1,6×10−19)(1,0×10−4)(0,010)(1,2)=0,160,012=7,5×10−2 V, soit 75 mV : un signal confortable, lisible sans amplificateur. Le cuivre, sous les mêmes 10 mA, donnerait 8,8×10−9 V, huit millions de fois moins. Tout tient au n au dénominateur : un semi-conducteur a des porteurs des millions de fois moins nombreux, donc bien plus rapides à courant égal, donc une tension de Hall exploitable. C'est pour cela que toutes les sondes de Hall, les capteurs de position des moteurs sans balais et les capteurs de vilebrequin sont en semi-conducteur.
e) B=IVHnqt=0,010(0,045)(1,0×1022)(1,6×10−19)(1,0×10−4)=0,010(0,045)(0,16)=0,72 T. Dans VH=nqtIB, ni la longueur ni la résistance n'apparaissent : la longueur ne fixe que la tension LONGITUDINALE qu'il faut appliquer pour obtenir le courant voulu, alors que la tension de Hall est transversale et n'est réglée que par l'équilibre entre force magnétique et force électrique. Tant qu'on impose le courant, la sonde donne le même VH qu'elle soit courte ou longue, chaude ou froide : c'est ce qui en fait un instrument de mesure fiable.
Exercice 7 : Trajectoire hélicoïdale, pièges magnétiques et cyclotron
Un proton de vitesse 4,0×106 m/s pénètre dans un champ magnétique uniforme de 0,20 T en faisant un angle de 30° avec les lignes de champ. Les questions d) et e) portent sur un cyclotron à protons dont les dees ont un rayon de 0,50 m et qui fonctionne sous un champ de 1,5 T.
a) Décomposez la vitesse parallèlement et perpendiculairement au champ, et expliquez pourquoi la trajectoire est une hélice et non un cercle.
b) Calculez le rayon de l'hélice, la période de révolution et le pas, c'est-à-dire l'avance le long du champ pendant un tour.
c) Le proton se dirige maintenant vers une région où le champ se resserre et devient plus intense. Expliquez qualitativement pourquoi il finit par être renvoyé en arrière, et reliez ce phénomène aux ceintures de Van Allen et aux aurores polaires.
d) Pour le cyclotron : calculez la fréquence de la tension accélératrice, la vitesse des protons à la sortie et leur énergie cinétique en mégaélectronvolts (1 MeV =1,6×10−13 J).
e) Comparez cette vitesse à celle de la lumière. Pourquoi le cyclotron classique bute-t-il sur cette limite, comment le synchrocyclotron la contourne-t-il, et pourquoi n'accélère-t-on pratiquement jamais d'électrons dans un cyclotron ?
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Réponses
a)v∥≈3,46×106 et v⊥=2,0×106 m/s : hélice
b)r≈0,104 m, T≈3,28×10−7 s, pas ≈1,14 m
c)Miroir magnétique : ceintures de Van Allen et aurores polaires
d)f≈23 MHz, v≈7,19×107 m/s, K≈27 MeV
e)v/c≈0,24 : la masse relativiste désynchronise le cyclotron classique
a) v∥=vcos30°=(4,0×106)(0,866)≈3,46×106 m/s et v⊥=vsin30°=2,0×106 m/s. La force magnétique vaut qvBsinθ et n'agit que sur la composante PERPENDICULAIRE : la composante parallèle au champ ne produit aucune force et reste donc constante. Le mouvement est la superposition d'un cercle uniforme dans le plan perpendiculaire et d'une translation uniforme le long du champ : une hélice, comme un pas de vis.
b) r=qBmv⊥=(1,6×10−19)(0,20)(1,67×10−27)(2,0×106)≈0,104 m. Période : T=qB2πm=(1,6×10−19)(0,20)2π(1,67×10−27)≈3,28×10−7 s, indépendante de l'angle d'entrée comme de la vitesse. Pas de l'hélice : p=v∥T=(3,46×106)(3,28×10−7)≈1,14 m.
c) Là où les lignes de champ se resserrent, elles ne sont plus rigoureusement parallèles : elles convergent, et la force qv×B acquiert une composante dirigée VERS LA ZONE DE CHAMP FAIBLE, qui freine le mouvement le long de l'axe. Par ailleurs, la force magnétique ne travaillant pas, la vitesse totale est fixe : à mesure que le champ augmente, la partie perpendiculaire du mouvement s'intensifie et la partie parallèle s'épuise, jusqu'à s'annuler puis changer de signe. La particule rebondit : c'est le miroir magnétique. Le champ terrestre, plus intense près des pôles, forme précisément deux miroirs face à face : les particules du vent solaire capturées y font la navette d'un hémisphère à l'autre, ce sont les ceintures de Van Allen. Celles qui plongent assez bas pour heurter la haute atmosphère y excitent l'oxygène et l'azote, qui rayonnent : les aurores polaires.
d) Fréquence cyclotron : f=T1=2πmqB=2π(1,67×10−27)(1,6×10−19)(1,5)≈2,29×107 Hz, soit environ 23 MHz. Vitesse de sortie, atteinte au rayon maximal : v=mqBR=1,67×10−27(1,6×10−19)(1,5)(0,50)≈7,19×107 m/s. Énergie : K=21mv2≈4,31×10−12 J, soit 1,6×10−134,31×10−12≈27 MeV.
e) cv=3,0×1087,19×107≈0,24 : le proton file déjà à près du quart de la vitesse de la lumière, et sa masse effective a augmenté de quelques pour cent. Or toute la magie du cyclotron repose sur une période T=qB2πm CONSTANTE, qui permet une tension accélératrice de fréquence fixe. Dès que la masse relativiste croît, la période s'allonge, la particule arrive en retard au passage suivant et finit par être freinée au lieu d'être accélérée : le cyclotron classique plafonne vers quelques dizaines de MeV pour les protons. Le synchrocyclotron abaisse progressivement la fréquence accélératrice au cours du cycle pour rester synchronisé, au prix d'un faisceau non plus continu mais pulsé. Quant aux électrons, leur masse est 1836 fois plus faible : ils deviennent relativistes dès quelques centaines de keV, c'est-à-dire pratiquement dès le départ, et l'on préfère pour eux le bêtatron ou l'accélérateur linéaire.
Exercice 8 : La tige sur rails : du muscle au courant
Deux rails conducteurs horizontaux, distants de L=0,40 m, sont reliés par une résistance R=0,80 Ω. Une tige conductrice, posée perpendiculairement aux rails, glisse sans frottement à la vitesse constante v=5,0 m/s. Un champ magnétique uniforme B=0,50 T traverse le circuit perpendiculairement à son plan. La résistance de la tige et des rails est négligeable.
a) Calculez la fem induite dans le circuit. D'où vient-elle physiquement ?
b) Calculez le courant induit et, à l'aide de la loi de Lenz, précisez l'effet de ce courant sur le mouvement de la tige.
c) Calculez la force qu'un opérateur doit exercer sur la tige pour maintenir sa vitesse constante.
d) Calculez la puissance mécanique fournie par l'opérateur et la puissance électrique dissipée dans la résistance. Concluez.
e) L'opérateur lâche la tige. Décrivez qualitativement le mouvement qui suit et le rôle de la loi de Lenz dans ce comportement.
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Réponses
a)ε=BLv=1,0 V, produite par la force qvB sur les charges de la tige
b)I=1,25 A, et le courant induit FREINE la tige
c)F=BIL=0,25 N
d)1,25 W des deux côtés : conversion mécanique-électrique sans perte
e)Décroissance exponentielle de la vitesse ; Lenz est la conservation de l'énergie
a) ε=BLv=(0,50)(0,40)(5,0)=1,0 V. Physiquement, chaque charge libre de la tige, entraînée à la vitesse v dans le champ B, subit une force magnétique qvB le long de la tige : c'est cette force qui sépare les charges et joue le rôle de générateur. De façon équivalente, l'aire du circuit croît, donc le flux Φ=BA croît, et Faraday donne ε=ΔtΔΦ=BLv.
b) I=Rε=0,801,0=1,25 A. Loi de Lenz : le courant induit s'oppose à la CAUSE qui le crée, c'est-à-dire au mouvement de la tige. Le courant, traversant la tige dans le champ, produit une force de Laplace dirigée CONTRE la vitesse : un freinage magnétique.
c) Pour une vitesse constante, l'opérateur doit compenser exactement ce freinage : F=BIL=(0,50)(1,25)(0,40)=0,25 N.
d) Mécanique : P=Fv=(0,25)(5,0)=1,25 W. Électrique : P=εI=(1,0)(1,25)=1,25 W (ou RI2=(0,80)(1,5625)=1,25 W). Égalité exacte : chaque joule fourni par le muscle ressort en chaleur dans la résistance. La tige sur rails est un alternateur réduit à l'essentiel : un convertisseur mécanique-électrique, sans perte ici puisque rien d'autre ne frotte.
e) Sans opérateur, la force de freinage BIL subsiste tant que la tige bouge : la tige décélère, la fem et le courant diminuent avec v, donc le freinage faiblit aussi : la vitesse décroît exponentiellement, sans jamais s'inverser. La loi de Lenz garantit ce signe : si le courant induit POUSSAIT la tige au lieu de la freiner, elle accélérerait seule, créant de l'énergie de nulle part : la loi de Lenz est la conservation de l'énergie déguisée en règle de signe.
Exercice 9 : La bobine de Faraday : une charge qui ignore le chronomètre
Une bobine plate de 200 spires et d'aire 50 cm² est placée perpendiculairement à un champ magnétique que l'on fait croître régulièrement de 0 à 0,60 T en 0,30 s. La bobine est fermée sur un circuit de résistance totale 8,0 Ω.
a) Calculez la variation de flux magnétique à travers UNE spire.
b) Calculez la fem induite dans la bobine et le courant induit.
c) Calculez la charge totale qui a circulé, puis démontrez la formule générale Q=RNΔΦ. Que remarquez-vous d'étonnant ?
d) Dans quel sens circule le courant induit (par rapport au champ croissant) ? Que se passerait-il si, au lieu de faire croître le champ, on faisait tourner la bobine d'un quart de tour dans un champ fixe ?
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Réponses
a)ΔΦ=3,0×10−3 Wb par spire
b)ε=NΔtΔΦ=2,0 V, I=0,25 A
c)Q=RNΔΦ=0,075 C : la durée se simplifie
d)Sens opposé à la croissance du flux ; une rotation donne la même physique, c'est l'alternateur
a) ΔΦ=ΔB×A=(0,60)(50×10−4)=3,0×10−3 Wb par spire.
b) Faraday, avec les 200 spires en série : ε=NΔtΔΦ=200×0,303,0×10−3=2,0 V. Courant : I=Rε=8,02,0=0,25 A.
c) Q=IΔt=(0,25)(0,30)=0,075 C. En général : Q=IΔt=RεΔt=RΔtNΔΦΔt=RNΔΦ : la durée s'est simplifiée. Vérification : 8,0(200)(3,0×10−3)=0,075 C. L'étonnant : que le champ monte en 0,3 s ou en 3 minutes, la MÊME charge circule; seul le courant (le débit) change. C'est le principe du fluxmètre balistique : mesurer une charge pour connaître une variation de flux, sans chronomètre.
d) Le flux croît vers l'avant de la bobine : par Lenz, le courant induit crée son propre champ OPPOSÉ à cette croissance, il circule donc dans le sens qui, vu depuis la source du champ, est le sens horaire (règle de la main droite inversée sur la normale). Tourner la bobine d'un quart de tour dans un champ fixe annule aussi le flux (cos90∘=0) : même ΔΦ, même physique : une fem apparaît PENDANT la rotation. Répéter cette rotation en continu, c'est exactement un alternateur : toute l'électricité du réseau vient de bobines qu'on fait tourner dans des champs.
Exercice 10 : L'alternateur et les courants de Foucault
Une bobine plate de 100 spires et d'aire 200 cm² tourne à 3600 tours par minute autour d'un axe perpendiculaire à un champ magnétique uniforme de 0,25 T. Elle débite sur une résistance de 50 Ω. On note θ=ωt l'angle entre la normale à la bobine et le champ.
a) Écrivez le flux à travers la bobine en fonction du temps, puis établissez par la loi de Faraday que la fem est sinusoïdale. Calculez la vitesse angulaire, la fréquence et la fem maximale.
b) Calculez la valeur efficace de cette fem. Pourquoi affiche-t-on 120 V sur une prise murale alors que la tension y atteint réellement 170 V en pointe ?
c) Calculez le courant maximal, la puissance moyenne dissipée et le couple moyen que la turbine doit fournir pour maintenir la rotation.
d) On laisse tomber un petit aimant dans un tube de cuivre vertical : il descend lentement, en quelques secondes, alors que le même aimant tombe librement dans un tube de plastique identique. Expliquez par les lois de Faraday et de Lenz. Le cuivre n'étant pas magnétique, comment peut-il freiner un aimant ? Et pourquoi les noyaux de transformateurs sont-ils feuilletés ?
e) Un disque d'aluminium tournant entre les pôles d'un aimant ralentit rapidement. Pourquoi ce freinage disparaît-il presque si l'on pratique des fentes radiales dans le disque ? Pourquoi ce même effet, poussé volontairement, sert-il à faire chauffer une casserole sur une plaque à induction ?
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Réponses
a)ε=NBAωsinωt, ω≈377 rad/s, εmax≈188 V
b)εeff≈133 V ; une prise à 120 V oscille entre ±170 V
c)Imax≈3,77 A, P≈355 W, τ≈0,94 N·m
d)Courants de Foucault : le cuivre conduit, le plastique non ; d'où les tôles feuilletées
e)Les fentes coupent les boucles ; la plaque à induction les maximise au contraire
a) Φ=BAcosωt pour une spire, donc NΦ=NBAcosωt. Faraday : ε=−dtd(NΦ)=NBAωsinωt : la fem est sinusoïdale, maximale quand le flux est NUL (bobine dans le plan du champ, là où le flux varie le plus vite) et nulle quand le flux est maximal. Vitesse angulaire : ω=602π(3600)≈377 rad/s, soit f=60 Hz, la fréquence du réseau nord-américain. Amplitude : εmax=NBAω=(100)(0,25)(0,0200)(377)≈1,88×102 V.
b) εeff=2εmax=1,414188,5≈1,33×102 V. La valeur efficace est celle qui, en courant continu, dissiperait la MÊME puissance moyenne dans une résistance : c'est donc la seule qui permette de comparer alternatif et continu, et c'est elle qu'on affiche. Une prise à 120 V efficaces oscille bel et bien entre +170 V et −170 V, ce qui explique que l'isolation doive tenir la valeur de pointe, pas la valeur affichée.
c) Imax=Rεmax=50188,5≈3,77 A. Puissance moyenne : P=Rεeff2=2Rεmax2=10035531≈3,55×102 W (le facteur 2 vient de la moyenne de sin2, qui vaut 21). Couple moyen : la turbine fournit toute cette puissance mécaniquement, P=τω, donc τ=377355,3≈0,94 N·m. Plus on tire de courant, plus la turbine force : c'est physiquement pour cela qu'une centrale consomme davantage de vapeur quand la demande augmente.
d) En descendant, l'aimant fait varier le flux à travers chaque tranche horizontale du tube. Faraday y induit des courants circulaires, les courants de Foucault, et Lenz impose leur sens : ils créent un champ qui s'oppose à la VARIATION, donc repoussent l'aimant par le bas et le retiennent par le haut. Il en résulte une force de freinage qui croît avec la vitesse, jusqu'à équilibrer le poids : l'aimant descend alors à vitesse limite, lentement. Le cuivre n'a nul besoin d'être magnétique : il lui suffit d'être un bon CONDUCTEUR pour que les courants induits y soient intenses; dans le plastique, isolant, aucun courant ne peut circuler et la chute est libre. Même mécanisme dans un transformateur : le noyau massif serait le siège de courants de Foucault qui le chaufferaient en pure perte. On le feuillette en tôles isolées les unes des autres, perpendiculairement au trajet de ces courants, ce qui les fragmente et réduit drastiquement les pertes.
e) Le freinage vient de BOUCLES de courant fermées dans le disque. Les fentes radiales coupent ces boucles : les courants ne peuvent plus faire le tour, leur intensité s'effondre, et avec elle la force de freinage. Le disque continue de tourner presque librement, ce qui prouve au passage que c'est bien la circulation du courant, et non l'aimantation du métal, qui freinait. À l'inverse, une plaque à induction cherche justement à maximiser ces courants : une bobine parcourue par un courant alternatif de quelques dizaines de kilohertz induit dans le fond ferromagnétique de la casserole des courants de Foucault très intenses, qui la chauffent par effet Joule. La chaleur naît DANS le récipient, pas sous lui : c'est le même phénomène, une fois considéré comme une perte, une fois exploité comme un chauffage.
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