Exercices corrigés : la factorisation et les expressions rationnelles (math SN4)
Voici une série d'exercices corrigés de mathématiques SN4 sur la factorisation et les expressions rationnelles, calibrés sur le niveau réel des évaluations à Montréal. C'est le premier chapitre du programme de secondaire 4 en séquence Sciences naturelles, et celui dont dépendent tous les autres : sans factorisation solide, ni les équations du second degré ni les fonctions rationnelles ne passent.
Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.
Série autocorrigéeTape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.
•Trinôme ax2+bx+c par produit-somme : on cherche deux nombres de produit a×c et de somme b, on décompose le terme du milieu, puis on groupe.
•Une expression rationnelle n'existe pas là où son dénominateur s'annule : les valeurs interdites se lisent sur le dénominateur ORIGINAL, avant toute simplification.
Partie A : Les techniques de base (/50)
Exercice 1 : Mise en évidence simple et double
Factorisez chaque expression. Pour les expressions à quatre termes, regroupez les termes deux à deux avant de chercher le binôme commun.
a) 6x3y−15x2y2+9x2y
b) ax+ay+bx+by
c) 2x3−6x2+5x−15
d) 6ac−9ad−4bc+6bd
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Réponses
a)3x2y(2x−5y+3)
b)(x+y)(a+b)
c)(x−3)(2x2+5)
d)(2c−3d)(3a−2b)
a) Le facteur commun se cherche coefficient par coefficient puis variable par variable. Coefficients 6, 15, 9 : leur PGCD est 3. Variable x : les exposants sont 3, 2, 2, on prend le plus petit, x2. Variable y : exposants 1, 2, 1, on prend y. Donc le facteur commun est 3x2y. En divisant chaque terme : 6x3y÷3x2y=2x, −15x2y2÷3x2y=−5y, 9x2y÷3x2y=3. Résultat : 3x2y(2x−5y+3). Vérification en redéveloppant : 3x2y⋅2x=6x3y, 3x2y⋅(−5y)=−15x2y2, 3x2y⋅3=9x2y ✓.
b) Quatre termes, aucun facteur commun aux quatre : c'est le signal de la mise en évidence double. On groupe (ax+ay)+(bx+by), puis on met a en évidence dans le premier groupe et b dans le second : a(x+y)+b(x+y). Le binôme (x+y) est maintenant commun, on le met en évidence : (x+y)(a+b). Le regroupement (ax+bx)+(ay+by) mène au même résultat, x(a+b)+y(a+b)=(a+b)(x+y) : quand la mise en évidence double fonctionne, elle fonctionne dans les deux regroupements.
c) On groupe (2x3−6x2)+(5x−15). Premier groupe : facteur commun 2x2, donc 2x2(x−3). Second groupe : facteur commun 5, donc 5(x−3). Les deux binômes sont identiques : 2x2(x−3)+5(x−3)=(x−3)(2x2+5). Le facteur 2x2+5 ne se factorise pas davantage sur les réels, puisque 2x2+5 est strictement positif pour tout x et n'a donc aucun zéro.
d) Attention au signe, c'est le piège de cette question. On groupe (6ac−9ad)+(−4bc+6bd). Premier groupe : 3a(2c−3d). Second groupe : si on met 2b en évidence on obtient 2b(−2c+3d), dont le binôme n'est PAS celui du premier groupe. Il faut mettre −2b en évidence : −2b(2c−3d). On a alors 3a(2c−3d)−2b(2c−3d)=(2c−3d)(3a−2b). Règle à retenir : quand le troisième terme est négatif, on met en évidence un facteur négatif pour forcer le binôme à coïncider.
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Exercice 2 : Différence de carrés et trinôme carré parfait
Factorisez complètement. Dans chaque cas, commencez par vérifier s'il existe un facteur commun.
a) 49x2−64
b) 9x2−30x+25
c) x4−16
d) 50a2−8b2
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Réponses
a)(7x−8)(7x+8)
b)(3x−5)2
c)(x−2)(x+2)(x2+4)
d)2(5a−2b)(5a+2b)
a) On reconnaît une différence de carrés : 49x2=(7x)2 et 64=82. Donc 49x2−64=(7x−8)(7x+8). Contrôle : (7x−8)(7x+8)=49x2+56x−56x−64=49x2−64 ✓. Noter que 49x2+64, une SOMME de carrés, ne se factorise pas sur les réels : l'identité n'existe que pour la différence. La figure du corrigé montre pourquoi l'identité est vraie : le carré de côté a privé du carré de côté b se découpe en deux morceaux qui se recollent en un rectangle de côtés a+b et a−b.
b) Trois termes, premier et dernier des carrés : on teste le trinôme carré parfait. 9x2=(3x)2, 25=52, et le double produit vaut 2×3x×5=30x, qui est bien le terme du milieu au signe près. Comme le milieu est négatif, c'est le carré d'une différence : 9x2−30x+25=(3x−5)2. Le test du double produit est ce qui distingue un carré parfait d'un trinôme ordinaire : si 2ab ne donne pas le terme du milieu, il faut passer au produit-somme.
c) Différence de carrés avec x4=(x2)2 : x4−16=(x2−4)(x2+4). Mais ce n'est pas fini, et c'est là que la plupart des élèves s'arrêtent : le premier facteur est lui-même une différence de carrés, x2−4=(x−2)(x+2). Résultat complet : x4−16=(x−2)(x+2)(x2+4). Le facteur x2+4 est une somme de carrés, il reste tel quel. Vérification en x=1 : 1−16=−15 d'un côté, (−1)(3)(5)=−15 de l'autre ✓.
d) Le réflexe « différence de carrés » est ici un piège : 50 et 8 ne sont pas des carrés parfaits. Il faut d'abord la mise en évidence simple, 50a2−8b2=2(25a2−4b2). Le contenu de la parenthèse, lui, est une vraie différence de carrés : 25a2=(5a)2, 4b2=(2b)2. Résultat : 2(5a−2b)(5a+2b). C'est la raison de la règle d'ordre : le facteur commun se sort TOUJOURS en premier, sinon les identités ne se reconnaissent pas.
Exercice 3 : Le trinôme par produit-somme
Factorisez chaque trinôme. Pour les trinômes dont le coefficient de x2 n'est pas 1, cherchez deux nombres de produit a×c et de somme b, décomposez le terme du milieu, puis groupez.
a) x2+7x+12
b) x2−3x−40
c) 6x2+11x−35
d) 12x2−28x+15
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Réponses
a)(x+3)(x+4)
b)(x−8)(x+5)
c)(2x+7)(3x−5)
d)(6x−5)(2x−3)
a) Ici a=1, donc on cherche directement deux nombres de produit 12 et de somme 7 : ce sont 3 et 4. Donc x2+7x+12=(x+3)(x+4). Quand a=1, les deux nombres trouvés sont directement les termes constants des binômes, aucun groupement n'est nécessaire.
b) Produit −40, somme −3. Le produit est négatif donc les deux nombres sont de signes contraires ; la somme est négative donc le plus grand en valeur absolue est le négatif. Les diviseurs de 40 à tester : 1 et 40, 2 et 20, 4 et 10, 5 et 8. La paire 5 et 8 donne −8+5=−3 ✓. Donc x2−3x−40=(x−8)(x+5).
c) Ici a=6 et c=−35, donc le produit à viser est 6×(−35)=−210 et la somme est 11. On cherche deux nombres de produit −210 et de somme 11 : 21 et −10 conviennent, car 21×(−10)=−210 et 21−10=11. On décompose le terme du milieu : 6x2+21x−10x−35. On groupe : (6x2+21x)+(−10x−35)=3x(2x+7)−5(2x+7)=(2x+7)(3x−5). Vérification en x=1 : 6+11−35=−18 d'un côté, (9)(−2)=−18 de l'autre ✓.
d) Produit visé 12×15=180, somme −28. Le produit est positif et la somme négative, donc les deux nombres sont négatifs. Paires de produit 180 : (−2,−90), (−4,−45), (−6,−30), (−10,−18), (−12,−15). C'est (−10,−18) qui donne −28. On décompose : 12x2−10x−18x+15, puis on groupe : 2x(6x−5)−3(6x−5)=(6x−5)(2x−3). Le piège classique ici est de décomposer en −18x−10x et de grouper sans surveiller le signe du second facteur ; le binôme commun doit sortir identique des deux groupes, sinon il faut mettre un facteur négatif en évidence.
Exercice 4 : Factoriser le plus complètement possible
Chacune de ces expressions demande AU MOINS deux techniques enchaînées. Sortez toujours le facteur commun en premier, puis regardez ce qui reste.
Une factorisation est complète quand plus aucun facteur ne peut être décomposé.
a) 3x3−27x
b) 2x3+10x2+12x
c) x4−13x2+36
d) −4x2+24x−36
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Réponses
a)3x(x−3)(x+3)
b)2x(x+2)(x+3)
c)(x−2)(x+2)(x−3)(x+3)
d)−4(x−3)2
a) Facteur commun 3x : 3x3−27x=3x(x2−9). Ce qui reste est une différence de carrés : x2−9=(x−3)(x+3). Complet : 3x(x−3)(x+3). Trois facteurs, donc trois zéros : 0, 3 et −3, ce qu'on peut vérifier en substituant.
b) Facteur commun 2x : 2x3+10x2+12x=2x(x2+5x+6). Le trinôme restant se factorise par produit-somme, produit 6 et somme 5, donc 2 et 3 : x2+5x+6=(x+2)(x+3). Complet : 2x(x+2)(x+3). Sans la mise en évidence initiale, le trinôme de départ était de degré 3 et le produit-somme ne s'appliquait pas : c'est exactement pourquoi l'ordre des techniques compte.
c) Aucun facteur commun, mais l'expression est un trinôme en x2 : en posant provisoirement u=x2, on lit u2−13u+36. Produit 36, somme −13 : −4 et −9. Donc u2−13u+36=(u−4)(u−9), c'est-à-dire (x2−4)(x2−9). Chacun des deux est une différence de carrés : (x−2)(x+2)(x−3)(x+3). Quatre facteurs, quatre zéros : ±2 et ±3. Vérification en x=1 : 1−13+36=24 d'un côté, (−1)(3)(−2)(4)=24 de l'autre ✓.
d) Le coefficient de x2 est négatif : on met −4 en évidence, ce qui rend le trinôme restant plus lisible. −4x2+24x−36=−4(x2−6x+9). Le trinôme est un carré parfait, car 2×3=6 : x2−6x+9=(x−3)2. Complet : −4(x−3)2. Conséquence à noter : cette expression est négative ou nulle pour tout x, et vaut 0 uniquement en x=3. La forme factorisée donne ce renseignement immédiatement, la forme développée non.
Exercice 5 : Valeurs interdites et simplification
Pour chaque expression rationnelle : déterminez d'abord les valeurs interdites À PARTIR DU DÉNOMINATEUR ORIGINAL, puis simplifiez.
Les valeurs interdites appartiennent à l'expression de départ : elles ne disparaissent pas quand un facteur se simplifie.
a) x2−x−6x2−9
b) x2+4x+42x2−8
c) 4x2−496x2+11x−35
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Réponses
a)x=3, x=−2 ; x+2x+3
b)x=−2 ; x+22(x−2)
c)x=±27 ; 2x−73x−5
a) On factorise le dénominateur avant tout : x2−x−6=(x−3)(x+2), qui s'annule en x=3 et x=−2. Ce sont les valeurs interdites. Le numérateur se factorise en (x−3)(x+3). On simplifie le facteur (x−3) : l'expression vaut x+2x+3. Point crucial : la forme simplifiée est définie en x=3 et y vaut 56, mais l'expression D'ORIGINE ne l'est pas. Les deux valeurs interdites restent x=3 et x=−2.
b) Dénominateur : x2+4x+4=(x+2)2, qui s'annule en x=−2. Valeur interdite unique : x=−2. Numérateur : 2x2−8=2(x2−4)=2(x−2)(x+2). On simplifie un facteur (x+2) : (x+2)22(x−2)(x+2)=x+22(x−2). Il reste un (x+2) au dénominateur, ce qui confirme la valeur interdite. Vérification en x=0 : l'expression de départ vaut 4−8=−2, la forme simplifiée 22(−2)=−2 ✓.
c) Dénominateur : 4x2−49=(2x−7)(2x+7), qui s'annule en x=27 et x=−27. Ce sont les valeurs interdites. Numérateur : c'est le trinôme de l'exercice 3, 6x2+11x−35=(2x+7)(3x−5). On simplifie (2x+7) : 2x−73x−5. Vérification en x=0 : départ −49−35=75, arrivée −7−5=75 ✓. Remarquez que la simplification a fait disparaître x=−27 du dénominateur : c'est précisément le cas où un élève qui lit les valeurs interdites sur la forme simplifiée en oublie une.
Partie B : Niveau examen (/50)
Exercice 6 : Opérations sur les expressions rationnelles
Effectuez et simplifiez. Factorisez tout AVANT de multiplier quoi que ce soit : un dénominateur commun développé est presque toujours une impasse.
Donnez aussi les valeurs interdites de chaque expression de départ.
a) x+3x2−1×x−12x+6
b) x2−9x2−4÷x−3x+2
c) x−2x+x+13
d) x2−45−x2+4x+42
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Réponses
a)2(x+1) ; x=−3, x=1
b)x+3x−2 ; x=3, x=−3, x=−2
c)(x−2)(x+1)x2+4x−6 ; x=2, x=−1
d)(x−2)(x+2)23x+14 ; x=±2
a) On factorise tout : x+3(x−1)(x+1)×x−12(x+3). Valeurs interdites : x=−3 et x=1. On simplifie (x−1) et (x+3) en croix : il reste 2(x+1). Vérification en x=0 : 3−1×−16=2, et 2(0+1)=2 ✓.
b) Diviser, c'est multiplier par l'inverse : (x−3)(x+3)(x−2)(x+2)×x+2x−3. Les valeurs interdites sont x=3 et x=−3 (les dénominateurs de départ), auxquelles s'ajoute x=−2 : le binôme x+2 était au numérateur du diviseur, et le retournement l'envoie au dénominateur. On simplifie ensuite (x+2) et (x−3) : il reste x+3x−2. Le piège classique de la division est exactement là, oublier que le NUMÉRATEUR du diviseur devient un dénominateur et que ses zéros sont donc interdits.
c) Dénominateur commun (x−2)(x+1), valeurs interdites x=2 et x=−1. On met au même dénominateur : (x−2)(x+1)x(x+1)+(x−2)(x+1)3(x−2)=(x−2)(x+1)x2+x+3x−6=(x−2)(x+1)x2+4x−6. Le numérateur ne se factorise pas avec des entiers (produit −6, somme 4 : aucune paire entière), donc on s'arrête là. Vérification en x=0 : −20+13=3, et (−2)(1)−6=3 ✓.
d) On factorise les deux dénominateurs : x2−4=(x−2)(x+2) et x2+4x+4=(x+2)2. Valeurs interdites : x=2 et x=−2. Le plus petit dénominateur commun n'est pas le produit des deux, c'est (x−2)(x+2)2 : chaque facteur est pris à sa plus haute puissance. On obtient (x−2)(x+2)25(x+2)−(x−2)(x+2)22(x−2)=(x−2)(x+2)25x+10−2x+4=(x−2)(x+2)23x+14. Vérification en x=0 : −45−42=−1,75, et (−2)(4)14=−1,75 ✓.
Exercice 7 : La complétion du carré
Compléter le carré, c'est réécrire ax2+bx+c sous la forme a(x−h)2+k. C'est la technique qui donne le sommet d'une parabole sans formule, et elle sera réutilisée dans tout le chapitre des fonctions du second degré.
La figure montre la parabole de la question c) : le but de la transformation est de lire son sommet directement dans l'écriture.
a) Complétez le carré : x2+8x+11.
b) Complétez le carré : x2−5x+2 (le coefficient impair est volontaire).
c) Complétez le carré : 2x2−12x+7, puis donnez le sommet de la parabole correspondante.
d) Montrez que x2+6x+13 ne s'annule jamais, en utilisant la forme obtenue par complétion du carré.
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Réponses
a)(x+4)2−5
b)(x−25)2−417
c)2(x−3)2−11, sommet (3;−11)
d)(x+3)2+4≥4>0 : aucun zéro, minimum 4 en x=−3
a) On prend la moitié du coefficient de x, soit 28=4, et on l'élève au carré : 16. On ajoute et on retranche ce 16 : x2+8x+11=(x2+8x+16)−16+11=(x+4)2−5. Vérification en x=0 : 11 d'un côté, 16−5=11 de l'autre ✓.
b) Le procédé ne change pas quand le coefficient est impair, seules les fractions apparaissent. Moitié de −5 : −25, au carré : 425. Donc x2−5x+2=(x2−5x+425)−425+2=(x−25)2−417. Vérification en x=0 : 2 d'un côté, 425−417=48=2 de l'autre ✓.
c) Quand a=1, on met a en évidence sur les DEUX premiers termes seulement : 2x2−12x+7=2(x2−6x)+7. À l'intérieur, moitié de −6 égale −3, au carré 9 : 2(x2−6x+9−9)+7=2[(x−3)2−9]+7=2(x−3)2−18+7=2(x−3)2−11. Le sommet est donc (3;−11), ce que confirme la figure. L'erreur la plus fréquente est de retrancher 9 au lieu de 18 : le 9 est à l'intérieur d'une parenthèse multipliée par 2, il pèse donc 18 une fois sorti.
d) Moitié de 6 égale 3, au carré 9 : x2+6x+13=(x+3)2−9+13=(x+3)2+4. Or (x+3)2≥0 pour tout réel x, donc (x+3)2+4≥4>0. L'expression est donc strictement positive pour tout x et ne s'annule jamais. Le minimum vaut 4, atteint en x=−3. C'est un argument qu'on réutilisera pour justifier qu'une équation du second degré n'a aucune solution réelle, sans même calculer de discriminant.
Exercice 8 : Démonstration avec des entiers consécutifs
La factorisation ne sert pas qu'à simplifier : elle sert à DÉMONTRER. Dans chaque cas, posez l'écriture algébrique demandée, puis factorisez pour faire apparaître la conclusion.
Un entier pair s'écrit 2n, un entier impair 2n+1, et deux entiers consécutifs s'écrivent n et n+1, avec n entier.
a) Montrez que la différence des carrés de deux entiers consécutifs est toujours égale à leur somme.
b) Montrez que le produit de deux entiers consécutifs est toujours pair.
c) Montrez que la différence des carrés de deux entiers impairs est toujours un multiple de 8.
d) Un élève affirme : « n2+n+11 donne toujours un nombre premier ». Testez n=1, n=2, puis trouvez un contre-exemple en factorisant intelligemment.
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Réponses
a)(n+1)2−n2=2n+1=n+(n+1)
b)L'un des deux entiers consécutifs est pair, donc le produit l'est
c)(2m+1)2−(2n+1)2=4(m−n)(m+n+1), et (m−n)(m+n+1) est pair
d)13 et 17 sont premiers, mais n=11 donne 143=11×13
a) Soit n et n+1 deux entiers consécutifs. La différence des carrés vaut (n+1)2−n2. C'est une différence de carrés : (n+1)2−n2=[(n+1)−n][(n+1)+n]=1×(2n+1)=2n+1. Or leur somme vaut n+(n+1)=2n+1. Les deux expressions sont identiques, la propriété est démontrée pour tout entier n. Exemple de contrôle : 8 et 9 donnent 81−64=17 et 8+9=17 ✓.
b) Soit n et n+1. Leur produit est n(n+1). Deux cas : si n est pair, n=2k, alors le produit vaut 2k(n+1), multiple de 2. Si n est impair, alors n+1 est pair, n+1=2k, et le produit vaut 2kn, multiple de 2. Dans les deux cas le produit est pair. Formulation équivalente et plus courte : parmi deux entiers consécutifs, l'un des deux est nécessairement pair, donc le produit contient le facteur 2.
c) Deux entiers impairs s'écrivent 2m+1 et 2n+1. La différence de leurs carrés vaut (2m+1)2−(2n+1)2, qu'on factorise comme différence de carrés : [(2m+1)−(2n+1)][(2m+1)+(2n+1)]=(2m−2n)(2m+2n+2). On met 2 en évidence dans chaque facteur : 2(m−n)×2(m+n+1)=4(m−n)(m+n+1). Il reste à voir que (m−n)(m+n+1) est pair. Si m−n est pair c'est immédiat ; si m−n est impair alors m et n sont de parités contraires, donc m+n est impair et m+n+1 est pair. Dans tous les cas le produit est pair, donc la différence vaut 4×2×(entier)=8×(entier). Contrôle : 72−32=40=8×5 ✓, et 92−52=56=8×7 ✓.
d) Pour n=1 : 1+1+11=13, premier. Pour n=2 : 4+2+11=17, premier. L'affirmation semble tenir, mais la factorisation trahit le contre-exemple : n2+n+11=n(n+1)+11. Si on choisit n=11, chaque terme est multiple de 11 : 11×12+11=11(12+1)=11×13=143, qui n'est pas premier. Leçon de méthode : deux vérifications réussies ne démontrent rien, alors qu'un seul contre-exemple suffit à réfuter. Et c'est en factorisant, pas en testant au hasard, qu'on a su où chercher. Remarque : n=11 n'est pas le plus petit contre-exemple. En n=10, on obtient 100+10+11=121=112, déjà composé ; les valeurs de n=1 à n=9 donnent toutes des nombres premiers.
Exercice 9 : Problème : les dimensions d'un rectangle
Un rectangle a une aire, en centimètres carrés, donnée par le polynôme A(x)=6x2+19x+10, où x est un nombre réel positif.
On sait de plus que sa longueur et sa largeur sont deux binômes à coefficients entiers.
a) Déterminez la longueur et la largeur du rectangle en factorisant A(x).
b) Exprimez le périmètre du rectangle sous forme réduite.
c) Pour quelle valeur de x l'aire vaut-elle 121 cm² ? Justifiez le rejet de l'autre solution, puis commentez la forme du rectangle obtenu.
d) On augmente chaque dimension de 1 cm. De combien l'aire augmente-t-elle, en fonction de x ?
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Réponses
a)3x+2 et 2x+5
b)P(x)=10x+14
c)x=3 (x=−637 rejeté) : un carré de 11 cm
d)L'aire augmente de 5x+8 cm²
a) Produit visé 6×10=60, somme 19 : les deux nombres sont 4 et 15. On décompose : 6x2+4x+15x+10, puis on groupe : 2x(3x+2)+5(3x+2)=(3x+2)(2x+5). Les dimensions sont donc 3x+2 et 2x+5, ce que confirme la figure. Comme x>0, les deux binômes sont positifs, l'interprétation géométrique est valide.
b) Le périmètre vaut P(x)=2[(3x+2)+(2x+5)]=2(5x+7)=10x+14 centimètres. On peut contrôler sur un cas : en x=1, les dimensions sont 5 et 7, donc P=24, et la formule donne 10+14=24 ✓.
c) On résout 6x2+19x+10=121, soit 6x2+19x−111=0. Produit visé 6×(−111)=−666, somme 19 : les deux nombres sont 37 et −18, car 37×(−18)=−666 et 37−18=19. On décompose et on groupe : 6x2+37x−18x−111=x(6x+37)−3(6x+37)=(x−3)(6x+37). Les solutions sont donc x=3 et x=−637. La seconde est rejetée : l'énoncé impose x>0, et pour x=−637 la largeur 2x+5 serait négative, ce qui n'a aucun sens géométrique. Réponse : x=3 cm. Commentaire : pour x=3, les dimensions valent 3(3)+2=11 et 2(3)+5=11. Le rectangle est en fait un CARRÉ de côté 11 cm, et 112=121 ✓.
d) Les nouvelles dimensions sont 3x+3 et 2x+6, donc la nouvelle aire vaut (3x+3)(2x+6)=6x2+18x+6x+18=6x2+24x+18. L'augmentation est la différence : (6x2+24x+18)−(6x2+19x+10)=5x+8 centimètres carrés. Le terme en x2 disparaît, ce qui est attendu : agrandir chaque côté d'une constante ajoute deux bandes rectangulaires et un petit carré, soit une croissance linéaire en x. Contrôle en x=1 : aire initiale 35, nouvelle aire 6×8=48, différence 13, et 5+8=13 ✓.
Exercice 10 : Problème : la boîte ouverte
On découpe un carré de côté x centimètres à chacun des quatre coins d'un carton rectangulaire de 20 cm sur 30 cm, puis on relève les bords pour former une boîte ouverte.
Cet exercice réutilise tout ce qui précède : factorisation complète, valeurs admissibles et lecture d'une forme factorisée.
a) Exprimez le volume V(x) de la boîte sous forme factorisée, puis développée.
b) Entre quelles valeurs x doit-il se situer pour que la boîte existe ? Justifiez à partir de la forme factorisée.
c) Calculez le volume pour x=2, x=4 et x=6. Que peut-on en déduire sur la position du volume maximal ?
d) L'aire du fond de la boîte est A(x)=(30−2x)(20−2x). Factorisez-la complètement et montrez qu'elle peut s'écrire 4(15−x)(10−x).
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Réponses
a)V(x)=x(30−2x)(20−2x)=4x3−100x2+600x
b)0<x<10
c)V(2)=832, V(4)=1056, V(6)=864 cm³ : maximum entre 3 et 5
d)A(x)=4(15−x)(10−x)
a) Une fois les coins découpés et les bords relevés, la hauteur est x, la longueur du fond est 30−2x (on retire x de chaque côté) et la largeur du fond est 20−2x. Donc V(x)=x(30−2x)(20−2x). En développant : (30−2x)(20−2x)=600−60x−40x+4x2=4x2−100x+600, puis V(x)=x(4x2−100x+600)=4x3−100x2+600x. On peut aussi factoriser davantage : V(x)=4x(x−15)(x−10), forme qui rend les zéros immédiats.
b) La forme factorisée V(x)=x(30−2x)(20−2x) impose que les trois facteurs soient strictement positifs. x>0 donne la borne de gauche. 30−2x>0 donne x<15. 20−2x>0 donne x<10, la plus contraignante des deux. Les valeurs admissibles sont donc 0<x<10. Géométriquement c'est cohérent : au-delà de 10 cm on aurait découpé plus que la largeur totale du carton. Aux bornes, V(0)=0 (aucun bord relevé) et V(10)=0 (le fond a disparu), donc le maximum est strictement à l'intérieur.
c) V(2)=2×26×16=832 cm³. V(4)=4×22×12=1056 cm³. V(6)=6×18×8=864 cm³. Le volume monte puis redescend : il est plus grand en x=4 qu'en x=2 et qu'en x=6, donc le maximum se situe entre 2 et 6, et plus précisément entre 2 et 6 avec un pic proche de 4. En affinant, V(3)=3×24×14=1008 et V(5)=5×20×10=1000, ce qui confirme un maximum entre 3 et 5. La valeur exacte demanderait la dérivée, hors programme en secondaire 4 ; l'encadrement par valeurs successives est la méthode attendue ici.
d) A(x)=(30−2x)(20−2x). On met 2 en évidence dans chaque binôme : 30−2x=2(15−x) et 20−2x=2(10−x). Donc A(x)=2(15−x)×2(10−x)=4(15−x)(10−x), ce qu'il fallait montrer. Contrôle en x=4 : A(4)=22×12=264 d'un côté, 4×11×6=264 de l'autre ✓. Cette écriture rend le domaine encore plus lisible : l'aire du fond s'annule en x=10, ce qui redonne la borne trouvée en b).
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : La division d'un polynôme par un binôme
Diviser un polynôme par un binôme se pose comme une division de nombres : on divise le terme de plus haut degré, on multiplie le diviseur, on soustrait, on abaisse le terme suivant, et l'on recommence jusqu'à ce que le reste soit de degré inférieur à celui du diviseur.
On vérifie toujours avec l'égalité : dividende = diviseur × quotient + reste.
a) (x2+7x+10)÷(x+2)
b) (2x2+3x−7)÷(x−2)
c) (x3−8)÷(x−2)
d) (6x2+x−10)÷(2x−3)
e) Déterminez k pour que la division de x2+kx−6 par x+3 tombe juste, c'est-à-dire donne un reste nul.
Voir la correction
Réponses
a)Quotient x+5, reste 0
b)Quotient 2x+7, reste 7
c)Quotient x2+2x+4, reste 0
d)Quotient 3x+5, reste 5
e)k=1
a) x2÷x=x. On multiplie : x(x+2)=x2+2x, et on soustrait : (x2+7x)−(x2+2x)=5x. On abaisse +10 : 5x+10. Puis 5x÷x=5, 5(x+2)=5x+10, et la soustraction donne 0. Quotient x+5, reste 0. Vérification : (x+2)(x+5)=x2+5x+2x+10=x2+7x+10 ✓. Un reste nul signifie que x+2 est un FACTEUR du dividende : la division a produit une factorisation.
b) 2x2÷x=2x, puis 2x(x−2)=2x2−4x. La soustraction est le moment du piège : 3x−(−4x)=7x, et non −x. On abaisse −7 : 7x−7. Ensuite 7x÷x=7, 7(x−2)=7x−14, et −7−(−14)=7. Quotient 2x+7, reste 7. Vérification : (x−2)(2x+7)+7=2x2+7x−4x−14+7=2x2+3x−7 ✓. Le reste est une constante, de degré 0, inférieur au degré 1 du diviseur : la division est terminée.
c) Le dividende n'a ni terme en x2 ni terme en x : on les écrit avec un coefficient nul, x3+0x2+0x−8, sinon les colonnes se décalent. x3÷x=x2, x2(x−2)=x3−2x2, reste 2x2. Puis 2x2÷x=2x, 2x(x−2)=2x2−4x, reste 4x. Puis 4x÷x=4, 4(x−2)=4x−8, reste −8−(−8)=0. Quotient x2+2x+4, reste 0. Vérification : (x−2)(x2+2x+4)=x3+2x2+4x−2x2−4x−8=x3−8 ✓. Le quotient x2+2x+4=(x+1)2+3 est toujours positif : il ne se factorise pas davantage.
d) 6x2÷2x=3x, puis 3x(2x−3)=6x2−9x, et x−(−9x)=10x. On abaisse : 10x−10. Ensuite 10x÷2x=5, 5(2x−3)=10x−15, et −10−(−15)=5. Quotient 3x+5, reste 5. Vérification : (2x−3)(3x+5)+5=6x2+10x−9x−15+5=6x2+x−10 ✓. Quand le diviseur a un coefficient dominant différent de 1, on divise bien 6x2 par 2x, pas par x.
e) On effectue la division en gardant k. x2÷x=x, x(x+3)=x2+3x, reste (k−3)x−6. Puis (k−3)x÷x=k−3, (k−3)(x+3)=(k−3)x+3k−9, et le reste vaut −6−(3k−9)=3−3k. Il est nul si et seulement si k=1. Contrôle : x2+x−6=(x+3)(x−2) ✓, la division tombe juste et le quotient est x−2.
Exercice 12 : Factoriser par complétion du carré
Quand le produit-somme ne trouve aucune paire commode, la complétion du carré prend le relais : on écrit le trinôme sous la forme (x−h)2−B2, qui est une DIFFÉRENCE de carrés, puis on applique A2−B2=(A−B)(A+B).
Si l'on obtient au contraire (x−h)2+B2, une somme, le trinôme ne se factorise pas sur les réels.
a) Factorisez x2+6x−7 par complétion du carré, puis vérifiez par produit-somme.
b) Factorisez x2−10x+21 par complétion du carré.
c) Factorisez x2+4x−1. Donnez les deux zéros du trinôme au centième près.
d) Montrez que x2−2x+5 ne se factorise pas sur les réels, et donnez sa valeur minimale.
e) Factorisez complètement 2x2−12x+10.
Voir la correction
Réponses
a)(x+3)2−16=(x−1)(x+7)
b)(x−5)2−4=(x−7)(x−3)
c)(x+2−5)(x+2+5) ; zéros ≈0,24 et ≈−4,24
d)(x−1)2+4 : ne se factorise pas, minimum 4
e)2(x−5)(x−1)
a) Moitié de 6 : 3, au carré : 9. On ajoute et on retranche 9 : x2+6x−7=(x2+6x+9)−9−7=(x+3)2−16. Or 16=42, donc c'est une différence de carrés : (x+3−4)(x+3+4)=(x−1)(x+7). Vérification par produit-somme : deux nombres de produit −7 et de somme 6, ce sont −1 et 7 ✓. Les deux méthodes donnent le même résultat ; la complétion a l'avantage de marcher même quand aucune paire entière n'existe.
b) Moitié de −10 : −5, au carré : 25. x2−10x+21=(x−5)2−25+21=(x−5)2−4=(x−5)2−22. Donc (x−5−2)(x−5+2)=(x−7)(x−3). Vérification en x=0 : 21 d'un côté, (−7)(−3)=21 de l'autre ✓.
c) Moitié de 4 : 2, au carré : 4. x2+4x−1=(x+2)2−4−1=(x+2)2−5. Le nombre 5 n'est pas un carré parfait, mais il est le carré de 5 : (x+2)2−(5)2=(x+2−5)(x+2+5). C'est exactement le cas où le produit-somme échoue, aucune paire d'entiers n'ayant un produit −1 et une somme 4. Les zéros annulent un des facteurs : x=−2+5≈0,24 et x=−2−5≈−4,24.
d) Moitié de −2 : −1, au carré : 1. x2−2x+5=(x−1)2−1+5=(x−1)2+4. On obtient une SOMME : (x−1)2≥0, donc (x−1)2+4≥4 pour tout réel x. L'expression ne s'annule jamais, donc elle n'a aucun facteur de degré 1 : une factorisation (x−r)(x−s) imposerait les zéros r et s. Sa valeur minimale vaut 4, atteinte en x=1.
e) Le facteur commun d'abord : 2x2−12x+10=2(x2−6x+5). Dans la parenthèse, moitié de −6 : −3, au carré : 9, donc x2−6x+5=(x−3)2−9+5=(x−3)2−4=(x−3−2)(x−3+2)=(x−5)(x−1). Résultat complet : 2(x−5)(x−1). Si l'on complète le carré sans sortir le 2, on écrit 2(x−3)2−18+10=2(x−3)2−8, et le 8 n'est pas un carré parfait : on perd la différence de carrés. Sortir le coefficient d'abord rend la suite lisible.
Exercice 13 : Zéros et valeurs interdites d'une expression rationnelle
Une expression rationnelle vaut zéro quand son NUMÉRATEUR s'annule et que son dénominateur ne s'annule pas. Une valeur qui annule les deux à la fois n'est pas un zéro : elle est interdite.
Pour chaque expression, factorisez numérateur et dénominateur, donnez les valeurs interdites, puis les zéros.
a) x+1x−5
b) x2+x−6x2−4
c) x2+9x2−9
d) x2−1x2+2x+1
e) Vrai ou faux : l'expression x(x+2)(x−4)(x+2) a deux zéros, 4 et −2.
Voir la correction
Réponses
a)x=−1 ; zéro x=5
b)x=2, x=−3 ; zéro x=−2 seulement
c)Aucune valeur interdite ; zéros x=±3
d)x=±1 ; aucun zéro
e)Fausse : seul zéro x=4, −2 est interdite
a) Le dénominateur s'annule en x=−1 : c'est la valeur interdite. Le numérateur s'annule en x=5, qui n'est pas interdite : le zéro est x=5. Contrôle : en x=5, l'expression vaut 60=0 ✓.
b) Numérateur : (x−2)(x+2). Dénominateur : produit −6, somme 1, donc (x−2)(x+3). Valeurs interdites : x=2 et x=−3. Le numérateur s'annule en x=2 et en x=−2, mais x=2 est interdite : en ce point l'expression s'écrit 00, qui n'est pas un nombre. Le seul zéro est donc x=−2, où l'expression vaut −50=0 ✓. C'est le piège du chapitre : simplifier en x+3x+2 fait oublier que x=2 reste exclue.
c) Le dénominateur x2+9 est une somme d'un carré et d'un nombre positif : il vaut au moins 9 et ne s'annule jamais. Il n'y a AUCUNE valeur interdite. Le numérateur (x−3)(x+3) s'annule en x=3 et x=−3 : ce sont les deux zéros.
d) Numérateur : (x+1)2, qui ne s'annule qu'en x=−1. Dénominateur : (x−1)(x+1), valeurs interdites x=1 et x=−1. Le seul candidat zéro, x=−1, est interdit. L'expression n'a donc AUCUN zéro. Sa forme simplifiée x−1x+1 semble s'annuler en x=−1 : c'est exactement l'erreur que la lecture sur l'expression d'origine évite.
e) Fausse. Valeurs interdites : x=0 et x=−2. Le numérateur s'annule en 4 et en −2, mais −2 est interdite. L'expression n'a donc qu'un seul zéro, x=4. Même mécanisme qu'en b) et d) : un facteur commun au numérateur et au dénominateur ne produit jamais de zéro.
Exercice 14 : Problème : l'allée autour de la piscine
Une piscine rectangulaire mesure 12 m sur 8 m. On l'entoure d'une allée dallée de largeur constante x mètres, qui forme avec la piscine un grand rectangle.
La figure montre la piscine et l'allée de largeur x qui l'entoure de tous les côtés.
a) Exprimez l'aire du grand rectangle, piscine et allée comprises, sous forme développée.
b) Déduisez-en l'aire de l'allée seule, puis factorisez-la complètement.
c) Montrez que l'aire du grand rectangle s'écrit 4(x+6)(x+4).
d) Quelle largeur donne une allée de même aire que la piscine ? Écrivez l'équation, résolvez-la par factorisation et rejetez la solution impossible.
e) Le dallage coûte 45 dollars le mètre carré et le budget est de 1 980 dollars. Quelle aire d'allée le budget permet-il, et quelle est la largeur maximale de l'allée ?
Voir la correction
Réponses
a)4x2+40x+96
b)4x2+40x=4x(x+10)
c)4(x2+10x+24)=4(x+6)(x+4)
d)x=2 m (x=−12 rejeté)
e)44 m², largeur maximale 1 m
a) Le grand rectangle a pour longueur 12+2x et pour largeur 8+2x : l'allée s'ajoute des DEUX côtés. Son aire vaut (12+2x)(8+2x)=96+24x+16x+4x2=4x2+40x+96 mètres carrés. L'erreur fréquente est d'écrire 12+x, en oubliant la seconde bande.
b) Aire de l'allée : (4x2+40x+96)−96=4x2+40x. Facteur commun : le PGCD de 4 et 40 est 4, et x figure dans les deux termes, donc 4x2+40x=4x(x+10). Écrire 4(x2+10x) n'est pas une factorisation complète, puisque x reste en évidence dans la parenthèse.
c) On met 4 en évidence : 4x2+40x+96=4(x2+10x+24). Le trinôme se factorise par produit-somme, produit 24 et somme 10, donc 4 et 6 : x2+10x+24=(x+4)(x+6). D'où 4(x+6)(x+4) ✓. Lecture directe : 12+2x=2(x+6) et 8+2x=2(x+4), et 2×2=4.
d) L'aire de la piscine vaut 12×8=96 m². On résout 4x2+40x=96, soit 4x2+40x−96=0, puis en divisant par 4 : x2+10x−24=0. Produit −24, somme 10 : 12 et −2, donc (x+12)(x−2)=0. Les solutions sont x=2 et x=−12 ; une largeur ne peut être négative, on rejette −12. Réponse : x=2 m. Contrôle : le grand rectangle mesure 16 m sur 12 m, soit 192 m², le double de la piscine, donc l'allée occupe bien 96 m² ✓.
e) Aire permise : 1980÷45=44 m². On résout 4x2+40x=44, soit x2+10x−11=0. Produit −11, somme 10 : 11 et −1, donc (x+11)(x−1)=0, et la seule solution positive est x=1. Comme l'aire de l'allée 4x(x+10) AUGMENTE avec x pour x>0, toute largeur supérieure à 1 m dépasse le budget : la largeur maximale est 1 m. Contrôle : 4×1×11=44 m², et 44×45=1980 dollars ✓.
Exercice 15 : Problème : la location de l'autobus
Un groupe d'élèves loue un autobus pour 1 200 dollars, montant partagé également entre les inscrits. Les organisateurs remarquent que si 5 élèves de plus s'inscrivaient, la part de chacun baisserait de 20 dollars.
On note x le nombre d'élèves inscrits au départ.
a) Exprimez la part de chaque élève au départ, puis avec 5 élèves de plus. Quelles valeurs de x ces deux expressions interdisent-elles ?
b) Montrez que la différence entre les deux parts s'écrit x(x+5)6000.
c) Traduisez la condition de l'énoncé par une équation, et montrez qu'elle équivaut à x2+5x−300=0.
d) Résolvez cette équation par factorisation. Combien d'élèves étaient inscrits au départ ?
e) Calculez la part de chacun au départ et après l'arrivée des 5 élèves, et vérifiez la condition de l'énoncé.
Voir la correction
Réponses
a)x1200 et x+51200 ; x=0, x=−5
b)x(x+5)6000
c)x(x+5)6000=20⟺x2+5x−300=0
d)(x+20)(x−15)=0 : 15 élèves (−20 rejeté)
e)80 dollars puis 60 dollars : baisse de 20 dollars
a) Au départ, chaque élève paie x1200 dollars ; avec 5 élèves de plus, x+51200 dollars. Les dénominateurs s'annulent en x=0 et en x=−5 : ce sont les valeurs interdites. Dans le contexte, x est de toute façon un entier strictement positif.
b) Dénominateur commun x(x+5) : x1200−x+51200=x(x+5)1200(x+5)−1200x=x(x+5)1200x+6000−1200x=x(x+5)6000. Les termes en x se simplifient au numérateur, il ne reste que 1200×5. L'ordre de la soustraction compte : la part initiale est la plus grande, c'est donc elle qu'on écrit en premier.
c) La part baisse de 20 dollars : x(x+5)6000=20. On multiplie les deux membres par x(x+5), qui n'est pas nul : 6000=20x(x+5), puis en divisant par 20 : 300=x2+5x, soit x2+5x−300=0.
d) Deux nombres de produit −300 et de somme 5 : on essaie les paires de diviseurs de 300 proches l'une de l'autre, 15 et 20, qui donnent 20−15=5 ✓. Donc (x+20)(x−15)=0, et x=15 ou x=−20. Un nombre d'élèves ne peut pas être négatif : on rejette −20. Il y avait 15 élèves inscrits au départ.
e) Au départ : 1200÷15=80 dollars. Avec 20 élèves : 1200÷20=60 dollars. La baisse vaut 80−60=20 dollars ✓. On peut aussi vérifier la forme de b) : 15×206000=3006000=20 ✓.