Algèbre linéaire 201-NYC / Maths 105 • Complément québécois de Première et cégep à Montréal

Exercices corrigés : nombres complexes, De Moivre et racines n-ièmes (201-NYC / Maths 105)

Voici la série d'exercices corrigés d'algèbre linéaire et géométrie vectorielle (cours 201-NYC, aussi appelé Maths 105 selon le programme visé) sur les nombres complexes. La partie A couvre les bases : opérations sous forme algébrique, conjugué, module et division, racines carrées par la forme algébrique, passage à la forme trigonométrique et exponentielle, théorème de De Moivre et calcul de puissances, racines nn-ièmes d'un nombre complexe. La partie B monte au niveau examen : résolution d'équations polynomiales à coefficients réels, démonstration du théorème des racines conjuguées, un problème complet sur les six racines sixièmes de 6464, le produit complexe interprété comme rotation avec le critère du triangle équilatéral, les formules de l'angle triple obtenues par De Moivre, et les lieux géométriques (médiatrices et cercles) dans le plan complexe.

Ce chapitre clôt la session et il a une réputation trompeuse : les étudiants le trouvent facile tant qu'on reste en forme algébrique, puis se retrouvent bloqués dès qu'il faut passer aux arguments. La raison est presque toujours la même, et elle n'a rien à voir avec les complexes : c'est le cercle trigonométrique qui n'est pas maîtrisé. Un argument mal placé dans le mauvais quadrant fait tomber tout le reste de la question.

Le principe directeur du chapitre : additionner des complexes se fait en forme algébrique, les multiplier, les diviser et les élever à une puissance se fait en forme trigonométrique. Choisir la bonne forme AVANT de commencer le calcul est ce qui sépare une question réglée en trois lignes d'un développement de deux pages. Personne ne calcule (1+i3)10(1+i\sqrt{3})^{10} par la formule du binôme.

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Ce chapitre fait partie de Algèbre linéaire et géométrie vectorielle, 201-NYC
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (8 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Nombres réels, racines et ensemblesSecondaire 3
  2. 2Fonctions : propriétés et réciproqueSecondaire 3
  3. 3Théorème de Pythagore et réciproqueSecondaire 3
  4. 4Les paramètres et les propriétés des fonctionsSecondaire 4 SN4
  5. 5La fonction polynomiale de degré 2Secondaire 4 SN4
  6. 6Relations métriques et trigonométrie du triangle rectangleSecondaire 4 SN4
  7. 7Les fonctions quadratiquesSecondaire 5 SN5
  8. 8Le cercle trigonométriqueSecondaire 5 SN5

Rappel de cours

  • Forme algébrique : z=a+biz=a+bi avec a=Re(z)a=\text{Re}(z), b=Im(z)b=\text{Im}(z) et i2=1i^{2}=-1. Conjugué : zˉ=abi\bar{z}=a-bi. Module : z=a2+b2|z|=\sqrt{a^{2}+b^{2}}, et la relation clé zzˉ=a2+b2=z2z\bar{z}=a^{2}+b^{2}=|z|^{2}, qui est un nombre RÉEL.
  • Division : on multiplie le numérateur et le dénominateur par le conjugué du dénominateur. z1z2=z1z2ˉz2z2ˉ=z1z2ˉz22\dfrac{z_{1}}{z_{2}}=\dfrac{z_{1}\bar{z_{2}}}{z_{2}\bar{z_{2}}}=\dfrac{z_{1}\bar{z_{2}}}{|z_{2}|^{2}}, ce qui rend le dénominateur réel.
  • Forme trigonométrique : z=r(cosθ+isinθ)z=r(\cos\theta+i\sin\theta), avec r=zr=|z| et θ=arg(z)\theta=\arg(z). Forme exponentielle : z=reiθz=r\,e^{i\theta}. Pour trouver θ\theta, on résout cosθ=ar\cos\theta=\dfrac{a}{r} ET sinθ=br\sin\theta=\dfrac{b}{r} : les deux équations ensemble, jamais une seule, car c'est le couple de signes qui fixe le quadrant.
  • Produit et quotient en forme exponentielle : r1eiθ1×r2eiθ2=r1r2ei(θ1+θ2)r_{1}e^{i\theta_{1}}\times r_{2}e^{i\theta_{2}}=r_{1}r_{2}\,e^{i(\theta_{1}+\theta_{2})} et r1eiθ1r2eiθ2=r1r2ei(θ1θ2)\dfrac{r_{1}e^{i\theta_{1}}}{r_{2}e^{i\theta_{2}}}=\dfrac{r_{1}}{r_{2}}e^{i(\theta_{1}-\theta_{2})}. Les modules se multiplient ou se divisent, les arguments s'additionnent ou se soustraient.
  • Théorème de De Moivre : (r(cosθ+isinθ))n=rn(cos(nθ)+isin(nθ))\big(r(\cos\theta+i\sin\theta)\big)^{n}=r^{n}\big(\cos(n\theta)+i\sin(n\theta)\big), ou en forme exponentielle (reiθ)n=rneinθ\big(re^{i\theta}\big)^{n}=r^{n}e^{in\theta}.
  • Racines nn-ièmes de z=reiθz=re^{i\theta} : il y en a exactement nn, données par zk=r1/nei(θ+2kπn)z_{k}=r^{1/n}\,e^{i\left(\frac{\theta+2k\pi}{n}\right)} pour k=0; 1; ; n1k=0;\ 1;\ \dots;\ n-1. Elles se placent sur le cercle de rayon r1/nr^{1/n}, régulièrement espacées d'un angle 2πn\dfrac{2\pi}{n}, et forment donc un polygone régulier à nn côtés.
  • Racines conjuguées : si un polynôme est à coefficients RÉELS et admet la racine z0z_{0}, alors z0ˉ\bar{z_{0}} en est aussi une racine. Les racines non réelles vont toujours par paires conjuguées.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Forme algébrique, conjugué et division

On considère les nombres complexes z1=3+2iz_{1}=3+2i et z2=14iz_{2}=1-4i.

  • a) Calculez z1+z2z_{1}+z_{2} et z1z2z_{1}z_{2} sous forme algébrique.
  • b) Donnez z1ˉ\bar{z_{1}} et z2ˉ\bar{z_{2}}, puis calculez z1|z_{1}| et z2|z_{2}|.
  • c) Écrivez z1z2\dfrac{z_{1}}{z_{2}} sous forme algébrique.
  • d) Calculez z1z1ˉz_{1}\bar{z_{1}} et commentez le résultat. Déterminez ensuite i2027i^{2027}.

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Réponses

  • a) 42i4-2i ; 1110i11-10i
  • b) 32i3-2i, 1+4i1+4i ; 13\sqrt{13}, 17\sqrt{17}
  • c) 517+1417i-\frac{5}{17}+\frac{14}{17}i
  • d) z1z1ˉ=13z_1\bar{z_1}=13 ; i2027=ii^{2027}=-i

a) z1+z2=(3+1)+(24)i=42iz_{1}+z_{2}=(3+1)+(2-4)i=4-2i. Pour le produit, on développe puis on utilise i2=1i^{2}=-1 : z1z2=(3+2i)(14i)=312i+2i8i2=310i+8=1110iz_{1}z_{2}=(3+2i)(1-4i)=3-12i+2i-8i^{2}=3-10i+8=11-10i. Le terme 8i2-8i^{2} devient +8+8, et c'est ce changement de signe que l'on oublie sous la pression.

b) z1ˉ=32i\bar{z_{1}}=3-2i et z2ˉ=1+4i\bar{z_{2}}=1+4i. Les modules : z1=32+22=13|z_{1}|=\sqrt{3^{2}+2^{2}}=\sqrt{13} et z2=12+(4)2=17|z_{2}|=\sqrt{1^{2}+(-4)^{2}}=\sqrt{17}. Le module utilise le carré des composantes, donc le signe du 4-4 disparaît.

c) On multiplie haut et bas par le conjugué du dénominateur : z1z2=(3+2i)(1+4i)(14i)(1+4i)\dfrac{z_{1}}{z_{2}}=\dfrac{(3+2i)(1+4i)}{(1-4i)(1+4i)}. Numérateur : 3+12i+2i+8i2=3+14i8=5+14i3+12i+2i+8i^{2}=3+14i-8=-5+14i. Dénominateur : 12+42=171^{2}+4^{2}=17, un nombre réel, ce qui est tout l'objet de l'opération. Donc z1z2=5+14i17=517+1417i\dfrac{z_{1}}{z_{2}}=\dfrac{-5+14i}{17}=-\dfrac{5}{17}+\dfrac{14}{17}i.

Contrôle par les modules : z1z2=13170,874\left|\dfrac{z_{1}}{z_{2}}\right|=\dfrac{\sqrt{13}}{\sqrt{17}}\approx 0{,}874, et directement 25+19617=221170,874\dfrac{\sqrt{25+196}}{17}=\dfrac{\sqrt{221}}{17}\approx 0{,}874. Cohérent.

d) z1z1ˉ=(3+2i)(32i)=96i+6i4i2=9+4=13z_{1}\bar{z_{1}}=(3+2i)(3-2i)=9-6i+6i-4i^{2}=9+4=13. Le résultat est un nombre RÉEL, égal à z12=(13)2=13|z_{1}|^{2}=(\sqrt{13})^{2}=13. C'est la propriété zzˉ=z2z\bar{z}=|z|^{2}, et c'est elle qui fait fonctionner la division de la question c).

Pour i2027i^{2027} : les puissances de ii sont cycliques de période 44, puisque i1=ii^{1}=i, i2=1i^{2}=-1, i3=ii^{3}=-i, i4=1i^{4}=1, puis le cycle recommence. On divise donc l'exposant par 44 : 2027=4×506+32027=4\times 506+3, le reste est 33. Donc i2027=i3=ii^{2027}=i^{3}=-i. Aucune calculatrice n'est nécessaire, seul le reste de la division par 44 compte.

-4-3-2-112345-4-3-2-11234z = 3 + 2iz̄ = 3 − 2iz · z̄ = |z|² est reel

Exercice 2 : Module, argument et forme exponentielle

On considère le nombre complexe z=2+2i3z=-2+2i\sqrt{3}.

  • a) Calculez z|z|, puis déterminez arg(z)\arg(z) en radians.
  • b) Écrivez zz sous forme trigonométrique et sous forme exponentielle.
  • c) Donnez zˉ\bar{z} et z-z sous forme exponentielle, sans repasser par la forme algébrique.
  • d) Soit w=1+iw=1+i. Écrivez ww sous forme exponentielle, puis calculez zwzw des deux façons, en forme exponentielle et en forme algébrique, et vérifiez la cohérence des modules.

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Réponses

  • a) z=4|z|=4, argz=2π3\arg z=\frac{2\pi}{3}
  • b) 4ei2π34e^{i\frac{2\pi}{3}}
  • c) zˉ=4ei2π3\bar z=4e^{-i\frac{2\pi}{3}}, z=4eiπ3-z=4e^{-i\frac\pi3}
  • d) zw=42ei11π12zw=4\sqrt2\,e^{i\frac{11\pi}{12}}

a) z=(2)2+(23)2=4+12=16=4|z|=\sqrt{(-2)^{2}+(2\sqrt{3})^{2}}=\sqrt{4+12}=\sqrt{16}=4. Pour l'argument, on impose les DEUX conditions : cosθ=24=12\cos\theta=\dfrac{-2}{4}=-\dfrac{1}{2} et sinθ=234=32\sin\theta=\dfrac{2\sqrt{3}}{4}=\dfrac{\sqrt{3}}{2}. Cosinus négatif et sinus positif placent l'angle dans le deuxième quadrant, et l'angle de référence associé à 12\dfrac{1}{2} et 32\dfrac{\sqrt{3}}{2} est π3\dfrac{\pi}{3}. Donc θ=ππ3=2π3\theta=\pi-\dfrac{\pi}{3}=\dfrac{2\pi}{3}.

Le piège classique : utiliser la calculatrice pour arctan(232)=arctan(3)=π3\arctan\left(\dfrac{2\sqrt{3}}{-2}\right)=\arctan(-\sqrt{3})=-\dfrac{\pi}{3}, et s'arrêter là. Cette valeur est dans le quatrième quadrant, alors que zz est dans le deuxième. La fonction arctangente ne rend jamais que des angles entre π2-\dfrac{\pi}{2} et π2\dfrac{\pi}{2} : elle ne peut pas distinguer les quadrants opposés. Il faut toujours situer le point avant de conclure.

b) Forme trigonométrique : z=4(cos2π3+isin2π3)z=4\left(\cos\dfrac{2\pi}{3}+i\sin\dfrac{2\pi}{3}\right). Forme exponentielle : z=4ei2π3z=4e^{i\frac{2\pi}{3}}.

c) Le conjugué a le même module et l'argument opposé : zˉ=4ei2π3\bar{z}=4e^{-i\frac{2\pi}{3}}. Géométriquement, c'est la réflexion par rapport à l'axe des réels.

Pour z-z, multiplier par 1-1 revient à multiplier par eiπe^{i\pi}, donc à ajouter π\pi à l'argument : z=4ei(2π3+π)=4ei5π3-z=4e^{i\left(\frac{2\pi}{3}+\pi\right)}=4e^{i\frac{5\pi}{3}}, que l'on écrit plus commodément 4eiπ34e^{-i\frac{\pi}{3}} en retranchant 2π2\pi. Géométriquement, c'est la symétrie centrale par rapport à l'origine, soit une rotation d'un demi-tour.

d) w=1+1=2|w|=\sqrt{1+1}=\sqrt{2}, et le point (1; 1)(1;\ 1) est sur la bissectrice du premier quadrant, donc arg(w)=π4\arg(w)=\dfrac{\pi}{4} et w=2eiπ4w=\sqrt{2}\,e^{i\frac{\pi}{4}}.

En forme exponentielle : zw=42ei(2π3+π4)zw=4\sqrt{2}\,e^{i\left(\frac{2\pi}{3}+\frac{\pi}{4}\right)}. On met au même dénominateur : 2π3+π4=8π12+3π12=11π12\dfrac{2\pi}{3}+\dfrac{\pi}{4}=\dfrac{8\pi}{12}+\dfrac{3\pi}{12}=\dfrac{11\pi}{12}. Donc zw=42ei11π12zw=4\sqrt{2}\,e^{i\frac{11\pi}{12}}, en trois lignes.

En forme algébrique : zw=(2+2i3)(1+i)=22i+2i3+2i23=22i+23i23=(223)+(232)izw=(-2+2i\sqrt{3})(1+i)=-2-2i+2i\sqrt{3}+2i^{2}\sqrt{3}=-2-2i+2\sqrt{3}\,i-2\sqrt{3}=(-2-2\sqrt{3})+(2\sqrt{3}-2)i.

Vérification des modules : zw=(2+23)2+(232)2=(4+83+12)+(1283+4)=32=42|zw|=\sqrt{(2+2\sqrt{3})^{2}+(2\sqrt{3}-2)^{2}}=\sqrt{(4+8\sqrt{3}+12)+(12-8\sqrt{3}+4)}=\sqrt{32}=4\sqrt{2}. Les termes en 3\sqrt{3} s'annulent exactement, et on retrouve bien zw=4×2|z||w|=4\times\sqrt{2}. Les deux formes décrivent le même nombre, mais la forme exponentielle a donné le résultat sans un seul développement.

-2-1123456-2-1123456z = 2 + 2√3 i|z| = 460°Re(z) = 2Im(z)z = 4 e^(iπ/3)

Exercice 3 : Théorème de De Moivre et puissances

On considère le nombre complexe z=1+i3z=1+i\sqrt{3}.

  • a) Écrivez zz sous forme exponentielle.
  • b) Calculez z6z^{6} à l'aide du théorème de De Moivre.
  • c) Calculez z10z^{10} et donnez le résultat sous forme algébrique.
  • d) Calculez z3z^{-3} sous forme algébrique, puis vérifiez que z3×z3=1z^{3}\times z^{-3}=1.

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Réponses

  • a) z=2eiπ3z=2e^{i\frac\pi3}
  • b) z6=64z^6=64
  • c) z10=5125123iz^{10}=-512-512\sqrt3\,i
  • d) z3=18z^{-3}=-\frac18

a) z=12+(3)2=1+3=2|z|=\sqrt{1^{2}+(\sqrt{3})^{2}}=\sqrt{1+3}=2. Puis cosθ=12\cos\theta=\dfrac{1}{2} et sinθ=32\sin\theta=\dfrac{\sqrt{3}}{2}, tous deux positifs, donc premier quadrant : θ=π3\theta=\dfrac{\pi}{3}. Ainsi z=2eiπ3z=2e^{i\frac{\pi}{3}}.

b) Par De Moivre : z6=26ei6π3=64ei2πz^{6}=2^{6}e^{i\cdot 6\cdot\frac{\pi}{3}}=64\,e^{i2\pi}. Or ei2π=cos2π+isin2π=1+0i=1e^{i2\pi}=\cos 2\pi+i\sin 2\pi=1+0i=1. Donc z6=64z^{6}=64, un nombre réel positif. Comparez au travail qu'aurait exigé le développement de (1+i3)6(1+i\sqrt{3})^{6} par la formule du binôme : sept termes, avec des puissances de 3\sqrt{3} et de ii à gérer. La forme exponentielle règle la question en une ligne.

c) z10=210ei10π3=1024ei10π3z^{10}=2^{10}e^{i\cdot 10\cdot\frac{\pi}{3}}=1024\,e^{i\frac{10\pi}{3}}. On ramène l'argument dans [0; 2π[[0;\ 2\pi[ en retranchant 2π=6π32\pi=\dfrac{6\pi}{3} : 10π36π3=4π3\dfrac{10\pi}{3}-\dfrac{6\pi}{3}=\dfrac{4\pi}{3}. Donc z10=1024ei4π3z^{10}=1024\,e^{i\frac{4\pi}{3}}.

Sous forme algébrique : cos4π3=12\cos\dfrac{4\pi}{3}=-\dfrac{1}{2} et sin4π3=32\sin\dfrac{4\pi}{3}=-\dfrac{\sqrt{3}}{2} (troisième quadrant, les deux négatifs). Donc z10=1024(1232i)=5125123iz^{10}=1024\left(-\dfrac{1}{2}-\dfrac{\sqrt{3}}{2}i\right)=-512-512\sqrt{3}\,i.

d) De Moivre vaut aussi pour les exposants négatifs : z3=23eiπ=18×(1)=18z^{-3}=2^{-3}e^{-i\pi}=\frac{1}{8}\times(-1)=-\frac{1}{8}. Contrôle : z3=8eiπ=8z^{3}=8e^{i\pi}=-8, et (8)×(18)=1(-8)\times\left(-\frac{1}{8}\right)=1. Le calcul direct de 1(1+i3)3\frac{1}{(1+i\sqrt{3})^{3}} aurait demandé un développement et une division par le conjugué.

-4-3-2-11234-4-3-2-112341zz⁶un pas : module ×1,22, argument +32°

Exercice 4 : Racines n-ièmes d'un nombre complexe

On cherche à résoudre dans C\mathbb{C} l'équation z3=8iz^{3}=8i.

  • a) Écrivez 8i8i sous forme exponentielle.
  • b) Déterminez les trois solutions de l'équation sous forme exponentielle, puis sous forme algébrique.
  • c) Vérifiez par le calcul direct que 3+i\sqrt{3}+i est bien solution.
  • d) Placez les trois solutions dans le plan complexe et décrivez la figure obtenue. Que vaut leur somme ?

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Réponses

  • a) 8i=8eiπ28i=8e^{i\frac\pi2}
  • b) 3+i\sqrt3+i, 3+i-\sqrt3+i, 2i-2i
  • c) (3+i)3=8i(\sqrt3+i)^3=8i
  • d) Triangle équilatéral, somme nulle

a) Le nombre 8i8i a pour partie réelle 00 et pour partie imaginaire 88, il est donc sur le demi-axe imaginaire positif. Son module vaut 88 et son argument π2\dfrac{\pi}{2}. Donc 8i=8eiπ28i=8e^{i\frac{\pi}{2}}.

b) Les racines cubiques ont pour module 81/3=28^{1/3}=2 et pour arguments π2+2kπ3=π6+2kπ3\dfrac{\frac{\pi}{2}+2k\pi}{3}=\dfrac{\pi}{6}+\dfrac{2k\pi}{3} pour k=0; 1; 2k=0;\ 1;\ 2.

Pour k=0k=0 : z0=2eiπ6=2(32+12i)=3+iz_{0}=2e^{i\frac{\pi}{6}}=2\left(\dfrac{\sqrt{3}}{2}+\dfrac{1}{2}i\right)=\sqrt{3}+i.

Pour k=1k=1 : l'argument est π6+2π3=π6+4π6=5π6\dfrac{\pi}{6}+\dfrac{2\pi}{3}=\dfrac{\pi}{6}+\dfrac{4\pi}{6}=\dfrac{5\pi}{6}, donc z1=2ei5π6=2(32+12i)=3+iz_{1}=2e^{i\frac{5\pi}{6}}=2\left(-\dfrac{\sqrt{3}}{2}+\dfrac{1}{2}i\right)=-\sqrt{3}+i.

Pour k=2k=2 : l'argument est π6+4π3=π6+8π6=9π6=3π2\dfrac{\pi}{6}+\dfrac{4\pi}{3}=\dfrac{\pi}{6}+\dfrac{8\pi}{6}=\dfrac{9\pi}{6}=\dfrac{3\pi}{2}, donc z2=2ei3π2=2(0i)=2iz_{2}=2e^{i\frac{3\pi}{2}}=2(0-i)=-2i.

L'erreur à ne pas commettre : s'arrêter à la première racine. Une équation de degré 33 a exactement trois solutions dans C\mathbb{C}, et le paramètre kk doit parcourir 00, 11 et 22. Prendre k=3k=3 redonnerait z0z_{0}, puisque cela ajoute 2π2\pi à l'argument.

c) (3+i)2=3+23i+i2=3+23i1=2+23i(\sqrt{3}+i)^{2}=3+2\sqrt{3}\,i+i^{2}=3+2\sqrt{3}\,i-1=2+2\sqrt{3}\,i. Puis (3+i)3=(2+23i)(3+i)=23+2i+23i+23i2=23+2i+6i23=8i(\sqrt{3}+i)^{3}=(2+2\sqrt{3}\,i)(\sqrt{3}+i)=2\sqrt{3}+2i+2\cdot 3\,i+2\sqrt{3}\,i^{2}=2\sqrt{3}+2i+6i-2\sqrt{3}=8i. La vérification est concluante.

d) Les trois racines ont toutes le même module 22, elles sont donc sur le cercle de rayon 22 centré à l'origine. Leurs arguments valent π6\dfrac{\pi}{6}, 5π6\dfrac{5\pi}{6} et 3π2\dfrac{3\pi}{2}, régulièrement espacés de 2π3\dfrac{2\pi}{3}, soit 120120^{\circ}. Elles forment donc les sommets d'un TRIANGLE ÉQUILATÉRAL inscrit dans ce cercle.

Leur somme : (3+i)+(3+i)+(2i)=(33)+(1+12)i=0(\sqrt{3}+i)+(-\sqrt{3}+i)+(-2i)=(\sqrt{3}-\sqrt{3})+(1+1-2)i=0. La somme est nulle. Ce n'est pas une coïncidence : les nn racines nn-ièmes d'un nombre complexe sont les sommets d'un polygone régulier centré à l'origine, et le centre de gravité d'un polygone régulier est son centre, donc leur somme est toujours nulle dès que n2n\geq 2. Autre lecture, algébrique : ces racines sont les solutions de z38i=0z^{3}-8i=0, un polynôme dont le coefficient de z2z^{2} est nul, et par les relations coefficients-racines, la somme des racines vaut ce coefficient au signe près, donc 00. Cette somme nulle est un excellent moyen de contrôler ses racines en fin de calcul.

Exercice 5 : Racines carrées d'un nombre complexe par la forme algébrique

On cherche les racines carrées d'un nombre complexe sans passer par la forme exponentielle, en résolvant directement (x+iy)2=z(x+iy)^{2}=z. La méthode combine trois équations réelles.

  • a) Déterminez les racines carrées de z=3+4iz=3+4i : posez (x+iy)2=3+4i(x+iy)^{2}=3+4i, écrivez le système sur xx et yy en ajoutant l'équation des modules x2+y2=zx^{2}+y^{2}=|z|, et résolvez.
  • b) Déterminez de même les racines carrées de z=5+12iz=-5+12i.
  • c) Vérifiez chacun de vos résultats en élevant au carré, et expliquez pourquoi un nombre complexe non nul a toujours exactement deux racines carrées, opposées l'une de l'autre.
  • d) Application : résolvez dans C\mathbb{C} l'équation w2=3+4iw^{2}=3+4i, puis expliquez comment cette méthode permet de résoudre n'importe quelle équation du second degré à coefficients complexes.

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Réponses

  • a) ±(2+i)\pm(2+i)
  • b) ±(2+3i)\pm(2+3i)
  • c) Deux racines opposées
  • d) w=±(2+i)w=\pm(2+i) ; discriminant complexe

a) On pose (x+iy)2=x2y2+2xyi=3+4i(x+iy)^{2}=x^{2}-y^{2}+2xyi=3+4i, ce qui donne {x2y2=32xy=4\begin{cases} x^{2}-y^{2}=3 \\ 2xy=4 \end{cases}. On ajoute l'équation des modules : (x+iy)2=3+4i|(x+iy)^{2}|=|3+4i| donne x2+y2=32+42=5x^{2}+y^{2}=\sqrt{3^{2}+4^{2}}=5. En additionnant avec x2y2=3x^{2}-y^{2}=3 : 2x2=82x^{2}=8, donc x2=4x^{2}=4 et x=±2x=\pm 2; en soustrayant : 2y2=22y^{2}=2, donc y2=1y^{2}=1 et y=±1y=\pm 1. La condition 2xy=4>02xy=4>0 impose que xx et yy soient de MÊME signe. Les racines carrées de 3+4i3+4i sont donc 2+i2+i et 2i-2-i.

b) On pose (x+iy)2=5+12i(x+iy)^{2}=-5+12i, d'où {x2y2=52xy=12\begin{cases} x^{2}-y^{2}=-5 \\ 2xy=12 \end{cases} et x2+y2=5+12i=25+144=13x^{2}+y^{2}=|-5+12i|=\sqrt{25+144}=13. En additionnant avec x2y2=5x^{2}-y^{2}=-5 : 2x2=82x^{2}=8, donc x=±2x=\pm 2; en soustrayant : 2y2=182y^{2}=18, donc y=±3y=\pm 3. La condition 2xy=12>02xy=12>0 impose le même signe. Les racines carrées de 5+12i-5+12i sont 2+3i2+3i et 23i-2-3i.

c) Vérification : (2+i)2=4+4i+i2=4+4i1=3+4i(2+i)^{2}=4+4i+i^{2}=4+4i-1=3+4i ✓, et (2+3i)2=4+12i+9i2=4+12i9=5+12i(2+3i)^{2}=4+12i+9i^{2}=4+12i-9=-5+12i ✓. Les deux racines d'un même nombre sont toujours opposées, car si r2=zr^{2}=z alors (r)2=r2=z(-r)^{2}=r^{2}=z également, et une équation du second degré n'a pas plus de deux solutions. Un nombre complexe non nul a donc exactement deux racines carrées, symétriques par rapport à l'origine. C'est la différence avec les réels positifs, où l'on ne garde par convention que la racine positive; dans C\mathbb{C}, aucune des deux n'est privilégiée.

d) L'équation w2=3+4iw^{2}=3+4i a exactement pour solutions les racines carrées trouvées en a) : w=2+iw=2+i ou w=2iw=-2-i. La portée de la méthode est générale : pour résoudre aw2+bw+c=0aw^{2}+bw+c=0 à coefficients complexes, on calcule le discriminant Δ=b24ac\Delta=b^{2}-4ac, qui est un nombre complexe, on en cherche une racine carrée δ\delta par la méthode ci-dessus, puis les solutions sont w=b±δ2aw=\dfrac{-b\pm\delta}{2a}. La seule étape nouvelle par rapport au cas réel est l'extraction d'une racine carrée d'un complexe, et c'est exactement ce que cet exercice apprend à faire.

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : Équations polynomiales et racines conjuguées

Cet exercice porte sur la résolution d'équations polynomiales dans C\mathbb{C} et sur la propriété qui gouverne leurs racines non réelles.

  • a) Résolvez dans C\mathbb{C} l'équation z24z+13=0z^{2}-4z+13=0.
  • b) Démontrez que si un polynôme à coefficients RÉELS admet z0z_{0} pour racine, alors z0ˉ\bar{z_{0}} en est aussi une racine.
  • c) Soit P(z)=z35z2+17z13P(z)=z^{3}-5z^{2}+17z-13. Vérifiez que 11 est racine de PP, puis factorisez PP et déterminez toutes ses racines dans C\mathbb{C}.
  • d) Démontrez que zw=zw|zw|=|z|\,|w| pour tous complexes zz et ww, puis que z+w=zˉ+wˉ\overline{z+w}=\bar{z}+\bar{w}. Expliquez enfin pourquoi le résultat de b) tomberait en défaut si les coefficients n'étaient pas réels, à l'aide d'un contre-exemple.

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a)
c)
d)
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Réponses

  • a) z=2±3iz=2\pm 3i
  • b) Coefficients réels : P(z0ˉ)=P(z0)=0P(\bar{z_0})=\overline{P(z_0)}=0
  • c) 11, 2+3i2+3i, 23i2-3i
  • d) Q(z)=ziQ(z)=z-i : i-i non racine

a) Le discriminant vaut Δ=(4)24(1)(13)=1652=36\Delta=(-4)^{2}-4(1)(13)=16-52=-36. Il est négatif, donc il n'y a pas de solution réelle, mais deux solutions complexes conjuguées. On écrit 36=6i\sqrt{-36}=6i, d'où z=4±6i2=2±3iz=\dfrac{4\pm 6i}{2}=2\pm 3i. Les solutions sont z=2+3iz=2+3i et z=23iz=2-3i.

Vérification sur la première : (2+3i)2=4+12i+9i2=4+12i9=5+12i(2+3i)^{2}=4+12i+9i^{2}=4+12i-9=-5+12i, puis 5+12i4(2+3i)+13=5+12i812i+13=0-5+12i-4(2+3i)+13=-5+12i-8-12i+13=0. Conforme.

b) Soit P(z)=anzn++a1z+a0P(z)=a_{n}z^{n}+\dots+a_{1}z+a_{0} avec tous les aka_{k} réels, et supposons P(z0)=0P(z_{0})=0. On applique la conjugaison aux deux membres : P(z0)=0ˉ=0\overline{P(z_{0})}=\bar{0}=0.

Or la conjugaison respecte les sommes et les produits, c'est-à-dire z+w=zˉ+wˉ\overline{z+w}=\bar{z}+\bar{w} et zw=zˉwˉ\overline{zw}=\bar{z}\,\bar{w}. Donc P(z0)=anz0n++a1z0+a0\overline{P(z_{0})}=\overline{a_{n}}\,\overline{z_{0}}^{\,n}+\dots+\overline{a_{1}}\,\overline{z_{0}}+\overline{a_{0}}. C'est ici qu'intervient l'hypothèse cruciale : les coefficients étant RÉELS, ils sont égaux à leurs propres conjugués, ak=ak\overline{a_{k}}=a_{k}. L'expression devient donc anz0n++a1z0+a0=P(z0)a_{n}\overline{z_{0}}^{\,n}+\dots+a_{1}\overline{z_{0}}+a_{0}=P(\overline{z_{0}}).

En combinant : P(z0)=0P(\overline{z_{0}})=0, donc z0\overline{z_{0}} est bien une racine. C'est exactement ce qu'on observe en a), où les deux solutions sont conjuguées l'une de l'autre.

c) P(1)=15+1713=0P(1)=1-5+17-13=0, donc 11 est racine et PP est divisible par (z1)(z-1). La division polynomiale donne P(z)=(z1)(z24z+13)P(z)=(z-1)(z^{2}-4z+13), ce que l'on contrôle en développant : z34z2+13zz2+4z13=z35z2+17z13z^{3}-4z^{2}+13z-z^{2}+4z-13=z^{3}-5z^{2}+17z-13, conforme.

Le facteur quadratique est exactement celui de la question a), dont les racines sont 2±3i2\pm 3i. Les trois racines de PP sont donc 11, 2+3i2+3i et 23i2-3i.

On observe le mécanisme de b) à l'oeuvre : PP est de degré 33 à coefficients réels, il a donc au moins une racine réelle (ici 11), et ses racines non réelles arrivent nécessairement par paire conjuguée. Un polynôme de degré impair à coefficients réels ne peut jamais avoir toutes ses racines non réelles, puisqu'elles s'apparient deux à deux et qu'un nombre impair ne se répartit pas en paires.

d) Pour le module, on passe par la forme exponentielle. Si z=r1eiθ1z=r_{1}e^{i\theta_{1}} et w=r2eiθ2w=r_{2}e^{i\theta_{2}}, alors zw=r1r2ei(θ1+θ2)zw=r_{1}r_{2}e^{i(\theta_{1}+\theta_{2})}, dont le module est r1r2=zwr_{1}r_{2}=|z|\,|w| puisque les modules sont positifs. En forme algébrique, avec z=a+biz=a+bi et w=c+diw=c+di, on peut aussi vérifier directement zw2=(acbd)2+(ad+bc)2=a2c2+b2d2+a2d2+b2c2=(a2+b2)(c2+d2)=z2w2|zw|^{2}=(ac-bd)^{2}+(ad+bc)^{2}=a^{2}c^{2}+b^{2}d^{2}+a^{2}d^{2}+b^{2}c^{2}=(a^{2}+b^{2})(c^{2}+d^{2})=|z|^{2}|w|^{2}, les doubles produits s'annulant deux à deux.

Pour le conjugué de la somme, avec z=a+biz=a+bi et w=c+diw=c+di : z+w=(a+c)+(b+d)iz+w=(a+c)+(b+d)i, donc z+w=(a+c)(b+d)i\overline{z+w}=(a+c)-(b+d)i. Par ailleurs zˉ+wˉ=(abi)+(cdi)=(a+c)(b+d)i\bar{z}+\bar{w}=(a-bi)+(c-di)=(a+c)-(b+d)i. Les deux expressions coïncident.

Enfin, le contre-exemple. Considérons Q(z)=ziQ(z)=z-i, dont le coefficient constant i-i n'est PAS réel. Sa seule racine est z0=iz_{0}=i. Or z0=i\overline{z_{0}}=-i donne Q(i)=ii=2i0Q(-i)=-i-i=-2i\neq 0 : le conjugué n'est pas racine. La propriété de b) s'effondre dès qu'un seul coefficient cesse d'être réel, car l'étape ak=ak\overline{a_{k}}=a_{k} est précisément celle qui portait toute la démonstration. C'est pour cette raison que l'énoncé insiste sur les coefficients réels, et l'examen sanctionne souvent l'application aveugle de la propriété à un polynôme à coefficients complexes.

Exercice 7 : Problème : les six racines sixièmes de 64 et l'hexagone régulier

On cherche à résoudre dans C\mathbb{C} l'équation z6=64z^{6}=64, puis à exploiter la structure géométrique de ses solutions.

L'équation semble anodine : beaucoup répondent z=2z=2 et passent à la suite. Le degré 66 impose pourtant six solutions, dont quatre ne sont pas réelles.

  • a) Écrivez 6464 sous forme exponentielle, puis déterminez les six solutions de l'équation sous forme exponentielle.
  • b) Donnez les six solutions sous forme algébrique.
  • c) Décrivez la figure formée par les six solutions dans le plan complexe. Lesquelles sont réelles ?
  • d) Calculez la somme des six solutions, et justifiez le résultat de deux façons, l'une géométrique et l'autre algébrique.
  • e) Calculez le produit des six solutions en regroupant les racines conjuguées.
  • f) Montrez que la multiplication par la solution z1=1+i3z_{1}=1+i\sqrt{3} correspond, dans le plan, à une rotation composée avec une homothétie. Donnez la matrice 2×22\times 2 de cette transformation et vérifiez sa cohérence avec le module et l'argument de z1z_{1}.

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a)
b)
c)
d)
e)
f)
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Réponses

  • a) zk=2eikπ3z_k=2e^{i\frac{k\pi}{3}}
  • b) 22, 1±i31\pm i\sqrt3, 1±i3-1\pm i\sqrt3, 2-2
  • c) Hexagone régulier ; 22 et 2-2 réelles
  • d) Somme nulle
  • e) Produit 64-64
  • f) M=2R60M=2R_{60^\circ}, detM=4\det M=4

a) Le nombre 6464 est réel positif, donc son module vaut 6464 et son argument 00 : 64=64ei064=64e^{i0}. Les racines sixièmes ont pour module 641/6=264^{1/6}=2, puisque 26=642^{6}=64, et pour arguments 0+2kπ6=kπ3\dfrac{0+2k\pi}{6}=\dfrac{k\pi}{3} pour k=0; 1; 2; 3; 4; 5k=0;\ 1;\ 2;\ 3;\ 4;\ 5.

Les six solutions sont donc zk=2eikπ3z_{k}=2e^{i\frac{k\pi}{3}}, soit 2ei02e^{i0}, 2eiπ32e^{i\frac{\pi}{3}}, 2ei2π32e^{i\frac{2\pi}{3}}, 2eiπ2e^{i\pi}, 2ei4π32e^{i\frac{4\pi}{3}} et 2ei5π32e^{i\frac{5\pi}{3}}.

b) On convertit chacune à l'aide des valeurs remarquables du cercle trigonométrique. z0=2(1+0i)=2z_{0}=2(1+0i)=2. z1=2(12+32i)=1+i3z_{1}=2\left(\dfrac{1}{2}+\dfrac{\sqrt{3}}{2}i\right)=1+i\sqrt{3}. z2=2(12+32i)=1+i3z_{2}=2\left(-\dfrac{1}{2}+\dfrac{\sqrt{3}}{2}i\right)=-1+i\sqrt{3}. z3=2(1+0i)=2z_{3}=2(-1+0i)=-2. z4=2(1232i)=1i3z_{4}=2\left(-\dfrac{1}{2}-\dfrac{\sqrt{3}}{2}i\right)=-1-i\sqrt{3}. z5=2(1232i)=1i3z_{5}=2\left(\dfrac{1}{2}-\dfrac{\sqrt{3}}{2}i\right)=1-i\sqrt{3}.

Contrôle sur z1z_{1} : son module vaut 22 et son argument π3\dfrac{\pi}{3}, donc z16=26ei2π=64z_{1}^{6}=2^{6}e^{i2\pi}=64, conforme.

c) Les six solutions ont toutes le même module 22, elles sont donc sur le cercle de rayon 22 centré à l'origine, et leurs arguments sont espacés de π3\dfrac{\pi}{3}, soit 6060^{\circ}. Elles forment donc les sommets d'un HEXAGONE RÉGULIER inscrit dans ce cercle.

Deux d'entre elles seulement sont réelles : z0=2z_{0}=2 et z3=2z_{3}=-2, celles dont l'argument vaut 00 ou π\pi. Les quatre autres vont par paires conjuguées, z1z_{1} avec z5z_{5} et z2z_{2} avec z4z_{4}, ce qui est attendu puisque le polynôme z664z^{6}-64 est à coefficients réels. La réponse naïve z=2z=2 ne donnait qu'une solution sur six.

d) Somme : 2+(1+i3)+(1+i3)+(2)+(1i3)+(1i3)2+(1+i\sqrt{3})+(-1+i\sqrt{3})+(-2)+(-1-i\sqrt{3})+(1-i\sqrt{3}). Les parties réelles donnent 2+1121+1=02+1-1-2-1+1=0 et les parties imaginaires 3+333=0\sqrt{3}+\sqrt{3}-\sqrt{3}-\sqrt{3}=0. La somme vaut 00.

Justification géométrique : les six points sont les sommets d'un hexagone régulier centré à l'origine. La somme de vecteurs répartis avec une symétrie centrale s'annule, car chaque sommet a son opposé dans la figure (z0z_{0} avec z3z_{3}, z1z_{1} avec z4z_{4}, z2z_{2} avec z5z_{5}). Additionner terme à terme trois paires de vecteurs opposés donne le vecteur nul.

Justification algébrique : les six solutions sont les racines de z664=0z^{6}-64=0. Ce polynôme s'écrit z6+0z5+0z4+0z3+0z2+0z64z^{6}+0z^{5}+0z^{4}+0z^{3}+0z^{2}+0z-64, et par les relations entre coefficients et racines, la somme des racines vaut l'opposé du coefficient de z5z^{5} divisé par le coefficient dominant, soit 01=0-\dfrac{0}{1}=0.

e) On regroupe chaque racine avec sa conjuguée, ce qui rend chaque produit partiel réel. Les deux racines réelles : z0z3=(2)(2)=4z_{0}z_{3}=(2)(-2)=-4. La paire z1z5=(1+i3)(1i3)=12+(3)2=1+3=4z_{1}z_{5}=(1+i\sqrt{3})(1-i\sqrt{3})=1^{2}+(\sqrt{3})^{2}=1+3=4, en utilisant zzˉ=z2z\bar{z}=|z|^{2}. La paire z2z4=(1+i3)(1i3)=1+3=4z_{2}z_{4}=(-1+i\sqrt{3})(-1-i\sqrt{3})=1+3=4 de même.

Le produit total vaut (4)(4)(4)=64(-4)(4)(4)=-64. Contrôle par les relations coefficients-racines : le produit des racines d'un polynôme de degré 66 vaut (1)6a0a6=641=64(-1)^{6}\dfrac{a_{0}}{a_{6}}=\dfrac{-64}{1}=-64. Conforme. Regrouper les conjuguées est la bonne stratégie : chaque paire donne immédiatement le carré du module, et on ne manipule jamais de nombre non réel.

f) Multiplier par z1=1+i3z_{1}=1+i\sqrt{3} un complexe x+iyx+iy donne (x+iy)(1+i3)=x+ix3+iy+i2y3=(x3y)+i(3x+y)(x+iy)(1+i\sqrt{3})=x+ix\sqrt{3}+iy+i^{2}y\sqrt{3}=(x-\sqrt{3}y)+i(\sqrt{3}x+y). En traduisant sur le couple de coordonnées (x; y)(x;\ y), la transformation envoie (x; y)(x;\ y) sur (x3y; 3x+y)(x-\sqrt{3}y;\ \sqrt{3}x+y), ce qui correspond à la matrice M=(1331)M=\begin{pmatrix} 1 & -\sqrt{3} \\ \sqrt{3} & 1 \end{pmatrix}.

On factorise le module : M=2(12323212)=2(cosπ3sinπ3sinπ3cosπ3)M=2\begin{pmatrix} \dfrac{1}{2} & -\dfrac{\sqrt{3}}{2} \\[4pt] \dfrac{\sqrt{3}}{2} & \dfrac{1}{2} \end{pmatrix}=2\begin{pmatrix} \cos\dfrac{\pi}{3} & -\sin\dfrac{\pi}{3} \\[4pt] \sin\dfrac{\pi}{3} & \cos\dfrac{\pi}{3} \end{pmatrix}. C'est donc l'homothétie de rapport 22 composée avec la rotation de π3\dfrac{\pi}{3}, soit 6060^{\circ}.

La cohérence est parfaite : z1=2|z_{1}|=2 donne le rapport de l'homothétie et arg(z1)=π3\arg(z_{1})=\dfrac{\pi}{3} donne l'angle de la rotation. Contrôle par le déterminant : det(M)=(1)(1)(3)(3)=1+3=4=z12\det(M)=(1)(1)-(-\sqrt{3})(\sqrt{3})=1+3=4=|z_{1}|^{2}, ce qui est bien le facteur d'aire attendu d'une homothétie de rapport 22.

Lecture finale de tout le problème : appliquer six fois cette transformation revient à une rotation de 6×60=3606\times 60^{\circ}=360^{\circ}, c'est-à-dire l'identité, composée avec une homothétie de rapport 26=642^{6}=64. C'est exactement l'énoncé z16=64z_{1}^{6}=64, traduit en langage de transformations. L'hexagone des racines n'est rien d'autre que l'orbite du point (2; 0)(2;\ 0) sous les rotations successives de 6060^{\circ}.

-4-3-2-11234-4-3-2-1123422 e^(iπ/3)-2les six racines ont le MÊME module 2et sont espacées de 60° :elles forment un hexagone régulier

Exercice 8 : Le produit complexe comme rotation et le critère du triangle équilatéral

Multiplier par un nombre complexe de module rr et d'argument θ\theta revient à composer une rotation d'angle θ\theta avec une homothétie de rapport rr. On exploite cette lecture géométrique pour manipuler des points du plan.

  • a) Déterminez l'image du point d'affixe z=2z=2 par la rotation de centre l'origine et d'angle 6060^{\circ}, en multipliant par le complexe approprié.
  • b) Déterminez l'affixe de l'image du point z=4+iz=4+i par la rotation de 9090^{\circ} (sens antihoraire) autour du centre d'affixe c=1+ic=1+i. On rappelle que la formule est z=c+eiθ(zc)z'=c+e^{i\theta}(z-c).
  • c) On considère les points AA, BB, CC d'affixes a=0a=0, b=2b=2 et c=1+3ic=1+\sqrt{3}\,i. Montrez que le triangle ABCABC est équilatéral, d'abord par les longueurs.
  • d) Vérifiez le critère algébrique d'équilatéralité a2+b2+c2=ab+bc+caa^{2}+b^{2}+c^{2}=ab+bc+ca sur ce triangle, et expliquez le lien avec la rotation de 6060^{\circ}.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 1+3i1+\sqrt3\,i
  • b) 1+4i1+4i
  • c) Trois côtés de longueur 2
  • d) 2+23i2+2\sqrt3\,i des deux côtés

a) Une rotation de 6060^{\circ} centrée à l'origine est la multiplication par ei60=cos60+isin60=12+32ie^{i60^{\circ}}=\cos 60^{\circ}+i\sin 60^{\circ}=\dfrac{1}{2}+\dfrac{\sqrt{3}}{2}i. L'image de z=2z=2 est donc 2(12+32i)=1+3i2\left(\dfrac{1}{2}+\dfrac{\sqrt{3}}{2}i\right)=1+\sqrt{3}\,i, soit le point (1; 3)(1;\ \sqrt{3}). Contrôle : son module vaut 1+3=2\sqrt{1+3}=2, comme celui de zz, ce qui est normal puisqu'une rotation conserve les distances à l'origine.

b) On applique z=c+ei90(zc)z'=c+e^{i90^{\circ}}(z-c) avec ei90=ie^{i90^{\circ}}=i. On calcule d'abord zc=(4+i)(1+i)=3z-c=(4+i)-(1+i)=3. Puis i3=3ii\cdot 3=3i. Enfin z=c+3i=(1+i)+3i=1+4iz'=c+3i=(1+i)+3i=1+4i. L'image est le point d'affixe 1+4i1+4i, soit (1; 4)(1;\ 4). La translation par c-c, la rotation, puis la translation par +c+c : c'est le schéma universel d'une rotation autour d'un centre autre que l'origine.

c) On calcule les trois longueurs comme modules de différences d'affixes. AB=ba=2=2AB=|b-a|=|2|=2. AC=ca=1+3i=1+3=2AC=|c-a|=|1+\sqrt{3}\,i|=\sqrt{1+3}=2. BC=cb=(1+3i)2=1+3i=1+3=2BC=|c-b|=|(1+\sqrt{3}\,i)-2|=|-1+\sqrt{3}\,i|=\sqrt{1+3}=2. Les trois côtés valent 22, donc le triangle ABCABC est équilatéral.

d) On vérifie a2+b2+c2=ab+bc+caa^{2}+b^{2}+c^{2}=ab+bc+ca. À gauche : 0+4+(1+3i)2=4+(1+23i3)=4+(2+23i)=2+23i0+4+(1+\sqrt{3}\,i)^{2}=4+(1+2\sqrt{3}\,i-3)=4+(-2+2\sqrt{3}\,i)=2+2\sqrt{3}\,i. À droite : ab+bc+ca=0+2(1+3i)+0=2+23iab+bc+ca=0+2(1+\sqrt{3}\,i)+0=2+2\sqrt{3}\,i. Les deux membres coïncident, le critère est vérifié. Le lien avec la rotation : un triangle ABCABC est équilatéral direct si et seulement si CC est l'image de BB par la rotation de 6060^{\circ} autour de AA, ce qui s'écrit ca=ei60(ba)c-a=e^{i60^{\circ}}(b-a). En développant cette relation avec ei60e^{i60^{\circ}} racine de t2t+1=0t^{2}-t+1=0, on obtient précisément l'identité symétrique a2+b2+c2=ab+bc+caa^{2}+b^{2}+c^{2}=ab+bc+ca. La géométrie du triangle équilatéral est donc encodée dans une simple équation entre affixes.

Exercice 9 : Théorème de De Moivre et formules de l'angle triple

Le théorème de De Moivre ne sert pas qu'à calculer des puissances : développé, il fabrique les formules trigonométriques de l'angle multiple. On l'applique ici à l'angle triple.

  • a) Écrivez (cosθ+isinθ)3(\cos\theta+i\sin\theta)^{3} de deux façons : par le théorème de De Moivre, et par le développement du cube d'une somme.
  • b) En identifiant les parties réelles et imaginaires, déduisez les formules de cos3θ\cos 3\theta et sin3θ\sin 3\theta en fonction de cosθ\cos\theta et sinθ\sin\theta.
  • c) Exprimez cos3θ\cos 3\theta uniquement en fonction de cosθ\cos\theta, puis sin3θ\sin 3\theta uniquement en fonction de sinθ\sin\theta.
  • d) Vérifiez la formule de cos3θ\cos 3\theta pour θ=30\theta=30^{\circ}, où cos3θ=cos90=0\cos 3\theta=\cos 90^{\circ}=0.

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b)
c)
d)
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Réponses

  • a) cos3θ+isin3θ=(c33cs2)+i(3c2ss3)\cos 3\theta+i\sin 3\theta=(c^3-3cs^2)+i(3c^2s-s^3)
  • b) cos3θ=c33cs2\cos 3\theta=c^3-3cs^2, sin3θ=3c2ss3\sin 3\theta=3c^2s-s^3
  • c) 4cos3θ3cosθ4\cos^3\theta-3\cos\theta ; 3sinθ4sin3θ3\sin\theta-4\sin^3\theta
  • d) 00 pour θ=30\theta=30^\circ

a) Par De Moivre : (cosθ+isinθ)3=cos3θ+isin3θ(\cos\theta+i\sin\theta)^{3}=\cos 3\theta+i\sin 3\theta. Par le développement du cube, avec c=cosθc=\cos\theta et s=sinθs=\sin\theta : (c+is)3=c3+3c2(is)+3c(is)2+(is)3=c3+3ic2s3cs2is3(c+is)^{3}=c^{3}+3c^{2}(is)+3c(is)^{2}+(is)^{3}=c^{3}+3ic^{2}s-3cs^{2}-is^{3}, en utilisant i2=1i^{2}=-1 et i3=ii^{3}=-i. On regroupe : (c+is)3=(c33cs2)+i(3c2ss3)(c+is)^{3}=(c^{3}-3cs^{2})+i(3c^{2}s-s^{3}).

b) On identifie les deux écritures. Partie réelle : cos3θ=cos3θ3cosθsin2θ\cos 3\theta=\cos^{3}\theta-3\cos\theta\sin^{2}\theta. Partie imaginaire : sin3θ=3cos2θsinθsin3θ\sin 3\theta=3\cos^{2}\theta\sin\theta-\sin^{3}\theta. C'est le mécanisme fondamental : une seule application de De Moivre livre d'un coup les deux formules de l'angle triple, là où la trigonométrie classique demande deux fois la formule d'addition.

c) Pour cos3θ\cos 3\theta, on remplace sin2θ=1cos2θ\sin^{2}\theta=1-\cos^{2}\theta : cos3θ=cos3θ3cosθ(1cos2θ)=cos3θ3cosθ+3cos3θ=4cos3θ3cosθ\cos 3\theta=\cos^{3}\theta-3\cos\theta(1-\cos^{2}\theta)=\cos^{3}\theta-3\cos\theta+3\cos^{3}\theta=4\cos^{3}\theta-3\cos\theta. Pour sin3θ\sin 3\theta, on remplace cos2θ=1sin2θ\cos^{2}\theta=1-\sin^{2}\theta : sin3θ=3(1sin2θ)sinθsin3θ=3sinθ3sin3θsin3θ=3sinθ4sin3θ\sin 3\theta=3(1-\sin^{2}\theta)\sin\theta-\sin^{3}\theta=3\sin\theta-3\sin^{3}\theta-\sin^{3}\theta=3\sin\theta-4\sin^{3}\theta. Ces deux polynômes, en cosθ\cos\theta et en sinθ\sin\theta, sont des cas particuliers des polynômes de Tchebychev.

d) Pour θ=30\theta=30^{\circ}, cosθ=32\cos\theta=\dfrac{\sqrt{3}}{2}. La formule donne cos90=4(32)3332=4338332=332332=0\cos 90^{\circ}=4\left(\dfrac{\sqrt{3}}{2}\right)^{3}-3\cdot\dfrac{\sqrt{3}}{2}=4\cdot\dfrac{3\sqrt{3}}{8}-\dfrac{3\sqrt{3}}{2}=\dfrac{3\sqrt{3}}{2}-\dfrac{3\sqrt{3}}{2}=0. On retrouve bien cos90=0\cos 90^{\circ}=0, ce qui valide la formule sur une valeur connue.

Exercice 10 : Problème : lieux géométriques dans le plan complexe

L'écriture za|z-a| se lit comme la distance du point d'affixe zz au point d'affixe aa. Cette seule lecture transforme des équations complexes en figures géométriques classiques : droites, cercles, médiatrices.

  • a) Déterminez et décrivez l'ensemble des points zz tels que z1=z+i|z-1|=|z+i|. Donnez son équation cartésienne.
  • b) Déterminez l'ensemble des points zz tels que z(2+i)=3|z-(2+i)|=3. Précisez sa nature, son centre et son rayon, et dites si le point d'affixe 4+2i4+2i lui appartient, est intérieur ou extérieur.
  • c) Déterminez l'ensemble des points zz tels que z1=2z+1|z-1|=2\,|z+1|. Montrez que c'est un cercle et donnez son centre et son rayon.
  • d) Décrivez géométriquement l'ensemble des points z=x+iyz=x+iy tels que Re(z)+Im(z)=1\text{Re}(z)+\text{Im}(z)=1, et expliquez pourquoi, contrairement à b) et c), ce lieu est une droite.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Droite y=xy=-x
  • b) Cercle de centre (2;1)(2;1), rayon 3 ; point intérieur
  • c) Cercle de centre (53;0)\left(-\frac53;0\right), rayon 43\frac43
  • d) Droite x+y=1x+y=1

a) En posant z=x+iyz=x+iy : z12=(x1)2+y2|z-1|^{2}=(x-1)^{2}+y^{2} et z+i2=x2+(y+1)2|z+i|^{2}=x^{2}+(y+1)^{2}. L'égalité z1=z+i|z-1|=|z+i| équivaut à (x1)2+y2=x2+(y+1)2(x-1)^{2}+y^{2}=x^{2}+(y+1)^{2}, soit x22x+1+y2=x2+y2+2y+1x^{2}-2x+1+y^{2}=x^{2}+y^{2}+2y+1, d'où 2x=2y-2x=2y et y=xy=-x. L'ensemble est la DROITE d'équation y=xy=-x. Interprétation : z1=z+i|z-1|=|z+i| signifie que zz est équidistant des points d'affixes 11 et i-i, c'est donc la médiatrice du segment joignant ces deux points.

b) z(2+i)=3|z-(2+i)|=3 signifie que la distance de zz au point d'affixe 2+i2+i vaut constamment 33 : c'est le CERCLE de centre (2; 1)(2;\ 1) et de rayon 33. Pour le point d'affixe 4+2i4+2i, on calcule sa distance au centre : (4+2i)(2+i)=2+i=4+1=52,24|(4+2i)-(2+i)|=|2+i|=\sqrt{4+1}=\sqrt{5}\approx 2{,}24. Comme 5<3\sqrt{5}<3, ce point est à l'INTÉRIEUR du disque, il n'est pas sur le cercle.

c) En posant z=x+iyz=x+iy et en élevant au carré : (x1)2+y2=4((x+1)2+y2)(x-1)^{2}+y^{2}=4\big((x+1)^{2}+y^{2}\big). On développe : x22x+1+y2=4x2+8x+4+4y2x^{2}-2x+1+y^{2}=4x^{2}+8x+4+4y^{2}, soit 0=3x2+3y2+10x+30=3x^{2}+3y^{2}+10x+3, d'où x2+y2+103x+1=0x^{2}+y^{2}+\dfrac{10}{3}x+1=0. On complète le carré : (x+53)2+y2=2591=169\left(x+\dfrac{5}{3}\right)^{2}+y^{2}=\dfrac{25}{9}-1=\dfrac{16}{9}. C'est le CERCLE de centre (53; 0)\left(-\dfrac{5}{3};\ 0\right) et de rayon 43\dfrac{4}{3}. C'est un cercle d'Apollonius : le lieu des points dont le rapport des distances à deux points fixes est constant et différent de 11 est toujours un cercle.

d) La condition Re(z)+Im(z)=1\text{Re}(z)+\text{Im}(z)=1 s'écrit directement x+y=1x+y=1 : c'est une DROITE. La différence avec b) et c) tient à la nature de l'équation. Une condition portant sur les PARTIES réelle et imaginaire de zz est linéaire en xx et yy, elle donne donc une droite. Une condition d'ÉGALITÉ DE MODULES, comme en a), fait apparaître des carrés qui se simplifient et laisse aussi une équation linéaire (médiatrice). Mais une condition de module CONSTANT, comme en b), ou de RAPPORT de modules différent de 11, comme en c), conserve les termes en x2+y2x^{2}+y^{2} et produit un cercle. Reconnaître le type d'équation permet d'anticiper la figure avant même de calculer.

-5-4-3-2-112345-4-3-2-11234AB|z − A| = 2|z − A| = |z − B|

Partie C : les classiques (/50)

Exercice 11 : Les racines cinquièmes de l'unité et le cosinus de 72°

On note ω=ei2π5\omega=e^{i\frac{2\pi}{5}}.

  • a) Donnez les solutions de z5=1z^{5}=1 et décrivez la figure qu'elles forment.
  • b) Montrez que 1+ω+ω2+ω3+ω4=01+\omega+\omega^{2}+\omega^{3}+\omega^{4}=0.
  • c) On pose t=ω+ω4t=\omega+\omega^{4}. Montrez que t=2cos2π5t=2\cos\frac{2\pi}{5}, que ω2+ω3=t22\omega^{2}+\omega^{3}=t^{2}-2, puis que t2+t1=0t^{2}+t-1=0.
  • d) Déduisez-en la valeur exacte de cos72\cos 72^{\circ}, puis sa valeur au millième.
  • e) Calculez la longueur du côté du pentagone régulier inscrit dans le cercle unité, au millième.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Pentagone régulier
  • b) Somme géométrique nulle
  • c) t2+t1=0t^2+t-1=0
  • d) cos72=5140,309\cos 72^\circ=\frac{\sqrt5-1}{4}\approx 0{,}309
  • e) Côté 1,176\approx 1{,}176

a) zk=ei2kπ5z_{k}=e^{i\frac{2k\pi}{5}} pour k=0; 1; 2; 3; 4k=0;\ 1;\ 2;\ 3;\ 4, soit 11, ω\omega, ω2\omega^{2}, ω3\omega^{3}, ω4\omega^{4}. Cinq points du cercle unité espacés de 7272^{\circ} : un PENTAGONE RÉGULIER.

b) C'est une somme géométrique de raison ω1\omega\neq 1 : ω51ω1=11ω1=0\frac{\omega^{5}-1}{\omega-1}=\frac{1-1}{\omega-1}=0. Géométriquement, les sommets d'un polygone régulier centré à l'origine ont une somme nulle.

c) ω4=ei2π5=ωˉ\omega^{4}=e^{-i\frac{2\pi}{5}}=\bar{\omega}, donc t=ω+ωˉ=2cos2π5t=\omega+\bar{\omega}=2\cos\frac{2\pi}{5}. Puis t2=ω2+2ω5+ω8=ω2+2+ω3t^{2}=\omega^{2}+2\omega^{5}+\omega^{8}=\omega^{2}+2+\omega^{3}, puisque ω5=1\omega^{5}=1 et ω8=ω3\omega^{8}=\omega^{3} : ω2+ω3=t22\omega^{2}+\omega^{3}=t^{2}-2. Par b), 1+t+(t22)=01+t+(t^{2}-2)=0, soit t2+t1=0t^{2}+t-1=0.

d) t=1±52t=\frac{-1\pm\sqrt{5}}{2}, et t=2cos72>0t=2\cos 72^{\circ}>0 impose t=512t=\frac{\sqrt{5}-1}{2}. Donc cos72=5140,309\cos 72^{\circ}=\frac{\sqrt{5}-1}{4}\approx 0{,}309. La racine négative, 152\frac{-1-\sqrt{5}}{2}, vaut ω2+ω3=2cos144\omega^{2}+\omega^{3}=2\cos 144^{\circ}.

e) Le côté vaut ω1|\omega-1|, et ω12=(cos721)2+sin272=22cos72=2512=5521,382|\omega-1|^{2}=(\cos 72^{\circ}-1)^{2}+\sin^{2}72^{\circ}=2-2\cos 72^{\circ}=2-\frac{\sqrt{5}-1}{2}=\frac{5-\sqrt{5}}{2}\approx 1{,}382. Côté 1,176\approx 1{,}176.

Le fil : les racines de l'unité transforment une question de trigonométrie en équation polynomiale ; leur somme nulle fournit la relation clé.

Exercice 12 : La factorisation de z⁴ + 4

On cherche à résoudre z4+4=0z^{4}+4=0 dans C\mathbb{C}, puis à en tirer une factorisation réelle.

  • a) Écrivez 4-4 sous forme exponentielle et déterminez les quatre solutions sous forme algébrique.
  • b) En regroupant les racines conjuguées, écrivez z4+4z^{4}+4 comme produit de deux polynômes du second degré à coefficients réels.
  • c) Vérifiez la factorisation en remarquant que z4+4=(z2+2)2(2z)2z^{4}+4=(z^{2}+2)^{2}-(2z)^{2}.
  • d) Déduisez-en que n4+4n^{4}+4 n'est jamais un nombre premier pour un entier n2n\geq 2. Factorisez 34+43^{4}+4 et 54+45^{4}+4.
  • e) Calculez la somme et le produit des quatre solutions, et contrôlez par les coefficients de z4+4z^{4}+4.

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a)
b)
d)
e)
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Réponses

  • a) ±1±i\pm1\pm i
  • b) (z22z+2)(z2+2z+2)(z^2-2z+2)(z^2+2z+2)
  • c) Différence de deux carrés
  • d) 85=5×1785=5\times 17 ; 629=17×37629=17\times 37
  • e) Somme 0, produit 4

a) 4=4eiπ-4=4e^{i\pi}. Les racines quatrièmes ont pour module 41/4=24^{1/4}=\sqrt{2} et pour arguments π4+kπ2\frac{\pi}{4}+\frac{k\pi}{2} : 2eiπ4=1+i\sqrt{2}\,e^{i\frac{\pi}{4}}=1+i, puis 1+i-1+i, 1i-1-i et 1i1-i. Elles forment un carré.

b) (z1i)(z1+i)=(z1)2+1=z22z+2(z-1-i)(z-1+i)=(z-1)^{2}+1=z^{2}-2z+2 et (z+1i)(z+1+i)=(z+1)2+1=z2+2z+2(z+1-i)(z+1+i)=(z+1)^{2}+1=z^{2}+2z+2. Donc z4+4=(z22z+2)(z2+2z+2)z^{4}+4=(z^{2}-2z+2)(z^{2}+2z+2).

c) (z2+2)2(2z)2=z4+4z2+44z2=z4+4(z^{2}+2)^{2}-(2z)^{2}=z^{4}+4z^{2}+4-4z^{2}=z^{4}+4, et une différence de deux carrés se factorise en (z2+22z)(z2+2+2z)(z^{2}+2-2z)(z^{2}+2+2z) : c'est bien la factorisation de b).

d) n4+4=(n22n+2)(n2+2n+2)n^{4}+4=(n^{2}-2n+2)(n^{2}+2n+2), et pour n2n\geq 2 le premier facteur vaut (n1)2+12(n-1)^{2}+1\geq 2, le second est plus grand encore : le nombre a deux facteurs supérieurs à 11, il n'est pas premier. 34+4=85=5×173^{4}+4=85=5\times 17 et 54+4=629=17×375^{4}+4=629=17\times 37.

e) Somme : (1+i)+(1+i)+(1i)+(1i)=0(1+i)+(-1+i)+(-1-i)+(1-i)=0, et le coefficient de z3z^{3} est nul. Produit : (1+i)(1i)×(1+i)(1i)=2×2=4(1+i)(1-i)\times(-1+i)(-1-i)=2\times 2=4, égal au terme constant, puisque le degré est pair.

Le fil : les racines complexes d'un polynôme réel se regroupent par paires conjuguées en facteurs réels du second degré.

Exercice 13 : Une équation du second degré à coefficients complexes

On résout dans C\mathbb{C} l'équation z2(3+i)z+4+3i=0z^{2}-(3+i)z+4+3i=0.

  • a) Calculez le discriminant Δ\Delta.
  • b) Déterminez les deux racines carrées de Δ\Delta par la méthode algébrique.
  • c) Déduisez-en les deux solutions de l'équation.
  • d) Vérifiez par la somme et le produit des solutions.
  • e) Les deux solutions sont-elles conjuguées ? Pourquoi n'est-ce pas contradictoire avec la propriété des racines conjuguées ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Δ=86i\Delta=-8-6i
  • b) ±(13i)\pm(1-3i)
  • c) 2i2-i et 1+2i1+2i
  • d) Somme 3+i3+i, produit 4+3i4+3i
  • e) Non : coefficients non réels

a) Δ=(3+i)24(4+3i)=9+6i11612i=86i\Delta=(3+i)^{2}-4(4+3i)=9+6i-1-16-12i=-8-6i.

b) On cherche δ=x+iy\delta=x+iy avec x2y2=8x^{2}-y^{2}=-8, 2xy=62xy=-6 et x2+y2=Δ=64+36=10x^{2}+y^{2}=|\Delta|=\sqrt{64+36}=10. D'où x2=1x^{2}=1 et y2=9y^{2}=9, et xy<0xy<0 impose des signes contraires : δ=13i\delta=1-3i ou δ=1+3i\delta=-1+3i.

c) z=(3+i)±(13i)2z=\frac{(3+i)\pm(1-3i)}{2} : z1=42i2=2iz_{1}=\frac{4-2i}{2}=2-i et z2=2+4i2=1+2iz_{2}=\frac{2+4i}{2}=1+2i.

d) Somme : (2i)+(1+2i)=3+i(2-i)+(1+2i)=3+i, l'opposé du coefficient de zz. Produit : (2i)(1+2i)=2+4ii2i2=4+3i(2-i)(1+2i)=2+4i-i-2i^{2}=4+3i, le terme constant. Les deux relations sont vérifiées.

e) Non : le conjugué de 2i2-i est 2+i2+i, qui n'est pas solution. Aucune contradiction : la propriété des racines conjuguées ne vaut que pour un polynôme à coefficients RÉELS, et ici deux coefficients ne le sont pas.

Le fil : la formule du discriminant reste valable dans C\mathbb{C} ; la seule étape nouvelle est l'extraction d'une racine carrée complexe.

Exercice 14 : Problème : les itérations de l'ensemble de Mandelbrot

Pour un nombre complexe cc, on définit la suite z0=0z_{0}=0 et zn+1=zn2+cz_{n+1}=z_{n}^{2}+c. Le nombre cc appartient à l'ensemble de Mandelbrot si cette suite reste bornée. On admet que dès qu'un terme vérifie zn>2|z_{n}|>2, la suite n'est pas bornée.

  • a) Calculez les termes z1z_{1} à z4z_{4} pour c=1c=1. Le nombre 11 appartient-il à l'ensemble ?
  • b) Même question pour c=1c=-1.
  • c) Calculez z1z_{1} à z4z_{4} pour c=ic=i et concluez.
  • d) Pour c=2c=-2, calculez les premiers termes. Pour c=0,5c=0{,}5, déterminez le premier indice nn tel que zn>2|z_{n}|>2.
  • e) Pour cc réel strictement supérieur à 14\frac{1}{4}, montrez que zn+1znc14z_{n+1}-z_{n}\geq c-\frac{1}{4}, et concluez.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 1,2,5,261, 2, 5, 26 : non
  • b) 1,0,1,0-1, 0, -1, 0 : oui
  • c) ii, 1+i-1+i, i-i, 1+i-1+i : oui
  • d) c=2c=-2 : bornée ; c=0,5c=0{,}5 : n=5n=5
  • e) Croissance d'au moins c14c-\frac14 : divergence

a) z1=1z_{1}=1, z2=2z_{2}=2, z3=5z_{3}=5, z4=26z_{4}=26. Dès z3z_{3}, le module dépasse 22 : la suite n'est pas bornée, 11 n'appartient pas à l'ensemble.

b) z1=1z_{1}=-1, z2=0z_{2}=0, z3=1z_{3}=-1, z4=0z_{4}=0 : la suite alterne entre 1-1 et 00, elle est bornée, 1-1 appartient à l'ensemble.

c) z1=iz_{1}=i ; z2=i2+i=1+iz_{2}=i^{2}+i=-1+i ; z3=(1+i)2+i=(12i1)+i=iz_{3}=(-1+i)^{2}+i=(1-2i-1)+i=-i ; z4=(i)2+i=1+iz_{4}=(-i)^{2}+i=-1+i. La suite répète 1+i-1+i, i-i : elle est bornée, de module au plus 2\sqrt{2}, et ii appartient à l'ensemble.

d) Pour c=2c=-2 : z1=2z_{1}=-2, z2=2z_{2}=2, puis zn=2z_{n}=2 pour tout n2n\geq 2. La suite est bornée, et 2-2 est le point le plus à gauche de l'ensemble. Pour c=0,5c=0{,}5 : z1=0,5z_{1}=0{,}5, z2=0,75z_{2}=0{,}75, z3=1,0625z_{3}=1{,}0625, z41,629z_{4}\approx 1{,}629, z53,153z_{5}\approx 3{,}153 : le premier indice est n=5n=5.

e) Pour cc réel, tous les termes sont réels, et zn+1zn=zn2zn+c=(zn12)2+c14c14z_{n+1}-z_{n}=z_{n}^{2}-z_{n}+c=\left(z_{n}-\frac{1}{2}\right)^{2}+c-\frac{1}{4}\geq c-\frac{1}{4}. La suite croît donc au moins de c14>0c-\frac{1}{4}>0 à chaque étape : znn(c14)z_{n}\geq n\left(c-\frac{1}{4}\right) tend vers l'infini. Sur l'axe réel, l'ensemble ne dépasse pas 14\frac{1}{4} à droite.

Le fil : itérer zz2+cz\mapsto z^{2}+c combine produit et somme de complexes ; le module décide de la divergence.

Exercice 15 : Problème : additionner des signaux sinusoïdaux par les phaseurs

Un signal acos(ωt+φ)a\cos(\omega t+\varphi), avec a>0a>0, est représenté par le nombre complexe aeiφa\,e^{i\varphi}, son PHASEUR : le signal est la partie réelle de aeiφeiωta\,e^{i\varphi}e^{i\omega t}. Deux signaux de même pulsation s'additionnent en additionnant leurs phaseurs.

  • a) Donnez les phaseurs de s1(t)=3cos(ωt)s_{1}(t)=3\cos(\omega t) et de s2(t)=4cos(ωt+π2)s_{2}(t)=4\cos\left(\omega t+\frac{\pi}{2}\right).
  • b) Calculez le phaseur de s1+s2s_{1}+s_{2} sous forme exponentielle : amplitude et phase, au centième de degré.
  • c) Écrivez s1+s2s_{1}+s_{2} sous la forme Acos(ωt+Φ)A\cos(\omega t+\Phi) et vérifiez la valeur en t=0t=0.
  • d) Trois signaux 2cos(ωt)2\cos(\omega t), 2cos(ωt+2π3)2\cos\left(\omega t+\frac{2\pi}{3}\right) et 2cos(ωt+4π3)2\cos\left(\omega t+\frac{4\pi}{3}\right) sont additionnés. Quelle est l'amplitude de la somme ?
  • e) Dériver acos(ωt+φ)a\cos(\omega t+\varphi) revient à multiplier son phaseur par iωi\omega. Pour ω=2 rad/s\omega=2\ \mathrm{rad/s}, donnez le phaseur et l'amplitude de la dérivée de s1s_{1}.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 33 et 4i4i
  • b) 5ei0,9275e^{i\,0{,}927}, soit 53,1353{,}13^\circ
  • c) 5cos(ωt+0,927)5\cos(\omega t+0{,}927) ; 3 en t=0t=0
  • d) Somme nulle
  • e) Phaseur 6i6i, amplitude 6

a) s1s_{1} : 3ei0=33e^{i0}=3. s2s_{2} : 4eiπ2=4i4e^{i\frac{\pi}{2}}=4i.

b) 3+4i3+4i, de module 55 et d'argument arctan430,927 rad\arctan\frac{4}{3}\approx 0{,}927\ \mathrm{rad}, soit 53,1353{,}13^{\circ} : 5ei0,9275e^{i\,0{,}927}.

c) s1(t)+s2(t)=5cos(ωt+0,927)s_{1}(t)+s_{2}(t)=5\cos(\omega t+0{,}927). En t=0t=0 : 3+4cosπ2=33+4\cos\frac{\pi}{2}=3, et 5cos(0,927)=5×0,6=35\cos(0{,}927)=5\times 0{,}6=3. L'amplitude de la somme, 55, n'est pas 3+4=73+4=7 : les deux signaux sont décalés d'un quart de période.

d) Les trois phaseurs 22, 2ei2π32e^{i\frac{2\pi}{3}} et 2ei4π32e^{i\frac{4\pi}{3}} sont les sommets d'un triangle équilatéral centré à l'origine : leur somme est nulle, et la somme des signaux est identiquement nulle. C'est le principe du courant triphasé, dont les trois phases s'équilibrent.

e) Le phaseur de s1s_{1}' vaut 2i×3=6i=6eiπ22i\times 3=6i=6e^{i\frac{\pi}{2}} : s1(t)=6cos(2t+π2)=6sin(2t)s_{1}'(t)=6\cos\left(2t+\frac{\pi}{2}\right)=-6\sin(2t), d'amplitude 66. On retrouve la dérivée de 3cos(2t)3\cos(2t).

Le fil : les phaseurs remplacent la trigonométrie des signaux de même fréquence par l'addition et la multiplication de nombres complexes.

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