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Calcul intégral 201-NYB • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal

Exercices corrigés : les coordonnées polaires (201-NYB)

Presque toutes les erreurs de ce chapitre viennent d'une seule cause : en polaire, un même point du plan a une infinité de représentations. C'est ce qui rend les tests de symétrie seulement suffisants, ce qui fait que deux courbes peuvent se croiser sans que le système r1(θ)=r2(θ)r_{1}(\theta)=r_{2}(\theta) le détecte, et ce qui explique pourquoi choisir les bornes d'intégration est ici plus difficile que calculer l'intégrale.

L'exercice 6 installe la formule d'aire 12r2dθ\frac{1}{2}\int r^{2}d\theta et montre pourquoi ce n'est PAS rdθ\int r\,d\theta. L'exercice 8 est celui qui départage en examen : l'aire commune à une cardioïde et à un cercle, avec le pôle comme intersection invisible. L'exercice 9 contient le piège de la valeur absolue qui transforme une longueur de 8 en une longueur de 0.

Rappel de cours

  • Conversion : x=rcosθx=r\cos\theta, y=rsinθy=r\sin\theta, r2=x2+y2r^{2}=x^{2}+y^{2}. L'angle NE se lit pas directement sur arctanyx\arctan\frac{y}{x} : il faut ajouter π\pi si le point est dans le deuxième ou le troisième quadrant.
  • Un même point admet les représentations (r,θ+2kπ)\left(r,\theta+2k\pi\right) et (r,θ+π)\left(-r,\theta+\pi\right). Le pôle est (0,θ)\left(0,\theta\right) pour TOUT θ\theta.
  • Tests de symétrie : axe polaire si (r,θ)\left(r,-\theta\right) ou (r,πθ)\left(-r,\pi-\theta\right) convient ; axe θ=π2\theta=\frac{\pi}{2} si (r,πθ)\left(r,\pi-\theta\right) ou (r,θ)\left(-r,-\theta\right) convient ; pôle si (r,θ)\left(-r,\theta\right) ou (r,θ+π)\left(r,\theta+\pi\right) convient. Ces tests sont SUFFISANTS, jamais nécessaires.
  • Rosace r=acoskθr=a\cos k\theta : kk pétales si kk est impair, 2k2k pétales si kk est pair.
  • Limaçon r=a+bcosθr=a+b\cos\theta avec a,b>0a,b>0 : boucle intérieure si a<ba<b, cardioïde si a=ba=b, creux si b<a<2bb<a<2b, convexe si a2ba\geq 2b.
  • Pente : dydx=rsinθ+rcosθrcosθrsinθ\dfrac{dy}{dx}=\dfrac{r'\sin\theta+r\cos\theta}{r'\cos\theta-r\sin\theta}. Si r(θ0)=0r\left(\theta_{0}\right)=0 et r(θ0)0r'\left(\theta_{0}\right)\neq 0, la tangente au pôle est la droite θ=θ0\theta=\theta_{0}.
  • Aire : A=12αβr2dθA=\dfrac{1}{2}\int_{\alpha}^{\beta}r^{2}\,d\theta. Longueur : L=αβr2+(r)2dθL=\int_{\alpha}^{\beta}\sqrt{r^{2}+\left(r'\right)^{2}}\,d\theta.

Partie A : Repérage, courbes de base, symétries et tangentes (/50)

Exercice 1 : Le repérage polaire et le piège de l'arctangente

Passer du cartésien au polaire demande deux calculs : un module, qui ne pose jamais de problème, et un angle, qui en pose presque toujours. La calculatrice renvoie arctanyx\arctan\frac{y}{x}, une valeur comprise entre π2-\frac{\pi}{2} et π2\frac{\pi}{2} : elle ne peut donc JAMAIS désigner un point du deuxième ou du troisième quadrant.

  • a) Donnez une représentation polaire de (1,3)\left(-1,\sqrt{3}\right) avec r>0r>0 et θ[0,2π[\theta\in[0,2\pi[. Comparez avec ce que renvoie arctanyx\arctan\frac{y}{x}.
  • b) Même question pour (3,3)\left(3,-3\right) et pour (2,23)\left(-2,-2\sqrt{3}\right).
  • c) Donnez les coordonnées cartésiennes du point polaire (4,5π6)\left(4,\frac{5\pi}{6}\right).
  • d) Écrivez quatre représentations polaires distinctes du point (2,π3)\left(2,\frac{\pi}{3}\right), dont une avec r<0r<0. Que dire du pôle ?
  • e) Démontrez que la distance entre les points polaires (r1,θ1)\left(r_{1},\theta_{1}\right) et (r2,θ2)\left(r_{2},\theta_{2}\right) vaut r12+r222r1r2cos(θ1θ2)\sqrt{r_{1}^{2}+r_{2}^{2}-2r_{1}r_{2}\cos\left(\theta_{1}-\theta_{2}\right)}, puis appliquez-la à (3,π6)\left(3,\frac{\pi}{6}\right) et (5,π2)\left(5,\frac{\pi}{2}\right).
Voir la correction

a) r=1+3=2r=\sqrt{1+3}=2. Le point est dans le DEUXIÈME quadrant (x<0x<0, y>0y>0). La calculatrice donne arctan(31)=arctan(3)=π3\arctan\left(\frac{\sqrt{3}}{-1}\right)=\arctan\left(-\sqrt{3}\right)=-\frac{\pi}{3}, qui désigne un point du quatrième quadrant : c'est faux. Il faut ajouter π\pi : θ=π3+π=2π3\theta=-\frac{\pi}{3}+\pi=\frac{2\pi}{3}. Vérification : 2cos2π3=12\cos\frac{2\pi}{3}=-1 et 2sin2π3=32\sin\frac{2\pi}{3}=\sqrt{3}.

b) Pour (3,3)\left(3,-3\right) : r=32r=3\sqrt{2}, quatrième quadrant, arctan(1)=π4\arctan(-1)=-\frac{\pi}{4} est correct, et dans [0,2π[[0,2\pi[ on écrit θ=7π4\theta=\frac{7\pi}{4}. Pour (2,23)\left(-2,-2\sqrt{3}\right) : r=4+12=4r=\sqrt{4+12}=4, TROISIÈME quadrant, arctan(232)=arctan3=π3\arctan\left(\frac{-2\sqrt{3}}{-2}\right)=\arctan\sqrt{3}=\frac{\pi}{3}, valeur du premier quadrant : il faut encore ajouter π\pi, d'où θ=4π3\theta=\frac{4\pi}{3}. Règle : ajoutez π\pi dès que x<0x<0, quel que soit le signe de yy.

c) x=4cos5π6=4(32)=23x=4\cos\frac{5\pi}{6}=4\cdot\left(-\frac{\sqrt{3}}{2}\right)=-2\sqrt{3} et y=4sin5π6=412=2y=4\sin\frac{5\pi}{6}=4\cdot\frac{1}{2}=2. Le point cartésien est (23,2)\left(-2\sqrt{3},2\right). Ce sens de conversion, lui, ne présente aucune difficulté : c'est toujours l'autre qui piège.

d) (2,π3)\left(2,\frac{\pi}{3}\right), (2,π3+2π)=(2,7π3)\left(2,\frac{\pi}{3}+2\pi\right)=\left(2,\frac{7\pi}{3}\right), (2,π32π)=(2,5π3)\left(2,\frac{\pi}{3}-2\pi\right)=\left(2,-\frac{5\pi}{3}\right), et avec r<0r<0 : (2,π3+π)=(2,4π3)\left(-2,\frac{\pi}{3}+\pi\right)=\left(-2,\frac{4\pi}{3}\right). Le pôle est un cas extrême : (0,θ)\left(0,\theta\right) désigne l'origine pour TOUT θ\theta, il possède donc une infinité non dénombrable de représentations. C'est précisément pourquoi il échappe aux systèmes d'équations, comme on le verra à l'exercice 8.

e) En cartésien, d2=(r1cosθ1r2cosθ2)2+(r1sinθ1r2sinθ2)2d^{2}=\left(r_{1}\cos\theta_{1}-r_{2}\cos\theta_{2}\right)^{2}+\left(r_{1}\sin\theta_{1}-r_{2}\sin\theta_{2}\right)^{2}. En développant : r12(cos2θ1+sin2θ1)+r22(cos2θ2+sin2θ2)2r1r2(cosθ1cosθ2+sinθ1sinθ2)=r12+r222r1r2cos(θ1θ2)r_{1}^{2}\left(\cos^{2}\theta_{1}+\sin^{2}\theta_{1}\right)+r_{2}^{2}\left(\cos^{2}\theta_{2}+\sin^{2}\theta_{2}\right)-2r_{1}r_{2}\left(\cos\theta_{1}\cos\theta_{2}+\sin\theta_{1}\sin\theta_{2}\right)=r_{1}^{2}+r_{2}^{2}-2r_{1}r_{2}\cos\left(\theta_{1}-\theta_{2}\right). C'est la loi des cosinus dans le triangle formé par le pôle et les deux points, l'angle au pôle valant θ1θ2\theta_{1}-\theta_{2}. Application : d2=9+25215cosπ3=3415=19d^{2}=9+25-2\cdot 15\cos\frac{\pi}{3}=34-15=19, donc d=194,36d=\sqrt{19}\approx 4{,}36.

Exercice 2 : Les courbes de base : cercles, droites et une conique

Cinq équations polaires reviennent dans tous les examens. Les reconnaître d'un coup d'oeil dispense de tracer point par point, et surtout donne immédiatement le bon intervalle d'intégration, ce qui est l'enjeu réel du chapitre.

-3-2-112345-3-2-1123
  • a) Que représentent r=cr=c et θ=α\theta=\alpha ? Précisez ce que décrit θ=α\theta=\alpha lorsqu'on autorise r<0r<0.
  • b) Montrez que r=4cosθr=4\cos\theta est un cercle : donnez son centre et son rayon. Sur quel intervalle de θ\theta est-il parcouru exactement une fois ?
  • c) Même travail pour r=6sinθr=6\sin\theta.
  • d) Montrez que rcosθ=3r\cos\theta=3 est une droite. Quelle est l'équation polaire de la droite verticale x=dx=d, puis celle d'une droite quelconque à distance dd du pôle ?
  • e) Identifiez la courbe r=21+cosθr=\dfrac{2}{1+\cos\theta}, tracée en pointillés ci-dessus.
Voir la correction

a) r=cr=c est le cercle de centre le pôle et de rayon c\left|c\right|. θ=α\theta=\alpha est la DEMI-droite issue du pôle faisant l'angle α\alpha si l'on impose r0r\geq 0 ; si l'on autorise r<0r<0, on obtient la droite complète, car (r,α)\left(-r,\alpha\right) décrit la demi-droite opposée.

b) Multiplions par rr : r2=4rcosθr^{2}=4r\cos\theta, soit x2+y2=4xx^{2}+y^{2}=4x, donc (x2)2+y2=4\left(x-2\right)^{2}+y^{2}=4. C'est le cercle de centre (2,0)\left(2,0\right) et de rayon 2, passant par le pôle. Il est parcouru exactement une fois pour θ[π2,π2]\theta\in\left[-\frac{\pi}{2},\frac{\pi}{2}\right], intervalle sur lequel r0r\geq 0. Sur [0,2π][0,2\pi] il serait parcouru DEUX fois, car pour θ]π2,3π2[\theta\in\left]\frac{\pi}{2},\frac{3\pi}{2}\right[ le rayon devient négatif et redessine le même cercle. C'est l'erreur qui double toutes les aires de cercles polaires.

c) r2=6rsinθr^{2}=6r\sin\theta donne x2+y2=6yx^{2}+y^{2}=6y, soit x2+(y3)2=9x^{2}+\left(y-3\right)^{2}=9 : cercle de centre (0,3)\left(0,3\right) et de rayon 3, tangent à l'axe polaire au pôle. Il est parcouru une fois pour θ[0,π]\theta\in[0,\pi]. Retenir : r=2acosθr=2a\cos\theta est centré sur l'axe polaire, r=2asinθr=2a\sin\theta sur l'axe θ=π2\theta=\frac{\pi}{2}.

d) rcosθ=xr\cos\theta=x, donc rcosθ=3r\cos\theta=3 est la droite verticale x=3x=3, d'équation polaire r=3cosθ=3secθr=\dfrac{3}{\cos\theta}=3\sec\theta. Pour x=dx=d : r=dsecθr=d\sec\theta. Pour une droite dont le pied de la perpendiculaire issue du pôle est à distance dd dans la direction α\alpha, la projection donne rcos(θα)=dr\cos\left(\theta-\alpha\right)=d, soit r=dcos(θα)r=\dfrac{d}{\cos\left(\theta-\alpha\right)}.

e) De r(1+cosθ)=2r\left(1+\cos\theta\right)=2 on tire r=2rcosθ=2xr=2-r\cos\theta=2-x, puis x2+y2=2x\sqrt{x^{2}+y^{2}}=2-x. En élevant au carré : x2+y2=44x+x2x^{2}+y^{2}=4-4x+x^{2}, donc y2=44x=4(1x)y^{2}=4-4x=4\left(1-x\right). C'est une PARABOLE de sommet (1,0)\left(1,0\right), ouverte vers les xx négatifs, de foyer le pôle. Plus généralement r=ed1+ecosθr=\dfrac{ed}{1+e\cos\theta} est une conique de foyer le pôle et d'excentricité ee : ellipse si e<1e<1, parabole si e=1e=1, hyperbole si e>1e>1. C'est la forme sous laquelle Kepler écrit les orbites, et la seule raison pour laquelle les coordonnées polaires existent en mécanique céleste.

Exercice 3 : Symétries et rosaces : le nombre de pétales

Les tests de symétrie font gagner les trois quarts du travail de tracé. Mais ils sont SUFFISANTS et non nécessaires : un test qui échoue ne prouve rien, à cause des représentations multiples d'un même point.

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  • a) Énoncez les trois tests de symétrie, avec leurs deux formes chacun.
  • b) Appliquez-les à r=3cos2θr=3\cos 2\theta. Combien la rosace a-t-elle de pétales, et sur quel intervalle est-elle décrite exactement une fois ?
  • c) Même question pour r=3cos3θr=3\cos 3\theta. Expliquez pourquoi le nombre de pétales dépend de la parité de kk.
  • d) Appliquez les tests à r=2+sinθr=2+\sin\theta : quelles symétries obtient-on, et lesquelles n'existent pas ?
  • e) Sur r=sin2θr=\sin 2\theta, montrez que le test « remplacer rr par r-r » échoue alors que la courbe EST symétrique par rapport au pôle. Que faut-il en conclure sur l'usage des tests ?
Voir la correction

a) Symétrie par rapport à l'AXE POLAIRE : la courbe est inchangée si l'on remplace (r,θ)\left(r,\theta\right) par (r,θ)\left(r,-\theta\right), ou par (r,πθ)\left(-r,\pi-\theta\right). Symétrie par rapport à l'axe θ=π2\theta=\frac{\pi}{2} : si l'on remplace par (r,πθ)\left(r,\pi-\theta\right) ou par (r,θ)\left(-r,-\theta\right). Symétrie par rapport au PÔLE : si l'on remplace par (r,θ)\left(-r,\theta\right) ou par (r,θ+π)\left(r,\theta+\pi\right).

b) r=3cos2θr=3\cos 2\theta. Axe polaire : 3cos(2θ)=3cos2θ3\cos\left(-2\theta\right)=3\cos 2\theta, test réussi. Axe θ=π2\theta=\frac{\pi}{2} : 3cos(2π2θ)=3cos2θ3\cos\left(2\pi-2\theta\right)=3\cos 2\theta, réussi. Pôle : 3cos(2θ+2π)=3cos2θ3\cos\left(2\theta+2\pi\right)=3\cos 2\theta, réussi. La courbe a les trois symétries. Comme k=2k=2 est PAIR, la rosace a 2k=42k=4 pétales, de longueur 3, dirigés selon les axes, et elle est décrite exactement une fois sur [0,2π][0,2\pi].

c) r=3cos3θr=3\cos 3\theta : le test de l'axe polaire réussit, les deux autres échouent sous cette forme. Comme k=3k=3 est IMPAIR, il y a k=3k=3 pétales, et la courbe entière est déjà décrite sur [0,π][0,\pi] ; sur [0,2π][0,2\pi] elle serait parcourue DEUX fois. La raison tient au signe : cosk(θ+π)=cos(kθ+kπ)\cos k\left(\theta+\pi\right)=\cos\left(k\theta+k\pi\right) vaut coskθ\cos k\theta si kk est pair, et coskθ-\cos k\theta si kk est impair. Quand kk est impair, le demi-tour suivant redonne les mêmes points via la représentation (r,θ+π)\left(-r,\theta+\pi\right) : les pétales se superposent au lieu de s'intercaler.

d) r=2+sinθr=2+\sin\theta. Axe polaire : 2+sin(θ)=2sinθr2+\sin\left(-\theta\right)=2-\sin\theta\neq r, et la seconde forme donne 2sin(πθ)-2-\sin\left(\pi-\theta\right), qui échoue aussi : pas de symétrie par rapport à l'axe polaire, ce que confirme le fait que r(π2)=3r\left(\frac{\pi}{2}\right)=3 alors que r(π2)=1r\left(-\frac{\pi}{2}\right)=1. Axe θ=π2\theta=\frac{\pi}{2} : 2+sin(πθ)=2+sinθ=r2+\sin\left(\pi-\theta\right)=2+\sin\theta=r, test RÉUSSI. C'est un limaçon convexe, symétrique par rapport à l'axe vertical seulement.

e) Pour r=sin2θr=\sin 2\theta, le test « r-r à la place de rr » donne sin2θ-\sin 2\theta, différent de sin2θ\sin 2\theta : ÉCHEC. Pourtant la seconde forme du même test, « θ+π\theta+\pi à la place de θ\theta », donne sin(2θ+2π)=sin2θ\sin\left(2\theta+2\pi\right)=\sin 2\theta : SUCCÈS. La courbe est donc bien symétrique par rapport au pôle, comme le montre son tracé en quatre pétales sur les diagonales. Conclusion : les tests sont des conditions SUFFISANTES. Un test qui réussit prouve la symétrie ; un test qui échoue ne prouve rien du tout, il faut alors essayer l'autre forme, ou revenir au tracé. C'est une conséquence directe du fait qu'un point a plusieurs représentations polaires.

Exercice 4 : Cardioïde, limaçon à boucle et tangente au pôle

La famille r=a+bcosθr=a+b\cos\theta avec a,b>0a,b>0 change complètement d'allure selon le rapport ab\frac{a}{b}. Reconnaître le cas au premier coup d'oeil détermine les bornes d'intégration de tout le reste du chapitre.

-2-11234-2-112
  • a) Classez les quatre cas de la famille r=a+bcosθr=a+b\cos\theta selon le rapport ab\frac{a}{b}, avec un exemple pour chacun.
  • b) Pour r=1+2cosθr=1+2\cos\theta, tracé ci-dessus, déterminez les valeurs de θ\theta annulant rr, et l'intervalle décrivant la boucle INTÉRIEURE.
  • c) Pour la cardioïde r=3+3cosθr=3+3\cos\theta, donnez le point le plus éloigné du pôle et le point où la courbe atteint le pôle. Quelle est la nature de ce dernier point ?
  • d) Justifiez que r=4+2cosθr=4+2\cos\theta n'a ni boucle ni creux, alors que r=3+2cosθr=3+2\cos\theta a un creux.
  • e) Énoncez et justifiez la règle de la tangente au pôle, puis appliquez-la aux deux passages de r=1+2cosθr=1+2\cos\theta par le pôle.
Voir la correction

a) Si a<ba<b : limaçon avec BOUCLE INTÉRIEURE, car rr change de signe, exemple r=1+2cosθr=1+2\cos\theta. Si a=ba=b : CARDIOÏDE, rr s'annule sans changer de signe, exemple r=3+3cosθr=3+3\cos\theta. Si b<a<2bb<a<2b : limaçon à CREUX, rr reste positif mais la courbe présente une concavité rentrante, exemple r=3+2cosθr=3+2\cos\theta. Si a2ba\geq 2b : limaçon CONVEXE, exemple r=4+2cosθr=4+2\cos\theta.

b) 1+2cosθ=01+2\cos\theta=0 donne cosθ=12\cos\theta=-\frac{1}{2}, soit θ=2π3\theta=\frac{2\pi}{3} et θ=4π3\theta=\frac{4\pi}{3}. Entre ces deux valeurs, cosθ<12\cos\theta<-\frac{1}{2} donc r<0r<0 : les points sont tracés dans la direction OPPOSÉE à θ\theta, ce qui produit la petite boucle intérieure. La boucle intérieure correspond donc exactement à θ[2π3,4π3]\theta\in\left[\frac{2\pi}{3},\frac{4\pi}{3}\right], et la boucle extérieure à θ[2π3,2π3]\theta\in\left[-\frac{2\pi}{3},\frac{2\pi}{3}\right]. Retenir : les bornes d'une boucle sont TOUJOURS des zéros consécutifs de rr.

c) r=3+3cosθr=3+3\cos\theta est maximal quand cosθ=1\cos\theta=1, en θ=0\theta=0 : le point (6,0)\left(6,0\right) est à distance 6 du pôle. r=0r=0 quand cosθ=1\cos\theta=-1, en θ=π\theta=\pi : la courbe atteint le pôle. Comme r0r\geq 0 partout et s'annule sans changer de signe, la courbe y arrive et y repart du même côté : c'est un point de REBROUSSEMENT, la pointe caractéristique de la cardioïde.

d) Pour r=4+2cosθr=4+2\cos\theta, ab=2\frac{a}{b}=2 : rr varie entre 2 et 6, jamais nul, donc pas de boucle ; et le seuil de convexité ab2\frac{a}{b}\geq 2 est atteint, donc pas de creux non plus, la courbe est une ovale convexe. Pour r=3+2cosθr=3+2\cos\theta, ab=32\frac{a}{b}=\frac{3}{2} est strictement compris entre 1 et 2 : rr varie entre 1 et 5 sans s'annuler, donc pas de boucle, mais la convexité est perdue et la courbe présente un creux du côté θ=π\theta=\pi, où le rayon minimal vaut 1.

e) RÈGLE : si r(θ0)=0r\left(\theta_{0}\right)=0 et r(θ0)0r'\left(\theta_{0}\right)\neq 0, la tangente à la courbe au pôle est la droite θ=θ0\theta=\theta_{0}. Justification : la pente vaut rsinθ+rcosθrcosθrsinθ\dfrac{r'\sin\theta+r\cos\theta}{r'\cos\theta-r\sin\theta}, qui se réduit en θ0\theta_{0} à r(θ0)sinθ0r(θ0)cosθ0=tanθ0\dfrac{r'\left(\theta_{0}\right)\sin\theta_{0}}{r'\left(\theta_{0}\right)\cos\theta_{0}}=\tan\theta_{0}, puisque r(θ0)=0r\left(\theta_{0}\right)=0 et que r(θ0)r'\left(\theta_{0}\right) se simplifie. Application : r=2sinθr'=-2\sin\theta ne s'annule ni en 2π3\frac{2\pi}{3} ni en 4π3\frac{4\pi}{3}. Les deux tangentes au pôle sont donc les droites θ=2π3\theta=\frac{2\pi}{3} et θ=4π3\theta=\frac{4\pi}{3} : ce sont en réalité la MÊME droite, de pente tan2π3=3\tan\frac{2\pi}{3}=-\sqrt{3}, le long de laquelle la boucle intérieure entre et ressort.

Exercice 5 : La tangente en polaire et l'angle entre le rayon et la courbe

En polaire, la pente dydx\frac{dy}{dx} ne s'obtient pas en dérivant rr : il faut repasser par le paramétrage x=r(θ)cosθx=r\left(\theta\right)\cos\theta, y=r(θ)sinθy=r\left(\theta\right)\sin\theta, où θ\theta joue le rôle du paramètre.

  • a) Démontrez que dydx=rsinθ+rcosθrcosθrsinθ\dfrac{dy}{dx}=\dfrac{r'\sin\theta+r\cos\theta}{r'\cos\theta-r\sin\theta}.
  • b) Pour la cardioïde r=1+cosθr=1+\cos\theta, déterminez les points à tangente horizontale.
  • c) Déterminez ses points à tangente verticale.
  • d) On note ψ\psi l'angle entre le rayon vecteur et la tangente. Montrez que tanψ=rr\tan\psi=\dfrac{r}{r'}, et calculez ψ\psi pour la cardioïde.
  • e) Déduisez-en pourquoi la spirale r=eaθr=e^{a\theta} est dite équiangulaire, et donnez son ψ\psi.
Voir la correction

a) On paramètre par θ\theta : x=r(θ)cosθx=r\left(\theta\right)\cos\theta et y=r(θ)sinθy=r\left(\theta\right)\sin\theta. En dérivant comme un produit, dxdθ=rcosθrsinθ\dfrac{dx}{d\theta}=r'\cos\theta-r\sin\theta et dydθ=rsinθ+rcosθ\dfrac{dy}{d\theta}=r'\sin\theta+r\cos\theta. La règle du quotient des dérivées en paramétrique donne alors directement dydx=rsinθ+rcosθrcosθrsinθ\dfrac{dy}{dx}=\dfrac{r'\sin\theta+r\cos\theta}{r'\cos\theta-r\sin\theta}.

b) r=1+cosθr=1+\cos\theta, r=sinθr'=-\sin\theta. Alors dydθ=sin2θ+(1+cosθ)cosθ=(1cos2θ)+cosθ+cos2θ=2cos2θ+cosθ1=(2cosθ1)(cosθ+1)\dfrac{dy}{d\theta}=-\sin^{2}\theta+\left(1+\cos\theta\right)\cos\theta=-\left(1-\cos^{2}\theta\right)+\cos\theta+\cos^{2}\theta=2\cos^{2}\theta+\cos\theta-1=\left(2\cos\theta-1\right)\left(\cos\theta+1\right). Les zéros sont cosθ=12\cos\theta=\frac{1}{2}, soit θ=±π3\theta=\pm\frac{\pi}{3}, et cosθ=1\cos\theta=-1, soit θ=π\theta=\pi. En θ=π3\theta=\frac{\pi}{3} : r=32r=\frac{3}{2} et le point est (34,334)\left(\frac{3}{4},\frac{3\sqrt{3}}{4}\right) ; en θ=π3\theta=-\frac{\pi}{3}, le symétrique (34,334)\left(\frac{3}{4},-\frac{3\sqrt{3}}{4}\right). En θ=π\theta=\pi, dxdθ\frac{dx}{d\theta} s'annule aussi : c'est le point de rebroussement, pas une tangente horizontale.

c) dxdθ=sinθcosθ(1+cosθ)sinθ=sinθ(2cosθ+1)\dfrac{dx}{d\theta}=-\sin\theta\cos\theta-\left(1+\cos\theta\right)\sin\theta=-\sin\theta\left(2\cos\theta+1\right). Les zéros sont sinθ=0\sin\theta=0, soit θ=0\theta=0 ou θ=π\theta=\pi, et cosθ=12\cos\theta=-\frac{1}{2}, soit θ=±2π3\theta=\pm\frac{2\pi}{3}. En θ=0\theta=0 : r=2r=2, point (2,0)\left(2,0\right). En θ=2π3\theta=\frac{2\pi}{3} : r=12r=\frac{1}{2}, point (14,34)\left(-\frac{1}{4},\frac{\sqrt{3}}{4}\right), et son symétrique en θ=2π3\theta=-\frac{2\pi}{3}. Le cas θ=π\theta=\pi est de nouveau le rebroussement.

d) Soit ϕ\phi l'angle de la tangente avec l'axe polaire ; alors ψ=ϕθ\psi=\phi-\theta. En posant tanϕ=dydx\tan\phi=\dfrac{dy}{dx} et en utilisant la formule de la tangente d'une différence, tanψ=tanϕtanθ1+tanϕtanθ\tan\psi=\dfrac{\tan\phi-\tan\theta}{1+\tan\phi\tan\theta}. En remplaçant tanϕ\tan\phi par l'expression de a et en multipliant haut et bas par cosθ\cos\theta, tous les termes se simplifient et il reste tanψ=rr\tan\psi=\dfrac{r}{r'}. Pour la cardioïde : rr=1+cosθsinθ=2cos2θ22sinθ2cosθ2=cotθ2=tan(θ2+π2)\dfrac{r}{r'}=\dfrac{1+\cos\theta}{-\sin\theta}=\dfrac{2\cos^{2}\frac{\theta}{2}}{-2\sin\frac{\theta}{2}\cos\frac{\theta}{2}}=-\cot\dfrac{\theta}{2}=\tan\left(\dfrac{\theta}{2}+\dfrac{\pi}{2}\right), donc ψ=θ2+π2\psi=\dfrac{\theta}{2}+\dfrac{\pi}{2}. En θ=0\theta=0, ψ=π2\psi=\frac{\pi}{2} : la tangente est perpendiculaire au rayon au point le plus éloigné, ce qui est visuellement évident.

e) Pour r=eaθr=e^{a\theta}, on a r=aeaθ=arr'=ae^{a\theta}=ar, donc tanψ=rar=1a\tan\psi=\dfrac{r}{ar}=\dfrac{1}{a} : l'angle ψ\psi est CONSTANT, égal à arctan1a\arctan\frac{1}{a}, quel que soit le point. La spirale coupe donc tous les rayons issus du pôle sous le même angle, d'où le nom de spirale équiangulaire. C'est la propriété qui la fait apparaître dans les coquilles de nautile et dans les trajectoires d'approche à cap constant, et c'est celle que Jacques Bernoulli a fait graver sur sa tombe avec la devise « eadem mutata resurgo ».

Partie B : Aires, longueurs et intersections (/50)

Exercice 6 : L'aire en polaire : un demi r au carré, et pourquoi

En cartésien, l'élément d'aire est un rectangle. En polaire, c'est un SECTEUR circulaire d'angle dθd\theta et de rayon rr, dont l'aire vaut 12r2dθ\frac{1}{2}r^{2}d\theta. Toute la difficulté du chapitre tient dans le facteur rr supplémentaire et dans le choix des bornes.

  • a) Justifiez la formule A=12αβr2dθA=\frac{1}{2}\int_{\alpha}^{\beta}r^{2}d\theta à partir de l'aire d'un secteur circulaire, et expliquez pourquoi rdθ\int r\,d\theta ne mesure rien.
  • b) Calculez l'aire du disque bordé par r=4cosθr=4\cos\theta. Que donne le même calcul mené sur [0,2π][0,2\pi], et pourquoi ?
  • c) Calculez l'aire délimitée par la cardioïde r=1+cosθr=1+\cos\theta.
  • d) Calculez l'aire d'un pétale de la rosace r=3cos2θr=3\cos 2\theta, puis l'aire totale des pétales.
  • e) Reprenez la question d avec r=3cos3θr=3\cos 3\theta : aire d'un pétale et aire totale. Comparez les deux totaux et commentez.
Voir la correction

a) Découpons [α,β]\left[\alpha,\beta\right] en petits angles dθd\theta. Sur un tel angle, la région est presque un secteur circulaire de rayon r(θ)r\left(\theta\right), dont l'aire est la fraction dθ2π\frac{d\theta}{2\pi} du disque complet πr2\pi r^{2}, soit 12r2dθ\frac{1}{2}r^{2}d\theta. En sommant, A=12αβr2dθA=\frac{1}{2}\int_{\alpha}^{\beta}r^{2}d\theta. La quantité rdθ\int r\,d\theta n'a aucune interprétation : rdθr\,d\theta est la longueur d'un ARC, pas une aire, et ses dimensions sont celles d'une longueur, pas d'une longueur au carré. C'est le contrôle dimensionnel qui doit vous alerter si vous oubliez le carré.

b) Le cercle est décrit une fois pour θ[π2,π2]\theta\in\left[-\frac{\pi}{2},\frac{\pi}{2}\right]. A=12π/2π/216cos2θdθ=8π/2π/2cos2θdθ=8π2=4πA=\frac{1}{2}\int_{-\pi/2}^{\pi/2}16\cos^{2}\theta\,d\theta=8\int_{-\pi/2}^{\pi/2}\cos^{2}\theta\,d\theta=8\cdot\frac{\pi}{2}=4\pi. C'est bien πR2\pi R^{2} avec R=2R=2. Sur [0,2π][0,2\pi] on trouverait 8π8\pi : le double, parce que le cercle est parcouru deux fois, une fois avec r>0r>0 et une fois avec r<0r<0. La formule d'aire compte les passages, exactement comme en paramétrique.

c) A=1202π(1+cosθ)2dθ=1202π(1+2cosθ+cos2θ)dθA=\frac{1}{2}\int_{0}^{2\pi}\left(1+\cos\theta\right)^{2}d\theta=\frac{1}{2}\int_{0}^{2\pi}\left(1+2\cos\theta+\cos^{2}\theta\right)d\theta. Les trois morceaux valent 2π2\pi, 00 et π\pi, donc A=12(3π)=3π2A=\frac{1}{2}\left(3\pi\right)=\frac{3\pi}{2}. Pour une cardioïde r=a(1+cosθ)r=a\left(1+\cos\theta\right), l'aire est 3πa22\frac{3\pi a^{2}}{2}, soit une fois et demie l'aire du disque de rayon aa.

d) Un pétale de r=3cos2θr=3\cos 2\theta correspond à deux zéros consécutifs de rr : cos2θ=0\cos 2\theta=0 donne θ=±π4\theta=\pm\frac{\pi}{4}. A1=12π/4π/49cos22θdθ=92π4=9π83,53A_{1}=\frac{1}{2}\int_{-\pi/4}^{\pi/4}9\cos^{2}2\theta\,d\theta=\frac{9}{2}\cdot\frac{\pi}{4}=\frac{9\pi}{8}\approx 3{,}53. Comme k=2k=2 est pair, il y a 4 pétales : aire totale 9π214,14\frac{9\pi}{2}\approx 14{,}14.

e) Pour r=3cos3θr=3\cos 3\theta, cos3θ=0\cos 3\theta=0 donne θ=±π6\theta=\pm\frac{\pi}{6} pour le pétale central. A1=12π/6π/69cos23θdθ=92π6=3π42,36A_{1}=\frac{1}{2}\int_{-\pi/6}^{\pi/6}9\cos^{2}3\theta\,d\theta=\frac{9}{2}\cdot\frac{\pi}{6}=\frac{3\pi}{4}\approx 2{,}36. Comme k=3k=3 est impair, il y a 3 pétales : aire totale 9π47,07\frac{9\pi}{4}\approx 7{,}07. Les deux totaux diffèrent d'un facteur 2, alors que les deux courbes ont le même rayon maximal 3 : plus kk augmente, plus les pétales sont fins, et le total ne se conserve pas. Il n'existe aucun raccourci du type « aire totale == nombre de pétales fois quelque chose de fixe » : il faut à chaque fois trouver les zéros de rr et compter les pétales selon la parité de kk.

Exercice 7 : L'aire d'une boucle intérieure

Le limaçon r=1+2cosθr=1+2\cos\theta possède deux boucles imbriquées. Les trois aires que l'on peut vouloir calculer, celle de la petite boucle, celle de la grande, et celle de la région comprise entre les deux, se distinguent uniquement par les bornes.

  • a) Rappelez les zéros de rr et expliquez pourquoi ce sont eux, et pas autre chose, qui servent de bornes.
  • b) Calculez l'aire de la boucle intérieure.
  • c) Calculez l'aire totale enfermée par la boucle extérieure.
  • d) Déduisez-en l'aire de la région comprise entre les deux boucles.
  • e) Un élève calcule 1202π(1+2cosθ)2dθ\frac{1}{2}\int_{0}^{2\pi}\left(1+2\cos\theta\right)^{2}d\theta et annonce ce résultat comme « l'aire du limaçon ». Que calcule-t-il en réalité ?
Voir la correction

a) r=0r=0 pour cosθ=12\cos\theta=-\frac{1}{2}, soit θ=2π3\theta=\frac{2\pi}{3} et θ=4π3\theta=\frac{4\pi}{3}. Ce sont les instants où la courbe PASSE PAR LE PÔLE : entre deux passages consécutifs par le pôle, la courbe décrit une boucle fermée complète, et c'est exactement ce qu'il faut pour que 12r2dθ\frac{1}{2}\int r^{2}d\theta mesure une région bien définie. Prendre d'autres bornes reviendrait à mesurer un secteur tronqué.

b) La boucle intérieure est décrite pour θ[2π3,4π3]\theta\in\left[\frac{2\pi}{3},\frac{4\pi}{3}\right]. En développant, (1+2cosθ)2=1+4cosθ+4cos2θ=3+4cosθ+2cos2θ\left(1+2\cos\theta\right)^{2}=1+4\cos\theta+4\cos^{2}\theta=3+4\cos\theta+2\cos 2\theta, dont une primitive est 3θ+4sinθ+sin2θ3\theta+4\sin\theta+\sin 2\theta. En 4π3\frac{4\pi}{3} : 4π23+32=4π3324\pi-2\sqrt{3}+\frac{\sqrt{3}}{2}=4\pi-\frac{3\sqrt{3}}{2}. En 2π3\frac{2\pi}{3} : 2π+2332=2π+3322\pi+2\sqrt{3}-\frac{\sqrt{3}}{2}=2\pi+\frac{3\sqrt{3}}{2}. La différence vaut 2π332\pi-3\sqrt{3}, donc Aint=12(2π33)=π3320,544A_{\text{int}}=\frac{1}{2}\left(2\pi-3\sqrt{3}\right)=\pi-\frac{3\sqrt{3}}{2}\approx 0{,}544. Le résultat est positif, comme il se doit, bien que rr y soit négatif : c'est r2r^{2} qui est intégré.

c) La boucle extérieure correspond à θ[2π3,2π3]\theta\in\left[-\frac{2\pi}{3},\frac{2\pi}{3}\right]. Avec la même primitive, et par parité, Aext=122(2π+332)=2π+3328,88A_{\text{ext}}=\frac{1}{2}\cdot 2\left(2\pi+\frac{3\sqrt{3}}{2}\right)=2\pi+\frac{3\sqrt{3}}{2}\approx 8{,}88. C'est l'aire de toute la région enfermée par la grande boucle, boucle intérieure comprise.

d) La région entre les deux boucles s'obtient par soustraction : Aentre=AextAint=(2π+332)(π332)=π+338,34A_{\text{entre}}=A_{\text{ext}}-A_{\text{int}}=\left(2\pi+\frac{3\sqrt{3}}{2}\right)-\left(\pi-\frac{3\sqrt{3}}{2}\right)=\pi+3\sqrt{3}\approx 8{,}34.

e) 1202π(1+2cosθ)2dθ=12(2π3)=3π9,42\frac{1}{2}\int_{0}^{2\pi}\left(1+2\cos\theta\right)^{2}d\theta=\frac{1}{2}\left(2\pi\cdot 3\right)=3\pi\approx 9{,}42. Ce nombre n'est aucune des trois aires : c'est Aext+AintA_{\text{ext}}+A_{\text{int}}, c'est-à-dire l'aire de la grande boucle PLUS celle de la petite, la petite étant comptée deux fois puisqu'elle est déjà incluse dans la grande. Vérification : (2π+332)+(π332)=3π\left(2\pi+\frac{3\sqrt{3}}{2}\right)+\left(\pi-\frac{3\sqrt{3}}{2}\right)=3\pi. Intégrer sur un tour complet ne donne donc jamais « l'aire du limaçon » : cela donne l'aire pondérée par le nombre d'enroulements.

Exercice 8 : Aire entre deux courbes, et l'intersection que l'algèbre ne voit pas

Deux courbes polaires peuvent se couper en un point sans qu'aucun couple (r,θ)\left(r,\theta\right) commun n'apparaisse dans le système r1(θ)=r2(θ)r_{1}\left(\theta\right)=r_{2}\left(\theta\right) : il suffit qu'elles y passent à des valeurs différentes de θ\theta. Le pôle est le coupable habituel.

-2-11234-2-112
  • a) Résolvez 1+cosθ=3cosθ1+\cos\theta=3\cos\theta et donnez les points d'intersection obtenus.
  • b) Vérifiez que les deux courbes passent aussi par le pôle, et expliquez pourquoi le système ne l'a pas détecté.
  • c) Calculez l'aire de la région intérieure aux DEUX courbes.
  • d) Déduisez-en, sans nouvelle intégrale, l'aire intérieure à la cardioïde et extérieure au cercle, puis l'aire de la réunion.
  • e) Rédigez la marche à suivre complète pour trouver toutes les intersections de deux courbes polaires.
Voir la correction

a) 1+cosθ=3cosθ1+\cos\theta=3\cos\theta donne 2cosθ=12\cos\theta=1, soit cosθ=12\cos\theta=\frac{1}{2} et θ=±π3\theta=\pm\frac{\pi}{3}. Alors r=1+12=32r=1+\frac{1}{2}=\frac{3}{2}. Les deux points sont (32,π3)\left(\frac{3}{2},\frac{\pi}{3}\right) et (32,π3)\left(\frac{3}{2},-\frac{\pi}{3}\right), soit en cartésien (34,±334)\left(\frac{3}{4},\pm\frac{3\sqrt{3}}{4}\right).

b) La cardioïde atteint le pôle en θ=π\theta=\pi, où 1+cosπ=01+\cos\pi=0. Le cercle atteint le pôle en θ=π2\theta=\frac{\pi}{2}, où 3cosπ2=03\cos\frac{\pi}{2}=0. Les deux courbes passent donc par le PÔLE, mais à des valeurs différentes du paramètre : il n'existe aucun θ\theta pour lequel les deux équations donnent simultanément r=0r=0, et le système est aveugle. La raison de fond est que le pôle admet une infinité de représentations (0,θ)\left(0,\theta\right) : deux courbes peuvent l'atteindre « par des directions différentes ». Il faut donc TOUJOURS tester le pôle séparément, en vérifiant si chaque équation admet une solution r=0r=0.

c) Par symétrie par rapport à l'axe polaire, on travaille sur θ[0,π2]\theta\in\left[0,\frac{\pi}{2}\right] et on double. Sur [0,π3]\left[0,\frac{\pi}{3}\right], on compare 1+cosθ1+\cos\theta et 3cosθ3\cos\theta : en θ=0\theta=0 ils valent 2 et 3, donc la CARDIOÏDE est la plus proche du pôle et borne la région. Sur [π3,π2]\left[\frac{\pi}{3},\frac{\pi}{2}\right], en θ=π2\theta=\frac{\pi}{2} ils valent 1 et 0 : c'est le CERCLE qui borne. D'où A=2[120π/3(1+cosθ)2dθ+12π/3π/29cos2θdθ]A=2\left[\frac{1}{2}\int_{0}^{\pi/3}\left(1+\cos\theta\right)^{2}d\theta+\frac{1}{2}\int_{\pi/3}^{\pi/2}9\cos^{2}\theta\,d\theta\right]. La première intégrale vaut π2+938\frac{\pi}{2}+\frac{9\sqrt{3}}{8}, la seconde 3π4938\frac{3\pi}{4}-\frac{9\sqrt{3}}{8} : les termes en 3\sqrt{3} s'annulent et la somme vaut 5π4\frac{5\pi}{4}. Donc A=5π43,93A=\frac{5\pi}{4}\approx 3{,}93.

d) L'aire de la cardioïde est 3π2\frac{3\pi}{2} (exercice 6) et celle du cercle de rayon 32\frac{3}{2} est 9π4\frac{9\pi}{4}. Alors : intérieur à la cardioïde et extérieur au cercle =3π25π4=π40,785=\frac{3\pi}{2}-\frac{5\pi}{4}=\frac{\pi}{4}\approx 0{,}785 ; intérieur au cercle et extérieur à la cardioïde =9π45π4=π=\frac{9\pi}{4}-\frac{5\pi}{4}=\pi ; réunion =3π2+9π45π4=5π2=\frac{3\pi}{2}+\frac{9\pi}{4}-\frac{5\pi}{4}=\frac{5\pi}{2}. Toutes les aires du problème se déduisent donc de deux aires simples et d'une seule intégrale de recouvrement : c'est presque toujours la voie la plus courte en examen.

e) Marche à suivre. (1) Résoudre r1(θ)=r2(θ)r_{1}\left(\theta\right)=r_{2}\left(\theta\right) sur un intervalle couvrant les deux courbes. (2) Tester le PÔLE : résoudre séparément r1=0r_{1}=0 et r2=0r_{2}=0 ; si les deux ont une solution, le pôle est une intersection, même si les θ\theta diffèrent. (3) Tester les représentations alternatives, en résolvant aussi r1(θ)=r2(θ+π)r_{1}\left(\theta\right)=-r_{2}\left(\theta+\pi\right). (4) TRACER les deux courbes et compter les points d'intersection visibles : si le compte ne tombe pas juste, il manque une solution. Cette dernière étape n'est pas un luxe, c'est le seul contrôle fiable.

Exercice 9 : La longueur d'arc en polaire et le piège de la valeur absolue

La formule L=r2+(r)2dθL=\int\sqrt{r^{2}+\left(r'\right)^{2}}\,d\theta se déduit du paramétrage par θ\theta. Elle contient une racine carrée, donc, tôt ou tard, une valeur absolue que l'on oublie.

  • a) Démontrez la formule à partir de ds=(dxdθ)2+(dydθ)2dθds=\sqrt{\left(\frac{dx}{d\theta}\right)^{2}+\left(\frac{dy}{d\theta}\right)^{2}}\,d\theta.
  • b) Vérifiez-la sur le cercle r=2acosθr=2a\cos\theta, dont vous connaissez déjà le rayon.
  • c) Calculez la longueur totale de la cardioïde r=1+cosθr=1+\cos\theta.
  • d) Un élève écrit L=02π2cosθ2dθL=\int_{0}^{2\pi}2\cos\frac{\theta}{2}\,d\theta et trouve 0. Où est l'erreur, et pourquoi le résultat est-il si spectaculairement faux ?
  • e) Calculez la longueur de la spirale logarithmique r=eθr=e^{\theta} pour θ[0,2π]\theta\in[0,2\pi].
Voir la correction

a) Avec x=rcosθx=r\cos\theta et y=rsinθy=r\sin\theta : dxdθ=rcosθrsinθ\frac{dx}{d\theta}=r'\cos\theta-r\sin\theta et dydθ=rsinθ+rcosθ\frac{dy}{d\theta}=r'\sin\theta+r\cos\theta. En élevant au carré et en additionnant, les doubles produits 2rrsinθcosθ-2rr'\sin\theta\cos\theta et +2rrsinθcosθ+2rr'\sin\theta\cos\theta se détruisent, et il reste r2(cos2+sin2)+r2(sin2+cos2)=r2+r2r'^{2}\left(\cos^{2}+\sin^{2}\right)+r^{2}\left(\sin^{2}+\cos^{2}\right)=r^{2}+r'^{2}. D'où ds=r2+r2dθds=\sqrt{r^{2}+r'^{2}}\,d\theta.

b) r=2acosθr=2a\cos\theta, r=2asinθr'=-2a\sin\theta, donc r2+r2=4a2(cos2θ+sin2θ)=4a2r^{2}+r'^{2}=4a^{2}\left(\cos^{2}\theta+\sin^{2}\theta\right)=4a^{2} et ds=2adθds=2a\,d\theta. Le cercle étant décrit une fois sur [π2,π2]\left[-\frac{\pi}{2},\frac{\pi}{2}\right], de longueur π\pi, on obtient L=2aπL=2a\pi. C'est bien la circonférence 2πR2\pi R du cercle de rayon R=aR=a.

c) r=1+cosθr=1+\cos\theta, r=sinθr'=-\sin\theta. Alors r2+r2=1+2cosθ+cos2θ+sin2θ=2+2cosθ=4cos2θ2r^{2}+r'^{2}=1+2\cos\theta+\cos^{2}\theta+\sin^{2}\theta=2+2\cos\theta=4\cos^{2}\frac{\theta}{2}, donc r2+r2=2cosθ2\sqrt{r^{2}+r'^{2}}=2\left|\cos\frac{\theta}{2}\right|. Sur [0,π][0,\pi] le cosinus du demi-angle est positif, d'où par symétrie L=20π2cosθ2dθ=4[2sinθ2]0π=8L=2\int_{0}^{\pi}2\cos\frac{\theta}{2}\,d\theta=4\left[2\sin\frac{\theta}{2}\right]_{0}^{\pi}=8. La cardioïde r=a(1+cosθ)r=a\left(1+\cos\theta\right) a pour longueur 8a8a, la même valeur remarquable que l'arche de cycloïde.

d) L'erreur est l'oubli de la valeur absolue. Sur ]π,2π[\left]\pi,2\pi\right[, θ2\frac{\theta}{2} dépasse π2\frac{\pi}{2} et cosθ2\cos\frac{\theta}{2} devient NÉGATIF : l'intégrale compte alors des longueurs négatives, qui annulent exactement celles de la première moitié. On obtient [4sinθ2]02π=4sinπ0=0\left[4\sin\frac{\theta}{2}\right]_{0}^{2\pi}=4\sin\pi-0=0. Le résultat est spectaculairement faux parce qu'une longueur est par nature positive : trouver 0 pour une courbe visible aurait dû déclencher une alerte immédiate. Règle : dès qu'une racine carrée se simplifie en une expression trigonométrique, vérifiez son signe sur TOUT l'intervalle avant d'intégrer, et découpez aux changements de signe.

e) r=eθr=e^{\theta} et r=eθr'=e^{\theta}, donc r2+r2=2e2θr^{2}+r'^{2}=2e^{2\theta} et ds=2eθdθds=\sqrt{2}\,e^{\theta}d\theta. Alors L=202πeθdθ=2(e2π1)755,9L=\sqrt{2}\int_{0}^{2\pi}e^{\theta}d\theta=\sqrt{2}\left(e^{2\pi}-1\right)\approx 755{,}9. La longueur est énorme après un seul tour, ce qui est normal : le rayon a été multiplié par e2π535e^{2\pi}\approx 535 pendant ce tour. C'est le même calcul que la spirale paramétrée de l'exercice 7 de la série sur les courbes paramétrées, ce qui n'a rien d'un hasard : x=eθcosθx=e^{\theta}\cos\theta, y=eθsinθy=e^{\theta}\sin\theta EST la spirale r=eθr=e^{\theta}.

Exercice 10 : Problème de synthèse : la lemniscate de Bernoulli

La lemniscate r2=a2cos2θr^{2}=a^{2}\cos 2\theta, avec a=2a=2, est l'ensemble des points dont le produit des distances à deux foyers est constant. Elle réunit tout le chapitre : domaine restreint, deux boucles, tangentes au pôle, aire simple et longueur impossible.

-3-2-1123-1.5-1-0.50.511.5
  • a) Déterminez l'ensemble des θ\theta pour lesquels un point existe, et déduisez-en le nombre de boucles.
  • b) Donnez l'équation cartésienne de la lemniscate.
  • c) Déterminez les tangentes au pôle, et l'angle sous lequel les deux boucles s'y croisent.
  • d) Calculez l'aire totale délimitée par les deux boucles.
  • e) Montrez que r2+(r)2=acos2θ\sqrt{r^{2}+\left(r'\right)^{2}}=\dfrac{a}{\sqrt{\cos 2\theta}}, puis expliquez pourquoi la longueur de la lemniscate n'est pas calculable avec les primitives du cours. Donnez sa valeur numérique.
Voir la correction

a) Il faut r2=a2cos2θ0r^{2}=a^{2}\cos 2\theta\geq 0, donc cos2θ0\cos 2\theta\geq 0, c'est-à-dire 2θ[π2,π2]2\theta\in\left[-\frac{\pi}{2},\frac{\pi}{2}\right] modulo 2π2\pi, soit θ[π4,π4][3π4,5π4]\theta\in\left[-\frac{\pi}{4},\frac{\pi}{4}\right]\cup\left[\frac{3\pi}{4},\frac{5\pi}{4}\right]. Sur toute la bande ]π4,3π4[\left]\frac{\pi}{4},\frac{3\pi}{4}\right[ AUCUN point n'existe : la courbe est vide dans ces directions. Il y a donc deux boucles, l'une autour de l'axe polaire positif, l'autre autour du négatif, se rejoignant au pôle. Noter que les deux boucles sont en fait décrites par le seul intervalle [π4,π4]\left[-\frac{\pi}{4},\frac{\pi}{4}\right] si l'on autorise les deux signes de rr.

b) r2=a2cos2θ=a2(cos2θsin2θ)r^{2}=a^{2}\cos 2\theta=a^{2}\left(\cos^{2}\theta-\sin^{2}\theta\right). En multipliant par r2r^{2} : r4=a2(r2cos2θr2sin2θ)r^{4}=a^{2}\left(r^{2}\cos^{2}\theta-r^{2}\sin^{2}\theta\right), soit (x2+y2)2=a2(x2y2)\left(x^{2}+y^{2}\right)^{2}=a^{2}\left(x^{2}-y^{2}\right). Avec a=2a=2 : (x2+y2)2=4(x2y2)\left(x^{2}+y^{2}\right)^{2}=4\left(x^{2}-y^{2}\right). Le degré 4 explique qu'aucune manipulation cartésienne ne soit praticable, et pourquoi cette courbe n'est raisonnable qu'en polaire.

c) r=0r=0 quand cos2θ=0\cos 2\theta=0, c'est-à-dire θ=±π4\theta=\pm\frac{\pi}{4} (et 3π4\frac{3\pi}{4}, 5π4\frac{5\pi}{4}, qui donnent les mêmes droites). Les tangentes au pôle sont donc les droites θ=π4\theta=\frac{\pi}{4} et θ=π4\theta=-\frac{\pi}{4}, autrement dit y=xy=x et y=xy=-x. Elles font entre elles un angle de π2\frac{\pi}{2} : les deux boucles se croisent au pôle à angle DROIT, ce que la figure confirme.

d) Par symétrie, l'aire totale vaut quatre fois celle du quart correspondant à θ[0,π4]\theta\in\left[0,\frac{\pi}{4}\right] : A=4120π/4a2cos2θdθ=2a2[sin2θ2]0π/4=2a212=a2A=4\cdot\frac{1}{2}\int_{0}^{\pi/4}a^{2}\cos 2\theta\,d\theta=2a^{2}\left[\frac{\sin 2\theta}{2}\right]_{0}^{\pi/4}=2a^{2}\cdot\frac{1}{2}=a^{2}. Avec a=2a=2 : A=4A=4. Le résultat est d'une simplicité remarquable, l'aire vaut exactement a2a^{2}, et c'est un des rares cas où intégrer r2r^{2} est plus simple que manipuler rr, puisque r2r^{2} est donné directement par l'énoncé.

e) De r2=a2cos2θr^{2}=a^{2}\cos 2\theta on tire, par dérivation implicite, 2rr=2a2sin2θ2rr'=-2a^{2}\sin 2\theta, donc r=a2sin2θrr'=-\dfrac{a^{2}\sin 2\theta}{r} et (r)2=a4sin22θa2cos2θ\left(r'\right)^{2}=\dfrac{a^{4}\sin^{2}2\theta}{a^{2}\cos 2\theta}. Alors r2+(r)2=a2cos2θ+a2sin22θcos2θ=a2(cos22θ+sin22θ)cos2θ=a2cos2θr^{2}+\left(r'\right)^{2}=a^{2}\cos 2\theta+\dfrac{a^{2}\sin^{2}2\theta}{\cos 2\theta}=\dfrac{a^{2}\left(\cos^{2}2\theta+\sin^{2}2\theta\right)}{\cos 2\theta}=\dfrac{a^{2}}{\cos 2\theta}, d'où la racine annoncée. La longueur totale est donc L=40π/4adθcos2θL=4\int_{0}^{\pi/4}\dfrac{a\,d\theta}{\sqrt{\cos 2\theta}}. Cette intégrale est impropre en π4\frac{\pi}{4}, mais convergente ; elle n'admet AUCUNE primitive élémentaire : c'est une intégrale elliptique, celle-là même qui a conduit Gauss puis Abel à inventer les fonctions elliptiques. Numériquement, avec a=2a=2, L10,49L\approx 10{,}49. Retenez la leçon générale du chapitre : en polaire, l'aire est presque toujours calculable, la longueur presque jamais.

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Contactez-moi pour une première séance. En polaire, l'examen ne teste presque jamais le calcul de l'intégrale : il teste le choix des bornes. C'est exactement ce qui est travaillé ici, exercice après exercice.

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