Math SN5, secondaire 5 • Complément québécois à Montréal

Fiche de révision : les fonctions quadratiques (math SN5)

Cette fiche ne refait pas le cours sur les fonctions quadratiques : vous l'avez déjà dans vos notes. Elle traite ce que le cours ne dit jamais et qui décide pourtant de la note : l'erreur exacte qui coûte deux points sur une copie, la forme du trinôme à choisir selon ce que l'énoncé donne, et la rédaction que le correcteur de math SN5 attend mot pour mot.

Elle est écrite pour les élèves de secondaire 5 du programme québécois à Montréal, et pour les élèves du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas qui suivent le complément québécois. Une fois la fiche lue, la série d'exercices corrigés du même chapitre met chaque réflexe à l'épreuve.

Le fil du chapitre

Les trois écritures du trinôme désignent la même fonction, mais chacune ne livre qu'une seule information : la canonique a(xh)2+ka(x-h)^{2}+k donne le sommet, la factorisée a(xx1)(xx2)a(x-x_{1})(x-x_{2}) donne les zéros, la développée ax2+bx+cax^{2}+bx+c donne l'ordonnée à l'origine. Presque tous les points perdus viennent de lire une information dans la forme qui ne la contient pas, ou de changer de forme sans respecter le aa qui multiplie tout ce qui se trouve dans la parenthèse.

Ce chapitre fait partie de Mathématique SN5 : Sciences naturelles, secondaire 5

Avant ce chapitre

Cette fiche suppose ces notions acquises. Si une méthode ci-dessous reste opaque, c'est presque toujours l'une d'elles qui manque, pas la fiche.

Remonter plus loin : la chaîne complète (4 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Nombres réels, racines et ensemblesSecondaire 3
  2. 2Fonctions : propriétés et réciproqueSecondaire 3
  3. 3Les paramètres et les propriétés des fonctionsSecondaire 4 SN4
  4. 4La fonction polynomiale de degré 2Secondaire 4 SN4

L'essentiel

Trois formes, trois informations, jamais la même

  • Développée f(x)=ax2+bx+cf(x)=ax^{2}+bx+c : elle donne l'ordonnée à l'origine, qui vaut exactement cc, et le sens d'ouverture par le signe de aa.
  • Canonique f(x)=a(xh)2+kf(x)=a(x-h)^{2}+k : elle donne le sommet (h; k)(h;\ k), donc le maximum ou le minimum, et l'axe de symétrie x=hx=h.
  • Factorisée f(x)=a(xx1)(xx2)f(x)=a(x-x_{1})(x-x_{2}) : elle donne les zéros x1x_{1} et x2x_{2}, donc les points où la courbe coupe l'axe des xx.
  • Le aa est le MÊME dans les trois formes. C'est le seul nombre qui se transporte tel quel d'une écriture à l'autre.
  • h=b2ah=\frac{-b}{2a}, puis k=f(h)k=f(h) : on calcule kk en remplaçant, jamais par une formule apprise de travers.

Question à se poser avant tout calcul : « quelle information l'énoncé me demande ? » La réponse choisit la forme, et la moitié du travail est alors déjà faite.

Le discriminant et ce qu'il décide

  • Δ=b24ac\Delta=b^{2}-4ac, avec aa, bb et cc lus sur la forme DÉVELOPPÉE, réduite et ordonnée.
  • Δ>0\Delta>0 : deux zéros distincts x=b±Δ2ax=\frac{-b\pm\sqrt{\Delta}}{2a}, la parabole coupe l'axe des xx en deux points.
  • Δ=0\Delta=0 : un zéro double x=b2ax=\frac{-b}{2a}, la parabole est tangente à l'axe des xx, et le sommet est ce zéro.
  • Δ<0\Delta<0 : aucun zéro réel, la parabole ne touche jamais l'axe des xx, donc elle reste entièrement au-dessus si a>0a>0, entièrement en dessous si a<0a<0.
  • La factorisation a(xx1)(xx2)a(x-x_{1})(x-x_{2}) n'existe que si Δ0\Delta\ge 0. Écrire une factorisée quand Δ<0\Delta<0 est une contradiction.
-7-6-5-4-3-2-11234567-4-3-2-112345678deux racinesracine doubleaucune racine
Le discriminant ne dit rien d'autre que le nombre de fois où la parabole touche l'axe : deux fois si Δ>0\Delta>0, une seule si Δ=0\Delta=0, jamais si Δ<0\Delta<0.

Le bb se recopie avec son signe et il est ensuite ÉLEVÉ AU CARRÉ : b=5b=-5 donne b2=+25b^{2}=+25, jamais 25-25.

Le signe du trinôme, la seule règle à retenir

  • Quand Δ>0\Delta>0 : le trinôme est du signe de aa À L'EXTÉRIEUR des racines, du signe OPPOSÉ à aa ENTRE les racines.
  • Quand Δ=0\Delta=0 : le trinôme est du signe de aa partout, et s'annule au seul point x=b2ax=\frac{-b}{2a}.
  • Quand Δ<0\Delta<0 : le trinôme garde le signe de aa sur R\mathbb{R} tout entier, sans jamais s'annuler.
  • Conséquence directe : quand Δ<0\Delta<0, l'ensemble solution d'une inéquation est R\mathbb{R} ou l'ensemble vide, jamais un intervalle borné.

Un tableau de signe rédigé rapporte des points même si l'intervalle final est faux. Une réponse sans tableau ni justification n'en rapporte presque aucun.

La complétion du carré, en quatre gestes

  • 1. Mettre aa en facteur sur les DEUX premiers termes seulement : 2x28x+1=2(x24x)+12x^{2}-8x+1=2(x^{2}-4x)+1.
  • 2. À l'intérieur de la parenthèse, prendre la moitié du coefficient de xx, l'élever au carré, l'ajouter et le retrancher : x24x=(x2)24x^{2}-4x=(x-2)^{2}-4.
  • 3. Faire sortir le nombre en trop de la parenthèse en le MULTIPLIANT par aa : 2[(x2)24]+1=2(x2)28+12[(x-2)^{2}-4]+1=2(x-2)^{2}-8+1.
  • 4. Additionner les constantes restées dehors : 2(x2)272(x-2)^{2}-7.
  • Le signe dans la parenthèse est OPPOSÉ à l'abscisse du sommet : (x2)2(x-2)^{2} donne h=2h=2, (x+3)2(x+3)^{2} donne h=3h=-3.

L'étape 3 est celle qui décide de la note. Le nombre qui traverse la parenthèse est toujours multiplié par aa, jamais recopié tel quel.

Les pièges qui coûtent des points

Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.

1. Lire le sommet directement dans la parenthèse, avec le signe écrit

2 points, et le tracé qui suit est entièrement faux

Ce qu'il ne faut pas écrire

« f(x)=2(x+3)25f(x)=2(x+3)^{2}-5 donc le sommet est S(3;5)S(3;-5). »

Ce qu'il faut écrire

« f(x)=2(x+3)25f(x)=2(x+3)^{2}-5 s'écrit 2(x(3))252(x-(-3))^{2}-5, donc le sommet est S(3;5)S(-3;-5) et l'axe de symétrie est x=3x=-3. »

Pourquoi : La forme de référence est a(xh)2+ka(x-h)^{2}+k : le signe écrit dans la parenthèse est celui de h-h, pas celui de hh. Le kk, lui, se lit tel quel, ce qui explique que la moitié des élèves croient qu'il en va de même pour hh.

2. Faire sortir un nombre de la parenthèse sans le multiplier par aa

toute la question, sommet et tracé compris

Ce qu'il ne faut pas écrire

« 2x28x+1=2(x24x)+1=2[(x2)24]+1=2(x2)24+1=2(x2)232x^{2}-8x+1=2(x^{2}-4x)+1=2[(x-2)^{2}-4]+1=2(x-2)^{2}-4+1=2(x-2)^{2}-3. »

Ce qu'il faut écrire

« 2[(x2)24]+1=2(x2)28+1=2(x2)272[(x-2)^{2}-4]+1=2(x-2)^{2}-8+1=2(x-2)^{2}-7 : le 4-4 était DANS la parenthèse, il ressort donc multiplié par 22. »

Pourquoi : C'est la seule étape de la complétion du carré où le facteur aa agit, et c'est précisément là qu'on le perd de vue parce qu'on est concentré sur le carré parfait. Le contrôle en x=0x=0 l'attrape en trois secondes.

3. Calculer b2b^{2} en gardant le signe de bb

3 points, et une conclusion inversée sur l'existence des racines

Ce qu'il ne faut pas écrire

« x25x+6x^{2}-5x+6 : Δ=524(1)(6)=2524=49<0\Delta=-5^{2}-4(1)(6)=-25-24=-49<0, il n'y a pas de racine. »

Ce qu'il faut écrire

« a=1a=1, b=5b=-5, c=6c=6, donc Δ=(5)24(1)(6)=2524=1>0\Delta=(-5)^{2}-4(1)(6)=25-24=1>0 : il y a deux racines, x1=2x_{1}=2 et x2=3x_{2}=3. »

Pourquoi : Sans parenthèses, 52-5^{2} vaut 25-25 en écriture mathématique comme à la calculatrice. Le réflexe qui sauve : écrire d'abord la ligne « a=a=\ldots, b=b=\ldots, c=c=\ldots » avec les signes, puis substituer avec des parenthèses.

4. Rendre les racines en guise de réponse à une inéquation

2 points sur 3, il ne reste que celui des racines

Ce qu'il ne faut pas écrire

« x2x6>0x^{2}-x-6>0 : les racines sont 2-2 et 33, donc x>2x>-2 et x>3x>3. »

Ce qu'il faut écrire

« Les zéros sont 2-2 et 33, et a=1>0a=1>0 : le trinôme est positif à l'extérieur des racines. Donc S=];2[]3;+[S=\,]-\infty;-2[\,\cup\,]3;+\infty[. »

Pourquoi : Une équation a des solutions ponctuelles, une inéquation a un ENSEMBLE de solutions. Les racines ne sont que les frontières de cet ensemble : elles disent où le signe change, jamais quel est ce signe.

5. Conclure « pas de solution » dès que Δ<0\Delta<0

toute la question

Ce qu'il ne faut pas écrire

« x2+2x+5>0x^{2}+2x+5>0 : Δ=420=16<0\Delta=4-20=-16<0, donc il n'y a pas de solution, S=S=\varnothing. »

Ce qu'il faut écrire

« Δ=16<0\Delta=-16<0 et a=1>0a=1>0 : le trinôme est strictement positif sur R\mathbb{R} tout entier. L'inéquation est vraie pour tout réel, donc S=RS=\mathbb{R}. »

-6-5-4-3-2-11234-22468101214delta = -16 < 0toujours au-dessus
Un discriminant négatif ne veut pas dire « pas de solution » : la parabole ne coupe jamais l'axe, donc elle est du signe de aa PARTOUT, et l'inéquation stricte est vraie sur R\mathbb{R}.

Pourquoi : Δ<0\Delta<0 dit qu'il n'y a pas de ZÉRO, pas qu'il n'y a pas de solution. La parabole entière est d'un seul côté de l'axe, ce qui donne au contraire la réponse la plus large possible. Le piège symétrique existe : x2+2x+5<0x^{2}+2x+5<0 donne bien S=S=\varnothing.

6. Oublier de revenir à xx après un changement de variable

2 points sur 4 : la moitié des solutions manque

Ce qu'il ne faut pas écrire

« x45x2+4=0x^{4}-5x^{2}+4=0 : je pose u=x2u=x^{2}, donc u25u+4=0u^{2}-5u+4=0, u=1u=1 ou u=4u=4. Les solutions sont x=1x=1 et x=4x=4. »

Ce qu'il faut écrire

« u=1u=1 ou u=4u=4, et u=x2u=x^{2}, donc x2=1x^{2}=1 ou x2=4x^{2}=4, ce qui donne x=1x=-1, x=1x=1, x=2x=-2 ou x=2x=2. »

Pourquoi : Le changement de variable est un aller-retour, et l'énoncé demande xx, pas uu. Un carré donne toujours DEUX antécédents, et un uu négatif se rejette en le disant : « x2=3x^{2}=-3 est impossible dans R\mathbb{R}. »

7. Diviser les deux membres par xx

1 point, et souvent la question suivante qui s'appuie sur les deux zéros

Ce qu'il ne faut pas écrire

« 2x2=6x2x^{2}=6x, je divise par xx : 2x=62x=6, donc x=3x=3. »

Ce qu'il faut écrire

« 2x26x=02x^{2}-6x=0, donc 2x(x3)=02x(x-3)=0, donc x=0x=0 ou x=3x=3 : un produit est nul si et seulement si l'un de ses facteurs est nul. »

-11234-4-2246810121416182022deux solutions : 0 et 3
Les deux courbes se coupent DEUX fois, en x=0x=0 et en x=3x=3 : diviser par xx efface le point d'intersection situé à l'origine, et donc la solution x=0x=0.

Pourquoi : Diviser par xx revient à supposer x0x\neq 0 sans le dire, donc à effacer la racine x=0x=0. Une équation du second degré a au plus deux solutions : n'en trouver qu'une doit toujours déclencher un doute.

8. Oublier le signe moins dans la somme des racines

1 point, et un contrôle de cohérence rendu inutilisable

Ce qu'il ne faut pas écrire

« 2x27x+32x^{2}-7x+3 : la somme des racines vaut ba=72\frac{b}{a}=\frac{-7}{2} et le produit ca=32\frac{c}{a}=\frac{3}{2}. »

Ce qu'il faut écrire

« La somme vaut ba=72\frac{-b}{a}=\frac{7}{2} et le produit vaut ca=32\frac{c}{a}=\frac{3}{2}, ce que confirment les racines 33 et 12\frac{1}{2}. »

Pourquoi : Le moins vient de x1+x2=bΔ2a+b+Δ2a=2b2ax_{1}+x_{2}=\frac{-b-\sqrt{\Delta}}{2a}+\frac{-b+\sqrt{\Delta}}{2a}=\frac{-2b}{2a} : il est dans la somme, pas dans le produit. Retenir que la somme hérite du moins de b2a\frac{-b}{2a}, exactement comme l'abscisse du sommet, qui en est d'ailleurs la moitié.

Quelle méthode choisir

Quelle forme écrire, selon ce que l'énoncé donne

On ne choisit pas la forme par préférence : c'est la donnée fournie qui la choisit. Regardez ce que l'énoncé ou le graphique livre EXACTEMENT, avant d'écrire quoi que ce soit.

  • Si le sommet est donné ou lisible, plus un autre point partir de la canonique f(x)=a(xh)2+kf(x)=a(x-h)^{2}+k et calculer aa avec l'autre point

    Exemple : sommet (2;8)(2;-8) et passage par (0;0)(0;0) : 0=a(02)280=a(0-2)^{2}-8, donc a=2a=2 et f(x)=2(x2)28f(x)=2(x-2)^{2}-8

    Le second point doit être différent du sommet, sinon l'équation devient 0=00=0 et ne donne aucun aa.

  • Si les deux zéros sont donnés ou lisibles, plus un autre point partir de la factorisée f(x)=a(xx1)(xx2)f(x)=a(x-x_{1})(x-x_{2}) et calculer aa avec l'autre point

    Exemple : zéros 1-1 et 33, passage par (0;15)(0;15) : 15=a(0+1)(03)=3a15=a(0+1)(0-3)=-3a, donc a=5a=-5

  • Si la parabole est tangente à l'axe des xx en un seul point c'est un zéro double : f(x)=a(xx1)2f(x)=a(x-x_{1})^{2}, et ce zéro est aussi le sommet

    Exemple : tangente en x=4x=4 et passage par (6;12)(6;12) : 12=a(64)212=a(6-4)^{2}, donc a=3a=3

  • Si trois points quelconques, aucun sommet, aucun zéro partir de la développée f(x)=ax2+bx+cf(x)=ax^{2}+bx+c et résoudre un système de trois équations

    Exemple : un point d'abscisse 00 donne cc immédiatement, ce qui réduit le système à deux inconnues

    Toujours commencer par le point d'abscisse nulle s'il existe : il livre cc sans calcul.

  • Si on demande de passer d'une forme à une autre, sans donnée nouvelle développée vers canonique par complétion du carré, canonique ou développée vers factorisée par le discriminant

    Exemple : 2x28x+12(x2)272x^{2}-8x+1\to 2(x-2)^{2}-7, puis Δ=56\Delta=56 donne les deux zéros

Aucune branche ne s'applique quand l'énoncé ne donne qu'un seul point : la parabole n'est alors pas déterminée, et l'exercice attend une famille de réponses ou une donnée supplémentaire que vous avez sautée à la lecture.

Quelle méthode pour résoudre, selon la forme de l'équation

Le discriminant fonctionne toujours, mais il est rarement le plus rapide. On regarde d'abord la forme de l'équation, une fois tout ramené du même côté.

  • Si il n'y a pas de terme en xx : ax2+c=0ax^{2}+c=0 isoler x2x^{2} et prendre la racine carrée avec les DEUX signes

    Exemple : 3x227=03x^{2}-27=0 donne x2=9x^{2}=9, donc x=3x=-3 ou x=3x=3

    Si x2x^{2} tombe sur un nombre négatif, il n'y a pas de solution réelle, et cela se dit en une phrase.

  • Si il n'y a pas de terme constant : ax2+bx=0ax^{2}+bx=0 factoriser par xx, jamais diviser par xx

    Exemple : 2x26x=02x^{2}-6x=0 donne 2x(x3)=02x(x-3)=0, donc x=0x=0 ou x=3x=3

  • Si le trinôme se factorise de tête par somme et produit chercher deux nombres dont la somme est bb et le produit cc (quand a=1a=1)

    Exemple : x25x+6x^{2}-5x+6 : somme 5-5, produit 66, donc 2-2 et 3-3, d'où (x2)(x3)(x-2)(x-3)

    Trente secondes d'essai maximum. Au-delà, le discriminant est plus rapide et plus sûr.

  • Si trinôme complet sans factorisation évidente discriminant Δ=b24ac\Delta=b^{2}-4ac, puis x=b±Δ2ax=\frac{-b\pm\sqrt{\Delta}}{2a}

    Exemple : 2x27x+32x^{2}-7x+3 : Δ=4924=25\Delta=49-24=25, donc x=7±54x=\frac{7\pm 5}{4}, soit 33 et 12\frac{1}{2}

  • Si l'inconnue apparaît en x4x^{4} et x2x^{2}, ou en xx et x\sqrt{x} changement de variable u=x2u=x^{2} ou u=xu=\sqrt{x}, résoudre en uu, puis REVENIR à xx

    Exemple : x45x2+4=0x^{4}-5x^{2}+4=0 donne u=1u=1 ou u=4u=4, donc quatre solutions : 2-2, 1-1, 11, 22

    Chaque uu positif donne deux xx, chaque uu négatif se rejette en écrivant pourquoi.

  • Si le symbole est <<, >>, \le ou \ge trouver les zéros comme ci-dessus, puis conclure par le signe de aa et un tableau, et rendre un INTERVALLE

    Exemple : x2x6>0x^{2}-x-6>0 donne S=];2[]3;+[S=\,]-\infty;-2[\,\cup\,]3;+\infty[

Si Δ\Delta n'est pas un carré parfait, la réponse exacte s'écrit avec le radical, par exemple x=4±142x=\frac{4\pm\sqrt{14}}{2}. On n'arrondit que si l'énoncé le demande, et le contexte d'un problème concret l'exige presque toujours.

La rédaction attendue

Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.

Résoudre une inéquation du second degré

Quand l'utiliser : L'énoncé contient <<, >>, \le ou \ge avec un terme en x2x^{2}, ou demande « pour quelles valeurs de xx », « à partir de quel moment », « sur quel intervalle ».

  1. 1 Tout ramener d'un seul côté pour obtenir une comparaison à zéro. Une inéquation ne se résout pas membre à membre.
  2. 2 Annoncer les coefficients : « a=1a=1, b=1b=-1, c=6c=-6 », avec leurs signes.
  3. 3 Chercher les zéros du trinôme, par factorisation si elle saute aux yeux, sinon par le discriminant.
  4. 4 Annoncer le signe de aa et ce qu'il implique : « a=1>0a=1>0, la parabole est ouverte vers le haut. »
  5. 5 Construire le tableau de signe, ou citer la règle : le trinôme est du signe de aa à l'extérieur des racines, du signe opposé entre les racines.
  6. 6 Traduire en intervalles : crochets ouverts pour << et >>, fermés pour \le et \ge, réunion avec \cup quand il y a deux morceaux.
  7. 7 Dans un problème concret, revenir au contexte et écarter les valeurs impossibles, comme un temps négatif ou une longueur nulle.

Phrase de conclusion

« Le trinôme x2x6x^{2}-x-6 a pour zéros 2-2 et 33, et a=1>0a=1>0 : il est donc strictement positif à l'extérieur des racines. L'ensemble des solutions est S=];2[]3;+[S=\,]-\infty;-2[\,\cup\,]3;+\infty[. »

Le piège : Changer le sens de l'inégalité au moment de passer un terme de l'autre côté. Le sens ne change que lorsqu'on multiplie ou divise les DEUX membres par un nombre négatif, ce qui n'arrive jamais quand on se contente d'additionner.

Barème : 1 point la mise à zéro et les zéros du trinôme, 1 point le signe de aa ou le tableau, 1 point l'écriture correcte en intervalles. Les racines rendues seules valent rarement plus du tiers.

Retrouver la règle d'une parabole

Quand l'utiliser : On vous donne un graphique, ou un sommet et un point, ou deux zéros et un point, et l'énoncé demande « la règle de la fonction » ou « l'équation de la parabole ».

  1. 1 Repérer ce que la donnée fournit EXACTEMENT : un sommet, deux zéros, une ordonnée à l'origine. C'est elle qui choisit la forme.
  2. 2 Écrire la forme choisie avec aa encore inconnu, et dire pourquoi : « le sommet est (2;8)(2;-8), j'utilise donc la forme canonique. »
  3. 3 Remplacer xx et f(x)f(x) par les coordonnées d'un SECOND point, différent de celui déjà utilisé.
  4. 4 Résoudre l'équation du premier degré obtenue en aa.
  5. 5 Réécrire la règle complète avec la valeur de aa, puis la développer seulement si l'énoncé réclame la forme générale.
  6. 6 Vérifier sur un troisième point du graphique, ou revérifier le point de départ.

Phrase de conclusion

« Le sommet est S(2;8)S(2;-8), donc f(x)=a(x2)28f(x)=a(x-2)^{2}-8. La courbe passe par (0;0)(0;0) : 0=a(02)280=a(0-2)^{2}-8, d'où 4a=84a=8 et a=2a=2. La règle est f(x)=2(x2)28f(x)=2(x-2)^{2}-8, soit 2x28x2x^{2}-8x sous forme développée. »

Le piège : Supposer a=1a=1 parce que l'énoncé ne le donne pas. Le aa se calcule toujours, et il vaut 11 dans moins d'un exercice sur cinq. L'autre piège est de réutiliser le sommet comme second point : l'équation devient 0=00=0 et n'apprend rien.

Barème : 1 point la forme adaptée à la donnée, 1 point la substitution du second point, 1 point la valeur de aa et la règle finale.

Vérifier avant de rendre

Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.

L'exercice type décortiqué

Le plongeon depuis une falaise : les cinq gestes du chapitre en un seul problème

Un plongeur s'élance depuis une falaise. Sa hauteur au-dessus de l'eau, en mètres, tt secondes après l'élan, est donnée par h(t)=5t2+10t+15h(t)=-5t^{2}+10t+15.

a) Écrire hh sous forme canonique. b) Quelle est la hauteur maximale atteinte, et à quel instant ? c) À quel instant le plongeur touche-t-il l'eau ? d) Pendant combien de temps se trouve-t-il au-dessus du niveau de la falaise ?

Étape 1

a=5a=-5, b=10b=10, c=15c=15. Comme a<0a<0, la parabole est ouverte vers le bas : la fonction admet donc un MAXIMUM, et la question b) a bien un sens. On note aussi h(0)=15h(0)=15 : la falaise mesure 1515 m.

Pourquoi

Cette ligne coûte dix secondes et sécurise tout le reste. Le signe de aa garantit qu'un maximum existe, et le cc lu directement donne la hauteur de départ, qui servira à la question d) sans nouveau calcul.

Étape 2

h(t)=5(t22t)+15=5[(t1)21]+15=5(t1)2+5+15=5(t1)2+20h(t)=-5(t^{2}-2t)+15=-5[(t-1)^{2}-1]+15=-5(t-1)^{2}+5+15=-5(t-1)^{2}+20.

Pourquoi

Le sommet ne se lit dans aucune autre forme, il faut donc passer par la canonique. Le geste décisif est le 1-1 qui sort de la parenthèse : multiplié par 5-5, il devient +5+5, et non 1-1. Une erreur ici décale toute la hauteur maximale.

Étape 3

Le sommet est (1;20)(1;20) : la hauteur maximale est de 2020 mètres, atteinte 11 seconde après l'élan.

Pourquoi

La lecture du sommet demande le signe opposé à celui de la parenthèse pour hh, mais la valeur telle quelle pour kk. Et une réponse de problème concret se rédige avec ses unités : « 2020 » seul ne vaut pas le point.

Étape 4

Toucher l'eau signifie h(t)=0h(t)=0 : 5t2+10t+15=0-5t^{2}+10t+15=0, soit t22t3=0t^{2}-2t-3=0 après division par 5-5, donc (t3)(t+1)=0(t-3)(t+1)=0 et t=3t=3 ou t=1t=-1. Le temps ne peut pas être négatif, donc t=3t=3.

Pourquoi

On divise par 5-5 toute l'équation, ce qui est licite car le second membre est nul, et la factorisation devient immédiate. Le rejet de t=1t=-1 doit être ÉCRIT avec sa raison : c'est le point de rédaction qui distingue une copie de problème d'une copie de calcul.

Étape 5

« Au-dessus de la falaise » signifie h(t)>15h(t)>15 : 5t2+10t+15>15-5t^{2}+10t+15>15, donc 5t2+10t>0-5t^{2}+10t>0, donc 5t(t2)>0-5t(t-2)>0. Les zéros sont 00 et 22, et a=5<0a=-5<0 : le trinôme est positif ENTRE les racines. Donc t]0;2[t\in\,]0;2[.

Pourquoi

Ici on ne divise surtout pas par tt, on factorise : la racine t=0t=0 est justement une des deux bornes de la réponse. Et c'est le signe négatif de aa qui renverse la règle habituelle et donne un intervalle borné au lieu de deux demi-droites.

Étape 6

Vérification : h(0)=15h(0)=15 retrouve bien le cc de départ; h(1)=5+10+15=20h(1)=-5+10+15=20 confirme le sommet; h(3)=45+30+15=0h(3)=-45+30+15=0 confirme l'entrée dans l'eau; enfin somme des racines 3+(1)=2=1053+(-1)=2=\frac{-10}{-5} et produit 3×(1)=3=1553\times(-1)=-3=\frac{15}{-5}.

Pourquoi

Quatre contrôles indépendants en moins de trente secondes, sans refaire un seul calcul. Le test en x=0x=0 valide la complétion du carré, les relations entre coefficients et racines valident la factorisation.

Conclusion rédigée

« Sous forme canonique, h(t)=5(t1)2+20h(t)=-5(t-1)^{2}+20. Le plongeur atteint une hauteur maximale de 2020 mètres, 11 seconde après son élan. Il touche l'eau à t=3t=3 secondes, la solution t=1t=-1 étant rejetée car un temps ne peut pas être négatif. Enfin il se trouve au-dessus du niveau de la falaise pour t]0;2[t\in\,]0;2[, soit pendant 22 secondes. »

L'erreur classique sur cet exercice : À la question d), diviser 5t2+10t>0-5t^{2}+10t>0 par tt pour obtenir 5t+10>0-5t+10>0, puis t<2t<2. La réponse perd la borne t=0t=0 et accepte tous les temps négatifs, ce qui n'a aucun sens dans le contexte. Le second travers classique est d'écrire 5(t1)21+15=5(t1)2+14-5(t-1)^{2}-1+15=-5(t-1)^{2}+14 à l'étape 2, en oubliant de multiplier le 1-1 par 5-5 : la hauteur maximale annoncée devient 1414 m, et les questions c) et d) s'effondrent avec elle.

À savoir par cœur

  • Sommet : h=b2ah=\frac{-b}{2a}, puis k=f(h)k=f(h) en remplaçant. Jamais une autre formule.
  • Dans a(xh)2+ka(x-h)^{2}+k, l'abscisse du sommet est du signe OPPOSÉ à celui écrit dans la parenthèse; l'ordonnée kk se lit telle quelle.
  • Complétion du carré : ce qui sort de la parenthèse est MULTIPLIÉ par aa.
  • Δ=b24ac\Delta=b^{2}-4ac avec bb mis entre parenthèses : deux racines si Δ>0\Delta>0, une racine double si Δ=0\Delta=0, aucune racine réelle si Δ<0\Delta<0.
  • Le trinôme est du signe de aa À L'EXTÉRIEUR des racines, du signe opposé ENTRE les racines.
  • Si Δ<0\Delta<0, l'ensemble solution d'une inéquation est R\mathbb{R} ou l'ensemble vide, jamais un intervalle borné.
  • Somme des racines =ba=\frac{-b}{a}, produit =ca=\frac{c}{a}. Le moins est dans la somme, pas dans le produit.
  • a>0a>0 : ouverte vers le haut, il y a un minimum. a<0a<0 : ouverte vers le bas, il y a un maximum.
  • On ne divise jamais une équation par xx : on factorise par xx, sinon la racine x=0x=0 disparaît.

Questions fréquentes

Comment trouver le sommet d'une parabole en secondaire 5 ?

Deux gestes, jamais un seul. L'abscisse du sommet vaut moins b sur 2a, puis on remplace cette valeur dans la fonction pour obtenir l'ordonnée. Si la règle est déjà sous forme canonique, le sommet se lit directement, mais l'abscisse est du signe opposé à celui écrit dans la parenthèse : dans 2(x - 3) au carré + 5, le sommet est (3, 5).

Quelle est la différence entre la forme canonique et la forme factorisée ?

Les deux décrivent la même parabole, mais elles ne livrent pas la même information. La forme canonique donne le sommet, donc le maximum ou le minimum. La forme factorisée donne les zéros, donc les points où la courbe coupe l'axe des x. On choisit la forme selon ce que l'énoncé demande, et on ne lit jamais un zéro dans une forme canonique.

Comment résoudre une inéquation du second degré ?

On ramène tout d'un même côté pour comparer le trinôme à zéro, on cherche ses zéros, puis on conclut par le signe : le trinôme est du signe de a à l'extérieur des racines et du signe opposé entre les racines. La réponse est un intervalle ou une réunion d'intervalles, jamais les deux racines rendues telles quelles.

Que faire quand le discriminant est négatif ?

Un discriminant négatif signifie qu'il n'y a aucune racine réelle, donc que la parabole ne coupe jamais l'axe des x. Le trinôme garde alors le signe de a partout. Pour une équation, on conclut à l'absence de solution réelle. Pour une inéquation, l'ensemble solution est soit tous les nombres réels, soit l'ensemble vide, jamais un intervalle borné.

Comment faire une complétion du carré sans se tromper ?

On met a en facteur dans les termes en x au carré et en x, on complète le carré à l'intérieur de la parenthèse, puis on ressort le terme ajouté en le multipliant par a. C'est cette multiplication qui saute le plus souvent. Contrôle en trois secondes : la forme canonique obtenue doit redonner la même ordonnée à l'origine que la règle de départ.

Passer à la pratique

Exercices corrigés : Les fonctions quadratiques

Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.

  • 15 exercices corrigés
  • 150 points
  • 225 minutes
Faire les exercices
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Ce chapitre resservira dans

Les chapitres qui le réclament en amont, plus tard dans l'année ou dans les années suivantes.

Voir aussi

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Contactez-moi pour une première séance. On reprend les gestes qui coûtent des points à l'examen, de la complétion du carré jusqu'à la rédaction d'une inéquation du second degré, puis on les met à l'épreuve sur des exercices du niveau réel des évaluations.

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