Math SN5, secondaire 5 à Montréal • Géométrie analytique

Fiche de révision : la géométrie analytique (math SN5)

Cette fiche ne refait pas le cours sur la géométrie analytique : vous l'avez déjà dans vos notes. Elle traite ce que le cours ne dit jamais et qui décide pourtant de la note : l'erreur exacte qui coûte deux points sur une copie, la traduction d'une phrase française en équation, et la rédaction que le correcteur de math SN5 attend mot pour mot.

Elle est écrite pour les élèves de secondaire 5 du programme québécois à Montréal, et pour les élèves du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas qui suivent le complément québécois. Une fois la fiche lue, la série d'exercices corrigés du même chapitre met chaque réflexe à l'épreuve.

Le fil du chapitre

Un lieu géométrique n'est pas un dessin, c'est une ÉQUATION : la phrase « l'ensemble des points équidistants de AA et de BB » se traduit par PA=PBPA=PB, et il suffit alors de calculer. Presque tous les points perdus viennent de ne pas faire cette traduction, ou de la faire à moitié : on écrit la condition avec les distances mais on oublie d'élever au carré pour supprimer les racines, ce qui rend le calcul impossible et fait abandonner la question.

Ce chapitre fait partie de Mathématique SN5 : Sciences naturelles, secondaire 5

Avant ce chapitre

Cette fiche suppose ces notions acquises. Si une méthode ci-dessous reste opaque, c'est presque toujours l'une d'elles qui manque, pas la fiche.

Remonter plus loin : la chaîne complète (4 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Nombres réels, racines et ensemblesSecondaire 3
  2. 2Théorème de Pythagore et réciproqueSecondaire 3
  3. 3Relations métriques et trigonométrie du triangle rectangleSecondaire 4 SN4
  4. 4Les vecteurs et la géométrie vectorielle

L'essentiel

Les quatre formules de base

  • DISTANCE : d=(xBxA)2+(yByA)2d=\sqrt{(x_{B}-x_{A})^{2}+(y_{B}-y_{A})^{2}}. C'est Pythagore, et l'ordre des soustractions n'importe pas puisqu'on élève au carré.
  • MILIEU : M=(xA+xB2; yA+yB2)M=\left(\frac{x_{A}+x_{B}}{2};\ \frac{y_{A}+y_{B}}{2}\right). Ici on ADDITIONNE, contrairement à la distance.
  • PENTE : m=yByAxBxAm=\frac{y_{B}-y_{A}}{x_{B}-x_{A}}. La différence des ORDONNÉES est au numérateur.
  • POINT DE PARTAGE dans le rapport AP:PB=k:1AP:PB=k:1 : P=A+kk+1ABP=A+\frac{k}{k+1}\vec{AB}.
  • Le milieu est le cas particulier k=1k=1 : P=A+12ABP=A+\frac{1}{2}\vec{AB}, ce qui redonne bien la formule des moyennes.

Distance et milieu se confondent facilement : la distance SOUSTRAIT, le milieu ADDITIONNE. Un milieu qui tombe hors du segment, ou une distance négative, signale la confusion.

Droites : équations et positions relatives

  • Forme FONCTIONNELLE y=mx+by=mx+b : mm est la pente et bb l'ordonnée à l'origine. Une droite verticale n'a pas cette forme.
  • Forme GÉNÉRALE ax+by+c=0ax+by+c=0 : elle décrit toutes les droites, verticales comprises, et sa pente vaut ab-\frac{a}{b}.
  • PARALLÈLES si m1=m2m_{1}=m_{2}; PERPENDICULAIRES si m1m2=1m_{1}\cdot m_{2}=-1, c'est-à-dire si les pentes sont inverses et opposées.
  • La perpendiculaire à une droite de pente 23\frac{2}{3} a pour pente 32-\frac{3}{2} : on retourne la fraction ET on change le signe.
  • Une droite horizontale a une pente nulle; une droite verticale n'a pas de pente, et sa perpendiculaire est horizontale.

Le cas des droites verticales et horizontales échappe à la règle du produit égal à 1-1 : le produit 0×indeˊfini0\times\text{indéfini} n'a pas de sens. On raisonne alors directement, ce qui est plus simple.

Cercle et distance à une droite

  • CERCLE de centre (h;k)(h;k) et de rayon rr : (xh)2+(yk)2=r2(x-h)^{2}+(y-k)^{2}=r^{2}. Le membre de droite est le carré du rayon.
  • Forme générale x2+y2+Dx+Ey+F=0x^{2}+y^{2}+Dx+Ey+F=0 : on COMPLÈTE LES CARRÉS pour retrouver le centre et le rayon.
  • Comme pour la parabole, le signe écrit dans les parenthèses est l'opposé de la coordonnée du centre.
  • DISTANCE d'un point P(x0;y0)P(x_{0};y_{0}) à la droite ax+by+c=0ax+by+c=0 : d=ax0+by0+ca2+b2d=\frac{|ax_{0}+by_{0}+c|}{\sqrt{a^{2}+b^{2}}}.
  • La valeur absolue est obligatoire : une distance est positive, et le numérateur change de signe selon le côté de la droite.

La formule de la distance à une droite exige la forme GÉNÉRALE, avec le zéro à droite. Appliquée à y=mx+by=mx+b telle quelle, elle donne un résultat faux : il faut d'abord écrire mxy+b=0mx-y+b=0.

Traduire un lieu géométrique

  • Un lieu est l'ensemble des points P(x;y)P(x;y) vérifiant une condition. On pose P(x;y)P(x;y) et on TRADUIT la phrase.
  • « Équidistant de AA et de BB » donne PA=PBPA=PB : c'est la MÉDIATRICE de [AB][AB].
  • « Équidistant de deux droites » donne l'égalité des deux distances : ce sont les BISSECTRICES.
  • « À distance fixe d'un point » donne un CERCLE; « équidistant d'un point et d'une droite » donne une PARABOLE.
  • Après avoir écrit la condition, on ÉLÈVE AU CARRÉ pour supprimer les racines, puis on simplifie.

Les termes en x2x^{2} et y2y^{2} se simplifient souvent lors du développement d'une égalité de distances : c'est précisément ce qui fait qu'une médiatrice est une DROITE et non une courbe.

Les pièges qui coûtent des points

Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.

1. Calculer la pente à l'envers

toute la question, et la droite est tracée avec l'inverse de sa vraie pente

Ce qu'il ne faut pas écrire

« A(1;2)A(1;2) et B(5;10)B(5;10) : m=51102=48=12m=\frac{5-1}{10-2}=\frac{4}{8}=\frac{1}{2}. »

Ce qu'il faut écrire

« m=yByAxBxA=10251=84=2m=\frac{y_{B}-y_{A}}{x_{B}-x_{A}}=\frac{10-2}{5-1}=\frac{8}{4}=2 : les ORDONNÉES sont au numérateur. »

-11234567-1123456789101112+4+8pente 8/4 = 2
La marche se lit dans l'ordre : +4+4 en abscisse fait monter de +8+8. La pente est le rapport de la MONTÉE sur l'avance, donc 22 et jamais 12\frac{1}{2}.

Pourquoi : La pente mesure combien on MONTE quand on avance de un : la variation verticale est donc au numérateur. Le contrôle visuel est immédiat : de AA à BB, on monte de 88 en avançant de 44, donc la droite monte vite et sa pente dépasse 11.

2. Tester la perpendicularité avec des pentes égales

toute la question, et la conclusion est exactement inversée

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Deux droites sont perpendiculaires si leurs pentes sont égales. »

Ce qu'il faut écrire

« Elles sont PARALLÈLES si les pentes sont égales, et PERPENDICULAIRES si leur produit vaut 1-1. La perpendiculaire à une pente 23\frac{2}{3} a pour pente 32-\frac{3}{2}. »

Pourquoi : Deux droites de même pente ne se coupent jamais : elles ne peuvent donc pas être perpendiculaires. La pente perpendiculaire s'obtient en retournant la fraction et en changeant le signe, deux opérations qu'il faut faire toutes les deux.

3. Confondre le rayon et son carré dans l'équation du cercle

2 points, et le cercle tracé est cinq fois trop grand

Ce qu'il ne faut pas écrire

« (x2)2+(y+1)2=25(x-2)^{2}+(y+1)^{2}=25 : le rayon vaut 2525. »

Ce qu'il faut écrire

« Le membre de droite est r2r^{2}, donc r=25=5r=\sqrt{25}=5. Le centre est (2;1)(2;-1), avec les signes opposés à ceux écrits. »

-6-4-22468-8-6-4-2246centrer = 5(2 ; -1)
Le membre de droite est le CARRÉ du rayon : 2525 donne un rayon de 55. Le centre se lit avec les signes opposés à ceux écrits dans les parenthèses.

Pourquoi : L'équation vient directement de la formule de la distance, qui contient une racine : élever au carré des deux côtés met le rayon au carré. Le contrôle est de tester un point : (7;1)(7;-1) doit être sur le cercle si r=5r=5.

4. Oublier la valeur absolue dans la distance à une droite

1 point, et une distance négative qui n'a aucun sens

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Distance de P(1;1)P(1;1) à 3x+4y20=03x+4y-20=0 : d=3+4205=135=2,6d=\frac{3+4-20}{5}=\frac{-13}{5}=-2{,}6. »

Ce qu'il faut écrire

« d=3+4205=135=2,6d=\frac{|3+4-20|}{5}=\frac{13}{5}=2{,}6 : une distance est toujours positive, d'où la valeur absolue. »

-112345678-11234567P(1 ; 1)d = 2,63x + 4y - 20 = 0
La distance se mesure sur la PERPENDICULAIRE, donc sur un segment de longueur positive : la valeur absolue de la formule ne fait que traduire ce dessin.

Pourquoi : Le numérateur change de signe selon le côté de la droite où se trouve le point, ce qui est une information utile mais pas une distance. La valeur absolue supprime cette information et ne garde que la longueur, qui est ce qu'on demande.

5. Décrire un lieu au lieu de le traduire en équation

toute la question, une description n'est pas une réponse

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Le lieu des points équidistants de AA et de BB est la médiatrice de [AB][AB], c'est tout ce qu'il y a à dire. »

Ce qu'il faut écrire

« On pose P(x;y)P(x;y) et on traduit : PA=PBPA=PB, donc (xxA)2+(yyA)2=(xxB)2+(yyB)2(x-x_{A})^{2}+(y-y_{A})^{2}=(x-x_{B})^{2}+(y-y_{B})^{2}, ce qui donne après simplification l'équation de la médiatrice. »

Pourquoi : Le mot « médiatrice » identifie la nature du lieu, ce qui vaut peut-être un point, mais l'énoncé demande son ÉQUATION. La traduction en condition puis le calcul sont l'essentiel de la question, et ils sont mécaniques une fois la condition écrite.

6. Appliquer la formule de la distance à une droite sans forme générale

toute la question, et le résultat n'a aucun rapport

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Distance de P(1;1)P(1;1) à y=2x+3y=2x+3 : d=2(1)+34+9d=\frac{|2(1)+3|}{\sqrt{4+9}}. »

Ce qu'il faut écrire

« Il faut d'abord écrire la forme générale 2xy+3=02x-y+3=0, donc a=2a=2, b=1b=-1, c=3c=3 : d=21+34+1=451,79d=\frac{|2-1+3|}{\sqrt{4+1}}=\frac{4}{\sqrt{5}}\approx 1{,}79. »

Pourquoi : La formule suppose la droite écrite avec un zéro à droite : les coefficients aa, bb et cc se lisent alors sans ambiguïté, et le 1-1 devant le yy est facile à oublier. Une ligne de réécriture évite toute l'erreur.

7. Additionner au lieu de soustraire dans la distance

toute la question, et la distance annoncée est presque le double

Ce qu'il ne faut pas écrire

« A(1;2)A(1;2) et B(5;6)B(5;6) : d=(1+5)2+(2+6)2=36+64=10d=\sqrt{(1+5)^{2}+(2+6)^{2}}=\sqrt{36+64}=10. »

Ce qu'il faut écrire

« d=(51)2+(62)2=16+16=325,66d=\sqrt{(5-1)^{2}+(6-2)^{2}}=\sqrt{16+16}=\sqrt{32}\approx 5{,}66 : la distance SOUSTRAIT, c'est le milieu qui additionne. »

Pourquoi : La distance vient de Pythagore appliqué aux écarts, donc à des différences. L'addition est réservée à la formule du milieu, qui fait une moyenne. Le contrôle graphique tranche : sur un quadrillage, AA et BB sont manifestement à environ 55 ou 66 unités.

8. Oublier de compléter les carrés sur la forme générale d'un cercle

toute la question, centre et rayon sont tous deux faux

Ce qu'il ne faut pas écrire

« x2+y24x+6y3=0x^{2}+y^{2}-4x+6y-3=0 : le centre est (4;6)(-4;6) et le rayon 3\sqrt{3}. »

Ce qu'il faut écrire

« On complète les carrés : (x2)24+(y+3)293=0(x-2)^{2}-4+(y+3)^{2}-9-3=0, donc (x2)2+(y+3)2=16(x-2)^{2}+(y+3)^{2}=16. Le centre est (2;3)(2;-3) et le rayon 44. »

Pourquoi : La forme générale ne montre ni le centre ni le rayon : elle exige la complétion des carrés, exactement comme une parabole exige la forme canonique. Et le centre est la MOITIÉ des coefficients, avec le signe changé, ce que la lecture directe manque.

Quelle méthode choisir

Traduire une phrase de lieu géométrique

Posez toujours P(x;y)P(x;y) le point courant, puis traduisez la phrase mot par mot. Chaque formulation correspond à une condition, et chaque condition à une courbe connue.

  • Si « équidistant de deux POINTS AA et BB » PA=PBPA=PB, puis on élève au carré : le lieu est la MÉDIATRICE de [AB][AB], une droite

    Exemple : A(1;2)A(1;2) et B(5;6)B(5;6) donnent x+y7=0x+y-7=0

    Les termes en x2x^{2} et y2y^{2} se simplifient au développement : c'est ce qui fait que le lieu est une droite.

  • Si « à distance fixe rr d'un POINT CC » PC=rPC=r, donc (xh)2+(yk)2=r2(x-h)^{2}+(y-k)^{2}=r^{2} : le lieu est un CERCLE

    Exemple : à 55 unités de (2;1)(2;-1) : (x2)2+(y+1)2=25(x-2)^{2}+(y+1)^{2}=25

  • Si « équidistant de deux DROITES » égalité des deux distances avec valeurs absolues : le lieu est constitué des deux BISSECTRICES

    Exemple : a1x+b1y+c1a12+b12=a2x+b2y+c2a22+b22\frac{|a_{1}x+b_{1}y+c_{1}|}{\sqrt{a_{1}^{2}+b_{1}^{2}}}=\frac{|a_{2}x+b_{2}y+c_{2}|}{\sqrt{a_{2}^{2}+b_{2}^{2}}}

    La valeur absolue donne DEUX équations, donc deux bissectrices perpendiculaires entre elles.

  • Si « équidistant d'un POINT et d'une DROITE » PF=d(P;droite)PF=d(P;\text{droite}) : le lieu est une PARABOLE, de foyer le point et de directrice la droite

    Exemple : équidistant de (0;2)(0;2) et de y=2y=-2 donne x2=8yx^{2}=8y

  • Si « la somme des distances à deux points est constante » le lieu est une ELLIPSE, de foyers ces deux points

    Exemple : somme égale à 1010 pour des foyers distants de 66 donne une ellipse d'axes 1010 et 88

    La différence constante donnerait une hyperbole : c'est le chapitre des coniques.

  • Si l'énoncé impose une condition d'ANGLE, comme « voit [AB][AB] sous un angle droit » traduire par un produit scalaire nul : PAPB=0\vec{PA}\cdot\vec{PB}=0, ce qui donne un cercle de diamètre [AB][AB]

    Exemple : PAPB=0\vec{PA}\cdot\vec{PB}=0 développé donne l'équation du cercle de diamètre [AB][AB]

Dans toutes les branches, on écrit d'abord la condition avec les distances, PUIS on élève au carré pour supprimer les racines. Sauter cette élévation rend le calcul impraticable, et c'est ce qui fait abandonner la question.

Quelle formule, selon la question

Chaque question de géométrie analytique correspond à une formule et à une seule. Le verbe de l'énoncé la désigne, et il suffit ensuite de substituer.

  • Si « quelle est la LONGUEUR », « quelle sorte de triangle » formule de la DISTANCE, appliquée à chaque côté, puis on compare

    Exemple : trois côtés égaux donnent un triangle équilatéral; deux égaux, un isocèle

    Pour tester si le triangle est rectangle, comparer les carrés des longueurs par Pythagore, ou calculer les pentes.

  • Si « trouver l'ÉQUATION d'une droite » calculer la pente, puis substituer un point dans y=mx+by=mx+b pour trouver bb

    Exemple : pente 22 et passage par (1;2)(1;2) : 2=2(1)+b2=2(1)+b, donc b=0b=0 et y=2xy=2x

  • Si « trouver la PERPENDICULAIRE » ou la HAUTEUR d'un triangle pente inverse et opposée, puis substituer le point par lequel elle passe

    Exemple : perpendiculaire de pente 12-\frac{1}{2} à une droite de pente 22

  • Si « quelle est la DISTANCE d'un point à une droite », « la hauteur du triangle » réécrire la droite sous forme générale, puis appliquer ax0+by0+ca2+b2\frac{|ax_{0}+by_{0}+c|}{\sqrt{a^{2}+b^{2}}}

    Exemple : distance de (1;1)(1;1) à 2xy+3=02x-y+3=0 : 451,79\frac{4}{\sqrt{5}}\approx 1{,}79

    Cette formule évite de chercher le pied de la perpendiculaire, ce qui prend cinq lignes de plus.

  • Si « trouver le CENTRE et le RAYON » d'un cercle donné en forme générale compléter les carrés en xx et en yy séparément, puis lire la forme canonique

    Exemple : x2+y24x+6y3=0x^{2}+y^{2}-4x+6y-3=0 devient (x2)2+(y+3)2=16(x-2)^{2}+(y+3)^{2}=16

  • Si « le point qui partage dans le rapport k:1k:1 » P=A+kk+1ABP=A+\frac{k}{k+1}\vec{AB}, en calculant chaque coordonnée séparément

    Exemple : rapport 2:12:1 de A(0;0)A(0;0) à B(9;6)B(9;6) : P=(6;4)P=\left(6;4\right)

    Vérification : le point doit être plus proche de BB quand k>1k>1, et le milieu correspond à k=1k=1.

Un croquis approximatif, même sur papier quadrillé, valide toutes ces réponses en quelques secondes : une distance, une pente ou un point de partage se lisent à vue et confirment ou infirment le calcul avant qu'il ne soit trop tard.

La rédaction attendue

Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.

Déterminer l'équation d'un lieu géométrique

Quand l'utiliser : L'énoncé demande l'ensemble des points vérifiant une condition de distance, d'équidistance ou d'angle.

  1. 1 Poser le point courant : « soit P(x;y)P(x;y) un point du lieu ».
  2. 2 TRADUIRE la condition de l'énoncé en une égalité entre distances, en une seule ligne.
  3. 3 Remplacer chaque distance par sa formule, avec les racines.
  4. 4 ÉLEVER AU CARRÉ les deux membres pour supprimer les racines, ce qui est licite car les distances sont positives.
  5. 5 Développer, puis simplifier : les termes en x2x^{2} et y2y^{2} disparaissent souvent, ce qui révèle la nature du lieu.
  6. 6 Écrire l'équation finale sous forme générale ou canonique selon ce que demande l'énoncé.
  7. 7 NOMMER le lieu obtenu : une droite, un cercle, une parabole, et vérifier sur un point évident.

Phrase de conclusion

« Soit P(x;y)P(x;y) un point du lieu. La condition s'écrit PA=PBPA=PB, soit (x1)2+(y2)2=(x5)2+(y6)2\sqrt{(x-1)^{2}+(y-2)^{2}}=\sqrt{(x-5)^{2}+(y-6)^{2}}. En élevant au carré et en développant, les termes en x2x^{2} et y2y^{2} se simplifient et il reste 2x4y+5=10x12y+61-2x-4y+5=-10x-12y+61, soit x+y7=0x+y-7=0. Le lieu est donc la droite d'équation x+y7=0x+y-7=0, qui est la médiatrice de [AB][AB]. »

Le piège : Écrire directement le nom du lieu sans le calcul. Reconnaître qu'il s'agit d'une médiatrice est utile pour vérifier, mais l'énoncé demande son ÉQUATION : c'est le calcul, et lui seul, qui rapporte les points.

Barème : 1 point le point courant posé, 1 point la condition traduite, 1 point l'élévation au carré et le développement, 1 point l'équation finale et la nature du lieu.

Déterminer la nature d'un triangle par ses coordonnées

Quand l'utiliser : L'énoncé donne trois points et demande si le triangle est isocèle, équilatéral, rectangle, ou de calculer son aire.

  1. 1 Calculer les CARRÉS des trois longueurs de côtés, ce qui évite les racines à cette étape.
  2. 2 Comparer ces carrés : deux égaux donnent un triangle isocèle, trois égaux un équilatéral.
  3. 3 Tester Pythagore : la somme des deux plus petits carrés vaut-elle le plus grand ? Si oui, le triangle est rectangle.
  4. 4 Vérifier au besoin par les pentes : deux pentes de produit 1-1 confirment l'angle droit et disent OÙ il se trouve.
  5. 5 Conclure sur la nature du triangle en une phrase, en précisant le sommet de l'angle droit s'il y en a un.
  6. 6 Pour l'aire, utiliser la base et la hauteur si le triangle est rectangle, sinon la distance d'un sommet à la droite opposée.

Phrase de conclusion

« On a AB2=(41)2+(12)2=10AB^{2}=(4-1)^{2}+(1-2)^{2}=10, BC2=(24)2+(71)2=40BC^{2}=(2-4)^{2}+(7-1)^{2}=40 et AC2=(21)2+(72)2=26AC^{2}=(2-1)^{2}+(7-2)^{2}=26. Aucun côté n'est égal à un autre, donc le triangle est scalène; et 10+26=364010+26=36\neq 40, donc il n'est pas rectangle. »

Le piège : Calculer les longueurs avec leurs racines avant de comparer. Les carrés suffisent pour toutes les comparaisons, et ils sont exacts, alors que les racines obligent à arrondir et rendent la comparaison douteuse.

Barème : 1 point les trois carrés calculés, 1 point la comparaison pour l'isocèle, 1 point le test de Pythagore, 1 point la conclusion rédigée.

Vérifier avant de rendre

Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.

L'exercice type décortiqué

Un lieu et une intersection : médiatrice, cercle et point de rencontre

Dans un repère, on donne A(1;2)A(1;2) et B(5;6)B(5;6), ainsi que le cercle C\mathcal{C} d'équation x2+y24x+6y3=0x^{2}+y^{2}-4x+6y-3=0.

a) Déterminer l'équation du lieu des points équidistants de AA et de BB. b) Donner le centre et le rayon de C\mathcal{C}. c) Le centre de C\mathcal{C} appartient-il au lieu trouvé en a) ? d) Calculer la distance du centre de C\mathcal{C} à la droite trouvée en a).

Étape 1

Soit P(x;y)P(x;y) un point du lieu. La condition s'écrit PA=PBPA=PB, donc (x1)2+(y2)2=(x5)2+(y6)2(x-1)^{2}+(y-2)^{2}=(x-5)^{2}+(y-6)^{2} après élévation au carré.

Pourquoi

L'élévation au carré est licite parce que les deux membres sont des distances, donc positifs : elle ne crée aucune solution étrangère. Et elle est indispensable, sans quoi les racines rendent le développement impraticable.

Étape 2

Développement : x22x+1+y24y+4=x210x+25+y212y+36x^{2}-2x+1+y^{2}-4y+4=x^{2}-10x+25+y^{2}-12y+36. Les termes en x2x^{2} et y2y^{2} se simplifient, il reste 2x4y+5=10x12y+61-2x-4y+5=-10x-12y+61, soit 8x+8y56=08x+8y-56=0, donc x+y7=0x+y-7=0.

Pourquoi

La disparition des termes du second degré n'est pas un hasard : c'est elle qui fait qu'une médiatrice est une DROITE. Si ces termes subsistaient, le lieu serait une conique, et il faudrait vérifier le calcul.

Étape 3

Pour le cercle, on complète les carrés : x24x=(x2)24x^{2}-4x=(x-2)^{2}-4 et y2+6y=(y+3)29y^{2}+6y=(y+3)^{2}-9. L'équation devient (x2)24+(y+3)293=0(x-2)^{2}-4+(y+3)^{2}-9-3=0, soit (x2)2+(y+3)2=16(x-2)^{2}+(y+3)^{2}=16.

Pourquoi

On complète les carrés séparément en xx et en yy, en prenant la moitié du coefficient puis en l'élevant au carré. Les constantes ainsi créées se retranchent, et c'est là que se perdent les points : il faut les reporter avec leur signe.

Étape 4

Le centre est donc (2;3)(2;-3) et le rayon r=16=4r=\sqrt{16}=4. Le signe écrit dans la parenthèse est l'opposé de la coordonnée du centre, et le membre de droite est le CARRÉ du rayon.

Pourquoi

Deux conventions se croisent ici et se confondent facilement : le signe de hh s'inverse, mais celui de r2r^{2} non. Le contrôle est de tester un point : (6;3)(6;-3) doit être sur le cercle, et (2+4)2(2+4)^{2} le confirme.

Étape 5

Le centre appartient-il au lieu ? On substitue : 2+(3)7=802+(-3)-7=-8\neq 0. Le centre n'appartient donc PAS à la médiatrice de [AB][AB].

Pourquoi

Tester une appartenance revient à substituer dans l'équation, ce qui prend cinq secondes. Une réponse négative est une réponse complète : il ne faut ni chercher plus loin ni tenter de forcer le résultat.

Étape 6

Distance du centre à la droite : x+y7=0x+y-7=0 donne a=1a=1, b=1b=1, c=7c=-7, donc d=2+(3)71+1=82=425,66d=\frac{|2+(-3)-7|}{\sqrt{1+1}}=\frac{8}{\sqrt{2}}=4\sqrt{2}\approx 5{,}66.

Pourquoi

La valeur absolue transforme le 8-8 en 88, ce qui donne une distance positive. Et le résultat, environ 5,665{,}66, est supérieur au rayon 44 : la droite ne coupe donc pas le cercle, ce qui est une information utile et gratuite.

Étape 7

Vérification : le milieu de [AB][AB] est (3;4)(3;4), et 3+47=03+4-7=0, donc il appartient bien au lieu. Puis PA2=(31)2+(42)2=8PA^{2}=(3-1)^{2}+(4-2)^{2}=8 et PB2=(35)2+(46)2=8PB^{2}=(3-5)^{2}+(4-6)^{2}=8 : les distances sont bien égales. Enfin le cercle passe par (6;3)(6;-3), car (62)2+(3+3)2=16(6-2)^{2}+(-3+3)^{2}=16.

Pourquoi

Trois vérifications indépendantes, chacune en une ligne : le milieu valide l'équation du lieu, l'égalité des carrés valide la condition, et le point du cercle valide la complétion des carrés. Aucune ne demande de reprendre un développement.

Conclusion rédigée

« Soit P(x;y)P(x;y) un point du lieu. La condition PA=PBPA=PB donne, après élévation au carré et simplification, l'équation x+y7=0x+y-7=0 : le lieu est la médiatrice de [AB][AB], ce que confirme le passage par le milieu (3;4)(3;4). Le cercle C\mathcal{C}, écrit (x2)2+(y+3)2=16(x-2)^{2}+(y+3)^{2}=16, a pour centre (2;3)(2;-3) et pour rayon 44. Ce centre ne vérifie pas x+y7=0x+y-7=0, puisque 237=82-3-7=-8 : il n'appartient donc pas au lieu. Enfin sa distance à cette droite vaut 82=425,66\frac{8}{\sqrt{2}}=4\sqrt{2}\approx 5{,}66, ce qui dépasse le rayon : la droite ne coupe pas le cercle. »

L'erreur classique sur cet exercice : Lire le centre du cercle directement sur la forme générale et annoncer (4;6)(-4;6) : les coefficients doivent d'abord être divisés par deux, puis changés de signe, ce que seule la complétion des carrés fait correctement. Le second travers est d'oublier la valeur absolue à la question d) et de rendre une distance de 5,66-5{,}66, qui n'a aucun sens et rendrait impossible la comparaison avec le rayon.

À savoir par cœur

  • DISTANCE : (xBxA)2+(yByA)2\sqrt{(x_{B}-x_{A})^{2}+(y_{B}-y_{A})^{2}}, on SOUSTRAIT. MILIEU : moyennes, on ADDITIONNE.
  • PENTE : yByAxBxA\frac{y_{B}-y_{A}}{x_{B}-x_{A}}, les ordonnées au numérateur.
  • PARALLÈLES si m1=m2m_{1}=m_{2}; PERPENDICULAIRES si m1m2=1m_{1}m_{2}=-1, donc pentes inverses ET opposées.
  • CERCLE : (xh)2+(yk)2=r2(x-h)^{2}+(y-k)^{2}=r^{2}. Le membre de droite est le CARRÉ du rayon.
  • Forme générale d'un cercle : COMPLÉTER LES CARRÉS, jamais lire les coefficients directement.
  • DISTANCE À UNE DROITE : ax0+by0+ca2+b2\frac{|ax_{0}+by_{0}+c|}{\sqrt{a^{2}+b^{2}}}, avec la droite en forme GÉNÉRALE et la valeur absolue.
  • Un LIEU se traduit en équation : on pose P(x;y)P(x;y), on écrit la condition, on élève au carré.
  • Équidistant de deux POINTS donne la médiatrice; de deux DROITES, les bissectrices; d'un point et d'une droite, une parabole.
  • Pour comparer des longueurs, comparer leurs CARRÉS : exact et sans arrondi.

Questions fréquentes

Comment trouver l'équation d'un lieu géométrique ?

On pose un point courant P de coordonnées x et y, puis on traduit la condition de l'énoncé en égalité entre distances. On remplace chaque distance par sa formule, on élève les deux membres au carré pour supprimer les racines, puis on développe et on simplifie. L'équation obtenue est celle du lieu, et sa forme en révèle la nature.

Comment reconnaître le centre et le rayon d'un cercle ?

Dans la forme canonique, le centre a pour coordonnées les opposés des nombres écrits dans les parenthèses, et le membre de droite est le carré du rayon, donc il faut en prendre la racine. Si le cercle est donné sous forme générale, il faut d'abord compléter les carrés en x et en y séparément.

Comment savoir si deux droites sont perpendiculaires ?

Le produit de leurs pentes doit valoir moins un, ce qui signifie que les pentes sont inverses et opposées. Une droite de pente deux tiers a donc pour perpendiculaire une droite de pente moins trois demis. Des pentes égales indiquent au contraire des droites parallèles, qui ne se coupent jamais et ne peuvent donc pas être perpendiculaires.

Comment calculer la distance d'un point à une droite ?

On écrit d'abord la droite sous forme générale, avec un zéro à droite du signe égal. On substitue ensuite les coordonnées du point dans le membre de gauche, on prend la valeur absolue du résultat, et on divise par la racine carrée de la somme des carrés des coefficients de x et de y.

Pourquoi la médiatrice de deux points est-elle une droite ?

Parce qu'en écrivant l'égalité des carrés des distances et en développant, les termes en x au carré et en y au carré se retrouvent des deux côtés et se simplifient. Il ne reste que des termes du premier degré, ce qui donne l'équation d'une droite. Si ces termes ne se simplifiaient pas, le lieu serait une courbe et le calcul serait à revoir.

Passer à la pratique

Exercices corrigés : Géométrie analytique et lieux géométriques

Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.

  • 15 exercices corrigés
  • 150 points
  • 225 minutes
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