Mécanique 203-SN1-RE (ancien 203-NYA) • Complément québécois de Première et cégep à Montréal
Exercices corrigés : l'équilibre statique (203-SN1-RE, ancien 203-NYA)
Voici la série d'exercices corrigés de mécanique du cours 203-SN1-RE (ancien 203-NYA) sur l'équilibre statique. La partie A installe la méthode : les deux conditions d'équilibre et la démonstration que le choix du pivot est libre, la poutre sur deux appuis, la charge répartie et le porte-à-faux avec ses réactions négatives, le centre de gravité d'un solide composé et l'échelle appuyée contre un mur. La partie B monte au niveau examen : le critère qui décide si un meuble glisse ou bascule, transposé au renversement d'un camion en virage, le levier du pied-de-biche à l'avant-bras, le théorème des trois forces concourantes qui donne la direction d'une réaction sans aucune équation, la flèche de grue et son câble, et enfin l'élasticité : contrainte, déformation, module de Young et coefficient de sécurité.
L'exercice 7 est celui qui frappe le plus les étudiants : porter 5 kg dans la main exige que le biceps développe près de 390 N, soit huit fois le poids soulevé, parce que la nature a choisi un levier défavorable en force pour gagner en vitesse et en amplitude de mouvement.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Équilibre statique : ∑F=0 ET ∑τ=0. La première condition seule n'empêche pas la rotation.
•Le moment se calcule TOUJOURS par rapport à un pivot choisi. À l'équilibre, la somme des moments est nulle par rapport à N'IMPORTE QUEL point : on choisit donc le pivot qui élimine le plus d'inconnues, en général le point d'application d'une force inconnue.
•Convention : moment positif s'il tend à faire tourner dans le sens antihoraire, négatif dans le sens horaire. L'important est d'être cohérent.
•Le poids d'un corps s'applique en son CENTRE DE GRAVITÉ. Pour un solide composé, xG=∑mi∑mixi, et de même pour yG. Pour une plaque homogène, les masses sont proportionnelles aux aires.
•Un corps posé est stable tant que la verticale passant par son centre de gravité tombe DANS le polygone de sustentation.
•Frottement statique : fs≤μsN. L'égalité n'est atteinte qu'à la limite du glissement, ce qui donne la condition critique.
•Une surface LISSE ne peut exercer qu'une force NORMALE à elle-même : c'est ce qui rend le problème de l'échelle soluble.
Partie A : Conditions d'équilibre, poutres et centre de gravité (/50)
Exercice 1 : Les deux conditions, et pourquoi une seule ne suffit pas
Un corps rigide peut se déplacer et tourner. L'immobiliser exige donc d'annuler séparément ce qui cause chacun des deux mouvements.
a) Énoncez les deux conditions d'équilibre statique et dites quel mouvement chacune interdit.
b) Deux forces de 20,0 N, opposées et parallèles, sont appliquées aux deux extrémités d'une barre de 0,800 m, perpendiculairement à celle-ci. La somme des forces est-elle nulle ? La barre est-elle en équilibre ? Calculez le moment résultant.
c) Démontrez que si la somme des forces est nulle, la somme des moments a la même valeur quel que soit le point choisi comme pivot.
d) Quelle conséquence pratique tirez-vous de c pour la résolution d'un problème ?
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Réponses
a)∑F=0 interdit la translation, ∑τ=0 interdit la rotation
b)Somme des forces nulle, mais τnet=16,0 N·m : c'est un COUPLE, pas un équilibre
c)Le terme supplémentaire se factorise en d×∑Fi, donc il disparaît
d)On choisit le pivot au point d'application d'une inconnue, qui s'élimine
a)
Première condition : ∑F=0, qui interdit toute accélération du CENTRE DE MASSE, donc tout mouvement de translation. Seconde condition : ∑τ=0, qui interdit toute accélération angulaire, donc toute mise en rotation. Les deux sont nécessaires et indépendantes.
b)
La somme des forces est bien NULLE, puisque les deux forces sont égales et opposées. Pourtant la barre n'est PAS en équilibre : les deux forces, appliquées en des points différents, font tourner dans le MÊME sens. En prenant le centre de la barre comme pivot, chaque force a un bras de 0,400 m et produit un moment de 20,0×0,400=8,00 N·m, les deux dans le même sens : τnet=16,0 N·m. C'est ce qu'on appelle un COUPLE, et c'est exactement ce qu'on applique à un volant ou à un tournevis.
c)
Soient deux pivots O et O′, et d le vecteur allant de O à O′. Le moment d'une force Fi appliquée en Pi vaut, par rapport à O′, le moment par rapport à O diminué du moment que produirait Fi appliquée en O avec le bras d. En sommant sur toutes les forces, le terme supplémentaire se factorise en d multiplié par ∑Fi. Si cette somme est nulle, le terme disparaît et les deux sommes de moments sont ÉGALES.
d)
On peut choisir le pivot LIBREMENT, et il faut en profiter. Le choix judicieux est le point d'application d'une force inconnue, car son bras devient nul et elle disparaît de l'équation des moments. Un problème à deux réactions inconnues se résout ainsi par une seule équation à une inconnue, au lieu d'un système. C'est la technique centrale de tout le chapitre, et elle explique pourquoi le résultat de c n'est pas une curiosité théorique mais l'outil de travail principal.
Somme des forces nulle, et pourtant les deux moments autour du centre, 8,00 N·m chacun, tournent dans le même sens : 16,0 N·m en tout, c'est un couple.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Exercice 2 : La poutre sur deux appuis
Le problème type du génie civil : répartir une charge entre deux appuis. Une seule équation de moments bien choisie suffit à obtenir chaque réaction séparément.
Une poutre homogène de 6,00 m et 200 kg repose sur deux appuis situés à ses extrémités. Une charge de 500 kg est posée à 2,00 m de l'appui de gauche. On prend g=9,80 m/s².
a) Calculez la réaction de l'appui de droite en prenant l'appui de gauche comme pivot.
b) Calculez la réaction de l'appui de gauche, par deux méthodes différentes.
c) Où faudrait-il placer la charge pour que les deux appuis supportent la même force ?
d) Jusqu'où peut-on déplacer la charge vers la droite avant que l'appui de gauche ne soit plus sollicité du tout ? Que se passe-t-il ensuite ?
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Réponses
a)R2=2613 N
b)R1=4247 N, confirmé par les moments autour de l'appui droit
c)Au milieu, à 3,00 m : chaque appui porte alors 3430 N
d)Il faut la placer à 1,20 m au-delà de l'appui droit ; ensuite la poutre bascule
a)
Prenons l'appui de gauche comme pivot : sa réaction R1 a un bras nul et disparaît. Les moments des poids sont horaires, celui de R2 est antihoraire. R2×6,00=200×9,80×3,00+500×9,80×2,00=5880+9800=15680 N·m, d'où R2=6,0015680=2613 N.
b)
Première méthode, par la somme des forces : R1+R2=(200+500)×9,80=6860 N, donc R1=6860−2613=4247 N. Seconde méthode, par les moments autour de l'appui de DROITE : R1×6,00=200×9,80×3,00+500×9,80×4,00=5880+19600=25480 N·m, d'où R1=4247 N. Les deux concordent, ce qui valide l'ensemble. Noter que l'appui le plus PROCHE de la charge en supporte la plus grande part.
c)
Par symétrie, les deux réactions sont égales si la charge est au MILIEU, à 3,00 m. Chacune vaut alors 26860=3430 N. On peut le vérifier : la poutre étant homogène, son propre poids est déjà réparti également ; il suffit que la charge le soit aussi.
d)
L'appui de gauche cesse d'être sollicité quand R1=0, c'est-à-dire quand la somme des moments autour de l'appui de droite s'annule sans lui. Cela exigerait que le moment de la charge compense celui du poids de la poutre dans l'autre sens, ce qui est impossible tant que la charge reste ENTRE les appuis : les deux moments sont alors de même sens. Il faudrait placer la charge au-delà de l'appui de droite, en porte-à-faux. La condition devient 500×9,80×x=200×9,80×3,00 avec x mesuré au-delà de l'appui droit, soit x=1,20 m. Au-delà, R1 deviendrait négative : un appui simple ne pouvant que POUSSER, la poutre BASCULE. C'est le calcul qui dimensionne les contrepoids de grue.
Chaque force part de son vrai point d'application, à l'échelle : l'appui le plus proche de la charge porte le plus, et R1+R2=6860 N, le poids total.
Exercice 3 : La charge répartie et le porte-à-faux
Une poutre homogène de 60,0 kg et de 6,00 m repose sur deux appuis simples, l'un à son extrémité gauche (x=0) et l'autre à x=4,00 m. Les 2,00 m restants sont en porte-à-faux. Un ouvrier de 80,0 kg circule sur la poutre. On prend g=9,80 m/s2.
a) Le poids propre de la poutre est réparti sur toute sa longueur. Justifiez qu'on puisse le remplacer par une force unique et dites où elle s'applique. Où faudrait-il la placer si la charge était répartie de façon triangulaire, nulle à une extrémité et maximale à l'autre ?
b) La poutre est seule. Calculez les deux réactions d'appui.
c) L'ouvrier part de x=0 et avance vers l'extrémité libre. À quelle position l'appui de gauche cesse-t-il d'être sollicité ? Que se passe-t-il au-delà ?
d) L'ouvrier atteint tout de même l'extrémité libre, en x=6,00 m. Calculez les deux réactions et interprétez le signe obtenu.
e) On veut que l'ouvrier puisse atteindre l'extrémité libre sans que la poutre bascule. Quelle masse minimale faut-il déposer à l'aplomb de l'appui de gauche ? Pourquoi en mettrait-on davantage en pratique ?
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Réponses
a)Une force unique de 588 N en x=3,00 m ; aux deux tiers pour une charge triangulaire
b)RB=441 N et RA=147 N
c)x=4,75 m ; au-delà, l'appui de gauche décolle
d)RB=1617 N et RA=−245 N : la force est dirigée vers le BAS
e)25,0 kg à l'aplomb de l'appui gauche, et bien davantage en pratique
a)
Une charge répartie exerce, sur chaque tranche, un poids élémentaire. La somme de ces poids vaut le poids total, et la somme de leurs moments par rapport à n'importe quel point est la même que celle d'une force unique appliquée au centre de gravité de la répartition. Remplacer la charge répartie par cette résultante est donc exact, et non approché, pour tout calcul d'équilibre. Pour une poutre homogène, ce point est le milieu : W=60,0(9,80)=588 N appliqué en x=3,00 m. Si la charge était triangulaire, la résultante se placerait au centre de gravité du triangle, soit aux DEUX TIERS de la longueur à partir de l'extrémité où la charge est nulle, et non au milieu.
b)
Notons RA et RB les réactions en x=0 et x=4,00 m. Moments par rapport à A : RB(4,00)=588(3,00), donc RB=441 N. Somme des forces verticales : RA=588−441=147 N. Le porte-à-faux fait déjà pencher la charge vers l'appui de droite : celui-ci supporte trois fois plus que celui de gauche, alors que la poutre est homogène.
c)
Prenons les moments par rapport à B et exigeons RA=0. Le poids de la poutre, en x=3,00 m, est du côté gauche de B et tend donc à faire redescendre la partie gauche : son moment vaut 588(1,00)=588 N⋅m. L'ouvrier, en x, doit produire le moment opposé : 784(x−4,00)=588, soit x−4,00=0,750 et x=4,75 m. Au-delà de 4,75 m, la poutre bascule autour de B si elle est simplement posée : l'appui de gauche décolle. S'il est boulonné, il devra au contraire TIRER vers le bas, et c'est la fixation qui travaille.
d)
Moments par rapport à A : RB(4,00)=588(3,00)+784(6,00)=1764+4704=6468, donc RB=1617 N. Somme des forces : RA=588+784−1617=−245 N. Le signe négatif ne signifie pas une erreur de calcul : il indique que la force supposée dirigée vers le haut est en réalité dirigée vers le BAS. L'appui de gauche doit retenir la poutre avec 245 N, ce qu'un simple appui posé ne sait pas faire. Un appui simple ne peut que pousser, comme le fond d'un seau ou le sol sous une caisse.
e)
Il faut que le contrepoids, placé en x=0, produise autour de B un moment compensant celui de l'ouvrier. Moments par rapport à B : mg(4,00)+588(1,00)=784(2,00), soit 4,00mg=1568−588=980 et mg=245 N, donc m=25,0 kg. C'est exactement le 245 N calculé en d), ce qui est cohérent. En pratique on en mettrait bien davantage, pour trois raisons : cette valeur correspond à l'équilibre STRICT, où la moindre perturbation fait basculer; l'ouvrier peut porter une charge, sauter ou se pencher, ce qui augmente le moment; et toute norme de construction impose un coefficient de sécurité. Un équilibre calculé au newton près est un équilibre qu'on ne construit pas.
Question b), poutre seule, forces à l'échelle : le poids, appliqué au milieu, est plus près de B, qui porte trois fois plus que A.
Question d), ouvrier au bout : la réaction en A, dessinée vers le BAS, vaut 245 N. Un simple appui ne sait pas tirer : la poutre bascule autour de B.
Exercice 4 : Le centre de gravité d'un solide composé
Le poids d'un corps étendu se comporte comme s'il était concentré en un point unique, le centre de gravité. Pour un solide composé, on le trouve en traitant chaque partie comme un point matériel placé en son propre centre.
Une plaque homogène en forme de L est formée de deux rectangles : le premier mesure 2,00 m sur 0,50 m et occupe la base ; le second mesure 0,50 m sur 1,80 m et se dresse à gauche, au-dessus du premier. L'origine est au coin inférieur gauche.
a) Donnez l'aire de chaque rectangle et les coordonnées de son centre.
b) Calculez les coordonnées du centre de gravité de la plaque.
c) Pourquoi peut-on remplacer les masses par les aires dans ce calcul ?
d) Le centre de gravité d'un objet peut-il se situer en dehors de la matière ? Donnez un exemple.
e) On pose la plaque sur sa base horizontale. Est-elle stable ? Jusqu'à quel angle d'inclinaison le reste-t-elle ?
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Réponses
a)A1=1,00 m² en (1,00;0,25) et A2=0,90 m² en (0,25;1,40)
b)G=(0,645;0,795) m
c)Plaque homogène d'épaisseur constante : σ se simplifie dans le quotient
d)Oui : ici G tombe dans l'échancrure du L, comme au centre d'un anneau
e)Stable ; bascule à 59,6° vers la droite, mais dès 39,1° vers la gauche
a)
Rectangle 1, la base : aire A1=2,00×0,50=1,00 m², centre en (1,00;0,25). Rectangle 2, le montant : aire A2=0,50×1,80=0,90 m², centre en (0,25;0,50+0,90)=(0,25;1,40), puisqu'il repose sur le premier.
b)
xG=A1+A2A1x1+A2x2=1,901,00×1,00+0,90×0,25=1,901,225=0,645 m. yG=1,901,00×0,25+0,90×1,40=1,901,51=0,795 m. Le centre de gravité est donc en (0,645;0,795).
c)
Parce que la plaque est HOMOGÈNE et d'épaisseur constante : la masse de chaque morceau est alors proportionnelle à son aire, mi=σAi avec la même masse surfacique σ pour tous. Dans le quotient définissant xG, le facteur σ apparaît au numérateur et au dénominateur, et se simplifie. L'argument tomberait si les deux parties étaient de matériaux différents.
d)
Oui, et c'est fréquent. Le point (0,645;0,795) trouvé en b se situe justement dans l'échancrure du L, là où il n'y a pas de matière. Autres exemples : le centre d'un anneau, celui d'un fer à cheval, celui d'un boomerang. Le centre de gravité est un point de calcul, pas un morceau de l'objet : rien n'exige qu'il y ait de la matière à cet endroit.
e)
Posée sur sa base, la plaque est stable : la verticale issue de xG=0,645 m tombe bien à l'intérieur de la base, qui s'étend de 0 à 2,00 m. En inclinant la plaque autour de son arête droite, située en x=2,00 m, elle bascule quand la verticale du centre de gravité dépasse cette arête. L'angle critique vérifie tanθ=0,7952,00−0,645=1,704, soit θ=59,6∘. En basculant au contraire vers la gauche, autour de l'arête x=0, l'angle critique est bien plus petit : tanθ=0,7950,645=0,811, soit 39,1∘. La plaque est donc nettement moins stable du côté du montant, ce qui est intuitif puisque la masse y est décalée.
G est sur le segment G1G2, plus près du rectangle le plus lourd, et tombe dans l'échancrure du L, hors de la matière ; sa verticale reste dans la base.
Exercice 5 : L'échelle contre le mur
Le problème d'équilibre le plus classique, et le plus utile : il combine les deux conditions, un choix de pivot, et une condition de frottement. Le mur est supposé LISSE, ce qui impose la direction de sa réaction.
Une échelle homogène de 5,00 m et 18,0 kg s'appuie contre un mur vertical lisse, faisant un angle de 65,0° avec le sol horizontal. Une personne de 75,0 kg est montée à 3,50 m du pied. On prend g=9,80 m/s².
a) Faites l'inventaire des forces et justifiez que la réaction du mur est horizontale.
b) Calculez la force exercée par le mur, en prenant le pied de l'échelle comme pivot.
c) Calculez la réaction normale du sol, puis le coefficient de frottement statique minimal pour que l'échelle ne glisse pas.
d) Si le coefficient réel vaut 0,400, quel est l'angle minimal permettant à la personne de monter au même point, à 3,50 m du pied ?
e) Pourquoi est-il plus dangereux de monter HAUT sur une échelle trop peu inclinée ?
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Réponses
a)Quatre forces ; le mur étant lisse, sa réaction est purement horizontale
b)Nmur≈281 N
c)Nsol=911 N et μs≥0,308
d)θ≥58,8° : les 65,0° de l'énoncé suffisent
e)Le bras des poids varie en cosθ et celui du mur en sinθ : les deux aggravent
a)
Quatre forces : le poids de l'échelle, 18,0×9,80=176,4 N appliqué au milieu, à 2,50 m du pied ; le poids de la personne, 75,0×9,80=735 N à 3,50 m ; la réaction du mur ; la réaction du sol, qui a une composante normale et une composante de frottement. Le mur étant LISSE, il ne peut exercer aucune force tangentielle le long de sa surface, donc aucune composante verticale : sa réaction est nécessairement HORIZONTALE, perpendiculaire au mur.
b)
Pivot au pied : les deux réactions du sol y ont un bras nul et disparaissent. Le bras du poids, force verticale, est la distance HORIZONTALE au pivot, soit ℓcos65∘ pour un point situé à la distance ℓ le long de l'échelle. Le bras de la force du mur, horizontale, est la hauteur 5,00sin65∘. D'où Nmur×5,00sin65∘=176,4×2,50cos65∘+735×3,50cos65∘. Le calcul donne Nmur×4,532=186,4+1087,3=1273,7, soit Nmur=281 N.
c)
Verticalement, le sol supporte tout le poids puisque le mur ne pousse qu'horizontalement : Nsol=176,4+735=911 N. Horizontalement, le frottement du sol équilibre exactement la poussée du mur : f=Nmur=281 N. La condition de non-glissement s'écrit f≤μsNsol, d'où μs≥911281=0,308.
d)
La condition générale, en refaisant le calcul de b avec un angle θ quelconque, s'écrit tanθ≥μs(me+mp)Lme2L+mpd. Numériquement, tanθ≥0,400×93,0×5,0018,0×2,50+75,0×3,50=186,0307,5=1,653, soit θ≥58,8∘. L'échelle inclinée à 65,0° est donc bien au-dessus de la limite : elle tient.
e)
Parce que le moment déstabilisant croît avec la distance d de la personne au pied, alors que le moment résistant, lui, ne change pas. En montant, on augmente donc Nmur, donc le frottement exigé au sol, sans augmenter la réaction normale autrement que du poids déjà compté. Une échelle peu inclinée aggrave tout, parce que le bras des poids varie comme cosθ, qui grandit quand θ diminue, tandis que le bras de la réaction du mur varie comme sinθ, qui rapetisse. Les deux effets jouent dans le même sens et le rapport explose. C'est pourquoi la règle de sécurité impose de placer le pied à une distance du mur égale au quart de la longueur de l'échelle, ce qui correspond à environ 75°, et de ne jamais monter sur les derniers barreaux.
Forces à l'échelle, chacune à son point d'application : le mur lisse ne pousse qu'à l'horizontale, et le frottement au pied l'équilibre exactement, f=Nmur=281 N.
Partie B : Niveau examen (/50)
Exercice 6 : Glisser ou basculer ?
Une armoire homogène de 80,0 kg mesure 1,80 m de haut et repose sur une base carrée de 0,600 m de côté. On la pousse horizontalement, à une hauteur h au-dessus du plancher. On prend g=9,80 m/s2.
a) Le plancher a un coefficient de frottement statique de 0,500 et on pousse à h=1,20 m. Calculez la force qui ferait glisser l'armoire et celle qui la ferait basculer. Que se passe-t-il en réalité ?
b) Déterminez la hauteur critique hc pour laquelle glissement et basculement se produiraient simultanément, avec ce même coefficient. Donnez l'expression générale de hc.
c) Le plancher vient d'être ciré et le coefficient tombe à 0,200. On pousse toujours à 1,20 m. Que se passe-t-il maintenant, et à partir de quelle force ?
d) On revient au plancher rugueux et on pousse à 1,20 m avec une force de 150 N. L'armoire ne bouge pas. À quelle distance de l'axe central la ligne d'action de la force normale se situe-t-elle alors ? Que révèle ce résultat ?
e) Dans un virage, un camion de livraison se renverse là où une voiture de sport ne fait que déraper. Transposez le critère de la question b) au cas du virage et chiffrez-le pour un camion (voie 2,40 m, centre de masse à 1,80 m) et pour une voiture de sport (voie 1,80 m, centre de masse à 0,450 m), sur une chaussée de coefficient 0,800.
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Réponses
a)392 N pour glisser, 196 N pour basculer : elle BASCULE
b)hc=2μsw=0,600 m, indépendante du poids
c)hc=1,50 m : elle glisse cette fois, dès 157 N
d)La normale s'est décalée de 0,230 m, encore dans la base de demi-largeur 0,300 m
e)0,667<0,800 : le camion bascule ; 2,00>0,800 : la sportive dérape
a)
Poids : W=80,0(9,80)=784 N. Glissement : il commence quand la force atteint le frottement statique maximal, Fgliss=μsW=0,500(784)=392 N. Basculement : l'armoire pivote autour de l'arête inférieure avant, et le seuil est atteint quand le moment de la poussée égale celui du poids, dont le bras de levier est la demi-largeur : Fh=W2w, soit Fbascule=1,20784(0,300)=196 N. C'est le plus PETIT des deux seuils qui décide : l'armoire bascule à 196 N, bien avant de pouvoir glisser. Le déménageur qui pousse trop haut renverse le meuble au lieu de le faire avancer.
b)
Les deux seuils coïncident quand μsW=2hcWw, ce qui donne hc=2μsw. Le poids disparaît : la masse de l'armoire n'a aucune influence sur ce qu'elle fait, seulement sur la force qu'il faut. Ici hc=2(0,500)0,600=0,600 m. En dessous de cette hauteur elle glisse, au-dessus elle bascule. Pousser bas, c'est faire glisser; pousser haut, c'est renverser.
c)
Avec μs=0,200, la hauteur critique devient hc=2(0,200)0,600=1,50 m. On pousse à 1,20 m, donc EN DESSOUS de hc : l'armoire glisse cette fois, dès F=0,200(784)=157 N, alors qu'il faudrait toujours 196 N pour la basculer. Le même geste, au même endroit, produit deux comportements opposés selon le revêtement du sol. Cirer un plancher protège les meubles du renversement, mais les rend fuyants.
d)
Prenons les moments par rapport au centre O de la base. Le poids agit à l'aplomb de O : son moment est nul. Le frottement agit au niveau du plancher, à hauteur nulle : son moment par rapport à O est nul également. Restent la poussée, de moment Fh=150(1,20)=180 N⋅m, et la normale, dont la ligne d'action s'est décalée d'une distance d vers l'arête avant : Wd=180, donc d=784180≈0,230 m. Comme la demi-largeur vaut 0,300 m, la normale reste dans la base et l'équilibre tient, ce qui confirme le seuil de 196 N. Ce que révèle le calcul, c'est que la force normale n'est pas une force fixe appliquée au centre : c'est la résultante d'une pression répartie sur toute la base, et cette résultante MIGRE vers l'arête à mesure qu'on pousse. Le basculement survient exactement quand elle atteint le bord : il n'y a plus de matière au-delà pour la porter.
e)
Dans un virage, la force qui joue le rôle de la poussée est la force centripète Rmv2, et elle s'applique au centre de masse, à la hauteur hcm. Basculement : Rmv2hcm≥mg2w, soit Rgv2≥2hcmw. Glissement : Rgv2≥μs. Le véhicule se renverse avant de déraper si 2hcmw<μs. Camion : 2(1,80)2,40=0,667, inférieur à 0,800, donc il BASCULE. Voiture de sport : 2(0,450)1,80=2,00, très supérieur à 0,800, donc elle DÉRAPE, et de loin. Tout l'art du châssis de course tient dans ce rapport : voie large et centre de masse au ras du sol. Et l'on comprend pourquoi une chaussée très adhérente, loin de protéger le camion, aggrave son risque de renversement en lui permettant d'atteindre le seuil de basculement.
Au seuil du basculement, F=f=196 N : la normale s'est reportée sur l'arête avant, le pivot. Bras du poids 0,300 m contre 1,20 m pour la poussée. Forces à l'échelle.
Exercice 7 : Le levier, du pied-de-biche à l'avant-bras
Une machine simple échange de la force contre du déplacement. Le corps humain est truffé de leviers, mais presque tous sont défavorables en force : l'évolution a privilégié la vitesse et l'amplitude.
Un avant-bras horizontal tient une masse de 5,00 kg dans la main, à 0,350 m de l'articulation du coude. Le biceps s'insère à 0,050 m du coude et tire verticalement vers le haut. L'avant-bras lui-même pèse 1,50 kg, son centre de gravité étant à 0,150 m du coude. On prend g=9,80 m/s².
a) Un pied-de-biche a un bras d'entrée de 0,600 m et un bras de sortie de 0,150 m. Quelle force faut-il exercer pour produire 200 N à l'extrémité courte ?
b) Pour l'avant-bras, calculez la force développée par le biceps en prenant le coude comme pivot.
c) Comparez cette force au poids soulevé. Commentez.
d) Calculez la force exercée par l'articulation du coude sur l'avant-bras.
e) Pourquoi la nature a-t-elle retenu un levier aussi défavorable en force ?
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Réponses
a)F=50,0 N, avantage mécanique de 4
b)Fb≈387 N
c)Près de huit fois le poids porté : levier du troisième genre
d)323 N dirigée vers le BAS : le coude est comprimé
e)La main va sept fois plus vite et plus loin que l'insertion du biceps
a)
À l'équilibre, les moments s'égalent : Fentreˊe×0,600=200×0,150, d'où Fentreˊe=0,60030,0=50,0 N. L'avantage mécanique est de 4 : on produit quatre fois la force appliquée, au prix d'un déplacement quatre fois plus grand.
b)
Pivot au coude, ce qui élimine la force articulaire inconnue. Le moment du biceps, antihoraire, équilibre ceux des deux poids, horaires : Fb×0,050=5,00×9,80×0,350+1,50×9,80×0,150=17,15+2,205=19,36 N·m. D'où Fb=0,05019,355=387 N.
c)
Le poids soulevé n'est que 5,00×9,80=49,0 N. Le biceps doit donc tirer environ HUIT FOIS plus fort que la charge portée. C'est un levier du troisième genre, où la force motrice s'applique ENTRE le pivot et la charge : il n'y a aucun avantage mécanique, seulement un désavantage. Le muscle doit compenser un bras de levier sept fois plus court que celui de la charge.
d)
Les forces verticales doivent s'équilibrer. Vers le haut, le biceps tire 387,1 N. Vers le bas, les deux poids totalisent 49,0+14,7=63,7 N. Le solde, 387,1−63,7=323,4 N, doit être équilibré par l'articulation, qui exerce donc sur l'avant-bras une force de 323 N dirigée vers le BAS. Le coude est ainsi comprimé bien plus fortement que ne le suggère la charge tenue, ce qui explique l'usure articulaire chez les travailleurs manuels.
e)
Parce qu'un levier échange toujours force et déplacement, et que le compromis inverse serait invivable. Avec un bras de 0,050 m contre 0,350 m, la main se déplace SEPT FOIS plus vite et sept fois plus loin que le point d'insertion du biceps. Un muscle ne peut se raccourcir que d'environ un tiers de sa longueur : si l'insertion était plus éloignée pour gagner en force, l'amplitude du geste s'effondrerait et le bras ne pourrait presque plus se plier. La nature a donc choisi la VITESSE et l'AMPLITUDE, quitte à exiger des muscles très puissants. C'est le bon compromis pour lancer, frapper ou attraper, activités où la vitesse compte davantage que la force brute.
Question a) : 50,0×0,600=200×0,150. Le pivot porte la somme des deux, 250 N. Forces à l'échelle.
Avant-bras, forces à l'échelle sauf son propre poids (14,7 N), allongé pour rester visible : le biceps tire huit fois la charge, le coude encaisse 323 N vers le bas.
Exercice 8 : Trois forces non parallèles : le théorème des forces concourantes
Une barre homogène AB de 20,0 kg et 2,00 m repose par son extrémité A sur un sol rugueux et fait un angle de 55,0∘ avec l'horizontale. Elle est maintenue par une corde HORIZONTALE attachée à son extrémité haute B et fixée à un mur. La barre n'est soumise qu'à trois forces : son poids, la tension de la corde et la réaction du sol en A. On prend g=9,80 m/s2.
a) Énoncez le théorème des trois forces et démontrez-le à partir des deux conditions d'équilibre.
b) Déterminez géométriquement le point de concours des trois lignes d'action, puis déduisez-en la DIRECTION de la réaction du sol, sans écrire une seule équation d'équilibre.
c) Calculez la tension de la corde et la réaction du sol par les équations d'équilibre, et vérifiez la direction trouvée en b).
d) Quel coefficient de frottement statique minimal le sol doit-il présenter en A ? Exprimez-le en fonction de l'angle seul.
e) On attache maintenant la corde au MILIEU de la barre au lieu de son extrémité. La tension augmente-t-elle ou diminue-t-elle ? Calculez, puis montrez que la réaction du sol prend alors une direction remarquable.
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Réponses
a)Trois forces non parallèles en équilibre ont leurs lignes d'action concourantes
b)P(0,574;1,638), donc une réaction à 70,7° de l'horizontale
c)T≈68,6 N, R≈208 N à 70,7° : la prédiction est confirmée
d)μs≥2tanθ1≈0,350, fonction du seul angle
e)T DOUBLE à 137 N, et la réaction se dirige le long de la barre
a)
Théorème : un corps rigide en équilibre sous l'action de seulement TROIS forces non parallèles a nécessairement ses trois lignes d'action concourantes en un même point. Démonstration : soit P le point d'intersection des lignes d'action de deux d'entre elles, disons F1 et F2; leurs moments par rapport à P sont nuls, puisque leur bras de levier y est nul. La seconde condition d'équilibre exige que la somme des moments par rapport à P soit nulle, donc le moment de F3 par rapport à P est nul lui aussi. Une force non nulle de moment nul par rapport à P a forcément sa ligne d'action passant par P. Les trois lignes se coupent donc en P.
b)
Plaçons A à l'origine. L'extrémité B est en (2,00cos55,0∘;2,00sin55,0∘)=(1,147;1,638) m et le centre de gravité au milieu, en (0,574;0,819) m. Le poids est vertical : sa ligne d'action est la droite x=0,574. La corde est horizontale et attachée en B : sa ligne d'action est la droite y=1,638. Elles se coupent en P(0,574;1,638). La réaction du sol doit donc passer par A(0;0) ET par P : sa direction fait avec l'horizontale l'angle arctan0,5741,638≈70,7∘. On remarque que tan70,7∘=2tan55,0∘, parce que le centre de gravité est à mi-longueur : le point de concours est deux fois plus haut que large par rapport à la barre. Tout cela sans écrire une équation d'équilibre.
c)
Moments par rapport à A : la tension, horizontale et appliquée en B, a pour bras de levier la hauteur de B, soit 1,638 m; le poids W=196 N a pour bras de levier l'abscisse du centre de gravité, soit 0,574 m. L'équilibre donne T(1,638)=196(0,574), d'où T≈68,6 N. Forces horizontales : la réaction du sol doit équilibrer la tension, donc Rx=68,6 N. Forces verticales : la corde étant horizontale, c'est le sol seul qui porte le poids, donc Ry=196 N. Module : R=68,622+1962≈208 N, et direction arctan68,62196≈70,7∘ au-dessus de l'horizontale. C'est bien la direction prédite en b).
d)
La réaction du sol se décompose en une normale N=Ry=196 N et un frottement f=Rx=68,6 N. Il faut f≤μsN, donc μs≥19668,62≈0,350. En remplaçant les valeurs par leurs expressions, μmin=WT=WLsinθW2Lcosθ=2tanθ1, et 2tan55,0∘1≈0,350. Ni la masse ni la longueur n'interviennent : seul l'angle décide. Plus la barre se couche, plus tanθ diminue et plus le sol doit être adhérent, ce qui est le même résultat que pour l'échelle contre un mur.
e)
Le bras de levier de la tension est divisé par deux, puisqu'elle s'applique désormais à mi-hauteur, en y=0,819 m, alors que le moment du poids est inchangé. La tension DOUBLE donc : T(0,819)=196(0,574) donne T≈137 N. La réaction devient Rx=137,2 N et Ry=196 N, soit une direction arctan137,2196=55,0∘ : exactement l'angle de la barre. La réaction du sol est donc dirigée LE LONG DE LA BARRE. Ce n'est pas un hasard : le point de concours est maintenant (0,574;0,819), c'est-à-dire le centre de gravité lui-même, qui appartient à la barre; la droite AP est donc la barre. Le coefficient de frottement requis devient tan55,0∘1≈0,700, le double du précédent. Attacher la corde plus près du pied de la barre coûte toujours cher, en tension comme en adhérence.
Le poids et la corde se coupent en P ; la réaction du sol passe forcément par P, d'où ses 70,7°. Forces à l'échelle : T=68,6 N, R=208 N.
Exercice 9 : Problème : la flèche de grue et son câble
Une flèche horizontale articulée sur un pylône, retenue par un câble oblique : c'est la configuration de toutes les grues et de tous les bras de levage. La tension du câble y est bien plus grande que la charge, et la réaction de l'articulation réserve une surprise.
Une flèche homogène de 4,00 m et 60,0 kg est articulée sur un pylône vertical. Un câble part du pylône et rejoint la flèche à 3,00 m de l'articulation, en faisant un angle de 40,0° avec elle. Une charge de 200 kg est suspendue à l'extrémité libre. On prend g=9,80 m/s².
a) Calculez la tension du câble, en prenant l'articulation comme pivot.
b) Comparez cette tension au poids de la charge et expliquez l'écart.
c) Calculez les deux composantes de la force exercée par l'articulation sur la flèche.
d) Commentez le signe de la composante verticale. Était-ce prévisible ?
e) Si l'on rapprochait l'attache du câble de l'articulation, la tension augmenterait-elle ou diminuerait-elle ? Quelle contrainte pratique cela impose-t-il ?
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Réponses
a)T≈4675 N
b)2,4 fois le poids : bras plus court, et seul sin40° de la tension est utile
c)Hx=3582 N et Hy=−457 N, module 3611 N
d)Négative : l'articulation RETIENT la flèche vers le bas, c'était prévisible
e)Elle doublerait à plus de 9300 N : il faut attacher loin et sous un angle ouvert
a)
Pivot à l'articulation, ce qui élimine sa réaction. Seule la composante PERPENDICULAIRE du câble produit un moment, soit Tsin40,0∘, avec un bras de 3,00 m. Les deux poids sont verticaux, donc perpendiculaires à la flèche horizontale, avec des bras de 2,00 m et 4,00 m. D'où Tsin40,0∘×3,00=60,0×9,80×2,00+200×9,80×4,00=1176+7840=9016 N·m. Alors T=3,00×0,64289016=4675 N.
b)
Le poids de la charge vaut 200×9,80=1960 N : la tension est 2,4 fois plus grande. Deux causes se cumulent. D'abord le câble est attaché à 3,00 m alors que la charge pend à 4,00 m, ce qui lui donne un bras plus court. Ensuite et surtout, il tire sous un angle de 40,0° seulement, si bien que la fraction utile de sa tension n'est que sin40∘=0,643. Un câble presque parallèle à la flèche serait presque inutile.
c)
Horizontalement, seule la composante horizontale du câble tire la flèche vers le pylône : Hx=Tcos40,0∘=4675×0,766=3582 N, l'articulation devant pousser d'autant en sens inverse. Verticalement, Hy+Tsin40,0∘=(60,0+200)×9,80, d'où Hy=2548−3005=−457 N. La force totale de l'articulation a pour norme 35822+4572=3611 N.
d)
La composante verticale est NÉGATIVE : l'articulation tire la flèche vers le BAS, elle ne la soutient pas. C'était prévisible : la composante verticale du câble, 3005 N, dépasse à elle seule le poids total de 2548 N. Le câble soulève donc plus qu'il ne faut, et l'articulation doit retenir la flèche pour l'empêcher de pivoter vers le haut. C'est un résultat contre-intuitif mais parfaitement courant dans ce type de montage, et il impose que l'articulation soit un axe capable de tirer, non un simple appui.
e)
Elle AUGMENTERAIT, car le bras du câble diminuerait alors que celui des charges resterait le même : à moment identique, une force appliquée plus près du pivot doit être plus grande. Attacher le câble à 1,50 m au lieu de 3,00 m doublerait la tension, à plus de 9300 N. La contrainte pratique est donc d'attacher le câble AUSSI LOIN que possible de l'articulation et sous l'angle le plus ouvert possible, ce qui explique la silhouette des grues, avec leur mât haut et leurs haubans très écartés. Toute la conception vise à maximiser sinθ et le bras de levier simultanément.
Flèche isolée, forces à l'échelle : le câble tire 4675 N, bien plus que la charge, et la force de l'articulation pointe légèrement vers le BAS.
Exercice 10 : Contrainte, déformation et module de Young
Un câble d'acier de 12,0 m de long et de 1,20 cm de diamètre suspend la cabine d'un monte-charge. Pour cet acier, le module de Young vaut E=2,00×1011 Pa, la limite élastique 2,50×108 Pa et la contrainte de rupture 4,00×108 Pa. On prend g=9,80 m/s2.
a) Calculez l'aire de la section du câble, puis la contrainte lorsqu'il supporte au repos une charge totale de 1200 kg. Comparez à la limite élastique.
b) Calculez l'allongement du câble sous cette charge.
c) La cabine démarre vers le haut avec une accélération de 1,50 m/s2. Recalculez la contrainte et l'allongement, puis donnez le coefficient de sécurité qui subsiste vis-à-vis de la rupture.
d) Quelle masse ferait atteindre la limite élastique ? Quelle masse ferait rompre le câble ? Si la norme impose un coefficient de sécurité de 10 par rapport à la rupture, quelle charge ce câble seul est-il autorisé à porter, et qu'en concluez-vous sur la construction réelle d'un monte-charge ?
e) On remplace le câble par un autre du même acier, mais de diamètre double et de longueur double. À charge égale, comment varient la contrainte et l'allongement ? Pourquoi comparer les allongements de deux câbles ne renseigne-t-il pas sur la rigidité de leur matériau ?
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Réponses
a)A≈1,131×10−4 m², σ≈104 MPa, soit 42% de la limite élastique
b)ΔL=EσL≈6,24 mm
c)σ≈120 MPa, ΔL≈7,19 mm, marge de rupture tombée à 3,34
d)2885 kg, 4616 kg, et seulement 462 kg admissibles : il faut plusieurs câbles
e)σ divisée par 4, ΔL divisé par 2 ; seul E caractérise le matériau
a)
Le rayon vaut 0,600 cm =6,00×10−3 m, donc A=πr2=π(6,00×10−3)2≈1,131×10−4 m2. La force vaut F=1200(9,80)=1,176×104 N, d'où la contrainte σ=AF=1,131×10−411760≈1,04×108 Pa, soit 104 MPa. C'est environ 42% de la limite élastique : le câble travaille dans son domaine élastique, il reprendra exactement sa longueur une fois déchargé.
b)
La loi de Hooke pour un solide s'écrit σ=Eε, où ε=LΔL est la déformation, une grandeur sans unité. Donc ΔL=EσL=2,00×1011(1,0398×108)(12,0)≈6,24×10−3 m, soit 6,24 mm. La déformation vaut ε=5,2×10−4, c'est-à-dire cinq dix-millièmes : les métaux se déforment très peu avant de céder, ce qui les rend à la fois rassurants et traîtres.
c)
La cabine accélère vers le haut, donc la tension dépasse le poids : F=m(g+a)=1200(9,80+1,50)=1,356×104 N. Contrainte : σ=1,131×10−413560≈1,20×108 Pa. Allongement : ΔL=2,00×1011(1,199×108)(12,0)≈7,19 mm, soit près d'un millimètre de plus. Coefficient de sécurité vis-à-vis de la rupture : 1,199×1084,00×108≈3,34. Un simple démarrage a fait chuter la marge de 3,85 à 3,34, ce qui rappelle qu'un câble ne se dimensionne jamais sur la charge statique seule.
d)
Limite élastique : F=σelA=2,50×108(1,131×10−4)≈2,83×104 N, soit m=9,8028274≈2,89×103 kg. Rupture : F=4,00×108(1,131×10−4)≈4,52×104 N, soit m≈4,62×103 kg. Avec un coefficient de sécurité de 10, la charge admissible tombe à 104616≈462 kg. Or on demande à ce câble de porter 1200 kg : il est très largement hors norme à lui seul. La conclusion est celle de l'industrie réelle : un ascenseur est toujours suspendu à PLUSIEURS câbles, chacun capable de retenir la cabine, plus un parachute mécanique. Ce n'est pas de la redondance décorative, c'est la seule façon de respecter un coefficient de 10 sans câbles démesurés.
e)
La contrainte vaut AF et l'aire est proportionnelle au CARRÉ du diamètre : doubler le diamètre quadruple A, donc divise la contrainte par quatre, à 26,0 MPa. L'allongement vaut AEFL : la longueur double, l'aire quadruple, donc ΔL est divisé par deux, à 3,12 mm. Contrainte et allongement ne suivent donc pas la même loi, ce qui interdit tout raisonnement en bloc. Enfin, l'allongement dépend de la longueur et de la section, c'est-à-dire de la GÉOMÉTRIE de la pièce, pas seulement de son matériau. La grandeur intrinsèque est le module de Young E=εσ, qui compare une contrainte à une déformation relative et vaut 2,00×1011 Pa pour les deux câbles, puisqu'ils sont du même acier. Comparer deux allongements bruts, c'est confondre la forme de la pièce avec la nature du métal.
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