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Maths lycée, programme français • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : logique et démonstration (programme français)

Voici une série d'exercices corrigés de mathématiques du programme français, consacrée à la logique et à la démonstration. C'est le chapitre le moins enseigné pour lui-même et le plus utilisé : on le retrouve en Seconde dans le vocabulaire ensembliste, en Première dans chaque justification demandée, et en Terminale dans les démonstrations exigibles au baccalauréat.

Les autres séries de la banque traitent chacune un chapitre. Celle-ci traite ce qui les traverse tous : comment on établit qu'une affirmation est vraie, comment on montre qu'elle est fausse, et surtout comment on CHOISIT entre les cinq méthodes disponibles.

Aucune calculatrice n'est nécessaire. Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.

Rappel de cours

  • Négation : la négation de « x, P(x)\forall x,\ P(x) » est « x, non P(x)\exists x,\ \text{non }P(x) », et réciproquement. On échange les quantificateurs, puis on nie la propriété.
  • L'ordre des quantificateurs compte : « x, y\forall x,\ \exists y » autorise yy à dépendre de xx, alors que « y, x\exists y,\ \forall x » impose un seul yy pour tous les xx.
  • Contraposée de PQP\Rightarrow Q : c'est non Qnon P\text{non }Q\Rightarrow\text{non }P. Elle a TOUJOURS la même valeur de vérité que l'implication. La réciproque QPQ\Rightarrow P, elle, est une proposition indépendante.
  • Contre-exemple : un seul suffit à réfuter une proposition universelle, mais aucun nombre d'exemples ne suffit à en démontrer une. Le contre-exemple ne réfute jamais une proposition existentielle.
  • Disjonction de cas : les cas doivent être EXHAUSTIFS, c'est-à-dire couvrir tout le domaine. Ils peuvent en revanche se chevaucher sans dommage.
  • Absurde : on suppose la négation de la conclusion, on aboutit à une contradiction, on conclut. C'est l'outil des énoncés de non-existence et d'unicité.
  • Récurrence : initialisation ET hérédité. L'hérédité seule ne démontre rien, comme le montre la propriété « n=n+1n=n+1 », qui est héréditaire et pourtant fausse partout.
  • Négation d'un « et » : c'est un « ou », et inversement. Nier « aa et bb sont impairs » donne « l'un des deux au moins est pair ».

Partie A : Le langage et les outils (/50)

Exercice 1 : Quantificateurs, et comment nier une proposition

Les symboles \forall (pour tout) et \exists (il existe) fixent la PORTÉE d'une affirmation. Les manipuler correctement est la première compétence de tout le programme.

  • a) Traduisez en français : xR, x20\forall x\in\mathbb{R},\ x^{2}\geq 0.
  • b) Écrivez avec des quantificateurs : « tout réel non nul admet un inverse ».
  • c) Écrivez la négation de : xR, f(x)>0\forall x\in\mathbb{R},\ f(x)>0.
  • d) Écrivez la négation de : nN, n2=n+1\exists n\in\mathbb{N},\ n^{2}=n+1.
  • e) Les propositions xR, yR, y>x\forall x\in\mathbb{R},\ \exists y\in\mathbb{R},\ y>x et yR, xR, y>x\exists y\in\mathbb{R},\ \forall x\in\mathbb{R},\ y>x sont-elles équivalentes ?
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a) « Pour tout réel xx, le carré de xx est positif ou nul. » Autrement dit, le carré d'un nombre réel n'est jamais strictement négatif. C'est une proposition UNIVERSELLE : elle affirme quelque chose sur tous les réels sans exception.

b) xR, yR, xy=1\forall x\in\mathbb{R}^{*},\ \exists y\in\mathbb{R},\ xy=1. Deux points méritent attention. D'abord le domaine : on écrit R\mathbb{R}^{*} et non R\mathbb{R}, car 00 n'a pas d'inverse, et cette restriction fait partie de l'énoncé. Ensuite l'ordre : le yy dépend du xx choisi, il est donc quantifié APRÈS lui.

c) La négation d'une proposition universelle est une proposition EXISTENTIELLE, et l'inégalité se renverse en sa contraire : xR, f(x)0\exists x\in\mathbb{R},\ f(x)\leq 0. Deux erreurs classiques. Écrire x, f(x)0\forall x,\ f(x)\leq 0 revient à dire que la fonction est partout négative, ce qui est beaucoup plus fort que de nier qu'elle soit partout positive. Et écrire x, f(x)<0\exists x,\ f(x)<0 oublie le cas f(x)=0f(x)=0, qui suffit pourtant à faire échouer l'inégalité STRICTE de départ.

d) La négation d'une proposition existentielle est universelle : nN, n2n+1\forall n\in\mathbb{N},\ n^{2}\neq n+1. Cette négation se trouve d'ailleurs être vraie : n2n1=0n^{2}-n-1=0 a pour solutions 1±52\frac{1\pm\sqrt{5}}{2}, qui ne sont pas entières, donc aucun entier ne convient. Retenez la règle mécanique : pour nier, on échange \forall et \exists, puis on nie la propriété finale.

e) NON, elles ne sont pas équivalentes, et c'est le point le plus important de l'exercice. La première dit : pour chaque réel xx, on peut trouver un réel plus grand. Elle est VRAIE, il suffit de prendre y=x+1y=x+1, et ce yy change avec xx. La seconde dit : il existe un réel yy, fixé une fois pour toutes, qui est plus grand que TOUS les réels. Elle est FAUSSE, puisqu'un tel yy devrait être plus grand que y+1y+1.

L'ordre des quantificateurs change donc le sens de la phrase, et il ne se permute jamais librement. La règle à retenir est que dans x, y\forall x,\ \exists y, le yy peut DÉPENDRE de xx, alors que dans y, x\exists y,\ \forall x, le même yy doit convenir à tous les xx à la fois. La seconde affirmation est toujours la plus forte des deux : quand elle est vraie, la première l'est aussi, mais l'inverse est faux, comme on vient de le voir.

Exercice 2 : Implication, réciproque, contraposée, équivalence

On pose PP : « nn est un multiple de 44 » et QQ : « nn est pair », où nn désigne un entier naturel.

  • a) L'implication PQP\Rightarrow Q est-elle vraie ? Et sa réciproque QPQ\Rightarrow P ?
  • b) Écrivez la contraposée de PQP\Rightarrow Q et dites si elle est vraie.
  • c) Une implication et sa contraposée peuvent-elles avoir des valeurs de vérité différentes ?
  • d) A-t-on l'équivalence PQP\Leftrightarrow Q ? Justifiez.
  • e) Pourquoi confondre réciproque et contraposée est-il une faute de raisonnement, et pas seulement de vocabulaire ?
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a) PQP\Rightarrow Q est VRAIE : si nn s'écrit 4k4k, alors n=2(2k)n=2(2k) est bien pair. La réciproque QPQ\Rightarrow P est FAUSSE : n=6n=6 est pair sans être multiple de 44. Une implication et sa réciproque sont deux propositions INDÉPENDANTES, et la vérité de l'une ne dit rien de l'autre.

b) La contraposée de PQP\Rightarrow Q est non Qnon P\text{non }Q\Rightarrow\text{non }P, c'est-à-dire : « si nn n'est pas pair, alors nn n'est pas multiple de 44 ». Elle est VRAIE, et pour cause : un nombre impair ne peut pas être multiple de 44, puisqu'il n'est même pas multiple de 22.

c) NON, jamais. Une implication et sa contraposée sont LOGIQUEMENT ÉQUIVALENTES : elles sont vraies ensemble ou fausses ensemble. C'est précisément ce qui autorise le raisonnement par contraposée, qui consiste à démontrer non Qnon P\text{non }Q\Rightarrow\text{non }P quand c'est plus commode, et à en conclure PQP\Rightarrow Q sans autre justification.

d) NON. L'équivalence PQP\Leftrightarrow Q exigerait que les DEUX implications soient vraies, or la réciproque est fausse d'après a). On a donc PQP\Rightarrow Q mais pas QPQ\Rightarrow P. Traduction ensembliste, souvent éclairante : l'ensemble des multiples de 44 est STRICTEMENT INCLUS dans celui des pairs. Une implication est une inclusion, une équivalence est une égalité d'ensembles.

e) Parce que les deux transformations ne conservent pas la même chose. La CONTRAPOSÉE préserve la vérité, on peut donc l'utiliser librement dans une démonstration. La RÉCIPROQUE ne la préserve pas : la démontrer ne démontre rien sur l'implication de départ.

L'exemple ci-dessus le rend concret. Croire que « tout pair est multiple de 44 » découle de « tout multiple de 44 est pair », c'est confondre les deux, et c'est faux dès n=6n=6. La faute est donc bien de raisonnement : elle consiste à démontrer une proposition et à en conclure une autre. Contrôle utile : la contraposée NIE les deux membres et les ÉCHANGE, tandis que la réciproque se contente de les échanger. S'il n'y a pas de négation, ce n'est pas une contraposée.

Exercice 3 : Le contre-exemple : réfuter en une ligne

Pour réfuter une proposition universelle, un seul cas suffit. Encore faut-il savoir en trouver un, et savoir quand cette arme ne s'applique pas.

  • a) Réfutez : « tout nombre premier est impair ».
  • b) Réfutez : « pour tout réel xx, si x2>4x^{2}>4 alors x>2x>2 ».
  • c) Réfutez : « pour tous réels positifs aa et bb, a2+b2=a+b\sqrt{a^{2}+b^{2}}=a+b ».
  • d) Combien de contre-exemples faut-il pour réfuter ? Combien d'exemples faut-il pour démontrer ?
  • e) Peut-on réfuter par contre-exemple une proposition qui commence par « il existe » ?
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a) Le nombre 22 est premier, puisque ses seuls diviseurs positifs sont 11 et lui-même, et il est pair. La proposition est donc fausse. C'est d'ailleurs le SEUL contre-exemple possible, tous les autres nombres premiers étant impairs, mais un seul suffit et il est inutile d'en chercher d'autres.

b) Prenons x=3x=-3. Alors x2=9>4x^{2}=9>4, l'hypothèse est vérifiée, mais x=3x=-3 n'est pas supérieur à 22 : la conclusion est fausse. La proposition est réfutée. Ce contre-exemple est instructif, car il révèle l'erreur de fond : x2>4x^{2}>4 équivaut à x>2|x|>2, donc à x>2x>2 OU x<2x<-2, et l'énoncé avait oublié la moitié négative.

c) Prenons a=b=1a=b=1. À gauche, 1+1=21,41\sqrt{1+1}=\sqrt{2}\approx 1{,}41. À droite, 1+1=21+1=2. Les deux diffèrent, la proposition est fausse. Pour réfuter une identité, il faut choisir des valeurs qui ÉVITENT les cas dégénérés : ici a=0a=0 aurait donné b2=b\sqrt{b^{2}}=b, une égalité vraie, et n'aurait donc rien réfuté du tout.

d) UN SEUL contre-exemple suffit à réfuter définitivement une proposition universelle. En revanche, AUCUN NOMBRE d'exemples ne suffit à la démontrer : vérifier une propriété pour mille entiers ne dit rien du mille-et-unième. Cette asymétrie est la raison d'être de la démonstration. Elle a une conséquence pratique en examen : devant une affirmation dont on doute, on cherche d'abord un contre-exemple pendant une minute, et l'on ne se lance dans une démonstration que si la recherche échoue.

e) NON, et c'est la limite qu'il faut connaître. Une proposition existentielle du type « il existe xx tel que P(x)P(x) » se nie en « pour tout xx, non P(x)P(x) » : sa négation est UNIVERSELLE, et elle réclame donc une démonstration générale, pas un exemple.

Concrètement, exhiber un xx qui ne vérifie pas PP ne réfute rien du tout, puisque l'énoncé n'a jamais prétendu que tous les xx conviennent. Illustration : pour réfuter « il existe un entier nn tel que n2=2n^{2}=2 », montrer que 3223^{2}\neq 2 ne prouve rien ; il faut établir que 12=1<21^{2}=1<2 et 22=4>22^{2}=4>2, et qu'aucun entier ne se glisse entre 11 et 22. Règle générale : le contre-exemple réfute le UNIVERSEL, jamais l'EXISTENTIEL.

Exercice 4 : La disjonction de cas

Quand aucun raisonnement unique ne couvre toutes les situations, on découpe en cas. La seule exigence est que les cas soient EXHAUSTIFS.

  • a) Démontrez que pour tout réel xx, xx|x|\geq x.
  • b) Démontrez que le carré d'un entier est toujours de la forme 3k3k ou 3k+13k+1, jamais 3k+23k+2.
  • c) Déduisez de b) que si n2n^{2} est un multiple de 33, alors nn l'est aussi.
  • d) Un élève démontre une propriété « pour x>0x>0 » puis « pour x<0x<0 » et conclut qu'elle vaut pour tout réel. Où est la faille ?
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a) Deux cas, selon le signe de xx, et ils suffisent puisque tout réel est soit positif ou nul, soit strictement négatif. Cas 1, x0x\geq 0 : alors x=x|x|=x, donc xx|x|\geq x est vérifié, avec égalité. Cas 2, x<0x<0 : alors x=x|x|=-x, qui est strictement positif, tandis que xx est strictement négatif ; on a donc x>0>x|x|>0>x. Dans les deux cas l'inégalité tient, donc elle vaut pour tout réel. Notez que l'égalité n'a lieu que dans le premier cas, ce qui précise le résultat : x=x|x|=x si et seulement si x0x\geq 0.

b) On raisonne selon le reste de nn dans la division par 33, ce qui donne trois cas et les épuise tous. Si n=3kn=3k, alors n2=9k2=3(3k2)n^{2}=9k^{2}=3(3k^{2}), de la forme 3k3k'. Si n=3k+1n=3k+1, alors n2=9k2+6k+1=3(3k2+2k)+1n^{2}=9k^{2}+6k+1=3(3k^{2}+2k)+1, de la forme 3k+13k'+1. Si n=3k+2n=3k+2, alors n2=9k2+12k+4=3(3k2+4k+1)+1n^{2}=9k^{2}+12k+4=3(3k^{2}+4k+1)+1, encore de la forme 3k+13k'+1. Aucun des trois cas ne produit un reste de 22 : le carré d'un entier n'est jamais de la forme 3k+23k+2.

c) On utilise la CONTRAPOSÉE, ce qui est ici bien plus court qu'une attaque directe. Supposons que nn ne soit pas multiple de 33 : d'après le découpage de b), nn est alors de la forme 3k+13k+1 ou 3k+23k+2, et dans les deux cas n2n^{2} est de la forme 3k+13k'+1, donc n'est pas multiple de 33. On a démontré « nn non multiple de 33 » implique « n2n^{2} non multiple de 33 », dont la contraposée est exactement l'énoncé demandé. Cette propriété est le lemme qui sert à établir l'irrationalité de 3\sqrt{3}, exactement comme la propriété analogue pour 22 sert pour 2\sqrt{2}.

d) La faille est que les deux cas ne sont pas EXHAUSTIFS : le cas x=0x=0 n'est traité ni par « x>0x>0 » ni par « x<0x<0 », il est purement et simplement oublié. La démonstration ne prouve donc rien pour x=0x=0, et la propriété pourrait très bien y être fausse.

C'est l'erreur type de la disjonction de cas, et elle est d'autant plus dangereuse qu'elle passe inaperçue à la relecture : chaque cas pris isolément est correct. Le contrôle à faire systématiquement est de vérifier que la réunion des cas couvre TOUT le domaine, ici en écrivant x>0x>0, x=0x=0 et x<0x<0, ou plus simplement x0x\geq 0 et x<0x<0 comme on l'a fait en a). Les cas peuvent en revanche se CHEVAUCHER sans que cela pose problème : traiter x0x\geq 0 puis x0x\leq 0 est parfaitement valide, le point x=0x=0 étant simplement démontré deux fois.

Exercice 5 : Le raisonnement par l'absurde

On suppose le CONTRAIRE de ce qu'on veut démontrer, on en tire une contradiction, et l'on conclut que la supposition était fausse.

  • a) Démontrez qu'il n'existe pas de plus grand entier naturel.
  • b) Démontrez que deux droites distinctes du plan ont au plus un point commun.
  • c) Démontrez que si le produit de deux entiers est impair, alors ces deux entiers sont impairs.
  • d) Décrivez la structure d'un raisonnement par l'absurde, et dites ce qui le distingue du raisonnement par contraposée.
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a) Supposons par l'absurde qu'il existe un plus grand entier naturel, appelons-le NN. Alors N+1N+1 est lui aussi un entier naturel, et N+1>NN+1>N : voilà un entier strictement plus grand que le prétendu plus grand. C'est une contradiction avec la définition de NN. La supposition est donc fausse, et il n'existe pas de plus grand entier naturel. Remarquez ce qui rend cette démonstration nécessaire : on ne peut pas prouver directement une NON-EXISTENCE en examinant les cas un par un, ils sont en nombre infini. L'absurde est l'outil naturel des énoncés qui nient une existence.

b) Soient d1d_{1} et d2d_{2} deux droites distinctes. Supposons par l'absurde qu'elles aient au moins DEUX points communs, appelons-les AA et BB, avec ABA\neq B. Par deux points distincts du plan il passe une droite et une seule : d1d_{1} et d2d_{2} passent toutes deux par AA et BB, elles sont donc égales à cette unique droite, donc égales entre elles. Cela contredit l'hypothèse qu'elles sont distinctes. Elles ont donc au plus un point commun. Notez la traduction de « au plus un » : sa négation est « au moins deux », et c'est elle qu'on suppose.

c) Soient aa et bb deux entiers tels que abab soit impair. Supposons par l'absurde que l'un des deux au moins soit pair, disons a=2ka=2k. Alors ab=2kb=2(kb)ab=2kb=2(kb) est pair, ce qui contredit l'hypothèse que abab est impair. Aucun des deux ne peut donc être pair : tous deux sont impairs. Le point de rigueur est la négation de « les deux sont impairs », qui est « au moins un est pair » et non « les deux sont pairs ». Nier un « et » donne un « ou ».

d) La structure est toujours la même, en trois temps. On suppose la NÉGATION de la conclusion visée, en gardant les hypothèses. On raisonne jusqu'à obtenir une contradiction, soit avec une hypothèse, soit avec un résultat connu, soit avec la supposition elle-même. On conclut que la supposition est fausse, donc que la conclusion visée est vraie.

La différence avec la contraposée est plus fine qu'il n'y paraît. La CONTRAPOSÉE s'applique à une implication PQP\Rightarrow Q : on part de « non QQ » et l'on démontre « non PP », sans jamais utiliser PP. L'ABSURDE est plus général : il s'applique à n'importe quelle proposition, y compris celles qui ne sont pas des implications, comme la non-existence du a), et il utilise les hypothèses EN MÊME TEMPS que la négation de la conclusion. Conseil pratique : quand la proposition est une implication, la contraposée est souvent plus courte et plus lisible, et les correcteurs la préfèrent ; l'absurde se réserve aux énoncés de non-existence ou d'unicité.

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : La contraposée en action

Quand l'hypothèse est difficile à exploiter mais que sa négation est simple, la contraposée raccourcit tout.

  • a) Soient aa et bb deux entiers naturels tels que a+b19a+b\geq 19. Démontrez que a10a\geq 10 ou b10b\geq 10.
  • b) Soit nn un entier. Démontrez que si n2n^{2} est impair, alors nn est impair.
  • c) Soit xx un réel. Démontrez que si x1x\neq 1, alors x310x^{3}-1\neq 0... ou trouvez l'erreur de cet énoncé.
  • d) À quoi reconnaît-on qu'une contraposée sera plus courte que la démonstration directe ?
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a) La conclusion est un « ou », donc difficile à attaquer de front : il faudrait savoir lequel des deux est grand. Sa négation, en revanche, est un « et », donc beaucoup plus riche en information. Contraposée : supposons a<10a<10 ET b<10b<10, et montrons a+b<19a+b<19. Comme aa et bb sont des ENTIERS, a<10a<10 donne a9a\leq 9, et de même b9b\leq 9. Alors a+b18<19a+b\leq 18<19. La contraposée est démontrée, donc l'énoncé aussi. Notez que le caractère entier est indispensable : avec des réels, a=b=9,6a=b=9{,}6 donnerait a+b=19,219a+b=19{,}2\geq 19 sans qu'aucun n'atteigne 1010, et l'énoncé serait faux.

b) Contraposée : si nn n'est pas impair, alors n2n^{2} n'est pas impair ; autrement dit, si nn est pair alors n2n^{2} est pair. C'est immédiat : n=2kn=2k donne n2=4k2=2(2k2)n^{2}=4k^{2}=2(2k^{2}), qui est pair. La contraposée étant démontrée, l'énoncé l'est aussi. La démonstration directe serait nettement plus pénible, car de « n2n^{2} impair » on ne tire aucune écriture commode de nn ; toute l'astuce consiste à partir du membre sur lequel on sait écrire quelque chose.

c) L'énoncé est FAUX tel qu'il est écrit, et c'est ce qu'il fallait repérer. Le piège est que x31=0x^{3}-1=0 équivaut à x3=1x^{3}=1, ce qui, SUR LES RÉELS, n'admet que la solution x=1x=1 : à ce compte l'énoncé serait vrai. Vérifions donc plus attentivement : la contraposée s'écrit « si x31=0x^{3}-1=0 alors x=1x=1 », et elle est effectivement vraie sur R\mathbb{R}, car x31=(x1)(x2+x+1)x^{3}-1=(x-1)(x^{2}+x+1) et le trinôme x2+x+1x^{2}+x+1 a pour discriminant 14=3<01-4=-3<0, donc ne s'annule jamais. L'énoncé est donc VRAI sur les réels, et la bonne réponse consiste à le démontrer par cette factorisation. Il deviendrait faux sur les complexes, où x3=1x^{3}=1 a trois solutions.

d) Trois indices, faciles à repérer avant de se lancer. Premièrement, la conclusion est une NÉGATION du type « xx\neq\ldots » ou « ne divise pas » : sa négation est une égalité, sur laquelle on peut calculer. Deuxièmement, la conclusion est un « ou », comme en a) : sa négation est un « et », qui fournit deux informations au lieu d'un choix. Troisièmement, l'hypothèse porte sur une expression COMPOSÉE, comme n2n^{2} en b), alors que la conclusion porte sur l'objet simple : il vaut mieux partir de l'objet simple, qu'on sait écrire.

Formulé en une phrase : on choisit la contraposée quand la négation de la conclusion est plus MANIPULABLE que l'hypothèse de départ. C'est un choix de confort, jamais une obligation, et les deux voies restent également valides.

Exercice 7 : La récurrence : sa structure et ses deux pièges

La récurrence démontre une propriété pour tous les entiers à partir d'un rang. Elle comporte deux étapes, et aucune des deux ne peut être omise.

  • a) Démontrez par récurrence que pour tout entier n1n\geq 1, 1+2++n=n(n+1)21+2+\cdots+n=\dfrac{n(n+1)}{2}.
  • b) Soit la propriété HnH_{n} : « n=n+1n=n+1 ». Montrez que HnHn+1H_{n}\Rightarrow H_{n+1}, puis expliquez pourquoi HnH_{n} est pourtant fausse pour tout nn.
  • c) Un élève écrit : « supposons la propriété vraie pour tout nn, montrons-la au rang n+1n+1 ». Qu'est-ce qui ne va pas ?
  • d) Que démontre-t-on exactement dans l'étape d'hérédité ?
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a) INITIALISATION, au rang n=1n=1 : le membre de gauche vaut 11, le membre de droite 1×22=1\frac{1\times 2}{2}=1. La propriété est vraie au rang 11. HÉRÉDITÉ : supposons la propriété vraie à un rang n1n\geq 1 FIXÉ, c'est-à-dire 1+2++n=n(n+1)21+2+\cdots+n=\frac{n(n+1)}{2}, et montrons-la au rang n+1n+1. On ajoute n+1n+1 aux deux membres : 1+2++n+(n+1)=n(n+1)2+(n+1)1+2+\cdots+n+(n+1)=\frac{n(n+1)}{2}+(n+1). On factorise par (n+1)(n+1) : =(n+1)(n2+1)=(n+1)n+22=(n+1)(n+2)2=(n+1)\left(\frac{n}{2}+1\right)=(n+1)\cdot\frac{n+2}{2}=\frac{(n+1)(n+2)}{2}. C'est exactement la formule au rang n+1n+1. CONCLUSION : la propriété est vraie au rang 11 et héréditaire, donc vraie pour tout n1n\geq 1. Contrôle sur un cas : pour n=10n=10, la somme vaut 5555 et la formule donne 10×112=55\frac{10\times 11}{2}=55 ✓.

b) Montrons l'hérédité. Supposons HnH_{n} vraie, c'est-à-dire n=n+1n=n+1. En ajoutant 11 aux deux membres, on obtient n+1=n+2n+1=n+2, ce qui est exactement Hn+1H_{n+1}. L'hérédité est donc parfaitement établie. Et pourtant HnH_{n} est fausse pour tout nn, puisqu'aucun entier n'est égal à son successeur. Il n'y a aucune contradiction : ce qui manque, c'est l'INITIALISATION. La propriété n'est vraie à aucun rang, donc la chaîne d'implications ne démarre jamais, et elle ne transmet rien.

Cet exemple est le meilleur argument contre l'oubli de l'initialisation. On dit souvent que la récurrence est une file de dominos : l'hérédité garantit que chaque domino fait tomber le suivant, mais si personne ne pousse le premier, aucun ne tombe. Ici les dominos sont parfaitement alignés et aucun ne tombera jamais.

c) L'erreur est de supposer la propriété vraie POUR TOUT nn, ce qui revient à supposer exactement ce qu'on veut démontrer : le raisonnement est circulaire et ne prouve rien. Dans l'hérédité, on suppose la propriété vraie à UN rang nn fixé, quelconque mais fixé, et on la déduit au rang suivant. La formulation correcte est « soit nn0n\geq n_{0} un entier fixé ; supposons HnH_{n} vraie ; montrons Hn+1H_{n+1} ». C'est une nuance de rédaction, mais elle est notée, et elle sépare une démonstration valide d'un cercle vicieux.

d) On ne démontre PAS que la propriété est vraie au rang n+1n+1. On démontre une IMPLICATION : « si elle est vraie au rang nn, alors elle l'est au rang n+1n+1 ». C'est une différence essentielle, et elle explique le b) : une implication peut être vraie sans que ses deux membres le soient jamais. L'hérédité seule ne dit donc rien sur la vérité de la propriété ; elle ne fait que garantir la propagation. C'est l'initialisation qui apporte la vérité, et l'hérédité qui la transporte, et il faut les deux.

Exercice 8 : Démonstrations de cours à savoir refaire

Le baccalauréat demande explicitement des démonstrations vues en classe. En voici trois, chacune reposant sur un outil différent.

  • a) Démontrez que pour tous réels positifs aa et bb, a+b2ab\dfrac{a+b}{2}\geq\sqrt{ab}.
  • b) Démontrez que pour tout réel xx, x2x+1>0x^{2}-x+1>0.
  • c) Démontrez que la somme d'un rationnel et d'un irrationnel est irrationnelle.
  • d) Pourquoi le baccalauréat demande-t-il de refaire des démonstrations déjà vues en classe ?
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a) L'idée est de partir d'un carré, qui est toujours positif. Comme a0a\geq 0 et b0b\geq 0, les racines a\sqrt{a} et b\sqrt{b} existent, et (ab)20\left(\sqrt{a}-\sqrt{b}\right)^{2}\geq 0. On développe : a2ab+b0a-2\sqrt{a}\sqrt{b}+b\geq 0, c'est-à-dire a+b2aba+b\geq 2\sqrt{ab}, puis en divisant par 22, qui est positif et ne renverse pas l'inégalité : a+b2ab\frac{a+b}{2}\geq\sqrt{ab}. L'égalité a lieu exactement quand (ab)2=0\left(\sqrt{a}-\sqrt{b}\right)^{2}=0, donc quand a=ba=b. Ce résultat porte le nom d'inégalité arithmético-géométrique, et la technique employée, partir d'un carré positif, est celle de la quasi-totalité des inégalités du lycée.

b) Le discriminant vaut Δ=(1)24×1×1=14=3<0\Delta=(-1)^{2}-4\times 1\times 1=1-4=-3<0. Le trinôme n'a donc aucune racine réelle, et comme son coefficient dominant a=1a=1 est positif, il est strictement positif pour tout xx. On peut aussi le démontrer sans discriminant, par la forme canonique, ce qui est plus convaincant : x2x+1=(x12)214+1=(x12)2+34x^{2}-x+1=\left(x-\frac{1}{2}\right)^{2}-\frac{1}{4}+1=\left(x-\frac{1}{2}\right)^{2}+\frac{3}{4}. Comme un carré est positif ou nul, la somme est au moins 34\frac{3}{4}, donc strictement positive. Cette seconde voie donne en prime le MINIMUM, égal à 34\frac{3}{4} et atteint en x=12x=\frac{1}{2}, ce que le discriminant seul ne fournit pas.

c) Soit rr un rationnel et ii un irrationnel. Supposons par l'absurde que s=r+is=r+i soit rationnel. Alors i=sri=s-r serait une différence de deux rationnels. Or les rationnels sont stables par différence : si s=pqs=\frac{p}{q} et r=pqr=\frac{p'}{q'}, alors sr=pqpqqqs-r=\frac{pq'-p'q}{qq'} est bien un quotient d'entiers de dénominateur non nul. Donc ii serait rationnel, ce qui contredit l'hypothèse. La supposition est fausse : r+ir+i est irrationnel. Contrôle du champ d'application : l'énoncé serait FAUX pour la somme de deux irrationnels, comme le montre 2+(2)=0\sqrt{2}+\left(-\sqrt{2}\right)=0, qui est rationnel.

d) Pour trois raisons, et il vaut la peine de les connaître pour aborder ces questions sans les redouter. D'abord parce qu'une démonstration apprise par cœur sans être comprise ne se restitue pas : l'exercice teste la compréhension, pas la mémoire. Ensuite parce que les techniques employées sont réutilisables, et ce sont elles que l'on évalue vraiment : partir d'un carré positif en a), passer par la forme canonique en b), raisonner par l'absurde en c). Enfin parce que ces démonstrations sont courtes et bien balisées, ce qui en fait des questions où les points sont accessibles à qui a travaillé, contrairement aux problèmes ouverts. En pratique, il faut savoir refaire une dizaine de démonstrations par année, et les réviser en les RÉÉCRIVANT plutôt qu'en les relisant.

Exercice 9 : Repérer l'erreur dans une démonstration

Chacune des démonstrations suivantes aboutit à un énoncé faux. Trouvez l'étape exacte qui ne va pas.

  • a) « Soient a=ba=b. Alors a2=aba^{2}=ab, donc a2b2=abb2a^{2}-b^{2}=ab-b^{2}, donc (ab)(a+b)=b(ab)(a-b)(a+b)=b(a-b), donc a+b=ba+b=b, donc 2b=b2b=b, donc 2=12=1. »
  • b) « Montrons que tout réel xx vérifie x3x\leq 3. Pour x0x\leq 0 c'est vrai. Pour 0<x<30<x<3 c'est vrai. Donc c'est vrai pour tout réel. »
  • c) « Montrons que 33 divise nn pour tout entier nn. Hérédité : si 33 divise nn, alors n=3kn=3k, donc n+3=3(k+1)n+3=3(k+1) est divisible par 33. La propriété est héréditaire, donc vraie pour tout nn. »
  • d) « Si x2=9x^{2}=9 alors x=3x=3. Réciproquement si x=3x=3 alors x2=9x^{2}=9. Les deux implications sont vraies, donc x2=9x=3x^{2}=9\Leftrightarrow x=3. »
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a) L'erreur est au passage de (ab)(a+b)=b(ab)(a-b)(a+b)=b(a-b) à a+b=ba+b=b : on a DIVISÉ les deux membres par (ab)(a-b). Or l'hypothèse est a=ba=b, donc ab=0a-b=0, et l'on a divisé par zéro. Toutes les lignes précédentes sont correctes, y compris (ab)(a+b)=b(ab)(a-b)(a+b)=b(a-b), qui se réduit d'ailleurs à 0=00=0. La règle enfreinte est qu'on ne simplifie une égalité par un facteur qu'après avoir vérifié qu'il est NON NUL, et c'est l'erreur la plus fréquente de toutes les fausses démonstrations classiques.

b) L'erreur est que les cas ne sont pas EXHAUSTIFS : les deux cas traités couvrent x0x\leq 0 et 0<x<30<x<3, c'est-à-dire x<3x<3, et laissent entièrement de côté les réels supérieurs ou égaux à 33. Or c'est précisément là que l'énoncé est faux, comme le montre x=10x=10. Chaque cas est correctement traité, ce qui rend l'erreur discrète : la faille est dans le DÉCOUPAGE, pas dans les calculs. Contrôle systématique : la réunion des cas doit être le domaine entier, ici R\mathbb{R}, et non une partie de celui-ci.

c) L'erreur est l'absence d'INITIALISATION. L'hérédité est correctement démontrée, mais elle est écrite d'un rang nn au rang n+3n+3 et non n+1n+1, et surtout elle ne démarre jamais : la propriété n'est vraie pour AUCUN entier de départ qu'on aurait vérifié. Elle est d'ailleurs fausse dès n=1n=1, qui n'est pas divisible par 33. C'est exactement la situation de l'exercice 7 b) : une hérédité impeccable qui ne transporte rien, faute de premier domino.

d) L'erreur est dans la PREMIÈRE implication, présentée comme acquise alors qu'elle est fausse : de x2=9x^{2}=9 on ne peut pas conclure x=3x=3, car x=3x=-3 convient aussi. La seconde implication, elle, est correcte. Comme l'une des deux est fausse, l'équivalence annoncée est fausse. L'équivalence correcte est x2=9x=3x^{2}=9\Leftrightarrow x=3 ou x=3x=-3, autrement dit x=3\Leftrightarrow|x|=3.

Ce qu'il faut retenir des quatre : une démonstration fausse est rarement fausse partout. Elle est correcte presque entièrement, et bascule sur une seule étape, souvent une division par une quantité qui peut être nulle, un cas oublié, une initialisation absente ou une implication admise sans preuve. Relire une démonstration consiste donc à chercher CES quatre points précis, plutôt qu'à parcourir l'ensemble en espérant que quelque chose accroche l'œil.

Exercice 10 : Synthèse : choisir la bonne méthode

Pour chaque affirmation, indiquez d'abord la méthode la plus adaptée parmi les cinq du chapitre, puis appliquez-la.

  • a) « Tout entier impair est la somme de deux carrés d'entiers. »
  • b) « Pour tout entier nn, si n3n^{3} est pair alors nn est pair. »
  • c) « Pour tout réel xx, x2+12xx^{2}+1\geq 2x. »
  • d) « Pour tout entier n1n\geq 1, 2n>n2^{n}>n. »
  • e) « Pour tout réel xx, x=x|x|=x ou x=x|x|=-x. »
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a) MÉTHODE : contre-exemple, car l'affirmation est universelle et paraît douteuse. L'entier 33 est impair, et les seules sommes de deux carrés qu'on peut former avec des carrés inférieurs à 33 sont 0+0=00+0=0, 0+1=10+1=1 et 1+1=21+1=2 : aucune ne vaut 33. L'affirmation est donc FAUSSE. Réflexe de méthode : devant une affirmation universelle, on teste toujours les premiers cas avant de chercher à démontrer, et ici 1=0+11=0+1 puis 33 qui échoue suffisent à trancher en trente secondes.

b) MÉTHODE : contraposée, car l'hypothèse porte sur n3n^{3}, une expression composée, alors que la conclusion porte sur nn. Contraposée : si nn est impair, alors n3n^{3} est impair. Démonstration directe : n=2k+1n=2k+1 donne n3=(2k+1)3n^{3}=(2k+1)^{3}, produit de trois facteurs impairs, donc impair. On peut le détailler : n3=n×n×nn^{3}=n\times n\times n, et le produit de deux impairs est impair, donc celui de trois l'est aussi. La contraposée étant vraie, l'affirmation l'est aussi.

c) MÉTHODE : raisonnement direct en partant d'un carré, comme à l'exercice 8. On étudie la différence : x2+12x=(x1)2x^{2}+1-2x=(x-1)^{2}, qui est positif ou nul pour tout réel xx. Donc x2+12xx^{2}+1\geq 2x, avec égalité si et seulement si x=1x=1. L'affirmation est VRAIE. Le réflexe général pour comparer deux expressions est toujours d'étudier leur DIFFÉRENCE plutôt que de manipuler l'inégalité elle-même.

d) MÉTHODE : récurrence, car la propriété porte sur tous les entiers à partir d'un rang et que 2n2^{n} se calcule de proche en proche. Initialisation : pour n=1n=1, 21=2>12^{1}=2>1 ✓. Hérédité : supposons 2n>n2^{n}>n à un rang n1n\geq 1 fixé. Alors 2n+1=2×2n>2n2^{n+1}=2\times 2^{n}>2n. Il reste à voir que 2nn+12n\geq n+1, ce qui équivaut à n1n\geq 1, vrai par hypothèse. Donc 2n+1>n+12^{n+1}>n+1. La propriété est vraie au rang 11 et héréditaire, donc vraie pour tout n1n\geq 1. L'affirmation est VRAIE.

e) MÉTHODE : disjonction de cas, car la définition même de la valeur absolue est donnée par cas. Cas x0x\geq 0 : alors x=x|x|=x, la première branche du « ou » est réalisée. Cas x<0x<0 : alors x=x|x|=-x, la seconde branche est réalisée. Les deux cas couvrent tout R\mathbb{R}, donc l'affirmation est VRAIE pour tout réel.

Bilan du chapitre, et c'est la compétence que le baccalauréat évalue vraiment : la difficulté n'est presque jamais d'exécuter la méthode, mais de la CHOISIR. Les indices sont pourtant réguliers. Une affirmation universelle douteuse appelle un contre-exemple. Une conclusion qui est une négation ou un « ou » appelle la contraposée. Une non-existence ou une unicité appelle l'absurde. Une propriété indexée par les entiers appelle la récurrence. Une définition donnée par morceaux appelle la disjonction de cas. Et devant une inégalité, on étudie la différence en cherchant à faire apparaître un carré.

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La rédaction d'une démonstration est ce qui distingue une copie à 12 d'une copie à 17, et c'est une compétence qui se travaille explicitement. Je l'entraîne avec mes élèves du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas, en ligne ou en personne à Montréal.

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