Voici la série d'exercices corrigés d'algèbre linéaire et géométrie vectorielle (cours 201-NYC, aussi appelé Maths 105 selon le programme visé) sur les combinaisons linéaires, la dépendance linéaire et les bases. La partie A couvre les bases : composantes et norme d'un vecteur, écriture d'un vecteur comme combinaison linéaire de deux autres, test de dépendance ou d'indépendance linéaire, bases et coordonnées d'un vecteur dans une base non canonique. La partie B monte au niveau examen : démonstrations d'indépendance, rôle du vecteur nul, et unicité des coordonnées dans une base.
C'est le chapitre qui ouvre la session, et c'est aussi celui que les étudiants sous-estiment le plus. Les calculs y sont courts, donc tout le monde croit avoir compris. Puis l'évaluation demande de justifier qu'une famille est libre, ou de trouver le paramètre qui rend trois vecteurs dépendants, et l'écart se creuse. Le vocabulaire ici n'est pas décoratif : chaque mot correspond à un calcul précis.
Le réflexe à installer tout de suite : la question « est-ce que ce vecteur est une combinaison linéaire des autres ? » est toujours la question « est-ce que ce système a une solution ? ». Vous ne devinez pas les coefficients, vous les résolvez. Et le déterminant tranche en une ligne ce qu'un système résout en dix.
Rappel de cours
•Combinaison linéaire : w est une combinaison linéaire de u et v s'il existe des scalaires a et b tels que w=au+bv. Chercher a et b revient toujours à résoudre un système d'équations linéaires, une équation par composante.
•Famille libre (indépendante) : {v1;…;vn} est libre si la seule façon d'écrire a1v1+⋯+anvn=0 est de prendre tous les ai nuls. Sinon la famille est liée (dépendante), et au moins un vecteur s'exprime en fonction des autres.
•Test rapide par le déterminant : n vecteurs de Rn sont linéairement indépendants si et seulement si le déterminant de la matrice formée par leurs composantes est non nul. Dans R2 : deux vecteurs sont liés si et seulement s'ils sont colinéaires.
•Base de Rn : une famille de n vecteurs à la fois libre et génératrice. Dans Rn, toute famille libre de n vecteurs est automatiquement une base, ce qui suffit à ramener la vérification à un seul déterminant non nul.
•Coordonnées dans une base B={e1;…;en} : ce sont les scalaires (a1;…;an) tels que v=a1e1+⋯+anen. Elles sont uniques, et elles dépendent de la base choisie : le même vecteur n'a pas les mêmes coordonnées dans deux bases différentes.
•Vecteur unitaire de même direction et de même sens que v : ∥v∥v. Pour obtenir un vecteur de norme k et de sens opposé, on prend −k∥v∥v.
Partie A : Les bases (/28)
Exercice 1 : Composantes, norme et opérations dans le plan
On considère les points A(−2;3), B(1;7) et C(−10;9) du plan.
a) Déterminez les composantes des vecteurs AB et AC, puis calculez leurs normes.
b) Déterminez les composantes du vecteur 2AB−3AC.
c) Les vecteurs AB et AC sont-ils colinéaires ? Justifiez par le calcul.
d) Déterminez le vecteur w de norme 15, de même direction que AB mais de sens opposé.
Voir la correction
a) AB=(1−(−2);7−3)=(3;4) et AC=(−10−(−2);9−3)=(−8;6). Les normes valent ∥AB∥=32+42=9+16=25=5 et ∥AC∥=(−8)2+62=64+36=100=10.
b) 2AB=(6;8) et 3AC=(−24;18), donc 2AB−3AC=(6−(−24);8−18)=(30;−10).
c) Deux vecteurs du plan sont colinéaires si et seulement si leur déterminant est nul : 34−86=(3)(6)−(−8)(4)=18+32=50=0. Ils ne sont donc PAS colinéaires. Le piège du chapitre est ici : ∥AC∥ vaut exactement le double de ∥AB∥, ce qui pousse beaucoup d'étudiants à conclure trop vite que AC=2AB. La norme ne dit rien sur la direction. Comparaison des rapports de composantes : 3−8=46, même conclusion.
d) Le vecteur unitaire de AB est 5AB=(53;54). Pour une norme 15 et un sens opposé, on multiplie par −15 : w=−15(53;54)=(−9;−12). Vérification : ∥w∥=81+144=225=15, et w=−3AB est bien colinéaire à AB, de coefficient négatif donc de sens opposé.
Exercice 2 : Combinaison linéaire et système associé
On considère les vecteurs u=(2;1) et v=(1;3) du plan.
a) Écrivez w=(7;11) comme combinaison linéaire de u et v, c'est-à-dire trouvez les scalaires a et b tels que w=au+bv.
b) Faites de même pour t=(5;−5).
c) Expliquez pourquoi TOUT vecteur du plan peut s'écrire comme combinaison linéaire de u et v, et dites en une phrase ce que cela signifie pour la famille {u;v}.
d) Dans l'espace maintenant, soit p=(1;2;1) et q=(0;1;2). Le vecteur r=(1;5;7) est-il une combinaison linéaire de p et q ? Et le vecteur s=(2;3;1) ?
Voir la correction
a) L'égalité a(2;1)+b(1;3)=(7;11) donne une équation par composante : {2a+b=7a+3b=11. De la première, b=7−2a. En substituant : a+3(7−2a)=11, soit a+21−6a=11, donc −5a=−10 et a=2, puis b=7−4=3. Vérification : 2(2;1)+3(1;3)=(4+3;2+9)=(7;11). Donc w=2u+3v.
b) Même méthode : {2a+b=5a+3b=−5. De la première, b=5−2a, d'où a+15−6a=−5, soit −5a=−20 et a=4, puis b=5−8=−3. Vérification : 4(2;1)−3(1;3)=(8−3;4−9)=(5;−5). Donc t=4u−3v. Un coefficient négatif est parfaitement normal, ce n'est pas un signe d'erreur.
c) Pour un vecteur quelconque (x;y), le système s'écrit {2a+b=xa+3b=y. Son déterminant vaut 2113=6−1=5=0, donc le système admet une solution unique quel que soit le membre de droite. Tout vecteur du plan s'écrit donc, et d'une seule façon, comme combinaison linéaire de u et v : la famille {u;v} est génératrice de R2, et comme elle est libre (déterminant non nul), c'est une base de R2.
d) Pour r : a(1;2;1)+b(0;1;2)=(1;5;7) donne trois équations. La première impose a=1. La deuxième donne 2(1)+b=5, donc b=3. Il reste à VÉRIFIER la troisième, qui n'a servi à rien jusqu'ici : a+2b=1+6=7, ce qui est bien la troisième composante. Donc r=p+3q, oui.
Pour s : la première équation impose a=2, la deuxième donne 2(2)+b=3 donc b=−1. Test de la troisième : a+2b=2−2=0, alors que la troisième composante de s vaut 1. Contradiction, le système est incompatible : s n'est PAS une combinaison linéaire de p et q. C'est le point à ne pas manquer dans l'espace : avec trois équations et deux inconnues, il y a une équation de trop, et c'est elle qui décide. Ne jamais s'arrêter dès que a et b sont trouvés.
Exercice 3 : Dépendance et indépendance linéaire
Cet exercice porte sur le test d'indépendance linéaire dans R3. On rappelle que trois vecteurs de R3 sont linéairement indépendants si et seulement si le déterminant formé par leurs composantes est non nul.
a) Soit u=(1;2;−1), v=(2;−1;3) et w=(4;3;1). Montrez que w est une combinaison linéaire de u et v, et concluez sur la nature de la famille {u;v;w}.
b) Retrouvez la conclusion de a) en une seule ligne, par le calcul du déterminant.
c) La famille {(1;0;2);(0;1;−1);(2;1;1)} est-elle libre ou liée ? Justifiez.
d) Déterminez la valeur de m pour laquelle la famille {(1;2;−1);(2;−1;3);(0;5;m)} est liée.
Voir la correction
a) On cherche a et b tels que au+bv=w, soit ⎩⎨⎧a+2b=42a−b=3−a+3b=1. Les deux premières donnent a=4−2b puis 2(4−2b)−b=3, soit 8−5b=3, donc b=1 et a=2. Test de la troisième équation : −2+3(1)=1, elle est satisfaite. Donc w=2u+v. Puisqu'un des trois vecteurs s'exprime en fonction des deux autres, la famille est LIÉE (linéairement dépendante). On peut d'ailleurs écrire la relation de dépendance sous sa forme canonique : 2u+v−w=0, une combinaison nulle à coefficients non tous nuls.
b) 1242−13−131=1((−1)(1)−(3)(3))−2((2)(1)−(3)(4))+(−1)((2)(3)−(−1)(4)). Cela donne 1(−1−9)−2(2−12)−1(6+4)=−10+20−10=0. Le déterminant est nul, donc la famille est liée. Une ligne suffit là où a) demandait un système complet : sur un examen chronométré, c'est cette méthode qu'il faut réflexe, en gardant la première pour quand on vous demande explicitement la relation de dépendance.
c) 1020112−11=1((1)(1)−(−1)(1))−0((0)(1)−(−1)(2))+2((0)(1)−(1)(2))=1(2)−0+2(−2)=2−4=−2. Le déterminant vaut −2=0, donc la famille est LIBRE. Étant libre et comportant trois vecteurs dans R3, c'est aussi une base de R3.
d) 1202−15−13m=1((−1)(m)−(3)(5))−2((2)(m)−(3)(0))+(−1)((2)(5)−(−1)(0)). Cela donne (−m−15)−2(2m)−1(10)=−m−15−4m−10=−5m−25. La famille est liée quand le déterminant s'annule : −5m−25=0, donc m=−5. Vérification : avec m=−5, le troisième vecteur est (0;5;−5), et on constate que 2(1;2;−1)−(2;−1;3)=(0;5;−5), la relation de dépendance est explicite.
Exercice 4 : Bases et coordonnées d'un vecteur
Dans le plan, on considère la famille B={e1;e2} avec e1=(1;1) et e2=(1;−1).
a) Montrez que B est une base de R2.
b) Déterminez les coordonnées du vecteur v=(5;1) dans la base B.
c) Le vecteur t a pour coordonnées (−2;4) dans la base B. Déterminez ses composantes dans la base canonique.
d) Dans R3, on admet que C={(1;0;0);(1;1;0);(1;1;1)} est une base. Déterminez les coordonnées de z=(3;5;2) dans cette base.
Voir la correction
a) 111−1=(1)(−1)−(1)(1)=−2=0, donc la famille est libre. Comme elle comporte deux vecteurs et que R2 est de dimension 2, une famille libre de deux vecteurs y est automatiquement génératrice : B est une base de R2. C'est l'argument à connaître, il évite de démontrer séparément le caractère générateur.
b) On cherche a et b tels que a(1;1)+b(1;−1)=(5;1), soit {a+b=5a−b=1. En additionnant : 2a=6, donc a=3, puis b=2. Vérification : 3(1;1)+2(1;−1)=(3+2;3−2)=(5;1). Les coordonnées de v dans B sont donc (3;2). Notez bien que v n'a pas changé : c'est le même vecteur du plan, décrit par deux couples de nombres différents selon la base. (5;1) dans la base canonique, (3;2) dans B.
c) Ici le travail se fait dans l'autre sens, et c'est une simple substitution : t=−2e1+4e2=−2(1;1)+4(1;−1)=(−2+4;−2−4)=(2;−6). Aucun système à résoudre. Reconnaître dans quel sens va la question fait gagner plusieurs minutes en examen : passer des coordonnées aux composantes est un calcul direct, l'inverse demande un système.
d) On cherche c1, c2, c3 tels que c1(1;0;0)+c2(1;1;0)+c3(1;1;1)=(3;5;2), soit ⎩⎨⎧c1+c2+c3=3c2+c3=5c3=2. Le système est déjà échelonné, on remonte : c3=2, puis c2=5−2=3, puis c1=3−3−2=−2. Vérification : −2(1;0;0)+3(1;1;0)+2(1;1;1)=(−2+3+2;3+2;2)=(3;5;2). Les coordonnées cherchées sont (−2;3;2).
Partie B : Niveau examen (/22)
Exercice 5 : Démonstrations : familles libres et vecteur nul
Cet exercice ne demande presque aucun calcul numérique : on y raisonne directement sur la définition d'une famille libre. On rappelle la définition : {v1;…;vn} est libre si l'égalité a1v1+⋯+anvn=0 entraîne a1=⋯=an=0.
a) Soit {u;v} une famille libre. Démontrez que la famille {u+v;u−v} est elle aussi libre.
b) Démontrez que toute famille contenant le vecteur nul est liée, quels que soient les autres vecteurs.
c) Démontrez que si w est une combinaison linéaire de u et v, alors la famille {u;v;w} est liée.
d) Vrai ou faux : si trois vecteurs de R3 sont deux à deux non colinéaires, alors la famille qu'ils forment est libre. Justifiez, et donnez un contre-exemple explicite si l'énoncé est faux.
Voir la correction
a) On part d'une combinaison nulle de la nouvelle famille : a(u+v)+b(u−v)=0. On regroupe selon u et v : (a+b)u+(a−b)v=0. Or {u;v} est libre par hypothèse, donc les deux coefficients sont nuls : {a+b=0a−b=0. En additionnant, 2a=0 donc a=0, puis b=0. La seule combinaison nulle est la combinaison triviale, donc {u+v;u−v} est libre. Le mécanisme de la démonstration est toujours le même : partir d'une combinaison nulle, regrouper sur la famille dont on connaît l'indépendance, et conclure.
b) Supposons que la famille soit {0;v2;…;vn}. On peut écrire la combinaison 1⋅0+0⋅v2+⋯+0⋅vn=0. C'est bien une combinaison nulle, et pourtant le premier coefficient vaut 1, donc les coefficients ne sont pas tous nuls. La définition d'une famille libre est mise en défaut : la famille est liée. Conséquence pratique en examen : dès qu'un vecteur nul apparaît dans une famille, la réponse est immédiate, aucun déterminant à calculer.
c) Par hypothèse, il existe des scalaires a et b tels que w=au+bv. On fait passer tout du même côté : au+bv−w=0. C'est une combinaison linéaire nulle des trois vecteurs, dont les coefficients sont a, b et −1. Le coefficient de w vaut −1, qui n'est pas nul, donc les coefficients ne sont pas tous nuls, quelles que soient les valeurs de a et b. La famille {u;v;w} est donc liée. C'est le coefficient −1 qui porte toute la démonstration.
d) L'énoncé est FAUX. La colinéarité deux à deux ne teste que les paires, alors que la dépendance linéaire concerne la famille entière : un vecteur peut dépendre des DEUX autres sans être colinéaire à aucun d'eux pris isolément.
Contre-exemple explicite : a=(1;0;0), b=(0;1;0) et c=(1;1;0). Aucune paire n'est colinéaire, on le vérifie sur les rapports de composantes : a et b ne sont manifestement pas proportionnels, c n'est proportionnel ni à a (deuxième composante) ni à b (première composante). Pourtant c=a+b, donc la famille est liée. Le déterminant le confirme : 101011000=0. Géométriquement, les trois vecteurs sont coplanaires, tous dans le plan z=0.
La réciproque, elle, est vraie : si une famille est libre, alors ses vecteurs sont bien deux à deux non colinéaires. C'est une implication à sens unique, et l'examen la teste souvent dans le mauvais sens.
Exercice 6 : Problème : une base oblique de l'espace et l'unicité des coordonnées
Dans un repère orthonormé de l'espace, on considère les trois vecteurs u1=(2;1;0), u2=(0;1;1) et u3=(1;0;2).
L'objectif est de montrer que ces trois vecteurs forment une base de R3, d'y lire les coordonnées de vecteurs donnés, et d'établir que ces coordonnées sont toujours uniques.
a) Montrez que B={u1;u2;u3} est une base de R3.
b) Déterminez les coordonnées du vecteur v=(5;3;8) dans la base B.
c) Interprétez géométriquement la valeur absolue du déterminant calculé en a).
d) La base B est-elle orthogonale ? Justifiez par un calcul, et dites ce que cela change pour la lecture des coordonnées.
e) Sans résoudre de système, donnez les coordonnées de w=(4;2;0) dans la base B et justifiez votre réponse en une phrase.
f) Démontrez que dans une base quelconque de R3, les coordonnées d'un vecteur sont uniques.
Voir la correction
a) On calcule le déterminant de la matrice dont les colonnes sont les composantes des trois vecteurs : 210011102=2((1)(2)−(0)(1))−0((1)(2)−(0)(0))+1((1)(1)−(1)(0))=2(2)−0+1(1)=5. Le déterminant vaut 5=0, donc la famille est libre. Trois vecteurs libres dans R3, qui est de dimension 3, forment une base. Donc B est bien une base de R3.
b) On cherche a, b, c tels que au1+bu2+cu3=(5;3;8), c'est-à-dire ⎩⎨⎧2a+c=5a+b=3b+2c=8. De la première, c=5−2a. En reportant dans la troisième : b+2(5−2a)=8, soit b=8−10+4a=4a−2. En reportant dans la deuxième : a+4a−2=3, donc 5a=5 et a=1. Alors b=4−2=2 et c=5−2=3. Vérification complète : 1(2;1;0)+2(0;1;1)+3(1;0;2)=(2+0+3;1+2+0;0+2+6)=(5;3;8). Les coordonnées de v dans B sont donc (1;2;3).
c) La valeur absolue du déterminant de trois vecteurs de l'espace est le volume du parallélépipède construit sur ces trois vecteurs. Ici ce volume vaut 5 unités de volume. La lecture est alors immédiate : un déterminant nul signifierait un parallélépipède aplati, donc trois vecteurs coplanaires, donc une famille liée qui ne peut pas engendrer tout l'espace. Le critère algébrique et le critère géométrique disent exactement la même chose.
d) On teste l'orthogonalité deux à deux : u1⋅u2=(2)(0)+(1)(1)+(0)(1)=1=0. Il suffit d'un seul produit scalaire non nul pour conclure : la base n'est PAS orthogonale, c'est une base oblique. Ce que cela change : dans une base orthonormée, chaque coordonnée se lit directement par un produit scalaire, ai=v⋅ei. Ce raccourci est ici invalide, et l'utiliser quand même est une erreur classique. Dans une base oblique, il faut résoudre le système, comme en b). Vérifions sur v : v⋅u1=10+3+0=13, alors que la première coordonnée vaut 1. Le raccourci donnerait n'importe quoi.
e) On remarque que w=(4;2;0)=2(2;1;0)=2u1. Le vecteur w est colinéaire à u1, donc ses coordonnées dans B sont (2;0;0). Aucun système n'est nécessaire : reconnaître une colinéarité avec un vecteur de la base donne directement le résultat, et par unicité des coordonnées (question f), c'est nécessairement la bonne réponse.
f) Soit B={e1;e2;e3} une base de R3 et v un vecteur quelconque. Supposons que v admette deux écritures : v=a1e1+a2e2+a3e3 et v=b1e1+b2e2+b3e3. En soustrayant membre à membre : (a1−b1)e1+(a2−b2)e2+(a3−b3)e3=0. Or une base est en particulier une famille libre, donc tous les coefficients de cette combinaison nulle sont nuls : a1−b1=a2−b2=a3−b3=0, c'est-à-dire a1=b1, a2=b2 et a3=b3. Les deux écritures sont donc identiques : les coordonnées sont uniques.
C'est exactement l'indépendance linéaire qui porte l'unicité, et le caractère générateur qui porte l'existence. Une base sert aux deux à la fois, et c'est pour cela qu'on exige les deux propriétés dans la définition.
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