Calcul intégral 201-NYB • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal
Exercices corrigés : les coordonnées polaires (201-NYB)
Presque toutes les erreurs de ce chapitre viennent d'une seule cause : en polaire, un même point du plan a une infinité de représentations. C'est ce qui rend les tests de symétrie seulement suffisants, ce qui fait que deux courbes peuvent se croiser sans que le système r1(θ)=r2(θ) le détecte, et ce qui explique pourquoi choisir les bornes d'intégration est ici plus difficile que calculer l'intégrale.
L'exercice 6 installe la formule d'aire 21∫r2dθ et montre pourquoi ce n'est PAS ∫rdθ. L'exercice 8 est celui qui départage en examen : l'aire commune à une cardioïde et à un cercle, avec le pôle comme intersection invisible. L'exercice 9 contient le piège de la valeur absolue qui transforme une longueur de 8 en une longueur de 0.
Série autocorrigéeTape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.
•Conversion : x=rcosθ, y=rsinθ, r2=x2+y2. L'angle NE se lit pas directement sur arctanxy : il faut ajouter π si le point est dans le deuxième ou le troisième quadrant.
•Un même point admet les représentations (r,θ+2kπ) et (−r,θ+π). Le pôle est (0,θ) pour TOUT θ.
•Tests de symétrie : axe polaire si (r,−θ) ou (−r,π−θ) convient ; axe θ=2π si (r,π−θ) ou (−r,−θ) convient ; pôle si (−r,θ) ou (r,θ+π) convient. Ces tests sont SUFFISANTS, jamais nécessaires.
•Rosace r=acoskθ : k pétales si k est impair, 2k pétales si k est pair.
•Limaçon r=a+bcosθ avec a,b>0 : boucle intérieure si a<b, cardioïde si a=b, creux si b<a<2b, convexe si a≥2b.
•Pente : dxdy=r′cosθ−rsinθr′sinθ+rcosθ. Si r(θ0)=0 et r′(θ0)=0, la tangente au pôle est la droite θ=θ0.
Partie A : Repérage, courbes de base, symétries et tangentes (/50)
Exercice 1 : Le repérage polaire et le piège de l'arctangente
Passer du cartésien au polaire demande deux calculs : un module, qui ne pose jamais de problème, et un angle, qui en pose presque toujours. La calculatrice renvoie arctanxy, une valeur comprise entre −2π et 2π : elle ne peut donc JAMAIS désigner un point du deuxième ou du troisième quadrant.
a) Donnez une représentation polaire de (−1,3) avec r>0 et θ∈[0,2π[. Comparez avec ce que renvoie arctanxy.
b) Même question pour (3,−3) et pour (−2,−23).
c) Donnez les coordonnées cartésiennes du point polaire (4,65π).
d) Écrivez quatre représentations polaires distinctes du point (2,3π), dont une avec r<0. Que dire du pôle ?
e) Démontrez que la distance entre les points polaires (r1,θ1) et (r2,θ2) vaut r12+r22−2r1r2cos(θ1−θ2), puis appliquez-la à (3,6π) et (5,2π).
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Réponses
a)(2;32π) ; arctan donne −3π, faux
b)(32;47π) et (4;34π)
c)(−23;2)
d)37π, −35π, (−2;34π) ; le pôle en a une infinité
e)Loi des cosinus ; 19≈4,36
a) r=1+3=2. Le point est dans le DEUXIÈME quadrant (x<0, y>0). La calculatrice donne arctan(−13)=arctan(−3)=−3π, qui désigne un point du quatrième quadrant : c'est faux. Il faut ajouter π : θ=−3π+π=32π. Vérification : 2cos32π=−1 et 2sin32π=3.
b) Pour (3,−3) : r=32, quatrième quadrant, arctan(−1)=−4π est correct, et dans [0,2π[ on écrit θ=47π. Pour (−2,−23) : r=4+12=4, TROISIÈME quadrant, arctan(−2−23)=arctan3=3π, valeur du premier quadrant : il faut encore ajouter π, d'où θ=34π. Règle : ajoutez π dès que x<0, quel que soit le signe de y.
c) x=4cos65π=4⋅(−23)=−23 et y=4sin65π=4⋅21=2. Le point cartésien est (−23,2). Ce sens de conversion, lui, ne présente aucune difficulté : c'est toujours l'autre qui piège.
d) (2,3π), (2,3π+2π)=(2,37π), (2,3π−2π)=(2,−35π), et avec r<0 : (−2,3π+π)=(−2,34π). Le pôle est un cas extrême : (0,θ) désigne l'origine pour TOUT θ, il possède donc une infinité non dénombrable de représentations. C'est précisément pourquoi il échappe aux systèmes d'équations, comme on le verra à l'exercice 8.
e) En cartésien, d2=(r1cosθ1−r2cosθ2)2+(r1sinθ1−r2sinθ2)2. En développant : r12(cos2θ1+sin2θ1)+r22(cos2θ2+sin2θ2)−2r1r2(cosθ1cosθ2+sinθ1sinθ2)=r12+r22−2r1r2cos(θ1−θ2). C'est la loi des cosinus dans le triangle formé par le pôle et les deux points, l'angle au pôle valant θ1−θ2. Application : d2=9+25−2⋅15cos3π=34−15=19, donc d=19≈4,36.
Exercice 2 : Les courbes de base : cercles, droites et une conique
Cinq équations polaires reviennent dans tous les examens. Les reconnaître d'un coup d'oeil dispense de tracer point par point, et surtout donne immédiatement le bon intervalle d'intégration, ce qui est l'enjeu réel du chapitre.
a) Que représentent r=c et θ=α ? Précisez ce que décrit θ=α lorsqu'on autorise r<0.
b) Montrez que r=4cosθ est un cercle : donnez son centre et son rayon. Sur quel intervalle de θ est-il parcouru exactement une fois ?
c) Même travail pour r=6sinθ.
d) Montrez que rcosθ=3 est une droite. Quelle est l'équation polaire de la droite verticale x=d, puis celle d'une droite quelconque à distance d du pôle ?
e) Identifiez la courbe r=1+cosθ2, tracée en pointillés ci-dessus.
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Réponses
a)Cercle de rayon ∣c∣ ; demi-droite, ou droite si r<0
b)Centre (2;0), rayon 2, sur [−2π;2π]
c)Centre (0;3), rayon 3, sur [0;π]
d)x=3 ; r=dsecθ ; r=cos(θ−α)d
e)Parabole y2=4(1−x)
a) r=c est le cercle de centre le pôle et de rayon ∣c∣. θ=α est la DEMI-droite issue du pôle faisant l'angle α si l'on impose r≥0 ; si l'on autorise r<0, on obtient la droite complète, car (−r,α) décrit la demi-droite opposée.
b) Multiplions par r : r2=4rcosθ, soit x2+y2=4x, donc (x−2)2+y2=4. C'est le cercle de centre (2,0) et de rayon 2, passant par le pôle. Il est parcouru exactement une fois pour θ∈[−2π,2π], intervalle sur lequel r≥0. Sur [0,2π] il serait parcouru DEUX fois, car pour θ∈]2π,23π[ le rayon devient négatif et redessine le même cercle. C'est l'erreur qui double toutes les aires de cercles polaires.
c) r2=6rsinθ donne x2+y2=6y, soit x2+(y−3)2=9 : cercle de centre (0,3) et de rayon 3, tangent à l'axe polaire au pôle. Il est parcouru une fois pour θ∈[0,π]. Retenir : r=2acosθ est centré sur l'axe polaire, r=2asinθ sur l'axe θ=2π.
d) rcosθ=x, donc rcosθ=3 est la droite verticale x=3, d'équation polaire r=cosθ3=3secθ. Pour x=d : r=dsecθ. Pour une droite dont le pied de la perpendiculaire issue du pôle est à distance d dans la direction α, la projection donne rcos(θ−α)=d, soit r=cos(θ−α)d.
e) De r(1+cosθ)=2 on tire r=2−rcosθ=2−x, puis x2+y2=2−x. En élevant au carré : x2+y2=4−4x+x2, donc y2=4−4x=4(1−x). C'est une PARABOLE de sommet (1,0), ouverte vers les x négatifs, de foyer le pôle. Plus généralement r=1+ecosθed est une conique de foyer le pôle et d'excentricité e : ellipse si e<1, parabole si e=1, hyperbole si e>1. C'est la forme sous laquelle Kepler écrit les orbites, et la seule raison pour laquelle les coordonnées polaires existent en mécanique céleste.
Exercice 3 : Symétries et rosaces : le nombre de pétales
Les tests de symétrie font gagner les trois quarts du travail de tracé. Mais ils sont SUFFISANTS et non nécessaires : un test qui échoue ne prouve rien, à cause des représentations multiples d'un même point.
a) Énoncez les trois tests de symétrie, avec leurs deux formes chacun.
b) Appliquez-les à r=3cos2θ. Combien la rosace a-t-elle de pétales, et sur quel intervalle est-elle décrite exactement une fois ?
c) Même question pour r=3cos3θ. Expliquez pourquoi le nombre de pétales dépend de la parité de k.
d) Appliquez les tests à r=2+sinθ : quelles symétries obtient-on, et lesquelles n'existent pas ?
e) Sur r=sin2θ, montrez que le test « remplacer r par −r » échoue alors que la courbe EST symétrique par rapport au pôle. Que faut-il en conclure sur l'usage des tests ?
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Réponses
a)(r,−θ) ; (r,π−θ) ; (−r,θ) ou (r,θ+π)
b)Trois symétries, 4 pétales, sur [0;2π]
c)3 pétales, sur [0;π]
d)Symétrie par rapport à l'axe θ=2π seulement
e)Tests suffisants, pas nécessaires
a) Symétrie par rapport à l'AXE POLAIRE : la courbe est inchangée si l'on remplace (r,θ) par (r,−θ), ou par (−r,π−θ). Symétrie par rapport à l'axe θ=2π : si l'on remplace par (r,π−θ) ou par (−r,−θ). Symétrie par rapport au PÔLE : si l'on remplace par (−r,θ) ou par (r,θ+π).
b) r=3cos2θ. Axe polaire : 3cos(−2θ)=3cos2θ, test réussi. Axe θ=2π : 3cos(2π−2θ)=3cos2θ, réussi. Pôle : 3cos(2θ+2π)=3cos2θ, réussi. La courbe a les trois symétries. Comme k=2 est PAIR, la rosace a 2k=4 pétales, de longueur 3, dirigés selon les axes, et elle est décrite exactement une fois sur [0,2π].
c) r=3cos3θ : le test de l'axe polaire réussit, les deux autres échouent sous cette forme. Comme k=3 est IMPAIR, il y a k=3 pétales, et la courbe entière est déjà décrite sur [0,π] ; sur [0,2π] elle serait parcourue DEUX fois. La raison tient au signe : cosk(θ+π)=cos(kθ+kπ) vaut coskθ si k est pair, et −coskθ si k est impair. Quand k est impair, le demi-tour suivant redonne les mêmes points via la représentation (−r,θ+π) : les pétales se superposent au lieu de s'intercaler.
d) r=2+sinθ. Axe polaire : 2+sin(−θ)=2−sinθ=r, et la seconde forme donne −2−sin(π−θ), qui échoue aussi : pas de symétrie par rapport à l'axe polaire, ce que confirme le fait que r(2π)=3 alors que r(−2π)=1. Axe θ=2π : 2+sin(π−θ)=2+sinθ=r, test RÉUSSI. C'est un limaçon convexe, symétrique par rapport à l'axe vertical seulement.
e) Pour r=sin2θ, le test « −r à la place de r » donne −sin2θ, différent de sin2θ : ÉCHEC. Pourtant la seconde forme du même test, « θ+π à la place de θ », donne sin(2θ+2π)=sin2θ : SUCCÈS. La courbe est donc bien symétrique par rapport au pôle, comme le montre son tracé en quatre pétales sur les diagonales. Conclusion : les tests sont des conditions SUFFISANTES. Un test qui réussit prouve la symétrie ; un test qui échoue ne prouve rien du tout, il faut alors essayer l'autre forme, ou revenir au tracé. C'est une conséquence directe du fait qu'un point a plusieurs représentations polaires.
Exercice 4 : Cardioïde, limaçon à boucle et tangente au pôle
La famille r=a+bcosθ avec a,b>0 change complètement d'allure selon le rapport ba. Reconnaître le cas au premier coup d'oeil détermine les bornes d'intégration de tout le reste du chapitre.
a) Classez les quatre cas de la famille r=a+bcosθ selon le rapport ba, avec un exemple pour chacun.
b) Pour r=1+2cosθ, tracé ci-dessus, déterminez les valeurs de θ annulant r, et l'intervalle décrivant la boucle INTÉRIEURE.
c) Pour la cardioïde r=3+3cosθ, donnez le point le plus éloigné du pôle et le point où la courbe atteint le pôle. Quelle est la nature de ce dernier point ?
d) Justifiez que r=4+2cosθ n'a ni boucle ni creux, alors que r=3+2cosθ a un creux.
e) Énoncez et justifiez la règle de la tangente au pôle, puis appliquez-la aux deux passages de r=1+2cosθ par le pôle.
b)Zéros 32π et 34π ; boucle intérieure entre eux
c)(6;0) ; rebroussement au pôle en θ=π
d)4+2cosθ convexe ; 3+2cosθ à creux
e)Tangente au pôle θ=θ0 ; pente −3
a) Si a<b : limaçon avec BOUCLE INTÉRIEURE, car r change de signe, exemple r=1+2cosθ. Si a=b : CARDIOÏDE, r s'annule sans changer de signe, exemple r=3+3cosθ. Si b<a<2b : limaçon à CREUX, r reste positif mais la courbe présente une concavité rentrante, exemple r=3+2cosθ. Si a≥2b : limaçon CONVEXE, exemple r=4+2cosθ.
b) 1+2cosθ=0 donne cosθ=−21, soit θ=32π et θ=34π. Entre ces deux valeurs, cosθ<−21 donc r<0 : les points sont tracés dans la direction OPPOSÉE à θ, ce qui produit la petite boucle intérieure. La boucle intérieure correspond donc exactement à θ∈[32π,34π], et la boucle extérieure à θ∈[−32π,32π]. Retenir : les bornes d'une boucle sont TOUJOURS des zéros consécutifs de r.
c) r=3+3cosθ est maximal quand cosθ=1, en θ=0 : le point (6,0) est à distance 6 du pôle. r=0 quand cosθ=−1, en θ=π : la courbe atteint le pôle. Comme r≥0 partout et s'annule sans changer de signe, la courbe y arrive et y repart du même côté : c'est un point de REBROUSSEMENT, la pointe caractéristique de la cardioïde.
d) Pour r=4+2cosθ, ba=2 : r varie entre 2 et 6, jamais nul, donc pas de boucle ; et le seuil de convexité ba≥2 est atteint, donc pas de creux non plus, la courbe est une ovale convexe. Pour r=3+2cosθ, ba=23 est strictement compris entre 1 et 2 : r varie entre 1 et 5 sans s'annuler, donc pas de boucle, mais la convexité est perdue et la courbe présente un creux du côté θ=π, où le rayon minimal vaut 1.
e) RÈGLE : si r(θ0)=0 et r′(θ0)=0, la tangente à la courbe au pôle est la droite θ=θ0. Justification : la pente vaut r′cosθ−rsinθr′sinθ+rcosθ, qui se réduit en θ0 à r′(θ0)cosθ0r′(θ0)sinθ0=tanθ0, puisque r(θ0)=0 et que r′(θ0) se simplifie. Application : r′=−2sinθ ne s'annule ni en 32π ni en 34π. Les deux tangentes au pôle sont donc les droites θ=32π et θ=34π : ce sont en réalité la MÊME droite, de pente tan32π=−3, le long de laquelle la boucle intérieure entre et ressort.
Exercice 5 : La tangente en polaire et l'angle entre le rayon et la courbe
En polaire, la pente dxdy ne s'obtient pas en dérivant r : il faut repasser par le paramétrage x=r(θ)cosθ, y=r(θ)sinθ, où θ joue le rôle du paramètre.
a) Démontrez que dxdy=r′cosθ−rsinθr′sinθ+rcosθ.
b) Pour la cardioïde r=1+cosθ, déterminez les points à tangente horizontale.
c) Déterminez ses points à tangente verticale.
d) On note ψ l'angle entre le rayon vecteur et la tangente. Montrez que tanψ=r′r, et calculez ψ pour la cardioïde.
e) Déduisez-en pourquoi la spirale r=eaθ est dite équiangulaire, et donnez son ψ.
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Réponses
a)Paramétrage x=rcosθ, y=rsinθ
b)(43;±433)
c)(2;0) et (−41;±43)
d)tanψ=r′r ; ψ=2θ+2π
e)tanψ=a1 : angle constant
a) On paramètre par θ : x=r(θ)cosθ et y=r(θ)sinθ. En dérivant comme un produit, dθdx=r′cosθ−rsinθ et dθdy=r′sinθ+rcosθ. La règle du quotient des dérivées en paramétrique donne alors directement dxdy=r′cosθ−rsinθr′sinθ+rcosθ.
b) r=1+cosθ, r′=−sinθ. Alors dθdy=−sin2θ+(1+cosθ)cosθ=−(1−cos2θ)+cosθ+cos2θ=2cos2θ+cosθ−1=(2cosθ−1)(cosθ+1). Les zéros sont cosθ=21, soit θ=±3π, et cosθ=−1, soit θ=π. En θ=3π : r=23 et le point est (43,433) ; en θ=−3π, le symétrique (43,−433). En θ=π, dθdx s'annule aussi : c'est le point de rebroussement, pas une tangente horizontale.
c) dθdx=−sinθcosθ−(1+cosθ)sinθ=−sinθ(2cosθ+1). Les zéros sont sinθ=0, soit θ=0 ou θ=π, et cosθ=−21, soit θ=±32π. En θ=0 : r=2, point (2,0). En θ=32π : r=21, point (−41,43), et son symétrique en θ=−32π. Le cas θ=π est de nouveau le rebroussement.
d) Soit ϕ l'angle de la tangente avec l'axe polaire ; alors ψ=ϕ−θ. En posant tanϕ=dxdy et en utilisant la formule de la tangente d'une différence, tanψ=1+tanϕtanθtanϕ−tanθ. En remplaçant tanϕ par l'expression de a et en multipliant haut et bas par cosθ, tous les termes se simplifient et il reste tanψ=r′r. Pour la cardioïde : r′r=−sinθ1+cosθ=−2sin2θcos2θ2cos22θ=−cot2θ=tan(2θ+2π), donc ψ=2θ+2π. En θ=0, ψ=2π : la tangente est perpendiculaire au rayon au point le plus éloigné, ce qui est visuellement évident.
e) Pour r=eaθ, on a r′=aeaθ=ar, donc tanψ=arr=a1 : l'angle ψ est CONSTANT, égal à arctana1, quel que soit le point. La spirale coupe donc tous les rayons issus du pôle sous le même angle, d'où le nom de spirale équiangulaire. C'est la propriété qui la fait apparaître dans les coquilles de nautile et dans les trajectoires d'approche à cap constant, et c'est celle que Jacques Bernoulli a fait graver sur sa tombe avec la devise « eadem mutata resurgo ».
Partie B : Aires, longueurs et intersections (/50)
Exercice 6 : L'aire en polaire : un demi r au carré, et pourquoi
En cartésien, l'élément d'aire est un rectangle. En polaire, c'est un SECTEUR circulaire d'angle dθ et de rayon r, dont l'aire vaut 21r2dθ. Toute la difficulté du chapitre tient dans le facteur r supplémentaire et dans le choix des bornes.
a) Justifiez la formule A=21∫αβr2dθ à partir de l'aire d'un secteur circulaire, et expliquez pourquoi ∫rdθ ne mesure rien.
b) Calculez l'aire du disque bordé par r=4cosθ. Que donne le même calcul mené sur [0,2π], et pourquoi ?
c) Calculez l'aire délimitée par la cardioïde r=1+cosθ.
d) Calculez l'aire d'un pétale de la rosace r=3cos2θ, puis l'aire totale des pétales.
e) Reprenez la question d avec r=3cos3θ : aire d'un pétale et aire totale. Comparez les deux totaux et commentez.
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Réponses
a)Secteur d'aire 21r2dθ
b)4π ; 8π sur [0;2π]
c)23π
d)89π par pétale, 29π au total
e)43π par pétale, 49π au total
a) Découpons [α,β] en petits angles dθ. Sur un tel angle, la région est presque un secteur circulaire de rayon r(θ), dont l'aire est la fraction 2πdθ du disque complet πr2, soit 21r2dθ. En sommant, A=21∫αβr2dθ. La quantité ∫rdθ n'a aucune interprétation : rdθ est la longueur d'un ARC, pas une aire, et ses dimensions sont celles d'une longueur, pas d'une longueur au carré. C'est le contrôle dimensionnel qui doit vous alerter si vous oubliez le carré.
b) Le cercle est décrit une fois pour θ∈[−2π,2π]. A=21∫−π/2π/216cos2θdθ=8∫−π/2π/2cos2θdθ=8⋅2π=4π. C'est bien πR2 avec R=2. Sur [0,2π] on trouverait 8π : le double, parce que le cercle est parcouru deux fois, une fois avec r>0 et une fois avec r<0. La formule d'aire compte les passages, exactement comme en paramétrique.
c) A=21∫02π(1+cosθ)2dθ=21∫02π(1+2cosθ+cos2θ)dθ. Les trois morceaux valent 2π, 0 et π, donc A=21(3π)=23π. Pour une cardioïde r=a(1+cosθ), l'aire est 23πa2, soit une fois et demie l'aire du disque de rayon a.
d) Un pétale de r=3cos2θ correspond à deux zéros consécutifs de r : cos2θ=0 donne θ=±4π. A1=21∫−π/4π/49cos22θdθ=29⋅4π=89π≈3,53. Comme k=2 est pair, il y a 4 pétales : aire totale 29π≈14,14.
e) Pour r=3cos3θ, cos3θ=0 donne θ=±6π pour le pétale central. A1=21∫−π/6π/69cos23θdθ=29⋅6π=43π≈2,36. Comme k=3 est impair, il y a 3 pétales : aire totale 49π≈7,07. Les deux totaux diffèrent d'un facteur 2, alors que les deux courbes ont le même rayon maximal 3 : plus k augmente, plus les pétales sont fins, et le total ne se conserve pas. Il n'existe aucun raccourci du type « aire totale = nombre de pétales fois quelque chose de fixe » : il faut à chaque fois trouver les zéros de r et compter les pétales selon la parité de k.
Exercice 7 : L'aire d'une boucle intérieure
Le limaçon r=1+2cosθ possède deux boucles imbriquées. Les trois aires que l'on peut vouloir calculer, celle de la petite boucle, celle de la grande, et celle de la région comprise entre les deux, se distinguent uniquement par les bornes.
a) Rappelez les zéros de r et expliquez pourquoi ce sont eux, et pas autre chose, qui servent de bornes.
b) Calculez l'aire de la boucle intérieure.
c) Calculez l'aire totale enfermée par la boucle extérieure.
d) Déduisez-en l'aire de la région comprise entre les deux boucles.
e) Un élève calcule 21∫02π(1+2cosθ)2dθ et annonce ce résultat comme « l'aire du limaçon ». Que calcule-t-il en réalité ?
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Réponses
a)Zéros consécutifs 32π et 34π
b)π−233≈0,544
c)2π+233≈8,88
d)π+33≈8,34
e)3π : la petite boucle comptée deux fois
a) r=0 pour cosθ=−21, soit θ=32π et θ=34π. Ce sont les instants où la courbe PASSE PAR LE PÔLE : entre deux passages consécutifs par le pôle, la courbe décrit une boucle fermée complète, et c'est exactement ce qu'il faut pour que 21∫r2dθ mesure une région bien définie. Prendre d'autres bornes reviendrait à mesurer un secteur tronqué.
b) La boucle intérieure est décrite pour θ∈[32π,34π]. En développant, (1+2cosθ)2=1+4cosθ+4cos2θ=3+4cosθ+2cos2θ, dont une primitive est 3θ+4sinθ+sin2θ. En 34π : 4π−23+23=4π−233. En 32π : 2π+23−23=2π+233. La différence vaut 2π−33, donc Aint=21(2π−33)=π−233≈0,544. Le résultat est positif, comme il se doit, bien que r y soit négatif : c'est r2 qui est intégré.
c) La boucle extérieure correspond à θ∈[−32π,32π]. Avec la même primitive, et par parité, Aext=21⋅2(2π+233)=2π+233≈8,88. C'est l'aire de toute la région enfermée par la grande boucle, boucle intérieure comprise.
d) La région entre les deux boucles s'obtient par soustraction : Aentre=Aext−Aint=(2π+233)−(π−233)=π+33≈8,34.
e) 21∫02π(1+2cosθ)2dθ=21(2π⋅3)=3π≈9,42. Ce nombre n'est aucune des trois aires : c'est Aext+Aint, c'est-à-dire l'aire de la grande boucle PLUS celle de la petite, la petite étant comptée deux fois puisqu'elle est déjà incluse dans la grande. Vérification : (2π+233)+(π−233)=3π. Intégrer sur un tour complet ne donne donc jamais « l'aire du limaçon » : cela donne l'aire pondérée par le nombre d'enroulements.
Exercice 8 : Aire entre deux courbes, et l'intersection que l'algèbre ne voit pas
Deux courbes polaires peuvent se couper en un point sans qu'aucun couple (r,θ) commun n'apparaisse dans le système r1(θ)=r2(θ) : il suffit qu'elles y passent à des valeurs différentes de θ. Le pôle est le coupable habituel.
a) Résolvez 1+cosθ=3cosθ et donnez les points d'intersection obtenus.
b) Vérifiez que les deux courbes passent aussi par le pôle, et expliquez pourquoi le système ne l'a pas détecté.
c) Calculez l'aire de la région intérieure aux DEUX courbes.
d) Déduisez-en, sans nouvelle intégrale, l'aire intérieure à la cardioïde et extérieure au cercle, puis l'aire de la réunion.
e) Rédigez la marche à suivre complète pour trouver toutes les intersections de deux courbes polaires.
a) 1+cosθ=3cosθ donne 2cosθ=1, soit cosθ=21 et θ=±3π. Alors r=1+21=23. Les deux points sont (23,3π) et (23,−3π), soit en cartésien (43,±433).
b) La cardioïde atteint le pôle en θ=π, où 1+cosπ=0. Le cercle atteint le pôle en θ=2π, où 3cos2π=0. Les deux courbes passent donc par le PÔLE, mais à des valeurs différentes du paramètre : il n'existe aucun θ pour lequel les deux équations donnent simultanément r=0, et le système est aveugle. La raison de fond est que le pôle admet une infinité de représentations (0,θ) : deux courbes peuvent l'atteindre « par des directions différentes ». Il faut donc TOUJOURS tester le pôle séparément, en vérifiant si chaque équation admet une solution r=0.
c) Par symétrie par rapport à l'axe polaire, on travaille sur θ∈[0,2π] et on double. Sur [0,3π], on compare 1+cosθ et 3cosθ : en θ=0 ils valent 2 et 3, donc la CARDIOÏDE est la plus proche du pôle et borne la région. Sur [3π,2π], en θ=2π ils valent 1 et 0 : c'est le CERCLE qui borne. D'où A=2[21∫0π/3(1+cosθ)2dθ+21∫π/3π/29cos2θdθ]. La première intégrale vaut 2π+893, la seconde 43π−893 : les termes en 3 s'annulent et la somme vaut 45π. Donc A=45π≈3,93.
d) L'aire de la cardioïde est 23π (exercice 6) et celle du cercle de rayon 23 est 49π. Alors : intérieur à la cardioïde et extérieur au cercle =23π−45π=4π≈0,785 ; intérieur au cercle et extérieur à la cardioïde =49π−45π=π ; réunion =23π+49π−45π=25π. Toutes les aires du problème se déduisent donc de deux aires simples et d'une seule intégrale de recouvrement : c'est presque toujours la voie la plus courte en examen.
e) Marche à suivre. (1) Résoudre r1(θ)=r2(θ) sur un intervalle couvrant les deux courbes. (2) Tester le PÔLE : résoudre séparément r1=0 et r2=0 ; si les deux ont une solution, le pôle est une intersection, même si les θ diffèrent. (3) Tester les représentations alternatives, en résolvant aussi r1(θ)=−r2(θ+π). (4) TRACER les deux courbes et compter les points d'intersection visibles : si le compte ne tombe pas juste, il manque une solution. Cette dernière étape n'est pas un luxe, c'est le seul contrôle fiable.
Exercice 9 : La longueur d'arc en polaire et le piège de la valeur absolue
La formule L=∫r2+(r′)2dθ se déduit du paramétrage par θ. Elle contient une racine carrée, donc, tôt ou tard, une valeur absolue que l'on oublie.
a) Démontrez la formule à partir de ds=(dθdx)2+(dθdy)2dθ.
b) Vérifiez-la sur le cercle r=2acosθ, dont vous connaissez déjà le rayon.
c) Calculez la longueur totale de la cardioïde r=1+cosθ.
d) Un élève écrit L=∫02π2cos2θdθ et trouve 0. Où est l'erreur, et pourquoi le résultat est-il si spectaculairement faux ?
e) Calculez la longueur de la spirale logarithmique r=eθ pour θ∈[0,2π].
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Réponses
a)ds=r2+r′2dθ
b)2πa
c)8
d)cos2θ<0 sur ]π;2π[ : valeur absolue
e)2(e2π−1)≈755,9
a) Avec x=rcosθ et y=rsinθ : dθdx=r′cosθ−rsinθ et dθdy=r′sinθ+rcosθ. En élevant au carré et en additionnant, les doubles produits −2rr′sinθcosθ et +2rr′sinθcosθ se détruisent, et il reste r′2(cos2+sin2)+r2(sin2+cos2)=r2+r′2. D'où ds=r2+r′2dθ.
b) r=2acosθ, r′=−2asinθ, donc r2+r′2=4a2(cos2θ+sin2θ)=4a2 et ds=2adθ. Le cercle étant décrit une fois sur [−2π,2π], de longueur π, on obtient L=2aπ. C'est bien la circonférence 2πR du cercle de rayon R=a.
c) r=1+cosθ, r′=−sinθ. Alors r2+r′2=1+2cosθ+cos2θ+sin2θ=2+2cosθ=4cos22θ, donc r2+r′2=2cos2θ. Sur [0,π] le cosinus du demi-angle est positif, d'où par symétrie L=2∫0π2cos2θdθ=4[2sin2θ]0π=8. La cardioïde r=a(1+cosθ) a pour longueur 8a, la même valeur remarquable que l'arche de cycloïde.
d) L'erreur est l'oubli de la valeur absolue. Sur ]π,2π[, 2θ dépasse 2π et cos2θ devient NÉGATIF : l'intégrale compte alors des longueurs négatives, qui annulent exactement celles de la première moitié. On obtient [4sin2θ]02π=4sinπ−0=0. Le résultat est spectaculairement faux parce qu'une longueur est par nature positive : trouver 0 pour une courbe visible aurait dû déclencher une alerte immédiate. Règle : dès qu'une racine carrée se simplifie en une expression trigonométrique, vérifiez son signe sur TOUT l'intervalle avant d'intégrer, et découpez aux changements de signe.
e) r=eθ et r′=eθ, donc r2+r′2=2e2θ et ds=2eθdθ. Alors L=2∫02πeθdθ=2(e2π−1)≈755,9. La longueur est énorme après un seul tour, ce qui est normal : le rayon a été multiplié par e2π≈535 pendant ce tour. C'est le même calcul que la spirale paramétrée de l'exercice 7 de la série sur les courbes paramétrées, ce qui n'a rien d'un hasard : x=eθcosθ, y=eθsinθ EST la spirale r=eθ.
Exercice 10 : Problème de synthèse : la lemniscate de Bernoulli
La lemniscate r2=a2cos2θ, avec a=2, est l'ensemble des points dont le produit des distances à deux foyers est constant. Elle réunit tout le chapitre : domaine restreint, deux boucles, tangentes au pôle, aire simple et longueur impossible.
a) Déterminez l'ensemble des θ pour lesquels un point existe, et déduisez-en le nombre de boucles.
b) Donnez l'équation cartésienne de la lemniscate.
c) Déterminez les tangentes au pôle, et l'angle sous lequel les deux boucles s'y croisent.
d) Calculez l'aire totale délimitée par les deux boucles.
e) Montrez que r2+(r′)2=cos2θa, puis expliquez pourquoi la longueur de la lemniscate n'est pas calculable avec les primitives du cours. Donnez sa valeur numérique.
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Réponses
a)cos2θ≥0 : deux boucles
b)(x2+y2)2=4(x2−y2)
c)y=±x, à angle droit
d)a2=4
e)Intégrale elliptique ; ≈10,49
a) Il faut r2=a2cos2θ≥0, donc cos2θ≥0, c'est-à-dire 2θ∈[−2π,2π] modulo 2π, soit θ∈[−4π,4π]∪[43π,45π]. Sur toute la bande ]4π,43π[ AUCUN point n'existe : la courbe est vide dans ces directions. Il y a donc deux boucles, l'une autour de l'axe polaire positif, l'autre autour du négatif, se rejoignant au pôle. Noter que les deux boucles sont en fait décrites par le seul intervalle [−4π,4π] si l'on autorise les deux signes de r.
b) r2=a2cos2θ=a2(cos2θ−sin2θ). En multipliant par r2 : r4=a2(r2cos2θ−r2sin2θ), soit (x2+y2)2=a2(x2−y2). Avec a=2 : (x2+y2)2=4(x2−y2). Le degré 4 explique qu'aucune manipulation cartésienne ne soit praticable, et pourquoi cette courbe n'est raisonnable qu'en polaire.
c) r=0 quand cos2θ=0, c'est-à-dire θ=±4π (et 43π, 45π, qui donnent les mêmes droites). Les tangentes au pôle sont donc les droites θ=4π et θ=−4π, autrement dit y=x et y=−x. Elles font entre elles un angle de 2π : les deux boucles se croisent au pôle à angle DROIT, ce que la figure confirme.
d) Par symétrie, l'aire totale vaut quatre fois celle du quart correspondant à θ∈[0,4π] : A=4⋅21∫0π/4a2cos2θdθ=2a2[2sin2θ]0π/4=2a2⋅21=a2. Avec a=2 : A=4. Le résultat est d'une simplicité remarquable, l'aire vaut exactement a2, et c'est un des rares cas où intégrer r2 est plus simple que manipuler r, puisque r2 est donné directement par l'énoncé.
e) De r2=a2cos2θ on tire, par dérivation implicite, 2rr′=−2a2sin2θ, donc r′=−ra2sin2θ et (r′)2=a2cos2θa4sin22θ. Alors r2+(r′)2=a2cos2θ+cos2θa2sin22θ=cos2θa2(cos22θ+sin22θ)=cos2θa2, d'où la racine annoncée. La longueur totale est donc L=4∫0π/4cos2θadθ. Cette intégrale est impropre en 4π, mais convergente ; elle n'admet AUCUNE primitive élémentaire : c'est une intégrale elliptique, celle-là même qui a conduit Gauss puis Abel à inventer les fonctions elliptiques. Numériquement, avec a=2, L≈10,49. Retenez la leçon générale du chapitre : en polaire, l'aire est presque toujours calculable, la longueur presque jamais.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Traduire en polaire, et retour
Avec x=rcosθ, y=rsinθ et x2+y2=r2, toute équation se traduit dans l'autre système. L'intérêt est de choisir le système où l'équation est la plus simple.
a) Écrivez l'équation polaire de la parabole y=x2.
b) Écrivez l'équation polaire de l'hyperbole xy=4. Pour quelles directions θ existe-t-il des points ?
c) Écrivez l'équation polaire de la droite x+y=2, et trouvez son point le plus proche du pôle.
d) Identifiez la courbe r=4sinθ+2cosθ : centre et rayon.
e) Identifiez la courbe r=3cscθ, puis dites pourquoi la multiplication par r est ici inutile.
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Réponses
a)r=tanθsecθ
b)r2=sin2θ8, premier et troisième quadrants
c)r=cos(θ−π/4)2 ; 2 en (1;1)
d)Centre (1;2), rayon 5
e)y=3
a) rsinθ=r2cos2θ. En simplifiant par r (le pôle, r=0, est bien sur la parabole) : r=cos2θsinθ=tanθsecθ, pour θ∈]−2π;2π[.
b) r2cosθsinθ=4, soit r2⋅2sin2θ=4 et r2=sin2θ8. Il faut sin2θ>0 : θ∈]0;2π[ ou θ∈]π;23π[, les premier et troisième quadrants, où se trouvent les deux branches.
c) r(cosθ+sinθ)=2, donc r=cosθ+sinθ2=cos(θ−4π)2, puisque cosθ+sinθ=2cos(θ−4π). r est minimal quand le cosinus vaut 1, en θ=4π : le point le plus proche est à la distance 2≈1,414, soit (1;1).
d) r2=4rsinθ+2rcosθ donne x2+y2=4y+2x, soit (x−1)2+(y−2)2=5 : cercle de centre (1;2) et de rayon 5≈2,236, qui passe par le pôle puisque 12+22=5.
e) r=sinθ3 donne rsinθ=3, soit y=3 : la droite horizontale. Il suffit de multiplier par sinθ, et on reconnaît y tout de suite ; multiplier par r ferait apparaître r2 pour rien. Retenir : rcosθ=x et rsinθ=y sont les traductions à chercher en premier.
Exercice 12 : La spirale d'Archimède : des spires régulièrement espacées
La spirale d'Archimède a pour équation r=θ, pour θ≥0. C'est la trace d'un point qui avance à vitesse constante le long d'une règle tournant à vitesse constante.
a) Sur un même rayon issu du pôle, quelle distance sépare deux spires consécutives ?
b) Calculez l'aire balayée par le rayon pendant le premier tour, θ∈[0;2π].
c) Calculez l'aire de la bande comprise entre le premier et le deuxième tour.
d) Calculez l'angle ψ entre le rayon et la tangente, avec tanψ=r′r, pour θ=2π. Que devient-il quand θ augmente ?
e) Montrez que la longueur du premier tour vaut ∫02πθ2+1dθ et donnez sa valeur, sachant qu'une primitive de θ2+1 est 2θθ2+1+21ln(θ+θ2+1).
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Réponses
a)2π
b)34π3≈41,34
c)8π3≈248,05
d)ψ≈80,96°, tend vers 90°
e)≈21,26
a) Dans la direction θ, les spires sont atteintes pour θ, θ+2π, θ+4π... donc à des distances θ, θ+2π... L'écart vaut toujours 2π≈6,283 : les spires sont équidistantes, comme les sillons d'un disque vinyle.
b) A1=21∫02πθ2dθ=6(2π)3=34π3≈41,34.
c) Le rayon balaie, pendant le deuxième tour, l'aire 21∫2π4πθ2dθ=664π3−8π3=328π3, qui contient la région du premier tour. La bande vaut 328π3−34π3=8π3≈248,05. Le piège est d'oublier la soustraction : l'aire balayée recouvre la région déjà enfermée.
d) r′=1, donc tanψ=θ. Pour θ=2π : ψ=arctan2π≈80,96°. Quand θ→∞, ψ→90° : loin du pôle, la spirale coupe les rayons presque à angle droit et ressemble localement à un cercle. C'est l'opposé de la spirale logarithmique, où l'angle est constant.
e) r2+r′2=θ2+1, d'où L=∫02πθ2+1dθ=π4π2+1+21ln(2π+4π2+1)≈19,99+1,27=21,26. À comparer à la circonférence du cercle de rayon 2π : 4π2≈39,5, logique pour une courbe dont le rayon croît de 0 à 2π. La figure du corrigé trace les deux premiers tours.
Exercice 13 : La tangente horizontale d'un limaçon et sa bande de largeur maximale
On étudie le limaçon convexe r=2+cosθ.
a) Vérifiez que r ne s'annule jamais et donnez les distances minimale et maximale au pôle.
b) Montrez que dθdy=2cos2θ+2cosθ−1.
c) Trouvez la valeur de cosθ qui donne la tangente horizontale du haut, puis la hauteur maximale ymax de la courbe.
d) Trouvez les points à tangente verticale et la largeur de la courbe.
e) Calculez l'aire délimitée par le limaçon, et comparez-la à celle du disque de rayon 2.
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Réponses
a)1≤r≤3
b)dθdy=2cos2θ+2cosθ−1
c)cosθ=23−1 ; ymax≈2,202
d)(3;0) et (−1;0) ; largeur 4
e)29π, contre 4π
a) cosθ≥−1 donne r≥1>0 : pas de passage par le pôle. rmin=1 en θ=π, rmax=3 en θ=0.
b) y=rsinθ=(2+cosθ)sinθ, donc dθdy=−sin2θ+(2+cosθ)cosθ=−(1−cos2θ)+2cosθ+cos2θ=2cos2θ+2cosθ−1.
c) En posant c=cosθ : 2c2+2c−1=0, c=4−2±12=2−1±3. Seule c=23−1≈0,366 est dans [−1;1]. Alors sinθ=1−c2≈0,9306 et ymax=(2+0,366)×0,9306≈2,202. La tangente horizontale n'est pas en θ=2π, où y=2 seulement.
d) x=(2+cosθ)cosθ et dθdx=−sinθ(2+2cosθ), qui s'annule pour sinθ=0, soit θ=0 et θ=π (cosθ=−1 donne aussi θ=π). Points (3;0) et (−1;0) : largeur 4.
e) A=21∫02π(4+4cosθ+cos2θ)dθ=21(8π+0+π)=29π≈14,14. Le disque de rayon 2, le rayon moyen, a pour aire 4π : le limaçon est plus grand de 2π, parce que la moyenne de r2 dépasse le carré de la moyenne de r.
Exercice 14 : Problème : l'orbite d'une comète
Une comète suit, dans un repère polaire centré sur le Soleil, l'orbite r=1+0,5cosθ1,5, en unités astronomiques (UA). C'est une conique d'excentricité e=0,5 ayant le Soleil pour foyer.
a) Calculez la distance au Soleil au périhélie (θ=0) et à l'aphélie (θ=π).
b) Montrez que l'équation cartésienne est 4(x+1)2+3y2=1. Donnez le demi-grand axe a et le demi-petit axe b.
c) Calculez l'aire délimitée par l'orbite.
d) La loi des aires de Kepler dit que r2dtdθ est constant. Aux apsides, la vitesse vaut rdtdθ. Déduisez-en le rapport des vitesses au périhélie et à l'aphélie.
e) L'aire balayée pour θ∈[−2π;2π], calculée numériquement, vaut environ 2,128 UA2. La période vaut a3/2 années. Combien de temps la comète passe-t-elle du côté du périhélie ?
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Réponses
a)q=1 UA, Q=3 UA
b)a=2, b=3
c)23π≈10,88 UA2
d)vavp=3
e)≈0,553 an, 19,6 % de la période
a) q=r(0)=1,51,5=1 UA et Q=r(π)=0,51,5=3 UA.
b) r+0,5rcosθ=1,5 donne 2r=3−x, puis 4(x2+y2)=9−6x+x2, soit 3x2+6x+4y2=9, 3(x+1)2+4y2=12, et 4(x+1)2+3y2=1. Ellipse de centre (−1;0), a=2 UA, b=3≈1,732 UA. Contrôle : q+Q=2a=4 ✓, et le Soleil, au pôle, est à la distance c=1=ae du centre ✓.
c) A=πab=23π≈10,88 UA2. Le calcul direct 21∫02πr2dθ donne la même valeur, mais demande une primitive difficile : c'est l'un des rares cas où la géométrie bat l'intégrale polaire.
d) Aux apsides, la vitesse est perpendiculaire au rayon, donc v=rdtdθ et rv=r2dtdθ est constant : qvp=Qva. Donc vavp=qQ=3. La comète file trois fois plus vite près du Soleil.
e) Période : T=23/2≈2,828 ans. Par la loi des aires, le temps est proportionnel à l'aire balayée : 10,8832,128≈19,6 pour cent de la période, soit ≈0,553 an, environ 6,6 mois. La moitié de l'orbite en angle ne prend qu'un cinquième du temps. La figure du corrigé montre l'orbite et le Soleil au foyer.
Exercice 15 : Problème : un gicleur à portée variable
Un gicleur de jardin, placé au pôle, arrose jusqu'à la distance r(θ)=4+cos2θ mètres dans la direction θ.
a) Donnez les portées maximale et minimale et les directions correspondantes.
b) Calculez l'aire arrosée.
c) Comparez à l'aire d'un disque de rayon 4 m, la portée moyenne. D'où vient l'écart ?
d) Calculez l'aire arrosée dans le secteur θ∈[0;4π].
e) Le gicleur est au centre d'une pelouse rectangulaire de 10 m sur 6 m, les grands côtés parallèles à l'axe θ=0. Montrez que l'eau dépasse légèrement les grands côtés, puis calculez la fraction de la pelouse que représente l'aire arrosée.
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Réponses
a)5 m en θ=0, 3 m en θ=2π
b)233π≈51,84 m2
c)2π de plus que le disque de rayon 4
d)2π+2+16π≈8,48 m2
e)ymax≈3,043 m ; ≈86,4 %
a) cos2θ varie de −1 à 1 : portée maximale 5 m pour θ=0 et θ=π, minimale 3 m pour θ=2π et θ=23π.
b) A=21∫02π(16+8cos2θ+cos22θ)dθ=21(32π+0+π)=233π≈51,84 m2.
c) Le disque de rayon 4 vaut 16π≈50,27 m2, soit 2π≈1,57 m2 de moins. L'aire dépend de r2, et la moyenne de r2, 16+21, dépasse le carré de la moyenne de r, 16 : les directions où l'on arrose loin gagnent plus que ne perdent celles où l'on arrose court.
e) Les grands côtés sont les droites y=±3. Avec s=sinθ, cos2θ=1−2s2 et y=(5−2s2)s. Sa dérivée en s, 5−6s2, s'annule pour s=65≈0,9129, où y=(5−35)×0,9129≈3,043 m : l'eau dépasse d'environ 4 cm, dans les directions θ≈65,9° et symétriques, et non en θ=90° où y=3 exactement. En revanche x=(3+2c2)c≤5 avec c=cosθ : les petits côtés ne sont jamais dépassés. Fraction : 6051,84≈86,4 pour cent de la pelouse, en négligeant le mince débordement. La figure du corrigé montre la zone arrosée dans la pelouse.
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