Électricité et magnétisme 203-SN2-RE (ancien 203-NYB) • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal

Exercices corrigés : magnétisme et induction électromagnétique (203-SN2-RE, ancien 203-NYB)

Voici la série d'exercices corrigés d'électricité du cours 203-SN2-RE (ancien 203-SN2-RE) sur le magnétisme et l'induction. La partie A couvre la force magnétique : grandeur et direction sur une charge en mouvement avec la règle de la main droite, le mouvement circulaire d'un proton et la période indépendante de la vitesse, le sélecteur de vitesse suivi d'un spectromètre de masse qui identifie un ion, la force de Laplace jusqu'à l'attraction de deux fils parallèles, et le couple sur une boucle de courant, d'où sortent le moteur à courant continu et le galvanomètre. La partie B monte au niveau examen : l'effet Hall, seule mesure capable de révéler le SIGNE des porteurs de charge, la trajectoire hélicoïdale avec les miroirs magnétiques des aurores polaires et le cyclotron poussé jusqu'à sa limite relativiste, la tige conductrice sur rails qui convertit la puissance mécanique en puissance électrique, la bobine soumise à un champ croissant avec la charge induite indépendante de la durée, et l'alternateur, ses valeurs efficaces et ses courants de Foucault.

Cette série s'adresse aux étudiants de cégep en Sciences de la nature comme aux élèves de Terminale du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas qui suivent le complément québécois de sciences physiques (spécialité physique-chimie). Le magnétisme est le chapitre le plus tridimensionnel du cours : les forces sortent du plan des vitesses et des champs, et la règle de la main droite devient un outil de tous les instants. L'induction, elle, couronne le cours : c'est le principe de l'alternateur, du transformateur et de la recharge sans fil.

Le réflexe à garder tout du long : la force magnétique ne travaille jamais. Toujours perpendiculaire à la vitesse, elle courbe les trajectoires sans jamais changer la grandeur de la vitesse. Dès qu'un problème parle d'accélérer une particule, cherchez un champ électrique; dès qu'il parle de dévier ou de faire tourner, cherchez un champ magnétique.

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Ce chapitre fait partie de Électricité et magnétisme 203-SN2-RE (ancien 203-NYB)
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (4 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Charge, champ et potentiel électriques
  2. 2Le théorème de Gauss
  3. 3Le potentiel électrique et les condensateurs
  4. 4Circuits à courant continu

Rappel de cours

  • Force magnétique sur une charge : F=qvBsinθF=|q|vB\sin\theta, perpendiculaire à la fois à la vitesse et au champ. Règle de la main droite (charge positive) : doigts selon vv, on rabat vers BB, le pouce donne FF; pour une charge négative, inversez le sens.
  • La force magnétique ne travaille JAMAIS (FvF\perp v à chaque instant) : elle change la direction de la vitesse, jamais sa grandeur.
  • Charge en mouvement perpendiculaire à un champ uniforme : trajectoire circulaire de rayon r=mvqBr=\frac{mv}{|q|B} et de période T=2πmqBT=\frac{2\pi m}{|q|B}, indépendante de la vitesse (principe du cyclotron).
  • Force de Laplace sur un fil rectiligne : F=BILsinθF=BIL\sin\theta. Champ d'un long fil rectiligne : B=μ0I2πdB=\frac{\mu_{0}I}{2\pi d} avec μ0=4π×107\mu_{0}=4\pi\times 10^{-7} T·m/A. Deux fils parallèles s'attirent si leurs courants vont dans le même sens.
  • Flux magnétique : Φ=BAcosθ\Phi=BA\cos\theta (en webers). Loi de Faraday : ε=NΔΦΔt\varepsilon=N\frac{|\Delta\Phi|}{\Delta t}. Loi de Lenz : le courant induit s'oppose, par ses effets, à la variation de flux qui le crée.
  • Tige de longueur LL glissant à la vitesse vv perpendiculairement à BB : fem induite ε=BLv\varepsilon=BLv. Constantes : e=1,6×1019e=1{,}6\times 10^{-19} C, masse du proton 1,67×10271{,}67\times 10^{-27} kg, unité de masse atomique 11 u =1,66×1027=1{,}66\times 10^{-27} kg.
  • Boucle de courant : moment magnétique μ=NIA\mu=NIA, couple τ=μBsinθ\tau=\mu B\sin\theta et énergie d'orientation U=μBcosθU=-\mu B\cos\theta, avec θ\theta mesuré entre la NORMALE à la boucle et le champ. Le couple aligne le moment sur le champ, comme une boussole.
  • Vitesse oblique par rapport au champ : la composante parallèle est libre, la perpendiculaire tourne. La trajectoire est une hélice de rayon r=mvqBr=\frac{mv_{\perp}}{qB} et de pas p=vTp=v_{\parallel}T, avec toujours T=2πmqBT=\frac{2\pi m}{qB}.
  • Effet Hall : VH=vdBw=IBnqtV_{H}=v_{d}Bw=\frac{IB}{nqt}, où tt est l'épaisseur du ruban dans le sens du champ. Le SIGNE de VHV_{H} donne le signe des porteurs; les sondes du commerce sont en semi-conducteur, où nn est petit et le signal exploitable.
  • Alternateur : bobine tournant à ω\omega dans un champ uniforme, Φ=BAcosωt\Phi=BA\cos\omega t et ε=NBAωsinωt\varepsilon=NBA\omega\sin\omega t. Valeur efficace εeff=εmax2\varepsilon_{eff}=\frac{\varepsilon_{max}}{\sqrt{2}}, puissance moyenne εmax22R\frac{\varepsilon_{max}^{2}}{2R}.
  • Courants de Foucault : courants induits en boucle dans un conducteur massif soumis à un flux variable. Ils freinent (aimant dans un tube de cuivre, freins de train), chauffent (plaque à induction) et se combattent en feuilletant le métal (noyaux de transformateurs).

Partie A : La force magnétique (/50)

Exercice 1 : Force magnétique sur une charge en mouvement

Un proton se déplace vers l'est à 2,0×1062{,}0\times 10^{6} m/s dans une région où règne un champ magnétique horizontal de 0,50 T dirigé vers le nord.

  • a) Calculez la force magnétique sur le proton et donnez sa direction à l'aide de la règle de la main droite.
  • b) Comparez cette force au poids du proton. Conclusion ?
  • c) Quelle serait la direction de la force pour un électron ayant la même vitesse ? Et la grandeur ?
  • d) Calculez la force si la vitesse faisait un angle de 30° avec le champ. Pour quelle orientation la force est-elle nulle ? Expliquez enfin pourquoi cette force, si intense soit-elle, ne peut jamais augmenter la vitesse du proton.

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Réponses

  • a) F=qvB=1,6×1013F=qvB=1{,}6\times 10^{-13} N, verticale vers le haut
  • b) mg1,6×1026mg\approx 1{,}6\times 10^{-26} N : la force magnétique est 101310^{13} fois plus grande
  • c) Même grandeur, direction OPPOSÉE : vers le bas
  • d) F=qvBsin30°=8,0×1014F=qvB\sin 30°=8{,}0\times 10^{-14} N ; nulle si vB\vec{v}\parallel\vec{B}, et son travail est toujours nul

a) vv et BB sont perpendiculaires : F=qvB=(1,6×1019)(2,0×106)(0,50)=1,6×1013F=qvB=(1{,}6\times 10^{-19})(2{,}0\times 10^{6})(0{,}50)=1{,}6\times 10^{-13} N. Main droite : doigts vers l'est (vv), rabattus vers le nord (BB), le pouce pointe VERS LE HAUT : la force est verticale ascendante.

b) Poids : mg=(1,67×1027)(9,8)1,6×1026mg=(1{,}67\times 10^{-27})(9{,}8)\approx 1{,}6\times 10^{-26} N. Rapport : Fmg1013\frac{F}{mg}\approx 10^{13} : dix mille milliards de fois le poids. La gravité est totalement négligeable dans la dynamique des particules chargées, comme en électrostatique.

c) Même grandeur (q|q| identique, même vitesse, même champ), mais direction OPPOSÉE : la charge négative renverse le sens, la force sur l'électron pointe verticalement vers le bas.

d) F=qvBsin30=(1,6×1013)(0,5)=8,0×1014F=qvB\sin 30^{\circ}=(1{,}6\times 10^{-13})(0{,}5)=8{,}0\times 10^{-14} N. La force s'annule quand la vitesse est PARALLÈLE (ou antiparallèle) au champ : sin0=0\sin 0^{\circ}=0; une particule qui file le long des lignes de champ ne sent rien. Enfin, la force magnétique reste à chaque instant perpendiculaire à la vitesse : son travail W=Fdcos90W=Fd\cos 90^{\circ} est toujours nul, donc l'énergie cinétique, et avec elle la grandeur de la vitesse, ne peut pas changer. Le champ magnétique est un volant, pas un accélérateur.

Exercice 2 : Le mouvement circulaire d'une charge

Le même proton (2,0×1062{,}0\times 10^{6} m/s) entre maintenant dans une région où le champ de 0,50 T est perpendiculaire à sa vitesse.

  • a) Expliquez pourquoi la trajectoire est un cercle parcouru à vitesse constante.
  • b) Démontrez que le rayon vaut r=mvqBr=\frac{mv}{qB} à partir de la deuxième loi de Newton.
  • c) Calculez le rayon et la période du mouvement.
  • d) Montrez que la période ne dépend pas de la vitesse et expliquez pourquoi cette propriété est le cœur du cyclotron. Qu'est-ce qui changerait pour un électron de même vitesse ?

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Réponses

  • a) Force de grandeur constante, toujours perpendiculaire : c'est une force centripète
  • b) qvB=mv2rqvB=\dfrac{mv^{2}}{r} donne r=mvqBr=\dfrac{mv}{qB}
  • c) r4,2r\approx 4{,}2 cm et T1,3×107T\approx 1{,}3\times 10^{-7} s
  • d) T=2πmqBT=\dfrac{2\pi m}{qB} ne contient pas vv : c'est ce qui rend le cyclotron possible

a) La force qvBqvB, perpendiculaire à la vitesse, a une grandeur constante (vv et BB ne changent pas). Une force de grandeur constante toujours perpendiculaire à la vitesse est exactement une force centripète : elle courbe la trajectoire en cercle sans modifier la grandeur de la vitesse.

b) Newton avec l'accélération centripète : qvB=mv2rqvB=\frac{mv^{2}}{r}. En isolant : r=mvqBr=\frac{mv}{qB}. Plus la particule est rapide ou massive, plus le cercle est grand; plus le champ est fort, plus il est serré.

c) r=(1,67×1027)(2,0×106)(1,6×1019)(0,50)4,2×102r=\frac{(1{,}67\times 10^{-27})(2{,}0\times 10^{6})}{(1{,}6\times 10^{-19})(0{,}50)}\approx 4{,}2\times 10^{-2} m, soit environ 4,2 cm. Période : T=2πrv=2πmqB=2π(1,67×1027)(1,6×1019)(0,50)1,3×107T=\frac{2\pi r}{v}=\frac{2\pi m}{qB}=\frac{2\pi(1{,}67\times 10^{-27})}{(1{,}6\times 10^{-19})(0{,}50)}\approx 1{,}3\times 10^{-7} s.

d) Dans T=2πmqBT=\frac{2\pi m}{qB}, la vitesse s'est simplifiée : une particule rapide parcourt un grand cercle, une lente un petit, mais toutes deux bouclent leur tour dans le MÊME temps. Le cyclotron exploite cette synchronisation : une tension alternative de fréquence fixe peut accélérer la particule à chaque demi-tour, sans jamais se désynchroniser pendant que le rayon grandit. Pour un électron : masse 1836 fois plus petite, donc rayon 1836 fois plus petit (environ 23 μm) et période 1836 fois plus courte, avec une rotation en sens inverse (charge négative).

vF = qvBcentreB entrantF ⊥ v : la vitesse tourne sans changer de norme,donc le champ magnétique ne travaille jamais

Exercice 3 : Sélecteur de vitesse et spectromètre de masse

Dans un spectromètre de masse, des ions positifs de charge +e+e traversent d'abord un sélecteur de vitesse où règnent un champ électrique de 8,0×1048{,}0\times 10^{4} V/m et un champ magnétique de 0,40 T croisés (perpendiculaires entre eux et à la vitesse). Les ions non déviés entrent ensuite dans une région où seul règne un champ magnétique de 0,50 T, et y décrivent un demi-cercle de rayon 5,0 cm.

  • a) Expliquez le principe du sélecteur : quelle condition les forces doivent-elles vérifier, et quelle vitesse est sélectionnée ?
  • b) Un ion plus rapide que la vitesse sélectionnée est-il dévié du côté de la force électrique ou de la force magnétique ? Justifiez.
  • c) Calculez la masse de l'ion à partir du rayon mesuré, puis exprimez-la en unités de masse atomique. De quel élément s'agit-il vraisemblablement ?
  • d) Le même appareil analyse l'isotope de masse 14 u du même élément. Sans tout recalculer, donnez son rayon. Comment le spectromètre sépare-t-il les isotopes qu'aucune chimie ne distingue ?

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Réponses

  • a) qE=qvBqE=qvB donne v=E/B=2,0×105v=E/B=2{,}0\times 10^{5} m/s, indépendante de la charge
  • b) Du côté de la force magnétique, qui croît avec la vitesse
  • c) m=rqB2v=2,0×1026m=\dfrac{rqB_{2}}{v}=2{,}0\times 10^{-26} kg, soit 1212 u : du carbone 12
  • d) rmr\propto m donc r145,8r_{14}\approx 5{,}8 cm : le tri se fait par l'inertie

a) L'ion subit la force électrique qEqE et la force magnétique qvBqvB, montées en opposition. Il traverse sans dévier si elles se compensent : qE=qvBqE=qvB, d'où v=EB=8,0×1040,40=2,0×105v=\frac{E}{B}=\frac{8{,}0\times 10^{4}}{0{,}40}=2{,}0\times 10^{5} m/s. La charge s'est simplifiée : le sélecteur trie sur la vitesse seule, quelle que soit la masse ou la charge.

b) La force électrique qEqE ne dépend pas de la vitesse, mais la force magnétique qvBqvB croît avec elle : pour un ion trop rapide, le magnétisme l'emporte, l'ion est dévié du côté de la force MAGNÉTIQUE. Trop lent, c'est l'électrique qui gagne.

c) Dans la seconde région : r=mvqB2r=\frac{mv}{qB_{2}}, donc m=rqB2v=(0,050)(1,6×1019)(0,50)2,0×105=2,0×1026m=\frac{rqB_{2}}{v}=\frac{(0{,}050)(1{,}6\times 10^{-19})(0{,}50)}{2{,}0\times 10^{5}}=2{,}0\times 10^{-26} kg. En unités atomiques : 2,0×10261,66×102712\frac{2{,}0\times 10^{-26}}{1{,}66\times 10^{-27}}\approx 12 u : c'est très vraisemblablement du carbone 12 (ionisé une fois).

d) Le rayon est proportionnel à la masse (vv, qq et B2B_{2} inchangés) : r14=5,0×14125,8r_{14}=5{,}0\times\frac{14}{12}\approx 5{,}8 cm. Les deux isotopes, chimiquement identiques (mêmes électrons), frappent le détecteur à des positions distinctes, séparées de quelques millimètres : le spectromètre trie par l'INERTIE ce que la chimie ne peut pas trier. C'est le principe de la datation au carbone 14 et de l'analyse isotopique.

plaque +plaque -vE vers le basB entrant (×)seules les charges de vitesse v = E/B traversent en ligne droite,quels que soient leur charge et leur masse

Exercice 4 : La force de Laplace et les fils parallèles

Les questions a) et b) sont indépendantes; les questions c) et d) portent sur deux longs fils parallèles, distants de 10 cm, parcourus chacun par un courant de 20 A dans le même sens. On donne μ0=4π×107\mu_{0}=4\pi\times 10^{-7} T·m/A.

  • a) Un segment de fil de 1,5 m parcouru par un courant de 8,0 A est placé perpendiculairement à un champ de 0,20 T. Calculez la force de Laplace qu'il subit.
  • b) Calculez le champ magnétique créé par un long fil parcouru par 20 A, à 10 cm de distance. Comparez au champ terrestre (environ 5×1055\times 10^{-5} T).
  • c) Calculez la force par mètre de longueur entre les deux fils parallèles. S'attirent-ils ou se repoussent-ils ? Justifiez avec la règle de la main droite.
  • d) Montrez comment cette expérience a longtemps servi à DÉFINIR l'ampère, et expliquez ce qui change si l'on renverse l'un des deux courants.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) F=BIL=2,4F=BIL=2{,}4 N
  • b) B=μ0I2πd=4,0×105B=\dfrac{\mu_{0}I}{2\pi d}=4{,}0\times 10^{-5} T, comparable au champ terrestre
  • c) 8,0×1048{,}0\times 10^{-4} N/m : les courants de même sens s'attirent
  • d) 2×1072\times 10^{-7} N/m à un mètre définissait l'ampère ; courants opposés, répulsion

a) F=BIL=(0,20)(8,0)(1,5)=2,4F=BIL=(0{,}20)(8{,}0)(1{,}5)=2{,}4 N : une force très réelle, c'est elle qui fait tourner les moteurs électriques.

b) B=μ0I2πd=(4π×107)(20)2π(0,10)=4,0×105B=\frac{\mu_{0}I}{2\pi d}=\frac{(4\pi\times 10^{-7})(20)}{2\pi(0{,}10)}=4{,}0\times 10^{-5} T : comparable au champ terrestre. Un simple courant domestique intense crée, à distance de main, un champ du même ordre que celui de la planète entière : le magnétisme des courants est étonnamment accessible.

c) Le fil 1 crée en position du fil 2 le champ B1=4,0×105B_{1}=4{,}0\times 10^{-5} T (calculé en b). Force sur 1 m du fil 2 : FL=B1I2=(4,0×105)(20)=8,0×104\frac{F}{L}=B_{1}I_{2}=(4{,}0\times 10^{-5})(20)=8{,}0\times 10^{-4} N/m. Main droite : le champ de 1 encercle le fil; au niveau du fil 2, la force IL×BIL\times B pointe VERS le fil 1. Par symétrie (et troisième loi de Newton), le fil 1 est tiré vers le fil 2 : courants de même sens S'ATTIRENT.

d) La force ne dépend que des courants et de la géométrie : FL=μ0I1I22πd\frac{F}{L}=\frac{\mu_{0}I_{1}I_{2}}{2\pi d}. L'ancienne définition de l'ampère s'appuyait dessus : un ampère est le courant qui, dans deux fils parallèles distants d'un mètre, produit 2×1072\times 10^{-7} N par mètre : une définition purement mécanique, mesurable à la balance. Si l'on renverse un courant, la règle de la main droite renverse la force : les courants opposés SE REPOUSSENT, même grandeur, sens contraire.

I₁I₂elles s'attirentcourants de MEME sensF/L = μ₀ I₁ I₂ / (2π d) : meme sens, attraction ;sens opposes, repulsion. C'est la definition de l'ampere

Exercice 5 : Le couple sur une boucle : moment magnétique, moteur et galvanomètre

Une bobine rectangulaire de 50 spires mesure 8,0 cm sur 12,0 cm. Elle est parcourue par un courant de 2,0 A et plongée dans un champ magnétique uniforme de 0,30 T. On note θ\theta l'angle entre la NORMALE au plan de la bobine et le champ.

  • a) Calculez le moment magnétique de la bobine. Pour quelle orientation le couple est-il maximal, et pour laquelle est-il nul ?
  • b) Calculez le couple maximal, puis le couple pour θ=30°\theta=30°. Dans quel sens la bobine tourne-t-elle ?
  • c) L'énergie potentielle d'orientation vaut U=μBcosθU=-\mu B\cos\theta. Identifiez les positions d'équilibre stable et instable, puis calculez le travail nécessaire pour retourner la bobine de la première à la seconde.
  • d) Un moteur à courant continu est fait de cette bobine montée sur un axe. Expliquez pourquoi il s'arrêterait au bout d'un quart de tour sans un dispositif supplémentaire, et ce que fait le collecteur à balais.
  • e) Dans un galvanomètre, un ressort spiral exerce un couple de rappel proportionnel à l'angle de déviation, τr=kα\tau_{r}=k\alpha. Montrez que la déviation de l'aiguille est proportionnelle au courant, et expliquez pourquoi les pièces polaires sont usinées en arc de cercle autour de la bobine.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) μ=NIA=0,96\mu=NIA=0{,}96 A·m² ; couple maximal quand le plan contient le champ
  • b) τmax=0,288\tau_{max}=0{,}288 N·m, et 0,1440{,}144 N·m à 30°30°
  • c) Stable en θ=0\theta=0, instable en θ=180°\theta=180° ; W=2μB=0,576W=2\mu B=0{,}576 J
  • d) Le couple changerait de signe après l'alignement : le collecteur inverse le courant
  • e) α=NABkI\alpha=\dfrac{NAB}{k}I, à condition que le champ reste radial

a) Aire d'une spire : A=(0,080)(0,120)=9,6×103A=(0{,}080)(0{,}120)=9{,}6\times 10^{-3} m². Moment magnétique : μ=NIA=(50)(2,0)(9,6×103)=0,96\mu=NIA=(50)(2{,}0)(9{,}6\times 10^{-3})=0{,}96 A·m². Le couple τ=μBsinθ\tau=\mu B\sin\theta est maximal pour θ=90°\theta=90°, c'est-à-dire quand le plan de la bobine CONTIENT le champ (la normale lui est perpendiculaire), et nul pour θ=0°\theta=0° ou 180°180°, quand la normale est alignée avec le champ.

b) τmax=μB=(0,96)(0,30)=0,288\tau_{max}=\mu B=(0{,}96)(0{,}30)=0{,}288 N·m. À θ=30°\theta=30° : τ=(0,288)(0,500)=0,144\tau=(0{,}288)(0{,}500)=0{,}144 N·m. Le couple tend toujours à RÉDUIRE θ\theta, donc à aligner le moment magnétique sur le champ : la bobine pivote comme une aiguille de boussole qui cherche le nord.

c) U=μBcosθU=-\mu B\cos\theta est minimale en θ=0°\theta=0°, avec U=0,288U=-0{,}288 J : c'est l'équilibre STABLE, moment aligné sur le champ. Elle est maximale en θ=180°\theta=180°, avec U=+0,288U=+0{,}288 J : équilibre INSTABLE, moment antiparallèle. Travail pour retourner la bobine : W=ΔU=0,288(0,288)=0,576W=\Delta U=0{,}288-(-0{,}288)=0{,}576 J, soit 2μB2\mu B.

d) Le couple s'annule justement à l'alignement, et surtout il CHANGE DE SIGNE si la bobine dépasse cette position : au-delà, il la ramène en arrière. Livrée à elle-même, la bobine oscillerait autour de θ=0°\theta=0° puis s'immobiliserait, un quart de tour après le départ. Le collecteur à balais inverse le sens du courant à chaque demi-tour, exactement au passage par l'alignement : le moment magnétique se retourne, le couple reste dans le même sens de rotation, et le mouvement devient continu. Le moteur à courant continu est donc, avant tout, un interrupteur qui bascule au bon moment.

e) À l'équilibre de l'aiguille, le couple magnétique équilibre le rappel du ressort : NIABsinθ=kαNIAB\sin\theta=k\alpha. Si l'on s'arrange pour que sinθ=1\sin\theta=1 en permanence, il reste α=NABkI\alpha=\frac{NAB}{k}I : la déviation est strictement proportionnelle au courant, et le cadran peut être gradué linéairement. Or sinθ\sin\theta ne reste égal à 1 que si le champ demeure parallèle au plan de la bobine quelle que soit sa rotation : c'est précisément ce que produisent des pièces polaires creusées en arc de cercle, qui rendent le champ RADIAL dans l'entrefer. Sans elles, la graduation serait en sinθ\sin\theta et l'échelle se tasserait aux grandes déviations.

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : L'effet Hall : lire le signe des porteurs de charge

Un ruban de cuivre de 2,0 cm de largeur et de 0,10 mm d'épaisseur est parcouru par un courant de 10 A. Un champ magnétique de 1,2 T est appliqué perpendiculairement à la grande face du ruban. Le cuivre compte n=8,5×1028n=8{,}5\times 10^{28} porteurs par mètre cube. Les questions d) et e) portent sur un ruban semi-conducteur de mêmes dimensions, avec n=1,0×1022n=1{,}0\times 10^{22} porteurs par mètre cube.

  • a) Décrivez le mécanisme : pourquoi une tension apparaît-elle en travers du ruban, et pourquoi cesse-t-elle de croître ? Établissez VH=vdBwV_{H}=v_{d}Bw, puis VH=IBnqtV_{H}=\frac{IB}{nqt}.
  • b) Calculez la vitesse de dérive dans le cuivre, puis la tension de Hall. Commentez l'ordre de grandeur.
  • c) Les porteurs du cuivre sont des électrons, qui se déplacent en sens INVERSE du courant conventionnel. Montrez que le bord chargé négativement serait le même si les porteurs étaient positifs et se déplaçaient dans le sens du courant. Quelle information le SIGNE de VHV_{H} apporte-t-il, et pourquoi ce résultat a-t-il été historiquement décisif ?
  • d) Calculez la tension de Hall du ruban semi-conducteur parcouru par 10 mA, et comparez avec ce que donnerait le cuivre sous le même courant. Pourquoi les sondes de Hall du commerce sont-elles en semi-conducteur ?
  • e) On utilise cette sonde comme magnétomètre : sous 10 mA, elle indique 45 mV. Quel est le champ mesuré ? Expliquez enfin pourquoi la tension de Hall ne dépend ni de la LONGUEUR du ruban, ni de sa résistance.

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b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) qEH=qvdBqE_{H}=qv_{d}B donne VH=vdBw=IBnqtV_{H}=v_{d}Bw=\dfrac{IB}{nqt}
  • b) vd3,7×104v_{d}\approx 3{,}7\times 10^{-4} m/s et VH8,8V_{H}\approx 8{,}8 µV : minuscule
  • c) La polarité mesurée donne le SIGNE des porteurs, inaccessible par la résistance
  • d) 7575 mV contre 8,88{,}8 nV pour le cuivre : nn est au dénominateur
  • e) B=0,72B=0{,}72 T ; ni la longueur ni la résistance n'interviennent

a) Les porteurs qui composent le courant se déplacent à la vitesse de dérive vdv_{d}; le champ magnétique exerce sur eux une force qvdBqv_{d}B perpendiculaire à la fois au courant et au champ, donc dirigée en travers du ruban. Ils s'accumulent sur un bord, laissant l'autre bord de charge opposée. Cette séparation crée un champ électrique transversal EHE_{H} qui repousse les porteurs suivants : l'accumulation cesse quand les deux forces s'équilibrent, qEH=qvdBqE_{H}=qv_{d}B, soit EH=vdBE_{H}=v_{d}B. La tension entre les bords vaut alors VH=EHw=vdBwV_{H}=E_{H}w=v_{d}Bw. Comme I=nqvdA=nqvd(wt)I=nqv_{d}A=nqv_{d}(wt), on tire vd=Inqwtv_{d}=\frac{I}{nqwt} et donc VH=IBnqtV_{H}=\frac{IB}{nqt} : la largeur disparaît.

b) vd=Inqwt=10(8,5×1028)(1,6×1019)(0,020)(1,0×104)3,68×104v_{d}=\frac{I}{nq\,wt}=\frac{10}{(8{,}5\times 10^{28})(1{,}6\times 10^{-19})(0{,}020)(1{,}0\times 10^{-4})}\approx 3{,}68\times 10^{-4} m/s. Tension : VH=IBnqt=(10)(1,2)(8,5×1028)(1,6×1019)(1,0×104)8,8×106V_{H}=\frac{IB}{nqt}=\frac{(10)(1{,}2)}{(8{,}5\times 10^{28})(1{,}6\times 10^{-19})(1{,}0\times 10^{-4})}\approx 8{,}8\times 10^{-6} V, soit neuf microvolts pour dix ampères et plus d'un tesla. C'est minuscule, à la limite du bruit d'un montage ordinaire : dans un métal, la densité de porteurs est si énorme que chacun se déplace très lentement, et la tension de Hall avec lui.

c) Prenons le courant vers la droite et le champ sortant de la feuille. Des charges POSITIVES iraient vers la droite et seraient poussées, disons, vers le haut : le bord haut devient positif. Des ÉLECTRONS produisent le même courant en allant vers la gauche; la vitesse change de sens ET la charge change de signe, donc la force qv×Bq\vec{v}\times\vec{B} garde exactement la même direction : les électrons sont poussés vers le haut eux aussi. Mais cette fois le bord haut devient NÉGATIF. Les deux hypothèses donnent donc des tensions de Hall de SIGNES OPPOSÉS : la polarité mesurée révèle directement le signe des porteurs, ce qu'aucune mesure de résistance ne peut faire. Historiquement, c'est ainsi qu'on a confirmé que le courant des métaux usuels est porté par des charges négatives, et découvert que certains métaux, comme le zinc ou le béryllium, donnent un coefficient de Hall POSITIF : leurs porteurs se comportent comme des charges positives, les trous, ce que seule la physique quantique des bandes explique.

d) VH=(0,010)(1,2)(1,0×1022)(1,6×1019)(1,0×104)=0,0120,16=7,5×102V_{H}=\frac{(0{,}010)(1{,}2)}{(1{,}0\times 10^{22})(1{,}6\times 10^{-19})(1{,}0\times 10^{-4})}=\frac{0{,}012}{0{,}16}=7{,}5\times 10^{-2} V, soit 75 mV : un signal confortable, lisible sans amplificateur. Le cuivre, sous les mêmes 10 mA, donnerait 8,8×1098{,}8\times 10^{-9} V, huit millions de fois moins. Tout tient au nn au dénominateur : un semi-conducteur a des porteurs des millions de fois moins nombreux, donc bien plus rapides à courant égal, donc une tension de Hall exploitable. C'est pour cela que toutes les sondes de Hall, les capteurs de position des moteurs sans balais et les capteurs de vilebrequin sont en semi-conducteur.

e) B=VHnqtI=(0,045)(1,0×1022)(1,6×1019)(1,0×104)0,010=(0,045)(0,16)0,010=0,72B=\frac{V_{H}nqt}{I}=\frac{(0{,}045)(1{,}0\times 10^{22})(1{,}6\times 10^{-19})(1{,}0\times 10^{-4})}{0{,}010}=\frac{(0{,}045)(0{,}16)}{0{,}010}=0{,}72 T. Dans VH=IBnqtV_{H}=\frac{IB}{nqt}, ni la longueur ni la résistance n'apparaissent : la longueur ne fixe que la tension LONGITUDINALE qu'il faut appliquer pour obtenir le courant voulu, alors que la tension de Hall est transversale et n'est réglée que par l'équilibre entre force magnétique et force électrique. Tant qu'on impose le courant, la sonde donne le même VHV_{H} qu'elle soit courte ou longue, chaude ou froide : c'est ce qui en fait un instrument de mesure fiable.

IB entre dans la feuille+ + + + +− − − − −tension de Hallle SIGNE de la tension transverse dit si les porteurssont negatifs ou positifs : c'est l'experience de Hall

Exercice 7 : Trajectoire hélicoïdale, pièges magnétiques et cyclotron

Un proton de vitesse 4,0×1064{,}0\times 10^{6} m/s pénètre dans un champ magnétique uniforme de 0,20 T en faisant un angle de 30° avec les lignes de champ. Les questions d) et e) portent sur un cyclotron à protons dont les dees ont un rayon de 0,50 m et qui fonctionne sous un champ de 1,5 T.

  • a) Décomposez la vitesse parallèlement et perpendiculairement au champ, et expliquez pourquoi la trajectoire est une hélice et non un cercle.
  • b) Calculez le rayon de l'hélice, la période de révolution et le pas, c'est-à-dire l'avance le long du champ pendant un tour.
  • c) Le proton se dirige maintenant vers une région où le champ se resserre et devient plus intense. Expliquez qualitativement pourquoi il finit par être renvoyé en arrière, et reliez ce phénomène aux ceintures de Van Allen et aux aurores polaires.
  • d) Pour le cyclotron : calculez la fréquence de la tension accélératrice, la vitesse des protons à la sortie et leur énergie cinétique en mégaélectronvolts (1 MeV =1,6×1013=1{,}6\times 10^{-13} J).
  • e) Comparez cette vitesse à celle de la lumière. Pourquoi le cyclotron classique bute-t-il sur cette limite, comment le synchrocyclotron la contourne-t-il, et pourquoi n'accélère-t-on pratiquement jamais d'électrons dans un cyclotron ?

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Réponses

  • a) v3,46×106v_{\parallel}\approx 3{,}46\times 10^{6} et v=2,0×106v_{\perp}=2{,}0\times 10^{6} m/s : hélice
  • b) r0,104r\approx 0{,}104 m, T3,28×107T\approx 3{,}28\times 10^{-7} s, pas 1,14\approx 1{,}14 m
  • c) Miroir magnétique : ceintures de Van Allen et aurores polaires
  • d) f23f\approx 23 MHz, v7,19×107v\approx 7{,}19\times 10^{7} m/s, K27K\approx 27 MeV
  • e) v/c0,24v/c\approx 0{,}24 : la masse relativiste désynchronise le cyclotron classique

a) v=vcos30°=(4,0×106)(0,866)3,46×106v_{\parallel}=v\cos 30°=(4{,}0\times 10^{6})(0{,}866)\approx 3{,}46\times 10^{6} m/s et v=vsin30°=2,0×106v_{\perp}=v\sin 30°=2{,}0\times 10^{6} m/s. La force magnétique vaut qvBsinθqvB\sin\theta et n'agit que sur la composante PERPENDICULAIRE : la composante parallèle au champ ne produit aucune force et reste donc constante. Le mouvement est la superposition d'un cercle uniforme dans le plan perpendiculaire et d'une translation uniforme le long du champ : une hélice, comme un pas de vis.

b) r=mvqB=(1,67×1027)(2,0×106)(1,6×1019)(0,20)0,104r=\frac{mv_{\perp}}{qB}=\frac{(1{,}67\times 10^{-27})(2{,}0\times 10^{6})}{(1{,}6\times 10^{-19})(0{,}20)}\approx 0{,}104 m. Période : T=2πmqB=2π(1,67×1027)(1,6×1019)(0,20)3,28×107T=\frac{2\pi m}{qB}=\frac{2\pi(1{,}67\times 10^{-27})}{(1{,}6\times 10^{-19})(0{,}20)}\approx 3{,}28\times 10^{-7} s, indépendante de l'angle d'entrée comme de la vitesse. Pas de l'hélice : p=vT=(3,46×106)(3,28×107)1,14p=v_{\parallel}T=(3{,}46\times 10^{6})(3{,}28\times 10^{-7})\approx 1{,}14 m.

c) Là où les lignes de champ se resserrent, elles ne sont plus rigoureusement parallèles : elles convergent, et la force qv×Bq\vec{v}\times\vec{B} acquiert une composante dirigée VERS LA ZONE DE CHAMP FAIBLE, qui freine le mouvement le long de l'axe. Par ailleurs, la force magnétique ne travaillant pas, la vitesse totale est fixe : à mesure que le champ augmente, la partie perpendiculaire du mouvement s'intensifie et la partie parallèle s'épuise, jusqu'à s'annuler puis changer de signe. La particule rebondit : c'est le miroir magnétique. Le champ terrestre, plus intense près des pôles, forme précisément deux miroirs face à face : les particules du vent solaire capturées y font la navette d'un hémisphère à l'autre, ce sont les ceintures de Van Allen. Celles qui plongent assez bas pour heurter la haute atmosphère y excitent l'oxygène et l'azote, qui rayonnent : les aurores polaires.

d) Fréquence cyclotron : f=1T=qB2πm=(1,6×1019)(1,5)2π(1,67×1027)2,29×107f=\frac{1}{T}=\frac{qB}{2\pi m}=\frac{(1{,}6\times 10^{-19})(1{,}5)}{2\pi(1{,}67\times 10^{-27})}\approx 2{,}29\times 10^{7} Hz, soit environ 23 MHz. Vitesse de sortie, atteinte au rayon maximal : v=qBRm=(1,6×1019)(1,5)(0,50)1,67×10277,19×107v=\frac{qBR}{m}=\frac{(1{,}6\times 10^{-19})(1{,}5)(0{,}50)}{1{,}67\times 10^{-27}}\approx 7{,}19\times 10^{7} m/s. Énergie : K=12mv24,31×1012K=\frac{1}{2}mv^{2}\approx 4{,}31\times 10^{-12} J, soit 4,31×10121,6×101327\frac{4{,}31\times 10^{-12}}{1{,}6\times 10^{-13}}\approx 27 MeV.

e) vc=7,19×1073,0×1080,24\frac{v}{c}=\frac{7{,}19\times 10^{7}}{3{,}0\times 10^{8}}\approx 0{,}24 : le proton file déjà à près du quart de la vitesse de la lumière, et sa masse effective a augmenté de quelques pour cent. Or toute la magie du cyclotron repose sur une période T=2πmqBT=\frac{2\pi m}{qB} CONSTANTE, qui permet une tension accélératrice de fréquence fixe. Dès que la masse relativiste croît, la période s'allonge, la particule arrive en retard au passage suivant et finit par être freinée au lieu d'être accélérée : le cyclotron classique plafonne vers quelques dizaines de MeV pour les protons. Le synchrocyclotron abaisse progressivement la fréquence accélératrice au cours du cycle pour rester synchronisé, au prix d'un faisceau non plus continu mais pulsé. Quant aux électrons, leur masse est 1836 fois plus faible : ils deviennent relativistes dès quelques centaines de keV, c'est-à-dire pratiquement dès le départ, et l'on préfère pour eux le bêtatron ou l'accélérateur linéaire.

Exercice 8 : La tige sur rails : du muscle au courant

Deux rails conducteurs horizontaux, distants de L=0,40L=0{,}40 m, sont reliés par une résistance R=0,80R=0{,}80 Ω. Une tige conductrice, posée perpendiculairement aux rails, glisse sans frottement à la vitesse constante v=5,0v=5{,}0 m/s. Un champ magnétique uniforme B=0,50B=0{,}50 T traverse le circuit perpendiculairement à son plan. La résistance de la tige et des rails est négligeable.

  • a) Calculez la fem induite dans le circuit. D'où vient-elle physiquement ?
  • b) Calculez le courant induit et, à l'aide de la loi de Lenz, précisez l'effet de ce courant sur le mouvement de la tige.
  • c) Calculez la force qu'un opérateur doit exercer sur la tige pour maintenir sa vitesse constante.
  • d) Calculez la puissance mécanique fournie par l'opérateur et la puissance électrique dissipée dans la résistance. Concluez.
  • e) L'opérateur lâche la tige. Décrivez qualitativement le mouvement qui suit et le rôle de la loi de Lenz dans ce comportement.

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Réponses

  • a) ε=BLv=1,0\varepsilon=BLv=1{,}0 V, produite par la force qvBqvB sur les charges de la tige
  • b) I=1,25I=1{,}25 A, et le courant induit FREINE la tige
  • c) F=BIL=0,25F=BIL=0{,}25 N
  • d) 1,251{,}25 W des deux côtés : conversion mécanique-électrique sans perte
  • e) Décroissance exponentielle de la vitesse ; Lenz est la conservation de l'énergie

a) ε=BLv=(0,50)(0,40)(5,0)=1,0\varepsilon=BLv=(0{,}50)(0{,}40)(5{,}0)=1{,}0 V. Physiquement, chaque charge libre de la tige, entraînée à la vitesse vv dans le champ BB, subit une force magnétique qvBqvB le long de la tige : c'est cette force qui sépare les charges et joue le rôle de générateur. De façon équivalente, l'aire du circuit croît, donc le flux Φ=BA\Phi=BA croît, et Faraday donne ε=ΔΦΔt=BLv\varepsilon=\frac{\Delta\Phi}{\Delta t}=BLv.

b) I=εR=1,00,80=1,25I=\frac{\varepsilon}{R}=\frac{1{,}0}{0{,}80}=1{,}25 A. Loi de Lenz : le courant induit s'oppose à la CAUSE qui le crée, c'est-à-dire au mouvement de la tige. Le courant, traversant la tige dans le champ, produit une force de Laplace dirigée CONTRE la vitesse : un freinage magnétique.

c) Pour une vitesse constante, l'opérateur doit compenser exactement ce freinage : F=BIL=(0,50)(1,25)(0,40)=0,25F=BIL=(0{,}50)(1{,}25)(0{,}40)=0{,}25 N.

d) Mécanique : P=Fv=(0,25)(5,0)=1,25P=Fv=(0{,}25)(5{,}0)=1{,}25 W. Électrique : P=εI=(1,0)(1,25)=1,25P=\varepsilon I=(1{,}0)(1{,}25)=1{,}25 W (ou RI2=(0,80)(1,5625)=1,25RI^{2}=(0{,}80)(1{,}5625)=1{,}25 W). Égalité exacte : chaque joule fourni par le muscle ressort en chaleur dans la résistance. La tige sur rails est un alternateur réduit à l'essentiel : un convertisseur mécanique-électrique, sans perte ici puisque rien d'autre ne frotte.

e) Sans opérateur, la force de freinage BILBIL subsiste tant que la tige bouge : la tige décélère, la fem et le courant diminuent avec vv, donc le freinage faiblit aussi : la vitesse décroît exponentiellement, sans jamais s'inverser. La loi de Lenz garantit ce signe : si le courant induit POUSSAIT la tige au lieu de la freiner, elle accélérerait seule, créant de l'énergie de nulle part : la loi de Lenz est la conservation de l'énergie déguisée en règle de signe.

vI induitB entre dans la feuillele flux AUGMENTE, donc le courant induit s'y oppose,et la force de Laplace qui en resulte FREINE la tige

Exercice 9 : La bobine de Faraday : une charge qui ignore le chronomètre

Une bobine plate de 200 spires et d'aire 50 cm² est placée perpendiculairement à un champ magnétique que l'on fait croître régulièrement de 0 à 0,60 T en 0,30 s. La bobine est fermée sur un circuit de résistance totale 8,0 Ω.

  • a) Calculez la variation de flux magnétique à travers UNE spire.
  • b) Calculez la fem induite dans la bobine et le courant induit.
  • c) Calculez la charge totale qui a circulé, puis démontrez la formule générale Q=NΔΦRQ=\frac{N\Delta\Phi}{R}. Que remarquez-vous d'étonnant ?
  • d) Dans quel sens circule le courant induit (par rapport au champ croissant) ? Que se passerait-il si, au lieu de faire croître le champ, on faisait tourner la bobine d'un quart de tour dans un champ fixe ?

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  • a) ΔΦ=3,0×103\Delta\Phi=3{,}0\times 10^{-3} Wb par spire
  • b) ε=NΔΦΔt=2,0\varepsilon=N\dfrac{\Delta\Phi}{\Delta t}=2{,}0 V, I=0,25I=0{,}25 A
  • c) Q=NΔΦR=0,075Q=\dfrac{N\Delta\Phi}{R}=0{,}075 C : la durée se simplifie
  • d) Sens opposé à la croissance du flux ; une rotation donne la même physique, c'est l'alternateur

a) ΔΦ=ΔB×A=(0,60)(50×104)=3,0×103\Delta\Phi=\Delta B\times A=(0{,}60)(50\times 10^{-4})=3{,}0\times 10^{-3} Wb par spire.

b) Faraday, avec les 200 spires en série : ε=NΔΦΔt=200×3,0×1030,30=2,0\varepsilon=N\frac{\Delta\Phi}{\Delta t}=200\times\frac{3{,}0\times 10^{-3}}{0{,}30}=2{,}0 V. Courant : I=εR=2,08,0=0,25I=\frac{\varepsilon}{R}=\frac{2{,}0}{8{,}0}=0{,}25 A.

c) Q=IΔt=(0,25)(0,30)=0,075Q=I\,\Delta t=(0{,}25)(0{,}30)=0{,}075 C. En général : Q=IΔt=εRΔt=NΔΦRΔtΔt=NΔΦRQ=I\,\Delta t=\frac{\varepsilon}{R}\Delta t=\frac{N\Delta\Phi}{R\,\Delta t}\Delta t=\frac{N\Delta\Phi}{R} : la durée s'est simplifiée. Vérification : (200)(3,0×103)8,0=0,075\frac{(200)(3{,}0\times 10^{-3})}{8{,}0}=0{,}075 C. L'étonnant : que le champ monte en 0,3 s ou en 3 minutes, la MÊME charge circule; seul le courant (le débit) change. C'est le principe du fluxmètre balistique : mesurer une charge pour connaître une variation de flux, sans chronomètre.

d) Le flux croît vers l'avant de la bobine : par Lenz, le courant induit crée son propre champ OPPOSÉ à cette croissance, il circule donc dans le sens qui, vu depuis la source du champ, est le sens horaire (règle de la main droite inversée sur la normale). Tourner la bobine d'un quart de tour dans un champ fixe annule aussi le flux (cos90=0\cos 90^{\circ}=0) : même ΔΦ\Delta\Phi, même physique : une fem apparaît PENDANT la rotation. Répéter cette rotation en continu, c'est exactement un alternateur : toute l'électricité du réseau vient de bobines qu'on fait tourner dans des champs.

Exercice 10 : L'alternateur et les courants de Foucault

Une bobine plate de 100 spires et d'aire 200 cm² tourne à 3600 tours par minute autour d'un axe perpendiculaire à un champ magnétique uniforme de 0,25 T. Elle débite sur une résistance de 50 Ω. On note θ=ωt\theta=\omega t l'angle entre la normale à la bobine et le champ.

  • a) Écrivez le flux à travers la bobine en fonction du temps, puis établissez par la loi de Faraday que la fem est sinusoïdale. Calculez la vitesse angulaire, la fréquence et la fem maximale.
  • b) Calculez la valeur efficace de cette fem. Pourquoi affiche-t-on 120 V sur une prise murale alors que la tension y atteint réellement 170 V en pointe ?
  • c) Calculez le courant maximal, la puissance moyenne dissipée et le couple moyen que la turbine doit fournir pour maintenir la rotation.
  • d) On laisse tomber un petit aimant dans un tube de cuivre vertical : il descend lentement, en quelques secondes, alors que le même aimant tombe librement dans un tube de plastique identique. Expliquez par les lois de Faraday et de Lenz. Le cuivre n'étant pas magnétique, comment peut-il freiner un aimant ? Et pourquoi les noyaux de transformateurs sont-ils feuilletés ?
  • e) Un disque d'aluminium tournant entre les pôles d'un aimant ralentit rapidement. Pourquoi ce freinage disparaît-il presque si l'on pratique des fentes radiales dans le disque ? Pourquoi ce même effet, poussé volontairement, sert-il à faire chauffer une casserole sur une plaque à induction ?

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b)
c)
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Réponses

  • a) ε=NBAωsinωt\varepsilon=NBA\omega\sin\omega t, ω377\omega\approx 377 rad/s, εmax188\varepsilon_{max}\approx 188 V
  • b) εeff133\varepsilon_{eff}\approx 133 V ; une prise à 120120 V oscille entre ±170\pm 170 V
  • c) Imax3,77I_{max}\approx 3{,}77 A, P355P\approx 355 W, τ0,94\tau\approx 0{,}94 N·m
  • d) Courants de Foucault : le cuivre conduit, le plastique non ; d'où les tôles feuilletées
  • e) Les fentes coupent les boucles ; la plaque à induction les maximise au contraire

a) Φ=BAcosωt\Phi=BA\cos\omega t pour une spire, donc NΦ=NBAcosωtN\Phi=NBA\cos\omega t. Faraday : ε=d(NΦ)dt=NBAωsinωt\varepsilon=-\frac{d(N\Phi)}{dt}=NBA\omega\sin\omega t : la fem est sinusoïdale, maximale quand le flux est NUL (bobine dans le plan du champ, là où le flux varie le plus vite) et nulle quand le flux est maximal. Vitesse angulaire : ω=2π(3600)60377\omega=\frac{2\pi(3600)}{60}\approx 377 rad/s, soit f=60f=60 Hz, la fréquence du réseau nord-américain. Amplitude : εmax=NBAω=(100)(0,25)(0,0200)(377)1,88×102\varepsilon_{max}=NBA\omega=(100)(0{,}25)(0{,}0200)(377)\approx 1{,}88\times 10^{2} V.

b) εeff=εmax2=188,51,4141,33×102\varepsilon_{eff}=\frac{\varepsilon_{max}}{\sqrt{2}}=\frac{188{,}5}{1{,}414}\approx 1{,}33\times 10^{2} V. La valeur efficace est celle qui, en courant continu, dissiperait la MÊME puissance moyenne dans une résistance : c'est donc la seule qui permette de comparer alternatif et continu, et c'est elle qu'on affiche. Une prise à 120 V efficaces oscille bel et bien entre +170+170 V et 170-170 V, ce qui explique que l'isolation doive tenir la valeur de pointe, pas la valeur affichée.

c) Imax=εmaxR=188,5503,77I_{max}=\frac{\varepsilon_{max}}{R}=\frac{188{,}5}{50}\approx 3{,}77 A. Puissance moyenne : P=εeff2R=εmax22R=355311003,55×102P=\frac{\varepsilon_{eff}^{2}}{R}=\frac{\varepsilon_{max}^{2}}{2R}=\frac{35531}{100}\approx 3{,}55\times 10^{2} W (le facteur 2 vient de la moyenne de sin2\sin^{2}, qui vaut 12\frac{1}{2}). Couple moyen : la turbine fournit toute cette puissance mécaniquement, P=τωP=\tau\omega, donc τ=355,33770,94\tau=\frac{355{,}3}{377}\approx 0{,}94 N·m. Plus on tire de courant, plus la turbine force : c'est physiquement pour cela qu'une centrale consomme davantage de vapeur quand la demande augmente.

d) En descendant, l'aimant fait varier le flux à travers chaque tranche horizontale du tube. Faraday y induit des courants circulaires, les courants de Foucault, et Lenz impose leur sens : ils créent un champ qui s'oppose à la VARIATION, donc repoussent l'aimant par le bas et le retiennent par le haut. Il en résulte une force de freinage qui croît avec la vitesse, jusqu'à équilibrer le poids : l'aimant descend alors à vitesse limite, lentement. Le cuivre n'a nul besoin d'être magnétique : il lui suffit d'être un bon CONDUCTEUR pour que les courants induits y soient intenses; dans le plastique, isolant, aucun courant ne peut circuler et la chute est libre. Même mécanisme dans un transformateur : le noyau massif serait le siège de courants de Foucault qui le chaufferaient en pure perte. On le feuillette en tôles isolées les unes des autres, perpendiculairement au trajet de ces courants, ce qui les fragmente et réduit drastiquement les pertes.

e) Le freinage vient de BOUCLES de courant fermées dans le disque. Les fentes radiales coupent ces boucles : les courants ne peuvent plus faire le tour, leur intensité s'effondre, et avec elle la force de freinage. Le disque continue de tourner presque librement, ce qui prouve au passage que c'est bien la circulation du courant, et non l'aimantation du métal, qui freinait. À l'inverse, une plaque à induction cherche justement à maximiser ces courants : une bobine parcourue par un courant alternatif de quelques dizaines de kilohertz induit dans le fond ferromagnétique de la casserole des courants de Foucault très intenses, qui la chauffent par effet Joule. La chaleur naît DANS le récipient, pas sous lui : c'est le même phénomène, une fois considéré comme une perte, une fois exploité comme un chauffage.

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