Calcul intégral MTH0103 • Polytechnique Montréal

Fiche de révision : les équations différentielles à variables séparables (MTH0103)

Le chapitre est court et il tombe presque en entier à l'examen final : une équation à séparer, un modèle à poser à partir d'un énoncé physique, et deux mesures qui fixent les constantes. Les calculs sont simples, et pourtant les copies perdent des points aux mêmes trois endroits.

Cette fiche prend ces trois endroits, la constante d'intégration mal placée, les solutions constantes perdues par la division et la confusion entre la variation d'un volume et celle d'une hauteur, puis donne la rédaction complète d'un problème de Newton à deux mesures.

Le fil du chapitre

Séparer, c'est diviser, et diviser suppose que le diviseur ne s'annule pas : les solutions constantes que cette division fait disparaître sont exactement celles que le barème cherche.

Ce chapitre fait partie de Calcul intégral MTH0103, Polytechnique Montréal : exercices corrigés et épreuves blanches

L'essentiel

Vocabulaire et méthode

  • Une équation différentielle relie une fonction yy, sa variable et ses dérivées. Son ORDRE est celui de la dérivée la plus haute qui y figure.
  • Une solution est une fonction qui la vérifie : on le montre en REMPLAÇANT, jamais en invoquant la forme.
  • Solution GÉNÉRALE : la famille avec ses constantes, une par intégration. Solution PARTICULIÈRE : celle que fixent les conditions initiales.
  • Variables séparables : dydx=P(x)Q(y)\dfrac{dy}{dx}=\dfrac{P(x)}{Q(y)} s'écrit Q(y)dy=P(x)dxQ(y)\,dy=P(x)\,dx, puis Q(y)dy=P(x)dx+C\int Q(y)\,dy=\int P(x)\,dx+C.
  • On isole yy quand c'est possible, ce qui donne la forme explicite. Sinon la solution reste implicite, et c'est une réponse complète.
une famille, une constanteC = 3,5C = 2C = 1C = 0,5condition initiale
Les quatre courbes sont les solutions générales de la même équation ; le point marqué sur l'axe vertical n'en sélectionne qu'une seule, celle qui vaut 22 en x=0x=0.

Une seule constante suffit : celle de gauche et celle de droite se regroupent. En écrire deux n'est pas faux, mais alourdit tout le reste du calcul.

Ce que la division fait perdre

  • Diviser par une expression en yy suppose qu'elle ne s'annule pas.
  • Les zéros du diviseur donnent des SOLUTIONS CONSTANTES, à examiner à part et à mentionner.
  • Certaines se retrouvent dans la forme générale pour une valeur particulière de la constante ; d'autres non, et ce sont celles-là qui coûtent des points.
  • Le réflexe : avant de diviser par Q(y)Q(y), écrire « supposons Q(y)0Q(y)\neq 0 », puis traiter Q(y)=0Q(y)=0 dans une ligne séparée.
  • La valeur absolue de lny\ln|y| se lève avec le signe de yy sur l'intervalle considéré, et la constante d'intégration absorbe ce signe.

Une copie qui écrit « supposons y0y\neq 0 » et revient ensuite sur ce cas obtient les points même quand le calcul principal a une coquille.

Les trois modèles du cours

  • Croissance ou décroissance : dydt=ky\dfrac{dy}{dt}=ky donne y=y0ekty=y_{0}e^{kt}, et la demi-vie ou le temps de doublement vaut ln2k\dfrac{\ln 2}{|k|}.
  • Newton : dTdt=κ(TM)\dfrac{dT}{dt}=\kappa(T-M) donne T=M+(T0M)eκtT=M+(T_{0}-M)e^{\kappa t}, avec κ<0\kappa<0. La température tend vers MM sans jamais l'atteindre.
  • Torricelli : dVdt=kh\dfrac{dV}{dt}=-k\sqrt{h}, et dVdt=A(h)dhdt\dfrac{dV}{dt}=A(h)\,\dfrac{dh}{dt}A(h)A(h) est l'aire de la SURFACE LIBRE.
  • Dans Torricelli, c'est A(h)A(h) qui change tout : un réservoir conique et un réservoir cylindrique ne se vident pas selon la même loi.
  • Deux mesures suffisent à fixer les deux inconnues d'un modèle : la condition initiale donne l'une, la seconde mesure donne l'autre.

Poser le modèle avec les bonnes unités dès la première ligne évite la moitié des erreurs : des degrés par minute, des litres par seconde, des mètres par seconde.

Les règles de calcul en tableau

Chaque ligne se lit de gauche à droite : les hypothèses, puis le résultat. Une case rouge n'est pas une réponse, c'est le constat que la forme ne décide rien et l'ordre de transformer l'écriture. Chaque cas est suivi d'un exemple chiffré.

Séparable ou non, et ce qu'on écrit

La deuxième colonne répond à la question de la séparabilité, la troisième donne la première ligne à écrire. La case rouge n'est pas un résultat : c'est un rappel de ce qu'on vient de perdre.

ÉquationSéparableCe qu'on écrit
dydx=xy\dfrac{dy}{dx}=xy oui, c'est un produit dyy=xdx\dfrac{dy}{y}=x\,dx

Exemple : lny=x22+C\ln|y|=\dfrac{x^{2}}{2}+C, donc y=Aex2/2y=Ae^{x^{2}/2}. Avec y(0)=3y(0)=3 : A=3A=3 et y(2)22,17y(2)\approx 22{,}17.

dydx=x2y\dfrac{dy}{dx}=\dfrac{x^{2}}{y} oui, c'est un quotient ydy=x2dxy\,dy=x^{2}\,dx

Exemple : y22=x33+C\dfrac{y^{2}}{2}=\dfrac{x^{3}}{3}+C. Avec y(0)=2y(0)=2 : C=2C=2, et y(3)=224,690y(3)=\sqrt{22}\approx 4{,}690.

dydx=xy+x\dfrac{dy}{dx}=xy+x oui, après factorisation dyy+1=xdx\dfrac{dy}{y+1}=x\,dx

Exemple : Avec y(0)=1y(0)=1 : y=2ex2/21y=2e^{x^{2}/2}-1, donc y(1)2,297y(1)\approx 2{,}297.

dydx=y+x\dfrac{dy}{dx}=y+x non facteur intégrant, pas séparation

Exemple : En x=2x=2, y=1y=1, la pente vaut 33 ; aucune écriture Q(y)dy=P(x)dxQ(y)\,dy=P(x)\,dx ne reproduit cette somme.

d2ydx2=6x\dfrac{d^{2}y}{dx^{2}}=6x second ordre, deux intégrations deux constantes

Exemple : y=x3+C1x+C2y=x^{3}+C_{1}x+C_{2}. Avec y(0)=1y(0)=1 et y(0)=2y'(0)=2 : y=x3+2x+1y=x^{3}+2x+1, donc y(2)=13y(2)=13.

diviser par y(1y)y(1-y) la division perd y0y\equiv 0 solution perdue

Exemple : dydx=y(1y)\dfrac{dy}{dx}=y(1-y) donne y=11+Aexy=\dfrac{1}{1+Ae^{-x}}, qui vaut 0,50{,}5 en x=0x=0 pour A=1A=1 et ne vaut 00 pour aucun AA fini.

Ce qu'il faut faire : Écrire « supposons y0y\neq 0 et y1y\neq 1 », puis traiter les deux solutions constantes dans une ligne à part.

Les quatre premières lignes se décident en regardant si le membre de droite est un produit ou un quotient d'une fonction de xx par une fonction de yy. Une SOMME ne se sépare jamais.

Les pièges qui coûtent des points

Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.

1. Placer la constante après l'exponentielle

3 points, et une fonction qui ne vérifie plus l'équation

Ce qu'il ne faut pas écrire

« lny=x22\ln|y|=\dfrac{x^{2}}{2}, donc y=ex2/2+Cy=e^{x^{2}/2}+C. »

Ce qu'il faut écrire

« lny=x22+C\ln|y|=\dfrac{x^{2}}{2}+C, donc y=eCex2/2=Aex2/2y=e^{C}e^{x^{2}/2}=Ae^{x^{2}/2} : la constante devient un FACTEUR, pas un terme. »

Pourquoi : La constante s'ajoute à l'intégrale, donc avant l'exponentiation. En la sortant après, on obtient une famille qui ne résout plus rien, ce que la vérification par substitution montre aussitôt.

2. Perdre les solutions constantes en divisant

2 points, systématiquement retirés en examen

Ce qu'il ne faut pas écrire

« dydx=y(1y)\dfrac{dy}{dx}=y(1-y), je divise et j'obtiens y=11+Aexy=\dfrac{1}{1+Ae^{-x}}. »

Ce qu'il faut écrire

« Supposons y0y\neq 0 et y1y\neq 1. La séparation donne y=11+Aexy=\dfrac{1}{1+Ae^{-x}}. De plus y0y\equiv 0 et y1y\equiv 1 sont des solutions constantes, et y0y\equiv 0 n'appartient pas à la famille trouvée. »

la division par y perd y = 0y = 0solution constante
Aucune des quatre courbes ne touche l'horizontale : la droite y=0y=0 est pourtant, elle aussi, une solution de l'équation, et la séparation ne la produit jamais.

Pourquoi : Diviser par Q(y)Q(y) suppose Q(y)0Q(y)\neq 0. Les zéros du diviseur sont des solutions à part entière, et rien dans la famille générale ne les rattrape toujours.

3. Appliquer la condition initiale avant d'avoir isolé yy

2 points, et une constante fausse d'un facteur logarithmique

Ce qu'il ne faut pas écrire

« lny=x22+C\ln|y|=\dfrac{x^{2}}{2}+C et y(0)=3y(0)=3, donc C=3C=3. »

Ce qu'il faut écrire

« ln3=0+C\ln|3|=0+C donne C=ln31,0986C=\ln 3\approx 1{,}0986, et donc A=eC=3A=e^{C}=3. On peut aussi isoler d'abord, ce qui donne directement A=3A=3. »

Pourquoi : La condition initiale porte sur yy, pas sur lny\ln|y|. L'appliquer à la forme logarithmique est correct mais demande de prendre le logarithme de la valeur, ce que la copie oublie.

4. Se tromper de signe sur la constante de Newton

2 points, et une température qui diverge au lieu de converger

Ce qu'il ne faut pas écrire

« dTdt=κ(TM)\dfrac{dT}{dt}=\kappa(T-M) avec κ>0\kappa>0, donc la bouteille se réchauffe. »

Ce qu'il faut écrire

« κ<0\kappa<0 toujours : l'écart TMT-M décroît en valeur absolue. Une bouteille plus froide que la pièce se réchauffe parce que T0M<0T_{0}-M<0, pas parce que κ\kappa serait positif. »

les deux tendent vers le milieuça refroiditça se réchauffemilieu 20 degrés
Les deux courbes s'approchent de la même horizontale, l'une par le haut et l'autre par le bas : c'est le signe de T0MT_{0}-M qui les sépare, pas celui de κ\kappa.

Pourquoi : Le signe de κ\kappa décide de la convergence, le signe de T0MT_{0}-M décide du sens. Confondre les deux donne un modèle où la bouteille s'éloigne indéfiniment de la température ambiante.

5. Confondre la variation du volume et celle de la hauteur

toute la question, et c'est le problème long de l'examen

Ce qu'il ne faut pas écrire

« dVdt=kh\dfrac{dV}{dt}=-k\sqrt{h}, donc dhdt=kh\dfrac{dh}{dt}=-k\sqrt{h}. »

Ce qu'il faut écrire

« dVdt=A(h)dhdt\dfrac{dV}{dt}=A(h)\,\dfrac{dh}{dt}, donc dhdt=khA(h)\dfrac{dh}{dt}=\dfrac{-k\sqrt{h}}{A(h)}. Dans un cône, A(h)A(h) dépend de hh, et l'équation change complètement. »

Pourquoi : Le débit sortant est un volume par seconde ; la descente du niveau est une longueur par seconde. Le facteur qui relie les deux est l'aire de la surface libre, qui n'est constante que dans un cylindre.

6. Modéliser une fonte par le volume au lieu de la surface

3 points, et un modèle qui ne s'annule jamais au lieu de s'éteindre en temps fini

Ce qu'il ne faut pas écrire

« La boule de neige fond, donc dVdt=kV\dfrac{dV}{dt}=-kV. »

Ce qu'il faut écrire

« Elle fond PAR SA SURFACE, donc dVdt=kS=4kπr2\dfrac{dV}{dt}=-kS=-4k\pi r^{2}. Avec dVdt=4πr2drdt\dfrac{dV}{dt}=4\pi r^{2}\,\dfrac{dr}{dt}, il vient drdt=k\dfrac{dr}{dt}=-k : le rayon décroît LINÉAIREMENT. »

Pourquoi : L'énoncé dit toujours par quoi le phénomène passe. Une fonte proportionnelle au volume donnerait une exponentielle qui ne disparaît jamais, ce qui contredit l'observation.

7. Oublier une constante au second ordre

2 points, et une famille de solutions incomplète

Ce qu'il ne faut pas écrire

« d2ydx2=6x\dfrac{d^{2}y}{dx^{2}}=6x, donc y=x3+Cy=x^{3}+C. »

Ce qu'il faut écrire

« Deux intégrations, donc DEUX constantes : y=3x2+C1y'=3x^{2}+C_{1} puis y=x3+C1x+C2y=x^{3}+C_{1}x+C_{2}. »

Pourquoi : Chaque intégration apporte sa constante. À l'ordre nn, la solution générale en contient nn, et il faut nn conditions initiales pour les fixer.

8. Affirmer qu'une fonction est solution sans le vérifier

1 point, souvent demandé explicitement dans l'énoncé

Ce qu'il ne faut pas écrire

« y=Aex2/2y=Ae^{x^{2}/2} a la bonne forme, donc c'est la solution. »

Ce qu'il faut écrire

« Vérification : y=Axex2/2=xAex2/2=xyy'=Ax\,e^{x^{2}/2}=x\cdot Ae^{x^{2}/2}=xy. L'équation est bien satisfaite pour tout AA. »

Pourquoi : La question « montrer que yy est solution » ne se traite qu'en substituant. Invoquer la forme obtenue par séparation est un raisonnement circulaire.

Quelle méthode choisir

Cette équation se sépare-t-elle

On isole dydx\dfrac{dy}{dx} et on regarde le membre de droite. La question est de savoir s'il s'écrit comme une fonction de xx fois ou sur une fonction de yy.

  • Si le membre de droite est un PRODUIT f(x)g(y)f(x)\,g(y) séparable : dyg(y)=f(x)dx\dfrac{dy}{g(y)}=f(x)\,dx

    Exemple : xyxy donne dyy=xdx\dfrac{dy}{y}=x\,dx

  • Si c'est un QUOTIENT f(x)g(y)\dfrac{f(x)}{g(y)} séparable : g(y)dy=f(x)dxg(y)\,dy=f(x)\,dx

    Exemple : x2y\dfrac{x^{2}}{y} donne ydy=x2dxy\,dy=x^{2}\,dx

  • Si c'est une somme qui se FACTORISE factoriser d'abord, puis séparer

    Exemple : xy+x=x(y+1)xy+x=x(y+1)

    c'est le cas le plus fréquent en examen, et celui que la copie déclare non séparable

  • Si c'est une somme qui ne se factorise pas non séparable : facteur intégrant, hors de cette méthode

    Exemple : y+xy+x

  • Si l'équation contient d2ydx2\dfrac{d^{2}y}{dx^{2}} et pas yy intégrer deux fois, avec DEUX constantes

    Exemple : y=6xy''=6x donne y=x3+C1x+C2y=x^{3}+C_{1}x+C_{2}

  • Si le membre de droite ne dépend que de xx c'est une simple primitive, cas particulier de séparation

    Exemple : y=cosxy'=\cos x donne y=sinx+Cy=\sin x+C

Avant de déclarer une équation non séparable, essayer la factorisation. C'est la vérification qui rapporte le plus souvent, parce que les énoncés la demandent presque toujours.

Quel modèle poser, selon ce que dit l'énoncé

Le vocabulaire physique de l'énoncé nomme le modèle. Chaque formulation a sa loi et son piège d'unités.

  • Si « proportionnel à la quantité présente » dydt=ky\dfrac{dy}{dt}=ky, donc y=y0ekty=y_{0}e^{kt}

    Exemple : demi-vie ln2k\dfrac{\ln 2}{|k|}

  • Si « proportionnel à l'écart avec le milieu », « refroidit », « se réchauffe » Newton, dTdt=κ(TM)\dfrac{dT}{dt}=\kappa(T-M) avec κ<0\kappa<0

    Exemple : T=M+(T0M)eκtT=M+(T_{0}-M)e^{\kappa t}

  • Si « s'écoule par un orifice », « se vide » Torricelli, dVdt=kh\dfrac{dV}{dt}=-k\sqrt{h}, à convertir en dhdt\dfrac{dh}{dt} par A(h)A(h)

    Exemple : dans un cône, A(h)=π(h3)2A(h)=\pi\left(\dfrac{h}{3}\right)^{2}

  • Si « fond par sa surface », « s'évapore », « se corrode » dVdt=kS\dfrac{dV}{dt}=-kS, ce qui donne un RAYON linéaire en tt

    Exemple : drdt=k\dfrac{dr}{dt}=-k

  • Si « naissances moins décès, plus migration » somme algébrique des flux, qui peut donner un signe contraire à l'intuition

    Exemple : une ville qui naît plus qu'elle ne meurt et se vide quand même

  • Si l'énoncé donne DEUX mesures la première fixe la condition initiale, la seconde la constante du modèle

    Exemple : T(0)=4T(0)=4 et T(20)=10T(20)=10 donnent κ\kappa

Poser les unités de chaque constante en même temps que le modèle : κ\kappa est en inverse de minute, kk de Torricelli en volume par temps et par racine de longueur.

La rédaction attendue

Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.

Résoudre une équation à variables séparables

Quand l'utiliser : Dès que l'énoncé donne une équation du premier ordre et demande la solution générale ou particulière.

  1. 1 Isoler dydx\dfrac{dy}{dx} et reconnaître la forme produit ou quotient, en factorisant si nécessaire.
  2. 2 Écrire « supposons Q(y)0Q(y)\neq 0 », puis séparer : Q(y)dy=P(x)dxQ(y)\,dy=P(x)\,dx.
  3. 3 Intégrer les deux membres, avec UNE seule constante, à droite.
  4. 4 Isoler yy si possible, en faisant passer la constante dans le facteur au moment d'exponentier.
  5. 5 Traiter à part les zéros de Q(y)Q(y), et dire s'ils appartiennent ou non à la famille trouvée.
  6. 6 Appliquer la condition initiale, puis VÉRIFIER par substitution.

Phrase de conclusion

« Supposons y0y\neq 0. De dyy=xdx\dfrac{dy}{y}=x\,dx on tire lny=x22+C\ln|y|=\dfrac{x^{2}}{2}+C, donc y=Aex2/2y=Ae^{x^{2}/2} avec A=±eCA=\pm e^{C}. La fonction y0y\equiv 0 est aussi solution, et elle correspond à A=0A=0. Avec y(0)=3y(0)=3 : A=3A=3, donc y=3ex2/2y=3e^{x^{2}/2}. »

Le piège : Écrire la constante après l'exponentielle. Elle s'ajoute à l'intégrale, donc elle devient un FACTEUR une fois passée par l'exponentielle, jamais un terme.

Barème : 1 point pour la séparation, 2 pour l'intégration, 1 pour l'isolement correct de la constante, 1 pour les solutions constantes, 1 pour la condition initiale.

Rédiger un problème de Newton à deux mesures

Quand l'utiliser : Dès qu'un énoncé donne une température initiale, une température ambiante et une mesure intermédiaire.

  1. 1 Poser le modèle dTdt=κ(TM)\dfrac{dT}{dt}=\kappa(T-M) en nommant MM, T0T_{0} et les unités de κ\kappa.
  2. 2 Séparer et intégrer, ou citer directement la solution T=M+(T0M)eκtT=M+(T_{0}-M)e^{\kappa t} si le cours l'autorise.
  3. 3 Utiliser la condition initiale pour écrire le coefficient T0MT_{0}-M, avec son SIGNE.
  4. 4 Utiliser la seconde mesure pour isoler κ\kappa, en passant par le logarithme.
  5. 5 Répondre à la question posée, avec les unités, puis contrôler la limite quand tt tend vers l'infini.

Phrase de conclusion

« Le modèle donne T(t)=2218eκtT(t)=22-18\,e^{\kappa t}. La mesure T(20)=10T(20)=10 impose e20κ=23e^{20\kappa}=\dfrac{2}{3}, donc κ=ln(2/3)200,0203\kappa=\dfrac{\ln(2/3)}{20}\approx -0{,}0203 par minute. Alors T(60)=2218(23)3=50316,7T(60)=22-18\left(\dfrac{2}{3}\right)^{3}=\dfrac{50}{3}\approx 16{,}7 degrés Celsius. »

Le piège : Prendre T0MT_{0}-M en valeur absolue. Le signe négatif est ce qui fait monter la température vers le milieu ; le supprimer fait descendre la bouteille vers 44 degrés.

Barème : 1 point pour le modèle et ses unités, 1 point pour le coefficient signé, 2 points pour κ\kappa, 1 point pour la réponse, 1 point pour le contrôle de la limite.

Vérifier avant de rendre

Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.

L'exercice type décortiqué

Une bouteille qui se réchauffe : Newton avec deux mesures

Une bouteille sortie du réfrigérateur à 44 degrés Celsius est posée dans une pièce maintenue à 2222 degrés Celsius.

Vingt minutes plus tard, sa température est de 1010 degrés Celsius.

Déterminer sa température après une heure, puis le temps qu'il lui faut pour atteindre 1818 degrés Celsius.

Étape 1

Modèle : dTdt=κ(TM)\dfrac{dT}{dt}=\kappa\,(T-M) avec M=22M=22 degrés, T0=4T_{0}=4 degrés, tt en minutes et κ\kappa en inverse de minute.

Pourquoi

Poser les unités de κ\kappa dès la première ligne permet, à la fin, de juger si la valeur trouvée est plausible sans refaire le calcul.

Étape 2

Séparation : dTT22=κdt\dfrac{dT}{T-22}=\kappa\,dt, en supposant T22T\neq 22. La solution constante T22T\equiv 22 existe et correspond à une bouteille déjà à la température ambiante.

Pourquoi

La solution constante est ici physiquement parlante, et la mentionner coûte une ligne. C'est aussi la limite vers laquelle tout le reste tend.

Étape 3

Intégration : lnT22=κt+C\ln|T-22|=\kappa t+C. Comme T<22T<22 sur tout l'intervalle, T22=22T|T-22|=22-T.

Pourquoi

Lever la valeur absolue en invoquant le contexte, et non par habitude, est ce qui évite un signe faux dans la suite.

Étape 4

Exponentiation : T=22+AeκtT=22+A\,e^{\kappa t}, où la constante est devenue un FACTEUR. La condition T(0)=4T(0)=4 donne A=422=18A=4-22=-18.

Pourquoi

Le signe négatif de AA est ce qui fait monter la courbe vers 2222. Le prendre en valeur absolue ferait descendre la bouteille, ce qui contredit l'énoncé.

Étape 5

Seconde mesure : T(20)=10T(20)=10 donne 2218e20κ=1022-18\,e^{20\kappa}=10, donc e20κ=1218=23e^{20\kappa}=\dfrac{12}{18}=\dfrac{2}{3} et κ=ln(2/3)200,0203\kappa=\dfrac{\ln(2/3)}{20}\approx -0{,}0203 par minute.

Pourquoi

Deux inconnues, deux mesures. La première a fixé AA, la seconde fixe κ\kappa : c'est la structure de tous les problèmes de ce type.

Étape 6

Après une heure, t=60=3×20t=60=3\times 20, donc e60κ=(23)3=827e^{60\kappa}=\left(\dfrac{2}{3}\right)^{3}=\dfrac{8}{27} et T(60)=2218×827=22163=50316,7T(60)=22-18\times\dfrac{8}{27}=22-\dfrac{16}{3}=\dfrac{50}{3}\approx 16{,}7 degrés.

Pourquoi

Reconnaître que 6060 est trois fois 2020 évite tout calcul numérique intermédiaire et supprime l'erreur d'arrondi sur κ\kappa.

Étape 7

Pour 1818 degrés : 2218eκt=1822-18\,e^{\kappa t}=18 donne eκt=418=29e^{\kappa t}=\dfrac{4}{18}=\dfrac{2}{9}, donc t=ln(2/9)κ=20ln(2/9)ln(2/3)74,2t=\dfrac{\ln(2/9)}{\kappa}=20\,\dfrac{\ln(2/9)}{\ln(2/3)}\approx 74{,}2 minutes.

Pourquoi

Garder la forme exacte jusqu'au bout donne un résultat insensible à l'arrondi de κ\kappa, et le rapport de logarithmes se calcule d'un coup.

Étape 8

Contrôles : T(0)=4T(0)=4, T(20)=10T(20)=10, TT croissante, et T22T\to 22 sans jamais l'atteindre.

Pourquoi

Quatre contrôles en dix secondes, dont la limite, qui est la signature du modèle de Newton et la seule chose qu'un correcteur regarde toujours.

Conclusion rédigée

« Avec κ=ln(2/3)200,0203\kappa=\dfrac{\ln(2/3)}{20}\approx -0{,}0203 par minute, la bouteille est à T(60)=50316,7T(60)=\dfrac{50}{3}\approx 16{,}7 degrés Celsius après une heure, et elle atteint 1818 degrés au bout de 20ln(2/9)ln(2/3)74,220\,\dfrac{\ln(2/9)}{\ln(2/3)}\approx 74{,}2 minutes. Sa température tend vers 2222 degrés sans jamais les atteindre. »

L'erreur classique sur cet exercice : Écrire A=422=18A=|4-22|=18. La courbe part alors de 4040 degrés et redescend vers 2222 : le modèle décrit une bouteille chaude, exactement l'inverse de l'énoncé.

À savoir par cœur

  • L'ORDRE d'une équation est celui de la dérivée la plus haute ; la solution générale contient autant de constantes.
  • Séparable veut dire PRODUIT ou QUOTIENT d'une fonction de xx par une fonction de yy. Une somme ne se sépare pas, sauf si elle se factorise.
  • Avant de diviser par Q(y)Q(y) : écrire Q(y)0Q(y)\neq 0, puis traiter les zéros à part.
  • La constante s'ajoute AVANT l'exponentielle et devient donc un FACTEUR après : y=Aey=Ae^{\ldots}, jamais e+Ce^{\ldots}+C.
  • dydt=ky\dfrac{dy}{dt}=ky donne y=y0ekty=y_{0}e^{kt}, et le temps de doublement vaut ln2k\dfrac{\ln 2}{|k|}.
  • Newton : T=M+(T0M)eκtT=M+(T_{0}-M)e^{\kappa t} avec κ<0\kappa<0. Le SIGNE de T0MT_{0}-M dit le sens, celui de κ\kappa la convergence.
  • Torricelli : dVdt=A(h)dhdt\dfrac{dV}{dt}=A(h)\,\dfrac{dh}{dt}. Oublier A(h)A(h) revient à traiter tout réservoir comme un cylindre.
  • Une fonte par la SURFACE donne un rayon linéaire en tt, pas une exponentielle.

Questions fréquentes

Comment reconnaître une équation différentielle à variables séparables ?

On isole la dérivée et on regarde le membre de droite. Si c'est un produit ou un quotient d'une fonction de la variable par une fonction de l'inconnue, l'équation se sépare. Une somme ne se sépare pas, sauf si elle se factorise, ce qui est le cas le plus fréquent en examen et celui que les copies déclarent à tort insoluble.

Pourquoi la constante d'intégration devient-elle un facteur ?

Parce qu'elle s'ajoute au logarithme, donc avant l'exponentiation. L'exponentielle d'une somme est le produit des exponentielles, et l'exponentielle de la constante devient un nombre qui multiplie le reste. Écrire la constante après l'exponentielle donne une famille de fonctions qui ne vérifie plus l'équation.

Quelles solutions la séparation fait-elle perdre ?

Celles qui annulent le diviseur. Séparer, c'est diviser par une expression contenant l'inconnue, et cette division suppose que l'expression n'est pas nulle. Les valeurs qui l'annulent donnent des solutions constantes, qu'il faut mentionner à part. Certaines se retrouvent dans la famille générale, d'autres non.

Quel est le signe de la constante dans la loi de Newton ?

Elle est toujours négative, parce que l'écart avec le milieu diminue au fil du temps. Ce qui décide du sens de l'évolution, réchauffement ou refroidissement, est le signe de l'écart initial entre la température de l'objet et celle du milieu. Une constante positive donnerait une température qui s'éloigne indéfiniment.

Pourquoi faut-il l'aire de la surface libre dans la loi de Torricelli ?

Parce que la loi donne un débit, c'est-à-dire un volume par unité de temps, alors que la question porte presque toujours sur la hauteur du liquide. Le facteur qui relie la variation de volume à celle de la hauteur est l'aire de la surface libre. Elle n'est constante que dans un cylindre, et dépend de la hauteur dans un cône.

Combien de conditions initiales faut-il pour une équation du second ordre ?

Deux, parce que chaque intégration apporte sa propre constante. On donne en général la valeur de la fonction et celle de sa dérivée en un même point. Avec une seule condition, la solution reste une famille à un paramètre, et la réponse est incomplète quelle que soit la qualité du calcul.

Passer à la pratique

Exercices corrigés : Équations différentielles à variables séparables

Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.

  • 12 exercices corrigés
  • 120 points
  • 180 minutes
Faire les exercices

Voir aussi

Vous cherchez un tuteur à Montréal pour ce chapitre ?

Contactez-moi pour une première séance. On reprend les points de méthode qui font perdre des points en évaluation, puis on les met à l'épreuve sur des exercices du niveau réel de l'examen.

Site par Studio Squalli