Mécanique 203-SN1-RE (ancien 203-NYA) • Complément québécois de Première et cégep à Montréal

Exercices corrigés : la rotation des corps rigides (203-SN1-RE, ancien 203-NYA)

Voici la série d'exercices corrigés de mécanique du cours 203-SN1-RE (ancien 203-SN1-RE) sur la rotation des corps rigides. La partie A installe les outils : cinématique de rotation et grandeurs linéaires d'un point du solide, moment de force et bras de levier, calcul du moment d'inertie par intégration avec les théorèmes des axes parallèles et perpendiculaires, la tige articulée qui bat la chute libre, et la course entre solides qui roulent sur un plan incliné. La partie B monte au niveau examen : le travail et la puissance en rotation avec le bilan énergétique complet d'un treuil, la conservation du moment cinétique, la machine d'Atwood à poulie pesante, le frottement statique qu'exige un roulement et le cas extrême du yo-yo, et enfin le caractère vectoriel du moment cinétique, de la roue de bicyclette sur le tabouret tournant à la précession de la toupie.

Deux résultats de ce chapitre contredisent l'intuition et tombent régulièrement à l'examen. L'exercice 3 montre que l'extrémité d'une tige qui bascule accélère à 14,7 m/s², donc PLUS VITE que la chute libre. L'exercice 4 montre qu'une sphère bat toujours un anneau sur un plan incliné, quelles que soient leurs masses et leurs rayons : seule la forme compte.

Série autocorrigée Tape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.

Ce chapitre fait partie de Mécanique 203-SN1-RE (ancien 203-NYA)
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (8 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Cinématique et le MRUASecondaire 5 SN5
  2. 2Dynamique et les lois de NewtonSecondaire 5 SN5
  3. 3Transformation de l'énergieSecondaire 5 SN5
  4. 4La dérivée et ses règlesCalcul différentiel (201-NYA)
  5. 5Cinématique en une et deux dimensions
  6. 6Dynamique : lois de Newton et frottement
  7. 7Travail, énergie et puissance
  8. 8Quantité de mouvement et collisions

Rappel de cours

  • Correspondances : θx\theta\leftrightarrow x, ωv\omega\leftrightarrow v, αa\alpha\leftrightarrow a, ImI\leftrightarrow m, τF\tau\leftrightarrow F, L=Iωp=mvL=I\omega\leftrightarrow p=mv. Les équations du MRUA se transposent telles quelles : ω=ω0+αt\omega=\omega_{0}+\alpha t et θ=ω0t+12αt2\theta=\omega_{0}t+\frac{1}{2}\alpha t^{2}.
  • Liens avec le mouvement d'un point du solide, à distance rr de l'axe : v=ωrv=\omega r, at=αra_{t}=\alpha r, ac=ω2ra_{c}=\omega^{2}r. Les angles sont TOUJOURS en radians.
  • Moment de force : τ=rFsinθ\tau=rF\sin\theta, où θ\theta est l'angle entre r\vec{r} et F\vec{F}. Maximal quand la force est perpendiculaire au bras.
  • Moments d'inertie usuels : cerceau ou anneau MR2MR^{2} ; disque ou cylindre plein 12MR2\frac{1}{2}MR^{2} ; sphère pleine 25MR2\frac{2}{5}MR^{2} ; tige par son centre 112ML2\frac{1}{12}ML^{2} ; tige par une extrémité 13ML2\frac{1}{3}ML^{2}.
  • Théorème des axes parallèles : I=Icm+Md2I=I_{cm}+Md^{2}, où dd est la distance entre l'axe et le centre de masse.
  • Deuxième loi en rotation : τ=Iα\sum\tau=I\alpha. Énergie cinétique de rotation : K=12Iω2K=\frac{1}{2}I\omega^{2}.
  • Roulement sans glissement : vcm=ωRv_{cm}=\omega R et Ktotal=12Mvcm2+12Iω2K_{total}=\frac{1}{2}Mv_{cm}^{2}+\frac{1}{2}I\omega^{2}.
  • Le moment cinétique L=IωL=I\omega se CONSERVE en l'absence de moment de force extérieur, même si II change.

Partie A : Cinématique, moment de force et moment d'inertie (/50)

Exercice 1 : La cinématique de rotation et les grandeurs d'un point du solide

Un solide en rotation a une seule vitesse angulaire, mais chacun de ses points a une vitesse linéaire différente selon sa distance à l'axe. Distinguer les deux familles de grandeurs est la première difficulté du chapitre.

Une meule partant du repos atteint 1800 tours par minute en 15,0 s, avec une accélération angulaire constante. Son rayon est de 0,300 m.

  • a) Convertissez la vitesse finale en radians par seconde, puis calculez l'accélération angulaire.
  • b) Calculez l'angle total balayé pendant la montée en régime, puis le nombre de tours effectués.
  • c) Pour un point de la périphérie et à la vitesse finale, calculez la vitesse linéaire, l'accélération tangentielle et l'accélération centripète.
  • d) Comparez les deux accélérations. Laquelle domine, et quelle conséquence pratique cela a-t-il pour la meule ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/9

a)
b)
c)
d)
Voir la correction

Réponses

  • a) ω=188,5\omega=188{,}5 rad/s, α=12,57\alpha=12{,}57 rad/s²
  • b) θ=1414\theta=1414 rad, soit 225225 tours
  • c) v=56,6v=56{,}6 m/s, at=3,77a_{t}=3{,}77 m/s², ac1,07×104a_{c}\approx 1{,}07\times 10^{4} m/s²
  • d) aca_{c} domine d'un facteur 2800\approx 2800 : c'est elle qui fait éclater une meule

a) 18001800 tours/min =1800×2π60=188,5=\dfrac{1800\times 2\pi}{60}=188{,}5 rad/s. Partant du repos, α=ωω0t=188,515,0=12,57\alpha=\dfrac{\omega-\omega_{0}}{t}=\dfrac{188{,}5}{15{,}0}=12{,}57 rad/s².

b) θ=ω0t+12αt2=0+12×12,57×15,02=1414\theta=\omega_{0}t+\frac{1}{2}\alpha t^{2}=0+\frac{1}{2}\times 12{,}57\times 15{,}0^{2}=1414 rad. Le nombre de tours vaut 14142π=225\dfrac{1414}{2\pi}=225 tours. Contrôle par la vitesse moyenne : ω=0+188,52=94,25\overline{\omega}=\dfrac{0+188{,}5}{2}=94{,}25 rad/s, et 94,25×15,0=141494{,}25\times 15{,}0=1414 rad. Les deux méthodes concordent.

c) v=ωr=188,5×0,300=56,6v=\omega r=188{,}5\times 0{,}300=56{,}6 m/s, soit plus de 200 km/h. at=αr=12,57×0,300=3,77a_{t}=\alpha r=12{,}57\times 0{,}300=3{,}77 m/s². ac=ω2r=188,52×0,300=1,07×104a_{c}=\omega^{2}r=188{,}5^{2}\times 0{,}300=1{,}07\times 10^{4} m/s².

d) L'accélération centripète est environ 2800 fois plus grande que l'accélération tangentielle, et elle vaut plus de mille fois gg. C'est elle qui dimensionne la meule : la matière doit être maintenue sur une trajectoire circulaire, ce qui exige une force centripète énorme fournie par la cohésion interne du disque. Si la vitesse dépasse la limite du matériau, la meule ÉCLATE, les fragments partant tangentiellement. C'est pourquoi les meules portent une vitesse maximale gravée et pourquoi elles sont toujours utilisées derrière un carter. Noter que aca_{c} varie comme ω2\omega^{2} : doubler la vitesse de rotation quadruple la contrainte.

Exercice 2 : Le moment de force et le bras de levier

Une force ne fait tourner un objet que par sa composante perpendiculaire au bras. Le moment de force mesure cette efficacité, et l'angle qui intervient est celui entre le bras et la force, jamais un autre.

  • a) On serre un boulon avec une clé de 0,250 m en appliquant 80,0 N à 60,0° du manche. Calculez le moment de force.
  • b) Quel serait le moment pour la même force appliquée perpendiculairement ? Quel pourcentage d'efficacité perd-on à 60,0° ?
  • c) Un mécanicien allonge la clé avec un tube, portant le bras à 0,750 m. Quelle force perpendiculaire donne le même moment que la question b ?
  • d) Sur une poulie de rayon 0,200 m s'exercent deux forces tangentielles opposées, 45,0 N d'un côté et 30,0 N de l'autre. Calculez le moment résultant et indiquez le sens de rotation.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/6

a)
b)
c)
d)
Voir la correction

Réponses

  • a) τ=rFsinθ17,3\tau=rF\sin\theta\approx 17{,}3 N·m
  • b) 20,020{,}0 N·m au maximum, donc 13,4%13{,}4\,\% de perte à 60°60°
  • c) F=26,7F=26{,}7 N : tripler le bras divise la force par trois
  • d) τnet=3,00\tau_{net}=3{,}00 N·m, dans le sens de la force de 45,045{,}0 N

a) τ=rFsinθ=0,250×80,0×sin60,0=0,250×80,0×0,866=17,3\tau=rF\sin\theta=0{,}250\times 80{,}0\times\sin 60{,}0^{\circ}=0{,}250\times 80{,}0\times 0{,}866=17{,}3 N·m.

b) Perpendiculairement, sin90=1\sin 90^{\circ}=1 et τ=0,250×80,0=20,0\tau=0{,}250\times 80{,}0=20{,}0 N·m, valeur MAXIMALE possible pour cette force et ce bras. À 60,0°, on n'obtient que 86,6 % de ce maximum, donc une perte de 13,4 %. C'est la raison pour laquelle on tire toujours perpendiculairement à une clé : toute autre direction gaspille une partie de l'effort en tirant le boulon au lieu de le faire tourner.

c) On veut τ=20,0\tau=20{,}0 N·m avec r=0,750r=0{,}750 m et sinθ=1\sin\theta=1 : F=20,00,750=26,7F=\dfrac{20{,}0}{0{,}750}=26{,}7 N. En triplant le bras, on divise par trois la force nécessaire. C'est tout l'intérêt de la rallonge, et aussi son danger : il devient facile de dépasser le couple de serrage prescrit et d'arracher le filetage.

d) Les deux forces sont tangentielles, donc perpendiculaires au rayon. Elles tendent à faire tourner dans des sens opposés, donc leurs moments se retranchent : τnet=(45,030,0)×0,200=15,0×0,200=3,00\tau_{net}=\left(45{,}0-30{,}0\right)\times 0{,}200=15{,}0\times 0{,}200=3{,}00 N·m. La rotation se fait dans le sens imposé par la force de 45,0 N, la plus grande. Noter que la force résultante sur la poulie n'est pas nulle non plus, mais c'est l'axe qui l'encaisse : les deux questions, translation et rotation, se traitent séparément.

axeFr35°bras de levier = r sin θseule la composante PERPENDICULAIRE fait tourner

Exercice 3 : Calculer un moment d'inertie : l'intégration et les deux théorèmes

Le moment d'inertie joue en rotation le rôle que la masse joue en translation, mais avec une différence décisive : il dépend de l'axe choisi. Cet exercice établit les valeurs tabulées plutôt que de les lire dans un tableau.

  • a) Établissez par intégration le moment d'inertie d'une tige mince homogène de masse MM et de longueur LL, autour d'un axe perpendiculaire passant par son centre.
  • b) Établissez de même celui d'un disque plein homogène de masse MM et de rayon RR, autour de son axe de révolution, en le découpant en anneaux élémentaires.
  • c) Le théorème des axes perpendiculaires affirme que pour une plaque plane contenue dans le plan xyxy, Iz=Ix+IyI_{z}=I_{x}+I_{y}. Utilisez-le pour obtenir le moment d'inertie du disque autour d'un de ses diamètres.
  • d) Un haltère est formé d'une tige de 1,201{,}20 kg et 0,8000{,}800 m portant à chaque extrémité une masse ponctuelle de 2,502{,}50 kg. Calculez son moment d'inertie autour d'un axe perpendiculaire passant par le centre, puis par une extrémité. Vérifiez le second résultat par le théorème des axes parallèles.
  • e) Démontez deux erreurs classiques : appliquer le théorème des axes parallèles à partir d'un axe qui n'est pas celui du centre de masse, et croire qu'un corps possède un moment d'inertie unique. Illustrez chacune avec la tige de 1,201{,}20 kg et 0,8000{,}800 m.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/8

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) I=ML212I=\dfrac{ML^{2}}{12}, par intégration de x2λdxx^{2}\lambda\,dx
  • b) I=MR22I=\dfrac{MR^{2}}{2}, en découpant en anneaux 2πrdr2\pi r\,dr
  • c) Idiam=Iz2=MR24I_{diam}=\dfrac{I_{z}}{2}=\dfrac{MR^{2}}{4}
  • d) Icm=0,864I_{cm}=0{,}864 kg·m², Iextreˊmiteˊ=1,856I_{extrémité}=1{,}856 kg·m², confirmés par les axes parallèles
  • e) Au quart : 0,1120{,}112 kg·m², et non 0,3040{,}304 ; II n'existe pas sans un axe nommé

a) La tige est homogène, de masse linéique λ=ML\lambda=\frac{M}{L}. Un élément de longueur dxdx situé à la distance xx de l'axe porte la masse dm=λdxdm=\lambda\,dx et contribue pour dI=x2dmdI=x^{2}\,dm. En intégrant sur toute la tige : I=L/2L/2λx2dx=λ[x33]L/2L/2=λL312=ML212I=\int_{-L/2}^{L/2}\lambda x^{2}\,dx=\lambda\left[\frac{x^{3}}{3}\right]_{-L/2}^{L/2}=\lambda\frac{L^{3}}{12}=\frac{ML^{2}}{12}. Le point clé du découpage est que tous les points d'un même élément dxdx sont à la même distance de l'axe.

b) Pour un disque, il faut découper en ANNEAUX et non en bandes, car tous les points d'un anneau de rayon rr sont à la même distance de l'axe. Masse surfacique : σ=MπR2\sigma=\frac{M}{\pi R^{2}}. Un anneau de rayon rr et d'épaisseur drdr a pour aire 2πrdr2\pi r\,dr, donc dm=σ2πrdrdm=\sigma\,2\pi r\,dr et dI=r2dmdI=r^{2}\,dm. Ainsi I=0R2πσr3dr=2πσR44=πσR42=MR22I=\int_{0}^{R}2\pi\sigma r^{3}\,dr=2\pi\sigma\frac{R^{4}}{4}=\frac{\pi\sigma R^{4}}{2}=\frac{MR^{2}}{2}. Un anneau mince de même masse et même rayon donnerait MR2MR^{2}, soit deux fois plus : toute sa matière est à la distance maximale.

c) Le disque est plan, donc le théorème s'applique avec zz l'axe de révolution. Par symétrie, deux diamètres perpendiculaires sont équivalents : Ix=IyI_{x}=I_{y}. Donc Iz=2IxI_{z}=2I_{x}, ce qui donne Idiam=Ix=Iz2=MR24I_{diam}=I_{x}=\frac{I_{z}}{2}=\frac{MR^{2}}{4}. C'est ce moment d'inertie, plus petit, qui intervient quand une pièce de monnaie bascule sur la tranche plutôt que de tourner à plat.

d) Autour du centre : la tige contribue pour 1,20(0,800)212=0,0640\frac{1{,}20(0{,}800)^{2}}{12}=0{,}0640 kg\cdotm2^{2}, et chaque masse ponctuelle, à 0,4000{,}400 m de l'axe, pour 2,50(0,400)2=0,4002{,}50(0{,}400)^{2}=0{,}400 kg\cdotm2^{2}. Total : Icm=0,0640+2(0,400)=0,864I_{cm}=0{,}0640+2(0{,}400)=0{,}864 kg\cdotm2^{2}. Autour d'une extrémité : la tige donne 1,20(0,800)23=0,256\frac{1{,}20(0{,}800)^{2}}{3}=0{,}256 kg\cdotm2^{2}, la masse située sur l'axe ne contribue pas du tout, et l'autre donne 2,50(0,800)2=1,602{,}50(0{,}800)^{2}=1{,}60 kg\cdotm2^{2}. Total : I=1,856I=1{,}856 kg\cdotm2^{2}. Vérification par les axes parallèles, la masse totale valant 6,206{,}20 kg et le décalage 0,4000{,}400 m : I=Icm+Md2=0,864+6,20(0,400)2=0,864+0,992=1,856I=I_{cm}+Md^{2}=0{,}864+6{,}20(0{,}400)^{2}=0{,}864+0{,}992=1{,}856 kg\cdotm2^{2}. Les deux méthodes concordent.

e) Première erreur : le théorème I=Icm+Md2I=I_{cm}+Md^{2} part OBLIGATOIREMENT du centre de masse. Cherchons le moment d'inertie de la tige seule autour d'un axe situé au quart de sa longueur, soit 0,2000{,}200 m du centre. La bonne réponse est 0,0640+1,20(0,200)2=0,1120{,}0640+1{,}20(0{,}200)^{2}=0{,}112 kg\cdotm2^{2}. En partant à tort de l'extrémité, on écrirait 0,256+1,20(0,200)2=0,3040{,}256+1{,}20(0{,}200)^{2}=0{,}304 kg\cdotm2^{2}, presque le triple. Le théorème n'est pas une règle de translation quelconque, c'est une relation privilégiée avec le centre de masse, et il en découle que IcmI_{cm} est toujours le PLUS PETIT des moments d'inertie pour une direction d'axe donnée. Seconde erreur : la même tige de 1,201{,}20 kg et 0,8000{,}800 m vaut 0,06400{,}0640 kg\cdotm2^{2} autour de son centre, 0,2560{,}256 kg\cdotm2^{2} autour d'une extrémité, et pratiquement zéro autour de son propre axe longitudinal. Parler du moment d'inertie d'un corps sans nommer l'axe n'a aucun sens, alors que parler de sa masse en a toujours un.

Exercice 4 : Moment d'inertie, axes parallèles, et la tige qui bat la chute libre

Le moment d'inertie joue en rotation le rôle de la masse en translation, mais il dépend de l'AXE choisi : le même objet peut avoir des moments d'inertie très différents selon la façon dont on le fait tourner.

Une tige homogène de longueur 1,20 m et de masse 2,00 kg. On prend g=9,80g=9{,}80 m/s².

  • a) Calculez son moment d'inertie par rapport à un axe passant par son centre, puis par une extrémité.
  • b) Retrouvez le second résultat à partir du premier par le théorème des axes parallèles.
  • c) La tige est articulée à une extrémité et lâchée depuis l'horizontale. Calculez le moment de force initial et l'accélération angulaire initiale.
  • d) Calculez l'accélération linéaire initiale de l'extrémité libre. Comparez à gg et expliquez le paradoxe apparent.
  • e) Une expérience classique consiste à poser une pièce de monnaie sur l'extrémité de la tige avant de la lâcher. Que se passe-t-il ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/11

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) Icm=0,240I_{cm}=0{,}240 kg·m², Iext=0,960I_{ext}=0{,}960 kg·m², quatre fois plus
  • b) I=Icm+Md2=0,240+0,720=0,960I=I_{cm}+Md^{2}=0{,}240+0{,}720=0{,}960 kg·m²
  • c) τ=11,8\tau=11{,}8 N·m, α=12,25\alpha=12{,}25 rad/s²
  • d) at=14,7a_{t}=14{,}7 m/s², soit 1,5g1{,}5\,g : la tige est tenue, elle n'est pas libre
  • e) La pièce se retrouve en l'air ; le point neutre est à 0,8000{,}800 m de l'axe

a) Par le centre : Icm=112ML2=112×2,00×1,202=0,240I_{cm}=\frac{1}{12}ML^{2}=\frac{1}{12}\times 2{,}00\times 1{,}20^{2}=0{,}240 kg·m². Par une extrémité : I=13ML2=13×2,00×1,44=0,960I=\frac{1}{3}ML^{2}=\frac{1}{3}\times 2{,}00\times 1{,}44=0{,}960 kg·m². Le moment d'inertie est QUATRE fois plus grand, pour le même objet et la même masse : c'est la répartition par rapport à l'axe qui change tout.

b) La distance entre le centre de masse et l'extrémité est d=L2=0,600d=\dfrac{L}{2}=0{,}600 m. Alors I=Icm+Md2=0,240+2,00×0,6002=0,240+0,720=0,960I=I_{cm}+Md^{2}=0{,}240+2{,}00\times 0{,}600^{2}=0{,}240+0{,}720=0{,}960 kg·m². On retrouve exactement la valeur de a.

c) Le poids s'applique au centre de masse, à 0,600 m de l'axe, et il est perpendiculaire à la tige quand celle-ci est horizontale. Donc τ=MgL2=2,00×9,80×0,600=11,8\tau=Mg\dfrac{L}{2}=2{,}00\times 9{,}80\times 0{,}600=11{,}8 N·m. Alors α=τI=11,760,960=12,25\alpha=\dfrac{\tau}{I}=\dfrac{11{,}76}{0{,}960}=12{,}25 rad/s².

d) L'extrémité est à r=L=1,20r=L=1{,}20 m, donc at=αL=12,25×1,20=14,7a_{t}=\alpha L=12{,}25\times 1{,}20=14{,}7 m/s². C'est 1,5 fois gg : l'extrémité de la tige accélère PLUS VITE qu'un objet en chute libre. Il n'y a pas de paradoxe : la tige n'est pas un objet libre, elle est tenue par son articulation. Celle-ci exerce une force vers le bas sur la tige, et les parties proches de l'axe, qui accélèrent moins que gg, « retiennent » d'autant moins l'extrémité que la rigidité leur transmet un supplément de force. Autrement dit, la tige se comporte comme un levier qui redistribue le poids total vers son extrémité.

e) La pièce, elle, est LIBRE : elle ne peut qu'accélérer à g=9,80g=9{,}80 m/s². L'extrémité de la tige, qui descend à 14,7 m/s², s'ESCAMOTE plus vite que la pièce ne tombe. La pièce se retrouve donc en l'air, séparée de la tige, et elle atterrit plus loin le long de celle-ci, ou dans un gobelet placé au bon endroit si l'on veut faire le tour de magie classique. Le point d'équilibre se situe là où at=ga_{t}=g, c'est-à-dire à r=gα=9,8012,25=0,800r=\dfrac{g}{\alpha}=\dfrac{9{,}80}{12{,}25}=0{,}800 m de l'axe : au-delà, la tige devance la chute libre.

Exercice 5 : Le roulement sans glissement et la course sur le plan incliné

Un corps qui roule possède deux formes d'énergie cinétique, celle de son centre de masse et celle de sa rotation propre. La façon dont l'énergie potentielle se partage entre les deux détermine qui gagne la course, et le résultat est indépendant de la masse comme du rayon.

Trois objets partent du repos en haut d'un plan incliné à 30,0°, d'une hauteur de 2,00 m : une sphère pleine, un disque et un anneau.

  • a) Écrivez la condition de roulement sans glissement et l'énergie cinétique totale sous la forme 12Mv2(1+IMR2)\frac{1}{2}Mv^{2}\left(1+\dfrac{I}{MR^{2}}\right).
  • b) Montrez que l'accélération du centre de masse vaut a=gsinθ1+IMR2a=\dfrac{g\sin\theta}{1+\frac{I}{MR^{2}}} et calculez-la pour les trois objets.
  • c) Calculez la vitesse de chacun au bas de la pente.
  • d) Expliquez pourquoi le classement ne dépend ni de la masse ni du rayon.
  • e) Si le plan était parfaitement lisse, sans frottement, quel serait le classement ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/12

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) vcm=ωRv_{cm}=\omega R et K=12Mv2(1+IMR2)K=\frac{1}{2}Mv^{2}\left(1+\frac{I}{MR^{2}}\right)
  • b) 3,503{,}50, 3,273{,}27 et 2,452{,}45 m/s² pour sphère, disque et anneau
  • c) 5,295{,}29, 5,115{,}11 et 4,434{,}43 m/s : la sphère gagne
  • d) MM et RR se simplifient : I/MR2I/MR^{2} est un nombre pur, propre à la FORME
  • e) Tous ensemble, en glissant : v=2gh=6,26v=\sqrt{2gh}=6{,}26 m/s

a) Rouler sans glisser signifie que le point de contact est instantanément immobile, ce qui impose vcm=ωRv_{cm}=\omega R. L'énergie cinétique totale est K=12Mv2+12Iω2K=\frac{1}{2}Mv^{2}+\frac{1}{2}I\omega^{2}. En remplaçant ω=vR\omega=\dfrac{v}{R} : K=12Mv2+12Iv2R2=12Mv2(1+IMR2)K=\frac{1}{2}Mv^{2}+\frac{1}{2}I\dfrac{v^{2}}{R^{2}}=\frac{1}{2}Mv^{2}\left(1+\dfrac{I}{MR^{2}}\right). Le facteur IMR2\dfrac{I}{MR^{2}} vaut 25\frac{2}{5} pour la sphère, 12\frac{1}{2} pour le disque et 1 pour l'anneau.

b) Par conservation de l'énergie sur une descente de hauteur hh : Mgh=12Mv2(1+IMR2)Mgh=\frac{1}{2}Mv^{2}\left(1+\frac{I}{MR^{2}}\right). En dérivant, ou en écrivant v2=2adv^{2}=2ad avec h=dsinθh=d\sin\theta, on obtient a=gsinθ1+IMR2a=\dfrac{g\sin\theta}{1+\frac{I}{MR^{2}}}. Avec gsin30=4,90g\sin 30^{\circ}=4{,}90 m/s² : sphère 4,901,4=3,50\dfrac{4{,}90}{1{,}4}=3{,}50 m/s² ; disque 4,901,5=3,27\dfrac{4{,}90}{1{,}5}=3{,}27 m/s² ; anneau 4,902=2,45\dfrac{4{,}90}{2}=2{,}45 m/s².

c) v=2gh1+IMR2v=\sqrt{\dfrac{2gh}{1+\frac{I}{MR^{2}}}} avec h=2,00h=2{,}00 m. Sphère : 39,21,4=5,29\sqrt{\dfrac{39{,}2}{1{,}4}}=5{,}29 m/s. Disque : 39,21,5=5,11\sqrt{\dfrac{39{,}2}{1{,}5}}=5{,}11 m/s. Anneau : 39,22=4,43\sqrt{\dfrac{39{,}2}{2}}=4{,}43 m/s. La sphère gagne, l'anneau arrive bon dernier.

d) Parce que MM et RR DISPARAISSENT du résultat. Le facteur IMR2\dfrac{I}{MR^{2}} est un nombre pur qui ne dépend que de la FORME : la masse et le rayon se simplifient dans le rapport. Physiquement, un objet plus massif a plus d'énergie potentielle mais aussi plus d'inertie, dans la même proportion. Le seul critère est donc la façon dont la masse est répartie : l'anneau a toute sa masse au rayon maximal, il doit donc consacrer la moitié de son énergie à la rotation, contre deux septièmes seulement pour la sphère, qui a plus de masse près de l'axe. Un boulet de canon et une bille de roulement arrivent exactement ensemble.

e) Sans frottement, rien ne peut exercer de moment de force par rapport au centre de masse : aucun des trois objets ne se met à tourner, ils GLISSENT tous sans rouler. Toute l'énergie potentielle passe alors en énergie de translation, et les trois arrivent EN MÊME TEMPS, avec a=gsinθ=4,90a=g\sin\theta=4{,}90 m/s² et v=2gh=6,26v=\sqrt{2gh}=6{,}26 m/s, plus vite que n'importe lequel d'entre eux ne roulait. C'est le frottement, souvent perçu comme une simple perte, qui crée ici toute la richesse du problème.

22°cylindresphèrepartis ensemble, ils arrivent SÉPARÉSla sphère gagne : moins d'inertie par unité de masse,donc plus d'énergie qui part en translation

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : Travail, puissance et énergie en rotation

Aux questions a) et b), une meule assimilée à un disque plein de 8,008{,}00 kg et 0,1500{,}150 m de rayon tourne à 15001\,500 tours par minute. Aux questions c) à e), un treuil dont le tambour est un cylindre plein de 30,030{,}0 kg et 0,2500{,}250 m de rayon soulève une charge de 50,050{,}0 kg. On prend g=9,80g=9{,}80 m/s2^{2} et on néglige tout frottement, sauf en b).

  • a) Calculez le moment d'inertie de la meule et son énergie cinétique de rotation.
  • b) On coupe le moteur et le frottement des paliers, de moment de force constant, arrête la meule en 45,045{,}0 s. Calculez l'accélération angulaire, ce moment de force, le nombre de tours effectués avant l'arrêt et l'énergie dissipée. Vérifiez le tout de deux façons.
  • c) Le treuil monte la charge à vitesse constante de 0,6000{,}600 m/s. Calculez le moment de force fourni par le moteur et la puissance développée. La masse du tambour intervient-elle ?
  • d) Le moteur exerce maintenant un moment de force constant de 160160 N\cdotm à partir du repos. Calculez l'accélération de la charge et la tension du câble.
  • e) Après 3,003{,}00 s de cette montée, calculez la vitesse et la hauteur atteintes, puis vérifiez le bilan énergétique complet du système.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/16

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) I=0,0900I=0{,}0900 kg·m², ω157\omega\approx 157 rad/s, K1,11×103K\approx 1{,}11\times 10^{3} J
  • b) α3,49\alpha\approx -3{,}49 rad/s², τ0,314\tau\approx 0{,}314 N·m, 563563 tours, 1,11×1031{,}11\times 10^{3} J dissipés
  • c) τ=123\tau=123 N·m, P=294P=294 W ; la masse du tambour n'intervient pas
  • d) a2,31a\approx 2{,}31 m/s², T605T\approx 605 N, avec I/R2=15,0I/R^{2}=15{,}0 kg de masse ajoutée
  • e) v6,92v\approx 6{,}92 m/s, h10,4h\approx 10{,}4 m, et le bilan boucle à 6,65×1036{,}65\times 10^{3} J

a) Disque plein : I=12MR2=12(8,00)(0,150)2=0,0900I=\frac{1}{2}MR^{2}=\frac{1}{2}(8{,}00)(0{,}150)^{2}=0{,}0900 kg\cdotm2^{2}. Conversion de la vitesse : ω=1500×2π60157\omega=1\,500\times\frac{2\pi}{60}\approx 157 rad/s. Énergie cinétique de rotation : K=12Iω2=12(0,0900)(157,1)21,11×103K=\frac{1}{2}I\omega^{2}=\frac{1}{2}(0{,}0900)(157{,}1)^{2}\approx 1{,}11\times 10^{3} J. C'est l'énergie qu'un tel volant restitue, et c'est aussi ce qui rend une meule lancée dangereuse.

b) Accélération angulaire : α=0157,145,03,49\alpha=\frac{0-157{,}1}{45{,}0}\approx -3{,}49 rad/s2^{2}. Moment de force du frottement : τ=Iα=0,0900(3,49)0,314\tau=I\left|\alpha\right|=0{,}0900(3{,}49)\approx 0{,}314 N\cdotm. Angle balayé : θ=ω22α=(157,1)22(3,49)3,53×103\theta=\frac{\omega^{2}}{2\left|\alpha\right|}=\frac{(157{,}1)^{2}}{2(3{,}49)}\approx 3{,}53\times 10^{3} rad, soit 35342π563\frac{3\,534}{2\pi}\approx 563 tours. Vérification par la vitesse angulaire moyenne : θ=ωˉt=157,12(45,0)3,53×103\theta=\bar{\omega}t=\frac{157{,}1}{2}(45{,}0)\approx 3{,}53\times 10^{3} rad, identique. Énergie dissipée par le travail du moment de force : W=τθ=0,314(3534)1,11×103W=\tau\theta=0{,}314(3\,534)\approx 1{,}11\times 10^{3} J, exactement l'énergie cinétique calculée en a). Le théorème de l'énergie cinétique vaut en rotation comme en translation, à condition de remplacer FdFd par τθ\tau\theta.

c) À vitesse constante, la charge est en équilibre, donc la tension du câble vaut T=mg=50,0(9,80)=490T=mg=50{,}0(9{,}80)=490 N. Le moment de force nécessaire est τ=TR=490(0,250)=123\tau=TR=490(0{,}250)=123 N\cdotm. Vitesse angulaire : ω=vR=0,6000,250=2,40\omega=\frac{v}{R}=\frac{0{,}600}{0{,}250}=2{,}40 rad/s. Puissance : P=τω=122,5(2,40)=294P=\tau\omega=122{,}5(2{,}40)=294 W, ce que confirme le calcul en translation P=Fv=490(0,600)=294P=Fv=490(0{,}600)=294 W. La masse du tambour n'intervient PAS : à vitesse constante, l'accélération angulaire est nulle, donc son inertie ne réclame aucun moment de force.

d) Il faut maintenant deux équations. Moment d'inertie du tambour : I=12MR2=12(30,0)(0,250)2=0,938I=\frac{1}{2}MR^{2}=\frac{1}{2}(30{,}0)(0{,}250)^{2}=0{,}938 kg\cdotm2^{2}. Pour la charge : Tmg=maT-mg=ma. Pour le tambour : τTR=Iα=IaR\tau-TR=I\alpha=I\frac{a}{R}. En divisant la seconde par RR : τRT=IR2a=15,0a\frac{\tau}{R}-T=\frac{I}{R^{2}}a=15{,}0a. En additionnant avec la première : τRmg=(m+IR2)a\frac{\tau}{R}-mg=\left(m+\frac{I}{R^{2}}\right)a, soit 640490=65,0a640-490=65{,}0a et a2,31a\approx 2{,}31 m/s2^{2}. Tension : T=m(a+g)=50,0(2,31+9,80)605T=m(a+g)=50{,}0(2{,}31+9{,}80)\approx 605 N. Vérification sur le tambour : τTR=160605,4(0,250)=8,65\tau-TR=160-605{,}4(0{,}250)=8{,}65 N\cdotm, et Iα=0,938(2,310,250)=8,65I\alpha=0{,}938\left(\frac{2{,}31}{0{,}250}\right)=8{,}65 N\cdotm. Le terme IR2=15,0\frac{I}{R^{2}}=15{,}0 kg se lit comme une masse supplémentaire à traîner : c'est le prix de l'inertie du tambour.

e) Vitesse : v=at=2,308(3,00)6,92v=at=2{,}308(3{,}00)\approx 6{,}92 m/s. Hauteur : h=12at2=12(2,308)(9,00)10,4h=\frac{1}{2}at^{2}=\frac{1}{2}(2{,}308)(9{,}00)\approx 10{,}4 m. Angle du tambour : θ=hR=10,3850,25041,5\theta=\frac{h}{R}=\frac{10{,}385}{0{,}250}\approx 41{,}5 rad. Travail du moteur : W=τθ=160(41,54)6,65×103W=\tau\theta=160(41{,}54)\approx 6{,}65\times 10^{3} J. Répartition : énergie potentielle mgh=490(10,385)5,09×103mgh=490(10{,}385)\approx 5{,}09\times 10^{3} J; énergie cinétique de translation de la charge 12(50,0)(6,923)21,20×103\frac{1}{2}(50{,}0)(6{,}923)^{2}\approx 1{,}20\times 10^{3} J; énergie cinétique de rotation du tambour 12(0,9375)(6,9230,250)23,59×102\frac{1}{2}(0{,}9375)\left(\frac{6{,}923}{0{,}250}\right)^{2}\approx 3{,}59\times 10^{2} J. Somme : 5088+1198+3596,65×1035\,088+1\,198+359\approx 6{,}65\times 10^{3} J, exactement le travail du moteur. Le bilan boucle au joule près, et l'on constate que 76%76\,\% de l'énergie sert réellement à monter la charge, le reste étant temporairement stocké sous forme cinétique.

Exercice 7 : Le moment cinétique et sa conservation

En l'absence de moment de force extérieur, le produit IωI\omega reste constant. Comme II peut changer sans intervention extérieure, cela permet à un corps de modifier lui-même sa vitesse de rotation, ce qui est le principe de la pirouette.

Une patineuse tourne à 1,50 rad/s avec les bras écartés, I1=4,50I_{1}=4{,}50 kg·m². Elle ramène les bras, ce qui porte son moment d'inertie à I2=1,20I_{2}=1{,}20 kg·m².

  • a) Calculez sa nouvelle vitesse angulaire.
  • b) Calculez l'énergie cinétique de rotation avant et après. Que constatez-vous ?
  • c) Le moment cinétique se conserve mais pas l'énergie : d'où vient la différence ? Y a-t-il contradiction ?
  • d) Un manège de moment d'inertie 250 kg·m² tourne à 2,00 rad/s. Une personne de 60,0 kg saute dessus et s'immobilise à 2,00 m de l'axe. Calculez la nouvelle vitesse angulaire.
  • e) Comparez l'énergie cinétique avant et après dans le cas d du manège. Le bilan est-il le même qu'en b ? Expliquez la différence.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/11

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) ω2=5,63\omega_{2}=5{,}63 rad/s, soit 3,753{,}75 fois plus
  • b) K1=5,06K_{1}=5{,}06 J, K2=19,0K_{2}=19{,}0 J : l'énergie a aussi été multipliée par 3,753{,}75
  • c) Du travail musculaire : LL se conserve, l'énergie non
  • d) Ip=240I_{p}=240 kg·m², ω1,02\omega'\approx 1{,}02 rad/s
  • e) 500500 J puis 255255 J, soit 49%49\,\% perdus : c'est un choc parfaitement inélastique

a) Aucun moment de force extérieur ne s'exerce autour de l'axe vertical : la glace est presque sans frottement et le poids est parallèle à l'axe. Donc LL se conserve : I1ω1=I2ω2I_{1}\omega_{1}=I_{2}\omega_{2}, d'où ω2=4,50×1,501,20=5,63\omega_{2}=\dfrac{4{,}50\times 1{,}50}{1{,}20}=5{,}63 rad/s. La vitesse est multipliée par 3,75, exactement le rapport des moments d'inertie.

b) K1=12I1ω12=12×4,50×1,502=5,06K_{1}=\frac{1}{2}I_{1}\omega_{1}^{2}=\frac{1}{2}\times 4{,}50\times 1{,}50^{2}=5{,}06 J. K2=12×1,20×5,632=19,0K_{2}=\frac{1}{2}\times 1{,}20\times 5{,}63^{2}=19{,}0 J. L'énergie cinétique a été MULTIPLIÉE par 3,75, elle aussi.

c) La différence de 13,9 J vient du TRAVAIL MUSCULAIRE de la patineuse. En ramenant ses bras, elle doit tirer vers l'intérieur contre la force centrifuge apparente, et ce déplacement contre une force représente un travail positif fourni au système. Il n'y a donc aucune contradiction : la conservation du moment cinétique n'exige que l'absence de moment de force EXTÉRIEUR, alors que la conservation de l'énergie exigerait l'absence de travail, y compris intérieur. Le résultat général se retient ainsi : quand II diminue à LL constant, ω\omega varie comme 1I\frac{1}{I} mais K=L22IK=\frac{L^{2}}{2I} varie comme 1I\frac{1}{I} également, donc l'énergie augmente toujours.

d) La personne, assimilée à un point à 2,00 m de l'axe, apporte Ip=mr2=60,0×2,002=240I_{p}=mr^{2}=60{,}0\times 2{,}00^{2}=240 kg·m². Elle arrive sans moment cinétique propre autour de l'axe. La conservation donne 250×2,00=(250+240)ω250\times 2{,}00=\left(250+240\right)\omega', d'où ω=500490=1,02\omega'=\dfrac{500}{490}=1{,}02 rad/s. Le manège ralentit de moitié environ.

e) K1=12×250×2,002=500K_{1}=\frac{1}{2}\times 250\times 2{,}00^{2}=500 J et K2=12×490×1,022=255K_{2}=\frac{1}{2}\times 490\times 1{,}02^{2}=255 J : on a PERDU 49 % de l'énergie, alors qu'en b on en avait gagné. La différence tient à la nature du processus. En b, un agent intérieur fournit du travail de façon contrôlée. En d, il s'agit d'un choc PARFAITEMENT INÉLASTIQUE : la personne, initialement immobile, doit être mise en rotation par frottement contre le plancher du manège, et ce frottement dissipe de l'énergie en chaleur. C'est l'exact analogue rotationnel d'une collision parfaitement inélastique, où la quantité de mouvement se conserve mais où l'énergie cinétique diminue toujours.

bras écartésω petitbras repliésω grandL = I ω se CONSERVEI diminue → ω augmente

Exercice 8 : Problème : la machine d'Atwood à poulie pesante

Tant que la poulie était supposée sans masse, elle ne servait qu'à changer la direction du fil et les deux tensions étaient égales. Dès qu'elle a un moment d'inertie, il faut la traiter comme un troisième corps, et les deux tensions DIFFÈRENT.

Deux masses, m1=3,00m_{1}=3{,}00 kg et m2=5,00m_{2}=5{,}00 kg, sont reliées par un fil inextensible passant sur une poulie de moment d'inertie I=0,0900I=0{,}0900 kg·m² et de rayon R=0,150R=0{,}150 m. Le fil ne glisse pas. On prend g=9,80g=9{,}80 m/s².

I, Rm1m2T1T2montedescend
  • a) Écrivez la deuxième loi de Newton pour chaque masse et l'équation de rotation de la poulie, en justifiant que T1T2T_{1}\neq T_{2}.
  • b) Montrez que a=(m2m1)gm1+m2+IR2a=\dfrac{\left(m_{2}-m_{1}\right)g}{m_{1}+m_{2}+\frac{I}{R^{2}}} et calculez-la.
  • c) Calculez les deux tensions et vérifiez la cohérence par l'équation de rotation de la poulie.
  • d) Quelle serait l'accélération si la poulie était sans masse ? Interprétez le terme IR2\frac{I}{R^{2}}.
  • e) Après 1,50 s de mouvement, quelle est l'énergie cinétique totale du système ? Vérifiez-la par un bilan énergétique.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/10

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) T1m1g=m1aT_{1}-m_{1}g=m_{1}a, m2gT2=m2am_{2}g-T_{2}=m_{2}a, (T2T1)R=Iα(T_{2}-T_{1})R=I\alpha
  • b) I/R2=4,00I/R^{2}=4{,}00 kg, donc a1,63a\approx 1{,}63 m/s²
  • c) T134,3T_{1}\approx 34{,}3 N, T240,8T_{2}\approx 40{,}8 N, confirmés par l'équation de rotation
  • d) 2,452{,}45 m/s², soit 50%50\,\% de plus : I/R2I/R^{2} est la masse équivalente de la poulie
  • e) K=36,0K=36{,}0 J, exactement (m2m1)gd(m_{2}-m_{1})gd avec d=1,84d=1{,}84 m

a) Pour m1m_{1} qui monte : T1m1g=m1aT_{1}-m_{1}g=m_{1}a. Pour m2m_{2} qui descend : m2gT2=m2am_{2}g-T_{2}=m_{2}a. Pour la poulie, les deux tensions s'appliquent tangentiellement et en sens opposés : (T2T1)R=Iα\left(T_{2}-T_{1}\right)R=I\alpha, avec α=aR\alpha=\dfrac{a}{R} puisque le fil ne glisse pas. Si T1T_{1} était égale à T2T_{2}, le moment résultant serait nul et la poulie ne pourrait pas accélérer : c'est précisément la DIFFÉRENCE de tension qui la met en rotation. L'égalité des tensions n'est valable que pour une poulie de masse négligeable.

b) En additionnant les trois équations, les tensions s'éliminent : m2gm1g=m1a+m2a+IR2am_{2}g-m_{1}g=m_{1}a+m_{2}a+\dfrac{I}{R^{2}}a, d'où le résultat annoncé. Numériquement, IR2=0,09000,0225=4,00\dfrac{I}{R^{2}}=\dfrac{0{,}0900}{0{,}0225}=4{,}00 kg, et a=(5,003,00)×9,803,00+5,00+4,00=19,612,0=1,63a=\dfrac{\left(5{,}00-3{,}00\right)\times 9{,}80}{3{,}00+5{,}00+4{,}00}=\dfrac{19{,}6}{12{,}0}=1{,}63 m/s².

c) T1=m1(g+a)=3,00×(9,80+1,633)=34,3T_{1}=m_{1}\left(g+a\right)=3{,}00\times\left(9{,}80+1{,}633\right)=34{,}3 N. T2=m2(ga)=5,00×(9,801,633)=40,8T_{2}=m_{2}\left(g-a\right)=5{,}00\times\left(9{,}80-1{,}633\right)=40{,}8 N. On a bien T2>T1T_{2}>T_{1}. Vérification : (T2T1)R=(40,8334,30)×0,150=0,980\left(T_{2}-T_{1}\right)R=\left(40{,}83-34{,}30\right)\times 0{,}150=0{,}980 N·m, et Iα=0,0900×1,6330,150=0,0900×10,89=0,980I\alpha=0{,}0900\times\dfrac{1{,}633}{0{,}150}=0{,}0900\times 10{,}89=0{,}980 N·m. Les deux coïncident.

d) Sans masse, I=0I=0 et a=19,68,00=2,45a=\dfrac{19{,}6}{8{,}00}=2{,}45 m/s², soit 50 % de plus. Le terme IR2\dfrac{I}{R^{2}}, homogène à une masse et valant ici 4,00 kg, s'ajoute simplement aux masses en translation : c'est la MASSE ÉQUIVALENTE de la poulie, c'est-à-dire la masse qu'il faudrait ajouter au système en translation pour produire la même inertie. Une poulie pesante freine donc le système exactement comme le ferait une charge supplémentaire, ce qui donne une lecture très intuitive de II.

e) Après t=1,50t=1{,}50 s, v=at=1,633×1,50=2,45v=at=1{,}633\times 1{,}50=2{,}45 m/s et ω=vR=16,3\omega=\dfrac{v}{R}=16{,}3 rad/s. L'énergie cinétique totale vaut K=12(m1+m2)v2+12Iω2=12×8,00×6,00+12×0,0900×266,9=24,0+12,0=36,0K=\frac{1}{2}\left(m_{1}+m_{2}\right)v^{2}+\frac{1}{2}I\omega^{2}=\frac{1}{2}\times 8{,}00\times 6{,}00+\frac{1}{2}\times 0{,}0900\times 266{,}9=24{,}0+12{,}0=36{,}0 J. Vérification par l'énergie : chaque masse s'est déplacée de d=12at2=1,84d=\frac{1}{2}at^{2}=1{,}84 m, donc m2m_{2} est descendue de 1,84 m et m1m_{1} est montée d'autant. La variation d'énergie potentielle vaut (m2m1)gd=2,00×9,80×1,838=36,0\left(m_{2}-m_{1}\right)gd=2{,}00\times 9{,}80\times 1{,}838=36{,}0 J, exactement l'énergie cinétique acquise. Aucun frottement n'ayant été supposé, le bilan est parfait.

Exercice 9 : Le roulement et son frottement : la sphère et le yo-yo

Une sphère pleine de 2,002{,}00 kg, de moment d'inertie I=25MR2I=\frac{2}{5}MR^{2}, roule sans glisser sur un plan incliné de 25,025{,}0^{\circ}. Aux questions d) et e), un yo-yo est constitué d'un disque plein de 0,1200{,}120 kg et 0,04000{,}0400 m de rayon, dont la ficelle est enroulée sur un axe de rayon r=0,00500r=0{,}00500 m. On prend g=9,80g=9{,}80 m/s2^{2}.

  • a) Calculez l'accélération du centre de masse de la sphère, puis la force de frottement statique nécessaire au roulement, d'abord en fonction de MM et aa, puis numériquement. Vérifiez par une seconde équation.
  • b) Déduisez le coefficient de frottement statique minimal. Au-delà de quel angle une surface de coefficient 0,4000{,}400 laisserait-elle la sphère déraper ?
  • c) Le frottement est bien présent et pourtant l'énergie mécanique se conserve dans un roulement sans glissement. Levez le paradoxe.
  • d) Pour le yo-yo, calculez l'accélération de descente et la tension de la ficelle.
  • e) Comparez le yo-yo à la sphère : pourquoi descend-il si lentement ? Que deviendrait son accélération si le rayon de l'axe tendait vers celui du disque ? Chiffrez dans chaque cas la fraction de l'énergie cinétique qui est en rotation.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/12

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) a2,96a\approx 2{,}96 m/s² et f=25Ma2,37f=\frac{2}{5}Ma\approx 2{,}37 N
  • b) μmin=27tanθ0,133\mu_{min}=\frac{2}{7}\tan\theta\approx 0{,}133 ; dérapage au-delà de 54,5°54{,}5°
  • c) Le point de contact a une vitesse nulle : le frottement statique ne développe aucune puissance
  • d) I/r2=3,84I/r^{2}=3{,}84 kg, a0,297a\approx 0{,}297 m/s², T1,14T\approx 1{,}14 N
  • e) a2g36,53a\to\frac{2g}{3}\approx 6{,}53 m/s² si rRr\to R ; 97%97\,\% d'énergie en rotation contre 29%29\,\%

a) Deux équations, comme toujours en roulement. Translation le long de la pente : Mgsinθf=MaMg\sin\theta-f=Ma. Rotation autour du centre de masse, le frottement étant la seule force qui exerce un moment : fR=Iα=25MR2aRfR=I\alpha=\frac{2}{5}MR^{2}\frac{a}{R}, d'où f=25Maf=\frac{2}{5}Ma. En reportant : Mgsinθ25Ma=MaMg\sin\theta-\frac{2}{5}Ma=Ma, soit a=gsinθ1+25=9,80sin25,01,402,96a=\frac{g\sin\theta}{1+\frac{2}{5}}=\frac{9{,}80\sin 25{,}0^{\circ}}{1{,}40}\approx 2{,}96 m/s2^{2}. Frottement : f=25(2,00)(2,958)2,37f=\frac{2}{5}(2{,}00)(2{,}958)\approx 2{,}37 N. Vérification par la première équation : MgsinθMa=2,00(4,142)2,00(2,958)=8,2835,9172,37Mg\sin\theta-Ma=2{,}00(4{,}142)-2{,}00(2{,}958)=8{,}283-5{,}917\approx 2{,}37 N. Les deux concordent.

b) La normale vaut N=Mgcosθ=2,00(9,80)cos25,017,8N=Mg\cos\theta=2{,}00(9{,}80)\cos 25{,}0^{\circ}\approx 17{,}8 N, donc μmin=fN=2,36717,760,133\mu_{min}=\frac{f}{N}=\frac{2{,}367}{17{,}76}\approx 0{,}133. Le résultat général s'obtient en éliminant les données : μmin=25MaMgcosθ=27tanθ\mu_{min}=\frac{\frac{2}{5}Ma}{Mg\cos\theta}=\frac{2}{7}\tan\theta, ce que confirme 27tan25,00,133\frac{2}{7}\tan 25{,}0^{\circ}\approx 0{,}133. La masse et le rayon disparaissent, seul l'angle compte. Avec μs=0,400\mu_{s}=0{,}400, le roulement pur cesse quand 27tanθ=0,400\frac{2}{7}\tan\theta=0{,}400, soit tanθ=1,40\tan\theta=1{,}40 et θ54,5\theta\approx 54{,}5^{\circ}. Au-delà, la sphère roule ET glisse, et il faut alors utiliser le frottement cinétique.

c) Parce que le frottement statique ne travaille pas. Le travail d'une force vaut Fv\vec{F}\cdot\vec{v} intégré dans le temps, et v\vec{v} est ici la vitesse du POINT D'APPLICATION, c'est-à-dire du point de contact. Or dans un roulement sans glissement, la vitesse instantanée du point de contact est nulle, par définition même du non-glissement : le point de contact est le centre instantané de rotation. Une force appliquée en un point de vitesse nulle développe une puissance nulle, donc ne dissipe rien. Le frottement statique se contente de redistribuer l'énergie entre translation et rotation, sans en détruire. C'est exactement le contraire du frottement cinétique, où le glissement fait que le point d'application défile et chauffe la surface.

d) Le yo-yo obéit à la même paire d'équations, mais la ficelle s'enroule sur le petit axe de rayon rr, pas sur RR. Moment d'inertie : I=12MR2=12(0,120)(0,0400)2=9,60×105I=\frac{1}{2}MR^{2}=\frac{1}{2}(0{,}120)(0{,}0400)^{2}=9{,}60\times 10^{-5} kg\cdotm2^{2}. Translation : MgT=MaMg-T=Ma. Rotation : Tr=Iα=IarTr=I\alpha=I\frac{a}{r}, donc T=Ir2aT=\frac{I}{r^{2}}a. Or Ir2=9,60×1052,50×105=3,84\frac{I}{r^{2}}=\frac{9{,}60\times 10^{-5}}{2{,}50\times 10^{-5}}=3{,}84 kg. En additionnant : Mg=(M+Ir2)aMg=\left(M+\frac{I}{r^{2}}\right)a, soit a=0,120(9,80)0,120+3,84=1,1763,960,297a=\frac{0{,}120(9{,}80)}{0{,}120+3{,}84}=\frac{1{,}176}{3{,}96}\approx 0{,}297 m/s2^{2}. Tension : T=3,84(0,297)1,14T=3{,}84(0{,}297)\approx 1{,}14 N, soit presque tout le poids du yo-yo, qui vaut 1,181{,}18 N.

e) Le terme Ir2=3,84\frac{I}{r^{2}}=3{,}84 kg écrase la masse réelle de 0,1200{,}120 kg : le yo-yo se comporte comme un objet trente-deux fois plus lourd tiré par son seul poids. Son accélération ne vaut que 0,2979,803,0%\frac{0{,}297}{9{,}80}\approx 3{,}0\,\% de gg. La cause est le tout petit rayon d'enroulement : pour descendre d'un centimètre, le disque doit tourner huit fois plus qu'avec une ficelle enroulée sur son bord, donc emmagasiner beaucoup plus d'énergie de rotation. Si rr tendait vers RR, on aurait Ir2=M2\frac{I}{r^{2}}=\frac{M}{2} et a=Mg1,5M=2g36,53a=\frac{Mg}{1{,}5M}=\frac{2g}{3}\approx 6{,}53 m/s2^{2}, plus de vingt fois plus rapide. Fractions d'énergie de rotation, données par I/r2M+I/r2\frac{I/r^{2}}{M+I/r^{2}} pour le yo-yo et par I/R2M+I/R2\frac{I/R^{2}}{M+I/R^{2}} pour la sphère : 3,843,9697%\frac{3{,}84}{3{,}96}\approx 97\,\% pour le yo-yo, contre 2/51+2/5=2729%\frac{2/5}{1+2/5}=\frac{2}{7}\approx 29\,\% pour la sphère. Le yo-yo est essentiellement un objet qui tourne et qui, accessoirement, descend.

Exercice 10 : Le moment cinétique est un vecteur

Le moment cinétique d'une particule par rapport à un point OO se définit par L=r×p\vec{L}=\vec{r}\times\vec{p}, et sa variation par dLdt=τ\frac{d\vec{L}}{dt}=\vec{\tau}. Cet exercice explore ce que le caractère vectoriel de L\vec{L} change, en trois situations.

  • a) Une particule de 0,5000{,}500 kg se déplace en LIGNE DROITE à la vitesse constante de 4,004{,}00 m/s, dans le sens des xx croissants, le long de la droite y=3,00y=3{,}00 m. Calculez son moment cinétique par rapport à l'origine et montrez qu'il est constant, bien que rien ne tourne.
  • b) Que vaut ce moment cinétique par rapport à un point situé sur la trajectoire elle-même ? Que faut-il en conclure sur la notion de moment cinétique ?
  • c) Une personne assise sur un tabouret libre de tourner, d'inertie totale 4,204{,}20 kg\cdotm2^{2} et initialement immobile, tient une roue de bicyclette de 0,3500{,}350 kg\cdotm2^{2} tournant à 15,015{,}0 rad/s, son axe étant vertical et son moment cinétique dirigé vers le haut. La personne retourne la roue de 180180^{\circ}. Calculez la vitesse angulaire du tabouret.
  • d) Expliquez pourquoi la personne se met à tourner alors qu'elle n'a exercé que des forces internes, et pourquoi l'expérience ne donnerait rien si le moment cinétique était un simple scalaire.
  • e) Une toupie de 0,1500{,}150 kg tourne rapidement, son moment cinétique de spin valant 0,2400{,}240 kg\cdotm2^{2}/s, et son centre de masse est à 0,04000{,}0400 m du point d'appui. Calculez le moment de force du poids et la vitesse angulaire de précession. Pourquoi la toupie ne tombe-t-elle pas ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/10

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) L=pd=6,00L=p\,d=6{,}00 kg·m²/s, constant, dirigé selon z-z
  • b) L=0\vec{L}=\vec{0} : le moment cinétique dépend du point de référence
  • c) ωp=2IrωrIp=2,50\omega_{p}=\dfrac{2I_{r}\omega_{r}}{I_{p}}=2{,}50 rad/s
  • d) Les forces internes REDISTRIBUENT LL ; avec un scalaire, le retournement ne ferait rien
  • e) τ=0,0588\tau=0{,}0588 N·m, Ω=0,245\Omega=0{,}245 rad/s : τL\vec{\tau}\perp\vec{L} tourne l'axe sans le faire tomber

a) Le module du produit vectoriel vaut L=rpsinϕ=pdL=rp\sin\phi=p\,d, où dd est la distance de OO à la droite support de la vitesse, appelée bras de levier. Ici d=3,00d=3{,}00 m constant, donc L=(0,500)(4,00)(3,00)=6,00L=(0{,}500)(4{,}00)(3{,}00)=6{,}00 kg\cdotm2^{2}/s. La direction est perpendiculaire au plan, orientée selon z-z par la règle de la main droite, puisque la particule tourne dans le sens horaire vue de +z+z. Il est constant parce que ni pp ni le bras de levier ne changent : à mesure que la particule s'éloigne, rr augmente mais l'angle ϕ\phi diminue exactement de quoi compenser. Un mouvement rectiligne uniforme possède donc bel et bien un moment cinétique non nul, ce qui surprend toujours au premier abord.

b) Par rapport à un point de la trajectoire, le bras de levier est nul, donc L=0\vec{L}=\vec{0}. La leçon est que le moment cinétique n'est pas une propriété intrinsèque du mouvement : il dépend entièrement du point de référence choisi, exactement comme le moment de force. Annoncer un moment cinétique sans nommer le point par rapport auquel il est calculé n'a aucun sens. C'est d'ailleurs ce qu'exprime la question a) : la particule ne tourne pas, mais elle tourne AUTOUR DE L'ORIGINE au sens du balayage angulaire.

c) Le système personne plus tabouret plus roue ne subit aucun moment de force extérieur autour de l'axe vertical, donc la composante verticale du moment cinétique total se conserve. Avant : Ltot=Irωr=0,350(15,0)=5,25L_{tot}=I_{r}\omega_{r}=0{,}350(15{,}0)=5{,}25 kg\cdotm2^{2}/s, dirigée vers le haut. Après le retournement, la roue tourne toujours à 15,015{,}0 rad/s mais son moment cinétique pointe vers le bas : il vaut 5,25-5{,}25. Il faut donc que la personne compense : Lp=5,25(5,25)=10,5L_{p}=5{,}25-(-5{,}25)=10{,}5 kg\cdotm2^{2}/s, soit ωp=10,54,20=2,50\omega_{p}=\frac{10{,}5}{4{,}20}=2{,}50 rad/s. La personne se met à tourner dans le sens initial de la roue.

d) Les forces internes ne peuvent pas modifier le moment cinétique TOTAL, mais elles peuvent parfaitement le REDISTRIBUER entre les parties du système, exactement comme une explosion redistribue la quantité de mouvement. En retournant la roue, la personne exerce sur elle un moment de force interne, et la roue en exerce un égal et opposé sur la personne : c'est ce moment qui la fait tourner. Si le moment cinétique était un scalaire dont seule la valeur absolue se conservait, retourner la roue ne changerait rien du tout, puisque L\left|L\right| resterait 5,255{,}25. Toute l'expérience repose sur le fait que le retournement fait passer la contribution de la roue de +5,25+5{,}25 à 5,25-5{,}25, soit une variation de 10,510{,}5 qu'il faut bien compenser.

e) Moment de force du poids par rapport au point d'appui : τ=mgd=0,150(9,80)(0,0400)=0,0588\tau=mgd=0{,}150(9{,}80)(0{,}0400)=0{,}0588 N\cdotm. Ce moment est HORIZONTAL et perpendiculaire à l'axe de la toupie. Vitesse angulaire de précession : Ω=τL=0,05880,240=0,245\Omega=\frac{\tau}{L}=\frac{0{,}0588}{0{,}240}=0{,}245 rad/s, soit un tour de précession en 2π0,24525,6\frac{2\pi}{0{,}245}\approx 25{,}6 s. La toupie ne tombe pas parce que τ\vec{\tau} est perpendiculaire à L\vec{L} : il ne peut donc pas changer le MODULE de L\vec{L}, seulement sa DIRECTION. L'axe ne bascule pas vers le bas, il tourne lentement autour de la verticale. C'est rigoureusement la même géométrie qu'une force centripète, qui étant perpendiculaire à la vitesse en change la direction sans en changer le module. Quand le frottement finit par ralentir le spin, LL diminue, Ω=τL\Omega=\frac{\tau}{L} augmente, la précession s'emballe et la toupie tombe : c'est exactement ce que l'on observe en fin de course.

Chapitre précédent Quantité de mouvement et collisions Chapitre suivant L'équilibre statique

Voir aussi

Vous cherchez un tuteur en physique 203-SN1-RE à Montréal ?

Contactez-moi pour une première séance. La rotation est le chapitre où les analogies font gagner du temps, à condition de ne jamais confondre le moment d'inertie d'un axe avec celui d'un autre.

Site par Studio Squalli