Voici la série d'exercices corrigés d'algèbre linéaire et géométrie vectorielle (cours 201-NYC, aussi appelé Maths 105 selon le programme visé) sur les combinaisons linéaires, la dépendance linéaire et les bases. La partie A couvre les bases : composantes et norme d'un vecteur, écriture d'un vecteur comme combinaison linéaire de deux autres, test de dépendance ou d'indépendance linéaire, bases et coordonnées d'un vecteur dans une base non canonique, ainsi que le rang et l'extraction d'une base à partir d'une famille génératrice liée. La partie B monte au niveau examen : démonstrations d'indépendance, rôle du vecteur nul, unicité des coordonnées, un problème complet de changement de base, les propriétés des sous-familles et sur-familles, et un bilan vrai ou faux sur la dimension.
C'est le chapitre qui ouvre la session, et c'est aussi celui que les étudiants sous-estiment le plus. Les calculs y sont courts, donc tout le monde croit avoir compris. Puis l'évaluation demande de justifier qu'une famille est libre, ou de trouver le paramètre qui rend trois vecteurs dépendants, et l'écart se creuse. Le vocabulaire ici n'est pas décoratif : chaque mot correspond à un calcul précis.
Le réflexe à installer tout de suite : la question « est-ce que ce vecteur est une combinaison linéaire des autres ? » est toujours la question « est-ce que ce système a une solution ? ». Vous ne devinez pas les coefficients, vous les résolvez. Et le déterminant tranche en une ligne ce qu'un système résout en dix.
Série autocorrigéeTape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.
•Combinaison linéaire : w est une combinaison linéaire de u et v s'il existe des scalaires a et b tels que w=au+bv. Chercher a et b revient toujours à résoudre un système d'équations linéaires, une équation par composante.
•Famille libre (indépendante) : {v1;…;vn} est libre si la seule façon d'écrire a1v1+⋯+anvn=0 est de prendre tous les ai nuls. Sinon la famille est liée (dépendante), et au moins un vecteur s'exprime en fonction des autres.
•Test rapide par le déterminant : n vecteurs de Rn sont linéairement indépendants si et seulement si le déterminant de la matrice formée par leurs composantes est non nul. Dans R2 : deux vecteurs sont liés si et seulement s'ils sont colinéaires.
•Base de Rn : une famille de n vecteurs à la fois libre et génératrice. Dans Rn, toute famille libre de n vecteurs est automatiquement une base, ce qui suffit à ramener la vérification à un seul déterminant non nul.
•Cardinalité et dimension : dans Rn, toute famille libre compte au plus n vecteurs, toute famille génératrice au moins n, et une base exactement n. En particulier, plus de n vecteurs dans Rn forment toujours une famille liée, sans aucun calcul.
•Coordonnées dans une base B={e1;…;en} : ce sont les scalaires (a1;…;an) tels que v=a1e1+⋯+anen. Elles sont uniques, et elles dépendent de la base choisie : le même vecteur n'a pas les mêmes coordonnées dans deux bases différentes.
•Vecteur unitaire de même direction et de même sens que v : ∥v∥v. Pour obtenir un vecteur de norme k et de sens opposé, on prend −k∥v∥v.
Partie A : Les bases (/50)
Exercice 1 : Composantes, norme et opérations dans le plan
On considère les points A(−2;3), B(1;7) et C(−10;9) du plan.
a) Déterminez les composantes des vecteurs AB et AC, puis calculez leurs normes.
b) Déterminez les composantes du vecteur 2AB−3AC.
c) Les vecteurs AB et AC sont-ils colinéaires ? Justifiez par le calcul.
d) Déterminez le vecteur w de norme 15, de même direction que AB mais de sens opposé.
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Réponses
a)AB=(3;4), norme 5 ; AC=(−8;6), norme 10
b)(30;−10)
c)Non : déterminant 50=0
d)w=(−9;−12)
a) AB=(1−(−2);7−3)=(3;4) et AC=(−10−(−2);9−3)=(−8;6). Les normes valent ∥AB∥=32+42=9+16=25=5 et ∥AC∥=(−8)2+62=64+36=100=10.
b) 2AB=(6;8) et 3AC=(−24;18), donc 2AB−3AC=(6−(−24);8−18)=(30;−10).
c) Deux vecteurs du plan sont colinéaires si et seulement si leur déterminant est nul : 34−86=(3)(6)−(−8)(4)=18+32=50=0. Ils ne sont donc PAS colinéaires. Le piège du chapitre est ici : ∥AC∥ vaut exactement le double de ∥AB∥, ce qui pousse beaucoup d'étudiants à conclure trop vite que AC=2AB. La norme ne dit rien sur la direction. Comparaison des rapports de composantes : 3−8=46, même conclusion.
d) Le vecteur unitaire de AB est 5AB=(53;54). Pour une norme 15 et un sens opposé, on multiplie par −15 : w=−15(53;54)=(−9;−12). Vérification : ∥w∥=81+144=225=15, et w=−3AB est bien colinéaire à AB, de coefficient négatif donc de sens opposé.
Exercice 2 : Combinaison linéaire et système associé
On considère les vecteurs u=(2;1) et v=(1;3) du plan.
a) Écrivez w=(7;11) comme combinaison linéaire de u et v, c'est-à-dire trouvez les scalaires a et b tels que w=au+bv.
b) Faites de même pour t=(5;−5).
c) Expliquez pourquoi TOUT vecteur du plan peut s'écrire comme combinaison linéaire de u et v, et dites en une phrase ce que cela signifie pour la famille {u;v}.
d) Dans l'espace maintenant, soit p=(1;2;1) et q=(0;1;2). Le vecteur r=(1;5;7) est-il une combinaison linéaire de p et q ? Et le vecteur s=(2;3;1) ?
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Réponses
a)w=2u+3v
b)t=4u−3v
c)Déterminant 5 : base de R2
d)r=p+3q ; s non
a) L'égalité a(2;1)+b(1;3)=(7;11) donne une équation par composante : {2a+b=7a+3b=11. De la première, b=7−2a. En substituant : a+3(7−2a)=11, soit a+21−6a=11, donc −5a=−10 et a=2, puis b=7−4=3. Vérification : 2(2;1)+3(1;3)=(4+3;2+9)=(7;11). Donc w=2u+3v.
b) Même méthode : {2a+b=5a+3b=−5. De la première, b=5−2a, d'où a+15−6a=−5, soit −5a=−20 et a=4, puis b=5−8=−3. Vérification : 4(2;1)−3(1;3)=(8−3;4−9)=(5;−5). Donc t=4u−3v. Un coefficient négatif est parfaitement normal, ce n'est pas un signe d'erreur.
c) Pour un vecteur quelconque (x;y), le système s'écrit {2a+b=xa+3b=y. Son déterminant vaut 2113=6−1=5=0, donc le système admet une solution unique quel que soit le membre de droite. Tout vecteur du plan s'écrit donc, et d'une seule façon, comme combinaison linéaire de u et v : la famille {u;v} est génératrice de R2, et comme elle est libre (déterminant non nul), c'est une base de R2.
d) Pour r : a(1;2;1)+b(0;1;2)=(1;5;7) donne trois équations. La première impose a=1. La deuxième donne 2(1)+b=5, donc b=3. Il reste à VÉRIFIER la troisième, qui n'a servi à rien jusqu'ici : a+2b=1+6=7, ce qui est bien la troisième composante. Donc r=p+3q, oui.
Pour s : la première équation impose a=2, la deuxième donne 2(2)+b=3 donc b=−1. Test de la troisième : a+2b=2−2=0, alors que la troisième composante de s vaut 1. Contradiction, le système est incompatible : s n'est PAS une combinaison linéaire de p et q. C'est le point à ne pas manquer dans l'espace : avec trois équations et deux inconnues, il y a une équation de trop, et c'est elle qui décide. Ne jamais s'arrêter dès que a et b sont trouvés.
Exercice 3 : Dépendance et indépendance linéaire
Cet exercice porte sur le test d'indépendance linéaire dans R3. On rappelle que trois vecteurs de R3 sont linéairement indépendants si et seulement si le déterminant formé par leurs composantes est non nul.
a) Soit u=(1;2;−1), v=(2;−1;3) et w=(4;3;1). Montrez que w est une combinaison linéaire de u et v, et concluez sur la nature de la famille {u;v;w}.
b) Retrouvez la conclusion de a) en une seule ligne, par le calcul du déterminant.
c) La famille {(1;0;2);(0;1;−1);(2;1;1)} est-elle libre ou liée ? Justifiez.
d) Déterminez la valeur de m pour laquelle la famille {(1;2;−1);(2;−1;3);(0;5;m)} est liée.
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Réponses
a)w=2u+v : liée
b)Déterminant nul
c)Déterminant −2 : libre
d)m=−5
a) On cherche a et b tels que au+bv=w, soit ⎩⎨⎧a+2b=42a−b=3−a+3b=1. Les deux premières donnent a=4−2b puis 2(4−2b)−b=3, soit 8−5b=3, donc b=1 et a=2. Test de la troisième équation : −2+3(1)=1, elle est satisfaite. Donc w=2u+v. Puisqu'un des trois vecteurs s'exprime en fonction des deux autres, la famille est LIÉE (linéairement dépendante). On peut d'ailleurs écrire la relation de dépendance sous sa forme canonique : 2u+v−w=0, une combinaison nulle à coefficients non tous nuls.
b) 1242−13−131=1((−1)(1)−(3)(3))−2((2)(1)−(3)(4))+(−1)((2)(3)−(−1)(4)). Cela donne 1(−1−9)−2(2−12)−1(6+4)=−10+20−10=0. Le déterminant est nul, donc la famille est liée. Une ligne suffit là où a) demandait un système complet : sur un examen chronométré, c'est cette méthode qu'il faut réflexe, en gardant la première pour quand on vous demande explicitement la relation de dépendance.
c) 1020112−11=1((1)(1)−(−1)(1))−0((0)(1)−(−1)(2))+2((0)(1)−(1)(2))=1(2)−0+2(−2)=2−4=−2. Le déterminant vaut −2=0, donc la famille est LIBRE. Étant libre et comportant trois vecteurs dans R3, c'est aussi une base de R3.
d) 1202−15−13m=1((−1)(m)−(3)(5))−2((2)(m)−(3)(0))+(−1)((2)(5)−(−1)(0)). Cela donne (−m−15)−2(2m)−1(10)=−m−15−4m−10=−5m−25. La famille est liée quand le déterminant s'annule : −5m−25=0, donc m=−5. Vérification : avec m=−5, le troisième vecteur est (0;5;−5), et on constate que 2(1;2;−1)−(2;−1;3)=(0;5;−5), la relation de dépendance est explicite.
Exercice 4 : Bases et coordonnées d'un vecteur
Dans le plan, on considère la famille B={e1;e2} avec e1=(1;1) et e2=(1;−1).
a) Montrez que B est une base de R2.
b) Déterminez les coordonnées du vecteur v=(5;1) dans la base B.
c) Le vecteur t a pour coordonnées (−2;4) dans la base B. Déterminez ses composantes dans la base canonique.
d) Dans R3, on admet que C={(1;0;0);(1;1;0);(1;1;1)} est une base. Déterminez les coordonnées de z=(3;5;2) dans cette base.
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Réponses
a)Déterminant −2=0 : base
b)(3;2)
c)(2;−6)
d)(−2;3;2)
a) 111−1=(1)(−1)−(1)(1)=−2=0, donc la famille est libre. Comme elle comporte deux vecteurs et que R2 est de dimension 2, une famille libre de deux vecteurs y est automatiquement génératrice : B est une base de R2. C'est l'argument à connaître, il évite de démontrer séparément le caractère générateur.
b) On cherche a et b tels que a(1;1)+b(1;−1)=(5;1), soit {a+b=5a−b=1. En additionnant : 2a=6, donc a=3, puis b=2. Vérification : 3(1;1)+2(1;−1)=(3+2;3−2)=(5;1). Les coordonnées de v dans B sont donc (3;2). Notez bien que v n'a pas changé : c'est le même vecteur du plan, décrit par deux couples de nombres différents selon la base. (5;1) dans la base canonique, (3;2) dans B.
c) Ici le travail se fait dans l'autre sens, et c'est une simple substitution : t=−2e1+4e2=−2(1;1)+4(1;−1)=(−2+4;−2−4)=(2;−6). Aucun système à résoudre. Reconnaître dans quel sens va la question fait gagner plusieurs minutes en examen : passer des coordonnées aux composantes est un calcul direct, l'inverse demande un système.
d) On cherche c1, c2, c3 tels que c1(1;0;0)+c2(1;1;0)+c3(1;1;1)=(3;5;2), soit ⎩⎨⎧c1+c2+c3=3c2+c3=5c3=2. Le système est déjà échelonné, on remonte : c3=2, puis c2=5−2=3, puis c1=3−3−2=−2. Vérification : −2(1;0;0)+3(1;1;0)+2(1;1;1)=(−2+3+2;3+2;2)=(3;5;2). Les coordonnées cherchées sont (−2;3;2).
Exercice 5 : Trop de vecteurs, famille génératrice liée et extraction d'une base
Dans le plan, on considère les trois vecteurs v1=(1;2), v2=(3;1) et v3=(1;−3).
a) Sans aucun calcul, expliquez pourquoi la famille {v1;v2;v3} est nécessairement liée.
b) Exprimez v3 comme combinaison linéaire de v1 et v2, puis écrivez la relation de dépendance sous la forme d'une combinaison nulle à coefficients non tous nuls.
c) La famille {v1;v2;v3} est-elle génératrice de R2 ? Justifiez.
d) Extrayez de cette famille une base de R2, puis donnez les coordonnées de v3 dans la base que vous avez choisie.
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Réponses
a)Trois vecteurs en dimension 2
b)v3=−2v1+v2
c)Oui : génératrice et liée
d)Base {v1;v2} ; (−2;1)
a) Ces trois vecteurs vivent dans R2, qui est de dimension 2. Or une famille libre de R2 compte au plus deux vecteurs : dès qu'on en aligne trois, la famille est forcément liée. C'est un argument de cardinalité, aucun calcul n'est requis. Le réflexe à retenir : plus de vecteurs que la dimension entraîne toujours la dépendance.
b) On cherche a et b tels que av1+bv2=v3, soit {a+3b=12a+b=−3. En multipliant la première par 2 puis en soustrayant la seconde : 5b=5, donc b=1 et a=1−3=−2. Vérification : −2(1;2)+(3;1)=(−2+3;−4+1)=(1;−3). Donc v3=−2v1+v2, et en faisant tout passer du même côté, la relation de dépendance s'écrit −2v1+v2−v3=0, combinaison nulle dont les coefficients −2, 1, −1 ne sont pas tous nuls.
c) Les vecteurs v1 et v2 ne sont pas colinéaires : 1231=(1)(1)−(3)(2)=−5=0. À eux seuls ils forment déjà une base de R2, donc ils engendrent tout le plan. Ajouter v3 n'enlève rien : la famille {v1;v2;v3} est donc génératrice de R2. Une même famille peut être à la fois génératrice et liée : engendrer et être libre sont deux propriétés distinctes, et c'est précisément le vecteur redondant v3 qui empêche la famille d'être une base.
d) On retire le vecteur redondant v3 et on garde {v1;v2}, libre d'après c), donc une base de R2. Les coordonnées de v3 dans cette base se lisent directement sur la relation de b) : v3=−2v1+1v2, donc ses coordonnées dans {v1;v2} sont (−2;1).
Partie B : Niveau examen (/50)
Exercice 6 : Démonstrations : familles libres et vecteur nul
Cet exercice ne demande presque aucun calcul numérique : on y raisonne directement sur la définition d'une famille libre. On rappelle la définition : {v1;…;vn} est libre si l'égalité a1v1+⋯+anvn=0 entraîne a1=⋯=an=0.
a) Soit {u;v} une famille libre. Démontrez que la famille {u+v;u−v} est elle aussi libre.
b) Démontrez que toute famille contenant le vecteur nul est liée, quels que soient les autres vecteurs.
c) Démontrez que si w est une combinaison linéaire de u et v, alors la famille {u;v;w} est liée.
d) Vrai ou faux : si trois vecteurs de R3 sont deux à deux non colinéaires, alors la famille qu'ils forment est libre. Justifiez, et donnez un contre-exemple explicite si l'énoncé est faux.
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Réponses
a)Coefficients a+b=a−b=0 : libre
b)1⋅0=0 : liée
c)Coefficient −1 non nul : liée
d)Faux : (1;0;0), (0;1;0), (1;1;0)
a) On part d'une combinaison nulle de la nouvelle famille : a(u+v)+b(u−v)=0. On regroupe selon u et v : (a+b)u+(a−b)v=0. Or {u;v} est libre par hypothèse, donc les deux coefficients sont nuls : {a+b=0a−b=0. En additionnant, 2a=0 donc a=0, puis b=0. La seule combinaison nulle est la combinaison triviale, donc {u+v;u−v} est libre. Le mécanisme de la démonstration est toujours le même : partir d'une combinaison nulle, regrouper sur la famille dont on connaît l'indépendance, et conclure.
b) Supposons que la famille soit {0;v2;…;vn}. On peut écrire la combinaison 1⋅0+0⋅v2+⋯+0⋅vn=0. C'est bien une combinaison nulle, et pourtant le premier coefficient vaut 1, donc les coefficients ne sont pas tous nuls. La définition d'une famille libre est mise en défaut : la famille est liée. Conséquence pratique en examen : dès qu'un vecteur nul apparaît dans une famille, la réponse est immédiate, aucun déterminant à calculer.
c) Par hypothèse, il existe des scalaires a et b tels que w=au+bv. On fait passer tout du même côté : au+bv−w=0. C'est une combinaison linéaire nulle des trois vecteurs, dont les coefficients sont a, b et −1. Le coefficient de w vaut −1, qui n'est pas nul, donc les coefficients ne sont pas tous nuls, quelles que soient les valeurs de a et b. La famille {u;v;w} est donc liée. C'est le coefficient −1 qui porte toute la démonstration.
d) L'énoncé est FAUX. La colinéarité deux à deux ne teste que les paires, alors que la dépendance linéaire concerne la famille entière : un vecteur peut dépendre des DEUX autres sans être colinéaire à aucun d'eux pris isolément.
Contre-exemple explicite : a=(1;0;0), b=(0;1;0) et c=(1;1;0). Aucune paire n'est colinéaire, on le vérifie sur les rapports de composantes : a et b ne sont manifestement pas proportionnels, c n'est proportionnel ni à a (deuxième composante) ni à b (première composante). Pourtant c=a+b, donc la famille est liée. Le déterminant le confirme : 101011000=0. Géométriquement, les trois vecteurs sont coplanaires, tous dans le plan z=0.
La réciproque, elle, est vraie : si une famille est libre, alors ses vecteurs sont bien deux à deux non colinéaires. C'est une implication à sens unique, et l'examen la teste souvent dans le mauvais sens.
Exercice 7 : Problème : une base oblique de l'espace et l'unicité des coordonnées
Dans un repère orthonormé de l'espace, on considère les trois vecteurs u1=(2;1;0), u2=(0;1;1) et u3=(1;0;2).
L'objectif est de montrer que ces trois vecteurs forment une base de R3, d'y lire les coordonnées de vecteurs donnés, et d'établir que ces coordonnées sont toujours uniques.
a) Montrez que B={u1;u2;u3} est une base de R3.
b) Déterminez les coordonnées du vecteur v=(5;3;8) dans la base B.
c) Interprétez géométriquement la valeur absolue du déterminant calculé en a).
d) La base B est-elle orthogonale ? Justifiez par un calcul, et dites ce que cela change pour la lecture des coordonnées.
e) Sans résoudre de système, donnez les coordonnées de w=(4;2;0) dans la base B et justifiez votre réponse en une phrase.
f) Démontrez que dans une base quelconque de R3, les coordonnées d'un vecteur sont uniques.
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Réponses
a)Déterminant 5 : base
b)(1;2;3)
c)Volume 5
d)Non : u1⋅u2=1
e)(2;0;0)
f)Différence nulle, famille libre : unicité
a) On calcule le déterminant de la matrice dont les colonnes sont les composantes des trois vecteurs : 210011102=2((1)(2)−(0)(1))−0((1)(2)−(0)(0))+1((1)(1)−(1)(0))=2(2)−0+1(1)=5. Le déterminant vaut 5=0, donc la famille est libre. Trois vecteurs libres dans R3, qui est de dimension 3, forment une base. Donc B est bien une base de R3.
b) On cherche a, b, c tels que au1+bu2+cu3=(5;3;8), c'est-à-dire ⎩⎨⎧2a+c=5a+b=3b+2c=8. De la première, c=5−2a. En reportant dans la troisième : b+2(5−2a)=8, soit b=8−10+4a=4a−2. En reportant dans la deuxième : a+4a−2=3, donc 5a=5 et a=1. Alors b=4−2=2 et c=5−2=3. Vérification complète : 1(2;1;0)+2(0;1;1)+3(1;0;2)=(2+0+3;1+2+0;0+2+6)=(5;3;8). Les coordonnées de v dans B sont donc (1;2;3).
c) La valeur absolue du déterminant de trois vecteurs de l'espace est le volume du parallélépipède construit sur ces trois vecteurs. Ici ce volume vaut 5 unités de volume. La lecture est alors immédiate : un déterminant nul signifierait un parallélépipède aplati, donc trois vecteurs coplanaires, donc une famille liée qui ne peut pas engendrer tout l'espace. Le critère algébrique et le critère géométrique disent exactement la même chose.
d) On teste l'orthogonalité deux à deux : u1⋅u2=(2)(0)+(1)(1)+(0)(1)=1=0. Il suffit d'un seul produit scalaire non nul pour conclure : la base n'est PAS orthogonale, c'est une base oblique. Ce que cela change : dans une base orthonormée, chaque coordonnée se lit directement par un produit scalaire, ai=v⋅ei. Ce raccourci est ici invalide, et l'utiliser quand même est une erreur classique. Dans une base oblique, il faut résoudre le système, comme en b). Vérifions sur v : v⋅u1=10+3+0=13, alors que la première coordonnée vaut 1. Le raccourci donnerait n'importe quoi.
e) On remarque que w=(4;2;0)=2(2;1;0)=2u1. Le vecteur w est colinéaire à u1, donc ses coordonnées dans B sont (2;0;0). Aucun système n'est nécessaire : reconnaître une colinéarité avec un vecteur de la base donne directement le résultat, et par unicité des coordonnées (question f), c'est nécessairement la bonne réponse.
f) Soit B={e1;e2;e3} une base de R3 et v un vecteur quelconque. Supposons que v admette deux écritures : v=a1e1+a2e2+a3e3 et v=b1e1+b2e2+b3e3. En soustrayant membre à membre : (a1−b1)e1+(a2−b2)e2+(a3−b3)e3=0. Or une base est en particulier une famille libre, donc tous les coefficients de cette combinaison nulle sont nuls : a1−b1=a2−b2=a3−b3=0, c'est-à-dire a1=b1, a2=b2 et a3=b3. Les deux écritures sont donc identiques : les coordonnées sont uniques.
C'est exactement l'indépendance linéaire qui porte l'unicité, et le caractère générateur qui porte l'existence. Une base sert aux deux à la fois, et c'est pour cela qu'on exige les deux propriétés dans la définition.
Exercice 8 : Problème : changement de base et coordonnées
Dans R2, on considère les deux bases B1={f1;f2} et B2={g1;g2}, avec f1=(1;1), f2=(1;2), g1=(2;1) et g2=(1;1).
Un vecteur v a pour coordonnées (3;−1) dans la base B1.
a) Vérifiez que B1 et B2 sont bien deux bases de R2, puis déterminez les composantes de v dans la base canonique.
b) Déterminez les coordonnées de v dans la base B2.
c) Exprimez chacun des vecteurs f1 et f2 comme combinaison linéaire de g1 et g2.
d) Retrouvez le résultat de b) en partant de v=3f1−f2 et des expressions obtenues en c), sans repasser par la base canonique. Que constatez-vous ?
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Réponses
a)Deux bases ; v=(2;1)
b)(1;0)
c)f1=g2 ; f2=−g1+3g2
d)Même résultat par substitution
a) Pour B1 : 1112=2−1=1=0, c'est une base. Pour B2 : 2111=2−1=1=0, c'en est une aussi. Les coordonnées (3;−1) dans B1 signifient v=3f1−f2=3(1;1)−(1;2)=(3−1;3−2)=(2;1). Ce sont les composantes de v dans la base canonique.
b) On cherche a et b tels que ag1+bg2=(2;1), soit {2a+b=2a+b=1. En soustrayant la seconde de la première : a=1, puis b=0. Les coordonnées de v dans B2 sont donc (1;0) ; autrement dit v=g1, ce que confirme le fait que g1=(2;1)=v.
c) Pour f1=(1;1) : {2a+b=1a+b=1 donne a=0 et b=1, donc f1=g2. Pour f2=(1;2) : {2a+b=1a+b=2 donne a=−1 et b=3, donc f2=−g1+3g2. Vérification : −(2;1)+3(1;1)=(−2+3;−1+3)=(1;2).
d) En substituant : v=3f1−f2=3g2−(−g1+3g2)=g1+3g2−3g2=g1. On retrouve bien des coordonnées (1;0) dans B2, sans être passé par la base canonique. On constate que le changement de coordonnées se fait de deux manières équivalentes : soit en repassant par les composantes canoniques (b), soit en substituant directement l'expression d'une base en fonction de l'autre (d). C'est ce mécanisme de substitution, une fois systématisé, qui donne la matrice de passage entre deux bases.
Exercice 9 : Démonstrations : sous-familles, sur-familles et réunions
On travaille dans un espace vectoriel quelconque. On rappelle qu'une sous-famille d'une famille F s'obtient en retirant des vecteurs de F, et une sur-famille en ajoutant des vecteurs.
a) Démontrez que toute sous-famille d'une famille libre est libre.
b) Démontrez que toute sur-famille d'une famille liée est liée.
c) En déduire que dans une famille libre, aucun vecteur n'est nul et deux vecteurs distincts ne sont jamais colinéaires.
d) Vrai ou faux : la réunion de deux familles libres est toujours une famille libre. Justifiez, avec un contre-exemple explicite si c'est faux.
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Réponses
a)Compléter par des coefficients nuls
b)Contraposée de a)
c)Sous-familles {0} et paire colinéaire liées
d)Faux : {(1;0)} et {(2;0)}
a) Soit F={v1;…;vn} libre et G={v1;…;vk} une sous-famille avec k≤n (quitte à renuméroter). Partons d'une combinaison nulle de G : a1v1+⋯+akvk=0. On la complète en une combinaison nulle de F en ajoutant les vecteurs manquants avec des coefficients nuls : a1v1+⋯+akvk+0vk+1+⋯+0vn=0. Comme F est libre, tous les coefficients sont nuls, en particulier a1=⋯=ak=0. Donc G est libre.
b) C'est la contraposée de a). Soit F liée et H une sur-famille de F. Puisque F est liée, il existe une combinaison nulle de F à coefficients non tous nuls. En ajoutant les vecteurs supplémentaires de H affectés de coefficients nuls, on obtient une combinaison nulle de H dont les coefficients ne sont pas tous nuls (ceux hérités de F le prouvent). Donc H est liée. On peut aussi le dire d'un mot : si la sur-famille H était libre, sa sous-famille F le serait par a), ce qui contredirait l'hypothèse.
c) Appliquons a). Si un vecteur vi de la famille était nul, la sous-famille {vi}={0} serait liée, car 1⋅0=0 est une combinaison nulle non triviale ; cela contredirait la liberté de la famille par a). De même, si deux vecteurs vi et vj étaient colinéaires, la sous-famille {vi;vj} serait liée, même contradiction. Donc dans une famille libre, aucun vecteur n'est nul et les vecteurs sont deux à deux non colinéaires.
d) FAUX. Prenons dans R2 les familles F1={(1;0)} et F2={(2;0)}. Chacune, réduite à un seul vecteur non nul, est libre. Mais leur réunion {(1;0);(2;0)} est liée, car (2;0)=2(1;0) : les deux vecteurs sont colinéaires. La liberté n'est donc pas préservée par réunion. Ce qui reste vrai, par a), c'est que toute sous-famille d'une famille libre l'est encore, jamais l'inverse.
Exercice 10 : Vrai ou faux : dimension, familles et coordonnées
Pour chaque affirmation, dites si elle est vraie ou fausse. Une affirmation vraie doit être justifiée, une affirmation fausse doit être accompagnée d'un contre-exemple explicite. On travaille dans Rn muni de sa structure usuelle.
a) Dans R3, toute famille de quatre vecteurs est liée.
b) Dans R3, toute famille de deux vecteurs est libre.
c) Si une famille engendre R3, alors elle contient au moins trois vecteurs.
d) Si {u;v;w} est une base de R3 et λ=0, alors {λu;v;w} est encore une base de R3.
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Réponses
a)Vrai
b)Faux : (1;2;3), (2;4;6)
c)Vrai
d)Vrai : déterminant multiplié par λ
a) VRAI. R3 est de dimension 3 : une famille libre y contient au plus trois vecteurs. Quatre vecteurs dépassent ce plafond, la famille est donc nécessairement liée, quel que soit le choix des vecteurs. Par exemple {(1;0;0);(0;1;0);(0;0;1);(1;1;1)} est liée, car (1;1;1) est la somme des trois premiers.
b) FAUX. Deux vecteurs colinéaires forment une famille liée. Contre-exemple : {(1;2;3);(2;4;6)}, où le second vecteur vaut le double du premier ; la famille est liée. Une famille de deux vecteurs n'est libre que si les deux vecteurs ne sont pas colinéaires.
c) VRAI. Une famille génératrice de R3 contient au moins autant de vecteurs que la dimension, soit trois. Avec seulement deux vecteurs, l'ensemble des combinaisons linéaires est au mieux un plan (ou une droite, ou l'origine), jamais l'espace entier. Par exemple {(1;0;0);(0;1;0)} ne produit que des vecteurs de troisième composante nulle : (0;0;1) n'est jamais atteint.
d) VRAI. Multiplier un vecteur d'une base par un scalaire non nul préserve le caractère de base. On le voit sur le déterminant : celui de {λu;v;w} vaut λ fois celui de {u;v;w}, qui est non nul ; comme λ=0, le nouveau déterminant reste non nul, la famille reste libre, donc une base. Si en revanche λ=0, le premier vecteur devient nul et la famille est aussitôt liée : l'hypothèse λ=0 est indispensable.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Décomposer une force selon deux directions imposées
Un lustre de poids 50N est suspendu à deux câbles. Dans un repère où x est horizontal et y vertical, le câble gauche tire selon la direction u=(−3;4) et le câble droit selon v=(4;3).
À l'équilibre, les tensions des câbles compensent le poids : il existe a et b tels que au+bv=(0;50), et un câble ne peut que TIRER, donc a et b doivent être positifs.
a) Montrez que {u;v} est une base de R2.
b) Déterminez a et b.
c) Calculez la norme de la tension de chaque câble, en newtons.
d) On déplace l'attache du câble droit : sa direction devient w=(6;−8). L'équilibre est-il encore possible ? Justifiez par l'algèbre linéaire.
e) On remplace plutôt le câble droit par un câble horizontal, de direction (1;0). Déterminez les nouveaux coefficients et la tension du câble gauche. Commentez.
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Réponses
a)Déterminant −25
b)a=8, b=6
c)40 N et 30 N
d)Non : w=−2u
e)a=12,5, b=37,5 ; 62,5 N
a) det(u,v)=−3443=−9−16=−25=0 : la famille est libre, et deux vecteurs libres de R2 forment une base. Le poids se décompose donc de façon unique selon les deux câbles.
b) {−3a+4b=04a+3b=50. La première donne a=34b, puis 316b+3b=50, soit 325b=50 et b=6, a=8. Vérification : 8(−3;4)+6(4;3)=(−24+24;32+18)=(0;50). Les deux coefficients sont positifs : l'équilibre est physiquement réalisable.
c) ∥u∥=∥v∥=5. Tension gauche : ∥8u∥=40N. Tension droite : ∥6v∥=30N. La somme des normes, 70N, dépasse le poids : seules les composantes horizontales s'annulent, les verticales s'ajoutent.
d) w=−2u : les deux directions sont colinéaires, det(u,w)=(−3)(−8)−(6)(4)=0. Les combinaisons de u et w restent sur la droite dirigée par u, et (0;50) n'y est pas, puisque det(u,(0;50))=−150=0. L'équilibre est impossible : deux câbles alignés ne peuvent pas porter une charge qui n'est pas sur leur droite.
e) a(−3;4)+b(1;0)=(0;50) donne 4a=50, soit a=12,5, puis b=3a=37,5. Tension du câble gauche : 12,5×5=62,5N, plus que le poids lui-même. Plus un câble est proche de l'horizontale, plus il doit tirer fort : la composante verticale utile est une petite part de sa tension.
Le fil : décomposer une force, c'est chercher ses coordonnées dans la base des directions imposées ; le signe des coordonnées dit si la décomposition est réalisable.
Exercice 12 : Base orthonormée : les coordonnées par produit scalaire
Dans R2, on considère e1=(53;54) et e2=(−54;53), ainsi que le vecteur v=(10;5).
a) Montrez que {e1;e2} est une base orthonormée de R2.
b) Calculez les coordonnées de v dans cette base à l'aide de deux produits scalaires.
c) Vérifiez le résultat en recomposant v à partir de ses coordonnées.
d) Calculez la norme de v à partir de ses coordonnées dans la nouvelle base, au centième, et comparez à celle obtenue dans la base canonique. Pourquoi coïncident-elles ?
e) On prend maintenant la base orthogonale mais non normée f1=(3;4), f2=(−4;3). Déterminez les coordonnées de v dans cette base sans résoudre de système.
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Réponses
a)Orthogonaux, de norme 1
b)(10;−5)
c)10e1−5e2=(10;5)
d)125≈11,18 dans les deux bases
e)(2;−1)
a) e1⋅e2=−2512+2512=0 : les vecteurs sont orthogonaux. ∥e1∥2=259+2516=1 et de même ∥e2∥=1. Deux vecteurs orthogonaux non nuls sont libres, donc forment une base de R2, et elle est orthonormée.
b) Dans une base orthonormée, la coordonnée selon ei vaut v⋅ei. v⋅e1=6+4=10 et v⋅e2=−8+3=−5. Les coordonnées sont (10;−5).
c) 10e1−5e2=(6;8)−(−4;3)=(10;5) : on retrouve bien v.
d) 102+(−5)2=125≈11,18, et dans la base canonique 102+52=125 aussi. Dans une base ORTHONORMÉE, la norme se calcule sur les coordonnées comme sur les composantes, parce que les termes croisés 2abe1⋅e2 sont nuls et les normes des vecteurs de base valent 1. Dans une base oblique, ce calcul serait faux.
e) La base est orthogonale : si v=af1+bf2, alors v⋅f1=a∥f1∥2, d'où a=∥f1∥2v⋅f1=2530+20=2 et b=25−40+15=−1. Vérification : 2(3;4)−(−4;3)=(10;5). Le piège est de diviser par la norme au lieu de son CARRÉ, ce qui donnerait 10 et −5, les coordonnées dans la base normée.
Le fil : l'orthogonalité remplace la résolution d'un système par des produits scalaires ; la normalisation fixe le dénominateur à 1.
Exercice 13 : La famille à paramètre qui change de rang
Pour tout réel t, on considère dans R3 les vecteurs v1=(1;1;t), v2=(1;t;1) et v3=(t;1;1).
a) Calculez le déterminant D(t) de la famille {v1;v2;v3} et factorisez-le complètement.
b) Pour quelles valeurs de t la famille est-elle liée ?
c) Pour t=1, quelle est la dimension du sous-espace engendré par la famille ?
d) Pour t=−2, donnez une relation de dépendance, la dimension du sous-espace engendré et une équation cartésienne de ce sous-espace.
e) Pour t=0, déterminez les coordonnées du vecteur (2;2;2) dans la base {v1;v2;v3}.
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Réponses
a)D(t)=−(t−1)2(t+2)
b)t=1 ou t=−2
c)Dimension 1
d)v1+v2+v3=0 ; plan x+y+z=0
e)(1;1;1)
a) En développant selon la première ligne : D(t)=1(t−1)−1(1−t)+t(1−t2)=2(t−1)−t(t−1)(t+1). On met (t−1) en facteur : D(t)=(t−1)(2−t−t2)=−(t−1)(t2+t−2)=−(t−1)2(t+2). Contrôle : D(0)=−2, et la forme factorisée donne −(1)(2)=−2.
b) La famille est liée si et seulement si D(t)=0, soit t=1 ou t=−2. Pour toute autre valeur, c'est une base de R3.
c) Pour t=1, les trois vecteurs valent (1;1;1) : ils sont égaux, et le sous-espace engendré est la droite dirigée par (1;1;1), de dimension 1. La racine double du déterminant signale ici une chute de rang de deux crans.
d) Pour t=−2 : v1=(1;1;−2), v2=(1;−2;1), v3=(−2;1;1), et v1+v2+v3=0. v1 et v2 ne sont pas colinéaires, donc le sous-espace engendré est un plan, de dimension 2. Chaque vecteur a une somme de composantes nulle, et le plan a pour équation x+y+z=0.
e) Pour t=0 : v1=(1;1;0), v2=(1;0;1), v3=(0;1;1), et D(0)=−2=0. On résout a+b=2, a+c=2, b+c=2 : en additionnant, 2(a+b+c)=6, donc a+b+c=3 et c=b=a=1. Les coordonnées sont (1;1;1).
Le fil : le déterminant détecte les valeurs critiques, mais seul l'examen des vecteurs à ces valeurs dit de combien le rang chute.
Exercice 14 : Problème : les couleurs qu'un écran peut afficher
Un écran mélange trois diodes. Allumée à pleine intensité, chaque diode excite les trois capteurs de couleur de l'œil selon un vecteur de R3 : R=(4;1;0), V=(1;5;1) et B=(0;1;4).
Allumée à la fraction a de sa puissance, la diode rouge apporte aR, et ainsi de suite. Une couleur T est affichable s'il existe a, b, c compris entre 0 et 1 tels que aR+bV+cB=T.
a) Montrez que {R;V;B} est une base de R3.
b) La couleur T1=(5;7;5) est-elle affichable ? Donnez les trois intensités.
c) Même question pour T2=(2;3;2), intensités au millième.
d) Même question pour T3=(1;6;1).
e) Puisque la famille est une base, toute couleur s'écrit comme combinaison des trois diodes. Pourquoi certaines couleurs restent-elles inaffichables ? Quel est le volume de l'ensemble des couleurs affichables ?
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Réponses
a)Déterminant 72
b)(1;1;1) : affichable
c)a=c≈0,389, b≈0,444 : affichable
d)b=911>1 : non
e)Coefficients hors de [0;1] ; volume 72
a) 410151014=4(20−1)−1(4−0)+0=76−4=72=0 : la famille est libre, donc une base de R3.
b) Le système s'écrit 4a+b=5, a+5b+c=7, b+4c=5. La première et la troisième donnent a=c=45−b, puis la deuxième 25−b+5b=7, soit 9b=9 : b=1 et a=c=1. Les trois diodes à pleine puissance : T1 est affichable, c'est le blanc le plus lumineux de l'écran.
c) De même a=c=42−b et 22−b+5b=3, soit 2−b+10b=6 : b=94≈0,444 et a=c=187≈0,389. Les trois intensités sont entre 0 et 1 : T2 est affichable.
d) a=c=41−b et 21−b+5b=6, soit 1−b+10b=12 : b=911≈1,222 et a=c=−181. Il faudrait allumer la verte au-delà de sa puissance maximale et les deux autres à une intensité NÉGATIVE : T3, un vert trop saturé, n'est pas affichable.
e) Être une base garantit l'EXISTENCE et l'unicité des coefficients, pas qu'ils tombent dans [0;1]. Les couleurs affichables sont les combinaisons à coefficients dans [0;1] : c'est le parallélépipède construit sur R, V, B, dont le volume vaut ∣det∣=72. C'est la « gamme » de l'écran ; une couleur hors du parallélépipède existe mathématiquement mais pas sur l'écran.
Le fil : une base dit que les coordonnées existent ; un problème réel ajoute des contraintes sur ces coordonnées.
Exercice 15 : Problème : un réseau cristallin et ses bases
Dans un cristal plan, les atomes occupent exactement les points mu+nv, où m et n sont des ENTIERS relatifs, avec u=(2;1) et v=(1;3). Ces points forment un réseau, et un point est un nœud du réseau si ses coordonnées dans la base {u;v} sont entières.
a) Le point P=(7;11) est-il un nœud du réseau ? Donnez ses coordonnées.
b) Même question pour Q=(4;5).
c) Calculez l'aire de la maille, le parallélogramme construit sur u et v.
d) On propose la base u′=u+v=(3;4), v′=v. Calculez les coordonnées de P dans cette base, puis l'aire de sa maille. Montrez que cette base engendre exactement le même réseau.
e) On propose enfin la base {2u;v}. Calculez l'aire de sa maille et les coordonnées de u dans cette base. Engendre-t-elle le même réseau ?
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Réponses
a)(2;3) : nœud
b)(1,4;1,2) : pas un nœud
c)Aire 5
d)(2;1), aire 5 : même réseau
e)Aire 10 ; (21;0) : réseau plus pauvre
a) a(2;1)+b(1;3)=(7;11) : 2a+b=7 et a+3b=11. De la première b=7−2a, puis a+21−6a=11, donc a=2 et b=3. Coordonnées entières : P=2u+3v est un nœud.
b) 2a+b=4 et a+3b=5 donnent b=4−2a, puis a+12−6a=5, soit a=57=1,4 et b=56=1,2. Les coordonnées existent, puisque la famille est une base, mais elles ne sont pas entières : Q n'est pas un nœud, c'est un point entre les atomes.
c) ∣det(u,v)∣=∣2×3−1×1∣=5.
d) 3a+b=7 et 4a+3b=11 donnent b=7−3a, puis 4a+21−9a=11, soit a=2, b=1 : P=2u′+v′, coordonnées encore entières. det(u′,v′)=9−4=5, même aire. Même réseau : u′ et v′ sont des combinaisons entières de u et v, et réciproquement u=u′−v′ et v=v′ sont des combinaisons entières de u′ et v′. Tout nœud de l'un est un nœud de l'autre.
e) det(2u,v)=4×3−1×2=10 : la maille est deux fois plus grande. u=21(2u)+0v : coordonnées (21;0), non entières. Le nœud u n'est plus atteint : cette base engendre un réseau plus pauvre, qui ne garde qu'une partie des atomes. Deux bases engendrent le même réseau exactement quand elles ont la même aire de maille et s'expriment l'une par l'autre à coefficients entiers.
Le fil : dans un réseau, les coordonnées doivent être entières ; changer de base sans changer de réseau exige un changement à coefficients entiers et une aire de maille conservée.
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