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Calcul intégral 201-NYB • Complément québécois de Terminale et cégep

Exercices corrigés : les séries numériques (201-NYB)

Voici la série d'exercices corrigés de calcul intégral 201-NYB sur les séries numériques. La partie A pose les fondations : la définition par les sommes partielles, la série géométrique démontrée puis appliquée (développements décimaux périodiques, balle qui rebondit), le test du terme général et sa réciproque fausse, la série télescopique qui se calcule exactement, et la série harmonique, LE contre-exemple du chapitre, qui diverge alors que son terme tend vers zéro. La partie B installe les critères : le test de l'intégrale, qui relie directement les séries aux intégrales impropres et donne le critère en p, le critère de d'Alembert avec son cas muet, les séries alternées avec le théorème de Leibniz et le contrôle de l'erreur, et une synthèse de classification comme en examen.

Cette série s'adresse aux étudiants de cégep en Sciences de la nature (cours de calcul intégral 201-NYB) comme aux élèves de Terminale du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas qui suivent le complément québécois de mathématiques : les séries sont le chapitre le plus nouveau du cours, absent du programme français du lycée, et le plus déroutant : on y additionne une infinité de nombres et il faut décider si le total existe.

Le réflexe à garder tout du long : le test du terme général d'abord. Si le terme ne tend pas vers zéro, la série diverge, fin de l'histoire. S'il tend vers zéro, RIEN n'est décidé, et c'est là que la série harmonique veille : elle est la preuve vivante qu'un terme qui s'éteint ne suffit pas. Toute la boîte à outils des critères existe pour trancher ce cas-là.

Rappel de cours

  • Une série an\sum a_{n} converge si la suite de ses SOMMES PARTIELLES Sn=a1++anS_{n}=a_{1}+\cdots+a_{n} admet une limite finie SS. La série a alors la somme SS; sinon elle diverge.
  • Série géométrique : n=0arn\sum_{n=0}^{\infty}ar^{n} converge si et seulement si r<1|r|<1, et vaut alors a1r\frac{a}{1-r} (où aa est le PREMIER terme sommé). C'est la seule série dont on connaît la somme sans effort : toujours la chercher en premier.
  • Test du terme général : si an↛0a_{n}\not\to 0, la série DIVERGE. La réciproque est FAUSSE : la série harmonique 1n\sum\frac{1}{n} a un terme qui tend vers 0 et diverge quand même (SnlnnS_{n}\approx\ln n).
  • Test de l'intégrale (ff positive décroissante, an=f(n)a_{n}=f(n)) : an\sum a_{n} et 1f\int_{1}^{\infty}f sont de même nature. Conséquence, séries de Riemann : 1np\sum\frac{1}{n^{p}} converge si et seulement si p>1p>1. Comparaison : 0anbn0\le a_{n}\le b_{n} : si bn\sum b_{n} converge, an\sum a_{n} converge; si an\sum a_{n} diverge, bn\sum b_{n} diverge.
  • Critère de d'Alembert (ratio) : L=liman+1anL=\lim\left|\frac{a_{n+1}}{a_{n}}\right|. L<1L<1 : convergence (absolue); L>1L>1 : divergence; L=1L=1 : le critère ne dit RIEN. Il excelle dès qu'il y a des factorielles ou des puissances nn-ièmes.
  • Série alternée (théorème de Leibniz) : si bnb_{n} décroît vers 0, (1)n+1bn\sum(-1)^{n+1}b_{n} converge, et l'erreur de troncature vérifie SSnbn+1|S-S_{n}|\le b_{n+1} : le premier terme négligé. Convergence ABSOLUE : an\sum|a_{n}| converge (elle entraîne la convergence); CONDITIONNELLE : la série converge mais pas ses valeurs absolues.

Partie A : Convergence et séries de référence (/26)

Exercice 1 : Sommes partielles et série géométrique

La figure montre les dix premières sommes partielles de la série n=05(23)n\sum_{n=0}^{\infty}5\left(\frac{2}{3}\right)^{n}, avec leur limite en pointillés.

1234567891011246810121416nSn
  • a) Définissez la convergence d'une série à l'aide des sommes partielles, puis démontrez la formule Sn=a1rn1rS_{n}=a\,\frac{1-r^{n}}{1-r} de la somme partielle géométrique.
  • b) Déduisez-en le critère de convergence de la série géométrique et calculez n=05(23)n\sum_{n=0}^{\infty}5\left(\frac{2}{3}\right)^{n}, puis n=25(23)n\sum_{n=2}^{\infty}5\left(\frac{2}{3}\right)^{n} (attention au premier terme).
  • c) Prouvez avec une série géométrique que 0,999=10{,}999\ldots=1, puis convertissez 0,7272720{,}727272\ldots en fraction.
  • d) Une balle lâchée de 2 m rebondit chaque fois à 60 % de sa hauteur. Calculez la distance TOTALE parcourue avant l'immobilisation, et expliquez pourquoi un trajet infini en nombre de rebonds peut être fini en mètres.
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a) La série an\sum a_{n} converge vers SS si la SUITE Sn=a1++anS_{n}=a_{1}+\cdots+a_{n} tend vers SS : la convergence d'une série est, par définition, la convergence d'une suite, celle qu'on voit s'écraser sur la droite pointillée de la figure. Pour la géométrique : Sn=a+ar++arn1S_{n}=a+ar+\cdots+ar^{n-1} et rSn=ar++arnrS_{n}=ar+\cdots+ar^{n}; en soustrayant, tout se télescope sauf les extrémités : Sn(1r)=a(1rn)S_{n}(1-r)=a(1-r^{n}), d'où Sn=a1rn1rS_{n}=a\,\frac{1-r^{n}}{1-r} (pour r1r\ne 1).

b) Tout repose sur rnr^{n} : si r<1|r|<1, rn0r^{n}\to 0 et Sna1rS_{n}\to\frac{a}{1-r}; si r1|r|\ge 1, rnr^{n} ne tend pas vers 0 et la série diverge. Ici a=5a=5, r=23r=\frac{2}{3} : S=5123=15S=\frac{5}{1-\frac{2}{3}}=15, la droite de la figure. À partir de n=2n=2 : le premier terme sommé est 5(23)2=2095\left(\frac{2}{3}\right)^{2}=\frac{20}{9}, donc S=20/91/3=2036,67S=\frac{20/9}{1/3}=\frac{20}{3}\approx 6{,}67 (ou bien 15510315-5-\frac{10}{3}, même résultat). La formule a1r\frac{a}{1-r} exige de savoir QUI est le premier terme.

c) 0,999=910+9100+=n=1910(110)n1=9/1011/10=10{,}999\ldots=\frac{9}{10}+\frac{9}{100}+\cdots=\sum_{n=1}^{\infty}\frac{9}{10}\left(\frac{1}{10}\right)^{n-1}=\frac{9/10}{1-1/10}=1 : exactement 1, pas « presque » : les deux écritures désignent le même nombre. De même 0,727272=72100+721002+=72/10011/100=7299=8110{,}727272\ldots=\frac{72}{100}+\frac{72}{100^{2}}+\cdots=\frac{72/100}{1-1/100}=\frac{72}{99}=\frac{8}{11}. Tout décimal périodique est une série géométrique déguisée, donc un rationnel.

d) La balle descend 2 m, puis pour chaque rebond de hauteur hh elle monte ET redescend : D=2+2n=12(0,6)n=2+40,610,6=2+6=8D=2+2\sum_{n=1}^{\infty}2(0{,}6)^{n}=2+4\cdot\frac{0{,}6}{1-0{,}6}=2+6=8 m. Une infinité de rebonds, huit mètres : les hauteurs décroissent géométriquement, et une géométrique de raison r<1|r|<1 a une somme finie. C'est la réponse moderne au paradoxe de Zénon : une infinité d'étapes n'implique pas une distance (ni un temps) infinis, dès que les étapes fondent assez vite.

Exercice 2 : Terme général, télescopage et la série harmonique

La figure montre les sommes partielles HnH_{n} de la série harmonique 1n\sum\frac{1}{n} (points) et la courbe y=lnx+0,577y=\ln x+0{,}577 : la série suit le logarithme, qui monte sans fin mais de plus en plus lentement.

481216202428320.511.522.533.544.5nHn
  • a) Énoncez le test du terme général et appliquez-le à n=1n2n+1\sum_{n=1}^{\infty}\frac{n}{2n+1}. Énoncez ensuite précisément ce que le test ne dit PAS.
  • b) Calculez exactement n=11n(n+1)\sum_{n=1}^{\infty}\frac{1}{n(n+1)} en décomposant en fractions partielles (série télescopique).
  • c) Démontrez que la série harmonique diverge, par la méthode des regroupements en blocs de Cauchy (1 terme, puis 2, puis 4, ...).
  • d) On admet Hnlnn+0,577H_{n}\approx\ln n+0{,}577. Estimez combien de termes il faut pour que HnH_{n} dépasse 10, puis 20. Commentez la « vitesse » de cette divergence.
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a) Si an↛0a_{n}\not\to 0, la série diverge : les sommes partielles reçoivent indéfiniment des ajouts qui ne s'éteignent pas. Ici n2n+1120\frac{n}{2n+1}\to\frac{1}{2}\ne 0 : DIVERGENTE, en une ligne. Ce que le test ne dit pas : si an0a_{n}\to 0, on ne peut RIEN conclure : ce n'est pas un test de convergence, seulement un filtre à divergences grossières. La série harmonique de c) est le contre-exemple officiel de la réciproque.

b) 1n(n+1)=1n1n+1\frac{1}{n(n+1)}=\frac{1}{n}-\frac{1}{n+1}. La somme partielle s'effondre en dominos : Sn=(112)+(1213)++(1n1n+1)=11n+1S_{n}=\left(1-\frac{1}{2}\right)+\left(\frac{1}{2}-\frac{1}{3}\right)+\cdots+\left(\frac{1}{n}-\frac{1}{n+1}\right)=1-\frac{1}{n+1}, chaque terme négatif annulant le positif suivant. Limite : S=1S=1. La série télescopique est, avec la géométrique, la seule dont on obtient la somme EXACTE par calcul direct des sommes partielles.

c) Regroupons : 13+14>24=12\frac{1}{3}+\frac{1}{4}>\frac{2}{4}=\frac{1}{2}; puis 15++18>48=12\frac{1}{5}+\cdots+\frac{1}{8}>\frac{4}{8}=\frac{1}{2}; le bloc suivant de 8 termes dépasse encore 12\frac{1}{2}, et ainsi de suite : chaque bloc de 2k2^{k} termes, minoré par son dernier terme, apporte plus d'un demi. Avec une infinité de blocs, SnS_{n} dépasse tout nombre : DIVERGENCE. Le terme 1n\frac{1}{n} tend bien vers 0, mais pas assez vite : exactement le dxx\int\frac{dx}{x} divergent des intégrales impropres, dont la courbe de la figure est le portrait.

d) Hn>10H_{n}>10 exige lnn>9,42\ln n>9{,}42, soit n>e9,4212400n>e^{9{,}42}\approx 12\,400 termes. Pour dépasser 20 : n>e19,422,7×108n>e^{19{,}42}\approx 2{,}7\times 10^{8}, un quart de milliard de termes pour gagner dix unités de plus. La série harmonique diverge, mais à une lenteur spectaculaire : logarithmique. Aucune calculatrice qui additionne les termes un à un ne « verra » jamais cette divergence : seule la preuve la garantit, et c'est toute la différence entre calculer et démontrer.

Exercice 3 : Le test de l'intégrale et les séries de Riemann

Le test de l'intégrale relie les deux chapitres : pour ff positive et décroissante avec an=f(n)a_{n}=f(n), la série an\sum a_{n} et l'intégrale impropre 1f\int_{1}^{\infty}f sont de même nature, et nfRnn1f\int_{n}^{\infty}f\le R_{n}\le\int_{n-1}^{\infty}f encadre le reste.

  • a) Expliquez géométriquement pourquoi la série et l'intégrale sont de même nature (rectangles au-dessus et au-dessous de la courbe), puis concluez sur la nature de 1n2\sum\frac{1}{n^{2}}.
  • b) Déduisez du test le critère des séries de Riemann : 1np\sum\frac{1}{n^{p}} converge si et seulement si p>1p>1. Classez 1n\sum\frac{1}{\sqrt{n}}, 1n1,01\sum\frac{1}{n^{1{,}01}} et 1n3\sum\frac{1}{n^{3}}.
  • c) On admet le résultat d'Euler : n=11n2=π26\sum_{n=1}^{\infty}\frac{1}{n^{2}}=\frac{\pi^{2}}{6}. Avec l'encadrement du reste, majorez l'erreur commise en s'arrêtant à n=100n=100 termes, et vérifiez la cohérence numérique.
  • d) Déterminez par comparaison la nature de 1n2+n\sum\frac{1}{n^{2}+n} et de lnnn\sum\frac{\ln n}{n}.
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a) Dessinez les rectangles de base 1 et de hauteur ana_{n} : posés à gauche des entiers, ils dépassent la courbe et an1f\sum a_{n}\ge\int_{1}^{\infty}f; posés à droite, ils passent dessous et n2an1f\sum_{n\ge 2}a_{n}\le\int_{1}^{\infty}f. La série est donc coincée entre l'intégrale et l'intégrale plus le premier terme : elles convergent ou divergent ENSEMBLE. Pour 1n2\frac{1}{n^{2}} : 1dxx2=1\int_{1}^{\infty}\frac{dx}{x^{2}}=1 converge (chapitre des impropres), donc 1n2\sum\frac{1}{n^{2}} CONVERGE, et sa somme est entre 1 et 2.

b) Le test transfère mot pour mot le critère en pp des intégrales : 1dxxp\int_{1}^{\infty}\frac{dx}{x^{p}} converge si et seulement si p>1p>1, donc 1np\sum\frac{1}{n^{p}} pareillement. 1n\sum\frac{1}{\sqrt{n}} : p=12p=\frac{1}{2}, diverge. 1n1,01\sum\frac{1}{n^{1{,}01}} : p=1,01>1p=1{,}01>1, converge : la frontière est exactement en p=1p=1, et il suffit d'un cheveu du bon côté. 1n3\sum\frac{1}{n^{3}} : converge. La série harmonique est le cas frontière p=1p=1, perdant.

c) Reste après 100 termes : R100100dxx2=1100=0,01R_{100}\le\int_{100}^{\infty}\frac{dx}{x^{2}}=\frac{1}{100}=0{,}01 (et R1001101R_{100}\ge\frac{1}{101}). S'arrêter à 100 termes garantit donc deux décimales. Cohérence : π261,6449\frac{\pi^{2}}{6}\approx 1{,}6449, et la somme des 100 premiers termes vaut environ 1,63501{,}6350 : l'écart 0,00990{,}0099 tombe pile dans l'encadrement [1101,1100][\frac{1}{101},\frac{1}{100}]. L'encadrement du reste transforme un critère qualitatif en outil de calcul numérique contrôlé.

d) 1n2+n<1n2\frac{1}{n^{2}+n}<\frac{1}{n^{2}}, série majorante convergente : CONVERGE (c'est d'ailleurs la télescopique de l'exercice 2, de somme exactement 1 : la comparaison est confirmée par le calcul direct). lnnn1n\frac{\ln n}{n}\ge\frac{1}{n} dès n3n\ge 3 (car lnn1\ln n\ge 1) : minorée par la harmonique divergente, elle DIVERGE. Le logarithme au numérateur aggrave une divergence; au dénominateur, il ne suffirait pas à sauver 1nlnn\frac{1}{n\ln n} non plus : seule une vraie puissance p>1p>1 sauve.

Partie B : Critères et séries alternées (/24)

Exercice 4 : Le critère de d'Alembert : le spécialiste des factorielles

Le critère du rapport (d'Alembert) calcule L=limnan+1anL=\lim_{n\to\infty}\left|\frac{a_{n+1}}{a_{n}}\right| : si L<1L<1 la série converge (absolument), si L>1L>1 elle diverge, si L=1L=1 le critère est muet.

  • a) Appliquez le critère à n=1n2n\sum_{n=1}^{\infty}\frac{n}{2^{n}}, concluez, et donnez l'intuition : de quelle série de référence cette série se rapproche-t-elle à l'infini ?
  • b) Déterminez la nature de n=02nn!\sum_{n=0}^{\infty}\frac{2^{n}}{n!} puis de n=1n!10n\sum_{n=1}^{\infty}\frac{n!}{10^{n}}. Que raconte le duel factorielle contre exponentielle ?
  • c) Montrez que le critère vaut L=1L=1 à la fois pour 1n\sum\frac{1}{n} et pour 1n2\sum\frac{1}{n^{2}}. Qu'en concluez-vous sur le cas L=1L=1, et quel outil prend le relais ?
  • d) Déterminez la nature de n=1nnn!\sum_{n=1}^{\infty}\frac{n^{n}}{n!} (on rappelle que (1+1n)ne\left(1+\frac{1}{n}\right)^{n}\to e).
Voir la correction

a) an+1an=n+12n+12nn=12n+1n12<1\frac{a_{n+1}}{a_{n}}=\frac{n+1}{2^{n+1}}\cdot\frac{2^{n}}{n}=\frac{1}{2}\cdot\frac{n+1}{n}\to\frac{1}{2}<1 : CONVERGENTE. Intuition : le facteur nn ne pèse rien face au 2n2^{n} : à l'infini, la série se comporte comme une géométrique de raison 12\frac{1}{2} à peine gonflée. (Sa somme exacte vaut d'ailleurs 2, un classique des séries entières.) Le critère de d'Alembert mesure précisément « à quelle géométrique la série ressemble ».

b) 2n+1(n+1)!n!2n=2n+10<1\frac{2^{n+1}}{(n+1)!}\cdot\frac{n!}{2^{n}}=\frac{2}{n+1}\to 0<1 : convergence éclatante (la somme est e27,39e^{2}\approx 7{,}39, série de l'exponentielle). Pour n!10n\frac{n!}{10^{n}} : (n+1)!10n+110nn!=n+110\frac{(n+1)!}{10^{n+1}}\cdot\frac{10^{n}}{n!}=\frac{n+1}{10}\to\infty : DIVERGENTE, le terme général explose même. Verdict du duel : la factorielle finit TOUJOURS par écraser toute exponentielle cnc^{n} : ses facteurs grandissent (n+1n+1), ceux de l'exponentielle sont fixes (cc). Dès n=10n=10, chaque nouveau facteur de n!n! dépasse 10 et la course est pliée.

c) Pour 1n\frac{1}{n} : nn+11\frac{n}{n+1}\to 1. Pour 1n2\frac{1}{n^{2}} : (nn+1)21\left(\frac{n}{n+1}\right)^{2}\to 1. Même verdict L=1L=1, mais la première DIVERGE et la seconde CONVERGE : le cas L=1L=1 ne permet AUCUNE conclusion, et il englobe hélas toutes les séries de Riemann, le cœur du chapitre. Le relais : le test de l'intégrale et les comparaisons, qui distinguent finement les puissances là où le rapport est aveugle. Règle pratique : d'Alembert pour les factorielles et les cnc^{n}; Riemann et comparaison pour les puissances de nn.

d) an+1an=(n+1)n+1(n+1)!n!nn=(n+1)nnn=(1+1n)ne2,72>1\frac{a_{n+1}}{a_{n}}=\frac{(n+1)^{n+1}}{(n+1)!}\cdot\frac{n!}{n^{n}}=\frac{(n+1)^{n}}{n^{n}}=\left(1+\frac{1}{n}\right)^{n}\to e\approx 2{,}72>1 : DIVERGENTE. Le résultat dit au passage que nnn^{n} croît plus vite que n!n! d'un facteur ee par cran : c'est le germe de la formule de Stirling. Une question qui teste à la fois le critère et la limite fondamentale du nombre ee : très exactement le format examen.

Exercice 5 : Les séries alternées et l'erreur contrôlée

La figure montre les sommes partielles de la série harmonique ALTERNÉE n=1(1)n+1n\sum_{n=1}^{\infty}\frac{(-1)^{n+1}}{n} : elles oscillent en se resserrant autour de la limite ln20,693\ln 2\approx 0{,}693 (pointillés).

12345678910110.40.50.60.70.80.911.1nSn
  • a) Énoncez le théorème des séries alternées (Leibniz) et vérifiez ses hypothèses pour la série harmonique alternée. Que voit-on de ce théorème sur la figure ?
  • b) Le théorème fournit SSnbn+1|S-S_{n}|\le b_{n+1}. Combien de termes suffisent pour approcher ln2\ln 2 à 0,010{,}01 près ? Et à 10610^{-6} près ? Commentez.
  • c) Définissez convergence absolue et conditionnelle, et classez : la série harmonique alternée, puis (1)nn2\sum\frac{(-1)^{n}}{n^{2}}.
  • d) La série harmonique alternée converge vers ln2\ln 2 alors que la série de ses valeurs absolues diverge : quelle propriété troublante (théorème de Riemann) les séries conditionnellement convergentes ont-elles, et pourquoi la convergence absolue est-elle la « bonne » notion pour calculer sans précaution ?
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a) Si bnb_{n} est DÉCROISSANTE et tend vers 0, alors (1)n+1bn\sum(-1)^{n+1}b_{n} converge. Ici bn=1nb_{n}=\frac{1}{n} : décroissante, limite nulle : convergence garantie (vers ln2\ln 2, valeur admise). Sur la figure, on voit le mécanisme même de la preuve : chaque terme fait dépasser la cible puis revenir en deçà, les sommes impaires descendent, les paires montent, et la limite est prise en étau entre les deux : la convergence par encerclement.

b) L'erreur est majorée par le PREMIER TERME NÉGLIGÉ : SSn1n+1|S-S_{n}|\le\frac{1}{n+1}. Pour 0,010{,}01 : 1n+10,01    n99\frac{1}{n+1}\le 0{,}01\iff n\ge 99 : une centaine de termes. Pour 10610^{-6} : un million de termes. La borne est simple et sûre, mais la convergence est LENTE : diviser l'erreur par 100 coûte 100 fois plus de termes. C'est le prix de la conditionnelle : la série (1)nn2\sum\frac{(-1)^{n}}{n^{2}}, elle, atteint 10610^{-6} en un millier de termes.

c) Convergence ABSOLUE : an\sum|a_{n}| converge (et elle entraîne toujours la convergence de an\sum a_{n}). CONDITIONNELLE : an\sum a_{n} converge mais an\sum|a_{n}| diverge. Harmonique alternée : converge (a), mais ses valeurs absolues forment la harmonique divergente : CONDITIONNELLE. (1)nn2\sum\frac{(-1)^{n}}{n^{2}} : les valeurs absolues forment 1n2\sum\frac{1}{n^{2}}, Riemann p=2p=2 convergente : ABSOLUE. Hiérarchie : absolue \Rightarrow convergente, jamais l'inverse.

d) Théorème de réarrangement de Riemann : en changeant seulement l'ORDRE des termes d'une série conditionnellement convergente, on peut la faire converger vers n'importe quel réel, ou diverger. La harmonique alternée réordonnée peut « valoir » 5, ou π-\pi, ou l'infini : sa somme de ln2\ln 2 dépend de l'ordre d'addition, ce qui heurte tout ce que l'addition finie nous a appris. Les séries absolument convergentes, elles, sont immunisées : toute permutation redonne la même somme. C'est pourquoi la convergence absolue est la notion de sécurité : elle seule autorise à manipuler une somme infinie comme une somme ordinaire.

Exercice 6 : Synthèse : classifier comme en examen

Le format classique de l'examen : une liste de séries à classer (convergence absolue, conditionnelle, ou divergence) avec le BON critère et une justification complète. Le choix du critère vaut la moitié des points.

  • a) n=0(23)n\sum_{n=0}^{\infty}\left(-\frac{2}{3}\right)^{n} : nature, et somme si elle existe.
  • b) n=1(1)nnn+1\sum_{n=1}^{\infty}(-1)^{n}\frac{n}{n+1} et n=1n2n4+1\sum_{n=1}^{\infty}\frac{n^{2}}{n^{4}+1} : nature de chacune.
  • c) n=1cos(nπ)n\sum_{n=1}^{\infty}\frac{\cos(n\pi)}{\sqrt{n}} : nature précise (absolue, conditionnelle ou divergente), avec justification complète.
  • d) n=13nn4n\sum_{n=1}^{\infty}\frac{3^{n}}{n\,4^{n}} : nature, avec le critère le plus efficace. Terminez par la stratégie générale : dans quel ordre interroger les critères devant une série inconnue ?
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a) Géométrique de raison r=23r=-\frac{2}{3}, r=23<1|r|=\frac{2}{3}<1 : convergence ABSOLUE (la série des valeurs absolues est la géométrique de raison 23\frac{2}{3}). Somme : 11(23)=153=35=0,6\frac{1}{1-(-\frac{2}{3})}=\frac{1}{\frac{5}{3}}=\frac{3}{5}=0{,}6. Une série alternée peut être traitée par Leibniz, mais quand elle est géométrique, la somme exacte est offerte : toujours reconnaître la géométrique d'abord.

b) (1)nnn+1(-1)^{n}\frac{n}{n+1} : le terme général ne tend pas vers 0 (il oscille entre des valeurs proches de +1+1 et 1-1) : DIVERGENTE par le test du terme général : Leibniz est inapplicable (bn10b_{n}\to 1\ne 0) et il ne faut même pas l'invoquer. n2n4+1\frac{n^{2}}{n^{4}+1} : positive, se compare à n2n4=1n2\frac{n^{2}}{n^{4}}=\frac{1}{n^{2}} : n2n4+11n2\frac{n^{2}}{n^{4}+1}\le\frac{1}{n^{2}}, Riemann p=2p=2 : CONVERGENTE (absolument, elle est positive).

c) cos(nπ)=(1)n\cos(n\pi)=(-1)^{n} : c'est la série alternée (1)nn\sum\frac{(-1)^{n}}{\sqrt{n}} déguisée : premier réflexe, démasquer l'alternance. Valeurs absolues : 1n\sum\frac{1}{\sqrt{n}}, Riemann p=12p=\frac{1}{2} : diverge : pas de convergence absolue. Leibniz : 1n\frac{1}{\sqrt{n}} décroît vers 0 : la série converge. Verdict : convergence CONDITIONNELLE : le cas le plus subtil, qui exige les DEUX vérifications, et celui que l'examen adore.

d) 3nn4n=1n(34)n\frac{3^{n}}{n4^{n}}=\frac{1}{n}\left(\frac{3}{4}\right)^{n} : d'Alembert : nn+13434<1\frac{n}{n+1}\cdot\frac{3}{4}\to\frac{3}{4}<1 : convergence ABSOLUE (comparaison directe avec la géométrique (34)n\left(\frac{3}{4}\right)^{n} marche aussi : le 1n\frac{1}{n} n'aide que dans le bon sens). Stratégie générale, dans l'ordre : 1) le terme tend-il vers 0 ? sinon, divergence, terminé; 2) la série est-elle géométrique ou télescopique ? somme exacte; 3) factorielles ou cnc^{n} ? d'Alembert; 4) puissances de nn ? Riemann et comparaison; 5) alternance ? convergence absolue d'abord, puis Leibniz. Cinq questions, dans cet ordre : c'est l'algorithme qui résout la feuille d'examen.

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