Algèbre linéaire 201-SN4-RE (ancien 201-NYC) / Maths 105 • Complément québécois de Première et cégep à Montréal

Exercices corrigés : les transformations linéaires du plan (201-SN4-RE, ancien 201-NYC / Maths 105)

Voici la série d'exercices corrigés d'algèbre linéaire et géométrie vectorielle (cours 201-SN4-RE, ancien 201-NYC, aussi appelé Maths 105 selon le programme visé) sur les transformations linéaires du plan, et de l'espace en fin de série. La partie A couvre les matrices de rotation, de réflexion, d'homothétie et de projection orthogonale (exercices 1 et 2), la composition et sa non-commutativité (exercice 3), la matrice retrouvée à partir des images de la base, le déterminant comme facteur d'aire (exercice 4) et le cisaillement (exercice 5). La partie B monte au niveau examen : linéarité, matrices orthogonales et projections idempotentes (exercice 6), une similitude directe reliée aux nombres complexes (exercice 7), la réflexion par rapport à une droite quelconque (exercice 8), la matrice tirée de vecteurs non canoniques (exercice 9) et les propriétés préservées (exercice 10). La partie C reprend les classiques : transformations de l'espace en matrices 3×33\times 3, l'ellipse image d'un cercle, l'inverse d'une composée, l'ombre portée comme projection oblique et la reconnaissance d'une matrice (exercices 11 à 15).

L'exercice 0.1 ouvre la série par dix calculs directs, comme dans les listes des manuels : l'image d'un point par chaque transformation usuelle, puis par une composée dont l'ordre décide de tout, un facteur d'aire et un antécédent par la matrice inverse.

C'est le chapitre où l'algèbre linéaire redevient de la géométrie. Une matrice 2×22\times 2 cesse d'être un tableau de nombres pour devenir une action sur le plan : elle tourne, elle réfléchit, elle agrandit, elle aplatit. Et le déterminant, calculé mécaniquement depuis des semaines, prend enfin son sens : c'est le facteur par lequel les aires sont multipliées, et son signe dit si l'orientation est conservée.

Le réflexe central du chapitre tient en une phrase : les colonnes de la matrice sont les images des vecteurs de la base canonique. Si vous savez où partent (1; 0)(1;\ 0) et (0; 1)(0;\ 1), vous connaissez la matrice, et réciproquement. Les pièges traités dans les corrigés : l'ordre du produit dans une composée et l'inverse qui renverse cet ordre (exercices 3 et 13), et la croyance qu'une transformation linéaire conserve toujours les distances (exercice 10).

Cette série existe aussi en anglais →

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Ce chapitre fait partie de Algèbre linéaire et géométrie vectorielle 201-SN4-RE (ancien 201-NYC)
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (6 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1 Équations et inéquations du premier degré Secondaire 3
  2. 2 Systèmes d'équations : comparaison et graphique Secondaire 3
  3. 3 La factorisation et les expressions rationnelles Secondaire 4
  4. 4 Les équations et les inéquations Secondaire 4
  5. 5 Les systèmes d'équations Secondaire 4
  6. 6 Matrices, systèmes et déterminants

Rappel de cours

  • • Transformation linéaire : une application T:R2→R2T:\mathbb{R}^{2}\to\mathbb{R}^{2} est linéaire si T(u⃗+v⃗)=T(u⃗)+T(v⃗)T(\vec{u}+\vec{v})=T(\vec{u})+T(\vec{v}) et T(ku⃗)=k T(u⃗)T(k\vec{u})=k\,T(\vec{u}) pour tous vecteurs et tout scalaire. Toute transformation linéaire du plan s'écrit T(v⃗)=Av⃗T(\vec{v})=A\vec{v} pour une unique matrice AA d'ordre 22.
  • • Lecture des colonnes : la première colonne de AA est T(1; 0)T(1;\ 0) et la deuxième est T(0; 1)T(0;\ 1). C'est la clé pour construire une matrice à partir d'une description géométrique, et pour retrouver la géométrie à partir d'une matrice.
  • • Rotation d'angle θ\theta autour de l'origine : Rθ=(cos⁡θ−sin⁡θsin⁡θcos⁡θ)R_{\theta}=\begin{pmatrix} \cos\theta & -\sin\theta \\ \sin\theta & \cos\theta \end{pmatrix}. Son déterminant vaut 11.
  • • Réflexion par rapport à l'axe des xx : (100−1)\begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 0 & -1 \end{pmatrix}. Par rapport à l'axe des yy : (−1001)\begin{pmatrix} -1 & 0 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}. Par rapport à la droite y=xy=x : (0110)\begin{pmatrix} 0 & 1 \\ 1 & 0 \end{pmatrix}. Toutes ont un déterminant égal à −1-1.
  • • Homothétie de rapport kk centrée à l'origine : (k00k)\begin{pmatrix} k & 0 \\ 0 & k \end{pmatrix}, de déterminant k2k^{2}. Projection orthogonale sur l'axe des xx : (1000)\begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 0 & 0 \end{pmatrix}, de déterminant 00.
  • • Composition : la matrice de T2∘T1T_{2}\circ T_{1} est le PRODUIT A2A1A_{2}A_{1}, dans cet ordre. La transformation appliquée en premier se place à droite, car c'est elle qui rencontre le vecteur en premier dans le produit A2(A1v⃗)A_{2}(A_{1}\vec{v}).
  • • Déterminant et aire : si une figure d'aire A\mathcal{A} est transformée par TT de matrice AA, l'image a pour aire ∣det⁡(A)∣×A|\det(A)|\times\mathcal{A}. Un déterminant négatif signale un renversement d'orientation, un déterminant nul un aplatissement de la figure sur une droite.

Calculs : les images à calculer

Exercice 0.1 : Calculer l'image d'un point par une transformation : dix calculs directs

Pour chaque ligne, écrivez la matrice de la transformation, toujours centrée à l'origine, puis calculez ce qui est demandé : les deux coordonnées de l'image (au centième si elles sont irrationnelles), le facteur d'aire ou l'antécédent. Les rotations se font dans le sens antihoraire, sauf mention contraire.

Une seule méthode pour les dix lignes : les colonnes de la matrice sont les images de (1; 0)(1;\ 0) et de (0; 1)(0;\ 1), qu'on écrit en premier. On multiplie ensuite la matrice par le point écrit en colonne, ligne par colonne. Pour une composée, la matrice de la transformation appliquée EN PREMIER se place à DROITE du produit ; pour un antécédent, on applique la matrice inverse ; pour un facteur d'aire, on prend la valeur absolue du déterminant.

  • a) L'image du point (−4; 6)(-4;\ 6) par l'homothétie de rapport 52\frac{5}{2}.
  • b) L'image du point (−7; 4)(-7;\ 4) par la réflexion d'axe des yy.
  • c) L'image du point (6; −1)(6;\ -1) par la rotation de 180∘180^{\circ}.
  • d) L'image du point (5; 2)(5;\ 2) par la réflexion d'axe y=−xy=-x.
  • e) L'image du point (−3; 8)(-3;\ 8) par la projection orthogonale sur l'axe des yy.
  • f) L'image du point (2; −5)(2;\ -5) par le cisaillement vertical de facteur 33, qui envoie (1; 0)(1;\ 0) sur (1; 3)(1;\ 3) et laisse (0; 1)(0;\ 1) fixe.
  • g) L'image du point (4; 2)(4;\ 2) par la rotation de 30∘30^{\circ}, en valeur exacte puis au centième.
  • h) L'image du point (2; 1)(2;\ 1) par la transformation qui applique d'abord la rotation de 90∘90^{\circ} dans le sens HORAIRE, puis le cisaillement de matrice (1−101)\begin{pmatrix} 1 & -1 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}.
  • i) Le facteur par lequel la transformation de matrice (3−24−5)\begin{pmatrix} 3 & -2 \\ 4 & -5 \end{pmatrix} multiplie les aires.
  • j) L'antécédent du point (4; 7)(4;\ 7) par la transformation de matrice (2153)\begin{pmatrix} 2 & 1 \\ 5 & 3 \end{pmatrix}.

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a)
b)
c)
d)
e)
f)
g)
h)
i)
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Réponses

  • a) (520052)\begin{pmatrix} \frac{5}{2} & 0 \\ 0 & \frac{5}{2} \end{pmatrix} ; image (−10; 15)(-10;\ 15)
  • b) (−1001)\begin{pmatrix} -1 & 0 \\ 0 & 1 \end{pmatrix} ; image (7; 4)(7;\ 4)
  • c) (−100−1)\begin{pmatrix} -1 & 0 \\ 0 & -1 \end{pmatrix} ; image (−6; 1)(-6;\ 1)
  • d) (0−1−10)\begin{pmatrix} 0 & -1 \\ -1 & 0 \end{pmatrix} ; image (−2; −5)(-2;\ -5)
  • e) (0001)\begin{pmatrix} 0 & 0 \\ 0 & 1 \end{pmatrix} ; image (0; 8)(0;\ 8)
  • f) (1031)\begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 3 & 1 \end{pmatrix} ; image (2; 1)(2;\ 1)
  • g) image (23−1; 2+3)≈(2,46; 3,73)(2\sqrt{3}-1;\ 2+\sqrt{3})\approx(2{,}46;\ 3{,}73)
  • h) T=(11−10)T=\begin{pmatrix} 1 & 1 \\ -1 & 0 \end{pmatrix} ; image (3; −2)(3;\ -2)
  • i) det⁡=−7\det=-7 ; facteur d'aire 77
  • j) A−1=(3−1−52)A^{-1}=\begin{pmatrix} 3 & -1 \\ -5 & 2 \end{pmatrix} ; antécédent (5; −6)(5;\ -6)

Le geste qui décide de tout : écrire la matrice par ses COLONNES, c'est-à-dire chercher où partent (1; 0)(1;\ 0) et (0; 1)(0;\ 1), au lieu de la réciter de mémoire. Toutes les erreurs de signe de cette liste viennent d'une matrice récitée ; aucune ne survit au dessin des deux vecteurs de base.

a)

H=(520052)H=\begin{pmatrix} \frac{5}{2} & 0 \\ 0 & \frac{5}{2} \end{pmatrix}, donc l'image est 52(−4; 6)=(−10; 15)\frac{5}{2}(-4;\ 6)=(-10;\ 15). Chaque coordonnée est multipliée par le rapport.

b)

(1; 0)(1;\ 0) part en (−1; 0)(-1;\ 0) et (0; 1)(0;\ 1) reste fixe : Sy=(−1001)S_{y}=\begin{pmatrix} -1 & 0 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}, et l'image est (7; 4)(7;\ 4). Piège : changer le signe de yy, ce qui est la réflexion d'axe des xx et donne (−7; −4)(-7;\ -4).

c)

R180=(−100−1)R_{180}=\begin{pmatrix} -1 & 0 \\ 0 & -1 \end{pmatrix}, puisque cos⁡180∘=−1\cos 180^{\circ}=-1 et sin⁡180∘=0\sin 180^{\circ}=0 : l'image est (−6; 1)(-6;\ 1), le symétrique par rapport à l'origine.

d)

(1; 0)(1;\ 0) part en (0; −1)(0;\ -1) et (0; 1)(0;\ 1) en (−1; 0)(-1;\ 0) : (0−1−10)\begin{pmatrix} 0 & -1 \\ -1 & 0 \end{pmatrix}. L'image de (5; 2)(5;\ 2) est (−2; −5)(-2;\ -5) : on échange les coordonnées ET on change les deux signes. Piège : échanger sans changer les signes, ce qui donne (2; 5)(2;\ 5), l'image par la réflexion d'axe y=xy=x.

e)

(1; 0)(1;\ 0) part en (0; 0)(0;\ 0) et (0; 1)(0;\ 1) reste fixe : Qy=(0001)Q_{y}=\begin{pmatrix} 0 & 0 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}, donc l'image est (0; 8)(0;\ 8). Piège : garder l'abscisse, (−3; 0)(-3;\ 0), qui est la projection sur l'axe des xx.

f)

Les colonnes sont (1; 3)(1;\ 3) et (0; 1)(0;\ 1) : (1031)\begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 3 & 1 \end{pmatrix}. L'image est (2; 3×2+(−5))=(2; 1)(2;\ 3\times 2+(-5))=(2;\ 1) : l'abscisse ne bouge pas, l'ordonnée glisse de 3x3x. Piège : écrire le cisaillement horizontal (1301)\begin{pmatrix} 1 & 3 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}, qui donne (−13; −5)(-13;\ -5).

g)

R30=(32−121232)R_{30}=\begin{pmatrix} \frac{\sqrt{3}}{2} & -\frac{1}{2} \\ \frac{1}{2} & \frac{\sqrt{3}}{2} \end{pmatrix}, donc x′=4⋅32−2⋅12=23−1≈2,46x'=4\cdot\frac{\sqrt{3}}{2}-2\cdot\frac{1}{2}=2\sqrt{3}-1\approx 2{,}46 et y′=4⋅12+2⋅32=2+3≈3,73y'=4\cdot\frac{1}{2}+2\cdot\frac{\sqrt{3}}{2}=2+\sqrt{3}\approx 3{,}73. Piège : placer le −sin⁡-\sin en bas à gauche, ce qui tourne de 30∘30^{\circ} dans le sens horaire.

h)

La rotation horaire de 90∘90^{\circ} envoie (1; 0)(1;\ 0) sur (0; −1)(0;\ -1) et (0; 1)(0;\ 1) sur (1; 0)(1;\ 0) : R=(01−10)R=\begin{pmatrix} 0 & 1 \\ -1 & 0 \end{pmatrix}. Appliquée en premier, elle se place à droite : T=CR=(1−101)(01−10)=(11−10)T=CR=\begin{pmatrix} 1 & -1 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}\begin{pmatrix} 0 & 1 \\ -1 & 0 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 1 & 1 \\ -1 & 0 \end{pmatrix}. L'image de (2; 1)(2;\ 1) est (3; −2)(3;\ -2) ; pas à pas, R(2; 1)=(1; −2)R(2;\ 1)=(1;\ -2) puis C(1; −2)=(3; −2)C(1;\ -2)=(3;\ -2). Piège : le produit RCRC, qui applique le cisaillement d'abord et donne (1; −1)(1;\ -1).

i)

det⁡(3−24−5)=3×(−5)−(−2)×4=−15+8=−7\det\begin{pmatrix} 3 & -2 \\ 4 & -5 \end{pmatrix}=3\times(-5)-(-2)\times 4=-15+8=-7. Les aires sont multipliées par ∣det⁡∣=7|\det|=7 ; le signe moins dit seulement que l'orientation est renversée. Piège : répondre −7-7, une aire n'est jamais négative.

j)

det⁡A=2×3−1×5=1\det A=2\times 3-1\times 5=1, donc A−1=(3−1−52)A^{-1}=\begin{pmatrix} 3 & -1 \\ -5 & 2 \end{pmatrix} : on échange la diagonale, on change le signe des deux autres coefficients, on divise par le déterminant. L'antécédent est A−1(4; 7)=(12−7; −20+14)=(5; −6)A^{-1}(4;\ 7)=(12-7;\ -20+14)=(5;\ -6), et l'on vérifie A(5; −6)=(10−6; 25−18)=(4; 7)A(5;\ -6)=(10-6;\ 25-18)=(4;\ 7). Piège : appliquer AA au lieu de A−1A^{-1}, ce qui donne l'image (15; 41)(15;\ 41) et non l'antécédent.

Contrôle : pour chaque ligne, on refait le calcul sur un dessin. Une réflexion garde la distance à l'origine, une rotation aussi (42+22=20\sqrt{4^{2}+2^{2}}=\sqrt{20} et (23−1)2+(2+3)2=20(2\sqrt{3}-1)^{2}+(2+\sqrt{3})^{2}=20 en g), une projection l'écrase sur son axe, et un antécédent, une fois transformé, redonne le point de départ.

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Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Matrices des transformations géométriques usuelles

Toutes les transformations de cet exercice sont centrées à l'origine. On note P(3; 2)P(3;\ 2) le point dont on suivra l'image tout au long.

−3−2−112345678910−11234567P
  • a) Donnez la matrice RR de la rotation de 90∘90^{\circ} dans le sens antihoraire, puis l'image de PP.
  • b) Donnez la matrice SS de la réflexion par rapport à la droite y=xy=x, puis l'image de PP.
  • c) Donnez la matrice HH de l'homothétie de rapport 33, puis l'image de PP.
  • d) Donnez la matrice QQ de la projection orthogonale sur l'axe des xx, puis l'image de PP. Calculez les quatre déterminants et dites ce que chacun révèle.

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a)
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Réponses

  • a) R=(0−110)R=\begin{pmatrix}0&-1\\1&0\end{pmatrix} ; (−2; 3)(-2;\ 3)
  • b) S=(0110)S=\begin{pmatrix}0&1\\1&0\end{pmatrix} ; (2; 3)(2;\ 3)
  • c) H=3IH=3I ; (9; 6)(9;\ 6)
  • d) QQ : (3;0)(3;0) ; déterminants 11, −1-1, 99, 00
a)

On applique la formule RθR_{\theta} avec θ=90∘\theta=90^{\circ}, donc cos⁡90∘=0\cos 90^{\circ}=0 et sin⁡90∘=1\sin 90^{\circ}=1 : R=(0−110)R=\begin{pmatrix} 0 & -1 \\ 1 & 0 \end{pmatrix}. Image de PP : R(32)=((0)(3)+(−1)(2)(1)(3)+(0)(2))=(−23)R\begin{pmatrix} 3 \\ 2 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} (0)(3)+(-1)(2) \\ (1)(3)+(0)(2) \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} -2 \\ 3 \end{pmatrix}. Contrôle visuel : le point était dans le premier quadrant, il passe dans le deuxième, ce qui est bien l'effet d'un quart de tour antihoraire.

b)

La réflexion par rapport à y=xy=x échange les deux coordonnées, donc S=(0110)S=\begin{pmatrix} 0 & 1 \\ 1 & 0 \end{pmatrix}. Image de PP : (2; 3)(2;\ 3). On peut retrouver la matrice par les colonnes : (1; 0)(1;\ 0) se réfléchit en (0; 1)(0;\ 1), ce qui donne la première colonne, et (0; 1)(0;\ 1) se réfléchit en (1; 0)(1;\ 0), ce qui donne la seconde.

c)

H=(3003)H=\begin{pmatrix} 3 & 0 \\ 0 & 3 \end{pmatrix}, et l'image de PP est (9; 6)(9;\ 6). Une homothétie centrée à l'origine se lit directement : chaque coordonnée est multipliée par le rapport.

d)

La projection sur l'axe des xx conserve l'abscisse et annule l'ordonnée, donc Q=(1000)Q=\begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 0 & 0 \end{pmatrix}, et l'image de PP est (3; 0)(3;\ 0).

Les déterminants : det⁡(R)=(0)(0)−(−1)(1)=1\det(R)=(0)(0)-(-1)(1)=1, det⁡(S)=(0)(0)−(1)(1)=−1\det(S)=(0)(0)-(1)(1)=-1, det⁡(H)=(3)(3)−0=9\det(H)=(3)(3)-0=9 et det⁡(Q)=(1)(0)−0=0\det(Q)=(1)(0)-0=0.

Lecture de chacun. det⁡(R)=1\det(R)=1 : la rotation conserve les aires et l'orientation, comme on l'attend d'un mouvement rigide. det⁡(S)=−1\det(S)=-1 : la réflexion conserve les aires en valeur absolue mais renverse l'orientation, un triangle parcouru dans le sens antihoraire l'est dans le sens horaire après réflexion. det⁡(H)=9=32\det(H)=9=3^{2} : les aires sont multipliées par 99, et non par 33, car l'agrandissement agit dans les deux directions à la fois. det⁡(Q)=0\det(Q)=0 : la projection écrase le plan entier sur une droite, toute aire devient nulle, et la transformation n'est donc pas inversible puisqu'on ne peut pas remonter d'un point de l'axe vers son antécédent.

−3−2−112345678910−11234567PR(P)S(P)H(P)Q(P)

Exercice 2 : Rotation de 60 degrés et puissances d'une matrice

On note R60R_{60} la matrice de la rotation de 60∘60^{\circ} dans le sens antihoraire autour de l'origine. On rappelle que cos⁡60∘=12\cos 60^{\circ}=\dfrac{1}{2} et sin⁡60∘=32\sin 60^{\circ}=\dfrac{\sqrt{3}}{2}.

La flèche bleue indique le sens de la rotation.

−3−2−1123−1123A60°
  • a) Écrivez la matrice R60R_{60}.
  • b) Déterminez l'image du point A(2; 0)A(2;\ 0), et vérifiez que la distance à l'origine est conservée.
  • c) Calculez R602R_{60}^{2} et identifiez géométriquement la transformation obtenue.
  • d) Sans calculer le produit, que vaut R606R_{60}^{6} ? Justifiez géométriquement, puis donnez det⁡(R606)\det(R_{60}^{6}).

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a)
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Réponses

  • a) R60=(12−323212)R_{60}=\begin{pmatrix}\frac12&-\frac{\sqrt3}{2}\\\frac{\sqrt3}{2}&\frac12\end{pmatrix}
  • b) (1; 3)(1;\ \sqrt3), distance 2
  • c) Rotation de 120∘120^\circ
  • d) R606=IR_{60}^6=I, déterminant 1
a)

R60=(cos⁡60∘−sin⁡60∘sin⁡60∘cos⁡60∘)=(12−323212)R_{60}=\begin{pmatrix} \cos 60^{\circ} & -\sin 60^{\circ} \\ \sin 60^{\circ} & \cos 60^{\circ} \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} \dfrac{1}{2} & -\dfrac{\sqrt{3}}{2} \\[4pt] \dfrac{\sqrt{3}}{2} & \dfrac{1}{2} \end{pmatrix}.

b)

R60(20)=(12(2)−32(0)32(2)+12(0))=(13)R_{60}\begin{pmatrix} 2 \\ 0 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} \dfrac{1}{2}(2)-\dfrac{\sqrt{3}}{2}(0) \\[4pt] \dfrac{\sqrt{3}}{2}(2)+\dfrac{1}{2}(0) \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 1 \\ \sqrt{3} \end{pmatrix}. L'image est A′(1; 3)A'(1;\ \sqrt{3}), dont la distance à l'origine vaut 1+3=2\sqrt{1+3}=2, exactement celle de AA. Une rotation conserve les longueurs, ce contrôle doit devenir un réflexe de vérification.

c)

R602=(12−323212)(12−323212)R_{60}^{2}=\begin{pmatrix} \dfrac{1}{2} & -\dfrac{\sqrt{3}}{2} \\[4pt] \dfrac{\sqrt{3}}{2} & \dfrac{1}{2} \end{pmatrix}\begin{pmatrix} \dfrac{1}{2} & -\dfrac{\sqrt{3}}{2} \\[4pt] \dfrac{\sqrt{3}}{2} & \dfrac{1}{2} \end{pmatrix}. Coefficient en haut à gauche : 14−34=−12\dfrac{1}{4}-\dfrac{3}{4}=-\dfrac{1}{2}. En haut à droite : −34−34=−32-\dfrac{\sqrt{3}}{4}-\dfrac{\sqrt{3}}{4}=-\dfrac{\sqrt{3}}{2}. En bas à gauche : 34+34=32\dfrac{\sqrt{3}}{4}+\dfrac{\sqrt{3}}{4}=\dfrac{\sqrt{3}}{2}. En bas à droite : −34+14=−12-\dfrac{3}{4}+\dfrac{1}{4}=-\dfrac{1}{2}.

Donc R602=(−12−3232−12)R_{60}^{2}=\begin{pmatrix} -\dfrac{1}{2} & -\dfrac{\sqrt{3}}{2} \\[4pt] \dfrac{\sqrt{3}}{2} & -\dfrac{1}{2} \end{pmatrix}. On reconnaît RθR_{\theta} avec cos⁡θ=−12\cos\theta=-\dfrac{1}{2} et sin⁡θ=32\sin\theta=\dfrac{\sqrt{3}}{2}, soit θ=120∘\theta=120^{\circ}. Appliquer deux fois une rotation de 60∘60^{\circ} donne une rotation de 120∘120^{\circ} : les angles s'additionnent quand les matrices se multiplient.

d)

Six rotations de 60∘60^{\circ} font 360∘360^{\circ}, soit un tour complet, qui ramène chaque point à sa position initiale. Donc R606=I=(1001)R_{60}^{6}=I=\begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}, sans aucun calcul matriciel. Par conséquent det⁡(R606)=det⁡(I)=1\det(R_{60}^{6})=\det(I)=1, ce qui est cohérent avec (det⁡R60)6=16=1\big(\det R_{60}\big)^{6}=1^{6}=1.

Retenez le mécanisme : RαRβ=Rα+βR_{\alpha}R_{\beta}=R_{\alpha+\beta}. Il transforme un calcul de puissance de matrice en une simple addition d'angles, et c'est très exactement ce que la formule de De Moivre fait avec les nombres complexes. Les deux chapitres décrivent le même phénomène dans deux langages.

Exercice 3 : Composition de transformations et non-commutativité

On note SS la réflexion par rapport à l'axe des xx, de matrice (100−1)\begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 0 & -1 \end{pmatrix}, et RR la rotation de 90∘90^{\circ} antihoraire, de matrice (0−110)\begin{pmatrix} 0 & -1 \\ 1 & 0 \end{pmatrix}.

  • a) Calculez la matrice de R∘SR\circ S, c'est-à-dire la transformation qui applique d'abord SS puis RR. Identifiez géométriquement le résultat.
  • b) Calculez la matrice de S∘RS\circ R et identifiez-la également.
  • c) Comparez a) et b). Que peut-on en conclure ? Illustrez sur le point P(1; 0)P(1;\ 0).
  • d) Calculez les déterminants de RR, SS, R∘SR\circ S et S∘RS\circ R, et vérifiez la cohérence avec la propriété det⁡(AB)=det⁡(A)det⁡(B)\det(AB)=\det(A)\det(B).

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a)
b)
c)
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Réponses

  • a) RSRS : réflexion d'axe y=xy=x
  • b) SRSR : réflexion d'axe y=−xy=-x
  • c) RS≠SRRS\neq SR ; (0;1)(0;1) contre (0;−1)(0;-1)
  • d) Tous les déterminants valent ±1\pm 1 comme prévu
a)

Appliquer SS puis RR correspond au produit RSRS, la matrice de la première transformation appliquée se plaçant à DROITE. RS=(0−110)(100−1)=((0)(1)+(−1)(0)(0)(0)+(−1)(−1)(1)(1)+(0)(0)(1)(0)+(0)(−1))=(0110)RS=\begin{pmatrix} 0 & -1 \\ 1 & 0 \end{pmatrix}\begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 0 & -1 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} (0)(1)+(-1)(0) & (0)(0)+(-1)(-1) \\ (1)(1)+(0)(0) & (1)(0)+(0)(-1) \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 0 & 1 \\ 1 & 0 \end{pmatrix}. C'est la matrice de la réflexion par rapport à la droite y=xy=x.

b)

Appliquer RR puis SS correspond au produit SR=(100−1)(0−110)=((1)(0)+(0)(1)(1)(−1)+(0)(0)(0)(0)+(−1)(1)(0)(−1)+(−1)(0))=(0−1−10)SR=\begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 0 & -1 \end{pmatrix}\begin{pmatrix} 0 & -1 \\ 1 & 0 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} (1)(0)+(0)(1) & (1)(-1)+(0)(0) \\ (0)(0)+(-1)(1) & (0)(-1)+(-1)(0) \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 0 & -1 \\ -1 & 0 \end{pmatrix}. C'est la matrice de la réflexion par rapport à la droite y=−xy=-x.

c)

Les deux résultats diffèrent : RS≠SRRS\neq SR. La composition de transformations n'est donc PAS commutative, ce qui reflète la non-commutativité du produit matriciel. L'ordre dans lequel on enchaîne les transformations change le résultat géométrique.

Illustration sur P(1; 0)P(1;\ 0). Par R∘SR\circ S : la réflexion laisse PP inchangé puisqu'il est sur l'axe des xx, puis la rotation l'envoie sur (0; 1)(0;\ 1). Par S∘RS\circ R : la rotation envoie PP sur (0; 1)(0;\ 1), puis la réflexion par rapport à l'axe des xx l'envoie sur (0; −1)(0;\ -1). Les images sont (0; 1)(0;\ 1) et (0; −1)(0;\ -1), deux points distincts, à partir du même point de départ et des deux mêmes transformations. C'est la démonstration concrète que l'ordre compte.

d)

det⁡(R)=1\det(R)=1, det⁡(S)=−1\det(S)=-1, det⁡(RS)=(0)(0)−(1)(1)=−1\det(RS)=(0)(0)-(1)(1)=-1 et det⁡(SR)=(0)(0)−(−1)(−1)=−1\det(SR)=(0)(0)-(-1)(-1)=-1. La propriété est bien vérifiée dans les deux sens : det⁡(R)det⁡(S)=(1)(−1)=−1=det⁡(RS)\det(R)\det(S)=(1)(-1)=-1=\det(RS) et de même pour SRSR.

Notez ce que cela révèle : le déterminant du produit ne dépend pas de l'ordre des facteurs, alors que le produit lui-même en dépend. Le déterminant ne voit que l'effet sur les aires et l'orientation, il ne distingue pas deux réflexions selon des axes différents. Deux transformations peuvent avoir le même déterminant sans être la même transformation, et c'est précisément le cas ici.

départS, puis R : RSR, puis S : SRRS ≠ SR

Exercice 4 : Retrouver la matrice, image d'une figure et facteur d'aire

Une transformation linéaire TT du plan est définie par ses effets sur les vecteurs de la base canonique : T(1; 0)=(3; 1)T(1;\ 0)=(3;\ 1) et T(0; 1)=(−1; 2)T(0;\ 1)=(-1;\ 2).

−3−2−112345−1123T(1 ; 0) = (3 ; 1)T(0 ; 1) = (−1 ; 2)
  • a) Déterminez la matrice AA de TT.
  • b) Déterminez l'image du vecteur (4; −2)(4;\ -2).
  • c) Le triangle de sommets (0; 0)(0;\ 0), (1; 0)(1;\ 0) et (0; 1)(0;\ 1) a pour aire 12\dfrac{1}{2}. Déterminez l'aire de son image par TT.
  • d) La transformation TT est-elle inversible ? Si oui, déterminez A−1A^{-1} et l'antécédent du point (7; 7)(7;\ 7).

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) A=(3−112)A=\begin{pmatrix}3&-1\\1&2\end{pmatrix}
  • b) (14; 0)(14;\ 0)
  • c) det⁡A=7\det A=7 : aire 3,53{,}5
  • d) A−1=17(21−13)A^{-1}=\frac17\begin{pmatrix}2&1\\-1&3\end{pmatrix} ; (3; 2)(3;\ 2)
a)

Les colonnes de la matrice sont les images des vecteurs de la base canonique, dans l'ordre. La première colonne est donc T(1; 0)=(3; 1)T(1;\ 0)=(3;\ 1) et la seconde T(0; 1)=(−1; 2)T(0;\ 1)=(-1;\ 2), ce qui donne A=(3−112)A=\begin{pmatrix} 3 & -1 \\ 1 & 2 \end{pmatrix}. Attention à ne pas écrire les images en LIGNES : c'est l'erreur la plus fréquente, et elle produit la transposée, donc une transformation différente.

b)

A(4−2)=((3)(4)+(−1)(−2)(1)(4)+(2)(−2))=(12+24−4)=(140)A\begin{pmatrix} 4 \\ -2 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} (3)(4)+(-1)(-2) \\ (1)(4)+(2)(-2) \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 12+2 \\ 4-4 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 14 \\ 0 \end{pmatrix}. On peut vérifier autrement, par linéarité : T(4; −2)=4 T(1; 0)−2 T(0; 1)=4(3; 1)−2(−1; 2)=(12+2; 4−4)=(14; 0)T(4;\ -2)=4\,T(1;\ 0)-2\,T(0;\ 1)=4(3;\ 1)-2(-1;\ 2)=(12+2;\ 4-4)=(14;\ 0). Les deux chemins donnent le même résultat, et le second illustre directement ce que veut dire linéaire.

c)

det⁡(A)=(3)(2)−(−1)(1)=6+1=7\det(A)=(3)(2)-(-1)(1)=6+1=7. L'aire de l'image vaut ∣det⁡(A)∣|\det(A)| fois l'aire de départ, soit 7×12=72=3,57\times\dfrac{1}{2}=\dfrac{7}{2}=3{,}5 unités d'aire. Le déterminant étant positif, l'orientation du triangle est conservée.

d)

det⁡(A)=7≠0\det(A)=7\neq 0, donc TT est inversible. Pour une matrice 2×22\times 2, A−1=1det⁡(A)(d−b−ca)=17(21−13)A^{-1}=\dfrac{1}{\det(A)}\begin{pmatrix} d & -b \\ -c & a \end{pmatrix}=\dfrac{1}{7}\begin{pmatrix} 2 & 1 \\ -1 & 3 \end{pmatrix}.

Antécédent de (7; 7)(7;\ 7) : A−1(77)=17((2)(7)+(1)(7)(−1)(7)+(3)(7))=17(2114)=(32)A^{-1}\begin{pmatrix} 7 \\ 7 \end{pmatrix}=\dfrac{1}{7}\begin{pmatrix} (2)(7)+(1)(7) \\ (-1)(7)+(3)(7) \end{pmatrix}=\dfrac{1}{7}\begin{pmatrix} 21 \\ 14 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 3 \\ 2 \end{pmatrix}. Vérification directe : T(3; 2)=(9−2; 3+4)=(7; 7)T(3;\ 2)=(9-2;\ 3+4)=(7;\ 7), conforme.

Une remarque qui vaut pour tout le chapitre : l'aire de l'image du triangle est aussi celle du triangle construit sur les deux vecteurs colonnes (3; 1)(3;\ 1) et (−1; 2)(-1;\ 2), dont l'aire vaut 12∣det⁡(A)∣=72\dfrac{1}{2}|\det(A)|=\dfrac{7}{2}. Le déterminant n'est pas seulement un facteur multiplicatif abstrait, il EST l'aire du parallélogramme image du carré unité.

−3−2−112345−2−1123T(1 ; 0) = (3 ; 1)T(0 ; 1) = (−1 ; 2)aire 7/2

Exercice 5 : Le cisaillement : une transformation qui préserve l'aire sans être une rotation

On considère la transformation TT de matrice A=(1201)A=\begin{pmatrix} 1 & 2 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}, appelée cisaillement (ou transvection) horizontal. Elle glisse les points d'autant plus loin qu'ils sont hauts.

−11234−2−112
  • a) Déterminez les images des quatre sommets du carré unité (0; 0)(0;\ 0), (1; 0)(1;\ 0), (1; 1)(1;\ 1), (0; 1)(0;\ 1), et décrivez la figure obtenue.
  • b) Calculez det⁡(A)\det(A) et déduisez-en l'aire de l'image du carré unité.
  • c) Le cisaillement conserve-t-il les longueurs ? Comparez ∥(0; 1)∥\|(0;\ 1)\| à la norme de son image, et concluez.
  • d) Déterminez tous les points laissés fixes par TT. Que représente géométriquement cet ensemble ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Parallélogramme (0;0)(0;0), (1;0)(1;0), (3;1)(3;1), (2;1)(2;1)
  • b) det⁡=1\det=1 : aire 1
  • c) 5≠1\sqrt5\neq 1 : longueurs non conservées
  • d) L'axe des xx
a)

T(0; 0)=(0; 0)T(0;\ 0)=(0;\ 0); T(1; 0)=(1; 0)T(1;\ 0)=(1;\ 0); T(1; 1)=(1+2; 1)=(3; 1)T(1;\ 1)=(1+2;\ 1)=(3;\ 1); T(0; 1)=(2; 1)T(0;\ 1)=(2;\ 1). L'image du carré unité est le parallélogramme de sommets (0; 0)(0;\ 0), (1; 0)(1;\ 0), (3; 1)(3;\ 1), (2; 1)(2;\ 1). La base sur l'axe des xx n'a pas bougé, mais le côté supérieur a glissé de deux unités vers la droite : le carré est devenu un parallélogramme penché.

b)

det⁡(A)=(1)(1)−(2)(0)=1\det(A)=(1)(1)-(2)(0)=1. L'aire de l'image vaut ∣det⁡(A)∣×1=1|\det(A)|\times 1=1 : le cisaillement CONSERVE l'aire, exactement comme une rotation. La base et la hauteur du parallélogramme sont inchangées (11 et 11), donc son aire reste 11, même si sa forme a changé du tout au tout.

c)

Non. On a ∥(0; 1)∥=1\|(0;\ 1)\|=1, tandis que son image (2; 1)(2;\ 1) a pour norme 22+12=5≈2,24\sqrt{2^{2}+1^{2}}=\sqrt{5}\approx 2{,}24. Les longueurs ne sont donc pas conservées : le cisaillement n'est PAS une isométrie, ce n'est ni une rotation ni une réflexion. C'est l'enseignement central de l'exercice : un déterminant égal à 11 garantit la conservation des aires, mais NON celle des longueurs. Seules les matrices orthogonales conservent les distances, et le cisaillement n'en est pas une.

d)

Un point (x; y)(x;\ y) est fixe si T(x; y)=(x; y)T(x;\ y)=(x;\ y), soit (x+2y; y)=(x; y)(x+2y;\ y)=(x;\ y). La deuxième coordonnée est automatiquement satisfaite, et la première donne x+2y=xx+2y=x, donc 2y=02y=0, soit y=0y=0. Les points fixes sont exactement ceux de la forme (x; 0)(x;\ 0) : c'est l'axe des xx tout entier. Géométriquement, le cisaillement laisse sa droite de base immobile point par point et fait glisser tout le reste du plan parallèlement à elle, d'un décalage proportionnel à la hauteur.

−11234−2−112(3 ; 1)(2 ; 1)aire conservée : 1

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : Démonstrations : linéarité, matrices orthogonales et projections

Cet exercice porte sur les propriétés structurelles des transformations. Les calculs numériques y servent uniquement de vérification.

  • a) Soit AA une matrice 2×22\times 2 et T(v⃗)=Av⃗T(\vec{v})=A\vec{v}. Démontrez que TT est linéaire.
  • b) Démontrez que la translation f(x; y)=(x+1; y)f(x;\ y)=(x+1;\ y) n'est PAS une transformation linéaire. Donnez le critère le plus rapide.
  • c) Démontrez que la matrice de rotation RθR_{\theta} vérifie RθTRθ=IR_{\theta}^{T}R_{\theta}=I, et déduisez-en que la rotation conserve les normes.
  • d) Une matrice PP est dite idempotente si P2=PP^{2}=P. Vérifiez que la projection orthogonale sur l'axe des xx est idempotente, et interprétez géométriquement cette propriété.

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b)
d)
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Réponses

  • a) Distributivité et scalaires
  • b) f(0;0)=(1;0)≠(0;0)f(0;0)=(1;0)\neq(0;0)
  • c) RθTRθ=IR_\theta^TR_\theta=I : normes conservées
  • d) P2=PP^2=P : projeter deux fois ne change rien
a)

Il faut établir les deux propriétés de la définition, et elles découlent toutes deux des règles du calcul matriciel. Additivité : T(u⃗+v⃗)=A(u⃗+v⃗)=Au⃗+Av⃗=T(u⃗)+T(v⃗)T(\vec{u}+\vec{v})=A(\vec{u}+\vec{v})=A\vec{u}+A\vec{v}=T(\vec{u})+T(\vec{v}), par distributivité du produit matriciel sur l'addition. Homogénéité : T(ku⃗)=A(ku⃗)=k(Au⃗)=k T(u⃗)T(k\vec{u})=A(k\vec{u})=k(A\vec{u})=k\,T(\vec{u}), car un scalaire se déplace librement dans un produit matriciel. Les deux conditions sont vérifiées, donc TT est linéaire.

b)

Le critère le plus rapide est celui de l'origine : toute transformation linéaire vérifie T(0⃗)=0⃗T(\vec{0})=\vec{0}, puisque T(0⃗)=T(0⋅0⃗)=0⋅T(0⃗)=0⃗T(\vec{0})=T(0\cdot\vec{0})=0\cdot T(\vec{0})=\vec{0}. Or ici f(0; 0)=(1; 0)≠(0; 0)f(0;\ 0)=(1;\ 0)\neq(0;\ 0). L'origine est déplacée, donc ff n'est pas linéaire. Une seule ligne suffit.

On peut aussi le voir sur l'additivité : f(1; 0)+f(1; 0)=(2; 0)+(2; 0)=(4; 0)f(1;\ 0)+f(1;\ 0)=(2;\ 0)+(2;\ 0)=(4;\ 0), alors que f((1; 0)+(1; 0))=f(2; 0)=(3; 0)f\big((1;\ 0)+(1;\ 0)\big)=f(2;\ 0)=(3;\ 0). Les deux résultats diffèrent. Retenez la leçon générale : une translation, aussi simple soit-elle géométriquement, n'est jamais linéaire. C'est pourquoi les rotations et réflexions de ce chapitre sont toutes centrées à l'origine.

c)

Rθ=(cos⁡θ−sin⁡θsin⁡θcos⁡θ)R_{\theta}=\begin{pmatrix} \cos\theta & -\sin\theta \\ \sin\theta & \cos\theta \end{pmatrix}, donc RθT=(cos⁡θsin⁡θ−sin⁡θcos⁡θ)R_{\theta}^{T}=\begin{pmatrix} \cos\theta & \sin\theta \\ -\sin\theta & \cos\theta \end{pmatrix}. Le produit RθTRθR_{\theta}^{T}R_{\theta} a pour coefficient en haut à gauche cos⁡2θ+sin⁡2θ=1\cos^{2}\theta+\sin^{2}\theta=1, en haut à droite −cos⁡θsin⁡θ+sin⁡θcos⁡θ=0-\cos\theta\sin\theta+\sin\theta\cos\theta=0, en bas à gauche −sin⁡θcos⁡θ+cos⁡θsin⁡θ=0-\sin\theta\cos\theta+\cos\theta\sin\theta=0, et en bas à droite sin⁡2θ+cos⁡2θ=1\sin^{2}\theta+\cos^{2}\theta=1. Donc RθTRθ=IR_{\theta}^{T}R_{\theta}=I : la matrice est orthogonale, et Rθ−1=RθTR_{\theta}^{-1}=R_{\theta}^{T}.

Conservation des normes : ∥Rθv⃗∥2=(Rθv⃗)⋅(Rθv⃗)=(Rθv⃗)T(Rθv⃗)=v⃗TRθTRθv⃗=v⃗TIv⃗=v⃗Tv⃗=∥v⃗∥2\|R_{\theta}\vec{v}\|^{2}=(R_{\theta}\vec{v})\cdot(R_{\theta}\vec{v})=(R_{\theta}\vec{v})^{T}(R_{\theta}\vec{v})=\vec{v}^{T}R_{\theta}^{T}R_{\theta}\vec{v}=\vec{v}^{T}I\vec{v}=\vec{v}^{T}\vec{v}=\|\vec{v}\|^{2}. Les normes étant positives, ∥Rθv⃗∥=∥v⃗∥\|R_{\theta}\vec{v}\|=\|\vec{v}\|. La rotation conserve donc les longueurs, et par différence de vecteurs, elle conserve aussi les distances entre points : c'est une isométrie. Le fait que Rθ−1=RθTR_{\theta}^{-1}=R_{\theta}^{T} a une lecture géométrique limpide : l'inverse d'une rotation de θ\theta est la rotation de −θ-\theta, et remplacer θ\theta par −θ-\theta change le signe des sinus seulement, ce qui est exactement l'effet de la transposition ici.

d)

P=(1000)P=\begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 0 & 0 \end{pmatrix}, donc P2=(1000)(1000)=(1000)=PP^{2}=\begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 0 & 0 \end{pmatrix}\begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 0 & 0 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 0 & 0 \end{pmatrix}=P. La matrice est bien idempotente.

Interprétation géométrique : projeter un point sur l'axe des xx l'amène sur cet axe ; le projeter une deuxième fois ne le déplace plus, puisqu'il y est déjà. Répéter l'opération ne change rien, ce que l'algèbre traduit par P2=PP^{2}=P. Remarquez la conséquence : une matrice idempotente non identité ne peut pas être inversible. En effet, si PP était inversible, on pourrait multiplier P2=PP^{2}=P par P−1P^{-1} et obtenir P=IP=I. Comme P≠IP\neq I ici, PP n'est pas inversible, ce que confirme det⁡(P)=0\det(P)=0. L'information perdue lors de la projection, l'ordonnée, ne peut être reconstituée.

Exercice 7 : Problème : une similitude directe, du carré unité à l'inverse

On considère la transformation TT du plan obtenue en appliquant d'abord la rotation de 45∘45^{\circ} antihoraire autour de l'origine, puis l'homothétie de rapport 2\sqrt{2} centrée à l'origine.

On rappelle que cos⁡45∘=sin⁡45∘=22\cos 45^{\circ}=\sin 45^{\circ}=\dfrac{\sqrt{2}}{2}.

−2−112−1123
  • a) Montrez que la matrice de TT est A=(1−111)A=\begin{pmatrix} 1 & -1 \\ 1 & 1 \end{pmatrix}.
  • b) Calculez det⁡(A)\det(A) et déduisez-en le facteur par lequel les aires sont multipliées.
  • c) Déterminez les images des quatre sommets du carré unité (0; 0)(0;\ 0), (1; 0)(1;\ 0), (1; 1)(1;\ 1), (0; 1)(0;\ 1). Vérifiez que l'image est un carré et calculez son aire de deux façons.
  • d) Calculez A2A^{2} et identifiez géométriquement la transformation T∘TT\circ T.
  • e) Déterminez A−1A^{-1} et l'antécédent du point (3; 5)(3;\ 5).
  • f) Vérifiez que TT agit sur le point (x; y)(x;\ y) exactement comme la multiplication du nombre complexe x+iyx+iy par 1+i1+i. Que valent le module et l'argument de 1+i1+i, et que retrouve-t-on ?

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b)
c)
d)
e)
f)
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Réponses

  • a) A=2 R45=(1−111)A=\sqrt2\,R_{45}=\begin{pmatrix}1&-1\\1&1\end{pmatrix}
  • b) det⁡A=2\det A=2
  • c) Carré (0;0)(0;0), (1;1)(1;1), (0;2)(0;2), (−1;1)(-1;1) : aire 2
  • d) A2=2R90A^2=2R_{90}
  • e) (4; 1)(4;\ 1)
  • f) Module 2\sqrt2, argument 45∘45^\circ
a)

La matrice de la rotation de 45∘45^{\circ} est R=(22−222222)R=\begin{pmatrix} \dfrac{\sqrt{2}}{2} & -\dfrac{\sqrt{2}}{2} \\[4pt] \dfrac{\sqrt{2}}{2} & \dfrac{\sqrt{2}}{2} \end{pmatrix} et celle de l'homothétie est H=2 IH=\sqrt{2}\,I. La rotation étant appliquée en premier, elle se place à droite : A=HR=2(22−222222)=(22−222222)=(1−111)A=HR=\sqrt{2}\begin{pmatrix} \dfrac{\sqrt{2}}{2} & -\dfrac{\sqrt{2}}{2} \\[4pt] \dfrac{\sqrt{2}}{2} & \dfrac{\sqrt{2}}{2} \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} \dfrac{2}{2} & -\dfrac{2}{2} \\[4pt] \dfrac{2}{2} & \dfrac{2}{2} \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 1 & -1 \\ 1 & 1 \end{pmatrix}.

Ici l'ordre n'aurait rien changé, car une homothétie centrée à l'origine commute avec toute matrice : c'est un multiple de l'identité. C'est une exception, pas la règle, et il ne faut surtout pas en tirer une habitude.

b)

det⁡(A)=(1)(1)−(−1)(1)=1+1=2\det(A)=(1)(1)-(-1)(1)=1+1=2. Les aires sont donc multipliées par ∣det⁡(A)∣=2|\det(A)|=2. Cohérence avec la construction : la rotation ne change pas les aires, et l'homothétie de rapport 2\sqrt{2} les multiplie par (2)2=2(\sqrt{2})^{2}=2. Les deux raisonnements concordent.

c)

T(0; 0)=(0; 0)T(0;\ 0)=(0;\ 0), T(1; 0)=(1; 1)T(1;\ 0)=(1;\ 1), T(1; 1)=(1−1; 1+1)=(0; 2)T(1;\ 1)=(1-1;\ 1+1)=(0;\ 2) et T(0; 1)=(−1; 1)T(0;\ 1)=(-1;\ 1). L'image du carré unité est donc le quadrilatère de sommets (0; 0)(0;\ 0), (1; 1)(1;\ 1), (0; 2)(0;\ 2) et (−1; 1)(-1;\ 1).

C'est bien un carré : les quatre côtés ont pour longueur 12+12=2\sqrt{1^{2}+1^{2}}=\sqrt{2}, et deux côtés consécutifs issus de l'origine, (1; 1)(1;\ 1) et (−1; 1)(-1;\ 1), ont un produit scalaire de (1)(−1)+(1)(1)=0(1)(-1)+(1)(1)=0, donc ils sont perpendiculaires. Le carré unité, tourné de 45∘45^{\circ} et agrandi d'un facteur 2\sqrt{2}, reste un carré.

Aire, première méthode : côté 2\sqrt{2}, donc aire =(2)2=2=(\sqrt{2})^{2}=2 unités d'aire. Deuxième méthode : ∣det⁡(A)∣×1=2|\det(A)|\times 1=2 unités d'aire, puisque le carré unité a une aire de 11. Les deux valeurs coïncident.

d)

A2=(1−111)(1−111)=(1−1−1−11+1−1+1)=(0−220)A^{2}=\begin{pmatrix} 1 & -1 \\ 1 & 1 \end{pmatrix}\begin{pmatrix} 1 & -1 \\ 1 & 1 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 1-1 & -1-1 \\ 1+1 & -1+1 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 0 & -2 \\ 2 & 0 \end{pmatrix}. On factorise : A2=2(0−110)A^{2}=2\begin{pmatrix} 0 & -1 \\ 1 & 0 \end{pmatrix}, c'est-à-dire l'homothétie de rapport 22 composée avec la rotation de 90∘90^{\circ}.

C'est exactement ce qu'on attendait : appliquer deux fois une rotation de 45∘45^{\circ} donne 90∘90^{\circ}, et appliquer deux fois une homothétie de rapport 2\sqrt{2} donne un rapport (2)2=2(\sqrt{2})^{2}=2. Les angles s'additionnent, les rapports se multiplient. Contrôle par le déterminant : det⁡(A2)=(det⁡A)2=4\det(A^{2})=\big(\det A\big)^{2}=4, et directement (0)(0)−(−2)(2)=4(0)(0)-(-2)(2)=4.

e)

Pour une matrice 2×22\times 2 : A−1=1det⁡(A)(11−11)=12(11−11)A^{-1}=\dfrac{1}{\det(A)}\begin{pmatrix} 1 & 1 \\ -1 & 1 \end{pmatrix}=\dfrac{1}{2}\begin{pmatrix} 1 & 1 \\ -1 & 1 \end{pmatrix}. Antécédent de (3; 5)(3;\ 5) : A−1(35)=12(3+5−3+5)=12(82)=(41)A^{-1}\begin{pmatrix} 3 \\ 5 \end{pmatrix}=\dfrac{1}{2}\begin{pmatrix} 3+5 \\ -3+5 \end{pmatrix}=\dfrac{1}{2}\begin{pmatrix} 8 \\ 2 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 4 \\ 1 \end{pmatrix}. Vérification : T(4; 1)=(4−1; 4+1)=(3; 5)T(4;\ 1)=(4-1;\ 4+1)=(3;\ 5), conforme.

Géométriquement, A−1A^{-1} est la rotation de −45∘-45^{\circ} suivie de l'homothétie de rapport 12\dfrac{1}{\sqrt{2}}, ce qui défait exactement TT.

f)

Calculons le produit complexe : (x+iy)(1+i)=x+ix+iy+i2y=x+ix+iy−y=(x−y)+i(x+y)(x+iy)(1+i)=x+ix+iy+i^{2}y=x+ix+iy-y=(x-y)+i(x+y). Ce nombre complexe a pour partie réelle x−yx-y et pour partie imaginaire x+yx+y. Or T(x; y)=A(xy)=(x−yx+y)T(x;\ y)=A\begin{pmatrix} x \\ y \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} x-y \\ x+y \end{pmatrix}. Les deux résultats sont identiques : multiplier par 1+i1+i dans le plan complexe, c'est appliquer TT dans le plan réel.

Le module de 1+i1+i vaut 12+12=2\sqrt{1^{2}+1^{2}}=\sqrt{2} et son argument vaut 45∘45^{\circ}, puisque le point (1; 1)(1;\ 1) est sur la bissectrice du premier quadrant. On retrouve exactement les deux paramètres de la construction de TT : le module donne le rapport de l'homothétie, l'argument donne l'angle de la rotation.

C'est le pont entre les deux derniers chapitres de la session. Multiplier par un complexe de module rr et d'argument θ\theta, c'est composer une rotation de θ\theta avec une homothétie de rapport rr, et la formule de De Moivre (r eiθ)n=rneinθ\big(r\,e^{i\theta}\big)^{n}=r^{n}e^{in\theta} n'est rien d'autre que la version complexe du calcul de AnA^{n} mené en d). Quand un problème d'examen demande une puissance élevée d'une matrice de similitude, passer par les complexes est souvent le chemin le plus court.

−2−112−1123(1 ; 1)(0 ; 2)(−1 ; 1)aire 2

Exercice 8 : Réflexions par rapport à une droite et composition de deux réflexions

La réflexion par rapport à la droite passant par l'origine et faisant un angle θ\theta avec l'axe des xx a pour matrice M(θ)=(cos⁡2θsin⁡2θsin⁡2θ−cos⁡2θ)M(\theta)=\begin{pmatrix} \cos 2\theta & \sin 2\theta \\ \sin 2\theta & -\cos 2\theta \end{pmatrix}.

−3−2−1123−3−2−1123axe de S₀axe de S₄₅45°
  • a) Retrouvez, à partir de cette formule, la matrice de la réflexion par rapport à l'axe des xx (θ=0\theta=0) et par rapport à la droite y=xy=x (θ=45∘\theta=45^{\circ}).
  • b) Montrez que toute matrice de réflexion vérifie det⁡(M)=−1\det(M)=-1 et M2=IM^{2}=I. Que signifie géométriquement la seconde égalité ?
  • c) On note S0S_{0} la réflexion par rapport à l'axe des xx et S45S_{45} la réflexion par rapport à y=xy=x. Calculez la matrice de S45∘S0S_{45}\circ S_{0} et identifiez la transformation obtenue.
  • d) Énoncez et justifiez la règle générale : la composée de deux réflexions d'axes faisant un angle α\alpha est une rotation d'angle 2α2\alpha. Vérifiez la cohérence des déterminants, puis donnez l'angle de la rotation obtenue quand les deux axes font un angle de 30∘30^{\circ}.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) (100−1)\begin{pmatrix}1&0\\0&-1\end{pmatrix} et (0110)\begin{pmatrix}0&1\\1&0\end{pmatrix}
  • b) det⁡=−1\det=-1, M2=IM^2=I : involution
  • c) Rotation de 90∘90^\circ
  • d) Rotation d'angle 2α2\alpha ; 60∘60^{\circ} pour des axes à 30∘30^{\circ}
a)

Pour θ=0\theta=0 : cos⁡0=1\cos 0=1 et sin⁡0=0\sin 0=0, donc M(0)=(100−1)M(0)=\begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 0 & -1 \end{pmatrix}, la réflexion par rapport à l'axe des xx. Pour θ=45∘\theta=45^{\circ} : 2θ=90∘2\theta=90^{\circ}, cos⁡90∘=0\cos 90^{\circ}=0 et sin⁡90∘=1\sin 90^{\circ}=1, donc M(45∘)=(0110)M(45^{\circ})=\begin{pmatrix} 0 & 1 \\ 1 & 0 \end{pmatrix}, la réflexion par rapport à y=xy=x qui échange les deux coordonnées. Les deux matrices connues sont bien des cas particuliers de la formule générale.

b)

det⁡(M)=(cos⁡2θ)(−cos⁡2θ)−(sin⁡2θ)(sin⁡2θ)=−cos⁡22θ−sin⁡22θ=−1\det(M)=(\cos 2\theta)(-\cos 2\theta)-(\sin 2\theta)(\sin 2\theta)=-\cos^{2}2\theta-\sin^{2}2\theta=-1, en utilisant l'identité fondamentale. Pour le carré : le coefficient en haut à gauche de M2M^{2} vaut cos⁡22θ+sin⁡22θ=1\cos^{2}2\theta+\sin^{2}2\theta=1, celui en haut à droite cos⁡2θsin⁡2θ−sin⁡2θcos⁡2θ=0\cos 2\theta\sin 2\theta-\sin 2\theta\cos 2\theta=0, et de même M2=IM^{2}=I. Géométriquement, M2=IM^{2}=I signifie qu'appliquer deux fois la même réflexion ramène chaque point à sa place : une réflexion est sa propre inverse, c'est une involution. Le déterminant −1-1 confirme que chaque réflexion renverse l'orientation.

c)

Appliquer S0S_{0} puis S45S_{45} correspond au produit S45S0=(0110)(100−1)=(0−110)S_{45}S_{0}=\begin{pmatrix} 0 & 1 \\ 1 & 0 \end{pmatrix}\begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 0 & -1 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 0 & -1 \\ 1 & 0 \end{pmatrix}. On reconnaît la matrice de la rotation de 90∘90^{\circ} antihoraire. Deux réflexions se sont composées en une rotation.

d)

Règle : la composée de deux réflexions d'axes passant par l'origine et faisant entre eux un angle α\alpha est la rotation d'angle 2α2\alpha (dans le sens qui va du premier axe vers le second). Justification par les matrices : M(β)M(α)M(\beta)M(\alpha) se calcule à l'aide des formules d'addition et donne exactement R2(β−α)R_{2(\beta-\alpha)}. Ici les axes sont l'axe des xx (θ=0\theta=0) et la droite y=xy=x (θ=45∘\theta=45^{\circ}), donc l'angle entre eux est 45∘45^{\circ}, et la composée est la rotation de 2×45∘=90∘2\times 45^{\circ}=90^{\circ}, ce que confirme le calcul de c). Cohérence des déterminants : chaque réflexion a un déterminant −1-1, leur produit a donc un déterminant (−1)(−1)=+1(-1)(-1)=+1, qui est bien celui d'une rotation. L'orientation, renversée deux fois, est finalement rétablie. Pour deux axes à 30∘30^{\circ} l'un de l'autre, la composée est la rotation de 2×30∘=60∘2\times 30^{\circ}=60^{\circ}.

v1re réflexion2e réflexionθ

Exercice 9 : Retrouver la matrice à partir de son action sur deux vecteurs quelconques

On sait qu'une transformation linéaire TT du plan vérifie T(1; 1)=(3; 1)T(1;\ 1)=(3;\ 1) et T(1; −1)=(1; 3)T(1;\ -1)=(1;\ 3). Les deux vecteurs de départ ne sont PAS ceux de la base canonique, il faut donc retrouver la matrice autrement que par simple lecture des colonnes.

En pointillé les vecteurs de départ, en trait plein leurs images.

−11234−2−11234(1 ; 1)T(1 ; 1)(1 ; −1)T(1 ; −1)
  • a) En posant A=(abcd)A=\begin{pmatrix} a & b \\ c & d \end{pmatrix}, traduisez les deux conditions en équations et déterminez AA.
  • b) Déduisez-en les images T(1; 0)T(1;\ 0) et T(0; 1)T(0;\ 1) des vecteurs de la base canonique.
  • c) Calculez det⁡(A)\det(A), dites si TT est inversible et par quel facteur elle multiplie les aires.
  • d) Déterminez A−1A^{-1}, puis l'antécédent du point (4; 0)(4;\ 0).

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a)
c)
d)
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Réponses

  • a) A=(212−1)A=\begin{pmatrix}2&1\\2&-1\end{pmatrix}
  • b) T(1;0)=(2;2)T(1;0)=(2;2), T(0;1)=(1;−1)T(0;1)=(1;-1)
  • c) det⁡=−4\det=-4 : inversible, aires ×4\times 4
  • d) (1; 2)(1;\ 2)
a)

La condition T(1; 1)=(3; 1)T(1;\ 1)=(3;\ 1) donne (a+bc+d)=(31)\begin{pmatrix} a+b \\ c+d \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 3 \\ 1 \end{pmatrix}, soit a+b=3a+b=3 et c+d=1c+d=1. La condition T(1; −1)=(1; 3)T(1;\ -1)=(1;\ 3) donne (a−bc−d)=(13)\begin{pmatrix} a-b \\ c-d \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 1 \\ 3 \end{pmatrix}, soit a−b=1a-b=1 et c−d=3c-d=3. En additionnant et soustrayant : a=2a=2, b=1b=1, puis c=2c=2, d=−1d=-1. Donc A=(212−1)A=\begin{pmatrix} 2 & 1 \\ 2 & -1 \end{pmatrix}. Vérification : A(1; 1)=(3; 1)A(1;\ 1)=(3;\ 1) et A(1; −1)=(1; 3)A(1;\ -1)=(1;\ 3) ✓.

b)

Les colonnes de AA sont précisément les images des vecteurs de la base canonique : T(1; 0)=(2; 2)T(1;\ 0)=(2;\ 2) (première colonne) et T(0; 1)=(1; −1)T(0;\ 1)=(1;\ -1) (deuxième colonne). Connaître l'action sur deux vecteurs indépendants suffit à connaître l'action sur toute la base, donc sur tout le plan : c'est une conséquence directe de la linéarité.

c)

det⁡(A)=(2)(−1)−(1)(2)=−2−2=−4\det(A)=(2)(-1)-(1)(2)=-2-2=-4. Il est non nul, donc TT est inversible. Les aires sont multipliées par ∣det⁡(A)∣=4|\det(A)|=4, et le signe négatif indique que TT renverse l'orientation du plan.

d)

A−1=1det⁡(A)(d−b−ca)=1−4(−1−1−22)=(141412−12)A^{-1}=\dfrac{1}{\det(A)}\begin{pmatrix} d & -b \\ -c & a \end{pmatrix}=\dfrac{1}{-4}\begin{pmatrix} -1 & -1 \\ -2 & 2 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} \frac{1}{4} & \frac{1}{4} \\ \frac{1}{2} & -\frac{1}{2} \end{pmatrix}. Antécédent de (4; 0)(4;\ 0) : A−1(40)=(14(4)12(4))=(12)A^{-1}\begin{pmatrix} 4 \\ 0 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} \frac{1}{4}(4) \\ \frac{1}{2}(4) \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 1 \\ 2 \end{pmatrix}. Vérification : T(1; 2)=(2+2; 2−2)=(4; 0)T(1;\ 2)=(2+2;\ 2-2)=(4;\ 0), conforme.

Exercice 10 : Démonstrations : composée, image d'une droite et conservation des milieux

Ces démonstrations n'utilisent que la définition de la linéarité. Elles expliquent pourquoi une transformation linéaire préserve la structure géométrique du plan.

  • a) Soient T1T_{1} et T2T_{2} deux transformations linéaires de matrices A1A_{1} et A2A_{2}. Démontrez que T2∘T1T_{2}\circ T_{1} est linéaire et que sa matrice est le produit A2A1A_{2}A_{1}.
  • b) Démontrez que l'image par une transformation linéaire TT d'une droite {P+tu⃗:t∈R}\{P+t\vec{u}:t\in\mathbb{R}\} est une droite (ou un point si T(u⃗)=0⃗T(\vec{u})=\vec{0}).
  • c) Démontrez que TT conserve les milieux : T ⁣(P+Q2)=T(P)+T(Q)2T\!\left(\dfrac{P+Q}{2}\right)=\dfrac{T(P)+T(Q)}{2}. Que peut-on en déduire pour l'image d'un parallélogramme ?
  • d) Vrai ou faux : toute transformation linéaire conserve les distances. Énoncez le critère correct et illustrez-le en comparant une rotation et le cisaillement (1101)\begin{pmatrix} 1 & 1 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}.

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d)
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Réponses

  • a) Matrice A2A1A_2A_1
  • b) T(P)+t T(u⃗)T(P)+t\,T(\vec u) : droite ou point
  • c) Milieux conservés : parallélogrammes conservés
  • d) Faux : il faut ATA=IA^TA=I ; 65≠5\sqrt{65}\neq 5
a)

Linéarité de la composée : pour tous u⃗,v⃗\vec{u},\vec{v} et tout scalaire kk, (T2∘T1)(u⃗+v⃗)=T2(T1(u⃗+v⃗))=T2(T1(u⃗)+T1(v⃗))=T2(T1u⃗)+T2(T1v⃗)(T_{2}\circ T_{1})(\vec{u}+\vec{v})=T_{2}\big(T_{1}(\vec{u}+\vec{v})\big)=T_{2}\big(T_{1}(\vec{u})+T_{1}(\vec{v})\big)=T_{2}(T_{1}\vec{u})+T_{2}(T_{1}\vec{v}), en appliquant successivement la linéarité de T1T_{1} puis celle de T2T_{2}; de même (T2∘T1)(ku⃗)=k (T2∘T1)(u⃗)(T_{2}\circ T_{1})(k\vec{u})=k\,(T_{2}\circ T_{1})(\vec{u}). La composée est donc linéaire. Sa matrice : (T2∘T1)(v⃗)=T2(A1v⃗)=A2(A1v⃗)=(A2A1)v⃗(T_{2}\circ T_{1})(\vec{v})=T_{2}(A_{1}\vec{v})=A_{2}(A_{1}\vec{v})=(A_{2}A_{1})\vec{v}, par associativité du produit matriciel. La matrice de la composée est donc A2A1A_{2}A_{1}, la transformation appliquée en premier étant à droite.

b)

Soit un point de la droite, P+tu⃗P+t\vec{u}. Son image est T(P+tu⃗)=T(P)+t T(u⃗)T(P+t\vec{u})=T(P)+t\,T(\vec{u}), par linéarité. Quand tt parcourt R\mathbb{R}, ce point décrit l'ensemble {T(P)+t T(u⃗):t∈R}\{T(P)+t\,T(\vec{u}):t\in\mathbb{R}\}. Si T(u⃗)≠0⃗T(\vec{u})\neq\vec{0}, c'est la droite passant par T(P)T(P) et de vecteur directeur T(u⃗)T(\vec{u}). Si T(u⃗)=0⃗T(\vec{u})=\vec{0}, tous les points ont la même image T(P)T(P) : la droite est écrasée sur un point. Dans tous les cas, l'image d'une droite est une droite ou un point, jamais une courbe : une transformation linéaire ne courbe pas les droites.

c)

T ⁣(P+Q2)=12T(P+Q)=12(T(P)+T(Q))=T(P)+T(Q)2T\!\left(\dfrac{P+Q}{2}\right)=\dfrac{1}{2}T(P+Q)=\dfrac{1}{2}\big(T(P)+T(Q)\big)=\dfrac{T(P)+T(Q)}{2}, en sortant le scalaire 12\tfrac{1}{2} puis en utilisant l'additivité. Le milieu de [PQ][PQ] a donc pour image le milieu de [T(P)T(Q)][T(P)T(Q)]. Conséquence : les diagonales d'un parallélogramme se coupant en leur milieu, cette propriété est préservée, donc l'image d'un parallélogramme est un parallélogramme (éventuellement aplati si la transformation est singulière). Plus généralement, TT préserve le parallélisme et les rapports le long d'une droite.

d)

FAUX en général. Le critère correct : une transformation linéaire conserve les distances si et seulement si sa matrice est ORTHOGONALE, c'est-à-dire vérifie ATA=IA^{T}A=I (rotations et réflexions). Une rotation d'angle θ\theta satisfait ce critère et conserve donc les longueurs, par exemple ∥(3; 4)∥=5\|(3;\ 4)\|=5 est préservé. Le cisaillement (1101)\begin{pmatrix} 1 & 1 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}, lui, ne conserve PAS les distances bien que son déterminant vaille 11 : l'image de (3; 4)(3;\ 4) est (7; 4)(7;\ 4), de norme 65≠5\sqrt{65}\neq 5. Déterminant égal à 11 et matrice orthogonale sont deux conditions différentes : la première conserve les aires, seule la seconde conserve les longueurs.

Partie C : les classiques (/50)

Exercice 11 : Trois transformations de l'espace

Dans l'espace, on considère la rotation RR de 90∘90^{\circ} autour de l'axe des zz, de matrice (0−10100001)\begin{pmatrix} 0 & -1 & 0 \\ 1 & 0 & 0 \\ 0 & 0 & 1 \end{pmatrix}, la projection orthogonale QQ sur le plan z=0z=0, de matrice (100010000)\begin{pmatrix} 1 & 0 & 0 \\ 0 & 1 & 0 \\ 0 & 0 & 0 \end{pmatrix}, et la réflexion SS par rapport au plan x=yx=y, de matrice (010100001)\begin{pmatrix} 0 & 1 & 0 \\ 1 & 0 & 0 \\ 0 & 0 & 1 \end{pmatrix}.

xyzOplan x = yP
  • a) Calculez les images du point P(1; 2; 3)P(1;\ 2;\ 3) par RR, QQ et SS.
  • b) Calculez les trois déterminants et interprétez-les en termes de volume.
  • c) Calculez la matrice de R∘SR\circ S et identifiez la transformation.
  • d) Quel est le plus petit entier k≥1k\geq 1 tel que Rk=IR^{k}=I ?
  • e) Quels sont les points laissés fixes par RR ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) (−2;1;3)(-2;1;3), (1;2;0)(1;2;0), (2;1;3)(2;1;3)
  • b) 11, 00, −1-1
  • c) Réflexion par rapport au plan x=0x=0
  • d) k=4k=4
  • e) L'axe des zz
a)

R(P)=(−2; 1; 3)R(P)=(-2;\ 1;\ 3) : le quart de tour agit dans le plan horizontal et laisse la cote. Q(P)=(1; 2; 0)Q(P)=(1;\ 2;\ 0) : la cote est annulée. S(P)=(2; 1; 3)S(P)=(2;\ 1;\ 3) : les deux premières coordonnées sont échangées.

b)

det⁡R=1\det R=1 : volumes et orientation conservés. det⁡Q=0\det Q=0 : l'espace est écrasé sur un plan, tout volume devient nul et QQ n'est pas inversible. det⁡S=−1\det S=-1 : volumes conservés, orientation renversée, comme pour une réflexion du plan.

c)

RS=(0−10100001)(010100001)=(−100010001)RS=\begin{pmatrix} 0 & -1 & 0 \\ 1 & 0 & 0 \\ 0 & 0 & 1 \end{pmatrix}\begin{pmatrix} 0 & 1 & 0 \\ 1 & 0 & 0 \\ 0 & 0 & 1 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} -1 & 0 & 0 \\ 0 & 1 & 0 \\ 0 & 0 & 1 \end{pmatrix} : c'est la réflexion par rapport au plan x=0x=0, qui change le signe de l'abscisse. Son déterminant, −1-1, est bien le produit 1×(−1)1\times(-1).

d)

Chaque application de RR tourne de 90∘90^{\circ} autour de l'axe des zz : il faut quatre quarts de tour pour revenir au départ, donc k=4k=4. En effet R2R^{2} est le demi-tour, de matrice diag(−1; −1; 1)\text{diag}(-1;\ -1;\ 1), différente de II.

e)

R(x; y; z)=(−y; x; z)=(x; y; z)R(x;\ y;\ z)=(-y;\ x;\ z)=(x;\ y;\ z) impose x=−yx=-y et y=xy=x, donc x=y=0x=y=0, zz quelconque : les points fixes forment l'axe des zz, l'axe de la rotation.

Le fil : en dimension 3, les colonnes de la matrice restent les images des vecteurs de base, et le déterminant mesure l'effet sur les volumes.

Exercice 12 : L'image d'un cercle : une ellipse

On considère la transformation TT de matrice A=(3002)A=\begin{pmatrix} 3 & 0 \\ 0 & 2 \end{pmatrix} et le cercle unité, formé des points (cos⁡t; sin⁡t)(\cos t;\ \sin t).

−4−3−2−11234−3−2−1123cercle unité
  • a) Déterminez l'image du point (cos⁡t; sin⁡t)(\cos t;\ \sin t) et l'équation de la courbe image.
  • b) Quels sont les demi-axes de cette courbe ?
  • c) L'aire d'une ellipse de demi-axes aa et bb vaut πab\pi ab. Calculez l'aire de l'image, au centième, et comparez-la à ∣det⁡A∣|\det A| fois l'aire du disque unité.
  • d) On applique maintenant le cisaillement (1101)\begin{pmatrix} 1 & 1 \\ 0 & 1 \end{pmatrix} au disque unité. Quelle est l'aire de l'image, au centième ?
  • e) L'image d'un cercle centré à l'origine par une rotation est-elle un cercle ?

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c)
d)
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Réponses

  • a) x29+y24=1\frac{x^2}{9}+\frac{y^2}{4}=1
  • b) 3 et 2
  • c) 6π≈18,85=∣det⁡A∣ π6\pi\approx 18{,}85=|\det A|\,\pi
  • d) π≈3,14\pi\approx 3{,}14
  • e) Oui
a)

T(cos⁡t; sin⁡t)=(3cos⁡t; 2sin⁡t)T(\cos t;\ \sin t)=(3\cos t;\ 2\sin t). Avec X=3cos⁡tX=3\cos t et Y=2sin⁡tY=2\sin t : X29+Y24=cos⁡2t+sin⁡2t=1\frac{X^{2}}{9}+\frac{Y^{2}}{4}=\cos^{2}t+\sin^{2}t=1. La courbe image est l'ellipse x29+y24=1\frac{x^{2}}{9}+\frac{y^{2}}{4}=1.

b)

Les demi-axes valent 33, selon l'axe des xx, et 22, selon l'axe des yy : ce sont les coefficients diagonaux, qui étirent chaque direction.

c)

π×3×2=6π≈18,85\pi\times 3\times 2=6\pi\approx 18{,}85. Le disque unité a pour aire π\pi, et ∣det⁡A∣=6|\det A|=6 : on retrouve 6π6\pi. Le facteur d'aire du déterminant vaut pour toute figure, pas seulement pour les polygones.

d)

Le cisaillement a pour déterminant 11 : l'image, une ellipse inclinée, a la même aire que le disque, π≈3,14\pi\approx 3{,}14, bien que sa forme soit très différente.

e)

Oui : une rotation conserve les distances à l'origine, donc chaque point du cercle reste à la même distance. Plus généralement, seules les transformations de matrice orthogonale envoient le cercle unité sur lui-même.

Le fil : une transformation linéaire envoie un cercle sur une ellipse, dont l'aire est multipliée par la valeur absolue du déterminant.

−4−3−2−11234−3−2−1123cercle unitéa = 3b = 2

Exercice 13 : Défaire une transformation composée

On note CC le cisaillement de matrice (1101)\begin{pmatrix} 1 & 1 \\ 0 & 1 \end{pmatrix} et RR la rotation de 90∘90^{\circ} antihoraire, de matrice (0−110)\begin{pmatrix} 0 & -1 \\ 1 & 0 \end{pmatrix}. La transformation TT applique d'abord CC, puis RR.

  • a) Calculez la matrice de TT.
  • b) Calculez l'image du point (2; 3)(2;\ 3) par TT.
  • c) Calculez det⁡T\det T et la matrice de T−1T^{-1}.
  • d) Calculez C−1R−1C^{-1}R^{-1} et R−1C−1R^{-1}C^{-1}. Lequel des deux produits est égal à T−1T^{-1} ? Expliquez.
  • e) Appliquez T−1T^{-1} au point obtenu en b).

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) T=(0−111)T=\begin{pmatrix}0&-1\\1&1\end{pmatrix}
  • b) (−3; 5)(-3;\ 5)
  • c) det⁡T=1\det T=1 ; T−1=(11−10)T^{-1}=\begin{pmatrix}1&1\\-1&0\end{pmatrix}
  • d) T−1=C−1R−1T^{-1}=C^{-1}R^{-1}
  • e) (2; 3)(2;\ 3)
a)

La première transformation se place à droite : T=RC=(0−110)(1101)=(0−111)T=RC=\begin{pmatrix} 0 & -1 \\ 1 & 0 \end{pmatrix}\begin{pmatrix} 1 & 1 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 0 & -1 \\ 1 & 1 \end{pmatrix}.

b)

T(23)=(−32+3)=(−35)T\begin{pmatrix} 2 \\ 3 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} -3 \\ 2+3 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} -3 \\ 5 \end{pmatrix}. En deux temps : C(2; 3)=(5; 3)C(2;\ 3)=(5;\ 3), puis R(5; 3)=(−3; 5)R(5;\ 3)=(-3;\ 5).

c)

det⁡T=0×1−(−1)×1=1\det T=0\times 1-(-1)\times 1=1, et T−1=(11−10)T^{-1}=\begin{pmatrix} 1 & 1 \\ -1 & 0 \end{pmatrix}.

d)

C−1=(1−101)C^{-1}=\begin{pmatrix} 1 & -1 \\ 0 & 1 \end{pmatrix} et R−1=(01−10)R^{-1}=\begin{pmatrix} 0 & 1 \\ -1 & 0 \end{pmatrix}. C−1R−1=(11−10)=T−1C^{-1}R^{-1}=\begin{pmatrix} 1 & 1 \\ -1 & 0 \end{pmatrix}=T^{-1}, tandis que R−1C−1=(01−11)R^{-1}C^{-1}=\begin{pmatrix} 0 & 1 \\ -1 & 1 \end{pmatrix} est différente. Pour défaire « CC puis RR », on défait d'abord RR, la dernière appliquée, puis CC : T−1=(RC)−1=C−1R−1T^{-1}=(RC)^{-1}=C^{-1}R^{-1}, comme on retire ses chaussures avant ses chaussettes.

e)

T−1(−35)=(−3+53)=(23)T^{-1}\begin{pmatrix} -3 \\ 5 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} -3+5 \\ 3 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 2 \\ 3 \end{pmatrix} : on retrouve le point de départ.

Le fil : l'inverse d'une composée défait les transformations dans l'ordre inverse de celui où elles ont été faites.

Exercice 14 : Problème : l'ombre portée, une projection oblique

Les rayons du Soleil arrivent selon la direction d⃗=(1; 1; −2)\vec{d}=(1;\ 1;\ -2) sur un sol horizontal, le plan z=0z=0. L'ombre d'un point M(x; y; z)M(x;\ y;\ z) est le point où la droite passant par MM et dirigée par d⃗\vec{d} rencontre le sol.

La flèche orange donne la direction des rayons du Soleil.

dO(0 ; 0 ; 4)sol z = 0
  • a) Un poteau vertical relie l'origine au point (0; 0; 4)(0;\ 0;\ 4). Déterminez l'ombre de son sommet et la longueur de l'ombre, au centième.
  • b) Montrez que l'ombre de M(x; y; z)M(x;\ y;\ z) est (x+z2; y+z2; 0)\left(x+\frac{z}{2};\ y+\frac{z}{2};\ 0\right) et écrivez la matrice Ω\Omega de cette transformation.
  • c) Vérifiez que Ω2=Ω\Omega^{2}=\Omega et interprétez.
  • d) Déterminez le noyau de Ω\Omega et son déterminant.
  • e) Cette transformation est-elle la projection orthogonale sur le sol ? Comparez avec l'ombre du même poteau à midi sous un Soleil vertical.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) (2; 2; 0)(2;\ 2;\ 0) ; longueur 22≈2,832\sqrt2\approx 2{,}83
  • b) Ω=(10120112000)\Omega=\begin{pmatrix}1&0&\frac12\\0&1&\frac12\\0&0&0\end{pmatrix}
  • c) Ω2=Ω\Omega^2=\Omega : projection
  • d) Noyau dirigé par d⃗\vec d ; det⁡Ω=0\det\Omega=0
  • e) Non : projection oblique
a)

Le point (t; t; 4−2t)(t;\ t;\ 4-2t) atteint le sol pour t=2t=2 : l'ombre du sommet est (2; 2; 0)(2;\ 2;\ 0), et l'ombre du poteau est le segment de l'origine à ce point, de longueur 22≈2,832\sqrt{2}\approx 2{,}83.

b)

M+td⃗=(x+t; y+t; z−2t)M+t\vec{d}=(x+t;\ y+t;\ z-2t) touche le sol quand t=z2t=\frac{z}{2}, d'où l'ombre (x+z2; y+z2; 0)\left(x+\frac{z}{2};\ y+\frac{z}{2};\ 0\right). Chaque coordonnée est une combinaison linéaire de xx, yy, zz : Ω=(10120112000)\Omega=\begin{pmatrix} 1 & 0 & \frac{1}{2} \\ 0 & 1 & \frac{1}{2} \\ 0 & 0 & 0 \end{pmatrix}.

c)

La première ligne de Ω2\Omega^{2} vaut (1; 0; 12+0)\left(1;\ 0;\ \frac{1}{2}+0\right), la deuxième (0; 1; 12)\left(0;\ 1;\ \frac{1}{2}\right) et la troisième est nulle : Ω2=Ω\Omega^{2}=\Omega. L'ombre d'une ombre est elle-même : un point déjà au sol ne bouge plus. C'est une projection.

d)

Ω(x; y; z)=0⃗\Omega(x;\ y;\ z)=\vec{0} impose x=−z2x=-\frac{z}{2} et y=−z2y=-\frac{z}{2} : le noyau est la droite dirigée par (−1; −1; 2)(-1;\ -1;\ 2), c'est-à-dire par d⃗\vec{d}. Les vecteurs parallèles aux rayons ont une ombre nulle. det⁡Ω=0\det\Omega=0, la troisième ligne étant nulle.

e)

Non : la projection orthogonale sur le sol a pour matrice diag(1; 1; 0)\text{diag}(1;\ 1;\ 0) et envoie (0; 0; 4)(0;\ 0;\ 4) à l'origine, une ombre de longueur nulle, celle d'un Soleil exactement vertical. Ici les rayons sont obliques, et Ω\Omega est une projection OBLIQUE : même image, le sol, mais un noyau incliné, la direction des rayons.

Le fil : une projection est caractérisée par P2=PP^{2}=P ; elle est définie par son image et par son noyau, la direction selon laquelle on projette.

Exercice 15 : Problème : reconnaître une matrice de transformation

On considère les matrices M1=(0,6−0,80,80,6)M_{1}=\begin{pmatrix} 0{,}6 & -0{,}8 \\ 0{,}8 & 0{,}6 \end{pmatrix}, M2=(0,80,60,6−0,8)M_{2}=\begin{pmatrix} 0{,}8 & 0{,}6 \\ 0{,}6 & -0{,}8 \end{pmatrix}, M3=(2−222)M_{3}=\begin{pmatrix} 2 & -2 \\ 2 & 2 \end{pmatrix} et M4=(1301)M_{4}=\begin{pmatrix} 1 & 3 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}. On rappelle qu'une matrice MM est orthogonale si MTM=IM^{T}M=I.

  • a) Parmi M1M_{1}, M2M_{2} et M4M_{4}, lesquelles sont orthogonales ?
  • b) Montrez que M1M_{1} est une rotation et donnez son angle, au centième de degré.
  • c) Calculez det⁡M2\det M_{2}. Montrez que M2M_{2} est une réflexion et donnez l'angle de son axe avec l'axe des xx, au centième de degré.
  • d) Écrivez M3M_{3} comme un multiple d'une matrice de rotation. Donnez le rapport, au centième, et l'angle.
  • e) Calculez det⁡M4\det M_{4}. De quelle transformation s'agit-il ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) M1M_1 et M2M_2 orthogonales, pas M4M_4
  • b) Rotation de 53,13∘53{,}13^\circ
  • c) det⁡=−1\det=-1 : réflexion, axe à 18,43∘18{,}43^\circ
  • d) Rapport 22≈2,832\sqrt2\approx 2{,}83, angle 45∘45^\circ
  • e) det⁡M4=1\det M_4=1 : cisaillement
a)

M1TM1M_{1}^{T}M_{1} : diagonale 0,36+0,64=10{,}36+0{,}64=1, hors diagonale −0,48+0,48=0-0{,}48+0{,}48=0, donc M1M_{1} est orthogonale. De même M2TM2=IM_{2}^{T}M_{2}=I. Pour M4M_{4}, la deuxième colonne (3; 1)(3;\ 1) a pour norme 10≠1\sqrt{10}\neq 1 : M4M_{4} n'est pas orthogonale.

b)

M1M_{1} est orthogonale de déterminant 0,36+0,64=10{,}36+0{,}64=1 : c'est une rotation, de la forme (cos⁡θ−sin⁡θsin⁡θcos⁡θ)\begin{pmatrix} \cos\theta & -\sin\theta \\ \sin\theta & \cos\theta \end{pmatrix} avec cos⁡θ=0,6\cos\theta=0{,}6 et sin⁡θ=0,8\sin\theta=0{,}8, donc θ≈53,13∘\theta\approx 53{,}13^{\circ}.

c)

det⁡M2=−0,64−0,36=−1\det M_{2}=-0{,}64-0{,}36=-1 : orthogonale de déterminant −1-1, c'est une réflexion, de la forme (cos⁡2θsin⁡2θsin⁡2θ−cos⁡2θ)\begin{pmatrix} \cos 2\theta & \sin 2\theta \\ \sin 2\theta & -\cos 2\theta \end{pmatrix}. cos⁡2θ=0,8\cos 2\theta=0{,}8 et sin⁡2θ=0,6\sin 2\theta=0{,}6 donnent 2θ≈36,87∘2\theta\approx 36{,}87^{\circ}, et l'axe fait un angle θ≈18,43∘\theta\approx 18{,}43^{\circ} avec l'axe des xx.

d)

M3=22(22−222222)M_{3}=2\sqrt{2}\begin{pmatrix} \frac{\sqrt{2}}{2} & -\frac{\sqrt{2}}{2} \\ \frac{\sqrt{2}}{2} & \frac{\sqrt{2}}{2} \end{pmatrix} : la rotation de 45∘45^{\circ} suivie de l'homothétie de rapport 22≈2,832\sqrt{2}\approx 2{,}83. Contrôle : det⁡M3=8=(22)2\det M_{3}=8=(2\sqrt{2})^{2}.

e)

det⁡M4=1\det M_{4}=1 : les aires sont conservées, mais la matrice n'est pas orthogonale, donc les longueurs ne le sont pas. C'est le cisaillement horizontal qui fait glisser chaque point de 33 fois sa hauteur.

Le fil : orthogonale de déterminant 11, c'est une rotation ; de déterminant −1-1, une réflexion ; un multiple de rotation est une similitude ; un déterminant 11 sans orthogonalité ne conserve que les aires.

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© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/nyc-transformations-lineaires. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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