Algèbre linéaire 201-NYC / Maths 105 • Complément québécois de Première et cégep
Exercices corrigés : nombres complexes, De Moivre et racines n-ièmes (201-NYC / Maths 105)
Voici la série d'exercices corrigés d'algèbre linéaire et géométrie vectorielle (cours 201-NYC, aussi appelé Maths 105 selon le programme visé) sur les nombres complexes. La partie A couvre les bases : opérations sous forme algébrique, conjugué, module et division, passage à la forme trigonométrique et exponentielle, théorème de De Moivre et calcul de puissances, racines n-ièmes d'un nombre complexe. La partie B monte au niveau examen : résolution d'équations polynomiales à coefficients réels, démonstration du théorème des racines conjuguées, et un problème complet sur les six racines sixièmes de 64.
Ce chapitre clôt la session et il a une réputation trompeuse : les étudiants le trouvent facile tant qu'on reste en forme algébrique, puis se retrouvent bloqués dès qu'il faut passer aux arguments. La raison est presque toujours la même, et elle n'a rien à voir avec les complexes : c'est le cercle trigonométrique qui n'est pas maîtrisé. Un argument mal placé dans le mauvais quadrant fait tomber tout le reste de la question.
Le principe directeur du chapitre : additionner des complexes se fait en forme algébrique, les multiplier, les diviser et les élever à une puissance se fait en forme trigonométrique. Choisir la bonne forme AVANT de commencer le calcul est ce qui sépare une question réglée en trois lignes d'un développement de deux pages. Personne ne calcule (1+i3)10 par la formule du binôme.
Rappel de cours
•Forme algébrique : z=a+bi avec a=Re(z), b=Im(z) et i2=−1. Conjugué : zˉ=a−bi. Module : ∣z∣=a2+b2, et la relation clé zzˉ=a2+b2=∣z∣2, qui est un nombre RÉEL.
•Division : on multiplie le numérateur et le dénominateur par le conjugué du dénominateur. z2z1=z2z2ˉz1z2ˉ=∣z2∣2z1z2ˉ, ce qui rend le dénominateur réel.
•Forme trigonométrique : z=r(cosθ+isinθ), avec r=∣z∣ et θ=arg(z). Forme exponentielle : z=reiθ. Pour trouver θ, on résout cosθ=ra ET sinθ=rb : les deux équations ensemble, jamais une seule, car c'est le couple de signes qui fixe le quadrant.
•Produit et quotient en forme exponentielle : r1eiθ1×r2eiθ2=r1r2ei(θ1+θ2) et r2eiθ2r1eiθ1=r2r1ei(θ1−θ2). Les modules se multiplient ou se divisent, les arguments s'additionnent ou se soustraient.
•Théorème de De Moivre : (r(cosθ+isinθ))n=rn(cos(nθ)+isin(nθ)), ou en forme exponentielle (reiθ)n=rneinθ.
•Racines n-ièmes de z=reiθ : il y en a exactement n, données par zk=r1/nei(nθ+2kπ) pour k=0;1;…;n−1. Elles se placent sur le cercle de rayon r1/n, régulièrement espacées d'un angle n2π, et forment donc un polygone régulier à n côtés.
•Racines conjuguées : si un polynôme est à coefficients RÉELS et admet la racine z0, alors z0ˉ en est aussi une racine. Les racines non réelles vont toujours par paires conjuguées.
Partie A : Les bases (/28)
Exercice 1 : Forme algébrique, conjugué et division
On considère les nombres complexes z1=3+2i et z2=1−4i.
a) Calculez z1+z2 et z1z2 sous forme algébrique.
b) Donnez z1ˉ et z2ˉ, puis calculez ∣z1∣ et ∣z2∣.
c) Écrivez z2z1 sous forme algébrique.
d) Calculez z1z1ˉ et commentez le résultat. Déterminez ensuite i2027.
Voir la correction
a) z1+z2=(3+1)+(2−4)i=4−2i. Pour le produit, on développe puis on utilise i2=−1 : z1z2=(3+2i)(1−4i)=3−12i+2i−8i2=3−10i+8=11−10i. Le terme −8i2 devient +8, et c'est ce changement de signe que l'on oublie sous la pression.
b) z1ˉ=3−2i et z2ˉ=1+4i. Les modules : ∣z1∣=32+22=13 et ∣z2∣=12+(−4)2=17. Le module utilise le carré des composantes, donc le signe du −4 disparaît.
c) On multiplie haut et bas par le conjugué du dénominateur : z2z1=(1−4i)(1+4i)(3+2i)(1+4i). Numérateur : 3+12i+2i+8i2=3+14i−8=−5+14i. Dénominateur : 12+42=17, un nombre réel, ce qui est tout l'objet de l'opération. Donc z2z1=17−5+14i=−175+1714i.
Contrôle par les modules : z2z1=1713≈0,874, et directement 1725+196=17221≈0,874. Cohérent.
d) z1z1ˉ=(3+2i)(3−2i)=9−6i+6i−4i2=9+4=13. Le résultat est un nombre RÉEL, égal à ∣z1∣2=(13)2=13. C'est la propriété zzˉ=∣z∣2, et c'est elle qui fait fonctionner la division de la question c).
Pour i2027 : les puissances de i sont cycliques de période 4, puisque i1=i, i2=−1, i3=−i, i4=1, puis le cycle recommence. On divise donc l'exposant par 4 : 2027=4×506+3, le reste est 3. Donc i2027=i3=−i. Aucune calculatrice n'est nécessaire, seul le reste de la division par 4 compte.
Exercice 2 : Module, argument et forme exponentielle
On considère le nombre complexe z=−2+2i3.
a) Calculez ∣z∣, puis déterminez arg(z) en radians.
b) Écrivez z sous forme trigonométrique et sous forme exponentielle.
c) Donnez zˉ et −z sous forme exponentielle, sans repasser par la forme algébrique.
d) Soit w=1+i. Écrivez w sous forme exponentielle, puis calculez zw des deux façons, en forme exponentielle et en forme algébrique, et vérifiez la cohérence des modules.
Voir la correction
a) ∣z∣=(−2)2+(23)2=4+12=16=4. Pour l'argument, on impose les DEUX conditions : cosθ=4−2=−21 et sinθ=423=23. Cosinus négatif et sinus positif placent l'angle dans le deuxième quadrant, et l'angle de référence associé à 21 et 23 est 3π. Donc θ=π−3π=32π.
Le piège classique : utiliser la calculatrice pour arctan(−223)=arctan(−3)=−3π, et s'arrêter là. Cette valeur est dans le quatrième quadrant, alors que z est dans le deuxième. La fonction arctangente ne rend jamais que des angles entre −2π et 2π : elle ne peut pas distinguer les quadrants opposés. Il faut toujours situer le point avant de conclure.
b) Forme trigonométrique : z=4(cos32π+isin32π). Forme exponentielle : z=4ei32π.
c) Le conjugué a le même module et l'argument opposé : zˉ=4e−i32π. Géométriquement, c'est la réflexion par rapport à l'axe des réels.
Pour −z, multiplier par −1 revient à multiplier par eiπ, donc à ajouter π à l'argument : −z=4ei(32π+π)=4ei35π, que l'on écrit plus commodément 4e−i3π en retranchant 2π. Géométriquement, c'est la symétrie centrale par rapport à l'origine, soit une rotation d'un demi-tour.
d) ∣w∣=1+1=2, et le point (1;1) est sur la bissectrice du premier quadrant, donc arg(w)=4π et w=2ei4π.
En forme exponentielle : zw=42ei(32π+4π). On met au même dénominateur : 32π+4π=128π+123π=1211π. Donc zw=42ei1211π, en trois lignes.
En forme algébrique : zw=(−2+2i3)(1+i)=−2−2i+2i3+2i23=−2−2i+23i−23=(−2−23)+(23−2)i.
Vérification des modules : ∣zw∣=(2+23)2+(23−2)2=(4+83+12)+(12−83+4)=32=42. Les termes en 3 s'annulent exactement, et on retrouve bien ∣z∣∣w∣=4×2. Les deux formes décrivent le même nombre, mais la forme exponentielle a donné le résultat sans un seul développement.
Exercice 3 : Théorème de De Moivre et puissances
On considère le nombre complexe z=1+i3.
a) Écrivez z sous forme exponentielle.
b) Calculez z6 à l'aide du théorème de De Moivre.
c) Calculez z10 et donnez le résultat sous forme algébrique.
d) En développant (cosθ+isinθ)3 de deux façons, démontrez que cos3θ=4cos3θ−3cosθ.
Voir la correction
a) ∣z∣=12+(3)2=1+3=2. Puis cosθ=21 et sinθ=23, tous deux positifs, donc premier quadrant : θ=3π. Ainsi z=2ei3π.
b) Par De Moivre : z6=26ei⋅6⋅3π=64ei2π. Or ei2π=cos2π+isin2π=1+0i=1. Donc z6=64, un nombre réel positif. Comparez au travail qu'aurait exigé le développement de (1+i3)6 par la formule du binôme : sept termes, avec des puissances de 3 et de i à gérer. La forme exponentielle règle la question en une ligne.
c) z10=210ei⋅10⋅3π=1024ei310π. On ramène l'argument dans [0;2π[ en retranchant 2π=36π : 310π−36π=34π. Donc z10=1024ei34π.
Sous forme algébrique : cos34π=−21 et sin34π=−23 (troisième quadrant, les deux négatifs). Donc z10=1024(−21−23i)=−512−5123i.
d) Première façon, par De Moivre : (cosθ+isinθ)3=cos3θ+isin3θ.
Deuxième façon, par le développement du cube (a+b)3=a3+3a2b+3ab2+b3 avec a=cosθ et b=isinθ : cos3θ+3cos2θ(isinθ)+3cosθ(isinθ)2+(isinθ)3. Or (isinθ)2=−sin2θ et (isinθ)3=−isin3θ, ce qui donne (cos3θ−3cosθsin2θ)+i(3cos2θsinθ−sin3θ).
Deux nombres complexes sont égaux si et seulement si leurs parties réelles et leurs parties imaginaires le sont. En identifiant les parties réelles : cos3θ=cos3θ−3cosθsin2θ. On remplace sin2θ par 1−cos2θ : cos3θ=cos3θ−3cosθ(1−cos2θ)=cos3θ−3cosθ+3cos3θ=4cos3θ−3cosθ. L'identité est démontrée.
L'identification des parties imaginaires donne gratuitement la formule compagne : sin3θ=3cos2θsinθ−sin3θ=3sinθ−4sin3θ. C'est la méthode standard pour obtenir toutes les formules de multiplication d'angle sans jamais les mémoriser.
Exercice 4 : Racines n-ièmes d'un nombre complexe
On cherche à résoudre dans C l'équation z3=8i.
a) Écrivez 8i sous forme exponentielle.
b) Déterminez les trois solutions de l'équation sous forme exponentielle, puis sous forme algébrique.
c) Vérifiez par le calcul direct que 3+i est bien solution.
d) Placez les trois solutions dans le plan complexe et décrivez la figure obtenue. Que vaut leur somme ?
Voir la correction
a) Le nombre 8i a pour partie réelle 0 et pour partie imaginaire 8, il est donc sur le demi-axe imaginaire positif. Son module vaut 8 et son argument 2π. Donc 8i=8ei2π.
b) Les racines cubiques ont pour module 81/3=2 et pour arguments 32π+2kπ=6π+32kπ pour k=0;1;2.
Pour k=0 : z0=2ei6π=2(23+21i)=3+i.
Pour k=1 : l'argument est 6π+32π=6π+64π=65π, donc z1=2ei65π=2(−23+21i)=−3+i.
Pour k=2 : l'argument est 6π+34π=6π+68π=69π=23π, donc z2=2ei23π=2(0−i)=−2i.
L'erreur à ne pas commettre : s'arrêter à la première racine. Une équation de degré 3 a exactement trois solutions dans C, et le paramètre k doit parcourir 0, 1 et 2. Prendre k=3 redonnerait z0, puisque cela ajoute 2π à l'argument.
c) (3+i)2=3+23i+i2=3+23i−1=2+23i. Puis (3+i)3=(2+23i)(3+i)=23+2i+2⋅3i+23i2=23+2i+6i−23=8i. La vérification est concluante.
d) Les trois racines ont toutes le même module 2, elles sont donc sur le cercle de rayon 2 centré à l'origine. Leurs arguments valent 6π, 65π et 23π, régulièrement espacés de 32π, soit 120∘. Elles forment donc les sommets d'un TRIANGLE ÉQUILATÉRAL inscrit dans ce cercle.
Leur somme : (3+i)+(−3+i)+(−2i)=(3−3)+(1+1−2)i=0. La somme est nulle. Ce n'est pas une coïncidence : les n racines n-ièmes d'un nombre complexe sont les sommets d'un polygone régulier centré à l'origine, et le centre de gravité d'un polygone régulier est son centre, donc leur somme est toujours nulle dès que n≥2. Autre lecture, algébrique : ces racines sont les solutions de z3−8i=0, un polynôme dont le coefficient de z2 est nul, et par les relations coefficients-racines, la somme des racines vaut ce coefficient au signe près, donc 0. Cette somme nulle est un excellent moyen de contrôler ses racines en fin de calcul.
Partie B : Niveau examen (/22)
Exercice 5 : Équations polynomiales et racines conjuguées
Cet exercice porte sur la résolution d'équations polynomiales dans C et sur la propriété qui gouverne leurs racines non réelles.
a) Résolvez dans C l'équation z2−4z+13=0.
b) Démontrez que si un polynôme à coefficients RÉELS admet z0 pour racine, alors z0ˉ en est aussi une racine.
c) Soit P(z)=z3−5z2+17z−13. Vérifiez que 1 est racine de P, puis factorisez P et déterminez toutes ses racines dans C.
d) Démontrez que ∣zw∣=∣z∣∣w∣ pour tous complexes z et w, puis que z+w=zˉ+wˉ. Expliquez enfin pourquoi le résultat de b) tomberait en défaut si les coefficients n'étaient pas réels, à l'aide d'un contre-exemple.
Voir la correction
a) Le discriminant vaut Δ=(−4)2−4(1)(13)=16−52=−36. Il est négatif, donc il n'y a pas de solution réelle, mais deux solutions complexes conjuguées. On écrit −36=6i, d'où z=24±6i=2±3i. Les solutions sont z=2+3i et z=2−3i.
Vérification sur la première : (2+3i)2=4+12i+9i2=4+12i−9=−5+12i, puis −5+12i−4(2+3i)+13=−5+12i−8−12i+13=0. Conforme.
b) Soit P(z)=anzn+⋯+a1z+a0 avec tous les ak réels, et supposons P(z0)=0. On applique la conjugaison aux deux membres : P(z0)=0ˉ=0.
Or la conjugaison respecte les sommes et les produits, c'est-à-dire z+w=zˉ+wˉ et zw=zˉwˉ. Donc P(z0)=anz0n+⋯+a1z0+a0. C'est ici qu'intervient l'hypothèse cruciale : les coefficients étant RÉELS, ils sont égaux à leurs propres conjugués, ak=ak. L'expression devient donc anz0n+⋯+a1z0+a0=P(z0).
En combinant : P(z0)=0, donc z0 est bien une racine. C'est exactement ce qu'on observe en a), où les deux solutions sont conjuguées l'une de l'autre.
c) P(1)=1−5+17−13=0, donc 1 est racine et P est divisible par (z−1). La division polynomiale donne P(z)=(z−1)(z2−4z+13), ce que l'on contrôle en développant : z3−4z2+13z−z2+4z−13=z3−5z2+17z−13, conforme.
Le facteur quadratique est exactement celui de la question a), dont les racines sont 2±3i. Les trois racines de P sont donc 1, 2+3i et 2−3i.
On observe le mécanisme de b) à l'oeuvre : P est de degré 3 à coefficients réels, il a donc au moins une racine réelle (ici 1), et ses racines non réelles arrivent nécessairement par paire conjuguée. Un polynôme de degré impair à coefficients réels ne peut jamais avoir toutes ses racines non réelles, puisqu'elles s'apparient deux à deux et qu'un nombre impair ne se répartit pas en paires.
d) Pour le module, on passe par la forme exponentielle. Si z=r1eiθ1 et w=r2eiθ2, alors zw=r1r2ei(θ1+θ2), dont le module est r1r2=∣z∣∣w∣ puisque les modules sont positifs. En forme algébrique, avec z=a+bi et w=c+di, on peut aussi vérifier directement ∣zw∣2=(ac−bd)2+(ad+bc)2=a2c2+b2d2+a2d2+b2c2=(a2+b2)(c2+d2)=∣z∣2∣w∣2, les doubles produits s'annulant deux à deux.
Pour le conjugué de la somme, avec z=a+bi et w=c+di : z+w=(a+c)+(b+d)i, donc z+w=(a+c)−(b+d)i. Par ailleurs zˉ+wˉ=(a−bi)+(c−di)=(a+c)−(b+d)i. Les deux expressions coïncident.
Enfin, le contre-exemple. Considérons Q(z)=z−i, dont le coefficient constant −i n'est PAS réel. Sa seule racine est z0=i. Or z0=−i donne Q(−i)=−i−i=−2i=0 : le conjugué n'est pas racine. La propriété de b) s'effondre dès qu'un seul coefficient cesse d'être réel, car l'étape ak=ak est précisément celle qui portait toute la démonstration. C'est pour cette raison que l'énoncé insiste sur les coefficients réels, et l'examen sanctionne souvent l'application aveugle de la propriété à un polynôme à coefficients complexes.
Exercice 6 : Problème : les six racines sixièmes de 64 et l'hexagone régulier
On cherche à résoudre dans C l'équation z6=64, puis à exploiter la structure géométrique de ses solutions.
L'équation semble anodine : beaucoup répondent z=2 et passent à la suite. Le degré 6 impose pourtant six solutions, dont quatre ne sont pas réelles.
a) Écrivez 64 sous forme exponentielle, puis déterminez les six solutions de l'équation sous forme exponentielle.
b) Donnez les six solutions sous forme algébrique.
c) Décrivez la figure formée par les six solutions dans le plan complexe. Lesquelles sont réelles ?
d) Calculez la somme des six solutions, et justifiez le résultat de deux façons, l'une géométrique et l'autre algébrique.
e) Calculez le produit des six solutions en regroupant les racines conjuguées.
f) Montrez que la multiplication par la solution z1=1+i3 correspond, dans le plan, à une rotation composée avec une homothétie. Donnez la matrice 2×2 de cette transformation et vérifiez sa cohérence avec le module et l'argument de z1.
Voir la correction
a) Le nombre 64 est réel positif, donc son module vaut 64 et son argument 0 : 64=64ei0. Les racines sixièmes ont pour module 641/6=2, puisque 26=64, et pour arguments 60+2kπ=3kπ pour k=0;1;2;3;4;5.
Les six solutions sont donc zk=2ei3kπ, soit 2ei0, 2ei3π, 2ei32π, 2eiπ, 2ei34π et 2ei35π.
b) On convertit chacune à l'aide des valeurs remarquables du cercle trigonométrique. z0=2(1+0i)=2. z1=2(21+23i)=1+i3. z2=2(−21+23i)=−1+i3. z3=2(−1+0i)=−2. z4=2(−21−23i)=−1−i3. z5=2(21−23i)=1−i3.
Contrôle sur z1 : son module vaut 2 et son argument 3π, donc z16=26ei2π=64, conforme.
c) Les six solutions ont toutes le même module 2, elles sont donc sur le cercle de rayon 2 centré à l'origine, et leurs arguments sont espacés de 3π, soit 60∘. Elles forment donc les sommets d'un HEXAGONE RÉGULIER inscrit dans ce cercle.
Deux d'entre elles seulement sont réelles : z0=2 et z3=−2, celles dont l'argument vaut 0 ou π. Les quatre autres vont par paires conjuguées, z1 avec z5 et z2 avec z4, ce qui est attendu puisque le polynôme z6−64 est à coefficients réels. La réponse naïve z=2 ne donnait qu'une solution sur six.
d) Somme : 2+(1+i3)+(−1+i3)+(−2)+(−1−i3)+(1−i3). Les parties réelles donnent 2+1−1−2−1+1=0 et les parties imaginaires 3+3−3−3=0. La somme vaut 0.
Justification géométrique : les six points sont les sommets d'un hexagone régulier centré à l'origine. La somme de vecteurs répartis avec une symétrie centrale s'annule, car chaque sommet a son opposé dans la figure (z0 avec z3, z1 avec z4, z2 avec z5). Additionner terme à terme trois paires de vecteurs opposés donne le vecteur nul.
Justification algébrique : les six solutions sont les racines de z6−64=0. Ce polynôme s'écrit z6+0z5+0z4+0z3+0z2+0z−64, et par les relations entre coefficients et racines, la somme des racines vaut l'opposé du coefficient de z5 divisé par le coefficient dominant, soit −10=0.
e) On regroupe chaque racine avec sa conjuguée, ce qui rend chaque produit partiel réel. Les deux racines réelles : z0z3=(2)(−2)=−4. La paire z1z5=(1+i3)(1−i3)=12+(3)2=1+3=4, en utilisant zzˉ=∣z∣2. La paire z2z4=(−1+i3)(−1−i3)=1+3=4 de même.
Le produit total vaut (−4)(4)(4)=−64. Contrôle par les relations coefficients-racines : le produit des racines d'un polynôme de degré 6 vaut (−1)6a6a0=1−64=−64. Conforme. Regrouper les conjuguées est la bonne stratégie : chaque paire donne immédiatement le carré du module, et on ne manipule jamais de nombre non réel.
f) Multiplier par z1=1+i3 un complexe x+iy donne (x+iy)(1+i3)=x+ix3+iy+i2y3=(x−3y)+i(3x+y). En traduisant sur le couple de coordonnées (x;y), la transformation envoie (x;y) sur (x−3y;3x+y), ce qui correspond à la matrice M=(13−31).
On factorise le module : M=22123−2321=2cos3πsin3π−sin3πcos3π. C'est donc l'homothétie de rapport 2 composée avec la rotation de 3π, soit 60∘.
La cohérence est parfaite : ∣z1∣=2 donne le rapport de l'homothétie et arg(z1)=3π donne l'angle de la rotation. Contrôle par le déterminant : det(M)=(1)(1)−(−3)(3)=1+3=4=∣z1∣2, ce qui est bien le facteur d'aire attendu d'une homothétie de rapport 2.
Lecture finale de tout le problème : appliquer six fois cette transformation revient à une rotation de 6×60∘=360∘, c'est-à-dire l'identité, composée avec une homothétie de rapport 26=64. C'est exactement l'énoncé z16=64, traduit en langage de transformations. L'hexagone des racines n'est rien d'autre que l'orbite du point (2;0) sous les rotations successives de 60∘.
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