Mécanique 203-SN1-RE (ancien 203-NYA) • Complément québécois de Première et cégep à Montréal
Fiche de révision : la dynamique, lois de Newton et frottement (203-SN1-RE, ancien 203-NYA)
En 203-SN1-RE (ancien 203-NYA), la dynamique n'ajoute presque rien au secondaire côté formules : ΣF=ma et le frottement, c'est tout. Ce qui change, c'est la difficulté des configurations : deux corps couplés, un virage relevé, un cercle vertical, une vitesse limite. Dans chacune, l'erreur ne vient jamais du calcul, elle vient du diagramme de corps libre.
Cette fiche rassemble ce qui coûte réellement des points sur ce chapitre : les forces inventées, la normale supposée, le frottement écrit au maximum sans raison, et la confusion entre une force et une résultante. Chaque piège est écrit tel qu'il apparaît sur une copie.
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Le fil du chapitre
Une force n'entre dans une équation que si elle figure au diagramme de corps libre d'UN corps isolé. La force centripète n'est jamais une force de plus : c'est le nom que prend la résultante quand la trajectoire est courbe.
•ISOLER un corps, et un seul. Le diagramme de corps libre n'est pas un dessin de la scène : c'est la liste des forces qui s'exercent SUR ce corps.
•Les forces qui existent dans ce cours : le poids mg, la normale N, le frottement f, la tension T, une force appliquée, une force de résistance fluide. Rien d'autre.
•CHOISIR les axes, de préférence un axe le long de l'accélération : sur une pente, le long de la pente; sur un cercle, vers le centre.
•PROJETER, puis écrire ΣFx=max et ΣFy=may. Deux équations par corps, autant de systèmes que de corps.
•Une force centrifuge, une force du mouvement, une force d'inertie : aucune n'apparaît dans un référentiel d'inertie, donc jamais dans ce cours.
Le poids (rouge) est la seule force à distance du cours ; la normale (bleu) et la tension (vert) n'existent que par un contact. Chaque diagramme ne garde que les forces qui s'exercent SUR le bloc.
Sur deux corps reliés par une corde inextensible, la contrainte s'écrit avant les équations : même grandeur d'accélération, même grandeur de tension si la poulie est idéale. C'est elle qui rend le système soluble.
Le frottement change de règle selon qu'on glisse ou non
•Statique : fs≤μsN. Tant que rien ne glisse, fs vaut exactement ce qu'il faut pour équilibrer, PAS μsN.
•μsN est un PLAFOND, atteint seulement à l'instant du décrochage, c'est-à-dire quand l'énoncé dit « juste avant de glisser » ou « au minimum ».
•Cinétique : fk=μkN, constante, opposée au GLISSEMENT relatif, avec toujours μk<μs.
•La normale N ne vaut mg que sur un plan horizontal, sans autre force verticale et sans accélération verticale. Partout ailleurs elle sort de l'équation des y.
•Sur un plan incliné seul : N=mgcosθ, et l'objet reste immobile tant que tanθ≤μs, indépendamment de sa masse.
Le poids se décompose en deux flèches plus courtes que lui : N n'équilibre que mgcosθ, donc N<mg. Tant que rien ne glisse, f compense exactement mgsinθ, pas μsN.
Le test d'immobilité s'écrit toujours dans le même ordre : calculer la force motrice nette hors frottement, calculer μsN, comparer. Écrire l'accélération avant cette comparaison, c'est répondre à une question qu'on n'a pas encore posée.
Deux corps reliés par une corde : Atwood et la table
•Machine d'Atwood, deux masses pendues de part et d'autre d'une poulie idéale : même T des deux côtés, même grandeur d'accélération, et a=m1+m2(m2−m1)g.
•Bloc sur une table relié à une masse pendante : sur la table, T−f=m1a avec N=m1g ; pour la masse pendante, m2g−T=m2a.
•Dès que le système accélère, T est strictement comprise entre ce qui retient et ce qui tire : T=m2g n'est vraie qu'à l'équilibre.
À l'échelle : sur chaque bloc, la tension (vert) est plus petite que le poids de la masse qui descend et plus grande que ce qui la retient, poids de m1 ou frottement f.
Le poids apparent, dans un ascenseur
•La balance mesure N, pas le poids. Axe vers le haut : N−mg=ma, donc N=m(g+a).
•Seul le SENS de l'accélération compte : vers le haut, N>mg ; vers le bas, N<mg ; nulle, N=mg, à l'arrêt comme à vitesse constante.
•En chute libre, a=−g et N=0 : le poids n'a pas disparu, c'est le contact qui a disparu.
Même poids dans les trois cas : seule la normale change, plus longue que mg quand a monte, plus courte quand a descend, égale à vitesse constante.
Le mouvement circulaire, là où le chapitre bascule
•Trajectoire courbe et vitesse constante en grandeur : a=rv2 dirigée VERS LE CENTRE, donc ΣFvers le centre=rmv2.
•Ce membre de droite n'est pas une force : c'est ma. On l'écrit à droite du signe égal, jamais dans le diagramme.
•Virage relevé sans frottement : tanθ=rgv2, obtenue en projetant N sur l'horizontale et la verticale.
•Cercle vertical, au point le plus haut : le poids ET la tension (ou la normale) pointent tous deux vers le centre, donc T+mg=rmv2. La vitesse minimale correspond à T=0, soit vmin=gr.
•Au point le plus bas du même cercle : T−mg=rmv2, donc T y est maximale. Les deux points ne se traitent pas avec la même équation.
Virage relevé sans frottement : N penche vers le centre, sa part verticale porte mg et sa part horizontale est la résultante rmv2 (pointillé noir). Aucune force centrifuge.
Choisir l'axe positif VERS LE CENTRE en mouvement circulaire supprime la moitié des erreurs de signe : l'accélération y est toujours positive, et chaque force prend son signe selon qu'elle pointe vers le centre ou non.
La bosse et le pendule conique : tout se lit vers le centre
•Sommet d'une bosse de rayon r : le centre est SOUS la voiture, donc mg−N=rmv2 et N<mg. La voiture décolle quand N=0, soit v=gr.
•Pendule conique : Tcosθ=mg à la verticale, Tsinθ=Rmv2 vers l'axe, avec R=Lsinθ.
•Dans les deux cas, la somme des forces dirigée vers le centre s'égale à rmv2 : aucune force de plus n'entre au diagramme.
Au sommet de la bosse, N<mg et la résultante descend vers le centre ; dans le pendule conique, T porte mg et sa part horizontale est la résultante vers l'axe.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Ajouter une force centrifuge au diagramme de corps libre d'un objet en virage
toute la question, 5 à 8 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La voiture est en équilibre dans le virage : la force centripète vers le centre équilibre la force centrifuge vers l'extérieur. »
Ce qu'il faut écrire
« La voiture n'est pas en équilibre, elle accélère vers le centre. Le frottement est la seule force horizontale : f=rmv2. »
Une seule force horizontale, le frottement, et elle pointe vers le centre : c'est elle la résultante rmv2. Rien ne l'équilibre, la voiture n'est pas en équilibre.
Pourquoi : Écrire les deux forces égales et opposées revient à écrire ΣF=0, donc a=0, donc une trajectoire rectiligne. Le calcul démontre alors que la voiture ne tourne pas.
2.Poser la normale égale au poids alors qu'une force est appliquée de biais
3 points, et une accélération toujours sous-évaluée
Ce qu'il ne faut pas écrire
« On tire la caisse de 20 kg avec 80 N à 30° au-dessus de l'horizontale : N=mg=196 N et f=μk×196. »
Ce qu'il faut écrire
« L'équation des y donne N+80sin30°−196=0, donc N=156 N, et f=μk×156. La traction soulage la caisse. »
La traction a une composante verticale de 80sin30°=40 N qui soulage la caisse : N=196−40=156 N, flèche bleue plus courte que le poids. Flèches à l'échelle.
Pourquoi : La normale est une inconnue, jamais une donnée : elle se lit dans l'équation perpendiculaire au mouvement. Toute force ayant une composante verticale la modifie, dans un sens ou dans l'autre.
3.Écrire le frottement au maximum sur un corps qui ne bouge pas
3 points, et une résultante non nulle sur un corps immobile
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La caisse de 10 kg est poussée avec 20 N et ne bouge pas, μs=0,5 : donc f=0,5×98=49 N. »
Ce qu'il faut écrire
« Elle ne bouge pas, donc ΣF=0 et f=20 N. Les 49 N sont le PLAFOND que le frottement pourrait atteindre, pas sa valeur ici. »
Pourquoi : Un frottement de 49 N contre une poussée de 20 N donnerait une résultante de 29 N vers l'arrière : la caisse reculerait toute seule sous l'effet du frottement.
4.Additionner les deux forces d'une paire action-réaction sur le même corps
toute la question de raisonnement, souvent 4 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le cheval tire la charrette et la charrette tire le cheval avec la même force : elles s'annulent, donc rien ne peut avancer. »
Ce qu'il faut écrire
« Ces deux forces s'exercent sur des corps DIFFÉRENTS, elles ne figurent donc jamais dans le même diagramme. Sur le cheval, ce qui compte est le frottement du sol vers l'avant contre la traction de la charrette vers l'arrière. »
Les deux flèches vertes de 700 N forment la paire action-réaction : l'une agit sur la charrette, l'autre sur le cheval. Sur le cheval seul, 900 N vers l'avant contre 700 N : il avance.
Pourquoi : La troisième loi relie deux corps, la deuxième décrit un seul corps. Confondre les deux niveaux est l'erreur conceptuelle la plus tenace du chapitre, et elle revient à chaque examen sous une forme différente.
5.Prendre la tension égale au poids de la masse suspendue dans un système qui accélère
3 points, et toute la suite du système faussée
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La masse de 4,0 kg pend au bout de la corde, donc T=4,0×9,8=39,2 N. »
Ce qu'il faut écrire
« La masse descend en accélérant, donc m2g−T=m2a et T=m2(g−a)<m2g. Avec a=1,60 m/s2, T=32,8 N. »
Pourquoi : T=mg n'est vrai qu'à l'équilibre. Dès qu'il y a accélération, la tension est comprise strictement entre les deux poids d'un système à deux masses : c'est d'ailleurs le meilleur contrôle de vraisemblance du résultat.
6.Chercher la vitesse minimale au sommet d'un cercle vertical en annulant la vitesse
toute la question, 5 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Au sommet, la bille est sur le point de tomber, donc sa vitesse minimale est nulle. »
Ce qu'il faut écrire
« La condition limite est N=0, pas v=0 : la gravité doit à elle seule fournir l'accélération centripète, donc mg=rmv2 et vmin=gr. »
En haut, les deux flèches descendent : elles s'ADDITIONNENT vers le centre, donc T peut s'annuler sans que la bille tombe. En bas, elles s'opposent, et c'est là que la corde est la plus tendue.
Pourquoi : Avec v=0 au sommet, il n'y a plus de trajectoire circulaire du tout : l'objet quitte le rail et tombe. La condition physique porte sur le contact, donc sur la force de contact.
7.Mélanger la formule du virage relevé sans frottement et le cas avec frottement
toute la question, 6 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Virage relevé à 15° avec μs=0,60 et r=80 m : tan15°=rgv2 donne v=14,5 m/s, c'est la vitesse maximale. »
Ce qu'il faut écrire
« tanθ=rgv2 donne la vitesse IDÉALE, celle où le frottement est nul. La vitesse maximale s'obtient en remettant f=μsN dans les deux projections, et elle vaut ici 28,5 m/s. »
À la vitesse maximale, le frottement pointe vers le BAS de la pente et ajoute sa part horizontale à celle de N : la résultante dépasse celle du virage sans frottement.
Pourquoi : La formule sans frottement est un cas particulier, pas une formule générale. L'énoncé qui fournit μs vous dit exactement qu'il ne faut pas l'utiliser : une donnée non utilisée est presque toujours le signe d'une méthode fausse.
8.Chercher la vitesse limite en annulant la vitesse au lieu de l'accélération
toute la question, 4 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« À la vitesse limite le mouvement s'arrête, donc v=0 et mg=bv donne v=0. »
Ce qu'il faut écrire
« À la vitesse limite l'ACCÉLÉRATION s'annule, pas la vitesse : mg−bvℓ=0, donc vℓ=bmg. Le mouvement continue, uniformément. »
Le poids ne change pas, bv grandit avec la vitesse : à vℓ les deux flèches sont égales, la résultante est nulle et la vitesse cesse de croître, sans s'annuler.
Pourquoi : « Limite » qualifie la valeur vers laquelle la vitesse tend, pas un arrêt. C'est la même confusion qu'entre v=0 et a=0 au sommet d'un lancer, transposée à la résistance de l'air.
9.Utiliser la masse totale du système dans l'équation d'un seul corps
3 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Trois blocs de 2, 3 et 5 kg poussés par 30 N : la force que le premier exerce sur le deuxième vaut 30 N. »
Ce qu'il faut écrire
« L'accélération commune vaut a=1030=3,0 m/s2. On isole ensuite les blocs 2 et 3 : la force du premier sur le deuxième vaut (3+5)×3,0=24 N. »
On isole les blocs 2 et 3 (cadre pointillé) : la seule force horizontale qui les pousse est celle du bloc 1, (3+5)×3,0=24 N, pas les 30 N appliqués au bloc 1.
Pourquoi : La masse totale sert à trouver l'accélération commune, jamais à calculer une force interne. Une force de contact se lit toujours en isolant ce qui se trouve DEVANT elle dans le sens du mouvement.
Quelle méthode choisir
Quel frottement écrire
Le mot exact de l'énoncé à propos du mouvement relatif entre les surfaces
Si l'énoncé dit « glisse », « se déplace sur », « est tiré à vitesse constante » → f=μkN, opposé au glissement
Exemple : caisse tirée sur un plancher : f=μkN même si a=0
Si l'énoncé dit « reste immobile », « ne bouge pas », « sans glisser » → f est une inconnue déterminée par ΣF=ma, jamais μsN
Exemple : caisse poussée à 20 N qui ne bouge pas : f=20 N
Si l'énoncé dit « juste avant de glisser », « force minimale », « angle maximal », « vitesse maximale » → f=μsN, le seul cas où l'égalité est légitime
Exemple : angle de décrochage : tanθmax=μs
Si l'énoncé demande SI l'objet bouge → comparer la force motrice nette à μsN avant toute autre équation
Exemple : 19,6 N contre un plafond de 10,2 N : ça glisse
Si une roue roule sans glisser → le frottement est STATIQUE au point de contact, et il ne dissipe rien
c'est ce qui permet à une voiture d'accélérer sans que ses pneus chauffent
Dans tous les cas, N se calcule d'abord, et jamais en supposant N=mg : elle sort de l'équation perpendiculaire au mouvement, une fois toutes les forces projetées.
Quel corps isoler, et combien d'équations écrire
Le nombre de corps et la nature de la question
Si un seul corps, une seule accélération → un diagramme, deux projections
Exemple : bloc sur un plan incliné rugueux
Si plusieurs corps reliés, et la question porte sur l'accélération commune → traiter l'ensemble comme un corps unique de masse totale, les forces internes disparaissant
Exemple : trois blocs poussés : a=m1+m2+m3F
Si la question porte sur une TENSION ou une force de contact interne → isoler l'un des corps, obligatoirement : les forces internes n'existent que dans un diagramme individuel
Exemple : T=m2(g−a) pour la masse suspendue
Si les corps sont reliés par une corde passant sur une poulie → un diagramme par corps, plus la contrainte de la corde : même ∣a∣, même T
Exemple : plan incliné plus masse suspendue, système de deux équations
Si un bloc est posé sur un autre bloc → deux diagrammes, et la normale entre eux n'est PAS le poids du bloc du dessus dès qu'il y a accélération verticale
la force qui met en mouvement le bloc du dessus est le frottement, seule force horizontale qui s'exerce sur lui
Règle pratique : autant d'inconnues que d'équations. Deux corps donnent quatre projections; si vous en écrivez trois, il manque une équation, et c'est presque toujours la contrainte de la corde.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Résoudre un système à deux corps reliés par une corde
Quand l'utiliser : Deux masses sont reliées par une corde sur une poulie idéale, et on demande l'accélération, la tension, ou les deux.
1Choisir un SENS DE MOUVEMENT présumé et le déclarer, par exemple « on suppose que m2 descend ». Toutes les projections en découlent, et un résultat négatif signalera simplement que le sens réel est l'autre.
2Tracer un diagramme de corps libre par corps, en n'y mettant que les forces qui s'exercent sur lui.
3Pour chaque corps, orienter l'axe positif dans le sens du mouvement présumé, puis projeter : ΣF=ma le long de cet axe, et ΣF=0 perpendiculairement pour obtenir N.
4Écrire la contrainte de la corde : ∣a1∣=∣a2∣=a et T1=T2=T si la poulie est idéale.
5Additionner les deux équations de mouvement pour éliminer T et obtenir a, puis reporter a dans l'une d'elles pour obtenir T.
6Vérifier que T est comprise entre les valeurs qu'elle prendrait si chaque corps était seul, et conclure avec les unités.
Phrase de conclusion
« Avec l'axe positif dans le sens du mouvement présumé et la contrainte ∣a1∣=∣a2∣, la somme des deux équations donne a=1,60 m/s2; en reportant dans l'équation de la masse suspendue, T=32,8 N, valeur bien comprise entre 0 et m2g=39,2 N. »
Le piège : L'étape 4. Une copie sur trois écrit trois équations pour quatre inconnues, oublie la contrainte de la corde, et déclare le système insoluble.
Barème : Typiquement 2 points pour les deux diagrammes, 3 pour les projections, 1 pour la contrainte, 2 pour la résolution, 1 pour la conclusion et les unités.
Décider si un corps se met en mouvement
Quand l'utiliser : L'énoncé demande « le bloc bouge-t-il », « le système reste-t-il immobile », ou fournit à la fois μs et μk.
1Calculer la force motrice nette hors frottement, c'est-à-dire la somme des forces le long du mouvement possible, frottement exclu.
2Calculer N par l'équation perpendiculaire, puis le plafond μsN.
3Comparer les deux nombres, et écrire explicitement la comparaison.
4Si la force motrice est inférieure au plafond, conclure à l'immobilité et donner f égal à la force motrice. Sinon, recommencer avec f=μkN et calculer l'accélération.
Phrase de conclusion
« La force motrice nette vaut 19,6 N et le plafond statique μsN=10,2 N; comme 19,6>10,2, le système se met en mouvement et l'on poursuit avec le frottement cinétique. »
Le piège : Utiliser μk pour le test. Le test se fait TOUJOURS avec μs, et μk ne sert qu'après, une fois le mouvement établi.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
La tension encadrée par les deux poids
Dans un système à deux masses, la tension est toujours strictement comprise entre les valeurs extrêmes physiquement possibles. Une tension supérieure au poids de la masse suspendue est fausse à coup sûr.
Un T=45 N pour une masse suspendue de 4,0 kg, dont le poids vaut 39,2 N : la corde tirerait la masse vers le haut alors qu'elle descend.
Le cas limite θ=0 sur un plan incliné
Remplacer l'angle par zéro dans le résultat final. La normale doit redonner mg, la composante motrice doit s'annuler, et l'accélération doit devenir celle du plan horizontal.
Une expression qui donne N=mgsinθ redonne N=0 à plat : le sinus et le cosinus ont été échangés.
Le signe de l'accélération contre le sens présumé
Un a négatif n'est pas une faute : il dit que le mouvement se fait dans l'autre sens. Mais il faut alors reprendre le frottement, qui s'oppose au mouvement RÉEL, donc change de sens lui aussi.
Un a=−0,8 m/s2 obtenu avec un frottement orienté selon l'hypothèse initiale : le résultat n'est pas simplement à changer de signe, il faut refaire l'équation.
L'ordre de grandeur de l'accélération
Une accélération de chute libre partielle ne dépasse jamais 9,8 m/s2 dans un système où la gravité est le seul moteur. Toute valeur supérieure signale une erreur de masse ou de signe.
Un a=14 m/s2 sur une machine d'Atwood : impossible, la valeur maximale y est g, atteinte seulement si l'une des masses est nulle.
La donnée non utilisée
Relire l'énoncé et pointer chaque donnée dans le calcul. Un μs fourni et jamais employé annonce presque toujours qu'on a traité un cas idéal à la place du cas réel.
Un virage relevé résolu par tanθ=v2/rg alors que l'énoncé donnait μs=0,60 : la formule était celle du cas sans frottement.
L'exercice type décortiqué
Un plan incliné relié par une poulie à une masse suspendue
Un bloc m1=4,0 kg repose sur un plan incliné à 30°. Une corde partant du bloc passe sur une poulie idéale au sommet du plan et soutient un bloc m2=4,0 kg suspendu dans le vide.
Les coefficients de frottement entre m1 et le plan valent μs=0,30 et μk=0,20. Déterminer si le système se met en mouvement, puis l'accélération et la tension. On prend g=9,8 m/s2.
Deux moteurs opposés dans le même système : le poids de m2 tire le bloc vers le HAUT de la pente, m1gsin30° le tire vers le bas. Le frottement ne choisit son sens qu'ensuite.
Étape 1
Sens présumé : m2 descend, donc m1 monte le long de la pente. Axe positif choisi dans ce sens pour les deux corps.
Pourquoi
Déclarer le sens avant tout calcul rend chaque signe justifiable. Sans cette phrase, le correcteur ne peut pas savoir si un signe négatif est une erreur ou une information.
Étape 2
Test d'immobilité. Force motrice nette hors frottement : m2g−m1gsin30°=39,2−19,6=19,6 N. Normale : N=m1gcos30°=33,9 N, donc μsN=0,30×33,9=10,2 N.
Pourquoi
Cette comparaison est la seule question à laquelle on puisse répondre avant de connaître a. La sauter, c'est risquer de calculer une accélération pour un système qui ne bouge pas.
Étape 3
Comme 19,6N>10,2N, le système se met en mouvement, et l'on passe au frottement cinétique : fk=μkN=0,20×33,9=6,79 N, dirigé vers le BAS de la pente puisque m1 monte.
Pourquoi
Le sens du frottement se décide après le sens du mouvement, jamais avant. C'est la seule force du diagramme dont la direction dépend de la réponse à la question précédente.
Étape 4
Bloc suspendu : m2g−T=m2a, soit 39,2−T=4,0a. Bloc sur la pente : T−m1gsin30°−fk=m1a, soit T−19,6−6,79=4,0a.
Pourquoi
Une équation par corps, chacune écrite dans son propre repère mais avec le même a et la même T : c'est la contrainte de la corde inextensible et de la poulie idéale qui autorise cette identification.
Étape 5
Somme des deux équations : 39,2−19,6−6,79=8,0a, donc a=8,012,8=1,60 m/s2.
Pourquoi
L'addition élimine T sans aucune manipulation algébrique : c'est le seul intérêt d'avoir orienté les deux axes dans le sens du mouvement présumé.
Étape 6
Report dans la première équation : T=39,2−4,0×1,60=32,8 N.
Pourquoi
On reporte dans l'équation la plus simple, celle qui ne contient ni frottement ni angle : moins de termes, moins d'occasions de se tromper.
Étape 7
Vérification par l'autre équation : T=19,6+6,79+4,0×1,60=32,8 N, et 0<32,8<39,2 N.
Pourquoi
Recalculer T par l'équation qu'on n'a pas utilisée contrôle tout le système d'un coup. L'encadrement par le poids de m2 est le contrôle de vraisemblance qui prend une seconde.
Conclusion rédigée
« Comme la force motrice nette de 19,6 N dépasse le plafond statique de 10,2 N, le système se met en mouvement : le bloc m2 descend avec une accélération de 1,60 m/s2 et la corde est soumise à une tension de 32,8 N. »
L'erreur classique sur cet exercice : Attaquer directement les deux équations de Newton avec f=μsN ou sans frottement du tout, sans avoir fait le test d'immobilité. Avec m2=3,0 kg au lieu de 4,0 kg, la même méthode aurait produit une accélération pour un système parfaitement immobile.
À savoir par cœur
•Diagramme de corps libre : UN corps, isolé, et seulement les forces qui s'exercent SUR lui.
•N=mg uniquement sur un plan horizontal, sans force verticale supplémentaire et sans accélération verticale.
•Frottement statique : fs≤μsN, l'égalité seulement au seuil. Cinétique : fk=μkN, toujours.
•Plan incliné : mgsinθ le long, mgcosθ perpendiculaire, décrochage à tanθ=μs.
•Mouvement circulaire : ΣFvers le centre=rmv2. Ce terme est ma, jamais une force du diagramme.
•Cercle vertical : en haut T+mg=rmv2 et vmin=gr; en bas T−mg=rmv2.
•Virage relevé idéal : tanθ=rgv2. Si μs est donné, cette formule n'est pas celle demandée.
•Vitesse limite : a=0, pas v=0. Donc mg=bvℓ ou mg=bvℓ2 selon le modèle.
Questions fréquentes
Est-ce que la force centrifuge existe ?
Pas dans le cours de mécanique du cégep, qui travaille dans un référentiel d'inertie. Un objet en virage n'est pas en équilibre : il accélère vers le centre, et les seules forces à mettre au diagramme sont réelles, comme le frottement, la normale ou la tension. La sensation d'être poussé vers l'extérieur vient de l'inertie du passager, pas d'une force qui agirait sur lui.
Quand la force normale est-elle égale au poids ?
Seulement sur une surface horizontale, quand aucune autre force n'a de composante verticale et que l'objet n'accélère pas verticalement. Sur une pente elle vaut le poids multiplié par le cosinus de l'angle. Si l'on tire ou pousse de biais, ou si l'objet est dans un ascenseur qui accélère, elle change encore. La normale se calcule toujours, elle ne se suppose jamais.
Comment savoir si un objet va glisser ou rester immobile ?
On compare deux nombres. D'abord la force motrice nette sans le frottement, c'est-à-dire la somme des forces le long du glissement possible. Ensuite le plafond du frottement statique, égal au coefficient statique multiplié par la normale. Si la force motrice dépasse le plafond, l'objet glisse et on repart avec le coefficient cinétique. Sinon il reste immobile et le frottement vaut exactement la force motrice.
Quelle est la vitesse minimale au sommet d'une boucle verticale ?
C'est la racine carrée du produit de l'accélération gravitationnelle par le rayon. On l'obtient en écrivant que la force de contact devient nulle : la gravité fournit alors à elle seule l'accélération centripète. Attention, la condition n'est pas une vitesse nulle mais une force de contact nulle, ce qui est très différent.
Pourquoi la tension n'est-elle pas égale au poids de la masse suspendue ?
Parce que cette égalité ne vaut qu'à l'équilibre. Dès que la masse descend en accélérant, la corde tire moins fort que le poids, sinon la masse ne descendrait pas. La tension vaut alors la masse multipliée par la différence entre l'accélération gravitationnelle et l'accélération du système, et elle reste toujours comprise entre zéro et le poids.
Comment traiter deux blocs reliés par une corde et une poulie ?
On écrit un diagramme de corps libre par bloc, jamais un seul pour les deux. On oriente l'axe positif de chaque bloc dans le sens du mouvement présumé, on projette, puis on ajoute la contrainte de la corde : même accélération en grandeur et même tension si la poulie est idéale. En additionnant les deux équations, la tension disparaît et l'accélération sort seule.
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Exercices corrigés : Dynamique : lois de Newton et frottement
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
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