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Algèbre linéaire 201-NYC / Maths 105 • Complément québécois de Première et cégep

Exercices corrigés : nombres complexes, De Moivre et racines n-ièmes (201-NYC / Maths 105)

Voici la série d'exercices corrigés d'algèbre linéaire et géométrie vectorielle (cours 201-NYC, aussi appelé Maths 105 selon le programme visé) sur les nombres complexes. La partie A couvre les bases : opérations sous forme algébrique, conjugué, module et division, passage à la forme trigonométrique et exponentielle, théorème de De Moivre et calcul de puissances, racines nn-ièmes d'un nombre complexe. La partie B monte au niveau examen : résolution d'équations polynomiales à coefficients réels, démonstration du théorème des racines conjuguées, et un problème complet sur les six racines sixièmes de 6464.

Ce chapitre clôt la session et il a une réputation trompeuse : les étudiants le trouvent facile tant qu'on reste en forme algébrique, puis se retrouvent bloqués dès qu'il faut passer aux arguments. La raison est presque toujours la même, et elle n'a rien à voir avec les complexes : c'est le cercle trigonométrique qui n'est pas maîtrisé. Un argument mal placé dans le mauvais quadrant fait tomber tout le reste de la question.

Le principe directeur du chapitre : additionner des complexes se fait en forme algébrique, les multiplier, les diviser et les élever à une puissance se fait en forme trigonométrique. Choisir la bonne forme AVANT de commencer le calcul est ce qui sépare une question réglée en trois lignes d'un développement de deux pages. Personne ne calcule (1+i3)10(1+i\sqrt{3})^{10} par la formule du binôme.

Rappel de cours

  • Forme algébrique : z=a+biz=a+bi avec a=Re(z)a=\text{Re}(z), b=Im(z)b=\text{Im}(z) et i2=1i^{2}=-1. Conjugué : zˉ=abi\bar{z}=a-bi. Module : z=a2+b2|z|=\sqrt{a^{2}+b^{2}}, et la relation clé zzˉ=a2+b2=z2z\bar{z}=a^{2}+b^{2}=|z|^{2}, qui est un nombre RÉEL.
  • Division : on multiplie le numérateur et le dénominateur par le conjugué du dénominateur. z1z2=z1z2ˉz2z2ˉ=z1z2ˉz22\dfrac{z_{1}}{z_{2}}=\dfrac{z_{1}\bar{z_{2}}}{z_{2}\bar{z_{2}}}=\dfrac{z_{1}\bar{z_{2}}}{|z_{2}|^{2}}, ce qui rend le dénominateur réel.
  • Forme trigonométrique : z=r(cosθ+isinθ)z=r(\cos\theta+i\sin\theta), avec r=zr=|z| et θ=arg(z)\theta=\arg(z). Forme exponentielle : z=reiθz=r\,e^{i\theta}. Pour trouver θ\theta, on résout cosθ=ar\cos\theta=\dfrac{a}{r} ET sinθ=br\sin\theta=\dfrac{b}{r} : les deux équations ensemble, jamais une seule, car c'est le couple de signes qui fixe le quadrant.
  • Produit et quotient en forme exponentielle : r1eiθ1×r2eiθ2=r1r2ei(θ1+θ2)r_{1}e^{i\theta_{1}}\times r_{2}e^{i\theta_{2}}=r_{1}r_{2}\,e^{i(\theta_{1}+\theta_{2})} et r1eiθ1r2eiθ2=r1r2ei(θ1θ2)\dfrac{r_{1}e^{i\theta_{1}}}{r_{2}e^{i\theta_{2}}}=\dfrac{r_{1}}{r_{2}}e^{i(\theta_{1}-\theta_{2})}. Les modules se multiplient ou se divisent, les arguments s'additionnent ou se soustraient.
  • Théorème de De Moivre : (r(cosθ+isinθ))n=rn(cos(nθ)+isin(nθ))\big(r(\cos\theta+i\sin\theta)\big)^{n}=r^{n}\big(\cos(n\theta)+i\sin(n\theta)\big), ou en forme exponentielle (reiθ)n=rneinθ\big(re^{i\theta}\big)^{n}=r^{n}e^{in\theta}.
  • Racines nn-ièmes de z=reiθz=re^{i\theta} : il y en a exactement nn, données par zk=r1/nei(θ+2kπn)z_{k}=r^{1/n}\,e^{i\left(\frac{\theta+2k\pi}{n}\right)} pour k=0; 1; ; n1k=0;\ 1;\ \dots;\ n-1. Elles se placent sur le cercle de rayon r1/nr^{1/n}, régulièrement espacées d'un angle 2πn\dfrac{2\pi}{n}, et forment donc un polygone régulier à nn côtés.
  • Racines conjuguées : si un polynôme est à coefficients RÉELS et admet la racine z0z_{0}, alors z0ˉ\bar{z_{0}} en est aussi une racine. Les racines non réelles vont toujours par paires conjuguées.

Partie A : Les bases (/28)

Exercice 1 : Forme algébrique, conjugué et division

On considère les nombres complexes z1=3+2iz_{1}=3+2i et z2=14iz_{2}=1-4i.

  • a) Calculez z1+z2z_{1}+z_{2} et z1z2z_{1}z_{2} sous forme algébrique.
  • b) Donnez z1ˉ\bar{z_{1}} et z2ˉ\bar{z_{2}}, puis calculez z1|z_{1}| et z2|z_{2}|.
  • c) Écrivez z1z2\dfrac{z_{1}}{z_{2}} sous forme algébrique.
  • d) Calculez z1z1ˉz_{1}\bar{z_{1}} et commentez le résultat. Déterminez ensuite i2027i^{2027}.
Voir la correction

a) z1+z2=(3+1)+(24)i=42iz_{1}+z_{2}=(3+1)+(2-4)i=4-2i. Pour le produit, on développe puis on utilise i2=1i^{2}=-1 : z1z2=(3+2i)(14i)=312i+2i8i2=310i+8=1110iz_{1}z_{2}=(3+2i)(1-4i)=3-12i+2i-8i^{2}=3-10i+8=11-10i. Le terme 8i2-8i^{2} devient +8+8, et c'est ce changement de signe que l'on oublie sous la pression.

b) z1ˉ=32i\bar{z_{1}}=3-2i et z2ˉ=1+4i\bar{z_{2}}=1+4i. Les modules : z1=32+22=13|z_{1}|=\sqrt{3^{2}+2^{2}}=\sqrt{13} et z2=12+(4)2=17|z_{2}|=\sqrt{1^{2}+(-4)^{2}}=\sqrt{17}. Le module utilise le carré des composantes, donc le signe du 4-4 disparaît.

c) On multiplie haut et bas par le conjugué du dénominateur : z1z2=(3+2i)(1+4i)(14i)(1+4i)\dfrac{z_{1}}{z_{2}}=\dfrac{(3+2i)(1+4i)}{(1-4i)(1+4i)}. Numérateur : 3+12i+2i+8i2=3+14i8=5+14i3+12i+2i+8i^{2}=3+14i-8=-5+14i. Dénominateur : 12+42=171^{2}+4^{2}=17, un nombre réel, ce qui est tout l'objet de l'opération. Donc z1z2=5+14i17=517+1417i\dfrac{z_{1}}{z_{2}}=\dfrac{-5+14i}{17}=-\dfrac{5}{17}+\dfrac{14}{17}i.

Contrôle par les modules : z1z2=13170,874\left|\dfrac{z_{1}}{z_{2}}\right|=\dfrac{\sqrt{13}}{\sqrt{17}}\approx 0{,}874, et directement 25+19617=221170,874\dfrac{\sqrt{25+196}}{17}=\dfrac{\sqrt{221}}{17}\approx 0{,}874. Cohérent.

d) z1z1ˉ=(3+2i)(32i)=96i+6i4i2=9+4=13z_{1}\bar{z_{1}}=(3+2i)(3-2i)=9-6i+6i-4i^{2}=9+4=13. Le résultat est un nombre RÉEL, égal à z12=(13)2=13|z_{1}|^{2}=(\sqrt{13})^{2}=13. C'est la propriété zzˉ=z2z\bar{z}=|z|^{2}, et c'est elle qui fait fonctionner la division de la question c).

Pour i2027i^{2027} : les puissances de ii sont cycliques de période 44, puisque i1=ii^{1}=i, i2=1i^{2}=-1, i3=ii^{3}=-i, i4=1i^{4}=1, puis le cycle recommence. On divise donc l'exposant par 44 : 2027=4×506+32027=4\times 506+3, le reste est 33. Donc i2027=i3=ii^{2027}=i^{3}=-i. Aucune calculatrice n'est nécessaire, seul le reste de la division par 44 compte.

Exercice 2 : Module, argument et forme exponentielle

On considère le nombre complexe z=2+2i3z=-2+2i\sqrt{3}.

  • a) Calculez z|z|, puis déterminez arg(z)\arg(z) en radians.
  • b) Écrivez zz sous forme trigonométrique et sous forme exponentielle.
  • c) Donnez zˉ\bar{z} et z-z sous forme exponentielle, sans repasser par la forme algébrique.
  • d) Soit w=1+iw=1+i. Écrivez ww sous forme exponentielle, puis calculez zwzw des deux façons, en forme exponentielle et en forme algébrique, et vérifiez la cohérence des modules.
Voir la correction

a) z=(2)2+(23)2=4+12=16=4|z|=\sqrt{(-2)^{2}+(2\sqrt{3})^{2}}=\sqrt{4+12}=\sqrt{16}=4. Pour l'argument, on impose les DEUX conditions : cosθ=24=12\cos\theta=\dfrac{-2}{4}=-\dfrac{1}{2} et sinθ=234=32\sin\theta=\dfrac{2\sqrt{3}}{4}=\dfrac{\sqrt{3}}{2}. Cosinus négatif et sinus positif placent l'angle dans le deuxième quadrant, et l'angle de référence associé à 12\dfrac{1}{2} et 32\dfrac{\sqrt{3}}{2} est π3\dfrac{\pi}{3}. Donc θ=ππ3=2π3\theta=\pi-\dfrac{\pi}{3}=\dfrac{2\pi}{3}.

Le piège classique : utiliser la calculatrice pour arctan(232)=arctan(3)=π3\arctan\left(\dfrac{2\sqrt{3}}{-2}\right)=\arctan(-\sqrt{3})=-\dfrac{\pi}{3}, et s'arrêter là. Cette valeur est dans le quatrième quadrant, alors que zz est dans le deuxième. La fonction arctangente ne rend jamais que des angles entre π2-\dfrac{\pi}{2} et π2\dfrac{\pi}{2} : elle ne peut pas distinguer les quadrants opposés. Il faut toujours situer le point avant de conclure.

b) Forme trigonométrique : z=4(cos2π3+isin2π3)z=4\left(\cos\dfrac{2\pi}{3}+i\sin\dfrac{2\pi}{3}\right). Forme exponentielle : z=4ei2π3z=4e^{i\frac{2\pi}{3}}.

c) Le conjugué a le même module et l'argument opposé : zˉ=4ei2π3\bar{z}=4e^{-i\frac{2\pi}{3}}. Géométriquement, c'est la réflexion par rapport à l'axe des réels.

Pour z-z, multiplier par 1-1 revient à multiplier par eiπe^{i\pi}, donc à ajouter π\pi à l'argument : z=4ei(2π3+π)=4ei5π3-z=4e^{i\left(\frac{2\pi}{3}+\pi\right)}=4e^{i\frac{5\pi}{3}}, que l'on écrit plus commodément 4eiπ34e^{-i\frac{\pi}{3}} en retranchant 2π2\pi. Géométriquement, c'est la symétrie centrale par rapport à l'origine, soit une rotation d'un demi-tour.

d) w=1+1=2|w|=\sqrt{1+1}=\sqrt{2}, et le point (1; 1)(1;\ 1) est sur la bissectrice du premier quadrant, donc arg(w)=π4\arg(w)=\dfrac{\pi}{4} et w=2eiπ4w=\sqrt{2}\,e^{i\frac{\pi}{4}}.

En forme exponentielle : zw=42ei(2π3+π4)zw=4\sqrt{2}\,e^{i\left(\frac{2\pi}{3}+\frac{\pi}{4}\right)}. On met au même dénominateur : 2π3+π4=8π12+3π12=11π12\dfrac{2\pi}{3}+\dfrac{\pi}{4}=\dfrac{8\pi}{12}+\dfrac{3\pi}{12}=\dfrac{11\pi}{12}. Donc zw=42ei11π12zw=4\sqrt{2}\,e^{i\frac{11\pi}{12}}, en trois lignes.

En forme algébrique : zw=(2+2i3)(1+i)=22i+2i3+2i23=22i+23i23=(223)+(232)izw=(-2+2i\sqrt{3})(1+i)=-2-2i+2i\sqrt{3}+2i^{2}\sqrt{3}=-2-2i+2\sqrt{3}\,i-2\sqrt{3}=(-2-2\sqrt{3})+(2\sqrt{3}-2)i.

Vérification des modules : zw=(2+23)2+(232)2=(4+83+12)+(1283+4)=32=42|zw|=\sqrt{(2+2\sqrt{3})^{2}+(2\sqrt{3}-2)^{2}}=\sqrt{(4+8\sqrt{3}+12)+(12-8\sqrt{3}+4)}=\sqrt{32}=4\sqrt{2}. Les termes en 3\sqrt{3} s'annulent exactement, et on retrouve bien zw=4×2|z||w|=4\times\sqrt{2}. Les deux formes décrivent le même nombre, mais la forme exponentielle a donné le résultat sans un seul développement.

Exercice 3 : Théorème de De Moivre et puissances

On considère le nombre complexe z=1+i3z=1+i\sqrt{3}.

  • a) Écrivez zz sous forme exponentielle.
  • b) Calculez z6z^{6} à l'aide du théorème de De Moivre.
  • c) Calculez z10z^{10} et donnez le résultat sous forme algébrique.
  • d) En développant (cosθ+isinθ)3(\cos\theta+i\sin\theta)^{3} de deux façons, démontrez que cos3θ=4cos3θ3cosθ\cos 3\theta=4\cos^{3}\theta-3\cos\theta.
Voir la correction

a) z=12+(3)2=1+3=2|z|=\sqrt{1^{2}+(\sqrt{3})^{2}}=\sqrt{1+3}=2. Puis cosθ=12\cos\theta=\dfrac{1}{2} et sinθ=32\sin\theta=\dfrac{\sqrt{3}}{2}, tous deux positifs, donc premier quadrant : θ=π3\theta=\dfrac{\pi}{3}. Ainsi z=2eiπ3z=2e^{i\frac{\pi}{3}}.

b) Par De Moivre : z6=26ei6π3=64ei2πz^{6}=2^{6}e^{i\cdot 6\cdot\frac{\pi}{3}}=64\,e^{i2\pi}. Or ei2π=cos2π+isin2π=1+0i=1e^{i2\pi}=\cos 2\pi+i\sin 2\pi=1+0i=1. Donc z6=64z^{6}=64, un nombre réel positif. Comparez au travail qu'aurait exigé le développement de (1+i3)6(1+i\sqrt{3})^{6} par la formule du binôme : sept termes, avec des puissances de 3\sqrt{3} et de ii à gérer. La forme exponentielle règle la question en une ligne.

c) z10=210ei10π3=1024ei10π3z^{10}=2^{10}e^{i\cdot 10\cdot\frac{\pi}{3}}=1024\,e^{i\frac{10\pi}{3}}. On ramène l'argument dans [0; 2π[[0;\ 2\pi[ en retranchant 2π=6π32\pi=\dfrac{6\pi}{3} : 10π36π3=4π3\dfrac{10\pi}{3}-\dfrac{6\pi}{3}=\dfrac{4\pi}{3}. Donc z10=1024ei4π3z^{10}=1024\,e^{i\frac{4\pi}{3}}.

Sous forme algébrique : cos4π3=12\cos\dfrac{4\pi}{3}=-\dfrac{1}{2} et sin4π3=32\sin\dfrac{4\pi}{3}=-\dfrac{\sqrt{3}}{2} (troisième quadrant, les deux négatifs). Donc z10=1024(1232i)=5125123iz^{10}=1024\left(-\dfrac{1}{2}-\dfrac{\sqrt{3}}{2}i\right)=-512-512\sqrt{3}\,i.

d) Première façon, par De Moivre : (cosθ+isinθ)3=cos3θ+isin3θ(\cos\theta+i\sin\theta)^{3}=\cos 3\theta+i\sin 3\theta.

Deuxième façon, par le développement du cube (a+b)3=a3+3a2b+3ab2+b3(a+b)^{3}=a^{3}+3a^{2}b+3ab^{2}+b^{3} avec a=cosθa=\cos\theta et b=isinθb=i\sin\theta : cos3θ+3cos2θ(isinθ)+3cosθ(isinθ)2+(isinθ)3\cos^{3}\theta+3\cos^{2}\theta(i\sin\theta)+3\cos\theta(i\sin\theta)^{2}+(i\sin\theta)^{3}. Or (isinθ)2=sin2θ(i\sin\theta)^{2}=-\sin^{2}\theta et (isinθ)3=isin3θ(i\sin\theta)^{3}=-i\sin^{3}\theta, ce qui donne (cos3θ3cosθsin2θ)+i(3cos2θsinθsin3θ)\big(\cos^{3}\theta-3\cos\theta\sin^{2}\theta\big)+i\big(3\cos^{2}\theta\sin\theta-\sin^{3}\theta\big).

Deux nombres complexes sont égaux si et seulement si leurs parties réelles et leurs parties imaginaires le sont. En identifiant les parties réelles : cos3θ=cos3θ3cosθsin2θ\cos 3\theta=\cos^{3}\theta-3\cos\theta\sin^{2}\theta. On remplace sin2θ\sin^{2}\theta par 1cos2θ1-\cos^{2}\theta : cos3θ=cos3θ3cosθ(1cos2θ)=cos3θ3cosθ+3cos3θ=4cos3θ3cosθ\cos 3\theta=\cos^{3}\theta-3\cos\theta(1-\cos^{2}\theta)=\cos^{3}\theta-3\cos\theta+3\cos^{3}\theta=4\cos^{3}\theta-3\cos\theta. L'identité est démontrée.

L'identification des parties imaginaires donne gratuitement la formule compagne : sin3θ=3cos2θsinθsin3θ=3sinθ4sin3θ\sin 3\theta=3\cos^{2}\theta\sin\theta-\sin^{3}\theta=3\sin\theta-4\sin^{3}\theta. C'est la méthode standard pour obtenir toutes les formules de multiplication d'angle sans jamais les mémoriser.

Exercice 4 : Racines n-ièmes d'un nombre complexe

On cherche à résoudre dans C\mathbb{C} l'équation z3=8iz^{3}=8i.

  • a) Écrivez 8i8i sous forme exponentielle.
  • b) Déterminez les trois solutions de l'équation sous forme exponentielle, puis sous forme algébrique.
  • c) Vérifiez par le calcul direct que 3+i\sqrt{3}+i est bien solution.
  • d) Placez les trois solutions dans le plan complexe et décrivez la figure obtenue. Que vaut leur somme ?
Voir la correction

a) Le nombre 8i8i a pour partie réelle 00 et pour partie imaginaire 88, il est donc sur le demi-axe imaginaire positif. Son module vaut 88 et son argument π2\dfrac{\pi}{2}. Donc 8i=8eiπ28i=8e^{i\frac{\pi}{2}}.

b) Les racines cubiques ont pour module 81/3=28^{1/3}=2 et pour arguments π2+2kπ3=π6+2kπ3\dfrac{\frac{\pi}{2}+2k\pi}{3}=\dfrac{\pi}{6}+\dfrac{2k\pi}{3} pour k=0; 1; 2k=0;\ 1;\ 2.

Pour k=0k=0 : z0=2eiπ6=2(32+12i)=3+iz_{0}=2e^{i\frac{\pi}{6}}=2\left(\dfrac{\sqrt{3}}{2}+\dfrac{1}{2}i\right)=\sqrt{3}+i.

Pour k=1k=1 : l'argument est π6+2π3=π6+4π6=5π6\dfrac{\pi}{6}+\dfrac{2\pi}{3}=\dfrac{\pi}{6}+\dfrac{4\pi}{6}=\dfrac{5\pi}{6}, donc z1=2ei5π6=2(32+12i)=3+iz_{1}=2e^{i\frac{5\pi}{6}}=2\left(-\dfrac{\sqrt{3}}{2}+\dfrac{1}{2}i\right)=-\sqrt{3}+i.

Pour k=2k=2 : l'argument est π6+4π3=π6+8π6=9π6=3π2\dfrac{\pi}{6}+\dfrac{4\pi}{3}=\dfrac{\pi}{6}+\dfrac{8\pi}{6}=\dfrac{9\pi}{6}=\dfrac{3\pi}{2}, donc z2=2ei3π2=2(0i)=2iz_{2}=2e^{i\frac{3\pi}{2}}=2(0-i)=-2i.

L'erreur à ne pas commettre : s'arrêter à la première racine. Une équation de degré 33 a exactement trois solutions dans C\mathbb{C}, et le paramètre kk doit parcourir 00, 11 et 22. Prendre k=3k=3 redonnerait z0z_{0}, puisque cela ajoute 2π2\pi à l'argument.

c) (3+i)2=3+23i+i2=3+23i1=2+23i(\sqrt{3}+i)^{2}=3+2\sqrt{3}\,i+i^{2}=3+2\sqrt{3}\,i-1=2+2\sqrt{3}\,i. Puis (3+i)3=(2+23i)(3+i)=23+2i+23i+23i2=23+2i+6i23=8i(\sqrt{3}+i)^{3}=(2+2\sqrt{3}\,i)(\sqrt{3}+i)=2\sqrt{3}+2i+2\cdot 3\,i+2\sqrt{3}\,i^{2}=2\sqrt{3}+2i+6i-2\sqrt{3}=8i. La vérification est concluante.

d) Les trois racines ont toutes le même module 22, elles sont donc sur le cercle de rayon 22 centré à l'origine. Leurs arguments valent π6\dfrac{\pi}{6}, 5π6\dfrac{5\pi}{6} et 3π2\dfrac{3\pi}{2}, régulièrement espacés de 2π3\dfrac{2\pi}{3}, soit 120120^{\circ}. Elles forment donc les sommets d'un TRIANGLE ÉQUILATÉRAL inscrit dans ce cercle.

Leur somme : (3+i)+(3+i)+(2i)=(33)+(1+12)i=0(\sqrt{3}+i)+(-\sqrt{3}+i)+(-2i)=(\sqrt{3}-\sqrt{3})+(1+1-2)i=0. La somme est nulle. Ce n'est pas une coïncidence : les nn racines nn-ièmes d'un nombre complexe sont les sommets d'un polygone régulier centré à l'origine, et le centre de gravité d'un polygone régulier est son centre, donc leur somme est toujours nulle dès que n2n\geq 2. Autre lecture, algébrique : ces racines sont les solutions de z38i=0z^{3}-8i=0, un polynôme dont le coefficient de z2z^{2} est nul, et par les relations coefficients-racines, la somme des racines vaut ce coefficient au signe près, donc 00. Cette somme nulle est un excellent moyen de contrôler ses racines en fin de calcul.

Partie B : Niveau examen (/22)

Exercice 5 : Équations polynomiales et racines conjuguées

Cet exercice porte sur la résolution d'équations polynomiales dans C\mathbb{C} et sur la propriété qui gouverne leurs racines non réelles.

  • a) Résolvez dans C\mathbb{C} l'équation z24z+13=0z^{2}-4z+13=0.
  • b) Démontrez que si un polynôme à coefficients RÉELS admet z0z_{0} pour racine, alors z0ˉ\bar{z_{0}} en est aussi une racine.
  • c) Soit P(z)=z35z2+17z13P(z)=z^{3}-5z^{2}+17z-13. Vérifiez que 11 est racine de PP, puis factorisez PP et déterminez toutes ses racines dans C\mathbb{C}.
  • d) Démontrez que zw=zw|zw|=|z|\,|w| pour tous complexes zz et ww, puis que z+w=zˉ+wˉ\overline{z+w}=\bar{z}+\bar{w}. Expliquez enfin pourquoi le résultat de b) tomberait en défaut si les coefficients n'étaient pas réels, à l'aide d'un contre-exemple.
Voir la correction

a) Le discriminant vaut Δ=(4)24(1)(13)=1652=36\Delta=(-4)^{2}-4(1)(13)=16-52=-36. Il est négatif, donc il n'y a pas de solution réelle, mais deux solutions complexes conjuguées. On écrit 36=6i\sqrt{-36}=6i, d'où z=4±6i2=2±3iz=\dfrac{4\pm 6i}{2}=2\pm 3i. Les solutions sont z=2+3iz=2+3i et z=23iz=2-3i.

Vérification sur la première : (2+3i)2=4+12i+9i2=4+12i9=5+12i(2+3i)^{2}=4+12i+9i^{2}=4+12i-9=-5+12i, puis 5+12i4(2+3i)+13=5+12i812i+13=0-5+12i-4(2+3i)+13=-5+12i-8-12i+13=0. Conforme.

b) Soit P(z)=anzn++a1z+a0P(z)=a_{n}z^{n}+\dots+a_{1}z+a_{0} avec tous les aka_{k} réels, et supposons P(z0)=0P(z_{0})=0. On applique la conjugaison aux deux membres : P(z0)=0ˉ=0\overline{P(z_{0})}=\bar{0}=0.

Or la conjugaison respecte les sommes et les produits, c'est-à-dire z+w=zˉ+wˉ\overline{z+w}=\bar{z}+\bar{w} et zw=zˉwˉ\overline{zw}=\bar{z}\,\bar{w}. Donc P(z0)=anz0n++a1z0+a0\overline{P(z_{0})}=\overline{a_{n}}\,\overline{z_{0}}^{\,n}+\dots+\overline{a_{1}}\,\overline{z_{0}}+\overline{a_{0}}. C'est ici qu'intervient l'hypothèse cruciale : les coefficients étant RÉELS, ils sont égaux à leurs propres conjugués, ak=ak\overline{a_{k}}=a_{k}. L'expression devient donc anz0n++a1z0+a0=P(z0)a_{n}\overline{z_{0}}^{\,n}+\dots+a_{1}\overline{z_{0}}+a_{0}=P(\overline{z_{0}}).

En combinant : P(z0)=0P(\overline{z_{0}})=0, donc z0\overline{z_{0}} est bien une racine. C'est exactement ce qu'on observe en a), où les deux solutions sont conjuguées l'une de l'autre.

c) P(1)=15+1713=0P(1)=1-5+17-13=0, donc 11 est racine et PP est divisible par (z1)(z-1). La division polynomiale donne P(z)=(z1)(z24z+13)P(z)=(z-1)(z^{2}-4z+13), ce que l'on contrôle en développant : z34z2+13zz2+4z13=z35z2+17z13z^{3}-4z^{2}+13z-z^{2}+4z-13=z^{3}-5z^{2}+17z-13, conforme.

Le facteur quadratique est exactement celui de la question a), dont les racines sont 2±3i2\pm 3i. Les trois racines de PP sont donc 11, 2+3i2+3i et 23i2-3i.

On observe le mécanisme de b) à l'oeuvre : PP est de degré 33 à coefficients réels, il a donc au moins une racine réelle (ici 11), et ses racines non réelles arrivent nécessairement par paire conjuguée. Un polynôme de degré impair à coefficients réels ne peut jamais avoir toutes ses racines non réelles, puisqu'elles s'apparient deux à deux et qu'un nombre impair ne se répartit pas en paires.

d) Pour le module, on passe par la forme exponentielle. Si z=r1eiθ1z=r_{1}e^{i\theta_{1}} et w=r2eiθ2w=r_{2}e^{i\theta_{2}}, alors zw=r1r2ei(θ1+θ2)zw=r_{1}r_{2}e^{i(\theta_{1}+\theta_{2})}, dont le module est r1r2=zwr_{1}r_{2}=|z|\,|w| puisque les modules sont positifs. En forme algébrique, avec z=a+biz=a+bi et w=c+diw=c+di, on peut aussi vérifier directement zw2=(acbd)2+(ad+bc)2=a2c2+b2d2+a2d2+b2c2=(a2+b2)(c2+d2)=z2w2|zw|^{2}=(ac-bd)^{2}+(ad+bc)^{2}=a^{2}c^{2}+b^{2}d^{2}+a^{2}d^{2}+b^{2}c^{2}=(a^{2}+b^{2})(c^{2}+d^{2})=|z|^{2}|w|^{2}, les doubles produits s'annulant deux à deux.

Pour le conjugué de la somme, avec z=a+biz=a+bi et w=c+diw=c+di : z+w=(a+c)+(b+d)iz+w=(a+c)+(b+d)i, donc z+w=(a+c)(b+d)i\overline{z+w}=(a+c)-(b+d)i. Par ailleurs zˉ+wˉ=(abi)+(cdi)=(a+c)(b+d)i\bar{z}+\bar{w}=(a-bi)+(c-di)=(a+c)-(b+d)i. Les deux expressions coïncident.

Enfin, le contre-exemple. Considérons Q(z)=ziQ(z)=z-i, dont le coefficient constant i-i n'est PAS réel. Sa seule racine est z0=iz_{0}=i. Or z0=i\overline{z_{0}}=-i donne Q(i)=ii=2i0Q(-i)=-i-i=-2i\neq 0 : le conjugué n'est pas racine. La propriété de b) s'effondre dès qu'un seul coefficient cesse d'être réel, car l'étape ak=ak\overline{a_{k}}=a_{k} est précisément celle qui portait toute la démonstration. C'est pour cette raison que l'énoncé insiste sur les coefficients réels, et l'examen sanctionne souvent l'application aveugle de la propriété à un polynôme à coefficients complexes.

Exercice 6 : Problème : les six racines sixièmes de 64 et l'hexagone régulier

On cherche à résoudre dans C\mathbb{C} l'équation z6=64z^{6}=64, puis à exploiter la structure géométrique de ses solutions.

L'équation semble anodine : beaucoup répondent z=2z=2 et passent à la suite. Le degré 66 impose pourtant six solutions, dont quatre ne sont pas réelles.

  • a) Écrivez 6464 sous forme exponentielle, puis déterminez les six solutions de l'équation sous forme exponentielle.
  • b) Donnez les six solutions sous forme algébrique.
  • c) Décrivez la figure formée par les six solutions dans le plan complexe. Lesquelles sont réelles ?
  • d) Calculez la somme des six solutions, et justifiez le résultat de deux façons, l'une géométrique et l'autre algébrique.
  • e) Calculez le produit des six solutions en regroupant les racines conjuguées.
  • f) Montrez que la multiplication par la solution z1=1+i3z_{1}=1+i\sqrt{3} correspond, dans le plan, à une rotation composée avec une homothétie. Donnez la matrice 2×22\times 2 de cette transformation et vérifiez sa cohérence avec le module et l'argument de z1z_{1}.
Voir la correction

a) Le nombre 6464 est réel positif, donc son module vaut 6464 et son argument 00 : 64=64ei064=64e^{i0}. Les racines sixièmes ont pour module 641/6=264^{1/6}=2, puisque 26=642^{6}=64, et pour arguments 0+2kπ6=kπ3\dfrac{0+2k\pi}{6}=\dfrac{k\pi}{3} pour k=0; 1; 2; 3; 4; 5k=0;\ 1;\ 2;\ 3;\ 4;\ 5.

Les six solutions sont donc zk=2eikπ3z_{k}=2e^{i\frac{k\pi}{3}}, soit 2ei02e^{i0}, 2eiπ32e^{i\frac{\pi}{3}}, 2ei2π32e^{i\frac{2\pi}{3}}, 2eiπ2e^{i\pi}, 2ei4π32e^{i\frac{4\pi}{3}} et 2ei5π32e^{i\frac{5\pi}{3}}.

b) On convertit chacune à l'aide des valeurs remarquables du cercle trigonométrique. z0=2(1+0i)=2z_{0}=2(1+0i)=2. z1=2(12+32i)=1+i3z_{1}=2\left(\dfrac{1}{2}+\dfrac{\sqrt{3}}{2}i\right)=1+i\sqrt{3}. z2=2(12+32i)=1+i3z_{2}=2\left(-\dfrac{1}{2}+\dfrac{\sqrt{3}}{2}i\right)=-1+i\sqrt{3}. z3=2(1+0i)=2z_{3}=2(-1+0i)=-2. z4=2(1232i)=1i3z_{4}=2\left(-\dfrac{1}{2}-\dfrac{\sqrt{3}}{2}i\right)=-1-i\sqrt{3}. z5=2(1232i)=1i3z_{5}=2\left(\dfrac{1}{2}-\dfrac{\sqrt{3}}{2}i\right)=1-i\sqrt{3}.

Contrôle sur z1z_{1} : son module vaut 22 et son argument π3\dfrac{\pi}{3}, donc z16=26ei2π=64z_{1}^{6}=2^{6}e^{i2\pi}=64, conforme.

c) Les six solutions ont toutes le même module 22, elles sont donc sur le cercle de rayon 22 centré à l'origine, et leurs arguments sont espacés de π3\dfrac{\pi}{3}, soit 6060^{\circ}. Elles forment donc les sommets d'un HEXAGONE RÉGULIER inscrit dans ce cercle.

Deux d'entre elles seulement sont réelles : z0=2z_{0}=2 et z3=2z_{3}=-2, celles dont l'argument vaut 00 ou π\pi. Les quatre autres vont par paires conjuguées, z1z_{1} avec z5z_{5} et z2z_{2} avec z4z_{4}, ce qui est attendu puisque le polynôme z664z^{6}-64 est à coefficients réels. La réponse naïve z=2z=2 ne donnait qu'une solution sur six.

d) Somme : 2+(1+i3)+(1+i3)+(2)+(1i3)+(1i3)2+(1+i\sqrt{3})+(-1+i\sqrt{3})+(-2)+(-1-i\sqrt{3})+(1-i\sqrt{3}). Les parties réelles donnent 2+1121+1=02+1-1-2-1+1=0 et les parties imaginaires 3+333=0\sqrt{3}+\sqrt{3}-\sqrt{3}-\sqrt{3}=0. La somme vaut 00.

Justification géométrique : les six points sont les sommets d'un hexagone régulier centré à l'origine. La somme de vecteurs répartis avec une symétrie centrale s'annule, car chaque sommet a son opposé dans la figure (z0z_{0} avec z3z_{3}, z1z_{1} avec z4z_{4}, z2z_{2} avec z5z_{5}). Additionner terme à terme trois paires de vecteurs opposés donne le vecteur nul.

Justification algébrique : les six solutions sont les racines de z664=0z^{6}-64=0. Ce polynôme s'écrit z6+0z5+0z4+0z3+0z2+0z64z^{6}+0z^{5}+0z^{4}+0z^{3}+0z^{2}+0z-64, et par les relations entre coefficients et racines, la somme des racines vaut l'opposé du coefficient de z5z^{5} divisé par le coefficient dominant, soit 01=0-\dfrac{0}{1}=0.

e) On regroupe chaque racine avec sa conjuguée, ce qui rend chaque produit partiel réel. Les deux racines réelles : z0z3=(2)(2)=4z_{0}z_{3}=(2)(-2)=-4. La paire z1z5=(1+i3)(1i3)=12+(3)2=1+3=4z_{1}z_{5}=(1+i\sqrt{3})(1-i\sqrt{3})=1^{2}+(\sqrt{3})^{2}=1+3=4, en utilisant zzˉ=z2z\bar{z}=|z|^{2}. La paire z2z4=(1+i3)(1i3)=1+3=4z_{2}z_{4}=(-1+i\sqrt{3})(-1-i\sqrt{3})=1+3=4 de même.

Le produit total vaut (4)(4)(4)=64(-4)(4)(4)=-64. Contrôle par les relations coefficients-racines : le produit des racines d'un polynôme de degré 66 vaut (1)6a0a6=641=64(-1)^{6}\dfrac{a_{0}}{a_{6}}=\dfrac{-64}{1}=-64. Conforme. Regrouper les conjuguées est la bonne stratégie : chaque paire donne immédiatement le carré du module, et on ne manipule jamais de nombre non réel.

f) Multiplier par z1=1+i3z_{1}=1+i\sqrt{3} un complexe x+iyx+iy donne (x+iy)(1+i3)=x+ix3+iy+i2y3=(x3y)+i(3x+y)(x+iy)(1+i\sqrt{3})=x+ix\sqrt{3}+iy+i^{2}y\sqrt{3}=(x-\sqrt{3}y)+i(\sqrt{3}x+y). En traduisant sur le couple de coordonnées (x; y)(x;\ y), la transformation envoie (x; y)(x;\ y) sur (x3y; 3x+y)(x-\sqrt{3}y;\ \sqrt{3}x+y), ce qui correspond à la matrice M=(1331)M=\begin{pmatrix} 1 & -\sqrt{3} \\ \sqrt{3} & 1 \end{pmatrix}.

On factorise le module : M=2(12323212)=2(cosπ3sinπ3sinπ3cosπ3)M=2\begin{pmatrix} \dfrac{1}{2} & -\dfrac{\sqrt{3}}{2} \\[4pt] \dfrac{\sqrt{3}}{2} & \dfrac{1}{2} \end{pmatrix}=2\begin{pmatrix} \cos\dfrac{\pi}{3} & -\sin\dfrac{\pi}{3} \\[4pt] \sin\dfrac{\pi}{3} & \cos\dfrac{\pi}{3} \end{pmatrix}. C'est donc l'homothétie de rapport 22 composée avec la rotation de π3\dfrac{\pi}{3}, soit 6060^{\circ}.

La cohérence est parfaite : z1=2|z_{1}|=2 donne le rapport de l'homothétie et arg(z1)=π3\arg(z_{1})=\dfrac{\pi}{3} donne l'angle de la rotation. Contrôle par le déterminant : det(M)=(1)(1)(3)(3)=1+3=4=z12\det(M)=(1)(1)-(-\sqrt{3})(\sqrt{3})=1+3=4=|z_{1}|^{2}, ce qui est bien le facteur d'aire attendu d'une homothétie de rapport 22.

Lecture finale de tout le problème : appliquer six fois cette transformation revient à une rotation de 6×60=3606\times 60^{\circ}=360^{\circ}, c'est-à-dire l'identité, composée avec une homothétie de rapport 26=642^{6}=64. C'est exactement l'énoncé z16=64z_{1}^{6}=64, traduit en langage de transformations. L'hexagone des racines n'est rien d'autre que l'orbite du point (2; 0)(2;\ 0) sous les rotations successives de 6060^{\circ}.

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