Calcul intégral 201-NYB • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal

Exercices corrigés : les séries numériques (201-NYB)

Voici la série d'exercices corrigés de calcul intégral 201-NYB sur les séries numériques. La partie A pose les fondations : la définition par les sommes partielles, la série géométrique démontrée puis appliquée (développements décimaux périodiques, balle qui rebondit), le test du terme général et sa réciproque fausse, la série télescopique qui se calcule exactement, et la série harmonique, LE contre-exemple du chapitre, qui diverge alors que son terme tend vers zéro. La partie B installe les critères : le test de l'intégrale, qui relie directement les séries aux intégrales impropres et donne le critère en p, le critère de d'Alembert avec son cas muet, les séries alternées avec le théorème de Leibniz et le contrôle de l'erreur, et une synthèse de classification comme en examen.

Cette série s'adresse aux étudiants de cégep en Sciences de la nature (cours de calcul intégral 201-NYB) comme aux élèves de Terminale du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas qui suivent le complément québécois de mathématiques : les séries sont le chapitre le plus nouveau du cours, absent du programme français du lycée, et le plus déroutant : on y additionne une infinité de nombres et il faut décider si le total existe.

Le réflexe à garder tout du long : le test du terme général d'abord. Si le terme ne tend pas vers zéro, la série diverge, fin de l'histoire. S'il tend vers zéro, RIEN n'est décidé, et c'est là que la série harmonique veille : elle est la preuve vivante qu'un terme qui s'éteint ne suffit pas. Toute la boîte à outils des critères existe pour trancher ce cas-là.

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Ce chapitre fait partie de Calcul intégral, 201-NYB
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (7 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Calculs algébriquesSecondaire 5 SN5
  2. 2Les fonctions définies par partiesSecondaire 5 SN5
  3. 3La fonction rationnelle, dite homographiqueSecondaire 5 SN5
  4. 4Les opérations sur les fonctionsSecondaire 5 SN5
  5. 5Fonctions et domaineCalcul différentiel (201-NYA)
  6. 6Limites et continuitéCalcul différentiel (201-NYA)
  7. 7Les suites numériques

Rappel de cours

  • Une série an\sum a_{n} converge si la suite de ses SOMMES PARTIELLES Sn=a1++anS_{n}=a_{1}+\cdots+a_{n} admet une limite finie SS. La série a alors la somme SS; sinon elle diverge.
  • Série géométrique : n=0arn\sum_{n=0}^{\infty}ar^{n} converge si et seulement si r<1|r|<1, et vaut alors a1r\frac{a}{1-r} (où aa est le PREMIER terme sommé). C'est la seule série dont on connaît la somme sans effort : toujours la chercher en premier.
  • Test du terme général : si an↛0a_{n}\not\to 0, la série DIVERGE. La réciproque est FAUSSE : la série harmonique 1n\sum\frac{1}{n} a un terme qui tend vers 0 et diverge quand même (SnlnnS_{n}\approx\ln n).
  • Test de l'intégrale (ff positive décroissante, an=f(n)a_{n}=f(n)) : an\sum a_{n} et 1f\int_{1}^{\infty}f sont de même nature. Conséquence, séries de Riemann : 1np\sum\frac{1}{n^{p}} converge si et seulement si p>1p>1. Comparaison : 0anbn0\le a_{n}\le b_{n} : si bn\sum b_{n} converge, an\sum a_{n} converge; si an\sum a_{n} diverge, bn\sum b_{n} diverge.
  • Critère de d'Alembert (ratio) : L=liman+1anL=\lim\left|\frac{a_{n+1}}{a_{n}}\right|. L<1L<1 : convergence (absolue); L>1L>1 : divergence; L=1L=1 : le critère ne dit RIEN. Il excelle dès qu'il y a des factorielles ou des puissances nn-ièmes.
  • Série alternée (théorème de Leibniz) : si bnb_{n} décroît vers 0, (1)n+1bn\sum(-1)^{n+1}b_{n} converge, et l'erreur de troncature vérifie SSnbn+1|S-S_{n}|\le b_{n+1} : le premier terme négligé. Convergence ABSOLUE : an\sum|a_{n}| converge (elle entraîne la convergence); CONDITIONNELLE : la série converge mais pas ses valeurs absolues.

Partie A : Convergence, séries de référence et comparaison (/50)

Exercice 1 : Sommes partielles et série géométrique

La figure montre les dix premières sommes partielles de la série n=05(23)n\sum_{n=0}^{\infty}5\left(\frac{2}{3}\right)^{n}, avec leur limite en pointillés.

1234567891011246810121416nSn
  • a) Définissez la convergence d'une série à l'aide des sommes partielles, puis démontrez la formule Sn=a1rn1rS_{n}=a\,\frac{1-r^{n}}{1-r} de la somme partielle géométrique.
  • b) Déduisez-en le critère de convergence de la série géométrique et calculez n=05(23)n\sum_{n=0}^{\infty}5\left(\frac{2}{3}\right)^{n}, puis n=25(23)n\sum_{n=2}^{\infty}5\left(\frac{2}{3}\right)^{n} (attention au premier terme).
  • c) Prouvez avec une série géométrique que 0,999=10{,}999\ldots=1, puis convertissez 0,7272720{,}727272\ldots en fraction.
  • d) Une balle lâchée de 2 m rebondit chaque fois à 60 % de sa hauteur. Calculez la distance TOTALE parcourue avant l'immobilisation, et expliquez pourquoi un trajet infini en nombre de rebonds peut être fini en mètres.

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Réponses

  • a) Sn=a1rn1rS_{n}=a\,\frac{1-r^{n}}{1-r}
  • b) 1515 ; depuis n=2n=2 : 203\frac{20}{3}
  • c) 0,999=10{,}999\ldots=1 ; 0,7272=8110{,}7272\ldots=\frac{8}{11}
  • d) 88 m

a) La série an\sum a_{n} converge vers SS si la SUITE Sn=a1++anS_{n}=a_{1}+\cdots+a_{n} tend vers SS : la convergence d'une série est, par définition, la convergence d'une suite, celle qu'on voit s'écraser sur la droite pointillée de la figure. Pour la géométrique : Sn=a+ar++arn1S_{n}=a+ar+\cdots+ar^{n-1} et rSn=ar++arnrS_{n}=ar+\cdots+ar^{n}; en soustrayant, tout se télescope sauf les extrémités : Sn(1r)=a(1rn)S_{n}(1-r)=a(1-r^{n}), d'où Sn=a1rn1rS_{n}=a\,\frac{1-r^{n}}{1-r} (pour r1r\ne 1).

b) Tout repose sur rnr^{n} : si r<1|r|<1, rn0r^{n}\to 0 et Sna1rS_{n}\to\frac{a}{1-r}; si r1|r|\ge 1, rnr^{n} ne tend pas vers 0 et la série diverge. Ici a=5a=5, r=23r=\frac{2}{3} : S=5123=15S=\frac{5}{1-\frac{2}{3}}=15, la droite de la figure. À partir de n=2n=2 : le premier terme sommé est 5(23)2=2095\left(\frac{2}{3}\right)^{2}=\frac{20}{9}, donc S=20/91/3=2036,67S=\frac{20/9}{1/3}=\frac{20}{3}\approx 6{,}67 (ou bien 15510315-5-\frac{10}{3}, même résultat). La formule a1r\frac{a}{1-r} exige de savoir QUI est le premier terme.

c) 0,999=910+9100+=n=1910(110)n1=9/1011/10=10{,}999\ldots=\frac{9}{10}+\frac{9}{100}+\cdots=\sum_{n=1}^{\infty}\frac{9}{10}\left(\frac{1}{10}\right)^{n-1}=\frac{9/10}{1-1/10}=1 : exactement 1, pas « presque » : les deux écritures désignent le même nombre. De même 0,727272=72100+721002+=72/10011/100=7299=8110{,}727272\ldots=\frac{72}{100}+\frac{72}{100^{2}}+\cdots=\frac{72/100}{1-1/100}=\frac{72}{99}=\frac{8}{11}. Tout décimal périodique est une série géométrique déguisée, donc un rationnel.

d) La balle descend 2 m, puis pour chaque rebond de hauteur hh elle monte ET redescend : D=2+2n=12(0,6)n=2+40,610,6=2+6=8D=2+2\sum_{n=1}^{\infty}2(0{,}6)^{n}=2+4\cdot\frac{0{,}6}{1-0{,}6}=2+6=8 m. Une infinité de rebonds, huit mètres : les hauteurs décroissent géométriquement, et une géométrique de raison r<1|r|<1 a une somme finie. C'est la réponse moderne au paradoxe de Zénon : une infinité d'étapes n'implique pas une distance (ni un temps) infinis, dès que les étapes fondent assez vite.

Exercice 2 : Terme général, télescopage et la série harmonique

La figure montre les sommes partielles HnH_{n} de la série harmonique 1n\sum\frac{1}{n} (points) et la courbe y=lnx+0,577y=\ln x+0{,}577 : la série suit le logarithme, qui monte sans fin mais de plus en plus lentement.

481216202428320.511.522.533.544.5nHn
  • a) Énoncez le test du terme général et appliquez-le à n=1n2n+1\sum_{n=1}^{\infty}\frac{n}{2n+1}. Énoncez ensuite précisément ce que le test ne dit PAS.
  • b) Calculez exactement n=11n(n+1)\sum_{n=1}^{\infty}\frac{1}{n(n+1)} en décomposant en fractions partielles (série télescopique).
  • c) Démontrez que la série harmonique diverge, par la méthode des regroupements en blocs de Cauchy (1 terme, puis 2, puis 4, ...).
  • d) On admet Hnlnn+0,577H_{n}\approx\ln n+0{,}577. Estimez combien de termes il faut pour que HnH_{n} dépasse 10, puis 20. Commentez la « vitesse » de cette divergence.

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Réponses

  • a) Terme vers 12\frac{1}{2} : divergente
  • b) Télescopage : somme 11
  • c) Blocs de 2k2^{k} termes >12>\frac{1}{2} : divergente
  • d) 12400\approx 12\,400 puis 2,7×1082{,}7\times 10^{8} termes

a) Si an↛0a_{n}\not\to 0, la série diverge : les sommes partielles reçoivent indéfiniment des ajouts qui ne s'éteignent pas. Ici n2n+1120\frac{n}{2n+1}\to\frac{1}{2}\ne 0 : DIVERGENTE, en une ligne. Ce que le test ne dit pas : si an0a_{n}\to 0, on ne peut RIEN conclure : ce n'est pas un test de convergence, seulement un filtre à divergences grossières. La série harmonique de c) est le contre-exemple officiel de la réciproque.

b) 1n(n+1)=1n1n+1\frac{1}{n(n+1)}=\frac{1}{n}-\frac{1}{n+1}. La somme partielle s'effondre en dominos : Sn=(112)+(1213)++(1n1n+1)=11n+1S_{n}=\left(1-\frac{1}{2}\right)+\left(\frac{1}{2}-\frac{1}{3}\right)+\cdots+\left(\frac{1}{n}-\frac{1}{n+1}\right)=1-\frac{1}{n+1}, chaque terme négatif annulant le positif suivant. Limite : S=1S=1. La série télescopique est, avec la géométrique, la seule dont on obtient la somme EXACTE par calcul direct des sommes partielles.

c) Regroupons : 13+14>24=12\frac{1}{3}+\frac{1}{4}>\frac{2}{4}=\frac{1}{2}; puis 15++18>48=12\frac{1}{5}+\cdots+\frac{1}{8}>\frac{4}{8}=\frac{1}{2}; le bloc suivant de 8 termes dépasse encore 12\frac{1}{2}, et ainsi de suite : chaque bloc de 2k2^{k} termes, minoré par son dernier terme, apporte plus d'un demi. Avec une infinité de blocs, SnS_{n} dépasse tout nombre : DIVERGENCE. Le terme 1n\frac{1}{n} tend bien vers 0, mais pas assez vite : exactement le dxx\int\frac{dx}{x} divergent des intégrales impropres, dont la courbe de la figure est le portrait.

d) Hn>10H_{n}>10 exige lnn>9,42\ln n>9{,}42, soit n>e9,4212400n>e^{9{,}42}\approx 12\,400 termes. Pour dépasser 20 : n>e19,422,7×108n>e^{19{,}42}\approx 2{,}7\times 10^{8}, un quart de milliard de termes pour gagner dix unités de plus. La série harmonique diverge, mais à une lenteur spectaculaire : logarithmique. Aucune calculatrice qui additionne les termes un à un ne « verra » jamais cette divergence : seule la preuve la garantit, et c'est toute la différence entre calculer et démontrer.

Exercice 3 : Le test de l'intégrale et les séries de Riemann

Le test de l'intégrale relie les deux chapitres : pour ff positive et décroissante avec an=f(n)a_{n}=f(n), la série an\sum a_{n} et l'intégrale impropre 1f\int_{1}^{\infty}f sont de même nature, et nfRnn1f\int_{n}^{\infty}f\le R_{n}\le\int_{n-1}^{\infty}f encadre le reste.

  • a) Expliquez géométriquement pourquoi la série et l'intégrale sont de même nature (rectangles au-dessus et au-dessous de la courbe), puis concluez sur la nature de 1n2\sum\frac{1}{n^{2}}.
  • b) Déduisez du test le critère des séries de Riemann : 1np\sum\frac{1}{n^{p}} converge si et seulement si p>1p>1. Classez 1n\sum\frac{1}{\sqrt{n}}, 1n1,01\sum\frac{1}{n^{1{,}01}} et 1n3\sum\frac{1}{n^{3}}.
  • c) On admet le résultat d'Euler : n=11n2=π26\sum_{n=1}^{\infty}\frac{1}{n^{2}}=\frac{\pi^{2}}{6}. Avec l'encadrement du reste, majorez l'erreur commise en s'arrêtant à n=100n=100 termes, et vérifiez la cohérence numérique.
  • d) Déterminez par comparaison la nature de 1n2+n\sum\frac{1}{n^{2}+n} et de lnnn\sum\frac{\ln n}{n}.

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Réponses

  • a) Même nature que l'intégrale : 1n2\sum\frac{1}{n^{2}} converge
  • b) p>1p>1 : 1n\frac{1}{\sqrt{n}} diverge, les deux autres convergent
  • c) R1000,01R_{100}\leq 0{,}01 ; S1001,6350S_{100}\approx 1{,}6350
  • d) 1n2+n\frac{1}{n^{2}+n} converge, lnnn\frac{\ln n}{n} diverge

a) Dessinez les rectangles de base 1 et de hauteur ana_{n} : posés à gauche des entiers, ils dépassent la courbe et an1f\sum a_{n}\ge\int_{1}^{\infty}f; posés à droite, ils passent dessous et n2an1f\sum_{n\ge 2}a_{n}\le\int_{1}^{\infty}f. La série est donc coincée entre l'intégrale et l'intégrale plus le premier terme : elles convergent ou divergent ENSEMBLE. Pour 1n2\frac{1}{n^{2}} : 1dxx2=1\int_{1}^{\infty}\frac{dx}{x^{2}}=1 converge (chapitre des impropres), donc 1n2\sum\frac{1}{n^{2}} CONVERGE, et sa somme est entre 1 et 2.

b) Le test transfère mot pour mot le critère en pp des intégrales : 1dxxp\int_{1}^{\infty}\frac{dx}{x^{p}} converge si et seulement si p>1p>1, donc 1np\sum\frac{1}{n^{p}} pareillement. 1n\sum\frac{1}{\sqrt{n}} : p=12p=\frac{1}{2}, diverge. 1n1,01\sum\frac{1}{n^{1{,}01}} : p=1,01>1p=1{,}01>1, converge : la frontière est exactement en p=1p=1, et il suffit d'un cheveu du bon côté. 1n3\sum\frac{1}{n^{3}} : converge. La série harmonique est le cas frontière p=1p=1, perdant.

c) Reste après 100 termes : R100100dxx2=1100=0,01R_{100}\le\int_{100}^{\infty}\frac{dx}{x^{2}}=\frac{1}{100}=0{,}01 (et R1001101R_{100}\ge\frac{1}{101}). S'arrêter à 100 termes garantit donc deux décimales. Cohérence : π261,6449\frac{\pi^{2}}{6}\approx 1{,}6449, et la somme des 100 premiers termes vaut environ 1,63501{,}6350 : l'écart 0,00990{,}0099 tombe pile dans l'encadrement [1101,1100][\frac{1}{101},\frac{1}{100}]. L'encadrement du reste transforme un critère qualitatif en outil de calcul numérique contrôlé.

d) 1n2+n<1n2\frac{1}{n^{2}+n}<\frac{1}{n^{2}}, série majorante convergente : CONVERGE (c'est d'ailleurs la télescopique de l'exercice 2, de somme exactement 1 : la comparaison est confirmée par le calcul direct). lnnn1n\frac{\ln n}{n}\ge\frac{1}{n} dès n3n\ge 3 (car lnn1\ln n\ge 1) : minorée par la harmonique divergente, elle DIVERGE. Le logarithme au numérateur aggrave une divergence; au dénominateur, il ne suffirait pas à sauver 1nlnn\frac{1}{n\ln n} non plus : seule une vraie puissance p>1p>1 sauve.

Exercice 4 : La comparaison par limite : comparer sans encadrer

La comparaison directe exige une inégalité, et l'inégalité tombe souvent du mauvais côté. La comparaison par LIMITE s'en affranchit : il suffit que le rapport de deux termes tende vers une constante strictement positive pour que les deux séries partagent le même destin.

  • a) Énoncez le critère de comparaison par limite pour deux séries à termes positifs, puis expliquez en une phrase pourquoi une limite cc strictement positive et finie force les deux séries à être de même nature.
  • b) Déterminez la nature de 2n2+3n4n+5\sum\frac{2n^{2}+3}{n^{4}-n+5} et de 1n2+1\sum\frac{1}{\sqrt{n^{2}+1}} en choisissant à chaque fois la bonne série de référence.
  • c) Montrez que la comparaison DIRECTE échoue pour 1n2n\sum\frac{1}{n^{2}-n} (pour n2n\ge 2), puis concluez par la comparaison par limite. En quoi l'échec de la comparaison directe est-il instructif ?
  • d) Niveau examen : déterminez la nature de sin(1n)\sum\sin\left(\frac{1}{n}\right) et de (1cos(1n))\sum\left(1-\cos\left(\frac{1}{n}\right)\right). Quel outil d'un chapitre précédent fournit les équivalents ?

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Réponses

  • a) 0<c<0<c<\infty : même nature
  • b) Rapport 22 : converge ; rapport 11 : diverge
  • c) Inégalité fausse ; limite 11 : converge
  • d) sin1n\sin\frac{1}{n} diverge, 1cos1n1-\cos\frac{1}{n} converge

a) Critère : soient an>0a_{n}>0 et bn>0b_{n}>0. Si limnanbn=c\lim_{n\to\infty}\frac{a_{n}}{b_{n}}=c avec 0<c<0<c<\infty, alors an\sum a_{n} et bn\sum b_{n} sont de MÊME NATURE, toutes deux convergentes ou toutes deux divergentes. La raison en une phrase : si le rapport tend vers c>0c>0, alors à partir d'un certain rang ana_{n} est coincé entre c2bn\frac{c}{2}b_{n} et 2cbn2c\,b_{n}, c'est-à-dire encadré par deux multiples de bnb_{n}; or multiplier une série par une constante non nulle ne change jamais sa nature, et l'encadrement transmet la convergence dans un sens comme la divergence dans l'autre. Les cas limites méritent d'être signalés : si c=0c=0, la convergence de bn\sum b_{n} entraîne celle de an\sum a_{n} mais rien de plus; si c=c=\infty, la divergence de bn\sum b_{n} entraîne celle de an\sum a_{n}. Seul 0<c<0<c<\infty donne l'équivalence complète.

b) Première série : à l'infini, le numérateur se comporte comme 2n22n^{2} et le dénominateur comme n4n^{4}, donc le terme se comporte comme 2n2\frac{2}{n^{2}}. On prend bn=1n2b_{n}=\frac{1}{n^{2}} : anbn=n2(2n2+3)n4n+52\frac{a_{n}}{b_{n}}=\frac{n^{2}(2n^{2}+3)}{n^{4}-n+5}\to 2, constante strictement positive et finie. Comme 1n2\sum\frac{1}{n^{2}} converge (Riemann, p=2>1p=2>1), la série CONVERGE. Contrôle numérique : le rapport vaut 2,00000002{,}0000000 pour n=106n=10^{6}. Seconde série : n2+1\sqrt{n^{2}+1} se comporte comme nn, donc on prend bn=1nb_{n}=\frac{1}{n} : anbn=nn2+11\frac{a_{n}}{b_{n}}=\frac{n}{\sqrt{n^{2}+1}}\to 1. Comme la série harmonique DIVERGE, la série DIVERGE. Le choix de la référence obéit toujours à la même règle : ne garder que les termes dominants, en haut et en bas.

c) Comparaison directe : on aimerait écrire 1n2n1n2\frac{1}{n^{2}-n}\le\frac{1}{n^{2}} pour conclure par majoration. Mais c'est FAUX : puisque n2n<n2n^{2}-n<n^{2}, le quotient est plus GRAND, pas plus petit. Numériquement, en n=5n=5 : 120=0,05\frac{1}{20}=0{,}05 contre 125=0,04\frac{1}{25}=0{,}04. L'inégalité tombe du mauvais côté, et majorer par une série convergente est impossible dans ce sens. Comparaison par limite : 1/(n2n)1/n2=n2n2n=111n1\frac{1/(n^{2}-n)}{1/n^{2}}=\frac{n^{2}}{n^{2}-n}=\frac{1}{1-\frac{1}{n}}\to 1, constante strictement positive. Donc la série est de même nature que 1n2\sum\frac{1}{n^{2}} : elle CONVERGE. L'échec de la comparaison directe est instructif parce qu'il révèle ce que celle-ci exige vraiment : une inégalité VRAIE À TOUS LES RANGS et orientée dans le bon sens, condition rigide que la moindre perturbation du dénominateur met en défaut. La comparaison par limite, elle, ne regarde que le comportement ASYMPTOTIQUE et se moque des rangs initiaux comme du sens de l'inégalité. C'est pourquoi elle est presque toujours l'outil à dégainer en premier devant un quotient de polynômes ou de racines.

d) Les équivalents viennent des séries de Maclaurin, ou de façon équivalente des limites classiques du chapitre de L'Hôpital. Première série : sinuu\sin u\approx u quand u0u\to 0, donc avec u=1nu=\frac{1}{n}, on compare à bn=1nb_{n}=\frac{1}{n} : sin(1/n)1/n1\frac{\sin(1/n)}{1/n}\to 1, exactement la limite fondamentale sinxx1\frac{\sin x}{x}\to 1 lue à x=1nx=\frac{1}{n}. Comme la série harmonique diverge, sin(1n)\sum\sin\left(\frac{1}{n}\right) DIVERGE. Contrôle : la somme des 10510^{5} premiers termes vaut environ 11,9011{,}90, à comparer à ln(105)11,51\ln(10^{5})\approx 11{,}51 : la croissance logarithmique caractéristique est bien là. Seconde série : 1cosuu221-\cos u\approx\frac{u^{2}}{2}, donc on compare à bn=12n2b_{n}=\frac{1}{2n^{2}} : le rapport tend vers 1. Comme 1n2\sum\frac{1}{n^{2}} converge, (1cos(1n))\sum\left(1-\cos\left(\frac{1}{n}\right)\right) CONVERGE. Contrôle : la somme des 10510^{5} premiers termes vaut environ 0,77880{,}7788, valeur qui reste inférieure à 12n2=π2120,8225\sum\frac{1}{2n^{2}}=\frac{\pi^{2}}{12}\approx 0{,}8225, comme il se doit puisque 1cosu1-\cos u est strictement inférieur à u22\frac{u^{2}}{2}. Le message du chapitre est ici complet : les développements limités FABRIQUENT les séries de référence, et les critères n'ont plus qu'à conclure. Deux expressions aussi voisines que sin(1n)\sin\left(\frac{1}{n}\right) et 1cos(1n)1-\cos\left(\frac{1}{n}\right) tombent de part et d'autre de la frontière, parce que l'une s'éteint à l'ordre 1 et l'autre à l'ordre 2.

Exercice 5 : Ce qu'on a le droit de faire avec une somme infinie

Une série ressemble à une somme, et cette ressemblance est un piège. Certaines manipulations parfaitement licites sur une somme FINIE deviennent fausses sur une somme infinie, et savoir lesquelles est une question d'examen à part entière.

  • a) Énoncez la propriété de linéarité des séries convergentes, puis calculez n=1(12n+13n)\sum_{n=1}^{\infty}\left(\frac{1}{2^{n}}+\frac{1}{3^{n}}\right).
  • b) Un étudiant écrit : « (1n1n)=0=0\sum\left(\frac{1}{n}-\frac{1}{n}\right)=\sum 0=0, donc 1n1n=0\sum\frac{1}{n}-\sum\frac{1}{n}=0 ». La conclusion est-elle légitime ? Énoncez la règle exacte sur la somme de deux séries.
  • c) La série de Grandi est n=0(1)n=11+11+\sum_{n=0}^{\infty}(-1)^{n}=1-1+1-1+\cdots. Calculez ses sommes partielles et donnez sa nature. Puis montrez que deux GROUPEMENTS différents des mêmes termes donnent 0 et 1. Quelle règle cela met-il en évidence ?
  • d) Montrez que modifier, retirer ou ajouter un nombre FINI de termes ne change pas la NATURE d'une série, mais change sa somme. Illustrez avec n=112n\sum_{n=1}^{\infty}\frac{1}{2^{n}} dont on retire les trois premiers termes, et énoncez le critère du reste.

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Réponses

  • a) 1+12=321+\frac{1}{2}=\frac{3}{2}
  • b) Illégitime : \infty-\infty
  • c) Divergente ; groupements 00 et 11
  • d) Nature inchangée ; somme 18\frac{1}{8}

a) Linéarité : si an\sum a_{n} et bn\sum b_{n} CONVERGENT, de sommes AA et BB, alors pour tous réels λ\lambda et μ\mu, la série (λan+μbn)\sum(\lambda a_{n}+\mu b_{n}) converge et vaut λA+μB\lambda A+\mu B. La démonstration est immédiate sur les sommes partielles, qui sont des sommes finies où la linéarité est acquise, et la limite d'une somme est la somme des limites. Calcul : n=112n\sum_{n=1}^{\infty}\frac{1}{2^{n}} est géométrique de premier terme 12\frac{1}{2} et de raison 12\frac{1}{2}, donc vaut 1/211/2=1\frac{1/2}{1-1/2}=1; et n=113n=1/311/3=12\sum_{n=1}^{\infty}\frac{1}{3^{n}}=\frac{1/3}{1-1/3}=\frac{1}{2}. Par linéarité, la somme demandée vaut 1+12=321+\frac{1}{2}=\frac{3}{2}, ce que confirme le calcul numérique.

b) La première égalité est correcte : les termes valent tous 0, la série converge et sa somme est 0. La seconde est ILLÉGITIME, car elle sépare une série convergente en DIFFÉRENCE de deux séries divergentes, ce que la linéarité n'autorise pas : cette propriété suppose la convergence des deux séries AVANT de les combiner. Écrire 1n1n\sum\frac{1}{n}-\sum\frac{1}{n} revient à écrire \infty-\infty, une forme indéterminée sans valeur. La règle exacte comporte trois cas. Si an\sum a_{n} et bn\sum b_{n} convergent, (an+bn)\sum(a_{n}+b_{n}) converge, vers la somme des sommes. Si l'une converge et l'autre diverge, (an+bn)\sum(a_{n}+b_{n}) DIVERGE nécessairement, car si elle convergeait, la différence avec la convergente donnerait la divergente comme convergente, contradiction. Enfin, si les deux divergent, on ne peut RIEN dire : l'exemple de l'énoncé donne une somme convergente, alors que an=bn=1na_{n}=b_{n}=\frac{1}{n} donne 2n\sum\frac{2}{n}, divergente. C'est le seul cas indécidable, et c'est celui que l'étudiant a rencontré.

c) Sommes partielles : S1=1S_{1}=1, S2=0S_{2}=0, S3=1S_{3}=1, S4=0S_{4}=0, et ainsi de suite en alternant indéfiniment. La suite (Sn)(S_{n}) n'a pas de limite, elle oscille entre 0 et 1 : la série DIVERGE. On peut aussi conclure en une ligne par le test du terme général, puisque (1)n(-1)^{n} ne tend pas vers 0. Groupements : en associant deux par deux à partir du premier terme, (11)+(11)+(11)+=0+0+0+=0(1-1)+(1-1)+(1-1)+\cdots=0+0+0+\cdots=0. En laissant le premier terme isolé, 1(11)(11)=100=11-(1-1)-(1-1)-\cdots=1-0-0-\cdots=1. Les deux calculs utilisent exactement les mêmes termes dans le même ORDRE, et donnent pourtant 0 et 1. La règle mise en évidence est que le GROUPEMENT par parenthèses, c'est-à-dire l'associativité, n'est PAS valide pour une série divergente. Le théorème correct est à sens unique : si une série converge, tout groupement de ses termes converge vers la même somme; mais un groupement convergent ne prouve jamais la convergence de la série d'origine. Autrement dit, les parenthèses peuvent CRÉER de la convergence là où il n'y en a pas, et c'est précisément ce que fait le premier groupement ci-dessus. Historiquement, cette série a occupé les mathématiciens pendant plus d'un siècle, et c'est elle qui a imposé la définition moderne par les sommes partielles.

d) Soit an\sum a_{n} une série et NN un rang fixé. Les sommes partielles au-delà de NN s'écrivent Sn=SN+(aN+1++an)S_{n}=S_{N}+\left(a_{N+1}+\cdots+a_{n}\right), où SNS_{N} est une CONSTANTE. La suite (Sn)(S_{n}) converge donc si et seulement si la seconde partie converge, c'est-à-dire si et seulement si la série n>Nan\sum_{n>N}a_{n} converge. Modifier, retirer ou ajouter un nombre fini de termes ne fait que déplacer cette constante : la NATURE est inchangée, la SOMME est décalée d'autant. Illustration : n=112n=1\sum_{n=1}^{\infty}\frac{1}{2^{n}}=1; en retirant les trois premiers termes, il reste 1(12+14+18)=178=181-\left(\frac{1}{2}+\frac{1}{4}+\frac{1}{8}\right)=1-\frac{7}{8}=\frac{1}{8}. Toujours convergente, somme différente. Critère du reste : notons RN=n>NanR_{N}=\sum_{n>N}a_{n} le reste d'ordre NN. Une série converge si et seulement si ses restes sont définis et RN0R_{N}\to 0 quand NN\to\infty. Ici RN=12N0R_{N}=\frac{1}{2^{N}}\to 0 ✓. Ce critère a une conséquence pratique qu'on utilise constamment : pour étudier la nature d'une série, on peut ignorer sans scrupule les premiers termes, ce qui autorise les comparaisons valables seulement « à partir d'un certain rang », comme au point c) de l'exercice précédent.

Partie B : Critères, séries alternées et frontière fine (/50)

Exercice 6 : Le critère de d'Alembert : le spécialiste des factorielles

Le critère du rapport (d'Alembert) calcule L=limnan+1anL=\lim_{n\to\infty}\left|\frac{a_{n+1}}{a_{n}}\right| : si L<1L<1 la série converge (absolument), si L>1L>1 elle diverge, si L=1L=1 le critère est muet.

  • a) Appliquez le critère à n=1n2n\sum_{n=1}^{\infty}\frac{n}{2^{n}}, concluez, et donnez l'intuition : de quelle série de référence cette série se rapproche-t-elle à l'infini ?
  • b) Déterminez la nature de n=02nn!\sum_{n=0}^{\infty}\frac{2^{n}}{n!} puis de n=1n!10n\sum_{n=1}^{\infty}\frac{n!}{10^{n}}. Que raconte le duel factorielle contre exponentielle ?
  • c) Montrez que le critère vaut L=1L=1 à la fois pour 1n\sum\frac{1}{n} et pour 1n2\sum\frac{1}{n^{2}}. Qu'en concluez-vous sur le cas L=1L=1, et quel outil prend le relais ?
  • d) Déterminez la nature de n=1nnn!\sum_{n=1}^{\infty}\frac{n^{n}}{n!} (on rappelle que (1+1n)ne\left(1+\frac{1}{n}\right)^{n}\to e).

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a)
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c)
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Réponses

  • a) L=12L=\frac{1}{2} : converge, somme 22
  • b) 2nn!\frac{2^{n}}{n!} converge vers e2e^{2} ; n!10n\frac{n!}{10^{n}} diverge
  • c) L=1L=1 pour les deux : aucune conclusion
  • d) L=e>1L=e>1 : divergente

a) an+1an=n+12n+12nn=12n+1n12<1\frac{a_{n+1}}{a_{n}}=\frac{n+1}{2^{n+1}}\cdot\frac{2^{n}}{n}=\frac{1}{2}\cdot\frac{n+1}{n}\to\frac{1}{2}<1 : CONVERGENTE. Intuition : le facteur nn ne pèse rien face au 2n2^{n} : à l'infini, la série se comporte comme une géométrique de raison 12\frac{1}{2} à peine gonflée. (Sa somme exacte vaut d'ailleurs 2, un classique des séries entières.) Le critère de d'Alembert mesure précisément « à quelle géométrique la série ressemble ».

b) 2n+1(n+1)!n!2n=2n+10<1\frac{2^{n+1}}{(n+1)!}\cdot\frac{n!}{2^{n}}=\frac{2}{n+1}\to 0<1 : convergence éclatante (la somme est e27,39e^{2}\approx 7{,}39, série de l'exponentielle). Pour n!10n\frac{n!}{10^{n}} : (n+1)!10n+110nn!=n+110\frac{(n+1)!}{10^{n+1}}\cdot\frac{10^{n}}{n!}=\frac{n+1}{10}\to\infty : DIVERGENTE, le terme général explose même. Verdict du duel : la factorielle finit TOUJOURS par écraser toute exponentielle cnc^{n} : ses facteurs grandissent (n+1n+1), ceux de l'exponentielle sont fixes (cc). Dès n=10n=10, chaque nouveau facteur de n!n! dépasse 10 et la course est pliée.

c) Pour 1n\frac{1}{n} : nn+11\frac{n}{n+1}\to 1. Pour 1n2\frac{1}{n^{2}} : (nn+1)21\left(\frac{n}{n+1}\right)^{2}\to 1. Même verdict L=1L=1, mais la première DIVERGE et la seconde CONVERGE : le cas L=1L=1 ne permet AUCUNE conclusion, et il englobe hélas toutes les séries de Riemann, le cœur du chapitre. Le relais : le test de l'intégrale et les comparaisons, qui distinguent finement les puissances là où le rapport est aveugle. Règle pratique : d'Alembert pour les factorielles et les cnc^{n}; Riemann et comparaison pour les puissances de nn.

d) an+1an=(n+1)n+1(n+1)!n!nn=(n+1)nnn=(1+1n)ne2,72>1\frac{a_{n+1}}{a_{n}}=\frac{(n+1)^{n+1}}{(n+1)!}\cdot\frac{n!}{n^{n}}=\frac{(n+1)^{n}}{n^{n}}=\left(1+\frac{1}{n}\right)^{n}\to e\approx 2{,}72>1 : DIVERGENTE. Le résultat dit au passage que nnn^{n} croît plus vite que n!n! d'un facteur ee par cran : c'est le germe de la formule de Stirling. Une question qui teste à la fois le critère et la limite fondamentale du nombre ee : très exactement le format examen.

Exercice 7 : Les séries alternées et l'erreur contrôlée

La figure montre les sommes partielles de la série harmonique ALTERNÉE n=1(1)n+1n\sum_{n=1}^{\infty}\frac{(-1)^{n+1}}{n} : elles oscillent en se resserrant autour de la limite ln20,693\ln 2\approx 0{,}693 (pointillés).

12345678910110.40.50.60.70.80.911.1nSn
  • a) Énoncez le théorème des séries alternées (Leibniz) et vérifiez ses hypothèses pour la série harmonique alternée. Que voit-on de ce théorème sur la figure ?
  • b) Le théorème fournit SSnbn+1|S-S_{n}|\le b_{n+1}. Combien de termes suffisent pour approcher ln2\ln 2 à 0,010{,}01 près ? Et à 10610^{-6} près ? Commentez.
  • c) Définissez convergence absolue et conditionnelle, et classez : la série harmonique alternée, puis (1)nn2\sum\frac{(-1)^{n}}{n^{2}}.
  • d) La série harmonique alternée converge vers ln2\ln 2 alors que la série de ses valeurs absolues diverge : quelle propriété troublante (théorème de Riemann) les séries conditionnellement convergentes ont-elles, et pourquoi la convergence absolue est-elle la « bonne » notion pour calculer sans précaution ?

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b)
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Réponses

  • a) 1n\frac{1}{n} décroît vers 00 : converge
  • b) n99n\geq 99 ; un million pour 10610^{-6}
  • c) Harmonique alternée conditionnelle ; (1)nn2\frac{(-1)^{n}}{n^{2}} absolue
  • d) Réarrangement de Riemann : la somme dépend de l'ordre

a) Si bnb_{n} est DÉCROISSANTE et tend vers 0, alors (1)n+1bn\sum(-1)^{n+1}b_{n} converge. Ici bn=1nb_{n}=\frac{1}{n} : décroissante, limite nulle : convergence garantie (vers ln2\ln 2, valeur admise). Sur la figure, on voit le mécanisme même de la preuve : chaque terme fait dépasser la cible puis revenir en deçà, les sommes impaires descendent, les paires montent, et la limite est prise en étau entre les deux : la convergence par encerclement.

b) L'erreur est majorée par le PREMIER TERME NÉGLIGÉ : SSn1n+1|S-S_{n}|\le\frac{1}{n+1}. Pour 0,010{,}01 : 1n+10,01    n99\frac{1}{n+1}\le 0{,}01\iff n\ge 99 : une centaine de termes. Pour 10610^{-6} : un million de termes. La borne est simple et sûre, mais la convergence est LENTE : diviser l'erreur par 100 coûte 100 fois plus de termes. C'est le prix de la conditionnelle : la série (1)nn2\sum\frac{(-1)^{n}}{n^{2}}, elle, atteint 10610^{-6} en un millier de termes.

c) Convergence ABSOLUE : an\sum|a_{n}| converge (et elle entraîne toujours la convergence de an\sum a_{n}). CONDITIONNELLE : an\sum a_{n} converge mais an\sum|a_{n}| diverge. Harmonique alternée : converge (a), mais ses valeurs absolues forment la harmonique divergente : CONDITIONNELLE. (1)nn2\sum\frac{(-1)^{n}}{n^{2}} : les valeurs absolues forment 1n2\sum\frac{1}{n^{2}}, Riemann p=2p=2 convergente : ABSOLUE. Hiérarchie : absolue \Rightarrow convergente, jamais l'inverse.

d) Théorème de réarrangement de Riemann : en changeant seulement l'ORDRE des termes d'une série conditionnellement convergente, on peut la faire converger vers n'importe quel réel, ou diverger. La harmonique alternée réordonnée peut « valoir » 5, ou π-\pi, ou l'infini : sa somme de ln2\ln 2 dépend de l'ordre d'addition, ce qui heurte tout ce que l'addition finie nous a appris. Les séries absolument convergentes, elles, sont immunisées : toute permutation redonne la même somme. C'est pourquoi la convergence absolue est la notion de sécurité : elle seule autorise à manipuler une somme infinie comme une somme ordinaire.

Exercice 8 : Synthèse : classifier comme en examen

Le format classique de l'examen : une liste de séries à classer (convergence absolue, conditionnelle, ou divergence) avec le BON critère et une justification complète. Le choix du critère vaut la moitié des points.

  • a) n=0(23)n\sum_{n=0}^{\infty}\left(-\frac{2}{3}\right)^{n} : nature, et somme si elle existe.
  • b) n=1(1)nnn+1\sum_{n=1}^{\infty}(-1)^{n}\frac{n}{n+1} et n=1n2n4+1\sum_{n=1}^{\infty}\frac{n^{2}}{n^{4}+1} : nature de chacune.
  • c) n=1cos(nπ)n\sum_{n=1}^{\infty}\frac{\cos(n\pi)}{\sqrt{n}} : nature précise (absolue, conditionnelle ou divergente), avec justification complète.
  • d) n=13nn4n\sum_{n=1}^{\infty}\frac{3^{n}}{n\,4^{n}} : nature, avec le critère le plus efficace. Terminez par la stratégie générale : dans quel ordre interroger les critères devant une série inconnue ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Absolue, somme 35\frac{3}{5}
  • b) Divergente ; absolue
  • c) Conditionnelle
  • d) L=34L=\frac{3}{4} : absolue

a) Géométrique de raison r=23r=-\frac{2}{3}, r=23<1|r|=\frac{2}{3}<1 : convergence ABSOLUE (la série des valeurs absolues est la géométrique de raison 23\frac{2}{3}). Somme : 11(23)=153=35=0,6\frac{1}{1-(-\frac{2}{3})}=\frac{1}{\frac{5}{3}}=\frac{3}{5}=0{,}6. Une série alternée peut être traitée par Leibniz, mais quand elle est géométrique, la somme exacte est offerte : toujours reconnaître la géométrique d'abord.

b) (1)nnn+1(-1)^{n}\frac{n}{n+1} : le terme général ne tend pas vers 0 (il oscille entre des valeurs proches de +1+1 et 1-1) : DIVERGENTE par le test du terme général : Leibniz est inapplicable (bn10b_{n}\to 1\ne 0) et il ne faut même pas l'invoquer. n2n4+1\frac{n^{2}}{n^{4}+1} : positive, se compare à n2n4=1n2\frac{n^{2}}{n^{4}}=\frac{1}{n^{2}} : n2n4+11n2\frac{n^{2}}{n^{4}+1}\le\frac{1}{n^{2}}, Riemann p=2p=2 : CONVERGENTE (absolument, elle est positive).

c) cos(nπ)=(1)n\cos(n\pi)=(-1)^{n} : c'est la série alternée (1)nn\sum\frac{(-1)^{n}}{\sqrt{n}} déguisée : premier réflexe, démasquer l'alternance. Valeurs absolues : 1n\sum\frac{1}{\sqrt{n}}, Riemann p=12p=\frac{1}{2} : diverge : pas de convergence absolue. Leibniz : 1n\frac{1}{\sqrt{n}} décroît vers 0 : la série converge. Verdict : convergence CONDITIONNELLE : le cas le plus subtil, qui exige les DEUX vérifications, et celui que l'examen adore.

d) 3nn4n=1n(34)n\frac{3^{n}}{n4^{n}}=\frac{1}{n}\left(\frac{3}{4}\right)^{n} : d'Alembert : nn+13434<1\frac{n}{n+1}\cdot\frac{3}{4}\to\frac{3}{4}<1 : convergence ABSOLUE (comparaison directe avec la géométrique (34)n\left(\frac{3}{4}\right)^{n} marche aussi : le 1n\frac{1}{n} n'aide que dans le bon sens). Stratégie générale, dans l'ordre : 1) le terme tend-il vers 0 ? sinon, divergence, terminé; 2) la série est-elle géométrique ou télescopique ? somme exacte; 3) factorielles ou cnc^{n} ? d'Alembert; 4) puissances de nn ? Riemann et comparaison; 5) alternance ? convergence absolue d'abord, puis Leibniz. Cinq questions, dans cet ordre : c'est l'algorithme qui résout la feuille d'examen.

Exercice 9 : Le critère de Cauchy : la racine là où le rapport renonce

Le critère de la RACINE calcule L=limnannL=\lim_{n\to\infty}\sqrt[n]{\left|a_{n}\right|}, avec la même conclusion que d'Alembert : convergence si L<1L<1, divergence si L>1L>1, silence si L=1L=1. Il paraît redondant; il ne l'est pas.

  • a) Énoncez le critère et appliquez-le à n=1(n2n+1)n\sum_{n=1}^{\infty}\left(\frac{n}{2n+1}\right)^{n}. Pourquoi le critère de d'Alembert serait-il ici pénible ?
  • b) Déterminez la nature de n=1(1+1n)n22n\sum_{n=1}^{\infty}\frac{\left(1+\frac{1}{n}\right)^{n^{2}}}{2^{n}}.
  • c) Pour n0n\geq 0, soit an=12na_{n}=\frac{1}{2^{n}} si nn est pair et an=13na_{n}=\frac{1}{3^{n}} si nn est impair. Calculez quelques rapports an+1an\frac{a_{n+1}}{a_{n}} et quelques racines ann\sqrt[n]{a_{n}}. Lequel des deux critères conclut, et pourquoi ?
  • d) Montrez que la racine donne L=1L=1 pour toute série de Riemann 1np\sum\frac{1}{n^{p}}. Que conclure sur la relation entre les deux critères, et quand faut-il choisir la racine ?

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a)
b)
c)
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Réponses

  • a) L=12L=\frac{1}{2} : converge
  • b) L=e2>1L=\frac{e}{2}>1 : diverge
  • c) Rapport sans limite, racine 12\leq\frac{1}{2} : converge
  • d) L=1L=1 pour tout pp ; la racine est plus forte

a) Critère de la racine (Cauchy) : soit L=limnannL=\lim_{n\to\infty}\sqrt[n]{\left|a_{n}\right|}. Si L<1L<1 la série converge absolument; si L>1L>1 (ou L=L=\infty) elle diverge; si L=1L=1 le critère ne conclut pas. Application : (n2n+1)nn=n2n+112<1\sqrt[n]{\left(\frac{n}{2n+1}\right)^{n}}=\frac{n}{2n+1}\to\frac{1}{2}<1 : la série CONVERGE absolument. La racine annule purement et simplement l'exposant nn, ce qui est exactement pourquoi elle est ici le bon outil. D'Alembert serait pénible parce qu'il faudrait former (n+1)n+1(2n+1)n(2n+3)n+1nn\frac{(n+1)^{n+1}(2n+1)^{n}}{(2n+3)^{n+1}n^{n}} et démêler ce quotient de puissances nn-ièmes d'exposants différents, ce qui demande un passage par le logarithme et plusieurs limites intermédiaires. Règle de choix : dès que le terme général est une puissance nn-ième globale, la racine est immédiate.

b) Le terme est an=(1+1n)n22na_{n}=\frac{\left(1+\frac{1}{n}\right)^{n^{2}}}{2^{n}}, avec un exposant n2n^{2} qui interdit tout traitement direct. Racine nn-ième : ann=(1+1n)n2\sqrt[n]{a_{n}}=\frac{\left(1+\frac{1}{n}\right)^{n}}{2}. Or (1+1n)ne\left(1+\frac{1}{n}\right)^{n}\to e, donc L=e21,359>1L=\frac{e}{2}\approx 1{,}359>1 : la série DIVERGE. Contrôle numérique : pour n=50n=50, la racine vaut déjà 1,3461{,}346, nettement au-dessus de 1. La beauté de la question est que la réponse tient à la comparaison entre ee et 2 : si le dénominateur avait été 3n3^{n}, on aurait obtenu e30,906<1\frac{e}{3}\approx 0{,}906<1 et la série aurait convergé. Toute la nature de la série se joue sur deux décimales du nombre ee, ce qui rappelle que la frontière L=1L=1 est bien une frontière et non une zone floue.

c) Rapports : pour n=2n=2, a3a2=1/271/40,148\frac{a_{3}}{a_{2}}=\frac{1/27}{1/4}\approx 0{,}148; pour n=3n=3, a4a3=1/161/271,688\frac{a_{4}}{a_{3}}=\frac{1/16}{1/27}\approx 1{,}688; pour n=4n=4, environ 0,0660{,}066; pour n=5n=5, environ 3,7973{,}797; puis 0,0290{,}029 et 8,5438{,}543. Le rapport OSCILLE entre des valeurs tendant vers 0 et des valeurs tendant vers l'infini : il n'a aucune limite, et le critère de d'Alembert est inapplicable, ni dans un sens ni dans l'autre. Racines : ann\sqrt[n]{a_{n}} vaut exactement 12\frac{1}{2} pour nn pair et 13\frac{1}{3} pour nn impair. La suite des racines oscille elle aussi, mais elle reste BORNÉE par 12<1\frac{1}{2}<1, et c'est tout ce dont le critère a besoin : dans sa version complète, il s'énonce avec la limite supérieure, L=lim supann=12<1L=\limsup\sqrt[n]{\left|a_{n}\right|}=\frac{1}{2}<1, donc la série CONVERGE. On peut aussi conclure élémentairement par comparaison, puisque an12na_{n}\le\frac{1}{2^{n}} pour tout nn, série géométrique convergente; la somme vaut d'ailleurs environ 1,7081{,}708. C'est le cas d'école qui justifie l'existence du critère de la racine : il survit aux oscillations qui tuent le rapport.

d) Pour an=1npa_{n}=\frac{1}{n^{p}}, la racine vaut npn=np/n=eplnnn\sqrt[n]{n^{-p}}=n^{-p/n}=e^{-\frac{p\ln n}{n}}. Or lnnn0\frac{\ln n}{n}\to 0 par les croissances comparées, donc l'exposant tend vers 0 et L=e0=1L=e^{0}=1, QUEL QUE SOIT pp. Contrôle numérique : pour p=2p=2 et n=106n=10^{6}, la racine vaut 0,999970{,}99997. Le critère est donc muet sur toutes les séries de Riemann, exactement comme d'Alembert l'était à l'exercice 6. Relation entre les deux critères : on démontre que si liman+1an\lim\left|\frac{a_{n+1}}{a_{n}}\right| existe et vaut LL, alors limann\lim\sqrt[n]{\left|a_{n}\right|} existe aussi et vaut le même LL. La racine est donc STRICTEMENT plus puissante : partout où le rapport conclut, elle conclut pareillement, et le point c) fournit un cas où elle conclut alors que le rapport échoue. La réciproque est fausse. En pratique on choisit néanmoins le rapport pour les FACTORIELLES, où les simplifications sont spectaculaires et où la racine d'une factorielle est inextricable sans la formule de Stirling; et la racine pour les puissances nn-ièmes globales, comme aux points a), b) et c). Les deux critères partagent en revanche le même angle mort, L=1L=1, qui reste le domaine réservé de la comparaison et du test de l'intégrale.

Exercice 10 : Où passe exactement la frontière : au-delà des séries de Riemann

Les séries de Riemann suggèrent une frontière nette en p=1p=1. La réalité est plus fine : entre les divergentes et les convergentes, il n'existe aucune série « juste à la limite », et l'on peut toujours se glisser entre deux.

  • a) 1n1,001\sum\frac{1}{n^{1{,}001}} converge et 1n\sum\frac{1}{n} diverge. Existe-t-il un plus petit exposant pp pour lequel la série converge ? Justifiez, et calculez la somme partielle de 1n1,001\sum\frac{1}{n^{1{,}001}} jusqu'à n=106n=10^{6} pour illustrer.
  • b) Déterminez, par le test de l'intégrale et la substitution u=lnxu=\ln x, la nature de n=21nlnn\sum_{n=2}^{\infty}\frac{1}{n\ln n} puis celle de n=21n(lnn)2\sum_{n=2}^{\infty}\frac{1}{n(\ln n)^{2}}.
  • c) Ces deux séries encadrent la frontière plus finement que Riemann. Situez-les par rapport à 1n\sum\frac{1}{n} et à 1n1,001\sum\frac{1}{n^{1{,}001}}, et expliquez pourquoi aucun critère fondé sur les seules puissances de nn ne peut les départager.
  • d) Niveau examen : que devient la stratégie de comparaison, sachant qu'il n'existe ni « dernière série divergente » ni « première série convergente » ? Formulez la règle pratique à appliquer devant une série inconnue.

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b)
c)
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Réponses

  • a) Aucun plus petit exposant ; S14,3S\approx 14{,}3
  • b) 1nlnn\frac{1}{n\ln n} diverge, 1n(lnn)2\frac{1}{n(\ln n)^{2}} converge
  • c) Coincée entre toutes les Riemann
  • d) Pas de frontière : comparer à une référence commode

a) Il n'existe AUCUN plus petit exposant convergent. Supposons qu'un p0>1p_{0}>1 soit le plus petit exposant pour lequel 1np\sum\frac{1}{n^{p}} converge. Posons p1=1+p02p_{1}=\frac{1+p_{0}}{2}, la moyenne de 1 et de p0p_{0}. Alors 1<p1<p01<p_{1}<p_{0}, et la série d'exposant p1p_{1} converge elle aussi puisque p1>1p_{1}>1 : contradiction avec la minimalité de p0p_{0}. L'ensemble des exposants convergents est l'intervalle OUVERT ]1,[]1,\infty[, et un intervalle ouvert n'a pas de plus petit élément. Illustration numérique : 1n1,001\sum\frac{1}{n^{1{,}001}} converge, et sa somme vaut environ 10,001=1000\frac{1}{0{,}001}=1000 d'après l'estimation par l'intégrale; pourtant la somme de son million de premiers termes ne vaut que 14,314{,}3. La convergence est réelle mais si lente qu'aucun calcul ne la manifeste : entre une divergence logarithmique et une convergence de ce type, aucune observation numérique ne saurait trancher. Seule la démonstration décide, et c'est le message central du chapitre.

b) Les deux fonctions f(x)=1xlnxf(x)=\frac{1}{x\ln x} et g(x)=1x(lnx)2g(x)=\frac{1}{x(\ln x)^{2}} sont positives, continues et décroissantes sur [2,[[2,\infty[ : le test de l'intégrale s'applique. Avec la substitution u=lnxu=\ln x, donc du=dxxdu=\frac{dx}{x} : 2dxxlnx=ln2duu\int_{2}^{\infty}\frac{dx}{x\ln x}=\int_{\ln 2}^{\infty}\frac{du}{u}, qui DIVERGE puisque c'est le cas p=1p=1 des intégrales impropres. Donc 1nlnn\sum\frac{1}{n\ln n} DIVERGE. Pour la seconde : 2dxx(lnx)2=ln2duu2=1ln21,443\int_{2}^{\infty}\frac{dx}{x(\ln x)^{2}}=\int_{\ln 2}^{\infty}\frac{du}{u^{2}}=\frac{1}{\ln 2}\approx 1{,}443, qui CONVERGE, cas p=2>1p=2>1. Donc 1n(lnn)2\sum\frac{1}{n(\ln n)^{2}} CONVERGE. La substitution a transformé la question en la question de Riemann elle-même, un cran plus loin sur l'échelle. Contrôles numériques éloquents : la première série atteint péniblement 3,573{,}57 à n=107n=10^{7}, la croissance suivant ln(lnn)\ln(\ln n), soit la divergence la plus lente qu'on rencontre au cégep; la seconde vaut 2,03742{,}0374 à n=106n=10^{6} et se stabilise.

c) Rangeons les quatre séries. 1n\sum\frac{1}{n} diverge. 1nlnn\sum\frac{1}{n\ln n} a un terme strictement PLUS PETIT que 1n\frac{1}{n} dès n3n\ge 3, et pourtant elle diverge encore : elle est donc « entre » la harmonique et les convergentes, strictement plus proche de la frontière. 1n(lnn)2\sum\frac{1}{n(\ln n)^{2}} converge, mais son terme est BIEN PLUS GRAND que 1n1,001\frac{1}{n^{1{,}001}} pour tout nn raisonnable : elle converge donc « de justesse », plus près de la frontière que n'importe quelle Riemann. On obtient l'emboîtement : harmonique, puis 1nlnn\frac{1}{n\ln n}, encore divergentes; puis 1n(lnn)2\frac{1}{n(\ln n)^{2}}, puis 1n1,001\frac{1}{n^{1{,}001}}, convergentes. Aucun critère fondé sur les seules puissances ne peut les départager, parce que pour TOUT p>1p>1 on a 1n(lnn)2>1np\frac{1}{n(\ln n)^{2}}>\frac{1}{n^{p}} à partir d'un certain rang, le logarithme au carré croissant moins vite que n'importe quelle puissance np1n^{p-1}; et pour p=1p=1 on a l'inégalité inverse. La série de Bertrand est ainsi coincée strictement entre toutes les Riemann convergentes et la Riemann divergente : elle échappe par construction à l'échelle des puissances, tout comme d'Alembert et Cauchy y sont aveugles, tous deux donnant L=1L=1.

d) Le constat est qu'il n'y a pas de frontière matérialisée par une série : entre toute divergente et toute convergente, on peut toujours en glisser une nouvelle, en ajoutant un étage de logarithmes, et le procédé ne s'arrête jamais. Il n'existe donc ni dernière divergente ni première convergente. La conséquence pratique n'est pas décourageante, au contraire, elle simplifie la méthode. Devant une série inconnue, on ne cherche pas LA série frontière, on cherche une référence COMMODE du bon côté, et l'on établit la comparaison. La règle en trois temps. Premièrement, identifier le comportement asymptotique du terme, en ne gardant que les facteurs dominants, ce qui donne presque toujours une forme 1np\frac{1}{n^{p}}, cnc^{n} ou 1n(lnn)q\frac{1}{n(\ln n)^{q}}. Deuxièmement, choisir la référence dans ce catalogue, en privilégiant la comparaison par LIMITE, qui dispense de toute inégalité. Troisièmement, si et seulement si le logarithme intervient de façon décisive, passer par le test de l'intégrale avec la substitution u=lnxu=\ln x, qui ramène le problème à Riemann. En pratique, ces trois étapes couvrent l'intégralité des séries qu'un examen de cégep peut proposer, et la seule erreur vraiment coûteuse serait de croire qu'un terme « très petit » suffit à garantir la convergence, alors que 1nlnn\frac{1}{n\ln n} est plus petit que 1n\frac{1}{n} et diverge tout autant.

Partie C : les classiques (/50)

Exercice 11 : Reconnaître le premier terme et la raison

Une série géométrique se reconnaît au quotient constant de deux termes consécutifs, mais sa somme exige deux lectures exactes : le PREMIER terme sommé et la raison. Les indices de départ et les puissances déguisées sont les pièges habituels.

  • a) Calculez n=043n\sum_{n=0}^{\infty}\frac{4}{3^{n}}.
  • b) Calculez n=12n+15n\sum_{n=1}^{\infty}\frac{2^{n+1}}{5^{n}}.
  • c) Calculez n=2(3)n4n\sum_{n=2}^{\infty}\frac{(-3)^{n}}{4^{n}}.
  • d) Pour quelles valeurs de xx la série n=0(2x1)n\sum_{n=0}^{\infty}(2x-1)^{n} converge-t-elle ? Donnez sa somme pour x=14x=\frac{1}{4}.
  • e) Combien de termes de la série de a) faut-il additionner pour approcher sa somme à 10310^{-3} près ?

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a)
b)
c)
d)
Intervalle de convergence ;
e)
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Réponses

  • a) 66
  • b) 43\frac{4}{3}
  • c) 928\frac{9}{28}
  • d) ]0,1[]0,1[ ; 23\frac{2}{3}
  • e) 88 termes

a) Premier terme 430=4\frac{4}{3^{0}}=4, raison 13\frac{1}{3} : S=4113=42/3=6S=\frac{4}{1-\frac{1}{3}}=\frac{4}{2/3}=6.

b) 2n+15n=2(25)n\frac{2^{n+1}}{5^{n}}=2\left(\frac{2}{5}\right)^{n} : raison 25\frac{2}{5}, et le premier terme sommé, en n=1n=1, vaut 45\frac{4}{5} et non 22. S=4/512/5=4/53/5=43S=\frac{4/5}{1-2/5}=\frac{4/5}{3/5}=\frac{4}{3}. Prendre a=2a=2, le coefficient, donnerait 103\frac{10}{3} : c'est la somme de la série démarrée en n=0n=0.

c) Raison r=34r=-\frac{3}{4}, r<1|r|<1 : convergence. Premier terme, en n=2n=2 : 916\frac{9}{16}. S=9/161+3/4=91647=9280,321S=\frac{9/16}{1+3/4}=\frac{9}{16}\cdot\frac{4}{7}=\frac{9}{28}\approx 0{,}321. Le signe de la raison entre dans 1r1-r : 1(34)=741-\left(-\frac{3}{4}\right)=\frac{7}{4}.

d) Série géométrique de raison 2x12x-1 et de premier terme 11 : elle converge si et seulement si 2x1<1|2x-1|<1, soit 1<2x1<1-1<2x-1<1, donc 0<x<10<x<1 : intervalle ]0,1[]0,1[. Aux bornes, la raison vaut 1-1 ou 11 et le terme ne tend pas vers 00 : divergence. Pour x=14x=\frac{1}{4} : r=12r=-\frac{1}{2} et S=11+1/2=23S=\frac{1}{1+1/2}=\frac{2}{3}.

e) Avec les termes de n=0n=0 à n=Nn=N, SN=6(113N+1)S_{N}=6\left(1-\frac{1}{3^{N+1}}\right) et l'erreur vaut exactement le reste 63N+1\frac{6}{3^{N+1}}. On veut 63N+1<103\frac{6}{3^{N+1}}<10^{-3}, soit 3N+1>60003^{N+1}>6000 ; comme 37=21873^{7}=2187 et 38=65613^{8}=6561, il faut N+1=8N+1=8 : huit termes suffisent. Une géométrique gagne un facteur fixe à chaque terme, d'où cette convergence rapide, sans commune mesure avec celle des séries de Riemann.

Exercice 12 : Le test du terme général en cinq verdicts

Premier réflexe devant toute série : regarder la limite du terme général. Si elle n'est pas nulle, la série diverge et l'étude est terminée. Pour chaque série ci-dessous, calculez la limite du terme général et concluez ; chacune tombe à ce premier filtre, à condition de calculer correctement la limite.

  • a) n1nsin(1n)\sum_{n\geq 1}n\sin\left(\frac{1}{n}\right)
  • b) n1(11n)n\sum_{n\geq 1}\left(1-\frac{1}{n}\right)^{n}
  • c) n1arctann\sum_{n\geq 1}\arctan n
  • d) n1(n3+n23n)\sum_{n\geq 1}\left(\sqrt[3]{n^{3}+n^{2}}-n\right)
  • e) n11nn\sum_{n\geq 1}\frac{1}{\sqrt[n]{n}}

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a)
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d)
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  • a) Terme vers 11 : divergente
  • b) Terme vers e1e^{-1} : divergente
  • c) Terme vers π2\frac{\pi}{2} : divergente
  • d) Terme vers 13\frac{1}{3} : divergente
  • e) Terme vers 11 : divergente

a) Avec u=1n0u=\frac{1}{n}\to 0 : nsin1n=sinuu10n\sin\frac{1}{n}=\frac{\sin u}{u}\to 1\neq 0 : DIVERGENTE. Le piège est de voir sin1n0\sin\frac{1}{n}\to 0 et de s'arrêter là : le facteur nn compense exactement.

b) ln[(11n)n]=nln(11n)1\ln\left[\left(1-\frac{1}{n}\right)^{n}\right]=n\ln\left(1-\frac{1}{n}\right)\to -1, car ln(1u)u\ln(1-u)\approx -u quand u0u\to 0. Le terme tend vers e10,3680e^{-1}\approx 0{,}368\neq 0 : DIVERGENTE. Une base qui tend vers 11 ne donne pas forcément 11 : c'est la forme indéterminée 11^{\infty}.

c) arctannπ21,5710\arctan n\to\frac{\pi}{2}\approx 1{,}571\neq 0 : DIVERGENTE, et les sommes partielles croissent comme π2n\frac{\pi}{2}n.

d) Factorisons : n3+n23=n(1+1n)1/3n(1+13n)=n+13\sqrt[3]{n^{3}+n^{2}}=n\left(1+\frac{1}{n}\right)^{1/3}\approx n\left(1+\frac{1}{3n}\right)=n+\frac{1}{3}, donc le terme tend vers 130\frac{1}{3}\neq 0 : DIVERGENTE. Contrôle : pour n=1000n=1000, le terme vaut 0,33320{,}3332. Une différence de deux quantités qui tendent vers l'infini peut avoir une limite non nulle, et c'est ici toute la question.

e) nn=elnnne0=1\sqrt[n]{n}=e^{\frac{\ln n}{n}}\to e^{0}=1, donc 1nn10\frac{1}{\sqrt[n]{n}}\to 1\neq 0 : DIVERGENTE. C'est le piège inverse de la série harmonique : 1nn\frac{1}{\sqrt[n]{n}} ressemble à « un sur quelque chose de grand », alors que la racine nn-ième ramène nn vers 11.

Exercice 13 : Comparaison ou d'Alembert : choisir l'outil

Cinq séries à termes positifs. Pour chacune, choisissez l'outil le plus direct, comparaison ou critère de d'Alembert, et concluez.

  • a) n112n+n\sum_{n\geq 1}\frac{1}{2^{n}+n}
  • b) n1n+1n3+2\sum_{n\geq 1}\frac{n+1}{n^{3}+2}
  • c) n1n33n\sum_{n\geq 1}\frac{n^{3}}{3^{n}}
  • d) n1n!(2n)!\sum_{n\geq 1}\frac{n!}{(2n)!}
  • e) n1(2n)!(n!)2\sum_{n\geq 1}\frac{(2n)!}{(n!)^{2}}

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a)
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d)
e)
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  • a) Majorée par (12)n\left(\frac{1}{2}\right)^{n} : converge
  • b) Comme 1n2\frac{1}{n^{2}} : converge
  • c) L=13L=\frac{1}{3} : converge
  • d) L=0L=0 : converge
  • e) L=4L=4 : diverge

a) 2n+n>2n2^{n}+n>2^{n}, donc 0<12n+n<(12)n0<\frac{1}{2^{n}+n}<\left(\frac{1}{2}\right)^{n}, terme d'une géométrique convergente : CONVERGENTE par comparaison directe. Ici l'inégalité tombe du bon côté : ajouter au dénominateur rend le terme plus petit.

b) Termes dominants : nn3=1n2\frac{n}{n^{3}}=\frac{1}{n^{2}}. Comparaison par limite : (n+1)/(n3+2)1/n2=n3+n2n3+21\frac{(n+1)/(n^{3}+2)}{1/n^{2}}=\frac{n^{3}+n^{2}}{n^{3}+2}\to 1, et 1n2\sum\frac{1}{n^{2}} converge : CONVERGENTE. D'Alembert donnerait un rapport de limite 11, donc aucune conclusion : pour une fraction rationnelle en nn, c'est toujours le cas.

c) an+1an=(n+1)33n+13nn3=13(1+1n)313<1\frac{a_{n+1}}{a_{n}}=\frac{(n+1)^{3}}{3^{n+1}}\cdot\frac{3^{n}}{n^{3}}=\frac{1}{3}\left(1+\frac{1}{n}\right)^{3}\to\frac{1}{3}<1 : CONVERGENTE. La puissance n3n^{3} ne pèse rien devant l'exponentielle.

d) an+1an=(n+1)!(2n+2)!(2n)!n!=n+1(2n+1)(2n+2)=12(2n+1)0<1\frac{a_{n+1}}{a_{n}}=\frac{(n+1)!}{(2n+2)!}\cdot\frac{(2n)!}{n!}=\frac{n+1}{(2n+1)(2n+2)}=\frac{1}{2(2n+1)}\to 0<1 : CONVERGENTE. Le piège est (2n+2)!=(2n+2)(2n+1)(2n)!(2n+2)!=(2n+2)(2n+1)\,(2n)! : deux facteurs de plus, et non un seul.

e) an+1an=(2n+2)!(2n)!(n!)2((n+1)!)2=(2n+2)(2n+1)(n+1)2=2(2n+1)n+14>1\frac{a_{n+1}}{a_{n}}=\frac{(2n+2)!}{(2n)!}\cdot\frac{(n!)^{2}}{((n+1)!)^{2}}=\frac{(2n+2)(2n+1)}{(n+1)^{2}}=\frac{2(2n+1)}{n+1}\to 4>1 : DIVERGENTE, et le terme général tend même vers l'infini. Contrôle : a10=(2010)=184756a_{10}=\binom{20}{10}=184\,756. Ces coefficients binomiaux centraux croissent comme 4n4^{n}, à un facteur πn\sqrt{\pi n} près.

Exercice 14 : L'effet multiplicateur : une dépense qui se répète

Un gouvernement injecte 1010 millions de dollars dans l'économie. Chaque ménage qui reçoit un revenu en dépense 7575 pour cent et épargne le reste ; la dépense des uns devient le revenu des autres, et ainsi de suite, vague après vague. On note D0=10D_{0}=10 la première vague, en millions de dollars.

  • a) Exprimez la vague DnD_{n} en fonction de nn et calculez la dépense totale n=0Dn\sum_{n=0}^{\infty}D_{n}.
  • b) Combien de vagues faut-il pour atteindre 9999 pour cent de ce total ?
  • c) Quelle propension à dépenser pp porterait le total à 5050 millions de dollars ?
  • d) On ajoute une taxe : 2020 pour cent de chaque revenu part à l'État, et l'on dépense 7575 pour cent de ce qui reste. Quel est le nouveau total des dépenses ?
  • e) Sans taxe, quelle somme est épargnée au total ? Interprétez.

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a)
b)
c)
d)
e)
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  • a) 4040 millions de dollars
  • b) 1717 vagues
  • c) p=0,8p=0{,}8
  • d) Raison 0,60{,}6 : 2525 millions
  • e) 1010 millions : toute l'injection

a) Chaque vague vaut 0,750{,}75 fois la précédente : Dn=10×0,75nD_{n}=10\times 0{,}75^{n}. Géométrique de raison 0,75<10{,}75<1 : total 1010,75=40\frac{10}{1-0{,}75}=40 millions de dollars. Le multiplicateur vaut 11p=4\frac{1}{1-p}=4 : chaque dollar injecté engendre quatre dollars de dépenses.

b) Les NN premières vagues, de n=0n=0 à n=N1n=N-1, totalisent 40(10,75N)40\left(1-0{,}75^{N}\right). On veut 0,75N0,010{,}75^{N}\leq 0{,}01, soit Nln0,01ln0,7516,01N\geq\frac{\ln 0{,}01}{\ln 0{,}75}\approx 16{,}01 (l'inégalité change de sens, car ln0,75<0\ln 0{,}75<0). Comme 0,75160,010020{,}75^{16}\approx 0{,}01002 est encore au-dessus de 0,010{,}01, il faut 1717 vagues. Arrondir à 1616 échoue de peu : on vérifie toujours la puissance entière.

c) 101p=50\frac{10}{1-p}=50 donne 1p=0,21-p=0{,}2, soit p=0,8p=0{,}8. Cinq points de propension en plus font passer le multiplicateur de 44 à 55 : quand pp approche 11, le multiplicateur explose, comme 11r\frac{1}{1-r} quand r1r\to 1.

d) Sur chaque revenu, il reste 0,80{,}8 après la taxe, dont on dépense 0,750{,}75 : la raison devient 0,8×0,75=0,60{,}8\times 0{,}75=0{,}6. Total : 1010,6=25\frac{10}{1-0{,}6}=25 millions de dollars. La taxe ne prélève que 2020 pour cent de chaque revenu, mais elle agit sur la RAISON, donc sur toutes les vagues à la fois : le total baisse de 37,537{,}5 pour cent.

e) Les ménages qui reçoivent la vague DnD_{n} en dépensent 0,75Dn=Dn+10{,}75D_{n}=D_{n+1} et en épargnent 0,25Dn0{,}25D_{n}. Épargne totale : 0,25×40=100{,}25\times 40=10 millions de dollars, exactement l'injection de départ. Le circuit s'éteint quand chaque dollar injecté a rejoint une épargne : c'est la lecture économique de la convergence de la série.

Exercice 15 : Les carrés emboîtés

On part d'un carré C0C_{0} de côté 44. En joignant les milieux de ses côtés, on obtient un carré C1C_{1}, et l'on recommence indéfiniment. À chaque étape, on colorie l'un des quatre triangles coupés dans les coins du carré précédent : la figure montre les quatre premiers.

C₀C₁C₂
  • a) Montrez que le côté de CnC_{n} vaut cn=4(12)nc_{n}=4\left(\frac{1}{\sqrt{2}}\right)^{n}, puis calculez la somme des aires de tous les carrés.
  • b) Calculez la somme des périmètres de tous les carrés.
  • c) Calculez l'aire totale coloriée, puis retrouvez le résultat par un argument de symétrie.
  • d) À partir de quel rang nn le côté cnc_{n} est-il inférieur à 0,010{,}01 ?
  • e) La somme des aires trouvée en a) dépasse l'aire 1616 de C0C_{0}, qui contient pourtant tous les carrés. Expliquez pourquoi il n'y a pas de contradiction, et donnez la limite de l'aire de CnC_{n}.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 3232
  • b) 32+16254,6332+16\sqrt{2}\approx 54{,}63
  • c) 44, le quart de 1616
  • d) n=18n=18
  • e) Carrés emboîtés ; aire vers 00

a) Le côté de Cn+1C_{n+1} est l'hypoténuse d'un triangle rectangle isocèle dont les côtés de l'angle droit mesurent cn2\frac{c_{n}}{2} : cn+1=cn24+cn24=cn2c_{n+1}=\sqrt{\frac{c_{n}^{2}}{4}+\frac{c_{n}^{2}}{4}}=\frac{c_{n}}{\sqrt{2}}. D'où cn=4(12)nc_{n}=4\left(\frac{1}{\sqrt{2}}\right)^{n} et l'aire cn2=16(12)nc_{n}^{2}=16\left(\frac{1}{2}\right)^{n} : géométrique de raison 12\frac{1}{2}, de somme 1611/2=32\frac{16}{1-1/2}=32.

b) Périmètres 4cn=16(12)n4c_{n}=16\left(\frac{1}{\sqrt{2}}\right)^{n} : raison 120,707<1\frac{1}{\sqrt{2}}\approx 0{,}707<1, somme 1611/2=16221=162(2+1)=32+16254,63\frac{16}{1-1/\sqrt{2}}=\frac{16\sqrt{2}}{\sqrt{2}-1}=16\sqrt{2}\left(\sqrt{2}+1\right)=32+16\sqrt{2}\approx 54{,}63. Les aires fondent plus vite que les longueurs : leur raison est le carré de celle des côtés.

c) Le triangle colorié dans un coin de CnC_{n} est le quart de la couronne CnC_{n} privée de Cn+1C_{n+1} : 14(cn2cn+12)=18cn2=2(12)n\frac{1}{4}\left(c_{n}^{2}-c_{n+1}^{2}\right)=\frac{1}{8}c_{n}^{2}=2\left(\frac{1}{2}\right)^{n}. Total : 211/2=4\frac{2}{1-1/2}=4. Symétrie : à chaque étape, les quatre coins se déduisent l'un de l'autre par rotation d'un quart de tour, et toutes les couronnes réunies pavent C0C_{0} entier, centre excepté, soit une aire 1616. Les triangles coloriés en représentent le quart : 44.

d) 4(12)n<0,014\left(\frac{1}{\sqrt{2}}\right)^{n}<0{,}01 équivaut à (2)n>400\left(\sqrt{2}\right)^{n}>400, soit n>ln400ln217,29n>\frac{\ln 400}{\ln\sqrt{2}}\approx 17{,}29 : à partir du rang n=18n=18, où c18=4×29=11280,0078c_{18}=4\times 2^{-9}=\frac{1}{128}\approx 0{,}0078.

e) Les carrés sont EMBOÎTÉS : C1C_{1} est dans C0C_{0}, C2C_{2} dans C1C_{1}, et ainsi de suite, si bien que la somme 3232 compte plusieurs fois les mêmes régions ; le centre appartient à tous les carrés. Additionner des aires ne donne l'aire d'une réunion que pour des pièces disjointes, comme les triangles de c), dont la somme 44 reste bien sous 1616. L'aire 16(12)n16\left(\frac{1}{2}\right)^{n} de CnC_{n} tend vers 00 : les carrés se referment sur le centre.

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