Mécanique 203-SN1-RE (ancien 203-NYA) • Complément québécois de Première et cégep à Montréal
Fiche de révision : la rotation des corps rigides (203-SN1-RE, ancien 203-NYA)
La rotation reprend toute la mécanique déjà vue en changeant chaque symbole : x devient θ, m devient I, F devient τ. Les équations sont donc connues d'avance. La difficulté est ailleurs : I dépend de l'axe choisi, et une même pièce a autant de moments d'inertie que d'axes possibles.
Cette fiche rassemble les erreurs propres à ce chapitre : l'axe non nommé, le bras de levier confondu avec la distance, la poulie idéalisée à tort, et les deux grandeurs, énergie et moment cinétique, dont une seule se conserve quand le corps change de forme.
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Le fil du chapitre
Un moment d'inertie n'existe pas tout seul : il existe PAR RAPPORT À UN AXE. Tant que l'axe n'est pas nommé, aucune formule du chapitre n'a de sens, et c'est de là que vient la majorité des points perdus.
•Les trois équations du MRUA se transposent telles quelles : ω=ω0+αt, θ=ω0t+21αt2, ω2=ω02+2αθ.
•Liens avec un point du solide à la distance r de l'axe : v=ωr, at=αr, ac=ω2r.
•TOUS les angles sont en RADIANS dans ces relations. Un θ en degrés donne un v faux d'un facteur 57,3.
•at et ac sont perpendiculaires : l'accélération totale d'un point vaut at2+ac2, jamais at seule.
Sur la tangente, v=ωr et at=αr ; vers l'axe, ac=ω2r. Les deux accélérations sont perpendiculaires : l'accélération totale est leur somme vectorielle.
Le dictionnaire ne dispense pas de réfléchir : I ne se comporte pas comme m, puisqu'il change quand on change d'axe, alors que la masse, elle, ne change jamais.
Moment de force : ce n'est pas la distance qui compte
•τ=rFsinϕ, où ϕ est l'angle entre r et F. Seule la composante PERPENDICULAIRE de la force fait tourner.
•Autre lecture, souvent plus rapide : τ=F×d⊥, où d⊥ est la distance de l'axe à la LIGNE D'ACTION de la force, c'est le bras de levier.
•Une force dont la ligne d'action passe par l'axe a un moment NUL, quelle que soit sa grandeur.
•Le signe du moment se fixe par convention : positif dans le sens antihoraire, et cette convention vaut pour tout le problème.
•Στ=Iα est la deuxième loi de Newton en rotation, et elle s'écrit par rapport au MÊME axe que le I utilisé.
Trois forces de MÊME grandeur au MÊME point : la perpendiculaire fait tourner à plein, l'oblique selon son bras de levier d⊥=rsin30°, celle qui vise l'axe pas du tout.
Sur une clé, tirer perpendiculairement à la poignée est optimal; tirer dans l'axe de la poignée ne serre rien du tout, même en y mettant toute sa force. C'est le sinus qui le dit.
Moment d'inertie, roulement, moment cinétique
•Valeurs usuelles, par rapport à l'axe de symétrie : anneau MR2; disque ou cylindre plein 21MR2; sphère pleine 52MR2; tige par son centre 121ML2; tige par une extrémité 31ML2.
•Théorème des axes parallèles : I=Icm+Md2, avec d la distance entre le nouvel axe et le centre de masse. Il ne s'applique QUE depuis l'axe du centre de masse.
•Roulement sans glissement : vcm=ωR et acm=αR, avec K=21Mvcm2+21Iω2.
•Dans une descente, le classement ne dépend ni de la masse ni du rayon, seulement du rapport MR2I : sphère, puis cylindre, puis anneau, toujours dans cet ordre.
•L=Iω se conserve quand Στext=0, MÊME si I change en cours de route : c'est le patineur qui ramène ses bras.
Roulement sans glissement : le frottement statique part du point de contact, immobile, remonte la pente et donne seul un moment autour du centre ; il ne travaille pas.
Quand I diminue de moitié à L constant, ω double et K=21Iω2 DOUBLE aussi : l'énergie vient du travail musculaire du patineur, elle ne se conserve pas.
Conservation du moment cinétique : la patineuse
•L=Iω se conserve quand aucun moment de force EXTÉRIEUR n'agit autour de l'axe ; les forces internes peuvent changer I sans changer L.
•Bras ramenés : la masse se rapproche de l'axe, I diminue, et ω augmente dans le rapport inverse, ω2=I2I1ω1.
•L'énergie K=2IL2 augmente dans le même rapport : c'est le travail des bras qui la fournit.
Vue de dessus, même moment cinétique : bras écartés, la masse est loin de l'axe et la rotation lente ; bras ramenés, I chute et la rotation s'emballe.
Un objet qui saute sur un manège apporte son propre moment cinétique, mvd, avec d son bras de levier par rapport à l'axe : on conserve L du système complet.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Utiliser un moment d'inertie sans dire par rapport à quel axe
toute la question, 6 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La tige de 2,0 kg et 1,2 m tourne autour d'un clou planté à son extrémité : I=121ML2=0,24 kg·m2. »
Ce qu'il faut écrire
« 121ML2 vaut pour un axe au CENTRE. Ici l'axe est à l'extrémité, donc I=121ML2+M(2L)2=31ML2=0,96 kg·m2. »
Même tige, même masse, même longueur : seul le point de rotation change, et le moment d'inertie est multiplié par quatre. C'est pourquoi une formule de moment d'inertie ne se recopie jamais sans vérifier l'axe.
Pourquoi : Le moment d'inertie mesure la répartition de la masse AUTOUR D'UN AXE donné. Changer l'axe change le résultat d'un facteur 4 dans ce cas, et toute la dynamique avec.
2.Oublier le sinus, ou confondre la distance avec le bras de levier
3 points, et une accélération angulaire presque double
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La force de 50 N est appliquée à 0,30 m de l'axe, à 35° de la barre : τ=50×0,30=15 N·m. »
Ce qu'il faut écrire
« τ=rFsin35°=0,30×50×0,574=8,6 N·m. Le bras de levier vaut 0,30sin35°=0,172 m, pas 0,30 m. »
Pourquoi : Seule la composante perpendiculaire au bras fait tourner. La composante parallèle tire sur l'axe, où elle est intégralement reprise par le support, sans effet sur la rotation.
3.Garder la même tension de part et d'autre d'une poulie qui a une masse
toute la question, 8 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Poulie de 2,0 kg, deux masses reliées : la corde a la même tension des deux côtés, donc T1=T2. »
Ce qu'il faut écrire
« Si la poulie tourne et possède un moment d'inertie, c'est justement la DIFFÉRENCE de tension qui la fait tourner : (T2−T1)R=Iα, donc T2=T1. »
Pourquoi : L'égalité des tensions est une conséquence de I=0, pas une propriété des poulies. Un énoncé qui donne la masse de la poulie vous dit exactement qu'il ne faut pas l'utiliser.
4.Oublier l'énergie de rotation dans le bilan d'un objet qui roule
toute la question, 5 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La sphère roule sans glisser depuis une hauteur h : mgh=21mv2, donc v=2gh. »
Ce qu'il faut écrire
« mgh=21mv2+21Iω2 avec ω=Rv, donc v=710gh, soit 85% de la vitesse d'un glissement sans frottement. »
Pourquoi : Un corps qui roule stocke une partie de son énergie dans la rotation. Répondre 2gh revient à dire qu'il glisse sans tourner, ce que l'énoncé vient d'exclure.
5.Croire que la masse ou le rayon décide de la course sur un plan incliné
4 points sur les questions de raisonnement
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La grosse bille est plus lourde, donc elle arrive la première. »
Ce qu'il faut écrire
« La vitesse d'arrivée vaut v=1+I/MR22gh : ni M ni R n'y figurent. Seule la FORME compte, et la sphère bat toujours le cylindre, qui bat toujours l'anneau. »
Pourquoi : Le rapport MR2I vaut 0,4 pour une sphère, 0,5 pour un cylindre et 1 pour un anneau, quels que soient la masse et la taille. C'est un nombre pur, propre à la géométrie.
6.Conserver l'énergie cinétique quand le patineur ramène ses bras
toute la question de raisonnement, 5 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le moment cinétique se conserve, donc l'énergie cinétique aussi : 21Iω2 reste constante. »
Ce qu'il faut écrire
« L=Iω se conserve. Si I est divisé par deux, ω double, et K=2IL2 DOUBLE. Le patineur a fourni ce travail avec ses muscles. »
Pourquoi : Ramener ses bras exige une force dirigée vers l'axe, qui travaille sur un déplacement radial. Ce travail est interne, donc il ne crée aucun moment de force, mais il ajoute bien de l'énergie.
7.Traiter le frottement du roulement sans glissement comme dissipatif
toute la question, 5 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La sphère roule sur 3,0 m avec un frottement, donc il faut retrancher f×3,0 du bilan d'énergie. »
Ce qu'il faut écrire
« En roulement SANS glissement, le point de contact est immobile par rapport au sol : le frottement est STATIQUE, son point d'application ne se déplace pas, et il ne dissipe rien. »
Pourquoi : Le travail d'une force se calcule au point où elle s'applique. Ici ce point a une vitesse nulle à chaque instant, donc un travail nul, alors même que la force est indispensable pour faire tourner la sphère.
8.Travailler en degrés dans v=ωr ou dans les équations angulaires
toute la question, et un résultat 57 fois trop grand
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La roue tourne de 180° en 2,0 s : ω=90 deg/s, donc v=90×0,30=27 m/s. »
Ce qu'il faut écrire
« 180°=π rad, donc ω=1,57 rad/s et v=1,57×0,30=0,47 m/s. »
Pourquoi : Le radian est le seul angle sans dimension qui rende v=ωr homogène. Le facteur d'erreur vaut exactement π180=57,3, et se repère à l'absurdité du résultat.
9.Additionner des moments d'inertie calculés par rapport à des axes différents
toute la question, 6 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le système est une tige plus une masse au bout : I=121ML2+mR2, avec la tige par son centre et la masse par l'axe. »
Ce qu'il faut écrire
« Tous les termes doivent se rapporter au MÊME axe. Si l'axe est l'extrémité de la tige : I=31ML2+mL2. »
Pourquoi : L'additivité des moments d'inertie n'est valable que pour un axe commun. Additionner deux nombres calculés autour de deux axes revient à additionner des grandeurs qui ne décrivent pas le même mouvement.
Quelle méthode choisir
Couple ou énergie
Ce que la question demande, exactement comme en translation
Si on demande une accélération angulaire, un temps, une tension → Στ=Iα pour le corps en rotation, plus ΣF=ma pour les corps en translation
Exemple : machine d'Atwood à poulie pesante
Si on demande une vitesse angulaire après une descente ou une chute → bilan d'énergie avec 21Iω2 inclus
Exemple : tige lâchée à l'horizontale, sphère qui descend une pente
Si on demande une vitesse après un CHANGEMENT DE FORME du système → conservation du moment cinétique, I1ω1=I2ω2
Exemple : patineur, plateforme sur laquelle quelqu'un marche
Si un objet tombe sur un disque en rotation et y adhère → conservation du moment cinétique, jamais de l'énergie
Exemple : argile lâchée sur un tourne-disque
Si on demande une force de contact ou une réaction d'axe → énergie d'abord pour ω, puis ΣF=macm avec ac=ω2r
même enchaînement qu'au chapitre de l'énergie pour la tension d'un pendule
Le mot déclencheur de la conservation du moment cinétique est toujours un changement interne : « ramène ses bras », « se rapproche de l'axe », « adhère », « se détache ». Aucun de ces événements ne conserve l'énergie cinétique.
Quel moment d'inertie écrire
La géométrie du corps ET la position de l'axe, dans cet ordre
Si l'axe passe par le centre de symétrie → la formule du tableau telle quelle
Exemple : disque autour de son centre, 21MR2
Si l'axe est parallèle au précédent mais décalé de d → I=Icm+Md2
Exemple : tige par une extrémité, 121ML2+M(2L)2=31ML2
Si le corps est composé de plusieurs pièces → ramener CHAQUE pièce au même axe, puis additionner
Exemple : tige plus masse ponctuelle au bout : 31ML2+mL2
Si le corps est un point matériel à la distance r → I=mr2, sans aucun coefficient
Exemple : boule au bout d'un fil, satellite
Si l'énoncé donne la masse volumique et demande de démontrer la formule → I=∫r2dm, avec dm exprimé en fonction de dr ou dx
c'est la seule question du chapitre où le calcul intégral de 201-SN2-RE sert directement
Avant d'écrire quoi que ce soit, dessiner l'axe et l'annoter sur la figure. Une copie qui montre l'axe se trompe rarement de formule; une copie qui ne le montre pas se trompe une fois sur deux.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Résoudre un système avec une poulie qui a une masse
Quand l'utiliser : L'énoncé donne la masse ou le moment d'inertie de la poulie, ou dit qu'elle n'est pas idéale.
1Choisir un sens de mouvement présumé et le déclarer, puis orienter chaque axe dans ce sens, y compris le sens positif de rotation de la poulie.
2Écrire un diagramme de corps libre par masse, avec des tensions DIFFÉRENTES de chaque côté de la poulie.
3Écrire ΣF=ma pour chaque masse, puis Στ=Iα pour la poulie, soit (T2−T1)R=Iα.
4Ajouter la contrainte du fil qui ne glisse pas : a=αR, ce qui permet de remplacer α par Ra et fait apparaître le terme R2I.
5Additionner les trois équations pour éliminer les deux tensions, obtenir a, puis remonter à T1 et T2 séparément.
Phrase de conclusion
« Les trois équations, additionnées après substitution de α=Ra, donnent a=m1+m2+I/R2(m2−m1)g=2,18 m/s2, puis T1=35,9 N et T2=38,1 N. »
Le piège : Le terme R2I a la dimension d'une MASSE : c'est la masse effective que la poulie ajoute au système. Pour un disque plein, il vaut exactement 2M, ce qui donne un contrôle immédiat du résultat.
Barème : Typiquement 2 points pour les deux diagrammes, 2 pour l'équation de la poulie, 1 pour la contrainte du fil, 2 pour la résolution, 1 pour les deux tensions distinctes.
Traiter un problème de conservation du moment cinétique
Quand l'utiliser : Le système change de forme, ou un corps vient s'ajouter à un corps déjà en rotation.
1Justifier la conservation : nommer l'axe et dire pourquoi aucun moment de force extérieur n'agit autour de lui, les forces internes ne comptant pas.
2Calculer I1 dans l'état initial et I2 dans l'état final, en ramenant chaque pièce au MÊME axe.
3Écrire I1ω1=I2ω2 et isoler l'inconnue.
4Si l'énoncé le demande, calculer séparément K1 et K2 et commenter l'écart, en désignant sa source.
Phrase de conclusion
« Aucun moment de force extérieur n'agit autour de l'axe vertical, donc L se conserve : I1ω1=I2ω2 donne ω2=6,0 rad/s, et l'énergie cinétique passe de 18 J à 36 J, le travail des muscles fournissant la différence. »
Le piège : Écrire « le système est isolé » sans plus de précision. Le poids et la réaction de l'axe existent bel et bien : ce qu'il faut dire est que leur MOMENT autour de l'axe considéré est nul.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
L'axe nommé sur chaque moment d'inertie
Repasser sur chaque I de la copie et écrire à côté l'axe auquel il se rapporte. Deux I d'axes différents dans la même somme sautent alors aux yeux.
Un 121ML2 dans un problème où le clou est à l'extrémité : l'axe ne correspond pas.
Le terme I/R2 lu comme une masse
Dans un problème de poulie, vérifier que ce terme a bien la dimension d'une masse et qu'il vaut 2M pour un disque plein. C'est un contrôle en deux secondes.
Un I/R2=4,0 kg pour une poulie de 2,0 kg : le moment d'inertie utilisé n'est pas celui d'un disque.
Le mode radian de la calculatrice
Toutes les relations v=ωr, at=αr et θ=ωt exigent des radians. Vérifier RAD à l'écran et convertir les degrés de l'énoncé dès la première ligne.
Une vitesse de 27 m/s au bord d'une roue qui fait un demi-tour en deux secondes : facteur 57, l'angle est resté en degrés.
La comparaison avec le glissement sans frottement
Un corps qui roule arrive toujours PLUS LENTEMENT qu'un corps qui glisse sans frottement depuis la même hauteur, puisqu'une partie de l'énergie est passée en rotation.
Une sphère qui roule arrive à 3,74 m/s là où un glissement pur donnerait 4,43 m/s : plausible. Une valeur supérieure à 4,43 ne l'est pas.
L'ordre d'arrivée sur un plan incliné
Sphère pleine, puis cylindre plein, puis anneau, quels que soient la masse et le rayon. Toute réponse qui inverse cet ordre, ou qui invoque la masse, est fausse.
Un raisonnement qui conclut que le plus lourd gagne : le résultat ne contient ni M ni R.
L'exercice type décortiqué
Machine d'Atwood avec une poulie qui a une masse
Deux blocs de masses m1=3,00 kg et m2=5,00 kg sont reliés par un fil inextensible passant sur une poulie assimilée à un disque plein de masse M=2,00 kg et de rayon R=12,0 cm.
Le fil ne glisse pas sur la poulie et l'axe est sans frottement. Déterminer l'accélération des blocs, puis les deux tensions du fil. On prend g=9,80 m/s2.
La poulie n'est pas un simple renvoi : elle tourne, donc elle absorbe une partie de l'accélération, et les deux brins du fil ne tirent PAS avec la même force. C'est cette différence qui la met en rotation.
Étape 1
Sens présumé : m2 descend, m1 monte, la poulie tourne dans le sens correspondant. Moment d'inertie : I=21MR2=21(2,00)(0,120)2=0,0144 kg·m2.
Pourquoi
Le sens présumé fixe le signe de tous les termes, y compris celui du moment de force. Sans cette déclaration, le signe du membre Iα n'est pas justifiable.
Trois corps, trois équations. Écrire T1 et T2 distincts dès la première ligne évite l'erreur qui coûte le plus cher ici, et rend inutile toute justification supplémentaire.
Étape 3
Contrainte du fil qui ne glisse pas : a=αR, donc α=Ra et l'équation de la poulie devient T2−T1=R2Ia=1,00a.
Pourquoi
Le terme R2I vaut ici 1,00 kg : la poulie se comporte exactement comme une masse supplémentaire de 1,00 kg, soit la moitié de sa masse réelle, ce qui est la signature du disque plein.
Étape 4
Somme des trois équations : (m2−m1)g=(m1+m2+R2I)a, donc a=3,00+5,00+1,00(5,00−3,00)(9,80)=9,0019,6=2,18 m/s2.
Pourquoi
Les deux tensions disparaissent d'elles-mêmes parce que chacune apparaît deux fois avec des signes opposés. C'est l'unique raison d'avoir orienté tous les axes dans le sens du mouvement présumé.
Étape 5
T1=m1(g+a)=3,00(9,80+2,18)=35,9 N et T2=m2(g−a)=5,00(9,80−2,18)=38,1 N.
Pourquoi
Chaque tension se lit dans l'équation de son propre bloc, jamais dans celle de la poulie : cette dernière ne donne que leur différence.
Étape 6
Vérification par l'équation de la poulie : T2−T1=38,1−35,9=2,18 N, à comparer à R2Ia=1,00×2,18=2,18 N.
Pourquoi
On contrôle avec l'équation qui n'a pas servi à isoler les résultats. Si la poulie avait été sans masse, cette différence devrait être nulle, ce qui donne aussi le cas limite à tester.
Étape 7
Cas limite : avec M=0, on retrouverait a=8,0019,6=2,45 m/s2 et T1=T2=36,8 N.
Pourquoi
Le cas limite valide la structure de la formule : la poulie pesante ralentit le système et sépare les tensions, exactement comme le sens physique le prévoit.
Conclusion rédigée
« Les blocs accélèrent à 2,18 m/s2, le brin qui soutient m1 est tendu à 35,9 N et celui qui soutient m2 à 38,1 N, la différence de 2,18 N étant exactement ce qui met la poulie en rotation. »
L'erreur classique sur cet exercice : Poser T1=T2 dès le départ. On obtient alors a=2,45 m/s2 et une seule tension, et la masse de la poulie fournie par l'énoncé n'a servi à rien : une donnée inutilisée est presque toujours le signe d'une hypothèse fausse.
À savoir par cœur
•Un moment d'inertie se donne TOUJOURS avec son axe : 121ML2 au centre, 31ML2 à l'extrémité.
•Théorème des axes parallèles : I=Icm+Md2, et seulement depuis l'axe du centre de masse.
•τ=rFsinϕ : une force dirigée vers l'axe a un moment nul.
•Radians obligatoires dans v=ωr, at=αr et ac=ω2r.
•Roulement sans glissement : v=ωR, K=21Mv2+21Iω2, et le frottement statique ne dissipe rien.
•Sur une pente, le classement ne dépend que de MR2I : sphère 0,4, cylindre 0,5, anneau 1.
•Poulie de masse non nulle : T1=T2, et R2I s'ajoute comme une masse dans le dénominateur.
•L=Iω se conserve quand Στext=0; K=2IL2, elle, change dès que I change.
Questions fréquentes
Pourquoi le moment d'inertie change-t-il selon l'axe choisi ?
Parce qu'il mesure à quelle distance de l'axe la masse est répartie, et que cette distance change avec l'axe. Une tige tournant autour de son centre a quatre fois moins d'inertie que la même tige tournant autour d'une extrémité. Le théorème des axes parallèles permet de passer de l'un à l'autre en ajoutant la masse fois le carré du décalage.
Quand les deux tensions d'une poulie sont-elles différentes ?
Dès que la poulie a une masse et qu'elle tourne. C'est justement l'écart entre les deux tensions qui fournit le moment de force nécessaire à sa mise en rotation. Une poulie idéale, sans masse, a un moment d'inertie nul et les deux tensions y sont égales. Si l'énoncé donne la masse de la poulie, il vous dit de ne pas les confondre.
Quel objet arrive le premier en bas d'un plan incliné ?
La sphère pleine, devant le cylindre plein, devant l'anneau, toujours dans cet ordre. Ni la masse ni le rayon n'interviennent : seul compte le rapport du moment d'inertie au produit de la masse par le carré du rayon, qui vaut deux cinquièmes, un demi et un pour ces trois formes. Plus ce nombre est petit, moins il faut d'énergie pour la rotation.
Pourquoi le patineur tourne-t-il plus vite en ramenant ses bras ?
Parce que le moment cinétique, produit du moment d'inertie par la vitesse angulaire, se conserve en l'absence de moment de force extérieur. En rapprochant sa masse de l'axe, il diminue son moment d'inertie, donc sa vitesse angulaire augmente d'autant. Son énergie cinétique, elle, augmente aussi : ce sont ses muscles qui fournissent ce travail.
Le frottement d'un objet qui roule dissipe-t-il de l'énergie ?
Non, tant que le roulement se fait sans glissement. Le point de contact est immobile par rapport au sol à chaque instant, donc la force de frottement ne se déplace pas et ne travaille pas. Elle reste pourtant indispensable, puisque c'est elle qui crée le moment de force qui fait tourner l'objet.
Faut-il travailler en degrés ou en radians en rotation ?
En radians, sans exception, dans toutes les relations qui relient une grandeur angulaire à une grandeur linéaire. Un angle en degrés donne une vitesse ou une accélération fausse d'un facteur cinquante-sept environ. La première ligne de la copie doit donc convertir les degrés fournis par l'énoncé.
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Exercices corrigés : La rotation des corps rigides
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
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