Math SN5, secondaire 5 • Complément québécois à Montréal
Fiche de révision : le cercle trigonométrique (math SN5)
Cette fiche ne refait pas le cours sur le cercle trigonométrique : vous l'avez déjà dans vos notes. Elle traite ce que le cours ne dit jamais et qui décide pourtant de la note : l'erreur exacte qui coûte deux points sur une copie, la lecture des signes par quadrant, et la rédaction que le correcteur de math SN5 attend mot pour mot.
Elle est écrite pour les élèves de secondaire 5 du programme québécois à Montréal, et pour les élèves du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas qui suivent le complément québécois. Une fois la fiche lue, la série d'exercices corrigés du même chapitre met chaque réflexe à l'épreuve.
Le fil du chapitre
Sur le cercle trigonométrique, un nombre réel n'est pas un angle : c'est un POINT, et ce point a deux coordonnées, (cosx;sinx). Tout le chapitre se déduit de cette lecture : le cosinus est l'abscisse, donc son signe se lit à gauche ou à droite; le sinus est l'ordonnée, donc son signe se lit en haut ou en bas. Presque tous les points perdus viennent de chercher une valeur dans une table au lieu de la lire sur le cercle, ou de ne donner qu'UNE solution là où le cercle en montre deux par tour.
•Le cercle trigonométrique a pour rayon 1 et pour centre l'origine. Un tour complet vaut 360°=2π radians.
•Le point image d'un réel x a pour coordonnées (cosx;sinx) : le COSINUS est l'abscisse, le SINUS est l'ordonnée.
•On tourne dans le sens ANTIHORAIRE pour les valeurs positives, horaire pour les négatives.
•tanx=cosxsinx : c'est le rapport ordonnée sur abscisse, non défini quand cosx=0.
•Deux réels sont COTERMINAUX s'ils diffèrent d'un multiple de 2π : ils ont le même point image, donc les mêmes valeurs trigonométriques.
« Cosinus, c'est l'abscisse » se retient par l'ordre alphabétique : c avant s, x avant y. C'est trivial, et cela évite l'erreur la plus coûteuse du chapitre.
Les conversions, dans les deux sens
•Degrés vers radians : multiplier par 180π. Radians vers degrés : multiplier par π180.
•Repères à connaître : 30°=6π, 45°=4π, 60°=3π, 90°=2π, 180°=π.
•Un radian vaut environ 57° : un résultat en radians est donc TOUJOURS un petit nombre, souvent avec π.
•Une réponse en radians s'écrit avec π sous forme exacte, pas en décimales, sauf demande explicite.
•La calculatrice doit être en mode RADIAN pour tout ce chapitre : le mode degré donne des résultats faux sans message d'erreur.
Contrôle du sens de conversion : une valeur en degrés est un grand nombre, une valeur en radians un petit. Convertir 60° ne peut pas donner 10800, et convertir 3π ne peut pas donner 0,0183.
Coterminaux, et la mesure principale
•Deux réels COTERMINAUX diffèrent d'un multiple de 2π : ils ont le même point image, donc exactement les mêmes cosinus, sinus et tangente.
•La MESURE PRINCIPALE d'un angle est l'unique mesure de sa famille qui appartient à ]−π;π] : c'est le représentant officiel, celui qu'on écrit quand l'énoncé dit « mesure principale ».
•L'intervalle n'est ouvert que d'un côté : π est une mesure principale, −π n'en est pas une, alors que les deux nomment le même point (−1;0).
•Méthode en UN seul calcul, pour un angle qpπ : prendre pour k l'entier le plus proche de 2qp, qui compte les tours, puis remplacer le numérateur p par p−2kq.
•Contrôle immédiat : le nouveau numérateur doit tomber entre −q et q. S'il en sort, c'est k qui est faux, pas la méthode.
Ne pas confondre avec la « valeur principale » de la calculatrice, qui est le résultat de arccos ou de arcsin. Celle-là est une SOLUTION d'équation, pas une réduction d'angle. Les deux mots se ressemblent, les deux objets n'ont rien à voir.
Les valeurs remarquables et l'angle de référence
•cos6π=23, cos4π=22, cos3π=21; les sinus sont les mêmes valeurs dans l'ordre INVERSE.
•L'ANGLE DE RÉFÉRENCE d'un réel est l'angle aigu entre son rayon et l'axe horizontal : il donne la VALEUR, en valeur absolue.
•Le QUADRANT donne les SIGNES : premier tout positif, deuxième sinus seul positif, troisième tangente seule positive, quatrième cosinus seul positif.
•Méthode universelle : valeur absolue par l'angle de référence, signe par le quadrant. Deux informations indépendantes.
L'angle de référence de 65π est 6π, celui de 67π aussi, et celui de 611π également : les quatre points sont symétriques, seuls les signes changent. Quatre valeurs pour un seul calcul.
Arc, secteur et angles multiples
•Longueur d'un arc : ℓ=rθ, avec θ EN RADIANS obligatoirement.
•Aire d'un secteur : A=21r2θ, également en radians.
•Ces deux formules sont fausses avec des degrés : c'est justement pourquoi le radian a été inventé.
•Résoudre cosx=c sur un tour donne DEUX solutions, sauf si c=±1 où il n'y en a qu'une.
•Sur R, il y a une infinité de solutions : on ajoute 2kπ avec k entier.
Sur le cercle, une droite horizontale coupe le cercle en deux points, une droite verticale aussi : c'est la raison géométrique pour laquelle une équation trigonométrique a deux solutions par tour, et le dessin le montre mieux qu'une formule.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Échanger le cosinus et le sinus dans les coordonnées
2 points, et tous les calculs de signes qui suivent
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le point image de 6π a pour coordonnées (21;23). »
Ce qu'il faut écrire
« Le point image est (cos6π;sin6π)=(23;21) : le cosinus, donc l'abscisse, est la plus GRANDE valeur pour un angle proche de l'horizontale. »
L'abscisse du point est le COSINUS, l'ordonnée est le sinus : pour 6π, le point est haut de 0,5 et loin de 0,87, pas l'inverse.
Pourquoi : Le moyen mnémotechnique est l'ordre alphabétique, c avant s comme x avant y. Le contrôle géométrique est encore plus sûr : 6π est un petit angle, donc le point est proche de l'axe horizontal, donc son abscisse est grande et son ordonnée petite.
2.Convertir dans le mauvais sens
1 point à chaque conversion, et un résultat absurde de plusieurs milliers
Ce qu'il ne faut pas écrire
« 60° en radians : 60×π180≈3438. »
Ce qu'il faut écrire
« 60°=60×180π=3π≈1,05 radian : on multiplie par 180π pour aller des degrés vers les radians. »
Pourquoi : Un radian valant environ 57°, une valeur en radians est toujours un PETIT nombre : un tour complet ne fait que 6,28 radians. Tout résultat supérieur à quelques dizaines signale une conversion à l'envers, et cela se voit sans vérifier la formule.
3.Ne donner qu'une seule solution à une équation trigonométrique
1 point sur 2 : la moitié de la réponse manque, systématiquement
Ce qu'il ne faut pas écrire
« cosx=21 sur [0;2π[ : donc x=3π. »
Ce qu'il faut écrire
« Une droite verticale coupe le cercle en DEUX points : x=3π ou x=35π, symétriques par rapport à l'axe horizontal. »
La verticale x=21 coupe le cercle DEUX fois : il y a donc deux réels de [0;2π[ dont le cosinus vaut 21, symétriques par rapport à l'axe horizontal.
Pourquoi : La touche arccos de la calculatrice ne rend qu'une valeur, celle du premier ou du deuxième quadrant. La seconde solution se trouve sur le cercle par symétrie : pour le cosinus, symétrie par rapport à l'axe horizontal, donc 2π−x.
4.Utiliser la formule de l'arc avec des degrés
toute la question, et un résultat impossible
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Un arc de 60° sur un cercle de rayon 5 : ℓ=5×60=300 unités. »
Ce qu'il faut écrire
« Il faut convertir : 60°=3π, donc ℓ=5×3π≈5,24 unités. »
Pourquoi : La formule ℓ=rθ n'est vraie qu'en radians : c'est même la définition du radian, l'angle pour lequel l'arc vaut le rayon. Le contrôle de bon sens est immédiat : le cercle entier ne mesure que 2π×5≈31 unités, donc un arc ne peut pas valoir 300.
5.Laisser la calculatrice en mode degré
toute la question, et l'erreur passe inaperçue car aucun message ne s'affiche
Ce qu'il ne faut pas écrire
« sin(6π) : la calculatrice affiche 0,0091. »
Ce qu'il faut écrire
« sin(6π)=21=0,5 exactement. La valeur 0,0091 est sin(0,5236°) : la machine était en mode degré. »
Pourquoi : En mode degré, la calculatrice interprète 0,5236 comme un demi-degré, un angle minuscule dont le sinus est presque nul. Le contrôle est de vérifier une valeur connue avant l'examen : sin(6π) doit afficher exactement 0,5.
6.Se tromper de signe en oubliant le quadrant
1 point par valeur, et le point image se retrouve dans le mauvais quadrant
Ce qu'il ne faut pas écrire
« cos65π=23, comme cos6π. »
Ce qu'il faut écrire
« 65π est dans le DEUXIÈME quadrant, où le cosinus est négatif : cos65π=−23. Seule la valeur absolue vient de l'angle de référence 6π. »
Les deux points sont à la même hauteur, donc même sinus, mais de part et d'autre de l'axe vertical : le cosinus change de signe dans le deuxième quadrant.
Pourquoi : L'angle de référence donne la VALEUR, le quadrant donne le SIGNE : ce sont deux informations indépendantes qu'il faut combiner. Un point du deuxième quadrant est à gauche de l'axe vertical, donc son abscisse, le cosinus, est nécessairement négative.
7.Croire que deux angles coterminaux ont des valeurs différentes
1 point, et une valeur décimale là où l'exacte était demandée
Ce qu'il ne faut pas écrire
« cos613π n'est pas une valeur remarquable, il faut la calculatrice. »
Ce qu'il faut écrire
« 613π=6π+2π : les deux réels sont coterminaux, donc cos613π=cos6π=23. »
Pourquoi : Un tour complet ramène au même point image, donc toutes les valeurs trigonométriques sont identiques. Le geste est mécanique : retrancher 2π pour se ramener dans [0;2π[, puis lire la valeur remarquable. Quand il faut retirer beaucoup de tours, ne pas les soustraire un par un : pour qpπ, l'entier le plus proche de 2qp donne directement le nombre de tours.
8.Additionner les valeurs trigonométriques comme des nombres
toute la question, et le résultat dépasse $1$, ce qui est impossible
Ce qu'il ne faut pas écrire
« cos(3π+6π)=cos3π+cos6π=21+23≈1,37. »
Ce qu'il faut écrire
« 3π+6π=2π, donc cos2π=0. Le cosinus ne se distribue pas sur une somme d'angles. »
Pourquoi : Le cosinus est une fonction, pas un facteur : elle ne traverse pas une addition. Le contrôle imparable est que cosinus et sinus sont toujours compris entre −1 et 1 : tout résultat hors de cet intervalle est faux avant même d'être relu.
9.Réduire dans le mauvais intervalle
1 point par angle, et toute la question quand l'énoncé enchaîne sur le quadrant
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La mesure principale de 56π est 56π, puisqu'elle est déjà entre 0 et 2π. »
Ce qu'il faut écrire
« La mesure principale appartient à ]−π;π], or 56π>π : on retire un tour, 56π−2π=−54π. »
Pourquoi : [0;2π[ et ]−π;π] nomment les mêmes points du cercle, mais pas avec les mêmes nombres. L'élève qui a appris la réduction dans [0;2π[ l'applique par habitude sans relire la consigne. Le contrôle tient en une comparaison : une mesure principale ne dépasse jamais π≈3,14 en valeur absolue.
10.Rendre un angle de plusieurs tours sans le réduire
toute la question, car $8\pi$ n'appartient pas à $]-\pi\,;\pi]$
Ce qu'il ne faut pas écrire
« 15120π=8π, donc la mesure principale est 8π. »
Ce qu'il faut écrire
« 15120π=8π, soit QUATRE tours complets : le point image est (1;0) et la mesure principale vaut 0. »
Pourquoi : Simplifier la fraction n'est pas réduire l'angle : ce sont deux gestes différents, et le premier donne l'illusion que le travail est fini. Dès que la fraction se simplifie en un multiple entier de π, il n'y a plus de fraction à traiter mais des tours à compter, et le résultat ne peut valoir que 0 ou π.
Quelle méthode choisir
Trouver une valeur exacte, par angle de référence et quadrant
Deux questions séparées, dans cet ordre : quel est l'angle de référence, ce qui donne la valeur absolue, puis dans quel quadrant se trouve le point, ce qui donne le signe.
Si le réel n'est pas dans [0;2π[ → ajouter ou retrancher des tours complets 2π jusqu'à s'y ramener
Exemple : 613π−2π=6π; −4π+2π=47π
Les valeurs trigonométriques ne changent pas : les deux réels ont le même point image.
Si le point est dans le PREMIER quadrant, entre 0 et 2π → l'angle de référence est le réel lui-même, et cosinus, sinus et tangente sont tous POSITIFS
Exemple : 3π : référence 3π, donc cos=21 et sin=23
Si le point est dans le DEUXIÈME quadrant, entre 2π et π → référence =π−x; seul le SINUS est positif
Exemple : 65π : référence 6π, donc cos=−23 et sin=21
Si le point est dans le TROISIÈME quadrant, entre π et 23π → référence =x−π; seule la TANGENTE est positive
Exemple : 67π : référence 6π, donc cos=−23 et sin=−21
Si le point est dans le QUATRIÈME quadrant, entre 23π et 2π → référence =2π−x; seul le COSINUS est positif
Exemple : 611π : référence 6π, donc cos=23 et sin=−21
Si le point est sur un AXE, aux valeurs 0, 2π, π, 23π → lire directement les coordonnées : (1;0), (0;1), (−1;0), (0;−1)
Exemple : cos23π=0 et sin23π=−1
La tangente n'existe pas en 2π ni en 23π, où le cosinus s'annule.
Aucune branche ne s'applique si l'angle de référence n'est pas 6π, 4π ou 3π : il n'y a alors pas de valeur exacte simple, et l'énoncé attend une valeur approchée à la calculatrice, en mode radian.
Trouver TOUS les angles solutions d'une équation
Une équation trigonométrique a deux solutions par tour, et une infinité sur R. La symétrie qui donne la seconde dépend du rapport concerné.
Si l'équation porte sur le COSINUS, cosx=c → les deux solutions du tour sont x0 et 2π−x0 : symétrie par rapport à l'axe HORIZONTAL
Exemple : cosx=21 donne 3π et 35π
Une droite verticale coupe le cercle en deux points de même abscisse : c'est la lecture géométrique.
Si l'équation porte sur le SINUS, sinx=c → les deux solutions sont x0 et π−x0 : symétrie par rapport à l'axe VERTICAL
Exemple : sinx=21 donne 6π et 65π
Si l'équation porte sur la TANGENTE, tanx=c → les solutions sont x0 et x0+π : la tangente a une période de π, pas 2π
Exemple : tanx=1 donne 4π et 45π
C'est la seule des trois dont la période vaut π, ce qui change le nombre de solutions sur un intervalle donné.
Si c vaut 1 ou −1 pour un cosinus ou un sinus → il n'y a qu'UNE solution par tour : le point est sur un axe, les deux symétriques coïncident
Exemple : cosx=1 donne seulement x=0 sur [0;2π[
Si ∣c∣>1 pour un cosinus ou un sinus → aucune solution : ces deux rapports sont toujours compris entre −1 et 1
Exemple : sinx=1,4 n'a pas de solution, et cela se dit en une ligne
Si on demande les solutions sur R tout entier → ajouter 2kπ à chaque solution du tour, avec k entier, ou kπ pour la tangente
Exemple : cosx=21 donne x=3π+2kπ ou x=35π+2kπ, k∈Z
La calculatrice ne rend jamais qu'une seule valeur, celle qu'on appelle la valeur principale : la seconde solution se construit toujours sur le cercle, par symétrie. Dessiner le cercle et placer les deux points prend dix secondes et ne trompe jamais.
Ramener un angle, et d'abord savoir dans quel intervalle
L'énoncé impose toujours un intervalle. On le lit AVANT de calculer, parce que le même point du cercle porte des mesures différentes selon l'intervalle demandé.
Le même point M s'atteint en tournant de 56π dans le sens antihoraire ou de −54π dans l'autre sens : seule la seconde mesure tient dans ]−π;π].
Si l'énoncé dit « mesure principale », ou ne précise rien → ramener dans ]−π;π], donc entre un demi-tour vers le bas exclu et un demi-tour vers le haut inclus
Exemple : 56π a pour mesure principale 56π−2π=−54π
C'est la convention par défaut du chapitre : une mesure principale ne dépasse jamais π≈3,14 en valeur absolue.
Si l'énoncé dit « dans [0;2π[ », ou « la plus petite mesure positive » → ramener entre 0 inclus et un tour exclu, en AJOUTANT des tours tant que l'angle est négatif
Exemple : −4π devient 47π, et surtout pas −4π
Si l'angle s'écrit qpπ avec de grands nombres → calculer 2qp, arrondir à l'entier le plus proche pour obtenir k, puis remplacer le numérateur par p−2kq
Exemple : 897π : 1697≈6,06 donc k=6, et 97−96=1, la mesure principale est 8π
Une seule division au lieu de six soustractions de 2π, et aucune erreur de comptage en chemin.
Si la fraction se simplifie en un multiple ENTIER de π → compter les demi-tours : un multiple pair de π donne 0, un multiple impair donne π
Exemple : 15120π=8π, soit quatre tours : la mesure principale vaut 0, et non 8π
Il n'y a plus de fraction à réduire, seulement des tours à compter : c'est le cas où la méthode générale semble ne rien donner.
Si l'angle de départ est NÉGATIF → la règle ne change pas, k est simplement négatif et on ajoute des tours au lieu d'en retirer
Exemple : 10−16π=−58π : 10−8=−0,8 donc k=−1, et −8+10=2, la mesure principale est 52π
Le signe de départ ne dit rien du signe d'arrivée : un angle négatif peut très bien avoir une mesure principale positive.
Si on ne cherche pas une mesure mais une VALEUR trigonométrique → n'importe quelle réduction convient, puisque tous les coterminaux ont les mêmes valeurs : prendre celle qui tombe sur une valeur remarquable
Exemple : cos613π=cos6π=23, sans se demander quel intervalle est attendu
Une question qui demande la mesure principale ne demande pas une valeur : répondre 23 à « quelle est la mesure principale » vaut zéro, exactement comme répondre 35π à « quelle est la mesure principale de 35π », dont la réponse est −3π.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Résoudre une équation trigonométrique sur un intervalle donné
Quand l'utiliser : L'énoncé demande les valeurs de x dans un intervalle telles que cosx, sinx ou tanx prenne une valeur donnée.
1Vérifier que la valeur cherchée est atteignable : entre −1 et 1 pour un cosinus ou un sinus.
2Trouver une première solution, par valeur remarquable si possible, sinon à la calculatrice en mode radian.
3Dessiner le cercle et placer le point image de cette première solution.
4Construire la seconde solution par la symétrie appropriée : axe horizontal pour le cosinus, axe vertical pour le sinus, symétrie centrale pour la tangente.
5Ajouter ou retrancher des tours 2kπ pour balayer tout l'intervalle demandé.
6Ne conserver que les solutions appartenant réellement à cet intervalle, en vérifiant chaque borne.
7Écrire l'ensemble solution en énumérant toutes les valeurs retenues.
Phrase de conclusion
« On cherche x∈[0;2π[ tel que cosx=21. Une solution est x=3π. Par symétrie par rapport à l'axe horizontal, l'autre point image du tour correspond à x=2π−3π=35π. Donc S={3π;35π}. »
Le piège : S'arrêter à la valeur donnée par la calculatrice. La touche arccos ne rend qu'une seule valeur, et il en existe toujours une seconde sur le tour, sauf quand le point est sur un axe. Le dessin du cercle est le seul moyen fiable de ne pas l'oublier.
Barème : 1 point la première solution, 1 point la seconde construite par symétrie, 1 point la sélection des solutions dans l'intervalle demandé.
Calculer une longueur d'arc ou une aire de secteur
Quand l'utiliser : Un problème concret parle d'une roue, d'un pendule, d'une piste circulaire, ou demande la distance parcourue le long d'un cercle.
1Identifier le rayon et l'angle, avec leurs unités, et les écrire séparément.
2CONVERTIR l'angle en radians s'il est donné en degrés, en indiquant la conversion.
3Choisir la formule : ℓ=rθ pour une longueur d'arc, A=21r2θ pour une aire de secteur.
4Substituer et calculer, en gardant la forme exacte avec π jusqu'à la dernière ligne.
5Donner la valeur approchée avec l'unité correcte : une longueur en mètres, une aire en mètres carrés.
6Vérifier par comparaison au cercle entier : l'arc doit être inférieur à 2πr, l'aire inférieure à πr2.
Phrase de conclusion
« Le rayon vaut r=5 mètres et l'angle θ=60°=3π radian. La longueur de l'arc est ℓ=rθ=5×3π=35π≈5,24 mètres, ce qui est bien inférieur au périmètre total de 10π≈31,4 mètres. »
Le piège : Appliquer la formule avec l'angle en degrés. Les deux formules ne sont valables qu'en radians, car le radian est justement défini pour que l'arc vaille le rayon lorsque l'angle vaut 1. En degrés, le résultat est faux d'un facteur 57 environ.
Barème : 1 point la conversion en radians, 1 point la formule correcte, 1 point le calcul avec l'unité, 1 point la vérification par comparaison au cercle entier.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
L'encadrement entre moins un et un
Tout cosinus et tout sinus est compris entre −1 et 1, sans exception, puisque ce sont les coordonnées d'un point sur un cercle de rayon 1. Relire la copie et vérifier qu'aucune valeur ne sort de cet intervalle.
Une copie qui annonce cos(3π+6π)≈1,37 contient forcément une erreur : la valeur dépasse 1, ce qui est géométriquement impossible.
Placer le point sur un cercle dessiné à main levée
Dessiner un cercle, les deux axes, et placer approximativement le point image. On lit alors le signe de l'abscisse et de l'ordonnée, et l'ordre de grandeur de chacune. Cela confirme ou infirme les valeurs calculées en cinq secondes.
Pour 65π, le point est en haut à gauche : l'abscisse est donc négative et proche de −1, l'ordonnée positive et petite. Les valeurs −23 et 21 sont cohérentes.
L'identité fondamentale comme contrôle
Pour tout réel, cos2x+sin2x=1. Additionnez les carrés des deux valeurs que vous avez trouvées : le résultat doit valoir exactement 1. C'est la vérification la plus complète du chapitre, et elle attrape les erreurs de valeur comme de signe de valeur absolue.
Vous annoncez cosx=21 et sinx=21 : la somme des carrés vaut 21, et non 1. L'une des deux valeurs est fausse, sans avoir à retrouver laquelle par le raisonnement.
Le contrôle du mode de la calculatrice
Avant tout calcul, taper sin(6π) : l'affichage doit être exactement 0,5. Si un autre nombre apparaît, la machine est en mode degré et tous les résultats du chapitre seront faux sans le moindre message d'erreur.
L'affichage 0,0091 au lieu de 0,5 indique le mode degré : la calculatrice a lu 0,5236 comme un demi-degré. Le test prend trois secondes et sauve une copie entière.
La mesure principale tient dans l'intervalle
Toute mesure principale annoncée doit appartenir à ]−π;π], donc valoir au plus 3,14 en valeur absolue. Sur une fraction qpπ, le contrôle est encore plus rapide : le numérateur doit être compris entre −q et q, ce qui se lit sans calculatrice.
Une copie qui annonce −237π passe le contrôle, car −7 est bien entre −23 et 23. Une copie qui annonce 2339π le rate immédiatement, puisque 39 dépasse 23 : il restait un tour à retirer.
L'exercice type décortiqué
La grande roue : conversion, hauteur et angles solutions
Une grande roue de rayon 20 mètres a son centre à 22 mètres du sol. Elle tourne dans le sens antihoraire à raison d'un tour complet toutes les 4 minutes, et une nacelle part du point le plus bas.
a) Convertir en radians l'angle parcouru en 1 minute. b) Quelle est la hauteur de la nacelle après 1 minute ? c) Quelle distance la nacelle a-t-elle parcourue le long du cercle en 3 minutes ? d) À quels instants du premier tour la nacelle est-elle à 22 mètres du sol ?
Étape 1
Un tour complet vaut 2π radians et dure 4 minutes, donc en 1 minute la roue parcourt 42π=2π radian, soit 90°.
Pourquoi
Un quart de tour en un quart du temps : le rapport est direct parce que la vitesse est constante. Convertir en degrés au passage donne un contrôle immédiat de bon sens, 2π étant bien un quart de 2π.
Étape 2
La nacelle part du bas, donc du point image 23π sur le cercle, dont les coordonnées sont (0;−1). Après un quart de tour antihoraire, elle est en 23π+2π=2π, donc au point (1;0).
Pourquoi
Le point de départ n'est pas 0 mais le bas du cercle : il faut le repérer avant de compter les tours. Et le sens antihoraire correspond bien à des réels croissants, ce qui évite de soustraire au lieu d'ajouter.
Étape 3
La hauteur est celle du centre plus 20 fois l'ordonnée du point image : h=22+20×0=22 mètres.
Pourquoi
L'ordonnée du cercle unité, c'est le SINUS, et c'est elle qui donne la hauteur : le cosinus donnerait la position horizontale, sans intérêt ici. Multiplier par le rayon convertit le cercle unité en cercle réel, et ajouter la hauteur du centre le remonte au bon niveau.
Étape 4
En 3 minutes, l'angle parcouru vaut 3×2π=23π radian. La distance le long du cercle est ℓ=rθ=20×23π=30π≈94,2 mètres.
Pourquoi
La formule ℓ=rθ exige des radians, ce qui est le cas ici puisque l'angle a été converti à la première question. Contrôle : le tour complet mesure 2π×20≈125,7 mètres, et 94,2 en représente bien les trois quarts.
Étape 5
La nacelle est à 22 mètres quand 22+20sinθ=22, donc sinθ=0, c'est-à-dire quand elle est à la hauteur du centre. Sur un tour à partir du bas, cela se produit aux points images 2π et π, soit après des rotations de 2π et 23π depuis le départ.
Pourquoi
L'équation sinθ=0 a bien DEUX solutions par tour, ce que le cercle montre immédiatement : la droite horizontale passant par le centre le coupe en deux points, à gauche et à droite. Une seule réponse ferait perdre la moitié du point.
Étape 6
En temps : une rotation de 2π prend 1 minute et une rotation de 23π en prend 3. La nacelle est donc à 22 mètres après 1 minute et après 3 minutes.
Pourquoi
La conversion angle vers temps se fait par la proportionnalité établie à la question a). Et le résultat est cohérent avec la géométrie : les deux passages à mi-hauteur encadrent le sommet, atteint à 2 minutes.
Étape 7
Vérification : à t=0, θ=23π et h=22+20(−1)=2 mètres, le point le plus bas, ce qui est bien à 2 mètres du sol si le centre est à 22 mètres et le rayon 20. À t=2, θ=23π+π=25π, coterminal à 2π, donc h=22+20=42 mètres, le sommet.
Pourquoi
Tester le départ et le sommet vérifie d'un coup le modèle entier : la hauteur minimale et la hauteur maximale doivent encadrer toutes les valeurs et différer exactement de deux rayons, soit 40 mètres. Le passage par 25π illustre au passage l'usage des angles coterminaux.
Conclusion rédigée
« En 1 minute, la roue parcourt 42π=2π radian. La nacelle partant du bas, elle se trouve après 1 minute au point image 2π, donc à une hauteur de 22+20sin(2π)=22 mètres. En 3 minutes, elle a parcouru ℓ=20×23π=30π≈94,2 mètres le long du cercle. Enfin elle se trouve à 22 mètres du sol lorsque sinθ=0, ce qui arrive deux fois par tour : après 1 minute et après 3 minutes. »
L'erreur classique sur cet exercice : Utiliser le cosinus au lieu du sinus pour la hauteur : la nacelle partirait alors du côté droit de la roue au lieu du bas, et toutes les hauteurs seraient décalées d'un quart de tour. Le second travers est d'appliquer ℓ=rθ à la question c) avec θ=270 degrés : on obtiendrait 5400 mètres, alors que le tour complet ne fait que 126 mètres.
À savoir par cœur
•Point image d'un réel x : (cosx;sinx). Le COSINUS est l'abscisse, le SINUS l'ordonnée.
•Degrés vers radians : multiplier par 180π. Radians vers degrés : multiplier par π180.
•Un radian vaut environ 57° : une valeur en radians est toujours un PETIT nombre.
•Signes par quadrant : premier tout positif, deuxième sinus seul, troisième tangente seule, quatrième cosinus seul.
•L'angle de référence donne la VALEUR, le quadrant donne le SIGNE. Deux informations indépendantes.
•cos2x+sin2x=1 pour tout réel : c'est le contrôle universel du chapitre.
•Cosinus et sinus sont toujours entre −1 et 1; tout dépassement signale une erreur.
•Une équation trigonométrique a DEUX solutions par tour : cosinus par 2π−x, sinus par π−x, tangente par x+π.
•ℓ=rθ et A=21r2θ n'existent qu'en RADIANS.
•Mesure principale : l'unique mesure de l'angle dans ]−π;π]. π est inclus, −π est exclu.
•Pour réduire qpπ : k = entier le plus proche de 2qp, puis numérateur p−2kq, qui doit tomber entre −q et q.
Questions fréquentes
Comment convertir des degrés en radians ?
On multiplie la mesure en degrés par pi sur cent quatre-vingts. Ainsi soixante degrés donnent pi sur trois, soit environ un virgule zéro cinq radian. Pour aller dans l'autre sens, on multiplie par cent quatre-vingts sur pi. Comme un radian vaut environ cinquante-sept degrés, une valeur en radians est toujours un petit nombre.
Comment savoir si le cosinus est l'abscisse ou l'ordonnée ?
Le cosinus est l'abscisse et le sinus est l'ordonnée. Le moyen le plus simple de s'en souvenir est l'ordre alphabétique : c vient avant s comme x vient avant y. Un contrôle géométrique confirme : pour un petit angle, le point est proche de l'axe horizontal, donc son abscisse est grande et son ordonnée petite.
Pourquoi une équation trigonométrique a deux solutions ?
Parce qu'une droite horizontale ou verticale coupe le cercle en deux points. Pour le cosinus, les deux points ont la même abscisse et sont symétriques par rapport à l'axe horizontal. Pour le sinus, ils ont la même ordonnée et sont symétriques par rapport à l'axe vertical. La calculatrice ne rend qu'une des deux valeurs.
Qu'est-ce qu'un angle de référence en trigonométrie ?
C'est l'angle aigu formé entre le rayon et l'axe horizontal. Il donne la valeur absolue du cosinus et du sinus, quel que soit le quadrant. Le signe, lui, se déduit du quadrant où se trouve le point. Ainsi cinq pi sur six a pour angle de référence pi sur six, mais son cosinus est négatif car le point est à gauche.
Pourquoi la formule de la longueur d'un arc exige des radians ?
Parce que le radian est justement défini comme l'angle pour lequel l'arc intercepté mesure exactement un rayon. La longueur de l'arc vaut donc le rayon multiplié par l'angle en radians, sans coefficient. Avec des degrés, il faudrait diviser par cent quatre-vingts et multiplier par pi, ce qui revient à convertir d'abord.
Comment trouver la mesure principale d'un angle ?
La mesure principale est la seule mesure de l'angle comprise entre moins pi exclu et pi inclus. On lui retire ou on lui ajoute des tours complets, c'est-à-dire des multiples de deux pi, jusqu'à y tomber. Pour une fraction, on divise le numérateur par le double du dénominateur et on arrondit à l'entier le plus proche : ce nombre est le nombre de tours à retirer. Le numérateur obtenu doit être plus petit que le dénominateur, sinon le calcul est faux.
Passer à la pratique
Exercices corrigés : Le cercle trigonométrique
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
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Contactez-moi pour une première séance. On reprend les gestes qui coûtent des points à l'examen, de la conversion en radians jusqu'à la recherche de tous les angles solutions, puis on les met à l'épreuve sur des exercices du niveau réel des évaluations.