Mécanique 203-SN1-RE (ancien 203-NYA) • Complément québécois de Première et cégep à Montréal
Fiche de révision : quantité de mouvement et collisions (203-SN1-RE, ancien 203-NYA)
La conservation de la quantité de mouvement est la loi la plus robuste de la mécanique de 203-SN1-RE (ancien 203-NYA) : elle vaut pour tous les chocs, quelle que soit la déformation, quelle que soit la chaleur produite, tant que les forces extérieures restent négligeables pendant l'impact. C'est aussi ce qui la rend dangereuse : elle marche si bien qu'on oublie de vérifier si l'énergie cinétique, elle, se conserve.
Cette fiche sépare les deux lois, dit dans quelle phase chacune s'applique, et rassemble les erreurs de signe et de direction qui coûtent le plus de points sur les collisions en une et deux dimensions.
Marque ici la fiche comme lue ou mets-la en favori : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes fiches lues et tes favoris d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander la méthode ou l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Le fil du chapitre
La quantité de mouvement se conserve dans TOUTES les collisions, l'énergie cinétique presque jamais. Tout le chapitre consiste à savoir quelle loi s'applique à quelle phase, et à ne surtout pas appliquer les deux à la même.
•p=mv est un VECTEUR : il change de signe avec le sens du mouvement, et se projette axe par axe en deux dimensions.
•Conservation : Pavant=Papreˋs pour TOUT choc, élastique ou non, tant que les forces extérieures sont négligeables pendant la durée de l'impact.
•L'énergie cinétique, elle, ne se conserve QUE dans un choc explicitement dit élastique. Dans tous les autres, elle diminue.
•Choc parfaitement inélastique : les corps repartent ensemble, v′=m1+m2m1v1+m2v2. C'est le choc qui dissipe le plus d'énergie.
•Choc élastique en une dimension : au lieu du système quadratique, utiliser l'inversion de la vitesse relative, v1−v2=−(v1′−v2′), qui est linéaire.
L'accrochage du premier piège, vitesses à l'échelle : P=24000 kg·m/s avant comme après. L'énergie cinétique, elle, tombe de 36 kJ à 24 kJ.
« Les forces extérieures sont négligeables » se justifie par la BRIÈVETÉ du choc : la gravité et le frottement agissent aussi pendant l'impact, mais leur impulsion sur quelques millisecondes est négligeable devant celle du choc.
Impulsion : la même variation par deux chemins
•J=FΔt=Δp=mvf−mvi, en newtons-secondes, qui valent des kilogrammes-mètres par seconde.
•Force variable : J est l'AIRE sous la courbe F(t), et Fmoy=ΔtJ.
•Une même impulsion s'obtient par une grande force brève ou une petite force longue : c'est tout le principe du coussin gonflable, des genoux pliés à la réception et du gant de baseball.
•REBOND : si la vitesse s'inverse, Δp=m(−v)−m(+v)=−2mv en grandeur 2mv, jamais zéro.
•L'impulsion est un vecteur : en deux dimensions on la calcule composante par composante, et sa direction n'est pas celle de vf.
Les deux triangles ont la même aire, donc la même impulsion et la même variation de vitesse. Seule la force de pointe change, et c'est elle qui blesse.
Le mot « moyenne » dans « force moyenne exercée » signale toujours qu'il faut passer par l'impulsion : c'est la seule façon d'obtenir une force à partir d'un choc dont on ne connaît pas le détail.
Collision en deux dimensions : une conservation par axe
•On choisit deux axes perpendiculaires et on écrit la conservation SÉPARÉMENT sur chacun : Px avant =Px après, et de même pour Py.
•Grandeur et direction viennent ensuite des composantes : P=Px2+Py2 et tanα=PxPy.
•Deux quantités de mouvement perpendiculaires s'ajoutent bout à bout, comme deux forces, jamais en additionnant leurs grandeurs.
24000 vers l'est et 18000 vers le nord donnent 30000 kg·m/s à 36,9°, et non 42000 : c'est l'hypoténuse, pas la somme.
Une épave qui part près de l'axe des x trahit une grande Px : c'est ainsi qu'on retrouve, après un accident, la vitesse d'un véhicule.
Ce qu'il faut savoir sur le centre de masse
•xcm=∑mi∑mixi, et de même pour ycm.
•Psysteˋme=Mtotalvcm : conserver P, c'est exactement dire que vcm ne change pas.
•Aucune force interne, aussi violente soit-elle, ne peut déplacer le centre de masse : ni une explosion, ni un choc, ni un astronaute qui se détend.
•D'où le résultat qui tombe régulièrement : deux personnes qui se rejoignent sur une barque immobile se rencontrent au centre de masse, jamais au milieu de la barque.
•Pour un système initialement au repos, tout mouvement d'une partie vers la droite impose un mouvement de l'autre vers la gauche.
Système au repos : les deux chariots partent avec des quantités de mouvement opposées, le plus léger trois fois plus vite, et le centre de masse, en pointillé, ne bouge pas.
Quand un énoncé dit « le système est initialement immobile » puis décrit un événement interne, la réponse commence presque toujours par Ptotal=0 avant et après.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Conserver l'énergie cinétique dans un choc où les corps restent soudés
toute la question, 6 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le wagon de 8,0 t à 3,0 m/s accroche un wagon de 4,0 t immobile : 21(8000)(3,0)2=21(12000)v′2, donc v′=2,45 m/s. »
Ce qu'il faut écrire
« On conserve la quantité de mouvement : (8000)(3,0)=(12000)v′, donc v′=2,00 m/s. L'énergie cinétique, elle, chute de 36 kJ à 24 kJ. »
Pourquoi : Un accrochage déforme, chauffe et fait du bruit : l'énergie cinétique perdue est allée quelque part. Seule la quantité de mouvement ignore ce qui se passe pendant l'impact.
2.Traiter la quantité de mouvement comme un nombre positif en une dimension
toute la question, 5 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Les deux boules arrivent l'une vers l'autre à 4 m/s et 6 m/s : P=m(4)+m(6)=10m. »
Ce qu'il faut écrire
« Elles vont en sens opposés, donc avec l'axe orienté vers la droite : P=m(+4)+m(−6)=−2m. »
Pourquoi : p est un vecteur, pas une énergie. Oublier le signe transforme un choc frontal en poursuite et donne une vitesse finale trois fois trop grande.
3.Écrire une variation de quantité de mouvement nulle pour un rebond
toute la question, 4 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La balle de 0,15 kg arrive à 20 m/s et repart à 20 m/s : la vitesse n'a pas changé, donc Δp=0 et la force est nulle. »
Ce qu'il faut écrire
« La vitesse s'est INVERSÉE : Δp=0,15(−20)−0,15(+20)=−6,0 kg·m/s, soit 6,0 N·s en grandeur, et non zéro. »
Pourquoi : C'est la même erreur qu'en cinématique sur le déplacement : la GRANDEUR de la vitesse n'a pas changé, mais le vecteur, lui, a fait demi-tour. Un mur qui n'exercerait aucune force ne renverrait rien.
4.Appliquer l'énergie au choc d'un pendule balistique
toute la question, 8 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La balle se plante dans le bloc suspendu qui s'élève de 12 cm : 21mv2=(m+M)gh, donc v=m2(m+M)gh. »
Ce qu'il faut écrire
« PENDANT le choc, la quantité de mouvement : mv=(m+M)V. APRÈS le choc, l'énergie : 21(m+M)V2=(m+M)gh. Deux phases, deux lois. »
Pourquoi : Le choc dissipe ici plus de 99% de l'énergie cinétique initiale. Appliquer la conservation de l'énergie au choc suppose que rien n'a été perdu, et sous-estime la vitesse de la balle d'un facteur qui dépasse 10.
5.Conserver la quantité de mouvement pendant une phase où des forces extérieures agissent
toute la question, 6 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le chariot heurte le bloc puis remonte la pente : je conserve la quantité de mouvement du départ jusqu'au sommet. »
Ce qu'il faut écrire
« La conservation ne vaut que PENDANT l'impact, où le choc domine tout. Sur la pente, la gravité est une force extérieure : on repasse à l'énergie ou à Newton. »
Pourquoi : La conservation de P n'est pas une loi universelle mais une conséquence de ΣFext=0. Sur une durée longue, la gravité fournit une impulsion parfaitement mesurable, et P change.
6.Additionner des grandeurs au lieu de projeter dans une collision en deux dimensions
toute la question, 8 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Une voiture arrive à 15 m/s vers l'est, l'autre à 20 m/s vers le nord : la quantité de mouvement totale correspond à 35 dans la direction de l'épave. »
Ce qu'il faut écrire
« On projette : Px=m1(15) et Py=m2(20), on conserve CHAQUE composante séparément, puis on revient à une grandeur et à un angle. »
Pourquoi : Deux vecteurs perpendiculaires ne s'additionnent pas en nombres. C'est la même erreur que la traversée de rivière du chapitre de cinématique, transposée aux collisions.
7.Croire que deux boules qui se séparent forment toujours un angle de quatre-vingt-dix degrés
4 points, et une projection fausse dans toute la suite
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Après le choc, les deux corps repartent forcément à 90° l'un de l'autre, c'est la règle du billard. »
Ce qu'il faut écrire
« Ce résultat exige DEUX conditions : masses égales ET choc élastique, avec l'une des deux boules initialement immobile. Hors de ces conditions, l'angle est différent de 90°. »
Choc élastique, cible au repos, vitesses à l'échelle. Masses égales : angle droit. Projectile deux fois plus lourd : 60° seulement, les deux vitesses se referment.
Pourquoi : L'angle vient d'un produit scalaire dont le signe suit celui de m1−m2 : nul si les masses sont égales, positif si le projectile est le plus lourd, donc un angle plus fermé.
8.Résoudre un choc élastique par le système quadratique complet
pas de points perdus, mais dix minutes et deux racines à trier
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Je pose m1v1=m1v1′+m2v2′ et 21m1v12=21m1v1′2+21m2v2′2, puis je substitue et je résous le second degré. »
Ce qu'il faut écrire
« On remplace la seconde équation par sa conséquence linéaire : v1−v2=−(v1′−v2′). Le système devient deux équations du premier degré. »
Pourquoi : La solution quadratique renvoie toujours la solution triviale v1′=v1, celle où le choc n'a pas eu lieu. La forme linéaire l'élimine d'entrée et évite de choisir entre deux racines sous la pression de l'examen.
9.Croire qu'une explosion interne déplace le centre de masse
4 points sur les questions de raisonnement
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La fusée explose en vol : les morceaux partent dans tous les sens, donc le centre de masse part avec le plus gros. »
Ce qu'il faut écrire
« Aucune force interne ne modifie vcm : le centre de masse poursuit exactement la trajectoire parabolique qu'aurait suivie la fusée intacte. »
Pourquoi : Les forces internes vont par paires action-réaction et s'annulent deux à deux dans la somme. Seule la gravité, extérieure, agit encore, et c'est elle seule qui courbe la trajectoire du centre de masse.
Quelle méthode choisir
Quelle loi appliquer selon le choc
Le mot de l'énoncé qui décrit ce qui arrive aux corps au moment du contact
Si « restent accrochés », « se plante dans », « repartent ensemble », « s'encastrent » → choc parfaitement inélastique : quantité de mouvement seule, v′=m1+m2m1v1+m2v2
Exemple : accrochage de wagons, balle dans un bloc
Si « choc élastique », « aucune énergie perdue », « boules de billard idéales » → quantité de mouvement ET inversion de la vitesse relative
Exemple : v1−v2=−(v1′−v2′), système linéaire
Si l'énoncé donne les deux vitesses finales et demande l'énergie perdue → calculer Ek avant et après, la différence est la réponse
Exemple : de 36 kJ à 24 kJ, soit 33% dissipés
Si l'énoncé décrit une explosion, un recul, une séparation → quantité de mouvement, avec Pavant=0 si le système partait du repos
Exemple : astronaute qui lance un outil, fusil qui recule
Si l'énoncé demande une force moyenne ou une durée d'impact → théorème de l'impulsion, FmoyΔt=Δp
Exemple : Δp=6,0 kg·m/s en 0,010 s donne 600 N
Aucun choc réel n'est parfaitement élastique : si l'énoncé ne le dit pas, ne le supposez pas. Le silence de l'énoncé signifie qu'il ne faut utiliser que la quantité de mouvement.
Combien de phases dans le problème
Le récit de l'énoncé, relu en cherchant les instants où la physique change
Si un objet tombe, puis frappe, puis rebondit → trois phases : énergie ou cinématique, impulsion, puis énergie de nouveau
Exemple : balle lâchée d'une hauteur qui remonte moins haut
Si un projectile s'encastre, puis l'ensemble se met en mouvement → deux phases : quantité de mouvement pendant le choc, énergie ou Newton ensuite
Exemple : pendule balistique, chariot qui monte une pente après l'impact
Si un objet glisse, heurte, puis glisse encore avec frottement → trois phases, et le frottement n'intervient JAMAIS dans le bilan de quantité de mouvement du choc
Exemple : palet lancé sur une surface rugueuse
Si tout se passe pendant l'impact seul → une seule phase, quantité de mouvement, rien d'autre
Exemple : collision à une intersection, vitesse commune juste après
Écrire les phases avant de calculer, numérotées, avec la loi utilisée en face de chacune. C'est la seule habitude qui empêche de tirer une conservation d'un bout à l'autre du problème.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Résoudre un problème en deux phases
Quand l'utiliser : Un choc est suivi d'un mouvement, ou précédé d'une chute : dès que l'énoncé raconte une histoire en plusieurs temps.
1Découper le récit en phases numérotées et écrire, en face de chacune, la loi qui s'y applique et pourquoi.
2Poser un axe et l'orienter, puis exprimer chaque vitesse avec son signe.
3Phase du choc : écrire la conservation de la quantité de mouvement, en justifiant que les forces extérieures sont négligeables sur une durée aussi brève.
4Phase suivante : écrire le bilan d'énergie ou l'équation de Newton, en partant de la vitesse obtenue à l'étape précédente.
5Remonter la chaîne jusqu'à l'inconnue demandée, puis vérifier la vraisemblance du résultat et le pourcentage d'énergie perdue s'il est demandé.
Phrase de conclusion
« Pendant le choc, très bref, la quantité de mouvement se conserve : mv=(m+M)V. Après le choc, seule la gravité travaille, donc 21(m+M)V2=(m+M)gh. En combinant, v=mm+M2gh=257 m/s. »
Le piège : Justifier la conservation. Une copie qui écrit mv=(m+M)V sans la phrase « les forces extérieures sont négligeables pendant l'impact » perd le point de rigueur, et surtout n'a aucune raison de refuser d'utiliser la même loi pendant la montée.
Barème : Typiquement 1 point pour le découpage en phases, 3 pour la conservation justifiée, 3 pour le bilan d'énergie, 1 pour la conclusion et l'ordre de grandeur.
Traiter une collision en deux dimensions
Quand l'utiliser : Deux corps arrivent selon des directions différentes, ou repartent selon des directions différentes.
1Poser deux axes et faire un schéma coté avec les angles mesurés par rapport à l'axe des x.
2Écrire les composantes de chaque quantité de mouvement avant le choc : px=mvcosθ et py=mvsinθ.
3Écrire la conservation SÉPARÉMENT sur chaque axe, ce qui donne deux équations indépendantes.
4Résoudre le système, puis revenir à la grandeur par Pythagore et à la direction par l'arc tangente, en vérifiant le quadrant.
Phrase de conclusion
« La conservation sur x donne m1v1=m1v1′cosα+m2v2′cosβ et celle sur y donne 0=m1v1′sinα−m2v2′sinβ; la résolution du système fournit les deux vitesses après le choc. »
Le piège : L'équation en y quand la quantité de mouvement initiale y est nulle. Elle n'est pas inutile : elle dit que les deux composantes verticales se compensent exactement, ce qui est souvent l'équation la plus rentable du système.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
L'énergie cinétique après ne dépasse jamais celle d'avant
Calculer Ek des deux côtés, même quand ce n'est pas demandé. Une énergie qui augmente sans source extérieure signale une erreur de signe ou une loi mal choisie.
24 kJ après contre 36 kJ avant : plausible. 44 kJ après : impossible sans ressort comprimé ni explosif.
La vitesse commune encadrée par les deux vitesses initiales
Dans un choc parfaitement inélastique, la vitesse finale est toujours comprise entre les deux vitesses initiales, plus proche de celle du corps le plus lourd.
Un v′=3,5 m/s pour un choc entre 3,0 m/s et 0 m/s est impossible, le résultat doit être entre 0 et 3,0.
La substitution inverse dans le bilan de quantité de mouvement
Réinjecter les vitesses trouvées dans Pavant=Papreˋs, avec les signes. C'est le contrôle le plus rentable du chapitre et il prend dix secondes.
Une somme finale de +2m face à une somme initiale de −2m dit qu'un signe a été perdu en route.
L'ordre de grandeur d'une vitesse de projectile
Une balle de fusil va de 200 à 900 m/s, une balle de baseball à 40 m/s, une voiture en ville à 14 m/s. Comparer avant de rendre.
Un v=25 m/s pour une balle de 12 g qui soulève un bloc de 2 kg de 12 cm : dix fois trop peu, l'énergie a été appliquée au choc.
Le sens de chaque vitesse relu sur le schéma
Repasser sur le schéma et vérifier que chaque signe correspond bien à une flèche. Une vitesse négative doit pointer dans le sens opposé à l'axe, pas ailleurs.
Une vitesse finale négative pour un corps poussé par un autre plus lourd dans le même sens : le signe de l'axe a changé en cours de route.
L'exercice type décortiqué
Le pendule balistique, deux phases et deux lois
Une balle de masse m=12,0 g est tirée horizontalement dans un bloc de bois de masse M=2,00 kg suspendu par des fils verticaux. La balle s'y plante immédiatement.
L'ensemble s'élève ensuite de h=12,0 cm au-dessus de sa position initiale. Déterminer la vitesse de la balle avant l'impact, puis le pourcentage d'énergie cinétique dissipée dans le choc. On prend g=9,80 m/s2.
Deux instants séparés par le choc : la balle disparaît dans le bloc, puis l'ensemble monte de h. Le premier relève de la quantité de mouvement, le second de l'énergie.
Étape 1
Phase 1, le choc : très bref, forces extérieures négligeables, corps solidaires après. Loi : conservation de la quantité de mouvement. Phase 2, la montée : seule la gravité travaille, fils inextensibles. Loi : conservation de l'énergie mécanique.
Pourquoi
Ce découpage écrit noir sur blanc est ce qui empêche l'erreur la plus coûteuse du chapitre. Il vaut aussi un point de rigueur à lui seul dans la plupart des barèmes.
Étape 2
Phase 2 d'abord, car elle ne contient qu'une inconnue : 21(m+M)V2=(m+M)gh, donc V=2gh=2(9,80)(0,120)=1,53 m/s.
Pourquoi
On remonte le problème à l'envers. La masse se simplifie, ce qui est le signe que la hauteur atteinte ne dépend que de la vitesse juste après le choc, jamais de la répartition des masses.
Étape 3
Phase 1 ensuite : mv=(m+M)V, donc v=0,0120(0,0120+2,00)(1,53)=257 m/s.
Pourquoi
Le rapport mm+M vaut ici 168 : c'est ce facteur d'amplification qui fait tout l'intérêt du dispositif, puisqu'il transforme une hauteur mesurable au centimètre en une vitesse de plusieurs centaines de mètres par seconde.
Étape 4
Énergie cinétique avant : 21(0,0120)(257)2=396 J. Après le choc : 21(2,012)(1,53)2=2,37 J.
Pourquoi
Les deux nombres doivent être calculés séparément, et non estimés : c'est l'écart entre eux qui justifie a posteriori qu'il était interdit d'appliquer l'énergie à la phase 1.
Étape 5
Fraction dissipée : 1−3962,37=0,994, soit 99,4%. On retrouve directement m+MM=2,0122,00.
Pourquoi
La formule m+MM vaut pour tout choc parfaitement inélastique sur une cible immobile : la connaître permet de vérifier le calcul complet en une ligne.
Étape 6
Vérification : avec la méthode fausse, v=m2(m+M)gh=19,8 m/s, soit treize fois moins que la valeur correcte.
Pourquoi
Comparer les deux résultats ancre l'ordre de grandeur : une balle de fusil ne va pas à 20 m/s, et cette seule remarque suffit à rejeter la méthode énergétique appliquée au choc.
Conclusion rédigée
« La conservation de la quantité de mouvement pendant l'impact, suivie de la conservation de l'énergie pendant la montée, donne une vitesse initiale de 257 m/s pour la balle, et le choc dissipe 99,4% de son énergie cinétique. »
L'erreur classique sur cet exercice : Écrire un seul bilan d'énergie de la balle jusqu'au point haut. On obtient 19,8 m/s, une valeur absurde pour une balle, et l'on n'a plus aucun moyen de calculer l'énergie dissipée, puisqu'on vient de supposer qu'il n'y en avait pas.
À savoir par cœur
•p=mv est un VECTEUR : signe en une dimension, composantes en deux dimensions.
•P se conserve dans TOUS les chocs; Ek seulement dans les chocs élastiques.
•J=FΔt=Δp, et J est l'aire sous la courbe F(t).
•Rebond avec inversion : ∣Δp∣=2mv, jamais zéro.
•Choc parfaitement inélastique : v′=m1+m2m1v1+m2v2, et la fraction d'énergie perdue vaut m+MM sur cible immobile.
•Choc élastique en une dimension : v1−v2=−(v1′−v2′), linéaire, à préférer au système quadratique.
•L'angle de 90° après le choc exige masses ÉGALES et choc ÉLASTIQUE sur une cible immobile.
•Aucune force interne ne déplace le centre de masse : vcm ne change pas lors d'une explosion.
Questions fréquentes
La quantité de mouvement se conserve-t-elle dans toutes les collisions ?
Oui, tant que les forces extérieures sont négligeables pendant l'impact, ce qui est le cas dès que le choc est bref. C'est vrai aussi bien pour un choc élastique que pour un choc où les corps restent soudés. L'énergie cinétique, en revanche, ne se conserve que si le choc est explicitement dit élastique.
Quelle différence entre un choc élastique et un choc inélastique ?
Dans les deux cas la quantité de mouvement se conserve. Dans un choc élastique, l'énergie cinétique totale est la même avant et après. Dans un choc inélastique, une partie est passée en déformation, en chaleur et en son. Le cas extrême est le choc parfaitement inélastique, où les corps repartent ensemble et où la perte est maximale.
Comment résoudre un pendule balistique ?
En deux temps. Pendant le choc, on conserve la quantité de mouvement : la masse de la balle fois sa vitesse égale la masse totale fois la vitesse commune. Après le choc, on conserve l'énergie mécanique : la vitesse commune se convertit en hauteur. Il ne faut jamais appliquer la conservation de l'énergie au choc lui-même, car il y dissipe presque tout.
Pourquoi la variation de quantité de mouvement d'un rebond n'est-elle pas nulle ?
Parce que la quantité de mouvement est un vecteur. Une balle qui arrive à vingt mètres par seconde et repart à vingt mètres par seconde en sens inverse a vu son vecteur faire demi-tour. La variation vaut donc deux fois la masse par la vitesse, et non zéro. C'est cette variation qui donne la force exercée par le mur.
Quand les deux boules repartent-elles à quatre-vingt-dix degrés ?
Uniquement si les deux masses sont égales, si le choc est élastique et si l'une des deux boules était immobile avant l'impact. Si le projectile est plus lourd que la cible, l'angle est plus fermé; s'il est plus léger, il est plus ouvert. Hors du billard idéal, ce résultat ne doit jamais être supposé.
Une explosion peut-elle déplacer le centre de masse d'un système ?
Non. Les forces qui interviennent sont internes et s'annulent deux à deux par la troisième loi de Newton. Le centre de masse continue donc exactement sur la trajectoire qu'il suivait avant, même si les morceaux partent dans toutes les directions. Seule une force extérieure, comme la gravité, peut modifier son mouvement.
Passer à la pratique
Exercices corrigés : Quantité de mouvement et collisions
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
Il manque quelque chose dans cette fiche ?Une méthode, un piège, un exercice pour l'appliquer, une erreur repérée : dis-le-moi, je lis chaque demande.
L'envoi passe par ton espace gratuit : c'est ce qui me permet de te répondre et de te prévenir quand l'exercice est ajouté. Un courriel suffit, pas de mot de passe. Crée ton espace.
Pas envie de créer un compte ? Écris-moi directement.
Vous cherchez un tuteur en physique 203-SN1-RE à Montréal ?
Contactez-moi pour une première séance. Sur les collisions, on travaille d'abord le découpage en phases : quelle loi s'applique pendant le choc, laquelle s'applique après. Le reste n'est plus que de l'algèbre.