Algèbre linéaire 201-NYC / Maths 105 • Complément québécois de Première et cégep
Exercices corrigés : les transformations linéaires du plan (201-NYC / Maths 105)
Voici la série d'exercices corrigés d'algèbre linéaire et géométrie vectorielle (cours 201-NYC, aussi appelé Maths 105 selon le programme visé) sur les transformations linéaires du plan. La partie A couvre les bases : matrices des transformations géométriques usuelles, image d'un point, composition de deux transformations et non-commutativité, déterminant et effet sur les aires, recherche de la matrice à partir des images des vecteurs de la base. La partie B monte au niveau examen : démonstration de la linéarité, contre-exemple de la translation, matrices orthogonales et conservation des distances, projections vérifiant P2=P, et un problème complet sur une transformation composée.
C'est le chapitre où l'algèbre linéaire redevient de la géométrie. Une matrice 2×2 cesse d'être un tableau de nombres pour devenir une action sur le plan : elle tourne, elle réfléchit, elle agrandit, elle aplatit. Et le déterminant, calculé mécaniquement depuis des semaines, prend enfin son sens : c'est le facteur par lequel les aires sont multipliées, et son signe dit si l'orientation est conservée.
Le réflexe central du chapitre tient en une phrase : les colonnes de la matrice sont les images des vecteurs de la base canonique. Si vous savez où partent (1;0) et (0;1), vous connaissez la matrice, et réciproquement. La plupart des questions de ce chapitre se résolvent en revenant à cette seule idée.
Rappel de cours
•Transformation linéaire : une application T:R2→R2 est linéaire si T(u+v)=T(u)+T(v) et T(ku)=kT(u) pour tous vecteurs et tout scalaire. Toute transformation linéaire du plan s'écrit T(v)=Av pour une unique matrice A d'ordre 2.
•Lecture des colonnes : la première colonne de A est T(1;0) et la deuxième est T(0;1). C'est la clé pour construire une matrice à partir d'une description géométrique, et pour retrouver la géométrie à partir d'une matrice.
•Rotation d'angle θ autour de l'origine : Rθ=(cosθsinθ−sinθcosθ). Son déterminant vaut 1.
•Réflexion par rapport à l'axe des x : (100−1). Par rapport à l'axe des y : (−1001). Par rapport à la droite y=x : (0110). Toutes ont un déterminant égal à −1.
•Homothétie de rapport k centrée à l'origine : (k00k), de déterminant k2. Projection orthogonale sur l'axe des x : (1000), de déterminant 0.
•Composition : la matrice de T2∘T1 est le PRODUIT A2A1, dans cet ordre. La transformation appliquée en premier se place à droite, car c'est elle qui rencontre le vecteur en premier dans le produit A2(A1v).
•Déterminant et aire : si une figure d'aire A est transformée par T de matrice A, l'image a pour aire ∣det(A)∣×A. Un déterminant négatif signale un renversement d'orientation, un déterminant nul un aplatissement de la figure sur une droite.
Partie A : Les bases (/28)
Exercice 1 : Matrices des transformations géométriques usuelles
Toutes les transformations de cet exercice sont centrées à l'origine. On note P(3;2) le point dont on suivra l'image tout au long.
a) Donnez la matrice R de la rotation de 90∘ dans le sens antihoraire, puis l'image de P.
b) Donnez la matrice S de la réflexion par rapport à la droite y=x, puis l'image de P.
c) Donnez la matrice H de l'homothétie de rapport 3, puis l'image de P.
d) Donnez la matrice Q de la projection orthogonale sur l'axe des x, puis l'image de P. Calculez les quatre déterminants et dites ce que chacun révèle.
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a) On applique la formule Rθ avec θ=90∘, donc cos90∘=0 et sin90∘=1 : R=(01−10). Image de P : R(32)=((0)(3)+(−1)(2)(1)(3)+(0)(2))=(−23). Contrôle visuel : le point était dans le premier quadrant, il passe dans le deuxième, ce qui est bien l'effet d'un quart de tour antihoraire.
b) La réflexion par rapport à y=x échange les deux coordonnées, donc S=(0110). Image de P : (2;3). On peut retrouver la matrice par les colonnes : (1;0) se réfléchit en (0;1), ce qui donne la première colonne, et (0;1) se réfléchit en (1;0), ce qui donne la seconde.
c) H=(3003), et l'image de P est (9;6). Une homothétie centrée à l'origine se lit directement : chaque coordonnée est multipliée par le rapport.
d) La projection sur l'axe des x conserve l'abscisse et annule l'ordonnée, donc Q=(1000), et l'image de P est (3;0).
Les déterminants : det(R)=(0)(0)−(−1)(1)=1, det(S)=(0)(0)−(1)(1)=−1, det(H)=(3)(3)−0=9 et det(Q)=(1)(0)−0=0.
Lecture de chacun. det(R)=1 : la rotation conserve les aires et l'orientation, comme on l'attend d'un mouvement rigide. det(S)=−1 : la réflexion conserve les aires en valeur absolue mais renverse l'orientation, un triangle parcouru dans le sens antihoraire l'est dans le sens horaire après réflexion. det(H)=9=32 : les aires sont multipliées par 9, et non par 3, car l'agrandissement agit dans les deux directions à la fois. det(Q)=0 : la projection écrase le plan entier sur une droite, toute aire devient nulle, et la transformation n'est donc pas inversible puisqu'on ne peut pas remonter d'un point de l'axe vers son antécédent.
Exercice 2 : Rotation de 60 degrés et puissances d'une matrice
On note R60 la matrice de la rotation de 60∘ dans le sens antihoraire autour de l'origine. On rappelle que cos60∘=21 et sin60∘=23.
a) Écrivez la matrice R60.
b) Déterminez l'image du point A(2;0), et vérifiez que la distance à l'origine est conservée.
c) Calculez R602 et identifiez géométriquement la transformation obtenue.
d) Sans calculer le produit, que vaut R606 ? Justifiez géométriquement, puis donnez det(R606).
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a) R60=(cos60∘sin60∘−sin60∘cos60∘)=2123−2321.
b) R60(20)=21(2)−23(0)23(2)+21(0)=(13). L'image est A′(1;3), dont la distance à l'origine vaut 1+3=2, exactement celle de A. Une rotation conserve les longueurs, ce contrôle doit devenir un réflexe de vérification.
c) R602=2123−23212123−2321. Coefficient en haut à gauche : 41−43=−21. En haut à droite : −43−43=−23. En bas à gauche : 43+43=23. En bas à droite : −43+41=−21.
Donc R602=−2123−23−21. On reconnaît Rθ avec cosθ=−21 et sinθ=23, soit θ=120∘. Appliquer deux fois une rotation de 60∘ donne une rotation de 120∘ : les angles s'additionnent quand les matrices se multiplient.
d) Six rotations de 60∘ font 360∘, soit un tour complet, qui ramène chaque point à sa position initiale. Donc R606=I=(1001), sans aucun calcul matriciel. Par conséquent det(R606)=det(I)=1, ce qui est cohérent avec (detR60)6=16=1.
Retenez le mécanisme : RαRβ=Rα+β. Il transforme un calcul de puissance de matrice en une simple addition d'angles, et c'est très exactement ce que la formule de De Moivre fait avec les nombres complexes. Les deux chapitres décrivent le même phénomène dans deux langages.
Exercice 3 : Composition de transformations et non-commutativité
On note S la réflexion par rapport à l'axe des x, de matrice (100−1), et R la rotation de 90∘ antihoraire, de matrice (01−10).
a) Calculez la matrice de R∘S, c'est-à-dire la transformation qui applique d'abord S puis R. Identifiez géométriquement le résultat.
b) Calculez la matrice de S∘R et identifiez-la également.
c) Comparez a) et b). Que peut-on en conclure ? Illustrez sur le point P(1;0).
d) Calculez les déterminants de R, S, R∘S et S∘R, et vérifiez la cohérence avec la propriété det(AB)=det(A)det(B).
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a) Appliquer S puis R correspond au produit RS, la matrice de la première transformation appliquée se plaçant à DROITE. RS=(01−10)(100−1)=((0)(1)+(−1)(0)(1)(1)+(0)(0)(0)(0)+(−1)(−1)(1)(0)+(0)(−1))=(0110). C'est la matrice de la réflexion par rapport à la droite y=x.
b) Appliquer R puis S correspond au produit SR=(100−1)(01−10)=((1)(0)+(0)(1)(0)(0)+(−1)(1)(1)(−1)+(0)(0)(0)(−1)+(−1)(0))=(0−1−10). C'est la matrice de la réflexion par rapport à la droite y=−x.
c) Les deux résultats diffèrent : RS=SR. La composition de transformations n'est donc PAS commutative, ce qui reflète la non-commutativité du produit matriciel. L'ordre dans lequel on enchaîne les transformations change le résultat géométrique.
Illustration sur P(1;0). Par R∘S : la réflexion laisse P inchangé puisqu'il est sur l'axe des x, puis la rotation l'envoie sur (0;1). Par S∘R : la rotation envoie P sur (0;1), puis la réflexion par rapport à l'axe des x l'envoie sur (0;−1). Les images sont (0;1) et (0;−1), deux points distincts, à partir du même point de départ et des deux mêmes transformations. C'est la démonstration concrète que l'ordre compte.
d) det(R)=1, det(S)=−1, det(RS)=(0)(0)−(1)(1)=−1 et det(SR)=(0)(0)−(−1)(−1)=−1. La propriété est bien vérifiée dans les deux sens : det(R)det(S)=(1)(−1)=−1=det(RS) et de même pour SR.
Notez ce que cela révèle : le déterminant du produit ne dépend pas de l'ordre des facteurs, alors que le produit lui-même en dépend. Le déterminant ne voit que l'effet sur les aires et l'orientation, il ne distingue pas deux réflexions selon des axes différents. Deux transformations peuvent avoir le même déterminant sans être la même transformation, et c'est précisément le cas ici.
Exercice 4 : Retrouver la matrice, image d'une figure et facteur d'aire
Une transformation linéaire T du plan est définie par ses effets sur les vecteurs de la base canonique : T(1;0)=(3;1) et T(0;1)=(−1;2).
a) Déterminez la matrice A de T.
b) Déterminez l'image du vecteur (4;−2).
c) Le triangle de sommets (0;0), (1;0) et (0;1) a pour aire 21. Déterminez l'aire de son image par T.
d) La transformation T est-elle inversible ? Si oui, déterminez A−1 et l'antécédent du point (7;7).
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a) Les colonnes de la matrice sont les images des vecteurs de la base canonique, dans l'ordre. La première colonne est donc T(1;0)=(3;1) et la seconde T(0;1)=(−1;2), ce qui donne A=(31−12). Attention à ne pas écrire les images en LIGNES : c'est l'erreur la plus fréquente, et elle produit la transposée, donc une transformation différente.
b) A(4−2)=((3)(4)+(−1)(−2)(1)(4)+(2)(−2))=(12+24−4)=(140). On peut vérifier autrement, par linéarité : T(4;−2)=4T(1;0)−2T(0;1)=4(3;1)−2(−1;2)=(12+2;4−4)=(14;0). Les deux chemins donnent le même résultat, et le second illustre directement ce que veut dire linéaire.
c) det(A)=(3)(2)−(−1)(1)=6+1=7. L'aire de l'image vaut ∣det(A)∣ fois l'aire de départ, soit 7×21=27=3,5 unités d'aire. Le déterminant étant positif, l'orientation du triangle est conservée.
d) det(A)=7=0, donc T est inversible. Pour une matrice 2×2, A−1=det(A)1(d−c−ba)=71(2−113).
Antécédent de (7;7) : A−1(77)=71((2)(7)+(1)(7)(−1)(7)+(3)(7))=71(2114)=(32). Vérification directe : T(3;2)=(9−2;3+4)=(7;7), conforme.
Une remarque qui vaut pour tout le chapitre : l'aire de l'image du triangle est aussi celle du triangle construit sur les deux vecteurs colonnes (3;1) et (−1;2), dont l'aire vaut 21∣det(A)∣=27. Le déterminant n'est pas seulement un facteur multiplicatif abstrait, il EST l'aire du parallélogramme image du carré unité.
Partie B : Niveau examen (/22)
Exercice 5 : Démonstrations : linéarité, matrices orthogonales et projections
Cet exercice porte sur les propriétés structurelles des transformations. Les calculs numériques y servent uniquement de vérification.
a) Soit A une matrice 2×2 et T(v)=Av. Démontrez que T est linéaire.
b) Démontrez que la translation f(x;y)=(x+1;y) n'est PAS une transformation linéaire. Donnez le critère le plus rapide.
c) Démontrez que la matrice de rotation Rθ vérifie RθTRθ=I, et déduisez-en que la rotation conserve les normes.
d) Une matrice P est dite idempotente si P2=P. Vérifiez que la projection orthogonale sur l'axe des x est idempotente, et interprétez géométriquement cette propriété.
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a) Il faut établir les deux propriétés de la définition, et elles découlent toutes deux des règles du calcul matriciel. Additivité : T(u+v)=A(u+v)=Au+Av=T(u)+T(v), par distributivité du produit matriciel sur l'addition. Homogénéité : T(ku)=A(ku)=k(Au)=kT(u), car un scalaire se déplace librement dans un produit matriciel. Les deux conditions sont vérifiées, donc T est linéaire.
b) Le critère le plus rapide est celui de l'origine : toute transformation linéaire vérifie T(0)=0, puisque T(0)=T(0⋅0)=0⋅T(0)=0. Or ici f(0;0)=(1;0)=(0;0). L'origine est déplacée, donc f n'est pas linéaire. Une seule ligne suffit.
On peut aussi le voir sur l'additivité : f(1;0)+f(1;0)=(2;0)+(2;0)=(4;0), alors que f((1;0)+(1;0))=f(2;0)=(3;0). Les deux résultats diffèrent. Retenez la leçon générale : une translation, aussi simple soit-elle géométriquement, n'est jamais linéaire. C'est pourquoi les rotations et réflexions de ce chapitre sont toutes centrées à l'origine.
c) Rθ=(cosθsinθ−sinθcosθ), donc RθT=(cosθ−sinθsinθcosθ). Le produit RθTRθ a pour coefficient en haut à gauche cos2θ+sin2θ=1, en haut à droite −cosθsinθ+sinθcosθ=0, en bas à gauche −sinθcosθ+cosθsinθ=0, et en bas à droite sin2θ+cos2θ=1. Donc RθTRθ=I : la matrice est orthogonale, et Rθ−1=RθT.
Conservation des normes : ∥Rθv∥2=(Rθv)⋅(Rθv)=(Rθv)T(Rθv)=vTRθTRθv=vTIv=vTv=∥v∥2. Les normes étant positives, ∥Rθv∥=∥v∥. La rotation conserve donc les longueurs, et par différence de vecteurs, elle conserve aussi les distances entre points : c'est une isométrie. Le fait que Rθ−1=RθT a une lecture géométrique limpide : l'inverse d'une rotation de θ est la rotation de −θ, et remplacer θ par −θ change le signe des sinus seulement, ce qui est exactement l'effet de la transposition ici.
d) P=(1000), donc P2=(1000)(1000)=(1000)=P. La matrice est bien idempotente.
Interprétation géométrique : projeter un point sur l'axe des x l'amène sur cet axe ; le projeter une deuxième fois ne le déplace plus, puisqu'il y est déjà. Répéter l'opération ne change rien, ce que l'algèbre traduit par P2=P. Remarquez la conséquence : une matrice idempotente non identité ne peut pas être inversible. En effet, si P était inversible, on pourrait multiplier P2=P par P−1 et obtenir P=I. Comme P=I ici, P n'est pas inversible, ce que confirme det(P)=0. L'information perdue lors de la projection, l'ordonnée, ne peut être reconstituée.
Exercice 6 : Problème : une similitude directe, du carré unité à l'inverse
On considère la transformation T du plan obtenue en appliquant d'abord la rotation de 45∘ antihoraire autour de l'origine, puis l'homothétie de rapport 2 centrée à l'origine.
On rappelle que cos45∘=sin45∘=22.
a) Montrez que la matrice de T est A=(11−11).
b) Calculez det(A) et déduisez-en le facteur par lequel les aires sont multipliées.
c) Déterminez les images des quatre sommets du carré unité (0;0), (1;0), (1;1), (0;1). Vérifiez que l'image est un carré et calculez son aire de deux façons.
d) Calculez A2 et identifiez géométriquement la transformation T∘T.
e) Déterminez A−1 et l'antécédent du point (3;5).
f) Vérifiez que T agit sur le point (x;y) exactement comme la multiplication du nombre complexe x+iy par 1+i. Que valent le module et l'argument de 1+i, et que retrouve-t-on ?
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a) La matrice de la rotation de 45∘ est R=2222−2222 et celle de l'homothétie est H=2I. La rotation étant appliquée en premier, elle se place à droite : A=HR=22222−2222=2222−2222=(11−11).
Ici l'ordre n'aurait rien changé, car une homothétie centrée à l'origine commute avec toute matrice : c'est un multiple de l'identité. C'est une exception, pas la règle, et il ne faut surtout pas en tirer une habitude.
b) det(A)=(1)(1)−(−1)(1)=1+1=2. Les aires sont donc multipliées par ∣det(A)∣=2. Cohérence avec la construction : la rotation ne change pas les aires, et l'homothétie de rapport 2 les multiplie par (2)2=2. Les deux raisonnements concordent.
c) T(0;0)=(0;0), T(1;0)=(1;1), T(1;1)=(1−1;1+1)=(0;2) et T(0;1)=(−1;1). L'image du carré unité est donc le quadrilatère de sommets (0;0), (1;1), (0;2) et (−1;1).
C'est bien un carré : les quatre côtés ont pour longueur 12+12=2, et deux côtés consécutifs issus de l'origine, (1;1) et (−1;1), ont un produit scalaire de (1)(−1)+(1)(1)=0, donc ils sont perpendiculaires. Le carré unité, tourné de 45∘ et agrandi d'un facteur 2, reste un carré.
Aire, première méthode : côté 2, donc aire =(2)2=2 unités d'aire. Deuxième méthode : ∣det(A)∣×1=2 unités d'aire, puisque le carré unité a une aire de 1. Les deux valeurs coïncident.
d) A2=(11−11)(11−11)=(1−11+1−1−1−1+1)=(02−20). On factorise : A2=2(01−10), c'est-à-dire l'homothétie de rapport 2 composée avec la rotation de 90∘.
C'est exactement ce qu'on attendait : appliquer deux fois une rotation de 45∘ donne 90∘, et appliquer deux fois une homothétie de rapport 2 donne un rapport (2)2=2. Les angles s'additionnent, les rapports se multiplient. Contrôle par le déterminant : det(A2)=(detA)2=4, et directement (0)(0)−(−2)(2)=4.
e) Pour une matrice 2×2 : A−1=det(A)1(1−111)=21(1−111). Antécédent de (3;5) : A−1(35)=21(3+5−3+5)=21(82)=(41). Vérification : T(4;1)=(4−1;4+1)=(3;5), conforme.
Géométriquement, A−1 est la rotation de −45∘ suivie de l'homothétie de rapport 21, ce qui défait exactement T.
f) Calculons le produit complexe : (x+iy)(1+i)=x+ix+iy+i2y=x+ix+iy−y=(x−y)+i(x+y). Ce nombre complexe a pour partie réelle x−y et pour partie imaginaire x+y. Or T(x;y)=A(xy)=(x−yx+y). Les deux résultats sont identiques : multiplier par 1+i dans le plan complexe, c'est appliquer T dans le plan réel.
Le module de 1+i vaut 12+12=2 et son argument vaut 45∘, puisque le point (1;1) est sur la bissectrice du premier quadrant. On retrouve exactement les deux paramètres de la construction de T : le module donne le rapport de l'homothétie, l'argument donne l'angle de la rotation.
C'est le pont entre les deux derniers chapitres de la session. Multiplier par un complexe de module r et d'argument θ, c'est composer une rotation de θ avec une homothétie de rapport r, et la formule de De Moivre (reiθ)n=rneinθ n'est rien d'autre que la version complexe du calcul de An mené en d). Quand un problème d'examen demande une puissance élevée d'une matrice de similitude, passer par les complexes est souvent le chemin le plus court.
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