Algèbre linéaire 201-SN4-RE (ancien 201-NYC) / Maths 105 • Complément québécois de Première et cégep à Montréal

Exercices corrigés : combinaisons linéaires, dépendance linéaire et bases (201-SN4-RE, ancien 201-NYC / Maths 105)

Voici la série d'exercices corrigés d'algèbre linéaire et géométrie vectorielle (cours 201-SN4-RE, ancien 201-NYC, aussi appelé Maths 105 selon le programme visé) sur les combinaisons linéaires, la dépendance linéaire et les bases. La partie A couvre les bases : composantes et norme d'un vecteur, écriture d'un vecteur comme combinaison linéaire de deux autres, test de dépendance ou d'indépendance linéaire, bases et coordonnées d'un vecteur dans une base non canonique, ainsi que l'extraction d'une base à partir d'une famille génératrice liée. La partie B monte au niveau examen : démonstrations d'indépendance, rôle du vecteur nul, unicité des coordonnées, un problème complet de changement de base, les propriétés des sous-familles et sur-familles, et un bilan vrai ou faux sur la dimension. La partie C ajoute cinq classiques : décomposer une force selon deux câbles, les coordonnées dans une base orthonormée, une famille à paramètre qui change de rang, les couleurs affichables d'un écran et les bases d'un réseau cristallin.

L'exercice 0.1 ouvre la série par dix calculs directs de combinaisons linéaires et de coordonnées, comme dans les listes des manuels : les coefficients aa et bb tels que w⃗=au⃗+bv⃗\vec{w}=a\vec{u}+b\vec{v} dans R2\mathbb{R}^{2}, entiers puis fractionnaires, le retour d'une base à la base canonique, les coordonnées dans une base orthogonale par produit scalaire, le test libre ou liée par le déterminant, la valeur de kk qui rend deux vecteurs colinéaires, les coordonnées dans une base de R3\mathbb{R}^{3} et la valeur de mm qui rend trois vecteurs liés, chacun avec une valeur à trouver et vérifiée en direct.

C'est le chapitre qui ouvre la session, et c'est aussi celui que les étudiants sous-estiment le plus. Les calculs y sont courts, donc tout le monde croit avoir compris. Puis l'évaluation demande de justifier qu'une famille est libre, ou de trouver le paramètre qui rend trois vecteurs dépendants, et l'écart se creuse. Le vocabulaire ici n'est pas décoratif : chaque mot correspond à un calcul précis.

Le réflexe à installer tout de suite : la question « est-ce que ce vecteur est une combinaison linéaire des autres ? » est toujours la question « est-ce que ce système a une solution ? ». Vous ne devinez pas les coefficients, vous les résolvez. Et le déterminant tranche en une ligne ce qu'un système résout en dix.

Cette série existe aussi en anglais →

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Ce chapitre fait partie de Algèbre linéaire et géométrie vectorielle 201-SN4-RE (ancien 201-NYC)
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (9 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1 Systèmes d'équations : comparaison et graphique Secondaire 3
  2. 2 Théorème de Pythagore et réciproque Secondaire 3
  3. 3 Les équations et les inéquations Secondaire 4
  4. 4 Les systèmes d'équations Secondaire 4
  5. 5 Relations métriques et trigonométrie du triangle rectangle Secondaire 4
  6. 6 Les vecteurs et la géométrie vectorielle Secondaire 5
  7. 7 Vecteurs dans l'espace : les trois produits
  8. 8 Matrices, systèmes et déterminants
  9. 9 Systèmes linéaires : Gauss et Gauss-Jordan

Rappel de cours

  • • Combinaison linéaire : w⃗\vec{w} est une combinaison linéaire de u⃗\vec{u} et v⃗\vec{v} s'il existe des scalaires aa et bb tels que w⃗=au⃗+bv⃗\vec{w}=a\vec{u}+b\vec{v}. Chercher aa et bb revient toujours à résoudre un système d'équations linéaires, une équation par composante.
  • • Famille libre (indépendante) : {v1⃗; … ; vn⃗}\{\vec{v_{1}};\ \dots;\ \vec{v_{n}}\} est libre si la seule façon d'écrire a1v1⃗+⋯+anvn⃗=0⃗a_{1}\vec{v_{1}}+\dots+a_{n}\vec{v_{n}}=\vec{0} est de prendre tous les aia_{i} nuls. Sinon la famille est liée (dépendante), et au moins un vecteur s'exprime en fonction des autres.
  • • Test rapide par le déterminant : nn vecteurs de Rn\mathbb{R}^{n} sont linéairement indépendants si et seulement si le déterminant de la matrice formée par leurs composantes est non nul. Dans R2\mathbb{R}^{2} : deux vecteurs sont liés si et seulement s'ils sont colinéaires.
  • • Base de Rn\mathbb{R}^{n} : une famille de nn vecteurs à la fois libre et génératrice. Dans Rn\mathbb{R}^{n}, toute famille libre de nn vecteurs est automatiquement une base, ce qui suffit à ramener la vérification à un seul déterminant non nul.
  • • Cardinalité et dimension : dans Rn\mathbb{R}^{n}, toute famille libre compte au plus nn vecteurs, toute famille génératrice au moins nn, et une base exactement nn. En particulier, plus de nn vecteurs dans Rn\mathbb{R}^{n} forment toujours une famille liée, sans aucun calcul.
  • • Coordonnées dans une base B={e1⃗; … ; en⃗}\mathcal{B}=\{\vec{e_{1}};\ \dots;\ \vec{e_{n}}\} : ce sont les scalaires (a1; … ; an)(a_{1};\ \dots;\ a_{n}) tels que v⃗=a1e1⃗+⋯+anen⃗\vec{v}=a_{1}\vec{e_{1}}+\dots+a_{n}\vec{e_{n}}. Elles sont uniques, et elles dépendent de la base choisie : le même vecteur n'a pas les mêmes coordonnées dans deux bases différentes.
  • • Vecteur unitaire de même direction et de même sens que v⃗\vec{v} : v⃗∥v⃗∥\dfrac{\vec{v}}{\|\vec{v}\|}. Pour obtenir un vecteur de norme kk et de sens opposé, on prend −k v⃗∥v⃗∥-k\,\dfrac{\vec{v}}{\|\vec{v}\|}.

Calculs : coefficients, coordonnées et déterminants

Exercice 0.1 : Trouver les coefficients d'une combinaison linéaire : dix calculs directs

Pour chaque ligne, calculez les coefficients, les composantes, le déterminant ou le paramètre demandé. Les fractions se donnent exactes, sous la forme −34-\frac{3}{4} ou −3/4-3/4.

Une seule question se cache derrière chaque ligne : le système au⃗+bv⃗ (+cw⃗)=t⃗a\vec{u}+b\vec{v}\,(+c\vec{w})=\vec{t} a-t-il une solution, et laquelle ? On écrit une équation par composante, puis on résout par substitution, en commençant par l'équation qui contient le moins d'inconnues. Le déterminant des vecteurs tranche d'avance : non nul, la famille est libre et la solution unique ; nul, la famille est liée. Dans une base orthogonale, chaque coordonnée se lit directement par un produit scalaire.

  • a) u⃗=(3; −2)\vec{u}=(3;\ -2) et v⃗=(1; 4)\vec{v}=(1;\ 4) : trouvez aa et bb tels que (5; −8)=au⃗+bv⃗(5;\ -8)=a\vec{u}+b\vec{v}.
  • b) u⃗=(2; 5)\vec{u}=(2;\ 5) et v⃗=(−1; 3)\vec{v}=(-1;\ 3) : trouvez aa et bb tels que (4; 1)=au⃗+bv⃗(4;\ 1)=a\vec{u}+b\vec{v}.
  • c) Un vecteur a pour coordonnées (−2; 3)(-2;\ 3) dans la base {(1; −2); (4; 1)}\{(1;\ -2);\ (4;\ 1)\} : donnez ses deux composantes dans la base canonique.
  • d) Dans la base orthogonale f1⃗=(2; 3)\vec{f_{1}}=(2;\ 3), f2⃗=(−3; 2)\vec{f_{2}}=(-3;\ 2), donnez les coordonnées aa et bb de w⃗=(4; 19)\vec{w}=(4;\ 19) par deux produits scalaires.
  • e) Calculez le déterminant de p⃗=(6; −9)\vec{p}=(6;\ -9) et q⃗=(−4; 6)\vec{q}=(-4;\ 6), puis dites si la famille {p⃗; q⃗}\{\vec{p};\ \vec{q}\} est libre ou liée.
  • f) Trouvez les valeurs de kk pour lesquelles (k; 3)(k;\ 3) et (4; k+4)(4;\ k+4) sont colinéaires.
  • g) Dans la base {(1; 0; 0); (2; 1; 0); (−1; 3; 1)}\{(1;\ 0;\ 0);\ (2;\ 1;\ 0);\ (-1;\ 3;\ 1)\} de R3\mathbb{R}^{3}, trouvez aa, bb, cc tels que (4; −1; 2)=a(1; 0; 0)+b(2; 1; 0)+c(−1; 3; 1)(4;\ -1;\ 2)=a(1;\ 0;\ 0)+b(2;\ 1;\ 0)+c(-1;\ 3;\ 1), puis donnez aa et bb.
  • h) Trouvez aa, bb, cc tels que (0; 6; 6)=a(1; −1; 2)+b(2; 1; 1)+c(0; 3; 1)(0;\ 6;\ 6)=a(1;\ -1;\ 2)+b(2;\ 1;\ 1)+c(0;\ 3;\ 1), puis donnez aa et cc.
  • i) Calculez le déterminant des vecteurs (2; −1; 1)(2;\ -1;\ 1), (1; 3; −2)(1;\ 3;\ -2) et (5; 1; 1)(5;\ 1;\ 1), puis dites si la famille est libre ou liée.
  • j) Trouvez la valeur de mm pour laquelle les vecteurs (1; m; 0)(1;\ m;\ 0), (0; 1; 2)(0;\ 1;\ 2) et (2; 1; m)(2;\ 1;\ m) sont liés.

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a)
b)
c)
d)
e)
f)
g)
h)
i)
j)
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Réponses

  • a) (5; −8)=2u⃗−v⃗(5;\ -8)=2\vec{u}-\vec{v} ; a=2a=2, b=−1b=-1
  • b) a=1311a=\frac{13}{11}, b=−1811b=-\frac{18}{11}
  • c) −2(1; −2)+3(4; 1)=(10; 7)-2(1;\ -2)+3(4;\ 1)=(10;\ 7)
  • d) a=6513=5a=\frac{65}{13}=5, b=2613=2b=\frac{26}{13}=2
  • e) det⁡=0\det=0 ; liée, q⃗=−23p⃗\vec{q}=-\frac{2}{3}\vec{p}
  • f) (k+6)(k−2)=0(k+6)(k-2)=0 ; k=−6k=-6 ou k=2k=2
  • g) c=2c=2, b=−7b=-7, a=20a=20
  • h) a=2a=2, b=−1b=-1, c=3c=3
  • i) det⁡=7\det=7 ; libre
  • j) 5m−2=05m-2=0 ; m=25m=\frac{2}{5}

Le geste qui décide de tout : écrire UNE équation par composante avant de chercher quoi que ce soit. Les coefficients ne se devinent pas, ils se résolvent, et une solution se vérifie toujours en recomposant le vecteur cible.

a)

3a+b=53a+b=5 et −2a+4b=−8-2a+4b=-8. La première donne b=5−3ab=5-3a ; dans la seconde, −2a+20−12a=−8-2a+20-12a=-8, donc −14a=−28-14a=-28, a=2a=2 et b=−1b=-1. Vérification : 2(3; −2)−(1; 4)=(5; −8)2(3;\ -2)-(1;\ 4)=(5;\ -8).

b)

2a−b=42a-b=4 et 5a+3b=15a+3b=1. La première donne b=2a−4b=2a-4 ; dans la seconde, 5a+6a−12=15a+6a-12=1, donc a=1311a=\frac{13}{11} et b=2611−4411=−1811b=\frac{26}{11}-\frac{44}{11}=-\frac{18}{11}. Le déterminant 2(3)−(−1)(5)=112(3)-(-1)(5)=11 annonçait ce dénominateur. Piège : arrondir en cours de route ; on garde les fractions jusqu'au bout.

c)

Les coordonnées sont les coefficients : −2(1; −2)+3(4; 1)=(−2+12; 4+3)=(10; 7)-2(1;\ -2)+3(4;\ 1)=(-2+12;\ 4+3)=(10;\ 7). Piège : −2×(−2)=+4-2\times(-2)=+4 dans la deuxième composante.

d)

f1⃗⋅f2⃗=−6+6=0\vec{f_{1}}\cdot\vec{f_{2}}=-6+6=0 : la base est orthogonale, et ∥f1⃗∥2=∥f2⃗∥2=13\|\vec{f_{1}}\|^{2}=\|\vec{f_{2}}\|^{2}=13. Donc a=w⃗⋅f1⃗∥f1⃗∥2=8+5713=5a=\frac{\vec{w}\cdot\vec{f_{1}}}{\|\vec{f_{1}}\|^{2}}=\frac{8+57}{13}=5 et b=w⃗⋅f2⃗∥f2⃗∥2=−12+3813=2b=\frac{\vec{w}\cdot\vec{f_{2}}}{\|\vec{f_{2}}\|^{2}}=\frac{-12+38}{13}=2. Piège : diviser par la norme 13\sqrt{13} au lieu de son carré.

e)

det⁡(p⃗,q⃗)=6(6)−(−9)(−4)=36−36=0\det(\vec{p},\vec{q})=6(6)-(-9)(-4)=36-36=0 : la famille est liée. En effet, q⃗=−23p⃗\vec{q}=-\frac{2}{3}\vec{p}. Piège : (−9)(−4)=+36(-9)(-4)=+36, que l'on retranche.

f)

Colinéaires si et seulement si le déterminant est nul : k(k+4)−3(4)=k2+4k−12=(k+6)(k−2)=0k(k+4)-3(4)=k^{2}+4k-12=(k+6)(k-2)=0, donc k=−6k=-6 ou k=2k=2. Vérification : (2; 3)(2;\ 3) et (4; 6)(4;\ 6), puis (−6; 3)(-6;\ 3) et (4; −2)(4;\ -2), sont bien proportionnels. Piège : n'en garder qu'une.

g)

La base est triangulaire : on remonte depuis la dernière composante. zz : c=2c=2. yy : b+3c=−1b+3c=-1, donc b=−7b=-7. xx : a+2b−c=4a+2b-c=4, donc a=4+14+2=20a=4+14+2=20. Vérification : 20(1; 0; 0)−7(2; 1; 0)+2(−1; 3; 1)=(4; −1; 2)20(1;\ 0;\ 0)-7(2;\ 1;\ 0)+2(-1;\ 3;\ 1)=(4;\ -1;\ 2). Piège : oublier le −c-c de la première ligne, ce qui donne a=18a=18.

h)

a+2b=0a+2b=0, −a+b+3c=6-a+b+3c=6, 2a+b+c=62a+b+c=6. La première donne a=−2ba=-2b ; les deux autres deviennent 3b+3c=63b+3c=6 et −3b+c=6-3b+c=6. En soustrayant, 4b=−44b=-4, donc b=−1b=-1, c=3c=3 et a=2a=2. Vérification : 2(1; −1; 2)−(2; 1; 1)+3(0; 3; 1)=(0; 6; 6)2(1;\ -1;\ 2)-(2;\ 1;\ 1)+3(0;\ 3;\ 1)=(0;\ 6;\ 6).

i)

Par la première ligne : 2∣3−211∣−(−1)∣1−251∣+1∣1351∣=2(5)+1(11)+1(−14)=72\begin{vmatrix} 3 & -2 \\ 1 & 1 \end{vmatrix}-(-1)\begin{vmatrix} 1 & -2 \\ 5 & 1 \end{vmatrix}+1\begin{vmatrix} 1 & 3 \\ 5 & 1 \end{vmatrix}=2(5)+1(11)+1(-14)=7. Non nul : la famille est libre. Piège : le signe moins devant le deuxième cofacteur.

j)

∣1m001221m∣=1(m−2)−m(0−4)+0=5m−2\begin{vmatrix} 1 & m & 0 \\ 0 & 1 & 2 \\ 2 & 1 & m \end{vmatrix}=1(m-2)-m(0-4)+0=5m-2. Liés si et seulement si 5m−2=05m-2=0, donc m=25m=\frac{2}{5}. Piège : −m(0−4)=+4m-m(0-4)=+4m.

Contrôle : à chaque ligne, on recompose la combinaison avec les coefficients trouvés et l'on doit retomber exactement sur le vecteur cible. Pour un déterminant nul, on cherche le multiple ou la combinaison qui le rend nul, comme q⃗=−23p⃗\vec{q}=-\frac{2}{3}\vec{p} en e).

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Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Composantes, norme et opérations dans le plan

On considère les points A(−2; 3)A(-2;\ 3), B(1; 7)B(1;\ 7) et C(−10; 9)C(-10;\ 9) du plan.

−11−10−9−8−7−6−5−4−3−2−11212345678910ABC
  • a) Déterminez les composantes des vecteurs AB⃗\vec{AB} et AC⃗\vec{AC}, puis calculez leurs normes.
  • b) Déterminez les composantes du vecteur 2AB⃗−3AC⃗2\vec{AB}-3\vec{AC}.
  • c) Les vecteurs AB⃗\vec{AB} et AC⃗\vec{AC} sont-ils colinéaires ? Justifiez par le calcul.
  • d) Déterminez le vecteur w⃗\vec{w} de norme 1515, de même direction que AB⃗\vec{AB} mais de sens opposé.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) AB⃗=(3;4)\vec{AB}=(3;4), norme 5 ; AC⃗=(−8;6)\vec{AC}=(-8;6), norme 10
  • b) (30; −10)(30;\ -10)
  • c) Non : déterminant 50≠050\neq 0
  • d) w⃗=(−9; −12)\vec{w}=(-9;\ -12)
a)

AB⃗=(1−(−2); 7−3)=(3; 4)\vec{AB}=(1-(-2);\ 7-3)=(3;\ 4) et AC⃗=(−10−(−2); 9−3)=(−8; 6)\vec{AC}=(-10-(-2);\ 9-3)=(-8;\ 6). Les normes valent ∥AB⃗∥=32+42=9+16=25=5\|\vec{AB}\|=\sqrt{3^{2}+4^{2}}=\sqrt{9+16}=\sqrt{25}=5 et ∥AC⃗∥=(−8)2+62=64+36=100=10\|\vec{AC}\|=\sqrt{(-8)^{2}+6^{2}}=\sqrt{64+36}=\sqrt{100}=10.

b)

2AB⃗=(6; 8)2\vec{AB}=(6;\ 8) et 3AC⃗=(−24; 18)3\vec{AC}=(-24;\ 18), donc 2AB⃗−3AC⃗=(6−(−24); 8−18)=(30; −10)2\vec{AB}-3\vec{AC}=(6-(-24);\ 8-18)=(30;\ -10).

c)

Deux vecteurs du plan sont colinéaires si et seulement si leur déterminant est nul : ∣3−846∣=(3)(6)−(−8)(4)=18+32=50≠0\begin{vmatrix} 3 & -8 \\ 4 & 6 \end{vmatrix}=(3)(6)-(-8)(4)=18+32=50\neq 0. Ils ne sont donc PAS colinéaires. Le piège du chapitre est ici : ∥AC⃗∥\|\vec{AC}\| vaut exactement le double de ∥AB⃗∥\|\vec{AB}\|, ce qui pousse beaucoup d'étudiants à conclure trop vite que AC⃗=2AB⃗\vec{AC}=2\vec{AB}. La norme ne dit rien sur la direction. Comparaison des rapports de composantes : −83≠64\dfrac{-8}{3}\neq\dfrac{6}{4}, même conclusion.

d)

Le vecteur unitaire de AB⃗\vec{AB} est AB⃗5=(35; 45)\dfrac{\vec{AB}}{5}=\left(\dfrac{3}{5};\ \dfrac{4}{5}\right). Pour une norme 1515 et un sens opposé, on multiplie par −15-15 : w⃗=−15(35; 45)=(−9; −12)\vec{w}=-15\left(\dfrac{3}{5};\ \dfrac{4}{5}\right)=(-9;\ -12). Vérification : ∥w⃗∥=81+144=225=15\|\vec{w}\|=\sqrt{81+144}=\sqrt{225}=15, et w⃗=−3AB⃗\vec{w}=-3\vec{AB} est bien colinéaire à AB⃗\vec{AB}, de coefficient négatif donc de sens opposé.

Exercice 2 : Combinaison linéaire et système associé

On considère les vecteurs u⃗=(2; 1)\vec{u}=(2;\ 1) et v⃗=(1; 3)\vec{v}=(1;\ 3) du plan.

−4−3−2−1123456789−6−4−224681012uvwt
  • a) Écrivez w⃗=(7; 11)\vec{w}=(7;\ 11) comme combinaison linéaire de u⃗\vec{u} et v⃗\vec{v}, c'est-à-dire trouvez les scalaires aa et bb tels que w⃗=au⃗+bv⃗\vec{w}=a\vec{u}+b\vec{v}.
  • b) Faites de même pour t⃗=(5; −5)\vec{t}=(5;\ -5).
  • c) Expliquez pourquoi TOUT vecteur du plan peut s'écrire comme combinaison linéaire de u⃗\vec{u} et v⃗\vec{v}, et dites en une phrase ce que cela signifie pour la famille {u⃗; v⃗}\{\vec{u};\ \vec{v}\}.
  • d) Dans l'espace maintenant, soit p⃗=(1; 2; 1)\vec{p}=(1;\ 2;\ 1) et q⃗=(0; 1; 2)\vec{q}=(0;\ 1;\ 2). Le vecteur r⃗=(1; 5; 7)\vec{r}=(1;\ 5;\ 7) est-il une combinaison linéaire de p⃗\vec{p} et q⃗\vec{q} ? Et le vecteur s⃗=(2; 3; 1)\vec{s}=(2;\ 3;\ 1) ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) w⃗=2u⃗+3v⃗\vec{w}=2\vec{u}+3\vec{v}
  • b) t⃗=4u⃗−3v⃗\vec{t}=4\vec{u}-3\vec{v}
  • c) Déterminant 5 : base de R2\mathbb{R}^2
  • d) r⃗=p⃗+3q⃗\vec{r}=\vec{p}+3\vec{q} ; s⃗\vec{s} non
a)

L'égalité a(2; 1)+b(1; 3)=(7; 11)a(2;\ 1)+b(1;\ 3)=(7;\ 11) donne une équation par composante : {2a+b=7a+3b=11\begin{cases} 2a+b=7 \\ a+3b=11 \end{cases}. De la première, b=7−2ab=7-2a. En substituant : a+3(7−2a)=11a+3(7-2a)=11, soit a+21−6a=11a+21-6a=11, donc −5a=−10-5a=-10 et a=2a=2, puis b=7−4=3b=7-4=3. Vérification : 2(2; 1)+3(1; 3)=(4+3; 2+9)=(7; 11)2(2;\ 1)+3(1;\ 3)=(4+3;\ 2+9)=(7;\ 11). Donc w⃗=2u⃗+3v⃗\vec{w}=2\vec{u}+3\vec{v}.

b)

Même méthode : {2a+b=5a+3b=−5\begin{cases} 2a+b=5 \\ a+3b=-5 \end{cases}. De la première, b=5−2ab=5-2a, d'où a+15−6a=−5a+15-6a=-5, soit −5a=−20-5a=-20 et a=4a=4, puis b=5−8=−3b=5-8=-3. Vérification : 4(2; 1)−3(1; 3)=(8−3; 4−9)=(5; −5)4(2;\ 1)-3(1;\ 3)=(8-3;\ 4-9)=(5;\ -5). Donc t⃗=4u⃗−3v⃗\vec{t}=4\vec{u}-3\vec{v}. Un coefficient négatif est parfaitement normal, ce n'est pas un signe d'erreur.

c)

Pour un vecteur quelconque (x; y)(x;\ y), le système s'écrit {2a+b=xa+3b=y\begin{cases} 2a+b=x \\ a+3b=y \end{cases}. Son déterminant vaut ∣2113∣=6−1=5≠0\begin{vmatrix} 2 & 1 \\ 1 & 3 \end{vmatrix}=6-1=5\neq 0, donc le système admet une solution unique quel que soit le membre de droite. Tout vecteur du plan s'écrit donc, et d'une seule façon, comme combinaison linéaire de u⃗\vec{u} et v⃗\vec{v} : la famille {u⃗; v⃗}\{\vec{u};\ \vec{v}\} est génératrice de R2\mathbb{R}^{2}, et comme elle est libre (déterminant non nul), c'est une base de R2\mathbb{R}^{2}.

d)

Pour r⃗\vec{r} : a(1; 2; 1)+b(0; 1; 2)=(1; 5; 7)a(1;\ 2;\ 1)+b(0;\ 1;\ 2)=(1;\ 5;\ 7) donne trois équations. La première impose a=1a=1. La deuxième donne 2(1)+b=52(1)+b=5, donc b=3b=3. Il reste à VÉRIFIER la troisième, qui n'a servi à rien jusqu'ici : a+2b=1+6=7a+2b=1+6=7, ce qui est bien la troisième composante. Donc r⃗=p⃗+3q⃗\vec{r}=\vec{p}+3\vec{q}, oui.

Pour s⃗\vec{s} : la première équation impose a=2a=2, la deuxième donne 2(2)+b=32(2)+b=3 donc b=−1b=-1. Test de la troisième : a+2b=2−2=0a+2b=2-2=0, alors que la troisième composante de s⃗\vec{s} vaut 11. Contradiction, le système est incompatible : s⃗\vec{s} n'est PAS une combinaison linéaire de p⃗\vec{p} et q⃗\vec{q}. C'est le point à ne pas manquer dans l'espace : avec trois équations et deux inconnues, il y a une équation de trop, et c'est elle qui décide. Ne jamais s'arrêter dès que aa et bb sont trouvés.

−4−3−2−1123456789−6−4−224681012uv2u4uwt

Exercice 3 : Dépendance et indépendance linéaire

Cet exercice porte sur le test d'indépendance linéaire dans R3\mathbb{R}^{3}. On rappelle que trois vecteurs de R3\mathbb{R}^{3} sont linéairement indépendants si et seulement si le déterminant formé par leurs composantes est non nul.

  • a) Soit u⃗=(1; 2; −1)\vec{u}=(1;\ 2;\ -1), v⃗=(2; −1; 3)\vec{v}=(2;\ -1;\ 3) et w⃗=(4; 3; 1)\vec{w}=(4;\ 3;\ 1). Montrez que w⃗\vec{w} est une combinaison linéaire de u⃗\vec{u} et v⃗\vec{v}, et concluez sur la nature de la famille {u⃗; v⃗; w⃗}\{\vec{u};\ \vec{v};\ \vec{w}\}.
  • b) Retrouvez la conclusion de a) en une seule ligne, par le calcul du déterminant.
  • c) La famille {(1; 0; 2); (0; 1; −1); (2; 1; 1)}\{(1;\ 0;\ 2);\ (0;\ 1;\ -1);\ (2;\ 1;\ 1)\} est-elle libre ou liée ? Justifiez.
  • d) Déterminez la valeur de mm pour laquelle la famille {(1; 2; −1); (2; −1; 3); (0; 5; m)}\{(1;\ 2;\ -1);\ (2;\ -1;\ 3);\ (0;\ 5;\ m)\} est liée.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) w⃗=2u⃗+v⃗\vec{w}=2\vec{u}+\vec{v} : liée
  • b) Déterminant nul
  • c) Déterminant −2-2 : libre
  • d) m=−5m=-5
a)

On cherche aa et bb tels que au⃗+bv⃗=w⃗a\vec{u}+b\vec{v}=\vec{w}, soit {a+2b=42a−b=3−a+3b=1\begin{cases} a+2b=4 \\ 2a-b=3 \\ -a+3b=1 \end{cases}. Les deux premières donnent a=4−2ba=4-2b puis 2(4−2b)−b=32(4-2b)-b=3, soit 8−5b=38-5b=3, donc b=1b=1 et a=2a=2. Test de la troisième équation : −2+3(1)=1-2+3(1)=1, elle est satisfaite. Donc w⃗=2u⃗+v⃗\vec{w}=2\vec{u}+\vec{v}. Puisqu'un des trois vecteurs s'exprime en fonction des deux autres, la famille est LIÉE (linéairement dépendante). On peut d'ailleurs écrire la relation de dépendance sous sa forme canonique : 2u⃗+v⃗−w⃗=0⃗2\vec{u}+\vec{v}-\vec{w}=\vec{0}, une combinaison nulle à coefficients non tous nuls.

b)

∣12−12−13431∣=1((−1)(1)−(3)(3))−2((2)(1)−(3)(4))+(−1)((2)(3)−(−1)(4))\begin{vmatrix} 1 & 2 & -1 \\ 2 & -1 & 3 \\ 4 & 3 & 1 \end{vmatrix}=1\big((-1)(1)-(3)(3)\big)-2\big((2)(1)-(3)(4)\big)+(-1)\big((2)(3)-(-1)(4)\big). Cela donne 1(−1−9)−2(2−12)−1(6+4)=−10+20−10=01(-1-9)-2(2-12)-1(6+4)=-10+20-10=0. Le déterminant est nul, donc la famille est liée. Une ligne suffit là où a) demandait un système complet : sur un examen chronométré, c'est cette méthode qu'il faut réflexe, en gardant la première pour quand on vous demande explicitement la relation de dépendance.

c)

∣10201−1211∣=1((1)(1)−(−1)(1))−0((0)(1)−(−1)(2))+2((0)(1)−(1)(2))=1(2)−0+2(−2)=2−4=−2\begin{vmatrix} 1 & 0 & 2 \\ 0 & 1 & -1 \\ 2 & 1 & 1 \end{vmatrix}=1\big((1)(1)-(-1)(1)\big)-0\big((0)(1)-(-1)(2)\big)+2\big((0)(1)-(1)(2)\big)=1(2)-0+2(-2)=2-4=-2. Le déterminant vaut −2≠0-2\neq 0, donc la famille est LIBRE. Étant libre et comportant trois vecteurs dans R3\mathbb{R}^{3}, c'est aussi une base de R3\mathbb{R}^{3}.

d)

∣12−12−1305m∣=1((−1)(m)−(3)(5))−2((2)(m)−(3)(0))+(−1)((2)(5)−(−1)(0))\begin{vmatrix} 1 & 2 & -1 \\ 2 & -1 & 3 \\ 0 & 5 & m \end{vmatrix}=1\big((-1)(m)-(3)(5)\big)-2\big((2)(m)-(3)(0)\big)+(-1)\big((2)(5)-(-1)(0)\big). Cela donne (−m−15)−2(2m)−1(10)=−m−15−4m−10=−5m−25(-m-15)-2(2m)-1(10)=-m-15-4m-10=-5m-25. La famille est liée quand le déterminant s'annule : −5m−25=0-5m-25=0, donc m=−5m=-5. Vérification : avec m=−5m=-5, le troisième vecteur est (0; 5; −5)(0;\ 5;\ -5), et on constate que 2(1; 2; −1)−(2; −1; 3)=(0; 5; −5)2(1;\ 2;\ -1)-(2;\ -1;\ 3)=(0;\ 5;\ -5), la relation de dépendance est explicite.

uvw = 2u + vliéeabclibre

Exercice 4 : Bases et coordonnées d'un vecteur

Dans le plan, on considère la famille B={e1⃗; e2⃗}\mathcal{B}=\{\vec{e_{1}};\ \vec{e_{2}}\} avec e1⃗=(1; 1)\vec{e_{1}}=(1;\ 1) et e2⃗=(1; −1)\vec{e_{2}}=(1;\ -1).

−1123456−2−11234e₁e₂v
  • a) Montrez que B\mathcal{B} est une base de R2\mathbb{R}^{2}.
  • b) Déterminez les coordonnées du vecteur v⃗=(5; 1)\vec{v}=(5;\ 1) dans la base B\mathcal{B}.
  • c) Le vecteur t⃗\vec{t} a pour coordonnées (−2; 4)(-2;\ 4) dans la base B\mathcal{B}. Déterminez ses composantes dans la base canonique.
  • d) Dans R3\mathbb{R}^{3}, on admet que C={(1; 0; 0); (1; 1; 0); (1; 1; 1)}\mathcal{C}=\{(1;\ 0;\ 0);\ (1;\ 1;\ 0);\ (1;\ 1;\ 1)\} est une base. Déterminez les coordonnées de z⃗=(3; 5; 2)\vec{z}=(3;\ 5;\ 2) dans cette base.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Déterminant −2≠0-2\neq 0 : base
  • b) (3; 2)(3;\ 2)
  • c) (2; −6)(2;\ -6)
  • d) (−2; 3; 2)(-2;\ 3;\ 2)
a)

∣111−1∣=(1)(−1)−(1)(1)=−2≠0\begin{vmatrix} 1 & 1 \\ 1 & -1 \end{vmatrix}=(1)(-1)-(1)(1)=-2\neq 0, donc la famille est libre. Comme elle comporte deux vecteurs et que R2\mathbb{R}^{2} est de dimension 22, une famille libre de deux vecteurs y est automatiquement génératrice : B\mathcal{B} est une base de R2\mathbb{R}^{2}. C'est l'argument à connaître, il évite de démontrer séparément le caractère générateur.

b)

On cherche aa et bb tels que a(1; 1)+b(1; −1)=(5; 1)a(1;\ 1)+b(1;\ -1)=(5;\ 1), soit {a+b=5a−b=1\begin{cases} a+b=5 \\ a-b=1 \end{cases}. En additionnant : 2a=62a=6, donc a=3a=3, puis b=2b=2. Vérification : 3(1; 1)+2(1; −1)=(3+2; 3−2)=(5; 1)3(1;\ 1)+2(1;\ -1)=(3+2;\ 3-2)=(5;\ 1). Les coordonnées de v⃗\vec{v} dans B\mathcal{B} sont donc (3; 2)(3;\ 2). Notez bien que v⃗\vec{v} n'a pas changé : c'est le même vecteur du plan, décrit par deux couples de nombres différents selon la base. (5; 1)(5;\ 1) dans la base canonique, (3; 2)(3;\ 2) dans B\mathcal{B}.

c)

Ici le travail se fait dans l'autre sens, et c'est une simple substitution : t⃗=−2e1⃗+4e2⃗=−2(1; 1)+4(1; −1)=(−2+4; −2−4)=(2; −6)\vec{t}=-2\vec{e_{1}}+4\vec{e_{2}}=-2(1;\ 1)+4(1;\ -1)=(-2+4;\ -2-4)=(2;\ -6). Aucun système à résoudre. Reconnaître dans quel sens va la question fait gagner plusieurs minutes en examen : passer des coordonnées aux composantes est un calcul direct, l'inverse demande un système.

d)

On cherche c1c_{1}, c2c_{2}, c3c_{3} tels que c1(1; 0; 0)+c2(1; 1; 0)+c3(1; 1; 1)=(3; 5; 2)c_{1}(1;\ 0;\ 0)+c_{2}(1;\ 1;\ 0)+c_{3}(1;\ 1;\ 1)=(3;\ 5;\ 2), soit {c1+c2+c3=3c2+c3=5c3=2\begin{cases} c_{1}+c_{2}+c_{3}=3 \\ c_{2}+c_{3}=5 \\ c_{3}=2 \end{cases}. Le système est déjà échelonné, on remonte : c3=2c_{3}=2, puis c2=5−2=3c_{2}=5-2=3, puis c1=3−3−2=−2c_{1}=3-3-2=-2. Vérification : −2(1; 0; 0)+3(1; 1; 0)+2(1; 1; 1)=(−2+3+2; 3+2; 2)=(3; 5; 2)-2(1;\ 0;\ 0)+3(1;\ 1;\ 0)+2(1;\ 1;\ 1)=(-2+3+2;\ 3+2;\ 2)=(3;\ 5;\ 2). Les coordonnées cherchées sont (−2; 3; 2)(-2;\ 3;\ 2).

−1123456−2−11234e₁e₂3e₁2e₂v

Exercice 5 : Trop de vecteurs, famille génératrice liée et extraction d'une base

Dans le plan, on considère les trois vecteurs v1⃗=(1; 2)\vec{v_{1}}=(1;\ 2), v2⃗=(3; 1)\vec{v_{2}}=(3;\ 1) et v3⃗=(1; −3)\vec{v_{3}}=(1;\ -3).

−11234−4−3−2−1123v₁v₂v₃
  • a) Sans aucun calcul, expliquez pourquoi la famille {v1⃗; v2⃗; v3⃗}\{\vec{v_{1}};\ \vec{v_{2}};\ \vec{v_{3}}\} est nécessairement liée.
  • b) Exprimez v3⃗\vec{v_{3}} comme combinaison linéaire de v1⃗\vec{v_{1}} et v2⃗\vec{v_{2}}, puis écrivez la relation de dépendance sous la forme d'une combinaison nulle à coefficients non tous nuls.
  • c) La famille {v1⃗; v2⃗; v3⃗}\{\vec{v_{1}};\ \vec{v_{2}};\ \vec{v_{3}}\} est-elle génératrice de R2\mathbb{R}^{2} ? Justifiez.
  • d) Extrayez de cette famille une base de R2\mathbb{R}^{2}, puis donnez les coordonnées de v3⃗\vec{v_{3}} dans la base que vous avez choisie.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Trois vecteurs en dimension 2
  • b) v3⃗=−2v1⃗+v2⃗\vec{v_3}=-2\vec{v_1}+\vec{v_2}
  • c) Oui : génératrice et liée
  • d) Base {v1⃗;v2⃗}\{\vec{v_1};\vec{v_2}\} ; (−2; 1)(-2;\ 1)
a)

Ces trois vecteurs vivent dans R2\mathbb{R}^{2}, qui est de dimension 22. Or une famille libre de R2\mathbb{R}^{2} compte au plus deux vecteurs : dès qu'on en aligne trois, la famille est forcément liée. C'est un argument de cardinalité, aucun calcul n'est requis. Le réflexe à retenir : plus de vecteurs que la dimension entraîne toujours la dépendance.

b)

On cherche aa et bb tels que av1⃗+bv2⃗=v3⃗a\vec{v_{1}}+b\vec{v_{2}}=\vec{v_{3}}, soit {a+3b=12a+b=−3\begin{cases} a+3b=1 \\ 2a+b=-3 \end{cases}. En multipliant la première par 22 puis en soustrayant la seconde : 5b=55b=5, donc b=1b=1 et a=1−3=−2a=1-3=-2. Vérification : −2(1; 2)+(3; 1)=(−2+3; −4+1)=(1; −3)-2(1;\ 2)+(3;\ 1)=(-2+3;\ -4+1)=(1;\ -3). Donc v3⃗=−2v1⃗+v2⃗\vec{v_{3}}=-2\vec{v_{1}}+\vec{v_{2}}, et en faisant tout passer du même côté, la relation de dépendance s'écrit −2v1⃗+v2⃗−v3⃗=0⃗-2\vec{v_{1}}+\vec{v_{2}}-\vec{v_{3}}=\vec{0}, combinaison nulle dont les coefficients −2-2, 11, −1-1 ne sont pas tous nuls.

c)

Les vecteurs v1⃗\vec{v_{1}} et v2⃗\vec{v_{2}} ne sont pas colinéaires : ∣1321∣=(1)(1)−(3)(2)=−5≠0\begin{vmatrix} 1 & 3 \\ 2 & 1 \end{vmatrix}=(1)(1)-(3)(2)=-5\neq 0. À eux seuls ils forment déjà une base de R2\mathbb{R}^{2}, donc ils engendrent tout le plan. Ajouter v3⃗\vec{v_{3}} n'enlève rien : la famille {v1⃗; v2⃗; v3⃗}\{\vec{v_{1}};\ \vec{v_{2}};\ \vec{v_{3}}\} est donc génératrice de R2\mathbb{R}^{2}. Une même famille peut être à la fois génératrice et liée : engendrer et être libre sont deux propriétés distinctes, et c'est précisément le vecteur redondant v3⃗\vec{v_{3}} qui empêche la famille d'être une base.

d)

On retire le vecteur redondant v3⃗\vec{v_{3}} et on garde {v1⃗; v2⃗}\{\vec{v_{1}};\ \vec{v_{2}}\}, libre d'après c), donc une base de R2\mathbb{R}^{2}. Les coordonnées de v3⃗\vec{v_{3}} dans cette base se lisent directement sur la relation de b) : v3⃗=−2v1⃗+1v2⃗\vec{v_{3}}=-2\vec{v_{1}}+1\vec{v_{2}}, donc ses coordonnées dans {v1⃗; v2⃗}\{\vec{v_{1}};\ \vec{v_{2}}\} sont (−2; 1)(-2;\ 1).

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : Démonstrations : familles libres et vecteur nul

Cet exercice ne demande presque aucun calcul numérique : on y raisonne directement sur la définition d'une famille libre. On rappelle la définition : {v1⃗; … ; vn⃗}\{\vec{v_{1}};\ \dots;\ \vec{v_{n}}\} est libre si l'égalité a1v1⃗+⋯+anvn⃗=0⃗a_{1}\vec{v_{1}}+\dots+a_{n}\vec{v_{n}}=\vec{0} entraîne a1=⋯=an=0a_{1}=\dots=a_{n}=0.

  • a) Soit {u⃗; v⃗}\{\vec{u};\ \vec{v}\} une famille libre. Démontrez que la famille {u⃗+v⃗; u⃗−v⃗}\{\vec{u}+\vec{v};\ \vec{u}-\vec{v}\} est elle aussi libre.
  • b) Démontrez que toute famille contenant le vecteur nul est liée, quels que soient les autres vecteurs.
  • c) Démontrez que si w⃗\vec{w} est une combinaison linéaire de u⃗\vec{u} et v⃗\vec{v}, alors la famille {u⃗; v⃗; w⃗}\{\vec{u};\ \vec{v};\ \vec{w}\} est liée.
  • d) Vrai ou faux : si trois vecteurs de R3\mathbb{R}^{3} sont deux à deux non colinéaires, alors la famille qu'ils forment est libre. Justifiez, et donnez un contre-exemple explicite si l'énoncé est faux.

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d)
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Réponses

  • a) Coefficients a+b=a−b=0a+b=a-b=0 : libre
  • b) 1⋅0⃗=0⃗1\cdot\vec{0}=\vec{0} : liée
  • c) Coefficient −1-1 non nul : liée
  • d) Faux : (1;0;0)(1;0;0), (0;1;0)(0;1;0), (1;1;0)(1;1;0)
a)

On part d'une combinaison nulle de la nouvelle famille : a(u⃗+v⃗)+b(u⃗−v⃗)=0⃗a(\vec{u}+\vec{v})+b(\vec{u}-\vec{v})=\vec{0}. On regroupe selon u⃗\vec{u} et v⃗\vec{v} : (a+b)u⃗+(a−b)v⃗=0⃗(a+b)\vec{u}+(a-b)\vec{v}=\vec{0}. Or {u⃗; v⃗}\{\vec{u};\ \vec{v}\} est libre par hypothèse, donc les deux coefficients sont nuls : {a+b=0a−b=0\begin{cases} a+b=0 \\ a-b=0 \end{cases}. En additionnant, 2a=02a=0 donc a=0a=0, puis b=0b=0. La seule combinaison nulle est la combinaison triviale, donc {u⃗+v⃗; u⃗−v⃗}\{\vec{u}+\vec{v};\ \vec{u}-\vec{v}\} est libre. Le mécanisme de la démonstration est toujours le même : partir d'une combinaison nulle, regrouper sur la famille dont on connaît l'indépendance, et conclure.

b)

Supposons que la famille soit {0⃗; v2⃗; … ; vn⃗}\{\vec{0};\ \vec{v_{2}};\ \dots;\ \vec{v_{n}}\}. On peut écrire la combinaison 1⋅0⃗+0⋅v2⃗+⋯+0⋅vn⃗=0⃗1\cdot\vec{0}+0\cdot\vec{v_{2}}+\dots+0\cdot\vec{v_{n}}=\vec{0}. C'est bien une combinaison nulle, et pourtant le premier coefficient vaut 11, donc les coefficients ne sont pas tous nuls. La définition d'une famille libre est mise en défaut : la famille est liée. Conséquence pratique en examen : dès qu'un vecteur nul apparaît dans une famille, la réponse est immédiate, aucun déterminant à calculer.

c)

Par hypothèse, il existe des scalaires aa et bb tels que w⃗=au⃗+bv⃗\vec{w}=a\vec{u}+b\vec{v}. On fait passer tout du même côté : au⃗+bv⃗−w⃗=0⃗a\vec{u}+b\vec{v}-\vec{w}=\vec{0}. C'est une combinaison linéaire nulle des trois vecteurs, dont les coefficients sont aa, bb et −1-1. Le coefficient de w⃗\vec{w} vaut −1-1, qui n'est pas nul, donc les coefficients ne sont pas tous nuls, quelles que soient les valeurs de aa et bb. La famille {u⃗; v⃗; w⃗}\{\vec{u};\ \vec{v};\ \vec{w}\} est donc liée. C'est le coefficient −1-1 qui porte toute la démonstration.

d)

L'énoncé est FAUX. La colinéarité deux à deux ne teste que les paires, alors que la dépendance linéaire concerne la famille entière : un vecteur peut dépendre des DEUX autres sans être colinéaire à aucun d'eux pris isolément.

Contre-exemple explicite : a⃗=(1; 0; 0)\vec{a}=(1;\ 0;\ 0), b⃗=(0; 1; 0)\vec{b}=(0;\ 1;\ 0) et c⃗=(1; 1; 0)\vec{c}=(1;\ 1;\ 0). Aucune paire n'est colinéaire, on le vérifie sur les rapports de composantes : a⃗\vec{a} et b⃗\vec{b} ne sont manifestement pas proportionnels, c⃗\vec{c} n'est proportionnel ni à a⃗\vec{a} (deuxième composante) ni à b⃗\vec{b} (première composante). Pourtant c⃗=a⃗+b⃗\vec{c}=\vec{a}+\vec{b}, donc la famille est liée. Le déterminant le confirme : ∣100010110∣=0\begin{vmatrix} 1 & 0 & 0 \\ 0 & 1 & 0 \\ 1 & 1 & 0 \end{vmatrix}=0. Géométriquement, les trois vecteurs sont coplanaires, tous dans le plan z=0z=0.

La réciproque, elle, est vraie : si une famille est libre, alors ses vecteurs sont bien deux à deux non colinéaires. C'est une implication à sens unique, et l'examen la teste souvent dans le mauvais sens.

Exercice 7 : Problème : une base oblique de l'espace et l'unicité des coordonnées

Dans un repère orthonormé de l'espace, on considère les trois vecteurs u1⃗=(2; 1; 0)\vec{u_{1}}=(2;\ 1;\ 0), u2⃗=(0; 1; 1)\vec{u_{2}}=(0;\ 1;\ 1) et u3⃗=(1; 0; 2)\vec{u_{3}}=(1;\ 0;\ 2).

L'objectif est de montrer que ces trois vecteurs forment une base de R3\mathbb{R}^{3}, d'y lire les coordonnées de vecteurs donnés, et d'établir que ces coordonnées sont toujours uniques.

  • a) Montrez que B={u1⃗; u2⃗; u3⃗}\mathcal{B}=\{\vec{u_{1}};\ \vec{u_{2}};\ \vec{u_{3}}\} est une base de R3\mathbb{R}^{3}.
  • b) Déterminez les coordonnées du vecteur v⃗=(5; 3; 8)\vec{v}=(5;\ 3;\ 8) dans la base B\mathcal{B}.
  • c) Interprétez géométriquement la valeur absolue du déterminant calculé en a).
  • d) La base B\mathcal{B} est-elle orthogonale ? Justifiez par un calcul, et dites ce que cela change pour la lecture des coordonnées.
  • e) Sans résoudre de système, donnez les coordonnées de w⃗=(4; 2; 0)\vec{w}=(4;\ 2;\ 0) dans la base B\mathcal{B} et justifiez votre réponse en une phrase.
  • f) Démontrez que dans une base quelconque de R3\mathbb{R}^{3}, les coordonnées d'un vecteur sont uniques.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Déterminant 5 : base
  • b) (1; 2; 3)(1;\ 2;\ 3)
  • c) Volume 5
  • d) Non : u1⃗⋅u2⃗=1\vec{u_1}\cdot\vec{u_2}=1
  • e) (2; 0; 0)(2;\ 0;\ 0)
  • f) Différence nulle, famille libre : unicité
a)

On calcule le déterminant de la matrice dont les colonnes sont les composantes des trois vecteurs : ∣201110012∣=2((1)(2)−(0)(1))−0((1)(2)−(0)(0))+1((1)(1)−(1)(0))=2(2)−0+1(1)=5\begin{vmatrix} 2 & 0 & 1 \\ 1 & 1 & 0 \\ 0 & 1 & 2 \end{vmatrix}=2\big((1)(2)-(0)(1)\big)-0\big((1)(2)-(0)(0)\big)+1\big((1)(1)-(1)(0)\big)=2(2)-0+1(1)=5. Le déterminant vaut 5≠05\neq 0, donc la famille est libre. Trois vecteurs libres dans R3\mathbb{R}^{3}, qui est de dimension 33, forment une base. Donc B\mathcal{B} est bien une base de R3\mathbb{R}^{3}.

b)

On cherche aa, bb, cc tels que au1⃗+bu2⃗+cu3⃗=(5; 3; 8)a\vec{u_{1}}+b\vec{u_{2}}+c\vec{u_{3}}=(5;\ 3;\ 8), c'est-à-dire {2a+c=5a+b=3b+2c=8\begin{cases} 2a+c=5 \\ a+b=3 \\ b+2c=8 \end{cases}. De la première, c=5−2ac=5-2a. En reportant dans la troisième : b+2(5−2a)=8b+2(5-2a)=8, soit b=8−10+4a=4a−2b=8-10+4a=4a-2. En reportant dans la deuxième : a+4a−2=3a+4a-2=3, donc 5a=55a=5 et a=1a=1. Alors b=4−2=2b=4-2=2 et c=5−2=3c=5-2=3. Vérification complète : 1(2; 1; 0)+2(0; 1; 1)+3(1; 0; 2)=(2+0+3; 1+2+0; 0+2+6)=(5; 3; 8)1(2;\ 1;\ 0)+2(0;\ 1;\ 1)+3(1;\ 0;\ 2)=(2+0+3;\ 1+2+0;\ 0+2+6)=(5;\ 3;\ 8). Les coordonnées de v⃗\vec{v} dans B\mathcal{B} sont donc (1; 2; 3)(1;\ 2;\ 3).

c)

La valeur absolue du déterminant de trois vecteurs de l'espace est le volume du parallélépipède construit sur ces trois vecteurs. Ici ce volume vaut 55 unités de volume. La lecture est alors immédiate : un déterminant nul signifierait un parallélépipède aplati, donc trois vecteurs coplanaires, donc une famille liée qui ne peut pas engendrer tout l'espace. Le critère algébrique et le critère géométrique disent exactement la même chose.

d)

On teste l'orthogonalité deux à deux : u1⃗⋅u2⃗=(2)(0)+(1)(1)+(0)(1)=1≠0\vec{u_{1}}\cdot\vec{u_{2}}=(2)(0)+(1)(1)+(0)(1)=1\neq 0. Il suffit d'un seul produit scalaire non nul pour conclure : la base n'est PAS orthogonale, c'est une base oblique. Ce que cela change : dans une base orthonormée, chaque coordonnée se lit directement par un produit scalaire, ai=v⃗⋅ei⃗a_{i}=\vec{v}\cdot\vec{e_{i}}. Ce raccourci est ici invalide, et l'utiliser quand même est une erreur classique. Dans une base oblique, il faut résoudre le système, comme en b). Vérifions sur v⃗\vec{v} : v⃗⋅u1⃗=10+3+0=13\vec{v}\cdot\vec{u_{1}}=10+3+0=13, alors que la première coordonnée vaut 11. Le raccourci donnerait n'importe quoi.

e)

On remarque que w⃗=(4; 2; 0)=2(2; 1; 0)=2u1⃗\vec{w}=(4;\ 2;\ 0)=2(2;\ 1;\ 0)=2\vec{u_{1}}. Le vecteur w⃗\vec{w} est colinéaire à u1⃗\vec{u_{1}}, donc ses coordonnées dans B\mathcal{B} sont (2; 0; 0)(2;\ 0;\ 0). Aucun système n'est nécessaire : reconnaître une colinéarité avec un vecteur de la base donne directement le résultat, et par unicité des coordonnées (question f), c'est nécessairement la bonne réponse.

f)

Soit B={e1⃗; e2⃗; e3⃗}\mathcal{B}=\{\vec{e_{1}};\ \vec{e_{2}};\ \vec{e_{3}}\} une base de R3\mathbb{R}^{3} et v⃗\vec{v} un vecteur quelconque. Supposons que v⃗\vec{v} admette deux écritures : v⃗=a1e1⃗+a2e2⃗+a3e3⃗\vec{v}=a_{1}\vec{e_{1}}+a_{2}\vec{e_{2}}+a_{3}\vec{e_{3}} et v⃗=b1e1⃗+b2e2⃗+b3e3⃗\vec{v}=b_{1}\vec{e_{1}}+b_{2}\vec{e_{2}}+b_{3}\vec{e_{3}}. En soustrayant membre à membre : (a1−b1)e1⃗+(a2−b2)e2⃗+(a3−b3)e3⃗=0⃗(a_{1}-b_{1})\vec{e_{1}}+(a_{2}-b_{2})\vec{e_{2}}+(a_{3}-b_{3})\vec{e_{3}}=\vec{0}. Or une base est en particulier une famille libre, donc tous les coefficients de cette combinaison nulle sont nuls : a1−b1=a2−b2=a3−b3=0a_{1}-b_{1}=a_{2}-b_{2}=a_{3}-b_{3}=0, c'est-à-dire a1=b1a_{1}=b_{1}, a2=b2a_{2}=b_{2} et a3=b3a_{3}=b_{3}. Les deux écritures sont donc identiques : les coordonnées sont uniques.

C'est exactement l'indépendance linéaire qui porte l'unicité, et le caractère générateur qui porte l'existence. Une base sert aux deux à la fois, et c'est pour cela qu'on exige les deux propriétés dans la définition.

Exercice 8 : Problème : changement de base et coordonnées

Dans R2\mathbb{R}^{2}, on considère les deux bases B1={f1⃗; f2⃗}\mathcal{B_{1}}=\{\vec{f_{1}};\ \vec{f_{2}}\} et B2={g1⃗; g2⃗}\mathcal{B_{2}}=\{\vec{g_{1}};\ \vec{g_{2}}\}, avec f1⃗=(1; 1)\vec{f_{1}}=(1;\ 1), f2⃗=(1; 2)\vec{f_{2}}=(1;\ 2), g1⃗=(2; 1)\vec{g_{1}}=(2;\ 1) et g2⃗=(1; 1)\vec{g_{2}}=(1;\ 1).

Un vecteur v⃗\vec{v} a pour coordonnées (3; −1)(3;\ -1) dans la base B1\mathcal{B_{1}}.

−2−11234−11234f₂g₁f₁ = g₂
  • a) Vérifiez que B1\mathcal{B_{1}} et B2\mathcal{B_{2}} sont bien deux bases de R2\mathbb{R}^{2}, puis déterminez les composantes de v⃗\vec{v} dans la base canonique.
  • b) Déterminez les coordonnées de v⃗\vec{v} dans la base B2\mathcal{B_{2}}.
  • c) Exprimez chacun des vecteurs f1⃗\vec{f_{1}} et f2⃗\vec{f_{2}} comme combinaison linéaire de g1⃗\vec{g_{1}} et g2⃗\vec{g_{2}}.
  • d) Retrouvez le résultat de b) en partant de v⃗=3f1⃗−f2⃗\vec{v}=3\vec{f_{1}}-\vec{f_{2}} et des expressions obtenues en c), sans repasser par la base canonique. Que constatez-vous ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Deux bases ; v⃗=(2; 1)\vec{v}=(2;\ 1)
  • b) (1; 0)(1;\ 0)
  • c) f1⃗=g2⃗\vec{f_1}=\vec{g_2} ; f2⃗=−g1⃗+3g2⃗\vec{f_2}=-\vec{g_1}+3\vec{g_2}
  • d) Même résultat par substitution
a)

Pour B1\mathcal{B_{1}} : ∣1112∣=2−1=1≠0\begin{vmatrix} 1 & 1 \\ 1 & 2 \end{vmatrix}=2-1=1\neq 0, c'est une base. Pour B2\mathcal{B_{2}} : ∣2111∣=2−1=1≠0\begin{vmatrix} 2 & 1 \\ 1 & 1 \end{vmatrix}=2-1=1\neq 0, c'en est une aussi. Les coordonnées (3; −1)(3;\ -1) dans B1\mathcal{B_{1}} signifient v⃗=3f1⃗−f2⃗=3(1; 1)−(1; 2)=(3−1; 3−2)=(2; 1)\vec{v}=3\vec{f_{1}}-\vec{f_{2}}=3(1;\ 1)-(1;\ 2)=(3-1;\ 3-2)=(2;\ 1). Ce sont les composantes de v⃗\vec{v} dans la base canonique.

b)

On cherche aa et bb tels que ag1⃗+bg2⃗=(2; 1)a\vec{g_{1}}+b\vec{g_{2}}=(2;\ 1), soit {2a+b=2a+b=1\begin{cases} 2a+b=2 \\ a+b=1 \end{cases}. En soustrayant la seconde de la première : a=1a=1, puis b=0b=0. Les coordonnées de v⃗\vec{v} dans B2\mathcal{B_{2}} sont donc (1; 0)(1;\ 0) ; autrement dit v⃗=g1⃗\vec{v}=\vec{g_{1}}, ce que confirme le fait que g1⃗=(2; 1)=v⃗\vec{g_{1}}=(2;\ 1)=\vec{v}.

c)

Pour f1⃗=(1; 1)\vec{f_{1}}=(1;\ 1) : {2a+b=1a+b=1\begin{cases} 2a+b=1 \\ a+b=1 \end{cases} donne a=0a=0 et b=1b=1, donc f1⃗=g2⃗\vec{f_{1}}=\vec{g_{2}}. Pour f2⃗=(1; 2)\vec{f_{2}}=(1;\ 2) : {2a+b=1a+b=2\begin{cases} 2a+b=1 \\ a+b=2 \end{cases} donne a=−1a=-1 et b=3b=3, donc f2⃗=−g1⃗+3g2⃗\vec{f_{2}}=-\vec{g_{1}}+3\vec{g_{2}}. Vérification : −(2; 1)+3(1; 1)=(−2+3; −1+3)=(1; 2)-(2;\ 1)+3(1;\ 1)=(-2+3;\ -1+3)=(1;\ 2).

d)

En substituant : v⃗=3f1⃗−f2⃗=3g2⃗−(−g1⃗+3g2⃗)=g1⃗+3g2⃗−3g2⃗=g1⃗\vec{v}=3\vec{f_{1}}-\vec{f_{2}}=3\vec{g_{2}}-(-\vec{g_{1}}+3\vec{g_{2}})=\vec{g_{1}}+3\vec{g_{2}}-3\vec{g_{2}}=\vec{g_{1}}. On retrouve bien des coordonnées (1; 0)(1;\ 0) dans B2\mathcal{B_{2}}, sans être passé par la base canonique. On constate que le changement de coordonnées se fait de deux manières équivalentes : soit en repassant par les composantes canoniques (b), soit en substituant directement l'expression d'une base en fonction de l'autre (d). C'est ce mécanisme de substitution, une fois systématisé, qui donne la matrice de passage entre deux bases. Sur la figure, le même vecteur v⃗\vec{v} vaut (2; 1)(2;\ 1) dans la base canonique, (3; −1)(3;\ -1) dans B1\mathcal{B_{1}} (le chemin en pointillé 3f1⃗3\vec{f_{1}} puis −f2⃗-\vec{f_{2}}) et (1; 0)(1;\ 0) dans B2\mathcal{B_{2}}, puisque c'est g1⃗\vec{g_{1}} lui-même : ce sont les coordonnées qui changent, jamais le vecteur.

−2−11234−11234f₂f₁ = g₂3f₁−f₂v = g₁ = (2 ; 1)

Exercice 9 : Démonstrations : sous-familles, sur-familles et réunions

On travaille dans un espace vectoriel quelconque. On rappelle qu'une sous-famille d'une famille FF s'obtient en retirant des vecteurs de FF, et une sur-famille en ajoutant des vecteurs.

  • a) Démontrez que toute sous-famille d'une famille libre est libre.
  • b) Démontrez que toute sur-famille d'une famille liée est liée.
  • c) En déduire que dans une famille libre, aucun vecteur n'est nul et deux vecteurs distincts ne sont jamais colinéaires.
  • d) Vrai ou faux : la réunion de deux familles libres est toujours une famille libre. Justifiez, avec un contre-exemple explicite si c'est faux.

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d)
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Réponses

  • a) Compléter par des coefficients nuls
  • b) Contraposée de a)
  • c) Sous-familles {0⃗}\{\vec 0\} et paire colinéaire liées
  • d) Faux : {(1;0)}\{(1;0)\} et {(2;0)}\{(2;0)\}
a)

Soit F={v1⃗; … ; vn⃗}F=\{\vec{v_{1}};\ \dots;\ \vec{v_{n}}\} libre et G={v1⃗; … ; vk⃗}G=\{\vec{v_{1}};\ \dots;\ \vec{v_{k}}\} une sous-famille avec k≤nk\le n (quitte à renuméroter). Partons d'une combinaison nulle de GG : a1v1⃗+⋯+akvk⃗=0⃗a_{1}\vec{v_{1}}+\dots+a_{k}\vec{v_{k}}=\vec{0}. On la complète en une combinaison nulle de FF en ajoutant les vecteurs manquants avec des coefficients nuls : a1v1⃗+⋯+akvk⃗+0 vk+1⃗+⋯+0 vn⃗=0⃗a_{1}\vec{v_{1}}+\dots+a_{k}\vec{v_{k}}+0\,\vec{v_{k+1}}+\dots+0\,\vec{v_{n}}=\vec{0}. Comme FF est libre, tous les coefficients sont nuls, en particulier a1=⋯=ak=0a_{1}=\dots=a_{k}=0. Donc GG est libre.

b)

C'est la contraposée de a). Soit FF liée et HH une sur-famille de FF. Puisque FF est liée, il existe une combinaison nulle de FF à coefficients non tous nuls. En ajoutant les vecteurs supplémentaires de HH affectés de coefficients nuls, on obtient une combinaison nulle de HH dont les coefficients ne sont pas tous nuls (ceux hérités de FF le prouvent). Donc HH est liée. On peut aussi le dire d'un mot : si la sur-famille HH était libre, sa sous-famille FF le serait par a), ce qui contredirait l'hypothèse.

c)

Appliquons a). Si un vecteur vi⃗\vec{v_{i}} de la famille était nul, la sous-famille {vi⃗}={0⃗}\{\vec{v_{i}}\}=\{\vec{0}\} serait liée, car 1⋅0⃗=0⃗1\cdot\vec{0}=\vec{0} est une combinaison nulle non triviale ; cela contredirait la liberté de la famille par a). De même, si deux vecteurs vi⃗\vec{v_{i}} et vj⃗\vec{v_{j}} étaient colinéaires, la sous-famille {vi⃗; vj⃗}\{\vec{v_{i}};\ \vec{v_{j}}\} serait liée, même contradiction. Donc dans une famille libre, aucun vecteur n'est nul et les vecteurs sont deux à deux non colinéaires.

d)

FAUX. Prenons dans R2\mathbb{R}^{2} les familles F1={(1; 0)}F_{1}=\{(1;\ 0)\} et F2={(2; 0)}F_{2}=\{(2;\ 0)\}. Chacune, réduite à un seul vecteur non nul, est libre. Mais leur réunion {(1; 0); (2; 0)}\{(1;\ 0);\ (2;\ 0)\} est liée, car (2; 0)=2(1; 0)(2;\ 0)=2(1;\ 0) : les deux vecteurs sont colinéaires. La liberté n'est donc pas préservée par réunion. Ce qui reste vrai, par a), c'est que toute sous-famille d'une famille libre l'est encore, jamais l'inverse.

Exercice 10 : Vrai ou faux : dimension, familles et coordonnées

Pour chaque affirmation, dites si elle est vraie ou fausse. Une affirmation vraie doit être justifiée, une affirmation fausse doit être accompagnée d'un contre-exemple explicite. On travaille dans Rn\mathbb{R}^{n} muni de sa structure usuelle.

  • a) Dans R3\mathbb{R}^{3}, toute famille de quatre vecteurs est liée.
  • b) Dans R3\mathbb{R}^{3}, toute famille de deux vecteurs est libre.
  • c) Si une famille engendre R3\mathbb{R}^{3}, alors elle contient au moins trois vecteurs.
  • d) Si {u⃗; v⃗; w⃗}\{\vec{u};\ \vec{v};\ \vec{w}\} est une base de R3\mathbb{R}^{3} et λ≠0\lambda\neq 0, alors {λu⃗; v⃗; w⃗}\{\lambda\vec{u};\ \vec{v};\ \vec{w}\} est encore une base de R3\mathbb{R}^{3}.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Vrai
  • b) Faux : (1;2;3)(1;2;3), (2;4;6)(2;4;6)
  • c) Vrai
  • d) Vrai : déterminant multiplié par λ\lambda
a)

VRAI. R3\mathbb{R}^{3} est de dimension 33 : une famille libre y contient au plus trois vecteurs. Quatre vecteurs dépassent ce plafond, la famille est donc nécessairement liée, quel que soit le choix des vecteurs. Par exemple {(1; 0; 0); (0; 1; 0); (0; 0; 1); (1; 1; 1)}\{(1;\ 0;\ 0);\ (0;\ 1;\ 0);\ (0;\ 0;\ 1);\ (1;\ 1;\ 1)\} est liée, car (1; 1; 1)(1;\ 1;\ 1) est la somme des trois premiers.

b)

FAUX. Deux vecteurs colinéaires forment une famille liée. Contre-exemple : {(1; 2; 3); (2; 4; 6)}\{(1;\ 2;\ 3);\ (2;\ 4;\ 6)\}, où le second vecteur vaut le double du premier ; la famille est liée. Une famille de deux vecteurs n'est libre que si les deux vecteurs ne sont pas colinéaires.

c)

VRAI. Une famille génératrice de R3\mathbb{R}^{3} contient au moins autant de vecteurs que la dimension, soit trois. Avec seulement deux vecteurs, l'ensemble des combinaisons linéaires est au mieux un plan (ou une droite, ou l'origine), jamais l'espace entier. Par exemple {(1; 0; 0); (0; 1; 0)}\{(1;\ 0;\ 0);\ (0;\ 1;\ 0)\} ne produit que des vecteurs de troisième composante nulle : (0; 0; 1)(0;\ 0;\ 1) n'est jamais atteint.

d)

VRAI. Multiplier un vecteur d'une base par un scalaire non nul préserve le caractère de base. On le voit sur le déterminant : celui de {λu⃗; v⃗; w⃗}\{\lambda\vec{u};\ \vec{v};\ \vec{w}\} vaut λ\lambda fois celui de {u⃗; v⃗; w⃗}\{\vec{u};\ \vec{v};\ \vec{w}\}, qui est non nul ; comme λ≠0\lambda\neq 0, le nouveau déterminant reste non nul, la famille reste libre, donc une base. Si en revanche λ=0\lambda=0, le premier vecteur devient nul et la famille est aussitôt liée : l'hypothèse λ≠0\lambda\neq 0 est indispensable.

Partie C : les classiques (/50)

Exercice 11 : Décomposer une force selon deux directions imposées

Un lustre de poids 50 N50\ \mathrm{N} est suspendu à deux câbles. Dans un repère où xx est horizontal et yy vertical, le câble gauche tire selon la direction u⃗=(−3; 4)\vec{u}=(-3;\ 4) et le câble droit selon v⃗=(4; 3)\vec{v}=(4;\ 3).

À l'équilibre, les tensions des câbles compensent le poids : il existe aa et bb tels que au⃗+bv⃗=(0; 50)a\vec{u}+b\vec{v}=(0;\ 50), et un câble ne peut que TIRER, donc aa et bb doivent être positifs.

La figure n'est pas à l'échelle des forces : elle montre les directions.

poids 50 Nuv
  • a) Montrez que {u⃗; v⃗}\{\vec{u};\ \vec{v}\} est une base de R2\mathbb{R}^{2}.
  • b) Déterminez aa et bb.
  • c) Calculez la norme de la tension de chaque câble, en newtons.
  • d) On déplace l'attache du câble droit : sa direction devient w⃗=(6; −8)\vec{w}=(6;\ -8). L'équilibre est-il encore possible ? Justifiez par l'algèbre linéaire.
  • e) On remplace plutôt le câble droit par un câble horizontal, de direction (1; 0)(1;\ 0). Déterminez les nouveaux coefficients et la tension du câble gauche. Commentez.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Déterminant −25-25
  • b) a=8a=8, b=6b=6
  • c) 40 N et 30 N
  • d) Non : w⃗=−2u⃗\vec{w}=-2\vec{u}
  • e) a=12,5a=12{,}5, b=37,5b=37{,}5 ; 62,562{,}5 N
a)

det⁡(u⃗,v⃗)=∣−3443∣=−9−16=−25≠0\det(\vec{u},\vec{v})=\begin{vmatrix} -3 & 4 \\ 4 & 3 \end{vmatrix}=-9-16=-25\neq 0 : la famille est libre, et deux vecteurs libres de R2\mathbb{R}^{2} forment une base. Le poids se décompose donc de façon unique selon les deux câbles.

b)

{−3a+4b=04a+3b=50\begin{cases} -3a+4b=0 \\ 4a+3b=50 \end{cases}. La première donne a=4b3a=\frac{4b}{3}, puis 16b3+3b=50\frac{16b}{3}+3b=50, soit 25b3=50\frac{25b}{3}=50 et b=6b=6, a=8a=8. Vérification : 8(−3; 4)+6(4; 3)=(−24+24; 32+18)=(0; 50)8(-3;\ 4)+6(4;\ 3)=(-24+24;\ 32+18)=(0;\ 50). Les deux coefficients sont positifs : l'équilibre est physiquement réalisable.

c)

∥u⃗∥=∥v⃗∥=5\|\vec{u}\|=\|\vec{v}\|=5. Tension gauche : ∥8u⃗∥=40 N\|8\vec{u}\|=40\ \mathrm{N}. Tension droite : ∥6v⃗∥=30 N\|6\vec{v}\|=30\ \mathrm{N}. La somme des normes, 70 N70\ \mathrm{N}, dépasse le poids : seules les composantes horizontales s'annulent, les verticales s'ajoutent.

d)

w⃗=−2u⃗\vec{w}=-2\vec{u} : les deux directions sont colinéaires, det⁡(u⃗,w⃗)=(−3)(−8)−(6)(4)=0\det(\vec{u},\vec{w})=(-3)(-8)-(6)(4)=0. Les combinaisons de u⃗\vec{u} et w⃗\vec{w} restent sur la droite dirigée par u⃗\vec{u}, et (0; 50)(0;\ 50) n'y est pas, puisque det⁡(u⃗,(0; 50))=−150≠0\det\big(\vec{u},(0;\ 50)\big)=-150\neq 0. L'équilibre est impossible : deux câbles alignés ne peuvent pas porter une charge qui n'est pas sur leur droite.

e)

a(−3; 4)+b(1; 0)=(0; 50)a(-3;\ 4)+b(1;\ 0)=(0;\ 50) donne 4a=504a=50, soit a=12,5a=12{,}5, puis b=3a=37,5b=3a=37{,}5. Tension du câble gauche : 12,5×5=62,5 N12{,}5\times 5=62{,}5\ \mathrm{N}, plus que le poids lui-même. Plus un câble est proche de l'horizontale, plus il doit tirer fort : la composante verticale utile est une petite part de sa tension.

Le fil : décomposer une force, c'est chercher ses coordonnées dans la base des directions imposées ; le signe des coordonnées dit si la décomposition est réalisable.

8u : 40 N6v : 30 Npoids 50 Nuv

Exercice 12 : Base orthonormée : les coordonnées par produit scalaire

Dans R2\mathbb{R}^{2}, on considère e1⃗=(35; 45)\vec{e_{1}}=\left(\frac{3}{5};\ \frac{4}{5}\right) et e2⃗=(−45; 35)\vec{e_{2}}=\left(-\frac{4}{5};\ \frac{3}{5}\right), ainsi que le vecteur v⃗=(10; 5)\vec{v}=(10;\ 5).

Sur la figure, e1⃗\vec{e_{1}} et e2⃗\vec{e_{2}} sont dessinés deux fois plus longs, pour la lisibilité.

−4−224681012−224682e₁2e₂v
  • a) Montrez que {e1⃗; e2⃗}\{\vec{e_{1}};\ \vec{e_{2}}\} est une base orthonormée de R2\mathbb{R}^{2}.
  • b) Calculez les coordonnées de v⃗\vec{v} dans cette base à l'aide de deux produits scalaires.
  • c) Vérifiez le résultat en recomposant v⃗\vec{v} à partir de ses coordonnées.
  • d) Calculez la norme de v⃗\vec{v} à partir de ses coordonnées dans la nouvelle base, au centième, et comparez à celle obtenue dans la base canonique. Pourquoi coïncident-elles ?
  • e) On prend maintenant la base orthogonale mais non normée f1⃗=(3; 4)\vec{f_{1}}=(3;\ 4), f2⃗=(−4; 3)\vec{f_{2}}=(-4;\ 3). Déterminez les coordonnées de v⃗\vec{v} dans cette base sans résoudre de système.

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a)
b)
d)
e)
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Réponses

  • a) Orthogonaux, de norme 1
  • b) (10; −5)(10;\ -5)
  • c) 10e1⃗−5e2⃗=(10; 5)10\vec{e_1}-5\vec{e_2}=(10;\ 5)
  • d) 125≈11,18\sqrt{125}\approx 11{,}18 dans les deux bases
  • e) (2; −1)(2;\ -1)
a)

e1⃗⋅e2⃗=−1225+1225=0\vec{e_{1}}\cdot\vec{e_{2}}=-\frac{12}{25}+\frac{12}{25}=0 : les vecteurs sont orthogonaux. ∥e1⃗∥2=925+1625=1\|\vec{e_{1}}\|^{2}=\frac{9}{25}+\frac{16}{25}=1 et de même ∥e2⃗∥=1\|\vec{e_{2}}\|=1. Deux vecteurs orthogonaux non nuls sont libres, donc forment une base de R2\mathbb{R}^{2}, et elle est orthonormée.

b)

Dans une base orthonormée, la coordonnée selon ei⃗\vec{e_{i}} vaut v⃗⋅ei⃗\vec{v}\cdot\vec{e_{i}}. v⃗⋅e1⃗=6+4=10\vec{v}\cdot\vec{e_{1}}=6+4=10 et v⃗⋅e2⃗=−8+3=−5\vec{v}\cdot\vec{e_{2}}=-8+3=-5. Les coordonnées sont (10; −5)(10;\ -5).

c)

10e1⃗−5e2⃗=(6; 8)−(−4; 3)=(10; 5)10\vec{e_{1}}-5\vec{e_{2}}=(6;\ 8)-(-4;\ 3)=(10;\ 5) : on retrouve bien v⃗\vec{v}.

d)

102+(−5)2=125≈11,18\sqrt{10^{2}+(-5)^{2}}=\sqrt{125}\approx 11{,}18, et dans la base canonique 102+52=125\sqrt{10^{2}+5^{2}}=\sqrt{125} aussi. Dans une base ORTHONORMÉE, la norme se calcule sur les coordonnées comme sur les composantes, parce que les termes croisés 2ab e1⃗⋅e2⃗2ab\,\vec{e_{1}}\cdot\vec{e_{2}} sont nuls et les normes des vecteurs de base valent 11. Dans une base oblique, ce calcul serait faux.

e)

La base est orthogonale : si v⃗=af1⃗+bf2⃗\vec{v}=a\vec{f_{1}}+b\vec{f_{2}}, alors v⃗⋅f1⃗=a∥f1⃗∥2\vec{v}\cdot\vec{f_{1}}=a\|\vec{f_{1}}\|^{2}, d'où a=v⃗⋅f1⃗∥f1⃗∥2=30+2025=2a=\frac{\vec{v}\cdot\vec{f_{1}}}{\|\vec{f_{1}}\|^{2}}=\frac{30+20}{25}=2 et b=−40+1525=−1b=\frac{-40+15}{25}=-1. Vérification : 2(3; 4)−(−4; 3)=(10; 5)2(3;\ 4)-(-4;\ 3)=(10;\ 5). Le piège est de diviser par la norme au lieu de son CARRÉ, ce qui donnerait 1010 et −5-5, les coordonnées dans la base normée.

Le fil : l'orthogonalité remplace la résolution d'un système par des produits scalaires ; la normalisation fixe le dénominateur à 11.

Exercice 13 : La famille à paramètre qui change de rang

Pour tout réel tt, on considère dans R3\mathbb{R}^{3} les vecteurs v1⃗=(1; 1; t)\vec{v_{1}}=(1;\ 1;\ t), v2⃗=(1; t; 1)\vec{v_{2}}=(1;\ t;\ 1) et v3⃗=(t; 1; 1)\vec{v_{3}}=(t;\ 1;\ 1).

  • a) Calculez le déterminant D(t)D(t) de la famille {v1⃗; v2⃗; v3⃗}\{\vec{v_{1}};\ \vec{v_{2}};\ \vec{v_{3}}\} et factorisez-le complètement.
  • b) Pour quelles valeurs de tt la famille est-elle liée ?
  • c) Pour t=1t=1, quelle est la dimension du sous-espace engendré par la famille ?
  • d) Pour t=−2t=-2, donnez une relation de dépendance, la dimension du sous-espace engendré et une équation cartésienne de ce sous-espace.
  • e) Pour t=0t=0, déterminez les coordonnées du vecteur (2; 2; 2)(2;\ 2;\ 2) dans la base {v1⃗; v2⃗; v3⃗}\{\vec{v_{1}};\ \vec{v_{2}};\ \vec{v_{3}}\}.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) D(t)=−(t−1)2(t+2)D(t)=-(t-1)^2(t+2)
  • b) t=−2t=-2 ou t=1t=1
  • c) Dimension 1
  • d) v1⃗+v2⃗+v3⃗=0⃗\vec{v_1}+\vec{v_2}+\vec{v_3}=\vec 0 ; plan x+y+z=0x+y+z=0
  • e) (1; 1; 1)(1;\ 1;\ 1)
a)

En développant selon la première ligne : D(t)=1(t−1)−1(1−t)+t(1−t2)=2(t−1)−t(t−1)(t+1)D(t)=1(t-1)-1(1-t)+t(1-t^{2})=2(t-1)-t(t-1)(t+1). On met (t−1)(t-1) en facteur : D(t)=(t−1)(2−t−t2)=−(t−1)(t2+t−2)=−(t−1)2(t+2)D(t)=(t-1)(2-t-t^{2})=-(t-1)(t^{2}+t-2)=-(t-1)^{2}(t+2). Contrôle : D(0)=−2D(0)=-2, et la forme factorisée donne −(1)(2)=−2-(1)(2)=-2.

b)

La famille est liée si et seulement si D(t)=0D(t)=0, soit t=1t=1 ou t=−2t=-2. Pour toute autre valeur, c'est une base de R3\mathbb{R}^{3}.

c)

Pour t=1t=1, les trois vecteurs valent (1; 1; 1)(1;\ 1;\ 1) : ils sont égaux, et le sous-espace engendré est la droite dirigée par (1; 1; 1)(1;\ 1;\ 1), de dimension 11. La racine double du déterminant signale ici une chute de rang de deux crans.

d)

Pour t=−2t=-2 : v1⃗=(1; 1; −2)\vec{v_{1}}=(1;\ 1;\ -2), v2⃗=(1; −2; 1)\vec{v_{2}}=(1;\ -2;\ 1), v3⃗=(−2; 1; 1)\vec{v_{3}}=(-2;\ 1;\ 1), et v1⃗+v2⃗+v3⃗=0⃗\vec{v_{1}}+\vec{v_{2}}+\vec{v_{3}}=\vec{0}. v1⃗\vec{v_{1}} et v2⃗\vec{v_{2}} ne sont pas colinéaires, donc le sous-espace engendré est un plan, de dimension 22. Chaque vecteur a une somme de composantes nulle, et le plan a pour équation x+y+z=0x+y+z=0.

e)

Pour t=0t=0 : v1⃗=(1; 1; 0)\vec{v_{1}}=(1;\ 1;\ 0), v2⃗=(1; 0; 1)\vec{v_{2}}=(1;\ 0;\ 1), v3⃗=(0; 1; 1)\vec{v_{3}}=(0;\ 1;\ 1), et D(0)=−2≠0D(0)=-2\neq 0. On résout a+b=2a+b=2, a+c=2a+c=2, b+c=2b+c=2 : en additionnant, 2(a+b+c)=62(a+b+c)=6, donc a+b+c=3a+b+c=3 et c=b=a=1c=b=a=1. Les coordonnées sont (1; 1; 1)(1;\ 1;\ 1).

Le fil : le déterminant détecte les valeurs critiques, mais seul l'examen des vecteurs à ces valeurs dit de combien le rang chute.

Exercice 14 : Problème : les couleurs qu'un écran peut afficher

Un écran mélange trois diodes. Allumée à pleine intensité, chaque diode excite les trois capteurs de couleur de l'œil selon un vecteur de R3\mathbb{R}^{3} : R⃗=(4; 1; 0)\vec{R}=(4;\ 1;\ 0), V⃗=(1; 5; 1)\vec{V}=(1;\ 5;\ 1) et B⃗=(0; 1; 4)\vec{B}=(0;\ 1;\ 4).

Allumée à la fraction aa de sa puissance, la diode rouge apporte aR⃗a\vec{R}, et ainsi de suite. Une couleur T⃗\vec{T} est affichable s'il existe aa, bb, cc compris entre 00 et 11 tels que aR⃗+bV⃗+cB⃗=T⃗a\vec{R}+b\vec{V}+c\vec{B}=\vec{T}.

  • a) Montrez que {R⃗; V⃗; B⃗}\{\vec{R};\ \vec{V};\ \vec{B}\} est une base de R3\mathbb{R}^{3}.
  • b) La couleur T1⃗=(5; 7; 5)\vec{T_{1}}=(5;\ 7;\ 5) est-elle affichable ? Donnez les trois intensités.
  • c) Même question pour T2⃗=(2; 3; 2)\vec{T_{2}}=(2;\ 3;\ 2), intensités au millième.
  • d) Même question pour T3⃗=(1; 6; 1)\vec{T_{3}}=(1;\ 6;\ 1).
  • e) Puisque la famille est une base, toute couleur s'écrit comme combinaison des trois diodes. Pourquoi certaines couleurs restent-elles inaffichables ? Quel est le volume de l'ensemble des couleurs affichables ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Déterminant 72
  • b) (1; 1; 1)(1;\ 1;\ 1) : affichable
  • c) a=c≈0,389a=c\approx 0{,}389, b≈0,444b\approx 0{,}444 : affichable
  • d) b=119>1b=\frac{11}{9}>1 : non
  • e) Coefficients hors de [0;1][0;1] ; volume 72
a)

∣410151014∣=4(20−1)−1(4−0)+0=76−4=72≠0\begin{vmatrix} 4 & 1 & 0 \\ 1 & 5 & 1 \\ 0 & 1 & 4 \end{vmatrix}=4(20-1)-1(4-0)+0=76-4=72\neq 0 : la famille est libre, donc une base de R3\mathbb{R}^{3}.

b)

Le système s'écrit 4a+b=54a+b=5, a+5b+c=7a+5b+c=7, b+4c=5b+4c=5. La première et la troisième donnent a=c=5−b4a=c=\frac{5-b}{4}, puis la deuxième 5−b2+5b=7\frac{5-b}{2}+5b=7, soit 9b=99b=9 : b=1b=1 et a=c=1a=c=1. Les trois diodes à pleine puissance : T1⃗\vec{T_{1}} est affichable, c'est le blanc le plus lumineux de l'écran.

c)

De même a=c=2−b4a=c=\frac{2-b}{4} et 2−b2+5b=3\frac{2-b}{2}+5b=3, soit 2−b+10b=62-b+10b=6 : b=49≈0,444b=\frac{4}{9}\approx 0{,}444 et a=c=718≈0,389a=c=\frac{7}{18}\approx 0{,}389. Les trois intensités sont entre 00 et 11 : T2⃗\vec{T_{2}} est affichable.

d)

a=c=1−b4a=c=\frac{1-b}{4} et 1−b2+5b=6\frac{1-b}{2}+5b=6, soit 1−b+10b=121-b+10b=12 : b=119≈1,222b=\frac{11}{9}\approx 1{,}222 et a=c=−118a=c=-\frac{1}{18}. Il faudrait allumer la verte au-delà de sa puissance maximale et les deux autres à une intensité NÉGATIVE : T3⃗\vec{T_{3}}, un vert trop saturé, n'est pas affichable.

e)

Être une base garantit l'EXISTENCE et l'unicité des coefficients, pas qu'ils tombent dans [0; 1][0;\ 1]. Les couleurs affichables sont les combinaisons à coefficients dans [0; 1][0;\ 1] : c'est le parallélépipède construit sur R⃗\vec{R}, V⃗\vec{V}, B⃗\vec{B}, dont le volume vaut ∣det⁡∣=72|\det|=72. C'est la « gamme » de l'écran ; une couleur hors du parallélépipède existe mathématiquement mais pas sur l'écran.

Le fil : une base dit que les coordonnées existent ; un problème réel ajoute des contraintes sur ces coordonnées.

Exercice 15 : Problème : un réseau cristallin et ses bases

Dans un cristal plan, les atomes occupent exactement les points mu⃗+nv⃗m\vec{u}+n\vec{v}, où mm et nn sont des ENTIERS relatifs, avec u⃗=(2; 1)\vec{u}=(2;\ 1) et v⃗=(1; 3)\vec{v}=(1;\ 3). Ces points forment un réseau, et un point est un nœud du réseau si ses coordonnées dans la base {u⃗; v⃗}\{\vec{u};\ \vec{v}\} sont entières.

−1123456789−112345678910111213uv
  • a) Le point P=(7; 11)P=(7;\ 11) est-il un nœud du réseau ? Donnez ses coordonnées.
  • b) Même question pour Q=(4; 5)Q=(4;\ 5).
  • c) Calculez l'aire de la maille, le parallélogramme construit sur u⃗\vec{u} et v⃗\vec{v}.
  • d) On propose la base u′⃗=u⃗+v⃗=(3; 4)\vec{u'}=\vec{u}+\vec{v}=(3;\ 4), v′⃗=v⃗\vec{v'}=\vec{v}. Calculez les coordonnées de PP dans cette base, puis l'aire de sa maille. Montrez que cette base engendre exactement le même réseau.
  • e) On propose enfin la base {2u⃗; v⃗}\{2\vec{u};\ \vec{v}\}. Calculez l'aire de sa maille et les coordonnées de u⃗\vec{u} dans cette base. Engendre-t-elle le même réseau ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) (2; 3)(2;\ 3) : nœud
  • b) (1,4; 1,2)(1{,}4;\ 1{,}2) : pas un nœud
  • c) Aire 5
  • d) (2; 1)(2;\ 1), aire 5 : même réseau
  • e) Aire 10 ; (12; 0)\left(\frac12;\ 0\right) : réseau plus pauvre
a)

a(2; 1)+b(1; 3)=(7; 11)a(2;\ 1)+b(1;\ 3)=(7;\ 11) : 2a+b=72a+b=7 et a+3b=11a+3b=11. De la première b=7−2ab=7-2a, puis a+21−6a=11a+21-6a=11, donc a=2a=2 et b=3b=3. Coordonnées entières : P=2u⃗+3v⃗P=2\vec{u}+3\vec{v} est un nœud.

b)

2a+b=42a+b=4 et a+3b=5a+3b=5 donnent b=4−2ab=4-2a, puis a+12−6a=5a+12-6a=5, soit a=75=1,4a=\frac{7}{5}=1{,}4 et b=65=1,2b=\frac{6}{5}=1{,}2. Les coordonnées existent, puisque la famille est une base, mais elles ne sont pas entières : QQ n'est pas un nœud, c'est un point entre les atomes.

c)

∣det⁡(u⃗,v⃗)∣=∣2×3−1×1∣=5|\det(\vec{u},\vec{v})|=|2\times 3-1\times 1|=5.

d)

3a+b=73a+b=7 et 4a+3b=114a+3b=11 donnent b=7−3ab=7-3a, puis 4a+21−9a=114a+21-9a=11, soit a=2a=2, b=1b=1 : P=2u′⃗+v′⃗P=2\vec{u'}+\vec{v'}, coordonnées encore entières. det⁡(u′⃗,v′⃗)=9−4=5\det(\vec{u'},\vec{v'})=9-4=5, même aire. Même réseau : u′⃗\vec{u'} et v′⃗\vec{v'} sont des combinaisons entières de u⃗\vec{u} et v⃗\vec{v}, et réciproquement u⃗=u′⃗−v′⃗\vec{u}=\vec{u'}-\vec{v'} et v⃗=v′⃗\vec{v}=\vec{v'} sont des combinaisons entières de u′⃗\vec{u'} et v′⃗\vec{v'}. Tout nœud de l'un est un nœud de l'autre.

e)

det⁡(2u⃗,v⃗)=4×3−1×2=10\det(2\vec{u},\vec{v})=4\times 3-1\times 2=10 : la maille est deux fois plus grande. u⃗=12(2u⃗)+0 v⃗\vec{u}=\frac{1}{2}(2\vec{u})+0\,\vec{v} : coordonnées (12; 0)\left(\frac{1}{2};\ 0\right), non entières. Le nœud u⃗\vec{u} n'est plus atteint : cette base engendre un réseau plus pauvre, qui ne garde qu'une partie des atomes. Deux bases engendrent le même réseau exactement quand elles ont la même aire de maille et s'expriment l'une par l'autre à coefficients entiers.

Le fil : dans un réseau, les coordonnées doivent être entières ; changer de base sans changer de réseau exige un changement à coefficients entiers et une aire de maille conservée.

−1123456789−112345678910111213uvP : 2u + 3vQ : hors réseau
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© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/nyc-combinaisons-bases. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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