Ondes et physique moderne 203-SN3-RE (ancien 203-NYC) • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal

Exercices corrigés : l'optique ondulatoire (203-SN3-RE, ancien 203-NYC)

Voici la série d'exercices corrigés du cours 203-SN3-RE (ancien 203-SN3-RE) sur l'optique ondulatoire. La partie A installe les deux phénomènes de base : l'interférence des fentes de Young, le réseau de diffraction et ses ordres, la diffraction par une fente unique avec sa règle contre-intuitive, les films minces de la couche antireflet à la bulle qui noircit avant d'éclater, et le coin d'air avec les anneaux de Newton, qui font d'une figure d'interférence une carte de niveau graduée tous les 300 nanomètres. La partie B monte au niveau examen : mesurer une longueur d'onde au réglet, comprendre pourquoi la diffraction efface certains ordres d'interférence, compter des franges dans un interféromètre de Michelson pour mesurer l'indice de l'air puis détecter une onde gravitationnelle, la loi de Malus avec le paradoxe des trois polariseurs, et l'angle de Brewster, des lunettes de soleil au ciel polarisé des abeilles.

Cette série s'adresse aux étudiants de cégep en Sciences de la nature comme aux élèves de Terminale du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas qui suivent le complément québécois de sciences physiques (spécialité physique-chimie). L'optique ondulatoire est le chapitre qui tranche un débat de deux siècles : la lumière interfère et se diffracte, donc la lumière est une onde, et chaque frange sombre est un endroit où de la lumière plus de la lumière donne l'obscurité.

Le réflexe à garder tout du long : tout se joue sur la différence de marche. Deux rayons qui arrivent avec un écart de chemin égal à un nombre entier de longueurs d'onde se renforcent; un écart d'un demi-nombre impair les éteint. Chaque dispositif du chapitre (fentes, réseau, film mince) n'est qu'une machine à fabriquer des différences de marche, et chaque formule s'y ramène.

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Ce chapitre fait partie de Ondes et physique moderne 203-SN3-RE (ancien 203-NYC)
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (17 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Relations métriques et trigonométrie du triangle rectangleSecondaire 4 SN4, Mathématiques
  2. 2La fonction racine carréeSecondaire 5 SN5, Mathématiques
  3. 3Les fonctions quadratiquesSecondaire 5 SN5, Mathématiques
  4. 4Les paramètres des fonctionsSecondaire 5 SN5, Mathématiques
  5. 5Le cercle trigonométriqueSecondaire 5 SN5, Mathématiques
  6. 6Les fonctions trigonométriquesSecondaire 5 SN5, Mathématiques
  7. 7Les caractéristiques des ondesSecondaire 5 SN5
  8. 8La réflexion et les miroirsSecondaire 5 SN5
  9. 9La réfraction de la lumièreSecondaire 5 SN5
  10. 10Les lentilles convergentesSecondaire 5 SN5
  11. 11Dynamique et les lois de NewtonSecondaire 5 SN5
  12. 12Transformation de l'énergieSecondaire 5 SN5
  13. 13Cinématique en une et deux dimensionsMécanique 203-SN1-RE (ancien 203-NYA)
  14. 14Dynamique : lois de Newton et frottementMécanique 203-SN1-RE (ancien 203-NYA)
  15. 15Travail, énergie et puissanceMécanique 203-SN1-RE (ancien 203-NYA)
  16. 16Optique géométrique et instruments
  17. 17MHS et ondes mécaniques

Rappel de cours

  • Interférence : constructive si la différence de marche vaut δ=mλ\delta=m\lambda, destructive si δ=(m+12)λ\delta=(m+\frac{1}{2})\lambda (mm entier).
  • Fentes de Young (séparation dd, écran à LL) : franges brillantes en ym=mλLdy_{m}=\frac{m\lambda L}{d}, interfrange i=λLdi=\frac{\lambda L}{d} (distance entre deux franges brillantes voisines). Dans un milieu d'indice nn, la longueur d'onde devient λn\frac{\lambda}{n} et l'interfrange rétrécit d'autant.
  • Réseau (NN traits/mm, pas d=1Nd=\frac{1}{N}) : maxima en dsinθm=mλd\sin\theta_{m}=m\lambda. Le nombre d'ordres visibles est limité par sinθ1\sin\theta\leq 1 : mmax=dλm_{max}=\lfloor\frac{d}{\lambda}\rfloor.
  • Diffraction par une fente de largeur aa : MINIMA en asinθ=mλa\sin\theta=m\lambda (m=1; 2;m=1;\ 2;\ldots). La tache centrale s'étend entre les deux premiers minima : plus la fente est ÉTROITE, plus la tache est LARGE.
  • Films minces : une réflexion sur un milieu PLUS réfringent ajoute un déphasage d'une demi-longueur d'onde; sur un milieu moins réfringent, aucun. Dans le film d'indice nn et d'épaisseur tt, la différence de marche optique vaut 2nt2nt, à combiner avec les déphasages des deux réflexions.
  • Polarisation : un polariseur ne transmet que la composante du champ parallèle à son axe. Lumière naturelle : la moitié passe. Lumière déjà polarisée à l'angle θ\theta de l'axe : loi de Malus, I=I0cos2θI=I_{0}\cos^{2}\theta.
  • Coin d'air et anneaux de Newton : avec UNE seule réflexion déphasante, l'obscurité correspond à 2t=mλ2t=m\lambda (donc contact NOIR). Franges régulières dans un coin, rayons en rm=mλRr_{m}=\sqrt{m\lambda R} pour les anneaux. Une frange vaut une variation d'épaisseur de λ2\frac{\lambda}{2}.
  • Fentes de largeur non nulle : la figure d'interférence est modulée par l'enveloppe de diffraction. Si da\frac{d}{a} est entier, les ordres multiples de cette valeur sont MANQUANTS. Pouvoir de résolution d'un réseau : R=λΔλ=mNR=\frac{\lambda}{\Delta\lambda}=mN, avec NN le nombre de traits ÉCLAIRÉS.
  • Interféromètre de Michelson : déplacer un miroir de Δd\Delta d fait défiler NN franges avec 2Δd=Nλ2\Delta d=N\lambda. Une cellule de gaz de longueur LL donne 2L(n1)=Nλ2L(n-1)=N\lambda.
  • Angle de Brewster : tanθB=n2n1\tan\theta_{B}=\frac{n_{2}}{n_{1}}; le rayon réfléchi y est totalement polarisé perpendiculairement au plan d'incidence, donc HORIZONTALEMENT sur une surface horizontale, d'où l'axe vertical des lunettes polarisées. Le ciel est polarisé au maximum à 90° du Soleil.

Partie A : Interférence et diffraction (/50)

Exercice 1 : Les fentes de Young

Une lumière monochromatique de 600 nm éclaire deux fentes distantes de 0,20 mm. L'écran est à 2,0 m des fentes.

  • a) Rappelez la condition sur la différence de marche pour une frange brillante, puis pour une frange sombre. Que représente physiquement une frange sombre ?
  • b) Calculez l'interfrange.
  • c) Calculez la position de la troisième frange brillante et celle de la deuxième frange sombre, de part et d'autre du centre.
  • d) On immerge tout le dispositif dans l'eau (n=1,33n=1{,}33). Que devient l'interfrange, et pourquoi ? La fréquence de la lumière a-t-elle changé ?

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Réponses

  • a) Brillante si δ=mλ\delta=m\lambda, sombre si δ=(m+12)λ\delta=(m+\frac{1}{2})\lambda
  • b) i=λLd=6,0i=\dfrac{\lambda L}{d}=6{,}0 mm
  • c) Troisième brillante à 1818 mm, deuxième sombre à 9,09{,}0 mm
  • d) i=i/n4,5i'=i/n\approx 4{,}5 mm ; la fréquence, elle, ne change jamais

a) Brillante : δ=mλ\delta=m\lambda (les deux ondes arrivent en phase, crête sur crête). Sombre : δ=(m+12)λ\delta=(m+\frac{1}{2})\lambda (opposition de phase, crête sur creux). Une frange sombre est un endroit où de la lumière PLUS de la lumière produit de l'obscurité : l'énergie n'est pas détruite, elle est redistribuée vers les franges brillantes; c'est la signature d'une onde, inexplicable avec des particules classiques.

b) i=λLd=(600×109)(2,0)0,20×103=6,0×103i=\frac{\lambda L}{d}=\frac{(600\times 10^{-9})(2{,}0)}{0{,}20\times 10^{-3}}=6{,}0\times 10^{-3} m, soit 6,0 mm : mesurable à la règle, alors que λ\lambda est submicronique : le dispositif est un amplificateur géométrique.

c) Franges brillantes en ym=miy_{m}=mi : la troisième est à y3=18y_{3}=18 mm. Franges sombres en y=(m+12)iy=(m+\frac{1}{2})i : la première (m=0m=0) à 3,0 mm, la deuxième (m=1m=1) à 1,5i=9,01{,}5\,i=9{,}0 mm.

d) Dans l'eau, la lumière ralentit : v=cnv=\frac{c}{n}, et comme la fréquence est fixée par la source (elle ne change JAMAIS en changeant de milieu), c'est la longueur d'onde qui rétrécit : λ=λn\lambda'=\frac{\lambda}{n}. L'interfrange suit : i=in=6,01,334,5i'=\frac{i}{n}=\frac{6{,}0}{1{,}33}\approx 4{,}5 mm. Les franges se resserrent d'un tiers, la figure entière se contracte, et la couleur perçue, qui dépend de la fréquence, reste la même.

-21-18-15-12-9-6-336912151821-0.50.511.5interfrange i = λL/d = 6,0 mmposition sur l'écran (mm)I

Exercice 2 : Le réseau de diffraction

Un réseau comporte 500 traits par millimètre. On l'éclaire en incidence normale avec un laser de 600 nm.

  • a) Calculez le pas du réseau.
  • b) Calculez les angles des maxima d'ordre 1 et d'ordre 2.
  • c) Combien d'ordres sont observables de chaque côté du faisceau direct ? Justifiez soigneusement.
  • d) Pourquoi les maxima d'un réseau sont-ils beaucoup plus fins et lumineux que les franges de deux fentes ? En quoi cela fait-il du réseau l'outil de la spectroscopie, et de quel côté (angle plus grand ou plus petit) le rouge sort-il par rapport au bleu ?

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Réponses

  • a) d=2,0d=2{,}0 µm, à peine trois longueurs d'onde
  • b) θ117,5°\theta_{1}\approx 17{,}5° et θ236,9°\theta_{2}\approx 36{,}9° : c'est le SINUS qui croît avec l'ordre
  • c) md/λ3,3m\leq d/\lambda\approx 3{,}3 : trois ordres de chaque côté, sept taches en tout
  • d) Des milliers de fentes affinent les raies ; le ROUGE sort plus loin que le bleu

a) d=1500d=\frac{1}{500} mm =2,0×106=2{,}0\times 10^{-6} m, soit 2,0 μm : à peine trois longueurs d'onde.

b) dsinθm=mλd\sin\theta_{m}=m\lambda. Ordre 1 : sinθ1=600×1092,0×106=0,30\sin\theta_{1}=\frac{600\times 10^{-9}}{2{,}0\times 10^{-6}}=0{,}30, donc θ117,5\theta_{1}\approx 17{,}5^{\circ}. Ordre 2 : sinθ2=0,60\sin\theta_{2}=0{,}60, donc θ236,9\theta_{2}\approx 36{,}9^{\circ}. Les angles ne sont PAS proportionnels à l'ordre : c'est le sinus qui l'est.

c) Il faut sinθm=mλd1\sin\theta_{m}=\frac{m\lambda}{d}\leq 1, soit mdλ=2,0×106600×1093,3m\leq\frac{d}{\lambda}=\frac{2{,}0\times 10^{-6}}{600\times 10^{-9}}\approx 3{,}3 : les ordres 1, 2 et 3 existent (sinθ3=0,90\sin\theta_{3}=0{,}90, θ364\theta_{3}\approx 64^{\circ}), l'ordre 4 exigerait sinθ=1,2\sin\theta=1{,}2 : impossible. Trois ordres de chaque côté, sept taches en tout avec le faisceau central.

d) Avec des milliers de fentes, la condition de phase doit être satisfaite par TOUTES à la fois : au moindre écart d'angle, les milliers d'ondes se brouillent mutuellement et l'intensité s'effondre : les maxima deviennent des aiguilles fines et brillantes. Des raies fines, c'est la capacité de séparer deux longueurs d'onde voisines : la spectroscopie. Et comme sinθ=mλd\sin\theta=\frac{m\lambda}{d} croît avec λ\lambda, le ROUGE sort plus loin que le bleu, l'inverse exact du prisme : un moyen infaillible de savoir lequel des deux instruments a dispersé la lumière.

Exercice 3 : La diffraction par une fente

Un laser de 500 nm traverse une fente unique de largeur 0,10 mm. L'écran est à 3,0 m.

  • a) Donnez la condition des MINIMA de diffraction et soulignez ce qui la distingue, malgré les apparences, de la condition des maxima de Young.
  • b) Calculez la largeur de la tache centrale sur l'écran.
  • c) On réduit la fente à 0,050 mm. Que devient la tache centrale ? Énoncez la règle générale et ce qu'elle a de contre-intuitif.
  • d) Pourquoi n'observe-t-on jamais la diffraction de la lumière en passant une porte, alors que le son la contourne sans peine ? Appuyez-vous sur un ordre de grandeur.

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  • a) asinθ=mλa\sin\theta=m\lambda donne les MINIMA : chaque rayon trouve son opposé
  • b) Premier minimum à 1515 mm, tache centrale de 3030 mm
  • c) 6060 mm : serrer l'ouverture ÉTALE la lumière
  • d) λ/a5×107\lambda/a\approx 5\times 10^{-7} pour la lumière contre 1\approx 1 pour le son

a) Minima en asinθ=mλa\sin\theta=m\lambda (m=1; 2;m=1;\ 2;\ldots). La formule RESSEMBLE à celle des maxima de Young, mais elle donne ici les zéros d'intensité : dans la fente unique, quand la marche entre les deux bords vaut λ\lambda, chaque rayon de la moitié haute trouve dans la moitié basse un partenaire en opposition de phase, et tout s'éteint. Même géométrie, physique opposée : réciter la formule sans son sens mène droit au contresens.

b) Premier minimum : sinθ=λa=500×1090,10×103=5,0×103\sin\theta=\frac{\lambda}{a}=\frac{500\times 10^{-9}}{0{,}10\times 10^{-3}}=5{,}0\times 10^{-3} (angle petit). Position : y=Ltanθ(3,0)(5,0×103)=15y=L\tan\theta\approx(3{,}0)(5{,}0\times 10^{-3})=15 mm. La tache centrale s'étend d'un minimum à l'autre : 3030 mm de largeur.

c) aa est au dénominateur : fente deux fois plus étroite, tache deux fois plus large, 60 mm. Règle générale : plus on serre l'ouverture, plus la lumière s'étale. C'est l'inverse de l'ombre géométrique (où rétrécir le trou rétrécit la tache) : en dessous d'une certaine taille, vouloir confiner une onde la fait diverger : il y a une limite fondamentale à la finesse d'un faisceau.

d) La diffraction n'est marquée que si l'ouverture est comparable à la longueur d'onde. Pour une porte de 1 m : la lumière (λ5×107\lambda\approx 5\times 10^{-7} m) donne λa5×107\frac{\lambda}{a}\approx 5\times 10^{-7} : un étalement de l'ordre du dix-millionième de radian, invisible : la lumière file droit et fait des ombres nettes. Le son (λ1\lambda\approx 1 m pour 343 Hz) a λa1\frac{\lambda}{a}\approx 1 : il s'évase largement derrière la porte. Voilà pourquoi on entend une conversation depuis le couloir sans voir les interlocuteurs.

-45-30-15153045-0.50.511.5tache centrale DEUX fois plus large que les autres1er minimum : 15 mmposition (mm)

Exercice 4 : Films minces : l'antireflet et la bulle noire

Des lunettes sont traitées avec une couche de fluorure de magnésium (n=1,38n=1{,}38) déposée sur le verre (n=1,50n=1{,}50). On vise une réflexion minimale au centre du spectre visible, à 550 nm.

  • a) Analysez les déphasages des deux réflexions (air-couche et couche-verre). Pourquoi ce cas est-il particulier ?
  • b) Établissez la condition d'interférence DESTRUCTIVE en réflexion et calculez l'épaisseur minimale de la couche.
  • c) Le traitement, calculé pour 550 nm, laisse les lunettes légèrement violacées en réflexion. Expliquez pourquoi.
  • d) Une bulle de savon devient NOIRE à son sommet juste avant d'éclater. Expliquez ce phénomène et ce qu'il révèle sur l'épaisseur du film à cet instant.

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Réponses

  • a) Les deux réflexions sont inversées : les déphasages se compensent
  • b) 2nt=(m+12)λ2nt=(m+\frac{1}{2})\lambda donne t=λ4n100t=\dfrac{\lambda}{4n}\approx 100 nm
  • c) L'accord n'est exact qu'à 550550 nm : rouge et bleu subsistent, d'où le pourpre
  • d) Une seule réflexion inversée et 2nt02nt\to 0 : extinction pour toutes les couleurs

a) Les deux réflexions se font chacune sur un milieu PLUS réfringent (air 1,00 vers couche 1,38, puis couche 1,38 vers verre 1,50) : chacune subit le déphasage d'une demi-longueur d'onde. Les deux inversions se compensent : il ne reste que la différence de marche 2nt2nt dans la couche. C'est le cas particulier recherché par les opticiens, précisément parce qu'il rend la condition simple : le choix ncouchen_{couche} entre nairn_{air} et nverren_{verre} n'est pas un hasard.

b) Sans déphasage net, la destruction exige 2nt=(m+12)λ2nt=(m+\frac{1}{2})\lambda. Épaisseur minimale (m=0m=0) : t=λ4n=5504(1,38)100t=\frac{\lambda}{4n}=\frac{550}{4(1{,}38)}\approx 100 nm : la fameuse couche "quart d'onde", cent millionièmes de millimètre déposés sur chaque verre de lunettes.

c) La condition n'est exacte QUE pour 550 nm (le vert-jaune, au sommet de la sensibilité de l'œil). Aux deux extrémités du spectre, rouge et bleu-violet, la destruction n'est que partielle : un peu de ces couleurs se réfléchit encore. Leur mélange donne le reflet pourpre-violacé caractéristique des optiques traitées : la teinte n'est pas un défaut, c'est la signature du traitement.

d) La bulle (film d'eau savonneuse dans l'air) n'a qu'UNE réflexion inversée : celle de la face externe (air vers eau); la face interne (eau vers air) réfléchit sans déphasage. Quand le film s'amincit et que tt tend vers zéro, la différence de marche 2nt2nt devient négligeable : il ne reste que la demi-longueur d'onde de l'inversion, et les deux réflexions s'annulent POUR TOUTES les longueurs d'onde à la fois : plus aucune réflexion, le film paraît noir sur fond sombre. La bulle noire est un film bien plus mince que la lumière elle-même (tλt\ll\lambda), à quelques dizaines de nanomètres de la rupture.

Exercice 5 : Le coin d'air et les anneaux de Newton

Deux lames de verre plates se touchent par une arête et sont écartées à l'autre bout par un fil de 0,050 mm de diamètre; elles mesurent 12,0 cm de long. On les éclaire par le dessus avec une lumière de 600 nm et on observe la lumière RÉFLÉCHIE. La question d) porte sur une lentille plan-convexe de rayon de courbure 2,00 m posée sur une lame plane, éclairée par la même lumière.

  • a) Analysez les deux réflexions et montrez que la condition d'obscurité s'écrit 2t=mλ2t=m\lambda, où tt est l'épaisseur locale de la lame d'air. Calculez ensuite l'espacement des franges sombres le long des lames et leur nombre total.
  • b) Que voit-on exactement à l'arête de contact, là où l'épaisseur est nulle ? Justifiez, et dites en quoi cette observation confirme l'analyse du a).
  • c) On remplit le coin d'eau (n=1,33n=1{,}33). Que deviennent l'espacement des franges et leur nombre ?
  • d) Pour la lentille posée sur la lame : montrez que le rayon du mm-ième anneau sombre vaut rm=mλRr_{m}=\sqrt{m\lambda R}, puis calculez le rayon du premier et du dixième anneau. Les anneaux sont-ils équidistants ?
  • e) Ces deux montages servent à CONTRÔLER des surfaces optiques en atelier. Expliquez comment, et quelle précision ils permettent d'atteindre.

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Réponses

  • a) 2t=mλ2t=m\lambda ; franges tous les 0,720{,}72 mm, environ 166166 au total
  • b) Une frange NOIRE : la preuve expérimentale du déphasage à la réflexion
  • c) 0,540{,}54 mm et environ 222222 franges
  • d) rm=mλRr_{m}=\sqrt{m\lambda R} : 1,101{,}10 mm puis 3,463{,}46 mm, donc resserrés
  • e) Une frange vaut λ/2=300\lambda/2=300 nm : on lit une carte de niveau à 3030 nm près

a) La première réflexion se produit sur la face inférieure de la lame supérieure, donc en passant du verre vers l'AIR, milieu moins réfringent : aucun déphasage. La seconde se produit au fond du coin, en passant de l'air vers le VERRE, milieu plus réfringent : déphasage d'une demi-longueur d'onde. Les deux rayons se retrouvent donc avec une demi-longueur d'onde d'écart en plus de la différence de marche géométrique 2t2t. L'obscurité, qui demande normalement un écart demi-entier, se produit donc quand 2t2t vaut un nombre ENTIER de longueurs d'onde : 2t=mλ2t=m\lambda. Comme l'épaisseur croît linéairement le long des lames, t=DLxt=\frac{D}{L}x, les franges sont des droites parallèles à l'arête, espacées de Δx=λL2D=(600×109)(0,120)2(5,0×105)7,2×104\Delta x=\frac{\lambda L}{2D}=\frac{(600\times 10^{-9})(0{,}120)}{2(5{,}0\times 10^{-5})}\approx 7{,}2\times 10^{-4} m, soit 0,72 mm. Nombre total : 2Dλ=1,0×1046,0×107167\frac{2D}{\lambda}=\frac{1{,}0\times 10^{-4}}{6{,}0\times 10^{-7}}\approx 167, donc 166 franges sombres complètes.

b) À l'arête, t=0t=0 et donc 2t=0=0×λ2t=0=0\times\lambda : c'est la frange sombre d'ordre zéro, la ligne de contact est NOIRE. Le résultat peut surprendre, puisque les deux surfaces s'y touchent et qu'aucun chemin supplémentaire n'est parcouru; c'est justement ce qui rend l'observation décisive. Si les deux réflexions se comportaient de la même façon, l'arête serait brillante. Elle est noire, donc l'une des deux réflexions, et une seule, retourne l'onde : la règle du déphasage sur un milieu plus réfringent est confirmée expérimentalement, sans aucun calcul. C'est exactement la même noirceur que celle du sommet d'une bulle de savon juste avant qu'elle n'éclate.

c) Dans un milieu d'indice nn, la longueur d'onde devient λn\frac{\lambda}{n} et la condition s'écrit 2nt=mλ2nt=m\lambda. L'espacement est donc divisé par nn : Δx=0,721,330,54\Delta x'=\frac{0{,}72}{1{,}33}\approx 0{,}54 mm, et le nombre de franges est multiplié par nn : environ 221. Les deux réflexions gardent d'ailleurs leur nature (verre vers eau : moins réfringent, pas de déphasage; eau vers verre : plus réfringent, déphasage), donc l'arête reste noire.

d) À la distance rr de l'axe, la lentille s'écarte de la lame de tt, et le théorème de Pythagore dans le triangle de rayon RR donne R2=r2+(Rt)2R^{2}=r^{2}+(R-t)^{2}, soit r2=2Rtt22Rtr^{2}=2Rt-t^{2}\approx 2Rt puisque tRt\ll R. En reportant dans 2t=mλ2t=m\lambda : t=mλ2t=\frac{m\lambda}{2} et rm=mλRr_{m}=\sqrt{m\lambda R}. Premier anneau : r1=(600×109)(2,00)1,10r_{1}=\sqrt{(600\times 10^{-9})(2{,}00)}\approx 1{,}10 mm. Dixième : r10=10r13,46r_{10}=\sqrt{10}\,r_{1}\approx 3{,}46 mm. Les anneaux ne sont donc PAS équidistants : leurs rayons croissent comme m\sqrt{m}, ils se resserrent en s'éloignant du centre, alors que les franges du coin d'air, elles, sont régulièrement espacées. La différence vient de la géométrie : l'épaisseur croît linéairement dans le coin, quadratiquement sous la lentille.

e) Une frange correspond à une variation d'épaisseur de λ2\frac{\lambda}{2}, soit 300 nm dans notre cas. Poser une surface à tester sur un étalon plan et regarder les franges revient donc à lire une CARTE DE NIVEAU de l'écart entre les deux, graduée tous les 300 nm. Une surface parfaitement plane donne des franges rigoureusement droites et parallèles; le moindre creux ou la moindre bosse les incurve, et l'opticien lit directement le défaut en fractions de frange. L'œil distingue sans peine un dixième de frange, ce qui donne une précision de l'ordre de 30 nanomètres, soit un vingtième de longueur d'onde : aucun instrument mécanique de mesure ne s'en approche, et c'est ainsi que sont contrôlés tous les miroirs et toutes les lentilles de précision, y compris ceux des télescopes.

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : Mesurer une longueur d'onde à la règle

En laboratoire, on monte des fentes de Young séparées de d=0,25d=0{,}25 mm, avec un écran à L=1,8L=1{,}8 m. Avec un premier laser, on mesure au réglet la distance couvrant DIX interfranges : 45 mm.

  • a) Pourquoi mesure-t-on dix interfranges plutôt qu'un seul ? Donnez l'interfrange obtenu.
  • b) Calculez la longueur d'onde du laser. Quelle est sa couleur ?
  • c) On remplace le laser par un laser bleu de 450 nm. Calculez le nouvel interfrange. Dans quel sens la figure a-t-elle changé ?
  • d) On éclaire enfin les fentes en lumière BLANCHE. Décrivez l'écran : que voit-on au centre, puis en s'éloignant ? Expliquez avec la dépendance de ii en λ\lambda.
  • e) Cette expérience historique (Young, 1801) a tranché le débat sur la nature de la lumière. Formulez en une phrase l'argument décisif qu'elle apporte.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) On divise l'incertitude par dix ; i=4,5i=4{,}5 mm
  • b) λ=idL=625\lambda=\dfrac{i\,d}{L}=625 nm, un rouge-orangé
  • c) i=3,24i=3{,}24 mm : le bleu resserre les franges
  • d) Centre blanc, puis franges irisées, puis brouillage uniforme
  • e) Deux faisceaux qui s'ajoutent peuvent donner de l'obscurité : c'est une onde

a) L'incertitude du réglet (environ un demi-millimètre) pèse dix fois moins si on la répartit sur dix intervalles : mesurer long pour connaître court est le premier réflexe expérimental. Interfrange : i=4510=4,5i=\frac{45}{10}=4{,}5 mm.

b) i=λLdi=\frac{\lambda L}{d} donne λ=idL=(4,5×103)(0,25×103)1,8=6,25×107\lambda=\frac{i\,d}{L}=\frac{(4{,}5\times 10^{-3})(0{,}25\times 10^{-3})}{1{,}8}=6{,}25\times 10^{-7} m =625=625 nm : un rouge-orangé. Une règle graduée au millimètre vient de mesurer une longueur inférieure au micromètre : toute la puissance du montage tient dans le levier Ld\frac{L}{d}, ici 7200.

c) i=(450×109)(1,8)0,25×103=3,24i=\frac{(450\times 10^{-9})(1{,}8)}{0{,}25\times 10^{-3}}=3{,}24 mm. L'interfrange est proportionnel à λ\lambda : le bleu, plus court, resserre les franges. La géométrie n'a pas bougé, seule la lumière a changé : la figure d'interférence est un portrait de la longueur d'onde.

d) La frange centrale est BLANCHE : en y=0y=0, la différence de marche est nulle pour toutes les couleurs à la fois, toutes y sont constructives. Dès qu'on s'écarte, chaque couleur a son propre interfrange (iλi\propto\lambda) : les franges bleues se serrent, les rouges s'espacent : les premières franges sont irisées, bleu vers l'intérieur, rouge vers l'extérieur. Plus loin, les systèmes de toutes les couleurs se chevauchent en désordre et l'écran redevient uniformément blanc : le brouillage remplace le contraste.

e) Deux faisceaux lumineux peuvent s'ADDITIONNER pour produire de l'obscurité, ce que des corpuscules qui s'accumulent ne peuvent jamais faire : seule une onde, capable d'opposition de phase, explique les franges sombres.

Exercice 7 : Quand la diffraction efface des franges : les ordres manquants

Les fentes de Young idéales sont infiniment étroites. Dans la réalité, chaque fente a une LARGEUR et diffracte : la figure d'interférence est alors modulée par l'enveloppe de diffraction d'une fente unique. On prend d=0,30d=0{,}30 mm entre les fentes, a=0,075a=0{,}075 mm de largeur pour chacune, λ=600\lambda=600 nm et un écran à 2,0 m. La question e) porte sur un réseau de 500 traits par millimètre dont on éclaire 3,0 cm de largeur.

  • a) Calculez l'interfrange, puis la demi-largeur de la tache centrale de diffraction sur l'écran.
  • b) Montrez que certains ordres d'interférence sont ABSENTS, identifiez lesquels, et énoncez la règle générale en fonction du rapport da\frac{d}{a}.
  • c) Combien de franges brillantes voit-on à l'intérieur de la tache centrale de diffraction ?
  • d) Que devient la figure si l'on rétrécit beaucoup les fentes ? Et si l'on élargit chaque fente jusqu'à ce que a=da=d ?
  • e) Le pouvoir de résolution d'un réseau vaut R=λΔλ=mNR=\frac{\lambda}{\Delta\lambda}=mN, où NN est le nombre de traits éclairés. Calculez-le à l'ordre 2 pour le réseau décrit, puis dites si le doublet du sodium (589,0 et 589,6 nm) est résolu.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) i=4,0i=4{,}0 mm et demi-tache de 1616 mm
  • b) d/a=4d/a=4 : les ordres 44, 88, 1212 sont ÉTEINTS
  • c) Sept franges brillantes, d'intensités inégales
  • d) Fentes étroites : on retrouve Young. a=da=d : une seule fente, tous les ordres manquants
  • e) R=mN=3,0×104R=mN=3{,}0\times 10^{4}, soit Δλ0,020\Delta\lambda\approx 0{,}020 nm : le doublet est largement résolu

a) Interfrange : i=λLd=(600×109)(2,0)3,0×104=4,0×103i=\frac{\lambda L}{d}=\frac{(600\times 10^{-9})(2{,}0)}{3{,}0\times 10^{-4}}=4{,}0\times 10^{-3} m, soit 4,0 mm. Premier minimum de diffraction : asinθ=λa\sin\theta=\lambda donne y=λLa=(600×109)(2,0)7,5×105=1,6×102y=\frac{\lambda L}{a}=\frac{(600\times 10^{-9})(2{,}0)}{7{,}5\times 10^{-5}}=1{,}6\times 10^{-2} m, soit 16 mm. La tache centrale s'étend donc de 16-16 mm à +16+16 mm.

b) Une frange brillante d'ordre mm se trouve en y=mλLdy=m\frac{\lambda L}{d}; un minimum de diffraction d'ordre pp se trouve en y=pλLay=p\frac{\lambda L}{a}. Ils coïncident quand md=pa\frac{m}{d}=\frac{p}{a}, soit m=pdam=p\frac{d}{a}. Ici da=0,300,075=4\frac{d}{a}=\frac{0{,}30}{0{,}075}=4 : les ordres m=4m=4, 88, 1212... tombent exactement sur des zéros de l'enveloppe et sont donc ÉTEINTS, quelle que soit l'intensité que l'interférence seule y prévoirait. Règle générale : si da\frac{d}{a} est un entier, tous ses multiples sont des ordres manquants. C'est le seul cas de tout le chapitre où deux phénomènes se contredisent, et c'est la diffraction qui tranche : elle ne peut pas donner de lumière là où elle n'en envoie aucune.

c) Dans la tache centrale, y<16|y|<16 mm, avec des franges tous les 4,0 mm : les ordres m=0m=0, ±1\pm 1, ±2\pm 2, ±3\pm 3 y tiennent, l'ordre ±4\pm 4 tombant précisément sur le bord et étant justement éteint. On compte donc SEPT franges brillantes dans la tache centrale, d'intensités inégales puisqu'elles suivent la décroissance de l'enveloppe.

d) Rétrécir les fentes élargit l'enveloppe, puisque sa largeur va comme 1a\frac{1}{a} : les ordres manquants s'éloignent, et à la limite d'une fente très étroite l'enveloppe couvre tout l'écran et l'on retrouve la figure de Young idéale, avec des franges d'intensité égale. À l'inverse, élargir les fentes resserre l'enveloppe et fait disparaître les ordres élevés. Le cas a=da=d est la limite extrême : les deux fentes se touchent et ne forment plus qu'une seule fente de largeur 2a2a; le rapport da=1\frac{d}{a}=1 annonce d'ailleurs que TOUS les ordres sauf le centre sont manquants, ce qui est exactement la figure de diffraction d'une fente unique. Les deux formules se raccordent, ce qui est plutôt rassurant.

e) Nombre de traits éclairés : N=(500 traits/mm)(30 mm)=1,5×104N=(500\text{ traits/mm})(30\text{ mm})=1{,}5\times 10^{4}. À l'ordre 2 : R=mN=3,0×104R=mN=3{,}0\times 10^{4}. La plus petite différence de longueur d'onde discernable vaut donc Δλ=λR=589,03,0×1040,020\Delta\lambda=\frac{\lambda}{R}=\frac{589{,}0}{3{,}0\times 10^{4}}\approx 0{,}020 nm. Le doublet du sodium est séparé de 0,6 nm, soit trente fois plus : il est très largement résolu, et l'on verrait même chaque raie comme un doublet bien détaché. Retenez ce que dit la formule R=mNR=mN : la finesse d'un spectroscope ne dépend pas de la qualité de son réseau mais du NOMBRE de traits effectivement éclairés, donc de la largeur du faisceau. Élargir le faisceau, ou monter en ordre, sont les deux seuls leviers.

Exercice 8 : L'interféromètre de Michelson : compter des franges pour mesurer

Dans un interféromètre de Michelson, une lame semi-réfléchissante sépare le faisceau en deux bras perpendiculaires, terminés chacun par un miroir; les deux faisceaux reviennent se superposer. Déplacer un miroir de Δd\Delta d allonge son bras de 2Δd2\Delta d, puisque la lumière fait l'aller-retour. La question c) porte sur une cellule de 5,00 cm placée dans un bras et vidée de son air, éclairée à 589 nm.

  • a) Établissez la relation entre le déplacement d'un miroir et le nombre NN de franges qui défilent. On observe 792 franges en lumière verte du mercure (546,1 nm) : de combien le miroir a-t-il été déplacé ?
  • b) Quel déplacement correspond à UNE seule frange ? En supposant qu'on sache lire un dixième de frange, quelle est la précision de l'instrument ? Comparez à un palmer de laboratoire, précis au micromètre.
  • c) On fait passer la cellule du vide à l'air, et l'on compte 46 franges. Calculez l'indice de réfraction de l'air.
  • d) Le détecteur d'ondes gravitationnelles LIGO est un Michelson à bras de 4,0 km, capable de mesurer une variation relative de longueur de 102110^{-21}. Calculez la variation de longueur correspondante et comparez-la au rayon d'un proton, environ 101510^{-15} m.
  • e) En 1887, Michelson et Morley cherchaient à mesurer la vitesse de la Terre par rapport à l'éther. Ils attendaient un déplacement de 0,4 frange en faisant tourner l'appareil et n'en ont mesuré aucun. Quelle conclusion s'imposait, et quelle théorie en est sortie ?

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a)
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c)
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e)
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Réponses

  • a) 2Δd=Nλ2\Delta d=N\lambda donne Δd0,216\Delta d\approx 0{,}216 mm
  • b) λ/2=273\lambda/2=273 nm par frange, soit 27\approx 27 nm au dixième de frange
  • c) 2L(n1)=Nλ2L(n-1)=N\lambda donne n1,00027n\approx 1{,}00027
  • d) ΔL=4,0×1018\Delta L=4{,}0\times 10^{-18} m, un millième du rayon d'un proton
  • e) Aucun éther détectable : la vitesse de la lumière est invariante

a) Déplacer le miroir de Δd\Delta d change la différence de marche de 2Δd2\Delta d, et chaque fois que celle-ci varie d'une longueur d'onde, la figure reprend son aspect initial : une frange a défilé. Donc 2Δd=Nλ2\Delta d=N\lambda, soit Δd=Nλ2\Delta d=\frac{N\lambda}{2}. Ici : Δd=(792)(546,1×109)22,16×104\Delta d=\frac{(792)(546{,}1\times 10^{-9})}{2}\approx 2{,}16\times 10^{-4} m, soit 0,216 mm. Remarquez ce que fait l'instrument : il convertit une longueur en un NOMBRE, qu'il suffit de compter.

b) Une frange correspond à λ2=273\frac{\lambda}{2}=273 nm, soit un peu plus d'un quart de micromètre. Au dixième de frange, la précision atteint environ 27 nm. Un palmer de laboratoire, lui, plafonne au micromètre : l'interféromètre est donc quarante fois plus fin, et surtout il ne touche pas l'objet mesuré. C'est ce qui a permis à Michelson de rattacher le mètre étalon en platine iridié à une longueur d'onde du cadmium, et c'est le principe qui régit encore aujourd'hui les machines-outils de précision.

c) Dans la cellule de longueur LL, la lumière fait l'aller-retour, donc parcourt 2L2L de gaz. Remplacer le vide par un gaz d'indice nn change le chemin OPTIQUE de 2L(n1)2L(n-1), d'où 2L(n1)=Nλ2L(n-1)=N\lambda et n1=Nλ2L=(46)(589×109)2(0,0500)2,71×104n-1=\frac{N\lambda}{2L}=\frac{(46)(589\times 10^{-9})}{2(0{,}0500)}\approx 2{,}71\times 10^{-4}, soit n1,00027n\approx 1{,}00027. La valeur admise pour l'air est 1,000293 : l'accord est excellent pour une mesure qui ne demande, encore une fois, que de compter des franges. Aucune autre méthode ne donne l'indice d'un gaz avec cette facilité, précisément parce que l'écart à 1 y est minuscule.

d) ΔL=(1021)(4,0×103)=4,0×1018\Delta L=(10^{-21})(4{,}0\times 10^{3})=4{,}0\times 10^{-18} m, soit environ un MILLIÈME du rayon d'un proton. Une frange entière correspondrait à quelques centaines de nanomètres : LIGO doit donc détecter de l'ordre de 101110^{-11} frange. Cela n'est possible qu'en accumulant les avantages : des cavités résonantes qui font faire au faisceau des centaines d'allers-retours et allongent le bras effectif à des centaines de kilomètres, une puissance laser énorme qui réduit le bruit statistique des photons, une suspension sismique à plusieurs étages, et deux détecteurs distants de 3000 km dont on n'accepte que les signaux coïncidents. La première détection, en 2015, portait sur la fusion de deux trous noirs à 1,3 milliard d'années-lumière.

e) Si la lumière se propageait dans un éther immobile, la Terre, filant à 30 km/s sur son orbite, aurait dû traverser un vent d'éther, et les deux bras perpendiculaires de l'interféromètre auraient dû être affectés différemment : faire tourner l'appareil de 90° aurait alors déplacé la figure. Le résultat fut rigoureusement nul, à un vingtième de frange près, et il l'est resté à chaque saison et à chaque répétition, toujours plus précise. La conclusion s'impose : il n'existe aucun mouvement détectable par rapport à un éther, autrement dit la vitesse de la lumière est la MÊME dans toutes les directions et pour tous les observateurs, quel que soit leur mouvement. C'est précisément le second postulat qu'Einstein a érigé en principe en 1905, et dont il a tiré la relativité restreinte, avec la dilatation du temps et la contraction des longueurs. L'expérience la plus célèbre de l'histoire de la physique est une expérience qui n'a rien trouvé.

Exercice 9 : La loi de Malus et le paradoxe des trois polariseurs

Une lumière naturelle (non polarisée) d'intensité I0I_{0} traverse une succession de polariseurs idéaux.

  • a) Quelle intensité sort du premier polariseur, et pourquoi exactement la moitié, quelle que soit l'orientation de son axe ?
  • b) Un second polariseur est placé à 30° du premier. Calculez l'intensité finale en fraction de I0I_{0}.
  • c) On croise les deux polariseurs à 90° : plus rien ne passe. On INSÈRE alors un troisième polariseur à 45° entre les deux. Calculez l'intensité transmise et expliquez ce résultat paradoxal : ajouter un filtre fait REVENIR la lumière.
  • d) Les lunettes de soleil polarisées coupent efficacement les reflets sur l'eau et la route. Sur quelle propriété de la lumière réfléchie s'appuient-elles, et comment leur axe est-il orienté ?

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Réponses

  • a) I0/2I_{0}/2, car la moyenne de cos2\cos^{2} vaut 12\frac{1}{2}
  • b) I=I02cos230°=0,375I0I=\dfrac{I_{0}}{2}\cos^{2}30°=0{,}375\,I_{0}
  • c) I0/8I_{0}/8 : un polariseur PROJETTE, il ne fait pas que filtrer
  • d) Reflet horizontal, donc axe VERTICAL

a) I02\frac{I_{0}}{2}. La lumière naturelle contient toutes les directions de polarisation à parts égales : en moyennant la loi de Malus sur tous les angles, cos2θ=12\langle\cos^{2}\theta\rangle=\frac{1}{2}. L'orientation de l'axe ne change rien à cette moyenne : c'est le propre du désordre parfait.

b) Après le premier polariseur, la lumière est polarisée le long de son axe, avec I02\frac{I_{0}}{2}. Malus au second : I=I02cos230=I02×34=0,375I0I=\frac{I_{0}}{2}\cos^{2}30^{\circ}=\frac{I_{0}}{2}\times\frac{3}{4}=0{,}375\,I_{0}.

c) Sans le polariseur du milieu : cos290=0\cos^{2}90^{\circ}=0, noir complet. Avec lui : le premier donne I02\frac{I_{0}}{2} polarisé à 0°; le filtre à 45° en transmet cos245=12\cos^{2}45^{\circ}=\frac{1}{2}, ET REPOLARISE la lumière à 45°; le dernier, à 45° de cette nouvelle direction, en transmet encore 12\frac{1}{2}. Bilan : I02×12×12=I08\frac{I_{0}}{2}\times\frac{1}{2}\times\frac{1}{2}=\frac{I_{0}}{8}. Le paradoxe se dissout dès qu'on admet qu'un polariseur ne fait pas que filtrer : il PROJETTE. La polarisation à 45° possède une composante sur 90°, que la lumière initiale, polarisée à 0°, n'avait pas. Mesurer, ici, transforme l'état : cette idée reviendra telle quelle en physique quantique.

d) La lumière réfléchie par une surface horizontale (eau, chaussée) est partiellement polarisée HORIZONTALEMENT, c'est-à-dire parallèlement à la surface (totalement, à l'angle de Brewster). Les lunettes placent donc leur axe de transmission VERTICAL : les reflets horizontaux sont presque éteints par la loi de Malus, pendant que le reste de la scène, non polarisé, ne perd que sa moitié réglementaire. C'est pourquoi le pêcheur voit soudain SOUS la surface de l'eau : le reflet du ciel, qui masquait tout, a été filtré.

153045607590-0.2-0.10.10.20.30.40.50.60.7I / I₀ après DEUX polariseurs45° : un quart90° : extinctionangle entre les axes (°)

Exercice 10 : Brewster, ciel bleu et biréfringence

Un polariseur n'est pas la seule façon de polariser la lumière : la réflexion, la diffusion et certains cristaux le font aussi. On prend nverre=1,50n_{verre}=1{,}50 et neau=1,33n_{eau}=1{,}33.

  • a) À l'angle de Brewster, le rayon réfléchi est TOTALEMENT polarisé. Démontrez que cet angle vérifie tanθB=n2n1\tan\theta_{B}=\frac{n_{2}}{n_{1}} en partant du fait qu'à cet angle les rayons réfléchi et réfracté sont perpendiculaires, puis calculez-le pour l'air-verre.
  • b) Calculez l'angle de Brewster pour l'air-eau. Dans quelle direction le champ électrique de la lumière réfléchie oscille-t-il si la surface est horizontale ?
  • c) Déduisez-en l'orientation de l'axe des lunettes de soleil polarisées et l'intensité de reflet qu'elles transmettent dans le cas idéal. Pourquoi ces lunettes sont-elles bien plus efficaces sur un lac que sur un mur vertical ?
  • d) La lumière du ciel est partiellement polarisée. Expliquez le mécanisme et dites dans quelle direction du ciel la polarisation est maximale par rapport au Soleil. Citez un animal et une application photographique qui l'exploitent.
  • e) Un morceau de plastique transparent placé entre deux polariseurs croisés fait apparaître des figures colorées là où il est contraint. Expliquez le phénomène et son usage industriel. Quel autre dispositif d'usage quotidien repose sur une rotation contrôlée de la polarisation ?

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Réponses

  • a) tanθB=n2/n1\tan\theta_{B}=n_{2}/n_{1}, soit 56,3°\approx 56{,}3° pour l'air-verre
  • b) 53,1°\approx 53{,}1° pour l'air-eau ; champ réfléchi HORIZONTAL
  • c) Axe vertical, reflet éteint ; inefficace sur une vitrine verticale
  • d) Diffusion Rayleigh : polarisation maximale à 90°90° du Soleil. L'abeille s'en sert
  • e) Biréfringence sous contrainte : photoélasticimétrie, et l'écran à cristaux liquides

a) Notons θB\theta_{B} l'angle d'incidence et θr\theta_{r} l'angle de réfraction. Le rayon réfléchi part à θB\theta_{B} de l'autre côté de la normale; s'il est perpendiculaire au rayon réfracté, alors θB+θr=90°\theta_{B}+\theta_{r}=90°, donc θr=90°θB\theta_{r}=90°-\theta_{B}. La loi de Snell donne n1sinθB=n2sin(90°θB)=n2cosθBn_{1}\sin\theta_{B}=n_{2}\sin(90°-\theta_{B})=n_{2}\cos\theta_{B}, d'où tanθB=n2n1\tan\theta_{B}=\frac{n_{2}}{n_{1}}. Pour l'air-verre : θB=arctan(1,50)56,3°\theta_{B}=\arctan(1{,}50)\approx 56{,}3°. La raison physique de la polarisation totale est que les électrons de la surface, mis en oscillation dans la direction du champ réfracté, ne peuvent PAS rayonner le long de leur propre axe d'oscillation : la composante qui aurait dû partir dans la direction réfléchie est justement celle-là, et elle manque.

b) θB=arctan(1,33)53,1°\theta_{B}=\arctan(1{,}33)\approx 53{,}1°. La composante qui survit à la réflexion est celle qui est perpendiculaire au plan d'incidence, c'est-à-dire, pour une surface HORIZONTALE comme un lac ou une chaussée, une oscillation HORIZONTALE du champ électrique. Le reflet éblouissant d'un plan d'eau est donc polarisé horizontalement, et il l'est d'autant plus complètement que l'on regarde près de 53° de la verticale, ce qui correspond au coup d'œil naturel vers un lac à quelques dizaines de mètres.

c) L'axe du polariseur doit être VERTICAL, pour arrêter précisément la composante horizontale du reflet. Dans le cas idéal d'un reflet totalement polarisé horizontalement et d'un polariseur parfait, la loi de Malus donne I=I0cos2(90°)=0I=I_{0}\cos^{2}(90°)=0 : le reflet disparaît entièrement, tandis que la lumière naturelle du paysage, non polarisée, conserve la moitié de son intensité. C'est ce contraste, et non un simple assombrissement, qui rend la scène lisible. Sur une surface VERTICALE comme une vitrine, le plan d'incidence est horizontal et le reflet se retrouve polarisé VERTICALEMENT, c'est-à-dire selon l'axe des lunettes : celles-ci le laissent alors passer intégralement et n'apportent aucun bénéfice. L'orientation verticale de l'axe est un choix délibéré, optimisé pour les surfaces horizontales, qui sont les plus gênantes en pratique.

d) La lumière du Soleil met en oscillation les électrons des molécules de l'air, qui rayonnent à leur tour : c'est la diffusion Rayleigh, d'autant plus efficace que la longueur d'onde est courte, d'où le bleu du ciel. Or un électron ne rayonne rien le long de son axe d'oscillation : en regardant à 90° du Soleil, on ne reçoit donc que la composante perpendiculaire à la direction Soleil-observateur, et la lumière du ciel y est fortement polarisée, jusqu'à 70 ou 80 %. Les abeilles perçoivent cette polarisation et s'en servent comme d'une boussole pour retrouver la direction du Soleil même à travers une trouée de nuages, et les navigateurs vikings employaient peut-être un cristal biréfringent dans le même but. En photographie, un filtre polarisant tourné correctement assombrit spectaculairement le ciel, mais seulement dans la bande située à 90° du Soleil : un ciel photographié face au Soleil ou dos à lui ne réagit pas au filtre, ce qui déroute souvent les débutants.

e) Un plastique soumis à des contraintes devient BIRÉFRINGENT : son indice diffère selon la direction d'oscillation du champ, d'autant plus que la contrainte est forte. Les deux composantes de la lumière polarisée le traversent alors à des vitesses différentes, ressortent déphasées, et leur recombinaison donne une polarisation tournée d'un angle qui dépend de la longueur d'onde. Le second polariseur, croisé, transmet donc certaines couleurs et en bloque d'autres : apparaissent des franges colorées qui dessinent la carte des contraintes. C'est la photoélasticimétrie, longtemps la seule façon de visualiser les concentrations de contrainte dans une pièce mécanique, autour d'un trou ou d'un angle vif, avant les simulations numériques; on la pratique encore sur maquettes en plastique. Le dispositif quotidien fondé sur le même principe est l'écran à cristaux liquides : chaque pixel est une cellule placée entre deux polariseurs croisés, et une tension y oriente les molécules, donc la rotation qu'elles imposent à la polarisation. Sans tension, la lumière est tournée de 90° et passe; avec tension, elle ne l'est plus et le pixel devient noir. Tout l'affichage repose sur la loi de Malus.

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