Math SN5, secondaire 5 à Montréal • Géométrie vectorielle
Fiche de révision : les vecteurs et la géométrie vectorielle (math SN5)
Cette fiche ne refait pas le cours sur les vecteurs : vous l'avez déjà dans vos notes. Elle traite ce que le cours ne dit jamais et qui décide pourtant de la note : l'erreur exacte qui coûte deux points sur une copie, la façon de choisir entre déterminant et produit scalaire, et la rédaction que le correcteur de math SN5 attend mot pour mot.
Elle est écrite pour les élèves de secondaire 5 du programme québécois à Montréal, et pour les élèves du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas qui suivent le complément québécois. Une fois la fiche lue, la série d'exercices corrigés du même chapitre met chaque réflexe à l'épreuve.
Le fil du chapitre
Un vecteur n'est pas un point : il n'a ni position ni origine, seulement une direction, un sens et une longueur, et c'est pourquoi AB=(xB−xA;yB−yA) se calcule par une SOUSTRACTION, arrivée moins départ. Le second obstacle est le produit scalaire, qui rend un NOMBRE et non un vecteur : presque tous les points perdus viennent d'en attendre deux composantes, ou d'oublier que son signe suffit à dire si un angle est aigu, droit ou obtus.
•AB=(xB−xA;yB−yA) : ARRIVÉE moins départ, jamais l'inverse.
•∥v∥=a2+b2 pour v=(a;b) : c'est le théorème de Pythagore sur les composantes.
•BA=−AB : les deux vecteurs ont la même norme et des sens opposés.
•Un vecteur n'a pas de position : deux flèches parallèles, de même longueur et de même sens sont le MÊME vecteur.
•L'orientation se trouve par tanθ=ab, en ajustant selon le quadrant des composantes.
L'ordre de la soustraction se retient par le sens de la flèche : AB va de A vers B, donc on part de B et on retranche A. Le contraire donne le vecteur opposé, et toute la suite est inversée.
Opérations et relation de Chasles
•(a;b)+(c;d)=(a+c;b+d) et k(a;b)=(ka;kb) : on travaille composante par composante.
•Relation de CHASLES : AB+BC=AC. Le point du milieu disparaît, ce qui la rend mécanique.
•Somme géométrique : méthode du triangle, bout à bout, ou du parallélogramme, à partir d'une origine commune.
•∥u+v∥=∥u∥+∥v∥ en général : les normes ne s'additionnent que si les vecteurs sont de même sens.
•Le milieu de [AB] est le point M tel que AM=21AB, ce qui redonne la formule des coordonnées.
Chasles se lit dans les deux sens : on peut aussi DÉCOUPER un vecteur en passant par un point intermédiaire, AC=AB+BC. C'est ce sens-là qui sert dans les démonstrations.
Colinéarité et produit scalaire : deux tests, deux questions
•COLINÉARITÉ, donc parallélisme : u=(a;b) et v=(c;d) sont colinéaires si et seulement si ad−bc=0.
•Trois points sont ALIGNÉS si deux des vecteurs qu'ils forment sont colinéaires.
•PRODUIT SCALAIRE : u⋅v=ac+bd=∥u∥∥v∥cosθ. Le résultat est un NOMBRE.
•u⋅v=0 équivaut à l'ORTHOGONALITÉ, pour deux vecteurs non nuls.
•Le SIGNE du produit scalaire donne la nature de l'angle : positif si aigu, nul si droit, négatif si obtus.
Les deux tests ne répondent pas à la même question et se ressemblent à l'écrit : ad−bc teste le PARALLÈLE, ac+bd teste le PERPENDICULAIRE. Croiser les deux inverse la conclusion.
Projection et applications physiques
•Projection SCALAIRE de u sur v : ∥v∥u⋅v=∥u∥cosθ. C'est un nombre, éventuellement négatif.
•Vecteur PROJETÉ : uv=∥v∥2u⋅vv. Le dénominateur est au CARRÉ, contrairement à la projection scalaire.
•RÉSULTANTE de plusieurs forces : c'est leur somme vectorielle, calculée composante par composante.
•ÉQUILIBRANT : l'opposé de la résultante, celui qui ramène l'ensemble à l'équilibre.
•TRAVAIL d'une force : W=F⋅d=∥F∥∥d∥cosθ, un nombre en joules.
Le travail est négatif quand la force s'oppose au déplacement, et nul quand elle lui est perpendiculaire. Ces deux cas ont un sens physique, et le signe du produit scalaire les donne sans calcul d'angle.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Calculer les composantes dans le mauvais sens
toute la question, et le vecteur pointe dans la direction opposée
Ce qu'il ne faut pas écrire
« A(1;4) et B(5;2) : AB=(1−5;4−2)=(−4;2). »
Ce qu'il faut écrire
« AB=(xB−xA;yB−yA)=(5−1;2−4)=(4;−2) : arrivée moins départ. »
Pourquoi : La flèche AB va de A vers B, donc on part de l'arrivée. Le contrôle est visuel : B est à droite de A, donc la première composante doit être positive, ce que la version fautive contredit.
2.Rendre un produit scalaire sous forme de vecteur
toute la question, et le test d'orthogonalité devient impossible
Ce qu'il ne faut pas écrire
« (3;4)⋅(2;−1)=(6;−4). »
Ce qu'il faut écrire
« (3;4)⋅(2;−1)=3(2)+4(−1)=6−4=2 : le produit scalaire est un NOMBRE, pas un vecteur. »
Pourquoi : Le produit scalaire multiplie les composantes correspondantes puis les ADDITIONNE, ce qui écrase les deux dimensions en un seul nombre. C'est justement ce nombre qui porte l'information d'angle, et un couple de composantes ne le porterait pas.
3.Additionner les normes au lieu des vecteurs
toute la question, et un résultat toujours surestimé
Ce qu'il ne faut pas écrire
« ∥u∥=3 et ∥v∥=4, donc ∥u+v∥=7. »
Ce qu'il faut écrire
« Cela dépend de l'angle. Si u=(3;0) et v=(0;4), alors u+v=(3;4) et sa norme vaut 5, pas 7. »
Les deux vecteurs forment un angle droit : la somme est l'hypoténuse, longue de 5, pas 3+4. Les normes ne s'additionnent que si les vecteurs ont la même direction.
Pourquoi : Les normes ne s'additionnent que si les vecteurs ont le MÊME sens; sinon la somme géométrique raccourcit le résultat. On additionne donc les composantes, puis on calcule la norme du vecteur obtenu, jamais l'inverse.
4.Confondre le test de colinéarité et celui d'orthogonalité
toute la question, la conclusion est exactement inversée
Ce qu'il ne faut pas écrire
« u=(2;3) et v=(4;6) : 2(4)+3(6)=26=0, donc ils ne sont pas parallèles. »
Ce qu'il faut écrire
« Le parallélisme se teste par ad−bc : 2(6)−3(4)=0, donc ils SONT colinéaires. Le calcul ac+bd teste au contraire la perpendicularité. »
u et v sont portés par la MÊME droite : c'est ad−bc=0 qui le dit. Le produit scalaire ac+bd, lui, ne s'annule que pour w, qui forme un angle droit.
Pourquoi : Les deux expressions se ressemblent, mais l'une croise les composantes avec une soustraction et l'autre les apparie avec une addition. Moyen de retenir : le produit SCALAIRE, avec un plus, teste le PERPENDICULAIRE; le déterminant, avec un moins, teste le PARALLÈLE.
5.Additionner des forces par leurs intensités
toute la question, et l'orientation de la résultante manque également
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Une force de 30 newtons vers l'est et une de 40 newtons vers le nord donnent une résultante de 70 newtons. »
Ce qu'il faut écrire
« On additionne les COMPOSANTES : (30;0)+(0;40)=(30;40), de norme 900+1600=50 newtons. »
Pourquoi : Une force est un vecteur : deux forces perpendiculaires ne s'ajoutent pas comme des nombres. Le passage par les composantes est la seule méthode fiable, et elle donne en prime l'orientation de la résultante.
6.Oublier le carré au dénominateur du vecteur projeté
2 points, et un vecteur projeté dont la longueur est fausse d'un facteur $\|\vec{v}\|$
Ce qu'il ne faut pas écrire
« uv=∥v∥u⋅vv. »
Ce qu'il faut écrire
« uv=∥v∥2u⋅vv : le dénominateur est au CARRÉ. Sans carré, on obtient la projection SCALAIRE multipliée par v, donc un vecteur trop long. »
Pourquoi : La projection scalaire divise par la norme UNE fois; le vecteur projeté divise une seconde fois pour normaliser v avant de le multiplier. Le contrôle est direct : le vecteur projeté ne peut pas être plus long que u.
7.Conclure à la perpendicularité par un produit scalaire non nul
toute la question, et la nature de l'angle est fausse
Ce qu'il ne faut pas écrire
« u⋅v=−12, donc les vecteurs sont perpendiculaires puisque le résultat est négatif. »
Ce qu'il faut écrire
« Un produit scalaire NÉGATIF signifie que l'angle est OBTUS. La perpendicularité correspond à un produit scalaire exactement NUL. »
Pourquoi : Le signe du produit scalaire suit celui du cosinus : positif pour un angle aigu, nul pour un angle droit, négatif pour un angle obtus. C'est une information à trois valeurs, et elle se lit sans calculer l'angle.
8.Écrire une relation de Chasles avec le mauvais point intermédiaire
2 points, et la démonstration entière s'effondre
Ce qu'il ne faut pas écrire
« AB+CB=AC. »
Ce qu'il faut écrire
« AB+BC=AC : le point d'arrivée du premier vecteur doit être le point de DÉPART du second. Avec CB, on écrirait AB−BC. »
La chaîne se lit A→B→C : le point d'arrivée du premier vecteur est le départ du second. La flèche en pointillés repart de C, elle ne se raccorde à rien.
Pourquoi : Chasles est un enchaînement de déplacements : on ne peut continuer que là où l'on est arrivé. Le contrôle visuel est immédiat, la lettre du milieu doit être écrite DEUX fois de suite, et elle disparaît alors du résultat.
Quelle méthode choisir
Quel outil, selon la question posée
Chaque question de ce chapitre correspond à un outil et à un seul. Lisez le verbe de l'énoncé, il désigne l'outil sans ambiguïté.
Si « montrer que deux droites sont PARALLÈLES », « que trois points sont ALIGNÉS » → test de colinéarité : ad−bc=0
Exemple : AB=(2;3) et AC=(4;6) : 2(6)−3(4)=0, donc A, B et C sont alignés
On peut aussi montrer qu'un vecteur est un multiple de l'autre, ce qui revient au même.
Si « montrer que deux droites sont PERPENDICULAIRES », « que le triangle est rectangle » → produit scalaire nul : ac+bd=0
Exemple : AB=(2;1) et AC=(3;−6) : 2(3)+1(−6)=0, donc l'angle en A est droit
Si « calculer un ANGLE entre deux vecteurs » → cosθ=∥u∥∥v∥u⋅v, puis la fonction inverse du cosinus
Exemple : u=(3;4) et v=(5;0) : cosθ=5×515=0,6, donc θ≈53,13°
Le signe du produit scalaire annonce déjà la réponse : aigu, droit ou obtus.
Si « calculer une LONGUEUR », « montrer que le triangle est isocèle » → norme des vecteurs concernés, a2+b2
Exemple : ∥AB∥=∥AC∥ montre que le triangle est isocèle en A
Si « trouver la RÉSULTANTE de forces », « la vitesse effective » → décomposer chaque vecteur en composantes, les additionner, puis calculer norme et orientation
Exemple : (30;0)+(0;40)=(30;40), de norme 50 newtons
L'équilibrant est l'opposé de la résultante, donc (−30;−40).
Si « calculer un TRAVAIL », « la composante d'une force dans une direction » → produit scalaire, ou projection scalaire ∥v∥u⋅v
Exemple : W=F⋅d, en joules, et le signe dit si la force aide ou freine
Aucune branche ne demande de calculer un angle avant de connaître sa nature : le signe du produit scalaire la donne gratuitement, et il permet de vérifier la valeur trouvée ensuite à la calculatrice.
Démontrer une propriété par les vecteurs
Une démonstration vectorielle suit toujours le même plan : traduire l'hypothèse en relation vectorielle, calculer, puis traduire le résultat en propriété géométrique.
Si il faut montrer un PARALLÉLISME → exprimer les deux vecteurs concernés dans une même base et montrer que l'un est multiple de l'autre
Exemple : MN=21BC prouve que (MN) est parallèle à (BC), et donne le rapport des longueurs
Le coefficient trouvé donne en prime le rapport des longueurs, souvent demandé dans la même question.
Si il faut montrer une PERPENDICULARITÉ → calculer le produit scalaire des deux vecteurs et montrer qu'il est nul
Exemple : dans un losange, AC⋅BD=(u+v)⋅(v−u)=∥v∥2−∥u∥2=0 car les côtés sont égaux
Si il faut montrer une ÉGALITÉ DE LONGUEURS → comparer les carrés des normes, ce qui évite les racines
Exemple : ∥AB∥2=∥AC∥2 suffit, puisque les normes sont positives
Si il faut montrer un ALIGNEMENT ou un MILIEU → exprimer un vecteur comme multiple d'un autre, ou montrer AM=21AB
Exemple : AM=21AB prouve que M est le milieu de [AB]
Si la figure a des points nommés mais aucune coordonnée → choisir DEUX vecteurs de base, par exemple u=AB et v=AD, et tout exprimer avec eux
Exemple : dans un parallélogramme ABCD, AC=u+v et BD=v−u
Cette méthode démontre la propriété pour TOUTE figure de ce type, ce qu'un calcul sur des coordonnées particulières ne fait pas.
Une démonstration sur des coordonnées numériques ne démontre rien : elle vérifie un cas. Quand l'énoncé dit « démontrer que dans TOUT losange », il faut passer par des vecteurs de base et des relations générales.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Démontrer une propriété géométrique par les vecteurs
Quand l'utiliser : L'énoncé demande de démontrer un parallélisme, une perpendicularité, un alignement ou une égalité de longueurs dans une figure quelconque.
1Choisir DEUX vecteurs de base issus d'un même point, et les nommer : « posons u=AB et v=AD ».
2Traduire chaque hypothèse de l'énoncé en relation vectorielle : « ABCD est un losange, donc ∥u∥=∥v∥ ».
3Exprimer les vecteurs de la conclusion dans cette base, en utilisant Chasles.
4Effectuer le calcul demandé : produit scalaire pour une perpendicularité, multiple pour un parallélisme, carré de norme pour une longueur.
5Utiliser les hypothèses pour simplifier, en citant laquelle est employée à chaque étape.
6Traduire le résultat en propriété géométrique : « le produit scalaire est nul, donc les diagonales sont perpendiculaires ».
7Conclure par une phrase reprenant l'énoncé de départ.
Phrase de conclusion
« Posons u=AB et v=AD. Dans le losange ABCD, on a AC=u+v et BD=v−u. Alors AC⋅BD=(v+u)⋅(v−u)=∥v∥2−∥u∥2. Or tous les côtés d'un losange sont égaux, donc ∥u∥=∥v∥ et ce produit scalaire est nul : les diagonales d'un losange sont bien perpendiculaires. »
Le piège : Choisir des coordonnées numériques pour la figure. Cela vérifie la propriété sur un cas particulier, mais ne la démontre pas : le correcteur attend un raisonnement valable pour tout losange, donc des vecteurs de base et des relations générales.
Barème : 1 point la base choisie et les hypothèses traduites, 1 point l'expression des vecteurs de la conclusion, 1 point le calcul, 1 point la conclusion géométrique rédigée.
Résoudre un problème de forces ou de vitesses
Quand l'utiliser : L'énoncé décrit plusieurs forces, un bateau dans un courant, un avion dans le vent, et demande la résultante, la vitesse effective ou l'équilibrant.
1Faire un CROQUIS avec un repère, et y placer chaque vecteur avec sa norme et son orientation.
2Décomposer chaque vecteur en composantes : (∥v∥cosθ;∥v∥sinθ), en soignant les signes.
3Additionner les composantes horizontales entre elles, puis les verticales entre elles.
4Calculer la NORME de la résultante par a2+b2.
5Calculer son ORIENTATION par la tangente, en ajustant selon le quadrant des composantes.
6Répondre à la question posée avec les unités : newtons pour une force, kilomètres par heure pour une vitesse.
7Vérifier que la norme de la résultante est inférieure à la somme des normes, et supérieure à leur différence.
Phrase de conclusion
« Le bateau a une vitesse propre de (0;12) kilomètres par heure et le courant de (5;0) kilomètres par heure. La vitesse effective est leur somme, (5;12), de norme 25+144=13 kilomètres par heure, orientée d'un angle θ tel que tanθ=512, soit environ 67,4° par rapport à la direction du courant. »
Le piège : Additionner les normes plutôt que les composantes. Deux vecteurs perpendiculaires de normes 5 et 12 donnent une résultante de 13, pas de 17 : c'est Pythagore, et l'écart est d'autant plus grand que l'angle approche 90 degrés.
Barème : 1 point le croquis et la décomposition, 1 point l'addition des composantes, 1 point la norme, 1 point l'orientation avec son unité.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
L'inégalité triangulaire vectorielle
La norme d'une somme est toujours comprise entre la différence et la somme des normes : ∣∥u∥−∥v∥∣≤∥u+v∥≤∥u∥+∥v∥. Deux comparaisons, et toute addition de normes apparaît.
Vous annoncez une résultante de 70 newtons pour deux forces de 30 et 40 newtons perpendiculaires : la borne haute 70 n'est atteinte que si les forces sont de même sens, ce qui n'est pas le cas. La vraie valeur est 50 newtons.
Le signe du produit scalaire contre l'angle annoncé
Comparer le signe du produit scalaire avec l'angle que vous avez calculé : positif doit donner un angle inférieur à 90°, négatif un angle supérieur, nul exactement 90°. Une seule comparaison, et toute erreur de calcul d'angle apparaît.
Vous trouvez u⋅v=−12 puis annoncez un angle de 40° : impossible, car un angle aigu donne un produit scalaire positif. Le cosinus a probablement été calculé avec un signe perdu.
Le croquis sur papier quadrillé
Placer les vecteurs sur un quadrillage et vérifier visuellement le résultat : une somme doit fermer un triangle, un vecteur projeté doit tomber sur la direction de v, et deux vecteurs colinéaires doivent être manifestement parallèles.
Vous annoncez AB=(−4;2) pour A(1;4) et B(5;2) : le croquis montre B à droite et en dessous de A, donc les composantes doivent être (+;−). Le sens de la soustraction a été inversé.
La norme du vecteur projeté
Le vecteur projeté de u sur v ne peut jamais être plus long que u, et il doit être colinéaire à v. Deux contrôles rapides qui attrapent le carré manquant au dénominateur.
Avec u=(4;3) de norme 5 et v=(5;0), la projection doit valoir (4;0). Un résultat de (20;0), de norme 20, est quatre fois plus long que u : le dénominateur n'a pas été mis au carré.
L'exercice type décortiqué
Le bateau et le courant : composantes, norme, orientation et travail
Un bateau se dirige plein nord à 12 kilomètres par heure par rapport à l'eau. Un courant le pousse plein est à 5 kilomètres par heure. Le repère est orienté avec l'est en abscisse et le nord en ordonnée.
a) Donner la vitesse effective du bateau en composantes, puis sa norme. b) Quelle est son orientation par rapport à l'est ? c) Après 2 heures, quel est son déplacement ? d) Une force de traction F=(300;100) newtons agit pendant ce déplacement : calculer son travail et dire si elle aide ou freine le bateau.
Étape 1
La vitesse propre est vb=(0;12) et le courant vc=(5;0). La vitesse effective est leur somme : v=(0+5;12+0)=(5;12) kilomètres par heure.
Pourquoi
On additionne les vecteurs composante par composante, jamais les normes. Le choix du repère, avec l'est en abscisse, doit être écrit : sans lui, les composantes n'ont aucun sens et le correcteur ne peut pas suivre.
Étape 2
∥v∥=52+122=25+144=169=13 kilomètres par heure.
Pourquoi
Le résultat est bien compris entre 12−5=7 et 12+5=17, comme l'exige l'inégalité triangulaire. Additionner les normes aurait donné 17, ce qui correspondrait à deux vecteurs de même sens, contredisant l'énoncé.
Étape 3
tanθ=512=2,4, donc θ≈67,38°. Les deux composantes étant positives, l'angle est dans le premier quadrant : le bateau se dirige à environ 67,4° au nord de l'est.
Pourquoi
Le quadrant se vérifie sur les SIGNES des composantes avant d'accepter la valeur de la calculatrice, qui rend toujours un angle entre −90° et 90°. Ici les deux sont positives, donc aucune correction n'est nécessaire, mais il faut l'avoir vérifié.
Étape 4
Le déplacement après 2 heures est d=2v=(10;24) kilomètres, de norme 2×13=26 kilomètres.
Pourquoi
Multiplier un vecteur par un scalaire multiplie chaque composante ET la norme par ce nombre, sans changer la direction. C'est la seule opération du chapitre où norme et composantes se comportent de la même façon.
Étape 5
W=F⋅d=300(10)+100(24)=3000+2400=5400. Avec les distances converties en mètres, cela donne 5,4 millions de joules.
Pourquoi
Le produit scalaire rend un NOMBRE, ce qui est bien ce qu'est un travail : il n'a pas de direction. Et le calcul ne demande ni angle ni norme, ce qui en fait la voie la plus courte quand les composantes sont connues.
Étape 6
Le travail est POSITIF, donc l'angle entre F et d est aigu : la force aide le bateau à avancer. On peut préciser : cosθ=100000×265400≈0,657, donc θ≈48,9°.
Pourquoi
Le signe du produit scalaire répond à la question sans aucun calcul d'angle : positif signifie que la force a une composante dans le sens du déplacement. La valeur de l'angle n'est qu'une confirmation, et elle doit être inférieure à 90°.
Étape 7
Vérification : la norme 13 est bien entre 7 et 17; l'angle 67,4° est bien supérieur à 45° puisque la composante nord dépasse la composante est; enfin cos(48,9°)≈0,657, ce qui redonne F⋅d=100000×26×0,657≈5400.
Pourquoi
La dernière vérification est la plus complète : elle recalcule le produit scalaire par la formule à l'angle, alors qu'il avait été obtenu par les composantes. Deux formules indépendantes qui concordent valident tout l'exercice.
Conclusion rédigée
« La vitesse effective du bateau est v=(5;12) kilomètres par heure, de norme 25+144=13 kilomètres par heure, orientée à environ 67,4° au nord de l'est. Après 2 heures, son déplacement est d=(10;24) kilomètres, soit 26 kilomètres parcourus. Enfin le travail de la force F=(300;100) newtons vaut F⋅d=5400, un nombre POSITIF : l'angle entre la force et le déplacement est aigu, donc la force aide le bateau à avancer. »
L'erreur classique sur cet exercice : Annoncer une vitesse effective de 17 kilomètres par heure en additionnant les normes : les deux vecteurs sont perpendiculaires, donc c'est Pythagore qui s'applique et la réponse est 13. Le second travers est de rendre le travail sous forme de vecteur, (3000;2400) : un travail est une grandeur scalaire, et cette écriture rendrait la question d) impossible à conclure.
À savoir par cœur
•AB=(xB−xA;yB−yA) : ARRIVÉE moins départ, jamais l'inverse.
•∥v∥=a2+b2, et ∥u+v∥=∥u∥+∥v∥ en général.
•Chasles : AB+BC=AC. La lettre du milieu s'écrit deux fois et disparaît.
•COLINÉAIRES, donc parallèles : ad−bc=0. C'est le déterminant, avec un MOINS.
•PERPENDICULAIRES : u⋅v=ac+bd=0. C'est le produit scalaire, avec un PLUS.
•Le produit scalaire est un NOMBRE, jamais un vecteur.
•Signe du produit scalaire : positif donne un angle aigu, nul un angle droit, négatif un angle obtus.
•Vecteur projeté : ∥v∥2u⋅vv, avec le dénominateur au CARRÉ.
•Forces et vitesses s'additionnent en COMPOSANTES, jamais en intensités.
Questions fréquentes
Comment calculer les composantes d'un vecteur entre deux points ?
On soustrait les coordonnées du point de départ à celles du point d'arrivée, abscisse avec abscisse et ordonnée avec ordonnée. Le vecteur allant de A vers B se calcule donc comme B moins A. Le contrôle est visuel : si B est à droite de A, la première composante doit être positive, sinon la soustraction a été faite à l'envers.
Quelle est la différence entre colinéaire et perpendiculaire ?
Deux vecteurs colinéaires sont parallèles, et cela se teste par le déterminant, c'est-à-dire le produit croisé des composantes avec une soustraction, qui doit être nul. Deux vecteurs perpendiculaires forment un angle droit, et cela se teste par le produit scalaire, avec une addition, qui doit être nul. Les deux tests se ressemblent et donnent des conclusions opposées.
Le produit scalaire est-il un vecteur ou un nombre ?
C'est un nombre. On multiplie les composantes correspondantes puis on les additionne, ce qui écrase les deux dimensions en une seule valeur. C'est justement ce nombre qui porte l'information d'angle : son signe dit si l'angle est aigu, droit ou obtus, et sa valeur permet de calculer le cosinus de cet angle.
Comment additionner deux forces qui ne sont pas dans la même direction ?
On décompose chaque force en composantes horizontale et verticale, on additionne les composantes de même nature, puis on calcule la norme et l'orientation du vecteur obtenu. On n'additionne jamais les intensités : deux forces perpendiculaires de trente et quarante newtons donnent cinquante newtons, pas soixante-dix.
Comment démontrer une propriété géométrique avec des vecteurs ?
On choisit deux vecteurs de base issus d'un même point, on traduit les hypothèses en relations vectorielles, puis on exprime les vecteurs de la conclusion dans cette base grâce à la relation de Chasles. Un produit scalaire nul prouve une perpendicularité, un vecteur multiple d'un autre prouve un parallélisme. Des coordonnées numériques ne démontreraient qu'un cas particulier.
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Exercices corrigés : Les vecteurs et la géométrie vectorielle
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
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