Science et technologie, secondaire 4 à Montréal • Univers matériel

Exercices corrigés : les propriétés de la matière (ST, secondaire 4)

Voici une série d'exercices corrigés de science et technologie de secondaire 4, consacrée aux propriétés de la matière, le premier chapitre de l'univers matériel.

Le programme y demande une chose précise et souvent mal comprise : non pas décrire une substance, mais l'IDENTIFIER. Or décrire et identifier ne se font pas avec les mêmes propriétés, et c'est là que les points se perdent en évaluation.

Le fil de la série tient en une phrase : une propriété caractéristique ne dépend pas de la quantité de matière, et c'est exactement ce qui lui permet de nommer une substance. La masse ne dit rien, la masse volumique dit tout.

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Ce chapitre fait partie de Science et technologie, secondaire 4
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Rappel de cours

  • Propriété NON caractéristique : elle décrit un échantillon et change avec la quantité ou les conditions. Masse, volume, longueur, température, couleur, forme.
  • Propriété CARACTÉRISTIQUE : elle ne dépend pas de la quantité de matière et permet d'identifier la substance. Masse volumique, point de fusion, point d'ébullition, solubilité, conductibilité, réaction à un réactif.
  • Le quotient de deux propriétés non caractéristiques peut être caractéristique : ρ=mV\rho=\frac{m}{V} en est l'exemple, et c'est tout l'intérêt de la masse volumique.
  • Masse volumique : ρ=mV\rho=\frac{m}{V}, en g/mL\text{g/mL} ou g/cm3\text{g/cm}^{3}, qui sont la même unité puisque 1 mL=1 cm31\ \text{mL}=1\ \text{cm}^{3}. L'eau vaut 1,00 g/mL1{,}00\ \text{g/mL} : plus léger flotte, plus lourd coule.
  • Pendant un changement d'état, la température NE MONTE PAS : l'énergie sert à défaire les liaisons. Un palier sur une courbe de chauffage est un changement d'état, et son ordonnée est le point de fusion ou d'ébullition.
  • Solubilité : la masse maximale de soluté qui se dissout dans une quantité donnée de solvant, à une température donnée. Au-delà, la solution est SATURÉE et le reste se dépose.
  • Concentration : C=masse de soluteˊvolume de solutionC=\frac{\text{masse de soluté}}{\text{volume de solution}}, en g/L\text{g/L}. Saturée et concentrée ne sont pas synonymes.
  • Échelle de pH, de 00 à 1414 : en dessous de 77 acide, à 77 neutre, au-dessus de 77 basique. Chaque unité de pH représente un facteur 1010.
  • Les quatre tests à connaître : le tison rallumé identifie le dioxygène, l'éclisse enflammée qui détonne identifie le dihydrogène, l'eau de chaux qui se trouble identifie le dioxyde de carbone, le sulfate de cuivre anhydre qui bleuit identifie l'eau.
  • Une seule propriété ne suffit presque jamais à identifier une substance : on en croise au moins deux.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Caractéristique ou non : le seul test qui compte

Une propriété NON caractéristique décrit un échantillon : elle change si l'on prend un morceau plus gros. Une propriété CARACTÉRISTIQUE identifie une substance : elle est la même pour un gramme et pour une tonne.

Le test à appliquer à chaque fois tient en une question : si je coupe l'échantillon en deux, la valeur change-t-elle ?

  • a) Classez ces dix propriétés en deux colonnes : masse, masse volumique, couleur, point de fusion, volume, solubilité dans l'eau, température, conductibilité électrique, longueur, réaction à l'eau de chaux.
  • b) Appliquez le test de la coupe en deux à la masse, puis à la masse volumique, avec des nombres.
  • c) La masse n'est pas caractéristique, le volume non plus. Comment leur quotient peut-il l'être ?
  • d) Pourquoi la couleur ne permet-elle pas d'identifier une substance ? Donnez deux substances qui la partagent.
  • e) Un élève affirme : « la température de fusion change si on chauffe plus fort ». Répondez.

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a)
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Réponses

  • a) Non caractéristiques : masse, couleur, volume, température, longueur. Caractéristiques : masse volumique, point de fusion, solubilité, conductibilité, réaction à l'eau de chaux
  • b) La masse passe de 200200 à 100100 g, la masse volumique reste 2,702{,}70 g/cm³
  • c) Parce que la masse et le volume sont divisés par 2 ENSEMBLE : le quotient ne bouge pas
  • d) Parce qu'elle regroupe au lieu de distinguer : sel et sucre, cuivre et bronze
  • e) C'est faux : un feu plus fort raccourcit le palier, il ne le monte pas

a) NON caractéristiques : masse, couleur, volume, température, longueur. CARACTÉRISTIQUES : masse volumique, point de fusion, solubilité dans l'eau, conductibilité électrique, réaction à l'eau de chaux. La couleur est le cas discuté : elle ne change pas quand on coupe l'échantillon, mais elle ne permet pas d'identifier, puisque des substances différentes la partagent. Le programme la classe donc parmi les non caractéristiques, et c'est le seul cas où le test de la coupe ne suffit pas.

b) La masse : un bloc de 200 g200\ \text{g} coupé en deux donne deux morceaux de 100 g100\ \text{g}. La valeur a changé, donc la masse n'identifie rien. La masse volumique : ce bloc de 200 g200\ \text{g} occupait 74 cm374\ \text{cm}^{3}, soit ρ=20074=2,70 g/cm3\rho=\frac{200}{74}=2{,}70\ \text{g/cm}^{3}. Chaque moitié pèse 100 g100\ \text{g} et occupe 37 cm337\ \text{cm}^{3}, soit ρ=10037=2,70 g/cm3\rho=\frac{100}{37}=2{,}70\ \text{g/cm}^{3}. La valeur n'a pas bougé ✓.

c) Parce que la masse et le volume changent ENSEMBLE, exactement dans la même proportion. Couper en deux divise la masse par 22 et le volume par 22 : le quotient, lui, est inchangé. C'est le mécanisme général, et il explique pourquoi la masse volumique est la propriété caractéristique la plus utilisée au laboratoire : elle se calcule à partir de deux mesures que tout le monde sait faire.

d) Parce que la couleur ne distingue pas : elle regroupe. Le sel de table et le sucre sont tous deux des poudres blanches, et on ne les sépare pas à l'oeil ; le cuivre et certains alliages de bronze sont tous deux rougeâtres. Une propriété utile pour identifier doit être UNIQUE à la substance, ou du moins assez rare pour que, croisée avec une deuxième, elle ne laisse qu'un candidat.

e) C'est faux, et c'est justement ce qui fait du point de fusion une propriété caractéristique. Chauffer plus fort fait fondre PLUS VITE, mais la température à laquelle la fusion se produit ne change pas : la glace fond à 0 0\ ^\circC sur un petit feu comme sur un grand. L'énergie supplémentaire accélère le changement d'état, elle ne le déplace pas. On le verra directement sur la courbe de chauffage de l'exercice 3 : un feu plus fort raccourcit le palier, il ne le monte pas.

Exercice 2 : La masse volumique : calculer, convertir, identifier

ρ=mV\rho=\dfrac{m}{V}. Deux mesures ordinaires donnent une propriété qui identifie : c'est l'outil le plus rentable du chapitre.

Attention aux unités : 1 mL=1 cm31\ \text{mL}=1\ \text{cm}^{3}, donc g/mL\text{g/mL} et g/cm3\text{g/cm}^{3} sont la MÊME unité. Toutes les réponses se donnent avec leur unité.

SubstanceMasse volumique (g/cm³)
Éthanol0,79
Eau1,00
Magnésium1,74
Aluminium2,70
Fer7,87
Cuivre8,96
Plomb11,3
  • a) Un bloc de 135 g135\ \text{g} occupe 50,0 cm350{,}0\ \text{cm}^{3}. Calculez sa masse volumique et identifiez-le à l'aide du tableau.
  • b) Un liquide de 79,0 g79{,}0\ \text{g} occupe 100,0 mL100{,}0\ \text{mL}. Identifiez-le, puis dites s'il flotte sur l'eau.
  • c) Quelle est la masse d'un cube de cuivre de 3,00 cm3{,}00\ \text{cm} d'arête ?
  • d) Quel volume occupent 50,0 g50{,}0\ \text{g} de plomb ?
  • e) Convertissez 2,70 g/cm32{,}70\ \text{g/cm}^{3} en kg/m3\text{kg/m}^{3}.
  • f) Deux blocs, l'un de magnésium et l'autre d'aluminium, ont la même masse. Lequel est le plus gros ? Justifiez sans calculer.

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a)
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Réponses

  • a) 2,702{,}70 g/cm³, c'est l'ALUMINIUM
  • b) 0,7900{,}790 g/mL, c'est l'ÉTHANOL, et il flotte sur l'eau
  • c) V=27,0V = 27{,}0 cm³ et m242m \approx 242 g
  • d) V=4,42V = 4{,}42 cm³
  • e) 2 7002\ 700 kg/m³
  • f) Le MAGNÉSIUM, parce qu'à masse égale un ρ\rho plus petit donne un volume plus grand

a) ρ=mV=13550,0=2,70 g/cm3\rho=\frac{m}{V}=\frac{135}{50{,}0}=2{,}70\ \text{g/cm}^{3}. Le tableau donne l'ALUMINIUM. On écrit l'unité : une masse volumique sans unité ne vaut aucun point, parce que 2,702{,}70 tout seul ne dit pas si l'on parle de grammes par centimètre cube ou de kilogrammes par mètre cube.

b) ρ=79,0100,0=0,790 g/mL\rho=\frac{79{,}0}{100{,}0}=0{,}790\ \text{g/mL}, donc de l'ÉTHANOL. Comme 0,790<1,000{,}790<1{,}00, il est moins dense que l'eau : il flotte, et c'est d'ailleurs pourquoi l'alcool reste en surface quand on le verse doucement. La règle de flottaison se compare toujours à la masse volumique du LIQUIDE porteur, pas à un nombre absolu.

c) Le volume d'un cube est V=c3=3,003=27,0 cm3V=c^{3}=3{,}00^{3}=27{,}0\ \text{cm}^{3}. Puis m=ρV=8,96×27,0=241,9 gm=\rho V=8{,}96\times 27{,}0=241{,}9\ \text{g}, soit environ 242 g242\ \text{g}. On transforme la formule avant de remplacer, jamais l'inverse : ρ=mV\rho=\frac{m}{V} donne m=ρVm=\rho V.

d) V=mρ=50,011,3=4,42 cm3V=\frac{m}{\rho}=\frac{50{,}0}{11{,}3}=4{,}42\ \text{cm}^{3}. Contrôle de bon sens : le plomb est très dense, donc 50 g50\ \text{g} doivent occuper un tout petit volume, moins que la même masse d'eau qui occuperait 50 mL50\ \text{mL} ✓.

e) On convertit les deux unités. Un gramme vaut 0,001 kg0{,}001\ \text{kg} et un centimètre cube vaut 0,000001 m30{,}000001\ \text{m}^{3}, donc 1 g/cm3=0,0010,000001=1000 kg/m31\ \text{g/cm}^{3}=\frac{0{,}001}{0{,}000001}=1000\ \text{kg/m}^{3}. Donc 2,70 g/cm3=2700 kg/m32{,}70\ \text{g/cm}^{3}=2700\ \text{kg/m}^{3}. Retenez le facteur 10001000 : il revient à chaque conversion de ce type, et le sens est facile à retrouver, un mètre cube d'eau pèse une tonne.

f) Le MAGNÉSIUM est le plus gros. À masse égale, le volume est V=mρV=\frac{m}{\rho} : plus la masse volumique est PETITE, plus le volume est GRAND. Le magnésium, à 1,741{,}74, est moins dense que l'aluminium, à 2,702{,}70, donc il occupe plus de place. Contrôle avec 100 g100\ \text{g} : 57,5 cm357{,}5\ \text{cm}^{3} contre 37,0 cm337{,}0\ \text{cm}^{3}, presque le double.

Exercice 3 : La courbe de chauffage : lire un palier

On chauffe régulièrement un solide inconnu et l'on relève sa température toutes les minutes. La courbe obtenue est tracée ci-dessous.

Un palier sur une courbe de chauffage n'est jamais une panne de chauffage : c'est un changement d'état.

SubstancePoint de fusion (°C)Point d'ébullition (°C)
Éthanol-11478
Eau0100
Naphtalène80218
Plomb3281749
24681012141618255075100125150palier a 80 degrestemps (min)temperature (degres C)
  • a) Que se passe-t-il entre la quatrième et la dixième minute ?
  • b) Quelle est la température de fusion de cette substance ? Identifiez-la à l'aide du tableau.
  • c) Dans quel état se trouve la substance à la deuxième minute ? à la septième ? à la quatorzième ?
  • d) Pourquoi la température reste-t-elle constante alors qu'on continue de chauffer ?
  • e) On refait l'expérience avec un feu deux fois plus fort. Qu'est-ce qui change sur la courbe, et qu'est-ce qui ne change pas ?
  • f) On refait l'expérience avec deux fois plus de substance, sur le même feu. Même question.

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Réponses

  • a) La substance FOND : palier à 8080 °C
  • b) Point de fusion 8080 °C, c'est le NAPHTALÈNE
  • c) Solide, puis solide et liquide, puis liquide
  • d) Parce que l'énergie sert à défaire les liaisons, pas à agiter davantage les particules
  • e) Palier plus court, même hauteur 8080 °C
  • f) Palier deux fois plus long, même hauteur 8080 °C

a) La substance FOND. La température reste bloquée à 80 80\ ^\circC pendant six minutes alors que le chauffage continue : c'est la signature d'un changement d'état, ici le passage de l'état solide à l'état liquide.

b) Le palier se lit à 80 80\ ^\circC, donc le point de fusion vaut 80 80\ ^\circC. Le tableau donne le NAPHTALÈNE. Notez qu'on identifie avec le palier et non avec la température finale : 140 140\ ^\circC, la dernière valeur lue, ne correspond à rien de caractéristique, c'est juste l'endroit où l'on a arrêté de chauffer.

c) À la deuxième minute, la température vaut environ 50 50\ ^\circC, sous le point de fusion : la substance est SOLIDE. À la septième minute, on est au milieu du palier : elle est en train de fondre, donc SOLIDE ET LIQUIDE en même temps, les deux états coexistent. À la quatorzième minute, on est au-dessus de 80 80\ ^\circC et sous les 218 218\ ^\circC de l'ébullition : elle est LIQUIDE.

d) Parce que l'énergie apportée ne sert pas à augmenter l'agitation des particules, elle sert à DÉFAIRE les liaisons qui les tenaient en place dans le solide. Tant qu'il reste du solide à fondre, toute l'énergie part dans ce travail et la température ne bouge pas. Dès que le dernier cristal a fondu, l'énergie recommence à chauffer le liquide et la courbe repart vers le haut.

e) CHANGE : la courbe monte plus vite avant et après le palier, et le palier est plus COURT, parce qu'on fournit l'énergie de fusion en moins de temps. NE CHANGE PAS : la hauteur du palier, toujours 80 80\ ^\circC. C'est exactement ce qui fait du point de fusion une propriété caractéristique, et c'est la réponse à l'affirmation de l'exercice 1.

f) CHANGE : tout est plus lent, la montée comme le palier, qui dure deux fois plus longtemps puisqu'il y a deux fois plus de liaisons à défaire. NE CHANGE PAS : la hauteur du palier, encore 80 80\ ^\circC. Doubler la quantité de matière ne déplace aucune propriété caractéristique, c'est leur définition même.

Exercice 4 : Solubilité et concentration : deux mots que l'on confond

La courbe ci-dessous donne la solubilité du nitrate de potassium dans l'eau, c'est-à-dire la masse maximale que 100 mL100\ \text{mL} d'eau peuvent dissoudre, selon la température.

Saturée et concentrée ne veulent pas dire la même chose, et c'est le piège de tout le chapitre.

102030405060708020406080100120140160solubilite (g / 100 mL)temperature (degres C)
  • a) Lisez la solubilité à 20 20\ ^\circC, à 40 40\ ^\circC et à 60 60\ ^\circC.
  • b) On dissout 45 g45\ \text{g} de nitrate de potassium dans 100 mL100\ \text{mL} d'eau à 40 40\ ^\circC. La solution est-elle saturée ? Peut-on en dissoudre davantage ?
  • c) On refroidit cette solution jusqu'à 20 20\ ^\circC. Que se passe-t-il, et de combien de grammes ?
  • d) Calculez la concentration de la solution de la question b), en grammes par litre.
  • e) Une solution saturée de craie contient 0,013 g0{,}013\ \text{g} par litre. Est-elle concentrée ? Concluez sur les deux mots.
  • f) La solubilité change avec la température. Comment peut-elle être une propriété caractéristique ?

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Réponses

  • a) 3030 g, 6060 g et 100100 g pour 100100 mL
  • b) Non saturée : on peut encore dissoudre 1515 g
  • c) 1515 g cristallisent au fond
  • d) 450450 g/L
  • e) Saturée et pourtant très diluée : saturée est un état, concentrée est une quantité
  • f) Parce qu'elle s'énonce toujours avec sa température, et qu'à température fixée elle identifie

a) À 20 20\ ^\circC : 30 g30\ \text{g} pour 100 mL100\ \text{mL}. À 40 40\ ^\circC : 60 g60\ \text{g}. À 60 60\ ^\circC : 100 g100\ \text{g}. On lit en montant depuis l'axe des températures jusqu'à la courbe, puis en allant horizontalement vers l'axe des solubilités : le trajet se fait dans cet ordre, et l'inverser est l'erreur de lecture la plus fréquente.

b) La solubilité à 40 40\ ^\circC vaut 60 g/100 mL60\ \text{g}/100\ \text{mL}, et l'on n'en a dissous que 45 g45\ \text{g} : la solution n'est donc PAS saturée. On peut encore dissoudre 6045=15 g60-45=15\ \text{g} avant d'atteindre la saturation. Tant qu'on reste sous la courbe, tout se dissout et le liquide est limpide.

c) À 20 20\ ^\circC, l'eau ne peut plus retenir que 30 g30\ \text{g}. Or il y en a 4545 en solution : l'excédent, 4530=15 g45-30=15\ \text{g}, ne peut plus rester dissous et CRISTALLISE au fond du bécher. C'est le principe de la recristallisation, qui sert à purifier un solide : on dissout à chaud, on refroidit, et le solide reprécipite en laissant les impuretés dans l'eau.

d) La concentration est la masse de soluté par volume de solution : C=45 g0,100 L=450 g/LC=\frac{45\ \text{g}}{0{,}100\ \text{L}}=450\ \text{g/L}. Attention à la conversion : 100 mL100\ \text{mL} valent 0,100 L0{,}100\ \text{L}, et diviser par 0,10{,}1 revient à multiplier par 1010. Répondre 0,45 g/L0{,}45\ \text{g/L} signifierait avoir divisé par 100100 au lieu de 0,10{,}1, une erreur d'un facteur mille.

e) Elle est saturée, puisqu'on ne peut pas en dissoudre plus, et pourtant elle est extrêmement DILUÉE : 0,013 g/L0{,}013\ \text{g/L} contre 450 g/L450\ \text{g/L} pour la solution précédente, soit environ 3500035\,000 fois moins. Conclusion : SATURÉE décrit un état, celui où le solvant ne peut plus rien dissoudre ; CONCENTRÉE décrit une quantité. Une solution peut être saturée et diluée, comme ici, ou non saturée et très concentrée, comme celle de la question b).

f) Parce qu'une solubilité s'énonce TOUJOURS avec sa température : on ne dit pas « la solubilité du nitrate de potassium est 6060 », on dit « 60 g60\ \text{g} pour 100 mL100\ \text{mL} à 40 40\ ^\circC ». À température fixée, cette valeur ne dépend ni de la quantité d'eau, puisqu'elle est rapportée à 100 mL100\ \text{mL}, ni de la quantité de solide disponible : elle identifie la substance. C'est la même logique que la masse volumique, qui se donne aussi à une température précisée.

Exercice 5 : L'échelle de pH et les indicateurs

L'échelle de pH va de 00 à 1414. En dessous de 77, la solution est acide ; à 77, elle est neutre ; au-dessus, elle est basique.

Chaque unité de pH représente un facteur 1010 : ce n'est pas une échelle ordinaire, et c'est ce qui rend un pH de 33 beaucoup plus acide qu'un pH de 55.

02468101214acideneutrebasiquede plus en plus acidede plus en plus basique
  • a) Classez du plus acide au plus basique et donnez le caractère de chacun : jus de citron (22), café (55), eau pure (77), sang (7,47{,}4), eau savonneuse (1010), déboucheur (1313).
  • b) Combien de fois un liquide de pH 33 est-il plus acide qu'un liquide de pH 55 ?
  • c) Donnez la couleur du papier de tournesol, de la phénolphtaléine et du bleu de bromothymol dans un acide, puis dans une base.
  • d) Un liquide inconnu laisse le papier de tournesol bleu et la phénolphtaléine incolore. Que peut-on dire de son pH ?
  • e) Qu'est-ce qu'un électrolyte, et comment le teste-t-on ?
  • f) On dilue un acide de pH 22 en ajoutant beaucoup d'eau. Son pH augmente-t-il ou diminue-t-il ? Peut-il dépasser 77 ?

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a)
b)
c)
d)
e)
f)
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Réponses

  • a) Citron 2 acide, café 5 acide, eau pure 7 neutre, sang 7,47{,}4 basique, eau savonneuse 10 basique, déboucheur 13 basique
  • b) 100100 fois
  • c) Tournesol rouge/bleu, phénolphtaléine incolore/rose, bromothymol jaune/vert/bleu
  • d) pH compris entre 77 et 8,28{,}2
  • e) Une substance qui rend la solution conductrice ; on teste au conductimètre ou avec pile et ampoule
  • f) Le pH augmente et tend vers 77, sans jamais le dépasser

a) Du plus acide au plus basique : jus de citron 22 (acide), café 55 (acide), eau pure 77 (neutre), sang 7,47{,}4 (basique), eau savonneuse 1010 (basique), déboucheur 1313 (basique). Notez le sang : 7,47{,}4 est très proche de 77, mais légèrement basique, et le programme attend cette précision plutôt que « neutre ».

b) 100100 fois. Il y a deux unités d'écart et chaque unité vaut un facteur 1010, donc 10×10=10010\times 10=100. C'est la conséquence directe de l'échelle logarithmique : un pH de 22 serait 10001000 fois plus acide qu'un pH de 55. La faute classique est de répondre « deux fois plus », en traitant l'échelle comme une règle graduée ordinaire.

c) Papier de tournesol : ROUGE en milieu acide, BLEU en milieu basique. Phénolphtaléine : INCOLORE en milieu acide et neutre, ROSE en milieu basique, au-delà d'un pH d'environ 8,28{,}2. Bleu de bromothymol : JAUNE en acide, VERT au neutre, BLEU en basique. Moyen mnémotechnique pour le tournesol : le mot « acide » et le mot « rouge » se disent d'un acide qui pique, et le papier vire du côté chaud.

d) Deux informations à croiser. Le tournesol reste bleu, donc la solution n'est pas acide : pH7\text{pH}\geq 7. La phénolphtaléine reste incolore, donc le pH n'a pas atteint 8,28{,}2. Conclusion : le pH est compris entre 77 et 8,28{,}2. Aucun des deux indicateurs pris seul ne donnait cet encadrement : c'est le croisement qui l'obtient, exactement comme pour l'identification d'une substance.

e) Un électrolyte est une substance qui, dissoute dans l'eau, rend la solution CONDUCTRICE du courant électrique. On le teste avec un conductimètre ou un montage simple, pile, ampoule et deux électrodes plongées dans la solution : si l'ampoule s'allume, il y a des ions libres, donc un électrolyte. Le sel en est un, le sucre n'en est pas un, bien que les deux se dissolvent très bien.

f) Le pH AUGMENTE : diluer un acide le rend moins acide, donc son pH se rapproche de 77. Mais il ne peut jamais DÉPASSER 77, quelle que soit la quantité d'eau ajoutée : on ne transforme pas un acide en base en le diluant, on ne fait que s'approcher indéfiniment de la neutralité. La courbe de pH tend vers 77 sans l'atteindre, exactement comme une asymptote.

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : Les tests d'identification des gaz

Quatre tests suffisent à couvrir tout ce que le programme demande. Chacun repose sur une réaction chimique, donc sur une propriété caractéristique.

Attention : plusieurs gaz peuvent donner le MÊME résultat à un test. C'est pour cela qu'on raisonne par exclusion et qu'on ne conclut jamais sur un seul essai.

  • a) On approche un tison incandescent de l'ouverture d'une éprouvette : il se rallume vivement. Quel gaz ?
  • b) On approche une éclisse enflammée : on entend une détonation sèche. Quel gaz ?
  • c) On fait barboter le gaz dans de l'eau de chaux limpide : elle se trouble. Quel gaz ?
  • d) Un solide blanc de sulfate de cuivre anhydre devient bleu au contact d'un liquide. Qu'a-t-on identifié ?
  • e) Un gaz éteint le tison, ne détonne pas à l'éclisse et ne trouble pas l'eau de chaux. Que peut-on conclure ?
  • f) Pourquoi le test du tison ne suffit-il pas à distinguer le dioxyde de carbone du diazote ?

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a)
b)
c)
d)
e)
f)
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Réponses

  • a) Le DIOXYGÈNE
  • b) Le DIHYDROGÈNE
  • c) Le DIOXYDE DE CARBONE : l'eau de chaux se trouble
  • d) L'EAU, sans rien dire de sa pureté
  • e) Ni dioxygène, ni dihydrogène, ni dioxyde de carbone : c'est vraisemblablement le DIAZOTE
  • f) Parce que les deux éteignent le tison : il faut l'eau de chaux pour les séparer

a) Le DIOXYGÈNE. Le dioxygène entretient la combustion : un tison qui ne brûlait plus qu'à peine se rallume en présence d'une atmosphère riche en dioxygène. C'est le seul gaz du programme à produire cet effet, donc le test est concluant à lui seul, ce qui en fait une exception.

b) Le DIHYDROGÈNE. Le dihydrogène est inflammable et brûle très vite au contact de la flamme, ce qui produit la petite détonation caractéristique, souvent décrite comme un aboiement. La réaction forme de l'eau, que l'on peut d'ailleurs confirmer au sulfate de cuivre anhydre.

c) Le DIOXYDE DE CARBONE. L'eau de chaux se trouble parce qu'il se forme un précipité blanc de carbonate de calcium, insoluble, qui rend le liquide laiteux. Le mot attendu dans une copie est « trouble » ou « se trouble », pas « change de couleur » : la solution reste incolore, elle devient opaque.

d) L'EAU. Le sulfate de cuivre anhydre est blanc et devient bleu dès qu'il fixe de l'eau. C'est le test de l'eau, et il ne dit rien de sa PURETÉ : de l'eau salée le ferait bleuir aussi. Pour montrer qu'il s'agit d'eau pure, il faut une propriété caractéristique de plus, par exemple un point d'ébullition à 100 100\ ^\circC sous pression normale.

e) On peut conclure que ce n'est ni du dioxygène, puisque le tison s'éteint, ni du dihydrogène, puisqu'il n'y a pas de détonation, ni du dioxyde de carbone, puisque l'eau de chaux reste limpide. Le candidat le plus probable est le DIAZOTE, le gaz principal de l'air, qui n'entretient pas la combustion et ne réagit pas dans ces conditions. Rédaction attendue : on énumère les exclusions AVANT de nommer, parce que c'est le raisonnement qui vaut les points, pas le nom.

f) Parce que les deux ÉTEIGNENT le tison, pour la même raison apparente, aucun des deux n'entretient la combustion. Le test du tison sépare donc le dioxygène de tout le reste, et rien d'autre. Pour distinguer le dioxyde de carbone du diazote, il faut un second test, celui de l'eau de chaux, qui se trouble avec le premier et reste limpide avec le second. C'est la règle générale du chapitre : un test qui donne un résultat négatif exclut, il n'identifie pas.

Exercice 7 : Identifier une substance en croisant deux propriétés

Le tableau ci-dessous donne quatre propriétés caractéristiques de cinq substances courantes.

Chaque échantillon décrit ensuite doit être identifié en utilisant le MINIMUM de propriétés, et en disant lesquelles ont servi.

SubstanceMasse volumique (g/cm³)Point de fusion (°C)Solubilité dans l'eauLa substance ou sa solution conduit
Aluminium2,70660insolubleoui
Magnésium1,74650insolubleoui
Verre2,501400insolublenon
Sel de table2,16801très solubleoui
Sucre1,59186très solublenon
  • a) Échantillon 1 : solide gris, insoluble dans l'eau, conduit le courant, masse 54,0 g54{,}0\ \text{g} pour 20,0 cm320{,}0\ \text{cm}^{3}. Identifiez-le.
  • b) Échantillon 2 : poudre blanche, très soluble, et sa solution conduit le courant. Identifiez-la.
  • c) Échantillon 3 : poudre blanche, très soluble, et sa solution ne conduit pas. Identifiez-la.
  • d) Pour les échantillons 2 et 3, pourquoi la couleur et la solubilité ne suffisaient-elles pas ?
  • e) Un échantillon a une masse volumique mesurée de 1,7 g/cm31{,}7\ \text{g/cm}^{3}, à 0,20{,}2 près. Peut-on conclure ? Quelle deuxième propriété faut-il tester ?
  • f) Un élève propose d'identifier le verre par son point de fusion. Que pensez-vous de ce choix, en pratique ?

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d)
e)
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Réponses

  • a) ρ=2,70\rho = 2{,}70 g/cm³, c'est l'ALUMINIUM
  • b) Le SEL DE TABLE, puisque sa solution conduit
  • c) Le SUCRE, qui se dissout sans former d'ions
  • d) Parce qu'aucune des deux ne laisse un seul candidat
  • e) Non : l'intervalle 1,51{,}5 à 1,91{,}9 contient le sucre et le magnésium ; tester la solubilité
  • f) Mauvais choix en pratique : 1 4001\ 400 °C est hors de portée d'un bec Bunsen

a) On calcule d'abord la masse volumique : ρ=54,020,0=2,70 g/cm3\rho=\frac{54{,}0}{20{,}0}=2{,}70\ \text{g/cm}^{3}. Le tableau donne l'ALUMINIUM, et les deux autres indices confirment, insoluble ✓ et conducteur ✓. Une seule propriété a suffi ici, parce qu'aucune autre substance du tableau n'a cette masse volumique, mais on cite quand même les confirmations : elles ne coûtent rien et elles protègent d'une erreur de calcul.

b) SEL DE TABLE. Deux substances du tableau sont très solubles, le sel et le sucre. La conductibilité de la solution les sépare : le sel se dissocie en ions, donc la solution conduit ; le sucre se dissout sans former d'ions, donc elle ne conduit pas. Deux propriétés croisées, une seule réponse possible.

c) SUCRE, par le même raisonnement mené dans l'autre sens. Remarquez que le sucre se dissout parfaitement, autant que le sel : dissoudre et conduire sont deux choses différentes, et c'est exactement ce que le test de conductibilité mesure.

d) Parce que ni l'une ni l'autre ne LAISSE UN SEUL CANDIDAT. La couleur blanche est partagée par le sel, le sucre et bien d'autres poudres ; la grande solubilité est partagée par le sel et le sucre. Une propriété n'identifie que si elle exclut tous les candidats sauf un : tant qu'il en reste deux, il faut une propriété de plus.

e) Non, on ne peut pas conclure. L'intervalle de mesure va de 1,51{,}5 à 1,9 g/cm31{,}9\ \text{g/cm}^{3}, et il contient DEUX candidats du tableau, le sucre à 1,591{,}59 et le magnésium à 1,741{,}74. Il faut une deuxième propriété, et la plus rapide est la solubilité : le sucre se dissout, le magnésium non. La conductibilité ferait aussi l'affaire. La leçon vaut pour tout le chapitre : une mesure imprécise ne tranche que si les candidats sont assez éloignés les uns des autres.

f) C'est un mauvais choix en pratique, même si le nombre est très distinctif. Atteindre 1400 1400\ ^\circC est impossible avec le matériel d'un laboratoire scolaire, où un bec Bunsen plafonne bien en dessous. Une bonne propriété d'identification doit être MESURABLE avec les moyens dont on dispose : ici, la masse volumique et la non conductibilité suffisent et se testent en cinq minutes. Ce critère de faisabilité fait partie de la réponse attendue quand on demande de concevoir un protocole.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq affirmations suivantes est FAUSSE. Dites pourquoi et donnez l'énoncé correct.

  • 1) « La masse est une propriété caractéristique, puisqu'on peut la mesurer avec précision. »
  • 2) « Deux substances différentes ne peuvent pas avoir la même masse volumique. »
  • 3) « Pendant la fusion, on continue de chauffer, donc la température continue de monter. »
  • 4) « Une solution saturée est une solution concentrée. »
  • 5) « Le sucre se dissout très bien dans l'eau, donc l'eau sucrée conduit le courant. »

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Réponses

  • 1) Faux : c'est l'indépendance vis-à-vis de la quantité, non la précision de la mesure
  • 2) Faux : sel 2,162{,}16, verre 2,502{,}50, aluminium 2,702{,}70 sont proches ; il faut croiser deux propriétés
  • 3) Faux : la température reste CONSTANTE pendant tout le changement d'état
  • 4) Faux : la craie saturée tient 0,0130{,}013 g/L, c'est saturé et très dilué
  • 5) Faux : le sucre se dissout en molécules neutres, sans porteur de charge

1) FAUX. Ce qui fait qu'une propriété est caractéristique n'est pas la précision de la mesure, c'est son INDÉPENDANCE par rapport à la quantité de matière. Deux morceaux du même métal, l'un de 10 g10\ \text{g} et l'autre de 200 g200\ \text{g}, sont la même substance avec deux masses différentes : la masse ne peut donc rien identifier. Énoncé correct : la masse est une propriété non caractéristique, très utile pour calculer une propriété caractéristique, la masse volumique.

2) FAUX. Rien n'interdit à deux substances de partager une masse volumique, et c'est fréquent : le sel de table est à 2,162{,}16 et de nombreux minéraux sont dans la même zone ; le verre à 2,502{,}50 et l'aluminium à 2,702{,}70 sont assez proches pour qu'une mesure imprécise ne les sépare pas. Énoncé correct : une propriété caractéristique restreint fortement les candidats, mais il faut en croiser au moins deux pour conclure.

3) FAUX. C'est la propriété la plus contre-intuitive du chapitre. Pendant tout le changement d'état, la température reste CONSTANTE, parce que l'énergie apportée sert à défaire les liaisons entre les particules et non à les agiter davantage. Énoncé correct : la température stagne pendant la fusion, et elle ne repart vers le haut que lorsque le dernier morceau de solide a fondu. Le palier de la courbe de chauffage en est la preuve directe.

4) FAUX, ce sont deux notions indépendantes. Saturée signifie qu'on ne peut plus rien dissoudre ; concentrée signifie qu'il y a beaucoup de soluté par litre. Une solution saturée de craie contient 0,013 g/L0{,}013\ \text{g/L}, ce qui est extrêmement dilué, alors qu'une solution non saturée de nitrate de potassium peut atteindre 450 g/L450\ \text{g/L}. Énoncé correct : une solution saturée peut être diluée, et une solution concentrée peut ne pas être saturée.

5) FAUX. Se dissoudre et conduire le courant sont deux choses distinctes. Le sel se dissout en se SÉPARANT en ions, qui sont des porteurs de charge mobiles, donc la solution conduit. Le sucre se dissout en molécules entières, électriquement neutres : il n'y a aucun porteur de charge, donc l'eau sucrée ne conduit pas. Énoncé correct : le sucre est très soluble mais n'est pas un électrolyte, et c'est précisément ce qui permet de le distinguer du sel.

Exercice 9 : Problème : le bijou vendu pour de l'or

Un bijou est vendu comme étant en or massif. L'or a une masse volumique de 19,3 g/cm319{,}3\ \text{g/cm}^{3}.

On pèse le bijou : 89,6 g89{,}6\ \text{g}. On l'immerge ensuite dans une éprouvette graduée contenant de l'eau, comme ci-dessous.

40,0 mL50,0 mLavantapresbijou
  • a) Quel est le volume du bijou ? Expliquez pourquoi cette méthode donne bien son volume.
  • b) Calculez sa masse volumique.
  • c) Le bijou est-il en or massif ? Justifiez par comparaison.
  • d) À l'aide du tableau de l'exercice 2, proposez un métal compatible avec la valeur obtenue.
  • e) Quelle masse aurait ce bijou s'il était réellement en or massif ?
  • f) Chaque lecture de l'éprouvette est précise à 0,5 mL0{,}5\ \text{mL} près. Entre quelles valeurs la masse volumique se situe-t-elle vraiment ? La conclusion de la question c) tient-elle toujours ?

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c)
d)
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Réponses

  • a) 50,040,0=10,050{,}0 - 40{,}0 = 10{,}0 cm³, par déplacement d'eau
  • b) ρ=8,96\rho = 8{,}96 g/cm³
  • c) NON : 8,968{,}96 contre 19,319{,}3, soit 2,152{,}15 fois moins
  • d) Le CUIVRE, à 8,968{,}96 g/cm³
  • e) 193193 g, plus du double
  • f) Entre 8,158{,}15 et 9,969{,}96 g/cm³ : la conclusion tient largement

a) Le volume est la DIFFÉRENCE des deux niveaux : 50,040,0=10,0 mL50{,}0-40{,}0=10{,}0\ \text{mL}, soit 10,0 cm310{,}0\ \text{cm}^{3}. La méthode fonctionne parce que l'eau est incompressible et que le bijou, en s'immergeant, pousse exactement son propre volume d'eau vers le haut. C'est la méthode du déplacement d'eau, et elle est la seule utilisable pour un objet de forme irrégulière, dont aucune formule de géométrie ne donnerait le volume.

b) ρ=mV=89,610,0=8,96 g/cm3\rho=\frac{m}{V}=\frac{89{,}6}{10{,}0}=8{,}96\ \text{g/cm}^{3}.

c) NON. L'or vaut 19,3 g/cm319{,}3\ \text{g/cm}^{3}, et le bijou 8,968{,}96, soit 2,152{,}15 fois moins. L'écart est énorme, bien au-delà de toute erreur de mesure plausible : le bijou n'est pas en or massif. Rédaction attendue : on compare explicitement la valeur mesurée à la valeur de référence AVANT de conclure, on ne se contente pas d'écrire « ce n'est pas de l'or ».

d) Le CUIVRE, dont la masse volumique vaut exactement 8,96 g/cm38{,}96\ \text{g/cm}^{3} dans le tableau. Le bijou est vraisemblablement en cuivre, peut-être recouvert d'une fine couche dorée, ce qui expliquerait son apparence. On dit « vraisemblablement » : la masse volumique restreint à un candidat dans ce tableau, mais d'autres alliages non listés pourraient s'en approcher, et il faudrait une deuxième propriété pour trancher définitivement.

e) m=ρV=19,3×10,0=193 gm=\rho V=19{,}3\times 10{,}0=193\ \text{g}. Le vrai bijou en or pèserait donc plus du double. C'est d'ailleurs le premier réflexe d'un bijoutier : un objet en or est étonnamment lourd pour sa taille, et le doute naît souvent avant toute mesure.

f) Les deux lectures sont incertaines, donc leur différence l'est deux fois : le volume vaut 10,0 mL10{,}0\ \text{mL} à 1,0 mL1{,}0\ \text{mL} près, donc entre 9,09{,}0 et 11,0 mL11{,}0\ \text{mL}. La masse volumique se situe donc entre 89,611,0=8,15\frac{89{,}6}{11{,}0}=8{,}15 et 89,69,0=9,96 g/cm3\frac{89{,}6}{9{,}0}=9{,}96\ \text{g/cm}^{3}. Ces deux bornes restent très loin de 19,319{,}3 : la conclusion de la question c) tient largement. Notez le raisonnement, qui vaut pour toute mesure en science : une conclusion n'est solide que si elle survit à l'incertitude, et diviser par le plus GRAND volume donne la plus PETITE masse volumique.

Exercice 10 : Synthèse : concevoir un protocole d'identification

Trois pots ont perdu leur étiquette. Ils contiennent, dans le désordre, du sel de table, du sucre et de la craie en poudre, c'est-à-dire du carbonate de calcium.

Les trois sont des poudres blanches. On dispose d'eau, de béchers, d'un montage de conductibilité, de vinaigre et d'eau de chaux.

  • a) Pourquoi la couleur ne sert-elle à rien ici ?
  • b) Proposez un premier test qui sépare les trois poudres en deux groupes. Que donne-t-il ?
  • c) Proposez un second test qui achève l'identification, et dites lequel des deux groupes il concerne.
  • d) Écrivez le protocole complet, dans l'ordre, avec ce qu'on observe et ce qu'on conclut à chaque étape.
  • e) Pourquoi commence-t-on par le test qui sépare le plus, plutôt que par n'importe lequel ?
  • f) Citez deux règles de sécurité que ce protocole impose.

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d)
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Réponses

  • a) Parce que les trois poudres sont blanches : la couleur regroupe au lieu d'éliminer
  • b) La SOLUBILITÉ : sel et sucre se dissolvent, la craie reste au fond
  • c) La CONDUCTIBILITÉ, sur les deux poudres solubles : celle qui conduit est le sel
  • d) Dissoudre les trois, tester la conductibilité des deux solutions, confirmer la craie au vinaigre
  • e) Parce qu'il réduit le plus vite le nombre de possibilités, donc le nombre d'essais
  • f) Ne jamais goûter ni sentir une substance inconnue ; porter des lunettes de protection

a) Parce que les trois poudres sont blanches : la couleur ne distingue rien, elle regroupe les trois candidats au lieu d'en éliminer. C'est exactement la limite d'une propriété non caractéristique, et c'est la raison pour laquelle l'énoncé précise « les trois sont blanches », pour couper court à cette piste.

b) La SOLUBILITÉ dans l'eau. On met une petite quantité de chaque poudre dans un bécher d'eau et l'on agite. Le sel et le sucre se dissolvent complètement, la craie reste au fond : elle est insoluble. Un seul test identifie donc déjà la craie, et laisse un groupe de deux.

c) La CONDUCTIBILITÉ de la solution, sur le groupe des deux poudres solubles. On plonge les électrodes dans chaque solution : celle qui conduit contient le sel, qui se dissocie en ions ; celle qui ne conduit pas contient le sucre, qui se dissout en molécules neutres. On pourrait aussi verser du vinaigre sur la craie pour confirmer, l'effervescence dégageant un gaz qui trouble l'eau de chaux, donc du dioxyde de carbone.

d) Protocole. Étape 1 : prélever une pointe de spatule de chaque poudre dans trois béchers étiquetés A, B et C contenant chacun 50 mL50\ \text{mL} d'eau, agiter. Observation attendue : deux se dissolvent, une reste au fond. Conclusion : la poudre insoluble est la craie. Étape 2 : plonger les électrodes du montage dans chacune des deux solutions limpides. Observation : l'ampoule s'allume avec l'une, pas avec l'autre. Conclusion : celle qui conduit est le sel, celle qui ne conduit pas est le sucre. Étape 3, facultative mais recommandée : verser quelques millilitres de vinaigre sur la poudre insoluble ; l'effervescence et le trouble de l'eau de chaux confirment le carbonate de calcium.

e) Parce que le test qui sépare le plus réduit le nombre de possibilités le plus vite, et donc le nombre d'essais à faire. Ici, la solubilité coupe trois candidats en un plus deux : une seule manipulation règle un tiers du problème. Commencer par la conductibilité aurait aussi fonctionné, mais on aurait dû dissoudre les trois poudres d'abord, dont une qui ne se dissout pas, et l'on aurait perdu du temps sur un test ininterprétable. Choisir l'ordre des tests fait partie de la conception du protocole, et un examen l'évalue.

f) Ne JAMAIS goûter ni sentir directement une substance inconnue, même si l'on croit reconnaître du sel ou du sucre : au laboratoire, une poudre blanche non étiquetée peut être n'importe quoi. Et porter des lunettes de protection lors de la manipulation du vinaigre et de l'eau de chaux, cette dernière étant basique et irritante pour les yeux. On peut ajouter une troisième règle : ne jamais remettre une poudre prélevée dans son pot d'origine, pour ne pas contaminer le réactif.

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