Algèbre linéaire 201-NYC / Maths 105 • Complément québécois de Première et cégep à Montréal
Exercices corrigés : déterminants, cofacteurs et règle de Cramer (201-NYC / Maths 105)
Voici la série d'exercices corrigés d'algèbre linéaire et géométrie vectorielle (cours 201-NYC, aussi appelé Maths 105 selon le programme visé) sur les déterminants et la règle de Cramer. La partie A couvre les bases : déterminants 2×2 et 3×3 calculés de deux façons, déterminant d'ordre 4 par développement selon les cofacteurs, calcul intelligent par triangularisation et extraction de facteurs communs, effet des opérations élémentaires sur la valeur du déterminant, matrice adjointe et inverse par cofacteurs. La partie B monte au niveau examen : démonstrations sur les propriétés multiplicatives, recherche des paramètres qui rendent une matrice singulière, résolution complète d'un problème par la règle de Cramer, déterminant de Vandermonde et interpolation, déterminant comme aire et volume, et identité fondamentale de la matrice adjointe.
Le déterminant est l'outil qui rassemble tout le cours. Il décide si une famille de vecteurs est libre, si une matrice est inversible, si un système admet une solution unique, et il mesure une aire ou un volume. Le même nombre répond à quatre questions différentes, et l'évaluation aime passer de l'une à l'autre sans prévenir.
Un conseil de méthode avant de commencer : ne calculez jamais un déterminant d'ordre 4 en développant selon la première ligne par réflexe. Cherchez d'abord la ligne ou la colonne qui contient le plus de zéros, ou créez-en avec une opération élémentaire. Un développement bien choisi remplace quatre déterminants 3×3 par un seul.
Série autocorrigéeTape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.
•Cofacteur : Cij=(−1)i+jMij, où Mij est le mineur, c'est-à-dire le déterminant obtenu en supprimant la ligne i et la colonne j. Le facteur (−1)i+j suit le damier de signes qui commence par un plus en haut à gauche.
•Développement selon les cofacteurs : det(A)=∑jaijCij pour n'importe quelle ligne i fixée, ou det(A)=∑iaijCij pour n'importe quelle colonne j fixée. Toutes ces valeurs coïncident, donc on choisit la ligne ou la colonne qui contient le plus de zéros.
•Effet des opérations élémentaires : échanger deux lignes change le signe du déterminant ; multiplier une ligne par k multiplie le déterminant par k ; ajouter à une ligne un multiple d'une autre ligne ne change PAS le déterminant. C'est cette dernière propriété qui permet de fabriquer des zéros gratuitement.
•Propriétés multiplicatives : det(AB)=det(A)det(B), det(AT)=det(A), det(kA)=kndet(A) pour une matrice n×n, et det(A−1)=det(A)1 lorsque A est inversible.
•Inversibilité : A est inversible si et seulement si det(A)=0. On dit alors que A est régulière ; sinon elle est singulière. Inverse par cofacteurs : A−1=det(A)1adj(A), où adj(A) est la transposée de la matrice des cofacteurs.
•Règle de Cramer : pour un système AX=B de n équations à n inconnues avec det(A)=0, la i-ième inconnue vaut xi=det(A)det(Ai), où Ai est la matrice A dans laquelle on a remplacé la i-ième colonne par le membre de droite B.
Partie A : Les bases (/50)
Exercice 1 : Déterminants d'ordre 2 et 3, deux méthodes
On considère les matrices A=(35−24) et B=201−14235−2.
a) Calculez det(A).
b) Calculez det(B) par la règle de Sarrus.
c) Recalculez det(B) par développement selon les cofacteurs de la première colonne, et vérifiez que vous retrouvez le même nombre.
d) Les matrices A et B sont-elles inversibles ? Justifiez.
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Réponses
a)det(A)=22
b)det(B)=−53
c)C11=−18, C31=−17 : −53
d)Les deux sont inversibles
a) det(A)=(3)(4)−(−2)(5)=12+10=22. Attention au double signe négatif, c'est l'erreur la plus fréquente sur un déterminant 2×2.
b) Règle de Sarrus : on recopie les deux premières colonnes à droite, puis on somme les trois diagonales descendantes et on retranche les trois diagonales montantes. Diagonales descendantes : (2)(4)(−2)=−16, (−1)(5)(1)=−5, (3)(0)(2)=0, de somme −21. Diagonales montantes : (1)(4)(3)=12, (2)(5)(2)=20, (−2)(0)(−1)=0, de somme 32. Donc det(B)=−21−32=−53.
c) La première colonne contient un zéro, elle est donc un bon choix. det(B)=2C11+0C21+1C31, et le terme du milieu disparaît. On a C11=(+1)425−2=(4)(−2)−(5)(2)=−8−10=−18 et C31=(+1)−1435=(−1)(5)−(3)(4)=−5−12=−17. Le signe de C31 est positif car (−1)3+1=+1. Donc det(B)=2(−18)+1(−17)=−36−17=−53. Les deux méthodes concordent.
Un rappel important : la règle de Sarrus ne fonctionne QUE pour les matrices 3×3. Elle ne se généralise pas à l'ordre 4, contrairement à ce que beaucoup d'étudiants tentent en examen. Au-delà de l'ordre 3, seul le développement selon les cofacteurs est valable.
d) det(A)=22=0, donc A est inversible. det(B)=−53=0, donc B est inversible également. Un déterminant négatif n'empêche rien : c'est la nullité, et elle seule, qui fait obstacle à l'inversibilité.
Exercice 2 : Déterminant d'ordre 4 par les cofacteurs
On considère la matrice d'ordre 4 : C=2041012010323010.
a) Quelle ligne ou quelle colonne choisiriez-vous pour le développement selon les cofacteurs ? Justifiez votre choix.
b) Calculez det(C).
c) Sans aucun nouveau calcul, donnez det(CT) et justifiez.
d) Sans recalculer de déterminant, donnez det(2C) et justifiez.
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Réponses
a)Deuxième ligne : trois zéros
b)det(C)=12
c)det(CT)=12
d)det(2C)=24×12=192
a) La deuxième ligne, (0;1;0;0), contient trois zéros : c'est le meilleur choix possible, puisque le développement se réduit à un seul terme au lieu de quatre. La deuxième colonne, (0;1;2;0), en contient deux, elle serait le deuxième choix. Développer selon la première ligne obligerait à calculer trois déterminants 3×3 pour rien.
b) On développe selon la deuxième ligne. Seul le coefficient a22=1 est non nul, et son signe est (−1)2+2=+1. Donc det(C)=1×241132310, mineur obtenu en supprimant la deuxième ligne et la deuxième colonne.
On calcule ce déterminant 3×3 par développement selon sa première ligne : 2((3)(0)−(1)(2))−1((4)(0)−(1)(1))+3((4)(2)−(3)(1))=2(−2)−1(−1)+3(8−3)=−4+1+15=12. Donc det(C)=12.
c) det(CT)=det(C)=12. Le déterminant d'une matrice et celui de sa transposée sont toujours égaux. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle on peut développer indifféremment selon une ligne ou selon une colonne : transposer échange les deux rôles sans changer le résultat.
d) det(2C)=24det(C)=16×12=192. L'erreur à éviter ici est d'écrire det(2C)=2det(C). Multiplier la matrice entière par 2 revient à multiplier CHACUNE de ses quatre lignes par 2, et chaque ligne multipliée sort un facteur 2 du déterminant, d'où 24. La règle générale est det(kA)=kndet(A) pour une matrice n×n, et c'est l'exposant n qui est régulièrement oublié en examen.
Exercice 3 : Propriétés du déterminant et opérations élémentaires
Soit A une matrice carrée d'ordre 3 dont on sait seulement que det(A)=6. On ne connaît aucun de ses coefficients.
Dans chaque cas, donnez la valeur demandée en justifiant par la propriété utilisée, sans jamais chercher à reconstituer A.
a) On obtient A1 en échangeant la première et la troisième ligne de A. Que vaut det(A1) ?
b) On obtient A2 en multipliant la deuxième ligne de A par 5. Que vaut det(A2) ? Que vaut det(5A) ?
c) On obtient A3 en ajoutant à la deuxième ligne de A quatre fois la première ligne. Que vaut det(A3) ?
d) Donnez det(A2), det(A−1) et det(AT). Que vaudrait det(A+A) ?
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Réponses
a)−6
b)30 ; det(5A)=750
c)6
d)36 ; 61 ; 6 ; det(A+A)=48
a) Échanger deux lignes change le signe du déterminant : det(A1)=−6.
b) Multiplier UNE ligne par 5 multiplie le déterminant par 5 : det(A2)=5×6=30. En revanche, 5A multiplie les TROIS lignes par 5, donc det(5A)=53×6=125×6=750. C'est exactement la distinction que l'examen cherche à tester en posant les deux questions côte à côte.
c) Ajouter à une ligne un multiple d'une autre ligne ne modifie pas le déterminant : det(A3)=6. C'est la propriété la plus utile de toutes, car elle autorise à créer des zéros librement avant un développement par cofacteurs, sans avoir à corriger le résultat ensuite.
d) det(A2)=det(A)det(A)=6×6=36, par la propriété det(AB)=det(A)det(B). Comme det(A)=6=0, la matrice A est inversible et det(A−1)=det(A)1=61. Enfin det(AT)=det(A)=6.
Pour det(A+A) : le piège consiste à écrire det(A)+det(A)=12. C'est faux, car le déterminant n'est PAS additif. Il faut voir que A+A=2A, donc det(A+A)=det(2A)=23×6=48. Retenez la formule qui n'existe pas : det(A+B)=det(A)+det(B) en général. Le déterminant est multiplicatif, jamais additif.
Exercice 4 : Matrice adjointe et inverse par les cofacteurs
On considère la matrice A=105216340.
a) Calculez det(A) et concluez sur l'inversibilité de A.
b) Calculez les neuf cofacteurs de A.
c) Déduisez-en la matrice adjointe adj(A), puis A−1.
d) Vérifiez votre résultat en calculant le produit AA−1.
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Réponses
a)det(A)=1 : inversible
b)Cofacteurs −2418520−15−4−541
c)A−1=−2420−518−1545−41
d)AA−1=I3
a) Développement selon la première ligne : det(A)=1((1)(0)−(4)(6))−2((0)(0)−(4)(5))+3((0)(6)−(1)(5))=1(−24)−2(−20)+3(−5)=−24+40−15=1. Le déterminant vaut 1=0, donc A est inversible. Ce déterminant égal à 1 va rendre la suite particulièrement lisible, puisque diviser par 1 ne change rien.
b) On applique Cij=(−1)i+jMij, en suivant le damier de signes +−+−+−+−+.
c) La matrice des cofacteurs est −2418520−15−4−541. L'adjointe en est la TRANSPOSÉE : adj(A)=−2420−518−1545−41. Oublier de transposer est l'erreur numéro un de cet exercice, et elle est invisible tant qu'on ne vérifie pas le produit final.
d) Première ligne du produit AA−1 : (1)(−24)+(2)(20)+(3)(−5)=−24+40−15=1, puis (1)(18)+(2)(−15)+(3)(4)=18−30+12=0, puis (1)(5)+(2)(−4)+(3)(1)=5−8+3=0. On obtient bien (1;0;0). En poursuivant de même sur les deux autres lignes, on obtient la matrice identité I3, ce qui valide l'inverse. Cette vérification prend une minute et rattrape toutes les erreurs de signe : ne la sautez jamais.
Cet exercice ne demande jamais un développement brutal selon la première ligne. Chaque déterminant se calcule vite si l'on repère d'abord sa structure.
a) Calculez det(U) avec U=3007−20−254, et énoncez la règle utilisée.
b) Sans développer, expliquez pourquoi det(P)=0 avec P=125240361.
c) Calculez det(M) avec M=123257−112 en créant d'abord des zéros dans la première colonne par des opérations élémentaires.
d) Calculez det(N) avec N=231435632 en sortant d'abord les facteurs communs des lignes.
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Réponses
a)−24
b)Lignes proportionnelles : 0
c)det(M)=2
d)det(N)=42
a) La matrice U est triangulaire supérieure : sous la diagonale, tous les coefficients sont nuls. Le déterminant d'une matrice triangulaire est le produit des coefficients diagonaux : det(U)=(3)(−2)(4)=−24. Aucun développement n'est nécessaire, et cette règle vaut aussi pour les matrices triangulaires inférieures et diagonales. C'est précisément l'intérêt de la méthode du pivot : on triangularise, puis on multiplie la diagonale.
b) La deuxième ligne de P est le double de la première : (2;4;6)=2(1;2;3). Deux lignes proportionnelles forment une famille liée, donc le déterminant est nul : det(P)=0. On peut le voir aussi comme une conséquence de la propriété des opérations élémentaires : en remplaçant L2 par L2−2L1, on obtient une ligne entièrement nulle, et un déterminant possédant une ligne de zéros vaut 0. Aucun calcul de Sarrus n'est requis.
c) On ne change pas la valeur d'un déterminant en ajoutant à une ligne un multiple d'une autre. On fabrique des zéros sous le premier pivot : L2←L2−2L1 donne (0;1;3), et L3←L3−3L1 donne (0;1;5). Le déterminant devient 100211−135. On développe selon la première colonne, qui n'a plus qu'un terme : det(M)=1×1135=1(5−3)=2. Vérification directe par Sarrus : 1(10−7)−2(4−3)+(−1)(14−15)=3−2+1=2, tout concorde.
d) Chaque ligne porte un facteur commun. La première est 2(1;2;3), la deuxième est 3(1;1;1). Multiplier une ligne par un scalaire multiplie le déterminant par ce scalaire, donc on sort les deux facteurs : det(N)=2×3×111215312. Le déterminant restant vaut 1(1⋅2−1⋅5)−2(1⋅2−1⋅1)+3(1⋅5−1⋅1)=1(−3)−2(1)+3(4)=−3−2+12=7. Donc det(N)=6×7=42. Le piège serait de sortir un facteur puis d'oublier de le reporter dans le produit final : chaque scalaire extrait doit réapparaître en multiplication.
Partie B : Niveau examen (/50)
Exercice 6 : Démonstrations et matrice singulière à paramètre
Cet exercice mêle démonstration et recherche de paramètre. Les questions a) et b) se traitent sans aucun coefficient numérique.
a) Démontrez que si A est une matrice carrée possédant deux lignes identiques, alors det(A)=0. On utilisera l'effet d'un échange de lignes.
b) Soit A une matrice inversible. Démontrez que det(A−1)=det(A)1.
c) Déterminez toutes les valeurs de k pour lesquelles la matrice M=k121k121k est singulière.
d) Pour la valeur entière de k trouvée en c), exhibez une relation de dépendance linéaire explicite entre les lignes de M, et expliquez pourquoi une telle relation devait nécessairement exister.
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Réponses
a)det(A)=−det(A) : nul
b)det(A)det(A−1)=1
c)k=2 ou k=−1±3
d)L1−L3=0
a) Soit A une matrice dont les lignes Li et Lj sont identiques, avec i=j. Échangeons ces deux lignes : la matrice obtenue, appelons-la A′, est rigoureusement identique à A, puisque les deux lignes échangées portaient les mêmes coefficients. Donc det(A′)=det(A). Mais par la propriété de l'échange de lignes, det(A′)=−det(A). En combinant : det(A)=−det(A), donc 2det(A)=0, donc det(A)=0. La démonstration tient en trois lignes et n'utilise aucun coefficient.
Conséquence géométrique cohérente : deux lignes identiques signifient deux vecteurs égaux parmi les lignes, donc une famille liée, donc un volume nul.
b) Par définition de l'inverse, AA−1=I. On applique le déterminant aux deux membres : det(AA−1)=det(I). Le membre de gauche se factorise par la propriété multiplicative : det(A)det(A−1). Le membre de droite vaut 1, puisque le déterminant de la matrice identité est 1. Donc det(A)det(A−1)=1. Comme A est inversible, det(A)=0, et on peut diviser : det(A−1)=det(A)1.
Remarquez au passage ce que cette égalité démontre en creux : l'inverse d'une matrice à coefficients entiers n'a de coefficients entiers que si det(A)=±1.
c) On développe selon la première ligne : det(M)=kk11k−1121k+212k1=k(k2−1)−1(k−2)+2(1−2k).
En développant : k3−k−k+2+2−4k=k3−6k+4. La matrice est singulière lorsque ce polynôme s'annule. On cherche une racine évidente parmi les diviseurs de 4 : pour k=2, on a 8−12+4=0. Donc k=2 est racine, et on factorise par k−2 : k3−6k+4=(k−2)(k2+2k−2).
Le facteur quadratique donne k=2−2±4+8=2−2±23=−1±3. La matrice M est donc singulière pour k=2, k=−1+3≈0,73 et k=−1−3≈−2,73. Trois valeurs, et non une seule : un déterminant d'ordre 3 à paramètre sur la diagonale donne un polynôme de degré 3, il faut aller chercher toutes ses racines.
d) Pour k=2, la matrice devient M=212121212. Les lignes L1 et L3 sont identiques, donc L1−L3=(0;0;0) est une relation de dépendance explicite, à coefficients (1;0;−1) non tous nuls.
Une telle relation devait nécessairement exister : det(M)=0 équivaut à dire que les lignes de M forment une famille liée, et une famille liée est précisément une famille admettant une combinaison linéaire nulle à coefficients non tous nuls. Le déterminant nul et la relation de dépendance sont deux formulations du même fait, l'une numérique et l'autre structurelle. Ici, la question a) donne même le résultat sans aucun calcul : deux lignes identiques suffisent à conclure que det(M)=0.
Exercice 7 : Problème : trois formules d'atelier résolues par la règle de Cramer
Un centre d'aide aux devoirs facture trois formules : une séance individuelle, une séance en duo et un atelier de groupe. On ne connaît pas les tarifs unitaires, mais on dispose de trois relevés hebdomadaires.
Semaine 1 : 2 séances individuelles, 1 séance en duo et 1 atelier annulé et remboursé (donc compté négativement) donnent un solde de 2 unités de facturation. Semaine 2 : 1 individuelle, 3 duos et 1 atelier remboursé donnent 2 unités. Semaine 3 : 3 individuelles, 1 duo remboursé et 2 ateliers donnent 11 unités.
En notant x, y et z les tarifs respectifs des trois formules, on obtient le système ⎩⎨⎧2x+y−z=2x+3y−z=23x−y+2z=11.
a) Écrivez le système sous la forme matricielle AX=B et calculez det(A).
b) La règle de Cramer est-elle applicable ? Que peut-on affirmer sur le nombre de solutions avant même de les calculer ?
c) Calculez det(Ax) et déduisez-en x.
d) Calculez det(Ay) et det(Az), puis déduisez-en y et z.
e) Vérifiez la solution dans les trois équations d'origine.
f) On modifie le troisième relevé, dont le membre de droite passe de 11 à 14, les coefficients restant inchangés. Sans refaire tout le travail, expliquez ce qui doit être recalculé et ce qui reste valable, puis donnez la nouvelle valeur de x.
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Réponses
a)det(A)=15
b)Cramer applicable : solution unique
c)det(Ax)=30 : x=2
d)y=1, z=3
e)Trois équations vérifiées
f)det(A) inchangé ; x=1536=2,4
a) A=21313−1−1−12, X=xyz et B=2211.
Développement selon la première ligne : det(A)=2((3)(2)−(−1)(−1))−1((1)(2)−(−1)(3))+(−1)((1)(−1)−(3)(3))=2(6−1)−1(2+3)−1(−1−9)=10−5+10=15.
b) Le déterminant vaut 15=0, donc A est inversible et la règle de Cramer s'applique. On peut affirmer AVANT tout calcul que le système admet une solution unique. C'est le rôle exact du déterminant du système : il tranche la question de l'existence et de l'unicité sans donner la solution. Si det(A) avait été nul, Cramer aurait été inutilisable et il aurait fallu passer par Gauss-Jordan pour distinguer entre aucune solution et une infinité.
c) On remplace la première colonne de A par B : det(Ax)=221113−1−1−12=2(6−1)−1(4+11)+(−1)(−2−33)=10−15+35=30. Donc x=det(A)det(Ax)=1530=2.
d) On remplace la deuxième colonne par B : det(Ay)=2132211−1−12=2((2)(2)−(−1)(11))−2((1)(2)−(−1)(3))+(−1)((1)(11)−(2)(3))=2(15)−2(5)−1(5)=30−10−5=15. Donc y=1515=1.
Puis la troisième colonne : det(Az)=21313−12211=2((3)(11)−(2)(−1))−1((1)(11)−(2)(3))+2((1)(−1)−(3)(3))=2(35)−1(5)+2(−10)=70−5−20=45. Donc z=1545=3.
e) Équation 1 : 2(2)+1−3=4+1−3=2, conforme. Équation 2 : 2+3(1)−3=2+3−3=2, conforme. Équation 3 : 3(2)−1+2(3)=6−1+6=11, conforme. La solution est (x;y;z)=(2;1;3), soit des tarifs de 2, 1 et 3 unités de facturation. Vérifier dans les TROIS équations, et pas seulement dans celle qui a servi au dernier calcul, est ce qui distingue une réponse sûre d'une réponse espérée.
f) Les coefficients du système ne changent pas, donc la matrice A est inchangée et det(A)=15 reste valable : aucun recalcul de ce côté, et la conclusion sur l'existence et l'unicité de la solution tient encore. En revanche, chacun des trois déterminants det(Ax), det(Ay) et det(Az) contient la colonne B, donc tous les trois sont à recalculer.
Pour x : det(Ax)=221413−1−1−12=2(6−1)−1(4+14)+(−1)(−2−42)=10−18+44=36, d'où x=1536=512=2,4.
C'est l'avantage structurel de Cramer sur Gauss-Jordan quand seul le membre de droite bouge : le dénominateur, qui est la partie coûteuse du travail, est calculé une fois pour toutes. Et si une seule inconnue vous est demandée, Cramer donne un seul déterminant à calculer là où Gauss-Jordan exige de résoudre le système complet.
Exercice 8 : Démonstration : le déterminant de Vandermonde d'ordre 3
On appelle déterminant de Vandermonde le déterminant V(a;b;c)=1aa21bb21cc2, qui apparaît dès qu'on cherche un polynôme passant par trois points.
a) Calculez V(a;b;c) en fonction de a, b, c, et factorisez complètement le résultat.
b) Déduisez-en une condition simple, portant sur a, b et c, pour que la matrice de Vandermonde soit inversible.
c) Application numérique : calculez V(1;2;4) de deux façons, par la formule factorisée et par un développement direct.
d) Un polynôme du second degré p(x)=α+βx+γx2 doit passer par trois points d'abscisses a, b, c. Expliquez en quoi le résultat de b) garantit qu'un tel polynôme existe et est unique.
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Réponses
a)V=(b−a)(c−a)(c−b)
b)a, b, c distincts
c)V(1;2;4)=6
d)Système de déterminant V=0 : parabole unique
a) On crée des zéros dans la première ligne en soustrayant des colonnes, ce qui ne change pas le déterminant : C2←C2−C1 et C3←C3−C1 donnent 1aa20b−ab2−a20c−ac2−a2. On développe selon la première ligne : V=b−ab2−a2c−ac2−a2. On factorise chaque colonne : b2−a2=(b−a)(b+a) et c2−a2=(c−a)(c+a), donc on sort (b−a) de la première colonne et (c−a) de la seconde : V=(b−a)(c−a)1b+a1c+a=(b−a)(c−a)((c+a)−(b+a))=(b−a)(c−a)(c−b).
b) La matrice de Vandermonde est inversible si et seulement si V(a;b;c)=0, c'est-à-dire si et seulement si aucun des trois facteurs (b−a), (c−a), (c−b) n'est nul. Autrement dit, elle est inversible exactement lorsque a, b et c sont deux à deux distincts. Une seule coïncidence entre deux des trois valeurs suffit à annuler le déterminant.
c) Par la formule : V(1;2;4)=(2−1)(4−1)(4−2)=(1)(3)(2)=6. Par développement direct : 1111241416=1(2⋅16−4⋅4)−1(1⋅16−4⋅1)+1(1⋅4−2⋅1)=1(16)−1(12)+1(2)=6. Les deux méthodes concordent, ce qui confirme la factorisation.
d) Imposer p(a), p(b), p(c) revient à résoudre un système de trois équations linéaires dont les inconnues sont α, β, γ, et dont la matrice des coefficients est exactement la transposée de la matrice de Vandermonde. Comme det d'une matrice et de sa transposée sont égaux, le déterminant du système est V(a;b;c). Quand a, b, c sont distincts, ce déterminant est non nul : le système admet une solution unique, donc il existe un et un seul polynôme de degré au plus 2 passant par les trois points. C'est le fondement algébrique de l'interpolation : trois points d'abscisses distinctes déterminent une unique parabole.
Exercice 9 : Problème : le déterminant comme aire et comme volume
Le déterminant ne sert pas qu'à tester l'inversibilité : sa valeur absolue mesure une aire dans le plan et un volume dans l'espace. On exploite cette lecture géométrique dans les deux dimensions.
a) Calculez l'aire du triangle de sommets A(1;1), B(4;2) et C(2;5) à l'aide d'un déterminant 2×2.
b) Les points P(0;0), Q(2;1) et R(6;3) sont-ils alignés ? Répondez par un déterminant, et donnez l'interprétation géométrique de sa valeur.
c) Déterminez la valeur de t pour laquelle les points (1;2), (3;5) et (5;t) sont alignés.
d) Calculez le volume du tétraèdre construit sur l'origine et les trois vecteurs u=(1;0;1), v=(2;1;0), w=(0;3;1), puis déterminez la valeur de m pour laquelle les vecteurs (1;1;1), (2;0;1) et (1;−1;m) sont coplanaires.
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Réponses
a)211=5,5
b)Déterminant nul : alignés
c)t=8
d)Volume 67 ; m=0
a) L'aire d'un triangle ABC vaut la moitié de la valeur absolue du déterminant formé par AB et AC. Ici AB=(3;1) et AC=(1;4), donc l'aire est 213114=21∣12−1∣=211=5,5 unités d'aire. La valeur absolue est indispensable : le déterminant seul peut être négatif selon l'orientation, mais une aire ne l'est jamais.
b) PQ=(2;1) et PR=(6;3). Le déterminant vaut 2163=6−6=0. Trois points sont alignés si et seulement si ce déterminant est nul, car un déterminant nul signifie une aire nulle, donc un triangle aplati : les trois points sont sur une même droite. Ici PR=3PQ, la colinéarité est explicite.
c) Les points (1;2), (3;5), (5;t) sont alignés lorsque AB=(2;3) et AC=(4;t−2) sont colinéaires, c'est-à-dire lorsque 234t−2=0. Cela donne 2(t−2)−3(4)=2t−4−12=2t−16=0, donc t=8. Pour toute autre valeur de t, les trois points forment un vrai triangle d'aire non nulle.
d) Le volume du tétraèdre bâti sur trois vecteurs issus d'un même sommet vaut le sixième de la valeur absolue de leur déterminant : 120013101=1(1−0)−0(2−0)+1(6−0)=1+6=7, donc le volume est 61∣7∣=67 unités de volume. Pour la coplanarité, on impose que le déterminant des trois vecteurs soit nul : 12110−111m=1(0⋅m−1⋅(−1))−1(2m−1)+1(−2−0)=1−2m+1−2=−2m. Ce déterminant s'annule pour m=0 : c'est la seule valeur qui rend les trois vecteurs coplanaires, c'est-à-dire qui aplatit à zéro le volume du parallélépipède qu'ils portent.
Exercice 10 : Démonstration : matrice adjointe, identité fondamentale et déterminant de l'adjointe
On rappelle que la matrice adjointe adj(A) est la transposée de la matrice des cofacteurs de A, et que pour A inversible on a A−1=det(A)1adj(A).
a) Démontrez que pour toute matrice carrée A d'ordre n inversible, Aadj(A)=det(A)In.
b) En déduire que det(adj(A))=(det(A))n−1.
c) Application avec A=210011102 : calculez det(A) et adj(A), vérifiez l'identité de a), et confirmez la formule de b).
d) Une matrice B d'ordre 3 vérifie det(B)=1. Que valent det(adj(B)) et det(adj(adj(B))) ? Justifiez à l'aide de b).
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Réponses
a)Aadj(A)=det(A)In
b)det(adj(A))=det(A)n−1
c)det(A)=5 ; det(adj(A))=25
d)1 et 1
a) Partons de l'égalité qui définit l'inverse par cofacteurs : A−1=det(A)1adj(A), valable car A est inversible donc det(A)=0. Multiplions les deux membres à gauche par A : AA−1=det(A)1Aadj(A). Le membre de gauche vaut In. En multipliant les deux membres par le scalaire det(A), on obtient det(A)In=Aadj(A), ce qui est l'identité annoncée.
b) Appliquons le déterminant à l'identité Aadj(A)=det(A)In. Le membre de gauche se factorise : det(A)det(adj(A)). Le membre de droite est le déterminant du scalaire det(A) multipliant In, soit (det(A))ndet(In)=(det(A))n, puisque multiplier une matrice n×n par un scalaire k multiplie son déterminant par kn et que det(In)=1. On a donc det(A)det(adj(A))=(det(A))n. Comme det(A)=0, on divise : det(adj(A))=(det(A))n−1.
c) Développement selon la première colonne : det(A)=21102−10112+0=2(2)−1(−1)=5. Les neuf cofacteurs donnent la matrice des cofacteurs 21−1−2411−22, et l'adjointe en est la transposée : adj(A)=2−2114−2−112. On vérifie l'identité : Aadj(A)=500050005=5I3=det(A)I3. Enfin det(adj(A))=25=52=(det(A))3−1, ce qui confirme la formule de b) avec n=3.
d) Avec n=3 et det(B)=1 : det(adj(B))=(det(B))n−1=12=1. En réappliquant la formule à la matrice adj(B), elle-même d'ordre 3 : det(adj(adj(B)))=(det(adj(B)))2=12=1. On peut même aller plus loin : l'identité connue adj(adj(B))=(det(B))n−2B donne ici adj(adj(B))=(det(B))1B=B, l'adjointe de l'adjointe redonne B elle-même quand det(B)=1 et n=3.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Ce que la multiplicativité du déterminant interdit
On utilise la propriété det(AB)=det(A)det(B) pour des matrices carrées de même ordre, ainsi que det(kA)=kndet(A) pour une matrice d'ordre n.
a) Vérifiez la propriété avec A=(1324) et B=(2103).
b) Existe-t-il une matrice A carrée d'ordre 3, à coefficients réels, telle que A2=−I3 ?
c) Calculez A2 pour A=(01−10). Pourquoi l'argument de b) ne s'applique-t-il pas en ordre 2 ?
d) Une matrice N vérifie N3=0. Que vaut det(N) ? Donnez un exemple non nul en ordre 2 avec N2=0.
e) Une matrice Q vérifie QTQ=I. Quelles valeurs peut prendre det(Q) ? Calculez-le pour Q=(0,60,8−0,80,6).
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Réponses
a)−12=(−2)×6
b)Non : det(A)2=−1
c)A2=−I2 ; det(−I2)=1
d)det(N)=0
e)±1 ; ici 1
a) detA=4−6=−2 et detB=6−0=6. AB=(2+26+40+60+12)=(410612), de déterminant 48−60=−12=(−2)×6.
b) Non. Si A2=−I3, alors det(A)2=det(−I3)=(−1)3=−1. Un carré de nombre réel ne peut pas valoir −1 : aucune matrice réelle d'ordre 3 ne convient, et le même argument vaut pour tout ordre impair.
c) A2=(0−10+00+0−1+0)=−I2. En ordre 2, det(−I2)=(−1)2=1 et det(A)2=12=1 : aucune contradiction. Cette matrice est la rotation d'un quart de tour, qui appliquée deux fois donne le demi-tour −I.
d) det(N)3=det(N3)=det(0)=0, donc det(N)=0 : une matrice nilpotente n'est jamais inversible. Exemple : N=(0010), non nulle, avec N2=0 et detN=0.
e) det(QT)det(Q)=det(Q)2=det(I)=1, donc det(Q)=1 ou det(Q)=−1. Pour la matrice proposée : 0,36+0,64=1. C'est une rotation ; une réflexion comme (100−1) donnerait −1.
Le fil : appliquer le déterminant à une égalité matricielle la transforme en égalité entre nombres, souvent impossible.
Exercice 12 : Un déterminant tridiagonal d'ordre n
Pour n≥1, on note Dn le déterminant de la matrice carrée d'ordre n qui porte des 2 sur la diagonale, des −1 juste au-dessus et juste au-dessous, et des 0 ailleurs. Par exemple D3=2−10−12−10−12.
a) Calculez D1 et D2.
b) Calculez D3 directement.
c) En développant selon la première ligne, montrez que Dn=2Dn−1−Dn−2 pour n≥3.
d) Conjecturez une expression de Dn, démontrez-la par récurrence et donnez D10.
e) Ces matrices sont-elles toutes inversibles ?
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Réponses
a)D1=2, D2=3
b)D3=4
c)Dn=2Dn−1−Dn−2
d)Dn=n+1 ; D10=11
e)Oui
a) D1=2 et D2=2−1−12=4−1=3.
b) D3=2(4−1)−(−1)((−1)(2)−(−1)(0))+0=6−2=4.
c) Le premier coefficient, 2, a pour mineur la même matrice d'ordre n−1 : contribution 2Dn−1. Le deuxième, −1, est affecté du signe − ; son mineur a une première colonne réduite à −1 en haut, suivi de zéros, et se développe en (−1)Dn−2. Contribution : (−1)×(−1)×(−1)Dn−2=−Dn−2. Les autres coefficients de la ligne sont nuls. Donc Dn=2Dn−1−Dn−2.
d) 2, 3, 4 : on conjecture Dn=n+1. Vrai pour n=1 et n=2. Si Dn−1=n et Dn−2=n−1, alors Dn=2n−(n−1)=n+1. Par récurrence, Dn=n+1 pour tout n, et D10=11.
e) Oui : Dn=n+1=0 pour tout n. Ces matrices, qui modélisent une corde ou une barre discrétisée en n points, sont toujours inversibles.
Le fil : un déterminant à motif régulier se ramène à une relation de récurrence en développant selon la première ligne.
Exercice 13 : Droites et plans par déterminants
Trois points du plan sont alignés si et seulement si x1x2x3y1y2y3111=0. De même, quatre points de l'espace sont coplanaires si et seulement si le déterminant d'ordre 4 formé des lignes (xi;yi;zi;1) est nul.
a) Développez x13y28111=0 et donnez l'équation réduite de la droite obtenue.
b) Pourquoi les points (1;2) et (3;8) vérifient-ils cette équation sans aucun calcul ?
c) Le point (5;14) est-il sur cette droite ?
d) Développez x100y020z0031111=0 selon la première ligne et donnez l'équation du plan.
e) Les points (1;0;0), (0;2;0), (0;0;3) et (2;−2;3) sont-ils coplanaires ?
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Réponses
a)y=3x−1
b)Deux lignes égales
c)Oui
d)6x+3y+2z=6
e)Non : 12 au lieu de 6
a) x(2−8)−y(1−3)+1(8−6)=−6x+2y+2=0, soit y=3x−1.
b) En remplaçant (x;y) par (1;2), la première ligne devient égale à la deuxième : un déterminant à deux lignes égales est nul. Même chose avec (3;8) et la troisième ligne. La droite passe donc par les deux points.
c) 3×5−1=14 : oui, le point est sur la droite.
d) Les mineurs de la première ligne valent 6, −3, 2 et 6, en supprimant chaque colonne tour à tour ; avec les signes alternés : 6x−(−3)y+2z−6=0, soit 6x+3y+2z=6, ou encore 1x+2y+3z=1, la forme qui fait apparaître les trois points où le plan coupe les axes.
e) 6(2)+3(−2)+2(3)=12−6+6=12=6 : le quatrième point n'est pas dans le plan, les quatre points ne sont pas coplanaires.
Le fil : une équation « le déterminant est nul » décrit l'ensemble des points qui rendent la famille liée, droite ou plan selon la dimension.
Exercice 14 : Problème : l'aire d'un terrain par la formule du lacet
Un terrain a la forme du pentagone de sommets A(0;0), B(4;0), C(5;3), D(2;5) et E(−1;3), parcourus dans le sens trigonométrique. Une unité vaut 10 mètres. Le pentagone est convexe.
L'aire du triangle OPQ, où O est un sommet et OP=(a;b), OQ=(c;d), vaut 21∣ad−bc∣.
a) Pourquoi peut-on découper le pentagone en trois triangles issus de A ?
b) Calculez les aires des triangles ABC, ACD et ADE.
c) Retrouvez l'aire totale par la formule du lacet : A=21∣∑i(xiyi+1−xi+1yi)∣, le dernier sommet étant suivi du premier.
d) Que devient la somme de c), sans valeur absolue, si l'on parcourt les sommets dans le sens des aiguilles d'une montre ?
e) Donnez l'aire réelle du terrain en mètres carrés.
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Réponses
a)Pentagone convexe
b)6 ; 9,5 ; 5,5
c)242=21
d)−42
e)2 100 m²
a) Le pentagone étant convexe, les segments [AC] et [AD] restent à l'intérieur : les triangles ABC, ACD et ADE recouvrent le terrain sans se chevaucher.
b) ABC : 21∣4×3−5×0∣=6. ACD : 21∣5×5−2×3∣=219=9,5. ADE : 21∣2×3−(−1)×5∣=211=5,5. Total : 6+9,5+5,5=21.
c) Les cinq termes : 0×0−4×0=0 ; 4×3−5×0=12 ; 5×5−2×3=19 ; 2×3−(−1)×5=11 ; (−1)×0−0×3=0. Somme 42, donc A=21. Chaque terme est le double de l'aire orientée d'un triangle issu de l'origine : la formule additionne des déterminants 2×2.
d) Parcourir les sommets en sens inverse change le signe de chaque déterminant, puisque cela échange ses deux lignes : la somme vaut −42. La valeur absolue rend la formule indépendante du sens, et le signe renseigne sur le sens de parcours.
e) Une unité d'aire vaut 10×10=100m2, donc le terrain mesure 21×100=2100m2.
Le fil : l'aire d'un polygone est une somme de déterminants 2×2, chacun donnant l'aire orientée d'un triangle.
Exercice 15 : Problème : le cercle passant par trois points
On cherche le cercle passant par P1(2;0), P2(0;4) et P3(−2;0), sous la forme x2+y2+Dx+Ey+F=0.
a) Écrivez le système vérifié par D, E et F, calculez son déterminant et résolvez-le.
b) Déterminez le centre et le rayon du cercle.
c) On admet que le cercle a aussi pour équation x2+y24164x20−2y0401111=0. Les mineurs de la première ligne valent 16, 0, −48 et 64. Développez et comparez à b).
d) Les points (2;3) et (1,5;4) sont-ils sur le cercle ?
e) Pourquoi aucun cercle ne passe-t-il par (0;0), (1;1) et (2;2) ? Répondez par le déterminant du système de a).
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Réponses
a)D=0, E=−3, F=−4
b)Centre (0;1,5), rayon 2,5
c)16(x2+y2−3y−4)=0
d)(2;3) oui ; (1,5;4) non
e)Déterminant nul : points alignés
a) P1 : 4+2D+F=0. P2 : 16+4E+F=0. P3 : 4−2D+F=0. Le déterminant des coefficients de (D;E;F) vaut 20−2040111=2(4−0)−0+1(0+8)=16=0 : solution unique. En soustrayant la troisième équation de la première, 4D=0, donc D=0, puis F=−4 et E=4−16+4=−3. Le cercle est x2+y2−3y−4=0.
b) x2+(y−23)2=4+49=425 : centre (0;1,5), rayon 2,5.
c) Avec les signes alternés : 16(x2+y2)−0⋅x+(−48)y−64=0, soit 16(x2+y2−3y−4)=0 : c'est la même équation, multipliée par 16. Remplacer (x;y) par l'un des trois points rend la première ligne égale à une autre, ce qui annule le déterminant : le cercle passe bien par les trois points.
d) (2;3) : 4+9−9−4=0, oui. (1,5;4) : 2,25+16−12−4=2,25=0, non, le point est à l'extérieur.
e) Le système devient F=0, 2+D+E+F=0, 8+2D+2E+F=0, de déterminant 012012111=0, les deux premières colonnes étant égales. Il donnerait D+E=−2 et D+E=−4 : incompatible. Trois points alignés n'appartiennent à aucun cercle.
Le fil : une courbe définie par trois conditions linéaires sur ses coefficients existe et est unique quand le déterminant du système n'est pas nul.
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