Calcul intégral MTH0103 • Cours préparatoire de Polytechnique Montréal • Équations différentielles
Équations différentielles à variables séparables : exercices corrigés de MTH0103
Voici une série de douze exercices corrigés sur les équations différentielles de MTH0103, le cours de calcul intégral des cours préparatoires de Polytechnique Montréal. Elle s'ouvre sur deux exercices de calculs, cinq équations du premier ordre dont la séparation est masquée et cinq équations du second ordre à intégrer deux fois, puis suit le chapitre du cours tel qu'il est enseigné : définitions, solution générale et solution particulière, équations à variables séparables, puis les applications, croissance et décroissance, population, refroidissement de Newton et vidange de Torricelli.
Le fil de la série tient en trois gestes, dans cet ordre : séparer d'abord, en factorisant s'il le faut ; poser une seule constante au moment d'intégrer et la fixer par la condition initiale ; vérifier enfin ce que la division a fait perdre et quelle branche passe par le point donné. Les erreurs que le corrigé désigne viennent presque toutes d'un de ces trois gestes oublié : la constante ajoutée au lieu d'être multipliée, la racine positive prise par réflexe, la solution constante jamais examinée, la valeur absolue qui fait grandir une ville en déclin.
Comptez trois heures. Les contrôles de MTH0103 se font sans calculatrice : entraînez-vous à laisser les réponses sous forme exacte, le corrigé les donne toujours avant la valeur décimale. Chaque sous-question se vérifie en ligne, et les trois épreuves blanches du cours sont liées en bas de page.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Une équation différentielle relie une fonction y, sa variable et ses dérivées. Son ORDRE est celui de la dérivée la plus haute qui y figure. Une solution est une fonction qui la vérifie ; on le montre en remplaçant.
•Solution générale : la famille avec sa ou ses constantes, une par intégration. Solution particulière : celle que fixent les conditions initiales, y(x0)=y0 à l'ordre 1.
•Variables séparables : dxdy=Q(y)P(x) s'écrit Q(y)dy=P(x)dx, puis ∫Q(y)dy=∫P(x)dx+C. On isole y si possible (forme explicite), sinon la solution reste implicite.
•Diviser par une expression en y suppose qu'elle ne s'annule pas : les zéros donnent des solutions constantes à examiner à part.
•dtdy=ky donne y=y0ekt ; demi-vie ou temps de doublement ∣k∣ln2. Newton : dtdT=κ(T−M) donne T=M+(T0−M)eκt. Torricelli : dtdV=−kh, avec dtdV=A(h)dtdh où A(h) est l'aire de la surface libre.
Calculs : résoudre en rafale (/20)
Exercice 1 : Démasquer la séparation : cinq équations du premier ordre
Aucune de ces équations n'est écrite sous la forme Q(y)dy=P(x)dx. Il faut d'abord la faire apparaître : factoriser par groupement, multiplier pour chasser une fraction, appliquer une propriété du logarithme ou une formule de trigonométrie, faire passer un terme de l'autre côté. Résolvez chaque équation au point indiqué : le point (x0;y0) signifie que la courbe solution y passe, soit y(x0)=y0.
a) dxdy=4+y2−4x2−x2y2 ; au point (0;0). Calculez y(1).
b) y1dxdy=xy−xy1 pour x>0 ; au point (1;3). Calculez y(21) et la borne droite de l'intervalle où la solution existe.
c) xdxdy=ln(xy) pour x>0 ; au point (1;−2). Calculez y(e).
d) xy2dx+(x2+1)dy=0 ; au point (0;1). Calculez y(e−1). Quelle solution constante la séparation fait-elle perdre ?
e) dxdy=cos(x−y)+cos(x+y) ; au point (0;0). Donnez la solution sous forme implicite, puis calculez y(6π).
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Réponses
a)y=2tan(2x−32x3), y(1)=2tan34≈8,26
b)y=2−x22+x2 sur ]0;2[, y(21)=79≈1,286, borne 2 ; solutions constantes y=±1
c)y=−2e(lnx)2/2, y(e)=−2e≈−3,297
d)y=2+ln(x2+1)2, y(e−1)=32 ; la solution y=0 est perdue
Le second membre mélange x et y en quatre termes : on GROUPE. 4+y2−4x2−x2y2=(4+y2)−x2(4+y2)=(4+y2)(1−x2). L'équation devient 4+y2dy=(1−x2)dx ; comme 4+y2 ne s'annule jamais, aucune solution n'est perdue. On intègre : 21arctan2y=x−3x3+C. Piège : ∫4+y2dy n'est pas arctan2y ; la dérivée de arctan2y vaut 1+y2/41/2=4+y22, d'où le facteur 21. Au point (0;0) : C=0. Donc arctan2y=2x−32x3 et y=2tan(2x−32x3). En x=1, l'angle vaut 34, encore inférieur à 2π≈1,571 : la solution existe, et y(1)=2tan34≈8,26. Calculatrice en RADIANS : en degrés on lirait 0,047, absurde pour une courbe dont la pente vaut déjà 4 à l'origine.
b)
Deux fractions contiennent y au dénominateur : on multiplie les deux membres par y, ce qui est permis puisque l'équation elle-même impose y=0. Il vient dxdy=xy2−x1=xy2−1. Les zéros de y2−1 donnent deux solutions constantes, y=1 et y=−1, qui vérifient bien l'équation de départ. Pour y=±1 : y2−1dy=xdx. Fractions partielles : y2−11=21(y−11−y+11), donc 21lny+1y−1=lnx+C, soit y+1y−1=Kx2 avec K>0. Au point (1;3) : K=42=21 ; le quotient est positif et le reste, la courbe ne pouvant pas traverser la solution constante y=1. Donc y+1y−1=2x2, puis 2y−2=x2y+x2 et y=2−x22+x2. y(21)=7/49/4=79≈1,286. La solution explose quand x2→2 : elle existe sur ]0;2[, borne droite 2≈1,414. Piège : oublier le 21 des fractions partielles donne y+1y−1=2x, une courbe fausse qui passe pourtant par le point donné ; seule la vérification dans l'équation la démasque.
c)
Pour x>0, ln(xy)=ylnx : la propriété du logarithme fait apparaître le produit caché. xdxdy=ylnx, et pour y=0 : ydy=xlnxdx. À droite, on reconnaît udu avec u=lnx : ln∣y∣=2(lnx)2+C, donc ∣y∣=eCe(lnx)2/2 et y=Ae(lnx)2/2, où A=±eC absorbe le signe (la solution y=0 correspond à A=0). Au point (1;−2) : ln1=0 donne A=−2. Donc y=−2e(lnx)2/2 et y(e)=−2e1/2=−2e≈−3,297. Deux pièges. Écrire y=e(lnx)2/2+C, toujours positif, qui ne peut PAS passer par un point d'ordonnée −2 : c'est la valeur absolue qui porte le signe. Et lire ln(xy) comme (lnx)y, ce qui donne une tout autre équation, qui n'est plus séparable.
d)
Forme différentielle : on regroupe les dx d'un côté, les dy de l'autre. (x2+1)dy=−xy2dx, et pour y=0 : y2dy=−x2+1xdx. Le signe moins vient du passage de membre ; l'oublier est l'erreur la plus fréquente sur cette forme. On intègre : −y1=−21ln(x2+1)+C, la primitive de x2+1x étant 21ln(x2+1) (le numérateur est la moitié de la dérivée du dénominateur). Au point (0;1) : C=−1. D'où y1=1+21ln(x2+1) et y=2+ln(x2+1)2, définie sur R. En x=e−1, x2+1=e : y=32≈0,667. Piège d'inversion : de y1=1+21ln(x2+1) on ne tire pas y=1+ln(x2+1)2, on inverse le membre de droite EN ENTIER. La division par y2 a supposé y=0 : la fonction y=0 annule les deux termes de l'équation, c'est la solution constante perdue.
e)
Ni cos(x−y) ni cos(x+y) ne se séparent seuls. On développe : cos(x−y)=cosxcosy+sinxsiny et cos(x+y)=cosxcosy−sinxsiny. Les termes en sinus s'annulent : dxdy=2cosxcosy. Les zéros de cosy, y=2π+kπ, sont des solutions constantes que la division va perdre. Pour cosy=0 : secydy=2cosxdx, donc ln∣secy+tany∣=2sinx+C. Au point (0;0) : ln1=0, donc C=0. Solution implicite : ln∣secy+tany∣=2sinx. En x=6π : secy+tany=e, soit cosy1+siny=e. On élève au carré et on écrit cos2y=(1−siny)(1+siny) : 1−siny1+siny=e2, d'où siny=e2+1e2−1≈0,7616. La courbe part de l'origine et ne peut pas croiser les solutions constantes y=±2π : elle reste dans ]−2π;2π[, et y(6π)=arcsine2+1e2−1≈0,866. Élever au carré peut introduire une valeur étrangère ; ici cosy>0 et 1+siny>0 rendent le quotient positif, comme e : rien à rejeter.
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Exercice 2 : Intégrer deux fois, et quand on ne peut pas : cinq équations du second ordre
Une équation d'ordre 2 dont le second membre ne dépend que de la variable s'intègre deux fois, avec DEUX constantes, et il faut deux conditions pour les fixer. Les pièges sont dans les détails : décomposer avant d'intégrer, fixer une constante au bon moment, lire des conditions qui ne portent pas toutes sur la dérivée, reconnaître une dérivée déjà écrite, et savoir quand l'intégration directe est impossible.
a) dt2d2r=t34−t pour t>0, sachant que pour t=1 on a r=0 et dtdr=3. Trouvez r(t), puis calculez r′(2) et r(2).
b) y′′=xex avec y(0)=0 et y′(0)=0. Calculez y(1).
c) dx2d2y=sec2x sur ]−2π;2π[, avec y(0)=1 et y(3π)=1+ln2+π. Calculez y′(0) et y(4π).
d) dxd(x2dxdy)=6x2 pour x>0, avec y(1)=2 et y′(1)=5. Calculez y′(3) et y(3).
e) y′′=y′ avec y(0)=0 et y′(0)=1. Pourquoi ne peut-on pas intégrer deux fois directement ? Résolvez en posant v=y′, puis calculez y′(2) et y(1).
e)Le second membre dépend de y′ ; y=12(x+2)3−8 pour x≥−2, y′(2)=4, y(1)=1219≈1,583
a)
On DÉCOMPOSE la fraction avant d'intégrer : t34−t=4t−3−t−2. Intégrer séparément le numérateur et le dénominateur n'a aucun sens. Première intégration : dtdr=4⋅−2t−2−−1t−1+C1=−t22+t1+C1. On fixe C1 TOUT DE SUITE avec la condition sur la dérivée : en t=1, −2+1+C1=3, donc C1=4. Piège : écrire C1=3 parce que « la dérivée vaut 3 » ; la condition est donnée en t=1, où la primitive ne s'annule pas. Deuxième intégration : r=t2+lnt+4t+C2 (pour t>0, ln∣t∣=lnt). En t=1 : 2+0+4+C2=0, donc C2=−6. Ainsi r(t)=t2+lnt+4t−6. Vérification : r′′=t34−t21=t34−t. Enfin r′(2)=−21+21+4=4 et r(2)=1+ln2+8−6=3+ln2≈3,693.
b)
Première intégration, par parties avec u=x et dv=exdx : y′=xex−∫exdx=(x−1)ex+C1. Condition y′(0)=0 : (0−1)e0+C1=0, donc C1=1, PAS 0. C'est le piège de la question : une condition nulle ne donne une constante nulle que si la primitive choisie s'annule au point, et (x−1)ex vaut −1 en 0. Deuxième intégration : ∫(x−1)exdx=(x−2)ex, ce qu'on vérifie en dérivant, ex+(x−2)ex=(x−1)ex. Donc y=(x−2)ex+x+C2, et y(0)=−2+C2=0 donne C2=2. Ainsi y=(x−2)ex+x+2, et y(1)=3−e≈0,282. Qui a pris C1=0 trouve y=(x−2)ex+2 et y(1)=2−e≈−0,718 ; sa dérivée en 0 vaut −1, la condition y′(0)=0 n'est pas respectée, et une vérification de dix secondes l'aurait montré.
c)
Les deux conditions portent sur y, en deux points différents : aucune constante ne se fixe après la première intégration, il faut intégrer deux fois puis résoudre un système. y′=tanx+C1, puis y=∫tanxdx+C1x+C2=−ln(cosx)+C1x+C2, avec cosx>0 sur l'intervalle. Piège de signe : ∫tanxdx=−ln∣cosx∣, car tanx=cosxsinx et sinx est l'OPPOSÉ de la dérivée de cosx. En x=0 : −ln1+0+C2=1, donc C2=1. En x=3π : −ln21=ln2, d'où ln2+3πC1+1=1+ln2+π et C1=3. Donc y=−ln(cosx)+3x+1. Alors y′(0)=tan0+3=3 : la pente initiale n'était pas donnée, elle se DÉDUIT des deux points. Et y(4π)=−ln22+43π+1=21ln2+43π+1≈3,703.
d)
Le membre de gauche est DÉJÀ la dérivée de x2dxdy : on intègre sans rien développer, x2dxdy=2x3+C1. Développer en x2y′′+2xy′ donnerait une équation qu'on ne sait plus intégrer directement. Condition y′(1)=5 : 1⋅5=2+C1, donc C1=3. On divise ensuite par x2, constante comprise : dxdy=2x+x23. Piège : écrire dxdy=2x+3 en oubliant de diviser la constante ; on obtiendrait y=x2+3x−2 et y(3)=16 au lieu de 12. Deuxième intégration : y=x2−x3+C2, et y(1)=1−3+C2=2 donne C2=4. Ainsi y=x2−x3+4. Vérification : x2y′=2x3+3, dont la dérivée vaut bien 6x2. Enfin y′(3)=6+93=319≈6,333 et y(3)=9−1+4=12.
e)
Le second membre contient y′ et pas seulement x : intégrer y′ par rapport à x demanderait de connaître y′, qui est justement l'inconnue. On pose v=y′ ; alors y′′=v′ et l'équation devient dxdv=v, du PREMIER ordre et séparable. Pour v>0 : v−1/2dv=dx, donc 2v=x+C1. Condition v(0)=y′(0)=1 : C1=2. D'où v=2x+2, ce qui exige x≥−2, et v=4(x+2)2. On revient à y : y=12(x+2)3+C2, et y(0)=128+C2=0 donne C2=−32. Ainsi y=12(x+2)3−8 pour x≥−2. Vérification : y′=4(x+2)2 et y′′=2x+2=y′, justement parce que x+2≥0 ; pour x<−2 la formule donnerait y′′<0, ce qu'une racine carrée n'est jamais. Alors y′(2)=416=4 et y(1)=1227−8=1219≈1,583. La division par v a exclu v=0, c'est-à-dire les fonctions CONSTANTES, qui vérifient 0=0 ; la condition y′(0)=1 les écarte ici.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 3 : Ordre d'une équation et vérification d'une solution
Avant de résoudre quoi que ce soit, deux gestes : lire l'ORDRE de l'équation, c'est-à-dire la dérivée la plus haute qui y figure, et savoir VÉRIFIER qu'une fonction proposée est solution, en la remplaçant dans l'équation. Vérifier ne demande que de dériver.
a) Donnez l'ordre de chacune des équations :(i)y′′′−xy′=sinx(ii)(y′)2+y=x(iii)x2y′′+xy′+y=0(iv)dx2d2y=(dxdy)3.
b) Montrez que y=ex+e−2x est solution de y′′+y′−2y=0.
c) La fonction y=x2 est-elle solution de xy′=2y ? Et y=x2+1 ? Que peut-on dire de y=Cx2 ?
d) Déterminez les deux valeurs du réel r pour lesquelles y=erx est solution de y′′−5y′+6y=0.
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Réponses
a)Ordres : (i) 3, (ii) 1, (iii) 2, (iv) 2
b)y′′+y′−2y=0 pour tout x : y est solution
c)y=x2 oui, y=x2+1 non ; toute la famille y=Cx2 est solution
d)r=2 ou r=3
a)
On cherche la dérivée d'ordre le plus élevé, sans regarder les puissances. (i) y′′′ apparaît : ordre 3. (ii) Seule y′ apparaît, même élevée au carré : ordre 1. Le carré est un DEGRÉ, pas un ordre, et c'est le piège classique de cette question. (iii) y′′ : ordre 2. (iv) dx2d2y est une dérivée seconde, le cube porte sur une dérivée première : ordre 2.
b)
On dérive deux fois : y′=ex−2e−2x et y′′=ex+4e−2x. On remplace : y′′+y′−2y=(ex+4e−2x)+(ex−2e−2x)−2(ex+e−2x). Les termes en ex donnent 1+1−2=0, ceux en e−2x donnent 4−2−2=0. Le membre de gauche vaut 0 pour tout x : y est solution. Une vérification se rédige toujours ainsi, membre de gauche calculé jusqu'au bout et comparé au membre de droite, jamais « ça a l'air de marcher » en un seul point.
c)
Pour y=x2 : y′=2x, donc xy′=2x2=2y. OUI, c'est une solution. Pour y=x2+1 : xy′=2x2 alors que 2y=2x2+2. Les deux membres diffèrent de 2 pour tout x : NON. Ajouter une constante ne conserve pas les solutions de cette équation, parce que y figure lui-même dans l'équation et pas seulement sa dérivée. En revanche y=Cx2 donne xy′=2Cx2=2y : toute la famille est solution, la constante est ici MULTIPLICATIVE. Retenez le réflexe : on ne devine pas où se place la constante, on le vérifie.
d)
y=erx donne y′=rerx et y′′=r2erx. En remplaçant : (r2−5r+6)erx=0. Une exponentielle ne s'annule jamais, on peut donc diviser : r2−5r+6=0, soit (r−2)(r−3)=0, d'où r=2 ou r=3. Vérification pour r=3 : 9−15+6=0. Cette équation est d'ordre 2 ; on ne la résout pas par séparation en MTH0103, mais VÉRIFIER une solution proposée reste au programme, quel que soit l'ordre.
Exercice 4 : Solution générale, solution particulière et famille de courbes
On étudie d'abord l'équation dxdy=xe−x2. Le second membre ne dépend que de x : résoudre, c'est chercher une primitive. La figure montre quatre courbes solutions de cette équation. La question d) passe à l'ordre 2.
a) Donnez la solution générale de dxdy=xe−x2. Calculez y(1)−y(0) et expliquez pourquoi ce nombre ne dépend pas de la constante.
b) Trouvez la solution particulière qui vérifie y(0)=1, puis sa limite quand x→+∞.
c) Deux courbes solutions distinctes de cette équation peuvent-elles se couper ? Justifiez à l'aide de la figure et de la solution générale.
d) Résolvez dx2d2y=6x+x21 pour x>0, avec y(1)=0 et y′(1)=2. Calculez y(2). Combien de conditions faut-il, et pourquoi ?
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Réponses
a)y=−21e−x2+C ; y(1)−y(0)=21(1−e−1)≈0,316
b)C=23, y=23−21e−x2, limite 23
c)Non : les courbes sont des translatées verticales les unes des autres
d)y=x3−lnx−1, y(2)=7−ln2≈6,307 ; deux conditions pour l'ordre 2
a)
On pose u=−x2, du=−2xdx, donc xdx=−21du : y=∫xe−x2dx=−21∫eudu=−21e−x2+C. Vérification : (−21e−x2)′=−21⋅(−2x)e−x2=xe−x2. La SOLUTION GÉNÉRALE est toute la famille, avec sa constante. Ensuite y(1)−y(0)=(−21e−1+C)−(−21+C)=21(1−e−1)≈0,316. La constante s'élimine dans la différence : c'est exactement ∫01xe−x2dx, et une intégrale définie ne dépend pas de la primitive choisie.
b)
La condition initiale fixe la constante : y(0)=−21e0+C=−21+C=1, donc C=23. La SOLUTION PARTICULIÈRE est y=23−21e−x2. L'erreur fréquente est d'écrire C=1 en oubliant que e0=1 contribue déjà −21 : on remplace TOUTE l'expression, jamais la constante seule. Quand x→+∞, e−x2→0 et y→23 : asymptote horizontale y=23, et sur la figure chaque courbe remonte d'un demi vers sa valeur limite C.
c)
NON. Deux solutions s'écrivent −21e−x2+C1 et −21e−x2+C2 ; leur écart vaut C1−C2 en TOUT point. Si elles sont distinctes, cet écart n'est jamais nul : les courbes sont des translatées verticales l'une de l'autre, comme sur la figure. Par chaque point (x0,y0) du plan passe donc UNE seule courbe de la famille, et c'est pourquoi une condition initiale suffit à choisir une solution. Cette propriété de translation est propre aux équations y′=f(x) : pour xy′=2y de l'exercice 1, les courbes y=Cx2 passent toutes par l'origine.
d)
On intègre DEUX fois, et chaque intégration apporte sa constante. Première : y′=3x2−x1+C1. La condition sur la dérivée s'applique MAINTENANT, avant d'intégrer à nouveau : y′(1)=3−1+C1=2, donc C1=0. Deuxième : y=x3−lnx+C2 (on a x>0, donc ln∣x∣=lnx). Puis y(1)=1−0+C2=0, donc C2=−1. Solution : y=x3−lnx−1, et y(2)=8−ln2−1=7−ln2≈6,307. Vérification : y′′=6x+x21. Une équation d'ordre n produit n constantes, il faut donc n conditions. L'erreur qui coûte le plus est de reporter y′(1)=2 dans y au lieu de y′, ou d'attendre la fin pour fixer C1 alors qu'il est déjà multiplié par x dans y=x3−lnx+C1x+C2.
Exercice 5 : Séparer, intégrer, puis isoler y
Pour chaque équation à variables séparables, écrivez Q(y)dy=P(x)dx, intégrez les deux membres avec UNE constante, fixez-la avec la condition initiale, puis isolez y en choisissant la branche qui passe par le point donné.
a) dxdy=2y3x2 avec y(0)=2. Calculez y(2) et donnez le domaine de la solution.
b) dxdy=ex−y avec y(0)=ln2. Calculez y(1).
c) dxdy=2xy2 avec y(0)=−1. Calculez y(1). Quelle solution de l'équation la séparation ne peut-elle pas fournir ?
d) (1+x2)y′=1+y2 avec y(0)=1. Montrez que y=1−x1+x et calculez y(21).
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Réponses
a)y=x3+4, y(2)=23≈3,464, domaine x>−34
b)y=ln(ex+1), y(1)=ln(e+1)≈1,313
c)y=−x2+11, y(1)=−21 ; la solution y=0 est perdue
d)y=1−x1+x pour x<1, y(21)=3
a)
On sépare : 2ydy=3x2dx, puis y2=x3+C. En x=0 : 4=C. Donc y2=x3+4, et comme y(0)=2>0 on garde la racine POSITIVE : y=x3+4. Écrire y=±x3+4 en réponse finale est faux : la branche négative passe par (0;−2), pas par le point donné. y(2)=12=23≈3,464. La solution exige x3+4>0 (au point où y=0 l'équation n'a plus de sens), soit x>−34≈−1,587.
b)
ex−y=eyex : c'est le geste qui rend l'équation séparable. eydy=exdx, d'où ey=ex+C. En x=0 : eln2=2=1+C, donc C=1. On isole : y=ln(ex+1), défini pour tout x. y(1)=ln(e+1)≈1,313. Piège : écrire y=x+C en « simplifiant » ey=ex+C par le logarithme ; ln(ex+C)=x+lnC.
c)
Pour y=0 : y2dy=2xdx, donc −y1=x2+C. En x=0 : −−11=1=C. Ainsi −y1=x2+1 et y=−x2+11, définie sur R. y(1)=−21. En divisant par y2, on a supposé y=0 : la fonction constante y=0 vérifie pourtant y′=0=2x⋅02. Elle n'appartient à aucune courbe −x2+C1, qui ne s'annule jamais. On la signale à part : c'est une solution perdue par la division.
d)
On sépare : 1+y2dy=1+x2dx, donc arctany=arctanx+C. En x=0 : arctan1=4π=C. Donc y=tan(arctanx+4π). Par la formule tan(a+b)=1−tanatanbtana+tanb avec tan(arctanx)=x et tan4π=1 : y=1−xx+1. La solution vit tant que arctanx+4π<2π, c'est-à-dire x<1, là où le dénominateur s'annule. y(21)=1/23/2=3. Vérification directe : y′=(1−x)22, et (1+x2)⋅(1−x)22=(1−x)2(1−x)2+(1+x)2=1+y2.
Exercice 6 : Factoriser pour séparer, et les solutions que la division fait perdre
Une équation ne se présente pas toujours sous la forme Q(y)P(x) : il faut parfois FACTORISER le second membre pour voir qu'elle est séparable. Et chaque fois qu'on divise par une expression en y, on suppose qu'elle ne s'annule pas : les valeurs de y qui l'annulent donnent des solutions constantes à examiner à part.
a) Résolvez dxdy=xy−2x+3y−6 avec y(0)=3. Calculez y(−6).
b) Résolvez xdxdy=y2−4y+4 pour x>0, avec y(1)=3. Calculez y(e) et la borne droite de l'intervalle où la solution existe.
c) Même équation qu'en b), mais avec y(1)=2. Quelle est la solution ?
d) Résolvez (3y2+ey)dxdy=2x avec y(0)=0. Pourquoi la solution reste-t-elle implicite ? Trouvez l'abscisse x>0 du point de la courbe d'ordonnée 1, et la pente de la courbe en ce point.
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Réponses
a)y=2+ex2/2+3x, y(−6)=3
b)y=2+1−lnx1 sur ]0;e[, y(e)=4
c)La solution constante y=2, perdue par la division
Groupement : xy−2x+3y−6=x(y−2)+3(y−2)=(x+3)(y−2). L'équation dxdy=(x+3)(y−2) est donc séparable. Pour y=2 : y−2dy=(x+3)dx, d'où ln∣y−2∣=2x2+3x+C. En x=0 : ln∣3−2∣=0=C. Donc ∣y−2∣=ex2/2+3x, et comme y(0)−2=1>0 et qu'une exponentielle ne s'annule pas, y−2 garde ce signe : y=2+ex2/2+3x. y(−6)=2+e18−18=3. Sans la factorisation, on reste bloqué devant une somme de quatre termes : c'est tout l'objet de la question.
b)
Le second membre est une identité remarquable : y2−4y+4=(y−2)2. Pour y=2 : (y−2)2dy=xdx, d'où −y−21=lnx+C (on a x>0). En x=1 : −11=0+C, donc C=−1. Ainsi −y−21=lnx−1, soit y=2+1−lnx1. y(e)=2+1−211=4. La solution cesse d'exister quand 1−lnx=0, en x=e≈2,718 : la solution vit sur ]0;e[, et elle explose en e alors que l'équation, elle, est parfaitement définie en ce point. Vérification : y′=x(1−lnx)21, donc xy′=(1−lnx)21=(y−2)2.
c)
La formule de b) donnerait −01=C : impossible. Ce n'est pas l'absence de solution, c'est le signe que la division par (y−2)2 a exclu la bonne. La fonction constante y=2 vérifie x⋅0=(2−2)2=0 et passe par (1;2) : c'est LA solution. Elle n'appartient pas à la famille 2+C′−lnx1, qui ne vaut jamais 2. Rédaction attendue : avant de diviser, écrire « si y=2 », et à la fin examiner le cas y=2.
d)
On sépare directement : (3y2+ey)dy=2xdx, d'où y3+ey=x2+C. En (0;0) : 0+1=C. La solution est y3+ey=x2+1. On ne sait pas isoler y dans une somme d'un cube et d'une exponentielle : la solution reste IMPLICITE, et c'est une réponse complète. Au point d'ordonnée 1 : 1+e=x2+1, donc x=e≈1,649. La pente se lit sur l'équation elle-même, sans rien isoler : dxdy=3y2+ey2x=3+e2e≈0,577.
Exercice 7 : Deux mesures pour une constante : l'élimination d'une substance
Une substance est éliminée de l'organisme à un taux proportionnel à la quantité présente. On ignore la dose absorbée : deux prises de sang, 2 h et 6 h après l'absorption, indiquent 800 mg puis 200 mg. On note Q(t) la quantité, en mg, t heures après l'absorption.
Le graphique ci-dessous représente les données.
a) Écrivez l'équation différentielle vérifiée par Q et résolvez-la par séparation. Quel est le signe de la constante de proportionnalité ?
b) Déterminez la constante exacte, la demi-vie de la substance et son taux continu d'élimination en pour cent par heure.
c) Quelle dose a été absorbée ?
d) Au bout de combien d'heures ne reste-t-il que 50 mg ?
e) Une autre substance, radioactive, se désintègre au taux continu de 0,0035% par an. Quelle est sa demi-vie ?
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Réponses
a)dtdQ=kQ, Q=Q0ekt, k<0
b)k=−2ln2≈−0,3466 ; demi-vie 2 h ; taux continu 34,66% par heure
c)Q0=1600 mg
d)t=10 h
e)T=0,000035ln2≈19804 ans
a)
« Taux proportionnel à la quantité présente » se traduit mot pour mot : dtdQ=kQ. Pour Q>0 : QdQ=kdt, donc lnQ=kt+C, puis Q=eCekt=Q0ekt en notant Q0=eC=Q(0). La quantité diminue, donc dtdQ<0 alors que Q>0 : k est NÉGATIF. Écrire dtdQ=−kQ avec k>0 est aussi correct, pourvu qu'on s'y tienne jusqu'au bout.
b)
Aucune mesure n'est prise en t=0 : on DIVISE les deux mesures pour éliminer Q0, qu'on ne connaît pas. Q(2)Q(6)=Q0e2kQ0e6k=e4k=800200=41, donc 4k=−ln4 et k=−4ln4=−2ln2≈−0,3466 par heure. Demi-vie : ekT=21 donne T=k−ln2=2 h. On le voyait sans calcul : de 800 à 200 en 4 h, la quantité est divisée par 2 deux fois. Taux continu : ∣k∣≈34,66% par heure. Attention, ce n'est PAS la baisse réelle en une heure, qui vaut 1−ek≈29,3% : un taux continu s'applique à chaque instant, pas une fois par heure.
c)
Q(2)=Q0e2k=Q0e−ln2=2Q0=800, donc Q0=1600 mg. Deux heures, c'est une demi-vie : la dose initiale est le double de la première mesure.
d)
Q(t)=1600⋅2−t/2. On veut 2−t/2=160050=321=2−5, donc 2t=5 et t=10 h. Cinq demi-vies, que la calculatrice n'apporte pas : au contrôle, on cherche la puissance de 2 avant de prendre un logarithme.
e)
Un taux de 0,0035% par an signifie k=−0,000035 par an : on divise par 100 le pourcentage, c'est l'erreur qui fait perdre un facteur 100. T=0,000035ln2≈19804 ans. La demi-vie ne dépend que de k, jamais de la quantité initiale.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 8 : Une ville qui naît plus qu'elle ne meurt, et qui se vide pourtant
En 2020, une ville compte 40000 habitants. Son taux continu de natalité est de 1,8% par an, son taux continu de mortalité de 0,8% par an, et 600 personnes la quittent chaque année, réparties régulièrement. On note P(t) la population t années après 2020.
La figure ci-dessous représente la situation.
a) Écrivez l'équation différentielle vérifiée par P. Quelle population la maintiendrait constante ?
b) Résolvez l'équation avec la condition de 2020 et calculez la population en 2040.
c) En quelle année la population passe-t-elle sous 30000 habitants ? En quelle année la ville serait-elle vide si le modèle restait valable ?
d) Quel flux annuel de départs, au plus, aurait permis à la ville de ne pas décroître en 2020 ?
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Réponses
a)dtdP=0,01P−600 ; équilibre P=60000 (instable)
b)P(t)=60000−20000e0,01t ; P(20)≈35572
c)t=100ln1,5≈40,5 : en 2060 ; ville vide à t=100ln3≈109,9 : en 2129
d)Au plus 400 départs par an
a)
Chaque terme se traduit séparément : naissances 0,018P, décès 0,008P, départs 600 par an. dtdP=0,018P−0,008P−600=0,01P−600. Population stationnaire : dtdP=0, soit P=60000. Or la ville compte 40000 habitants, MOINS que ce seuil : dtdP=400−600=−200<0 en 2020. L'excédent naturel de 400 personnes par an ne compense pas les 600 départs, et plus la ville se vide, plus cet excédent fond. L'équilibre de 60000 est INSTABLE : au-dessus la ville croît, en dessous elle décroît.
b)
dtdP=0,01(P−60000). Pour P=60000 : P−60000dP=0,01dt, donc ln∣P−60000∣=0,01t+C. Ici P<60000 : la valeur absolue vaut 60000−P, et l'oublier donne une ville qui grandit. 60000−P=Ke0,01t avec K=60000−40000=20000. Donc P(t)=60000−20000e0,01t. En 2040, t=20 : P=60000−20000e0,2≈60000−24428=35572 habitants.
c)
P=30000 : 20000e0,01t=30000, e0,01t=1,5, t=100ln1,5≈40,5 ans. On est au milieu de 2060 : l'année cherchée est 2060. Ville vide : e0,01t=3, t=100ln3≈109,9 ans, soit en 2129 (on passe 2020 plus 109,9 ans, donc pendant l'année 2129). Le modèle a bien sûr cessé de valoir longtemps avant : une ville de quelques centaines d'habitants ne perd pas 600 personnes par an.
d)
La ville ne décroît pas en 2020 si dtdP≥0 avec P=40000 : 0,01×40000−m≥0, soit m≤400 départs par an. Avec exactement 400, P=40000 serait l'équilibre. La réponse ne demande aucune résolution : le signe de la dérivée en un point se lit sur l'équation elle-même.
Exercice 9 : La boule de neige qui fond par sa surface
Une boule de neige reste sphérique en fondant. Son volume diminue à un rythme proportionnel à l'aire de sa surface : dtdV=−k⋅4πr2, avec k>0, où r est le rayon en cm et t le temps en minutes. Au départ, r=10 cm ; au bout de 20 minutes, r=8 cm.
La figure ci-dessous représente la situation.
a) Avec V=34πr3, montrez que dtdr=−k. Comment le rayon diminue-t-il ?
b) Exprimez r(t), déterminez k et le temps nécessaire pour que la boule fonde entièrement.
c) Calculez le volume au bout de 50 minutes, et la fraction du volume initial qu'il représente.
d) Au bout de combien de minutes la boule a-t-elle perdu la moitié de son volume ? Commentez.
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Réponses
a)dtdV=4πr2dtdr donne dtdr=−k : le rayon diminue à vitesse constante
b)r(t)=10−0,1t, k=0,1 cm/min, fonte complète en 100 min
c)V=3500π≈523,6 cm³, soit 12,5% du volume initial
d)t=100(1−2−1/3)≈20,6 min
a)
L'équation relie V et r, deux fonctions du temps : on dérive V=34πr3 par rapport à t en dérivée en chaîne, dtdV=4πr2dtdr. En égalant à −k⋅4πr2 et en divisant par 4πr2=0 : dtdr=−k. Le rayon diminue à VITESSE CONSTANTE. C'est contre-intuitif, parce que le volume, lui, fond de plus en plus lentement : la surface qui fond rétrécit, mais l'épaisseur perdue par minute reste la même. L'erreur la plus fréquente est de séparer directement dV et r2, deux variables différentes dans la même équation : on ramène d'abord tout à UNE seule variable.
b)
L'équation dtdr=−k s'intègre en r=−kt+C, et r(0)=10 donne r(t)=10−kt. Avec r(20)=8 : 10−20k=8, donc k=0,1 cm par minute. r(t)=10−0,1t s'annule en t=100 minutes : la boule a entièrement fondu au bout de 100 minutes.
c)
r(50)=5 cm, donc V=34π⋅53=3500π≈523,6 cm³. Le volume initial vaut 34π⋅1000 : le rapport est (105)3=81=12,5%. À mi-parcours du temps, il ne reste qu'un huitième du volume : le volume varie comme le CUBE du rayon.
d)
Moitié du volume : r3=21⋅103, donc r=10⋅2−1/3≈7,937 cm. Alors t=0,110−7,937=100(1−2−1/3)≈20,6 minutes. La boule perd la moitié de sa neige en un peu plus de 20 minutes, puis met presque 80 minutes pour perdre l'autre moitié. Rien d'étonnant : la vitesse de fonte du volume est proportionnelle à r2, qui ne cesse de diminuer. On retrouve la mesure de l'énoncé : à 20 minutes, (108)3=51,2% du volume reste, à peine plus de la moitié.
Exercice 10 : Cinq affirmations à corriger
Dites si chaque affirmation est vraie ou fausse, et justifiez. Une solution se vérifie en la remplaçant dans l'équation ; une affirmation fausse se réfute par un calcul précis, pas par une impression.
a) « La fonction y=0 est solution de dxdy=y2cosx, mais la séparation des variables ne la fournit pas. »
b) « L'équation dxdy=x+y se sépare en ydy=xdx. » L'équation dxdy=1+x+y+xy est-elle séparable ?
c) « Dans ∫ydy=∫xdx, une seule constante d'intégration suffit. »
d) « La solution de ydxdy=x avec y(0)=−2 est y=x2+4. » Donnez aussi la valeur de la vraie solution en x=5.
e) « De ln∣y∣=x2+C, on tire y=ex2+C. » Si c'est faux, donnez y(1) pour la solution qui vérifie y(0)=3.
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Réponses
a)Vraie : y=0 est solution et n'appartient pas à la famille −sinx+C1
b)Fausse : x+y n'est pas un produit ; 1+x+y+xy=(1+x)(1+y) est séparable
c)Vraie : C2−C1 est une seule constante
d)Fausse : y=−x2+4, y(5)=−3
e)Fausse : y=Kex2 ; avec y(0)=3, y(1)=3e≈8,155
a)
VRAIE. y=0 donne y′=0 et y2cosx=0 : c'est une solution. La séparation divise par y2 : y2dy=cosxdx, −y1=sinx+C, y=−sinx+C1. Aucune valeur de C ne donne la fonction nulle, puisqu'une fraction de numérateur −1 ne s'annule jamais. La solution y=0 est perdue, et c'est la seule qui passe par un point de l'axe des x.
b)
FAUSSE. Séparer exige un PRODUIT P(x)⋅g(y) ; x+y est une somme, et ydy=xdx correspondrait à dxdy=xy. Contre-exemple : y=−x−1 vérifie y′=−1=x+(−x−1), alors que yy′=−x−1−1 ne vaut pas x (en x=0, 1=0). Cette équation n'est pas séparable, elle relève d'autres méthodes. En revanche 1+x+y+xy=(1+x)+y(1+x)=(1+x)(1+y) : la seconde est séparable, et on ne le voit qu'après avoir factorisé.
c)
VRAIE. 2y2+C1=2x2+C2 se réécrit 2y2=2x2+(C2−C1), et C2−C1 est une constante quelconque qu'on renomme C. Deux constantes n'apportent rien de plus qu'une seule : on n'en écrit qu'une, du côté de x.
d)
FAUSSE. ydy=xdx donne y2=x2+C, et (0;−2) donne C=4. Donc y2=x2+4, mais y(0)=−2<0 impose la branche NÉGATIVE : y=−x2+4. La fonction proposée vaut 2 en 0, elle ne vérifie pas la condition initiale. Vraie solution en 5 : y=−9=−3.
e)
FAUSSE. ∣y∣=ex2+C=eCex2 : la constante sort de l'exponentielle en FACTEUR, pas en terme. En absorbant le signe, y=Kex2. Contrôle : y=ex2+C donne y′=2xex2, alors que l'équation de départ, yy′=2x, exige y′=2xy=2x(ex2+C) ; les deux diffèrent dès que C=0. Avec y(0)=3 : K=3, y=3ex2, et y(1)=3e≈8,155.
Exercice 11 : La loi de Newton à l'envers : une bouteille qui se réchauffe
On sort une bouteille du réfrigérateur à 4 °C et on la pose dans une pièce à 22 °C. Vingt minutes plus tard, elle est à 10 °C. Selon la loi de Newton, la température T de la bouteille, t minutes après sa sortie, varie à un rythme proportionnel à l'écart avec la température ambiante : dtdT=κ(T−22).
Le graphique ci-dessous représente les données.
a) Quel est le signe de κ ? Résolvez l'équation par séparation et donnez la solution particulière en fonction de κ. Vers quelle température tend la bouteille ?
b) Déterminez κ exactement, puis au dix-millième.
c) Calculez la température au bout de 40 minutes, sans calculatrice.
d) Au bout de combien de minutes la bouteille atteint-elle 16 °C ?
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Réponses
a)κ<0 ; T(t)=22−18eκt ; T→22 °C
b)κ=201ln32≈−0,0203 par minute
c)T(40)=14 °C
d)t=ln1,520ln3≈54,2 min
a)
La bouteille est plus froide que la pièce : T−22<0, et elle se réchauffe : dtdT>0. Le produit κ(T−22) n'est positif que si κ<0. C'est la même loi que pour un café qui refroidit, seul le signe de l'écart a changé ; confondre les deux et prendre κ>0 donne une bouteille qui gèle dans une pièce chaude. Séparation, pour T=22 : T−22dT=κdt, ln∣T−22∣=κt+C. Ici ∣T−22∣=22−T, donc 22−T=Keκt avec K=22−4=18 : T(t)=22−18eκt. Comme κ<0, eκt→0 et T→22 °C : la bouteille tend vers la température de la pièce sans jamais l'atteindre.
b)
T(20)=10 : 22−18e20κ=10, donc e20κ=1812=32 et κ=201ln32=−20ln1,5≈−0,0203 par minute. Le signe négatif confirme a). L'écart à la pièce est multiplié par 32 toutes les 20 minutes : c'est la forme la plus utile du résultat.
c)
e40κ=(e20κ)2=94. Donc T(40)=22−18⋅94=22−8=14 °C. Aucun logarithme n'est nécessaire : 40 minutes, ce sont deux fois 20 minutes, et l'écart passe de 18 à 12 puis à 8. Remarquez que la bouteille a gagné 6 °C dans les 20 premières minutes et seulement 4 °C dans les 20 suivantes.
d)
22−18eκt=16, soit eκt=31. Avec eκt=(32)t/20 : 20tln32=ln31, donc t=ln1,520ln3≈54,2 minutes. Contrôle d'encadrement : à 40 min, 14 °C ; à 60 min, 22−18⋅278≈16,7 °C. La réponse tombe bien entre les deux. Au contrôle sans calculatrice, la forme exacte ln1,520ln3 est la réponse attendue.
Exercice 12 : Torricelli dans un réservoir conique
Un réservoir a la forme d'un cône de révolution, pointe en bas : hauteur H=4 m, rayon du bord supérieur R=2 m. Il est plein et se vide par un petit trou percé à la pointe. D'après la loi de Torricelli, dtdV=−kh, où V est le volume de liquide (en m³), h la hauteur du liquide (en m), t le temps en minutes et k>0.
On observe qu'il faut 31 minutes pour que le niveau descende de 4 m à 1 m.
a) Justifiez que le rayon de la surface du liquide vaut r=2h, puis que V=12πh3 et dtdV=4πh2dtdh. Calculez dhdV en h=2.
b) Écrivez l'équation différentielle en h et résolvez-la par séparation avec h(0)=4. Déterminez k à l'aide de l'observation.
c) Combien de temps faut-il pour vider le réservoir ?
d) Au bout de combien de minutes le réservoir a-t-il perdu la moitié de son VOLUME ? À quel instant le niveau est-il à mi-hauteur ? Commentez.
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Réponses
a)r=2h, V=12πh3, dhdV=4πh2, qui vaut π≈3,142 m² en h=2
b)h5/2=32−π10kt ; k=10π≈0,314, d'où h5/2=32−t
c)32 minutes
d)Moitié du volume à t=32−32⋅2−5/6≈14,0 min ; mi-hauteur à t=32−42≈26,3 min
a)
Triangles semblables dans la coupe verticale : le liquide forme un petit cône semblable au grand, donc hr=HR=42, soit r=2h. Alors V=31πr2h=31π4h2h=12πh3. En dérivant par rapport à t (dérivée en chaîne) : dtdV=123πh2dtdh=4πh2dtdh. Le facteur 4πh2=πr2 est l'aire de la surface libre, ce qui a un sens : une fine couche d'épaisseur dh a pour volume l'aire fois l'épaisseur. En h=2 : dhdV=π≈3,142 m².
b)
4πh2dtdh=−kh. On sépare : h2⋅h−1/2dh=h3/2dh=−π4kdt. On intègre : 52h5/2=−π4kt+C. En t=0, h=4 et 45/2=32 : C=564. En multipliant par 25 : h5/2=32−π10kt. Observation : h(31)=1 donne 1=32−π10k⋅31, donc π10k=1 et k=10π≈0,314. Finalement h5/2=32−t. L'erreur à éviter : garder V et h dans la même équation et séparer quand même ; on exprime TOUT en h avant de séparer.
c)
Le réservoir est vide quand h=0 : 32−t=0, t=32 minutes. Autrement dit, il a fallu 31 minutes pour descendre de 4 m à 1 m, et UNE seule minute pour le dernier mètre. Ce n'est pas absurde : le dernier mètre de hauteur, au fond du cône, ne contient que (41)3=641 du volume.
d)
Moitié du volume : h3=21⋅43, donc h=4⋅2−1/3≈3,175 m, et h5/2=32⋅2−5/6≈17,96. Donc t=32−17,96≈14,0 minutes. Mi-hauteur : h=2, h5/2=42≈5,66, donc t≈26,3 minutes. Le réservoir perd la moitié de son volume en moins de la moitié du temps total, alors que le niveau n'a baissé que de 0,8 m ; et quand le niveau atteint la mi-hauteur, il ne reste que 81 du volume, qui se vide en moins de six minutes. Confondre « moitié du volume » et « mi-hauteur » est l'erreur que la forme du cône rend la plus coûteuse.
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