Algèbre linéaire 201-NYC / Maths 105 • Complément québécois de Première et cégep à Montréal
Exercices corrigés : les transformations linéaires du plan (201-NYC / Maths 105)
Voici la série d'exercices corrigés d'algèbre linéaire et géométrie vectorielle (cours 201-NYC, aussi appelé Maths 105 selon le programme visé) sur les transformations linéaires du plan. La partie A couvre les bases : matrices des transformations géométriques usuelles, image d'un point, composition de deux transformations et non-commutativité, déterminant et effet sur les aires, recherche de la matrice à partir des images des vecteurs de la base, et le cisaillement qui préserve l'aire sans être une isométrie. La partie B monte au niveau examen : démonstration de la linéarité, contre-exemple de la translation, matrices orthogonales et conservation des distances, projections vérifiant P2=P, un problème complet sur une transformation composée, la réflexion par rapport à une droite quelconque et la composée de deux réflexions, la matrice retrouvée à partir de vecteurs non canoniques, et les propriétés géométriques préservées par une transformation linéaire.
C'est le chapitre où l'algèbre linéaire redevient de la géométrie. Une matrice 2×2 cesse d'être un tableau de nombres pour devenir une action sur le plan : elle tourne, elle réfléchit, elle agrandit, elle aplatit. Et le déterminant, calculé mécaniquement depuis des semaines, prend enfin son sens : c'est le facteur par lequel les aires sont multipliées, et son signe dit si l'orientation est conservée.
Le réflexe central du chapitre tient en une phrase : les colonnes de la matrice sont les images des vecteurs de la base canonique. Si vous savez où partent (1;0) et (0;1), vous connaissez la matrice, et réciproquement. La plupart des questions de ce chapitre se résolvent en revenant à cette seule idée.
Série autocorrigéeTape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.
•Transformation linéaire : une application T:R2→R2 est linéaire si T(u+v)=T(u)+T(v) et T(ku)=kT(u) pour tous vecteurs et tout scalaire. Toute transformation linéaire du plan s'écrit T(v)=Av pour une unique matrice A d'ordre 2.
•Lecture des colonnes : la première colonne de A est T(1;0) et la deuxième est T(0;1). C'est la clé pour construire une matrice à partir d'une description géométrique, et pour retrouver la géométrie à partir d'une matrice.
•Rotation d'angle θ autour de l'origine : Rθ=(cosθsinθ−sinθcosθ). Son déterminant vaut 1.
•Réflexion par rapport à l'axe des x : (100−1). Par rapport à l'axe des y : (−1001). Par rapport à la droite y=x : (0110). Toutes ont un déterminant égal à −1.
•Homothétie de rapport k centrée à l'origine : (k00k), de déterminant k2. Projection orthogonale sur l'axe des x : (1000), de déterminant 0.
•Composition : la matrice de T2∘T1 est le PRODUIT A2A1, dans cet ordre. La transformation appliquée en premier se place à droite, car c'est elle qui rencontre le vecteur en premier dans le produit A2(A1v).
•Déterminant et aire : si une figure d'aire A est transformée par T de matrice A, l'image a pour aire ∣det(A)∣×A. Un déterminant négatif signale un renversement d'orientation, un déterminant nul un aplatissement de la figure sur une droite.
Partie A : Les bases (/50)
Exercice 1 : Matrices des transformations géométriques usuelles
Toutes les transformations de cet exercice sont centrées à l'origine. On note P(3;2) le point dont on suivra l'image tout au long.
a) Donnez la matrice R de la rotation de 90∘ dans le sens antihoraire, puis l'image de P.
b) Donnez la matrice S de la réflexion par rapport à la droite y=x, puis l'image de P.
c) Donnez la matrice H de l'homothétie de rapport 3, puis l'image de P.
d) Donnez la matrice Q de la projection orthogonale sur l'axe des x, puis l'image de P. Calculez les quatre déterminants et dites ce que chacun révèle.
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Réponses
a)R=(01−10) ; (−2;3)
b)S=(0110) ; (2;3)
c)H=3I ; (9;6)
d)Q : (3;0) ; déterminants 1, −1, 9, 0
a) On applique la formule Rθ avec θ=90∘, donc cos90∘=0 et sin90∘=1 : R=(01−10). Image de P : R(32)=((0)(3)+(−1)(2)(1)(3)+(0)(2))=(−23). Contrôle visuel : le point était dans le premier quadrant, il passe dans le deuxième, ce qui est bien l'effet d'un quart de tour antihoraire.
b) La réflexion par rapport à y=x échange les deux coordonnées, donc S=(0110). Image de P : (2;3). On peut retrouver la matrice par les colonnes : (1;0) se réfléchit en (0;1), ce qui donne la première colonne, et (0;1) se réfléchit en (1;0), ce qui donne la seconde.
c) H=(3003), et l'image de P est (9;6). Une homothétie centrée à l'origine se lit directement : chaque coordonnée est multipliée par le rapport.
d) La projection sur l'axe des x conserve l'abscisse et annule l'ordonnée, donc Q=(1000), et l'image de P est (3;0).
Les déterminants : det(R)=(0)(0)−(−1)(1)=1, det(S)=(0)(0)−(1)(1)=−1, det(H)=(3)(3)−0=9 et det(Q)=(1)(0)−0=0.
Lecture de chacun. det(R)=1 : la rotation conserve les aires et l'orientation, comme on l'attend d'un mouvement rigide. det(S)=−1 : la réflexion conserve les aires en valeur absolue mais renverse l'orientation, un triangle parcouru dans le sens antihoraire l'est dans le sens horaire après réflexion. det(H)=9=32 : les aires sont multipliées par 9, et non par 3, car l'agrandissement agit dans les deux directions à la fois. det(Q)=0 : la projection écrase le plan entier sur une droite, toute aire devient nulle, et la transformation n'est donc pas inversible puisqu'on ne peut pas remonter d'un point de l'axe vers son antécédent.
Exercice 2 : Rotation de 60 degrés et puissances d'une matrice
On note R60 la matrice de la rotation de 60∘ dans le sens antihoraire autour de l'origine. On rappelle que cos60∘=21 et sin60∘=23.
a) Écrivez la matrice R60.
b) Déterminez l'image du point A(2;0), et vérifiez que la distance à l'origine est conservée.
c) Calculez R602 et identifiez géométriquement la transformation obtenue.
d) Sans calculer le produit, que vaut R606 ? Justifiez géométriquement, puis donnez det(R606).
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Réponses
a)R60=(2123−2321)
b)(1;3), distance 2
c)Rotation de 120∘
d)R606=I, déterminant 1
a) R60=(cos60∘sin60∘−sin60∘cos60∘)=2123−2321.
b) R60(20)=21(2)−23(0)23(2)+21(0)=(13). L'image est A′(1;3), dont la distance à l'origine vaut 1+3=2, exactement celle de A. Une rotation conserve les longueurs, ce contrôle doit devenir un réflexe de vérification.
c) R602=2123−23212123−2321. Coefficient en haut à gauche : 41−43=−21. En haut à droite : −43−43=−23. En bas à gauche : 43+43=23. En bas à droite : −43+41=−21.
Donc R602=−2123−23−21. On reconnaît Rθ avec cosθ=−21 et sinθ=23, soit θ=120∘. Appliquer deux fois une rotation de 60∘ donne une rotation de 120∘ : les angles s'additionnent quand les matrices se multiplient.
d) Six rotations de 60∘ font 360∘, soit un tour complet, qui ramène chaque point à sa position initiale. Donc R606=I=(1001), sans aucun calcul matriciel. Par conséquent det(R606)=det(I)=1, ce qui est cohérent avec (detR60)6=16=1.
Retenez le mécanisme : RαRβ=Rα+β. Il transforme un calcul de puissance de matrice en une simple addition d'angles, et c'est très exactement ce que la formule de De Moivre fait avec les nombres complexes. Les deux chapitres décrivent le même phénomène dans deux langages.
Exercice 3 : Composition de transformations et non-commutativité
On note S la réflexion par rapport à l'axe des x, de matrice (100−1), et R la rotation de 90∘ antihoraire, de matrice (01−10).
a) Calculez la matrice de R∘S, c'est-à-dire la transformation qui applique d'abord S puis R. Identifiez géométriquement le résultat.
b) Calculez la matrice de S∘R et identifiez-la également.
c) Comparez a) et b). Que peut-on en conclure ? Illustrez sur le point P(1;0).
d) Calculez les déterminants de R, S, R∘S et S∘R, et vérifiez la cohérence avec la propriété det(AB)=det(A)det(B).
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Réponses
a)RS : réflexion d'axe y=x
b)SR : réflexion d'axe y=−x
c)RS=SR ; (0;1) contre (0;−1)
d)Tous les déterminants valent ±1 comme prévu
a) Appliquer S puis R correspond au produit RS, la matrice de la première transformation appliquée se plaçant à DROITE. RS=(01−10)(100−1)=((0)(1)+(−1)(0)(1)(1)+(0)(0)(0)(0)+(−1)(−1)(1)(0)+(0)(−1))=(0110). C'est la matrice de la réflexion par rapport à la droite y=x.
b) Appliquer R puis S correspond au produit SR=(100−1)(01−10)=((1)(0)+(0)(1)(0)(0)+(−1)(1)(1)(−1)+(0)(0)(0)(−1)+(−1)(0))=(0−1−10). C'est la matrice de la réflexion par rapport à la droite y=−x.
c) Les deux résultats diffèrent : RS=SR. La composition de transformations n'est donc PAS commutative, ce qui reflète la non-commutativité du produit matriciel. L'ordre dans lequel on enchaîne les transformations change le résultat géométrique.
Illustration sur P(1;0). Par R∘S : la réflexion laisse P inchangé puisqu'il est sur l'axe des x, puis la rotation l'envoie sur (0;1). Par S∘R : la rotation envoie P sur (0;1), puis la réflexion par rapport à l'axe des x l'envoie sur (0;−1). Les images sont (0;1) et (0;−1), deux points distincts, à partir du même point de départ et des deux mêmes transformations. C'est la démonstration concrète que l'ordre compte.
d) det(R)=1, det(S)=−1, det(RS)=(0)(0)−(1)(1)=−1 et det(SR)=(0)(0)−(−1)(−1)=−1. La propriété est bien vérifiée dans les deux sens : det(R)det(S)=(1)(−1)=−1=det(RS) et de même pour SR.
Notez ce que cela révèle : le déterminant du produit ne dépend pas de l'ordre des facteurs, alors que le produit lui-même en dépend. Le déterminant ne voit que l'effet sur les aires et l'orientation, il ne distingue pas deux réflexions selon des axes différents. Deux transformations peuvent avoir le même déterminant sans être la même transformation, et c'est précisément le cas ici.
Exercice 4 : Retrouver la matrice, image d'une figure et facteur d'aire
Une transformation linéaire T du plan est définie par ses effets sur les vecteurs de la base canonique : T(1;0)=(3;1) et T(0;1)=(−1;2).
a) Déterminez la matrice A de T.
b) Déterminez l'image du vecteur (4;−2).
c) Le triangle de sommets (0;0), (1;0) et (0;1) a pour aire 21. Déterminez l'aire de son image par T.
d) La transformation T est-elle inversible ? Si oui, déterminez A−1 et l'antécédent du point (7;7).
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Réponses
a)A=(31−12)
b)(14;0)
c)detA=7 : aire 3,5
d)A−1=71(2−113) ; (3;2)
a) Les colonnes de la matrice sont les images des vecteurs de la base canonique, dans l'ordre. La première colonne est donc T(1;0)=(3;1) et la seconde T(0;1)=(−1;2), ce qui donne A=(31−12). Attention à ne pas écrire les images en LIGNES : c'est l'erreur la plus fréquente, et elle produit la transposée, donc une transformation différente.
b) A(4−2)=((3)(4)+(−1)(−2)(1)(4)+(2)(−2))=(12+24−4)=(140). On peut vérifier autrement, par linéarité : T(4;−2)=4T(1;0)−2T(0;1)=4(3;1)−2(−1;2)=(12+2;4−4)=(14;0). Les deux chemins donnent le même résultat, et le second illustre directement ce que veut dire linéaire.
c) det(A)=(3)(2)−(−1)(1)=6+1=7. L'aire de l'image vaut ∣det(A)∣ fois l'aire de départ, soit 7×21=27=3,5 unités d'aire. Le déterminant étant positif, l'orientation du triangle est conservée.
d) det(A)=7=0, donc T est inversible. Pour une matrice 2×2, A−1=det(A)1(d−c−ba)=71(2−113).
Antécédent de (7;7) : A−1(77)=71((2)(7)+(1)(7)(−1)(7)+(3)(7))=71(2114)=(32). Vérification directe : T(3;2)=(9−2;3+4)=(7;7), conforme.
Une remarque qui vaut pour tout le chapitre : l'aire de l'image du triangle est aussi celle du triangle construit sur les deux vecteurs colonnes (3;1) et (−1;2), dont l'aire vaut 21∣det(A)∣=27. Le déterminant n'est pas seulement un facteur multiplicatif abstrait, il EST l'aire du parallélogramme image du carré unité.
Exercice 5 : Le cisaillement : une transformation qui préserve l'aire sans être une rotation
On considère la transformation T de matrice A=(1021), appelée cisaillement (ou transvection) horizontal. Elle glisse les points d'autant plus loin qu'ils sont hauts.
a) Déterminez les images des quatre sommets du carré unité (0;0), (1;0), (1;1), (0;1), et décrivez la figure obtenue.
b) Calculez det(A) et déduisez-en l'aire de l'image du carré unité.
c) Le cisaillement conserve-t-il les longueurs ? Comparez ∥(0;1)∥ à la norme de son image, et concluez.
d) Déterminez tous les points laissés fixes par T. Que représente géométriquement cet ensemble ?
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Réponses
a)Parallélogramme (0;0), (1;0), (3;1), (2;1)
b)det=1 : aire 1
c)5=1 : longueurs non conservées
d)L'axe des x
a) T(0;0)=(0;0); T(1;0)=(1;0); T(1;1)=(1+2;1)=(3;1); T(0;1)=(2;1). L'image du carré unité est le parallélogramme de sommets (0;0), (1;0), (3;1), (2;1). La base sur l'axe des x n'a pas bougé, mais le côté supérieur a glissé de deux unités vers la droite : le carré est devenu un parallélogramme penché.
b) det(A)=(1)(1)−(2)(0)=1. L'aire de l'image vaut ∣det(A)∣×1=1 : le cisaillement CONSERVE l'aire, exactement comme une rotation. La base et la hauteur du parallélogramme sont inchangées (1 et 1), donc son aire reste 1, même si sa forme a changé du tout au tout.
c) Non. On a ∥(0;1)∥=1, tandis que son image (2;1) a pour norme 22+12=5≈2,24. Les longueurs ne sont donc pas conservées : le cisaillement n'est PAS une isométrie, ce n'est ni une rotation ni une réflexion. C'est l'enseignement central de l'exercice : un déterminant égal à 1 garantit la conservation des aires, mais NON celle des longueurs. Seules les matrices orthogonales conservent les distances, et le cisaillement n'en est pas une.
d) Un point (x;y) est fixe si T(x;y)=(x;y), soit (x+2y;y)=(x;y). La deuxième coordonnée est automatiquement satisfaite, et la première donne x+2y=x, donc 2y=0, soit y=0. Les points fixes sont exactement ceux de la forme (x;0) : c'est l'axe des x tout entier. Géométriquement, le cisaillement laisse sa droite de base immobile point par point et fait glisser tout le reste du plan parallèlement à elle, d'un décalage proportionnel à la hauteur.
Partie B : Niveau examen (/50)
Exercice 6 : Démonstrations : linéarité, matrices orthogonales et projections
Cet exercice porte sur les propriétés structurelles des transformations. Les calculs numériques y servent uniquement de vérification.
a) Soit A une matrice 2×2 et T(v)=Av. Démontrez que T est linéaire.
b) Démontrez que la translation f(x;y)=(x+1;y) n'est PAS une transformation linéaire. Donnez le critère le plus rapide.
c) Démontrez que la matrice de rotation Rθ vérifie RθTRθ=I, et déduisez-en que la rotation conserve les normes.
d) Une matrice P est dite idempotente si P2=P. Vérifiez que la projection orthogonale sur l'axe des x est idempotente, et interprétez géométriquement cette propriété.
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Réponses
a)Distributivité et scalaires
b)f(0;0)=(1;0)=(0;0)
c)RθTRθ=I : normes conservées
d)P2=P : projeter deux fois ne change rien
a) Il faut établir les deux propriétés de la définition, et elles découlent toutes deux des règles du calcul matriciel. Additivité : T(u+v)=A(u+v)=Au+Av=T(u)+T(v), par distributivité du produit matriciel sur l'addition. Homogénéité : T(ku)=A(ku)=k(Au)=kT(u), car un scalaire se déplace librement dans un produit matriciel. Les deux conditions sont vérifiées, donc T est linéaire.
b) Le critère le plus rapide est celui de l'origine : toute transformation linéaire vérifie T(0)=0, puisque T(0)=T(0⋅0)=0⋅T(0)=0. Or ici f(0;0)=(1;0)=(0;0). L'origine est déplacée, donc f n'est pas linéaire. Une seule ligne suffit.
On peut aussi le voir sur l'additivité : f(1;0)+f(1;0)=(2;0)+(2;0)=(4;0), alors que f((1;0)+(1;0))=f(2;0)=(3;0). Les deux résultats diffèrent. Retenez la leçon générale : une translation, aussi simple soit-elle géométriquement, n'est jamais linéaire. C'est pourquoi les rotations et réflexions de ce chapitre sont toutes centrées à l'origine.
c) Rθ=(cosθsinθ−sinθcosθ), donc RθT=(cosθ−sinθsinθcosθ). Le produit RθTRθ a pour coefficient en haut à gauche cos2θ+sin2θ=1, en haut à droite −cosθsinθ+sinθcosθ=0, en bas à gauche −sinθcosθ+cosθsinθ=0, et en bas à droite sin2θ+cos2θ=1. Donc RθTRθ=I : la matrice est orthogonale, et Rθ−1=RθT.
Conservation des normes : ∥Rθv∥2=(Rθv)⋅(Rθv)=(Rθv)T(Rθv)=vTRθTRθv=vTIv=vTv=∥v∥2. Les normes étant positives, ∥Rθv∥=∥v∥. La rotation conserve donc les longueurs, et par différence de vecteurs, elle conserve aussi les distances entre points : c'est une isométrie. Le fait que Rθ−1=RθT a une lecture géométrique limpide : l'inverse d'une rotation de θ est la rotation de −θ, et remplacer θ par −θ change le signe des sinus seulement, ce qui est exactement l'effet de la transposition ici.
d) P=(1000), donc P2=(1000)(1000)=(1000)=P. La matrice est bien idempotente.
Interprétation géométrique : projeter un point sur l'axe des x l'amène sur cet axe ; le projeter une deuxième fois ne le déplace plus, puisqu'il y est déjà. Répéter l'opération ne change rien, ce que l'algèbre traduit par P2=P. Remarquez la conséquence : une matrice idempotente non identité ne peut pas être inversible. En effet, si P était inversible, on pourrait multiplier P2=P par P−1 et obtenir P=I. Comme P=I ici, P n'est pas inversible, ce que confirme det(P)=0. L'information perdue lors de la projection, l'ordonnée, ne peut être reconstituée.
Exercice 7 : Problème : une similitude directe, du carré unité à l'inverse
On considère la transformation T du plan obtenue en appliquant d'abord la rotation de 45∘ antihoraire autour de l'origine, puis l'homothétie de rapport 2 centrée à l'origine.
On rappelle que cos45∘=sin45∘=22.
a) Montrez que la matrice de T est A=(11−11).
b) Calculez det(A) et déduisez-en le facteur par lequel les aires sont multipliées.
c) Déterminez les images des quatre sommets du carré unité (0;0), (1;0), (1;1), (0;1). Vérifiez que l'image est un carré et calculez son aire de deux façons.
d) Calculez A2 et identifiez géométriquement la transformation T∘T.
e) Déterminez A−1 et l'antécédent du point (3;5).
f) Vérifiez que T agit sur le point (x;y) exactement comme la multiplication du nombre complexe x+iy par 1+i. Que valent le module et l'argument de 1+i, et que retrouve-t-on ?
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Réponses
a)A=2R45=(11−11)
b)detA=2
c)Carré (0;0), (1;1), (0;2), (−1;1) : aire 2
d)A2=2R90
e)(4;1)
f)Module 2, argument 45∘
a) La matrice de la rotation de 45∘ est R=2222−2222 et celle de l'homothétie est H=2I. La rotation étant appliquée en premier, elle se place à droite : A=HR=22222−2222=2222−2222=(11−11).
Ici l'ordre n'aurait rien changé, car une homothétie centrée à l'origine commute avec toute matrice : c'est un multiple de l'identité. C'est une exception, pas la règle, et il ne faut surtout pas en tirer une habitude.
b) det(A)=(1)(1)−(−1)(1)=1+1=2. Les aires sont donc multipliées par ∣det(A)∣=2. Cohérence avec la construction : la rotation ne change pas les aires, et l'homothétie de rapport 2 les multiplie par (2)2=2. Les deux raisonnements concordent.
c) T(0;0)=(0;0), T(1;0)=(1;1), T(1;1)=(1−1;1+1)=(0;2) et T(0;1)=(−1;1). L'image du carré unité est donc le quadrilatère de sommets (0;0), (1;1), (0;2) et (−1;1).
C'est bien un carré : les quatre côtés ont pour longueur 12+12=2, et deux côtés consécutifs issus de l'origine, (1;1) et (−1;1), ont un produit scalaire de (1)(−1)+(1)(1)=0, donc ils sont perpendiculaires. Le carré unité, tourné de 45∘ et agrandi d'un facteur 2, reste un carré.
Aire, première méthode : côté 2, donc aire =(2)2=2 unités d'aire. Deuxième méthode : ∣det(A)∣×1=2 unités d'aire, puisque le carré unité a une aire de 1. Les deux valeurs coïncident.
d) A2=(11−11)(11−11)=(1−11+1−1−1−1+1)=(02−20). On factorise : A2=2(01−10), c'est-à-dire l'homothétie de rapport 2 composée avec la rotation de 90∘.
C'est exactement ce qu'on attendait : appliquer deux fois une rotation de 45∘ donne 90∘, et appliquer deux fois une homothétie de rapport 2 donne un rapport (2)2=2. Les angles s'additionnent, les rapports se multiplient. Contrôle par le déterminant : det(A2)=(detA)2=4, et directement (0)(0)−(−2)(2)=4.
e) Pour une matrice 2×2 : A−1=det(A)1(1−111)=21(1−111). Antécédent de (3;5) : A−1(35)=21(3+5−3+5)=21(82)=(41). Vérification : T(4;1)=(4−1;4+1)=(3;5), conforme.
Géométriquement, A−1 est la rotation de −45∘ suivie de l'homothétie de rapport 21, ce qui défait exactement T.
f) Calculons le produit complexe : (x+iy)(1+i)=x+ix+iy+i2y=x+ix+iy−y=(x−y)+i(x+y). Ce nombre complexe a pour partie réelle x−y et pour partie imaginaire x+y. Or T(x;y)=A(xy)=(x−yx+y). Les deux résultats sont identiques : multiplier par 1+i dans le plan complexe, c'est appliquer T dans le plan réel.
Le module de 1+i vaut 12+12=2 et son argument vaut 45∘, puisque le point (1;1) est sur la bissectrice du premier quadrant. On retrouve exactement les deux paramètres de la construction de T : le module donne le rapport de l'homothétie, l'argument donne l'angle de la rotation.
C'est le pont entre les deux derniers chapitres de la session. Multiplier par un complexe de module r et d'argument θ, c'est composer une rotation de θ avec une homothétie de rapport r, et la formule de De Moivre (reiθ)n=rneinθ n'est rien d'autre que la version complexe du calcul de An mené en d). Quand un problème d'examen demande une puissance élevée d'une matrice de similitude, passer par les complexes est souvent le chemin le plus court.
Exercice 8 : Réflexions par rapport à une droite et composition de deux réflexions
La réflexion par rapport à la droite passant par l'origine et faisant un angle θ avec l'axe des x a pour matrice M(θ)=(cos2θsin2θsin2θ−cos2θ).
a) Retrouvez, à partir de cette formule, la matrice de la réflexion par rapport à l'axe des x (θ=0) et par rapport à la droite y=x (θ=45∘).
b) Montrez que toute matrice de réflexion vérifie det(M)=−1 et M2=I. Que signifie géométriquement la seconde égalité ?
c) On note S0 la réflexion par rapport à l'axe des x et S45 la réflexion par rapport à y=x. Calculez la matrice de S45∘S0 et identifiez la transformation obtenue.
d) Énoncez et justifiez la règle générale : la composée de deux réflexions d'axes faisant un angle α est une rotation d'angle 2α. Vérifiez la cohérence des déterminants.
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Réponses
a)(100−1) et (0110)
b)det=−1, M2=I : involution
c)Rotation de 90∘
d)Rotation d'angle 2α
a) Pour θ=0 : cos0=1 et sin0=0, donc M(0)=(100−1), la réflexion par rapport à l'axe des x. Pour θ=45∘ : 2θ=90∘, cos90∘=0 et sin90∘=1, donc M(45∘)=(0110), la réflexion par rapport à y=x qui échange les deux coordonnées. Les deux matrices connues sont bien des cas particuliers de la formule générale.
b) det(M)=(cos2θ)(−cos2θ)−(sin2θ)(sin2θ)=−cos22θ−sin22θ=−1, en utilisant l'identité fondamentale. Pour le carré : le coefficient en haut à gauche de M2 vaut cos22θ+sin22θ=1, celui en haut à droite cos2θsin2θ−sin2θcos2θ=0, et de même M2=I. Géométriquement, M2=I signifie qu'appliquer deux fois la même réflexion ramène chaque point à sa place : une réflexion est sa propre inverse, c'est une involution. Le déterminant −1 confirme que chaque réflexion renverse l'orientation.
c) Appliquer S0 puis S45 correspond au produit S45S0=(0110)(100−1)=(01−10). On reconnaît la matrice de la rotation de 90∘ antihoraire. Deux réflexions se sont composées en une rotation.
d) Règle : la composée de deux réflexions d'axes passant par l'origine et faisant entre eux un angle α est la rotation d'angle 2α (dans le sens qui va du premier axe vers le second). Justification par les matrices : M(β)M(α) se calcule à l'aide des formules d'addition et donne exactement R2(β−α). Ici les axes sont l'axe des x (θ=0) et la droite y=x (θ=45∘), donc l'angle entre eux est 45∘, et la composée est la rotation de 2×45∘=90∘, ce que confirme le calcul de c). Cohérence des déterminants : chaque réflexion a un déterminant −1, leur produit a donc un déterminant (−1)(−1)=+1, qui est bien celui d'une rotation. L'orientation, renversée deux fois, est finalement rétablie.
Exercice 9 : Retrouver la matrice à partir de son action sur deux vecteurs quelconques
On sait qu'une transformation linéaire T du plan vérifie T(1;1)=(3;1) et T(1;−1)=(1;3). Les deux vecteurs de départ ne sont PAS ceux de la base canonique, il faut donc retrouver la matrice autrement que par simple lecture des colonnes.
a) En posant A=(acbd), traduisez les deux conditions en équations et déterminez A.
b) Déduisez-en les images T(1;0) et T(0;1) des vecteurs de la base canonique.
c) Calculez det(A), dites si T est inversible et par quel facteur elle multiplie les aires.
d) Déterminez A−1, puis l'antécédent du point (4;0).
Voir la correction
Réponses
a)A=(221−1)
b)T(1;0)=(2;2), T(0;1)=(1;−1)
c)det=−4 : inversible, aires ×4
d)(1;2)
a) La condition T(1;1)=(3;1) donne (a+bc+d)=(31), soit a+b=3 et c+d=1. La condition T(1;−1)=(1;3) donne (a−bc−d)=(13), soit a−b=1 et c−d=3. En additionnant et soustrayant : a=2, b=1, puis c=2, d=−1. Donc A=(221−1). Vérification : A(1;1)=(3;1) et A(1;−1)=(1;3) ✓.
b) Les colonnes de A sont précisément les images des vecteurs de la base canonique : T(1;0)=(2;2) (première colonne) et T(0;1)=(1;−1) (deuxième colonne). Connaître l'action sur deux vecteurs indépendants suffit à connaître l'action sur toute la base, donc sur tout le plan : c'est une conséquence directe de la linéarité.
c) det(A)=(2)(−1)−(1)(2)=−2−2=−4. Il est non nul, donc T est inversible. Les aires sont multipliées par ∣det(A)∣=4, et le signe négatif indique que T renverse l'orientation du plan.
Exercice 10 : Démonstrations : composée, image d'une droite et conservation des milieux
Ces démonstrations n'utilisent que la définition de la linéarité. Elles expliquent pourquoi une transformation linéaire préserve la structure géométrique du plan.
a) Soient T1 et T2 deux transformations linéaires de matrices A1 et A2. Démontrez que T2∘T1 est linéaire et que sa matrice est le produit A2A1.
b) Démontrez que l'image par une transformation linéaire T d'une droite {P+tu:t∈R} est une droite (ou un point si T(u)=0).
c) Démontrez que T conserve les milieux : T(2P+Q)=2T(P)+T(Q). Que peut-on en déduire pour l'image d'un parallélogramme ?
d) Vrai ou faux : toute transformation linéaire conserve les distances. Énoncez le critère correct et illustrez-le en comparant une rotation et le cisaillement (1011).
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Réponses
a)Matrice A2A1
b)T(P)+tT(u) : droite ou point
c)Milieux conservés : parallélogrammes conservés
d)Faux : il faut ATA=I ; 65=5
a) Linéarité de la composée : pour tous u,v et tout scalaire k, (T2∘T1)(u+v)=T2(T1(u+v))=T2(T1(u)+T1(v))=T2(T1u)+T2(T1v), en appliquant successivement la linéarité de T1 puis celle de T2; de même (T2∘T1)(ku)=k(T2∘T1)(u). La composée est donc linéaire. Sa matrice : (T2∘T1)(v)=T2(A1v)=A2(A1v)=(A2A1)v, par associativité du produit matriciel. La matrice de la composée est donc A2A1, la transformation appliquée en premier étant à droite.
b) Soit un point de la droite, P+tu. Son image est T(P+tu)=T(P)+tT(u), par linéarité. Quand t parcourt R, ce point décrit l'ensemble {T(P)+tT(u):t∈R}. Si T(u)=0, c'est la droite passant par T(P) et de vecteur directeur T(u). Si T(u)=0, tous les points ont la même image T(P) : la droite est écrasée sur un point. Dans tous les cas, l'image d'une droite est une droite ou un point, jamais une courbe : une transformation linéaire ne courbe pas les droites.
c) T(2P+Q)=21T(P+Q)=21(T(P)+T(Q))=2T(P)+T(Q), en sortant le scalaire 21 puis en utilisant l'additivité. Le milieu de [PQ] a donc pour image le milieu de [T(P)T(Q)]. Conséquence : les diagonales d'un parallélogramme se coupant en leur milieu, cette propriété est préservée, donc l'image d'un parallélogramme est un parallélogramme (éventuellement aplati si la transformation est singulière). Plus généralement, T préserve le parallélisme et les rapports le long d'une droite.
d) FAUX en général. Le critère correct : une transformation linéaire conserve les distances si et seulement si sa matrice est ORTHOGONALE, c'est-à-dire vérifie ATA=I (rotations et réflexions). Une rotation d'angle θ satisfait ce critère et conserve donc les longueurs, par exemple ∥(3;4)∥=5 est préservé. Le cisaillement (1011), lui, ne conserve PAS les distances bien que son déterminant vaille 1 : l'image de (3;4) est (7;4), de norme 65=5. Déterminant égal à 1 et matrice orthogonale sont deux conditions différentes : la première conserve les aires, seule la seconde conserve les longueurs.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Trois transformations de l'espace
Dans l'espace, on considère la rotation R de 90∘ autour de l'axe des z, de matrice 010−100001, la projection orthogonale Q sur le plan z=0, de matrice 100010000, et la réflexion S par rapport au plan x=y, de matrice 010100001.
a) Calculez les images du point P(1;2;3) par R, Q et S.
b) Calculez les trois déterminants et interprétez-les en termes de volume.
c) Calculez la matrice de R∘S et identifiez la transformation.
d) Quel est le plus petit entier k≥1 tel que Rk=I ?
e) Quels sont les points laissés fixes par R ?
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Réponses
a)(−2;1;3), (1;2;0), (2;1;3)
b)1, 0, −1
c)Réflexion par rapport au plan x=0
d)k=4
e)L'axe des z
a) R(P)=(−2;1;3) : le quart de tour agit dans le plan horizontal et laisse la cote. Q(P)=(1;2;0) : la cote est annulée. S(P)=(2;1;3) : les deux premières coordonnées sont échangées.
b) detR=1 : volumes et orientation conservés. detQ=0 : l'espace est écrasé sur un plan, tout volume devient nul et Q n'est pas inversible. detS=−1 : volumes conservés, orientation renversée, comme pour une réflexion du plan.
c) RS=010−100001010100001=−100010001 : c'est la réflexion par rapport au plan x=0, qui change le signe de l'abscisse. Son déterminant, −1, est bien le produit 1×(−1).
d) Chaque application de R tourne de 90∘ autour de l'axe des z : il faut quatre quarts de tour pour revenir au départ, donc k=4. En effet R2 est le demi-tour, de matrice diag(−1;−1;1), différente de I.
e) R(x;y;z)=(−y;x;z)=(x;y;z) impose x=−y et y=x, donc x=y=0, z quelconque : les points fixes forment l'axe des z, l'axe de la rotation.
Le fil : en dimension 3, les colonnes de la matrice restent les images des vecteurs de base, et le déterminant mesure l'effet sur les volumes.
Exercice 12 : L'image d'un cercle : une ellipse
On considère la transformation T de matrice A=(3002) et le cercle unité, formé des points (cost;sint).
a) Déterminez l'image du point (cost;sint) et l'équation de la courbe image.
b) Quels sont les demi-axes de cette courbe ?
c) L'aire d'une ellipse de demi-axes a et b vaut πab. Calculez l'aire de l'image, au centième, et comparez-la à ∣detA∣ fois l'aire du disque unité.
d) On applique maintenant le cisaillement (1011) au disque unité. Quelle est l'aire de l'image, au centième ?
e) L'image d'un cercle centré à l'origine par une rotation est-elle un cercle ?
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Réponses
a)9x2+4y2=1
b)3 et 2
c)6π≈18,85=∣detA∣π
d)π≈3,14
e)Oui
a) T(cost;sint)=(3cost;2sint). Avec X=3cost et Y=2sint : 9X2+4Y2=cos2t+sin2t=1. La courbe image est l'ellipse 9x2+4y2=1.
b) Les demi-axes valent 3, selon l'axe des x, et 2, selon l'axe des y : ce sont les coefficients diagonaux, qui étirent chaque direction.
c) π×3×2=6π≈18,85. Le disque unité a pour aire π, et ∣detA∣=6 : on retrouve 6π. Le facteur d'aire du déterminant vaut pour toute figure, pas seulement pour les polygones.
d) Le cisaillement a pour déterminant 1 : l'image, une ellipse inclinée, a la même aire que le disque, π≈3,14, bien que sa forme soit très différente.
e) Oui : une rotation conserve les distances à l'origine, donc chaque point du cercle reste à la même distance. Plus généralement, seules les transformations de matrice orthogonale envoient le cercle unité sur lui-même.
Le fil : une transformation linéaire envoie un cercle sur une ellipse, dont l'aire est multipliée par la valeur absolue du déterminant.
Exercice 13 : Défaire une transformation composée
On note C le cisaillement de matrice (1011) et R la rotation de 90∘ antihoraire, de matrice (01−10). La transformation T applique d'abord C, puis R.
a) Calculez la matrice de T.
b) Calculez l'image du point (2;3) par T.
c) Calculez detT et la matrice de T−1.
d) Calculez C−1R−1 et R−1C−1. Lequel des deux produits est égal à T−1 ? Expliquez.
e) Appliquez T−1 au point obtenu en b).
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Réponses
a)T=(01−11)
b)(−3;5)
c)detT=1 ; T−1=(1−110)
d)T−1=C−1R−1
e)(2;3)
a) La première transformation se place à droite : T=RC=(01−10)(1011)=(01−11).
b) T(23)=(−32+3)=(−35). En deux temps : C(2;3)=(5;3), puis R(5;3)=(−3;5).
c) detT=0×1−(−1)×1=1, et T−1=(1−110).
d) C−1=(10−11) et R−1=(0−110). C−1R−1=(1−110)=T−1, tandis que R−1C−1=(0−111) est différente. Pour défaire « C puis R », on défait d'abord R, la dernière appliquée, puis C : T−1=(RC)−1=C−1R−1, comme on retire ses chaussures avant ses chaussettes.
e) T−1(−35)=(−3+53)=(23) : on retrouve le point de départ.
Le fil : l'inverse d'une composée défait les transformations dans l'ordre inverse de celui où elles ont été faites.
Exercice 14 : Problème : l'ombre portée, une projection oblique
Les rayons du Soleil arrivent selon la direction d=(1;1;−2) sur un sol horizontal, le plan z=0. L'ombre d'un point M(x;y;z) est le point où la droite passant par M et dirigée par d rencontre le sol.
a) Un poteau vertical relie l'origine au point (0;0;4). Déterminez l'ombre de son sommet et la longueur de l'ombre, au centième.
b) Montrez que l'ombre de M(x;y;z) est (x+2z;y+2z;0) et écrivez la matrice Ω de cette transformation.
c) Vérifiez que Ω2=Ω et interprétez.
d) Déterminez le noyau de Ω et son déterminant.
e) Cette transformation est-elle la projection orthogonale sur le sol ? Comparez avec l'ombre du même poteau à midi sous un Soleil vertical.
Voir la correction
Réponses
a)(2;2;0) ; longueur 22≈2,83
b)Ω=10001021210
c)Ω2=Ω : projection
d)Noyau dirigé par d ; detΩ=0
e)Non : projection oblique
a) Le point (t;t;4−2t) atteint le sol pour t=2 : l'ombre du sommet est (2;2;0), et l'ombre du poteau est le segment de l'origine à ce point, de longueur 22≈2,83.
b) M+td=(x+t;y+t;z−2t) touche le sol quand t=2z, d'où l'ombre (x+2z;y+2z;0). Chaque coordonnée est une combinaison linéaire de x, y, z : Ω=10001021210.
c) La première ligne de Ω2 vaut (1;0;21+0), la deuxième (0;1;21) et la troisième est nulle : Ω2=Ω. L'ombre d'une ombre est elle-même : un point déjà au sol ne bouge plus. C'est une projection.
d) Ω(x;y;z)=0 impose x=−2z et y=−2z : le noyau est la droite dirigée par (−1;−1;2), c'est-à-dire par d. Les vecteurs parallèles aux rayons ont une ombre nulle. detΩ=0, la troisième ligne étant nulle.
e) Non : la projection orthogonale sur le sol a pour matrice diag(1;1;0) et envoie (0;0;4) à l'origine, une ombre de longueur nulle, celle d'un Soleil exactement vertical. Ici les rayons sont obliques, et Ω est une projection OBLIQUE : même image, le sol, mais un noyau incliné, la direction des rayons.
Le fil : une projection est caractérisée par P2=P ; elle est définie par son image et par son noyau, la direction selon laquelle on projette.
Exercice 15 : Problème : reconnaître une matrice de transformation
On considère les matrices M1=(0,60,8−0,80,6), M2=(0,80,60,6−0,8), M3=(22−22) et M4=(1031). On rappelle qu'une matrice M est orthogonale si MTM=I.
a) Parmi M1, M2 et M4, lesquelles sont orthogonales ?
b) Montrez que M1 est une rotation et donnez son angle, au centième de degré.
c) Calculez detM2. Montrez que M2 est une réflexion et donnez l'angle de son axe avec l'axe des x, au centième de degré.
d) Écrivez M3 comme un multiple d'une matrice de rotation. Donnez le rapport, au centième, et l'angle.
e) Calculez detM4. De quelle transformation s'agit-il ?
Voir la correction
Réponses
a)M1 et M2 orthogonales, pas M4
b)Rotation de 53,13∘
c)det=−1 : réflexion, axe à 18,43∘
d)Rapport 22≈2,83, angle 45∘
e)detM4=1 : cisaillement
a) M1TM1 : diagonale 0,36+0,64=1, hors diagonale −0,48+0,48=0, donc M1 est orthogonale. De même M2TM2=I. Pour M4, la deuxième colonne (3;1) a pour norme 10=1 : M4 n'est pas orthogonale.
b) M1 est orthogonale de déterminant 0,36+0,64=1 : c'est une rotation, de la forme (cosθsinθ−sinθcosθ) avec cosθ=0,6 et sinθ=0,8, donc θ≈53,13∘.
c) detM2=−0,64−0,36=−1 : orthogonale de déterminant −1, c'est une réflexion, de la forme (cos2θsin2θsin2θ−cos2θ). cos2θ=0,8 et sin2θ=0,6 donnent 2θ≈36,87∘, et l'axe fait un angle θ≈18,43∘ avec l'axe des x.
d) M3=22(2222−2222) : la rotation de 45∘ suivie de l'homothétie de rapport 22≈2,83. Contrôle : detM3=8=(22)2.
e) detM4=1 : les aires sont conservées, mais la matrice n'est pas orthogonale, donc les longueurs ne le sont pas. C'est le cisaillement horizontal qui fait glisser chaque point de 3 fois sa hauteur.
Le fil : orthogonale de déterminant 1, c'est une rotation ; de déterminant −1, une réflexion ; un multiple de rotation est une similitude ; un déterminant 1 sans orthogonalité ne conserve que les aires.
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