Algèbre linéaire 201-NYC / Maths 105 • Complément québécois de Première et cégep à Montréal

Exercices corrigés : déterminants, cofacteurs et règle de Cramer (201-NYC / Maths 105)

Voici la série d'exercices corrigés d'algèbre linéaire et géométrie vectorielle (cours 201-NYC, aussi appelé Maths 105 selon le programme visé) sur les déterminants et la règle de Cramer. La partie A couvre les bases : déterminants 2×22\times 2 et 3×33\times 3 calculés de deux façons, déterminant d'ordre 44 par développement selon les cofacteurs, calcul intelligent par triangularisation et extraction de facteurs communs, effet des opérations élémentaires sur la valeur du déterminant, matrice adjointe et inverse par cofacteurs. La partie B monte au niveau examen : démonstrations sur les propriétés multiplicatives, recherche des paramètres qui rendent une matrice singulière, résolution complète d'un problème par la règle de Cramer, déterminant de Vandermonde et interpolation, déterminant comme aire et volume, et identité fondamentale de la matrice adjointe.

Le déterminant est l'outil qui rassemble tout le cours. Il décide si une famille de vecteurs est libre, si une matrice est inversible, si un système admet une solution unique, et il mesure une aire ou un volume. Le même nombre répond à quatre questions différentes, et l'évaluation aime passer de l'une à l'autre sans prévenir.

Un conseil de méthode avant de commencer : ne calculez jamais un déterminant d'ordre 44 en développant selon la première ligne par réflexe. Cherchez d'abord la ligne ou la colonne qui contient le plus de zéros, ou créez-en avec une opération élémentaire. Un développement bien choisi remplace quatre déterminants 3×33\times 3 par un seul.

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Ce chapitre fait partie de Algèbre linéaire et géométrie vectorielle, 201-NYC
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (7 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Systèmes d'équations : comparaison et graphiqueSecondaire 3
  2. 2Les équations et les inéquationsSecondaire 4 SN4
  3. 3Les systèmes d'équationsSecondaire 4 SN4
  4. 4Les vecteurs et la géométrie vectorielleSecondaire 5 SN5
  5. 5Combinaisons linéaires, dépendance et bases
  6. 6Matrices, systèmes et déterminants
  7. 7Systèmes linéaires : Gauss et Gauss-Jordan

Rappel de cours

  • Déterminant 2×22\times 2 : abcd=adbc\begin{vmatrix} a & b \\ c & d \end{vmatrix}=ad-bc.
  • Cofacteur : Cij=(1)i+jMijC_{ij}=(-1)^{i+j}M_{ij}, où MijM_{ij} est le mineur, c'est-à-dire le déterminant obtenu en supprimant la ligne ii et la colonne jj. Le facteur (1)i+j(-1)^{i+j} suit le damier de signes qui commence par un plus en haut à gauche.
  • Développement selon les cofacteurs : det(A)=jaijCij\det(A)=\sum_{j}a_{ij}C_{ij} pour n'importe quelle ligne ii fixée, ou det(A)=iaijCij\det(A)=\sum_{i}a_{ij}C_{ij} pour n'importe quelle colonne jj fixée. Toutes ces valeurs coïncident, donc on choisit la ligne ou la colonne qui contient le plus de zéros.
  • Effet des opérations élémentaires : échanger deux lignes change le signe du déterminant ; multiplier une ligne par kk multiplie le déterminant par kk ; ajouter à une ligne un multiple d'une autre ligne ne change PAS le déterminant. C'est cette dernière propriété qui permet de fabriquer des zéros gratuitement.
  • Propriétés multiplicatives : det(AB)=det(A)det(B)\det(AB)=\det(A)\det(B), det(AT)=det(A)\det(A^{T})=\det(A), det(kA)=kndet(A)\det(kA)=k^{n}\det(A) pour une matrice n×nn\times n, et det(A1)=1det(A)\det(A^{-1})=\dfrac{1}{\det(A)} lorsque AA est inversible.
  • Inversibilité : AA est inversible si et seulement si det(A)0\det(A)\neq 0. On dit alors que AA est régulière ; sinon elle est singulière. Inverse par cofacteurs : A1=1det(A)adj(A)A^{-1}=\dfrac{1}{\det(A)}\,\text{adj}(A), où adj(A)\text{adj}(A) est la transposée de la matrice des cofacteurs.
  • Règle de Cramer : pour un système AX=BAX=B de nn équations à nn inconnues avec det(A)0\det(A)\neq 0, la ii-ième inconnue vaut xi=det(Ai)det(A)x_{i}=\dfrac{\det(A_{i})}{\det(A)}, où AiA_{i} est la matrice AA dans laquelle on a remplacé la ii-ième colonne par le membre de droite BB.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Déterminants d'ordre 2 et 3, deux méthodes

On considère les matrices A=(3254)A=\begin{pmatrix} 3 & -2 \\ 5 & 4 \end{pmatrix} et B=(213045122)B=\begin{pmatrix} 2 & -1 & 3 \\ 0 & 4 & 5 \\ 1 & 2 & -2 \end{pmatrix}.

  • a) Calculez det(A)\det(A).
  • b) Calculez det(B)\det(B) par la règle de Sarrus.
  • c) Recalculez det(B)\det(B) par développement selon les cofacteurs de la première colonne, et vérifiez que vous retrouvez le même nombre.
  • d) Les matrices AA et BB sont-elles inversibles ? Justifiez.

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Réponses

  • a) det(A)=22\det(A)=22
  • b) det(B)=53\det(B)=-53
  • c) C11=18C_{11}=-18, C31=17C_{31}=-17 : 53-53
  • d) Les deux sont inversibles

a) det(A)=(3)(4)(2)(5)=12+10=22\det(A)=(3)(4)-(-2)(5)=12+10=22. Attention au double signe négatif, c'est l'erreur la plus fréquente sur un déterminant 2×22\times 2.

b) Règle de Sarrus : on recopie les deux premières colonnes à droite, puis on somme les trois diagonales descendantes et on retranche les trois diagonales montantes. Diagonales descendantes : (2)(4)(2)=16(2)(4)(-2)=-16, (1)(5)(1)=5(-1)(5)(1)=-5, (3)(0)(2)=0(3)(0)(2)=0, de somme 21-21. Diagonales montantes : (1)(4)(3)=12(1)(4)(3)=12, (2)(5)(2)=20(2)(5)(2)=20, (2)(0)(1)=0(-2)(0)(-1)=0, de somme 3232. Donc det(B)=2132=53\det(B)=-21-32=-53.

c) La première colonne contient un zéro, elle est donc un bon choix. det(B)=2C11+0C21+1C31\det(B)=2\,C_{11}+0\,C_{21}+1\,C_{31}, et le terme du milieu disparaît. On a C11=(+1)4522=(4)(2)(5)(2)=810=18C_{11}=(+1)\begin{vmatrix} 4 & 5 \\ 2 & -2 \end{vmatrix}=(4)(-2)-(5)(2)=-8-10=-18 et C31=(+1)1345=(1)(5)(3)(4)=512=17C_{31}=(+1)\begin{vmatrix} -1 & 3 \\ 4 & 5 \end{vmatrix}=(-1)(5)-(3)(4)=-5-12=-17. Le signe de C31C_{31} est positif car (1)3+1=+1(-1)^{3+1}=+1. Donc det(B)=2(18)+1(17)=3617=53\det(B)=2(-18)+1(-17)=-36-17=-53. Les deux méthodes concordent.

Un rappel important : la règle de Sarrus ne fonctionne QUE pour les matrices 3×33\times 3. Elle ne se généralise pas à l'ordre 44, contrairement à ce que beaucoup d'étudiants tentent en examen. Au-delà de l'ordre 33, seul le développement selon les cofacteurs est valable.

d) det(A)=220\det(A)=22\neq 0, donc AA est inversible. det(B)=530\det(B)=-53\neq 0, donc BB est inversible également. Un déterminant négatif n'empêche rien : c'est la nullité, et elle seule, qui fait obstacle à l'inversibilité.

Exercice 2 : Déterminant d'ordre 4 par les cofacteurs

On considère la matrice d'ordre 44 : C=(2013010042311020)C=\begin{pmatrix} 2 & 0 & 1 & 3 \\ 0 & 1 & 0 & 0 \\ 4 & 2 & 3 & 1 \\ 1 & 0 & 2 & 0 \end{pmatrix}.

  • a) Quelle ligne ou quelle colonne choisiriez-vous pour le développement selon les cofacteurs ? Justifiez votre choix.
  • b) Calculez det(C)\det(C).
  • c) Sans aucun nouveau calcul, donnez det(CT)\det(C^{T}) et justifiez.
  • d) Sans recalculer de déterminant, donnez det(2C)\det(2C) et justifiez.

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Réponses

  • a) Deuxième ligne : trois zéros
  • b) det(C)=12\det(C)=12
  • c) det(CT)=12\det(C^T)=12
  • d) det(2C)=24×12=192\det(2C)=2^4\times 12=192

a) La deuxième ligne, (0; 1; 0; 0)(0;\ 1;\ 0;\ 0), contient trois zéros : c'est le meilleur choix possible, puisque le développement se réduit à un seul terme au lieu de quatre. La deuxième colonne, (0; 1; 2; 0)(0;\ 1;\ 2;\ 0), en contient deux, elle serait le deuxième choix. Développer selon la première ligne obligerait à calculer trois déterminants 3×33\times 3 pour rien.

b) On développe selon la deuxième ligne. Seul le coefficient a22=1a_{22}=1 est non nul, et son signe est (1)2+2=+1(-1)^{2+2}=+1. Donc det(C)=1×213431120\det(C)=1\times\begin{vmatrix} 2 & 1 & 3 \\ 4 & 3 & 1 \\ 1 & 2 & 0 \end{vmatrix}, mineur obtenu en supprimant la deuxième ligne et la deuxième colonne.

On calcule ce déterminant 3×33\times 3 par développement selon sa première ligne : 2((3)(0)(1)(2))1((4)(0)(1)(1))+3((4)(2)(3)(1))=2(2)1(1)+3(83)=4+1+15=122\big((3)(0)-(1)(2)\big)-1\big((4)(0)-(1)(1)\big)+3\big((4)(2)-(3)(1)\big)=2(-2)-1(-1)+3(8-3)=-4+1+15=12. Donc det(C)=12\det(C)=12.

c) det(CT)=det(C)=12\det(C^{T})=\det(C)=12. Le déterminant d'une matrice et celui de sa transposée sont toujours égaux. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle on peut développer indifféremment selon une ligne ou selon une colonne : transposer échange les deux rôles sans changer le résultat.

d) det(2C)=24det(C)=16×12=192\det(2C)=2^{4}\det(C)=16\times 12=192. L'erreur à éviter ici est d'écrire det(2C)=2det(C)\det(2C)=2\det(C). Multiplier la matrice entière par 22 revient à multiplier CHACUNE de ses quatre lignes par 22, et chaque ligne multipliée sort un facteur 22 du déterminant, d'où 242^{4}. La règle générale est det(kA)=kndet(A)\det(kA)=k^{n}\det(A) pour une matrice n×nn\times n, et c'est l'exposant nn qui est régulièrement oublié en examen.

Exercice 3 : Propriétés du déterminant et opérations élémentaires

Soit AA une matrice carrée d'ordre 33 dont on sait seulement que det(A)=6\det(A)=6. On ne connaît aucun de ses coefficients.

Dans chaque cas, donnez la valeur demandée en justifiant par la propriété utilisée, sans jamais chercher à reconstituer AA.

  • a) On obtient A1A_{1} en échangeant la première et la troisième ligne de AA. Que vaut det(A1)\det(A_{1}) ?
  • b) On obtient A2A_{2} en multipliant la deuxième ligne de AA par 55. Que vaut det(A2)\det(A_{2}) ? Que vaut det(5A)\det(5A) ?
  • c) On obtient A3A_{3} en ajoutant à la deuxième ligne de AA quatre fois la première ligne. Que vaut det(A3)\det(A_{3}) ?
  • d) Donnez det(A2)\det(A^{2}), det(A1)\det(A^{-1}) et det(AT)\det(A^{T}). Que vaudrait det(A+A)\det(A+A) ?

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a)
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Réponses

  • a) 6-6
  • b) 30 ; det(5A)=750\det(5A)=750
  • c) 6
  • d) 36 ; 16\frac16 ; 6 ; det(A+A)=48\det(A+A)=48

a) Échanger deux lignes change le signe du déterminant : det(A1)=6\det(A_{1})=-6.

b) Multiplier UNE ligne par 55 multiplie le déterminant par 55 : det(A2)=5×6=30\det(A_{2})=5\times 6=30. En revanche, 5A5A multiplie les TROIS lignes par 55, donc det(5A)=53×6=125×6=750\det(5A)=5^{3}\times 6=125\times 6=750. C'est exactement la distinction que l'examen cherche à tester en posant les deux questions côte à côte.

c) Ajouter à une ligne un multiple d'une autre ligne ne modifie pas le déterminant : det(A3)=6\det(A_{3})=6. C'est la propriété la plus utile de toutes, car elle autorise à créer des zéros librement avant un développement par cofacteurs, sans avoir à corriger le résultat ensuite.

d) det(A2)=det(A)det(A)=6×6=36\det(A^{2})=\det(A)\det(A)=6\times 6=36, par la propriété det(AB)=det(A)det(B)\det(AB)=\det(A)\det(B). Comme det(A)=60\det(A)=6\neq 0, la matrice AA est inversible et det(A1)=1det(A)=16\det(A^{-1})=\dfrac{1}{\det(A)}=\dfrac{1}{6}. Enfin det(AT)=det(A)=6\det(A^{T})=\det(A)=6.

Pour det(A+A)\det(A+A) : le piège consiste à écrire det(A)+det(A)=12\det(A)+\det(A)=12. C'est faux, car le déterminant n'est PAS additif. Il faut voir que A+A=2AA+A=2A, donc det(A+A)=det(2A)=23×6=48\det(A+A)=\det(2A)=2^{3}\times 6=48. Retenez la formule qui n'existe pas : det(A+B)det(A)+det(B)\det(A+B)\neq\det(A)+\det(B) en général. Le déterminant est multiplicatif, jamais additif.

-1123456789101112-112345aire 12vv + 2uajouter un multiple d'une colonne à une autreGLISSE le parallélogramme sans changer sa baseni sa hauteur : le déterminant est INCHANGÉ

Exercice 4 : Matrice adjointe et inverse par les cofacteurs

On considère la matrice A=(123014560)A=\begin{pmatrix} 1 & 2 & 3 \\ 0 & 1 & 4 \\ 5 & 6 & 0 \end{pmatrix}.

  • a) Calculez det(A)\det(A) et concluez sur l'inversibilité de AA.
  • b) Calculez les neuf cofacteurs de AA.
  • c) Déduisez-en la matrice adjointe adj(A)\text{adj}(A), puis A1A^{-1}.
  • d) Vérifiez votre résultat en calculant le produit AA1A\,A^{-1}.

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Réponses

  • a) det(A)=1\det(A)=1 : inversible
  • b) Cofacteurs (2420518154541)\begin{pmatrix}-24&20&-5\\18&-15&4\\5&-4&1\end{pmatrix}
  • c) A1=(2418520154541)A^{-1}=\begin{pmatrix}-24&18&5\\20&-15&-4\\-5&4&1\end{pmatrix}
  • d) AA1=I3AA^{-1}=I_3

a) Développement selon la première ligne : det(A)=1((1)(0)(4)(6))2((0)(0)(4)(5))+3((0)(6)(1)(5))=1(24)2(20)+3(5)=24+4015=1\det(A)=1\big((1)(0)-(4)(6)\big)-2\big((0)(0)-(4)(5)\big)+3\big((0)(6)-(1)(5)\big)=1(-24)-2(-20)+3(-5)=-24+40-15=1. Le déterminant vaut 101\neq 0, donc AA est inversible. Ce déterminant égal à 11 va rendre la suite particulièrement lisible, puisque diviser par 11 ne change rien.

b) On applique Cij=(1)i+jMijC_{ij}=(-1)^{i+j}M_{ij}, en suivant le damier de signes (+++++)\begin{pmatrix} + & - & + \\ - & + & - \\ + & - & + \end{pmatrix}.

C11=+1460=024=24C_{11}=+\begin{vmatrix} 1 & 4 \\ 6 & 0 \end{vmatrix}=0-24=-24,  C12=0450=(020)=20\ C_{12}=-\begin{vmatrix} 0 & 4 \\ 5 & 0 \end{vmatrix}=-(0-20)=20,  C13=+0156=05=5\ C_{13}=+\begin{vmatrix} 0 & 1 \\ 5 & 6 \end{vmatrix}=0-5=-5.

C21=2360=(018)=18C_{21}=-\begin{vmatrix} 2 & 3 \\ 6 & 0 \end{vmatrix}=-(0-18)=18,  C22=+1350=015=15\ C_{22}=+\begin{vmatrix} 1 & 3 \\ 5 & 0 \end{vmatrix}=0-15=-15,  C23=1256=(610)=4\ C_{23}=-\begin{vmatrix} 1 & 2 \\ 5 & 6 \end{vmatrix}=-(6-10)=4.

C31=+2314=83=5C_{31}=+\begin{vmatrix} 2 & 3 \\ 1 & 4 \end{vmatrix}=8-3=5,  C32=1304=(40)=4\ C_{32}=-\begin{vmatrix} 1 & 3 \\ 0 & 4 \end{vmatrix}=-(4-0)=-4,  C33=+1201=10=1\ C_{33}=+\begin{vmatrix} 1 & 2 \\ 0 & 1 \end{vmatrix}=1-0=1.

c) La matrice des cofacteurs est (2420518154541)\begin{pmatrix} -24 & 20 & -5 \\ 18 & -15 & 4 \\ 5 & -4 & 1 \end{pmatrix}. L'adjointe en est la TRANSPOSÉE : adj(A)=(2418520154541)\text{adj}(A)=\begin{pmatrix} -24 & 18 & 5 \\ 20 & -15 & -4 \\ -5 & 4 & 1 \end{pmatrix}. Oublier de transposer est l'erreur numéro un de cet exercice, et elle est invisible tant qu'on ne vérifie pas le produit final.

Enfin A1=1det(A)adj(A)=11adj(A)=(2418520154541)A^{-1}=\dfrac{1}{\det(A)}\text{adj}(A)=\dfrac{1}{1}\text{adj}(A)=\begin{pmatrix} -24 & 18 & 5 \\ 20 & -15 & -4 \\ -5 & 4 & 1 \end{pmatrix}.

d) Première ligne du produit AA1A\,A^{-1} : (1)(24)+(2)(20)+(3)(5)=24+4015=1(1)(-24)+(2)(20)+(3)(-5)=-24+40-15=1, puis (1)(18)+(2)(15)+(3)(4)=1830+12=0(1)(18)+(2)(-15)+(3)(4)=18-30+12=0, puis (1)(5)+(2)(4)+(3)(1)=58+3=0(1)(5)+(2)(-4)+(3)(1)=5-8+3=0. On obtient bien (1; 0; 0)(1;\ 0;\ 0). En poursuivant de même sur les deux autres lignes, on obtient la matrice identité I3I_{3}, ce qui valide l'inverse. Cette vérification prend une minute et rattrape toutes les erreurs de signe : ne la sautez jamais.

Exercice 5 : Calculer un déterminant intelligemment : triangulaire, lignes proportionnelles, facteurs

Cet exercice ne demande jamais un développement brutal selon la première ligne. Chaque déterminant se calcule vite si l'on repère d'abord sa structure.

  • a) Calculez det(U)\det(U) avec U=(372025004)U=\begin{pmatrix} 3 & 7 & -2 \\ 0 & -2 & 5 \\ 0 & 0 & 4 \end{pmatrix}, et énoncez la règle utilisée.
  • b) Sans développer, expliquez pourquoi det(P)=0\det(P)=0 avec P=(123246501)P=\begin{pmatrix} 1 & 2 & 3 \\ 2 & 4 & 6 \\ 5 & 0 & 1 \end{pmatrix}.
  • c) Calculez det(M)\det(M) avec M=(121251372)M=\begin{pmatrix} 1 & 2 & -1 \\ 2 & 5 & 1 \\ 3 & 7 & 2 \end{pmatrix} en créant d'abord des zéros dans la première colonne par des opérations élémentaires.
  • d) Calculez det(N)\det(N) avec N=(246333152)N=\begin{pmatrix} 2 & 4 & 6 \\ 3 & 3 & 3 \\ 1 & 5 & 2 \end{pmatrix} en sortant d'abord les facteurs communs des lignes.

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Réponses

  • a) 24-24
  • b) Lignes proportionnelles : 0
  • c) det(M)=2\det(M)=2
  • d) det(N)=42\det(N)=42

a) La matrice UU est triangulaire supérieure : sous la diagonale, tous les coefficients sont nuls. Le déterminant d'une matrice triangulaire est le produit des coefficients diagonaux : det(U)=(3)(2)(4)=24\det(U)=(3)(-2)(4)=-24. Aucun développement n'est nécessaire, et cette règle vaut aussi pour les matrices triangulaires inférieures et diagonales. C'est précisément l'intérêt de la méthode du pivot : on triangularise, puis on multiplie la diagonale.

b) La deuxième ligne de PP est le double de la première : (2; 4; 6)=2(1; 2; 3)(2;\ 4;\ 6)=2(1;\ 2;\ 3). Deux lignes proportionnelles forment une famille liée, donc le déterminant est nul : det(P)=0\det(P)=0. On peut le voir aussi comme une conséquence de la propriété des opérations élémentaires : en remplaçant L2L_{2} par L22L1L_{2}-2L_{1}, on obtient une ligne entièrement nulle, et un déterminant possédant une ligne de zéros vaut 00. Aucun calcul de Sarrus n'est requis.

c) On ne change pas la valeur d'un déterminant en ajoutant à une ligne un multiple d'une autre. On fabrique des zéros sous le premier pivot : L2L22L1L_{2}\leftarrow L_{2}-2L_{1} donne (0; 1; 3)(0;\ 1;\ 3), et L3L33L1L_{3}\leftarrow L_{3}-3L_{1} donne (0; 1; 5)(0;\ 1;\ 5). Le déterminant devient 121013015\begin{vmatrix} 1 & 2 & -1 \\ 0 & 1 & 3 \\ 0 & 1 & 5 \end{vmatrix}. On développe selon la première colonne, qui n'a plus qu'un terme : det(M)=1×1315=1(53)=2\det(M)=1\times\begin{vmatrix} 1 & 3 \\ 1 & 5 \end{vmatrix}=1(5-3)=2. Vérification directe par Sarrus : 1(107)2(43)+(1)(1415)=32+1=21(10-7)-2(4-3)+(-1)(14-15)=3-2+1=2, tout concorde.

d) Chaque ligne porte un facteur commun. La première est 2(1; 2; 3)2(1;\ 2;\ 3), la deuxième est 3(1; 1; 1)3(1;\ 1;\ 1). Multiplier une ligne par un scalaire multiplie le déterminant par ce scalaire, donc on sort les deux facteurs : det(N)=2×3×123111152\det(N)=2\times 3\times\begin{vmatrix} 1 & 2 & 3 \\ 1 & 1 & 1 \\ 1 & 5 & 2 \end{vmatrix}. Le déterminant restant vaut 1(1215)2(1211)+3(1511)=1(3)2(1)+3(4)=32+12=71(1\cdot 2-1\cdot 5)-2(1\cdot 2-1\cdot 1)+3(1\cdot 5-1\cdot 1)=1(-3)-2(1)+3(4)=-3-2+12=7. Donc det(N)=6×7=42\det(N)=6\times 7=42. Le piège serait de sortir un facteur puis d'oublier de le reporter dans le produit final : chaque scalaire extrait doit réapparaître en multiplication.

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : Démonstrations et matrice singulière à paramètre

Cet exercice mêle démonstration et recherche de paramètre. Les questions a) et b) se traitent sans aucun coefficient numérique.

  • a) Démontrez que si AA est une matrice carrée possédant deux lignes identiques, alors det(A)=0\det(A)=0. On utilisera l'effet d'un échange de lignes.
  • b) Soit AA une matrice inversible. Démontrez que det(A1)=1det(A)\det(A^{-1})=\dfrac{1}{\det(A)}.
  • c) Déterminez toutes les valeurs de kk pour lesquelles la matrice M=(k121k121k)M=\begin{pmatrix} k & 1 & 2 \\ 1 & k & 1 \\ 2 & 1 & k \end{pmatrix} est singulière.
  • d) Pour la valeur entière de kk trouvée en c), exhibez une relation de dépendance linéaire explicite entre les lignes de MM, et expliquez pourquoi une telle relation devait nécessairement exister.

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c)
d)
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Réponses

  • a) det(A)=det(A)\det(A)=-\det(A) : nul
  • b) det(A)det(A1)=1\det(A)\det(A^{-1})=1
  • c) k=2k=2 ou k=1±3k=-1\pm\sqrt3
  • d) L1L3=0L_1-L_3=0

a) Soit AA une matrice dont les lignes LiL_{i} et LjL_{j} sont identiques, avec iji\neq j. Échangeons ces deux lignes : la matrice obtenue, appelons-la AA', est rigoureusement identique à AA, puisque les deux lignes échangées portaient les mêmes coefficients. Donc det(A)=det(A)\det(A')=\det(A). Mais par la propriété de l'échange de lignes, det(A)=det(A)\det(A')=-\det(A). En combinant : det(A)=det(A)\det(A)=-\det(A), donc 2det(A)=02\det(A)=0, donc det(A)=0\det(A)=0. La démonstration tient en trois lignes et n'utilise aucun coefficient.

Conséquence géométrique cohérente : deux lignes identiques signifient deux vecteurs égaux parmi les lignes, donc une famille liée, donc un volume nul.

b) Par définition de l'inverse, AA1=IA\,A^{-1}=I. On applique le déterminant aux deux membres : det(AA1)=det(I)\det(A\,A^{-1})=\det(I). Le membre de gauche se factorise par la propriété multiplicative : det(A)det(A1)\det(A)\det(A^{-1}). Le membre de droite vaut 11, puisque le déterminant de la matrice identité est 11. Donc det(A)det(A1)=1\det(A)\det(A^{-1})=1. Comme AA est inversible, det(A)0\det(A)\neq 0, et on peut diviser : det(A1)=1det(A)\det(A^{-1})=\dfrac{1}{\det(A)}.

Remarquez au passage ce que cette égalité démontre en creux : l'inverse d'une matrice à coefficients entiers n'a de coefficients entiers que si det(A)=±1\det(A)=\pm 1.

c) On développe selon la première ligne : det(M)=kk11k1112k+21k21=k(k21)1(k2)+2(12k)\det(M)=k\begin{vmatrix} k & 1 \\ 1 & k \end{vmatrix}-1\begin{vmatrix} 1 & 1 \\ 2 & k \end{vmatrix}+2\begin{vmatrix} 1 & k \\ 2 & 1 \end{vmatrix}=k(k^{2}-1)-1(k-2)+2(1-2k).

En développant : k3kk+2+24k=k36k+4k^{3}-k-k+2+2-4k=k^{3}-6k+4. La matrice est singulière lorsque ce polynôme s'annule. On cherche une racine évidente parmi les diviseurs de 44 : pour k=2k=2, on a 812+4=08-12+4=0. Donc k=2k=2 est racine, et on factorise par k2k-2 : k36k+4=(k2)(k2+2k2)k^{3}-6k+4=(k-2)(k^{2}+2k-2).

Le facteur quadratique donne k=2±4+82=2±232=1±3k=\dfrac{-2\pm\sqrt{4+8}}{2}=\dfrac{-2\pm 2\sqrt{3}}{2}=-1\pm\sqrt{3}. La matrice MM est donc singulière pour k=2k=2, k=1+30,73k=-1+\sqrt{3}\approx 0{,}73 et k=132,73k=-1-\sqrt{3}\approx -2{,}73. Trois valeurs, et non une seule : un déterminant d'ordre 33 à paramètre sur la diagonale donne un polynôme de degré 33, il faut aller chercher toutes ses racines.

d) Pour k=2k=2, la matrice devient M=(212121212)M=\begin{pmatrix} 2 & 1 & 2 \\ 1 & 2 & 1 \\ 2 & 1 & 2 \end{pmatrix}. Les lignes L1L_{1} et L3L_{3} sont identiques, donc L1L3=(0; 0; 0)L_{1}-L_{3}=(0;\ 0;\ 0) est une relation de dépendance explicite, à coefficients (1; 0; 1)(1;\ 0;\ -1) non tous nuls.

Une telle relation devait nécessairement exister : det(M)=0\det(M)=0 équivaut à dire que les lignes de MM forment une famille liée, et une famille liée est précisément une famille admettant une combinaison linéaire nulle à coefficients non tous nuls. Le déterminant nul et la relation de dépendance sont deux formulations du même fait, l'une numérique et l'autre structurelle. Ici, la question a) donne même le résultat sans aucun calcul : deux lignes identiques suffisent à conclure que det(M)=0\det(M)=0.

-11234567-112345u = (4 ; 2)v = (6 ; 3)les deux vecteurs sont COLINÉAIRESle parallélogramme est aplati : aire nulle,donc det = 0 et la matrice n'est pas inversible

Exercice 7 : Problème : trois formules d'atelier résolues par la règle de Cramer

Un centre d'aide aux devoirs facture trois formules : une séance individuelle, une séance en duo et un atelier de groupe. On ne connaît pas les tarifs unitaires, mais on dispose de trois relevés hebdomadaires.

Semaine 1 : 22 séances individuelles, 11 séance en duo et 11 atelier annulé et remboursé (donc compté négativement) donnent un solde de 22 unités de facturation. Semaine 2 : 11 individuelle, 33 duos et 11 atelier remboursé donnent 22 unités. Semaine 3 : 33 individuelles, 11 duo remboursé et 22 ateliers donnent 1111 unités.

En notant xx, yy et zz les tarifs respectifs des trois formules, on obtient le système {2x+yz=2x+3yz=23xy+2z=11\begin{cases} 2x+y-z=2 \\ x+3y-z=2 \\ 3x-y+2z=11 \end{cases}.

  • a) Écrivez le système sous la forme matricielle AX=BAX=B et calculez det(A)\det(A).
  • b) La règle de Cramer est-elle applicable ? Que peut-on affirmer sur le nombre de solutions avant même de les calculer ?
  • c) Calculez det(Ax)\det(A_{x}) et déduisez-en xx.
  • d) Calculez det(Ay)\det(A_{y}) et det(Az)\det(A_{z}), puis déduisez-en yy et zz.
  • e) Vérifiez la solution dans les trois équations d'origine.
  • f) On modifie le troisième relevé, dont le membre de droite passe de 1111 à 1414, les coefficients restant inchangés. Sans refaire tout le travail, expliquez ce qui doit être recalculé et ce qui reste valable, puis donnez la nouvelle valeur de xx.

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a)
b)
c)
d)
f)
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Réponses

  • a) det(A)=15\det(A)=15
  • b) Cramer applicable : solution unique
  • c) det(Ax)=30\det(A_x)=30 : x=2x=2
  • d) y=1y=1, z=3z=3
  • e) Trois équations vérifiées
  • f) det(A)\det(A) inchangé ; x=3615=2,4x=\frac{36}{15}=2{,}4

a) A=(211131312)A=\begin{pmatrix} 2 & 1 & -1 \\ 1 & 3 & -1 \\ 3 & -1 & 2 \end{pmatrix}, X=(xyz)X=\begin{pmatrix} x \\ y \\ z \end{pmatrix} et B=(2211)B=\begin{pmatrix} 2 \\ 2 \\ 11 \end{pmatrix}.

Développement selon la première ligne : det(A)=2((3)(2)(1)(1))1((1)(2)(1)(3))+(1)((1)(1)(3)(3))=2(61)1(2+3)1(19)=105+10=15\det(A)=2\big((3)(2)-(-1)(-1)\big)-1\big((1)(2)-(-1)(3)\big)+(-1)\big((1)(-1)-(3)(3)\big)=2(6-1)-1(2+3)-1(-1-9)=10-5+10=15.

b) Le déterminant vaut 15015\neq 0, donc AA est inversible et la règle de Cramer s'applique. On peut affirmer AVANT tout calcul que le système admet une solution unique. C'est le rôle exact du déterminant du système : il tranche la question de l'existence et de l'unicité sans donner la solution. Si det(A)\det(A) avait été nul, Cramer aurait été inutilisable et il aurait fallu passer par Gauss-Jordan pour distinguer entre aucune solution et une infinité.

c) On remplace la première colonne de AA par BB : det(Ax)=2112311112=2(61)1(4+11)+(1)(233)=1015+35=30\det(A_{x})=\begin{vmatrix} 2 & 1 & -1 \\ 2 & 3 & -1 \\ 11 & -1 & 2 \end{vmatrix}=2\big(6-1\big)-1\big(4+11\big)+(-1)\big(-2-33\big)=10-15+35=30. Donc x=det(Ax)det(A)=3015=2x=\dfrac{\det(A_{x})}{\det(A)}=\dfrac{30}{15}=2.

d) On remplace la deuxième colonne par BB : det(Ay)=2211213112=2((2)(2)(1)(11))2((1)(2)(1)(3))+(1)((1)(11)(2)(3))=2(15)2(5)1(5)=30105=15\det(A_{y})=\begin{vmatrix} 2 & 2 & -1 \\ 1 & 2 & -1 \\ 3 & 11 & 2 \end{vmatrix}=2\big((2)(2)-(-1)(11)\big)-2\big((1)(2)-(-1)(3)\big)+(-1)\big((1)(11)-(2)(3)\big)=2(15)-2(5)-1(5)=30-10-5=15. Donc y=1515=1y=\dfrac{15}{15}=1.

Puis la troisième colonne : det(Az)=2121323111=2((3)(11)(2)(1))1((1)(11)(2)(3))+2((1)(1)(3)(3))=2(35)1(5)+2(10)=70520=45\det(A_{z})=\begin{vmatrix} 2 & 1 & 2 \\ 1 & 3 & 2 \\ 3 & -1 & 11 \end{vmatrix}=2\big((3)(11)-(2)(-1)\big)-1\big((1)(11)-(2)(3)\big)+2\big((1)(-1)-(3)(3)\big)=2(35)-1(5)+2(-10)=70-5-20=45. Donc z=4515=3z=\dfrac{45}{15}=3.

e) Équation 1 : 2(2)+13=4+13=22(2)+1-3=4+1-3=2, conforme. Équation 2 : 2+3(1)3=2+33=22+3(1)-3=2+3-3=2, conforme. Équation 3 : 3(2)1+2(3)=61+6=113(2)-1+2(3)=6-1+6=11, conforme. La solution est (x; y; z)=(2; 1; 3)(x;\ y;\ z)=(2;\ 1;\ 3), soit des tarifs de 22, 11 et 33 unités de facturation. Vérifier dans les TROIS équations, et pas seulement dans celle qui a servi au dernier calcul, est ce qui distingue une réponse sûre d'une réponse espérée.

f) Les coefficients du système ne changent pas, donc la matrice AA est inchangée et det(A)=15\det(A)=15 reste valable : aucun recalcul de ce côté, et la conclusion sur l'existence et l'unicité de la solution tient encore. En revanche, chacun des trois déterminants det(Ax)\det(A_{x}), det(Ay)\det(A_{y}) et det(Az)\det(A_{z}) contient la colonne BB, donc tous les trois sont à recalculer.

Pour xx : det(Ax)=2112311412=2(61)1(4+14)+(1)(242)=1018+44=36\det(A_{x})=\begin{vmatrix} 2 & 1 & -1 \\ 2 & 3 & -1 \\ 14 & -1 & 2 \end{vmatrix}=2(6-1)-1(4+14)+(-1)(-2-42)=10-18+44=36, d'où x=3615=125=2,4x=\dfrac{36}{15}=\dfrac{12}{5}=2{,}4.

C'est l'avantage structurel de Cramer sur Gauss-Jordan quand seul le membre de droite bouge : le dénominateur, qui est la partie coûteuse du travail, est calculé une fois pour toutes. Et si une seule inconnue vous est demandée, Cramer donne un seul déterminant à calculer là où Gauss-Jordan exige de résoudre le système complet.

-11234567-1123456x + y = 5x - 2y = -1(3 ; 2)Cramer donne DIRECTEMENT chaque coordonnéecomme un quotient de deux déterminants

Exercice 8 : Démonstration : le déterminant de Vandermonde d'ordre 3

On appelle déterminant de Vandermonde le déterminant V(a; b; c)=111abca2b2c2V(a;\ b;\ c)=\begin{vmatrix} 1 & 1 & 1 \\ a & b & c \\ a^{2} & b^{2} & c^{2} \end{vmatrix}, qui apparaît dès qu'on cherche un polynôme passant par trois points.

  • a) Calculez V(a; b; c)V(a;\ b;\ c) en fonction de aa, bb, cc, et factorisez complètement le résultat.
  • b) Déduisez-en une condition simple, portant sur aa, bb et cc, pour que la matrice de Vandermonde soit inversible.
  • c) Application numérique : calculez V(1; 2; 4)V(1;\ 2;\ 4) de deux façons, par la formule factorisée et par un développement direct.
  • d) Un polynôme du second degré p(x)=α+βx+γx2p(x)=\alpha+\beta x+\gamma x^{2} doit passer par trois points d'abscisses aa, bb, cc. Expliquez en quoi le résultat de b) garantit qu'un tel polynôme existe et est unique.

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a)
b)
c)
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Réponses

  • a) V=(ba)(ca)(cb)V=(b-a)(c-a)(c-b)
  • b) aa, bb, cc distincts
  • c) V(1;2;4)=6V(1;2;4)=6
  • d) Système de déterminant V0V\neq 0 : parabole unique

a) On crée des zéros dans la première ligne en soustrayant des colonnes, ce qui ne change pas le déterminant : C2C2C1C_{2}\leftarrow C_{2}-C_{1} et C3C3C1C_{3}\leftarrow C_{3}-C_{1} donnent 100abacaa2b2a2c2a2\begin{vmatrix} 1 & 0 & 0 \\ a & b-a & c-a \\ a^{2} & b^{2}-a^{2} & c^{2}-a^{2} \end{vmatrix}. On développe selon la première ligne : V=bacab2a2c2a2V=\begin{vmatrix} b-a & c-a \\ b^{2}-a^{2} & c^{2}-a^{2} \end{vmatrix}. On factorise chaque colonne : b2a2=(ba)(b+a)b^{2}-a^{2}=(b-a)(b+a) et c2a2=(ca)(c+a)c^{2}-a^{2}=(c-a)(c+a), donc on sort (ba)(b-a) de la première colonne et (ca)(c-a) de la seconde : V=(ba)(ca)11b+ac+a=(ba)(ca)((c+a)(b+a))=(ba)(ca)(cb)V=(b-a)(c-a)\begin{vmatrix} 1 & 1 \\ b+a & c+a \end{vmatrix}=(b-a)(c-a)\big((c+a)-(b+a)\big)=(b-a)(c-a)(c-b).

b) La matrice de Vandermonde est inversible si et seulement si V(a; b; c)0V(a;\ b;\ c)\neq 0, c'est-à-dire si et seulement si aucun des trois facteurs (ba)(b-a), (ca)(c-a), (cb)(c-b) n'est nul. Autrement dit, elle est inversible exactement lorsque aa, bb et cc sont deux à deux distincts. Une seule coïncidence entre deux des trois valeurs suffit à annuler le déterminant.

c) Par la formule : V(1; 2; 4)=(21)(41)(42)=(1)(3)(2)=6V(1;\ 2;\ 4)=(2-1)(4-1)(4-2)=(1)(3)(2)=6. Par développement direct : 1111241416=1(21644)1(11641)+1(1421)=1(16)1(12)+1(2)=6\begin{vmatrix} 1 & 1 & 1 \\ 1 & 2 & 4 \\ 1 & 4 & 16 \end{vmatrix}=1(2\cdot 16-4\cdot 4)-1(1\cdot 16-4\cdot 1)+1(1\cdot 4-2\cdot 1)=1(16)-1(12)+1(2)=6. Les deux méthodes concordent, ce qui confirme la factorisation.

d) Imposer p(a)p(a), p(b)p(b), p(c)p(c) revient à résoudre un système de trois équations linéaires dont les inconnues sont α\alpha, β\beta, γ\gamma, et dont la matrice des coefficients est exactement la transposée de la matrice de Vandermonde. Comme det\det d'une matrice et de sa transposée sont égaux, le déterminant du système est V(a; b; c)V(a;\ b;\ c). Quand aa, bb, cc sont distincts, ce déterminant est non nul : le système admet une solution unique, donc il existe un et un seul polynôme de degré au plus 22 passant par les trois points. C'est le fondement algébrique de l'interpolation : trois points d'abscisses distinctes déterminent une unique parabole.

Exercice 9 : Problème : le déterminant comme aire et comme volume

Le déterminant ne sert pas qu'à tester l'inversibilité : sa valeur absolue mesure une aire dans le plan et un volume dans l'espace. On exploite cette lecture géométrique dans les deux dimensions.

  • a) Calculez l'aire du triangle de sommets A(1; 1)A(1;\ 1), B(4; 2)B(4;\ 2) et C(2; 5)C(2;\ 5) à l'aide d'un déterminant 2×22\times 2.
  • b) Les points P(0; 0)P(0;\ 0), Q(2; 1)Q(2;\ 1) et R(6; 3)R(6;\ 3) sont-ils alignés ? Répondez par un déterminant, et donnez l'interprétation géométrique de sa valeur.
  • c) Déterminez la valeur de tt pour laquelle les points (1; 2)(1;\ 2), (3; 5)(3;\ 5) et (5; t)(5;\ t) sont alignés.
  • d) Calculez le volume du tétraèdre construit sur l'origine et les trois vecteurs u=(1; 0; 1)\vec{u}=(1;\ 0;\ 1), v=(2; 1; 0)\vec{v}=(2;\ 1;\ 0), w=(0; 3; 1)\vec{w}=(0;\ 3;\ 1), puis déterminez la valeur de mm pour laquelle les vecteurs (1; 1; 1)(1;\ 1;\ 1), (2; 0; 1)(2;\ 0;\ 1) et (1; 1; m)(1;\ -1;\ m) sont coplanaires.

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a)
b)
c)
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Réponses

  • a) 112=5,5\frac{11}{2}=5{,}5
  • b) Déterminant nul : alignés
  • c) t=8t=8
  • d) Volume 76\frac76 ; m=0m=0

a) L'aire d'un triangle ABCABC vaut la moitié de la valeur absolue du déterminant formé par AB\vec{AB} et AC\vec{AC}. Ici AB=(3; 1)\vec{AB}=(3;\ 1) et AC=(1; 4)\vec{AC}=(1;\ 4), donc l'aire est 123114=12121=112=5,5\dfrac{1}{2}\left|\begin{vmatrix} 3 & 1 \\ 1 & 4 \end{vmatrix}\right|=\dfrac{1}{2}|12-1|=\dfrac{11}{2}=5{,}5 unités d'aire. La valeur absolue est indispensable : le déterminant seul peut être négatif selon l'orientation, mais une aire ne l'est jamais.

b) PQ=(2; 1)\vec{PQ}=(2;\ 1) et PR=(6; 3)\vec{PR}=(6;\ 3). Le déterminant vaut 2613=66=0\begin{vmatrix} 2 & 6 \\ 1 & 3 \end{vmatrix}=6-6=0. Trois points sont alignés si et seulement si ce déterminant est nul, car un déterminant nul signifie une aire nulle, donc un triangle aplati : les trois points sont sur une même droite. Ici PR=3PQ\vec{PR}=3\vec{PQ}, la colinéarité est explicite.

c) Les points (1; 2)(1;\ 2), (3; 5)(3;\ 5), (5; t)(5;\ t) sont alignés lorsque AB=(2; 3)\vec{AB}=(2;\ 3) et AC=(4; t2)\vec{AC}=(4;\ t-2) sont colinéaires, c'est-à-dire lorsque 243t2=0\begin{vmatrix} 2 & 4 \\ 3 & t-2 \end{vmatrix}=0. Cela donne 2(t2)3(4)=2t412=2t16=02(t-2)-3(4)=2t-4-12=2t-16=0, donc t=8t=8. Pour toute autre valeur de tt, les trois points forment un vrai triangle d'aire non nulle.

d) Le volume du tétraèdre bâti sur trois vecteurs issus d'un même sommet vaut le sixième de la valeur absolue de leur déterminant : 101210031=1(10)0(20)+1(60)=1+6=7\begin{vmatrix} 1 & 0 & 1 \\ 2 & 1 & 0 \\ 0 & 3 & 1 \end{vmatrix}=1(1-0)-0(2-0)+1(6-0)=1+6=7, donc le volume est 167=76\dfrac{1}{6}|7|=\dfrac{7}{6} unités de volume. Pour la coplanarité, on impose que le déterminant des trois vecteurs soit nul : 11120111m=1(0m1(1))1(2m1)+1(20)=12m+12=2m\begin{vmatrix} 1 & 1 & 1 \\ 2 & 0 & 1 \\ 1 & -1 & m \end{vmatrix}=1(0\cdot m-1\cdot(-1))-1(2m-1)+1(-2-0)=1-2m+1-2=-2m. Ce déterminant s'annule pour m=0m=0 : c'est la seule valeur qui rend les trois vecteurs coplanaires, c'est-à-dire qui aplatit à zéro le volume du parallélépipède qu'ils portent.

-2-11234567-2-1123456u = (4 ; 1)v = (1 ; 3)aire = 11det = 4×3 - 1×1 = 11det nul ⇔ vecteurs colinéaires⇔ parallélogramme aplati

Exercice 10 : Démonstration : matrice adjointe, identité fondamentale et déterminant de l'adjointe

On rappelle que la matrice adjointe adj(A)\text{adj}(A) est la transposée de la matrice des cofacteurs de AA, et que pour AA inversible on a A1=1det(A)adj(A)A^{-1}=\dfrac{1}{\det(A)}\text{adj}(A).

  • a) Démontrez que pour toute matrice carrée AA d'ordre nn inversible, Aadj(A)=det(A)InA\,\text{adj}(A)=\det(A)\,I_{n}.
  • b) En déduire que det(adj(A))=(det(A))n1\det(\text{adj}(A))=(\det(A))^{n-1}.
  • c) Application avec A=(201110012)A=\begin{pmatrix} 2 & 0 & 1 \\ 1 & 1 & 0 \\ 0 & 1 & 2 \end{pmatrix} : calculez det(A)\det(A) et adj(A)\text{adj}(A), vérifiez l'identité de a), et confirmez la formule de b).
  • d) Une matrice BB d'ordre 33 vérifie det(B)=1\det(B)=1. Que valent det(adj(B))\det(\text{adj}(B)) et det(adj(adj(B)))\det(\text{adj}(\text{adj}(B))) ? Justifiez à l'aide de b).

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c)
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Réponses

  • a) Aadj(A)=det(A)InA\,\text{adj}(A)=\det(A)\,I_n
  • b) det(adj(A))=det(A)n1\det(\text{adj}(A))=\det(A)^{n-1}
  • c) det(A)=5\det(A)=5 ; det(adj(A))=25\det(\text{adj}(A))=25
  • d) 1 et 1

a) Partons de l'égalité qui définit l'inverse par cofacteurs : A1=1det(A)adj(A)A^{-1}=\dfrac{1}{\det(A)}\text{adj}(A), valable car AA est inversible donc det(A)0\det(A)\neq 0. Multiplions les deux membres à gauche par AA : AA1=1det(A)Aadj(A)A\,A^{-1}=\dfrac{1}{\det(A)}A\,\text{adj}(A). Le membre de gauche vaut InI_{n}. En multipliant les deux membres par le scalaire det(A)\det(A), on obtient det(A)In=Aadj(A)\det(A)\,I_{n}=A\,\text{adj}(A), ce qui est l'identité annoncée.

b) Appliquons le déterminant à l'identité Aadj(A)=det(A)InA\,\text{adj}(A)=\det(A)\,I_{n}. Le membre de gauche se factorise : det(A)det(adj(A))\det(A)\det(\text{adj}(A)). Le membre de droite est le déterminant du scalaire det(A)\det(A) multipliant InI_{n}, soit (det(A))ndet(In)=(det(A))n(\det(A))^{n}\det(I_{n})=(\det(A))^{n}, puisque multiplier une matrice n×nn\times n par un scalaire kk multiplie son déterminant par knk^{n} et que det(In)=1\det(I_{n})=1. On a donc det(A)det(adj(A))=(det(A))n\det(A)\det(\text{adj}(A))=(\det(A))^{n}. Comme det(A)0\det(A)\neq 0, on divise : det(adj(A))=(det(A))n1\det(\text{adj}(A))=(\det(A))^{n-1}.

c) Développement selon la première colonne : det(A)=2101210112+0=2(2)1(1)=5\det(A)=2\begin{vmatrix} 1 & 0 \\ 1 & 2 \end{vmatrix}-1\begin{vmatrix} 0 & 1 \\ 1 & 2 \end{vmatrix}+0=2(2)-1(-1)=5. Les neuf cofacteurs donnent la matrice des cofacteurs (221142112)\begin{pmatrix} 2 & -2 & 1 \\ 1 & 4 & -2 \\ -1 & 1 & 2 \end{pmatrix}, et l'adjointe en est la transposée : adj(A)=(211241122)\text{adj}(A)=\begin{pmatrix} 2 & 1 & -1 \\ -2 & 4 & 1 \\ 1 & -2 & 2 \end{pmatrix}. On vérifie l'identité : Aadj(A)=(500050005)=5I3=det(A)I3A\,\text{adj}(A)=\begin{pmatrix} 5 & 0 & 0 \\ 0 & 5 & 0 \\ 0 & 0 & 5 \end{pmatrix}=5I_{3}=\det(A)I_{3}. Enfin det(adj(A))=25=52=(det(A))31\det(\text{adj}(A))=25=5^{2}=(\det(A))^{3-1}, ce qui confirme la formule de b) avec n=3n=3.

d) Avec n=3n=3 et det(B)=1\det(B)=1 : det(adj(B))=(det(B))n1=12=1\det(\text{adj}(B))=(\det(B))^{n-1}=1^{2}=1. En réappliquant la formule à la matrice adj(B)\text{adj}(B), elle-même d'ordre 33 : det(adj(adj(B)))=(det(adj(B)))2=12=1\det(\text{adj}(\text{adj}(B)))=(\det(\text{adj}(B)))^{2}=1^{2}=1. On peut même aller plus loin : l'identité connue adj(adj(B))=(det(B))n2B\text{adj}(\text{adj}(B))=(\det(B))^{n-2}B donne ici adj(adj(B))=(det(B))1B=B\text{adj}(\text{adj}(B))=(\det(B))^{1}B=B, l'adjointe de l'adjointe redonne BB elle-même quand det(B)=1\det(B)=1 et n=3n=3.

Partie C : les classiques (/50)

Exercice 11 : Ce que la multiplicativité du déterminant interdit

On utilise la propriété det(AB)=det(A)det(B)\det(AB)=\det(A)\det(B) pour des matrices carrées de même ordre, ainsi que det(kA)=kndet(A)\det(kA)=k^{n}\det(A) pour une matrice d'ordre nn.

  • a) Vérifiez la propriété avec A=(1234)A=\begin{pmatrix} 1 & 2 \\ 3 & 4 \end{pmatrix} et B=(2013)B=\begin{pmatrix} 2 & 0 \\ 1 & 3 \end{pmatrix}.
  • b) Existe-t-il une matrice AA carrée d'ordre 3, à coefficients réels, telle que A2=I3A^{2}=-I_{3} ?
  • c) Calculez A2A^{2} pour A=(0110)A=\begin{pmatrix} 0 & -1 \\ 1 & 0 \end{pmatrix}. Pourquoi l'argument de b) ne s'applique-t-il pas en ordre 2 ?
  • d) Une matrice NN vérifie N3=0N^{3}=0. Que vaut det(N)\det(N) ? Donnez un exemple non nul en ordre 2 avec N2=0N^{2}=0.
  • e) Une matrice QQ vérifie QTQ=IQ^{T}Q=I. Quelles valeurs peut prendre det(Q)\det(Q) ? Calculez-le pour Q=(0,60,80,80,6)Q=\begin{pmatrix} 0{,}6 & -0{,}8 \\ 0{,}8 & 0{,}6 \end{pmatrix}.

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  • a) 12=(2)×6-12=(-2)\times 6
  • b) Non : det(A)2=1\det(A)^2=-1
  • c) A2=I2A^2=-I_2 ; det(I2)=1\det(-I_2)=1
  • d) det(N)=0\det(N)=0
  • e) ±1\pm 1 ; ici 1

a) detA=46=2\det A=4-6=-2 et detB=60=6\det B=6-0=6. AB=(2+20+66+40+12)=(461012)AB=\begin{pmatrix} 2+2 & 0+6 \\ 6+4 & 0+12 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 4 & 6 \\ 10 & 12 \end{pmatrix}, de déterminant 4860=12=(2)×648-60=-12=(-2)\times 6.

b) Non. Si A2=I3A^{2}=-I_{3}, alors det(A)2=det(I3)=(1)3=1\det(A)^{2}=\det(-I_{3})=(-1)^{3}=-1. Un carré de nombre réel ne peut pas valoir 1-1 : aucune matrice réelle d'ordre 3 ne convient, et le même argument vaut pour tout ordre impair.

c) A2=(010+00+01+0)=I2A^{2}=\begin{pmatrix} 0-1 & 0+0 \\ 0+0 & -1+0 \end{pmatrix}=-I_{2}. En ordre 2, det(I2)=(1)2=1\det(-I_{2})=(-1)^{2}=1 et det(A)2=12=1\det(A)^{2}=1^{2}=1 : aucune contradiction. Cette matrice est la rotation d'un quart de tour, qui appliquée deux fois donne le demi-tour I-I.

d) det(N)3=det(N3)=det(0)=0\det(N)^{3}=\det(N^{3})=\det(0)=0, donc det(N)=0\det(N)=0 : une matrice nilpotente n'est jamais inversible. Exemple : N=(0100)N=\begin{pmatrix} 0 & 1 \\ 0 & 0 \end{pmatrix}, non nulle, avec N2=0N^{2}=0 et detN=0\det N=0.

e) det(QT)det(Q)=det(Q)2=det(I)=1\det(Q^{T})\det(Q)=\det(Q)^{2}=\det(I)=1, donc det(Q)=1\det(Q)=1 ou det(Q)=1\det(Q)=-1. Pour la matrice proposée : 0,36+0,64=10{,}36+0{,}64=1. C'est une rotation ; une réflexion comme (1001)\begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 0 & -1 \end{pmatrix} donnerait 1-1.

Le fil : appliquer le déterminant à une égalité matricielle la transforme en égalité entre nombres, souvent impossible.

Exercice 12 : Un déterminant tridiagonal d'ordre n

Pour n1n\geq 1, on note DnD_{n} le déterminant de la matrice carrée d'ordre nn qui porte des 22 sur la diagonale, des 1-1 juste au-dessus et juste au-dessous, et des 00 ailleurs. Par exemple D3=210121012D_{3}=\begin{vmatrix} 2 & -1 & 0 \\ -1 & 2 & -1 \\ 0 & -1 & 2 \end{vmatrix}.

  • a) Calculez D1D_{1} et D2D_{2}.
  • b) Calculez D3D_{3} directement.
  • c) En développant selon la première ligne, montrez que Dn=2Dn1Dn2D_{n}=2D_{n-1}-D_{n-2} pour n3n\geq 3.
  • d) Conjecturez une expression de DnD_{n}, démontrez-la par récurrence et donnez D10D_{10}.
  • e) Ces matrices sont-elles toutes inversibles ?

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Réponses

  • a) D1=2D_1=2, D2=3D_2=3
  • b) D3=4D_3=4
  • c) Dn=2Dn1Dn2D_n=2D_{n-1}-D_{n-2}
  • d) Dn=n+1D_n=n+1 ; D10=11D_{10}=11
  • e) Oui

a) D1=2D_{1}=2 et D2=2112=41=3D_{2}=\begin{vmatrix} 2 & -1 \\ -1 & 2 \end{vmatrix}=4-1=3.

b) D3=2(41)(1)((1)(2)(1)(0))+0=62=4D_{3}=2(4-1)-(-1)\big((-1)(2)-(-1)(0)\big)+0=6-2=4.

c) Le premier coefficient, 22, a pour mineur la même matrice d'ordre n1n-1 : contribution 2Dn12D_{n-1}. Le deuxième, 1-1, est affecté du signe - ; son mineur a une première colonne réduite à 1-1 en haut, suivi de zéros, et se développe en (1)Dn2(-1)D_{n-2}. Contribution : (1)×(1)×(1)Dn2=Dn2(-1)\times(-1)\times(-1)D_{n-2}=-D_{n-2}. Les autres coefficients de la ligne sont nuls. Donc Dn=2Dn1Dn2D_{n}=2D_{n-1}-D_{n-2}.

d) 22, 33, 44 : on conjecture Dn=n+1D_{n}=n+1. Vrai pour n=1n=1 et n=2n=2. Si Dn1=nD_{n-1}=n et Dn2=n1D_{n-2}=n-1, alors Dn=2n(n1)=n+1D_{n}=2n-(n-1)=n+1. Par récurrence, Dn=n+1D_{n}=n+1 pour tout nn, et D10=11D_{10}=11.

e) Oui : Dn=n+10D_{n}=n+1\neq 0 pour tout nn. Ces matrices, qui modélisent une corde ou une barre discrétisée en nn points, sont toujours inversibles.

Le fil : un déterminant à motif régulier se ramène à une relation de récurrence en développant selon la première ligne.

Exercice 13 : Droites et plans par déterminants

Trois points du plan sont alignés si et seulement si x1y11x2y21x3y31=0\begin{vmatrix} x_{1} & y_{1} & 1 \\ x_{2} & y_{2} & 1 \\ x_{3} & y_{3} & 1 \end{vmatrix}=0. De même, quatre points de l'espace sont coplanaires si et seulement si le déterminant d'ordre 4 formé des lignes (xi; yi; zi; 1)(x_{i};\ y_{i};\ z_{i};\ 1) est nul.

  • a) Développez xy1121381=0\begin{vmatrix} x & y & 1 \\ 1 & 2 & 1 \\ 3 & 8 & 1 \end{vmatrix}=0 et donnez l'équation réduite de la droite obtenue.
  • b) Pourquoi les points (1; 2)(1;\ 2) et (3; 8)(3;\ 8) vérifient-ils cette équation sans aucun calcul ?
  • c) Le point (5; 14)(5;\ 14) est-il sur cette droite ?
  • d) Développez xyz1100102010031=0\begin{vmatrix} x & y & z & 1 \\ 1 & 0 & 0 & 1 \\ 0 & 2 & 0 & 1 \\ 0 & 0 & 3 & 1 \end{vmatrix}=0 selon la première ligne et donnez l'équation du plan.
  • e) Les points (1; 0; 0)(1;\ 0;\ 0), (0; 2; 0)(0;\ 2;\ 0), (0; 0; 3)(0;\ 0;\ 3) et (2; 2; 3)(2;\ -2;\ 3) sont-ils coplanaires ?

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  • a) y=3x1y=3x-1
  • b) Deux lignes égales
  • c) Oui
  • d) 6x+3y+2z=66x+3y+2z=6
  • e) Non : 12 au lieu de 6

a) x(28)y(13)+1(86)=6x+2y+2=0x(2-8)-y(1-3)+1(8-6)=-6x+2y+2=0, soit y=3x1y=3x-1.

b) En remplaçant (x; y)(x;\ y) par (1; 2)(1;\ 2), la première ligne devient égale à la deuxième : un déterminant à deux lignes égales est nul. Même chose avec (3; 8)(3;\ 8) et la troisième ligne. La droite passe donc par les deux points.

c) 3×51=143\times 5-1=14 : oui, le point est sur la droite.

d) Les mineurs de la première ligne valent 66, 3-3, 22 et 66, en supprimant chaque colonne tour à tour ; avec les signes alternés : 6x(3)y+2z6=06x-(-3)y+2z-6=0, soit 6x+3y+2z=66x+3y+2z=6, ou encore x1+y2+z3=1\frac{x}{1}+\frac{y}{2}+\frac{z}{3}=1, la forme qui fait apparaître les trois points où le plan coupe les axes.

e) 6(2)+3(2)+2(3)=126+6=1266(2)+3(-2)+2(3)=12-6+6=12\neq 6 : le quatrième point n'est pas dans le plan, les quatre points ne sont pas coplanaires.

Le fil : une équation « le déterminant est nul » décrit l'ensemble des points qui rendent la famille liée, droite ou plan selon la dimension.

Exercice 14 : Problème : l'aire d'un terrain par la formule du lacet

Un terrain a la forme du pentagone de sommets A(0; 0)A(0;\ 0), B(4; 0)B(4;\ 0), C(5; 3)C(5;\ 3), D(2; 5)D(2;\ 5) et E(1; 3)E(-1;\ 3), parcourus dans le sens trigonométrique. Une unité vaut 1010 mètres. Le pentagone est convexe.

L'aire du triangle OPQOPQ, où OO est un sommet et OP=(a; b)\vec{OP}=(a;\ b), OQ=(c; d)\vec{OQ}=(c;\ d), vaut 12adbc\frac{1}{2}|ad-bc|.

  • a) Pourquoi peut-on découper le pentagone en trois triangles issus de AA ?
  • b) Calculez les aires des triangles ABCABC, ACDACD et ADEADE.
  • c) Retrouvez l'aire totale par la formule du lacet : A=12i(xiyi+1xi+1yi)\mathcal{A}=\frac{1}{2}\left|\sum_{i}(x_{i}y_{i+1}-x_{i+1}y_{i})\right|, le dernier sommet étant suivi du premier.
  • d) Que devient la somme de c), sans valeur absolue, si l'on parcourt les sommets dans le sens des aiguilles d'une montre ?
  • e) Donnez l'aire réelle du terrain en mètres carrés.

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  • a) Pentagone convexe
  • b) 6 ; 9,59{,}5 ; 5,55{,}5
  • c) 422=21\frac{42}{2}=21
  • d) 42-42
  • e) 2 100 m²

a) Le pentagone étant convexe, les segments [AC][AC] et [AD][AD] restent à l'intérieur : les triangles ABCABC, ACDACD et ADEADE recouvrent le terrain sans se chevaucher.

b) ABCABC : 124×35×0=6\frac{1}{2}|4\times 3-5\times 0|=6. ACDACD : 125×52×3=192=9,5\frac{1}{2}|5\times 5-2\times 3|=\frac{19}{2}=9{,}5. ADEADE : 122×3(1)×5=112=5,5\frac{1}{2}|2\times 3-(-1)\times 5|=\frac{11}{2}=5{,}5. Total : 6+9,5+5,5=216+9{,}5+5{,}5=21.

c) Les cinq termes : 0×04×0=00\times 0-4\times 0=0 ; 4×35×0=124\times 3-5\times 0=12 ; 5×52×3=195\times 5-2\times 3=19 ; 2×3(1)×5=112\times 3-(-1)\times 5=11 ; (1)×00×3=0(-1)\times 0-0\times 3=0. Somme 4242, donc A=21\mathcal{A}=21. Chaque terme est le double de l'aire orientée d'un triangle issu de l'origine : la formule additionne des déterminants 2×22\times 2.

d) Parcourir les sommets en sens inverse change le signe de chaque déterminant, puisque cela échange ses deux lignes : la somme vaut 42-42. La valeur absolue rend la formule indépendante du sens, et le signe renseigne sur le sens de parcours.

e) Une unité d'aire vaut 10×10=100 m210\times 10=100\ \mathrm{m^{2}}, donc le terrain mesure 21×100=2100 m221\times 100=2\,100\ \mathrm{m^{2}}.

Le fil : l'aire d'un polygone est une somme de déterminants 2×22\times 2, chacun donnant l'aire orientée d'un triangle.

Exercice 15 : Problème : le cercle passant par trois points

On cherche le cercle passant par P1(2; 0)P_{1}(2;\ 0), P2(0; 4)P_{2}(0;\ 4) et P3(2; 0)P_{3}(-2;\ 0), sous la forme x2+y2+Dx+Ey+F=0x^{2}+y^{2}+Dx+Ey+F=0.

  • a) Écrivez le système vérifié par DD, EE et FF, calculez son déterminant et résolvez-le.
  • b) Déterminez le centre et le rayon du cercle.
  • c) On admet que le cercle a aussi pour équation x2+y2xy14201160414201=0\begin{vmatrix} x^{2}+y^{2} & x & y & 1 \\ 4 & 2 & 0 & 1 \\ 16 & 0 & 4 & 1 \\ 4 & -2 & 0 & 1 \end{vmatrix}=0. Les mineurs de la première ligne valent 1616, 00, 48-48 et 6464. Développez et comparez à b).
  • d) Les points (2; 3)(2;\ 3) et (1,5; 4)(1{,}5;\ 4) sont-ils sur le cercle ?
  • e) Pourquoi aucun cercle ne passe-t-il par (0; 0)(0;\ 0), (1; 1)(1;\ 1) et (2; 2)(2;\ 2) ? Répondez par le déterminant du système de a).

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Réponses

  • a) D=0D=0, E=3E=-3, F=4F=-4
  • b) Centre (0; 1,5)(0;\ 1{,}5), rayon 2,52{,}5
  • c) 16(x2+y23y4)=016(x^2+y^2-3y-4)=0
  • d) (2;3)(2;3) oui ; (1,5;4)(1{,}5;4) non
  • e) Déterminant nul : points alignés

a) P1P_{1} : 4+2D+F=04+2D+F=0. P2P_{2} : 16+4E+F=016+4E+F=0. P3P_{3} : 42D+F=04-2D+F=0. Le déterminant des coefficients de (D; E; F)(D;\ E;\ F) vaut 201041201=2(40)0+1(0+8)=160\begin{vmatrix} 2 & 0 & 1 \\ 0 & 4 & 1 \\ -2 & 0 & 1 \end{vmatrix}=2(4-0)-0+1(0+8)=16\neq 0 : solution unique. En soustrayant la troisième équation de la première, 4D=04D=0, donc D=0D=0, puis F=4F=-4 et E=16+44=3E=\frac{-16+4}{4}=-3. Le cercle est x2+y23y4=0x^{2}+y^{2}-3y-4=0.

b) x2+(y32)2=4+94=254x^{2}+\left(y-\frac{3}{2}\right)^{2}=4+\frac{9}{4}=\frac{25}{4} : centre (0; 1,5)(0;\ 1{,}5), rayon 2,52{,}5.

c) Avec les signes alternés : 16(x2+y2)0x+(48)y64=016(x^{2}+y^{2})-0\cdot x+(-48)y-64=0, soit 16(x2+y23y4)=016(x^{2}+y^{2}-3y-4)=0 : c'est la même équation, multipliée par 1616. Remplacer (x; y)(x;\ y) par l'un des trois points rend la première ligne égale à une autre, ce qui annule le déterminant : le cercle passe bien par les trois points.

d) (2; 3)(2;\ 3) : 4+994=04+9-9-4=0, oui. (1,5; 4)(1{,}5;\ 4) : 2,25+16124=2,2502{,}25+16-12-4=2{,}25\neq 0, non, le point est à l'extérieur.

e) Le système devient F=0F=0, 2+D+E+F=02+D+E+F=0, 8+2D+2E+F=08+2D+2E+F=0, de déterminant 001111221=0\begin{vmatrix} 0 & 0 & 1 \\ 1 & 1 & 1 \\ 2 & 2 & 1 \end{vmatrix}=0, les deux premières colonnes étant égales. Il donnerait D+E=2D+E=-2 et D+E=4D+E=-4 : incompatible. Trois points alignés n'appartiennent à aucun cercle.

Le fil : une courbe définie par trois conditions linéaires sur ses coefficients existe et est unique quand le déterminant du système n'est pas nul.

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