Ondes et physique moderne 203-SN3-RE (ancien 203-NYC) • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal

Exercices corrigés : la physique moderne (203-SN3-RE, ancien 203-NYC)

Voici la série d'exercices corrigés du cours 203-SN3-RE (ancien 203-SN3-RE) sur la physique moderne. La partie A suit l'ordre historique : le rayonnement du corps noir avec les lois de Wien et de Stefan, dont l'explication a contraint Planck à quantifier l'énergie en 1900; l'énergie d'un photon et la granularité de la lumière; l'effet photoélectrique et l'argument qui a valu son prix Nobel à Einstein; le spectre de l'hydrogène par le modèle de Bohr; et la longueur d'onde de de Broglie, qui étend la dualité à la matière. La partie B monte au niveau examen : l'effet Compton, qui fait du photon une véritable particule dotée d'une quantité de mouvement, prolongé par le principe d'incertitude qui fixe la taille de l'atome et interdit à l'électron d'habiter le noyau; la datation au carbone 14; le défaut de masse, avec la courbe d'énergie de liaison qui explique d'un seul trait la fission et la fusion; E=mc2E=mc^{2} appliqué au Soleil; et enfin la relativité restreinte, avec les muons atmosphériques qui ne devraient jamais nous atteindre.

Cette série s'adresse aux étudiants de cégep en Sciences de la nature comme aux élèves de Terminale du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas qui suivent le complément québécois de sciences physiques (spécialité physique-chimie). Ce dernier chapitre change les règles du jeu : l'énergie s'échange par paquets, la matière interfère, la masse se convertit. Les exercices restent calculatoires, mais chaque nombre porte une idée qui a fait une révolution.

Le réflexe à garder tout du long : l'électron-volt est la monnaie du chapitre. Les énergies atomiques se comptent en eV, les photons du visible valent entre 1,8 et 3,1 eV, et convertir trop tôt en joules noie les ordres de grandeur. Gardez les eV jusqu'au bout, ne repassez aux joules que pour les vitesses et les longueurs d'onde.

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Ce chapitre fait partie de Ondes et physique moderne 203-SN3-RE (ancien 203-NYC)
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (11 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Les paramètres des fonctionsSecondaire 5 SN5, Mathématiques
  2. 2Le cercle trigonométriqueSecondaire 5 SN5, Mathématiques
  3. 3Les fonctions trigonométriquesSecondaire 5 SN5, Mathématiques
  4. 4La réfraction de la lumièreSecondaire 5 SN5
  5. 5Les lentilles convergentesSecondaire 5 SN5
  6. 6Transformation de l'énergieSecondaire 5 SN5
  7. 7Dynamique : lois de Newton et frottementMécanique 203-SN1-RE (ancien 203-NYA)
  8. 8Travail, énergie et puissanceMécanique 203-SN1-RE (ancien 203-NYA)
  9. 9Optique géométrique et instruments
  10. 10MHS et ondes mécaniques
  11. 11L'optique ondulatoire

Rappel de cours

  • Photon : E=hf=hcλE=hf=\frac{hc}{\lambda} avec h=6,63×1034h=6{,}63\times 10^{-34} J·s. Conversion : 1 eV =1,6×1019=1{,}6\times 10^{-19} J. Raccourci précieux : EE (en eV) 1240λ (nm)\approx\frac{1240}{\lambda\ \mathrm{(nm)}}.
  • Effet photoélectrique : Ephoton=W0+Ek,maxE_{photon}=W_{0}+E_{k,max}, où W0W_{0} est le travail d'extraction du métal. Fréquence seuil : hf0=W0hf_{0}=W_{0}. Potentiel d'arrêt : eVa=Ek,maxeV_{a}=E_{k,max}. L'intensité lumineuse change le NOMBRE d'électrons émis, jamais leur énergie individuelle.
  • Atome de Bohr (hydrogène) : niveaux En=13,6n2E_{n}=-\frac{13{,}6}{n^{2}} eV. Un photon est émis ou absorbé quand l'électron saute : Ephoton=EnfEniE_{photon}=|E_{n_{f}}-E_{n_{i}}|. Énergie d'ionisation depuis le fondamental : 13,6 eV.
  • Dualité onde-particule : toute particule de quantité de mouvement p=mvp=mv possède la longueur d'onde de de Broglie λ=hp\lambda=\frac{h}{p}.
  • Radioactivité : N(t)=N0(12)t/T=N0eλtN(t)=N_{0}\left(\frac{1}{2}\right)^{t/T}=N_{0}e^{-\lambda t} avec la constante λ=ln2T\lambda=\frac{\ln 2}{T} (TT : demi-vie). L'activité (en becquerels) suit la même décroissance.
  • Équivalence masse-énergie : E=mc2E=mc^{2} avec c=3,0×108c=3{,}0\times 10^{8} m/s. Masse de l'électron : 9,11×10319{,}11\times 10^{-31} kg.
  • Corps noir : loi de Wien λmaxT=2,898×103\lambda_{max}T=2{,}898\times 10^{-3} m·K et loi de Stefan-Boltzmann PA=σT4\frac{P}{A}=\sigma T^{4} avec σ=5,67×108\sigma=5{,}67\times 10^{-8} W/(m²·K⁴). Doubler TT divise λmax\lambda_{max} par 2 et multiplie la puissance par 16.
  • Effet Compton : Δλ=hmec(1cosθ)\Delta\lambda=\frac{h}{m_{e}c}(1-\cos\theta), avec hmec=2,43\frac{h}{m_{e}c}=2{,}43 pm. Le décalage est ABSOLU, donc négligeable dans le visible et mesurable en rayons X. Il prouve que le photon possède p=hλp=\frac{h}{\lambda}.
  • Principe d'incertitude : ΔxΔp\Delta x\,\Delta p\gtrsim\hbar avec =1,055×1034\hbar=1{,}055\times 10^{-34} J·s. Confiner une particule lui coûte de l'énergie cinétique, ce qui fixe la taille de l'atome.
  • Noyau : défaut de masse Δm\Delta m et énergie de liaison E=Δmc2E=\Delta m c^{2}, avec 1 u =931,5=931{,}5 MeV/c2c^{2}. La courbe d'énergie de liaison par nucléon culmine au fer 56 : fusion à gauche, fission à droite, les deux montent vers le sommet.
  • Relativité restreinte : γ=11v2/c2\gamma=\frac{1}{\sqrt{1-v^{2}/c^{2}}}, dilatation du temps Δt=γΔtpropre\Delta t=\gamma\Delta t_{propre}, contraction des longueurs L=LpropreγL=\frac{L_{propre}}{\gamma}, énergie E=γmc2E=\gamma mc^{2} et K=(γ1)mc2K=(\gamma-1)mc^{2}. Relation générale : E2=(pc)2+(mc2)2E^{2}=(pc)^{2}+(mc^{2})^{2}, d'où E=pcE=pc pour le photon.

Partie A : Quanta, atomes et matière-onde (/50)

Exercice 1 : Le corps noir : Wien, Stefan et la naissance du quantum

Tout corps chaud rayonne. Le maximum d'émission se situe à la longueur d'onde donnée par la loi de Wien, λmaxT=2,898×103\lambda_{max}T=2{,}898\times 10^{-3} m·K, et la puissance rayonnée par unité de surface suit la loi de Stefan-Boltzmann, PA=σT4\frac{P}{A}=\sigma T^{4} avec σ=5,67×108\sigma=5{,}67\times 10^{-8} W/(m²·K⁴). C'est en cherchant à expliquer ces deux lois que Planck a été contraint, en 1900, d'introduire le quantum.

  • a) Calculez la longueur d'onde du maximum d'émission du Soleil (surface à 5800 K) et celle du corps humain (310 K). Situez chacune dans le spectre et commentez la coïncidence avec la sensibilité de l'œil.
  • b) Le filament d'une ampoule à incandescence atteint 2500 K. Calculez son maximum d'émission et expliquez pourquoi ce type d'ampoule a un rendement lumineux si médiocre.
  • c) Estimez la puissance NETTE rayonnée par une personne nue de 1,8 m² de surface, à 306 K, dans une pièce à 293 K. Commentez l'ordre de grandeur.
  • d) La théorie classique prédisait que l'énergie rayonnée croît sans limite quand la longueur d'onde diminue, ce qu'on a appelé la catastrophe ultraviolette. Expliquez d'où venait cette prédiction absurde et comment l'hypothèse de Planck la supprime.
  • e) Une étoile a une température de surface deux fois plus élevée que le Soleil. Que deviennent son maximum d'émission et sa puissance par mètre carré ? Pourquoi une braise rouge est-elle plus froide qu'un métal chauffé au blanc ?

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Réponses

  • a) 500500 nm pour le Soleil, 9,39{,}3 µm pour le corps : l'œil s'est ajusté au maximum solaire
  • b) 1,161{,}16 µm, dans l'infrarouge : rendement lumineux d'environ 5%5\,\%
  • c) P=σA(T4T04)140P=\sigma A(T^{4}-T_{0}^{4})\approx 140 W
  • d) Les modes de haute fréquence sont GELÉS : le premier quantum hfhf dépasse kTkT
  • e) λmax\lambda_{max} divisé par deux, puissance multipliée par 1616

a) Soleil : λmax=2,898×10358005,00×107\lambda_{max}=\frac{2{,}898\times 10^{-3}}{5800}\approx 5{,}00\times 10^{-7} m, soit 500 nm, en plein milieu du visible, dans le vert. Corps humain : λmax=2,898×1033109,35×106\lambda_{max}=\frac{2{,}898\times 10^{-3}}{310}\approx 9{,}35\times 10^{-6} m, soit 9,3 μm, dans l'infrarouge lointain, totalement invisible à l'œil mais parfaitement capté par une caméra thermique. La coïncidence entre le maximum solaire et le pic de sensibilité de l'œil, autour de 555 nm, n'en est évidemment pas une : l'œil a évolué sous cette lumière et s'est ajusté à ce qui était le plus abondant.

b) λmax=2,898×10325001,16×106\lambda_{max}=\frac{2{,}898\times 10^{-3}}{2500}\approx 1{,}16\times 10^{-6} m, soit 1,16 μm : le maximum tombe dans l'INFRAROUGE, hors du visible. Une ampoule à incandescence émet donc l'essentiel de son rayonnement sous forme de chaleur invisible, et seule la frange courte de sa distribution atteint le visible; son rendement lumineux plafonne autour de 5 %. Pour faire mieux, il faudrait monter la température, mais le tungstène fond à 3695 K : la physique du corps noir condamnait l'ampoule à filament bien avant que la réglementation ne s'en mêle.

c) P=σA(T4T04)=(5,67×108)(1,8)(30642934)1,4×102P=\sigma A(T^{4}-T_{0}^{4})=(5{,}67\times 10^{-8})(1{,}8)(306^{4}-293^{4})\approx 1{,}4\times 10^{2} W. Environ 140 W, soit davantage que le métabolisme de base d'un adulte au repos, ce qui explique qu'on se refroidisse très vite, nu, dans une pièce pourtant à 20 °C. La puissance nette est proportionnelle à la DIFFÉRENCE des puissances quatrièmes, jamais à la différence des températures : c'est pourquoi un écart de 13 degrés suffit à évacuer autant d'énergie. Les vêtements n'agissent pas en supprimant ce rayonnement mais en interposant une surface intermédiaire, plus froide côté extérieur.

d) La physique classique traitait le rayonnement comme un ensemble de modes d'oscillation dans une cavité, et le théorème d'équipartition attribuait à chacun la même énergie moyenne kTkT. Or le nombre de modes croît sans limite quand la longueur d'onde diminue : le total divergeait, et l'on prédisait qu'un four ouvert devrait émettre une bouffée mortelle d'ultraviolets. Planck a supposé que l'énergie d'un mode de fréquence ff ne peut valoir que nhfnhf, un multiple entier. Aux hautes fréquences, le PREMIER quantum hfhf devient déjà bien plus grand que l'énergie thermique typique kTkT : ces modes ne peuvent tout simplement pas être excités, ils restent gelés et cessent de contribuer. La divergence disparaît, et la courbe calculée épouse exactement l'expérience. Planck tenait cela pour un artifice mathématique; c'est Einstein qui, cinq ans plus tard, en a fait une réalité physique avec le photon.

e) Le maximum d'émission est inversement proportionnel à TT : il est donc divisé par deux, soit 250 nm, dans l'ultraviolet, et l'étoile paraît bleu-blanc puisqu'il ne nous reste que le bord de sa distribution. La puissance par mètre carré, elle, va comme T4T^{4} : elle est multipliée par 24=162^{4}=16. C'est la même loi qui classe les couleurs des objets chauffés : une braise rouge rayonne autour de 1000 K, un fer chauffé au blanc dépasse 1500 K, et sa couleur pâle signale non pas une nuance décorative mais un maximum d'émission déplacé vers le bleu et une puissance cinq fois supérieure. En astronomie, la couleur d'une étoile est un thermomètre.

5001000150020002500-2-1123453000 K : pic a 966 nm5800 K : pic a 500 nmintensite emiselongueur d'onde (nm)λ(max) · T = 2,898 × 10⁻³ m·Kplus c'est chaud, plus le pic se DEPLACE vers le bleu

Exercice 2 : L'énergie d'un photon

Données : h=6,63×1034h=6{,}63\times 10^{-34} J·s, c=3,0×108c=3{,}0\times 10^{8} m/s, 1 eV =1,6×1019=1{,}6\times 10^{-19} J.

  • a) Calculez l'énergie d'un photon de lumière verte (500 nm), en joules puis en électrons-volts.
  • b) Calculez l'énergie d'un photon d'une station FM à 100 MHz, en eV. Comparez au photon visible et concluez sur la granularité perceptible des deux rayonnements.
  • c) Un pointeur laser rouge (650 nm) émet 1,0 mW. Combien de photons sort-il par seconde ?
  • d) Pourquoi décrit-on sans problème une antenne radio avec des ondes classiques, alors que l'interaction des rayons X avec la matière exige des photons ?

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Réponses

  • a) E=hcλ4,0×1019E=\dfrac{hc}{\lambda}\approx 4{,}0\times 10^{-19} J, soit 2,5\approx 2{,}5 eV
  • b) 4,1×107\approx 4{,}1\times 10^{-7} eV : six millions de fois moins
  • c) N=PE3,3×1015N=\dfrac{P}{E}\approx 3{,}3\times 10^{15} photons par seconde
  • d) Tout tient au rapport entre le quantum et les énergies en jeu

a) E=hcλ=(6,63×1034)(3,0×108)500×1094,0×1019E=\frac{hc}{\lambda}=\frac{(6{,}63\times 10^{-34})(3{,}0\times 10^{8})}{500\times 10^{-9}}\approx 4{,}0\times 10^{-19} J, soit 3,98×10191,6×10192,5\frac{3{,}98\times 10^{-19}}{1{,}6\times 10^{-19}}\approx 2{,}5 eV. (Raccourci : 1240500=2,48\frac{1240}{500}=2{,}48 eV.) Les photons du visible vivent tous entre 1,8 et 3,1 eV : la même échelle que les liaisons chimiques, ce qui explique que la lumière visible pilote la photosynthèse et la vision.

b) E=hf=(6,63×1034)(1,0×108)=6,6×1026E=hf=(6{,}63\times 10^{-34})(1{,}0\times 10^{8})=6{,}6\times 10^{-26} J 4,1×107\approx 4{,}1\times 10^{-7} eV : six millions de fois moins qu'un photon visible. Un récepteur radio absorbe des flots de milliards de milliards de photons : le grain est si fin que l'énergie paraît parfaitement continue, comme une plage vue de loin paraît lisse.

c) Énergie d'un photon rouge : E=hcλ=1,989×1025650×1093,1×1019E=\frac{hc}{\lambda}=\frac{1{,}989\times 10^{-25}}{650\times 10^{-9}}\approx 3{,}1\times 10^{-19} J. Débit : N=PE=1,0×1033,06×10193,3×1015N=\frac{P}{E}=\frac{1{,}0\times 10^{-3}}{3{,}06\times 10^{-19}}\approx 3{,}3\times 10^{15} photons par seconde : trois millions de milliards, pour le plus modeste des pointeurs.

d) Tout dépend du rapport entre le quantum hfhf et les énergies mises en jeu. En radio, hf107hf\approx 10^{-7} eV est infime devant tout : les échanges par milliards de photons se moyennent en une onde continue, la description classique suffit. Un photon X porte 10410^{4} à 10510^{5} eV : UN seul suffit à ioniser un atome, à casser une liaison, à noircir un grain de pellicule : l'interaction est un événement individuel, discret, qu'aucune onde continue ne peut décrire. La frontière classique-quantique n'est pas une question de taille, mais de granularité relative.

Exercice 3 : L'effet photoélectrique : l'argument d'Einstein

Un métal a un travail d'extraction W0=2,0W_{0}=2{,}0 eV. On l'éclaire avec une lumière violette de 400 nm.

  • a) Citez deux observations expérimentales de l'effet photoélectrique que la théorie ondulatoire de la lumière ne peut pas expliquer, et montrez comment l'hypothèse du photon les explique d'un coup.
  • b) Calculez l'énergie cinétique maximale des électrons éjectés, puis le potentiel d'arrêt.
  • c) Calculez la longueur d'onde seuil du métal. Que se passe-t-il si on l'éclaire, même intensément, à 700 nm ?
  • d) On double l'intensité de la lumière à 400 nm. Qu'est-ce qui change, et qu'est-ce qui ne change pas ? Et si on passe plutôt à 350 nm ?

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Réponses

  • a) Le seuil en fréquence et l'émission instantanée : l'échange se fait par paquets
  • b) E=3,1E=3{,}1 eV, Ek,max=1,1E_{k,max}=1{,}1 eV, Va=1,1V_{a}=1{,}1 V
  • c) λ0=620\lambda_{0}=620 nm ; à 700700 nm, aucun électron, quelle que soit l'intensité
  • d) Intensité et fréquence agissent sur deux boutons différents

a) Premièrement, l'existence d'un SEUIL en fréquence : sous f0f_{0}, aucun électron ne sort, même sous une lumière aveuglante, alors qu'une onde devrait pouvoir accumuler l'énergie nécessaire en insistant. Deuxièmement, l'émission INSTANTANÉE, même en lumière très faible, là où une onde diluée devrait mettre des minutes à charger un électron. Avec le photon, tout s'éclaire : l'échange se fait par paquets hfhf, un électron absorbe UN photon; si hf<W0hf<W_{0}, le paquet est trop petit, aucune accumulation possible; s'il suffit, l'éjection est immédiate. L'énergie de la lumière n'est pas dans son intensité mais dans sa fréquence : c'est le renversement d'Einstein (1905).

b) Photon de 400 nm : E=1240400=3,1E=\frac{1240}{400}=3{,}1 eV. Bilan : Ek,max=EW0=3,12,0=1,1E_{k,max}=E-W_{0}=3{,}1-2{,}0=1{,}1 eV. Potentiel d'arrêt : Va=Ek,maxe=1,1V_{a}=\frac{E_{k,max}}{e}=1{,}1 V : la tension qui annule le courant mesure directement, en volts, l'énergie en eV.

c) λ0=hcW0=12402,0=620\lambda_{0}=\frac{hc}{W_{0}}=\frac{1240}{2{,}0}=620 nm : un rouge-orangé. À 700 nm, chaque photon ne porte que 12407001,8\frac{1240}{700}\approx 1{,}8 eV <2,0<2{,}0 eV : AUCUN électron ne sort, quelle que soit l'intensité; multiplier les photons trop faibles ne fabrique pas un photon assez fort.

d) Doubler l'intensité à 400 nm double le NOMBRE de photons par seconde : deux fois plus d'électrons éjectés (courant double), mais chacun avec la même énergie maximale de 1,1 eV : le potentiel d'arrêt ne bouge pas. Passer à 350 nm change le photon lui-même : E=12403503,5E=\frac{1240}{350}\approx 3{,}5 eV, donc Ek,max1,5E_{k,max}\approx 1{,}5 eV et Va1,5V_{a}\approx 1{,}5 V, courant comparable. Intensité et fréquence agissent sur deux boutons différents : c'est exactement la signature corpusculaire.

24681012-3-2-1123456seuil f₀ordonnée à l'origine = -Wpente = haucun électron émissous f₀, même très éclairéfréquence fEc max

Exercice 4 : Le spectre de l'hydrogène par le modèle de Bohr

Dans le modèle de Bohr, les niveaux d'énergie de l'hydrogène valent En=13,6n2E_{n}=-\frac{13{,}6}{n^{2}} eV.

  • a) Calculez les énergies des trois premiers niveaux. Pourquoi ces énergies sont-elles négatives, et que signifie le zéro ?
  • b) Calculez l'énergie et la longueur d'onde du photon émis lors de la transition du niveau 3 vers le niveau 2. À quelle couleur correspond-il ?
  • c) Calculez l'énergie d'ionisation de l'atome depuis son fondamental et la longueur d'onde maximale d'un photon capable d'ioniser.
  • d) Expliquez pourquoi le spectre d'émission de l'hydrogène est fait de raies discrètes et non d'un continuum, et pourquoi les raies d'ABSORPTION apparaissent exactement aux mêmes longueurs d'onde.

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Réponses

  • a) 13,6-13{,}6, 3,40-3{,}40 et 1,51-1{,}51 eV : le zéro est l'électron libre au repos
  • b) 1,891{,}89 eV, soit 657\approx 657 nm : la raie rouge Hα\alpha
  • c) 13,613{,}6 eV et λ91\lambda\approx 91 nm, dans l'ultraviolet lointain
  • d) Seules les DIFFÉRENCES de niveaux existent, en émission comme en absorption

a) E1=13,6E_{1}=-13{,}6 eV, E2=13,64=3,40E_{2}=-\frac{13{,}6}{4}=-3{,}40 eV, E3=13,691,51E_{3}=-\frac{13{,}6}{9}\approx-1{,}51 eV. Le zéro est la référence : électron arraché, immobile, infiniment loin du proton. Les énergies liées sont négatives parce qu'il FAUT fournir de l'énergie pour libérer l'électron : le signe moins mesure la profondeur du puits.

b) ΔE=E3E2=1,51(3,40)=1,89\Delta E=E_{3}-E_{2}=-1{,}51-(-3{,}40)=1{,}89 eV. Longueur d'onde : λ=12401,89657\lambda=\frac{1240}{1{,}89}\approx 657 nm : la raie ROUGE de la série de Balmer (Hα\alpha), celle qui colore les nébuleuses en rose. Un calcul de tête retrouve la couleur du ciel profond : c'est le triomphe du modèle de Bohr (1913).

c) Depuis le fondamental, il faut combler 13,613{,}6 eV. Longueur d'onde maximale : λ=124013,691\lambda=\frac{1240}{13{,}6}\approx 91 nm : de l'ultraviolet lointain. Tout photon plus court ionise aussi (le surplus part en énergie cinétique de l'électron); tout photon plus long en est incapable... sauf à trouver l'atome déjà excité.

d) L'électron n'a pas accès à un continuum d'énergies : seuls les niveaux EnE_{n} existent, donc seules les DIFFÉRENCES EniEnfE_{n_{i}}-E_{n_{f}} peuvent sortir en photons : un peigne de raies, empreinte digitale de l'élément. En absorption, le mécanisme joue à l'envers : l'atome ne peut avaler QUE les photons dont l'énergie correspond exactement à un saut permis : mêmes différences, mêmes longueurs d'onde, raies sombres sur fond continu. C'est ainsi qu'on lit la composition du Soleil sans y aller : ses raies d'absorption sont les mêmes que celles de nos lampes à hydrogène.

n = 1-13,60 eVn = 2-3,40 eVn = 3-1,51 eVn = ∞0 eVn = 4, 5, ...LymanBalmerles niveaux se resserrent en 1/n² vers l'ionisation

Exercice 5 : La longueur d'onde de de Broglie

En 1924, de Broglie postule que toute particule de quantité de mouvement pp possède une longueur d'onde λ=hp\lambda=\frac{h}{p}.

  • a) Un électron est accéléré depuis le repos sous 100 V. Calculez sa vitesse, sa quantité de mouvement et sa longueur d'onde de de Broglie.
  • b) Calculez la longueur d'onde de de Broglie d'une balle de baseball (145 g) lancée à 40 m/s.
  • c) Comparez les deux résultats à des tailles caractéristiques (atome : environ 101010^{-10} m) et expliquez pourquoi l'électron diffracte sur un cristal alors que la balle ne diffractera jamais sur rien.
  • d) Pourquoi un microscope électronique voit-il des détails inaccessibles au meilleur microscope optique ? Reliez la réponse à la diffraction du chapitre précédent.

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Réponses

  • a) v5,9×106v\approx 5{,}9\times 10^{6} m/s et λ0,12\lambda\approx 0{,}12 nm
  • b) λ1,1×1034\lambda\approx 1{,}1\times 10^{-34} m
  • c) L'électron est à l'échelle atomique, la balle vingt-quatre ordres en dessous
  • d) Voir petit, c'est d'abord éclairer court

a) 12mv2=eV\frac{1}{2}mv^{2}=eV donne v=2(1,6×1019)(100)9,11×10315,9×106v=\sqrt{\frac{2(1{,}6\times 10^{-19})(100)}{9{,}11\times 10^{-31}}}\approx 5{,}9\times 10^{6} m/s. Quantité de mouvement : p=mv(9,11×1031)(5,93×106)5,4×1024p=mv\approx(9{,}11\times 10^{-31})(5{,}93\times 10^{6})\approx 5{,}4\times 10^{-24} kg·m/s. D'où λ=hp=6,63×10345,4×10241,2×1010\lambda=\frac{h}{p}=\frac{6{,}63\times 10^{-34}}{5{,}4\times 10^{-24}}\approx 1{,}2\times 10^{-10} m : 0,12 nm.

b) p=mv=(0,145)(40)=5,8p=mv=(0{,}145)(40)=5{,}8 kg·m/s, donc λ=6,63×10345,81,1×1034\lambda=\frac{6{,}63\times 10^{-34}}{5{,}8}\approx 1{,}1\times 10^{-34} m.

c) La longueur d'onde de l'électron (100 V, à peine une pile) tombe PILE à l'échelle atomique : les plans d'un cristal, espacés d'environ 101010^{-10} m, forment pour lui un réseau de diffraction naturel : c'est l'expérience de Davisson et Germer (1927), qui a confirmé de Broglie en observant des électrons interférer comme des rayons X. La balle, elle, est à 103410^{-34} m : vingt-quatre ordres de grandeur sous la taille d'un atome; aucune ouverture dans l'univers n'est assez fine pour révéler son onde. La dualité est universelle en principe, invisible en pratique dès que hh est écrasé par pp.

d) La diffraction interdit de résoudre des détails plus petits qu'environ une longueur d'onde : l'optique visible bute vers 400 nm, quelques milliers d'atomes. Les électrons du a), avec 0,12 nm sous une tension modeste (et bien moins encore sous 100 kV), abaissent cette limite de plusieurs ordres de grandeur : le microscope électronique ne gagne pas par de meilleures lentilles, il gagne en changeant d'onde. Voir petit, c'est d'abord éclairer court.

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : L'effet Compton et le principe d'incertitude

En 1923, Compton envoie des rayons X sur du graphite et constate que la longueur d'onde du rayonnement diffusé a AUGMENTÉ, d'une quantité qui ne dépend que de l'angle : Δλ=hmec(1cosθ)\Delta\lambda=\frac{h}{m_{e}c}(1-\cos\theta). Le rayon X incident vaut 71,0 pm. Les questions d) et e) portent sur le principe d'incertitude, ΔxΔp\Delta x\,\Delta p\gtrsim\hbar, avec =1,055×1034\hbar=1{,}055\times 10^{-34} J·s.

  • a) Calculez la longueur d'onde de Compton hmec\frac{h}{m_{e}c}, puis le décalage pour une diffusion à 90° et à 180°.
  • b) Pour la diffusion à 90°, calculez l'énergie du photon incident et celle du photon diffusé, en keV, puis l'énergie cinétique communiquée à l'électron.
  • c) Le décalage ne dépend PAS de la longueur d'onde incidente. Calculez le décalage relatif pour de la lumière visible à 500 nm et expliquez pourquoi l'effet Compton exige des rayons X.
  • d) Qu'est-ce que cette expérience a définitivement établi, que l'effet photoélectrique ne montrait pas encore ?
  • e) Un électron est confiné dans un atome, sur une dimension de 1,0×10101{,}0\times 10^{-10} m. Estimez sa quantité de mouvement minimale et l'énergie cinétique correspondante, en eV. Refaites l'estimation pour un électron qu'on tenterait d'enfermer dans un noyau (101510^{-15} m), en utilisant EpcE\approx pc à cette échelle. Que concluez-vous ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) hmec=2,43\dfrac{h}{m_{e}c}=2{,}43 pm ; 2,432{,}43 pm à 90°90° et 4,854{,}85 pm à 180°180°
  • b) 17,517{,}5 keV puis 16,916{,}9 keV : l'électron emporte 578\approx 578 eV
  • c) 3,4%3{,}4\,\% pour un rayon X contre 5×1065\times 10^{-6} dans le visible
  • d) Le photon a une quantité de mouvement : c'est un vrai choc à deux corps
  • e) 3,8\approx 3{,}8 eV dans l'atome, mais 200\approx 200 MeV dans un noyau : impossible

a) hmec=6,63×1034(9,11×1031)(3,0×108)2,43×1012\frac{h}{m_{e}c}=\frac{6{,}63\times 10^{-34}}{(9{,}11\times 10^{-31})(3{,}0\times 10^{8})}\approx 2{,}43\times 10^{-12} m, soit 2,43 pm. À 90°, cosθ=0\cos\theta=0 et Δλ=2,43\Delta\lambda=2{,}43 pm. À 180°, rétrodiffusion, cosθ=1\cos\theta=-1 et Δλ=4,85\Delta\lambda=4{,}85 pm, le maximum possible. C'est la signature d'un choc : le photon cède le plus d'énergie quand il repart en arrière, exactement comme une bille qui rebondit de plein fouet.

b) Photon incident : E=hcλ=(6,63×1034)(3,0×108)71,0×10122,80×1015E=\frac{hc}{\lambda}=\frac{(6{,}63\times 10^{-34})(3{,}0\times 10^{8})}{71{,}0\times 10^{-12}}\approx 2{,}80\times 10^{-15} J, soit 2,80×10151,6×101917,5\frac{2{,}80\times 10^{-15}}{1{,}6\times 10^{-19}}\approx 17{,}5 keV. Photon diffusé, de longueur d'onde 71,0+2,43=73,471{,}0+2{,}43=73{,}4 pm : E2,71×1015E'\approx 2{,}71\times 10^{-15} J, soit 16,9 keV. Par conservation de l'énergie, l'électron emporte la différence : EE5,8×102E-E'\approx 5{,}8\times 10^{2} eV, environ 578 eV. Notez la modestie du transfert, à peine 3 % : le photon rebondit sur une particule bien plus massive que lui, du moins en équivalent d'inertie.

c) Le décalage est ABSOLU, toujours de quelques picomètres, jamais proportionnel à λ\lambda. Pour un rayon X de 71 pm, il représente 2,4371,03,4\frac{2{,}43}{71{,}0}\approx 3{,}4 %, largement mesurable. Pour de la lumière visible à 500 nm, il ne représente que 2,43×10125,0×1074,9×106\frac{2{,}43\times 10^{-12}}{5{,}0\times 10^{-7}}\approx 4{,}9\times 10^{-6}, cinq millionièmes, indétectable avec les moyens de l'époque comme avec un spectromètre ordinaire aujourd'hui. Voilà pourquoi l'effet est resté invisible tant qu'on n'a travaillé qu'en lumière visible, et pourquoi il fallait des rayons X pour le révéler : il fallait un photon dont l'énergie soit comparable à l'énergie de masse de l'électron.

d) L'effet photoélectrique établissait que la lumière échange son énergie par paquets hfhf. Il restait possible de sauver l'idée d'une onde en attribuant la granularité au métal plutôt qu'à la lumière. Compton ferme cette porte : pour rendre compte du décalage angulaire, il faut appliquer au photon la conservation de la QUANTITÉ DE MOUVEMENT, avec p=hλp=\frac{h}{\lambda}, exactement comme dans un choc élastique à deux corps de mécanique. Le photon n'est donc pas seulement un grain d'énergie, c'est un grain doté d'une impulsion, qui rebondit, transfère et recule. C'est le point où le photon cesse d'être une commodité de calcul pour devenir une particule, et Compton reçoit le Nobel en 1927.

e) Dans l'atome : pΔx=1,055×10341,0×10101,06×1024p\approx\frac{\hbar}{\Delta x}=\frac{1{,}055\times 10^{-34}}{1{,}0\times 10^{-10}}\approx 1{,}06\times 10^{-24} kg·m/s, d'où Ek=p22me6,1×1019E_{k}=\frac{p^{2}}{2m_{e}}\approx 6{,}1\times 10^{-19} J, soit environ 3,8 eV. C'est le même ordre de grandeur que les 13,6 eV qui lient réellement l'électron : le principe d'incertitude explique donc la TAILLE de l'atome. Comprimer l'électron plus près du noyau réduirait son énergie potentielle, mais au prix d'une énergie cinétique de confinement qui croît en 1Δx2\frac{1}{\Delta x^{2}}, donc plus vite : il existe un rayon d'équilibre, et l'atome ne s'effondre pas. Dans le noyau : p1,055×10341,0×10151,06×1019p\approx\frac{1{,}055\times 10^{-34}}{1{,}0\times 10^{-15}}\approx 1{,}06\times 10^{-19} kg·m/s, et comme cette valeur est ultrarelativiste, Epc3,2×1011E\approx pc\approx 3{,}2\times 10^{-11} J, soit près de 200 MeV. Or aucune force nucléaire ne lie quoi que ce soit avec une énergie pareille, les énergies de liaison par nucléon étant de l'ordre de 8 MeV. Conclusion : un électron ne peut PAS résider dans un noyau, ce qui a définitivement écarté le modèle des électrons nucléaires et imposé, après la découverte du neutron en 1932, le noyau fait de protons et de neutrons. Les électrons de la radioactivité bêta ne préexistent pas dans le noyau, ils y sont créés au moment de la désintégration.

Exercice 7 : La datation au carbone 14

Le carbone 14, radioactif, a une demi-vie de 5730 ans. Les êtres vivants maintiennent une proportion constante de carbone 14 tant qu'ils échangent avec l'atmosphère; à leur mort, l'horloge démarre.

  • a) Expliquez le principe de la datation : pourquoi la proportion est-elle constante durant la vie, et que se passe-t-il ensuite ?
  • b) Un fragment de bois d'un site archéologique ne contient plus que 25 % du carbone 14 d'un bois vivant. Datez-le sans calculatrice.
  • c) Calculez la constante de désintégration du carbone 14, puis l'âge exact d'un échantillon qui en conserve 30 %.
  • d) Expliquez pourquoi le carbone 14 est inutilisable pour dater un fossile de dinosaure (66 millions d'années), et peu fiable pour un objet vieux de 50 ans. Quelle est la fenêtre utile de la méthode ?
  • e) Que faudrait-il utiliser pour le dinosaure ? Donnez le principe du choix.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Les échanges maintiennent l'équilibre ; à la mort, l'horloge démarre
  • b) 25%=(1/2)225\,\% = (1/2)^{2}, soit deux demi-vies : 1146011\,460 ans
  • c) λ=ln2T1,21×104\lambda=\dfrac{\ln 2}{T}\approx 1{,}21\times 10^{-4} an⁻¹, et t9950t\approx 9950 ans
  • d) Fenêtre utile de quelques siècles à 5000050\,000 ans
  • e) On choisit son sablier à la taille de la durée à mesurer

a) Le carbone 14 se désintègre en permanence, mais le vivant le renouvelle en respirant et en mangeant : l'équilibre entre pertes et apports fixe la proportion. À la mort, les échanges cessent, les pertes continuent : la proportion décroît exponentiellement, et son niveau actuel mesure le temps écoulé. Un organisme mort est un sablier qu'on ne retourne plus.

b) 25 %=14=(12)225\ \%=\frac{1}{4}=\left(\frac{1}{2}\right)^{2} : exactement DEUX demi-vies. Âge : 2×5730=114602\times 5730=11\,460 ans : la fin de la dernière glaciation.

c) λ=ln2T=0,69357301,21×104\lambda=\frac{\ln 2}{T}=\frac{0{,}693}{5730}\approx 1{,}21\times 10^{-4} an1^{-1}. Puis N=N0eλtN=N_{0}e^{-\lambda t} donne t=ln(N0/N)λ=ln(1/0,30)1,21×104=1,2041,21×1049950t=\frac{\ln(N_{0}/N)}{\lambda}=\frac{\ln(1/0{,}30)}{1{,}21\times 10^{-4}}=\frac{1{,}204}{1{,}21\times 10^{-4}}\approx 9950 ans. Cohérent : 30 % se situe entre une demi-vie (50 %) et deux (25 %), donc entre 5730 et 11 460 ans, plus près du second.

d) À 66 millions d'années, il s'est écoulé plus de 11 000 demi-vies : la fraction restante vaut (12)11500\left(\frac{1}{2}\right)^{11\,500}, zéro à toute précision physique : il ne reste littéralement pas un atome à compter, et le moindre gramme de contamination moderne domine le signal. À 50 ans, à l'inverse, il ne s'est désintégré qu'environ 0,6 % du stock : la variation est noyée dans les incertitudes. La méthode est fiable, grosso modo, de quelques siècles à 50 000 ans : l'horloge doit avoir tourné, mais pas fini de tourner.

e) Il faut un isotope dont la demi-vie soit comparable à l'âge visé : pour les dinosaures, les couples géologiques comme potassium-argon (T1,25T\approx 1{,}25 milliard d'années) ou uranium-plomb, appliqués aux roches qui encadrent le fossile. Règle générale : on choisit son sablier à la taille de la durée à mesurer, comme on ne chronomètre pas un marathon avec un sablier de trois minutes.

50001000015000200002500030000-0.4-0.20.20.40.60.811.2fraction de ¹⁴C restanteage (annees)5730 ansau-dela de 50 000 ans il ne restepresque plus rien a mesurerchaque demi-vie divise par deux, quel que soit le point de depart

Exercice 8 : Le noyau : défaut de masse, fission et fusion

La masse d'un noyau est TOUJOURS inférieure à la somme des masses de ses nucléons pris séparément; la différence, convertie par E=mc2E=mc^{2}, est l'énergie qui les lie. On prend mp=1,00728m_{p}=1{,}00728 u, mn=1,00866m_{n}=1{,}00866 u, et la conversion 1 u =931,5=931{,}5 MeV/c2c^{2}. Le noyau d'hélium 4 a une masse de 4,00151 u.

  • a) Calculez le défaut de masse de l'hélium 4, son énergie de liaison totale et son énergie de liaison PAR NUCLÉON.
  • b) La courbe de l'énergie de liaison par nucléon culmine vers 8,8 MeV autour du fer 56, puis redescend. Expliquez pourquoi cette forme rend possibles DEUX sources d'énergie nucléaire opposées, et pourquoi le fer est le terminus.
  • c) Une fission d'uranium 235 libère environ 200 MeV. Calculez la masse convertie en énergie, la fraction de la masse initiale que cela représente, et l'énergie libérée par kilogramme d'uranium 235. Comparez au charbon, environ 3×1073\times 10^{7} J/kg.
  • d) La réaction de fusion deutérium-tritium libère 17,6 MeV pour cinq nucléons. Calculez l'énergie par kilogramme de mélange et comparez à la fission.
  • e) Estimez la barrière coulombienne entre deux noyaux légers qui doivent s'approcher à 3×10153\times 10^{-15} m, en keV. Comparez à l'énergie thermique kTkT au cœur du Soleil (1,5×1071{,}5\times 10^{7} K, k=1,38×1023k=1{,}38\times 10^{-23} J/K). Comment la fusion peut-elle malgré tout se produire ?

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Réponses

  • a) Δm=0,03037\Delta m=0{,}03037 u, E=28,3E=28{,}3 MeV, soit 7,077{,}07 MeV par nucléon
  • b) Fusion à gauche, fission à droite : le fer est au sommet, donc le terminus
  • c) 8,2×1013\approx 8{,}2\times 10^{13} J/kg, presque trois millions de fois le charbon
  • d) 3,4×1014\approx 3{,}4\times 10^{14} J/kg, quatre fois la fission
  • e) Barrière de 480480 keV contre 1,31{,}3 keV thermiques : c'est l'effet tunnel qui sauve

a) Somme des nucléons libres : 2(1,00728)+2(1,00866)=4,031882(1{,}00728)+2(1{,}00866)=4{,}03188 u. Défaut de masse : Δm=4,031884,00151=0,03037\Delta m=4{,}03188-4{,}00151=0{,}03037 u. Énergie de liaison : E=(0,03037)(931,5)28,3E=(0{,}03037)(931{,}5)\approx 28{,}3 MeV, soit 28,347,07\frac{28{,}3}{4}\approx 7{,}07 MeV par nucléon. Autrement dit, assembler un noyau d'hélium libère 28 MeV, et il faudrait fournir autant pour le démonter. Rapporté au total, le défaut ne représente que 0,75 % de la masse : la masse d'un objet n'est pas la somme des masses de ses parties, elle inclut l'énergie de liaison, comptée négativement.

b) Un noyau situé à GAUCHE du maximum peut gagner de l'énergie de liaison par nucléon en fusionnant avec un autre : il se rapproche du sommet, et l'excédent est libéré. Un noyau situé à DROITE gagne au contraire à se casser en deux morceaux plus proches du fer : c'est la fission. Les deux processus vont donc dans le même sens, celui de la montée vers le maximum, mais partent de côtés opposés. Le fer 56, au sommet, est le noyau le plus lié qui soit : ni le fusionner ni le fissionner ne rapporte quoi que ce soit, il faut au contraire payer dans les deux cas. C'est pourquoi une étoile massive, qui fabrique des éléments de plus en plus lourds par fusions successives, s'arrête net quand son cœur devient du fer : la source d'énergie qui la soutenait contre sa propre gravité s'éteint, et l'effondrement qui suit produit une supernova. Tous les éléments plus lourds que le fer ont d'ailleurs été forgés dans ces cataclysmes, à contre-courant énergétique.

c) Δm=200931,50,215\Delta m=\frac{200}{931{,}5}\approx 0{,}215 u sur les 235 de départ, soit environ 0,09 % de la masse. Nombre de noyaux dans un kilogramme : 1000235×6,022×10232,56×1024\frac{1000}{235}\times 6{,}022\times 10^{23}\approx 2{,}56\times 10^{24}. Énergie totale : (2,56×1024)(200×106)(1,6×1019)8,2×1013(2{,}56\times 10^{24})(200\times 10^{6})(1{,}6\times 10^{-19})\approx 8{,}2\times 10^{13} J/kg. Le charbon fournit 3×1073\times 10^{7} J/kg : le rapport est de l'ordre de 2,7×1062{,}7\times 10^{6}, presque trois millions. Un kilogramme d'uranium remplace environ 2700 tonnes de charbon, et cette disproportion tient entièrement au fait que les énergies nucléaires se comptent en MeV quand les énergies chimiques se comptent en eV.

d) 10005×6,022×10231,20×1026\frac{1000}{5}\times 6{,}022\times 10^{23}\approx 1{,}20\times 10^{26} réactions par kilogramme, chacune à 17,6 MeV : (1,20×1026)(17,6×106)(1,6×1019)3,4×1014(1{,}20\times 10^{26})(17{,}6\times 10^{6})(1{,}6\times 10^{-19})\approx 3{,}4\times 10^{14} J/kg, soit environ QUATRE fois la fission. La raison est directement lisible sur la courbe du b) : la fission gagne 2002360,85\frac{200}{236}\approx 0{,}85 MeV par nucléon, la fusion D-T en gagne 17,653,5\frac{17{,}6}{5}\approx 3{,}5 MeV, quatre fois plus, parce que la pente de la courbe est bien plus raide du côté des noyaux légers.

e) U=ke2r=(9,0×109)(1,6×1019)23,0×10157,7×1014U=\frac{ke^{2}}{r}=\frac{(9{,}0\times 10^{9})(1{,}6\times 10^{-19})^{2}}{3{,}0\times 10^{-15}}\approx 7{,}7\times 10^{-14} J, soit environ 480 keV. Énergie thermique au cœur du Soleil : kT=(1,38×1023)(1,5×107)2,1×1016kT=(1{,}38\times 10^{-23})(1{,}5\times 10^{7})\approx 2{,}1\times 10^{-16} J, soit 1,3 keV seulement : la barrière est près de QUATRE CENTS fois trop haute. Classiquement, le Soleil ne devrait pas briller. Deux effets quantiques et statistiques sauvent la mise. D'abord, la distribution de Maxwell-Boltzmann possède une queue : une fraction infime des noyaux, mais non nulle, se déplace bien plus vite que la moyenne. Ensuite et surtout, l'effet TUNNEL permet à un noyau de franchir la barrière sans avoir l'énergie de la surmonter, avec une probabilité minuscule mais qui, multipliée par le nombre colossal de noyaux et par les milliards d'années disponibles, suffit amplement. C'est d'ailleurs cette improbabilité qui fait la chance de l'humanité : si la fusion était facile, le Soleil aurait brûlé tout son hydrogène en quelques millions d'années au lieu de dix milliards.

4080120160200240280-4-2246810energie de liaison par nucleon (MeV)nombre de nucleons Afer 56 : le plus liefusionfissionles deux voies MONTENT vers le fer :c'est en s'en rapprochant qu'on libere de l'energie

Exercice 9 : E = mc² : le Soleil qui maigrit

Le Soleil rayonne une puissance de 3,8×10263{,}8\times 10^{26} W. Sa masse vaut 2,0×10302{,}0\times 10^{30} kg et son âge environ 4,5 milliards d'années (1 an 3,16×107\approx 3{,}16\times 10^{7} s).

  • a) Énoncez ce que signifie physiquement E=mc2E=mc^{2}, et pourquoi le facteur c2c^{2} rend l'équivalence si spectaculaire.
  • b) Calculez la masse que le Soleil convertit en rayonnement chaque seconde.
  • c) Calculez la masse totale rayonnée depuis sa naissance et la fraction de sa masse que cela représente. Le Soleil a-t-il sensiblement maigri ?
  • d) Une fission d'uranium libère environ 200 MeV, une combustion chimique quelques eV par molécule. Estimez le rapport et expliquez, avec le vocabulaire du chapitre, d'où vient l'énorme densité d'énergie du nucléaire.

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Réponses

  • a) Masse et énergie sont deux visages d'une même grandeur, au taux c2c^{2}
  • b) Pc24,2×109\dfrac{P}{c^{2}}\approx 4{,}2\times 10^{9} kg/s
  • c) 6,0×1026\approx 6{,}0\times 10^{26} kg, soit 3,0×1043{,}0\times 10^{-4} de sa masse
  • d) 5×1075\times 10^{7} : la chimie remanie les électrons, le nucléaire le noyau

a) Masse et énergie sont deux visages de la même grandeur : toute énergie possède une masse, toute masse est de l'énergie condensée, au taux de change c2=9,0×1016c^{2}=9{,}0\times 10^{16} J/kg. Ce facteur colossal explique la dissymétrie du quotidien : des énergies énormes correspondent à des masses infimes, c'est pourquoi personne n'avait remarqué l'équivalence avant 1905.

b) ΔmΔt=Pc2=3,8×10269,0×10164,2×109\frac{\Delta m}{\Delta t}=\frac{P}{c^{2}}=\frac{3{,}8\times 10^{26}}{9{,}0\times 10^{16}}\approx 4{,}2\times 10^{9} kg/s : plus de quatre millions de tonnes par seconde, converties en lumière par la fusion de l'hydrogène en hélium.

c) Durée : 4,5×109×3,16×1071,4×10174{,}5\times 10^{9}\times 3{,}16\times 10^{7}\approx 1{,}4\times 10^{17} s. Masse rayonnée : (4,22×109)(1,42×1017)6,0×1026(4{,}22\times 10^{9})(1{,}42\times 10^{17})\approx 6{,}0\times 10^{26} kg. Fraction : 6,0×10262,0×1030=3,0×104\frac{6{,}0\times 10^{26}}{2{,}0\times 10^{30}}=3{,}0\times 10^{-4} : trois centièmes de pour cent en quatre milliards et demi d'années. Le régime le plus extrême de l'univers ne fait perdre au Soleil presque rien : voilà, en un nombre, la puissance du taux de change c2c^{2}.

d) 200×106 eV4 eV5×107\frac{200\times 10^{6}\ \mathrm{eV}}{4\ \mathrm{eV}}\approx 5\times 10^{7} : le nucléaire libère des dizaines de millions de fois plus d'énergie par réaction que la chimie. La raison tient aux échelles du chapitre : la chimie remanie les ÉLECTRONS, liés à quelques eV; le nucléaire remanie le NOYAU, dont les liaisons se comptent en MeV, et la différence de masse correspondante, environ un millième de la masse du noyau, part en énergie via E=mc2E=mc^{2}. Un gramme de combustible nucléaire vaut ainsi des tonnes de combustible chimique : même équation, étage supérieur de l'édifice atomique.

Exercice 10 : La relativité restreinte : dilatation, contraction et énergie

Les deux postulats d'Einstein (1905) sont que les lois de la physique sont les mêmes dans tous les référentiels inertiels, et que la vitesse de la lumière y vaut toujours cc. Il en découle le facteur γ=11v2c2\gamma=\frac{1}{\sqrt{1-\frac{v^{2}}{c^{2}}}}, la dilatation du temps Δt=γΔtpropre\Delta t=\gamma\Delta t_{propre}, la contraction des longueurs L=LpropreγL=\frac{L_{propre}}{\gamma} et l'énergie E=γmc2E=\gamma mc^{2}. L'énergie de masse de l'électron vaut 0,511 MeV.

  • a) Calculez γ\gamma pour v=0,60cv=0{,}60c, 0,90c0{,}90c et 0,99c0{,}99c. Que remarquez-vous sur sa croissance ?
  • b) Un muon créé à 10,0 km d'altitude file à 0,998c0{,}998c et se désintègre en moyenne au bout de 2,2 μs dans son propre référentiel. Calculez la distance qu'il parcourrait sans relativité, puis la distance réellement parcourue. Refaites le raisonnement DANS le référentiel du muon et vérifiez l'accord.
  • c) Un électron est accéléré à 0,99c0{,}99c. Calculez son énergie totale, son énergie cinétique, et comparez cette dernière à la valeur classique 12mv2\frac{1}{2}mv^{2}.
  • d) Pourquoi aucun objet massif ne peut-il atteindre cc ? Répondez à partir de l'expression de l'énergie.
  • e) La relation générale s'écrit E2=(pc)2+(mc2)2E^{2}=(pc)^{2}+(mc^{2})^{2}. Vérifiez qu'elle redonne E=mc2E=mc^{2} au repos, puis appliquez-la au photon, de masse nulle. Quel lien avec la relation de de Broglie et avec l'effet Compton ?

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Réponses

  • a) 1,251{,}25, 2,292{,}29 et 7,097{,}09 : γ\gamma explose dans les derniers pour cent
  • b) 659659 m sans relativité contre 10,410{,}4 km avec ; ou 632632 m contractés vus du muon
  • c) E=3,62E=3{,}62 MeV, K=3,11K=3{,}11 MeV contre 0,2500{,}250 MeV classiquement
  • d) γ\gamma\to\infty quand vcv\to c : il faudrait une énergie infinie
  • e) Pour le photon, E=pcE=pc donne p=hλp=\dfrac{h}{\lambda} : de Broglie et Compton réunis

a) γ(0,60c)=110,36=10,80=1,25\gamma(0{,}60c)=\frac{1}{\sqrt{1-0{,}36}}=\frac{1}{0{,}80}=1{,}25; γ(0,90c)=10,192,29\gamma(0{,}90c)=\frac{1}{\sqrt{0{,}19}}\approx 2{,}29; γ(0,99c)=10,01997,09\gamma(0{,}99c)=\frac{1}{\sqrt{0{,}0199}}\approx 7{,}09. La croissance n'est pas régulière : γ\gamma reste proche de 1 sur presque tout le domaine, puis explose dans les derniers pour cent. À 60 % de la vitesse de la lumière, les effets ne dépassent pas 25 %, ce qui explique qu'ils soient restés invisibles pendant trois siècles de mécanique.

b) γ=110,998215,8\gamma=\frac{1}{\sqrt{1-0{,}998^{2}}}\approx 15{,}8. Sans relativité, le muon parcourrait d=vt=(0,998)(3,0×108)(2,2×106)659d=vt=(0{,}998)(3{,}0\times 10^{8})(2{,}2\times 10^{-6})\approx 659 m : il ne franchirait qu'un quinzième du trajet et pratiquement aucun muon n'atteindrait le sol. Avec la dilatation du temps, sa durée de vie mesurée DEPUIS LE SOL vaut γ(2,2 μs)34,8\gamma(2{,}2\ \mu\text{s})\approx 34{,}8 μs, et la distance parcourue 1,04×104\approx 1{,}04\times 10^{4} m, soit plus de 10 km : les muons arrivent en abondance, ce que l'on mesure effectivement au niveau de la mer. Dans le référentiel du MUON, rien n'est dilaté, sa vie dure bel et bien 2,2 μs; mais c'est l'atmosphère qui défile, et son épaisseur est CONTRACTÉE : 10 00015,8632\frac{10\ 000}{15{,}8}\approx 632 m, qu'il traverse en 6320,998×3,0×1082,1\frac{632}{0{,}998\times 3{,}0\times 10^{8}}\approx 2{,}1 μs, soit à peu près une durée de vie. Les deux descriptions, l'une en temps dilaté, l'autre en longueur contractée, sont incompatibles en apparence et donnent pourtant exactement la même prédiction observable. C'est le cœur de la relativité : ce qui se conserve n'est ni la durée ni la longueur, mais l'accord sur les FAITS.

c) E=γmc2=(7,089)(0,511)3,62E=\gamma mc^{2}=(7{,}089)(0{,}511)\approx 3{,}62 MeV. Énergie cinétique : K=(γ1)mc2=(6,089)(0,511)3,11K=(\gamma-1)mc^{2}=(6{,}089)(0{,}511)\approx 3{,}11 MeV. La formule classique donnerait 12mv2=12(0,511)(0,99)20,250\frac{1}{2}mv^{2}=\frac{1}{2}(0{,}511)(0{,}99)^{2}\approx 0{,}250 MeV, soit douze fois moins. À cette vitesse, la mécanique de Newton ne se trompe pas d'un peu, elle se trompe d'un ordre de grandeur, et c'est pourquoi tout accélérateur de particules est conçu de bout en bout sur les formules relativistes.

d) E=γmc2E=\gamma mc^{2} et γ\gamma\to\infty quand vcv\to c : atteindre exactement cc exigerait une énergie INFINIE pour toute masse non nulle. Quelle que soit la puissance investie, on ne fait donc que grignoter les décimales : au Grand collisionneur de hadrons, les protons atteignent 0,999999991c0{,}999999991c, avec γ7500\gamma\approx 7500, et l'essentiel de l'énergie fournie ne sert plus à les accélérer mais à augmenter leur inertie. La vitesse de la lumière n'est pas une limite de vitesse au sens d'une règle qu'on pourrait enfreindre : c'est une asymptote inscrite dans la structure de l'espace-temps.

e) Au repos, p=0p=0 et la relation donne E2=(mc2)2E^{2}=(mc^{2})^{2}, donc E=mc2E=mc^{2} : l'énergie de masse est retrouvée comme cas particulier. Pour un photon, m=0m=0, il reste E=pcE=pc, soit p=Ec=hfc=hλp=\frac{E}{c}=\frac{hf}{c}=\frac{h}{\lambda} : la quantité de mouvement du photon, postulée par de Broglie et vérifiée par Compton, sort directement de la relativité, sans hypothèse supplémentaire. La boucle est bouclée : c'est la même relation p=hλp=\frac{h}{\lambda} qui décrit la matière comme onde chez de Broglie et la lumière comme particule chez Compton. Elle explique aussi que le photon puisse transporter une impulsion sans posséder la moindre masse, ce qui rend possibles la pression de radiation, les voiles solaires et le refroidissement d'atomes par laser.

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