Algèbre linéaire 201-NYC / Maths 105 • Complément québécois de Première et cégep à Montréal
Exercices corrigés : nombres complexes, De Moivre et racines n-ièmes (201-NYC / Maths 105)
Voici la série d'exercices corrigés d'algèbre linéaire et géométrie vectorielle (cours 201-NYC, aussi appelé Maths 105 selon le programme visé) sur les nombres complexes. La partie A couvre les bases : opérations sous forme algébrique, conjugué, module et division, racines carrées par la forme algébrique, passage à la forme trigonométrique et exponentielle, théorème de De Moivre et calcul de puissances, racines n-ièmes d'un nombre complexe. La partie B monte au niveau examen : résolution d'équations polynomiales à coefficients réels, démonstration du théorème des racines conjuguées, un problème complet sur les six racines sixièmes de 64, le produit complexe interprété comme rotation avec le critère du triangle équilatéral, les formules de l'angle triple obtenues par De Moivre, et les lieux géométriques (médiatrices et cercles) dans le plan complexe.
Ce chapitre clôt la session et il a une réputation trompeuse : les étudiants le trouvent facile tant qu'on reste en forme algébrique, puis se retrouvent bloqués dès qu'il faut passer aux arguments. La raison est presque toujours la même, et elle n'a rien à voir avec les complexes : c'est le cercle trigonométrique qui n'est pas maîtrisé. Un argument mal placé dans le mauvais quadrant fait tomber tout le reste de la question.
Le principe directeur du chapitre : additionner des complexes se fait en forme algébrique, les multiplier, les diviser et les élever à une puissance se fait en forme trigonométrique. Choisir la bonne forme AVANT de commencer le calcul est ce qui sépare une question réglée en trois lignes d'un développement de deux pages. Personne ne calcule (1+i3)10 par la formule du binôme.
Série autocorrigéeTape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.
•Forme algébrique : z=a+bi avec a=Re(z), b=Im(z) et i2=−1. Conjugué : zˉ=a−bi. Module : ∣z∣=a2+b2, et la relation clé zzˉ=a2+b2=∣z∣2, qui est un nombre RÉEL.
•Division : on multiplie le numérateur et le dénominateur par le conjugué du dénominateur. z2z1=z2z2ˉz1z2ˉ=∣z2∣2z1z2ˉ, ce qui rend le dénominateur réel.
•Forme trigonométrique : z=r(cosθ+isinθ), avec r=∣z∣ et θ=arg(z). Forme exponentielle : z=reiθ. Pour trouver θ, on résout cosθ=ra ET sinθ=rb : les deux équations ensemble, jamais une seule, car c'est le couple de signes qui fixe le quadrant.
•Produit et quotient en forme exponentielle : r1eiθ1×r2eiθ2=r1r2ei(θ1+θ2) et r2eiθ2r1eiθ1=r2r1ei(θ1−θ2). Les modules se multiplient ou se divisent, les arguments s'additionnent ou se soustraient.
•Théorème de De Moivre : (r(cosθ+isinθ))n=rn(cos(nθ)+isin(nθ)), ou en forme exponentielle (reiθ)n=rneinθ.
•Racines n-ièmes de z=reiθ : il y en a exactement n, données par zk=r1/nei(nθ+2kπ) pour k=0;1;…;n−1. Elles se placent sur le cercle de rayon r1/n, régulièrement espacées d'un angle n2π, et forment donc un polygone régulier à n côtés.
•Racines conjuguées : si un polynôme est à coefficients RÉELS et admet la racine z0, alors z0ˉ en est aussi une racine. Les racines non réelles vont toujours par paires conjuguées.
Partie A : Les bases (/50)
Exercice 1 : Forme algébrique, conjugué et division
On considère les nombres complexes z1=3+2i et z2=1−4i.
a) Calculez z1+z2 et z1z2 sous forme algébrique.
b) Donnez z1ˉ et z2ˉ, puis calculez ∣z1∣ et ∣z2∣.
c) Écrivez z2z1 sous forme algébrique.
d) Calculez z1z1ˉ et commentez le résultat. Déterminez ensuite i2027.
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Réponses
a)4−2i ; 11−10i
b)3−2i, 1+4i ; 13, 17
c)−175+1714i
d)z1z1ˉ=13 ; i2027=−i
a) z1+z2=(3+1)+(2−4)i=4−2i. Pour le produit, on développe puis on utilise i2=−1 : z1z2=(3+2i)(1−4i)=3−12i+2i−8i2=3−10i+8=11−10i. Le terme −8i2 devient +8, et c'est ce changement de signe que l'on oublie sous la pression.
b) z1ˉ=3−2i et z2ˉ=1+4i. Les modules : ∣z1∣=32+22=13 et ∣z2∣=12+(−4)2=17. Le module utilise le carré des composantes, donc le signe du −4 disparaît.
c) On multiplie haut et bas par le conjugué du dénominateur : z2z1=(1−4i)(1+4i)(3+2i)(1+4i). Numérateur : 3+12i+2i+8i2=3+14i−8=−5+14i. Dénominateur : 12+42=17, un nombre réel, ce qui est tout l'objet de l'opération. Donc z2z1=17−5+14i=−175+1714i.
Contrôle par les modules : z2z1=1713≈0,874, et directement 1725+196=17221≈0,874. Cohérent.
d) z1z1ˉ=(3+2i)(3−2i)=9−6i+6i−4i2=9+4=13. Le résultat est un nombre RÉEL, égal à ∣z1∣2=(13)2=13. C'est la propriété zzˉ=∣z∣2, et c'est elle qui fait fonctionner la division de la question c).
Pour i2027 : les puissances de i sont cycliques de période 4, puisque i1=i, i2=−1, i3=−i, i4=1, puis le cycle recommence. On divise donc l'exposant par 4 : 2027=4×506+3, le reste est 3. Donc i2027=i3=−i. Aucune calculatrice n'est nécessaire, seul le reste de la division par 4 compte.
Exercice 2 : Module, argument et forme exponentielle
On considère le nombre complexe z=−2+2i3.
a) Calculez ∣z∣, puis déterminez arg(z) en radians.
b) Écrivez z sous forme trigonométrique et sous forme exponentielle.
c) Donnez zˉ et −z sous forme exponentielle, sans repasser par la forme algébrique.
d) Soit w=1+i. Écrivez w sous forme exponentielle, puis calculez zw des deux façons, en forme exponentielle et en forme algébrique, et vérifiez la cohérence des modules.
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Réponses
a)∣z∣=4, argz=32π
b)4ei32π
c)zˉ=4e−i32π, −z=4e−i3π
d)zw=42ei1211π
a) ∣z∣=(−2)2+(23)2=4+12=16=4. Pour l'argument, on impose les DEUX conditions : cosθ=4−2=−21 et sinθ=423=23. Cosinus négatif et sinus positif placent l'angle dans le deuxième quadrant, et l'angle de référence associé à 21 et 23 est 3π. Donc θ=π−3π=32π.
Le piège classique : utiliser la calculatrice pour arctan(−223)=arctan(−3)=−3π, et s'arrêter là. Cette valeur est dans le quatrième quadrant, alors que z est dans le deuxième. La fonction arctangente ne rend jamais que des angles entre −2π et 2π : elle ne peut pas distinguer les quadrants opposés. Il faut toujours situer le point avant de conclure.
b) Forme trigonométrique : z=4(cos32π+isin32π). Forme exponentielle : z=4ei32π.
c) Le conjugué a le même module et l'argument opposé : zˉ=4e−i32π. Géométriquement, c'est la réflexion par rapport à l'axe des réels.
Pour −z, multiplier par −1 revient à multiplier par eiπ, donc à ajouter π à l'argument : −z=4ei(32π+π)=4ei35π, que l'on écrit plus commodément 4e−i3π en retranchant 2π. Géométriquement, c'est la symétrie centrale par rapport à l'origine, soit une rotation d'un demi-tour.
d) ∣w∣=1+1=2, et le point (1;1) est sur la bissectrice du premier quadrant, donc arg(w)=4π et w=2ei4π.
En forme exponentielle : zw=42ei(32π+4π). On met au même dénominateur : 32π+4π=128π+123π=1211π. Donc zw=42ei1211π, en trois lignes.
En forme algébrique : zw=(−2+2i3)(1+i)=−2−2i+2i3+2i23=−2−2i+23i−23=(−2−23)+(23−2)i.
Vérification des modules : ∣zw∣=(2+23)2+(23−2)2=(4+83+12)+(12−83+4)=32=42. Les termes en 3 s'annulent exactement, et on retrouve bien ∣z∣∣w∣=4×2. Les deux formes décrivent le même nombre, mais la forme exponentielle a donné le résultat sans un seul développement.
Exercice 3 : Théorème de De Moivre et puissances
On considère le nombre complexe z=1+i3.
a) Écrivez z sous forme exponentielle.
b) Calculez z6 à l'aide du théorème de De Moivre.
c) Calculez z10 et donnez le résultat sous forme algébrique.
d) Calculez z−3 sous forme algébrique, puis vérifiez que z3×z−3=1.
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Réponses
a)z=2ei3π
b)z6=64
c)z10=−512−5123i
d)z−3=−81
a) ∣z∣=12+(3)2=1+3=2. Puis cosθ=21 et sinθ=23, tous deux positifs, donc premier quadrant : θ=3π. Ainsi z=2ei3π.
b) Par De Moivre : z6=26ei⋅6⋅3π=64ei2π. Or ei2π=cos2π+isin2π=1+0i=1. Donc z6=64, un nombre réel positif. Comparez au travail qu'aurait exigé le développement de (1+i3)6 par la formule du binôme : sept termes, avec des puissances de 3 et de i à gérer. La forme exponentielle règle la question en une ligne.
c) z10=210ei⋅10⋅3π=1024ei310π. On ramène l'argument dans [0;2π[ en retranchant 2π=36π : 310π−36π=34π. Donc z10=1024ei34π.
Sous forme algébrique : cos34π=−21 et sin34π=−23 (troisième quadrant, les deux négatifs). Donc z10=1024(−21−23i)=−512−5123i.
d) De Moivre vaut aussi pour les exposants négatifs : z−3=2−3e−iπ=81×(−1)=−81. Contrôle : z3=8eiπ=−8, et (−8)×(−81)=1. Le calcul direct de (1+i3)31 aurait demandé un développement et une division par le conjugué.
Exercice 4 : Racines n-ièmes d'un nombre complexe
On cherche à résoudre dans C l'équation z3=8i.
a) Écrivez 8i sous forme exponentielle.
b) Déterminez les trois solutions de l'équation sous forme exponentielle, puis sous forme algébrique.
c) Vérifiez par le calcul direct que 3+i est bien solution.
d) Placez les trois solutions dans le plan complexe et décrivez la figure obtenue. Que vaut leur somme ?
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Réponses
a)8i=8ei2π
b)3+i, −3+i, −2i
c)(3+i)3=8i
d)Triangle équilatéral, somme nulle
a) Le nombre 8i a pour partie réelle 0 et pour partie imaginaire 8, il est donc sur le demi-axe imaginaire positif. Son module vaut 8 et son argument 2π. Donc 8i=8ei2π.
b) Les racines cubiques ont pour module 81/3=2 et pour arguments 32π+2kπ=6π+32kπ pour k=0;1;2.
Pour k=0 : z0=2ei6π=2(23+21i)=3+i.
Pour k=1 : l'argument est 6π+32π=6π+64π=65π, donc z1=2ei65π=2(−23+21i)=−3+i.
Pour k=2 : l'argument est 6π+34π=6π+68π=69π=23π, donc z2=2ei23π=2(0−i)=−2i.
L'erreur à ne pas commettre : s'arrêter à la première racine. Une équation de degré 3 a exactement trois solutions dans C, et le paramètre k doit parcourir 0, 1 et 2. Prendre k=3 redonnerait z0, puisque cela ajoute 2π à l'argument.
c) (3+i)2=3+23i+i2=3+23i−1=2+23i. Puis (3+i)3=(2+23i)(3+i)=23+2i+2⋅3i+23i2=23+2i+6i−23=8i. La vérification est concluante.
d) Les trois racines ont toutes le même module 2, elles sont donc sur le cercle de rayon 2 centré à l'origine. Leurs arguments valent 6π, 65π et 23π, régulièrement espacés de 32π, soit 120∘. Elles forment donc les sommets d'un TRIANGLE ÉQUILATÉRAL inscrit dans ce cercle.
Leur somme : (3+i)+(−3+i)+(−2i)=(3−3)+(1+1−2)i=0. La somme est nulle. Ce n'est pas une coïncidence : les n racines n-ièmes d'un nombre complexe sont les sommets d'un polygone régulier centré à l'origine, et le centre de gravité d'un polygone régulier est son centre, donc leur somme est toujours nulle dès que n≥2. Autre lecture, algébrique : ces racines sont les solutions de z3−8i=0, un polynôme dont le coefficient de z2 est nul, et par les relations coefficients-racines, la somme des racines vaut ce coefficient au signe près, donc 0. Cette somme nulle est un excellent moyen de contrôler ses racines en fin de calcul.
Exercice 5 : Racines carrées d'un nombre complexe par la forme algébrique
On cherche les racines carrées d'un nombre complexe sans passer par la forme exponentielle, en résolvant directement (x+iy)2=z. La méthode combine trois équations réelles.
a) Déterminez les racines carrées de z=3+4i : posez (x+iy)2=3+4i, écrivez le système sur x et y en ajoutant l'équation des modules x2+y2=∣z∣, et résolvez.
b) Déterminez de même les racines carrées de z=−5+12i.
c) Vérifiez chacun de vos résultats en élevant au carré, et expliquez pourquoi un nombre complexe non nul a toujours exactement deux racines carrées, opposées l'une de l'autre.
d) Application : résolvez dans C l'équation w2=3+4i, puis expliquez comment cette méthode permet de résoudre n'importe quelle équation du second degré à coefficients complexes.
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Réponses
a)±(2+i)
b)±(2+3i)
c)Deux racines opposées
d)w=±(2+i) ; discriminant complexe
a) On pose (x+iy)2=x2−y2+2xyi=3+4i, ce qui donne {x2−y2=32xy=4. On ajoute l'équation des modules : ∣(x+iy)2∣=∣3+4i∣ donne x2+y2=32+42=5. En additionnant avec x2−y2=3 : 2x2=8, donc x2=4 et x=±2; en soustrayant : 2y2=2, donc y2=1 et y=±1. La condition 2xy=4>0 impose que x et y soient de MÊME signe. Les racines carrées de 3+4i sont donc 2+i et −2−i.
b) On pose (x+iy)2=−5+12i, d'où {x2−y2=−52xy=12 et x2+y2=∣−5+12i∣=25+144=13. En additionnant avec x2−y2=−5 : 2x2=8, donc x=±2; en soustrayant : 2y2=18, donc y=±3. La condition 2xy=12>0 impose le même signe. Les racines carrées de −5+12i sont 2+3i et −2−3i.
c) Vérification : (2+i)2=4+4i+i2=4+4i−1=3+4i ✓, et (2+3i)2=4+12i+9i2=4+12i−9=−5+12i ✓. Les deux racines d'un même nombre sont toujours opposées, car si r2=z alors (−r)2=r2=z également, et une équation du second degré n'a pas plus de deux solutions. Un nombre complexe non nul a donc exactement deux racines carrées, symétriques par rapport à l'origine. C'est la différence avec les réels positifs, où l'on ne garde par convention que la racine positive; dans C, aucune des deux n'est privilégiée.
d) L'équation w2=3+4i a exactement pour solutions les racines carrées trouvées en a) : w=2+i ou w=−2−i. La portée de la méthode est générale : pour résoudre aw2+bw+c=0 à coefficients complexes, on calcule le discriminant Δ=b2−4ac, qui est un nombre complexe, on en cherche une racine carrée δ par la méthode ci-dessus, puis les solutions sont w=2a−b±δ. La seule étape nouvelle par rapport au cas réel est l'extraction d'une racine carrée d'un complexe, et c'est exactement ce que cet exercice apprend à faire.
Partie B : Niveau examen (/50)
Exercice 6 : Équations polynomiales et racines conjuguées
Cet exercice porte sur la résolution d'équations polynomiales dans C et sur la propriété qui gouverne leurs racines non réelles.
a) Résolvez dans C l'équation z2−4z+13=0.
b) Démontrez que si un polynôme à coefficients RÉELS admet z0 pour racine, alors z0ˉ en est aussi une racine.
c) Soit P(z)=z3−5z2+17z−13. Vérifiez que 1 est racine de P, puis factorisez P et déterminez toutes ses racines dans C.
d) Démontrez que ∣zw∣=∣z∣∣w∣ pour tous complexes z et w, puis que z+w=zˉ+wˉ. Expliquez enfin pourquoi le résultat de b) tomberait en défaut si les coefficients n'étaient pas réels, à l'aide d'un contre-exemple.
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Réponses
a)z=2±3i
b)Coefficients réels : P(z0ˉ)=P(z0)=0
c)1, 2+3i, 2−3i
d)Q(z)=z−i : −i non racine
a) Le discriminant vaut Δ=(−4)2−4(1)(13)=16−52=−36. Il est négatif, donc il n'y a pas de solution réelle, mais deux solutions complexes conjuguées. On écrit −36=6i, d'où z=24±6i=2±3i. Les solutions sont z=2+3i et z=2−3i.
Vérification sur la première : (2+3i)2=4+12i+9i2=4+12i−9=−5+12i, puis −5+12i−4(2+3i)+13=−5+12i−8−12i+13=0. Conforme.
b) Soit P(z)=anzn+⋯+a1z+a0 avec tous les ak réels, et supposons P(z0)=0. On applique la conjugaison aux deux membres : P(z0)=0ˉ=0.
Or la conjugaison respecte les sommes et les produits, c'est-à-dire z+w=zˉ+wˉ et zw=zˉwˉ. Donc P(z0)=anz0n+⋯+a1z0+a0. C'est ici qu'intervient l'hypothèse cruciale : les coefficients étant RÉELS, ils sont égaux à leurs propres conjugués, ak=ak. L'expression devient donc anz0n+⋯+a1z0+a0=P(z0).
En combinant : P(z0)=0, donc z0 est bien une racine. C'est exactement ce qu'on observe en a), où les deux solutions sont conjuguées l'une de l'autre.
c) P(1)=1−5+17−13=0, donc 1 est racine et P est divisible par (z−1). La division polynomiale donne P(z)=(z−1)(z2−4z+13), ce que l'on contrôle en développant : z3−4z2+13z−z2+4z−13=z3−5z2+17z−13, conforme.
Le facteur quadratique est exactement celui de la question a), dont les racines sont 2±3i. Les trois racines de P sont donc 1, 2+3i et 2−3i.
On observe le mécanisme de b) à l'oeuvre : P est de degré 3 à coefficients réels, il a donc au moins une racine réelle (ici 1), et ses racines non réelles arrivent nécessairement par paire conjuguée. Un polynôme de degré impair à coefficients réels ne peut jamais avoir toutes ses racines non réelles, puisqu'elles s'apparient deux à deux et qu'un nombre impair ne se répartit pas en paires.
d) Pour le module, on passe par la forme exponentielle. Si z=r1eiθ1 et w=r2eiθ2, alors zw=r1r2ei(θ1+θ2), dont le module est r1r2=∣z∣∣w∣ puisque les modules sont positifs. En forme algébrique, avec z=a+bi et w=c+di, on peut aussi vérifier directement ∣zw∣2=(ac−bd)2+(ad+bc)2=a2c2+b2d2+a2d2+b2c2=(a2+b2)(c2+d2)=∣z∣2∣w∣2, les doubles produits s'annulant deux à deux.
Pour le conjugué de la somme, avec z=a+bi et w=c+di : z+w=(a+c)+(b+d)i, donc z+w=(a+c)−(b+d)i. Par ailleurs zˉ+wˉ=(a−bi)+(c−di)=(a+c)−(b+d)i. Les deux expressions coïncident.
Enfin, le contre-exemple. Considérons Q(z)=z−i, dont le coefficient constant −i n'est PAS réel. Sa seule racine est z0=i. Or z0=−i donne Q(−i)=−i−i=−2i=0 : le conjugué n'est pas racine. La propriété de b) s'effondre dès qu'un seul coefficient cesse d'être réel, car l'étape ak=ak est précisément celle qui portait toute la démonstration. C'est pour cette raison que l'énoncé insiste sur les coefficients réels, et l'examen sanctionne souvent l'application aveugle de la propriété à un polynôme à coefficients complexes.
Exercice 7 : Problème : les six racines sixièmes de 64 et l'hexagone régulier
On cherche à résoudre dans C l'équation z6=64, puis à exploiter la structure géométrique de ses solutions.
L'équation semble anodine : beaucoup répondent z=2 et passent à la suite. Le degré 6 impose pourtant six solutions, dont quatre ne sont pas réelles.
a) Écrivez 64 sous forme exponentielle, puis déterminez les six solutions de l'équation sous forme exponentielle.
b) Donnez les six solutions sous forme algébrique.
c) Décrivez la figure formée par les six solutions dans le plan complexe. Lesquelles sont réelles ?
d) Calculez la somme des six solutions, et justifiez le résultat de deux façons, l'une géométrique et l'autre algébrique.
e) Calculez le produit des six solutions en regroupant les racines conjuguées.
f) Montrez que la multiplication par la solution z1=1+i3 correspond, dans le plan, à une rotation composée avec une homothétie. Donnez la matrice 2×2 de cette transformation et vérifiez sa cohérence avec le module et l'argument de z1.
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Réponses
a)zk=2ei3kπ
b)2, 1±i3, −1±i3, −2
c)Hexagone régulier ; 2 et −2 réelles
d)Somme nulle
e)Produit −64
f)M=2R60∘, detM=4
a) Le nombre 64 est réel positif, donc son module vaut 64 et son argument 0 : 64=64ei0. Les racines sixièmes ont pour module 641/6=2, puisque 26=64, et pour arguments 60+2kπ=3kπ pour k=0;1;2;3;4;5.
Les six solutions sont donc zk=2ei3kπ, soit 2ei0, 2ei3π, 2ei32π, 2eiπ, 2ei34π et 2ei35π.
b) On convertit chacune à l'aide des valeurs remarquables du cercle trigonométrique. z0=2(1+0i)=2. z1=2(21+23i)=1+i3. z2=2(−21+23i)=−1+i3. z3=2(−1+0i)=−2. z4=2(−21−23i)=−1−i3. z5=2(21−23i)=1−i3.
Contrôle sur z1 : son module vaut 2 et son argument 3π, donc z16=26ei2π=64, conforme.
c) Les six solutions ont toutes le même module 2, elles sont donc sur le cercle de rayon 2 centré à l'origine, et leurs arguments sont espacés de 3π, soit 60∘. Elles forment donc les sommets d'un HEXAGONE RÉGULIER inscrit dans ce cercle.
Deux d'entre elles seulement sont réelles : z0=2 et z3=−2, celles dont l'argument vaut 0 ou π. Les quatre autres vont par paires conjuguées, z1 avec z5 et z2 avec z4, ce qui est attendu puisque le polynôme z6−64 est à coefficients réels. La réponse naïve z=2 ne donnait qu'une solution sur six.
d) Somme : 2+(1+i3)+(−1+i3)+(−2)+(−1−i3)+(1−i3). Les parties réelles donnent 2+1−1−2−1+1=0 et les parties imaginaires 3+3−3−3=0. La somme vaut 0.
Justification géométrique : les six points sont les sommets d'un hexagone régulier centré à l'origine. La somme de vecteurs répartis avec une symétrie centrale s'annule, car chaque sommet a son opposé dans la figure (z0 avec z3, z1 avec z4, z2 avec z5). Additionner terme à terme trois paires de vecteurs opposés donne le vecteur nul.
Justification algébrique : les six solutions sont les racines de z6−64=0. Ce polynôme s'écrit z6+0z5+0z4+0z3+0z2+0z−64, et par les relations entre coefficients et racines, la somme des racines vaut l'opposé du coefficient de z5 divisé par le coefficient dominant, soit −10=0.
e) On regroupe chaque racine avec sa conjuguée, ce qui rend chaque produit partiel réel. Les deux racines réelles : z0z3=(2)(−2)=−4. La paire z1z5=(1+i3)(1−i3)=12+(3)2=1+3=4, en utilisant zzˉ=∣z∣2. La paire z2z4=(−1+i3)(−1−i3)=1+3=4 de même.
Le produit total vaut (−4)(4)(4)=−64. Contrôle par les relations coefficients-racines : le produit des racines d'un polynôme de degré 6 vaut (−1)6a6a0=1−64=−64. Conforme. Regrouper les conjuguées est la bonne stratégie : chaque paire donne immédiatement le carré du module, et on ne manipule jamais de nombre non réel.
f) Multiplier par z1=1+i3 un complexe x+iy donne (x+iy)(1+i3)=x+ix3+iy+i2y3=(x−3y)+i(3x+y). En traduisant sur le couple de coordonnées (x;y), la transformation envoie (x;y) sur (x−3y;3x+y), ce qui correspond à la matrice M=(13−31).
On factorise le module : M=22123−2321=2cos3πsin3π−sin3πcos3π. C'est donc l'homothétie de rapport 2 composée avec la rotation de 3π, soit 60∘.
La cohérence est parfaite : ∣z1∣=2 donne le rapport de l'homothétie et arg(z1)=3π donne l'angle de la rotation. Contrôle par le déterminant : det(M)=(1)(1)−(−3)(3)=1+3=4=∣z1∣2, ce qui est bien le facteur d'aire attendu d'une homothétie de rapport 2.
Lecture finale de tout le problème : appliquer six fois cette transformation revient à une rotation de 6×60∘=360∘, c'est-à-dire l'identité, composée avec une homothétie de rapport 26=64. C'est exactement l'énoncé z16=64, traduit en langage de transformations. L'hexagone des racines n'est rien d'autre que l'orbite du point (2;0) sous les rotations successives de 60∘.
Exercice 8 : Le produit complexe comme rotation et le critère du triangle équilatéral
Multiplier par un nombre complexe de module r et d'argument θ revient à composer une rotation d'angle θ avec une homothétie de rapport r. On exploite cette lecture géométrique pour manipuler des points du plan.
a) Déterminez l'image du point d'affixe z=2 par la rotation de centre l'origine et d'angle 60∘, en multipliant par le complexe approprié.
b) Déterminez l'affixe de l'image du point z=4+i par la rotation de 90∘ (sens antihoraire) autour du centre d'affixe c=1+i. On rappelle que la formule est z′=c+eiθ(z−c).
c) On considère les points A, B, C d'affixes a=0, b=2 et c=1+3i. Montrez que le triangle ABC est équilatéral, d'abord par les longueurs.
d) Vérifiez le critère algébrique d'équilatéralité a2+b2+c2=ab+bc+ca sur ce triangle, et expliquez le lien avec la rotation de 60∘.
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Réponses
a)1+3i
b)1+4i
c)Trois côtés de longueur 2
d)2+23i des deux côtés
a) Une rotation de 60∘ centrée à l'origine est la multiplication par ei60∘=cos60∘+isin60∘=21+23i. L'image de z=2 est donc 2(21+23i)=1+3i, soit le point (1;3). Contrôle : son module vaut 1+3=2, comme celui de z, ce qui est normal puisqu'une rotation conserve les distances à l'origine.
b) On applique z′=c+ei90∘(z−c) avec ei90∘=i. On calcule d'abord z−c=(4+i)−(1+i)=3. Puis i⋅3=3i. Enfin z′=c+3i=(1+i)+3i=1+4i. L'image est le point d'affixe 1+4i, soit (1;4). La translation par −c, la rotation, puis la translation par +c : c'est le schéma universel d'une rotation autour d'un centre autre que l'origine.
c) On calcule les trois longueurs comme modules de différences d'affixes. AB=∣b−a∣=∣2∣=2. AC=∣c−a∣=∣1+3i∣=1+3=2. BC=∣c−b∣=∣(1+3i)−2∣=∣−1+3i∣=1+3=2. Les trois côtés valent 2, donc le triangle ABC est équilatéral.
d) On vérifie a2+b2+c2=ab+bc+ca. À gauche : 0+4+(1+3i)2=4+(1+23i−3)=4+(−2+23i)=2+23i. À droite : ab+bc+ca=0+2(1+3i)+0=2+23i. Les deux membres coïncident, le critère est vérifié. Le lien avec la rotation : un triangle ABC est équilatéral direct si et seulement si C est l'image de B par la rotation de 60∘ autour de A, ce qui s'écrit c−a=ei60∘(b−a). En développant cette relation avec ei60∘ racine de t2−t+1=0, on obtient précisément l'identité symétrique a2+b2+c2=ab+bc+ca. La géométrie du triangle équilatéral est donc encodée dans une simple équation entre affixes.
Exercice 9 : Théorème de De Moivre et formules de l'angle triple
Le théorème de De Moivre ne sert pas qu'à calculer des puissances : développé, il fabrique les formules trigonométriques de l'angle multiple. On l'applique ici à l'angle triple.
a) Écrivez (cosθ+isinθ)3 de deux façons : par le théorème de De Moivre, et par le développement du cube d'une somme.
b) En identifiant les parties réelles et imaginaires, déduisez les formules de cos3θ et sin3θ en fonction de cosθ et sinθ.
c) Exprimez cos3θ uniquement en fonction de cosθ, puis sin3θ uniquement en fonction de sinθ.
d) Vérifiez la formule de cos3θ pour θ=30∘, où cos3θ=cos90∘=0.
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Réponses
a)cos3θ+isin3θ=(c3−3cs2)+i(3c2s−s3)
b)cos3θ=c3−3cs2, sin3θ=3c2s−s3
c)4cos3θ−3cosθ ; 3sinθ−4sin3θ
d)0 pour θ=30∘
a) Par De Moivre : (cosθ+isinθ)3=cos3θ+isin3θ. Par le développement du cube, avec c=cosθ et s=sinθ : (c+is)3=c3+3c2(is)+3c(is)2+(is)3=c3+3ic2s−3cs2−is3, en utilisant i2=−1 et i3=−i. On regroupe : (c+is)3=(c3−3cs2)+i(3c2s−s3).
b) On identifie les deux écritures. Partie réelle : cos3θ=cos3θ−3cosθsin2θ. Partie imaginaire : sin3θ=3cos2θsinθ−sin3θ. C'est le mécanisme fondamental : une seule application de De Moivre livre d'un coup les deux formules de l'angle triple, là où la trigonométrie classique demande deux fois la formule d'addition.
c) Pour cos3θ, on remplace sin2θ=1−cos2θ : cos3θ=cos3θ−3cosθ(1−cos2θ)=cos3θ−3cosθ+3cos3θ=4cos3θ−3cosθ. Pour sin3θ, on remplace cos2θ=1−sin2θ : sin3θ=3(1−sin2θ)sinθ−sin3θ=3sinθ−3sin3θ−sin3θ=3sinθ−4sin3θ. Ces deux polynômes, en cosθ et en sinθ, sont des cas particuliers des polynômes de Tchebychev.
d) Pour θ=30∘, cosθ=23. La formule donne cos90∘=4(23)3−3⋅23=4⋅833−233=233−233=0. On retrouve bien cos90∘=0, ce qui valide la formule sur une valeur connue.
Exercice 10 : Problème : lieux géométriques dans le plan complexe
L'écriture ∣z−a∣ se lit comme la distance du point d'affixe z au point d'affixe a. Cette seule lecture transforme des équations complexes en figures géométriques classiques : droites, cercles, médiatrices.
a) Déterminez et décrivez l'ensemble des points z tels que ∣z−1∣=∣z+i∣. Donnez son équation cartésienne.
b) Déterminez l'ensemble des points z tels que ∣z−(2+i)∣=3. Précisez sa nature, son centre et son rayon, et dites si le point d'affixe 4+2i lui appartient, est intérieur ou extérieur.
c) Déterminez l'ensemble des points z tels que ∣z−1∣=2∣z+1∣. Montrez que c'est un cercle et donnez son centre et son rayon.
d) Décrivez géométriquement l'ensemble des points z=x+iy tels que Re(z)+Im(z)=1, et expliquez pourquoi, contrairement à b) et c), ce lieu est une droite.
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Réponses
a)Droite y=−x
b)Cercle de centre (2;1), rayon 3 ; point intérieur
c)Cercle de centre (−35;0), rayon 34
d)Droite x+y=1
a) En posant z=x+iy : ∣z−1∣2=(x−1)2+y2 et ∣z+i∣2=x2+(y+1)2. L'égalité ∣z−1∣=∣z+i∣ équivaut à (x−1)2+y2=x2+(y+1)2, soit x2−2x+1+y2=x2+y2+2y+1, d'où −2x=2y et y=−x. L'ensemble est la DROITE d'équation y=−x. Interprétation : ∣z−1∣=∣z+i∣ signifie que z est équidistant des points d'affixes 1 et −i, c'est donc la médiatrice du segment joignant ces deux points.
b) ∣z−(2+i)∣=3 signifie que la distance de z au point d'affixe 2+i vaut constamment 3 : c'est le CERCLE de centre (2;1) et de rayon 3. Pour le point d'affixe 4+2i, on calcule sa distance au centre : ∣(4+2i)−(2+i)∣=∣2+i∣=4+1=5≈2,24. Comme 5<3, ce point est à l'INTÉRIEUR du disque, il n'est pas sur le cercle.
c) En posant z=x+iy et en élevant au carré : (x−1)2+y2=4((x+1)2+y2). On développe : x2−2x+1+y2=4x2+8x+4+4y2, soit 0=3x2+3y2+10x+3, d'où x2+y2+310x+1=0. On complète le carré : (x+35)2+y2=925−1=916. C'est le CERCLE de centre (−35;0) et de rayon 34. C'est un cercle d'Apollonius : le lieu des points dont le rapport des distances à deux points fixes est constant et différent de 1 est toujours un cercle.
d) La condition Re(z)+Im(z)=1 s'écrit directement x+y=1 : c'est une DROITE. La différence avec b) et c) tient à la nature de l'équation. Une condition portant sur les PARTIES réelle et imaginaire de z est linéaire en x et y, elle donne donc une droite. Une condition d'ÉGALITÉ DE MODULES, comme en a), fait apparaître des carrés qui se simplifient et laisse aussi une équation linéaire (médiatrice). Mais une condition de module CONSTANT, comme en b), ou de RAPPORT de modules différent de 1, comme en c), conserve les termes en x2+y2 et produit un cercle. Reconnaître le type d'équation permet d'anticiper la figure avant même de calculer.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Les racines cinquièmes de l'unité et le cosinus de 72°
On note ω=ei52π.
a) Donnez les solutions de z5=1 et décrivez la figure qu'elles forment.
b) Montrez que 1+ω+ω2+ω3+ω4=0.
c) On pose t=ω+ω4. Montrez que t=2cos52π, que ω2+ω3=t2−2, puis que t2+t−1=0.
d) Déduisez-en la valeur exacte de cos72∘, puis sa valeur au millième.
e) Calculez la longueur du côté du pentagone régulier inscrit dans le cercle unité, au millième.
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Réponses
a)Pentagone régulier
b)Somme géométrique nulle
c)t2+t−1=0
d)cos72∘=45−1≈0,309
e)Côté ≈1,176
a) zk=ei52kπ pour k=0;1;2;3;4, soit 1, ω, ω2, ω3, ω4. Cinq points du cercle unité espacés de 72∘ : un PENTAGONE RÉGULIER.
b) C'est une somme géométrique de raison ω=1 : ω−1ω5−1=ω−11−1=0. Géométriquement, les sommets d'un polygone régulier centré à l'origine ont une somme nulle.
c) ω4=e−i52π=ωˉ, donc t=ω+ωˉ=2cos52π. Puis t2=ω2+2ω5+ω8=ω2+2+ω3, puisque ω5=1 et ω8=ω3 : ω2+ω3=t2−2. Par b), 1+t+(t2−2)=0, soit t2+t−1=0.
d) t=2−1±5, et t=2cos72∘>0 impose t=25−1. Donc cos72∘=45−1≈0,309. La racine négative, 2−1−5, vaut ω2+ω3=2cos144∘.
e) Le côté vaut ∣ω−1∣, et ∣ω−1∣2=(cos72∘−1)2+sin272∘=2−2cos72∘=2−25−1=25−5≈1,382. Côté ≈1,176.
Le fil : les racines de l'unité transforment une question de trigonométrie en équation polynomiale ; leur somme nulle fournit la relation clé.
Exercice 12 : La factorisation de z⁴ + 4
On cherche à résoudre z4+4=0 dans C, puis à en tirer une factorisation réelle.
a) Écrivez −4 sous forme exponentielle et déterminez les quatre solutions sous forme algébrique.
b) En regroupant les racines conjuguées, écrivez z4+4 comme produit de deux polynômes du second degré à coefficients réels.
c) Vérifiez la factorisation en remarquant que z4+4=(z2+2)2−(2z)2.
d) Déduisez-en que n4+4 n'est jamais un nombre premier pour un entier n≥2. Factorisez 34+4 et 54+4.
e) Calculez la somme et le produit des quatre solutions, et contrôlez par les coefficients de z4+4.
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Réponses
a)±1±i
b)(z2−2z+2)(z2+2z+2)
c)Différence de deux carrés
d)85=5×17 ; 629=17×37
e)Somme 0, produit 4
a) −4=4eiπ. Les racines quatrièmes ont pour module 41/4=2 et pour arguments 4π+2kπ : 2ei4π=1+i, puis −1+i, −1−i et 1−i. Elles forment un carré.
b) (z−1−i)(z−1+i)=(z−1)2+1=z2−2z+2 et (z+1−i)(z+1+i)=(z+1)2+1=z2+2z+2. Donc z4+4=(z2−2z+2)(z2+2z+2).
c) (z2+2)2−(2z)2=z4+4z2+4−4z2=z4+4, et une différence de deux carrés se factorise en (z2+2−2z)(z2+2+2z) : c'est bien la factorisation de b).
d) n4+4=(n2−2n+2)(n2+2n+2), et pour n≥2 le premier facteur vaut (n−1)2+1≥2, le second est plus grand encore : le nombre a deux facteurs supérieurs à 1, il n'est pas premier. 34+4=85=5×17 et 54+4=629=17×37.
e) Somme : (1+i)+(−1+i)+(−1−i)+(1−i)=0, et le coefficient de z3 est nul. Produit : (1+i)(1−i)×(−1+i)(−1−i)=2×2=4, égal au terme constant, puisque le degré est pair.
Le fil : les racines complexes d'un polynôme réel se regroupent par paires conjuguées en facteurs réels du second degré.
Exercice 13 : Une équation du second degré à coefficients complexes
On résout dans C l'équation z2−(3+i)z+4+3i=0.
a) Calculez le discriminant Δ.
b) Déterminez les deux racines carrées de Δ par la méthode algébrique.
c) Déduisez-en les deux solutions de l'équation.
d) Vérifiez par la somme et le produit des solutions.
e) Les deux solutions sont-elles conjuguées ? Pourquoi n'est-ce pas contradictoire avec la propriété des racines conjuguées ?
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Réponses
a)Δ=−8−6i
b)±(1−3i)
c)2−i et 1+2i
d)Somme 3+i, produit 4+3i
e)Non : coefficients non réels
a) Δ=(3+i)2−4(4+3i)=9+6i−1−16−12i=−8−6i.
b) On cherche δ=x+iy avec x2−y2=−8, 2xy=−6 et x2+y2=∣Δ∣=64+36=10. D'où x2=1 et y2=9, et xy<0 impose des signes contraires : δ=1−3i ou δ=−1+3i.
c) z=2(3+i)±(1−3i) : z1=24−2i=2−i et z2=22+4i=1+2i.
d) Somme : (2−i)+(1+2i)=3+i, l'opposé du coefficient de z. Produit : (2−i)(1+2i)=2+4i−i−2i2=4+3i, le terme constant. Les deux relations sont vérifiées.
e) Non : le conjugué de 2−i est 2+i, qui n'est pas solution. Aucune contradiction : la propriété des racines conjuguées ne vaut que pour un polynôme à coefficients RÉELS, et ici deux coefficients ne le sont pas.
Le fil : la formule du discriminant reste valable dans C ; la seule étape nouvelle est l'extraction d'une racine carrée complexe.
Exercice 14 : Problème : les itérations de l'ensemble de Mandelbrot
Pour un nombre complexe c, on définit la suite z0=0 et zn+1=zn2+c. Le nombre c appartient à l'ensemble de Mandelbrot si cette suite reste bornée. On admet que dès qu'un terme vérifie ∣zn∣>2, la suite n'est pas bornée.
a) Calculez les termes z1 à z4 pour c=1. Le nombre 1 appartient-il à l'ensemble ?
b) Même question pour c=−1.
c) Calculez z1 à z4 pour c=i et concluez.
d) Pour c=−2, calculez les premiers termes. Pour c=0,5, déterminez le premier indice n tel que ∣zn∣>2.
e) Pour c réel strictement supérieur à 41, montrez que zn+1−zn≥c−41, et concluez.
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Réponses
a)1,2,5,26 : non
b)−1,0,−1,0 : oui
c)i, −1+i, −i, −1+i : oui
d)c=−2 : bornée ; c=0,5 : n=5
e)Croissance d'au moins c−41 : divergence
a) z1=1, z2=2, z3=5, z4=26. Dès z3, le module dépasse 2 : la suite n'est pas bornée, 1 n'appartient pas à l'ensemble.
b) z1=−1, z2=0, z3=−1, z4=0 : la suite alterne entre −1 et 0, elle est bornée, −1 appartient à l'ensemble.
c) z1=i ; z2=i2+i=−1+i ; z3=(−1+i)2+i=(1−2i−1)+i=−i ; z4=(−i)2+i=−1+i. La suite répète −1+i, −i : elle est bornée, de module au plus 2, et i appartient à l'ensemble.
d) Pour c=−2 : z1=−2, z2=2, puis zn=2 pour tout n≥2. La suite est bornée, et −2 est le point le plus à gauche de l'ensemble. Pour c=0,5 : z1=0,5, z2=0,75, z3=1,0625, z4≈1,629, z5≈3,153 : le premier indice est n=5.
e) Pour c réel, tous les termes sont réels, et zn+1−zn=zn2−zn+c=(zn−21)2+c−41≥c−41. La suite croît donc au moins de c−41>0 à chaque étape : zn≥n(c−41) tend vers l'infini. Sur l'axe réel, l'ensemble ne dépasse pas 41 à droite.
Le fil : itérer z↦z2+c combine produit et somme de complexes ; le module décide de la divergence.
Exercice 15 : Problème : additionner des signaux sinusoïdaux par les phaseurs
Un signal acos(ωt+φ), avec a>0, est représenté par le nombre complexe aeiφ, son PHASEUR : le signal est la partie réelle de aeiφeiωt. Deux signaux de même pulsation s'additionnent en additionnant leurs phaseurs.
a) Donnez les phaseurs de s1(t)=3cos(ωt) et de s2(t)=4cos(ωt+2π).
b) Calculez le phaseur de s1+s2 sous forme exponentielle : amplitude et phase, au centième de degré.
c) Écrivez s1+s2 sous la forme Acos(ωt+Φ) et vérifiez la valeur en t=0.
d) Trois signaux 2cos(ωt), 2cos(ωt+32π) et 2cos(ωt+34π) sont additionnés. Quelle est l'amplitude de la somme ?
e) Dériver acos(ωt+φ) revient à multiplier son phaseur par iω. Pour ω=2rad/s, donnez le phaseur et l'amplitude de la dérivée de s1.
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Réponses
a)3 et 4i
b)5ei0,927, soit 53,13∘
c)5cos(ωt+0,927) ; 3 en t=0
d)Somme nulle
e)Phaseur 6i, amplitude 6
a) s1 : 3ei0=3. s2 : 4ei2π=4i.
b) 3+4i, de module 5 et d'argument arctan34≈0,927rad, soit 53,13∘ : 5ei0,927.
c) s1(t)+s2(t)=5cos(ωt+0,927). En t=0 : 3+4cos2π=3, et 5cos(0,927)=5×0,6=3. L'amplitude de la somme, 5, n'est pas 3+4=7 : les deux signaux sont décalés d'un quart de période.
d) Les trois phaseurs 2, 2ei32π et 2ei34π sont les sommets d'un triangle équilatéral centré à l'origine : leur somme est nulle, et la somme des signaux est identiquement nulle. C'est le principe du courant triphasé, dont les trois phases s'équilibrent.
e) Le phaseur de s1′ vaut 2i×3=6i=6ei2π : s1′(t)=6cos(2t+2π)=−6sin(2t), d'amplitude 6. On retrouve la dérivée de 3cos(2t).
Le fil : les phaseurs remplacent la trigonométrie des signaux de même fréquence par l'addition et la multiplication de nombres complexes.
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