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Mécanique 203-NYA • Complément québécois de Première et cégep à Montréal

Exercices corrigés : la rotation des corps rigides (203-NYA)

Le chapitre de la rotation est le plus économique du cours : chaque loi du mouvement rectiligne y a son exacte contrepartie, la masse devenant le moment d'inertie, la force devenant le moment de force, la quantité de mouvement devenant le moment cinétique. Ce qui change vraiment, c'est que la GÉOMÉTRIE du solide entre désormais dans les équations.

Deux résultats de ce chapitre contredisent l'intuition et tombent régulièrement à l'examen. L'exercice 3 montre que l'extrémité d'une tige qui bascule accélère à 14,7 m/s², donc PLUS VITE que la chute libre. L'exercice 4 montre qu'une sphère bat toujours un anneau sur un plan incliné, quelles que soient leurs masses et leurs rayons : seule la forme compte.

Rappel de cours

  • Correspondances : θx\theta\leftrightarrow x, ωv\omega\leftrightarrow v, αa\alpha\leftrightarrow a, ImI\leftrightarrow m, τF\tau\leftrightarrow F, L=Iωp=mvL=I\omega\leftrightarrow p=mv. Les équations du MRUA se transposent telles quelles : ω=ω0+αt\omega=\omega_{0}+\alpha t et θ=ω0t+12αt2\theta=\omega_{0}t+\frac{1}{2}\alpha t^{2}.
  • Liens avec le mouvement d'un point du solide, à distance rr de l'axe : v=ωrv=\omega r, at=αra_{t}=\alpha r, ac=ω2ra_{c}=\omega^{2}r. Les angles sont TOUJOURS en radians.
  • Moment de force : τ=rFsinθ\tau=rF\sin\theta, où θ\theta est l'angle entre r\vec{r} et F\vec{F}. Maximal quand la force est perpendiculaire au bras.
  • Moments d'inertie usuels : cerceau ou anneau MR2MR^{2} ; disque ou cylindre plein 12MR2\frac{1}{2}MR^{2} ; sphère pleine 25MR2\frac{2}{5}MR^{2} ; tige par son centre 112ML2\frac{1}{12}ML^{2} ; tige par une extrémité 13ML2\frac{1}{3}ML^{2}.
  • Théorème des axes parallèles : I=Icm+Md2I=I_{cm}+Md^{2}, où dd est la distance entre l'axe et le centre de masse.
  • Deuxième loi en rotation : τ=Iα\sum\tau=I\alpha. Énergie cinétique de rotation : K=12Iω2K=\frac{1}{2}I\omega^{2}.
  • Roulement sans glissement : vcm=ωRv_{cm}=\omega R et Ktotal=12Mvcm2+12Iω2K_{total}=\frac{1}{2}Mv_{cm}^{2}+\frac{1}{2}I\omega^{2}.
  • Le moment cinétique L=IωL=I\omega se CONSERVE en l'absence de moment de force extérieur, même si II change.

Partie A : Cinématique, moment de force et moment d'inertie (/32)

Exercice 1 : La cinématique de rotation et les grandeurs d'un point du solide

Un solide en rotation a une seule vitesse angulaire, mais chacun de ses points a une vitesse linéaire différente selon sa distance à l'axe. Distinguer les deux familles de grandeurs est la première difficulté du chapitre.

Une meule partant du repos atteint 1800 tours par minute en 15,0 s, avec une accélération angulaire constante. Son rayon est de 0,300 m.

  • a) Convertissez la vitesse finale en radians par seconde, puis calculez l'accélération angulaire.
  • b) Calculez l'angle total balayé pendant la montée en régime, puis le nombre de tours effectués.
  • c) Pour un point de la périphérie et à la vitesse finale, calculez la vitesse linéaire, l'accélération tangentielle et l'accélération centripète.
  • d) Comparez les deux accélérations. Laquelle domine, et quelle conséquence pratique cela a-t-il pour la meule ?
Voir la correction

a) 18001800 tours/min =1800×2π60=188,5=\dfrac{1800\times 2\pi}{60}=188{,}5 rad/s. Partant du repos, α=ωω0t=188,515,0=12,57\alpha=\dfrac{\omega-\omega_{0}}{t}=\dfrac{188{,}5}{15{,}0}=12{,}57 rad/s².

b) θ=ω0t+12αt2=0+12×12,57×15,02=1414\theta=\omega_{0}t+\frac{1}{2}\alpha t^{2}=0+\frac{1}{2}\times 12{,}57\times 15{,}0^{2}=1414 rad. Le nombre de tours vaut 14142π=225\dfrac{1414}{2\pi}=225 tours. Contrôle par la vitesse moyenne : ω=0+188,52=94,25\overline{\omega}=\dfrac{0+188{,}5}{2}=94{,}25 rad/s, et 94,25×15,0=141494{,}25\times 15{,}0=1414 rad. Les deux méthodes concordent.

c) v=ωr=188,5×0,300=56,6v=\omega r=188{,}5\times 0{,}300=56{,}6 m/s, soit plus de 200 km/h. at=αr=12,57×0,300=3,77a_{t}=\alpha r=12{,}57\times 0{,}300=3{,}77 m/s². ac=ω2r=188,52×0,300=1,07×104a_{c}=\omega^{2}r=188{,}5^{2}\times 0{,}300=1{,}07\times 10^{4} m/s².

d) L'accélération centripète est environ 2800 fois plus grande que l'accélération tangentielle, et elle vaut plus de mille fois gg. C'est elle qui dimensionne la meule : la matière doit être maintenue sur une trajectoire circulaire, ce qui exige une force centripète énorme fournie par la cohésion interne du disque. Si la vitesse dépasse la limite du matériau, la meule ÉCLATE, les fragments partant tangentiellement. C'est pourquoi les meules portent une vitesse maximale gravée et pourquoi elles sont toujours utilisées derrière un carter. Noter que aca_{c} varie comme ω2\omega^{2} : doubler la vitesse de rotation quadruple la contrainte.

Exercice 2 : Le moment de force et le bras de levier

Une force ne fait tourner un objet que par sa composante perpendiculaire au bras. Le moment de force mesure cette efficacité, et l'angle qui intervient est celui entre le bras et la force, jamais un autre.

  • a) On serre un boulon avec une clé de 0,250 m en appliquant 80,0 N à 60,0° du manche. Calculez le moment de force.
  • b) Quel serait le moment pour la même force appliquée perpendiculairement ? Quel pourcentage d'efficacité perd-on à 60,0° ?
  • c) Un mécanicien allonge la clé avec un tube, portant le bras à 0,750 m. Quelle force perpendiculaire donne le même moment que la question b ?
  • d) Sur une poulie de rayon 0,200 m s'exercent deux forces tangentielles opposées, 45,0 N d'un côté et 30,0 N de l'autre. Calculez le moment résultant et indiquez le sens de rotation.
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a) τ=rFsinθ=0,250×80,0×sin60,0=0,250×80,0×0,866=17,3\tau=rF\sin\theta=0{,}250\times 80{,}0\times\sin 60{,}0^{\circ}=0{,}250\times 80{,}0\times 0{,}866=17{,}3 N·m.

b) Perpendiculairement, sin90=1\sin 90^{\circ}=1 et τ=0,250×80,0=20,0\tau=0{,}250\times 80{,}0=20{,}0 N·m, valeur MAXIMALE possible pour cette force et ce bras. À 60,0°, on n'obtient que 86,6 % de ce maximum, donc une perte de 13,4 %. C'est la raison pour laquelle on tire toujours perpendiculairement à une clé : toute autre direction gaspille une partie de l'effort en tirant le boulon au lieu de le faire tourner.

c) On veut τ=20,0\tau=20{,}0 N·m avec r=0,750r=0{,}750 m et sinθ=1\sin\theta=1 : F=20,00,750=26,7F=\dfrac{20{,}0}{0{,}750}=26{,}7 N. En triplant le bras, on divise par trois la force nécessaire. C'est tout l'intérêt de la rallonge, et aussi son danger : il devient facile de dépasser le couple de serrage prescrit et d'arracher le filetage.

d) Les deux forces sont tangentielles, donc perpendiculaires au rayon. Elles tendent à faire tourner dans des sens opposés, donc leurs moments se retranchent : τnet=(45,030,0)×0,200=15,0×0,200=3,00\tau_{net}=\left(45{,}0-30{,}0\right)\times 0{,}200=15{,}0\times 0{,}200=3{,}00 N·m. La rotation se fait dans le sens imposé par la force de 45,0 N, la plus grande. Noter que la force résultante sur la poulie n'est pas nulle non plus, mais c'est l'axe qui l'encaisse : les deux questions, translation et rotation, se traitent séparément.

Exercice 3 : Moment d'inertie, axes parallèles, et la tige qui bat la chute libre

Le moment d'inertie joue en rotation le rôle de la masse en translation, mais il dépend de l'AXE choisi : le même objet peut avoir des moments d'inertie très différents selon la façon dont on le fait tourner.

Une tige homogène de longueur 1,20 m et de masse 2,00 kg. On prend g=9,80g=9{,}80 m/s².

  • a) Calculez son moment d'inertie par rapport à un axe passant par son centre, puis par une extrémité.
  • b) Retrouvez le second résultat à partir du premier par le théorème des axes parallèles.
  • c) La tige est articulée à une extrémité et lâchée depuis l'horizontale. Calculez le moment de force initial et l'accélération angulaire initiale.
  • d) Calculez l'accélération linéaire initiale de l'extrémité libre. Comparez à gg et expliquez le paradoxe apparent.
  • e) Une expérience classique consiste à poser une pièce de monnaie sur l'extrémité de la tige avant de la lâcher. Que se passe-t-il ?
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a) Par le centre : Icm=112ML2=112×2,00×1,202=0,240I_{cm}=\frac{1}{12}ML^{2}=\frac{1}{12}\times 2{,}00\times 1{,}20^{2}=0{,}240 kg·m². Par une extrémité : I=13ML2=13×2,00×1,44=0,960I=\frac{1}{3}ML^{2}=\frac{1}{3}\times 2{,}00\times 1{,}44=0{,}960 kg·m². Le moment d'inertie est QUATRE fois plus grand, pour le même objet et la même masse : c'est la répartition par rapport à l'axe qui change tout.

b) La distance entre le centre de masse et l'extrémité est d=L2=0,600d=\dfrac{L}{2}=0{,}600 m. Alors I=Icm+Md2=0,240+2,00×0,6002=0,240+0,720=0,960I=I_{cm}+Md^{2}=0{,}240+2{,}00\times 0{,}600^{2}=0{,}240+0{,}720=0{,}960 kg·m². On retrouve exactement la valeur de a.

c) Le poids s'applique au centre de masse, à 0,600 m de l'axe, et il est perpendiculaire à la tige quand celle-ci est horizontale. Donc τ=MgL2=2,00×9,80×0,600=11,8\tau=Mg\dfrac{L}{2}=2{,}00\times 9{,}80\times 0{,}600=11{,}8 N·m. Alors α=τI=11,760,960=12,25\alpha=\dfrac{\tau}{I}=\dfrac{11{,}76}{0{,}960}=12{,}25 rad/s².

d) L'extrémité est à r=L=1,20r=L=1{,}20 m, donc at=αL=12,25×1,20=14,7a_{t}=\alpha L=12{,}25\times 1{,}20=14{,}7 m/s². C'est 1,5 fois gg : l'extrémité de la tige accélère PLUS VITE qu'un objet en chute libre. Il n'y a pas de paradoxe : la tige n'est pas un objet libre, elle est tenue par son articulation. Celle-ci exerce une force vers le bas sur la tige, et les parties proches de l'axe, qui accélèrent moins que gg, « retiennent » d'autant moins l'extrémité que la rigidité leur transmet un supplément de force. Autrement dit, la tige se comporte comme un levier qui redistribue le poids total vers son extrémité.

e) La pièce, elle, est LIBRE : elle ne peut qu'accélérer à g=9,80g=9{,}80 m/s². L'extrémité de la tige, qui descend à 14,7 m/s², s'ESCAMOTE plus vite que la pièce ne tombe. La pièce se retrouve donc en l'air, séparée de la tige, et elle atterrit plus loin le long de celle-ci, ou dans un gobelet placé au bon endroit si l'on veut faire le tour de magie classique. Le point d'équilibre se situe là où at=ga_{t}=g, c'est-à-dire à r=gα=9,8012,25=0,800r=\dfrac{g}{\alpha}=\dfrac{9{,}80}{12{,}25}=0{,}800 m de l'axe : au-delà, la tige devance la chute libre.

Exercice 4 : Le roulement sans glissement et la course sur le plan incliné

Un corps qui roule possède deux formes d'énergie cinétique, celle de son centre de masse et celle de sa rotation propre. La façon dont l'énergie potentielle se partage entre les deux détermine qui gagne la course, et le résultat est indépendant de la masse comme du rayon.

Trois objets partent du repos en haut d'un plan incliné à 30,0°, d'une hauteur de 2,00 m : une sphère pleine, un disque et un anneau.

  • a) Écrivez la condition de roulement sans glissement et l'énergie cinétique totale sous la forme 12Mv2(1+IMR2)\frac{1}{2}Mv^{2}\left(1+\dfrac{I}{MR^{2}}\right).
  • b) Montrez que l'accélération du centre de masse vaut a=gsinθ1+IMR2a=\dfrac{g\sin\theta}{1+\frac{I}{MR^{2}}} et calculez-la pour les trois objets.
  • c) Calculez la vitesse de chacun au bas de la pente.
  • d) Expliquez pourquoi le classement ne dépend ni de la masse ni du rayon.
  • e) Si le plan était parfaitement lisse, sans frottement, quel serait le classement ?
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a) Rouler sans glisser signifie que le point de contact est instantanément immobile, ce qui impose vcm=ωRv_{cm}=\omega R. L'énergie cinétique totale est K=12Mv2+12Iω2K=\frac{1}{2}Mv^{2}+\frac{1}{2}I\omega^{2}. En remplaçant ω=vR\omega=\dfrac{v}{R} : K=12Mv2+12Iv2R2=12Mv2(1+IMR2)K=\frac{1}{2}Mv^{2}+\frac{1}{2}I\dfrac{v^{2}}{R^{2}}=\frac{1}{2}Mv^{2}\left(1+\dfrac{I}{MR^{2}}\right). Le facteur IMR2\dfrac{I}{MR^{2}} vaut 25\frac{2}{5} pour la sphère, 12\frac{1}{2} pour le disque et 1 pour l'anneau.

b) Par conservation de l'énergie sur une descente de hauteur hh : Mgh=12Mv2(1+IMR2)Mgh=\frac{1}{2}Mv^{2}\left(1+\frac{I}{MR^{2}}\right). En dérivant, ou en écrivant v2=2adv^{2}=2ad avec h=dsinθh=d\sin\theta, on obtient a=gsinθ1+IMR2a=\dfrac{g\sin\theta}{1+\frac{I}{MR^{2}}}. Avec gsin30=4,90g\sin 30^{\circ}=4{,}90 m/s² : sphère 4,901,4=3,50\dfrac{4{,}90}{1{,}4}=3{,}50 m/s² ; disque 4,901,5=3,27\dfrac{4{,}90}{1{,}5}=3{,}27 m/s² ; anneau 4,902=2,45\dfrac{4{,}90}{2}=2{,}45 m/s².

c) v=2gh1+IMR2v=\sqrt{\dfrac{2gh}{1+\frac{I}{MR^{2}}}} avec h=2,00h=2{,}00 m. Sphère : 39,21,4=5,29\sqrt{\dfrac{39{,}2}{1{,}4}}=5{,}29 m/s. Disque : 39,21,5=5,11\sqrt{\dfrac{39{,}2}{1{,}5}}=5{,}11 m/s. Anneau : 39,22=4,43\sqrt{\dfrac{39{,}2}{2}}=4{,}43 m/s. La sphère gagne, l'anneau arrive bon dernier.

d) Parce que MM et RR DISPARAISSENT du résultat. Le facteur IMR2\dfrac{I}{MR^{2}} est un nombre pur qui ne dépend que de la FORME : la masse et le rayon se simplifient dans le rapport. Physiquement, un objet plus massif a plus d'énergie potentielle mais aussi plus d'inertie, dans la même proportion. Le seul critère est donc la façon dont la masse est répartie : l'anneau a toute sa masse au rayon maximal, il doit donc consacrer la moitié de son énergie à la rotation, contre deux septièmes seulement pour la sphère, qui a plus de masse près de l'axe. Un boulet de canon et une bille de roulement arrivent exactement ensemble.

e) Sans frottement, rien ne peut exercer de moment de force par rapport au centre de masse : aucun des trois objets ne se met à tourner, ils GLISSENT tous sans rouler. Toute l'énergie potentielle passe alors en énergie de translation, et les trois arrivent EN MÊME TEMPS, avec a=gsinθ=4,90a=g\sin\theta=4{,}90 m/s² et v=2gh=6,26v=\sqrt{2gh}=6{,}26 m/s, plus vite que n'importe lequel d'entre eux ne roulait. C'est le frottement, souvent perçu comme une simple perte, qui crée ici toute la richesse du problème.

Partie B : Niveau examen (/18)

Exercice 5 : Le moment cinétique et sa conservation

En l'absence de moment de force extérieur, le produit IωI\omega reste constant. Comme II peut changer sans intervention extérieure, cela permet à un corps de modifier lui-même sa vitesse de rotation, ce qui est le principe de la pirouette.

Une patineuse tourne à 1,50 rad/s avec les bras écartés, I1=4,50I_{1}=4{,}50 kg·m². Elle ramène les bras, ce qui porte son moment d'inertie à I2=1,20I_{2}=1{,}20 kg·m².

  • a) Calculez sa nouvelle vitesse angulaire.
  • b) Calculez l'énergie cinétique de rotation avant et après. Que constatez-vous ?
  • c) Le moment cinétique se conserve mais pas l'énergie : d'où vient la différence ? Y a-t-il contradiction ?
  • d) Un manège de moment d'inertie 250 kg·m² tourne à 2,00 rad/s. Une personne de 60,0 kg saute dessus et s'immobilise à 2,00 m de l'axe. Calculez la nouvelle vitesse angulaire.
  • e) Comparez l'énergie cinétique avant et après dans le cas d du manège. Le bilan est-il le même qu'en b ? Expliquez la différence.
Voir la correction

a) Aucun moment de force extérieur ne s'exerce autour de l'axe vertical : la glace est presque sans frottement et le poids est parallèle à l'axe. Donc LL se conserve : I1ω1=I2ω2I_{1}\omega_{1}=I_{2}\omega_{2}, d'où ω2=4,50×1,501,20=5,63\omega_{2}=\dfrac{4{,}50\times 1{,}50}{1{,}20}=5{,}63 rad/s. La vitesse est multipliée par 3,75, exactement le rapport des moments d'inertie.

b) K1=12I1ω12=12×4,50×1,502=5,06K_{1}=\frac{1}{2}I_{1}\omega_{1}^{2}=\frac{1}{2}\times 4{,}50\times 1{,}50^{2}=5{,}06 J. K2=12×1,20×5,632=19,0K_{2}=\frac{1}{2}\times 1{,}20\times 5{,}63^{2}=19{,}0 J. L'énergie cinétique a été MULTIPLIÉE par 3,75, elle aussi.

c) La différence de 13,9 J vient du TRAVAIL MUSCULAIRE de la patineuse. En ramenant ses bras, elle doit tirer vers l'intérieur contre la force centrifuge apparente, et ce déplacement contre une force représente un travail positif fourni au système. Il n'y a donc aucune contradiction : la conservation du moment cinétique n'exige que l'absence de moment de force EXTÉRIEUR, alors que la conservation de l'énergie exigerait l'absence de travail, y compris intérieur. Le résultat général se retient ainsi : quand II diminue à LL constant, ω\omega varie comme 1I\frac{1}{I} mais K=L22IK=\frac{L^{2}}{2I} varie comme 1I\frac{1}{I} également, donc l'énergie augmente toujours.

d) La personne, assimilée à un point à 2,00 m de l'axe, apporte Ip=mr2=60,0×2,002=240I_{p}=mr^{2}=60{,}0\times 2{,}00^{2}=240 kg·m². Elle arrive sans moment cinétique propre autour de l'axe. La conservation donne 250×2,00=(250+240)ω250\times 2{,}00=\left(250+240\right)\omega', d'où ω=500490=1,02\omega'=\dfrac{500}{490}=1{,}02 rad/s. Le manège ralentit de moitié environ.

e) K1=12×250×2,002=500K_{1}=\frac{1}{2}\times 250\times 2{,}00^{2}=500 J et K2=12×490×1,022=255K_{2}=\frac{1}{2}\times 490\times 1{,}02^{2}=255 J : on a PERDU 49 % de l'énergie, alors qu'en b on en avait gagné. La différence tient à la nature du processus. En b, un agent intérieur fournit du travail de façon contrôlée. En d, il s'agit d'un choc PARFAITEMENT INÉLASTIQUE : la personne, initialement immobile, doit être mise en rotation par frottement contre le plancher du manège, et ce frottement dissipe de l'énergie en chaleur. C'est l'exact analogue rotationnel d'une collision parfaitement inélastique, où la quantité de mouvement se conserve mais où l'énergie cinétique diminue toujours.

Exercice 6 : Problème : la machine d'Atwood à poulie pesante

Tant que la poulie était supposée sans masse, elle ne servait qu'à changer la direction du fil et les deux tensions étaient égales. Dès qu'elle a un moment d'inertie, il faut la traiter comme un troisième corps, et les deux tensions DIFFÈRENT.

Deux masses, m1=3,00m_{1}=3{,}00 kg et m2=5,00m_{2}=5{,}00 kg, sont reliées par un fil inextensible passant sur une poulie de moment d'inertie I=0,0900I=0{,}0900 kg·m² et de rayon R=0,150R=0{,}150 m. Le fil ne glisse pas. On prend g=9,80g=9{,}80 m/s².

I, Rm1m2T1T2montedescend
  • a) Écrivez la deuxième loi de Newton pour chaque masse et l'équation de rotation de la poulie, en justifiant que T1T2T_{1}\neq T_{2}.
  • b) Montrez que a=(m2m1)gm1+m2+IR2a=\dfrac{\left(m_{2}-m_{1}\right)g}{m_{1}+m_{2}+\frac{I}{R^{2}}} et calculez-la.
  • c) Calculez les deux tensions et vérifiez la cohérence par l'équation de rotation de la poulie.
  • d) Quelle serait l'accélération si la poulie était sans masse ? Interprétez le terme IR2\frac{I}{R^{2}}.
  • e) Après 1,50 s de mouvement, quelle est l'énergie cinétique totale du système ? Vérifiez-la par un bilan énergétique.
Voir la correction

a) Pour m1m_{1} qui monte : T1m1g=m1aT_{1}-m_{1}g=m_{1}a. Pour m2m_{2} qui descend : m2gT2=m2am_{2}g-T_{2}=m_{2}a. Pour la poulie, les deux tensions s'appliquent tangentiellement et en sens opposés : (T2T1)R=Iα\left(T_{2}-T_{1}\right)R=I\alpha, avec α=aR\alpha=\dfrac{a}{R} puisque le fil ne glisse pas. Si T1T_{1} était égale à T2T_{2}, le moment résultant serait nul et la poulie ne pourrait pas accélérer : c'est précisément la DIFFÉRENCE de tension qui la met en rotation. L'égalité des tensions n'est valable que pour une poulie de masse négligeable.

b) En additionnant les trois équations, les tensions s'éliminent : m2gm1g=m1a+m2a+IR2am_{2}g-m_{1}g=m_{1}a+m_{2}a+\dfrac{I}{R^{2}}a, d'où le résultat annoncé. Numériquement, IR2=0,09000,0225=4,00\dfrac{I}{R^{2}}=\dfrac{0{,}0900}{0{,}0225}=4{,}00 kg, et a=(5,003,00)×9,803,00+5,00+4,00=19,612,0=1,63a=\dfrac{\left(5{,}00-3{,}00\right)\times 9{,}80}{3{,}00+5{,}00+4{,}00}=\dfrac{19{,}6}{12{,}0}=1{,}63 m/s².

c) T1=m1(g+a)=3,00×(9,80+1,633)=34,3T_{1}=m_{1}\left(g+a\right)=3{,}00\times\left(9{,}80+1{,}633\right)=34{,}3 N. T2=m2(ga)=5,00×(9,801,633)=40,8T_{2}=m_{2}\left(g-a\right)=5{,}00\times\left(9{,}80-1{,}633\right)=40{,}8 N. On a bien T2>T1T_{2}>T_{1}. Vérification : (T2T1)R=(40,8334,30)×0,150=0,980\left(T_{2}-T_{1}\right)R=\left(40{,}83-34{,}30\right)\times 0{,}150=0{,}980 N·m, et Iα=0,0900×1,6330,150=0,0900×10,89=0,980I\alpha=0{,}0900\times\dfrac{1{,}633}{0{,}150}=0{,}0900\times 10{,}89=0{,}980 N·m. Les deux coïncident.

d) Sans masse, I=0I=0 et a=19,68,00=2,45a=\dfrac{19{,}6}{8{,}00}=2{,}45 m/s², soit 50 % de plus. Le terme IR2\dfrac{I}{R^{2}}, homogène à une masse et valant ici 4,00 kg, s'ajoute simplement aux masses en translation : c'est la MASSE ÉQUIVALENTE de la poulie, c'est-à-dire la masse qu'il faudrait ajouter au système en translation pour produire la même inertie. Une poulie pesante freine donc le système exactement comme le ferait une charge supplémentaire, ce qui donne une lecture très intuitive de II.

e) Après t=1,50t=1{,}50 s, v=at=1,633×1,50=2,45v=at=1{,}633\times 1{,}50=2{,}45 m/s et ω=vR=16,3\omega=\dfrac{v}{R}=16{,}3 rad/s. L'énergie cinétique totale vaut K=12(m1+m2)v2+12Iω2=12×8,00×6,00+12×0,0900×266,9=24,0+12,0=36,0K=\frac{1}{2}\left(m_{1}+m_{2}\right)v^{2}+\frac{1}{2}I\omega^{2}=\frac{1}{2}\times 8{,}00\times 6{,}00+\frac{1}{2}\times 0{,}0900\times 266{,}9=24{,}0+12{,}0=36{,}0 J. Vérification par l'énergie : chaque masse s'est déplacée de d=12at2=1,84d=\frac{1}{2}at^{2}=1{,}84 m, donc m2m_{2} est descendue de 1,84 m et m1m_{1} est montée d'autant. La variation d'énergie potentielle vaut (m2m1)gd=2,00×9,80×1,838=36,0\left(m_{2}-m_{1}\right)gd=2{,}00\times 9{,}80\times 1{,}838=36{,}0 J, exactement l'énergie cinétique acquise. Aucun frottement n'ayant été supposé, le bilan est parfait.

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