Me contacter

Physique-chimie lycée, programme français • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : mesure, incertitudes et chiffres significatifs

Voici une série d'exercices corrigés de physique-chimie du programme français, consacrée à la mesure et aux incertitudes. C'est le bloc le plus transversal du programme : il est présent de la Seconde à la Terminale, il est évalué dans presque chaque exercice de l'épreuve, et il n'est presque jamais travaillé pour lui-même.

Les points perdus sur ce thème ne le sont pas par méconnaissance du cours de physique. Ils le sont sur un résultat écrit avec huit chiffres après la virgule, une conversion de centimètres carrés faite avec le facteur des centimètres, ou une conclusion d'écart qui oublie de regarder l'incertitude.

Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.

Rappel de cours

  • Chiffres significatifs : tout chiffre non nul compte, les zéros intercalés aussi, les zéros de tête jamais, et les zéros de queue seulement s'il y a une virgule. L'écriture 12001200 est ambiguë, la notation scientifique lève l'ambiguïté.
  • Deux règles DIFFÉRENTES dans les calculs : pour un produit ou un quotient, on garde le plus petit nombre de CHIFFRES SIGNIFICATIFS ; pour une somme ou une différence, le plus petit nombre de DÉCIMALES.
  • On n'arrondit jamais les résultats intermédiaires, seulement le résultat final.
  • Conversions : le facteur s'élève à la même puissance que l'unité. 1 cm2=104 m21\ \mathrm{cm^{2}}=10^{-4}\ \mathrm{m^{2}} et 1 cm3=106 m31\ \mathrm{cm^{3}}=10^{-6}\ \mathrm{m^{3}}, jamais 10210^{-2}.
  • Ordre de grandeur : c'est la puissance de dix la plus proche. On compare la mantisse à 103,16\sqrt{10}\approx 3{,}16 pour savoir si l'on monte à la puissance supérieure.
  • Analyse dimensionnelle : elle RÉFUTE une formule non homogène, mais ne prouve jamais qu'une formule est juste, car elle est aveugle aux facteurs numériques.
  • Écriture d'un résultat : l'incertitude porte un ou deux chiffres significatifs, et la valeur s'arrondit à la même position décimale. L=(12,346±0,023)L=(12{,}346\pm 0{,}023) m.
  • Propagation dans un produit ou un quotient : les incertitudes RELATIVES se composent en quadrature. Le plus grand terme écrase les autres, donc on améliore toujours le maillon faible.
  • Comparaison : écart normalisé z=xmesxrefuz=\frac{|x_{\text{mes}}-x_{\text{ref}}|}{u}, compatible si z2z\leq 2. Un zz petit obtenu avec une grosse incertitude ne prouve rien.
  • Erreur ALÉATOIRE : dispersion, se réduit en répétant, en 1n\frac{1}{\sqrt{n}}. Erreur SYSTÉMATIQUE : biais, ne se réduit JAMAIS en répétant, se détecte en recoupant.

Partie A : Écrire un résultat correctement (/50)

Exercice 1 : Compter les chiffres significatifs

Le nombre de chiffres significatifs d'une valeur mesurée indique la PRÉCISION de la mesure. Écrire 2,502{,}50 m et 2,52{,}5 m n'est donc pas la même affirmation.

  • a) Combien de chiffres significatifs comptent 12,3412{,}34 ; 0,002500{,}00250 ; 100,0100{,}0 ?
  • b) Et 12001200 ? Expliquez pourquoi la question est mal posée.
  • c) Écrivez 12001200 en notation scientifique avec 22, puis 33, puis 44 chiffres significatifs.
  • d) Énoncez les quatre règles qui permettent de compter les chiffres significatifs.
  • e) Que signifie physiquement écrire 2,502{,}50 m plutôt que 2,52{,}5 m ?
Voir la correction

a) 12,3412{,}34 compte 44 chiffres significatifs : tous les chiffres non nuls comptent. 0,002500{,}00250 en compte 33, à savoir 22, 55 et le 00 final ; les zéros de tête ne servent qu'à placer la virgule et ne comptent jamais, tandis que le zéro final APRÈS la virgule compte, puisque rien n'obligeait à l'écrire. 100,0100{,}0 en compte 44 : la virgule suivie d'un zéro indique que la précision descend au dixième, donc les deux zéros intermédiaires sont significatifs eux aussi.

b) La question est mal posée parce que 12001200 est AMBIGU. Selon l'instrument utilisé, cette écriture peut signifier 22 chiffres significatifs, si l'on a mesuré au bloc de cent près, 33 si l'on a mesuré à la dizaine près, ou 44 si l'on a mesuré à l'unité près. L'écriture décimale ordinaire ne permet pas de trancher, car les zéros finaux d'un entier peuvent être significatifs ou simples marqueurs d'ordre de grandeur. C'est précisément le défaut que la notation scientifique corrige.

c) Avec 22 chiffres significatifs : 1,2×1031{,}2\times 10^{3}. Avec 33 : 1,20×1031{,}20\times 10^{3}. Avec 44 : 1,200×1031{,}200\times 10^{3}. Les trois écritures désignent le même nombre mais PAS la même mesure : la troisième affirme une précision cent fois meilleure que la première. C'est pour cette raison qu'un résultat expérimental se donne toujours en notation scientifique dès qu'il y a le moindre risque d'ambiguïté.

d) Les quatre règles. Premièrement, tout chiffre non nul est significatif. Deuxièmement, les zéros situés ENTRE des chiffres non nuls le sont aussi, comme dans 205205 qui en compte 33. Troisièmement, les zéros de TÊTE ne le sont jamais, ils ne font que positionner la virgule, comme dans 0,00340{,}0034 qui en compte 22. Quatrièmement, les zéros de QUEUE sont significatifs si et seulement si une virgule est présente : 2,5002{,}500 en compte 44, alors que 25002500 est ambigu.

e) Écrire 2,502{,}50 m affirme que la mesure est fiable jusqu'au CENTIMÈTRE : la vraie valeur est comprise entre environ 2,4952{,}495 et 2,5052{,}505 m. Écrire 2,52{,}5 m n'affirme la fiabilité qu'au décimètre, soit une vraie valeur entre 2,452{,}45 et 2,552{,}55 m, un intervalle dix fois plus large.

Le chiffre significatif est donc une INFORMATION SUR L'INSTRUMENT, pas une décoration. Ajouter des chiffres qu'on n'a pas mesurés revient à mentir sur la qualité du matériel, et c'est sanctionné à l'examen au même titre qu'une erreur de calcul. À l'inverse, en retirer revient à jeter de l'information qu'on avait payée. La règle de conduite est simple : le résultat porte exactement les chiffres que la mesure justifie, ni plus ni moins.

Exercice 2 : Les chiffres significatifs dans un calcul

Deux règles différentes cohabitent, et les confondre est l'erreur la plus fréquente du chapitre : le produit ne suit pas la même règle que la somme.

  • a) Calculez 2,5×3,422{,}5\times 3{,}42 et donnez le résultat avec le bon nombre de chiffres significatifs.
  • b) Calculez 12,4+0,05712{,}4+0{,}057 et donnez le résultat correctement.
  • c) Énoncez les deux règles et dites pourquoi elles diffèrent.
  • d) Une masse de 2,02{,}0 kg occupe 0,6250{,}625 L. Calculez la masse volumique et écrivez-la correctement.
  • e) Faut-il arrondir les résultats INTERMÉDIAIRES d'un calcul en plusieurs étapes ?
Voir la correction

a) La calculatrice donne 2,5×3,42=8,552{,}5\times 3{,}42=8{,}55. Pour un PRODUIT, le résultat porte autant de chiffres significatifs que le facteur qui en a le MOINS : 2,52{,}5 en a 22 et 3,423{,}42 en a 33, donc le résultat en aura 22. On arrondit : 8,68{,}6. Écrire 8,558{,}55 prétendrait à une précision de trois chiffres qu'aucun des facteurs ne possède.

b) La calculatrice donne 12,4+0,057=12,45712{,}4+0{,}057=12{,}457. Pour une SOMME, la règle porte non pas sur les chiffres significatifs mais sur les DÉCIMALES : le résultat en garde autant que le terme qui en a le moins. Ici 12,412{,}4 n'a qu'une décimale et 0,0570{,}057 en a trois, donc le résultat n'en garde qu'une : 12,512{,}5. Notez que le résultat compte 33 chiffres significatifs alors que l'un des termes n'en avait que 22 : la règle du produit ne s'applique pas ici, et l'appliquer donnerait 1212, une réponse fausse.

c) Règle du produit et du quotient : on compte les CHIFFRES SIGNIFICATIFS et l'on garde le minimum. Règle de la somme et de la différence : on compte les DÉCIMALES et l'on garde le minimum. Elles diffèrent parce que l'incertitude ne se propage pas de la même façon. Dans un produit, ce sont les incertitudes RELATIVES qui s'ajoutent, et le chiffre significatif mesure justement une précision relative. Dans une somme, ce sont les incertitudes ABSOLUES qui s'ajoutent, et c'est la position de la dernière décimale fiable qui compte. On le voit sur b) : ajouter 0,0570{,}057 à une valeur connue au dixième près ne peut rien apprendre de nouveau au-delà du dixième.

d) ρ=mV=2,00,625=3,2\rho=\frac{m}{V}=\frac{2{,}0}{0{,}625}=3{,}2 kg/L. C'est un quotient, donc la règle des chiffres significatifs s'applique : 2,02{,}0 en a 22, 0,6250{,}625 en a 33, on garde 22. La calculatrice affichait 3,23{,}2 exactement, mais si elle avait affiché 3,24563{,}2456, il aurait fallu écrire 3,23{,}2. En unités du système international : 3,23{,}2 kg/L =3,2×103=3{,}2\times 10^{3} kg/m3^{3}, puisqu'un litre vaut 10310^{-3} m3^{3}.

e) NON, il ne faut jamais arrondir en cours de route. On conserve tous les chiffres de la calculatrice pendant les étapes intermédiaires et l'on n'arrondit qu'au RÉSULTAT FINAL. Arrondir à chaque étape fait s'accumuler les erreurs d'arrondi, et sur un calcul en quatre ou cinq étapes cela peut déplacer le dernier chiffre significatif.

Illustration du danger : (13)×3\left(\frac{1}{3}\right)\times 3 vaut exactement 11, mais en arrondissant l'étape intermédiaire à 0,330{,}33 on obtient 0,990{,}99, et le résultat est faux dès la deuxième décimale. La bonne pratique consiste donc à garder la valeur exacte en mémoire dans la calculatrice, et à ne mettre en forme qu'à la toute fin, une fois le calcul terminé.

Exercice 3 : Notation scientifique et ordres de grandeur

L'ordre de grandeur est la puissance de dix la PLUS PROCHE, ce qui n'est pas toujours celle qui apparaît dans l'écriture.

  • a) Écrivez en notation scientifique : 0,0000450{,}000045 ; 67800006\,780\,000 ; 0,03010{,}0301.
  • b) Donnez l'ordre de grandeur de 4,5×1054{,}5\times 10^{-5} et celui de 2,1×1052{,}1\times 10^{-5}. Pourquoi diffèrent-ils ?
  • c) Le rayon d'un atome vaut environ 101010^{-10} m, celui de son noyau environ 101510^{-15} m. Combien de fois l'atome est-il plus grand ?
  • d) Si l'atome avait la taille d'un stade de 100100 m, quelle serait la taille du noyau ?
  • e) À quoi sert un ordre de grandeur, puisqu'il ne donne aucun chiffre précis ?
Voir la correction

a) 0,000045=4,5×1050{,}000045=4{,}5\times 10^{-5} : on déplace la virgule de 55 rangs vers la droite, donc l'exposant est 5-5. 6780000=6,78×1066\,780\,000=6{,}78\times 10^{6} : la virgule recule de 66 rangs, l'exposant est +6+6. 0,0301=3,01×1020{,}0301=3{,}01\times 10^{-2}, en conservant le zéro intermédiaire qui est significatif. La règle de forme est que la mantisse doit être comprise entre 11 inclus et 1010 exclu : écrire 45×10645\times 10^{-6} ou 0,45×1040{,}45\times 10^{-4} désigne le bon nombre mais n'est pas de la notation scientifique.

b) L'ordre de grandeur de 4,5×1054{,}5\times 10^{-5} est 10410^{-4}, et celui de 2,1×1052{,}1\times 10^{-5} est 10510^{-5}. Ils diffèrent alors que les deux nombres ont le même exposant, ce qui surprend souvent. La règle est que l'on compare la mantisse à 103,16\sqrt{10}\approx 3{,}16, valeur qui se trouve à mi-chemin des deux puissances sur une échelle multiplicative. Si la mantisse dépasse 3,163{,}16, on arrondit à la puissance SUPÉRIEURE ; sinon on garde la puissance affichée. Ici 4,5>3,164{,}5>3{,}16 donc on monte à 10410^{-4}, tandis que 2,1<3,162{,}1<3{,}16 donc on reste à 10510^{-5}.

c) On divise : 10101015=1010(15)=105\frac{10^{-10}}{10^{-15}}=10^{-10-(-15)}=10^{5}. L'atome est donc environ CENT MILLE fois plus grand que son noyau. Cette division d'ordres de grandeur se fait par simple soustraction des exposants, sans calculatrice, et c'est le principal usage pratique de la notation scientifique.

d) Le rapport reste le même, 10510^{5}. Si l'atome mesure 100100 m, le noyau mesure 100105=103\frac{100}{10^{5}}=10^{-3} m, soit UN MILLIMÈTRE. Autrement dit, un noyau de la taille d'une tête d'épingle au centre d'un stade, et absolument rien entre les deux hormis les électrons. C'est l'image qui fait comprendre que la matière est essentiellement du vide, et elle serait impossible à saisir à partir des seuls nombres 101010^{-10} et 101510^{-15}.

e) Un ordre de grandeur sert à trois choses, et aucune ne demande de précision. D'abord à VÉRIFIER un résultat : si l'on calcule la masse d'un atome et qu'on trouve 10310^{-3} kg, on sait sans rien recalculer que c'est faux, une telle masse étant celle d'un objet macroscopique. Ensuite à COMPARER deux grandeurs sans les mesurer finement, comme en c). Enfin à DÉCIDER si un effet est négligeable : en physique, on néglige couramment une contribution inférieure de deux ordres de grandeur à l'effet principal, c'est-à-dire cent fois plus petite.

C'est pour cette raison qu'un problème de concours commence souvent par une estimation en ordre de grandeur avant tout calcul détaillé : elle coûte trente secondes et elle indique immédiatement si la suite vaut la peine d'être menée.

Exercice 4 : Conversions d'unités, et le piège des puissances

Une conversion d'aire ou de volume n'utilise pas le même facteur qu'une conversion de longueur, et c'est l'erreur qui coûte le plus de points en physique-chimie.

  • a) Convertissez 11 cm2^{2} en m2^{2}, puis 11 cm3^{3} en m3^{3}.
  • b) Convertissez 11 L en m3^{3}.
  • c) Convertissez une masse volumique de 1,01{,}0 g/cm3^{3} en kg/m3^{3}.
  • d) Convertissez 7272 km/h en m/s.
  • e) Expliquez la méthode générale qui évite de se tromper de sens.
Voir la correction

a) Le point clé est que le facteur de conversion s'élève à la même puissance que l'unité. Comme 11 cm =102=10^{-2} m, on a 11 cm2=(102)2^{2}=\left(10^{-2}\right)^{2} m2=104^{2}=10^{-4} m2^{2}, et non 10210^{-2}. De même 11 cm3=(102)3^{3}=\left(10^{-2}\right)^{3} m3=106^{3}=10^{-6} m3^{3}. Contrôle de bon sens : un carré d'un centimètre de côté est tout petit comparé à un carré d'un mètre de côté, et le rapport est bien de dix mille, puisqu'il faut cent carrés en longueur et cent en largeur.

b) Par définition, 11 L =1=1 dm3^{3}. Comme 11 dm =101=10^{-1} m, on obtient 11 L =(101)3=\left(10^{-1}\right)^{3} m3=103^{3}=10^{-3} m3^{3}. Autrement dit un mètre cube contient mille litres, ce qui se retient facilement en imaginant un cube d'un mètre de côté rempli de briques de lait.

c) On convertit numérateur et dénominateur séparément. Au numérateur, 1,01{,}0 g =1,0×103=1{,}0\times 10^{-3} kg. Au dénominateur, 11 cm3=106^{3}=10^{-6} m3^{3} d'après a). Donc 1,01{,}0 g/cm3=103106^{3}=\frac{10^{-3}}{10^{-6}} kg/m3=103^{3}=10^{3} kg/m3^{3}. La masse volumique de l'eau vaut donc 10001000 kg/m3^{3}, ce qui est la valeur à connaître et qui sert de contrôle à toute conversion de ce type.

d) 7272 km/h =72×103 m3600 s=720003600=20=\frac{72\times 10^{3}\ \text{m}}{3600\ \text{s}}=\frac{72\,000}{3600}=20 m/s. Le raccourci consiste à diviser par 3,63{,}6, puisque 1033600=13,6\frac{10^{3}}{3600}=\frac{1}{3{,}6}. Contrôle de plausibilité : 2020 m/s est bien inférieur à 7272, ce qui est normal puisque la seconde est une unité de temps beaucoup plus courte que l'heure.

e) La méthode sûre consiste à écrire la conversion comme une MULTIPLICATION PAR UN, en fabriquant une fraction dont le numérateur et le dénominateur sont égaux. Pour convertir 7272 km/h, on écrit 72 kmh×103 m1 km×1 h3600 s72\ \frac{\text{km}}{\text{h}}\times\frac{10^{3}\ \text{m}}{1\ \text{km}}\times\frac{1\ \text{h}}{3600\ \text{s}} : chaque fraction vaut 11, donc la valeur physique ne change pas, et les unités indésirables se SIMPLIFIENT comme des variables algébriques. Il ne reste que des mètres par seconde.

L'avantage décisif de cette méthode est qu'elle rend l'erreur de sens impossible : si l'on place le facteur à l'envers, les unités ne se simplifient pas et l'on obtient un résultat en km2^{2}/(h·m) ou une aberration du même genre, ce qui saute aux yeux. Elle gère aussi les puissances toute seule, puisque 102 m1 cm\frac{10^{-2}\ \text{m}}{1\ \text{cm}} élevé au carré donne bien 10410^{-4}.

Exercice 5 : Analyse dimensionnelle : vérifier une formule sans la connaître

Une égalité physique doit être HOMOGÈNE : les deux membres doivent avoir la même dimension. On note [X][X] la dimension de la grandeur XX, avec LL pour une longueur, MM pour une masse et TT pour une durée.

  • a) Vérifiez que la formule T=2πgT=2\pi\sqrt{\dfrac{\ell}{g}} donne bien une durée.
  • b) La constante GG apparaît dans F=Gm1m2r2F=G\dfrac{m_{1}m_{2}}{r^{2}}. Déterminez son unité dans le système international.
  • c) Un élève propose Ec=12mvE_{c}=\dfrac{1}{2}mv pour l'énergie cinétique. Réfutez cette formule par l'analyse dimensionnelle.
  • d) L'analyse dimensionnelle peut-elle PROUVER qu'une formule est correcte ?
Voir la correction

a) On calcule la dimension du contenu de la racine. Une longueur a pour dimension LL. Une accélération est une vitesse par unité de temps, donc [g]=LT2\left[g\right]=L\cdot T^{-2}. Le quotient vaut [g]=LLT2=T2\left[\frac{\ell}{g}\right]=\frac{L}{L\cdot T^{-2}}=T^{2}, les longueurs se simplifiant. La racine carrée donne TT, c'est-à-dire une durée. Le facteur 2π2\pi est un nombre pur, sans dimension, et ne change donc rien. La formule est homogène ✓. Contrôle numérique avec =1,0\ell=1{,}0 m et g=9,81g=9{,}81 m/s2^{2} : T=2π1,09,812,0T=2\pi\sqrt{\frac{1{,}0}{9{,}81}}\approx 2{,}0 s, une valeur plausible pour un pendule d'un mètre.

b) On isole la constante : G=Fr2m1m2G=\frac{F\,r^{2}}{m_{1}m_{2}}. En unités, une force se mesure en newtons, une distance en mètres, une masse en kilogrammes, donc GG s'exprime en Nm2kg2\mathrm{N\cdot m^{2}\cdot kg^{-2}}. On peut aller plus loin en décomposant le newton, puisque 1 N=1 kgms21\ \mathrm{N}=1\ \mathrm{kg\cdot m\cdot s^{-2}} d'après la deuxième loi de Newton : GG s'exprime alors en m3kg1s2\mathrm{m^{3}\cdot kg^{-1}\cdot s^{-2}}. Les deux écritures sont correctes et équivalentes, la seconde étant celle qui figure dans les tables.

c) On compare les dimensions des deux membres. Une énergie est le produit d'une force par une longueur, donc [E]=MLT2×L=ML2T2\left[E\right]=M\cdot L\cdot T^{-2}\times L=M\cdot L^{2}\cdot T^{-2}. Le membre proposé donne [12mv]=M×LT1=MLT1\left[\frac{1}{2}mv\right]=M\times L\cdot T^{-1}=M\cdot L\cdot T^{-1}. Les deux ne coïncident pas : il manque un facteur LT1L\cdot T^{-1}, c'est-à-dire précisément une vitesse. La formule est donc FAUSSE, et l'analyse dimensionnelle indique même la nature de l'erreur, à savoir qu'il faut une vitesse de plus, ce qui oriente vers 12mv2\frac{1}{2}mv^{2} ✓.

d) NON, et c'est la limite essentielle de la méthode. L'analyse dimensionnelle ne teste que les dimensions, et elle est donc AVEUGLE à tout facteur numérique sans dimension. Les formules Ec=12mv2E_{c}=\frac{1}{2}mv^{2}, E=mv2E=mv^{2} et E=17mv2E=17mv^{2} sont toutes trois parfaitement homogènes, alors qu'une seule est juste.

L'analyse dimensionnelle est donc un test de RÉFUTATION, jamais de validation : elle permet d'éliminer une formule à coup sûr, mais jamais de la confirmer. C'est exactement la même asymétrie que celle du contre-exemple en mathématiques, où un seul cas réfute alors qu'aucun nombre de cas ne démontre. Son usage pratique en examen est double : vérifier une formule qu'on a reconstituée de mémoire, et retrouver l'unité d'une constante qu'on a oubliée, comme en b).

Partie B : Niveau examen, incertitudes et comparaison (/50)

Exercice 6 : Incertitude-type et écriture d'un résultat de mesure

Un résultat de mesure n'est jamais un nombre seul. Il s'écrit valeur, incertitude et unité, et l'arrondi des deux est lié.

  • a) Une longueur mesurée vaut 12,345612{,}3456 m avec une incertitude-type u(L)=0,023u(L)=0{,}023 m. Écrivez le résultat correctement.
  • b) Une durée vaut 3,73{,}7 s avec u(t)=0,148u(t)=0{,}148 s. Écrivez le résultat correctement.
  • c) Énoncez les deux règles d'arrondi d'un résultat de mesure.
  • d) Que signifie concrètement l'écriture L=(12,346±0,023)L=(12{,}346\pm 0{,}023) m ?
Voir la correction

a) On arrondit d'abord l'INCERTITUDE, à deux chiffres significatifs ici : u(L)=0,023u(L)=0{,}023 m, qui est déjà sous cette forme. On arrondit ensuite la VALEUR à la même position décimale, c'est-à-dire au millième : 12,345612{,}3456 devient 12,34612{,}346. Résultat : L=(12,346±0,023)L=(12{,}346\pm 0{,}023) m. Erreur classique à éviter : écrire L=12,3456±0,023L=12{,}3456\pm 0{,}023 m, qui annonce une valeur au dixième de millimètre tout en avouant une incertitude de 2323 millimètres. Les deux affirmations se contredisent.

b) L'incertitude 0,1480{,}148 s s'arrondit à 0,150{,}15 s avec deux chiffres significatifs. La valeur doit alors être donnée au centième, or elle n'est connue qu'au dixième : on l'écrit 3,703{,}70 s. Résultat : t=(3,70±0,15)t=(3{,}70\pm 0{,}15) s. Ce cas montre qu'il faut parfois AJOUTER un zéro à la valeur pour l'aligner sur l'incertitude, et ce zéro est significatif.

c) Première règle : l'incertitude s'écrit avec un ou deux chiffres significatifs, jamais davantage, car une incertitude est elle-même une estimation et lui donner cinq chiffres n'aurait aucun sens. Deuxième règle : la valeur mesurée s'arrondit à la MÊME position décimale que l'incertitude, ni plus précisément ni moins. Ces deux règles se contrôlent d'un coup d'œil : dans un résultat correctement écrit, le dernier chiffre de la valeur et le dernier chiffre de l'incertitude occupent la même colonne.

d) Cela signifie que la vraie valeur de la longueur n'est pas connue exactement, mais qu'elle se situe très probablement dans l'intervalle [12,323 ; 12,369][12{,}323\ ;\ 12{,}369] m, obtenu en retranchant puis en ajoutant l'incertitude.

Deux précisions importantes sur ce que l'écriture ne dit PAS. Elle n'affirme pas que la vraie valeur est forcément dans l'intervalle : avec une incertitude-type simple, la probabilité est d'environ 6868 pour cent, et l'on double l'incertitude pour atteindre environ 9595 pour cent. Elle n'affirme pas non plus que 12,34612{,}346 est plus probable que 12,34012{,}340 : l'incertitude décrit un intervalle de valeurs compatibles avec la mesure, pas une valeur vraie assortie d'une marge décorative. C'est cette lecture en intervalle qui permettra, à l'exercice 8, de décider si deux mesures sont compatibles entre elles.

Exercice 7 : Incertitude relative et propagation dans un produit

Quand une grandeur se calcule à partir de plusieurs mesures, les incertitudes se combinent. Pour un produit ou un quotient, ce sont les incertitudes RELATIVES qui se composent, en quadrature : u(z)z=(u(x)x)2+(u(y)y)2\dfrac{u(z)}{z}=\sqrt{\left(\dfrac{u(x)}{x}\right)^{2}+\left(\dfrac{u(y)}{y}\right)^{2}}.

  • a) On mesure m=25,0±0,1m=25{,}0\pm 0{,}1 g et V=10,0±0,2V=10{,}0\pm 0{,}2 mL. Calculez les deux incertitudes relatives.
  • b) Calculez la masse volumique ρ=mV\rho=\dfrac{m}{V} et son incertitude relative.
  • c) Écrivez le résultat final correctement.
  • d) Laquelle des deux mesures limite la précision ? Que faudrait-il améliorer en priorité ?
Voir la correction

a) L'incertitude relative est le quotient de l'incertitude par la valeur, et c'est un nombre SANS UNITÉ, souvent exprimé en pourcentage. Pour la masse : u(m)m=0,125,0=0,0040\frac{u(m)}{m}=\frac{0{,}1}{25{,}0}=0{,}0040, soit 0,400{,}40 pour cent. Pour le volume : u(V)V=0,210,0=0,020\frac{u(V)}{V}=\frac{0{,}2}{10{,}0}=0{,}020, soit 2,02{,}0 pour cent. La comparaison est déjà parlante : le volume est mesuré cinq fois moins précisément que la masse.

b) La masse volumique vaut ρ=25,010,0=2,50\rho=\frac{25{,}0}{10{,}0}=2{,}50 g/mL. Pour l'incertitude relative, on compose en quadrature : u(ρ)ρ=0,00402+0,0202=1,6×105+4,0×104=4,16×1040,0204\frac{u(\rho)}{\rho}=\sqrt{0{,}0040^{2}+0{,}020^{2}}=\sqrt{1{,}6\times 10^{-5}+4{,}0\times 10^{-4}}=\sqrt{4{,}16\times 10^{-4}}\approx 0{,}0204, soit environ 2,02{,}0 pour cent. Observez le résultat : la composition en quadrature donne 2,042{,}04 pour cent alors que le seul volume en apportait déjà 2,02{,}0. La petite incertitude n'a presque rien ajouté.

c) On revient à l'incertitude ABSOLUE en multipliant par la valeur : u(ρ)=2,50×0,02040,051u(\rho)=2{,}50\times 0{,}0204\approx 0{,}051 g/mL. On arrondit l'incertitude à 0,050{,}05 g/mL, puis la valeur à la même position décimale : ρ=(2,50±0,05)\rho=(2{,}50\pm 0{,}05) g/mL. Notez le passage systématique relatif vers absolu à la fin : on compose en relatif parce que c'est la règle du produit, mais on ÉCRIT toujours le résultat en absolu.

d) C'est le VOLUME qui limite tout, avec ses 2,02{,}0 pour cent contre 0,400{,}40 pour cent pour la masse. La quadrature explique pourquoi de façon frappante : 0,00402+0,0202=0,0204\sqrt{0{,}0040^{2}+0{,}020^{2}}=0{,}0204, à comparer aux 0,0200{,}020 qu'on obtiendrait en ignorant complètement la masse. L'incertitude sur la masse ne contribue qu'à hauteur de 0,00040{,}0004, soit deux pour cent de l'incertitude totale.

La conséquence pratique est nette, et c'est le vrai enseignement de l'exercice : acheter une balance dix fois plus précise ne changerait quasiment RIEN au résultat final, alors que passer de l'éprouvette graduée à une pipette jaugée le diviserait presque par cinq. C'est la règle générale de la propagation en quadrature : le terme le plus grand écrase les autres, et l'on améliore une mesure en s'attaquant à son maillon faible, jamais en perfectionnant ce qui est déjà bon.

Exercice 8 : Comparer une mesure à une valeur de référence

Deux valeurs différentes ne sont pas forcément en désaccord. On tranche avec l'écart normalisé z=xmesxrefuz=\dfrac{|x_{\text{mes}}-x_{\text{ref}}|}{u}, et l'on considère les valeurs compatibles si z2z\leq 2.

  • a) Une mesure donne g=(9,75±0,08)g=(9{,}75\pm 0{,}08) m/s2^{2}, la référence étant 9,819{,}81 m/s2^{2}. Les valeurs sont-elles compatibles ?
  • b) Une autre équipe trouve g=(9,55±0,08)g=(9{,}55\pm 0{,}08) m/s2^{2}. Conclusion ?
  • c) Pourquoi le seuil est-il fixé à 22 et non à 11 ?
  • d) Une équipe annonce g=(9,810±0,200)g=(9{,}810\pm 0{,}200) m/s2^{2} et se déclare en excellent accord avec la référence. Que penser de cette conclusion ?
Voir la correction

a) On calcule l'écart normalisé : z=9,759,810,08=0,060,08=0,75z=\frac{|9{,}75-9{,}81|}{0{,}08}=\frac{0{,}06}{0{,}08}=0{,}75. Comme z=0,752z=0{,}75\leq 2, les deux valeurs sont COMPATIBLES. L'écart observé de 0,060{,}06 m/s2^{2} s'explique entièrement par l'incertitude de la mesure, il n'y a rien à expliquer de plus. On peut le voir autrement : l'intervalle [9,67 ; 9,83][9{,}67\ ;\ 9{,}83] contient bien la valeur de référence 9,819{,}81.

b) z=9,559,810,08=0,260,08=3,25z=\frac{|9{,}55-9{,}81|}{0{,}08}=\frac{0{,}26}{0{,}08}=3{,}25. Comme z>2z>2, les valeurs ne sont PAS compatibles : l'écart est trop grand pour être attribué au hasard des mesures. Il faut donc chercher une cause, et le vocabulaire compte ici. On ne dit pas que la mesure est fausse, on dit qu'elle révèle probablement une ERREUR SYSTÉMATIQUE, c'est-à-dire un biais qui décale toutes les mesures dans le même sens : un chronomètre déclenché en retard, une longueur mesurée depuis le mauvais point d'attache, un instrument mal étalonné.

c) Parce qu'une incertitude-type ne délimite pas un intervalle certain. Avec z1z\leq 1, la vraie valeur n'a qu'environ 6868 pour cent de chances de se trouver dans l'intervalle, si bien qu'une mesure correcte sur trois serait déclarée incompatible à tort : le critère rejetterait des mesures parfaitement bonnes. Le seuil z2z\leq 2 correspond à environ 9595 pour cent, ce qui ramène ce risque à une mesure sur vingt. C'est le compromis retenu par convention en physique-chimie au lycée, et il faut savoir le citer.

d) La conclusion est trompeuse, et c'est le piège de la question. L'écart normalisé vaut certes z=9,8109,810,200=0z=\frac{|9{,}810-9{,}81|}{0{,}200}=0, ce qui est parfait en apparence. Mais l'incertitude annoncée, 0,2000{,}200 m/s2^{2}, est ÉNORME : elle vaut 22 pour cent de la valeur, et l'intervalle [9,61 ; 10,01][9{,}61\ ;\ 10{,}01] est si large qu'il aurait contenu la référence quelle que soit à peu près la mesure obtenue.

Une mesure imprécise est donc facilement compatible avec tout, et cela ne prouve rien. On voit ici que l'écart normalisé ne se lit jamais seul : il faut le lire AVEC l'incertitude. Un zz petit obtenu avec une grande incertitude est un non-résultat, tandis qu'un zz petit obtenu avec une petite incertitude est un résultat solide. Notez au passage l'incohérence d'écriture de l'énoncé : annoncer 9,8109{,}810 au millième tout en avouant une incertitude au centième viole la règle de l'exercice 6, et c'est le premier indice qui aurait dû mettre la puce à l'oreille.

Exercice 9 : Erreur aléatoire et erreur systématique

Deux défauts très différents affectent une mesure, et un seul des deux se corrige en recommençant.

  • a) Six mesures d'une même longueur donnent 24,124{,}1 ; 24,324{,}3 ; 24,024{,}0 ; 24,224{,}2 ; 24,424{,}4 ; 24,024{,}0 cm. Calculez la moyenne. De quel type d'erreur la dispersion relève-t-elle ?
  • b) On découvre ensuite que la règle utilisée est graduée à partir de 0,50{,}5 cm au lieu de 00. Quel type d'erreur cela introduit-il, et quelle est la vraie longueur ?
  • c) Répéter la mesure cent fois aurait-il corrigé ce second défaut ?
  • d) Comment détecte-t-on une erreur systématique, puisqu'elle ne se voit pas dans la dispersion ?
Voir la correction

a) La moyenne vaut 24,1+24,3+24,0+24,2+24,4+24,06=145,0624,17\frac{24{,}1+24{,}3+24{,}0+24{,}2+24{,}4+24{,}0}{6}=\frac{145{,}0}{6}\approx 24{,}17 cm. Les six valeurs se répartissent de part et d'autre de cette moyenne, certaines au-dessus et d'autres en dessous, sans direction privilégiée : c'est la signature d'une ERREUR ALÉATOIRE. Elle provient du hasard de la lecture, de la position de l'œil, de la coïncidence imparfaite du zéro avec le bord de l'objet. Sa propriété essentielle est qu'elle se compense en moyenne, et c'est pourquoi répéter la mesure améliore le résultat : l'incertitude sur la moyenne décroît comme 1n\frac{1}{\sqrt{n}}, donc quatre fois plus de mesures divisent l'incertitude par deux.

b) C'est une ERREUR SYSTÉMATIQUE, un biais qui affecte TOUTES les mesures de la même façon et dans le même sens. Toutes les valeurs sont trop grandes de 0,50{,}5 cm, puisqu'on a compté une demi-longueur qui n'existe pas. La vraie longueur est donc 24,170,5023,6724{,}17-0{,}50\approx 23{,}67 cm. Notez que la dispersion des six mesures, elle, n'a pas changé du tout : le biais a déplacé l'ensemble du nuage sans l'élargir.

c) NON, absolument pas, et c'est le point central de l'exercice. Répéter la mesure ne réduit que la part ALÉATOIRE. Avec cent mesures, la moyenne se serait resserrée autour de 24,1724{,}17 cm avec une incertitude très faible, et l'on aurait obtenu un résultat très PRÉCIS et pourtant FAUX de 0,50{,}5 cm. Pire encore, la petite incertitude affichée aurait donné une fausse confiance dans un résultat biaisé. Précision et justesse sont donc deux qualités distinctes : la précision mesure la reproductibilité, la justesse mesure l'accord avec la vraie valeur, et l'on peut être très précis tout en étant nettement à côté.

d) Justement pas en regardant la dispersion, qui n'en garde aucune trace. Trois moyens existent, et ils sont tous des recoupements EXTÉRIEURS à la série de mesures. Le premier est de comparer à une valeur de référence connue par l'écart normalisé de l'exercice 8 : un zz élevé malgré une petite incertitude est la signature typique d'un biais. Le deuxième est de changer d'instrument ou de méthode : si une seconde règle donne 23,723{,}7 cm là où la première donnait 24,224{,}2 cm, le désaccord dénonce l'une des deux. Le troisième est de vérifier l'étalonnage avant de commencer, en mesurant un objet de dimension connue, ce qui est la raison d'être du zéro d'une balance et des solutions étalons en chimie.

Résumé à retenir : l'erreur aléatoire se combat en RÉPÉTANT, l'erreur systématique en RECOUPANT. Confondre les deux conduit à passer un temps considérable à améliorer une précision qui n'était pas le problème.

Exercice 10 : Synthèse : de la mesure brute au résultat publiable

On mesure la vitesse du son en chronométrant un écho. La distance parcourue est d=100,0±0,5d=100{,}0\pm 0{,}5 m et la durée t=0,294±0,004t=0{,}294\pm 0{,}004 s. La valeur de référence à 2020 °C est 343343 m/s.

  • a) Calculez la vitesse et donnez les deux incertitudes relatives.
  • b) Calculez l'incertitude relative puis absolue sur la vitesse.
  • c) Écrivez le résultat final correctement.
  • d) La mesure est-elle compatible avec la référence ? Que faudrait-il améliorer pour gagner en précision ?
Voir la correction

a) La vitesse vaut v=dt=100,00,294340,14v=\frac{d}{t}=\frac{100{,}0}{0{,}294}\approx 340{,}14 m/s, valeur qu'on conserve entière pour l'instant sans arrondir, conformément à l'exercice 2. Incertitudes relatives : u(d)d=0,5100,0=0,0050\frac{u(d)}{d}=\frac{0{,}5}{100{,}0}=0{,}0050, soit 0,500{,}50 pour cent, et u(t)t=0,0040,2940,0136\frac{u(t)}{t}=\frac{0{,}004}{0{,}294}\approx 0{,}0136, soit 1,41{,}4 pour cent. La durée est donc mesurée près de trois fois moins précisément que la distance.

b) La vitesse est un quotient, on compose donc en quadrature comme à l'exercice 7 : u(v)v=0,00502+0,01362=2,5×105+1,85×104=2,10×1040,0145\frac{u(v)}{v}=\sqrt{0{,}0050^{2}+0{,}0136^{2}}=\sqrt{2{,}5\times 10^{-5}+1{,}85\times 10^{-4}}=\sqrt{2{,}10\times 10^{-4}}\approx 0{,}0145, soit environ 1,41{,}4 pour cent. On revient ensuite à l'absolu : u(v)=340,14×0,01454,9u(v)=340{,}14\times 0{,}0145\approx 4{,}9 m/s.

c) On arrondit l'incertitude à deux chiffres significatifs, u(v)4,9u(v)\approx 4{,}9 m/s, que l'on peut ramener à 55 m/s avec un seul chiffre. En alignant la valeur sur la même position décimale : v=(340±5)v=(340\pm 5) m/s. Il serait incorrect d'écrire v=340,14±4,9v=340{,}14\pm 4{,}9 m/s, qui annonce le centième de mètre par seconde tout en avouant une incertitude de cinq unités.

d) Écart normalisé : z=340,143434,9=2,864,90,58z=\frac{|340{,}14-343|}{4{,}9}=\frac{2{,}86}{4{,}9}\approx 0{,}58. Comme z2z\leq 2, la mesure est COMPATIBLE avec la valeur de référence. L'écart de près de 33 m/s observé s'explique entièrement par l'incertitude expérimentale, et il n'y a aucune erreur systématique à soupçonner.

Pour gagner en précision, il faut s'attaquer au maillon faible, qui est ici la DURÉE avec ses 1,41{,}4 pour cent contre 0,500{,}50 pour cent pour la distance. Améliorer la mesure de distance ne servirait presque à rien, la quadrature montrant que sa contribution est déjà écrasée. Deux voies concrètes s'offrent : utiliser un dispositif de déclenchement automatique plutôt qu'un chronomètre manuel, dont le temps de réaction humain est justement de l'ordre de quelques millisecondes, ou bien allonger la distance pour que la durée mesurée soit plus grande, l'incertitude absolue de déclenchement restant la même tandis que la durée augmente. Doubler la distance diviserait ainsi par deux l'incertitude relative sur le temps, et c'est la solution la moins coûteuse.

Voir aussi

Besoin d'aide en physique-chimie au lycée à Montréal ?

Les points perdus sur les chiffres significatifs et les incertitudes se récupèrent vite, parce que les règles sont peu nombreuses et toujours les mêmes. Je les travaille avec mes élèves du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas, en ligne ou en personne.

Site par Studio Squalli