Ondes et physique moderne 203-SN3-RE (ancien 203-NYC) • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal

Exercices corrigés : le son et les ondes stationnaires (203-SN3-RE, ancien 203-NYC)

Voici la série d'exercices corrigés du cours 203-SN3-RE (ancien 203-SN3-RE) sur le son et les ondes stationnaires. La partie A installe la propagation : la vitesse du son avec l'écho, l'orage et l'effet de la température, l'onde sonore décrite à la fois par le déplacement et par la pression, où l'on découvre qu'au seuil de l'audition l'air ne bouge que d'un dixième de diamètre atomique, l'échelle des décibels, l'effet Doppler d'une ambulance et les harmoniques d'une corde de guitare. La partie B monte au niveau examen : la superposition de deux ondes progressives qui fabrique les nœuds et les ventres, les tuyaux sonores ouverts contre fermés, les points de silence entre deux haut-parleurs en phase, les battements de l'accordeur, et enfin le mur du son, son cône de Mach et le bang qu'on entend une demi-minute après le passage de l'avion.

Cette série s'adresse aux étudiants de cégep en Sciences de la nature comme aux élèves de Terminale du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas qui suivent le complément québécois de sciences physiques (spécialité physique-chimie). Le son donne au chapitre des ondes son terrain le plus concret : chaque résultat s'entend, de la sirène qui chute au passage de l'ambulance jusqu'aux battements qui ralentissent quand la guitare s'accorde.

Le réflexe à garder tout du long : une onde stationnaire n'existe que si la géométrie l'autorise. Les extrémités imposent leurs conditions (nœud sur une extrémité fixe ou un tuyau fermé, ventre sur un tuyau ouvert), et seules les longueurs d'onde qui respectent ces conditions survivent : c'est de là, et de nulle part ailleurs, que sortent toutes les formules d'harmoniques.

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Ce chapitre fait partie de Ondes et physique moderne 203-SN3-RE (ancien 203-NYC)
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (12 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Relations métriques et trigonométrie du triangle rectangleSecondaire 4 SN4, Mathématiques
  2. 2La fonction racine carréeSecondaire 5 SN5, Mathématiques
  3. 3Les fonctions quadratiquesSecondaire 5 SN5, Mathématiques
  4. 4Les paramètres des fonctionsSecondaire 5 SN5, Mathématiques
  5. 5Le cercle trigonométriqueSecondaire 5 SN5, Mathématiques
  6. 6Les fonctions trigonométriquesSecondaire 5 SN5, Mathématiques
  7. 7Dynamique et les lois de NewtonSecondaire 5 SN5
  8. 8Transformation de l'énergieSecondaire 5 SN5
  9. 9Cinématique en une et deux dimensionsMécanique 203-SN1-RE (ancien 203-NYA)
  10. 10Dynamique : lois de Newton et frottementMécanique 203-SN1-RE (ancien 203-NYA)
  11. 11Travail, énergie et puissanceMécanique 203-SN1-RE (ancien 203-NYA)
  12. 12MHS et ondes mécaniques

Rappel de cours

  • Vitesse du son dans l'air : environ 343 m/s à 20 °C; elle croît avec la température, v331+0,6Tv\approx 331+0{,}6\,T (en m/s, TT en °C). Toujours λ=vf\lambda=\frac{v}{f}.
  • Intensité d'une source ponctuelle : I=P4πr2I=\frac{P}{4\pi r^{2}} (en W/m²), décroissance en 1r2\frac{1}{r^{2}}. Niveau sonore : β=10logII0\beta=10\log\frac{I}{I_{0}} avec I0=1012I_{0}=10^{-12} W/m². Règles utiles : doubler l'intensité ajoute 3 dB; doubler la distance retire 6 dB.
  • Effet Doppler (source mobile, observateur fixe) : f=fvvvsf'=f\,\frac{v}{v\mp v_{s}} (moins à l'approche : fréquence plus haute). Observateur mobile, source fixe : f=fv±vovf'=f\,\frac{v\pm v_{o}}{v}. Les deux cas ne sont PAS symétriques : le milieu (l'air) sert de référence.
  • Corde fixée aux deux extrémités : nœuds aux deux bouts, L=nλn2L=n\frac{\lambda_{n}}{2}, donc fn=nv2Lf_{n}=n\frac{v}{2L} : tous les harmoniques (n=1; 2; 3n=1;\ 2;\ 3\ldots).
  • Tuyau ouvert aux deux bouts : ventres aux deux bouts, fn=nv2Lf_{n}=n\frac{v}{2L}, tous les harmoniques. Tuyau fermé à UN bout : nœud au bout fermé, ventre au bout ouvert, fn=nv4Lf_{n}=n\frac{v}{4L} avec nn IMPAIR seulement : il sonne une octave plus bas que le tuyau ouvert de même longueur.
  • Battements : deux sons de fréquences voisines f1f_{1} et f2f_{2} produisent une intensité qui pulse à fbatt=f1f2f_{batt}=|f_{1}-f_{2}|, autour de la hauteur moyenne.
  • Onde sonore : ΔPmax=ρvωsmax\Delta P_{max}=\rho v\omega s_{max} et I=ΔPmax22ρvI=\frac{\Delta P_{max}^{2}}{2\rho v}. Déplacement et pression sont en QUADRATURE : un nœud de déplacement est un ventre de pression. Impédance acoustique Z=ρvZ=\rho v; une forte différence d'impédance réfléchit presque tout (air-eau : 0,1 % transmis).
  • Onde stationnaire : Asin(kxωt)+Asin(kx+ωt)=2Asin(kx)cos(ωt)A\sin(kx-\omega t)+A\sin(kx+\omega t)=2A\sin(kx)\cos(\omega t). L'espace et le temps sont SÉPARÉS, rien n'avance. Nœuds tous les λ2\frac{\lambda}{2} (pas λ\lambda), ventres à mi-chemin. Réflexion INVERSÉE sur un bout fixe, non inversée sur un bout libre. Une onde stationnaire ne transporte aucune énergie nette.
  • Interférence de deux sources en phase : constructive si la différence de marche vaut nλn\lambda, destructive si elle vaut (n+12)λ\left(n+\frac{1}{2}\right)\lambda; en champ lointain, Δ=dsinθ\Delta=d\sin\theta. Le nombre de zones dépend du rapport dλ\frac{d}{\lambda} : aux basses fréquences, il n'y en a plus.
  • Régime supersonique : M=vavionvsonM=\frac{v_{avion}}{v_{son}} et le cône de choc vérifie sinθ=1M\sin\theta=\frac{1}{M}. Le bang n'est pas un événement unique au franchissement de Mach 1 : c'est un cône qui accompagne l'avion et balaie le sol en continu.

Partie A : Le son et sa propagation (/50)

Exercice 1 : La vitesse du son : écho, orage et température

Sauf mention contraire, l'air est à 20 °C et le son s'y propage à 343 m/s.

  • a) Calculez la longueur d'onde du la de référence (440 Hz), puis celle d'un son de 20 kHz, la limite aiguë de l'audition. Commentez l'étendue obtenue.
  • b) Une randonneuse frappe deux pierres face à une falaise et entend l'écho 1,2 s plus tard. À quelle distance se trouve la falaise ?
  • c) Le tonnerre parvient 3,0 s après l'éclair. À quelle distance l'orage se trouve-t-il ? Justifiez qu'on néglige le temps de trajet de la lumière (c=3,0×108c=3{,}0\times 10^{8} m/s).
  • d) Avec v331+0,6Tv\approx 331+0{,}6\,T, calculez la vitesse du son à 35 °C, et expliquez pourquoi un instrument à vent se désaccorde quand la salle se réchauffe alors qu'une guitare, elle, réagit autrement.

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a)
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Réponses

  • a) 0,780{,}78 m à 440440 Hz, 1,71{,}7 cm à 2020 kHz : trois ordres de grandeur
  • b) d=vt/2206d=vt/2\approx 206 m
  • c) d1029d\approx 1029 m ; la lumière met 33 µs, un million de fois moins
  • d) v352v\approx 352 m/s ; les vents montent, les cordes descendent

a) λ=vf\lambda=\frac{v}{f} : à 440 Hz, λ=3434400,78\lambda=\frac{343}{440}\approx 0{,}78 m; à 20 kHz, λ=343200001,7\lambda=\frac{343}{20\,000}\approx 1{,}7 cm. L'audible s'étend ainsi du centimètre à la dizaine de mètres (17 m à 20 Hz) : trois ordres de grandeur, c'est pourquoi les graves contournent les obstacles (diffraction) bien mieux que les aigus.

b) Le son fait l'aller-retour : d=vt2=(343)(1,2)2206d=\frac{v\,t}{2}=\frac{(343)(1{,}2)}{2}\approx 206 m.

c) d=vt=(343)(3,0)=1029d=v\,t=(343)(3{,}0)=1029 m, environ un kilomètre (d'où la règle des trois secondes par kilomètre). La lumière parcourt ce kilomètre en 10293,0×1083×106\frac{1029}{3{,}0\times 10^{8}}\approx 3\times 10^{-6} s : un million de fois plus court que les 3 s du son, l'éclair est bien un "top zéro" instantané.

d) v=331+0,6×35352v=331+0{,}6\times 35\approx 352 m/s. Dans un tuyau, les fréquences propres valent f=nv2Lf=n\frac{v}{2L} (ou v4L\frac{v}{4L}) : si vv augmente de 3 % avec la chaleur, TOUTES les notes montent de 3 % : l'instrument à vent monte quand la salle chauffe. La guitare, elle, dépend de v=F/μv=\sqrt{F/\mu} dans la corde : la chaleur dilate la corde, la tension FF baisse, et la guitare DESCEND : les deux familles d'instruments dérivent en sens opposés, le cauchemar des concerts d'été.

Exercice 2 : L'onde sonore : déplacement, pression et intensité

Une onde sonore est une onde LONGITUDINALE : l'air oscille dans la direction même de la propagation, et la description peut se faire au choix par le déplacement ss des tranches d'air ou par la surpression ΔP\Delta P. Les deux sont liées par ΔPmax=ρvωsmax\Delta P_{max}=\rho v\omega s_{max}, et l'intensité vaut I=ΔPmax22ρvI=\frac{\Delta P_{max}^{2}}{2\rho v}. On prend ρair=1,20\rho_{air}=1{,}20 kg/m³ et v=343v=343 m/s. La question e) porte sur l'eau, où ρ=1000\rho=1000 kg/m³ et v=1480v=1480 m/s.

  • a) Au seuil d'audibilité (I0=1,0×1012I_{0}=1{,}0\times 10^{-12} W/m²) et à 1000 Hz, calculez l'amplitude de surpression, puis l'amplitude de DÉPLACEMENT des molécules d'air. Comparez cette dernière au diamètre d'un atome, environ 101010^{-10} m.
  • b) Refaites les deux calculs au seuil de la douleur, 120 dB, soit I=1,0I=1{,}0 W/m². Comparez la surpression à la pression atmosphérique (1,0×1051{,}0\times 10^{5} Pa).
  • c) Le déplacement et la surpression sont en QUADRATURE : là où le déplacement est maximal, la surpression est nulle, et inversement. Justifiez ce décalage physiquement, sans calcul.
  • d) L'oreille répond à la pression et non au déplacement. En quoi cela explique-t-il l'usage de l'échelle logarithmique des décibels ?
  • e) Pour la même intensité I0I_{0} à 1000 Hz dans l'EAU, calculez la surpression et le déplacement. Calculez ensuite l'impédance acoustique Z=ρvZ=\rho v de chaque milieu et le coefficient de transmission 4Z1Z2(Z1+Z2)2\frac{4Z_{1}Z_{2}}{(Z_{1}+Z_{2})^{2}} à l'interface air-eau. Qu'en concluez-vous ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) ΔP2,9×105\Delta P\approx 2{,}9\times 10^{-5} Pa et s1,1×1011s\approx 1{,}1\times 10^{-11} m, un dixième d'atome
  • b) 28,728{,}7 Pa et 1111 µm, soit 3×1043\times 10^{-4} de la pression atmosphérique
  • c) Un nœud de déplacement est un ventre de pression : ΔP\Delta P suit la dérivée de ss
  • d) Douze ordres de grandeur en intensité, et une perception logarithmique
  • e) Zeau/Zair3600Z_{eau}/Z_{air}\approx 3600 : seulement 0,11%0{,}11\,\% transmis à l'interface

a) ΔPmax=2ρvI=2(1,20)(343)(1,0×1012)2,87×105\Delta P_{max}=\sqrt{2\rho v I}=\sqrt{2(1{,}20)(343)(1{,}0\times 10^{-12})}\approx 2{,}87\times 10^{-5} Pa. Puis smax=ΔPmaxρvω=2,87×105(1,20)(343)(2π×1000)1,11×1011s_{max}=\frac{\Delta P_{max}}{\rho v\omega}=\frac{2{,}87\times 10^{-5}}{(1{,}20)(343)(2\pi\times 1000)}\approx 1{,}11\times 10^{-11} m. C'est environ un DIXIÈME du diamètre d'un atome : au seuil de l'audition, l'oreille détecte un mouvement d'air plus petit que la taille des molécules qui le portent. Il n'y a là aucune contradiction, car smaxs_{max} décrit le déplacement MOYEN d'un très grand nombre de molécules, pas celui d'une molécule isolée; l'oreille est simplement l'un des détecteurs les plus sensibles de tout le corps.

b) ΔPmax=2(1,20)(343)(1,0)28,7\Delta P_{max}=\sqrt{2(1{,}20)(343)(1{,}0)}\approx 28{,}7 Pa, et smax1,11×105s_{max}\approx 1{,}11\times 10^{-5} m, soit 11 μm. Les deux ont été multipliés par un million, comme il se doit puisque l'intensité a été multipliée par 101210^{12} et que les amplitudes vont comme sa racine. Remarquez l'ordre de grandeur : même à la limite de la douleur, la surpression ne représente que 28,71,0×1053×104\frac{28{,}7}{1{,}0\times 10^{5}}\approx 3\times 10^{-4} de la pression atmosphérique. Le son n'est qu'une ridicule ondulation superposée à une pression énorme et constante.

c) Regardez une tranche d'air située à un ventre de DÉPLACEMENT : elle bouge beaucoup, mais ses deux voisines bougent presque autant et dans le même sens, si bien qu'elle n'est ni comprimée ni dilatée; la surpression y est nulle. Regardez au contraire une tranche qui ne bouge PAS : ses voisines, elles, se dirigent vers elle d'un côté et s'en éloignent de l'autre, ou convergent des deux côtés à la fois; c'est donc là que l'air se comprime et se raréfie le plus. Un nœud de déplacement est un ventre de pression, et réciproquement. Cela tient au fait que la surpression est proportionnelle au TAUX DE VARIATION SPATIAL du déplacement, et qu'une fonction sinusoïdale a sa dérivée maximale là où elle s'annule.

d) L'oreille couvre un domaine de pressions allant de 3×1053\times 10^{-5} Pa à environ 30 Pa, soit un facteur un MILLION en pression et 101210^{12} en intensité. Aucune échelle linéaire ne peut représenter commodément une telle étendue : un graphique où le seuil de la douleur ferait un mètre placerait le seuil d'audition à un micromètre du zéro. De plus, la sensation perçue croît approximativement comme le logarithme de l'excitation, si bien qu'un même écart en décibels correspond à un même écart de sensation, quel que soit le niveau de départ. L'échelle β=10logII0\beta=10\log\frac{I}{I_{0}} comprime les 101210^{12} en 120 unités commodes et colle à la perception : c'est à la fois une commodité mathématique et un fait physiologique.

e) Eau : ΔPmax=2(1000)(1480)(1,0×1012)1,72×103\Delta P_{max}=\sqrt{2(1000)(1480)(1{,}0\times 10^{-12})}\approx 1{,}72\times 10^{-3} Pa, soixante fois plus qu'en l'air, tandis que smax=1,72×103(1000)(1480)(6283)1,85×1013s_{max}=\frac{1{,}72\times 10^{-3}}{(1000)(1480)(6283)}\approx 1{,}85\times 10^{-13} m, soixante fois MOINS. Un milieu dense et rapide transmet la même énergie avec beaucoup de pression et très peu de mouvement. Impédances : Zair=(1,20)(343)412Z_{air}=(1{,}20)(343)\approx 412 rayls et Zeau=(1000)(1480)=1,48×106Z_{eau}=(1000)(1480)=1{,}48\times 10^{6} rayls, un rapport de 3600. Coefficient de transmission : 4(412)(1,48×106)(1,48×106+412)21,1×103\frac{4(412)(1{,}48\times 10^{6})}{(1{,}48\times 10^{6}+412)^{2}}\approx 1{,}1\times 10^{-3}, soit à peine 0,11 % de l'énergie transmise, et donc 99,89 % réfléchie. C'est pourquoi un nageur immergé n'entend presque rien de ce qui se crie au bord, et pourquoi l'échographie exige un gel : sans lui, la mince couche d'air entre la sonde et la peau renverrait presque tout le faisceau. L'adaptation d'impédance est aussi la fonction des osselets de l'oreille moyenne, qui font passer le son de l'air à la lymphe de la cochlée.

Exercice 3 : L'intensité et l'échelle des décibels

Un haut-parleur émet uniformément dans toutes les directions une puissance acoustique de 0,50 W. Seuil d'audibilité : I0=1012I_{0}=10^{-12} W/m².

  • a) Calculez l'intensité sonore à 10 m du haut-parleur, puis le niveau sonore en décibels.
  • b) On s'éloigne à 20 m. Calculez le nouveau niveau et énoncez la règle générale du doublement de distance.
  • c) On ajoute un second haut-parleur identique à côté du premier. De combien le niveau monte-t-il ? Pourquoi si peu, alors qu'on a doublé la puissance ?
  • d) Un concert atteint 110 dB là où une conversation fait 60 dB. Par quel facteur les intensités diffèrent-elles ? Que dit ce résultat sur la conception logarithmique de l'oreille ?

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Réponses

  • a) I4,0×104I\approx 4{,}0\times 10^{-4} W/m² et β86\beta\approx 86 dB
  • b) 8080 dB : chaque doublement de distance retire 66 dB
  • c) +3,0+3{,}0 dB seulement : il faut dix fois la puissance pour un son deux fois plus fort
  • d) 10510^{5}, soit cent mille fois plus intense

a) I=P4πr2=0,504π(10)24,0×104I=\frac{P}{4\pi r^{2}}=\frac{0{,}50}{4\pi(10)^{2}}\approx 4{,}0\times 10^{-4} W/m². Niveau : β=10log4,0×1041012=10log(4,0×108)86\beta=10\log\frac{4{,}0\times 10^{-4}}{10^{-12}}=10\log(4{,}0\times 10^{8})\approx 86 dB : le niveau d'une rue très bruyante.

b) À distance double, II est divisée par 4 (loi en 1r2\frac{1}{r^{2}}) : β=β10log4866,0=80\beta'=\beta-10\log 4\approx 86-6{,}0=80 dB. Règle générale : chaque doublement de distance retire 6 dB, quelle que soit la source ponctuelle.

c) L'intensité double : β\beta monte de 10log23,010\log 2\approx 3{,}0 dB, à 89 dB. Doubler la puissance ne produit qu'un gain à peine perceptible (3 dB est proche du plus petit écart net à l'oreille) : l'échelle logarithmique compresse énormément; pour un son "deux fois plus fort" subjectivement, il faut environ dix fois la puissance.

d) Δβ=50\Delta\beta=50 dB correspond à IconcertIconversation=1050/10=105\frac{I_{concert}}{I_{conversation}}=10^{50/10}=10^{5} : cent mille fois plus intense. L'oreille couvre ainsi douze ordres de grandeur entre le seuil d'audibilité et le seuil de douleur : seule une perception logarithmique peut embrasser une telle plage, et c'est précisément pour épouser l'oreille que le décibel est logarithmique.

Exercice 4 : L'effet Doppler d'une ambulance

Une ambulance dont la sirène émet à 800 Hz roule à 25 m/s (90 km/h). Un piéton immobile l'écoute. Vitesse du son : 343 m/s.

  • a) Calculez la fréquence perçue pendant l'approche. Expliquez physiquement, avec les fronts d'onde, pourquoi elle est plus haute.
  • b) Calculez la fréquence perçue après le passage, et le saut de fréquence entendu au moment où l'ambulance passe.
  • c) Cette fois la sirène est fixe et c'est l'auditeur qui s'en approche à 25 m/s. Calculez la fréquence perçue et comparez au a). Pourquoi les deux situations ne donnent-elles pas le même résultat ?
  • d) L'ambulance immobile fait tourner son gyrophare : sa LUMIÈRE subit-elle un décalage Doppler pour le piéton ? Et pour la sirène, que percevrait un passager assis DANS l'ambulance en mouvement ?

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Réponses

  • a) f=fvvvs863f'=f\dfrac{v}{v-v_{s}}\approx 863 Hz : les fronts s'entassent devant
  • b) 746746 Hz après le passage, soit un saut de 117117 Hz
  • c) 858858 Hz : proche mais non égal, car l'air sert de référence
  • d) Aucun décalage pour le gyrophare immobile ; le passager entend 800800 Hz exactement

a) Source qui s'approche : f=fvvvs=800×34334325=800×343318863f'=f\,\frac{v}{v-v_{s}}=800\times\frac{343}{343-25}=800\times\frac{343}{318}\approx 863 Hz. La source rattrape ses propres fronts d'onde : ceux-ci s'entassent devant elle, la longueur d'onde y est comprimée, et l'oreille, qui reçoit des fronts plus rapprochés, entend plus aigu.

b) Source qui s'éloigne : f=800×343343+25=800×343368746f'=800\times\frac{343}{343+25}=800\times\frac{343}{368}\approx 746 Hz. Au passage, la hauteur chute d'environ 863746117863-746\approx 117 Hz d'un coup, presque deux tons : c'est le "iiiii-ooooo" caractéristique.

c) Observateur qui s'approche d'une source fixe : f=fv+vov=800×368343858f'=f\,\frac{v+v_{o}}{v}=800\times\frac{368}{343}\approx 858 Hz : proche de 863 Hz, mais PAS égal. L'asymétrie vient du milieu : le son se propage dans l'air, qui constitue une référence physique. Source mobile : la longueur d'onde elle-même change dans l'air. Observateur mobile : les ondes sont intactes, c'est leur vitesse RELATIVE de réception qui change. Deux mécanismes différents, deux formules différentes : les confondre coûte cher en examen.

d) La lumière du gyrophare d'une ambulance immobile ne subit aucun décalage : pas de mouvement relatif (et pour la lumière, seul le mouvement relatif compte, il n'y a pas de milieu). Le passager dans l'ambulance, lui, voyage AVEC la source : aucun mouvement relatif non plus, il entend 800 Hz exactement, pendant que le piéton entend la sirène monter puis descendre. L'effet Doppler est dans la relation source-récepteur, pas dans la sirène.

Exercice 5 : Les harmoniques d'une corde de guitare

Une corde de guitare de longueur vibrante L=0,65L=0{,}65 m produit un fondamental de 220 Hz (le la grave, A3A_{3}).

  • a) Calculez la longueur d'onde du fondamental sur la corde et la vitesse des ondes dans la corde.
  • b) Donnez les fréquences des deuxième et troisième harmoniques, et décrivez la forme de la corde (nœuds et ventres) pour chacun.
  • c) Le guitariste pose le doigt à la douzième frette, qui divise la longueur vibrante par deux. Quelle est la nouvelle fréquence du fondamental ? Quel intervalle musical a-t-il produit ?
  • d) Pour monter la corde de 220 Hz à 233 Hz (un demi-ton), de quel pourcentage faut-il augmenter la TENSION ? Justifiez à partir de v=F/μv=\sqrt{F/\mu}.

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Réponses

  • a) λ1=2L=1,30\lambda_{1}=2L=1{,}30 m et v=286v=286 m/s dans la corde
  • b) 440440 et 660660 Hz ; l'harmonique nn a nn ventres et n+1n+1 nœuds
  • c) 440440 Hz : l'octave, d'où la douzième frette à mi-longueur
  • d) (233/220)21,12(233/220)^{2}\approx 1{,}12 : environ 12%12\,\% de tension en plus

a) Deux nœuds aux extrémités : λ1=2L=1,30\lambda_{1}=2L=1{,}30 m. Vitesse dans la corde : v=f1λ1=(220)(1,30)=286v=f_{1}\lambda_{1}=(220)(1{,}30)=286 m/s. (Attention : c'est la vitesse DANS LA CORDE; le son émis dans l'air garde 220 Hz mais avec la longueur d'onde de l'air, 3432201,56\frac{343}{220}\approx 1{,}56 m.)

b) fn=nf1f_{n}=nf_{1} : f2=440f_{2}=440 Hz et f3=660f_{3}=660 Hz. L'harmonique nn compte nn ventres et n+1n+1 nœuds (extrémités comprises) : f2f_{2} a un nœud supplémentaire au MILIEU de la corde, f3f_{3} en a deux, aux tiers.

c) f1=v2Lf_{1}=\frac{v}{2L} : diviser LL par deux double la fréquence : 440 Hz. C'est l'OCTAVE, et la raison géométrique pour laquelle la douzième frette est toujours à mi-longueur de corde, sur toutes les guitares.

d) f=12LFμf=\frac{1}{2L}\sqrt{\frac{F}{\mu}} : la fréquence va comme la racine de la tension, donc FF=(233220)21,12\frac{F'}{F}=\left(\frac{233}{220}\right)^{2}\approx 1{,}12 : il faut environ 12 % de tension en plus pour un demi-ton de 6 %. Le carré double la note à payer : c'est pourquoi accorder trop haut casse les cordes bien plus vite qu'on ne s'y attend.

n = 1220 Hzn = 2440 Hzn = 3660 Hzcorde de 0,65 m fixée aux deux extrémitésles points marqués sont les NŒUDS : n + 1 nœuds pour n ventres

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : La superposition qui fabrique les nœuds

Les modes d'une corde ou d'un tuyau ne sont pas un phénomène à part : ce sont deux ondes progressives identiques qui se croisent en sens contraires. On considère y1=Asin(kxωt)y_{1}=A\sin(kx-\omega t) et y2=Asin(kx+ωt)y_{2}=A\sin(kx+\omega t), et l'on utilisera sina+sinb=2sina+b2cosab2\sin a+\sin b=2\sin\frac{a+b}{2}\cos\frac{a-b}{2}. Les questions c) et d) portent sur une corde de 1,20 m fixée à ses deux bouts, où les ondes se propagent à 240 m/s; la question e) porte sur un tube de Kundt.

  • a) Quand une onde arrive au bout d'une corde attachée à un mur, elle revient INVERSÉE; sur un bout libre de glisser, elle revient sans inversion. Justifiez ces deux comportements.
  • b) Faites la somme y1+y2y_{1}+y_{2} et montrez qu'on obtient y=2Asin(kx)cos(ωt)y=2A\sin(kx)\cos(\omega t). En quoi cette forme est-elle radicalement différente de celle d'une onde progressive ?
  • c) Donnez les positions des nœuds et des ventres, ainsi que l'écart entre deux nœuds consécutifs. Pour la corde décrite, calculez les fréquences des trois premiers modes et donnez la position des nœuds du troisième.
  • d) Montrez qu'une onde stationnaire ne transporte AUCUNE énergie nette d'un bout à l'autre, alors que chacune des deux ondes qui la composent en transporte. Où va l'énergie au cours d'une période ?
  • e) Dans un tube de Kundt alimenté à 1700 Hz, on mesure des nœuds de poussière espacés de 10,0 cm. Calculez la longueur d'onde, la vitesse du son, puis la température de l'air sachant que v331+0,6Tv\approx 331+0{,}6\,T.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Bout fixe : réflexion inversée. Bout libre : réflexion sans inversion
  • b) y=2Asin(kx)cos(ωt)y=2A\sin(kx)\cos(\omega t) : xx et tt SÉPARÉS, rien ne voyage
  • c) Nœuds tous les λ/2\lambda/2 ; 100100, 200200, 300300 Hz, et quatre nœuds au troisième mode
  • d) Les deux flux d'énergie sont égaux et contraires : l'énergie reste piégée entre deux nœuds
  • e) λ=0,200\lambda=0{,}200 m, v=340v=340 m/s, donc T=15T=15 °C

a) Bout FIXE : le mur ne peut pas bouger, donc le déplacement y est forcément nul à tout instant. Pour que la somme de l'onde incidente et de l'onde réfléchie s'annule en permanence en ce point, il faut que la réfléchie soit à chaque instant l'OPPOSÉE de l'incidente : elle revient donc inversée, avec un déphasage de π\pi. Une lecture dynamique dit la même chose : l'onde tire le mur vers le haut, le mur réagit en tirant la corde vers le bas (troisième loi de Newton), et c'est cette réaction qui engendre l'onde retour, dirigée vers le bas. Bout LIBRE : rien ne s'oppose au mouvement, l'extrémité peut au contraire dépasser, elle se comporte comme un ventre et la réflexion se fait SANS inversion.

b) y1+y2=A[sin(kxωt)+sin(kx+ωt)]=2Asin(2kx2)cos(2ωt2)=2Asin(kx)cos(ωt)y_{1}+y_{2}=A[\sin(kx-\omega t)+\sin(kx+\omega t)]=2A\sin\left(\frac{2kx}{2}\right)\cos\left(\frac{-2\omega t}{2}\right)=2A\sin(kx)\cos(\omega t), en utilisant la parité du cosinus. La différence est capitale : dans une onde progressive, xx et tt apparaissent ENSEMBLE dans un même argument (kxωt)(kx-\omega t), et c'est ce couplage qui fait voyager le motif. Ici, ils sont SÉPARÉS en un produit : sin(kx)\sin(kx) fixe une fois pour toutes la forme dans l'espace, cos(ωt)\cos(\omega t) ne fait que la faire respirer en amplitude. Rien n'avance : chaque point oscille sur place, avec une amplitude propre 2Asin(kx)2A\sin(kx) qui dépend de l'endroit et de rien d'autre.

c) Nœuds là où sin(kx)=0\sin(kx)=0, donc kx=nπkx=n\pi et x=nλ2x=n\frac{\lambda}{2}; ventres à mi-chemin, x=(2n+1)λ4x=(2n+1)\frac{\lambda}{4}. Deux nœuds consécutifs sont donc séparés d'une DEMI-longueur d'onde, et non d'une longueur d'onde : c'est l'erreur la plus fréquente de tout le chapitre. Pour la corde : fn=nv2L=n2402,40=100nf_{n}=n\frac{v}{2L}=n\frac{240}{2{,}40}=100n Hz, soit 100 Hz, 200 Hz et 300 Hz. Au troisième mode, λ3=2L3=0,800\lambda_{3}=\frac{2L}{3}=0{,}800 m, les nœuds sont espacés de 0,400 m et se trouvent en x=0x=0; 0,400; 0,800 et 1,20 m, soit quatre nœuds encadrant trois ventres.

d) Chacune des deux ondes progressives transporte une puissance 12μvω2A2\frac{1}{2}\mu v\omega^{2}A^{2}, mais elles vont en sens OPPOSÉS : les deux flux d'énergie sont égaux et contraires, et leur somme est nulle. Autre façon de le voir : aux nœuds, l'amplitude est nulle en permanence, donc la corde y est immobile et ne peut transmettre aucune puissance à travers ce point, à aucun instant. L'énergie est donc PIÉGÉE entre deux nœuds consécutifs, et elle y oscille : entièrement cinétique quand la corde passe par sa position droite (tous les points à vitesse maximale), entièrement potentielle élastique quand la corde atteint sa déformation extrême (tous les points arrêtés). Deux fois par période, l'énergie bascule d'une forme à l'autre sans jamais franchir un nœud.

e) Les nœuds étant séparés de λ2\frac{\lambda}{2}, on a λ=2(0,100)=0,200\lambda=2(0{,}100)=0{,}200 m. Vitesse : v=λf=(0,200)(1700)=340v=\lambda f=(0{,}200)(1700)=340 m/s. Température : 340=331+0,6T340=331+0{,}6T donne T=90,6=15T=\frac{9}{0{,}6}=15 °C. C'est là toute l'astuce du tube de Kundt : mesurer une vitesse de propagation, chose difficile en soi, en se ramenant à une simple mesure de LONGUEUR à la règle, sur des tas de poussière immobiles.

Exercice 7 : Les tuyaux sonores : ouvert contre fermé

On compare deux tuyaux de même longueur L=0,50L=0{,}50 m : l'un ouvert aux deux extrémités, l'autre fermé à une extrémité. Vitesse du son : 343 m/s.

  • a) Pour le tuyau OUVERT aux deux bouts : justifiez les conditions aux extrémités, puis calculez le fondamental et les deux harmoniques suivants.
  • b) Pour le tuyau FERMÉ à un bout : justifiez les conditions, calculez le fondamental et les deux harmoniques suivants.
  • c) Expliquez les deux différences majeures entre les deux tuyaux (hauteur du fondamental, harmoniques présents) et leur origine géométrique commune.
  • d) Un facteur d'orgue veut produire un la grave de 27,5 Hz. Calculez la longueur du tuyau nécessaire en version fermée, puis en version ouverte. Laquelle choisit-il, et pourquoi ?
  • e) Une flûte (tuyau ouvert) et une clarinette (tuyau fermé au bec) jouent la même note. Pourquoi leurs timbres diffèrent-ils si nettement ?

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c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Ventres aux deux bouts : fn=nv2Lf_{n}=n\dfrac{v}{2L}, soit 343343, 686686, 10291029 Hz
  • b) Nœud d'un côté : f1=v4L=171,5f_{1}=\dfrac{v}{4L}=171{,}5 Hz, puis 514,5514{,}5 et 857,5857{,}5 Hz
  • c) Une octave plus bas et sans les rangs pairs : la même contrainte géométrique
  • d) 3,13{,}1 m fermé contre 6,26{,}2 m ouvert : il choisit le bourdon
  • e) La clarinette saute les rangs pairs : timbre creux et boisé

a) Aux extrémités ouvertes, l'air communique avec l'extérieur : la pression y reste celle de l'atmosphère et le déplacement de l'air y est maximal : VENTRE de déplacement aux deux bouts. Il faut donc L=nλ2L=n\frac{\lambda}{2} : fn=nv2Lf_{n}=n\frac{v}{2L}. Fondamental : f1=3432(0,50)=343f_{1}=\frac{343}{2(0{,}50)}=343 Hz, puis f2=686f_{2}=686 Hz et f3=1029f_{3}=1029 Hz : tous les harmoniques.

b) Au bout fermé, l'air ne peut pas osciller le long de l'axe : NŒUD de déplacement; au bout ouvert : ventre. La plus grande longueur d'onde qui loge un quart de motif est λ1=4L\lambda_{1}=4L : f1=v4L=3432,0=171,5f_{1}=\frac{v}{4L}=\frac{343}{2{,}0}=171{,}5 Hz. Les modes suivants doivent garder nœud d'un côté et ventre de l'autre : seuls les multiples IMPAIRS conviennent : f3=3f1=514,5f_{3}=3f_{1}=514{,}5 Hz et f5=5f1=857,5f_{5}=5f_{1}=857{,}5 Hz.

c) Le tuyau fermé sonne une OCTAVE PLUS BAS (171,5 contre 343 Hz : moitié) et ne produit que les harmoniques impairs. Les deux différences sortent de la même contrainte géométrique : remplacer un ventre par un nœud à une extrémité force le motif à entrer en quarts de longueur d'onde plutôt qu'en demis, ce qui double la longueur d'onde fondamentale et interdit les rangs pairs.

d) Fermé : L=v4f=3434(27,5)3,1L=\frac{v}{4f}=\frac{343}{4(27{,}5)}\approx 3{,}1 m. Ouvert : L=v2f6,2L=\frac{v}{2f}\approx 6{,}2 m. Le facteur choisit le tuyau FERMÉ (bourdon) : moitié moins de hauteur, de métal et de coût pour la même note grave : les grands bourdons d'orgue sont fermés précisément pour cette économie.

e) La note commune fixe le fondamental, mais le TIMBRE vient du cocktail d'harmoniques superposés. La flûte, tuyau ouvert, nourrit tous les rangs (1, 2, 3, 4...) : son rond et plein. La clarinette, fermée au bec, saute les rangs pairs dans son registre grave (1, 3, 5...) : c'est ce spectre "creux" qui fait son timbre boisé et un peu nasal. Même physique, mêmes formules : ce que l'oreille appelle timbre, l'équation l'appelle conditions aux limites.

Louvert aux deux boutsLfermé à droiteλ = 2L → 343 Hzλ = 4L → 172 Hzà longueur égale, le tuyau fermé sonne une OCTAVE plus bas

Exercice 8 : Deux haut-parleurs : les points de silence

Deux haut-parleurs identiques, alimentés EN PHASE par le même amplificateur, sont distants de d=3,00d=3{,}00 m. Un auditeur se déplace le long d'une droite parallèle à la ligne des haut-parleurs, située à D=8,00D=8{,}00 m devant eux. Le son vaut 686 Hz et se propage à 343 m/s. On utilisera l'approximation des grandes distances, Δ=dsinθ\Delta=d\sin\theta, où θ\theta est repéré depuis le milieu des deux sources.

  • a) Calculez la longueur d'onde, puis écrivez les conditions sur la différence de marche Δ\Delta pour une interférence constructive et pour une interférence destructive.
  • b) Que perçoit l'auditeur placé exactement en face du milieu des deux haut-parleurs ? Justifiez sans calcul.
  • c) Calculez l'angle du PREMIER minimum, puis la distance à parcourir depuis le point central pour l'atteindre.
  • d) Combien de minima l'auditeur rencontre-t-il au total de chaque côté du point central ? Justifiez.
  • e) Reprenez la question d) pour un son grave de 100 Hz, puis de 50 Hz. Pourquoi peut-on placer un caisson de basses n'importe où dans une pièce, alors que les enceintes d'aigus doivent être positionnées avec soin ?

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a)
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c)
d)
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Réponses

  • a) λ=0,500\lambda=0{,}500 m ; constructif si Δ=nλ\Delta=n\lambda, destructif si Δ=(n+12)λ\Delta=(n+\frac{1}{2})\lambda
  • b) Un MAXIMUM : Δ=0\Delta=0 quelle que soit la fréquence
  • c) θ4,78°\theta\approx 4{,}78°, soit 67\approx 67 cm de décalage
  • d) Six de chaque côté, car Δd=6λ\Delta\leq d=6\lambda
  • e) Un seul minimum à 100100 Hz, aucun à 5050 Hz : tout dépend du rapport d/λd/\lambda

a) λ=vf=343686=0,500\lambda=\frac{v}{f}=\frac{343}{686}=0{,}500 m. Les deux sources émettant en phase, c'est le seul trajet qui décale les ondes : interférence CONSTRUCTIVE si Δ=nλ\Delta=n\lambda (les deux ondes arrivent en phase, l'amplitude double et l'intensité quadruple), DESTRUCTIVE si Δ=(n+12)λ\Delta=\left(n+\frac{1}{2}\right)\lambda (elles arrivent en opposition et s'annulent, à amplitudes égales).

b) Ce point est équidistant des deux haut-parleurs : Δ=0\Delta=0, donc interférence constructive d'ordre zéro. L'auditeur y entend un MAXIMUM, et ce quelle que soit la fréquence, ce qui fait de cette position centrale la seule qui soit correcte pour toutes les notes à la fois. C'est la raison pour laquelle une écoute stéréo se juge assis au sommet du triangle isocèle formé avec les enceintes.

c) Premier minimum : Δ=λ2=0,250\Delta=\frac{\lambda}{2}=0{,}250 m, donc sinθ=0,2503,00=0,0833\sin\theta=\frac{0{,}250}{3{,}00}=0{,}0833 et θ4,78°\theta\approx 4{,}78°. Position le long de la droite d'écoute : y=Dtanθ=(8,00)(0,0836)0,669y=D\tan\theta=(8{,}00)(0{,}0836)\approx 0{,}669 m. Il suffit donc de se décaler de 67 cm, moins que la largeur d'un fauteuil, pour passer d'un maximum à un silence quasi total : ce genre de zone morte est parfaitement audible dans une salle réelle, et beaucoup d'auditeurs l'attribuent à tort à un défaut du matériel.

d) La différence de marche ne peut jamais dépasser la distance entre les sources, Δd=3,00\Delta\leq d=3{,}00 m, soit 6λ6\lambda. La condition (n+12)(0,500)3,00\left(n+\frac{1}{2}\right)(0{,}500)\leq 3{,}00 donne n+126n+\frac{1}{2}\leq 6, donc n5,5n\leq 5{,}5 : les ordres n=0n=0 à 55 sont possibles, soit SIX minima de chaque côté du point central. En pratique, l'auditeur qui longe la droite d'écoute traverse donc une douzaine de zones sourdes, alternant avec autant de renforcements.

e) À 100 Hz, λ=343100=3,43\lambda=\frac{343}{100}=3{,}43 m et λ2=1,72\frac{\lambda}{2}=1{,}72 m, qui reste inférieur à d=3,00d=3{,}00 m : il n'existe qu'UN seul minimum de chaque côté, à sinθ=1,723,00=0,572\sin\theta=\frac{1{,}72}{3{,}00}=0{,}572, soit θ34,9°\theta\approx 34{,}9°, très loin de l'axe. À 50 Hz, λ2=3,43\frac{\lambda}{2}=3{,}43 m dépasse déjà dd : la condition d'annulation ne peut être satisfaite NULLE PART, il n'y a aucun minimum. Le principe général est que le nombre de zones d'interférence est fixé par le rapport dλ\frac{d}{\lambda} : plus la longueur d'onde est grande devant l'écartement des sources, moins le champ sonore est structuré. Aux basses fréquences, la pièce entière est essentiellement en phase, aucune zone morte ne se forme et l'oreille perd d'ailleurs tout repère de direction, faute de différence perceptible entre les deux oreilles. Le caisson de basses peut donc être posé où l'on veut, alors qu'un haut-parleur d'aigus, dont la longueur d'onde se compte en centimètres, crée un champ finement découpé et exige un placement précis, tout comme le point d'écoute.

Exercice 9 : Les battements de l'accordeur

Deux cordes de guitare jouées ensemble produisent des sons de 440,0 Hz et 444,0 Hz, de même amplitude.

  • a) Décrivez ce qu'entend le guitariste : hauteur perçue et phénomène superposé. Calculez la fréquence des battements et l'intervalle de temps entre deux maxima d'intensité.
  • b) Expliquez l'origine des battements à partir de la superposition des deux ondes (sans calcul complet : interférence constructive puis destructive au fil du temps).
  • c) Un accordeur compare une corde inconnue à un diapason de 440,0 Hz et compte 3,0 battements par seconde. Quelles sont les deux fréquences possibles de la corde ? Pourquoi le comptage seul ne suffit-il pas à trancher ?
  • d) Pour trancher, il TEND légèrement la corde et les battements s'accélèrent. Quelle était la fréquence de la corde ? Expliquez le raisonnement, et ce qu'il aurait conclu si les battements avaient ralenti.

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d)
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Réponses

  • a) Une hauteur de 442442 Hz pulsant à 4,04{,}0 Hz, soit un maximum toutes les 0,250{,}25 s
  • b) Accord puis désaccord de phase : une interférence dans le temps
  • c) 437437 ou 443443 Hz : le battement perd le signe de l'écart
  • d) 443443 Hz : tendre a éloigné la corde du diapason

a) Il entend UNE hauteur, la moyenne, 442 Hz (l'oreille ne sépare pas deux fréquences si voisines), dont l'intensité pulse : ce sont les battements, à fbatt=444440=4,0f_{batt}=|444-440|=4{,}0 Hz, soit un maximum d'intensité toutes les 14,0=0,25\frac{1}{4{,}0}=0{,}25 s.

b) À un instant donné, les deux ondes sont en phase : leurs amplitudes s'ajoutent, le son est fort (interférence constructive). Mais leurs fréquences diffèrent : l'une prend peu à peu de l'avance et, une demi-période de battement plus tard, elles sont en opposition : les amplitudes se soustraient, le son s'éteint presque (destructive). Le cycle accord-désaccord se répète f1f2|f_{1}-f_{2}| fois par seconde : le battement est une interférence dans le TEMPS.

c) f440=3,0|f-440|=3{,}0 : la corde est à 437 Hz ou à 443 Hz. Le battement ne donne que l'ÉCART en valeur absolue : trop grave ou trop aiguë produisent exactement le même comptage, l'information de signe est perdue.

d) Tendre la corde augmente sa fréquence. Les battements se sont ACCÉLÉRÉS : l'écart avec 440 Hz a grandi, donc la corde s'ÉLOIGNAIT du diapason en montant : elle était déjà au-dessus, à 443 Hz. S'ils avaient ralenti, la corde se serait rapprochée de 440 Hz par le bas : 437 Hz, et il suffisait de continuer à tendre jusqu'au silence des battements. Accorder, c'est littéralement chercher fbatt=0f_{batt}=0 : l'accordeur n'écoute pas la note, il écoute la disparition du battement.

-0.10.10.20.30.40.50.60.70.80.91-3-2-1123enveloppe (pointillé) : 4 battements par secondeporteuse ralentie pour la lisibilitét (s)

Exercice 10 : Le mur du son : nombre de Mach et onde de choc

Un avion vole horizontalement à Mach 1,60 dans un air où le son se propage à 340 m/s, à une altitude de 12,0 km. Le nombre de Mach est le rapport M=vavionvsonM=\frac{v_{avion}}{v_{son}}, et le cône de choc a un demi-angle θ\theta tel que sinθ=1M\sin\theta=\frac{1}{M}.

  • a) Calculez la vitesse de l'avion en m/s puis en km/h.
  • b) Établissez géométriquement la relation sinθ=1M\sin\theta=\frac{1}{M} à partir des fronts d'onde successifs émis par l'avion, et calculez le demi-angle du cône.
  • c) Un observateur au sol se trouve exactement sous la trajectoire. Où est l'avion, horizontalement, à l'instant où l'observateur entend le bang ? Combien de temps après le passage à la verticale ?
  • d) Beaucoup croient que le bang se produit à l'instant précis où l'avion franchit Mach 1. Réfutez cette idée à partir de vos résultats.
  • e) Reliez ce phénomène à l'effet Doppler : que devient la formule f=fvvvsf'=f\frac{v}{v-v_{s}} quand vsv_{s} tend vers vv, et qu'entend un observateur situé DEVANT un avion supersonique ?

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Réponses

  • a) v=544v=544 m/s, soit 1,96×103\approx 1{,}96\times 10^{3} km/h
  • b) sinθ=1M=0,625\sin\theta=\dfrac{1}{M}=0{,}625, donc θ38,7°\theta\approx 38{,}7°
  • c) L'avion est déjà 15,015{,}0 km plus loin, 27,627{,}6 s après le survol
  • d) Le cône accompagne l'avion : le bang balaie un tapis continu au sol
  • e) La formule diverge quand vsvv_{s}\to v ; devant l'avion, silence total

a) v=Mvson=(1,60)(340)=544v=M\,v_{son}=(1{,}60)(340)=544 m/s, soit (544)(3,6)1,96×103(544)(3{,}6)\approx 1{,}96\times 10^{3} km/h.

b) Pendant une durée tt, l'avion parcourt vaviontv_{avion}t tandis que le front d'onde émis au point de départ s'est étendu en une sphère de rayon vsontv_{son}t. Toutes ces sphères, émises à des instants différents, ont exactement la même enveloppe : un cône dont l'avion occupe le sommet. Dans le triangle rectangle formé par le rayon de la sphère (côté opposé) et le trajet de l'avion (hypoténuse), sinθ=vsontvaviont=vsonvavion=1M\sin\theta=\frac{v_{son}t}{v_{avion}t}=\frac{v_{son}}{v_{avion}}=\frac{1}{M}. Ici sinθ=11,60=0,625\sin\theta=\frac{1}{1{,}60}=0{,}625, donc θ38,7°\theta\approx 38{,}7°. Sur ce cône, une infinité de fronts d'onde se superposent au même endroit : la surpression y est brutale, c'est l'onde de choc.

c) L'observateur entend le bang à l'instant où la SURFACE du cône l'atteint. Le sommet du cône étant sur l'avion, la distance horizontale entre l'avion et l'observateur vaut alors x=htanθ=120000,8011,50×104x=\frac{h}{\tan\theta}=\frac{12000}{0{,}801}\approx 1{,}50\times 10^{4} m, soit environ 15,0 km. L'avion est donc déjà quinze kilomètres PLUS LOIN quand le bruit arrive. En temps : t=xvavion=1498854427,6t=\frac{x}{v_{avion}}=\frac{14988}{544}\approx 27{,}6 s après le passage à la verticale. Près d'une demi-minute de silence sépare le survol du bang.

d) Le cône accompagne l'avion en permanence, aussi longtemps qu'il vole plus vite que le son : ce n'est pas un événement mais un régime. Sa trace au sol est une ligne continue qui balaie le sol tout le long de la trajectoire, le fameux tapis de bang, et chaque personne située sous cette bande entend la détonation à SON tour, au moment où le cône la traverse, c'est-à-dire toujours après le passage de l'avion. Un avion qui resterait supersonique pendant une heure produirait un bang sur mille kilomètres de terrain, et non un unique claquement au moment de franchir Mach 1. C'est d'ailleurs cette nuisance étalée, et non le bruit des moteurs, qui a fait interdire le vol supersonique au-dessus des terres habitées.

e) Quand vsvv_{s}\to v, le dénominateur vvsv-v_{s} tend vers zéro et ff'\to\infty : la formule diverge. Elle dit exactement ce que montre la géométrie du b) : l'avion rattrape ses propres fronts d'onde, qui s'empilent tous sur une même surface au lieu de se succéder. Une fréquence infinie n'a évidemment pas de sens physique, et c'est le signe que le modèle linéaire de l'onde sonore cesse d'être valable : la surpression devient trop grande, et l'on entre dans le domaine des ondes de choc. Au-delà, pour vs>vv_{s}>v, la formule n'a tout simplement plus cours. Un observateur situé DEVANT l'avion, hors du cône, n'entend absolument RIEN : aucun son émis par l'appareil ne peut le devancer, puisque l'appareil va plus vite qu'eux tous. Il voit donc l'avion passer en silence, puis entend le bang, puis seulement le bruit des moteurs. Le silence qui précède un avion supersonique n'est pas une impression, c'est une conséquence directe de la cinématique.

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