Voici une série d'exercices corrigés de mathématique SN de quatrième secondaire sur la manipulation d'expressions algébriques : lois des exposants, développement et réduction d'un polynôme, identités remarquables (carré d'une somme, carré d'une différence, produit de binômes conjugués), substitution et expressions équivalentes. Elle est calibrée sur le niveau réel des évaluations et de l'épreuve unique du Ministère. C'est le chapitre d'ouverture du programme, celui dont dépendent la factorisation, les équations du second degré et toutes les fonctions de l'année : une expression mal développée fausse tout ce qui vient après.
L'exercice 0.1 ouvre la série par dix développements à calculer directement avec les identités remarquables, comme dans les listes des manuels, du carré d'un binôme au carré du trinôme (x2−2x+3)2 et au calcul mental de 972. Ensuite, vous savez simplifier une expression avec les lois des exposants, exposants négatifs compris (exercice 1), développer un produit de trois facteurs (exercice 2), utiliser les identités remarquables pour développer et calculer de tête (exercice 3), substituer un nombre ou une expression à la place de x (exercice 4) et décider si deux expressions sont équivalentes (exercice 5).
Les problèmes donnent du sens au calcul : un trapèze coté en x, une facture d'électricité à deux tarifs, une hausse de 15 pour cent suivie d'une baisse de 15 pour cent où l'on reconnaît une identité, et un tour de magie arithmétique qu'il faut démontrer.
Le fil de la série tient en une phrase : développer, réduire et ordonner ne changent jamais la VALEUR d'une expression, seulement sa forme. Une valeur bien choisie contrôle donc tout le travail, et une seule valeur qui sépare deux expressions suffit à prouver qu'elles ne sont pas équivalentes (exercices 5 et 8). Les pièges corrigés : le double produit oublié dans (a+b)2 (exercices 3 et 8), les parenthèses perdues en substituant (exercice 4) et la simplification d'une fraction par un terme au lieu d'un facteur (exercices 5 et 8). Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•EXPOSANTS : xm×xn=xm+n, xnxm=xm−n, (xm)n=xmn, (ab)n=anbn, x−n=xn1 et x0=1. Un exposant extérieur frappe le coefficient comme les lettres : (3x2)3=27x6.
•DÉVELOPPER : chaque terme du premier facteur multiplie chaque terme du second. Deux termes fois trois termes donnent six produits, et il en manque presque toujours un quand le résultat est faux.
•IDENTITÉS : (a+b)2=a2+2ab+b2, (a−b)2=a2−2ab+b2, (a−b)(a+b)=a2−b2. Le double produit est la moitié oubliée du carré d'une somme.
•SUBSTITUER : on remplace x par ce qui vient, ENTRE PARENTHÈSES. Sans elles, (x+1)2 devient x+12 et le signe moins ne porte plus sur toute l'expression.
•SIMPLIFIER UNE FRACTION : on ne simplifie que des FACTEURS. 22x+4=x+2, jamais x+4, car la barre de fraction agit comme une parenthèse autour de tout le numérateur.
•ÉQUIVALENCE : deux expressions sont équivalentes si elles donnent le même nombre pour TOUTE valeur. Une valeur qui les sépare le prouve définitivement ; une valeur où elles coïncident ne prouve rien.
Calculs : les développements à calculer
Exercice 0.1 : Développer et réduire avec les identités remarquables : dix calculs directs
Pour chaque expression, développez, réduisez et ordonnez, puis donnez les deux nombres demandés : le coefficient d'un terme désigné, ou le terme constant. À la dernière ligne, calculez de tête à l'aide d'une identité.
Une seule méthode pour les dix lignes : reconnaître d'abord une identité, (a+b)2=a2+2ab+b2, (a−b)2=a2−2ab+b2 ou (a+b)(a−b)=a2−b2, en nommant a et b, coefficient compris. Sinon, multiplier chaque terme du premier facteur par chaque terme du second. Puis regrouper les termes semblables et ordonner par exposants décroissants. Un signe moins devant une parenthèse change le signe de TOUS ses termes.
a) (2x+7)2 : coefficient de x et terme constant.
b) (x−6y)2 : coefficients de xy et de y2.
c) (7x+4)(7x−4) : coefficient de x2 et terme constant.
d) (21x−3)2 : coefficients de x2 et de x.
e) (3x−4)(2x+5) : coefficient de x et terme constant.
f) (x+4)2−(x−1)(x+6) : coefficient de x et terme constant.
g) (2x−1)(x2−3x+4) : coefficients de x2 et de x.
h) (x+3)(x−3)(x+2) : coefficient de x2 et terme constant.
i) (x2−2x+3)2 : coefficients de x2 et de x.
j) Calculez de tête 972, puis 71×69.
Voir la correction
Réponses
a)4x2+28x+49 ; 28 et 49
b)x2−12xy+36y2 ; −12 et 36
c)49x2−16 ; 49 et −16
d)41x2−3x+9 ; 41 et −3
e)6x2+7x−20 ; 7 et −20
f)3x+22 ; 3 et 22
g)2x3−7x2+11x−4 ; −7 et 11
h)x3+2x2−9x−18 ; 2 et −18
i)x4−4x3+10x2−12x+9 ; 10 et −12
j)972=9409 ; 71×69=4899
Le geste qui décide de tout : nommer a et b avant d'écrire, avec leur coefficient et leur signe. Dans (x−6y)2, b=6y, donc b2=36y2 et non 6y2 ; dans (21x−3)2, a=21x, donc a2=41x2. Et le double produit ne disparaît jamais d'un carré.
a)
(2x+7)2=(2x)2+2×2x×7+72=4x2+28x+49. Coefficient de x : 28 ; terme constant : 49. Piège : écrire 4x2+49, sans le double produit.
b)
(x−6y)2=x2−2×x×6y+(6y)2=x2−12xy+36y2. Coefficient de xy : −12 ; de y2 : 36. Piège : (6y)2=6y2, le carré oublié sur le 6.
c)
Deux binômes conjugués : (7x+4)(7x−4)=(7x)2−42=49x2−16. Coefficient de x2 : 49 ; terme constant : −16. Les termes −28x et +28x s'annulent, c'est pourquoi il n'y a pas de terme en x.
d)
(21x−3)2=41x2−2×21x×3+9=41x2−3x+9. Coefficient de x2 : 41 ; de x : −3. Piège : (21)2=41, pas 21.
e)
Pas d'identité : (3x−4)(2x+5)=6x2+15x−8x−20=6x2+7x−20. Coefficient de x : 7 ; terme constant : −20. Les deux termes du milieu se regroupent.
f)
On développe chaque morceau, puis on soustrait le second ENTRE PARENTHÈSES : (x+4)2=x2+8x+16 et (x−1)(x+6)=x2+5x−6, donc x2+8x+16−(x2+5x−6)=x2+8x+16−x2−5x+6=3x+22. Coefficient de x : 3 ; terme constant : 22. Piège : −(…−6) donne +6, pas −6, ce qui donnerait 10.
g)
Chaque terme du binôme multiplie les trois termes du trinôme : 2x(x2−3x+4)=2x3−6x2+8x et −1(x2−3x+4)=−x2+3x−4. Donc 2x3−7x2+11x−4. Coefficient de x2 : −7 ; de x : 11.
h)
On commence par les deux conjugués : (x+3)(x−3)=x2−9, puis (x2−9)(x+2)=x3+2x2−9x−18. Coefficient de x2 : 2 ; terme constant : −18. L'ordre des facteurs est libre : choisir la paire qui fait une identité épargne un développement.
i)
Le carré d'un trinôme donne les trois carrés plus les trois doubles produits : (x2)2+(2x)2+32+2(x2)(−2x)+2(x2)(3)+2(−2x)(3)=x4+4x2+9−4x3+6x2−12x, soit x4−4x3+10x2−12x+9. Coefficient de x2 : 10 ; de x : −12. Piège : le terme en x2 vient de DEUX sources, (−2x)2=4x2 et 2×x2×3=6x2.
j)
972=(100−3)2=10000−600+9=9409. 71×69=(70+1)(70−1)=4900−1=4899. Piège : (100−3)2=10000−9, le double produit 600 oublié.
Contrôle : on remplace x par 1 (et y par 1) dans l'expression de départ et dans le développement, les deux nombres doivent être égaux. Pour i) : (1−2+3)2=4 et 1−4+10−12+9=4.
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Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : Les lois des exposants dans une expression algébrique
Les lois des exposants ne changent pas quand la base devient une lettre : xm×xn=xm+n, xnxm=xm−n, (xm)n=xmn, (ab)n=anbn, x−n=xn1 et x0=1 pour x=0.
Simplifiez chaque expression et donnez le résultat avec des exposants POSITIFS.
a) (3x2y)3
b) 18x2y512x5y2
c) (2x−3)−2
d) 6x4(2x2)3×3x
e) Un élève écrit (x+y)2=x2+y2. Donnez une valeur de x et une valeur de y qui prouvent que c'est faux, et dites ce qui manque.
Voir la correction
Réponses
a)27x6y3
b)3y32x3
c)4x6
d)4x3
e)x=y=1 donne 4 contre 2 : il manque le double produit 2xy
a)
L'exposant extérieur frappe CHAQUE facteur, le coefficient compris : (3x2y)3=33×(x2)3×y3=27x6y3. L'erreur la plus fréquente est de laisser le 3 tranquille et d'écrire 3x6y3 : le coefficient est un facteur comme les autres, il monte à la puissance lui aussi. Contrôle avec x=2 et y=1 : à gauche (3×4×1)3=123=1728, à droite 27×64×1=1728. Même nombre, donc la transformation a conservé la valeur.
b)
On traite le coefficient et chaque lettre séparément. 1812=32, x2x5=x3, y5y2=y−3=y31. D'où 3y32x3. On SOUSTRAIT les exposants, on ne les divise pas : x2x5 vaut x3, jamais x2,5. Et l'exposant négatif ne rend rien négatif : il fait changer d'étage. Contrôle avec x=2 et y=2 : à gauche 18×4×3212×32×4=23041536≈0,667, à droite 3×82×8=32≈0,667.
c)
Deux exposants négatifs, l'un dans la parenthèse, l'autre dehors. On distribue d'abord : (2x−3)−2=2−2×(x−3)−2=2−2×x6. Puis 2−2=41, donc le résultat est 4x6. Deux pièges dans la même ligne : (x−3)−2 MULTIPLIE les exposants, (−3)×(−2)=+6, et le 2 descend au dénominateur sans changer de signe. Contrôle avec x=2 : à gauche (2×81)−2=(0,25)−2=16, à droite 464=16.
d)
On simplifie le numérateur avant de diviser. (2x2)3=8x6, puis 8x6×3x=24x7. Enfin 6x424x7=4x3. Écrire (2x2)3=2x6 coûte le quart des points de la question : 23=8, pas 2. Contrôle avec x=2 : le numérateur vaut 512×6=3072, le dénominateur 6×16=96, le quotient 32 ; et 4×23=32.
e)
Avec x=1 et y=1 : à gauche (1+1)2=4, à droite 12+12=2. Les deux nombres diffèrent, donc l'égalité est fausse, et une seule valeur suffit à le prouver. Ce qui manque est le DOUBLE PRODUIT : (x+y)2=x2+2xy+y2, et ici 2xy=2, l'écart exact entre 4 et 2. La règle (ab)n=anbn ne vaut que pour un PRODUIT ; une somme n'a pas ce droit, et c'est l'erreur la plus coûteuse de tout le chapitre parce qu'elle se reproduit ensuite sur (x+y)3, sur x+y et sur x+y1.
Exercice 2 : Développer, réduire et ordonner
Développer un produit, c'est faire multiplier CHAQUE terme du premier facteur par chaque terme du second. Réduire, c'est additionner les termes semblables. Ordonner, c'est écrire le résultat par exposants décroissants.
Le produit de trois facteurs se fait deux par deux : on en développe deux, on réduit, puis on multiplie le résultat par le troisième.
a) (x−3)(x2+4x−5)
b) (2x+1)(x−4)(x+2)
c) (x+2y−3)2
d) Sans rien développer, donnez le degré, le coefficient du terme de plus haut degré et le terme constant de (2x+1)(x−4)(x+2)(3x2−1).
Voir la correction
Réponses
a)x3+x2−17x+15
b)2x3−3x2−18x−8
c)x2+4y2+4xy−6x−12y+9
d)Degré 5, terme dominant 6x5, terme constant 8
a)
Chacun des deux termes de (x−3) multiplie les trois termes du trinôme, ce qui donne six produits : x⋅x2+x⋅4x+x⋅(−5)−3⋅x2−3⋅4x−3⋅(−5), soit x3+4x2−5x−3x2−12x+15. On réduit les termes semblables, 4x2−3x2=x2 et −5x−12x=−17x, et l'on ordonne : x3+x2−17x+15. Contrôle avec x=2 : à gauche (2−3)(4+8−5)=(−1)×7=−7, à droite 8+4−34+15=−7. Le compte des produits est le meilleur garde-fou : deux termes fois trois termes donnent toujours SIX produits avant réduction, et il en manque presque toujours un quand la copie est fausse.
b)
On commence par le couple le plus simple, (x−4)(x+2)=x2−2x−8. Puis (2x+1)(x2−2x−8)=2x3−4x2−16x+x2−2x−8=2x3−3x2−18x−8. Contrôle avec x=1 : à gauche 3×(−3)×3=−27, à droite 2−3−18−8=−27. Développer les trois facteurs d'un seul coup donne douze produits à surveiller : deux par deux, il n'y en a jamais plus de six à la fois.
c)
Un carré n'est pas une distribution de l'exposant : (x+2y−3)2 est le produit (x+2y−3)(x+2y−3). Avec trois termes, la formule utile est (a+b+c)2=a2+b2+c2+2ab+2ac+2bc : chaque carré, puis chaque double produit. Ici a=x, b=2y, c=−3 : les carrés donnent x2+4y2+9, les doubles produits 2⋅x⋅2y=4xy, 2⋅x⋅(−3)=−6x et 2⋅2y⋅(−3)=−12y. Résultat : x2+4y2+4xy−6x−12y+9. Contrôle avec x=1 et y=1 : à gauche (1+2−3)2=0, à droite 1+4+4−6−12+9=0.
d)
Le degré d'un produit est la SOMME des degrés : 1+1+1+2=5. Le coefficient du terme de plus haut degré est le produit des coefficients dominants, 2×1×1×3=6 : le terme dominant est donc 6x5. Le terme constant est le produit des termes constants, 1×(−4)×2×(−1)=8. Ces trois renseignements s'obtiennent sans développer parce qu'un seul chemin donne le degré 5, celui où l'on prend le x dans chaque facteur, et un seul donne le terme constant, celui où l'on ne prend aucun x. Contrôle : en x=0 le produit vaut 1×(−4)×2×(−1)=8, c'est bien le terme constant.
Exercice 3 : Les trois identités, et le calcul mental qu'elles permettent
Trois développements reviennent si souvent qu'on les apprend par coeur : (a+b)2=a2+2ab+b2, (a−b)2=a2−2ab+b2 et (a−b)(a+b)=a2−b2.
La figure montre d'où vient la première : un carré de côté 3x+5 se découpe en quatre morceaux, dont DEUX rectangles identiques. Ce sont eux, le double produit.
a) Développez (3x+5)2 et retrouvez les quatre morceaux de la figure.
b) Développez (4a−7b)2.
c) Développez (2x+3y)(2x−3y).
d) Calculez de tête 2032, puis 58×62, en utilisant une identité.
e) Un élève écrit (3x+5)2=9x2+25. Quels morceaux de la figure a-t-il oubliés, et de combien se trompe-t-il pour x=1 ?
Voir la correction
Réponses
a)9x2+30x+25, les deux rectangles de 15x formant le double produit
b)16a2−56ab+49b2
c)4x2−9y2
d)2032=41209 et 58×62=3596
e)Il oublie le double produit 30x : 64 au lieu de 34, un écart de 30
a)
(3x+5)2=(3x)2+2×3x×5+52=9x2+30x+25. La figure le dit aire par aire : le grand carré de côté 3x+5 contient le carré 9x2, le carré 25, et DEUX rectangles de 3x sur 5, donc 2×15x=30x. Le double produit n'est pas une règle à retenir de force : c'est le fait qu'il y a deux rectangles et non un seul. Contrôle avec x=1 : (3+5)2=64 et 9+30+25=64.
b)
Ici a=4a et b=7b, et le signe du milieu est négatif : (4a−7b)2=16a2−2×4a×7b+49b2=16a2−56ab+49b2. Les deux carrés restent POSITIFS, même avec la soustraction : (−7b)2=+49b2. Seul le double produit porte le signe moins. Contrôle avec a=1 et b=1 : (4−7)2=9 et 16−56+49=9.
c)
Les deux binômes ne diffèrent que par un signe : c'est la troisième identité. (2x+3y)(2x−3y)=(2x)2−(3y)2=4x2−9y2. Les termes en xy s'éliminent, puisque le développement complet donnerait 4x2−6xy+6xy−9y2. Contrôle avec x=1 et y=1 : 5×(−1)=−5 et 4−9=−5.
d)
2032=(200+3)2=2002+2×200×3+32=40000+1200+9=41209. 58×62=(60−2)(60+2)=602−22=3600−4=3596. Les identités ne servent pas qu'aux lettres : elles servent chaque fois qu'un nombre est proche d'un nombre rond. Le deuxième calcul est le plus parlant, deux nombres symétriques autour de 60 donnent toujours 3600 moins le carré de l'écart.
e)
Il a oublié les DEUX rectangles de la figure, c'est-à-dire le double produit 30x. Pour x=1, la valeur exacte est (3+5)2=64 et sa réponse donne 9+25=34 : il se trompe de 30, exactement la valeur de 30x en x=1. L'erreur n'est donc pas un détail d'écriture, elle vaut ici près de la moitié du résultat, et elle vient toujours de la même croyance, que l'exposant se distribue sur une somme. La figure est l'argument le plus court contre cette croyance : il y a quatre morceaux dans le grand carré, pas deux.
Exercice 4 : Substituer : un nombre, puis une expression
On considère l'expression A(x)=2x2−5x+1.
Substituer, c'est remplacer x par ce qu'on veut, un nombre ou une autre expression, en mettant des parenthèses autour de ce qui remplace x. Ces parenthèses ne sont pas décoratives : sans elles, le carré et le signe moins ne portent plus sur la bonne chose.
a) Calculez A(3) et A(−2).
b) Écrivez A(x+1) sous forme développée et réduite.
c) Écrivez A(2x) sous forme développée et réduite.
d) Calculez A(x+1)−A(x) sous forme réduite, puis vérifiez le résultat pour x=0.
e) Un élève affirme que A(x+1)=A(x)+A(1). Réfutez-le avec x=2.
Voir la correction
Réponses
a)A(3)=4 et A(−2)=19
b)A(x+1)=2x2−x−2
c)A(2x)=8x2−10x+1
d)A(x+1)−A(x)=4x−3, qui vaut −3 en x=0
e)A(3)=4 mais A(2)+A(1)=−3 : l'affirmation est fausse
a)
A(3)=2×9−5×3+1=18−15+1=4. A(−2)=2×(−2)2−5×(−2)+1=8+10+1=19. Le piège est en x=−2 : (−2)2=+4, et −5×(−2)=+10. Une copie qui oublie les parenthèses écrit −22=−4 et arrive à 3, donc à une valeur fausse de 16 unités.
b)
On remplace chaque x par (x+1) : A(x+1)=2(x+1)2−5(x+1)+1. Le carré d'abord : (x+1)2=x2+2x+1, donc 2(x+1)2=2x2+4x+2. Puis −5(x+1)=−5x−5. En tout : 2x2+4x+2−5x−5+1=2x2−x−2. Contrôle : A(x+1) évalué en x=2 doit redonner A(3)=4, et 2×4−2−2=4. C'est la vérification la plus rentable du chapitre, elle prend cinq secondes et attrape presque toutes les erreurs de signe.
c)
A(2x)=2(2x)2−5(2x)+1=2×4x2−10x+1=8x2−10x+1. Le 2 entre dans le carré : (2x)2=4x2, ce qui multiplie le premier terme par 4, et non par 2. Contrôle en x=1 : A(2)=8−10+1=−1, et 8−10+1=−1.
d)
A(x+1)−A(x)=(2x2−x−2)−(2x2−5x+1). Le signe moins change TOUS les signes de la seconde parenthèse : 2x2−x−2−2x2+5x−1=4x−3. Vérification en x=0 : A(1)−A(0)=(2−5+1)−1=−2−1=−3, et 4×0−3=−3. Le résultat mérite un mot : la différence entre deux valeurs consécutives de A n'est pas constante, elle est du PREMIER degré. Une expression du second degré grandit donc de plus en plus vite, et c'est exactement ce qu'on retrouvera sur la parabole.
e)
En x=2 : A(x+1) vaut A(3)=4. De l'autre côté, A(2)=8−10+1=−1 et A(1)=2−5+1=−2, donc A(2)+A(1)=−3. Comme 4=−3, l'affirmation est fausse. La raison de fond est la même qu'à l'exercice 1 : une expression n'est pas additive, A(u+v) n'a aucune raison de valoir A(u)+A(v) dès qu'il y a un carré, et un contre-exemple suffit à clore la discussion.
Exercice 5 : Deux expressions sont-elles équivalentes ?
Deux expressions sont ÉQUIVALENTES quand elles donnent le même nombre pour TOUTE valeur de la variable. Une seule valeur qui les sépare suffit à prouver qu'elles ne le sont pas ; une seule valeur où elles coïncident ne prouve rien du tout.
Pour chaque couple, dites si les deux expressions sont équivalentes. Si oui, prouvez-le en développant ; si non, donnez une valeur qui les sépare et l'écart obtenu.
a) (x−2)(x+5) et x2+3x−10
b) (x+3)2 et x2+9
c) 22x+4 et x+4
d) 3(x−1)−(x−4) et 2x+1
e) Les expressions x2 et 2x donnent le même nombre pour x=0 et pour x=2. Sont-elles équivalentes pour autant ? Expliquez ce que ce cas prouve sur la méthode.
Voir la correction
Réponses
a)Équivalentes : les deux valent x2+3x−10
b)Non : en x=1, 16 contre 10, un écart de 6
c)Non : 22x+4=x+2, un écart de 2 pour tout x
d)Équivalentes : les deux valent 2x+1
e)Non : en x=3, 9 contre 6. Deux points communs ne prouvent rien
a)
Équivalentes. En développant : (x−2)(x+5)=x2+5x−2x−10=x2+3x−10, la seconde expression exactement. Le développement est ici une PREUVE, alors qu'un essai numérique n'en serait qu'un indice : c'est la différence entre vérifier et démontrer. Contrôle tout de même en x=1 : (−1)×6=−6 et 1+3−10=−6.
b)
Non équivalentes. Avec x=1 : (1+3)2=16 et 1+9=10, un écart de 6. L'identité complète est (x+3)2=x2+6x+9, et l'écart 6x vaut bien 6 en x=1. Remarquez que les deux expressions COÏNCIDENT en x=0, où elles valent toutes deux 9 : un élève qui n'aurait testé que x=0 aurait conclu à tort.
c)
Non équivalentes. La barre de fraction porte sur TOUT le numérateur, donc on divise chaque terme : 22x+4=22x+24=x+2, et non x+4. Avec x=0 : à gauche 24=2, à droite 4. L'écart vaut 2 pour toute valeur de x. L'erreur consiste à simplifier le 2 du dénominateur avec le seul terme 2x, c'est-à-dire à simplifier un TERME au lieu d'un FACTEUR.
d)
Équivalentes. 3(x−1)−(x−4)=3x−3−x+4=2x+1. Tout se joue sur le signe moins devant la parenthèse : il change les DEUX signes, donc −(x−4) donne −x+4 et non −x−4. Contrôle en x=2 : 3×1−(−2)=3+2=5 et 2×2+1=5.
e)
Non, elles ne sont pas équivalentes. Elles coïncident en x=0 et en x=2, mais en x=3 on obtient 9 d'un côté et 6 de l'autre. Ce cas fixe la méthode, et c'est le fil de toute la série : une valeur qui SÉPARE deux expressions prouve définitivement qu'elles ne sont pas équivalentes, tandis qu'une valeur, ou même deux, où elles coïncident ne prouve rien, car deux expressions différentes peuvent se croiser. Pour prouver l'équivalence, il n'y a qu'un chemin : développer et réduire les deux côtés jusqu'à la même écriture.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Problème : le trapèze coté en x
Un trapèze a une petite base de x centimètres, une grande base de x+4 centimètres et une hauteur de 2x centimètres, avec x>0.
La figure est tracée pour x=3 : petite base 3, grande base 7, hauteur 6.
a) Exprimez l'aire A(x) du trapèze sous forme développée et réduite.
b) Calculez l'aire pour x=3 et vérifiez-la directement sur la figure.
c) Un deuxième élève découpe le trapèze en un rectangle et deux triangles, et obtient A(x)=x×2x+24×2x. Montrez que son expression est équivalente à la vôtre.
d) Chaque côté oblique mesure 2x+1 centimètres. Exprimez le périmètre sous forme réduite, puis calculez-le pour x=3.
e) Si l'on double x, l'aire double-t-elle ? Répondez en comparant A(6) et 2×A(3).
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Réponses
a)A(x)=2x2+4x
b)A(3)=30 cm², retrouvé sur la figure par 23+7×6
c)Son découpage donne aussi 2x2+4x : les deux expressions sont équivalentes
d)P(x)=6x+6, donc P(3)=24 cm
e)Non : A(6)=96 alors que 2×A(3)=60. L'aire est multipliée par 3,2
a)
L'aire d'un trapèze vaut la demi-somme des bases fois la hauteur : A(x)=2x+(x+4)×2x=22x+4×2x. On simplifie la fraction en divisant CHAQUE terme du numérateur par 2, ce qui donne (x+2)×2x, puis on développe : A(x)=2x2+4x. Attention au piège de l'exercice 5 : 22x+4 vaut x+2, jamais x+4. Une copie qui simplifie mal obtient 2x2+8x et se trompe de 4x, soit de 12 centimètres carrés dès x=3.
b)
A(3)=2×9+4×3=18+12=30 centimètres carrés. Sur la figure, les bases valent 3 et 7 et la hauteur 6 : 23+7×6=5×6=30. Les deux chemins donnent le même nombre, donc l'expression littérale a bien conservé la valeur du calcul numérique. C'est le contrôle à faire systématiquement dès qu'on remplace des mesures par des lettres.
c)
Son découpage donne x×2x+24×2x=2x2+28x=2x2+4x, exactement l'expression trouvée en a). Le rectangle du milieu a pour dimensions x et 2x, et les deux triangles des extrémités, mis bout à bout, forment un triangle de base 4 et de hauteur 2x : la grande base dépasse la petite de 4, ce 4 se répartissant des deux côtés. Deux découpages différents d'une même figure donnent toujours deux expressions équivalentes, et c'est souvent la façon la plus rapide de vérifier une formule d'aire.
d)
Le périmètre additionne les quatre côtés : P(x)=x+(x+4)+2(2x+1)=x+x+4+4x+2=6x+6. Pour x=3 : P(3)=18+6=24 centimètres. On peut recompter sur la figure : 3+7+2×7=24, puisque 2x+1=7 quand x=3. Remarquez que le périmètre est du PREMIER degré et l'aire du SECOND : ce n'est pas une coïncidence, une longueur s'additionne alors qu'une aire est un produit de deux longueurs.
e)
Non. A(6)=2×36+4×6=72+24=96, alors que 2×A(3)=60. Doubler x multiplie l'aire par 3096=3,2, et non par 2. La raison tient dans le terme 2x2 : quand x double, le carré est multiplié par 4, tandis que le terme 4x n'est multiplié que par 2. Une expression qui contient un carré n'est donc jamais proportionnelle, et l'erreur consistant à dire « deux fois plus long, deux fois plus grand » coûte régulièrement des points en situation d'application.
Exercice 7 : Problème : la facture d'électricité à deux tarifs
Un fournisseur facture chaque mois un abonnement de 12 dollars, puis l'énergie consommée : 0,06 dollar par kilowattheure pour les 400 premiers kilowattheures, et 0,09 dollar par kilowattheure au-delà.
On note x la consommation du mois, en kilowattheures, et C la facture, en dollars. La figure montre la facture en fonction de la consommation.
a) Calculez la facture d'un mois où la consommation est de 250 kilowattheures.
b) Écrivez l'expression de C en fonction de x pour 0≤x≤400.
c) Écrivez l'expression de C pour x>400, puis réduisez-la. Quelle surprise obtenez-vous ?
d) Calculez la facture pour 600 kilowattheures, par les deux chemins : l'expression réduite du c), puis le décompte poste par poste.
e) Un élève écrit C=12+0,09x pour x>400. De combien se trompe-t-il sur une facture de 600 kilowattheures, et pourquoi ?
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Réponses
a)27 dollars
b)C=12+0,06x
c)C=0,09x : l'abonnement est exactement compensé par le rabais des 400 premiers kWh
d)54 dollars par les deux chemins
e)66 dollars au lieu de 54 : il compte l'abonnement deux fois, 12 dollars de trop
a)
250 kilowattheures restent sous le seuil de 400, donc tout est facturé à 0,06 : C=12+0,06×250=12+15=27 dollars. L'abonnement se paie même si la consommation est nulle : c'est l'ordonnée à l'origine du graphique, le point (0;12).
b)
Tant que x≤400, l'énergie coûte 0,06x et la facture vaut C=12+0,06x. En x=400, cette expression donne 12+24=36 dollars : c'est le point anguleux de la figure, celui où le tarif change.
c)
Au-delà de 400 kilowattheures, les 400 premiers restent facturés à 0,06, soit 24 dollars, et seul le SURPLUS x−400 est facturé à 0,09 : C=12+24+0,09(x−400). On développe : 0,09(x−400)=0,09x−36, donc C=36+0,09x−36=0,09x. La surprise est là : au-delà du seuil, tout se passe comme si la consommation ENTIÈRE était facturée à 0,09 et l'abonnement offert. Ce n'est pas un hasard, c'est une compensation exacte : l'abonnement de 12 dollars vaut précisément le rabais de 0,03 dollar accordé sur les 400 premiers kilowattheures, puisque 0,03×400=12.
d)
Par l'expression réduite : C=0,09×600=54 dollars. Poste par poste : 12 d'abonnement, plus 0,06×400=24 pour la première tranche, plus 0,09×200=18 pour les 200 kilowattheures de surplus, soit 12+24+18=54 dollars. Les deux chemins concordent, ce qui valide la réduction du c). Sur la figure, le point (600;54) est bien sur le second segment.
e)
Son expression donne 12+0,09×600=12+54=66 dollars : il se trompe de 12 dollars, exactement le montant de l'abonnement. Son erreur est d'AJOUTER l'abonnement à une expression qui le contient déjà : en écrivant 0,09x, il a facturé les 400 premiers kilowattheures à 0,09 au lieu de 0,06, ce qui a déjà encaissé 12 dollars de trop. L'écart est constant, 12 dollars quelle que soit la consommation, ce qui est le meilleur indice d'une erreur portant sur un terme et non sur un coefficient.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq affirmations suivantes est FAUSSE. Dites pourquoi, donnez l'énoncé correct, et appuyez votre réponse sur une valeur numérique bien choisie chaque fois que c'est possible.
a) « (a+b)2=a2+b2. »
b) « 4x+4=x, puisque les 4 se simplifient. »
c) « −3(2x−5)=−6x−15. »
d) « x3×x4=x12. »
e) « Deux expressions qui donnent le même nombre pour x=2 sont équivalentes. »
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Réponses
a)(a+b)2=a2+2ab+b2 : il manque 2ab, soit 24 pour a=3 et b=4
b)4x+4=4x+1, qui vaut 2 en x=4
c)−3(2x−5)=−6x+15
d)x3×x4=x7, soit 128 en x=2
e)Faux : x2 et 2x coïncident en x=2 mais donnent 9 et 6 en x=3
a)
Faux : il manque le double produit. (a+b)2=a2+2ab+b2. Avec a=3 et b=4 : à gauche 49, à droite 9+16=25, un écart de 24, qui est bien 2ab=2×3×4. Le carré d'une somme n'est pas la somme des carrés, et la figure de l'exercice 3 dit pourquoi : il y a quatre morceaux dans le carré, pas deux.
b)
Faux : on ne simplifie que des FACTEURS, jamais un terme d'une somme. Ici 4x+4=4x+1. Avec x=4 : à gauche 48=2, et l'affirmation annoncerait 4. La règle courte à retenir : la barre de fraction agit comme une paire de parenthèses autour du numérateur, donc on divise TOUT ce qu'il y a au-dessus.
c)
Faux sur le second signe. Le facteur −3 multiplie les deux termes, et (−3)×(−5)=+15 : −3(2x−5)=−6x+15. Avec x=0 : à gauche −3×(−5)=15, alors que l'affirmation donne −15. Deux nombres négatifs qui se multiplient donnent un positif, et c'est l'erreur de distribution la plus fréquente de tout le secondaire.
d)
Faux : on ADDITIONNE les exposants quand on multiplie des puissances de même base. x3×x4=x7. Avec x=2 : 8×16=128=27, et non 212=4096. La multiplication des exposants, elle, correspond à (x3)4=x12, qui est une puissance de puissance : ce sont deux situations différentes.
e)
Faux : une seule valeur commune ne prouve rien. Les expressions x2 et 2x donnent toutes deux 4 pour x=2, mais 9 et 6 pour x=3. L'énoncé correct est dans l'autre sens : deux expressions qui donnent des nombres DIFFÉRENTS pour une seule valeur ne sont sûrement pas équivalentes. Pour prouver qu'elles le sont, il faut développer et réduire les deux jusqu'à la même écriture, pas multiplier les essais.
Exercice 9 : Problème : une hausse de 15 %, puis une baisse de 15 %
Un magasin augmente le prix d'un manteau de 15 pour cent, puis, faute de ventes, le baisse de 15 pour cent.
La figure suit un manteau affiché à 200 dollars.
a) Calculez le prix après la hausse, puis le prix après la baisse.
b) Exprimez le prix final en fonction du prix de départ p, sous forme réduite.
c) Le magasin avait-il intérêt à baisser d'abord et à augmenter ensuite ? Justifiez par le calcul.
d) On remplace 15 pour cent par un taux t, écrit en nombre décimal. Écrivez le prix final en fonction de p et de t, développez, et reconnaissez une identité.
e) Quel taux t ferait perdre exactement 4 pour cent du prix de départ ?
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Réponses
a)230 dollars, puis 195,50 dollars
b)Prix final =0,9775p
c)Non : 0,85×1,15=0,9775 aussi, le prix final est le même
d)p(1+t)(1−t)=p(1−t2) : la perte relative vaut t2
e)t=0,2, soit 20 pour cent
a)
Augmenter de 15 pour cent, c'est multiplier par 1,15 : 200×1,15=230 dollars. Baisser de 15 pour cent, c'est multiplier par 0,85 : 230×0,85=195,50 dollars. Le prix final est INFÉRIEUR au prix de départ, alors que les deux pourcentages sont égaux : c'est le coeur du problème. La baisse porte sur 230 dollars, une base plus grande que les 200 dollars sur lesquels portait la hausse.
b)
Le prix final vaut p×1,15×0,85. Le produit des deux facteurs se calcule une fois pour toutes : 1,15×0,85=0,9775, donc le prix final est 0,9775p. Contrôle avec p=200 : 0,9775×200=195,50, la valeur du a). Autrement dit, le client paie 97,75 pour cent du prix initial : l'aller-retour coûte au magasin 2,25 pour cent, quel que soit le prix de départ.
c)
Non, cela ne change rien : la multiplication est commutative, donc p×0,85×1,15 vaut aussi 0,9775p. Avec 200 dollars : 200×0,85=170, puis 170×1,15=195,50. Même prix final, par un chemin différent. Ce qui décide du résultat n'est pas l'ordre, c'est le fait que la seconde variation s'applique à une base modifiée par la première.
d)
Avec un taux t, la hausse multiplie par (1+t) et la baisse par (1−t) : le prix final vaut p(1+t)(1−t). C'est la troisième identité remarquable, avec a=1 et b=t : (1+t)(1−t)=1−t2, donc le prix final s'écrit p(1−t2). La perte relative est donc exactement t2, le CARRÉ du taux. Vérification avec t=0,15 : t2=0,0225, soit 2,25 pour cent, et 1−0,0225=0,9775. L'identité explique d'un coup le résultat du b), et elle dit aussi pourquoi la perte est toujours une PERTE : un carré n'est jamais négatif.
e)
On cherche t tel que t2=0,04, c'est-à-dire t=0,2 : un aller-retour à 20 pour cent fait perdre 4 pour cent du prix. Contrôle : 1,2×0,8=0,96, et 200×0,96=192 dollars. Remarquez que la perte croît beaucoup plus vite que le taux : doubler le taux de 10 à 20 pour cent quadruple la perte, de 1 pour cent à 4 pour cent, puisqu'elle dépend du carré.
Exercice 10 : Problème : pourquoi le tour de magie marche à tous les coups
Un magicien propose ceci : « Pense à un nombre. Ajoute 5. Multiplie le résultat par 2. Enlève 4. Divise par 2. Enfin, soustrais ton nombre de départ. » Il annonce alors le résultat sans rien demander.
On note n le nombre choisi au départ.
a) Faites tourner le tour avec n=7, puis avec n=−3.
b) Écrivez l'expression correspondant à la suite des consignes, puis réduisez-la. Que vaut le résultat, et pourquoi le magicien peut-il l'annoncer à l'avance ?
c) Que faut-il ajouter au lieu de 5 pour que le résultat annoncé soit toujours 10 ?
d) Second tour : on choisit un nombre de deux chiffres, on inverse ses deux chiffres, puis on soustrait le plus petit des deux nombres du plus grand. Testez avec 72, puis démontrez que le résultat est toujours un multiple de 9.
e) Le magicien a testé son premier tour avec dix nombres avant de le présenter. Cela suffit-il à prouver qu'il marche toujours ? Que prouve, au contraire, le calcul du b) ?
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Réponses
a)3 dans les deux cas
b)22(n+5)−4−n=3 : la variable disparaît, le résultat ne dépend plus de n
c)Faire ajouter 12, car le résultat vaut a−2
d)72−27=45 ; en général (10a+b)−(10b+a)=9(a−b), un multiple de 9
e)Non : dix essais rendent plausible, seule la réduction du b) démontre
a)
Avec n=7 : 7+5=12, puis 12×2=24, puis 24−4=20, puis 20÷2=10, puis 10−7=3. Avec n=−3 : −3+5=2, puis 2×2=4, puis 4−4=0, puis 0÷2=0, puis 0−(−3)=3. Deux départs très différents, le même résultat 3. Le signe moins de la dernière consigne mérite l'attention : soustraire −3, c'est ajouter 3.
b)
La suite des consignes s'écrit 22(n+5)−4−n. On développe le numérateur : 2(n+5)−4=2n+10−4=2n+6. On divise les DEUX termes par 2 : 22n+6=n+3. Enfin n+3−n=3. Le n disparaît, et c'est toute l'explication du tour : l'expression réduite ne contient plus la variable, donc elle vaut 3 pour n'importe quel nombre de départ, entier, négatif ou décimal. Le magicien ne devine rien, il a simplement réduit avant de commencer.
c)
Reprenons le calcul en remplaçant 5 par un nombre a : 22(n+a)−4−n=22n+2a−4−n=n+a−2−n=a−2. Le résultat annoncé vaut donc a−2. Pour qu'il vaille 10, il faut a−2=10, soit a=12 : il faut faire ajouter 12. Vérification avec n=7 : 7+12=19, puis 38, puis 34, puis 17, puis 17−7=10. L'expression littérale a fait plus que confirmer le tour, elle a permis de le RÉGLER sur n'importe quelle réponse voulue.
d)
Avec 72 : le nombre inversé est 27, et 72−27=45=9×5. Démonstration dans le cas général : un nombre de deux chiffres dont le chiffre des dizaines est a et celui des unités est b s'écrit 10a+b. Le nombre inversé s'écrit 10b+a. Leur différence vaut (10a+b)−(10b+a)=10a+b−10b−a=9a−9b=9(a−b). C'est donc toujours 9 fois un entier, c'est-à-dire un multiple de 9. L'écriture 10a+b est la clé du raisonnement : sans elle, on ne peut que multiplier les exemples. Avec 72, on a a=7 et b=2, donc 9×5=45, ce qui concorde.
e)
Non, dix essais ne prouvent rien : ils rendent le tour plausible, pas certain. Il existe des expressions qui coïncident sur beaucoup de valeurs sans être égales, et l'exercice 5 en donne un exemple avec x2 et 2x. Le calcul du b) prouve, lui, parce qu'il ne parle pas d'un nombre en particulier : il montre que l'expression se réduit à 3, une écriture où la variable a disparu. C'est la différence entre vérifier et démontrer, et c'est la raison pour laquelle toute cette série commence par des développements avant de parler de problèmes.
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