Maths complémentaires, Terminale • Examen blanc corrigé à Montréal
Examen de synthèse corrigé : maths complémentaires
Une série de chapitre annonce son sujet : on sait qu'on travaille sur les suites, et la moitié du travail est déjà faite. Un examen final ne l'annonce pas, et c'est la seule différence qui compte. Cet examen de synthèse parcourt cinq des neuf thèmes du programme de l'option mathématiques complémentaires de Terminale, telle qu'elle est enseignée au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal : modèles définis par une fonction, modèles d'évolution, calculs d'aires, inférence bayésienne et échantillonnage, avec le logarithme comme outil de modélisation. Les temps d'attente, la répartition des richesses (courbe de Lorenz, indice de Gini), l'approche historique du logarithme et la corrélation n'y figurent pas : ils se révisent dans les séries de chapitre de l'option.
Format de cet examen blanc : 12 exercices, 100 points, 3 heures, quatre parties de 25 points. L'option n'a pas d'examen écrit au baccalauréat, elle est évaluée en contrôle continu : ce sujet se travaille comme un contrôle long de fin d'année, ou comme une révision complète avant les études supérieures. Comme dans toute l'option, chaque exercice est contextualisé : aucune question ne demande de calculer pour calculer.
Les deux questions qui séparent vraiment les copies sont la dernière de l'exercice 3, où deux doses d'engrais très différentes donnent exactement le même rendement, et la dernière de l'exercice 10, où un test fiable à 99 pour cent produit cinq fois plus de faux positifs que de vrais malades. Dans les deux cas le calcul est court, et c'est l'interprétation qui compte.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Dérivée d'un quotient : (vu)′=v2u′v−uv′. Une dérivée positive donne la croissance, jamais la divergence : une fonction croissante peut être majorée.
•Modèle logistique 1+ae−rtK : la limite K est la capacité du milieu, et la croissance est la plus rapide quand la fonction vaut 2K.
•Suite géométrique de raison q : la somme des n+1 premiers termes vaut u01−q1−qn+1, et si ∣q∣<1 cette somme converge vers 1−qu0. Une infinité de termes peut donc avoir un total fini.
•Suite arithmético-géométrique un+1=aun+b : on soustrait le point fixe L=1−ab, et un−L devient géométrique de raison a.
•Les pourcentages de variation se multiplient, ils ne s'additionnent jamais : cinq baisses de 18 pour cent donnent 0,825, pas 1−5×0,18.
•Décroissance exponentielle : la demi-vie t1/2 vérifie k=t1/2ln2, et tout délai relatif est indépendant de la quantité initiale.
•Logarithme et modèles : une droite sur papier semi-logarithmique signale une exponentielle, une droite sur papier log-log signale une loi de puissance dont la pente donne l'exposant.
•Prix moyen contre prix marginal : le prix moyen est l'aire totale divisée par la quantité, le prix marginal est la hauteur de la courbe au point courant. Les confondre est l'erreur classique des tarifs progressifs.
•Bayes : PT(M)=P(T)P(M)×PM(T). Ne jamais confondre PM(T) et PT(M) : leur écart dépend de la rareté de la maladie.
•Fourchette de sondage, contenu des anciens programmes rappelé par l'énoncé : au niveau de confiance de 95 pour cent, [f−n1;f+n1]. L'amplitude varie comme n1, donc quadrupler l'échantillon ne divise la marge que par 2.
Partie A : Fonctions et modèles continus (/25)
Exercice 1 : La diffusion d'une application mobile
Le nombre d'utilisateurs d'une application, exprimé en milliers, est modélisé pour tout réel t≥0 par f(t)=1+24e−0,5t50, où t est le nombre de mois écoulés depuis le lancement.
a) Calculez f(0) et interprétez ce résultat.
b) Déterminez la limite de f en +∞ et interprétez-la dans le contexte.
c) Montrez que f′(t)=(1+24e−0,5t)2600e−0,5t, puis déterminez le sens de variation de f.
d) Résolvez l'équation f(t)=25. On admet que la croissance est la plus rapide à cet instant : au bout de combien de mois cela se produit-il ?
e) Déterminez, à un dixième de mois près, le moment où l'application atteint 45 000 utilisateurs.
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Réponses
a)f(0)=2 : 2000 utilisateurs
b)Limite 50 : 50000 utilisateurs
c)f′>0 : strictement croissante
d)t=2ln24≈6,4 mois
e)t=6ln6≈10,8 mois
a)
f(0)=1+2450=2550=2. Au lancement, l'application compte 2 000 utilisateurs.
b)
Quand t tend vers +∞, −0,5t tend vers −∞ donc e−0,5t tend vers 0. Le dénominateur tend vers 1 et f(t) tend vers 50. Le nombre d'utilisateurs se stabilise donc autour de 50 000 : c'est la taille du marché que l'application peut espérer atteindre.
c)
Posons u(t)=1+24e−0,5t, de sorte que f=u50. Alors u′(t)=24×(−0,5)e−0,5t=−12e−0,5t, et f′=−u250u′=u2600e−0,5t, ce qui est la formule annoncée. Une exponentielle et un carré étant strictement positifs, f′(t)>0 pour tout t : f est strictement croissante sur [0;+∞[.
d)
f(t)=25 équivaut à 50=25(1+24e−0,5t), soit 1+24e−0,5t=2, puis e−0,5t=241. En prenant le logarithme népérien : −0,5t=−ln24, donc t=2ln24≈6,4. La croissance est la plus rapide au bout d'environ 6,4 mois, c'est-à-dire quand l'application a conquis la moitié de son marché.
e)
On résout f(t)=45 : 50=45(1+24e−0,5t) donne 1+24e−0,5t=910, puis 24e−0,5t=91 et e−0,5t=2161. Donc t=2ln216. Comme 216=63, on a aussi t=6ln6≈10,8 mois. Il faut donc environ 10,8 mois pour atteindre 45 000 utilisateurs, alors que les 25 000 premiers avaient été atteints en 6,4 mois : la fin de la conquête est beaucoup plus lente que le début.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Exercice 2 : Le prix qui maximise la recette
Une salle de spectacle observe que si le billet est vendu au prix de p dollars, avec p>0, le nombre de billets vendus est modélisé par D(p)=2000e−0,05p.
La recette, en dollars, est alors R(p)=pD(p)=2000pe−0,05p.
a) Calculez D(0) et D(20), arrondis à l'unité, puis justifiez que D est décroissante.
b) Montrez que R′(p)=2000e−0,05p(1−0,05p).
c) Dressez le tableau de variations de R sur ]0;+∞[ et déterminez le prix qui maximise la recette.
d) Calculez la recette maximale, arrondie au dollar. Combien de billets sont alors vendus ?
e) La salle envisage de porter le prix à 25 dollars. Calculez la recette correspondante et expliquez, en termes de clients perdus, pourquoi augmenter le prix fait ici baisser la recette.
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Réponses
a)D(0)=2000, D(20)≈736 ; décroissante
b)R′(p)=2000e−0,05p(1−0,05p)
c)Maximum en p=20 dollars
d)≈14715 dollars, 736 billets
e)R(25)≈14325 : moins de clients
a)
D(0)=2000 et D(20)=2000e−1≈736. La fonction p↦−0,05p est décroissante et l'exponentielle est croissante, donc D est décroissante : plus le billet est cher, moins il se vend.
b)
R est un produit : avec u(p)=2000p et v(p)=e−0,05p, on a u′=2000 et v′=−0,05e−0,05p. Donc R′=u′v+uv′=2000e−0,05p−100pe−0,05p=2000e−0,05p(1−0,05p) en factorisant par 2000e−0,05p.
c)
Le facteur 2000e−0,05p est strictement positif, donc R′ a le signe de 1−0,05p. Ce facteur est positif pour p<20 et négatif pour p>20. Ainsi R est croissante sur ]0;20], décroissante sur [20;+∞[, et atteint son maximum en p=20. Le prix optimal est donc de 20 dollars.
d)
R(20)=2000×20×e−1=e40000≈14715 dollars. Le nombre de billets vendus est D(20)≈736.
e)
R(25)=2000×25×e−1,25≈14325 dollars, soit environ 390 dollars de moins. En passant de 20 à 25 dollars, la salle gagne 5 dollars sur chaque billet vendu, mais elle perd des clients : D(25)≈573 contre D(20)≈736, soit environ 163 spectateurs de moins. Le gain sur les billets restants ne compense pas la perte de ceux qui ne viennent plus. Le prix de 20 dollars est exactement celui où ces deux effets s'équilibrent.
Exercice 3 : La dose d'engrais qui maximise le rendement
Le rendement d'une parcelle, en quintaux par hectare, est modélisé en fonction de la dose x d'engrais, en unités par hectare, par R(x)=x2+440x pour x≥0.
a) Calculez R(0) et R(2), et interprétez la première valeur.
b) Montrez que R′(x)=(x2+4)240(4−x2).
c) Déduisez-en le tableau de variations de R sur [0;+∞[ et la dose optimale.
d) Déterminez la limite de R en +∞ et expliquez ce que ce modèle affirme au sujet du surdosage.
e) Résolvez l'équation R(x)=8. Commentez : que doit faire un agriculteur qui viserait un rendement de 8 quintaux par hectare ?
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Réponses
a)R(0)=0, R(2)=10
b)R′(x)=(x2+4)240(4−x2)
c)Maximum 10 pour x=2
d)Limite 0 : le surdosage annule le rendement
e)x=1 ou x=4 : choisir 1
a)
R(0)=0 et R(2)=880=10. Sans engrais, le modèle prévoit un rendement nul, ce qui est une limite évidente du modèle : une parcelle non fertilisée produit tout de même quelque chose.
b)
R est un quotient avec u(x)=40x et v(x)=x2+4, donc u′=40 et v′=2x. Alors R′=v2u′v−uv′=(x2+4)240(x2+4)−40x×2x=(x2+4)240x2+160−80x2=(x2+4)2160−40x2=(x2+4)240(4−x2).
c)
Le dénominateur est strictement positif, donc R′ a le signe de 4−x2, positif pour 0≤x<2 et négatif pour x>2. Donc R croît sur [0;2], décroît sur [2;+∞[, et son maximum vaut R(2)=10. La dose optimale est de 2 unités par hectare.
d)
En divisant numérateur et dénominateur par x2 : R(x)=1+x24x40, dont le numérateur tend vers 0 et le dénominateur vers 1. Donc R(x) tend vers 0. Le modèle affirme qu'un surdosage massif finit par annuler complètement le rendement, ce qui correspond au fait qu'un excès d'engrais brûle les cultures.
e)
R(x)=8 donne 40x=8(x2+4), soit 8x2−40x+32=0, puis en divisant par 8 : x2−5x+4=0. Le discriminant vaut 25−16=9, d'où x=25−3=1 ou x=25+3=4. Deux doses très différentes donnent donc le même rendement. Un agriculteur visant 8 quintaux doit évidemment choisir x=1 : c'est quatre fois moins d'engrais pour le même résultat, donc moins cher et moins polluant. La dose x=4 correspond au même rendement atteint par le mauvais côté du maximum. La figure du corrigé montre la droite d'ordonnée 8 coupant la courbe en deux points, de part et d'autre du maximum.
Partie B : Suites et modèles discrets (/25)
Exercice 4 : La valeur de revente d'un véhicule
Une voiture achetée 32 000 dollars perd 18 pour cent de sa valeur chaque année. On note vn sa valeur, en dollars, au bout de n années, donc v0=32000.
a) Justifiez que (vn) est géométrique, précisez sa raison, puis exprimez vn en fonction de n.
b) Calculez v3 et v5, arrondis au dollar.
c) Déterminez par le calcul la première année où la valeur passe sous 10 000 dollars.
d) Un concessionnaire propose plutôt une décote linéaire de 4 000 dollars par an. Comparez les deux modèles au bout de 3 ans puis au bout de 7 ans.
e) Le modèle linéaire prévoit une valeur nulle au bout de 8 ans. Que prévoit le modèle géométrique, et lequel des deux est le plus réaliste ?
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Réponses
a)vn=32000×0,82n
b)v3≈17644, v5≈11864
c)Sixième année
d)20000 contre 17644 ; 4000 contre 7977
e)Géométrique : jamais nul, plus réaliste
a)
Perdre 18 pour cent revient à multiplier par 1−0,18=0,82. On a donc vn+1=0,82vn : la suite est géométrique de raison 0,82 et de premier terme 32 000. Ainsi vn=32000×0,82n.
b)
v3=32000×0,823≈17644 dollars et v5=32000×0,825≈11864 dollars.
c)
On cherche le plus petit n tel que 32000×0,82n<10000, soit 0,82n<0,3125. En passant au logarithme népérien, et comme ln(0,82) est négatif, l'inégalité change de sens : n>ln(0,82)ln(0,3125)≈5,86. Le plus petit entier est n=6, et on vérifie v6≈9728 dollars contre v5≈11864 dollars. C'est donc au bout de 6 ans.
d)
Le modèle linéaire donne 32000−4000n. Au bout de 3 ans : 20 000 dollars contre environ 17 644 dollars pour le modèle géométrique, qui est donc plus pessimiste. Au bout de 7 ans : 4 000 dollars contre 32000×0,827≈7977 dollars, et c'est maintenant le modèle géométrique qui est le plus optimiste. Les deux courbes se croisent entre-temps.
e)
Le modèle géométrique ne prévoit jamais une valeur nulle : 0,82n est strictement positif pour tout n, la suite tend vers 0 sans jamais l'atteindre. Le modèle géométrique est plus réaliste, pour deux raisons : une voiture garde toujours une valeur résiduelle, ne serait-ce qu'en pièces, et la décote réelle est bien plus forte les premières années que les dernières, ce qu'un pourcentage constant reproduit et qu'une soustraction constante ne reproduit pas.
Exercice 5 : Le taux de reproduction d'une épidémie
On note un le nombre de nouveaux cas d'une maladie pendant la semaine n, avec u0=120. On modélise la propagation par un+1=Run, où R est le taux de reproduction.
Dans les questions a) à c) on prend R=1,15.
a) Exprimez un en fonction de n, puis calculez u8 arrondi à l'unité.
b) Calculez le nombre total de cas des semaines 0 à 8 incluses, arrondi à l'unité.
c) Déterminez la première semaine où le nombre de nouveaux cas dépasse 500.
d) Des mesures ramènent le taux à R=0,9, toujours avec u0=120. Montrez que le nombre total de cas sur toutes les semaines à venir reste fini, et calculez-le.
e) Expliquez pourquoi la valeur 1 pour R est un seuil critique, et non un simple repère commode.
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Réponses
a)un=120×1,15n, u8≈367
b)≈2014 cas
c)Semaine 11
d)Total 1200 cas
e)Somme divergente si R>1, finie si R<1
a)
La suite est géométrique de raison 1,15, donc un=120×1,15n. Alors u8=120×1,158≈367 nouveaux cas.
b)
La somme des neuf premiers termes d'une suite géométrique vaut u0×1−R1−R9=120×0,151,159−1≈2014 cas au total.
c)
On cherche le plus petit n tel que 120×1,15n>500, soit 1,15n>625. En passant au logarithme : n>ln(1,15)ln(25/6)≈10,2. Donc n=11 : c'est la semaine 11, où u11≈558 cas contre u10≈485.
d)
Avec R=0,9, la somme des n+1 premiers termes vaut 120×0,11−0,9n+1. Comme 0<0,9<1, la puissance 0,9n+1 tend vers 0, donc cette somme converge vers 0,1120=1200. Le nombre total de cas sur toute la durée de l'épidémie reste donc inférieur à 1 200, quel que soit le nombre de semaines écoulées.
e)
Parce que la nature de la somme change de part et d'autre de 1. Si R>1, la suite géométrique diverge et la somme des termes croît sans limite : l'épidémie n'a pas de taille finale. Si R<1, la suite tend vers 0 et la somme converge vers 1−Ru0 : l'épidémie a un nombre total de cas fini, connu d'avance. Le passage de R=1,15 à R=0,9 ne change pas seulement la vitesse, il change la conclusion mathématique. C'est pourquoi les mesures sanitaires visent toujours à faire passer R sous 1, et non simplement à le réduire.
Exercice 6 : Une population qui se stabilise, lue sur un graphique
Une réserve naturelle compte un animaux au bout de n années, avec u0=20. Chaque année, la population perd 40 pour cent de son effectif et la réserve introduit 40 animaux.
On a donc un+1=0,6un+40. Le graphique ci-dessous représente la droite d'équation y=0,6x+40, la droite d'équation y=x, et la construction des premiers termes.
a) Calculez u1 et u2, et retrouvez-les sur le graphique.
b) Le point d'intersection des deux droites a pour abscisse L=100. Vérifiez par le calcul que L est bien la solution de L=0,6L+40, et interprétez.
c) On pose wn=un−100. Montrez que (wn) est géométrique, puis exprimez un en fonction de n.
d) Déterminez la limite de (un) et confirmez la lecture graphique.
e) Déterminez la première année où la population dépasse 99 animaux.
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Réponses
a)u1=52, u2=71,2
b)L=100, point fixe
c)un=100−80×0,6n
d)Limite 100
e)Neuvième année
a)
u1=0,6×20+40=52 et u2=0,6×52+40=71,2. Sur le graphique, on part de u0=20 sur l'axe des abscisses, on monte verticalement jusqu'à la droite y=0,6x+40 pour lire u1=52, puis on se déplace horizontalement jusqu'à la droite y=x pour reporter cette valeur en abscisse, et on recommence.
b)
0,6×100+40=60+40=100, donc L=100 vérifie bien l'équation. Cette valeur est le point fixe du modèle : si la population valait exactement 100, elle resterait à 100 indéfiniment, les 40 pertes annuelles étant compensées exactement par les 40 introductions.
c)
wn+1=un+1−100=0,6un+40−100=0,6un−60=0,6(un−100)=0,6wn. La suite (wn) est donc géométrique de raison 0,6, de premier terme w0=20−100=−80. Ainsi wn=−80×0,6n et un=100−80×0,6n. Vérification : u2=100−80×0,36=100−28,8=71,2.
d)
Comme 0<0,6<1, la suite (0,6n) tend vers 0, donc un tend vers 100. Le graphique le montre bien : la construction en escalier se resserre vers le point d'intersection des deux droites, sans jamais le dépasser puisque wn reste négatif.
e)
On cherche le plus petit n tel que 100−80×0,6n>99, soit 80×0,6n<1, puis 0,6n<0,0125. En passant au logarithme et en changeant le sens puisque ln(0,6)<0 : n>ln(0,6)ln(0,0125)≈8,58. Donc n=9 : c'est au bout de 9 ans, avec u9≈99,2 animaux contre u8≈98,7.
Partie C : Logarithme, intégrales et aires (/25)
Exercice 7 : La demi-vie d'un médicament et la posologie
La concentration d'un médicament dans le sang, en milligrammes par litre, est modélisée par c(t)=c0e−kt, où t est le temps en heures et k>0.
On mesure que la concentration est divisée par deux toutes les 6 heures.
a) Traduisez cette information par une équation, puis montrez que k=6ln2. Donnez une valeur approchée de k.
b) On prend c0=12. Calculez la concentration au bout de 6 heures, puis au bout de 18 heures.
c) Le médicament n'est plus actif quand la concentration est tombée à 10 pour cent de sa valeur initiale. Déterminez ce délai, à un dixième d'heure près.
d) Exprimez ce délai à l'aide de ln10 et de ln2 uniquement, et vérifiez qu'il ne dépend pas de c0.
e) Le fabricant recommande une prise toutes les 8 heures. Est-ce cohérent avec la réponse à la question c) ? Justifiez.
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Réponses
a)k=6ln2≈0,1155
b)6 puis 1,5 mg/L
c)≈19,9 h
d)t=ln26ln10, indépendant de c0
e)Cohérent : il reste ≈40 % à 8 h
a)
La condition s'écrit c(t+6)=21c(t) pour tout t, soit c0e−k(t+6)=21c0e−kt. En divisant par c0e−kt, qui n'est pas nul, il reste e−6k=21. En prenant le logarithme népérien : −6k=−ln2, donc k=6ln2≈0,1155.
b)
c(6)=12×21=6 milligrammes par litre. Au bout de 18 heures, soit trois demi-vies, c(18)=12×(21)3=1,5 milligramme par litre.
c)
On résout c0e−kt=0,1c0, soit e−kt=0,1 et donc −kt=ln(0,1)=−ln10, d'où t=kln10≈0,11552,3026≈19,9 heures.
d)
En remplaçant k : t=6ln2ln10=ln26ln10≈19,93 heures. La concentration initiale c0 s'est éliminée dès la question c) en divisant les deux membres : le délai ne dépend donc pas de la dose. C'est une propriété générale de la décroissance exponentielle, et c'est pourquoi on parle de demi-vie sans préciser la dose.
e)
Oui, c'est cohérent, et c'est même le but. Au bout de 8 heures il reste e−8k≈0,397, soit environ 40 pour cent de la dose, donc bien plus que les 10 pour cent du seuil d'inactivité atteints seulement vers 19,9 heures. En reprenant le médicament toutes les 8 heures, on remet une dose avant que la précédente ne soit devenue inefficace, ce qui maintient la concentration au-dessus du seuil actif en permanence.
Exercice 8 : Une facture d'électricité à tarif progressif
Un fournisseur applique un tarif progressif : les 40 premiers kilowattheures sont facturés 0,08 dollar par kWh, les suivants jusqu'à 100 kWh sont facturés 0,12 dollar par kWh, et au-delà de 100 kWh le prix est de 0,18 dollar par kWh.
Le graphique ci-dessous représente le prix unitaire p(x) en fonction de la quantité consommée. Le montant de la facture pour une consommation Q est l'aire sous cette courbe entre 0 et Q.
a) Calculez le montant de la facture pour une consommation de 30 kWh, puis de 60 kWh.
b) Calculez le montant pour 150 kWh.
c) Exprimez le montant C(Q) en fonction de Q pour 40≤Q≤100.
d) Un client a payé exactement 10 dollars. Déterminez sa consommation.
e) Calculez le prix moyen au kWh pour une consommation de 150 kWh, et expliquez pourquoi il est inférieur à 0,18 dollar alors que le dernier kWh consommé coûte bien 0,18 dollar.
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Réponses
a)2,40 et 5,60 dollars
b)19,40 dollars
c)C(Q)=0,12Q−1,60
d)≈96,7 kWh
e)≈0,129 dollar par kWh
a)
Pour 30 kWh, on reste dans la première tranche : l'aire est celle d'un rectangle de largeur 30 et de hauteur 0,08, soit 30×0,08=2,40 dollars. Pour 60 kWh, on ajoute la deuxième tranche : 40×0,08+20×0,12=3,20+2,40=5,60 dollars.
b)
Pour 150 kWh, les trois tranches sont concernées : 40×0,08+60×0,12+50×0,18=3,20+7,20+9,00=19,40 dollars.
c)
Pour 40≤Q≤100, la première tranche est entièrement consommée et coûte 3,20 dollars, et il reste Q−40 kWh facturés à 0,12 dollar. Donc C(Q)=3,20+0,12(Q−40), ce qui s'écrit aussi C(Q)=0,12Q−1,60.
d)
On a C(40)=3,20 et C(100)=3,20+0,12×60=10,40, donc 10 dollars correspond bien à la deuxième tranche. On résout 3,20+0,12(Q−40)=10, soit 0,12(Q−40)=6,80 et Q−40=0,126,80≈56,67. La consommation est d'environ 96,7 kWh.
e)
Le prix moyen vaut 15019,40≈0,129 dollar par kWh. Il est inférieur à 0,18 parce que le prix moyen est la moyenne de tous les kWh consommés, dont les 40 premiers n'ont coûté que 0,08 et les 60 suivants 0,12 : seuls les 50 derniers ont été payés 0,18. Autrement dit, le prix moyen est l'aire totale divisée par la largeur, alors que 0,18 est la hauteur de la courbe à l'extrémité droite, c'est-à-dire le prix marginal. Confondre les deux est l'erreur classique de lecture de ce type de tarif.
Exercice 9 : La troisième loi de Kepler lue sur un papier log-log
Pour une planète du système solaire, on note a son demi-grand axe en unités astronomiques et T sa période de révolution en années. Le tableau donne trois planètes.
On cherche une relation de la forme T=λab, où λ et b sont deux constantes à déterminer.
Planète
Terre
Astre X
Astre Y
a (u.a.)
1
4
9
T (années)
1
8
?
a) Vérifiez que les deux premières colonnes satisfont T2=a3.
b) En supposant T=λab avec λ>0, montrez que logT=logλ+bloga.
c) Déduisez-en que, dans un repère où l'on porte loga en abscisse et logT en ordonnée, les points sont alignés. Calculez la pente de cette droite à partir des deux premières colonnes.
d) Déterminez λ, puis complétez le tableau en calculant la période de l'astre Y.
e) Pourquoi utilise-t-on ici un papier log-log, alors qu'un papier semi-logarithmique suffisait pour une croissance exponentielle ?
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Réponses
a)1=1 et 64=64
b)logT=logλ+bloga
c)Pente b=23
d)λ=1 ; T=27 années
e)Loi de puissance : deux axes logarithmiques
a)
Pour la Terre : T2=1 et a3=1. Pour l'astre X : T2=82=64 et a3=43=64. Les deux colonnes vérifient donc bien T2=a3.
b)
En appliquant le logarithme décimal à T=λab : logT=log(λab)=logλ+log(ab)=logλ+bloga, en utilisant successivement le logarithme d'un produit puis celui d'une puissance.
c)
En posant X=loga et Y=logT, la relation devient Y=bX+logλ : c'est l'équation d'une droite de pente b et d'ordonnée à l'origine logλ. Les points sont donc alignés. Avec la Terre, X=0 et Y=0 ; avec l'astre X, X=log4 et Y=log8. La pente vaut b=log4−0log8−0=2log23log2=23.
d)
La droite passe par l'origine, donc logλ=0 et λ=1. La relation est T=a3/2, ce qui équivaut bien à T2=a3. Pour l'astre Y : T=93/2=(9)3=33=27 années.
e)
Parce que la nature du modèle n'est pas la même. Une croissance exponentielle s'écrit y=λqx, donc logy=logλ+xlogq : c'est logy qui devient affine en x, et un seul axe doit être gradué en logarithme. Ici le modèle est une puissance, T=λab, et c'est logT qui devient affine en loga : il faut passer les deux axes au logarithme. La forme du graphique renseigne donc directement sur le type de modèle : une droite sur papier semi-logarithmique signale une exponentielle, une droite sur papier log-log signale une loi de puissance, et la pente donne alors l'exposant.
Partie D : Probabilités, statistiques et synthèse (/25)
Exercice 10 : Un test de dépistage et le piège des faux positifs
Une maladie touche 0,8 pour cent d'une population. Un test de dépistage donne un résultat positif chez 99 pour cent des personnes malades, et chez 4 pour cent des personnes saines.
On choisit une personne au hasard. On note M l'événement « la personne est malade » et T l'événement « le test est positif ».
a) Traduisez les données de l'énoncé en probabilités, puis construisez un arbre pondéré.
b) Calculez P(M∩T) et P(M∩T).
c) Calculez P(T) à l'aide de la formule des probabilités totales.
d) Calculez PT(M), la probabilité que la personne soit malade sachant que son test est positif. Arrondissez à 10−3.
e) Le test détecte 99 pour cent des malades, et pourtant la réponse à d) est faible. Expliquez ce paradoxe apparent en comparant les effectifs concernés sur 100 000 personnes.
Voir la correction
Réponses
a)P(M)=0,008, PM(T)=0,99, PM(T)=0,04
b)0,00792 et 0,03968
c)P(T)=0,0476
d)PT(M)≈0,166
e)3968 faux positifs contre 792 vrais
a)
On a P(M)=0,008, donc P(M)=0,992. Le test détectant 99 pour cent des malades, PM(T)=0,99. Étant positif chez 4 pour cent des personnes saines, PM(T)=0,04. L'arbre a deux branches au premier niveau, M pondérée par 0,008 et M par 0,992, chacune se scindant en T et T. La figure du corrigé donne l'arbre complet, avec la probabilité de chacun des quatre chemins.
b)
P(M∩T)=P(M)×PM(T)=0,008×0,99=0,00792. Et P(M∩T)=0,992×0,04=0,03968.
c)
Les événements M et M formant une partition, P(T)=P(M∩T)+P(M∩T)=0,00792+0,03968=0,0476. Environ 4,76 pour cent des tests sont positifs.
d)
PT(M)=P(T)P(M∩T)=0,04760,00792≈0,166. Une personne dont le test est positif n'a donc qu'environ 16,6 pour cent de risque d'être réellement malade.
e)
Sur 100 000 personnes, 800 sont malades et 99 200 sont saines. Parmi les malades, 0,99×800=792 sont détectées. Parmi les personnes saines, 0,04×99200=3968 sont pourtant positives. Le test produit donc 3 968 faux positifs contre seulement 792 vrais positifs : les positifs sont cinq fois plus souvent des erreurs que des cas réels. Le paradoxe se dissout dès qu'on remarque que les 4 pour cent d'erreur s'appliquent à un groupe énorme, alors que les 99 pour cent de réussite s'appliquent à un groupe minuscule. C'est la rareté de la maladie, et non la qualité du test, qui rend le résultat positif peu informatif.
Exercice 11 : Un sondage avant une élection
Un sondage réalisé sur un échantillon de 1 000 personnes choisies au hasard donne 52 pour cent d'intentions de vote pour un candidat.
On rappelle qu'un intervalle de confiance au niveau de confiance de 95 pour cent est donné par [f−n1;f+n1], où f est la fréquence observée et n la taille de l'échantillon.
Cette formule de fourchette de sondage est un contenu des anciens programmes : le programme actuel de l'option cite la fourchette de sondage parmi les problèmes possibles, sans formule exigible. Elle est donc rappelée ici, et ce problème se présente comme un problème possible, pas comme une connaissance à restituer.
a) Calculez l'amplitude n1 pour n=1000, arrondie à 10−4.
b) Déterminez l'intervalle de confiance au niveau de 95 pour cent, arrondi à 10−3.
c) Le candidat peut-il affirmer qu'il est majoritaire ? Justifiez précisément.
d) Quelle taille d'échantillon faudrait-il pour que l'amplitude tombe à 0,01 ?
e) Un second sondage, sur 4 000 personnes, donne encore 52 pour cent. La conclusion change-t-elle ? Commentez le coût de cette précision.
Voir la correction
Réponses
a)≈0,0316
b)[0,488;0,552]
c)Non : 0,5 dans l'intervalle
d)n=10000
e)[0,504;0,536] : oui, majoritaire
a)
10001≈0,0316.
b)
L'intervalle est [0,52−0,0316;0,52+0,0316], soit environ [0,488;0,552].
c)
Non. L'intervalle contient la valeur 0,5, ce qui signifie qu'une proportion réelle de 50 pour cent, ou même de 49 pour cent, est compatible avec ce sondage. Le candidat ne peut donc pas conclure qu'il est majoritaire : les 52 pour cent observés sont dans la marge d'erreur. C'est exactement la situation que les médias décrivent comme un scrutin trop serré.
d)
Il faut n1=0,01, donc n=100 et n=10000 personnes. Diviser l'amplitude par un peu plus de 3 exige donc de multiplier l'échantillon par 10, puisque l'amplitude varie comme n1 et non comme n1.
e)
Avec n=4000, l'amplitude vaut 40001≈0,0158, et l'intervalle devient environ [0,504;0,536]. Cette fois 0,5 n'appartient plus à l'intervalle : le candidat peut affirmer qu'il est majoritaire, au niveau de confiance de 95 pour cent. La conclusion change donc, alors que la fréquence observée est identique. Le prix à payer est de quadrupler l'échantillon pour ne diviser l'amplitude que par 2 : la précision d'un sondage coûte de plus en plus cher à mesure qu'on la veut plus grande.
Exercice 12 : Cinq affirmations à vérifier
Chacune des cinq affirmations suivantes est fausse. Pour chacune, expliquez l'erreur et appuyez-vous sur un contre-exemple chiffré tiré, si possible, des exercices précédents.
Les cinq portent chacune sur un thème différent du programme de l'option.
a) « Une fonction dont la dérivée est positive tend nécessairement vers +∞. »
b) « Si une suite géométrique a une raison strictement inférieure à 1, la somme de tous ses termes est infinie puisqu'elle en a une infinité. »
c) « Une baisse de 18 pour cent par an pendant 5 ans revient à une baisse de 90 pour cent. »
d) « Le prix moyen au kilowattheure est la moyenne des trois tarifs 0,08 ; 0,12 et 0,18. »
e) « Le test de dépistage étant fiable à 99 pour cent, une personne testée positive est malade à 99 pour cent. »
Voir la correction
Réponses
a)Faux : la logistique tend vers 50
b)Faux : somme 1200
c)Faux : baisse de 62,9 %
d)Faux : moyenne pondérée, 0,093 pour 60 kWh
e)Faux : PT(M)≈0,166
a)
Faux. Une dérivée positive donne la croissance, pas la divergence : une fonction croissante peut être majorée et converger. Contre-exemple immédiat, l'exercice 1 : la fonction f(t)=1+24e−0,5t50 a une dérivée strictement positive partout, et pourtant elle tend vers 50. C'est même tout l'intérêt du modèle logistique : croître sans jamais dépasser la taille du marché.
b)
Faux. C'est précisément le contraire : une raison q vérifiant ∣q∣<1 garantit que la somme converge, vers 1−qu0. Contre-exemple, l'exercice 5 : avec u0=120 et q=0,9, la somme de tous les termes vaut 1 200, un nombre fini. Ajouter une infinité de termes qui tendent vers 0 assez vite donne un total fini, et c'est ce qui rend le seuil R=1 décisif en épidémiologie.
c)
Faux. Les pourcentages de variation ne s'additionnent pas, ils se multiplient. Cinq baisses de 18 pour cent correspondent à un coefficient 0,825≈0,371, soit une baisse d'environ 62,9 pour cent et non de 90 pour cent. On le lit directement sur l'exercice 4 : v5≈11864 dollars, ce qui fait bien 37 pour cent environ de la valeur initiale de 32 000 dollars.
d)
Faux. Cette moyenne vaudrait 30,08+0,12+0,18≈0,127, ce qui est proche de la bonne valeur par coïncidence, mais le raisonnement est faux : les trois tarifs ne s'appliquent pas au même nombre de kilowattheures. Il faut une moyenne pondérée par les largeurs des tranches, c'est-à-dire l'aire totale divisée par la consommation. Pour 150 kWh, le calcul de l'exercice 8 donne 15019,40≈0,129. Et surtout, cette valeur change avec la consommation : pour 60 kWh, le prix moyen vaut 605,60≈0,093, très loin de 0,127. La moyenne arithmétique des tarifs ne dépend pas de Q, la vraie moyenne en dépend, donc les deux ne peuvent pas coïncider en général.
e)
Faux, et c'est la confusion la plus coûteuse du programme : elle échange PM(T) et PT(M). Le premier est la probabilité d'être positif quand on est malade, ici 0,99 ; le second est la probabilité d'être malade quand on est positif, et l'exercice 10 le calcule à environ 0,166. Ces deux nombres n'ont aucune raison d'être égaux, et la formule de Bayes montre que leur écart dépend de la prévalence de la maladie. Ici la maladie ne touche que 0,8 pour cent de la population, donc les faux positifs, pris sur un groupe cent vingt-quatre fois plus grand, écrasent les vrais positifs.
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