Calcul intégral MTH0103 • Cours préparatoire de Polytechnique Montréal • Équivalent du 201-NYB
Examen blanc corrigé de MTH0103, calcul intégral (Polytechnique Montréal)
Voici un examen blanc corrigé de MTH0103, le cours de calcul intégral qui fait partie des cours préparatoires de Polytechnique Montréal. Il équivaut au cours de calcul intégral 201-NYB du cégep, mais son plan n'est pas le même : MTH0103 commence par les dérivées et les théorèmes d'analyse, Rolle, Lagrange, Cauchy et L'Hospital, et s'arrête aux séries de puissances, sans polynômes de Taylor ni équations différentielles. Les quinze exercices suivent exactement l'ordre de sa description officielle, en cinq parties de trois exercices.
Le fil de l'examen tient en une phrase : un théorème ne s'applique qu'après vérification écrite de ses hypothèses. Rolle sans dérivabilité, L'Hospital sans forme indéterminée, le théorème fondamental au-dessus d'une asymptote, le test de l'intégrale sur une fonction non décroissante, d'Alembert aux bornes d'un intervalle de convergence : ce sont les cinq erreurs qui reviennent d'une partie à l'autre, et l'exercice 6 les rassemble.
Comptez quatre heures, calculatrice permise, sans formulaire. C'est plus long qu'un examen réel : on peut le faire en deux séances, les parties A et B d'abord, puis C, D et E. Chaque sous-question se vérifie en ligne, et le corrigé donne la réponse en tête avant le raisonnement.
Série autocorrigéeTape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.
•Rolle : f continue sur [a;b], dérivable sur ]a;b[, f(a)=f(b) donne c∈]a;b[ avec f′(c)=0. Lagrange : f(b)−f(a)=f′(c)(b−a). Cauchy : si de plus g′=0, g(b)−g(a)f(b)−f(a)=g′(c)f′(c).
•L'Hospital : pour une forme 00 ou ∞∞, limgf=limg′f′ si cette dernière existe. Les formes 0⋅∞, ∞−∞, 1∞, 00 et ∞0 se ramènent d'abord à un quotient.
•Somme de Riemann : ∫abf(x)dx=limn→∞∑i=1nf(xi)Δx avec Δx=nb−a. Théorème fondamental : dxd∫au(x)f(t)dt=f(u(x))u′(x).
•Techniques : changement de variable (bornes changées avec la variable), parties ∫udv=uv−∫vdu, substitutions x=asinθ, atanθ, asecθ, fractions partielles après division si la fraction est impropre.
•Impropres : ∫1∞xpdx converge si p>1, ∫01xpdx converge si p<1. Comparaison : 0≤f≤g et ∫g converge donne ∫f converge.
•Séries : géométrique ∑rn converge si ∣r∣<1 ; harmonique ∑n1 diverge ; alternée ∑(−1)nbn converge si bn décroît vers 0. D'Alembert et Cauchy : limite <1 converge, >1 diverge, =1 aucune conclusion.
•Séries de puissances ∑an(x−c)n : rayon R par d'Alembert ou Cauchy, convergence absolue pour ∣x−c∣<R, bornes étudiées séparément ; dérivation et intégration terme à terme à l'intérieur de l'intervalle.
Partie A : dérivées et théorèmes d'analyse (/30)
Exercice 1 : Dériver sans se laisser surprendre
Le plan de cours de MTH0103 s'ouvre sur la dérivation des fonctions élémentaires et des équations implicites. Pour chaque calcul, écrivez la règle utilisée avant de dériver.
a) Soit f(x)=arctan(1−x1+x) pour x=1. Calculez f′(x), simplifiez au maximum, puis donnez f′(2).
b) Que vaut f(x)−arctanx sur ]−∞;1[ ? Et sur ]1;+∞[ ? Justifiez qu'il y a bien deux constantes.
c) Par dérivation logarithmique, dérivez g(x)=(lnx)x pour x>1, puis calculez g′(e).
d) La courbe x2y+y3=10 passe par P(1;2). Calculez dxdy puis dx2d2y au point P.
Voir la correction
Réponses
a)f′(x)=1+x21, f′(2)=0,2
b)4π sur ]−∞;1[, −43π sur ]1;+∞[
c)g′(x)=(lnx)x(ln(lnx)+lnx1), g′(e)=1
d)y′=−134, y′′=−2197660≈−0,300
a) Dérivée d'une composée : (arctanu)′=1+u2u′ avec u=1−x1+x. Règle du quotient : u′=(1−x)2(1−x)+(1+x)=(1−x)22. Puis 1+u2=(1−x)2(1−x)2+(1+x)2=(1−x)22(1+x2). Le quotient se simplifie entièrement : f′(x)=(1−x)22⋅2(1+x2)(1−x)2=1+x21. Donc f′(2)=51=0,2. Le piège est de s'arrêter avant la simplification : une fraction de fractions est juste, mais elle cache le résultat qui fait toute la question b).
b) f et arctan ont la même dérivée, donc (f−arctan)′=0. Sur un INTERVALLE, une dérivée nulle donne une fonction constante (conséquence du théorème de Lagrange). Mais le domaine de f est formé de deux intervalles disjoints, et la constante a le droit de changer de l'un à l'autre. Sur ]−∞;1[, on évalue en 0 : f(0)−arctan0=arctan1=4π. Sur ]1;+∞[, on fait tendre x vers +∞ : 1−x1+x→−1, donc f(x)→−4π, tandis que arctanx→2π ; la constante vaut −4π−2π=−43π. Vérification en x=2 : arctan(−3)−arctan2≈−1,2490−1,1071=−2,3562≈−43π. Écrire une seule constante sur tout le domaine est l'erreur qu'on retrouve à l'exercice 6.
c) La base ET l'exposant dépendent de x : ni la règle de la puissance ni celle de l'exponentielle ne s'appliquent telles quelles. On passe au logarithme, légitime car lnx>0 pour x>1 : lng(x)=xln(lnx). En dérivant les deux membres : g(x)g′(x)=ln(lnx)+x⋅lnx1/x=ln(lnx)+lnx1. Donc g′(x)=(lnx)x(ln(lnx)+lnx1). En x=e : lne=1 et ln(lne)=0, d'où g′(e)=1⋅(0+1)=1. Les deux réponses fausses classiques sont (lnx)x−1 (règle de la puissance, qui fige l'exposant) et (lnx)xln(lnx) (règle de l'exponentielle, qui fige la base). La bonne dérivée est exactement la SOMME des deux, ce qui donne un contrôle rapide.
d) On dérive les deux membres par rapport à x, en se souvenant que y dépend de x : 2xy+x2y′+3y2y′=0, donc y′=−x2+3y22xy. En P(1;2) : y′=−1+124=−134≈−0,308. Pour la dérivée seconde, on redérive l'égalité 2xy+(x2+3y2)y′=0 plutôt que le quotient, c'est plus court : 2y+2xy′+(2x+6yy′)y′+(x2+3y2)y′′=0. En P, avec y′=−134 : 4−138+(2−1348)(−134)+13y′′=0, soit 169676−104+88+13y′′=0, donc y′′=−2197660≈−0,300. Vérification numérique : en résolvant l'équation pour x=0,9999 et x=1,0001, les différences finies redonnent −0,3077 et −0,3004. Oublier le facteur y′ en dérivant y3 (écrire 3y2 au lieu de 3y2y′) fausse tout le reste de la question.
Exercice 2 : Rolle, Lagrange et Cauchy : trois théorèmes, trois usages
Le premier théorème promet une tangente horizontale, le deuxième une tangente parallèle à une corde, le troisième la même chose pour une courbe paramétrée. Aucun ne s'applique sans ses hypothèses : écrivez-les à chaque fois, c'est la moitié des points.
a) Vérifiez que f(x)=x+x1 satisfait les hypothèses du théorème de Lagrange (accroissements finis) sur [1;4], puis trouvez le nombre c qu'il annonce.
b) En appliquant le théorème de Lagrange à arctan sur [0;x], démontrez que 1+x2x<arctanx<x pour tout x>0. Déduisez-en un encadrement de arctan(0,5).
c) La figure représente la courbe C d'équations x=t3, y=t4 pour t∈[1;2], et sa corde AB en pointillé. Énoncez le théorème de Cauchy (accroissements finis généralisés) pour f(t)=t4 et g(t)=t3, trouvez le paramètre c qu'il donne et interprétez-le sur la figure.
d) À l'aide du théorème de Rolle, montrez que l'équation x4+4x+k=0 a au plus deux racines réelles, quel que soit le réel k. Combien en a-t-elle exactement pour k=1, k=3 et k=4 ?
Voir la correction
Réponses
a)Hypothèses vérifiées, c=2
b)0,4<arctan(0,5)<0,5
c)c=2845≈1,607 : tangente parallèle à AB au point (4,15;6,67)
d)Au plus deux racines ; exactement 2, 1 et 0 pour k=1, 3, 4
a) f est continue sur [1;4] (son seul point interdit, x=0, est hors de l'intervalle) et dérivable sur ]1;4[ : les deux hypothèses sont satisfaites. Pente de la corde : 4−1f(4)−f(1)=34,25−2=0,75. On résout f′(c)=1−c21=43, soit c2=4, donc c=2 ; la solution c=−2 est rejetée car hors de ]1;4[. Le théorème garantit l'existence de c ; ici on a pu le calculer, ce qui n'est pas toujours le cas.
b) arctan est continue et dérivable sur R, donc sur [0;x]. Lagrange donne c∈]0;x[ tel que arctanx−arctan0=x⋅1+c21, donc arctanx=1+c2x. Comme 0<c<x, on a 1<1+c2<1+x2, d'où 1+x21<1+c21<1. En multipliant par x>0, qui ne change pas le sens : 1+x2x<arctanx<x. Pour x=0,5 : 1,250,5=0,4<arctan(0,5)<0,5, et la vraie valeur 0,4636 est bien dans l'encadrement. Le détail qui coûte des points : les inégalités sont STRICTES parce que c est strictement entre 0 et x.
c) Théorème de Cauchy : si f et g sont continues sur [a;b], dérivables sur ]a;b[, et si g′ ne s'annule pas sur ]a;b[, alors il existe c∈]a;b[ tel que g(b)−g(a)f(b)−f(a)=g′(c)f′(c). Ici les deux polynômes sont continus et dérivables, et g′(t)=3t2=0 sur ]1;2[. On calcule g(2)−g(1)f(2)−f(1)=8−116−1=715 et g′(c)f′(c)=3c24c3=34c, d'où c=2845≈1,607, bien dans ]1;2[. Interprétation : A=(g(1);f(1))=(1;1) et B=(8;16), la corde a pour pente 715, et la pente de la tangente à une courbe paramétrée est dxdy=g′(t)f′(t). Au point de paramètre c, soit (c3;c4)≈(4,15;6,67), la tangente est donc PARALLÈLE à la corde AB. Appliquer Lagrange séparément à f et à g donnerait deux nombres différents, c1=315/4≈1,554 et c2=7/3≈1,528, dont on ne peut rien tirer : le théorème de Cauchy existe précisément pour obtenir le MÊME c, et c'est lui qui démontre la règle de L'Hospital de l'exercice 3.
d) Supposons que P(x)=x4+4x+k ait trois racines réelles r1<r2<r3. P est continu et dérivable partout, et P(r1)=P(r2)=0 : Rolle donne c1∈]r1;r2[ avec P′(c1)=0 ; de même c2∈]r2;r3[ avec P′(c2)=0, et c1<c2. Or P′(x)=4(x3+1) ne s'annule qu'en x=−1, car x↦x3 est strictement croissante. Contradiction : P a au plus deux racines, pour tout k. Pour compter exactement, on étudie le minimum : P′<0 avant −1 et P′>0 après, donc P décroît puis croît, avec pour minimum P(−1)=k−3, et P(x)→+∞ des deux côtés. Pour k=1, le minimum vaut −2<0 : deux racines, une de chaque côté de −1 par le théorème des valeurs intermédiaires (P(−2)=9>0 et P(0)=1>0). Pour k=3, le minimum vaut 0 : une seule racine, x=−1, double. Pour k=4, le minimum vaut 1>0 : aucune racine. Rolle BORNE le nombre de racines, il n'en trouve aucune : l'existence vient toujours d'un autre théorème.
Exercice 3 : La règle de L'Hospital, la forme d'abord
Pour chaque limite, écrivez la forme indéterminée AVANT d'appliquer la règle de L'Hospital, et vérifiez-la de nouveau à chaque application. Les formes ∞−∞ et 1∞ doivent d'abord être ramenées à un quotient.
a) x→0limx3ex−1−x−2x2
b) x→1lim(lnx1−x−11)
c) x→+∞lim(1+x3)2x
d) x→0limxsinx1−cos3x
Voir la correction
Réponses
a)61
b)21
c)e6≈403,43
d)29
a) En x=0, le numérateur vaut 1−1−0−0=0 et le dénominateur 0 : forme 00, la règle s'applique. On obtient lim3x2ex−1−x, encore 00. Deuxième application : lim6xex−1, toujours 00. Troisième : lim6ex=61. Trois applications, trois vérifications écrites : c'est la rédaction attendue. Le résultat s'explique : près de 0, ex−1−x−2x2 se comporte comme 6x3, et chaque application retire un degré. Vérification numérique : pour x=10−3, le quotient vaut 0,16671.
b) Quand x→1, c'est une forme ∞−∞ : la règle ne s'applique pas à une différence. On réduit au même dénominateur : (x−1)lnxx−1−lnx, forme 00. Première application : lnx+xx−11−x1, qu'on multiplie en haut et en bas par x : xlnx+x−1x−1, encore 00. Deuxième application : lnx+1+11→21. Multiplier par x entre deux applications est permis, parce que c'est une transformation algébrique du quotient et non une dérivation. Vérification : pour x=1,00001, l'expression vaut 0,499999.
c) Forme 1∞. On étudie le logarithme : 2xln(1+x3)=1/x2ln(1+x3), forme 00. Règle de L'Hospital : −1/x22⋅1+3/x−3/x2=1+3/x6→6. Le logarithme tend vers 6, donc, par continuité de l'exponentielle, la limite vaut e6≈403,43. L'erreur la plus fréquente est de conclure « 1∞=1 » : la base tend vers 1 sans jamais valoir 1, et c'est la course entre la base et l'exposant qui décide. L'autre est d'oublier de revenir à l'exponentielle et de répondre 6.
d) Forme 00. Première application : sinx+xcosx3sin3x (règle du produit au dénominateur), encore 00. Deuxième : 2cosx−xsinx9cos3x→29. Contrôle sans la règle, par les équivalents usuels : 1−cos3x≈2(3x)2 et xsinx≈x2, ce qui redonne 29. Dériver le quotient entier avec la règle du quotient, au lieu de dériver séparément le numérateur et le dénominateur, est l'erreur de méthode la plus coûteuse de cette partie : l'expression obtenue n'a plus rien à voir avec la limite cherchée.
Partie B : différentielle, primitive et intégrale définie (/30)
Exercice 4 : Sommes de Riemann : du rectangle à l'intégrale
Soit f(x)=9−x2 sur [0;3]. La figure montre les six rectangles d'une somme de Riemann de f. On rappelle que ∑i=1ni2=6n(n+1)(2n+1).
a) Les rectangles de la figure forment-ils une somme à gauche, à droite ou au milieu ? Calculez cette somme R6, puis la somme à gauche L6 avec la même subdivision.
b) Sans calculer l'intégrale, expliquez pourquoi R6≤∫03f(x)dx≤L6.
c) Exprimez Rn en fonction de n pour n rectangles de même largeur, déduisez-en ∫03(9−x2)dx comme limite, puis vérifiez avec le théorème fondamental.
d) Reconnaissez une somme de Riemann et calculez n→∞limn1i=1∑n1+ni.
Voir la correction
Réponses
a)Somme à droite : R6=15,625 ; L6=20,125
b)f décroissante : rectangles de droite sous la courbe, de gauche au-dessus
c)Rn=27−2n29(n+1)(2n+1)→18=∫03(9−x2)dx
d)∫12xdx=32(22−1)≈1,219
a) Chaque rectangle touche la courbe par son coin supérieur DROIT : c'est une somme à droite, avec Δx=63=0,5 et xi=0,5i. Les hauteurs sont f(0,5)=8,75, f(1)=8, f(1,5)=6,75, f(2)=5, f(2,5)=2,75 et f(3)=0, de somme 31,25 : R6=0,5×31,25=15,625. À gauche, on remplace f(3)=0 par f(0)=9 : la somme des hauteurs devient 40,25, donc L6=20,125. Le sixième rectangle de R6 a une hauteur nulle : il est invisible sur la figure mais il compte dans la somme, et l'oublier revient à calculer R5 avec la mauvaise largeur.
b) f′(x)=−2x≤0 sur [0;3] : f est décroissante. Sur chaque sous-intervalle [xi−1;xi], son minimum est donc atteint à droite et son maximum à gauche. Le rectangle de droite est sous la courbe, celui de gauche la contient ; en additionnant les aires, R6≤∫03f≤L6. Pour une fonction croissante, l'ordre s'inverse : « la somme à droite surestime l'intégrale » n'est vrai que dans ce cas-là, ce que l'exercice 6 reprend.
c) Avec Δx=n3 et xi=n3i : Rn=∑i=1nn3(9−n29i2)=27−n327∑i=1ni2=27−n327⋅6n(n+1)(2n+1)=27−2n29(n+1)(2n+1). Contrôle pour n=6 : 27−729⋅7⋅13=27−11,375=15,625=R6. Quand n→∞, n2(n+1)(2n+1)→2, donc Rn→27−9=18. Par le théorème fondamental : [9x−3x3]03=27−9=18. Les deux calculs concordent, et c'est tout le sens du théorème : une limite de sommes, pénible, se remplace par une différence de primitive.
d) On lit Δx=n1 et des points 1+ni qui balaient [1;2] : c'est une somme à droite de g(x)=x sur [1;2]. La limite vaut ∫12xdx=[32x3/2]12=32(22−1)≈1,219. On peut aussi lire g(x)=1+x sur [0;1], avec des points ni : c'est tout aussi juste et donne le même nombre. Ce qui est faux, c'est de mélanger les deux lectures, par exemple ∫121+xdx≈1,578. Vérification avec n=100000 : la somme vaut 1,21895.
Exercice 5 : La différentielle, la primitive et le théorème fondamental
Le plan de cours place la différentielle et la primitive juste avant l'intégrale définie : c'est la même idée lue dans les deux sens, dy=f(x)dx d'un côté, ∫f(x)dx de l'autre, et le théorème fondamental fait le pont.
a) Trouvez la fonction y telle que dy=(3x−x22)dx pour x>0 et y(1)=3. Donnez y(4).
b) Soit F(x)=∫2xx21+t4dt. Calculez F′(x), puis F′(1).
c) Soit G(x)=∫0x(t2−4)e−t2dt. Déterminez l'abscisse du minimum local et celle du maximum local de G, puis l'abscisse strictement positive de son point d'inflexion.
d) Trouvez la fonction continue h telle que ∫0xh(t)dt=x2sinx pour tout réel x, et calculez h(π).
Voir la correction
Réponses
a)y=2x3/2+x2−1, y(4)=15,5
b)F′(x)=1+x82x−1+16x42, F′(1)=1715
c)Minimum en x=2, maximum en x=−2, inflexion en x=5
d)h(x)=2xsinx+x2cosx, h(π)=−π2
a) La différentielle donne dxdy=3x1/2−2x−2, donc y=∫(3x1/2−2x−2)dx=3⋅3/2x3/2−2⋅−1x−1+C=2x3/2+x2+C. La condition y(1)=3 donne 2+2+C=3, donc C=−1 et y=2x3/2+x2−1. Alors y(4)=2⋅8+42−1=15,5. Deux pertes de points habituelles : oublier la constante, qui rend la condition initiale inutilisable, et intégrer −x22 en −2lnx2, alors que seule la puissance −1 donne un logarithme.
b) Théorème fondamental avec deux bornes variables : si φ(t)=1+t41 a pour primitive Φ, alors F(x)=Φ(x2)−Φ(2x) et, par la dérivation en chaîne, F′(x)=φ(x2)⋅2x−φ(2x)⋅2=1+x82x−1+16x42. En x=1 : F′(1)=22−172=1715≈0,882. On n'a jamais eu besoin de Φ, qui ne s'exprime d'ailleurs pas simplement. Les deux oublis classiques : le facteur 2x de la borne supérieure, et le signe moins de la borne inférieure.
c) G′(x)=(x2−4)e−x2, sans aucune intégration. Comme e−x2>0, le signe de G′ est celui de x2−4 : positif sur ]−∞;−2[, négatif sur ]−2;2[, positif sur ]2;+∞[. G croît puis décroît en −2 : MAXIMUM local en x=−2 ; elle décroît puis croît en 2 : MINIMUM local en x=2. Pour la concavité : G′′(x)=2xe−x2−2x(x2−4)e−x2=2xe−x2(5−x2). G′′ change de signe en 0 et en ±5, donc l'abscisse positive non nulle cherchée est 5≈2,236. Confondre les points critiques de G (où l'intégrande s'annule) avec les zéros de G (où l'aire accumulée s'annule) est l'erreur de lecture de cette question.
d) La fonction x↦∫0xh(t)dt a pour dérivée h(x) dès que h est continue. En dérivant les deux membres : h(x)=2xsinx+x2cosx. Contrôle nécessaire en x=0 : le membre de gauche vaut ∫00h=0 et le membre de droite 0, donc aucune constante ne manque ; avec x2sinx+1 à droite, aucune fonction h n'aurait existé. Enfin h(π)=2πsinπ+π2cosπ=−π2≈−9,870.
Exercice 6 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq affirmations suivantes est FAUSSE. Pour chacune, donnez un contre-exemple ou le calcul correct, et nommez l'hypothèse ou la règle qui a été oubliée. Toutes viennent des parties A et B.
a) « Si f(−1)=f(1), alors il existe c∈]−1;1[ tel que f′(c)=0. »
b) « Par la règle de L'Hospital, x→0limx+1x2+1=x→0lim12x=0. »
c) « ∫−11x2dx=[−x1]−11=−1−1=−2. »
d) « Si F′(x)=G′(x) pour tout x=0, alors F−G est constante sur R∖{0}. »
e) « Si f est continue sur [a;b] et ∫abf(x)dx=0, alors f est nulle sur [a;b]. »
Voir la correction
Réponses
a)Faux : f(x)=∣x∣, il manque la dérivabilité sur ]−1;1[
b)Faux : pas de forme indéterminée, la limite vaut 1
c)Faux : impropre en 0, l'intégrale diverge
d)Faux : F−G est constante sur chaque intervalle, pas sur la réunion
e)Faux : ∫02πsinxdx=0 ; vrai seulement si f≥0
a) Contre-exemple : f(x)=∣x∣. On a bien f(−1)=f(1)=1, mais f′(x)=−1 pour x<0 et f′(x)=1 pour x>0, et f′(0) n'existe pas : aucun c ne donne f′(c)=0. f est continue sur [−1;1] ; c'est la DÉRIVABILITÉ sur ]−1;1[ qui manque. Le théorème de Rolle exige les trois hypothèses : continuité sur le fermé, dérivabilité sur l'ouvert, égalité des valeurs aux bornes. Une fonction discontinue, comme f(x)=x sur [−1;1[ prolongée par f(1)=−1, fournit un deuxième contre-exemple, pour l'autre hypothèse oubliée.
b) En x=0, le quotient vaut 0+10+1=1 : ce n'est PAS une forme indéterminée, et la règle ne s'applique pas. La fonction est continue en 0, donc la limite vaut simplement 1. Appliquer la règle hors d'une forme 00 ou ∞∞ donne n'importe quoi, ici 0. C'est pour cela que l'exercice 3 demandait d'écrire la forme avant chaque application.
c) La fonction x21 n'est pas définie en 0, qui est À L'INTÉRIEUR de [−1;1] : l'intégrale est impropre, et le théorème fondamental ne s'applique pas d'un seul tenant. On coupe en 0 : ∫01x2dx=limε→0+[−x1]ε1=lim(−1+ε1)=+∞. Un morceau diverge, donc l'intégrale DIVERGE. Le signal d'alarme était visible : l'intégrale d'une fonction strictement positive ne peut pas valoir −2.
d) R∖{0} n'est pas un intervalle : c'est la réunion de ]−∞;0[ et de ]0;+∞[. Contre-exemple : F(x)=ln∣x∣ et G(x)=ln∣x∣+1 pour x>0, G(x)=ln∣x∣ pour x<0. Alors F′=G′=x1 partout sur le domaine, mais F−G vaut −1 à droite et 0 à gauche. La conclusion juste : F−G est constante sur CHAQUE intervalle, avec des constantes a priori différentes. C'est exactement ce qu'on a vu à l'exercice 1 b), avec 4π d'un côté et −43π de l'autre, et c'est pour cela qu'une primitive de x1 s'écrit en toute rigueur avec deux constantes.
e) Contre-exemple : f(x)=sinx sur [0;2π]. ∫02πsinxdx=[−cosx]02π=−1+1=0, et pourtant sin n'est pas nulle. L'intégrale compte algébriquement : l'arche positive, d'aire 2, compense l'arche négative, d'aire 2 aussi. L'aire géométrique vaut ∫02π∣sinx∣dx=4. L'énoncé devient VRAI si l'on ajoute l'hypothèse f≥0 : une fonction continue, positive, d'intégrale nulle est nulle.
Partie C : techniques d'intégration (/30)
Exercice 7 : Changement de variable et intégration par parties, dans le bon ordre
Les trois intégrales demandent chacune deux gestes successifs. Notez l'ordre dans lequel vous les faites, et changez les bornes au moment même où vous changez de variable.
a) I=∫0π2/4sinxdx
b) J=∫01xarctanxdx
c) K=∫0π/2e2xcosxdx
d) Pourquoi le changement de variable de a) ne suffit-il pas seul ? Et pourquoi, en b), dérive-t-on arctanx plutôt que x ?
Voir la correction
Réponses
a)I=2∫0π/2usinudu=2
b)J=4π−21≈0,285
c)K=5eπ−2≈4,228
d)La substitution prépare les parties ; en b) on dérive arctanx, qui devient rationnelle
a) Une racine sous un sinus : on la supprime d'abord. Avec u=x, x=u2 et dx=2udu ; bornes : x=0 donne u=0, x=4π2 donne u=2π. I=∫0π/22usinudu. Il reste un produit polynôme fois sinus : parties, avec U=u et dV=sinudu, donc V=−cosu. ∫0π/2usinudu=[−ucosu]0π/2+∫0π/2cosudu=0+[sinu]0π/2=1. Donc I=2. Vérification par Simpson : 2,0000.
b) Produit d'un polynôme et d'une fonction qu'on ne sait pas intégrer directement : parties avec u=arctanx, du=1+x2dx et dv=xdx. L'astuce : on choisit la primitive v=2x2+1 plutôt que 2x2, ce qui est permis puisque toute primitive convient. Alors vdu=21dx et J=[2x2+1arctanx]01−∫0121dx=22⋅4π−21=4π−21≈0,285. Avec v=2x2, on arrive au même résultat en écrivant 1+x2x2=1−1+x21, une étape de plus et une occasion de plus de se tromper de signe.
c) Exponentielle fois cosinus : deux parties successives font revenir l'intégrale, c'est le cas cyclique. On garde le même choix les deux fois (u trigonométrique, dv=e2xdx). Première : K=[2e2xcosx]0π/2+21∫0π/2e2xsinxdx=−21+21∫0π/2e2xsinxdx. Deuxième : ∫0π/2e2xsinxdx=[2e2xsinx]0π/2−21K=2eπ−21K. En reportant : K=−21+4eπ−4K, soit 45K=4eπ−2, donc K=5eπ−2≈4,228. Changer de choix à la deuxième intégration (prendre u=e2x) ramène exactement au point de départ et donne l'identité inutile K=K.
d) En a), le changement de variable ne fait que déplacer la difficulté : il remplace sinx par 2usinu, un produit, et un produit de ce type ne se primitive que par parties. La substitution rend l'intégrale ACCESSIBLE aux parties, elle ne la calcule pas. En b), le critère est de dériver le facteur qui se simplifie : (arctanx)′=1+x21 est une fraction rationnelle, alors que primitiver arctanx pour garder u=x demanderait déjà une intégration par parties. La règle LIATE (logarithmes, inverses trigonométriques, algébriques, trigonométriques, exponentielles) résume ce choix : on dérive la fonction la plus à gauche de la liste.
Exercice 8 : Substitutions trigonométriques : le triangle et les bornes
Les trois premières intégrales contiennent une racine d'une expression du second degré. Pour chacune, écrivez la substitution, l'intervalle de θ correspondant aux bornes, et vérifiez le signe de la racine sur cet intervalle.
a) ∫01x21−x2dx
b) ∫01(1+x2)3/2dx
c) ∫22x2x2−1dx
d) Pour ∫1−x2xdx, un camarade pose x=sinθ. Proposez une substitution plus simple et donnez la primitive.
Voir la correction
Réponses
a)x=sinθ : 16π≈0,196
b)x=tanθ : 22≈0,707
c)x=secθ : 23−2≈0,159
d)w=1−x2 : −1−x2+C
a) Forme a2−x2 avec a=1 : x=sinθ, dx=cosθdθ, et θ va de 0 à 2π. Sur cet intervalle cosθ≥0, donc 1−sin2θ=cosθ sans valeur absolue. L'intégrale devient ∫0π/2sin2θcos2θdθ=41∫0π/2sin22θdθ=81∫0π/2(1−cos4θ)dθ=81⋅2π=16π≈0,196. Garder les bornes en θ évite entièrement le retour en x par le triangle, qui est la source d'erreur principale sur une intégrale définie.
b) Forme a2+x2 : x=tanθ, dx=sec2θdθ, θ de 0 à 4π. Alors (1+tan2θ)3/2=(sec2θ)3/2=sec3θ, positif sur l'intervalle. L'intégrale devient ∫0π/4sec3θsec2θdθ=∫0π/4cosθdθ=sin4π=22≈0,707. Le triangle donne la primitive en x si on la veut : sinθ=1+x2x, et en x=1 on retrouve bien 21.
c) Forme x2−a2 : x=secθ, dx=secθtanθdθ. Bornes : secθ=2 donne θ=4π, secθ=2 donne θ=3π. Sur [4π;3π], tanθ>0, donc sec2θ−1=tanθ. L'intégrale devient ∫π/4π/3sec2θtanθsecθtanθdθ=∫π/4π/3cosθdθ=sin3π−sin4π=23−2≈0,159. Sur des bornes négatives, x≤−1, on aurait tanθ<0 et la valeur absolue changerait le signe : c'est pour cela que la vérification du signe est demandée à chaque fois.
d) Le numérateur xdx est, au facteur −21 près, la différentielle de 1−x2 : la substitution w=1−x2, dw=−2xdx, suffit. ∫1−x2xdx=−21∫w−1/2dw=−w+C=−1−x2+C. La substitution trigonométrique fonctionne aussi, ∫sinθdθ=−cosθ, mais elle est plus longue. Le réflexe à avoir : AVANT de chercher un triangle, regarder si la dérivée de ce qui est sous la racine est déjà là. Contrôle : (−1−x2)′=1−x2x.
Exercice 9 : Fractions partielles : la forme, les coefficients, puis l'intégrale
Avant tout calcul de coefficient, vérifiez que la fraction est propre (degré du numérateur strictement inférieur à celui du dénominateur) et écrivez la FORME de la décomposition.
a) Décomposez (x+1)(x2+1)x2+5x+2 sous la forme x+1A+x2+1Bx+C, puis calculez ∫01(x+1)(x2+1)x2+5x+2dx.
b) Calculez ∫23x2(x−1)dx.
c) Calculez ∫23x2−xx3−2x+3dx.
Voir la correction
Réponses
a)A=−1, B=2, C=3 ; intégrale 43π≈2,356
b)−x1−x21+x−11 ; intégrale 2ln2−ln3−61≈0,121
c)x+1−x3+x−12 ; intégrale 27−3ln3+5ln2≈3,670
a) Fraction propre (degré 2 sur degré 3), un facteur linéaire et un facteur quadratique irréductible (x2+1 n'a pas de racine réelle), d'où la forme donnée. On écrit x2+5x+2=A(x2+1)+(Bx+C)(x+1). En x=−1 : 1−5+2=2A, donc A=−1. Coefficient de x2 : A+B=1, donc B=2. Terme constant : A+C=2, donc C=3. Contrôle sur le coefficient de x : B+C=5 ✓. L'intégrale vaut ∫01(−x+11+x2+12x+x2+13)dx=[−ln(x+1)+ln(x2+1)+3arctanx]01=−ln2+ln2+43π=43π≈2,356. Les deux logarithmes s'annulent exactement ; un résultat qui garde un ln2 signale une erreur sur A ou sur B. Le numérateur Bx+C se sépare en deux morceaux : x2+12x donne un logarithme, x2+13 une arc tangente.
b) Le facteur x est RÉPÉTÉ : la forme est xA+x2B+x−1C, avec deux termes pour x2 et non un seul. 1=Ax(x−1)+B(x−1)+Cx2. En x=0 : B=−1. En x=1 : C=1. Coefficient de x2 : A+C=0, donc A=−1. Contrôle en x=2 : 41 contre −21−41+1=41 ✓. L'intégrale vaut [−lnx+x1+ln(x−1)]23=(−ln3+31+ln2)−(−ln2+21)=2ln2−ln3−61≈0,121. Avec la forme x2A+x−1C, le système n'a pas de solution : c'est le signe qu'un terme manque.
c) Numérateur de degré 3, dénominateur de degré 2 : fraction IMPROPRE, on divise d'abord. x3−2x+3=(x+1)(x2−x)+(−x+3), car (x+1)(x2−x)=x3−x. Donc x2−xx3−2x+3=x+1+x(x−1)3−x. Puis x(x−1)3−x=xA+x−1B : en x=0, 3=−A, donc A=−3 ; en x=1, 2=B. L'intégrale vaut [2x2+x−3lnx+2ln(x−1)]23=(215−3ln3+2ln2)−(4−3ln2)=27−3ln3+5ln2≈3,670. Décomposer sans diviser donne un système incompatible, et c'est la perte de points la plus fréquente sur ce type d'intégrale.
Partie D : longueurs, aires, volumes et intégrales impropres (/30)
Exercice 10 : Une arche de sinus, quatre mesures
Soit R la région comprise entre l'arche y=sinx, 0≤x≤π, et l'axe des x (en gris sur la figure). Pour chaque solide de révolution, dites si vous tranchez en disques, en rondelles ou en coquilles, et écrivez le rayon avant l'intégrale.
a) Calculez l'aire de R.
b) Calculez le volume engendré par la rotation de R autour de l'axe des x.
c) Calculez le volume engendré par la rotation de R autour de l'axe des y.
d) Calculez le volume engendré par la rotation de R autour de la droite y=−1.
Voir la correction
Réponses
a)2
b)Disques : 2π2≈4,935
c)Coquilles : 2π2≈19,739
d)Rondelles : π(2π+4)≈17,501
a) sinx≥0 sur [0;π] : l'aire vaut ∫0πsinxdx=[−cosx]0π=1+1=2.
b) Autour de l'axe des x, la région touche l'axe : DISQUES de rayon sinx. V=π∫0πsin2xdx=π∫0π21−cos2xdx=π⋅2π=2π2≈4,935. Sans la formule de linéarisation sin2x=21−cos2x, ce calcul est impossible ; l'écrire 3sin3x est l'erreur la plus fréquente.
c) Autour de l'axe des y, des disques obligeraient à exprimer x en fonction de y par arcsin, sur deux branches : on prend des COQUILLES, de rayon x et de hauteur sinx. V=2π∫0πxsinxdx. Par parties (u=x, dv=sinxdx) : ∫0πxsinxdx=[−xcosx]0π+∫0πcosxdx=π+0=π. Donc V=2π2≈19,739. Le volume est quatre fois celui de b) : la région est loin de l'axe des y (son centre est à x=2π), et le théorème de Pappus le confirme, V=2π⋅2π⋅2=2π2.
d) Autour de y=−1, la région ne touche plus l'axe : RONDELLES. Le rayon extérieur est la distance de la courbe à l'axe, sinx−(−1)=sinx+1, le rayon intérieur celle de l'axe des x à l'axe de rotation, 1. V=π∫0π[(sinx+1)2−12]dx=π∫0π(sin2x+2sinx)dx=π(2π+4)≈17,501. Deux erreurs fréquentes : prendre sinx comme rayon extérieur (c'est la hauteur au-dessus de l'axe des x, pas au-dessus de l'axe de rotation), et écrire (sinx+1−1)2, le carré de la différence au lieu de la différence des carrés.
Exercice 11 : Une courbe, trois mesures : longueur, aire et volume
Soit f(x)=4x2−2lnx pour x>0. La figure montre sa courbe, la droite y=41 et, en gris, la région S comprise entre les deux pour 1≤x≤e.
a) Montrez que f admet un minimum en x=1 et que la tangente en ce point est la droite y=41.
b) Calculez la longueur de l'arc de la courbe entre x=1 et x=e.
c) Calculez l'aire de la région S.
d) Calculez le volume engendré par la rotation de S autour de l'axe des y.
a) f′(x)=2x−2x1=2xx2−1. Pour x>0, f′ a le signe de x2−1 : négative sur ]0;1[, positive sur ]1;+∞[. f admet donc un minimum en x=1, où f(1)=41 et f′(1)=0 : la tangente est horizontale, c'est la droite y=41. La région S est bien située AU-DESSUS de cette droite.
b) L=∫1e1+f′(x)2dx. La fonction est choisie pour que la racine disparaisse : 1+(2x−2x1)2=1+4x2−21+4x21=4x2+21+4x21=(2x+2x1)2. Comme 2x+2x1>0, L=∫1e(2x+2x1)dx=[4x2+2lnx]1e=4e2+21−41=4e2+1≈2,097. Le changement du signe central, de −21 à +21, est TOUT le calcul ; écrire a2+b2=a+b pour aller plus vite donnerait un faux carré parfait.
c) S est entre y=f(x), au-dessus, et y=41, en dessous : A=∫1e(4x2−2lnx−41)dx. Avec ∫lnxdx=xlnx−x (parties avec le facteur 1) : A=[12x3−2xlnx−x−4x]1e=(12e3−0−4e)−(121+21−41)=12e3−4e−31≈0,661. En x=e, elne−e=0 : le terme en logarithme disparaît à la borne supérieure, pas à la borne inférieure.
d) Autour de l'axe des y : COQUILLES de rayon x et de hauteur f(x)−41. V=2π∫1ex(4x2−2lnx−41)dx. Il faut ∫xlnxdx=2x2lnx−4x2, par parties avec u=lnx. Une primitive de l'intégrande est donc 16x4−4x2lnx+8x2−8x2=16x4−4x2lnx. En e : 16e4−4e2 ; en 1 : 161. V=2π(16e4−4e2−161)=8π(e4−4e2−1)≈9,441. Des disques horizontaux demanderaient d'inverser f, ce qui est impossible à la main : c'est le choix de la méthode, et non le calcul, qui décide de la faisabilité.
Pour chaque intégrale, commencez par dire OÙ elle est impropre : une borne infinie, une borne où la fonction explose, ou un point intérieur. La figure montre les intégrandes de c) : y=x3+x1 en trait plein et y=x3/21 en pointillé.
a) Calculez ∫0+∞(1+x2)2xdx.
b) Étudiez ∫023x−1dx et donnez sa valeur si elle converge.
c) Montrez sans la calculer que ∫1+∞x3+xdx converge, et donnez un majorant simple de sa valeur.
d) Étudiez la nature de ∫2+∞lnxdx.
e) Étudiez la nature de ∫0π/2tanxdx.
Voir la correction
Réponses
a)Converge, 21
b)Impropre en x=1 ; converge, −23+23=0
c)Converge par comparaison avec ∫1∞x−3/2dx=2 ; valeur <2
d)Diverge : lnx1>x1
e)Diverge : −ln(cost)→+∞
a) Impropre en +∞ seulement. On calcule sur [0;b] puis on fait tendre b vers l'infini. Avec w=1+x2, dw=2xdx : une primitive est −2(1+x2)1. ∫0b(1+x2)2xdx=−2(1+b2)1+21→21. L'intégrale CONVERGE et vaut 21. Écrire directement « F(+∞) » sans limite est toléré dans un brouillon, jamais dans une copie.
b) La fonction n'est pas définie en x=1, À L'INTÉRIEUR de [0;2] : on coupe en deux intégrales impropres. Une primitive est 23(x−1)2/3, où (x−1)2/3=(3x−1)2 est défini aussi pour x<1. ∫01=limt→1−[23(x−1)2/3]0t=0−23=−23 et ∫12=lims→1+[23(x−1)2/3]s2=23. Les deux morceaux convergent (exposant 31<1), donc l'intégrale CONVERGE et vaut 0. On a le droit de conclure ainsi PARCE QUE chaque morceau converge séparément ; si l'un divergeait, la « compensation » serait illégitime, comme avec ∫−11xdx.
c) Impropre en +∞. Pour x≥1, x3+x>x3, donc 0<x3+x1<x3/21 : c'est ce que montre la figure, la courbe pleine sous la courbe pointillée. Or ∫1+∞x3/2dx converge (intégrale de Riemann, p=23>1) et vaut limb→∞[−2x−1/2]1b=2. Par le test de comparaison, l'intégrale converge, et sa valeur est inférieure à 2 (elle vaut environ 1,85). Le test exige des fonctions POSITIVES, à vérifier et à écrire.
d) Impropre en +∞. Pour x≥2, 0<lnx<x, donc lnx1>x1>0. Or ∫2+∞xdx=lim[lnx]2b=+∞ diverge. Une fonction plus grande qu'une fonction positive d'intégrale divergente a elle aussi une intégrale divergente : ∫2+∞lnxdx DIVERGE. Attention au sens : majorer par une intégrale divergente, ou minorer par une convergente, ne permet de rien conclure.
e) Borne finie, mais tanx→+∞ quand x→(2π)− : l'intégrale est impropre en 2π, ce que rien dans l'écriture ne signale. Une primitive est −ln(cosx). ∫0ttanxdx=−ln(cost)→+∞ quand t→2π−, car cost→0+. L'intégrale DIVERGE. Appliquer le théorème fondamental sans voir l'asymptote conduit à écrire −ln(cos2π)=−ln0, et c'est seulement là qu'on s'aperçoit du problème.
Partie E : suites, séries et séries de puissances (/30)
Exercice 13 : Cinq suites : limite, divergence et suite récurrente
Le plan de cours distingue la suite, qui est une liste de nombres, de la série, qui est la somme de ces nombres. Cet exercice ne porte que sur les suites : pour chacune, dites si elle converge et donnez sa limite.
a) an=n2+3n−n
b) bn=(1−n2)n
c) cn=cos(nπ)+n1
d) u0=0 et un+1=6+un : montrez que la suite est croissante et majorée par 3, puis trouvez sa limite.
e) wn=nsinn
Voir la correction
Réponses
a)23
b)e−2≈0,135
c)Diverge : sous-suites vers 1 et −1
d)Croissante, majorée par 3 ; limite 3 (−2 rejeté)
e)0, par encadrement
a) Forme ∞−∞ : on multiplie par la quantité conjuguée. an=n2+3n+n(n2+3n)−n2=n2+3n+n3n=1+n3+13→23. Conclure « ∞−∞=0 » est l'erreur type ; pour n=106, an≈1,499999.
b) Forme 1∞, comme à l'exercice 3 c). lnbn=nln(1−n2). Par la fonction associée xln(1−x2)=1/xln(1−2/x) et la règle de L'Hospital, la limite vaut −2 ; donc bn→e−2≈0,135. Passer par la fonction est légitime : si f(x)→L quand x→∞, alors f(n)→L. La réciproque est fausse, et c'est l'objet de c).
c) cos(nπ)=(−1)n : cn=(−1)n+n1. Les termes pairs tendent vers 1, les termes impairs vers −1. Une suite convergente a une seule limite, et toutes ses sous-suites tendent vers elle : la suite DIVERGE. Remarque : la fonction cos(πx)+x1 n'a pas de limite non plus, mais sin(πx) n'en a pas alors que sin(nπ)=0 converge. C'est pour cela qu'on ne conclut jamais qu'une SUITE diverge à partir de la fonction associée.
d) Majoration, par récurrence : u0=0≤3, et si un≤3, alors un+1=6+un≤9=3. Croissance, par récurrence aussi : u1=6>u0, et si un+1≥un, alors un+2=6+un+1≥6+un=un+1, car la racine est croissante. Une suite croissante et majorée converge (théorème de la convergence monotone) vers une limite L. En passant à la limite dans un+1=6+un, qui est permis car la racine est continue : L=6+L, donc L2−L−6=0, soit L=3 ou L=−2. Or L≥0 puisque tous les termes sont positifs : L=3. Écrire l'équation du point fixe AVANT d'avoir prouvé la convergence ne démontre rien : une suite divergente a aussi des « points fixes ».
e) −1≤sinn≤1, donc −n1≤wn≤n1, et les deux bornes tendent vers 0. Par le théorème d'encadrement, wn→0. La règle de L'Hospital est ici inutilisable, car sinn n'a pas de limite : c'est l'encadrement qui s'impose dès qu'un facteur borné oscille.
Exercice 14 : Six séries, six critères
Pour chaque série, nommez le critère utilisé et vérifiez ses hypothèses (termes positifs, fonction décroissante, termes alternés décroissants...). Le plan de cours en énumère cinq : terme général, intégrale, comparaison, d'Alembert, Cauchy, auxquels s'ajoute le critère des séries alternées.
a) n≥1∑5n3n+2 : nature et somme.
b) n≥1∑2n+1n
c) n≥1∑1+n2arctann : nature, et valeur de l'intégrale utilisée.
d) n≥1∑(−1)n+1n2+1n : absolument convergente, semi-convergente ou divergente ?
e) n≥0∑(n!)25n(2n)!
f) n≥1∑(1−n1)n2
Voir la correction
Réponses
a)Géométriques : converge, somme 2
b)Terme général →21 : diverge
c)Intégrale 323π2≈0,925 : converge
d)Semi-convergente
e)D'Alembert, rapport →54 : converge
f)Cauchy, racine →e−1 : converge
a) Somme de deux séries GÉOMÉTRIQUES de raisons 53 et 51, toutes deux de valeur absolue <1 : la série converge. ∑n≥1(53)n=1−3/53/5=23 et ∑n≥15n2=2⋅1−1/51/5=21. Somme : 2. La formule 1−r1 suppose un départ à n=0 ; ici on part de n=1, d'où le premier terme au numérateur.
b) Critère du TERME GÉNÉRAL : 2n+1n→21=0, donc la série DIVERGE. Ce critère ne sert qu'à prouver une divergence : un terme général qui tend vers 0 ne prouve rien, comme le montre la série harmonique.
c) Critère de l'INTÉGRALE, avec f(x)=1+x2arctanx positive et continue sur [1;+∞[. Décroissante : f′(x)=(1+x2)21−2xarctanx, et 2xarctanx≥2π>1 pour x≥1, donc f′<0. Avec w=arctanx : ∫1+∞f(x)dx=[2arctan2x]1+∞=21(4π2−16π2)=323π2≈0,925. L'intégrale converge, donc la série CONVERGE. Sa somme n'est pas 0,925 : le critère donne seulement l'encadrement 0,925≤S≤f(1)+0,925≈1,318 (la somme vaut environ 1,136).
d) Valeurs absolues : n2+1n, et 1/nn/(n2+1)=n2+1n2→1. Par comparaison par limite avec la série HARMONIQUE, qui diverge, la série des valeurs absolues diverge : pas de convergence absolue. Critère des séries ALTERNÉES : bn=n2+1n→0 et bn décroît pour n≥1, car g(x)=x2+1x a pour dérivée (x2+1)21−x2≤0 dès x≥1. La série converge donc, sans converger absolument : elle est SEMI-CONVERGENTE.
e) Critère de D'ALEMBERT, adapté aux factorielles : anan+1=(2n)!(2n+2)!⋅((n+1)!)2(n!)2⋅5n+15n=5(n+1)2(2n+2)(2n+1)=5(n+1)2(2n+1)→54<1. La série CONVERGE (sa somme vaut d'ailleurs 5). Le piège est de croire que (2n)! l'emporte sur tout : il faut (n!)2 au dénominateur, et c'est 4n contre 5n qui décide. Avec 3n à la place de 5n, la limite vaudrait 34 et la série divergerait.
f) Une puissance n-ième de quelque chose qui dépend de n : critère de CAUCHY (racine). nan=(1−n1)n→e−1≈0,368<1. La série CONVERGE. D'Alembert serait ici un calvaire de calcul ; la règle pratique est de prendre Cauchy dès que n apparaît en exposant de tout le terme.
Exercice 15 : Séries de puissances : rayon, bornes et somme
Une série de puissances converge sur un intervalle centré en son centre, dont le critère de d'Alembert (ou de Cauchy) donne le rayon. Aux deux bornes, le critère se tait : chaque borne s'étudie à part, avec les séries de référence.
a) Déterminez le rayon de convergence de n≥1∑n3n(x−2)n.
b) Déterminez son intervalle de convergence, bornes comprises.
c) En partant de n≥0∑tn=1−t1, calculez la somme de la série de a) pour x=27.
d) Déterminez le rayon de convergence de n≥0∑n!(x−1)n.
e) Déterminez le rayon de convergence de n≥0∑4nx2n et sa somme pour x=1.
Voir la correction
Réponses
a)R=3
b)[−1;5[
c)ln5−x3 ; en x=27 : ln2≈0,693
d)R=0
e)R=2 ; somme 4−x24, soit 34 en x=1
a) D'Alembert sur les valeurs absolues : anan+1=(n+1)3n+1∣x−2∣n+1⋅∣x−2∣nn3n=n+1n⋅3∣x−2∣→3∣x−2∣. La série converge absolument si 3∣x−2∣<1, soit ∣x−2∣<3, et diverge si ∣x−2∣>3. Le rayon est R=3, autour du centre 2.
b) L'intervalle ouvert est ]−1;5[. En x=5 : ∑n3n3n=∑n1, la série harmonique, qui DIVERGE. En x=−1 : ∑n3n(−3)n=∑n(−1)n, série alternée à termes n1 décroissants vers 0, qui CONVERGE. L'intervalle de convergence est [−1;5[. Recopier la limite de d'Alembert aux bornes, où elle vaut exactement 1, ne permet aucune conclusion ; c'est pour cela que les deux bornes ont ici des natures différentes.
c) On pose t=3x−2, de sorte que la série est ∑n≥1ntn. Pour ∣t∣<1, en intégrant terme à terme la série géométrique de 0 à t : ∑n≥0n+1tn+1=∫0t1−sds=−ln(1−t). Donc la somme vaut −ln(1−3x−2)=ln5−x3. Pour x=27, t=21 et la somme vaut −ln21=ln2≈0,693. Contrôle : ln5−3,53=ln2. L'intégration terme à terme est permise à l'intérieur de l'intervalle de convergence, et 27 y est bien.
d) anan+1=(n+1)∣x−1∣. Pour tout x=1, ce rapport tend vers +∞ : la série diverge. Elle ne converge qu'en x=1, où tous ses termes sauf le premier sont nuls. Le rayon est R=0. Répondre « R=∞ » en confondant avec la série de l'exponentielle, qui a n! au DÉNOMINATEUR, est l'erreur type.
e) Seules les puissances paires apparaissent : on ne peut pas appliquer une formule du rayon sur des coefficients « an » qui seraient nuls une fois sur deux. On pose t=4x2 : la série est géométrique de raison t, et elle converge si et seulement si 4x2<1, soit ∣x∣<2. Le rayon est R=2 (et non 4, qui est la borne pour x2). La somme vaut 1−x2/41=4−x24 ; pour x=1, 34≈1,333. Aux bornes x=±2, tous les termes valent 1 et la série diverge par le terme général.
Contactez-moi pour une première séance. On reprend le cours dans l'ordre de son plan, des théorèmes d'analyse aux séries de puissances, avec une correction de la rédaction et pas seulement du résultat.