Algèbre linéaire 201-NYC / Maths 105 • Complément québécois de Première et cégep à Montréal

Fiche de révision : nombres complexes et De Moivre (201-NYC)

Cette fiche ne redonne pas les formules de passage entre les trois formes : elles sont dans vos notes. Elle traite ce qui décide de la note, c'est-à-dire le choix de la forme selon l'opération, la détermination correcte de l'argument, et la rédaction attendue sur une équation zn=az^{n}=a.

Elle est écrite pour les étudiants de cégep en Sciences de la nature et pour les élèves de Première des lycées français qui suivent le complément québécois de mathématiques. Une fois la fiche lue, la série d'exercices corrigés du même chapitre met chaque réflexe à l'épreuve.

Le fil du chapitre

La forme algébrique sert à ADDITIONNER, la forme exponentielle à MULTIPLIER et à élever à une puissance. Presque toutes les pertes de points viennent d'avoir gardé la mauvaise forme, ou d'avoir choisi l'argument avec le seul cosinus.

Ce chapitre fait partie de Algèbre linéaire et géométrie vectorielle, 201-NYC

Avant ce chapitre

Cette fiche suppose ces notions acquises. Si une méthode ci-dessous reste opaque, c'est presque toujours l'une d'elles qui manque, pas la fiche.

Remonter plus loin : la chaîne complète (8 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Nombres réels, racines et ensemblesSecondaire 3
  2. 2Fonctions : propriétés et réciproqueSecondaire 3
  3. 3Théorème de Pythagore et réciproqueSecondaire 3
  4. 4Les paramètres et les propriétés des fonctionsSecondaire 4 SN4
  5. 5La fonction polynomiale de degré 2Secondaire 4 SN4
  6. 6Relations métriques et trigonométrie du triangle rectangleSecondaire 4 SN4
  7. 7Les fonctions quadratiquesSecondaire 5 SN5
  8. 8Le cercle trigonométriqueSecondaire 5 SN5

L'essentiel

Trois formes, et ce que chacune sert à faire

  • FORME ALGÉBRIQUE z=a+biz=a+bi, avec i2=1i^{2}=-1 : c'est la forme des ADDITIONS et des soustractions, qui se font composante par composante.
  • Conjugué zˉ=abi\bar{z}=a-bi, module z=a2+b2|z|=\sqrt{a^{2}+b^{2}}, et la relation clé zzˉ=a2+b2=z2z\bar{z}=a^{2}+b^{2}=|z|^{2}, qui est un nombre RÉEL positif.
  • FORME TRIGONOMÉTRIQUE z=r(cosθ+isinθ)z=r(\cos\theta+i\sin\theta) et FORME EXPONENTIELLE z=reiθz=r\,e^{i\theta}, avec r=zr=|z| et θ=arg(z)\theta=\arg(z).
  • Ce sont les formes des PRODUITS, des quotients et des puissances : r1eiθ1×r2eiθ2=r1r2ei(θ1+θ2)r_{1}e^{i\theta_{1}}\times r_{2}e^{i\theta_{2}}=r_{1}r_{2}e^{i(\theta_{1}+\theta_{2})}. Les modules se multiplient, les arguments s'additionnent.
  • DIVISION en forme algébrique : on multiplie haut et bas par le conjugué du dénominateur, ce qui le rend réel : z1z2=z1z2ˉz22\dfrac{z_{1}}{z_{2}}=\dfrac{z_{1}\bar{z_{2}}}{|z_{2}|^{2}}.
z = a + biconjugue de zmodulearg
Le module est la longueur du segment qui joint l'origine au point, l'argument l'angle qu'il fait avec l'axe des réels, et le conjugué le symétrique par rapport à cet axe.

Le premier réflexe devant un exercice : regarder l'OPÉRATION demandée. Une somme reste en algébrique, une puissance passe en exponentielle, et changer de forme coûte moins cher que de s'obstiner dans la mauvaise.

L'argument se détermine par un COUPLE, jamais par un seul rapport

  • On résout cosθ=ar\cos\theta=\dfrac{a}{r} ET sinθ=br\sin\theta=\dfrac{b}{r} : ce sont les deux équations ensemble qui fixent le quadrant.
  • La seule tangente ne suffit jamais : zz et z-z ont exactement le même rapport ba\frac{b}{a}, donc la même tangente, alors que leurs arguments diffèrent de π\pi.
  • Le signe de aa donne la moitié du plan, le signe de bb donne l'autre : positif et positif pour le premier quadrant, négatif et positif pour le deuxième, et ainsi de suite.
  • L'argument est défini MODULO 2π2\pi : π3\frac{\pi}{3} et 7π3\frac{7\pi}{3} sont le même argument, et l'énoncé demande souvent celui de ]π ; π]]-\pi\ ;\ \pi].
  • Cas particuliers à connaître sans calcul : arg(1)=0\arg(1)=0, arg(i)=π2\arg(i)=\frac{\pi}{2}, arg(1)=π\arg(-1)=\pi, arg(i)=π2\arg(-i)=-\frac{\pi}{2}.

Faire un croquis du point dans le plan complexe avant de conclure prend dix secondes et rend l'erreur de quadrant impossible. C'est la vérification la plus rentable du chapitre.

De Moivre, les racines et le polygone régulier

  • THÉORÈME DE DE MOIVRE : (reiθ)n=rneinθ\left(re^{i\theta}\right)^{n}=r^{n}e^{in\theta}, c'est-à-dire rn(cos(nθ)+isin(nθ))r^{n}\left(\cos(n\theta)+i\sin(n\theta)\right). Le module est élevé à la puissance, l'argument est MULTIPLIÉ.
  • RACINES nn-IÈMES de z=reiθz=re^{i\theta} : il y en a exactement nn, données par zk=r1/nei(θ+2kπn)z_{k}=r^{1/n}\,e^{i\left(\frac{\theta+2k\pi}{n}\right)} pour k=0 ; 1 ;  ; n1k=0\ ;\ 1\ ;\ \dots\ ;\ n-1.
  • Le terme 2kπ2k\pi n'est pas un ornement : c'est lui qui produit les nn racines distinctes. Sans lui, on n'en trouve qu'une.
  • Ces racines se placent sur le cercle de rayon r1/nr^{1/n}, régulièrement espacées de 2πn\frac{2\pi}{n} : elles forment un POLYGONE RÉGULIER à nn côtés, et leur somme vaut 00.
  • RACINES CONJUGUÉES : si un polynôme est à coefficients RÉELS et admet z0z_{0} pour racine, alors z0ˉ\bar{z_{0}} en est aussi une. Les racines non réelles vont par paires.

Une fois la première racine trouvée, les autres s'obtiennent en ajoutant 2πn\frac{2\pi}{n} à l'argument, sans recalculer le module. C'est ce qui permet de traiter les six racines sixièmes en trois lignes.

Les pièges qui coûtent des points

Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.

1. Prendre l'arctangente sans regarder le quadrant

toute la question, et l'erreur se propage à toutes les puissances calculées ensuite.

Ce qu'il ne faut pas écrire

« z=1iz=-1-i donne tanθ=11=1\tan\theta=\frac{-1}{-1}=1, donc θ=π4\theta=\frac{\pi}{4}. »

Ce qu'il faut écrire

« cosθ=12\cos\theta=\frac{-1}{\sqrt{2}} et sinθ=12\sin\theta=\frac{-1}{\sqrt{2}} : les deux sont négatifs, donc zz est dans le TROISIÈME quadrant et θ=5π4\theta=\frac{5\pi}{4}, ou 3π4-\frac{3\pi}{4}. »

z-zarg = 45 degresarg = 225 degresmeme rapport b sur a
Les deux points sont sur la MÊME droite passant par l'origine, donc ils ont la même tangente; leurs arguments diffèrent pourtant de 180180^{\circ}.

Pourquoi : La tangente ne distingue pas zz de z-z : ils ont le même rapport ba\frac{b}{a}. Seul le COUPLE cosinus-sinus fixe le quadrant, et c'est pour cela que le cours écrit les deux équations.

2. Diviser sans passer par le conjugué

2 points, et un signe faux qui contamine tout le reste de l'exercice.

Ce qu'il ne faut pas écrire

« 1i=i\dfrac{1}{i}=i, puisque i×ii\times i donne bien quelque chose de simple. »

Ce qu'il faut écrire

« 1i=iˉiiˉ=ii2=i1=i\dfrac{1}{i}=\dfrac{\bar{i}}{i\bar{i}}=\dfrac{-i}{|i|^{2}}=\dfrac{-i}{1}=-i. On multiplie haut et bas par le conjugué du dénominateur, ce qui le rend RÉEL. »

Pourquoi : Un quotient de complexes n'a pas de forme algébrique tant que le dénominateur n'est pas réel. Le conjugué est le seul outil qui réalise cela, grâce à zzˉ=z2z\bar{z}=|z|^{2}.

3. Distribuer le module sur une somme

toute la question de démonstration, et un résultat numérique faux dès le premier calcul.

Ce qu'il ne faut pas écrire

« z1+z2=z1+z2|z_{1}+z_{2}|=|z_{1}|+|z_{2}|. »

Ce qu'il faut écrire

« Le module se distribue sur le PRODUIT, pas sur la somme : z1z2=z1z2|z_{1}z_{2}|=|z_{1}|\,|z_{2}|, mais z1+z2z1+z2|z_{1}+z_{2}|\leq|z_{1}|+|z_{2}|, avec égalité seulement si les deux ont le même argument. »

z1z2z1 + z2le chemin direct est plus court
Le trajet direct de l'origine au point z1+z2z_{1}+z_{2} est plus court que le détour par z1z_{1} : c'est exactement l'inégalité z1+z2z1+z2|z_{1}+z_{2}|\leq|z_{1}|+|z_{2}|.

Pourquoi : Le module est une longueur : c'est l'inégalité triangulaire ordinaire. Deux vecteurs ne s'additionnent en longueur que s'ils pointent dans la même direction.

4. Appliquer De Moivre à la forme algébrique

toute la question, et la réponse est fausse d'un facteur $8$.

Ce qu'il ne faut pas écrire

« (1+i)8=18+i8=1+1=2(1+i)^{8}=1^{8}+i^{8}=1+1=2. »

Ce qu'il faut écrire

« De Moivre s'applique à la forme trigonométrique. 1+i=2eiπ/41+i=\sqrt{2}\,e^{i\pi/4}, donc (1+i)8=(2)8e2iπ=16(1+i)^{8}=\left(\sqrt{2}\right)^{8}e^{2i\pi}=16. »

Pourquoi : Une puissance ne se distribue jamais sur une somme, pas plus sur les complexes que sur les réels. Passer en exponentielle est le seul moyen de transformer la puissance en multiplication d'angle.

5. Ne donner qu'une seule racine n-ième

les cinq sixièmes de la question, et c'est l'erreur la plus fréquente du chapitre.

Ce qu'il ne faut pas écrire

« z6=64z^{6}=64 donne z=641/6=2z=64^{1/6}=2. »

Ce qu'il faut écrire

« Il y a SIX racines : zk=2ei2kπ6z_{k}=2\,e^{i\frac{2k\pi}{6}} pour k=0k=0 à 55, soit 22, 1+i31+i\sqrt{3}, 1+i3-1+i\sqrt{3}, 2-2, 1i3-1-i\sqrt{3} et 1i31-i\sqrt{3}. »

Pourquoi : L'argument d'un complexe est défini modulo 2π2\pi : écrire 64=64ei(0+2kπ)64=64e^{i(0+2k\pi)} avant de prendre la racine est ce qui fait apparaître les nn solutions. Sans le 2kπ2k\pi, on n'en voit qu'une.

6. Multiplier deux racines carrées de nombres négatifs

toute la question, avec un signe inversé qui ne se voit nulle part ailleurs.

Ce qu'il ne faut pas écrire

« 4×9=36=6\sqrt{-4}\times\sqrt{-9}=\sqrt{36}=6. »

Ce qu'il faut écrire

« La règle ab=ab\sqrt{a}\sqrt{b}=\sqrt{ab} ne vaut que pour a0a\geq 0 et b0b\geq 0. Ici 4=2i\sqrt{-4}=2i et 9=3i\sqrt{-9}=3i, donc le produit vaut 6i2=66i^{2}=-6. »

Pourquoi : La notation  \sqrt{\ } n'a plus de sens univoque sur les complexes : chaque nombre non nul a DEUX racines carrées. On écrit donc 2i2i dès le départ, et on ne garde jamais un radical d'un nombre négatif.

7. Invoquer les racines conjuguées sur un polynôme à coefficients complexes

2 points, et une racine inventée qui fausse la factorisation entière.

Ce qu'il ne faut pas écrire

« z0=1+2iz_{0}=1+2i est racine, donc 12i1-2i est aussi racine, quel que soit le polynôme. »

Ce qu'il faut écrire

« Cette propriété exige des coefficients RÉELS. Le polynôme z(1+2i)z-(1+2i) admet 1+2i1+2i pour unique racine, et 12i1-2i n'en est pas une : il faut vérifier les coefficients avant d'invoquer le théorème. »

Pourquoi : La démonstration repose sur P(z)=P(zˉ)\overline{P(z)}=P(\bar{z}), égalité qui n'est vraie que si tous les coefficients sont égaux à leur propre conjugué, c'est-à-dire réels.

8. Confondre zzˉz\bar{z} et le module

1 point à chaque occurrence, et une division sur deux tombe fausse.

Ce qu'il ne faut pas écrire

« zzˉ=zz\bar{z}=|z|. »

Ce qu'il faut écrire

« zzˉ=z2z\bar{z}=|z|^{2}, avec le CARRÉ : pour z=3+4iz=3+4i, zzˉ=9+16=25z\bar{z}=9+16=25 alors que z=5|z|=5. »

Pourquoi : zzˉ=(a+bi)(abi)=a2+b2z\bar{z}=(a+bi)(a-bi)=a^{2}+b^{2}, qui est le carré de la racine définissant le module. C'est aussi pourquoi le dénominateur d'une division est z22|z_{2}|^{2} et non z2|z_{2}|.

Quelle méthode choisir

Quelle forme choisir, selon l'opération demandée

On regarde l'OPÉRATION avant les nombres. Chaque opération a sa forme, et changer de forme coûte moins cher que de s'obstiner.

  • Si somme ou différence forme ALGÉBRIQUE, composante par composante

    Exemple : (2+3i)+(1i)=3+2i(2+3i)+(1-i)=3+2i

  • Si produit ou quotient de deux nombres donnés en algébrique rester en algébrique si les nombres sont simples, en développant et en utilisant le conjugué pour diviser

    Au-delà de deux facteurs, l'exponentielle devient plus rapide.

  • Si puissance d'exposant 33 ou plus forme EXPONENTIELLE et théorème de De Moivre

    Exemple : (1+i)8=(2eiπ/4)8=16(1+i)^{8}=\left(\sqrt{2}e^{i\pi/4}\right)^{8}=16

  • Si équation du type zn=az^{n}=a forme exponentielle du second membre, avec le 2kπ2k\pi, puis nn racines

    Exemple : z6=64z^{6}=64 donne zk=2ei2kπ6z_{k}=2e^{i\frac{2k\pi}{6}}

  • Si lieu géométrique, ou condition sur un module poser z=x+iyz=x+iy et traduire en équation cartésienne

    zz0=R|z-z_{0}|=R est le cercle de centre z0z_{0} et de rayon RR, sans aucun calcul.

  • Si équation polynomiale à coefficients réels forme algébrique et discriminant, en se rappelant que les racines non réelles vont par paires conjuguées

Aucune branche ne s'applique ? Regarder ce que la RÉPONSE doit être : un lieu se décrit en cartésien, un nombre exact souvent en exponentielle, une valeur numérique en algébrique.

Comment fixer l'argument, quadrant par quadrant

On calcule d'abord r=zr=|z|, puis on lit les SIGNES de aa et de bb avant de chercher un angle.

  • Si a>0a>0 et b>0b>0 premier quadrant : θ]0 ; π2[\theta\in\left]0\ ;\ \frac{\pi}{2}\right[, et l'arctangente donne directement la réponse

    Exemple : 1+i1+i donne π4\frac{\pi}{4}

  • Si a<0a<0 et b>0b>0 deuxième quadrant : ajouter π\pi à l'arctangente

    Exemple : 1+i-1+i donne 3π4\frac{3\pi}{4}

  • Si a<0a<0 et b<0b<0 troisième quadrant : ajouter π\pi à l'arctangente, ou retrancher π\pi

    Exemple : 1i-1-i donne 5π4\frac{5\pi}{4}, ou 3π4-\frac{3\pi}{4}

  • Si a>0a>0 et b<0b<0 quatrième quadrant : l'arctangente donne un angle négatif, qui convient tel quel

    Exemple : 1i1-i donne π4-\frac{\pi}{4}

  • Si a=0a=0 ou b=0b=0 cas particulier à lire directement : 00, π2\frac{\pi}{2}, π\pi ou π2-\frac{\pi}{2}

    L'arctangente n'est même pas définie quand a=0a=0 : c'est le cas où la formule échoue le plus visiblement.

Le contrôle final, valable dans tous les cas : recalculer rcosθr\cos\theta et rsinθr\sin\theta et vérifier qu'on retrouve aa et bb, SIGNES compris.

La rédaction attendue

Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.

Mettre un nombre complexe sous forme exponentielle

Quand l'utiliser : L'énoncé demande la forme trigonométrique ou exponentielle, ou impose une puissance élevée.

  1. 1 Calculer le module r=a2+b2r=\sqrt{a^{2}+b^{2}} et l'écrire sous forme exacte, en simplifiant le radical.
  2. 2 Écrire les DEUX équations cosθ=ar\cos\theta=\frac{a}{r} et sinθ=br\sin\theta=\frac{b}{r}, avec leurs signes.
  3. 3 Situer le quadrant à partir de ces deux signes, et le DIRE explicitement sur la copie.
  4. 4 Donner θ\theta comme valeur exacte, en précisant l'intervalle choisi si l'énoncé l'impose.
  5. 5 Conclure par l'écriture complète z=reiθz=r\,e^{i\theta}, et vérifier en recalculant rcosθr\cos\theta et rsinθr\sin\theta.

Phrase de conclusion

z=2|z|=2, cosθ=12\cos\theta=\frac{1}{2} et sinθ=32\sin\theta=\frac{\sqrt{3}}{2}, donc θ=π3\theta=\frac{\pi}{3} et z=2eiπ/3z=2\,e^{i\pi/3}.

Le piège : Donner θ\theta en degrés quand tout le reste de l'exercice est en radians, ou l'inverse. La forme exponentielle exige des RADIANS : ei60e^{i60} n'a rien à voir avec eiπ/3e^{i\pi/3}.

Barème : 0,5 point pour le module, 1 point pour les deux équations et le quadrant, 0,5 point pour l'écriture finale.

Résoudre une équation zn=az^{n}=a

Quand l'utiliser : L'énoncé demande les racines nn-ièmes d'un nombre, ou de résoudre zn=az^{n}=a dans C\mathbb{C}.

  1. 1 Mettre le second membre sous forme exponentielle, en écrivant l'argument AVEC le terme 2kπ2k\pi : a=aei(α+2kπ)a=|a|\,e^{i(\alpha+2k\pi)}.
  2. 2 Poser z=ρeiφz=\rho\,e^{i\varphi} et écrire l'équation ρneinφ=aei(α+2kπ)\rho^{n}e^{in\varphi}=|a|e^{i(\alpha+2k\pi)}.
  3. 3 Identifier les modules, ce qui donne ρ=a1/n\rho=|a|^{1/n}, valeur réelle positive unique.
  4. 4 Identifier les arguments, ce qui donne φ=α+2kπn\varphi=\frac{\alpha+2k\pi}{n}, puis énumérer k=0k=0 jusqu'à n1n-1 et pas au-delà.
  5. 5 Donner les nn solutions, sous forme exponentielle et sous forme algébrique si l'énoncé le demande, puis vérifier que leur somme est nulle.

Phrase de conclusion

Les solutions de z6=64z^{6}=64 sont zk=2ei2kπ6z_{k}=2\,e^{i\frac{2k\pi}{6}} pour k{0 ; 1 ; 2 ; 3 ; 4 ; 5}k\in\{0\ ;\ 1\ ;\ 2\ ;\ 3\ ;\ 4\ ;\ 5\}, soit six points formant un hexagone régulier de rayon 22.

Le piège : Continuer au-delà de k=n1k=n-1. Pour k=nk=n, on retombe sur z0z_{0} : les racines se répètent, et écrire une septième solution coûte un point de rigueur.

Barème : 0,5 point pour le 2kπ2k\pi, 0,5 point pour le module, 1 point pour les arguments, 1 point pour l'énumération complète.

Vérifier avant de rendre

Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.

L'exercice type décortiqué

De la forme algébrique aux six racines sixièmes de 64

Soit z=1+i3z=1+i\sqrt{3}.

1) Écrire zz sous forme exponentielle.

2) Calculer z6z^{6}.

3) Résoudre l'équation w6=64w^{6}=64 dans C\mathbb{C}, et situer zz parmi les solutions.

z0z1hexagone regulier de rayon 2
Les six solutions se placent sur le cercle de rayon 22, espacées de 6060^{\circ} : elles forment un hexagone régulier, et zz est celle qui correspond à k=1k=1.

Étape 1

z=12+(3)2=1+3=2|z|=\sqrt{1^{2}+\left(\sqrt{3}\right)^{2}}=\sqrt{1+3}=2.

Pourquoi

Le module se calcule toujours en premier : il sert à normer le cosinus et le sinus, et il donnera directement le rayon du cercle des racines.

Étape 2

cosθ=12\cos\theta=\dfrac{1}{2} et sinθ=32\sin\theta=\dfrac{\sqrt{3}}{2} : les deux sont positifs, donc zz est dans le premier quadrant et θ=π3\theta=\dfrac{\pi}{3}.

Pourquoi

Les DEUX équations, pas une seule. Le rapport ba=3\frac{b}{a}=\sqrt{3} correspondrait aussi à 4π3\frac{4\pi}{3}, dans le troisième quadrant : ce sont les signes qui tranchent.

Étape 3

z=2eiπ/3z=2\,e^{i\pi/3}, ce qui s'écrit aussi 2(cosπ3+isinπ3)2\left(\cos\frac{\pi}{3}+i\sin\frac{\pi}{3}\right).

Pourquoi

Contrôle immédiat : 2cosπ3=12\cos\frac{\pi}{3}=1 et 2sinπ3=32\sin\frac{\pi}{3}=\sqrt{3}, on retrouve bien aa et bb. Dix secondes qui valident le quadrant.

Étape 4

De Moivre : z6=26ei×6×π3=64e2iπ=64z^{6}=2^{6}\,e^{i\times 6\times\frac{\pi}{3}}=64\,e^{2i\pi}=64.

Pourquoi

Le module est élevé à la puissance, l'argument est MULTIPLIÉ. Développer (1+i3)6(1+i\sqrt{3})^{6} en algébrique demanderait une demi-page et donnerait le même 6464.

Étape 5

Pour l'équation w6=64w^{6}=64, on écrit le second membre avec le terme périodique : 64=64ei(0+2kπ)64=64\,e^{i(0+2k\pi)}.

Pourquoi

C'est l'étape décisive de la question 3. Sans le 2kπ2k\pi, on ne trouve que w=2w=2 et l'on perd cinq solutions sur six.

Étape 6

En posant w=ρeiφw=\rho e^{i\varphi} : ρ6=64\rho^{6}=64 donne ρ=2\rho=2, et 6φ=2kπ6\varphi=2k\pi donne φ=kπ3\varphi=\dfrac{k\pi}{3}.

Pourquoi

On identifie séparément les modules, qui sont des réels positifs, et les arguments, qui sont définis modulo 2π2\pi. C'est cette seconde identification qui produit les six angles.

Étape 7

Pour k=0k=0 à 55 : 22, 1+i31+i\sqrt{3}, 1+i3-1+i\sqrt{3}, 2-2, 1i3-1-i\sqrt{3}, 1i31-i\sqrt{3}. Au-delà de k=5k=5, on retombe sur les mêmes.

Pourquoi

Six valeurs de kk, six racines : les compter est la vérification la plus rapide. Pour k=6k=6, l'angle vaut 2π2\pi, c'est-à-dire z0z_{0} de nouveau.

Étape 8

Contrôle : la somme des six racines vaut 00, et z=1+i3z=1+i\sqrt{3} est bien la racine correspondant à k=1k=1.

Pourquoi

La somme nulle est garantie par la symétrie de l'hexagone, et elle teste les six valeurs à la fois. Retrouver zz dans la liste ferme la boucle avec la question 2.

Conclusion rédigée

z=2eiπ/3z=2\,e^{i\pi/3}, z6=64z^{6}=64, et les six solutions de w6=64w^{6}=64 sont 22, 1+i31+i\sqrt{3}, 1+i3-1+i\sqrt{3}, 2-2, 1i3-1-i\sqrt{3} et 1i31-i\sqrt{3}, dont zz est celle de rang k=1k=1.

L'erreur classique sur cet exercice : Répondre w=2w=2 seul à la question 3, parce que 6464 a été écrit 64ei064\,e^{i0} sans le terme 2kπ2k\pi. La réponse est juste, mais elle ne vaut qu'un sixième des points.

À savoir par cœur

  • Somme : forme ALGÉBRIQUE. Produit, quotient, puissance : forme EXPONENTIELLE.
  • zzˉ=z2z\bar{z}=|z|^{2}, un réel positif : c'est ce qui rend un dénominateur réel.
  • L'argument se fixe par le COUPLE cosθ=ar\cos\theta=\frac{a}{r} et sinθ=br\sin\theta=\frac{b}{r}, jamais par la seule tangente.
  • z1z2=z1z2|z_{1}z_{2}|=|z_{1}||z_{2}|, mais z1+z2z1+z2|z_{1}+z_{2}|\leq|z_{1}|+|z_{2}|.
  • De Moivre : (reiθ)n=rneinθ\left(re^{i\theta}\right)^{n}=r^{n}e^{in\theta}, module à la puissance, argument MULTIPLIÉ.
  • zn=az^{n}=a a exactement nn solutions : écrire a=aei(α+2kπ)a=|a|e^{i(\alpha+2k\pi)} AVANT de prendre la racine.
  • Les nn racines forment un polygone régulier de rayon a1/n|a|^{1/n}, et leur somme vaut 00.
  • ab=ab\sqrt{a}\sqrt{b}=\sqrt{ab} est FAUX si aa ou bb est négatif : écrire 2i2i, jamais 4\sqrt{-4}.
  • Racines conjuguées : seulement si les coefficients du polynôme sont RÉELS.
  • zz0=R|z-z_{0}|=R est le cercle de centre z0z_{0} et de rayon RR.

Questions fréquentes

Comment trouver l'argument d'un nombre complexe ?

On calcule d'abord le module, puis on écrit deux équations : le cosinus vaut la partie réelle divisée par le module, le sinus vaut la partie imaginaire divisée par le module. Ce sont les signes de ces deux quantités ensemble qui fixent le quadrant. La tangente seule ne suffit jamais, car elle ne distingue pas un nombre de son opposé.

Pourquoi une équation z puissance n égale a a-t-elle n solutions ?

Parce que l'argument d'un nombre complexe est défini à un multiple de deux pi près. En écrivant le second membre avec ce terme périodique avant de prendre la racine, on obtient n angles différents, tous compris dans un tour complet. Les solutions se répartissent alors régulièrement sur un cercle, aux sommets d'un polygone régulier.

Comment diviser deux nombres complexes ?

On multiplie le numérateur et le dénominateur par le conjugué du dénominateur. Le dénominateur devient alors le carré du module, donc un nombre réel, et le quotient se met sous forme algébrique. En forme exponentielle, c'est encore plus simple : les modules se divisent et les arguments se soustraient.

Quand utiliser le théorème de De Moivre ?

Dès qu'il faut élever un nombre complexe à une puissance supérieure à deux, ou résoudre une équation où l'inconnue est à une puissance. On met le nombre sous forme exponentielle, on élève le module à la puissance et on multiplie l'argument par l'exposant. Développer en forme algébrique serait beaucoup plus long et beaucoup plus risqué.

Le module d'une somme est-il la somme des modules ?

Non, sauf cas particulier. Le module se comporte comme une longueur : il se distribue sur un produit, mais pas sur une somme. On a seulement une inégalité, le module de la somme étant inférieur ou égal à la somme des modules, avec égalité uniquement si les deux nombres ont le même argument.

Peut-on écrire la racine carrée d'un nombre négatif ?

Mieux vaut ne pas le faire. Sur les complexes, tout nombre non nul a deux racines carrées, donc la notation habituelle perd son sens unique. On écrit directement le résultat avec i, par exemple deux i pour moins quatre. La règle qui permet de multiplier deux racines n'est d'ailleurs valable que pour des nombres positifs.

Passer à la pratique

Exercices corrigés : Nombres complexes et De Moivre

Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.

  • 15 exercices corrigés
  • 150 points
  • 225 minutes
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