Calcul intégral 201-NYB • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal
Exercices corrigés : les suites numériques (201-NYB)
Voici la série d'exercices corrigés de calcul intégral 201-NYB sur les suites numériques, le chapitre qui ouvre l'étude des séries. La partie A installe le vocabulaire et les outils : terme général explicite ou récurrent, définition précise de la convergence, techniques de calcul de limites (terme dominant, conjugué, encadrement, passage par la fonction continue), et la suite géométrique rn avec ses quatre régimes selon la valeur de r. La partie B monte au niveau examen : le théorème de la convergence monotone et ses deux hypothèses, les suites définies par récurrence avec le piège du point fixe utilisé trop tôt, et enfin la distinction entre une suite et une série, celle qui explique pourquoi n1 tend vers zéro alors que ∑n1 diverge.
Cette série s'adresse aux étudiants de cégep en Sciences de la nature (cours de calcul intégral 201-NYB) comme aux élèves de Terminale du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas qui suivent le complément québécois de mathématiques.
Le chapitre est court et se travaille souvent trop vite, ce qui se paie ensuite pendant tout le bloc des séries. Une série n'est rien d'autre que la SUITE de ses sommes partielles : chaque théorème appris ici sera réutilisé tel quel plus tard, et un étudiant qui confond suite et série ne pourra plus rien comprendre aux critères de convergence.
Série autocorrigéeTape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.
•Une suite (an) est une fonction de N vers R : à chaque rang n elle associe un terme an. Elle peut être donnée par une formule EXPLICITE (an=n+32n+1) ou par RÉCURRENCE (a1=1 et an+1=2+an).
•Convergence : limn→∞an=L signifie que pour tout ε>0, il existe un rang N tel que n>N entraîne ∣an−L∣<ε. Une suite qui ne converge pas DIVERGE, soit vers ±∞, soit par oscillation.
•Passage par la fonction : si f(x)→L quand x→∞ et si an=f(n), alors an→L. Cela autorise L'Hôpital sur les suites. ATTENTION : la réciproque est fausse, car sin(2πn)=0 pour tout entier n alors que sin(2πx) n'a pas de limite.
•Suite géométrique rn : converge vers 0 si ∣r∣<1; converge vers 1 si r=1; diverge vers +∞ si r>1; diverge par oscillation si r≤−1.
•Théorème de la convergence monotone : toute suite CROISSANTE et MAJORÉE converge; toute suite DÉCROISSANTE et MINORÉE converge. Les deux hypothèses sont indispensables, et le théorème garantit l'existence de la limite sans en donner la valeur.
•Toute suite convergente est bornée. La réciproque est FAUSSE : (−1)n est bornée et diverge.
•Suite et série : la série ∑an est la SUITE de ses sommes partielles Sn=a1+⋯+an. Si ∑an converge alors an→0, mais la réciproque est fausse : n1→0 et pourtant ∑n1 diverge.
Partie A : Convergence, limites, monotonie et sommes (/50)
Exercice 1 : Terme général et définition de la limite
Une suite se donne de deux façons : par une formule qui calcule directement an, ou par une règle qui fabrique chaque terme à partir du précédent. La distinction gouverne toutes les méthodes du chapitre.
a) Pour an=n+32n+1, calculez les quatre premiers termes et conjecturez la limite. Pour b1=1 et bn+1=bn+3, faites de même, puis donnez une formule explicite pour bn.
b) Énoncez la définition formelle de limn→∞an=L, puis déterminez explicitement un rang N à partir duquel n+32n+1−2<0,01.
c) Quelle est la différence de nature entre une formule explicite et une formule de récurrence ? Laquelle permet de calculer a1000 directement, et pourquoi cela compte-t-il ?
d) Un étudiant écrit : « la suite an=n+32n+1 atteint sa limite 2 ». Corrigez, en précisant ce que « tendre vers » signifie exactement.
Voir la correction
Réponses
a)an→2 ; bn=3n−2 diverge
b)n+35<0,01 : N=497
c)L'explicite calcule a1000 directement
d)Jamais atteinte : l'écart n+35 reste positif
a) Pour (an) : a1=43=0,75, a2=55=1, a3=67≈1,167, a4=79≈1,286. Les termes croissent en se rapprochant de 2, ce qui suggère liman=2 (confirmé au point b), puisque le rapport des coefficients dominants est 12). Pour (bn) : b1=1, b2=4, b3=7, b4=10. On ajoute 3 à chaque étape, c'est une suite arithmétique de raison 3, donc bn=1+3(n−1)=3n−2. Vérification : b4=12−2=10 ✓. Cette suite DIVERGE vers +∞, ce qui rappelle qu'une suite parfaitement régulière n'est pas pour autant convergente.
b) Définition : limn→∞an=L si pour tout ε>0, il existe un rang N tel que pour tout n>N, ∣an−L∣<ε. Autrement dit, aussi petite que soit la marge ε qu'on exige, la suite finit par entrer dans cette marge et n'en ressort plus. Application avec ε=0,01 : n+32n+1−2=n+32n+1−2n−6=n+35. On veut n+35<0,01, soit n+3>500, soit n>497. On peut donc prendre N=497 : à partir du rang 498, tous les termes sont à moins de 0,01 de 2. Vérification : a498=501997≈1,99002, et l'écart vaut 5015≈0,00998<0,01 ✓.
c) Une formule EXPLICITE calcule an à partir de n seul : a1000 s'obtient en une substitution. Une formule de RÉCURRENCE calcule an à partir de an−1 : pour obtenir b1000 il faut en principe parcourir les 999 termes précédents. Seule la formule explicite permet donc un calcul direct, et c'est pourquoi on cherche souvent à convertir une récurrence en expression explicite, comme on l'a fait avec bn=3n−2. Cela compte parce que les techniques de limites du chapitre (terme dominant, L'Hôpital, conjugué) s'appliquent à une EXPRESSION en n : sans forme explicite, on ne peut pas les employer, et il faut alors passer par le théorème de la convergence monotone, ce que fait l'exercice 6.
d) La suite n'atteint jamais 2 : n+32n+1=2 exigerait 2n+1=2n+6, donc 1=6, ce qui est impossible pour tout n. « Tendre vers 2 » ne signifie pas atteindre 2, mais s'en approcher d'aussi près qu'on veut à partir d'un certain rang. L'écart n+35 reste strictement positif pour tout n, tout en devenant plus petit que n'importe quelle marge fixée d'avance. La confusion est fréquente parce que le langage courant emploie « tendre vers » et « atteindre » de manière interchangeable; en analyse, la différence est justement l'objet de la définition avec ε. À noter tout de même qu'une suite PEUT atteindre sa limite, par exemple une suite constante, ou une suite valant 0 à tous les rangs pairs, mais rien ne l'y oblige.
Exercice 2 : Calculer une limite de suite : quatre techniques
Les techniques sont celles des limites de fonctions, à une nuance près : la variable est entière, ce qui interdit certains raisonnements et en autorise d'autres.
a) Calculez limn→∞7n2+n3n2−5n+2 par la méthode du terme dominant.
b) Calculez limn→∞(n2+n−n).
c) Calculez limn→∞nlnn en justifiant le passage par la fonction continue. Pourquoi ce passage est-il légitime dans ce sens, et pourquoi la réciproque est-elle fausse ?
d) Calculez limn→∞ncosn et limn→∞n(−1)n. Quel théorème est en jeu, et pourquoi L'Hôpital serait-il inutilisable ici ?
Voir la correction
Réponses
a)73
b)Conjugué : 21
c)0, via la fonction xlnx
d)0 et 0 par les gendarmes
a) On factorise la puissance dominante au numérateur et au dénominateur, ici n2 : 7n2+n3n2−5n+2=n2(7+n1)n2(3−n5+n22)=7+n13−n5+n22. Tous les termes en n1 tendent vers zéro, donc la limite vaut 73. Règle générale pour un quotient de polynômes : si les degrés sont égaux, la limite est le rapport des coefficients dominants; si le degré du numérateur est plus petit, la limite est 0; s'il est plus grand, la suite diverge vers l'infini.
b) Forme ∞−∞, donc conjugué : n2+n−n=n2+n+n(n2+n−n)(n2+n+n)=n2+n+nn2+n−n2=n2+n+nn. On factorise n au dénominateur : n(1+n1+1)n=1+n1+11→21. La limite vaut 21. Le résultat mérite un commentaire : n2+n et n deviennent tous deux immenses, mais leur écart se stabilise à 21, ce qui montre que n2+n se comporte comme n+21 pour n grand.
c) On considère la fonction f(x)=xlnx, qui coïncide avec la suite aux entiers, c'est-à-dire an=f(n). Par L'Hôpital (forme ∞∞) : limx→∞11/x=0. Le théorème de passage garantit alors que nlnn→0. Le passage est légitime dans CE sens parce que les entiers font partie des réels : si toutes les valeurs réelles finissent dans la marge ε, les valeurs entières y sont a fortiori. La réciproque est fausse parce que la suite ne voit que des points isolés et peut manquer complètement le comportement de la fonction entre ces points : sin(2πn)=0 pour tout entier n, donc la SUITE converge vers 0, alors que la FONCTION sin(2πx) oscille sans limite. Conséquence pratique : si la limite de la fonction n'existe pas, on n'a rien appris sur la suite et il faut trouver un autre argument.
d) Les deux limites valent 0, par le théorème des GENDARMES (encadrement). Pour la première : −n1≤ncosn≤n1 puisque ∣cosn∣≤1, et les deux bornes tendent vers 0, donc la suite aussi. Pour la seconde : n(−1)n=n1→0, et une suite dont la valeur absolue tend vers 0 tend vers 0. L'Hôpital serait inutilisable pour deux raisons cumulées. D'abord ces expressions ne sont pas des formes indéterminées de type 00 ou ∞∞ : le numérateur est borné, pas infini. Ensuite (−1)n n'est même pas définie pour un x réel quelconque, il n'existe donc aucune fonction dérivable à qui appliquer la règle. L'encadrement est l'outil naturel dès qu'un facteur oscille en restant borné, et c'est le cas de figure le plus fréquent avec les suites.
Exercice 3 : Divergence et suite géométrique
Diverger ne veut pas dire exploser. Une suite bornée peut parfaitement diverger, et la suite géométrique rn est le catalogue complet des comportements possibles.
a) Étudiez rn selon la valeur de r : dressez les quatre régimes avec, pour chacun, une valeur de r et le comportement obtenu.
b) Montrez que an=(−1)n diverge, bien qu'elle soit bornée. Quelle idée de la définition de la limite est ici prise en défaut ?
c) Comparez (0,9)n et (1,1)n pour n=10, n=100 et n→∞. Que montre cette comparaison sur la sensibilité du régime à la valeur de r ?
d) « Toute suite convergente est bornée, mais toute suite bornée n'est pas convergente. » Justifiez les deux moitiés de cette phrase.
d)Convergente ⇒ bornée ; (−1)n réfute la réciproque
a) Les quatre régimes. Si ∣r∣<1, par exemple r=0,5 : rn→0, la suite converge, et elle le fait très vite. Si r=1 : la suite est constante égale à 1, donc converge vers 1. Si r>1, par exemple r=2 : rn→+∞, divergence vers l'infini. Si r≤−1, par exemple r=−1 (oscillation entre −1 et 1) ou r=−2 (oscillation d'amplitude croissante) : la suite diverge par oscillation, sans limite ni finie ni infinie. Le cas r=−1 est la frontière exacte : c'est le seul r pour lequel la suite reste bornée tout en divergeant. Ce classement resservira intégralement au chapitre des séries, où la série géométrique ∑rn converge exactement quand ∣r∣<1.
b) La suite vaut −1 pour n impair et 1 pour n pair : elle est bornée, puisque ∣an∣=1 pour tout n. Supposons par l'absurde qu'elle converge vers une limite L. En prenant ε=21 dans la définition, il devrait exister un rang N au-delà duquel TOUS les termes sont à moins de 21 de L. Mais au-delà de n'importe quel rang, on trouve à la fois des termes valant 1 et des termes valant −1, dont la distance mutuelle est 2 : ils ne peuvent pas être tous deux dans un intervalle de largeur 1. Contradiction, donc la suite diverge. L'idée prise en défaut est que la définition exige que TOUS les termes de rang assez grand se rapprochent d'une MÊME valeur; ici la suite a deux valeurs d'adhérence, 1 et −1, et n'en privilégie aucune. Être borné empêche d'exploser, mais n'oblige pas à se fixer.
c) Pour n=10 : (0,9)10≈0,349 et (1,1)10≈2,594, l'écart reste modeste. Pour n=100 : (0,9)100≈2,66×10−5 et (1,1)100≈13781, soit un rapport de plus de cinq cents millions. À la limite : la première tend vers 0, la seconde vers +∞. La comparaison montre que le régime bascule sur un SEUIL, la valeur ∣r∣=1, et que deux raisons distantes de seulement 0,2 produisent des destins opposés. C'est le propre de la croissance exponentielle : le facteur multiplicatif s'applique à chaque étape, si bien qu'un écart minime par tour devient un écart démesuré à l'arrivée. C'est aussi pourquoi, en finance comme en biologie, la valeur exacte du taux compte davantage que la durée.
d) Première moitié, toute suite convergente est bornée : si an→L, alors en prenant ε=1 il existe un rang N au-delà duquel tous les termes sont dans l'intervalle ]L−1,L+1[, donc bornés; et les termes de rang inférieur à N sont en nombre FINI, donc bornés eux aussi (un ensemble fini de nombres a toujours un plus grand et un plus petit élément). En combinant les deux, la suite entière est bornée. Seconde moitié, la réciproque est fausse : (−1)n du point b) est bornée et diverge, ce qui suffit à réfuter. La bonne façon d'utiliser cette implication est sa CONTRAPOSÉE : si une suite n'est pas bornée, elle ne converge pas. C'est un test de divergence rapide, et souvent le plus économique.
Exercice 4 : Monotonie et bornes : la différence, le rapport, et la fonction associée
Avant d'invoquer le théorème de la convergence monotone, encore faut-il PROUVER la monotonie. Trois outils s'offrent : la différence an+1−an, le rapport anan+1 pour les suites strictement positives, et l'étude de la fonction associée. Chacun a son domaine de compétence.
a) Étudiez la monotonie de an=2nn par le rapport anan+1. Attention au tout premier rang : que vaut le rapport pour n=1, et comment faut-il alors rédiger la conclusion ?
b) Étudiez bn=3n+42n−1 par la fonction associée f(x)=3x+42x−1. Montrez qu'elle est croissante et majorée, puis concluez et donnez la limite.
c) Un étudiant affirme : « si la suite (an) est décroissante, alors la fonction f telle que an=f(n) est décroissante ». Réfutez avec an=sin(2πn)+n1. Dans quel sens l'implication est-elle vraie ?
d) Niveau examen : étudiez cn=n!2n. Pourquoi la différence et la fonction associée sont-elles ici toutes deux inutilisables ? Concluez sur la convergence et devinez la limite.
Voir la correction
Réponses
a)Rapport 2nn+1 : a1=a2, stricte ensuite
b)f′>0, majorée par 32, limite 32
c)Faux ; vrai de f vers la suite
d)Rapport n+12 : converge vers 0
a) Tous les termes sont strictement positifs, le rapport est donc légitime : anan+1=2nn2n+1n+1=2n+1n+1⋅n2n=2nn+1. Pour n=1, ce rapport vaut 22=1 EXACTEMENT : les deux premiers termes sont égaux, a1=21 et a2=42=21. Pour n≥2, 2nn+1<1 équivaut à n+1<2n, soit n>1, ce qui est vérifié : le rapport est alors strictement inférieur à 1 et la suite est strictement décroissante. Rédaction correcte : la suite est décroissante au sens large à partir du rang 1, et STRICTEMENT décroissante à partir du rang 2. Écrire « la suite est strictement décroissante » sans réserve serait faux au rang 1, et c'est exactement le genre de détail qu'une correction sanctionne. Termes successifs : 0,5; 0,5; 0,375; 0,25; 0,15625.
b) La fonction associée est f(x)=3x+42x−1, définie et dérivable pour x≥1. Sa dérivée vaut f′(x)=(3x+4)22(3x+4)−3(2x−1)=(3x+4)26x+8−6x+3=(3x+4)211>0 : la fonction est strictement croissante sur [1,∞[, donc la suite bn=f(n) l'est aussi. Majoration : 3n+42n−1<32 équivaut à 3(2n−1)<2(3n+4), soit 6n−3<6n+8, soit −3<8, vrai pour tout n. La suite est donc croissante et majorée par 32 : par le théorème de la convergence monotone, elle CONVERGE. La limite se calcule ici directement par le terme dominant : 3n+42n−1=3+n42−n1→32. Premiers termes : 0,1429; 0,3; 0,3846; 0,4375; 0,4737, la montée vers 32 est lente mais régulière.
c) Le contre-exemple fonctionne parce que sin(2πn)=0 pour tout entier n : la SUITE se réduit donc à an=n1, qui est strictement décroissante. La FONCTION associée f(x)=sin(2πx)+x1, en revanche, oscille sans cesse : entre deux entiers consécutifs elle monte jusqu'à environ +1 puis redescend jusqu'à environ −1, et elle n'est monotone sur AUCUN intervalle de longueur 1. L'affirmation est donc fausse. La raison profonde est que la suite ne voit que des points ISOLÉS et ignore tout ce qui se passe entre eux, exactement comme pour la question des limites traitée à l'exercice 2c. L'implication vraie est celle de l'autre sens : si f est décroissante sur [1,∞[, alors an=f(n) est décroissante, puisque n<n+1 entraîne f(n)≥f(n+1). Conséquence pratique : la fonction associée est un outil pour PROUVER la monotonie d'une suite, jamais pour la réfuter. Si f′ change de signe, on n'a rien appris et il faut revenir à la différence ou au rapport.
d) La différence cn+1−cn=(n+1)!2n+1−n!2n demande de mettre au même dénominateur des factorielles, ce qui est faisable mais pénible; surtout, la fonction associée est carrément indisponible, car n! n'est pas définie pour un réel x quelconque. Il n'existe pas de fonction dérivable élémentaire prolongeant la factorielle qu'on puisse dériver au niveau du cours, donc ni f′ ni L'Hôpital ne sont utilisables. Le rapport, lui, est parfaitement adapté : cncn+1=(n+1)!2n+1⋅2nn!=n+12. Pour n=1 le rapport vaut 1 (donc c1=c2=2), et pour n≥2 il vaut n+12<1 : la suite est strictement décroissante à partir du rang 2, exactement comme au point a). Elle est de plus minorée par 0, puisque tous ses termes sont positifs. Par le théorème de la convergence monotone, elle CONVERGE. La limite est 0, ce qui se devine en observant que le rapport n+12 tend lui-même vers 0 : à partir d'un certain rang on multiplie par un facteur de plus en plus petit, donc l'écrasement s'accélère. Vérification : c7≈0,0254 et c30≈4×10−24. La factorielle bat l'exponentielle, ce qui prolonge d'un cran la hiérarchie du chapitre de L'Hôpital, et c'est exactement le mécanisme du critère de d'Alembert qui sera vu au chapitre des séries.
Exercice 5 : Les sommes de Riemann lues à l'envers : reconnaître une intégrale
Une somme dont le nombre de termes AUGMENTE avec n ne se traite par aucune des techniques de l'exercice 2 : on ne peut pas passer à la limite terme à terme, puisque le nombre de termes change. L'outil est ailleurs, et il vient du calcul intégral : si la somme a la forme n1∑f(nk), c'est une somme de Riemann, et sa limite est une intégrale.
a) Calculez limn→∞n1∑k=1n(nk)2 de deux façons : par la formule ∑k2=6n(n+1)(2n+1), puis en reconnaissant une intégrale. Les deux résultats concordent-ils ?
b) Pourquoi ne peut-on PAS conclure que limn→∞∑k=1nn+k1=0 au motif que chaque terme tend vers 0 ? Calculez la vraie limite en reconnaissant une somme de Riemann.
c) Soit In=∫01xndx. Calculez In puis limIn. Comparez avec le comportement de la fonction x↦xn en x=1 : y a-t-il contradiction ?
d) Niveau examen : montrez que limn→∞n(n!)1/n=e1 en passant par ln et en reconnaissant une somme de Riemann. On admettra ∫01lnxdx=−1.
Voir la correction
Réponses
a)31 des deux façons
b)ln2≈0,693
c)In=n+11→0, sans contradiction
d)e1≈0,3679
a) Première façon : n1∑k=1nn2k2=n31∑k=1nk2=n31⋅6n(n+1)(2n+1)=6n2(n+1)(2n+1). En développant, 6n22n2+3n+1=62+n3+n21→62=31. Seconde façon : la somme est exactement n1∑k=1nf(nk) avec f(x)=x2, c'est-à-dire la somme de Riemann à droite de f sur [0,1], avec Δx=n1 et les points xk=nk. Sa limite est donc ∫01x2dx=31. Les deux résultats concordent, ce qui est rassurant mais surtout révélateur : la formule de ∑k2 n'est disponible que pour quelques sommes très particulières, alors que la lecture en somme de Riemann fonctionne pour n'importe quelle f intégrable. Contrôle numérique : la valeur exacte 6n2(n+1)(2n+1) vaut 0,385 pour n=10 et 0,3333383 pour n=105.
b) Le raisonnement est faux parce que le NOMBRE de termes augmente en même temps que chaque terme diminue. Chaque terme n+k1 est de l'ordre de n1, mais il y en a n : le total reste de l'ordre de n⋅n1=1, donc rien ne tend vers 0. C'est la même illusion que pour la série harmonique : une infinité de contributions minuscules peut totaliser une quantité non nulle, et « passer à la limite terme à terme » n'est licite que si le nombre de termes est FIXE. Calcul correct : ∑k=1nn+k1=∑k=1nn(1+nk)1=n1∑k=1n1+nk1, qui est la somme de Riemann de f(x)=1+x1 sur [0,1]. La limite vaut donc ∫011+xdx=[ln(1+x)]01=ln2≈0,693. Contrôle numérique : la somme vaut 0,6688 pour n=10 et 0,69314 pour n=105, la convergence est lente et par en dessous.
c) In=∫01xndx=[n+1xn+1]01=n+11, donc limn→∞In=0. Comportement ponctuel de xn : pour tout x fixé dans [0,1[, xn→0; mais en x=1, xn=1 pour tout n, donc la limite ponctuelle vaut 1 en ce point précis. Y a-t-il contradiction ? Non, aucune. L'intégrale mesure une AIRE, et un point isolé n'a pas d'aire : que la fonction limite vaille 1 en x=1 et 0 partout ailleurs ne change rien au fait que l'aire sous xn tende vers 0. Géométriquement, la courbe de xn s'écrase contre l'axe sur presque tout l'intervalle et ne se redresse que dans une zone de plus en plus étroite près de x=1 : cette zone est bien de hauteur 1, mais sa largeur tend vers 0, et c'est le produit des deux qui décide. La leçon est que l'intégration ne se laisse pas gouverner par le comportement en un point isolé, ce qui est précisément ce qui la rend robuste.
d) Posons un=n(n!)1/n. Comme tous les termes sont positifs, on passe au logarithme : lnun=n1ln(n!)−lnn=n1∑k=1nlnk−lnn. En glissant lnn sous la somme, qui compte exactement n termes : lnun=n1∑k=1n(lnk−lnn)=n1∑k=1nln(nk). On reconnaît la somme de Riemann de f(x)=lnx sur [0,1], donc lnun→∫01lnxdx=−1, et par conséquent un→e−1=e1≈0,3679. Une remarque de rigueur mérite d'être faite : la fonction ln n'est pas bornée en 0, donc l'intégrale est impropre à cette borne; elle converge cependant, comme le montre le chapitre des intégrales impropres, et le résultat reste valable. Contrôle numérique : u10≈0,4529, u100≈0,3799, u2000≈0,3687, la convergence vers 0,3679 étant très lente. Ce résultat est une forme faible de la formule de Stirling, n!≈(en)n2πn, dont il extrait exactement le facteur dominant : la factorielle se comporte comme (en)n, ce qui justifie a posteriori pourquoi elle écrasait l'exponentielle à l'exercice précédent.
Partie B : Récurrence, suites adjacentes et passage aux séries (/50)
Exercice 6 : Le théorème de la convergence monotone
Ce théorème est le seul du chapitre qui prouve une convergence SANS calculer la limite. Il sera l'outil principal pour les suites récurrentes, dont on ne connaît pas de forme explicite.
a) Montrez que an=n+1n est croissante et majorée par 1. Que conclut le théorème, et quelle est la limite ?
b) Énoncez le théorème de la convergence monotone dans ses deux versions. Que garantit-il exactement, et que ne garantit-il pas ?
c) La suite an=(1+n1)n est croissante et majorée par 3. Que conclut-on ? Calculez a10, a1000 et identifiez la limite.
d) Montrez sur des exemples que les deux hypothèses sont indispensables : donnez une suite croissante non majorée, et une suite majorée non monotone, toutes deux divergentes.
Voir la correction
Réponses
a)Croissante, majorée par 1 : limite 1
b)Existence garantie, pas la valeur
c)a10≈2,5937 ; limite e
d)n diverge ; (−1)n diverge
a) Croissance : an+1−an=n+2n+1−n+1n=(n+2)(n+1)(n+1)2−n(n+2)=(n+2)(n+1)n2+2n+1−n2−2n=(n+2)(n+1)1>0, donc la suite est strictement croissante. Majoration : n+1n<1 pour tout n, puisque n<n+1. La suite est donc croissante et majorée par 1 : le théorème conclut qu'elle CONVERGE. La limite se calcule ici directement, n+1n=1+n11→1. Notez que le majorant 1 se trouve être exactement la limite, mais ce n'est pas une règle générale : n'importe quel majorant, même très grossier comme 100, aurait suffi à conclure à la convergence.
b) Version croissante : toute suite croissante et majorée converge, et sa limite est le plus petit des majorants (sa borne supérieure). Version décroissante : toute suite décroissante et minorée converge, vers sa borne inférieure. Ce que le théorème GARANTIT : l'EXISTENCE de la limite. Ce qu'il ne garantit PAS : sa valeur. C'est une distinction essentielle et elle est ce qui rend le théorème si utile : dans les cas où l'on ne sait pas calculer, on peut tout de même établir que la limite existe, puis la déterminer par un autre moyen, typiquement l'équation du point fixe de l'exercice suivant. Le théorème repose sur la propriété de la borne supérieure des nombres réels, et c'est d'ailleurs le premier endroit du cours où la complétude de R joue un rôle visible.
c) Les deux hypothèses étant vérifiées, le théorème conclut que la suite converge, et ce AVANT tout calcul de limite. Valeurs : a10=(1,1)10≈2,5937, a1000=(1,001)1000≈2,7169. La limite est le nombre e≈2,71828, et c'est même l'une des définitions possibles de e. La convergence est lente, ce qui illustre bien le propos du point b) : le théorème affirme que la limite existe, mais la valeur e ne se lit pas dans l'énoncé et demande un travail séparé, typiquement le calcul par logarithme vu au chapitre de L'Hôpital. Remarquez la forme 1∞ : la base tend vers 1 et l'exposant vers l'infini, et le résultat n'est ni 1 ni l'infini.
d) Croissante mais non majorée : an=n. Elle est strictement croissante, mais aucun réel ne la majore, et elle diverge vers +∞. L'hypothèse de majoration est donc indispensable : la monotonie seule empêche seulement d'osciller, pas de s'échapper. Majorée mais non monotone : an=(−1)n, majorée par 1 (et minorée par −1), qui diverge par oscillation comme montré à l'exercice 3. L'hypothèse de monotonie est donc indispensable elle aussi : être borné empêche de s'échapper, pas d'osciller. Les deux hypothèses éliminent ensemble les deux seules manières de diverger, et c'est exactement pourquoi leur conjonction suffit à garantir la convergence. C'est un théorème dont la démonstration est technique, mais dont la structure logique se retient très bien sous cette forme : bloquer la fuite et bloquer l'oscillation ne laisse d'autre issue que la convergence.
Exercice 7 : Les suites récurrentes et le piège du point fixe
Pour une suite définie par récurrence, il n'existe en général aucune formule explicite. La stratégie d'examen est en deux temps, et inverser ces deux temps est l'erreur la plus coûteuse du chapitre.
a) Soit a1=1 et an+1=2+an. Calculez a2, a3, a4 et conjecturez le comportement.
b) Montrez par récurrence que la suite est majorée par 2, puis qu'elle est croissante. Que conclut-on ?
c) Déterminez la limite par l'équation du point fixe.
d) Un étudiant applique directement la méthode du point fixe à b1=1, bn+1=2bn, obtient L=2L donc L=0, et conclut que la suite tend vers 0. Diagnostiquez l'erreur et énoncez la règle qu'elle viole.
Voir la correction
Réponses
a)3, 1,932, 1,983 : vers 2
b)Majorée par 2, croissante : converge
c)L=2+L : L=2
d)Point fixe appliqué sans convergence
a) a2=2+1=3≈1,732; a3=2+3≈3,732≈1,932; a4=2+1,932≈3,932≈1,983. Les termes croissent en se rapprochant de 2 sans sembler le dépasser : on conjecture une suite croissante, majorée par 2, convergeant vers 2. La conjecture ne vaut évidemment pas démonstration, et les points b) et c) fournissent les deux pièces manquantes.
b) Majoration par récurrence. Initialisation : a1=1≤2 ✓. Hérédité : supposons an≤2; alors 2+an≤4, donc an+1=2+an≤4=2 ✓. Par récurrence, an≤2 pour tout n. Croissance : on compare an+1 et an, c'est-à-dire 2+an et an. Comme les deux membres sont positifs, cela revient à comparer 2+an et an2, soit à étudier le signe de an2−an−2=(an−2)(an+1). Puisque 0<an≤2, le premier facteur est négatif ou nul et le second positif, donc le produit est négatif ou nul : an2≤2+an, d'où an≤an+1 ✓. La suite est croissante et majorée par 2 : par le théorème de la convergence monotone, elle CONVERGE. À ce stade on ne connaît toujours pas la limite, mais on sait qu'elle existe, et c'est précisément ce dont le point c) a besoin.
c) Notons L la limite, dont l'existence vient d'être établie. En passant à la limite dans la relation an+1=2+an, et puisque an+1 et an ont la même limite L tandis que la fonction racine est continue, on obtient L=2+L. En élevant au carré : L2=2+L, soit L2−L−2=0, soit (L−2)(L+1)=0, d'où L=2 ou L=−1. On écarte L=−1 car tous les termes sont positifs, donc la limite est positive ou nulle. Conclusion : liman=2, ce qui confirme la conjecture du point a).
d) L'erreur est d'avoir appliqué le point fixe SANS avoir d'abord établi que la suite converge. La suite bn=2n−1 vaut 1,2,4,8,16,… et diverge manifestement vers +∞. Le calcul L=2L⇒L=0 est formellement correct, mais il répond à la question « SI la limite existe, que peut-elle valoir ? », ce qui n'est pas la même chose que « la limite existe et vaut 0 ». Le raisonnement du point fixe est CONDITIONNEL : il suppose l'existence de L dès la première ligne, puisqu'écrire limbn+1=limbn=L n'a de sens que si cette limite existe. La règle violée : pour une suite récurrente, il faut TOUJOURS prouver la convergence avant de chercher la valeur de la limite, en pratique par le théorème de la convergence monotone. L'ordre des deux étapes n'est pas une préférence de rédaction, c'est ce qui sépare une démonstration d'un raisonnement circulaire. Un examinateur retire l'essentiel des points sur une réponse qui donne la bonne limite sans avoir justifié son existence.
Exercice 8 : De la suite à la série : la distinction qui décide de tout
Le chapitre débouche sur celui des séries, et une seule confusion suffit à rendre tout le bloc incompréhensible : celle entre la suite (an) et la série ∑an.
a) Pour an=2n1, calculez les cinq premiers termes de la suite, puis les cinq premières sommes partielles Sn. Que fait chacune des deux suites ?
b) Énoncez le lien exact entre la convergence de ∑an et celle de (an). La réciproque est-elle vraie ? Justifiez avec la série harmonique.
c) Énoncez le test du terme général (test de divergence) et appliquez-le à ∑n=1∞2n+1n.
d) Un étudiant écrit : « n1→0, donc ∑n1 converge ». Diagnostiquez l'erreur logique, et dites ce que le test permet et ne permet pas de conclure.
Voir la correction
Réponses
a)an→0, Sn→1 ; S5=0,96875
b)Série convergente ⇒ an→0 ; réciproque fausse
c)2n+1n→21 : divergente
d)Implication inversée : test de divergence seulement
a) Termes de la suite : a1=21=0,5; a2=0,25; a3=0,125; a4=0,0625; a5=0,03125. Sommes partielles : S1=0,5; S2=0,75; S3=0,875; S4=0,9375; S5=0,96875. La suite (an) tend vers 0, tandis que la suite des sommes partielles (Sn) tend vers 1. Ce sont deux objets DIFFÉRENTS avec deux limites différentes, construits à partir des mêmes nombres. Dire « la série converge vers 1 » signifie exactement que Sn→1 : la somme d'une série est par DÉFINITION la limite de ses sommes partielles, et rien d'autre. On vérifie ici la formule géométrique Sn=1−2n1, qui tend bien vers 1.
b) Le lien : SI ∑an converge, ALORS an→0. La démonstration tient en une ligne : an=Sn−Sn−1, et si Sn→S alors Sn−1→S également, donc la différence tend vers S−S=0. La réciproque est FAUSSE, et le contre-exemple canonique est la série harmonique : n1→0, pourtant ∑n1 DIVERGE (par le test de l'intégrale, puisque ∫1∞xdx=+∞). Interprétation : les termes deviennent petits, mais pas assez vite pour que leur accumulation reste finie. C'est le résultat le plus contre-intuitif du bloc des séries, et il vaut la peine d'être médité : une infinité de contributions minuscules peut parfaitement totaliser l'infini.
c) Test du terme général : si limn→∞an=0 (ou si cette limite n'existe pas), alors la série ∑an DIVERGE. C'est la contraposée du résultat du point b). Application : an=2n+1n→21=0 (rapport des coefficients dominants), donc ∑n=1∞2n+1n diverge. Le raisonnement intuitif : on additionne indéfiniment des quantités qui avoisinent 21, le total ne peut que croître sans borne. Ce test est le PREMIER à appliquer devant toute série, car il coûte une limite et élimine parfois la question en dix secondes.
d) L'erreur est une inversion d'implication. Le résultat vrai est « série convergente ⇒ terme général tendant vers 0 »; l'étudiant l'utilise dans le sens « terme général tendant vers 0 ⇒ série convergente », ce qui est la RÉCIPROQUE, et elle est fausse. La série harmonique en est le contre-exemple direct : elle satisfait l'hypothèse et ne satisfait pas la conclusion. Ce que le test permet : conclure à la DIVERGENCE quand le terme général ne tend pas vers 0. Ce que le test ne permet pas : conclure à la convergence quand le terme général tend vers 0. Dans ce dernier cas, le test est simplement MUET et il faut un autre critère (comparaison, intégrale, d'Alembert, séries alternées). La formulation à retenir mot pour mot : le test du terme général est un test de divergence uniquement, jamais un test de convergence.
Exercice 9 : Les suites adjacentes : encadrer une limite qu'on ne sait pas calculer
Deux suites sont ADJACENTES si l'une croît, l'autre décroît, et si leur différence tend vers 0. Elles convergent alors vers une MÊME limite, coincée entre les deux à tous les rangs. C'est le seul outil du chapitre qui fournit à la fois l'existence de la limite et un encadrement numérique explicite.
a) Énoncez le théorème des suites adjacentes et démontrez-le à partir du théorème de la convergence monotone.
b) Soient un=∑k=0nk!1 et vn=un+n⋅n!1. Admettez que (un) croît et que (vn) décroît, et montrez qu'elles sont adjacentes. Calculez u5 et v5, puis u10 et v10 : quelle précision obtient-on sur leur limite commune e ?
c) La méthode de DICHOTOMIE cherche une racine de f sur [a,b] en coupant l'intervalle en deux à chaque étape. Expliquez en quoi les deux bornes forment des suites adjacentes, et déterminez combien d'étapes sont nécessaires pour localiser la racine à 10−6 près sur [0,1].
d) Les trois hypothèses sont-elles toutes nécessaires ? Considérez un=−n1 et vn=1+n1 : vérifiez la monotonie de chacune et l'inégalité un<vn, puis dites ce qui manque et ce qu'on peut malgré tout conclure.
Voir la correction
Réponses
a)Croissante, décroissante, écart vers 0 : même limite
b)2,71667<e<2,71833 ; 7 décimales au rang 10
c)20 étapes
d)Écart →1 : limites 0 et 1 distinctes
a) Théorème : si (un) est croissante, (vn) décroissante, et lim(vn−un)=0, alors les deux suites convergent vers une même limite L, et pour tout n on a un≤L≤vn. Démonstration. Posons wn=vn−un. Elle est décroissante, comme différence d'une décroissante et d'une croissante, et elle tend vers 0 : elle est donc positive à tous les rangs, car une suite décroissante qui deviendrait négative ne pourrait plus remonter vers 0. On a donc un≤vn pour tout n. Il s'ensuit que (un), croissante, est majorée par v0, puisque un≤vn≤v0; par le théorème de la convergence monotone elle converge, vers une limite L. Symétriquement, (vn), décroissante, est minorée par u0 et converge vers une limite L′. Enfin L′−L=lim(vn−un)=0, donc L=L′. L'encadrement final vient de la monotonie : (un) croît vers L donc reste en dessous, et (vn) décroît vers L donc reste au-dessus.
b) Adjacence : les deux monotonies sont admises, et il reste à vérifier la troisième condition, vn−un=n⋅n!1→0, ce qui est immédiat puisque n⋅n! tend vers l'infini très rapidement. Les deux suites sont donc adjacentes et convergent vers une limite commune, dont on sait par ailleurs qu'elle vaut e. Valeurs : u5=1+1+21+61+241+1201=2,7166667 et v5=u5+5×1201=2,7183333, d'où l'encadrement 2,7166667<e<2,7183333 : deux décimales exactes pour six termes. Au rang 10 : u10=2,718281801 et v10=2,718281829, l'écart valant 10×10!1≈2,8×10−8 : sept décimales exactes. La valeur e=2,718281828 est bien comprise entre les deux. C'est la force de la méthode : l'encadrement fournit une borne d'erreur GARANTIE, connue avant même de savoir combien vaut e, ce qu'aucun calcul approché isolé ne peut offrir.
c) À chaque étape, on évalue f au milieu m de l'intervalle courant et l'on conserve la moitié aux bornes de signes opposés. La suite (an) des bornes gauches ne peut que croître, puisqu'une borne gauche est soit conservée, soit remplacée par le milieu, qui est plus grand; symétriquement, la suite (bn) des bornes droites ne peut que décroître. Enfin la largeur bn−an=2nb−a tend vers 0. Les deux suites sont donc adjacentes, et leur limite commune est la racine cherchée, qui reste encadrée à chaque étape par construction. Nombre d'étapes sur [0,1] : on veut 2n1≤10−6, soit 2n≥106, soit n≥ln26ln10≈19,93 : il faut donc n=20 étapes, ce qui donne une largeur de 2−20≈9,5×10−7. On retiendra la règle d'usage : environ 10 étapes par facteur 103, soit un peu plus de 3 étapes par décimale gagnée. La dichotomie est lente comparée à la méthode de Newton, mais elle ne peut jamais échouer, et c'est exactement ce que garantit le théorème des suites adjacentes.
d) Vérifions les hypothèses une à une. un=−n1 : les valeurs sont −1; −0,5; −0,333; elle est bien CROISSANTE. vn=1+n1 : les valeurs sont 2; 1,5; 1,333; elle est bien DÉCROISSANTE. Et un<0<1<vn pour tout n, donc l'inégalité est satisfaite. Ce qui manque est la troisième hypothèse, la seule qui compte vraiment : vn−un=1+n2→1=0. Les suites ne sont donc PAS adjacentes. Ce qu'on peut malgré tout conclure : chacune converge séparément, par le théorème de la convergence monotone, un→0 et vn→1; simplement, leurs limites sont DIFFÉRENTES. L'exemple montre que la monotonie croisée n'entraîne à elle seule aucun rapprochement : elle garantit seulement que les deux suites ne se croisent pas et que l'intervalle [un,vn] rétrécit ou reste stable. C'est la convergence de la largeur vers ZÉRO qui force les deux limites à coïncider, et c'est donc l'hypothèse qu'un examen vérifiera en priorité. Formulation à retenir : deux suites monotones en sens contraires définissent des intervalles emboîtés, mais des intervalles emboîtés ne se réduisent à un point que si leur longueur tend vers 0.
Exercice 10 : Points fixes attractifs et répulsifs : quand la récurrence refuse de converger
L'exercice 7 a montré qu'il faut prouver la convergence AVANT de résoudre L=f(L). Reste une question qu'il n'a pas posée : quand la suite converge-t-elle, au juste ? La réponse tient dans une seule quantité, ∣f′(L)∣, et elle explique tous les comportements de ce chapitre.
a) Soit a1=2 et an+1=an1. Calculez les cinq premiers termes. L'équation du point fixe admet-elle une solution ? La suite converge-t-elle vers elle ?
b) Énoncez le critère : si an+1=f(an) converge vers L avec f(L)=L, le point fixe est ATTRACTIF quand ∣f′(L)∣<1 et RÉPULSIF quand ∣f′(L)∣>1. Appliquez-le à f(x)=2+x au point L=2 de l'exercice 7, puis à la suite du point a).
c) Soit an+1=an2. Déterminez les deux points fixes et leur nature. Puis calculez les six premiers termes pour a1=0,5 et pour a1=1,5 : que conclut-on sur le rôle de la valeur initiale ?
d) Niveau examen : la suite logistique an+1=ran(1−an) modélise une population. Pour r=2,5, montrez que le point fixe non nul est attractif et donnez sa valeur. Pour r=3,2, montrez qu'il est répulsif; sachant que la suite s'installe alors sur un cycle de période 2 dont les valeurs sont environ 0,799 et 0,513, expliquez ce que devient l'équation du point fixe.
Voir la correction
Réponses
a)Oscille entre 2 et 21 ; L=1 jamais atteint
b)f′(2)=41 attractif ; f′(1)=−1 frontière
c)0 attractif, 1 répulsif : la valeur initiale décide
d)0,6 attractif ; f′(L)=−1,2, cycle de période 2
a) Les termes sont a1=2; a2=21=0,5; a3=2; a4=0,5; a5=2. La suite oscille indéfiniment entre 2 et 21, sans jamais se stabiliser : elle DIVERGE par oscillation, exactement comme (−1)n à l'exercice 3. L'équation du point fixe, elle, admet bien des solutions : L=L1 donne L2=1, soit L=1 ou L=−1, et la solution positive L=1 est parfaitement légitime. Pourtant la suite ne converge vers aucune des deux. C'est l'illustration la plus nette de l'avertissement de l'exercice 7 : résoudre L=f(L) ne prouve RIEN. L'équation dit seulement quelle valeur serait la limite SI la suite convergeait; ici elle ne converge pas, et la réponse fournie par l'équation est sans objet. Remarquons au passage que la suite reste bornée entre 21 et 2 : être borné n'empêche toujours pas d'osciller.
b) Le critère se comprend par l'ÉCART à la limite. Posons en=an−L. Alors en+1=an+1−L=f(an)−f(L)≈f′(L)(an−L)=f′(L)en, par l'approximation affine de f au voisinage de L. L'erreur est donc MULTIPLIÉE par f′(L) à chaque étape : si ∣f′(L)∣<1 elle se contracte géométriquement et la suite est aspirée vers L; si ∣f′(L)∣>1 elle s'amplifie et la suite est repoussée, à moins de tomber exactement sur L. Application à f(x)=2+x : f′(x)=22+x1, donc f′(2)=241=41. Comme 41<1, le point fixe L=2 est ATTRACTIF, ce qui confirme et explique la convergence observée à l'exercice 7 : chaque étape divise l'erreur par environ 4. Application au point a) : f(x)=x1, donc f′(x)=−x21 et f′(1)=−1, de valeur absolue exactement 1. C'est le cas FRONTIÈRE, que le critère ne tranche pas : l'erreur n'est ni contractée ni amplifiée, seulement changée de signe, ce qui produit précisément l'oscillation sans amortissement observée. Le critère est donc concluant en dehors du cas ∣f′(L)∣=1, où il faut une étude spécifique.
c) Points fixes : L=L2 donne L(L−1)=0, soit L=0 ou L=1. Nature : f(x)=x2 donc f′(x)=2x; en L=0, f′(0)=0, de valeur absolue inférieure à 1, le point fixe est ATTRACTIF, et même très fortement puisque l'erreur est élevée au carré à chaque étape; en L=1, f′(1)=2>1, le point fixe est RÉPULSIF. Termes pour a1=0,5 : 0,5; 0,25; 0,0625; 0,00390625; 1,5×10−5; 2,3×10−10 : la suite plonge vers 0, et le nombre de décimales exactes DOUBLE à chaque étape. Termes pour a1=1,5 : 1,5; 2,25; 5,0625; 25,63; 656,8; 431440 : la suite explose vers +∞. Conclusion sur la valeur initiale : elle décide de tout. Le point fixe répulsif L=1 agit comme une ligne de partage, un SEUIL séparant deux bassins d'attraction, celui de 0 pour ∣a1∣<1 et celui de l'infini pour ∣a1∣>1. Pour a1=1 exactement, la suite reste constante égale à 1, mais la moindre perturbation la fait basculer d'un côté ou de l'autre : c'est ce qu'on appelle un équilibre instable, et c'est le sens concret du mot « répulsif ».
d) Points fixes de f(x)=rx(1−x) : L=rL(1−L) donne L=0 ou 1=r(1−L), soit L=1−r1. Dérivée : f′(x)=r(1−2x), donc au point fixe non nul f′(L)=r(1−2(1−r1))=r(r2−1)=2−r. Pour r=2,5 : L=1−2,51=0,6 et f′(L)=2−2,5=−0,5, de valeur absolue 0,5<1 : le point fixe est ATTRACTIF, et la suite converge vers 0,6, ce que confirme le calcul numérique après quelques centaines d'itérations. La population se stabilise à 60 pour cent de la capacité maximale. Pour r=3,2 : L=1−3,21=0,6875 et f′(L)=2−3,2=−1,2, de valeur absolue 1,2>1 : le point fixe est RÉPULSIF. La suite ne peut donc pas converger vers 0,6875, et l'itération numérique montre qu'elle s'installe sur un cycle alternant 0,7995 et 0,5130. Ce que devient l'équation du point fixe : L=0,6875 reste une solution parfaitement valide de L=f(L), et c'est toujours la seule limite possible; mais comme la suite ne converge pas, cette solution ne correspond à aucune limite réelle. Le cycle de période 2, lui, est solution d'une AUTRE équation, L=f(f(L)) : les deux valeurs du cycle sont des points fixes de la fonction composée, chacune s'envoyant sur l'autre par f. C'est le premier étage de ce qu'on appelle le doublement de période, qui se poursuit quand r augmente encore jusqu'au régime chaotique. Pour l'examen, la conclusion à retenir est celle du chapitre entier : une suite récurrente peut avoir un point fixe, l'approcher, et ne jamais l'atteindre; seule l'étude de ∣f′(L)∣ dit ce qui se passe réellement.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : La suite arithmético-géométrique : une dose chaque jour
Un patient prend chaque matin 3 mg d'un médicament, et son organisme élimine 20 pour cent de la quantité présente d'un matin à l'autre. On note un la quantité, en mg, présente juste après la prise du jour n, avec u0=5 : un+1=0,8un+3.
a) Si la suite converge, quelle est sa limite L ?
b) On pose vn=un−L. Montrez que (vn) est géométrique et donnez sa raison.
c) Déduisez-en un en fonction de n, puis la convergence de (un).
d) Calculez u10.
e) À partir de quel jour la quantité dépasse-t-elle 14,9 mg ?
Voir la correction
Réponses
a)L=15
b)vn+1=0,8vn
c)un=15−10×0,8n→15
d)u10≈13,926 mg
e)Jour 21
a) L=0,8L+3 donne 0,2L=3, soit L=15 mg. Ce calcul est conditionnel : il dit ce que vaudrait la limite si elle existe, la preuve vient en c).
b) vn+1=un+1−15=0,8un+3−15=0,8un−12=0,8(un−15)=0,8vn : suite géométrique de raison 0,8 et de premier terme v0=5−15=−10.
c) vn=−10×0,8n, donc un=15−10×0,8n. Comme 0<0,8<1, 0,8n→0 et un→15 : la convergence est maintenant démontrée, et la suite croît vers 15. Le point fixe est attractif, puisque ∣f′(15)∣=0,8<1 pour f(x)=0,8x+3.
d) u10=15−10×0,810≈15−1,074=13,926 mg.
e) 15−10×0,8n>14,9 équivaut à 0,8n<0,01, soit n>ln0,8ln0,01≈20,64 (le sens de l'inégalité change, ln0,8 étant négatif). À partir du jour 21. Le traitement atteint son régime stable en trois semaines, quelle que soit la quantité de départ.
Exercice 12 : Fibonacci, le quotient de deux termes et le nombre d'or
La suite de Fibonacci est définie par F1=F2=1 et Fn+2=Fn+1+Fn. On étudie le quotient rn=FnFn+1.
a) Calculez F3 à F11.
b) Montrez que rn+1=1+rn1.
c) En admettant que (rn) converge, trouvez sa limite φ.
d) Calculez ∣f′(φ)∣ pour f(x)=1+x1. Le point fixe est-il attractif ? Comparez r10 à φ.
e) La formule de Binet donne Fn=5φn−ψn avec ψ=21−5. Pourquoi Fn est-il l'entier le plus proche de 5φn ? Calculez F20 ainsi.
Voir la correction
Réponses
a)F10=55, F11=89
b)rn+1=1+rn1
c)φ=21+5≈1,618
d)φ21≈0,382 : attractif ; r10≈1,61818
e)F20=6765
a) 2, 3, 5, 8, 13, 21, 34, 55, 89 : F10=55 et F11=89.
b) rn+1=Fn+1Fn+2=Fn+1Fn+1+Fn=1+Fn+1Fn=1+rn1.
c) φ=1+φ1 donne φ2−φ−1=0, de racines 21±5. Tous les rn sont positifs, donc φ=21+5≈1,618034, le nombre d'or.
d) f′(x)=−x21 et ∣f′(φ)∣=φ21≈0,382<1 : point fixe attractif. Le signe négatif fait osciller la suite autour de φ : r1=1, r2=2, r3=1,5, r4≈1,667... et chaque étape divise l'écart par φ2≈2,6. r10=5589≈1,61818, à 1,5×10−4 de φ.
e) ∣ψ∣≈0,618<1, donc 5ψn<51<21 pour tout n≥1 : Fn est un entier situé à moins de 21 de 5φn, c'est donc l'entier le plus proche. 5φ20≈6765,00003, d'où F20=6765. La suite de Fibonacci croît comme une suite géométrique de raison φ : c'est ce que disait déjà la limite de rn.
Exercice 13 : Cinq limites de suites où l'exposant dépend de n
Quand n figure à la fois dans la base et dans l'exposant, ou dans une racine n-ième, les techniques de l'exercice 2 ne suffisent pas : on passe au logarithme ou on encadre.
a) Calculez lim(1+n2)n.
b) Calculez limn1/n.
c) Calculez lim1,01nn10.
d) Calculez lim(3n+2n)1/n par encadrement.
e) Calculez lim(1−n1)n.
Voir la correction
Réponses
a)e2≈7,389
b)1
c)0
d)3
e)e−1≈0,3679
a) ln(1+n2)n=nln(1+n2)=2⋅2/nln(1+2/n)→2, puisque uln(1+u)→1. La limite vaut e2≈7,389. Forme 1∞ : ni 1 ni l'infini.
b) lnn1/n=nlnn→0 (exercice 2), donc n1/n→e0=1. Le n grandit, mais la racine n-ième l'écrase exactement assez.
c) ln1,01nn10=10lnn−nln1,01=n(n10lnn−ln1,01)→−∞, car la parenthèse tend vers −ln1,01<0. La limite vaut 0 : toute exponentielle de base supérieure à 1 finit par battre toute puissance, même si pour n=1000 on a encore 1,011000100010≈4,8×1025.
d) 3n≤3n+2n≤2⋅3n, donc 3≤(3n+2n)1/n≤21/n⋅3. Comme 21/n→1, les gendarmes donnent la limite 3 : le plus grand terme impose sa loi.
e) nln(1−n1)=−−1/nln(1−1/n)→−1, donc la limite vaut e−1≈0,3679. C'est la probabilité, pour n grand, de ne jamais tirer une boule donnée en n tirages avec remise parmi n boules.
Exercice 14 : Problème : le remboursement d'un prêt
On emprunte 20000 dollars au taux mensuel de 0,5 pour cent, et l'on rembourse P dollars à la fin de chaque mois. Le solde Bn après n mois vérifie Bn+1=1,005Bn−P, avec B0=20000. On prend d'abord P=400.
a) Calculez le point fixe L de la récurrence.
b) Montrez que Bn=L+(B0−L)×1,005n et écrivez-le avec les valeurs.
c) Au bout de combien de mensualités le prêt est-il remboursé ?
d) Que se passe-t-il avec P=100 ? Avec P=90 ? Reliez à la nature du point fixe.
e) Quelle mensualité P rembourse exactement le prêt en 36 mois ?
Voir la correction
Réponses
a)L=80000
b)Bn=80000−60000×1,005n
c)58 mensualités
d)Point fixe répulsif : constant pour 100, dette croissante pour 90
e)P≈608,44 dollars
a) L=1,005L−P donne 0,005L=P, soit L=0,005400=80000 dollars.
b) Bn+1−L=1,005Bn−P−(1,005L−P)=1,005(Bn−L) : l'écart au point fixe est géométrique de raison 1,005. Donc Bn=80000−60000×1,005n.
c) Bn≤0 équivaut à 1,005n≥34, soit n≥ln1,005ln(4/3)≈57,68. Il faut 58 mensualités, la dernière réduite : après 57 mois il reste environ 271 dollars.
d) f(x)=1,005x−P a pour dérivée 1,005>1 : le point fixe est RÉPULSIF, l'écart grandit toujours. Avec P=100, L=20000=B0 : le solde reste constant, on ne paie que les intérêts, pour toujours. Avec P=90, L=18000<B0 : Bn=18000+2000×1,005n→+∞, la dette grossit. Le prêt ne se rembourse que si B0<L, c'est-à-dire si la mensualité dépasse les intérêts du premier mois.
e) On veut B36=0 : 0,005P(1−1,00536)+20000×1,00536=0, soit P=1,00536−120000×0,005×1,00536≈0,19668100×1,19668≈608,44 dollars. Total payé : 36×608,44≈21904 dollars, dont environ 1904 d'intérêts.
Exercice 15 : Problème : le flocon de Koch, un périmètre infini autour d'une aire finie
On part d'un triangle équilatéral de côté 1. À chaque étape, on remplace chaque côté par quatre segments de longueur trois fois plus petite, en dressant un petit triangle équilatéral sur le tiers central. On note Nn le nombre de côtés, Pn le périmètre et An l'aire après n étapes.
a) Exprimez Nn et la longueur d'un côté en fonction de n.
b) Déduisez-en Pn, sa limite, et P10.
c) Combien de petits triangles ajoute-t-on à l'étape n≥1, et quelle est l'aire de chacun ?
d) Montrez que An=A0[1+43∑k=1n(94)k] avec A0=43, puis calculez limAn.
e) À partir de quelle étape le périmètre dépasse-t-il 1000 ?
Voir la correction
Réponses
a)Nn=3×4n, côté 3−n
b)Pn=3(34)n→∞ ; P10≈53,27
c)3×4n−1 triangles d'aire 439−n
d)58A0=523≈0,6928
e)Étape 21
a) Chaque côté devient 4 côtés : Nn=3×4n. Chaque longueur est divisée par 3 : un côté mesure 3−n.
b) Pn=3×4n×3−n=3(34)n. Suite géométrique de raison 34>1 : Pn→+∞. P10=3(34)10≈53,27.
c) On dresse un triangle sur chaque côté de l'étape précédente : Nn−1=3×4n−1 triangles, de côté 3−n, donc d'aire 43×9−n chacun.
d) Aire ajoutée à l'étape k : 3×4k−1×43×9−k=43×43(94)k, d'où la formule. La somme géométrique vaut 94⋅1−4/91−(4/9)n→5/94/9=54. Donc An→A0(1+43×54)=58A0=523≈0,6928.
e) 3(34)n>1000 donne n>ln(4/3)ln(1000/3)≈20,19 : à partir de l'étape 21. La courbe limite est enfermée dans un disque de rayon 1 et a une aire finie, mais une longueur infinie : les deux suites, de raisons 34 et 94, vivent de part et d'autre du seuil 1.
Vous cherchez un tuteur en calcul intégral 201-NYB à Montréal ?
Contactez-moi pour une première séance. On travaille le calcul intégral NYB au niveau réel des évaluations, en commençant par les suites, le chapitre qui conditionne toute la réussite du bloc des séries.